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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Des documents, dont « Le Monde » a eu connaissance, étayent la thèse d’une exécution planifiée par le régime syrien de la journaliste américaine Marie Colvin et du photographe français Rémi Ochlik.
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Le régime syrien mis en cause à Washington dans la mort de journalistes étrangers à Homs en 2012

Des documents, dont « Le Monde » a eu connaissance, étayent la thèse d’une exécution planifiée par le régime syrien de la journaliste américaine Marie Colvin et du photographe français Rémi Ochlik.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 18h32
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

Bachar Al-Assad n’en a pas fini avec Marie Colvin, la journaliste de guerre américaine tuée dans des bombardements à Homs, le 22 février 2012, au début de la guerre civile, en même temps que le photographe français Rémi Ochlik. En juillet 2016, le responsable syrien avait réagi au dépôt d’une plainte à Washington par la famille de la journaliste, qui dénonce un assassinat, en assurant que « les forces armées ne savaient pas » où Marie Colvin se trouvait au moment des bombardements, ajoutant que cette dernière, entrée clandestinement en Syrie, était selon lui « responsable de sa mort ».
En refusant de répondre à la procédure américaine, le régime syrien a cependant ouvert la voie à un jugement par défaut, au civil. Cela a donné l’occasion à la sœur de la journaliste, Cat Colvin, appuyée par l’organisation de défense des droits Center for Justice and Accountability (CJA), de rendre publics, lundi 9 avril, les éléments que Le Monde a pu consulter et qui étayent la thèse d’une exécution planifiée.
L’accusation repose en partie sur des documents remis par un transfuge, qui détaillent les mesures prises par le régime dès les premiers mois d’un soulèvement essentiellement populaire, son obsession par rapport au travail de la presse citoyenne qui se met en place dans les zones entrées en rébellion et tout ce qui peut « ternir l’image de la Syrie ». Les services de sécurité sont invités à « prendre toutes les mesures nécessaires » en la matière.
Identifiés dès l’aéroport de Beyrouth
Ces documents mettent aussi en évidence la création d’une cellule de crise au sein des services de renseignements, qui supervise la répression et la militarisation souhaitée par Damas. Cette commission placée sous l’autorité directe du président syrien joue un rôle de premier plan à Homs.
La thèse de l’accusation s’appuie surtout sur le récit d’un ancien membre des services de renseignement qui a fait défection, témoin...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le trentenaire né à Trappes, en banlieue parisienne, a été reconnu coupable d’« association de malfaiteurs » et d’« apologie du terrorisme ».
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Compte rendu

Un Franco-Sénégalais revenu de Syrie condamné à Dakar à quinze ans de travaux forcés

Le trentenaire né à Trappes, en banlieue parisienne, a été reconnu coupable d’« association de malfaiteurs » et d’« apologie du terrorisme ».


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 09.04.2018 à 18h01

     •
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        Mis à jour le 09.04.2018 à 18h10






    
Des policiers sénégalais inspectent les véhicules à l’entrée d’un hôtel de Dakar en janvier 2016.
Crédits : SEYLLOU / AFP


Un tribunal correctionnel de Dakar a condamné, lundi 9 avril, à quinze ans de travaux forcés un Franco-Sénégalais de 34 ans revenu de Syrie, et acquitté un autre Sénégalais, poursuivi pour « complicité d’acte terroriste ».
Ibrahima Ly, en détention depuis presque trois ans, est « déclaré coupable […] d’association de malfaiteurs et d’apologie du terrorisme » et condamné à quinze ans de travaux forcés, a annoncé le président du tribunal, Samba Kâne.
Le parquet avait requis le 15 mars la perpétuité contre ce natif de Trappes, en banlieue parisienne, auquel il est notamment reproché de s’être rendu en Syrie pour faire le djihad. Sur son téléphone ont été retrouvées des photos où il tient une arme, ainsi qu’une vidéo dans laquelle il exhorte les musulmans à la guerre sainte. Ibrahima Ly et son avocat ont affirmé qu’il était parti en Syrie pour y étudier le Coran et non pour combattre.

