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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.
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Triomphe d’Orban aux législatives : « Les Hongrois sont en quête de souveraineté »

Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h35
   





                        



   


Avec 48,5 % des voix, le parti nationaliste Fidesz a remporté, dimanche 8 avril, une victoire éclatante au terme des législatives hongroises. Ce succès est l’achèvement de la campagne très dure menée par le premier ministre, Viktor Orban, contre l’immigration et les institutions européennes. Dans un tchat, lundi, l’envoyé spécial du Monde à Budapest, Blaise Gauquelin, a répondu aux questions d’internautes.
Christophe K. : Pourquoi les prévisionnistes se sont-ils plantés en indiquant la forte participation comme condition importante de l’alternance ?
Blaise Gauquelin : En 2010 et en 2014, le faible taux de participation avait favorisé M. Orban : son électorat s’était mobilisé alors que celui de l’opposition n’était pas allé voter. La forte mobilisation cette année a donc été à tort perçue comme un « réveil » de l’électorat opposé au premier ministre.
Les prévisionnistes n’ont pas réussi à percevoir la mobilisation parallèle de l’électorat de M. Orban, surtout dans les campagnes. Ils n’ont pas su voir, parce que la situation était inédite, quelle conséquence le discours sur l’immigration allait avoir hors de la capitale.
Viktor Orban a réussi à mobiliser un électorat passif jusqu’à présent. Il n’a jamais eu autant d’électeurs. Ceux qui sont allés le soutenir cette fois sont des Hongrois qui craignent l’islam et les étrangers. Ce fait politique inédit, majeur, sera très observé dans d’autres pays européens.
Paul : Est-il possible de voir une alliance entre le Fidesz et le Jobbik, le parti d’extrême droite, qui partagent des positions communes ?
Le Fidesz n’a pas besoin de tendre la main au Jobbik : il dispose d’un pouvoir dont ne jouit aucune autre formation politique en Europe. Il a pour lui les deux tiers des sièges à la Diète.
Le Jobbik a fait un score décevant car il a tenu à affirmer une stratégie de recentrage, qui a déstabilisé son électorat. Ce parti se situe dans le paysage de dédiabolisation observé ailleurs, mais a échoué notamment à former des alliances à l’international, ce qui prouve que même les partis d’extrême droite européens restent prudents concernant sa réelle nature.

Patrick : L’effondrement des sociaux-démocrates vient-il de leur soutien aux technocrates bruxellois ou de leur abandon de la classe ouvrière ?
Ils sont en tout cas sanctionnés pour avoir été au pouvoir lors de la grave crise de 2009 (6,6 % de récession). Le contexte actuel de crise de la social-démocratie européenne ne les aide pas à rebondir.
La gauche est divisée en trois partis — deux socialistes et un écologiste — qui n’ont pas souhaité ou pas pu se rassembler. Il est difficile, dans le système électoral hongrois, de négocier alors que le scrutin ne comporte qu’un seul tour et que les formations ne savent pas réellement quel poids politique elles peuvent avoir.
C’est un système favorable au parti le plus puissant et défavorable à l’opposition. Enfin, des pans entiers de l’électorat de la gauche ont émigré en Europe occidentale.
Man02 : Outre l’immigration, quelles sont les principales idées de Viktor Orban ?
Il a parlé exclusivement de l’immigration durant la campagne électorale. Il n’a pas débattu avec l’opposition, mais ses idées sont connues : sur le plan économique, il applique une politique très interventionniste, plutôt de gauche dans certains domaines. Il défend les valeurs du travail, de la famille et de la patrie.
C’est un souverainiste dont le discours, désormais teinté de théories conspirationnistes, est applaudi par l’extrême droite.
Marc : Le bilan du premier ministre est-il bon ou non ?
Viktor Orban a réussi à corriger les excès du libéralisme observés dans tout l’espace post-soviétique après 1989 et particulièrement en Hongrie, l’économie la plus ouverte avant son retour au pouvoir en 2010.
Les Hongrois, en quête de souveraineté, lui sont reconnaissants d’avoir rétabli un rapport de force favorable à leur pays, face à l’Allemagne par exemple.
Mais des questions importantes sont toujours sans réponses ce lundi : comment améliorer l’état catastrophique du système hospitalier ? Comment mettre fin à la fuite des cerveaux, à la pénurie de main-d’œuvre ?

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AntonCatherine : Quelles sont les premières réactions des dirigeants européens ?
Angela Merkel a félicité M. Orban pour sa réélection. Ces deux personnalités appartiennent à la même famille politique : la CDU comme le Fidesz sont membres du Parti populaire européen. La chancelière allemande n’a fait aucun commentaire, à ma connaissance, sur la campagne xénophobe et conspirationniste menée par la Hongrie.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a également salué la réélection de M. Orban. Mais un porte-parole a dit espérer que la Hongrie respecterait les valeurs fondatrices de l’Union.
Manon M. : L’Union européenne (UE) ne peut-elle pas infliger des sanctions à la Hongrie pour la façon dont elle traite les migrants et les étrangers en général ?
Si des manquements sont observés, c’est au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme que la Hongrie peut-être sanctionnée, ce qui est régulièrement le cas. Mais la Commission persiste à vouloir que la Hongrie prenne sa part de la solidarité européenne en matière d’accueil.
S’il affirme l’inverse à ses électeurs, M. Orban applique d’ailleurs à la lettre cette obligation : la Hongrie a accueilli 1 300 réfugiés en 2017… mais elle ne le dit pas.
Romain : La Commission a-t-elle les moyens et la volonté de sanctionner un éventuel durcissement hongrois sur l’Etat de droit ?
M. Orban ne peut pas être sanctionné en vertu de l’article 7 du traité de l’UE, parce que son allié polonais s’y oppose. Mais Bruxelles réfléchit à un mécanisme de conditionnement du versement des fonds européens au respect de l’Etat de droit. Ce projet est controversé.

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          Le défi hongrois à l’Europe



Lecteur : Quelle est l’attitude de Viktor Orban face à la Russie ?
M. Orban est souvent qualifié d’allié de M. Poutine. La situation est plus nuancée. La Hongrie est une obligée de Moscou, de par sa géographie et ses héritages : elle dépend notamment du gaz russe. A cette réalité se greffe une politique de diversification des alliances de la part de M. Orban.
Vince D. : Peut-on s’attendre à de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux, à la justice, à la liberté de la presse ?
Les ONG sont en tout cas très inquiètes, particulièrement celles qui sont financées par le milliardaire et philanthrope George Soros, bête noire de M. Orban. Des militants associatifs étrangers ont étudié une solution de repli à l’étranger. Les ONG internationales comme Amnesty ou RSF se sont préparées à la situation.
La presse d’opposition, celle appartenant à un milliardaire ennemi de M. Orban, s’attend à des attaques. Hier soir, la première mesure annoncée par le gouvernement a été de fermer les organisations qui font de la politique. A savoir des ONG, des médias dont M. Orban considère qu’ils lui sont hostiles.
George D. : Orban souhaite un renouveau démographique en Hongrie sans avoir recours à l’immigration. Quelles sont ses principales mesures en matière de politique familiale ?
La politique familiale hongroise est la plus généreuse d’Europe. Les familles de plus de deux enfants bénéficient d’avantages à faire rougir la France, pourtant pionnière. Elle autorise un frémissement, mais qui n’est absolument pas suffisant pour renouveler les générations.
Notamment parce que le Fidesz prône le retour de la femme au foyer, alors que toutes les études prouvent que c’est lorsqu’on permet aux femmes de concilier carrière et vie de famille qu’elles font le plus d’enfants. Surtout dans un pays postcommuniste où les femmes travaillent depuis trois générations.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Ces prochaines années, les capitales d’Europe de l’Est devraient enregistrer une croissance plus rapide que les autres villes du Vieux continent, selon une étude d’Oxford Economics.
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Les disparités économiques se creusent aussi entre les villes européennes

Ces prochaines années, les capitales d’Europe de l’Est devraient enregistrer une croissance plus rapide que les autres villes du Vieux continent, selon une étude d’Oxford Economics.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 12h36
    |

            Marie Charrel








                        



   


La croissance est de retour en Europe, mais la répartition de ses fruits est inégale. Si le phénomène n’est pas nouveau, il inquiète particulièrement depuis la reprise. Les disparités entre les régions recommencent à se creuser au sein des pays, notamment entre les métropoles et les zones rurales : les premières concentrent de plus en plus d’activités au détriment des secondes. C’est particulièrement le cas en Europe centrale et de l’Est, où les campagnes continuent de se dépeupler.