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                Quand des terroristes passent la frontière : un scénario catastrophe testé au Sénégal



Son jeune frère Mansour Ly avait été condamné en mars 2016 à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs en vue de commettre des actes terroristes. Il faisait partie d’un groupe de quatre jeunes Français, dont une femme, qui avaient tenté de gagner la Syrie quelques jours après l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo en janvier 2015. Leur périple avait pris fin dans un accident de voiture en Turquie.
« Religiosité subite »
Le tribunal correctionnel de Dakar a en revanche acquitté lundi Assane Camara, âgé d’une trentaine d’années et détenu depuis deux ans, des chefs de « complicité d’acte terroriste » et « association de malfaiteurs ». La cour a ordonné sa libération immédiate.
Le parquet avait requis cinq ans d’emprisonnement contre lui. Selon l’un de ses avocats, cet ancien étudiant au Canada, qui avait ensuite séjourné en Tunisie, avait été dénoncé à la police par sa mère, « inquiète de sa religiosité subite ». Ses fréquentations au Canada, et le fait qu’une de ses relations lui avait remis de l’argent, avaient alimenté les soupçons à son encontre.

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                Pourquoi les djihadistes s’attaquent aux musulmans soufis



Après avoir rendu cette décision, la même chambre du tribunal a repris lundi le procès d’une trentaine de djihadistes présumés, dont un imam et plusieurs femmes, renvoyé à trois reprises depuis son ouverture le 27 décembre 2017.
Le Sénégal a été jusqu’à présent épargné par les attentats djihadistes qui ont frappé d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. Mais la sécurité a été renforcée devant les hôtels et de nombreux bâtiments publics après les attentats qui ont touché depuis 2016 le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, alors que le Mali voisin est le théâtre d’attaques quasi quotidiennes.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ En mai 2017, Emmanuel Macron déclarait que l’emploi de telles armes déclencherait une « riposte immédiate » de la France. Mais il y a des conditions. En 2013 face à la Syrie, Washington, Londres et Paris avaient reculé.
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Armes chimiques : où passe la « ligne rouge » ?

En mai 2017, Emmanuel Macron déclarait que l’emploi de telles armes déclencherait une « riposte immédiate » de la France. Mais il y a des conditions. En 2013 face à la Syrie, Washington, Londres et Paris avaient reculé.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h35
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Le conflit syrien a fait, depuis 2011, au moins 350 000 morts, pour la plupart victimes des offensives et des bombardements du régime pour reconquérir les zones tenues par la rébellion. Le pourcentage de ceux qui ont succombé aux armes chimiques est très faible, mais la question de ces armes n’en focalise pas moins l’attention des Etats-unis comme des Européens, et notamment de la France.
Celle-ci considère comme une « ligne rouge » l’emploi d’un tel arsenal, interdit par la Convention internationale sur les armes chimiques (CIAC) ratifiée par 192 Etats, et finalement même par la Syrie – qui en était l’un des plus gros détenteurs – en 2013 pour éviter des frappes américaines et françaises.
Malgré les engagements pris, le régime syrien a conservé une partie de son stock et se trouve accusé de s’en être servi contre la Ghouta, dans la banlieue de Damas, en défiant la loi internationale avec le soutien de la Russie. Ce qui est en jeu est la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive.
D’où vient cette formule de « ligne rouge » ?
Barack Obama avait lancé cette expression en 2012 pour répondre à ceux qui, au sein même du Parti démocrate, l’incitaient à soutenir plus activement une révolution syrienne où les islamistes étaient encore marginaux. Réticent à engager son pays sur un nouveau théâtre d’opération dans la région, le président américain assure alors que « si nous commencions à voir des quantités d’armes chimiques déplacées ou utilisées, cela changerait mon équation ». Et d’ajouter qu’il s’agirait là d’une « ligne rouge » qui aurait « des conséquences énormes ».
C’est à la fois très menaçant et très flou. La formule, employée de longue date en diplomatie, prenait là un sens plus précis. « Il s’agit de la manipulation des intentions adverses à travers des déclarations (essentiellement) publiques dans un but de dissuasion, se référant au franchissement délibéré d’un seuil de l’inacceptable...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Des témoignages faisaient état, samedi 7 avril, d’un bombardement à l’arme chimique en Syrie. Des images rapportées par des ONG montrent un afflux de personnes vers les hôpitaux.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ La jeune femme de 27 ans avait rejoint l’organisation Etat islamique avec son mari et leurs enfants en 2015 et devait être extradée vers la France. Elle risque aujourd’hui la peine de mort.
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La djihadiste française Mélina Boughedir sera rejugée en Irak pour terrorisme

La jeune femme de 27 ans avait rejoint l’organisation Etat islamique avec son mari et leurs enfants en 2015 et devait être extradée vers la France. Elle risque aujourd’hui la peine de mort.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h35
    |

            Hélène Sallon et 
Elise Vincent








                        



                                


                            
C’est un nouveau revirement pour la djihadiste française Mélina Boughedir, 27 ans, arrêtée en pleine bataille de Mossoul, en juillet 2017. La jeune mère de quatre enfants en bas âge – dont trois ont depuis été rapatriés en France – devra bien affronter un procès pour terrorisme, en Irak. Une première pour une ressortissante française, confirme-t-on de source proche du dossier. Cette décision surprise de la justice irakienne intervient alors qu’il était officiellement acquis qu’elle serait prochainement extradée vers la France. Elle risque désormais la peine de mort, comme le laissait entendre RMC le 4 avril.
En première instance, le 19 février, Mélina Boughedir avait en effet été condamnée à sept mois de prison ferme pour simple « entrée irrégulière » sur le territoire irakien. Aucune charge pour terrorisme ou appartenance à une organisation terroriste n’avait été retenue contre elle par le juge d’instruction. Cette peine couvrait sa période de détention provisoire. Mais contre toute attente, le parquet irakien a fait appel. Et le 29 mars, la Cour de cassation irakienne, après avis d’un comité ad hoc, a rendu un arrêt dans lequel elle demande à ce que la jeune femme soit à nouveau jugée « sur la base d’une incrimination élargie », détaille la même source.

Les juges irakiens ont notamment considéré que la condamnation de Mélina Boughedir se fondant uniquement sur l’infraction au code du séjour des étrangers n’était pas suffisante, et qu’il fallait que la jeune femme soit rejugée au regard de la loi antiterroriste. Dans sa décision, la justice irakienne invoque en particulier le rôle du mari de la Française, Maximilien Thibaut. Il serait mort lors de la bataille de Mossoul, mais était un « militant engagé de Daech » aux yeux des juges.
Revirement
En première instance, Mélina Boughedir avait assuré qu’il n’avait été que « cuisinier » pour l’organisation terroriste. La concernant, elle avait juré qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Les Nations unies et les forces de sécurité centrafricaines ont lancé dimanche 8 avril une opération visant des groupes armés dans le quartier du PK5 à Bangui.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤         

Centrafrique : opération militaire contre des groupes armés



Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-09T16:08:09+02:00"

        Le 09.04.2018 à 16h08






Durée : 00:40 | 

Cette opération militaire intervient après un regain de violences depuis plusieurs mois dans le quartier du PK5, alors que Bangui était relativement épargnée par les violences des divers groupes armés dans le pays. Il y a une semaine, une patrouille de casques bleus avait été prise pour cible par un groupe armé dans ce même quartier, essuyant des coups de feu.


                

                     Un ancien commissaire de la police islamique de Tombouctou devant la CPI

                

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                     Winnie Mandela, une icône de la lutte anti-apartheid


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Triomphe d’Orban aux législatives : « Les Hongrois sont en quête de souveraineté »

Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h35
   





                        



   


Avec 48,5 % des voix, le parti nationaliste Fidesz a remporté, dimanche 8 avril, une victoire éclatante au terme des législatives hongroises. Ce succès est l’achèvement de la campagne très dure menée par le premier ministre, Viktor Orban, contre l’immigration et les institutions européennes. Dans un tchat, lundi, l’envoyé spécial du Monde à Budapest, Blaise Gauquelin, a répondu aux questions d’internautes.
Christophe K. : Pourquoi les prévisionnistes se sont-ils plantés en indiquant la forte participation comme condition importante de l’alternance ?
Blaise Gauquelin : En 2010 et en 2014, le faible taux de participation avait favorisé M. Orban : son électorat s’était mobilisé alors que celui de l’opposition n’était pas allé voter. La forte mobilisation cette année a donc été à tort perçue comme un « réveil » de l’électorat opposé au premier ministre.
Les prévisionnistes n’ont pas réussi à percevoir la mobilisation parallèle de l’électorat de M. Orban, surtout dans les campagnes. Ils n’ont pas su voir, parce que la situation était inédite, quelle conséquence le discours sur l’immigration allait avoir hors de la capitale.
Viktor Orban a réussi à mobiliser un électorat passif jusqu’à présent. Il n’a jamais eu autant d’électeurs. Ceux qui sont allés le soutenir cette fois sont des Hongrois qui craignent l’islam et les étrangers. Ce fait politique inédit, majeur, sera très observé dans d’autres pays européens.
Paul : Est-il possible de voir une alliance entre le Fidesz et le Jobbik, le parti d’extrême droite, qui partagent des positions communes ?
Le Fidesz n’a pas besoin de tendre la main au Jobbik : il dispose d’un pouvoir dont ne jouit aucune autre formation politique en Europe. Il a pour lui les deux tiers des sièges à la Diète.
Le Jobbik a fait un score décevant car il a tenu à affirmer une stratégie de recentrage, qui a déstabilisé son électorat. Ce parti se situe dans le paysage de dédiabolisation observé ailleurs, mais a échoué notamment à former des alliances à l’international, ce qui prouve que même les partis d’extrême droite européens restent prudents concernant sa réelle nature.