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Vendredi 5 avril, l’institut de recherche britannique Oxford Economics a publié une note passant au crible l’économie des 25 plus grandes villes du Vieux Continent et leurs perspectives de croissance entre 2018 et 2022. Celle-ci confirme la tendance : presque toutes devraient voir leur richesse augmenter à un rythme supérieur à celui de la moyenne nationale. Et la palme du dynamisme sera remportée par les métropoles d’Europe de l’Est.
Le produit intérieur brut (PIB) de Varsovie devrait ainsi croître de 3,7 % par an en moyenne d’ici à 2022, selon les prévisions de l’institut, suivie de Prague (3,3 %) et Sofia (3 %), devançant de peu Stockholm (2,9 %). La capitale polonaise se situerait loin devant Paris, à la dix-septième place (1,9 %), derrière Madrid (2,5 %), Londres (2,4 %), Lyon (2,4 %) et Athènes (2,1 %). Mais devant Milan (1,6 %) et Bruxelles (1,4 %).
Passage en revue des moteurs sectoriels
L’étude d’Oxford Economics est surtout éclairante lorsqu’elle passe en revue les moteurs sectoriels de ces agglomérations. On y détecte les premiers effets du Brexit. Le secteur des services financiers devrait croître de 2,3 % par an à Paris sur la période, contre 1,5 % à Londres. « C’est en partie l’effet du Brexit, mais pas uniquement : nous estimons que 7 500 emplois devraient quitter Londres au profit d’autres centres financiers européens pendant la période de transition », explique l’économiste Richard Holt, auteur de la note.
En revanche, les emplois devraient continuer de croître plus vite à Londres qu’à Paris dans d’autres secteurs, tels que les services administratifs et les fonctions de support. Résultat : si les deux villes ont enregistré la même croissance en 2017 (2 %), la capitale britannique repasserait de nouveau en tête dès cette année.
Son leadership financier sera néanmoins affaibli par d’autres mutations structurelles déconnectées du Brexit. A commencer par la croissance rapide des technologies numériques et des fintech en Europe du Nord et de l’Est.
« Varsovie, Sofia, Prague et Stockholm peuvent fournir des services d’une qualité qu’autrefois, seule la capitale britannique était en mesure d’assurer : elles auront donc moins tendance à externaliser leurs activités financières vers Londres ces prochaines années », souligne l’étude d’Oxford Economics.
Ces quatre villes sont celles où les services financiers devraient progresser le plus rapidement ces prochaines années (plus de 3 % par an).
Prague devrait, en outre, profiter d’un solide bond du secteur de l’information et de la communication (+ 5,3 % par an), tandis que Sofia concentrera une bonne partie de la croissance locale. La capitale bulgare affiche l’un des plus forts potentiels de rattrapage, mais les problèmes de corruption risquent de freiner les investissements étrangers.

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En Europe du Nord, Stockholm sort du lot avec sa main-d’œuvre hautement qualifiée, son tissu économique diversifié (start-up et groupes industriels), et sa démographie dynamique, notamment du fait de l’immigration. Grâce à cela, sa croissance devrait surpasser de 0,8 point par an celle de la moyenne nationale suédoise sur la période (2,1 %).
A Lyon, l’industrie en forte croissance
Grâce à la bonne diversification de ses activités, Madrid enregistrerait le PIB en plus forte hausse au sud de la zone euro, à savoir de 2,5 % par an sur la période, contre 2 % à Barcelone, 1,6 % à Lisbonne ou 1,1 % à Rome. Mais dans la région, la palme de la plus forte croissance industrielle (2,7 %) reviendrait à Lyon. « Elle passe un peu sous les radars, et pourtant, Lyon devrait être la principale gagnante des réformes initiées par le président Macron, estime la note. Ses forces résident dans son industrie à haute valeur ajoutée et sa population jeune et qualifiée. »

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En Allemagne, Berlin et Munich devraient tirer leur épingle du jeu (2 % de croissance par an entre 2018 et 2022), notamment grâce au dynamisme du secteur de l’information et de la communication. Plus surprenant, Francfort pourrait rester à la traîne (1,6 %). En dépit des éventuelles retombées positives du Brexit, les services professionnels devraient y progresser moins vite que dans la capitale allemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Le Britannique est remplacé par un Allemand, Christian Sewing, l’un des deux actuels codirecteurs de la banque. Une solution d’urgence trouvée sous la pression des actionnaires.
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La Deutsche Bank remercie son PDG, John Cryan

Le Britannique est remplacé par un Allemand, Christian Sewing, l’un des deux actuels codirecteurs de la banque. Une solution d’urgence trouvée sous la pression des actionnaires.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h12
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Quand la stabilité reviendra-t-elle à la Deutsche Bank ? Moins de trois ans après l’arrivée de l’actuel PDG, John Cryan, à la tête de l’établissement, la Deutsche Bank (DB) change à nouveau de tête. John Cryan est remercié, et laisse sa place à Christian Sewing, un des deux codirecteurs de la banque, au terme d’une crise au sein de la direction. Cette nomination est un revirement dans l’histoire récente de DB : pour la première fois depuis 2002, c’est un Allemand qui reprend les rênes de l’établissement emblématique du pays.
John Cryan, un banquier britannique arrivé à l’été 2015 à la tête de la Deutsche Bank, n’a pas réussi son pari de redresser durablement l’établissement. Malgré un ambitieux programme de restructuration, des suppressions d’emplois par milliers et une augmentation de capital, DB n’est pas parvenue à revenir dans le vert.

Depuis des mois, les actionnaires ne cachaient plus leur impatience vis-à-vis de la direction de la banque, notamment le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner. Une nouvelle perte sur l’année 2017 – la troisième consécutive – et la chute du cours de DB, peu avant Pâques, ont précipité le départ du dirigeant britannique, dont le contrat courait normalement jusqu’en 2020.
Un poste très difficile
Durant le week-end de Pâques, de nombreuses rumeurs avaient circulé dans la presse financière sur le nom d’un possible successeur à John Cryan. Selon le quotidien Handelsblatt, M. Achleitner préparait depuis longtemps un changement de direction, mais n’avait trouvé jusqu’ici aucun candidat externe jugé capable de reprendre ce poste particulièrement difficile. Sous la pression des actionnaires, une solution d’urgence a été trouvée.
Le président du conseil de surveillance a opté pour un candidat interne, qui a fait toute sa carrière au sein de la banque. La décision a été entérinée dans la soirée du dimanche 8 avril et annoncée à la presse peu avant minuit.

L’arrivée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ L’envoyé spécial du « Monde » analyse la victoire, lors des législatives dimanche, du parti populiste du premier ministre Viktor Orban et ses conséquences pour l’Europe.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Les aides d’Etat, les mesures antidumping et les investissements posent problème, selon le président américain. Les Etats-Unis souhaitent que soient révisées les conditions dans lesquelles la Chine a adhéré à l’OMC, en 2001.
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Trump accuse l’Organisation mondiale du commerce de faire le jeu de la Chine

Les aides d’Etat, les mesures antidumping et les investissements posent problème, selon le président américain. Les Etats-Unis souhaitent que soient révisées les conditions dans lesquelles la Chine a adhéré à l’OMC, en 2001.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h58
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Dans son offensive commerciale, Donald Trump s’en prend à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), accusée de faire le jeu de la Chine. « Nous sommes mal représentés. L’OMC est inéquitable envers les Etats-Unis », a accusé vendredi 6 avril sur Twitter le président américain.
En réalité, il s’agit des deux faces d’une même médaille : l’OMC est un empêcheur de tourner en rond, car elle encadre les relations des Etats-Unis avec leurs partenaires commerciaux, à commencer par la Chine. Cet ordre exaspère Trump pour deux raisons tactiques : d’abord, il sait que ses sanctions unilatérales ont des chances d’être condamnées par l’OMC même s’il s’abrite derrière la « sécurité nationale » ; surtout, il ne croit qu’au rapport de force bilatéral et veut imposer des concessions unilatérales à ses partenaires, notamment la Chine, estimant que les Etats-Unis sont les perdants des accords actuels. Or cette manière de faire est opposée à l’esprit de l’OMC, qui est faite de concessions réciproques et équilibrées.

Au-delà de la tactique, la défiance américaine a des causes plus profondes, qui remontent à 2001 : l’entrée de la Chine à l’OMC et le lancement du cycle de libéralisation commerciale de Doha. L’adhésion du pays le plus peuplé de la planète devenu l’atelier du monde a bouleversé l’ordre économique global. Ses conditions d’adhésion n’ont jamais été révisées, alors qu’elle est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Donald Trump a beau jeu de dénoncer une Chine encore classée parmi les pays en voie de développement.
Dans le même temps, la négociation de Doha n’a jamais abouti, tantôt à cause des Africains, des Indiens, des Européens mais très souvent des Américains. Résultat, l’institution ne dispose pas de règles modernes adaptées à la réalité pour trancher les différends commerciaux du nouvel ordre mondial.
La machine s’est enrayée
C’est l’instance d’appel des panels de l’OMC qui le fait bon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.
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« Une Europe du travail et de “l’état de bien-être” »

L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h39
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Que reste-t-il du rêve européen ? Si peu ! Au point que, quand le choix est offert à un peuple de l’Union, celui-ci exprime le plus souvent son rejet. Ce fut le cas aux élections qui viennent de se tenir en Hongrie, après les législatives du 4 mars en Italie ou lors du référendum dit du Brexit au Royaume-Uni en 2016, mettant en péril la démocratie dans des dérives nauséabondes.
Pourquoi le populisme ? Pour deux raisons, qui chacune exacerbe les interactions par nature difficiles au sein de nos sociétés, héritières de communautés dont le mode traditionnel de réciprocité relève soit, négativement, de la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), soit, positivement, de l’amour du prochain (tendre l’autre joue). L’absence de réciprocité s’y joue aussi dans la non-reconnaissance de l’autre comme personne humaine à part entière.
La première cause du populisme, c’est la peur qu’engendre la concurrence toujours plus forte pour des emplois sur un marché du travail qui se rétrécit comme peau de chagrin avec l’avancée du numérique. Une peur à laquelle les gouvernements ont renoncé à répondre, préférant botter en touche sous prétexte que les évaluations du nombre de postes condamnés divergent. Mais la question devient oiseuse lorsqu’on s’accorde à dire que ce chiffre sera énorme…
La seconde cause est plus sournoise : c’est le délitement de l’Etat-providence. Au lieu d’être fondé sur une réduction résolue de la disparité des patrimoines, son financement reste essentiellement assuré par les contributions des salariés, complété par l’endettement de l’Etat. Ceci au nom du dogme du « ruissellement », jamais vérifié, ni jamais autant démenti par les faits, avec la réduction rampante du pouvoir d’achat des populations. Sauf, paradoxalement, en Chine.
Mise à plat
La revalorisation de l’Europe aux yeux de ses citoyens passe par une mise à plat de ces deux questions : celle du travail et celle de « l’Etat de bien-être »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’extrême droite veut récupérer l’émotion suscitée par l’acte d’un déséquilibré à Münster et par un attentat déjoué.
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L’Allemagne sous le choc après l’attaque de Münster et l’attentat déjoué à Berlin

L’extrême droite veut récupérer l’émotion suscitée par l’acte d’un déséquilibré à Münster et par un attentat déjoué.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h53
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Un drame à Münster, puis un attentat déjoué à Berlin. L’Allemagne vient de vivre deux jours particulièrement éprouvants, qui laissent de surcroît un arrière-goût politique amer après la récupération des événements par l’extrême droite, dans un style inédit dans la vie politique allemande.
Dans l’après-midi du samedi 7 avril, la paisible ville de Münster, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été frappée au cœur, après qu’une camionnette conduite par un déséquilibré a délibérément foncé dans la foule, faisant deux morts et une trentaine de blessés sur son passage. Dimanche après-midi, le journal Die Welt annonçait que la police de Berlin avait déjoué un attentat contre le semi-marathon de Berlin, qui s’est par ailleurs déroulé sans incident. Six personnes, âgées de 18 à 21 ans, suspectées d’avoir voulu organiser des attaques au couteau contre des participants, ont été arrêtées.

Les forces de l’ordre soupçonnent le suspect principal d’avoir eu des liens étroits avec le terroriste Anis Amri, l’auteur de l’attaque au camion bélier au marché de Noël de Berlin, en décembre 2016, qui avait entraîné la mort de douze personnes.
Aucun lien entre les événements
Malgré leur quasi-simultanéité, il est désormais établi que les deux événements du week-end n’ont aucun lien l’un entre eux. Selon les éléments, connus lundi matin, de l’enquête menée par la police, le responsable du drame de Münster n’avait aucun lien avec une organisation terroriste, ni islamiste ni d’extrême droite. L’homme, âgé de 48 ans, était né en Allemagne où il possédait trois appartements, un à Münster et deux dans l’est de l’Allemagne.
Jens R., dessinateur industriel de profession, souffrait apparemment de problèmes psychologiques graves. Selon les informations du journal Süddeutsche Zeitung et des chaînes WDR et NDR, il avait envoyé, le 29 mars dernier, une lettre à des proches dans laquelle il expliquait longuement les échecs de sa vie, dont il rendait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Après un effacement de dette, Mehdi Renou n’a pas retrouvé de banque en France. Il est devenu client de la banque allemande N26. Bien que les frontières nationales dans le domaine des paiements soient abolies depuis le 1er août 2014, Pôle emploi refuse de lui virer de l’argent. Direct Energie et Bouygues refusent les prélèvements.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le Fidesz, la formation d’extrême droite du premier ministre, remporte largement les législatives face à une opposition divisée.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/04/2018
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Hongrie : le nationaliste Viktor Orban triomphe aux législatives

Le Fidesz, la formation d’extrême droite du premier ministre, remporte largement les législatives face à une opposition divisée.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 23h20
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h36
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



   


Viktor Orban avait les larmes aux yeux. Tard dans la soirée du dimanche 8 avril, le premier ministre hongrois souverainiste a remercié les électeurs d’avoir « prié pour lui » et voté en masse pour sa formation, le Fidesz. On sentait une pointe de soulagement chez ce personnage habitué à un vocabulaire guerrier, qui avait axé toute sa campagne sur le rejet de l’immigration et, jusqu’au dernier moment, n’était absolument pas certain de voir sa stratégie validée dans les urnes.
Le chef du gouvernement avait tout misé sur la dénonciation de l’immigration, facteur selon lui d’insécurité. Il avait repris à son compte les théories du complot véhiculées jusqu’ici par l’extrême droite, affirmant que Bruxelles et l’ONU désiraient organiser le remplacement des populations d’Europe centrale par les réfugiés venus du Moyen-Orient et d’Afrique.
Le maître de Budapest peut désormais dormir tranquille : il régnera encore quatre années de plus sur ce pays d’Europe centrale comptant 9,8 millions d’habitants, une nation qu’il entend « sauver » et « défendre ». Face au monde extérieur, qu’il considère comme un ennemi et un danger, il pourra se targuer d’une légitimité renouvelée.

   


Car depuis 2002, jamais les Hongrois, qui d’ordinaire sont peu enclins à se précipiter dans l’isoloir, n’auront été aussi nombreux à se déplacer pour voter. Le taux de participation, à 69,41 %, a fait un bond de sept points par rapport au scrutin de 2014.
Passe de trois
Après le dépouillement de plus de 99 % des bulletins, le parti du dirigeant, âgé de 54 ans, a recueilli 48,5 % des voix. Cette progression de quatre points devrait permettre à M. Orban de décrocher, une fois encore, une majorité des deux tiers au Parlement, avec 133 sièges sur 199. De quoi « écrire l’histoire », selon Zoltan Kovacs, le porte-parole du gouvernement, car le Fidesz devient ainsi le premier parti en Hongrie à gagner des élections trois fois de suite, depuis le début de la transition démocratique.
Et ses militants, rassemblés sur les bords du Danube pour célébrer une belle victoire dans la nuit chaude d’un fier « printemps des peuples », se présentent comme des irréductibles Hongrois résistant aux pressions de l’empire européen. Seuls, assiégés par des régimes hostiles, drapeaux hongrois à la main, ils prouvaient une fois de plus leur « capacité à résister aux envahisseurs », selon plusieurs d’entre eux.
« Vous les Français, vous nous crachez dessus, affirme, par exemple, Lehel, un jeune militant Vraiment, je ne vous comprends pas. Vous n’avez pas vu assez de sang couler le soir du Bataclan ? Vous voulez toujours intégrer les migrants ? Orban est un visionnaire, le plus grand homme politique d’Europe. Sa politique est la bonne ! Vive Trump, vive Poutine et vive Orban ! »