Patrick : L’effondrement des sociaux-démocrates vient-il de leur soutien aux technocrates bruxellois ou de leur abandon de la classe ouvrière ?
Ils sont en tout cas sanctionnés pour avoir été au pouvoir lors de la grave crise de 2009 (6,6 % de récession). Le contexte actuel de crise de la social-démocratie européenne ne les aide pas à rebondir.
La gauche est divisée en trois partis — deux socialistes et un écologiste — qui n’ont pas souhaité ou pas pu se rassembler. Il est difficile, dans le système électoral hongrois, de négocier alors que le scrutin ne comporte qu’un seul tour et que les formations ne savent pas réellement quel poids politique elles peuvent avoir.
C’est un système favorable au parti le plus puissant et défavorable à l’opposition. Enfin, des pans entiers de l’électorat de la gauche ont émigré en Europe occidentale.
Man02 : Outre l’immigration, quelles sont les principales idées de Viktor Orban ?
Il a parlé exclusivement de l’immigration durant la campagne électorale. Il n’a pas débattu avec l’opposition, mais ses idées sont connues : sur le plan économique, il applique une politique très interventionniste, plutôt de gauche dans certains domaines. Il défend les valeurs du travail, de la famille et de la patrie.
C’est un souverainiste dont le discours, désormais teinté de théories conspirationnistes, est applaudi par l’extrême droite.
Marc : Le bilan du premier ministre est-il bon ou non ?
Viktor Orban a réussi à corriger les excès du libéralisme observés dans tout l’espace post-soviétique après 1989 et particulièrement en Hongrie, l’économie la plus ouverte avant son retour au pouvoir en 2010.
Les Hongrois, en quête de souveraineté, lui sont reconnaissants d’avoir rétabli un rapport de force favorable à leur pays, face à l’Allemagne par exemple.
Mais des questions importantes sont toujours sans réponses ce lundi : comment améliorer l’état catastrophique du système hospitalier ? Comment mettre fin à la fuite des cerveaux, à la pénurie de main-d’œuvre ?

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                En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil



AntonCatherine : Quelles sont les premières réactions des dirigeants européens ?
Angela Merkel a félicité M. Orban pour sa réélection. Ces deux personnalités appartiennent à la même famille politique : la CDU comme le Fidesz sont membres du Parti populaire européen. La chancelière allemande n’a fait aucun commentaire, à ma connaissance, sur la campagne xénophobe et conspirationniste menée par la Hongrie.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a également salué la réélection de M. Orban. Mais un porte-parole a dit espérer que la Hongrie respecterait les valeurs fondatrices de l’Union.
Manon M. : L’Union européenne (UE) ne peut-elle pas infliger des sanctions à la Hongrie pour la façon dont elle traite les migrants et les étrangers en général ?
Si des manquements sont observés, c’est au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme que la Hongrie peut-être sanctionnée, ce qui est régulièrement le cas. Mais la Commission persiste à vouloir que la Hongrie prenne sa part de la solidarité européenne en matière d’accueil.
S’il affirme l’inverse à ses électeurs, M. Orban applique d’ailleurs à la lettre cette obligation : la Hongrie a accueilli 1 300 réfugiés en 2017… mais elle ne le dit pas.
Romain : La Commission a-t-elle les moyens et la volonté de sanctionner un éventuel durcissement hongrois sur l’Etat de droit ?
M. Orban ne peut pas être sanctionné en vertu de l’article 7 du traité de l’UE, parce que son allié polonais s’y oppose. Mais Bruxelles réfléchit à un mécanisme de conditionnement du versement des fonds européens au respect de l’Etat de droit. Ce projet est controversé.