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Félicitations de Marine Le Pen
Les nationalistes hongrois se complaisent souvent dans une position victimaire. Ils ne paraissent pourtant pas si isolés qu’ils le disent. Ils surjouent l’amitié avec la Pologne. Et ils ont engrangé des messages de félicitations venant de partout en Europe. « L’inversion des valeurs et l’immigration de masse prônées par l’UE sont à nouveau rejetées, a déclaré Marine Le Pen. Les nationaux peuvent être majoritaires en Europe aux prochaines européennes de 2019 ! » 
La présidente du Front national (FN) a été l’une des premières à se réjouir du maintien au pouvoir de Viktor Orban en Hongrie. Elle a été imitée par des élus d’extrême droite en Allemagne, en Italie comme aux Pays-Bas, alors que les conservateurs du Parti populaire européen – qui l’ont soutenu pendant la campagne – se sont eux montrés beaucoup plus réservés. C’est pourtant dans leurs rangs que Viktor Orban compte concourir aux élections européennes en 2019.
Si Mme Le Pen se félicite de voir les idées portées par le FN mises en application dans un pays membre de l’Union européenne, la portée des performances du Fidesz doit être relativisée. Et surtout sa valeur exemplaire. « Car il est impossible de comparer la situation en Hongrie avec celle de l’Europe de l’Ouest, selon l’analyste politique Bulcsu Hunyadi, du think tank Political Capital. Dans un pays aux contre-pouvoirs affaiblis depuis huit ans, la majorité des électeurs n’a pas accès à toutes les informations nécessaires pour voter. Toutefois, Viktor Orban a réussi à mobiliser son électorat dans des proportions surprenantes. On pensait que l’opposition ferait un meilleur score. »

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Atteintes à l’Etat de droit
L’opposition divisée s’est heurtée au bloc du parti d’Orban. Le parti d’extrême droite Jobbik n’a pas amélioré sa performance d’il y a quatre ans. Avec 19,61 % des suffrages, il peut certes revendiquer sa suprématie dans l’opposition. Mais son chef de file, Gabor Vona, a échoué à s’imposer dans sa circonscription et a annoncé sa volonté de passer la main. Or, il n’a pas de successeur incontesté. Le Jobbik a tenté d’atténuer son discours, alors qu’une partie de ses thèses étaient reprises par le Fidesz.
Les socialistes (MSZP) ont recueilli 12,3 %, les Verts (LMP) 6,87 % et DK, une formation de gauche dissidente de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany, 5,55 %. Leur présence dans l’Hémicycle sera symbolique et ils représenteront surtout les habitants de la capitale, Budapest, alors que cette élection vient confirmer une évolution observée ailleurs en Occident : la concentration d’un électorat libéral et progressiste dans les grandes villes, les campagnes restant acquises aux partisans du repli national.
En simples observateurs, ces députés proeuropéens assisteront impuissants aux atteintes à l’Etat de droit que Viktor Orban entend poursuivre dans les mois qui vont venir, malgré les procédures d’infraction ouvertes par Bruxelles à l’encontre de la Hongrie.
Zoltan Kovacs a d’ores et déjà annoncé la fermeture prochaine des « organisations qui s’engagent en politique ». Cette formule pourrait englober des médias détenus par le milliardaire Lajos Simicska, un oligarque, qui était proche du Fidesz, devenu un ennemi personnel de M. Orban, des ONG financées par le mécène juif américain d’origine hongroise George Soros – cible d’une campagne aux accents antisémites du gouvernement – et l’université d’Europe centrale, un prestigieux établissement d’enseignement supérieur fondé par ce dernier.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Selon le journal « Die Welt », le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en 2016.
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Allemagne : arrestation de six personnes soupçonnées de préparer une attaque

Selon le journal « Die Welt », le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en 2016.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h20
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 08h05
   





                        


La police allemande a annoncé, dimanche 8 avril, avoir interpellé six personnes soupçonnées d’avoir pu planifier un « acte violent » lors du semi-marathon de Berlin, qui s’est tenudans l’après-midi sans incident.
« Nous avons eu certaines indications que les personnes interpellées, âgées de 18 à 21 ans, pourraient être impliquées dans des préparatifs en vue d’un acte violent en lien avec cette manifestation », ont indiqué la police et le parquet de la ville dans un communiqué. Plusieurs logements de la ville ont été perquisitionnés.
Proche de Anis Amri
Les arrestations ont été ordonnées aussi en raison du contexte de sécurité tendu en Allemagne, suite au drame survenu la veille à Münster (nord-ouest du pays) où un homme de 48 ans a foncé sur des clients d’un café-restaurant avec une camionnette, selon la police.

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Les autorités n’ont pas donné d’autres détails. Elles n’ont en particulier pas confirmé des informations du quotidien Die Welt. Celui-ci affirme que le plan d’action était une attaque au couteau, qui devait être commise pendant la course à pied rassemblant 36 000 personnes. Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016 dans la capitale allemande, qui avait fait douze morts.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ En 1973, l’armée américaine a expulsé les habitants de ce territoire de l’océan Indien. Aujourd’hui, la communauté se répartit entre Maurice, les Seychelles et l’Angleterre.
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Document

Chagos, l’archipel du non-retour

En 1973, l’armée américaine a expulsé les habitants de ce territoire de l’océan Indien. Aujourd’hui, la communauté se répartit entre Maurice, les Seychelles et l’Angleterre.

Par                Lucas Gatignol



LE MONDE
              datetime="2018-04-08T18:15:17+02:00"

        Le 08.04.2018 à 18h15





Située au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia est l’île principale de l’archipel des Chagos. Elle abrite aujourd’hui la plus grande base militaire américaine en dehors du territoire des Etats-Unis. Mais derrière cette gigantesque infrastructure se cache une douloureuse histoire d’exil forcé que la communauté chagossienne s’efforce de faire reconnaître depuis près de quarante ans.

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Cette histoire débute avec l’arrivée de colons européens et d’esclaves africains arrachés à leurs communautés d’origine pour extraire le coprah des cocotiers. Au fur et à mesure des générations, les esclaves affranchis et leurs descendants s’approprient ce nouvel espace. Leur environnement leur fournit de nombreuses ressources et une culture créole émerge.
Victimes collatérales
Mais le répit est de courte durée. A partir des années 1960, la violence coloniale et l’expérience de la déportation font de nouveau irruption dans la vie des Chagossiens. Des négociations secrètes entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni aboutissent à la mise en place d’un bail américain sur l’archipel pour y construire une base militaire. L’armée américaine réclame l’évacuation de l’archipel, les Chagossiens deviennent les victimes collatérales de la guerre d’influence qui traverse la région.
En toute opacité, les quelque 2 000 habitants sont progressivement expulsés par les autorités britanniques : ceux qui s’absentent de l’archipel apprennent ensuite qu’ils ne peuvent plus y retourner, les provisions arrivant aux Chagos se raréfient et les actes d’intimidation se multiplient. Ces stratagèmes se poursuivent jusqu’en 1973. L’armée britannique déloge par la force les derniers habitants, obligés de s’entasser sur un navire avec le strict minimum.

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Une partie des Chagossiens est envoyée aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux est dirigée vers l’île Maurice. Pour justifier cette déportation, les Britanniques les présentent comme de simples travailleurs détachés. A leur arrivée, ils ne disposent donc d’aucune compensation financière ni prise en charge. Les pertes humaines sont lourdes, le traumatisme profond et, près d’un demi-siècle plus tard, la plupart d’entre eux vivent encore dans l’extrême pauvreté.
Survivre en exil
Aujourd’hui, diverses associations chagossiennes luttent pour la réparation des préjudices subis, la sauvegarde de leur culture et le droit au retour. Leur mobilisation a notamment permis l’octroi de la nationalité britannique, en 2000. Beaucoup en ont alors profité pour migrer vers Crawley, à 50 km de Londres, dans l’espoir d’une vie plus douce.
Les regards sont désormais tournés vers la Cour internationale de justice, chargée par Maurice de se prononcer sur la légalité de la souveraineté britannique sur l’archipel. Alors que le nombre de natifs des Chagos toujours en vie ne cesse de se réduire – 700 personnes à Maurice –, l’attente se prolonge pour la communauté. Ces quelque 10 000 personnes, si l’on inclut les descendants des expulsés, sont encore marginalisées, partagées entre l’espoir d’un retour et la nécessité de survivre en exil.
C’est cette expérience contemporaine de l’exil chagossien que les images du photographe Morgan Fache racontent. Il s’agit là d’extraits d’un long projet en cours, débuté dans les banlieues de Port-Louis puis à Crawley, en attendant de se poursuivre aux Seychelles. Un ouvrage, combinant photographies et contributions d’anthropologues, est prévu pour offrir un aperçu inédit du quotidien de cette diaspora chagossienne en quête de justice.
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        Port-Louis, île Maurice, décembre 2014"
            data-slide-description="Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis."
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            data-slide-description="Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières."
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            data-slide-description="Pamela est d’origine chagossienne, mais elle n’a jamais vu l’archipel. Elle n’en connaît que ce qu’Azulé, son mari, lui raconte quand il rentre des longues périodes de pêche qui l’emmènent dans les différentes îles de l’océan Indien."
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            data-slide-description="Quartier de Batterie-Cassée, rue Diego-Garcia : un nom emprunté à l’île principale des Chagos, devenue depuis une base militaire américaine."
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            data-slide-description="Quand ils n’ont pas école, les enfants restent à la maison car, pour aller à la plage, il faut traverser les quartiers en tôles, enjamber les toxicomanes, franchir le boulevard en évitant les voitures, prendre un bus et contourner les grands hôtels pour touristes."
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            data-slide-description="L’assistance n’est pas très nombreuse pour l’enterrement d’Emilie Louise Codor, la doyenne des Chagossiens. Un simple trou creusé dans le sol, pas de stèle, pas de croix, pas de nom. Emilienne reposera ici, loin de sa terre natale."
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            data-slide-description="Dans le salon de « Petit Frère », le vide laissé par le passé est comblé de manière artificielle : bondieuseries, fleurs en plastique, peluches... « Aux Chagos on n’avait rien et on avait tout pour être heureux. Ici, il n’y a rien de bon pour nous. »"
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            data-slide-description="Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires."
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            data-slide-description="Miroze a quitté les Chagos en 1968. Sa mère, Rita Bancoult, était une grande militante du mouvement chagossien. « Ici, il y a beaucoup de problèmes de racisme avec les hindous. En Angleterre non, et il y a du travail. C’est pour ça que mes enfants sont partis. »"
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            data-slide-description="Anaïs a 17 ans. Née à Maurice d’une mère chagossienne et d’un père mauricien, elle veut devenir hôtesse de l’air pour voir plus souvent sa grand-mère et sa tante, qui vivent en Angleterre."
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        Aéroport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »"
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            data-slide-description="C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents."
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        Crawley, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie."
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            data-slide-description="La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football."
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            data-slide-description="Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains."
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            data-slide-description="Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »"
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            data-slide-description="Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007."
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            data-slide-description="Un prédicateur prononce des louanges devant l’entrée de l’église de Langley Green. Cette paroisse est principalement fréquentée par les communautés chagossienne et mauricienne. Le pasteur Roro est lui-même mauricien."
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            data-slide-description="Stéphane, 25 ans, est arrivé en Angleterre en 2006 avec son père. Il travaille dans le bâtiment et vient d’avoir un petit garçon. Il souhaite retourner sur les Chagos. « Je voudrais y construire une maison. Ici, ce n’est pas ma vie. Là-bas, il y a tout à faire. »"
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        Londres, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="C’est un jour important dans le combat que mène Olivier Bancoult, le président du Chagos Refugees Group. Il a fait le voyage de Port-Louis à Londres pour défendre devant la Cour suprême les intérêts de son peuple en exil."
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Port-Louis, île Maurice, décembre 2014            
Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.

MORGAN FACHE / ITEM
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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos
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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos

LE MONDE |

08.04.2018 à 18h01

L’archipel des Chagos, c’est une cinquantaine d’îles dans l’océan Indien, dont celle de Diego Garcia. Possession britannique, l’île a été louée aux Etats-Unis, qui, en 1973, ont expulsé toute sa population pour y construire une base militaire. Une partie des Chagossiens se sont retrouvés aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux ont été dirigés vers l’île Maurice, sans compensation financière ni prise en charge. Après l’obtention de la nationalité britannique, certains se sont installés au Royaume-Uni, notamment à Crawley, à 50 km de Londres.
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            data-slide-description="Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières."
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            data-slide-description="Pamela est d’origine chagossienne, mais elle n’a jamais vu l’archipel. Elle n’en connaît que ce qu’Azulé, son mari, lui raconte quand il rentre des longues périodes de pêche qui l’emmènent dans les différentes îles de l’océan Indien."
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            data-slide-description="Quartier de Batterie-Cassée, rue Diego-Garcia : un nom emprunté à l’île principale des Chagos, devenue depuis une base militaire américaine."
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            data-slide-description="Quand ils n’ont pas école, les enfants restent à la maison car, pour aller à la plage, il faut traverser les quartiers en tôles, enjamber les toxicomanes, franchir le boulevard en évitant les voitures, prendre un bus et contourner les grands hôtels pour touristes."
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            data-slide-description="L’assistance n’est pas très nombreuse pour l’enterrement d’Emilie Louise Codor, la doyenne des Chagossiens. Un simple trou creusé dans le sol, pas de stèle, pas de croix, pas de nom. Emilienne reposera ici, loin de sa terre natale."
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            data-slide-description="Dans le salon de « Petit Frère », le vide laissé par le passé est comblé de manière artificielle : bondieuseries, fleurs en plastique, peluches... « Aux Chagos on n’avait rien et on avait tout pour être heureux. Ici, il n’y a rien de bon pour nous. »"
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            data-slide-description="Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires."
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            data-slide-description="Miroze a quitté les Chagos en 1968. Sa mère, Rita Bancoult, était une grande militante du mouvement chagossien. « Ici, il y a beaucoup de problèmes de racisme avec les hindous. En Angleterre non, et il y a du travail. C’est pour ça que mes enfants sont partis. »"
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            data-slide-description="Anaïs a 17 ans. Née à Maurice d’une mère chagossienne et d’un père mauricien, elle veut devenir hôtesse de l’air pour voir plus souvent sa grand-mère et sa tante, qui vivent en Angleterre."
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        Aéroport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »"
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            data-slide-description="C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents."
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        Crawley, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie."
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            data-slide-description="La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football."
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            data-slide-description="Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains."
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            data-slide-description="Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »"
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            data-slide-description="Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007."
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            data-slide-description="Un prédicateur prononce des louanges devant l’entrée de l’église de Langley Green. Cette paroisse est principalement fréquentée par les communautés chagossienne et mauricienne. Le pasteur Roro est lui-même mauricien."
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            data-slide-description="Stéphane, 25 ans, est arrivé en Angleterre en 2006 avec son père. Il travaille dans le bâtiment et vient d’avoir un petit garçon. Il souhaite retourner sur les Chagos. « Je voudrais y construire une maison. Ici, ce n’est pas ma vie. Là-bas, il y a tout à faire. »"
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        Londres, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="C’est un jour important dans le combat que mène Olivier Bancoult, le président du Chagos Refugees Group. Il a fait le voyage de Port-Louis à Londres pour défendre devant la Cour suprême les intérêts de son peuple en exil."
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Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.



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Elections en Hongrie : mobilisation historique pour les législatives

Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h38
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        


Dans toute la Hongrie, des files d’attente impressionnantes se sont formées devant les bureaux de vote. Alors que le premier ministre souverainiste Viktor Orban doit son pouvoir sans partage aux forts taux d’abstention de 2010 et de 2014, cette année, les électeurs se sont apparemment donné le mot pour se diriger vers les urnes.
À quinze heures, le taux de participation atteignait un niveau historique de 53,64 %, contre 46,78 % quatre ans plus tôt.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Dans un paysage politique très polarisé par l’action menée au niveau gouvernemental, les électeurs de deux camps bien distincts se côtoient sur les trottoirs, pour des élections ressemblant plus à un référendum qu’à des législatives, la question cruciale semblant être : « pour ou contre un troisième mandat de Viktor Orban ? »

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                Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban



« Nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale »
Dans les rangs des fans du premier ministre sortant, on compte beaucoup de personnes âgées, comme Jozsef Kupavits, un architecte à la retraite de 75 ans, pour qui le Fidesz, le parti de M. Orban, reste le « seul à pouvoir mener le pays ». Cet électeur évoque de bons résultats, obtenus par la majorité, concernant l’économie.
« Quoi qu’on nous dise, nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale », répond-il en évoquant les critiques émises par les Nations unies, suite à la campagne xénophobe menée par les souverainistes entourant le chef de l’exécutif.
« Tous ces bruits qui courent sur l’argent soi-disant volé, ce sont des mensonges de l’opposition », affirme-t-il également, avant de se rendre dans son bureau de vote, situé dans le sixième arrondissement de la capitale, Budapest.
« Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban »
Autour de lui, beaucoup de jeunes Hongrois affirment au contraire qu’il est de leur devoir de faire la queue pendant au moins une heure et demie, afin de « participer au changement ». « Il y a de graves problèmes non résolus dans notre système éducatif, explique par exemple Istvan Denes. Allez aux urgences dans les hôpitaux et vous verrez l’état réel dans lequel se trouve notre pays ! Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban, qui ne fait que gaspiller l’argent public dans des choses qui n’ont aucun sens. Les infrastructures pour le football par exemple ; elles sont disproportionnées. C’est devenu le symbole de la corruption ! » 
Vingt-trois partis sont officiellement enregistrés et 1 547 candidats se présentent dans tout le pays.

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                Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats



Imre, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, habite quand à lui dans l’est de la Hongrie. Mais il va voter à Budapest, comme la loi l’y autorise. Il estime que le Fidesz est allé bien trop loin dans sa dénonciation de l’Union européenne et des réfugiés.
« Chrétiens, juifs, musulmans, ce n’est pas possible de respecter tout le monde ? », se demande ce jeune homme, qui compte plébisciter le petit parti Momentum, notamment dans le but d’exprimer ses valeurs proeuropéennes.
La forte participation pourrait retarder l’annonce des résultats du scrutin, pour l’instant prévue vers minuit. Car tout électeur se présentant avant 19 heures doit pouvoir glisser son bulletin dans l’urne et les premières estimations ne doivent être dévoilées qu’à la fermeture du dernier bureau de vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Le gouvernement de Viktor Orban sature les médias pour détourner l’attention des problèmes domestiques.
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La propagande illibérale sature la campagne électorale

Le gouvernement de Viktor Orban sature les médias pour détourner l’attention des problèmes domestiques.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 12h45
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Dans toute la Hongrie, partout la même affiche. On y voit le milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros, hilare, serrant dans ses bras les responsables les plus connus de l’opposition. Qu’ils soient de gauche, libéraux ou même d’extrême droite, tous sont munis de grosses cisailles et s’attaquent à la désormais célèbre barrière mise en place à la frontière sud par le premier ministre hongrois souverainiste, après la vague historique de migration, en 2015. Cette image aux codes visuels primaires et agressifs sous-entend que ceux qui s’opposent à Viktor Orban sont payés par un riche étranger pour organiser l’invasion migratoire de ce pays d’Europe centrale. Son esthétique douteuse et les clichés antisémites qu’elle véhicule évoquent des sites Internet conspirationnistes.

Pourtant, elle a été conçue par le Fidesz, le parti du chef du gouvernement, en place depuis 2010 et qui souhaite obtenir un troisième mandat, à l’occasion des législatives du 8 avril prochain. Elle fait écho à la logorrhée paranoïaque de M. Orban, qui a récemment affirmé posséder la liste de 2 000 personnes œuvrant selon lui à sa destitution et à l’installation d’un nouveau gouvernement acceptable pour M. Soros, son bouc émissaire préféré. « Nous savons exactement qui elles sont, nous connaissons leurs noms, pour qui et comment elles travaillent, dans le but de faire de la Hongrie un pays d’immigration, » a-t-il déclaré, sur un ton menaçant.
On pourrait penser que l’ex-avocat ne maîtrise plus sa communication, mais il n’en est rien. Ses éléments de langage, toujours les mêmes, sont déroulés sur tous les supports depuis de très longs mois. Ils sont traduits en anglais et en allemand, puis envoyés aux journalistes de Vienne, Berlin, Paris et Londres. Tous les élus de son bord les reprennent et les déclinent sur le terrain.
L’opposition pétrifiée
« Il s’agit pour le gouvernement de tenter de manipuler les esprits », juge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Hongrie : « L’opposition doit croire à la possibilité d’une victoire aux législatives »

Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
    |

Zsuzsanna Szelényi (Députée du Fidesz de 1990 à 1994, puis du parti Together depuis 2014, parti qu'elle a quitté en 2017. Elle n'est pas candidate ...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections législatives hongroises sont imminentes. Le scrutin aura lieu de 8 avril. Les enjeux sont importants : l’Etat illibéral de Viktor Orban continuera-t-il d’exister au sein de l’Union européenne ou l’opposition multipartite parviendra-t-elle à arracher la majorité à Orban ? La question va bien au-delà des seuls intérêts du peuple hongrois – si Orban continue à diriger son gouvernement de parti unique, il poursuivra sans relâche ses efforts en vue de transformer l’Union européenne.
au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés
En février a eu lieu un événement historique dans la ville agricole de Hódmezővásárhely. Dans une élection municipale partielle, un candidat indépendant soutenu par l’ensemble des partis d’opposition a battu le candidat du Fidesz-Union civique hongroise, le parti d’Orban, dans ce qui était jusqu’alors un de ses fiefs. Le Fidesz peut donc être battu.
On peut relever d’autres signes encourageants pour l’opposition : au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés. Nous avons ainsi appris que le premier ministre adjoint aimait se rendre en Suède pour s’offrir de coûteuses parties de chasse en hélicoptère. Le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban a acheté un château mais a prétendu qu’il n’en était rien. Même la famille d’Orban est éclaboussée par le scandale : l’Office européen de lutte antifraude a récemment ouvert une enquête sur une société appartenant au gendre d’Orban, accusé d’usage frauduleux systématique des fonds de cohésion de l’Union européenne. Ces affaires ont sérieusement écorné l’image du Fidesz.
Situation politique désastreuse
L’opposition hongroise peut-elle tirer avantage de ces événements ? Frustrés par les huit années durant lesquelles Orban a bénéficié d’une majorité qualifiée, pâtissant de leur éparpillement et de leur méfiance...




                        

                        


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Elections législatives en Hongrie : le système électoral favorise Viktor Orban

Le parti arrivé en tête remporte automatiquement l’élection dans les circonscriptions de ce pays d’Europe centrale.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h56
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Viktor Orban a très largement modifié le système de vote suite à son retour au pouvoir en 2010, pour favoriser sa formation, le Fidesz. Désormais très complexe, la loi électorale hongroise est organisée autour d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. 199 députés sont élus dans un Parlement monocaméral.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Les Hongrois votent deux fois dimanche
Les Hongrois voteront deux fois, à l’occasion des législatives dimanche 8 avril. Ils mettront un premier bulletin dans l’urne pour élire un député localement et un second pour plébisciter un parti, au niveau national.
Ainsi, 106 personnes seront désignées directement dans des circonscriptions taillées sur mesure par le Fidesz et 93 sièges reviendront indirectement à des personnalités choisies par listes à la proportionnelle.
Pour rappel, dans le Parlement sortant, Viktor Orban disposait de 131 députés. Les socialistes (MSZP) comptaient 28 élus, l’extrême droite (Jobbik) 24 et les Verts du LMP 6. Il y avait par ailleurs 10 non-inscrits.
Les partis devront obtenir 5 % des voix pour faire leur entrée à la Diète, 10 % si deux partis s’allient pour se présenter au scrutin et 15 % s’ils sont trois à faire ce choix.

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La ou le candidat arrivé(e) en tête gagne
Les parlementaires seront la plupart du temps déclarés vainqueurs sans avoir remporté la majorité, puisque avec ce mode de scrutin, c’est le candidat arrivé en tête qui gagne automatiquement.
En 2014, ce système hybride avait largement aidé le premier ministre sortant : avec 44,6 % des voix, il avait remporté les deux tiers des sièges à l’Assemblée.
L’opposition estime que cette loi empêche toute alternative, car elle interdit les coalitions contre Viktor Orban au second tour alors que « 54 % des électeurs veulent un changement et que 90 % de ces derniers voteraient pour n’importe quel candidat d’une gauche unie », comme le rappelle l’analyste Andras Pulai, de l’Institut Publicus.

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                Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats



Le poids des indécis
Le rôle des indécis – un tiers de l’électorat – sera crucial pour cette journée électorale, la plus incertaine dans ce pays d’Europe centrale, depuis la transition démocratique et la fin de l’ère communiste, en 1989.
S’ils se mobilisent dans un mouvement du « tout sauf Orban » et votent pour les candidats opposés au Fidesz, ils pourraient priver le premier ministre d’une super-majorité des deux tiers, voire de sa majorité. Si, au contraire, l’abstention est aussi forte que lors des précédents scrutins, Viktor Orban ne devrait avoir aucun mal à gouverner tout seul.
Des iniquités dans les conditions de vote
Les Hongrois installés dans les anciens territoires de l’empire des Habsbourg en Serbie, Ukraine, Roumanie et Slovaquie pourront voter par correspondance, mais les immigrés installés en Europe occidentale, entre 300 000 et 500 000 personnes, devront, eux, se rendre dans les quelques consulats qui seront ouverts à l’occasion du scrutin.
Or ces derniers sont majoritairement hostiles à Viktor Orban, alors que les premiers lui sont très favorables. Une « iniquité » qui avait été critiquée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) il y a quatre ans.
Les observateurs de l’OSCE avaient aussi considéré que le déroulement de la campagne ainsi que le mode de scrutin avaient été mis au service d’un seul parti, en faveur duquel l’ensemble des médias d’Etat avait également été mobilisé.
Selon M. Pulai, la Hongrie est à ce jour « le seul pays membre de l’Union européenne » épinglé de la sorte par l’organisation, dont le siège est à Vienne, en Autriche.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.
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Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats

Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h52
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Les Hongrois votent pour les législatives dimanche 8 avril. Passage en revue des principales forces en présence pour un scrutin décisif.

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Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

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Viktor Orban (Fidesz)

   


Premier ministre depuis 2010, Viktor Orban est favori pour emporter un troisième mandat d’affilée. Cet ancien dissident du régime communiste, âgé de 54 ans, est devenu le héros de la droite européenne la plus dure, en multipliant les provocations contre les immigrés ou contre Bruxelles. Il a également repris les méthodes et les théories ultraconservatrices jusqu’ici assumées plutôt par la Russie de Vladimir Poutine.
En huit ans de pouvoir, Viktor Orban a créé une nouvelle élite d’obligés à Budapest. Médias, économie, justice, universités, société civile : on retrouve des proches du Fidesz dans toutes les sphères de la vie de ce pays d’Europe centrale, comptant 9,8 millions d’habitants. Le « parti orange » a été fondé le 30 mars 1988 par 37 étudiants et s’est d’abord considéré comme libéral, après la transition démocratique.
Construit en opposition au communisme, il a ensuite évolué vers le conservatisme. Se posant en défenseur du « travail, de la famille et de la patrie », Viktor Orban, père de cinq enfants, est souverainiste. Il a toujours su faire bon usage de son appartenance au Parti populaire européen (PPE) majoritaire dans l’Union européenne, tout en critiquant allégrement Angela Merkel. Il se réclame de valeurs chrétiennes, mais surfe aussi sur des thèmes d’extrême droite et en applique une politique économique hybride, faite notamment de nationalisations que ne renieraient pas les socialistes.
Depuis 2015, le Fidesz s’est approprié un vocabulaire conspirationniste teinté d’un antisémitisme qui vient d’être critiqué par l’ONU. Il véhicule des clichés sur les musulmans et l’immigration, ce qui lui garantit une véritable popularité dans un pays nationaliste, même s’ils sont presque inexistants.

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Gabor Vona (Jobbik)

   


Le Jobbik (Mouvement pour une Hongrie meilleure) est une formation d’extrême droite relativement récente. Créée en 2003, proche du néonazisme, elle compte d’abord parmi les plus radicales du continent et subit un isolement complet au niveau international. Engagé dans un processus de dédiabolisation qui peine à convaincre, son chef, Gabor Vona, est le fondateur d’une milice, la « Garde hongroise », qui a semé la terreur dans les ghettos roms.
Les exemples de prises de position antisémites et antidémocratiques d’élus Jobbik étaient nombreux avant 2013. Concurrencé par le Fidesz, il est en perte de vitesse et ses électeurs semblent désarçonnés par son recentrage : il ne réclame plus la sortie de l’Union européenne et reconnaît les frontières imposées à la Hongrie en 1920 par le Traité de Trianon.
Après avoir obtenu 47 députés en 2010, il n’en comptait plus que 23 en 2014, un chiffre qui pourrait encore baisser dimanche 8 avril. Il reste toutefois la deuxième force politique du pays avec 14 % des intentions de vote. Gabor Vona, qui a lié son destin politique aux résultats des élections, pourrait s’effacer après le 8 avril, si les résultats confirment des sondages invalidant sa ligne politique. Il est contesté en interne.
Gergely Karacsony (MSZP et Parbeszed)

   


Le Parti socialiste hongrois (MSZP) a décidé de se présenter en coalition avec une petite formation, Parbeszed (« dialogue ») dont le leader, né en 1975, est assez populaire. Il a été formé en 1989, à la suite de la dissolution du Parti communiste. Au pouvoir entre 1994 et 1998, le MSZP a de nouveau gouverné en 2002 et à partir de 2006. Mais la maladresse de son ex-chef de file, Ferenc Gyurcsany, qui a affirmé « avoir menti du matin au soir » sur l’état réel du pays pour gagner les élections l’a durablement affaibli et a conduit au triomphe de Viktor Orban quatre ans plus tard. Il a dû par ailleurs affronter la crise économique de 2008 et gérer une grave récession (− 6,6 %). Il est crédité d’environ 9 % des voix.
Bernadett Szel (LMP)

   


Le parti LMP (« La politique peut être différente »), fondé en 2009, se définit comme un mouvement écologiste de centre gauche luttant notamment contre la corruption. En 2014, il avait tout juste réussi à passer la barre de 5 % pour envoyer des députés siéger au Parlement. Bernadett Szel, qui mène la campagne, est la seule femme candidate au poste de premier ministre. Elle jouit elle aussi d’une solide popularité, à seulement 41 ans.
Ferenc Gyurcsany (DK)
La Coalition démocratique est une formation créée en 2011 lors d’une scission du Parti socialiste. Elle sert les ambitions de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany (2004-2009) et n’est pas sûre d’atteindre le seuil nécessaire pour faire son entrée à la chambre.
Momentum
Cette formation rassemble des jeunes personalités issues de la société civile qui s’étaient mises en mouvement pour empêcher − avec succès – une candidature de Budapest aux Jeux olympiques de 2025. Le mouvement s’est transformé en parti, en mars 2017, et son équipe n’a pas réussi à convaincre de sa solidité pour former une alternative aux élites politiques actuelles. Les chances de Momentum d’entrer au Parlement sont minces.
MKKP
Le « parti du chien à deux queues » est enregistré officiellement depuis 2014 et manie la satire pour dénoncer la mainmise de Viktor Orban sur la Hongrie. Talentueux dans la parodie, ses militants utopistes multiplient les actions publiques en mélangeant l’art à la politique. Ils se définissent comme les « poils à gratter du système ».

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                En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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Stratégie de guerre : le siège, une arme fatale

Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h01
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            Rémy Ourdan








                        



                                


                            
Le plus vaste siège militaire de la guerre de Syrie, du point de vue de son ampleur géographique, est en train de s’achever. L’enclave de la Ghouta orientale, proche de Damas, est, après des années d’encerclement et de bombardements, et au terme de dix semaines d’offensive, sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne.
Rarement guerre contemporaine aura autant marqué un retour en force de la tactique du siège que le conflit syrien. Les forces gouvernementales, appuyées par leurs alliés iraniens et russes, ont usé systématiquement de cette tactique militaire contre la rébellion et les populations ayant soutenu la révolte face au pouvoir de Bachar Al-Assad. Il y eut, au plus fort du conflit, jusqu’à 59 villes, villages et enclaves assiégées. Des sièges ont duré de longues années, et certains durent encore.

La technique du siège – la « poliorcétique », terme utilisé autant pour l’attaque de l’assiégeant que pour la défense de l’assiégé – est aussi ancienne que l’art de la guerre, et elle n’est, dans le droit de la guerre, pas illégale. Encercler son ennemi pour le vaincre militairement, ou pour l’amener à la reddition, est une variante de la bataille, fort appréciée des chefs de guerre.
Les Egyptiens assiégeaient déjà. L’un des plus anciens connus est celui de Sharouhen, peuplée par les Hyksôs, dans le désert du Néguev, conquise au XVIe siècle avant J.-C. par le pharaon Ahmôsis Ier. Les Grecs assiégeaient aussi. Le plus célèbre siège, raconté par Homère dans l’Iliade, est celui de Troie, où l’armée du roi de Sparte, Ménélas, encercla, vers le XIIe siècle avant J.-C., les Troyens du roi Priam. Les Romains assiégeaient beaucoup et longtemps, du siège de Carthage à celui d’Alésia – après la défaite du siège de Gergovie – par Jules César face au chef gaulois Vercingétorix, et aux sièges de Jérusalem et de Massada face aux Juifs. Tous les grands guerriers ont manié cet art militaire, d’Alexandre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.
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Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban

Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 08h30
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Moi ou le chaos. Pour convaincre les électeurs de le soutenir dimanche 8 avril, Viktor Orban a sorti l’artillerie lourde. « Il y a le choix entre deux possibilités pour ces élections », a-t-il de nouveau répété, le 1er avril, à l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne Echo TV. « Il y a d’un côté nos candidats, qui veulent que la Hongrie reste hongroise. Et il y a les candidats de George Soros de l’autre côté, qui veulent qu’on abandonne nos traditions chrétiennes et nationales pour fondre la Hongrie dans une grande internationalité avec l’instrument remarquable de l’immigration. »
Si le premier ministre souverainiste sortant caricature ainsi les têtes d’affiche de l’opposition en marionnettes d’un milliardaire juif américain, c’est parce que le résultat du scrutin devrait être beaucoup plus imprévisible pour lui qu’en 2010 (52,7 %) et en 2014 (44,6 %). Non pas que l’ancien dissident âgé de 54 ans craigne d’être battu : il est certain d’arriver en tête pour la troisième fois d’affilée. Mais le risque persiste de voir son parti, le Fidesz, perdre sa « super-majorité » des deux tiers au Parlement, voire sa majorité tout court.
« Boulette du siècle »
Car rien ne s’est déroulé, pendant la campagne du croisé de l’Europe non libérale, comme ses stratèges l’avaient espéré. Le 10 janvier, Kristof Altusz, un secrétaire d’Etat rattaché au ministère des affaires étrangères, a d’abord commis la « boulette du siècle » en affirmant dans les colonnes d’un média maltais que la Hongrie avait accueilli sans fanfare 1 300 réfugiés en 2017, soit exactement le nombre exigé par la Commission européenne.
De quoi mettre à mal tous les éléments de langage de ces derniers mois, axés exclusivement sur le « refus de l’invasion musulmane » et du diktat de Bruxelles. L’information, qui prouve que Viktor Orban applique la politique de solidarité européenne sans le dire à ses administrés, a été largement relayée sur les réseaux sociaux.
S’il n’obtient que 27 % des voix et que l’opposition remporte 40 circonscriptions, Viktor Orban ne pourrait plus gouverner seul. Un scénario « tout à fait envisageable », selon l’analyste Andras Pulai, de l’institut Publicus. En conséquence, il lui faudrait tenter de débaucher des députés élus sous une autre étiquette, car, à l’heure actuelle, aucune formation politique ne souhaite s’ériger en partenaire minoritaire.
Selon les sondages, l’ex-plus jeune premier ministre – 35 ans au début de son premier mandat entre 1998 et 2002 – peut toujours compter sur le soutien sans faille d’un bon tiers des électeurs. Or, grâce au système électoral qu’il s’est taillé sur mesure en 2011, « avec 30 % seulement des suffrages, il peut obtenir les deux tiers des sièges à la Chambre », rappelle le politologue Laszlo Keri, même si la majorité des électeurs souhaite un changement à la tête de la Hongrie et que le taux des indécis frôle les 40 %.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin est en Hongrie et suivra la journée de vote :

Le taux de participation sera un indicateur crucial tout au long de la journée. Orban doit une grande partie de son… https://t.co/iPLt0QB6Pm— BlaiseGauquelin (@Blaise Gauquelin)


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Un seul tour de scrutin
Viktor Orban a imposé un seul tour de scrutin, afin d’empêcher les coalitions de second tour et de réduire les chances des petites formations. Quelle que soit sa performance, le candidat arrivé en tête deviendra donc député dimanche. Pour avoir une chance de l’emporter, les forces de l’opposition auraient donc dû se rallier à une candidature unique. « Mais nous ne voulons pactiser avec personne », balaie l’élu Jobbik (extrême droite), Istvan Szavay, alors que sa formation, fondée en 2003 est créditée, loin derrière le Fidesz, de la deuxième place (14 %).
La gauche et les libéraux, éparpillés entre plusieurs formations concurrentes, ne semblent pas non plus très enclins au rassemblement : il y a quatre ans, cinq partis avaient formé une alliance, sans bon résultat. Plusieurs d’entre eux ne devraient pas obtenir les 5 % nécessaires pour siéger au Parlement.

        Lire aussi :
         

                En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »



Le parti socialiste MSZP (9 %), créé en 1989 à la suite de la dissolution du parti unique et allié pour l’occasion à une petite formation, Dialogue, souffre toujours de son image d’héritier d’une ère honnie : celle de l’Union soviétique, mais aussi celle de la récession d’il y a dix ans, dont Viktor Orban ne manque jamais de rappeler la gravité, notamment en raison des choix économiques hasardeux effectués par la social-démocratie alors au pouvoir.
Elle pâtit également de la concurrence de la Coalition démocratique (DK), fondée en 2011 par l’ancien premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsany. Ce dernier persiste à vouloir peser dans le jeu politique de Budapest, malgré son impopularité abyssale, les Hongrois lui imputant une grande part de la crise économique qui leur a fait prendre du retard dans le rattrapage avec l’Ouest. Quand aux écologistes du LMP, ils ne sont crédités que de 5 % des intentions de vote, même si leur représentante au niveau national, Bernadett Szel, 41 ans, figure parmi les personnalités les plus populaires du pays.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Fondé en 2014 par Omar Beraktar, un photographe syrien, le café-galerie d’art Arthere, sur la rive asiatique d’Istanbul, accueille des artistes syriens naufragés de la guerre, qui cherchent à se reconstruire.
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A Kadiköy, un refuge pour artistes syriens en exil

Fondé en 2014 par Omar Beraktar, un photographe syrien, le café-galerie d’art Arthere, sur la rive asiatique d’Istanbul, accueille des artistes syriens naufragés de la guerre, qui cherchent à se reconstruire.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 13h42
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            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            LETTRE D’ISTANBUL
Une fois le bateau à quai, terminus Kadiköy sur la rive asiatique d’Istanbul, il faut tourner à gauche et s’engouffrer dans la rue Beydagi pour trouver le café-galerie d’art Arthere. En ce samedi de mars, propice à la flânerie et aux rencontres, l’endroit ne désemplit pas.
Sur le trottoir, un groupe de jeunes peintres discutent, un verre à thé de forme arrondie à la main. Dans la salle, où le poêle à bois n’a plus besoin d’être alimenté tant le soleil chauffe à travers les baies vitrées, des architectes installés autour de la grande table discutent d’un projet. L’oreille rivée à son portable, la graphiste Öykü Dogan, une permanente, est occupée à l’organisation d’une exposition. Des visiteurs de passage venus jeter un œil sur les dessins et les toiles exposées cherchent « le serveur ». Ils veulent des cafés.

« Ici, chacun se sert », explique Omar Beraktar de sa voix douce, en montrant le coin cuisine : gâteaux et tartes salées sur la table, le samovar toujours brûlant, la machine à expressos, le cezve, le récipient qui sert à préparer le café oriental. A Arthere, le café, parfumé à la cardamome, est syrien, comme la plupart des artistes du lieu. Naufragés de la guerre, ils cherchent à se reconstruire dans l’exil. Ils sont une goutte d’eau parmi les 540 000 réfugiés syriens qui ont été accueillis à Istanbul depuis le début du conflit en 2011.
La « ville monde », peuplée de quinze millions d’habitants, en est saturée selon le ministère de l’intérieur qui a cessé de leur délivrer des permis de séjour. Les installations se feront dorénavant dans d’autres régions. Les déplacements à l’intérieur du pays ont été limités.
« Les remettre dans le circuit »
Soucieux de donner un coup de pouce à ses compatriotes artistes, Omar, un photographe syrien réfugié en Turquie, a fondé Arthere (Arthereistanbul.com) en 2014. « Ça valait le coup », quand bien même toutes ses économies y sont passées....




                        

                        