        Lire aussi l’éditorial du « Monde » :
         

          Le défi hongrois à l’Europe



Lecteur : Quelle est l’attitude de Viktor Orban face à la Russie ?
M. Orban est souvent qualifié d’allié de M. Poutine. La situation est plus nuancée. La Hongrie est une obligée de Moscou, de par sa géographie et ses héritages : elle dépend notamment du gaz russe. A cette réalité se greffe une politique de diversification des alliances de la part de M. Orban.
Vince D. : Peut-on s’attendre à de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux, à la justice, à la liberté de la presse ?
Les ONG sont en tout cas très inquiètes, particulièrement celles qui sont financées par le milliardaire et philanthrope George Soros, bête noire de M. Orban. Des militants associatifs étrangers ont étudié une solution de repli à l’étranger. Les ONG internationales comme Amnesty ou RSF se sont préparées à la situation.
La presse d’opposition, celle appartenant à un milliardaire ennemi de M. Orban, s’attend à des attaques. Hier soir, la première mesure annoncée par le gouvernement a été de fermer les organisations qui font de la politique. A savoir des ONG, des médias dont M. Orban considère qu’ils lui sont hostiles.
George D. : Orban souhaite un renouveau démographique en Hongrie sans avoir recours à l’immigration. Quelles sont ses principales mesures en matière de politique familiale ?
La politique familiale hongroise est la plus généreuse d’Europe. Les familles de plus de deux enfants bénéficient d’avantages à faire rougir la France, pourtant pionnière. Elle autorise un frémissement, mais qui n’est absolument pas suffisant pour renouveler les générations.
Notamment parce que le Fidesz prône le retour de la femme au foyer, alors que toutes les études prouvent que c’est lorsqu’on permet aux femmes de concilier carrière et vie de famille qu’elles font le plus d’enfants. Surtout dans un pays postcommuniste où les femmes travaillent depuis trois générations.

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                En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Leila Zerrougui, nouvelle cheffe de la Monusco, insiste sur l’importance de la tenue d’élections « crédibles » en République démocratique du Congo le 23 décembre.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤         

Entretien

RDC : l’ONU travaille à « convaincre Kinshasa qu’il n’est pas en guerre avec son peuple »

Leila Zerrougui, nouvelle cheffe de la Monusco, insiste sur l’importance de la tenue d’élections « crédibles » en République démocratique du Congo le 23 décembre.

Joan Tilouine (Kinshasa, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 09.04.2018 à 14h58

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        Mis à jour le 09.04.2018 à 17h27






    
Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, dans son bureau de Kinshasa, samedi 7 avril 2018.
Crédits : Thomas Nicolon


La République démocratique du Congo (RDC) traverse une profonde crise politique provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le dernier mandat a expiré le 19 décembre 2016. Ce qui se traduit aussi par l’intensification des violences dans les campagnes du centre et de l’est du pays délaissées par les autorités de Kinshasa. Certaines milices se sont réactivées, d’autres se sont formées.
La population, elle, subit. Il y a aujourd’hui 4,5 millions de déplacés dans le pays selon les Nations unies et les ONG, seulement 230 000 selon le gouvernement congolais, qui a décidé de ne pas participer à la conférence internationale des donateurs prévue le 13 avril à Genève.
La relation entre le pouvoir congolais et les Nations unies s’est détériorée. Le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco), la plus importante et la plus coûteuse force de maintien de la paix déployée par l’organisation, a été renouvelé fin mars par le Conseil de sécurité. Il donne la priorité au processus électoral en vue de la tenue, le 23 décembre, de scrutins présidentiel, législatif et locaux censés mettre un terme à cette longue crise politique et permettre la première alternance pacifique de l’histoire du pays.

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Ce mandat, c’est « l’avant-dernier », a déclaré le ministre congolais des affaires étrangères, Leonard She Okitundu, qui exige un « retrait définitif de la force [en 2020,] après vingt ans de présence ».
C’est dans ce contexte de tensions que la nouvelle représentante spéciale en RDC du secrétaire général des Nations unies et cheffe de la Monusco, Leila Zerrougui, a pris ses fonctions le 12 février. Ancienne magistrate et professeure de droit dans son pays, l’Algérie, elle ne découvre pas la mission onusienne, dont elle fut la représentante adjointe de 2008 à 2012. Cette fois, elle revient comme facilitatrice dans une crise politique censée prendre fin avec ces élections, encore incertaines, du 23 décembre.
Le président Joseph Kabila puis son chef de la diplomatie ont vivement critiqué la Monusco, souhaitant son retrait définitif dans deux ans. Comment réagissez-vous ?
Leila Zerrougui La Monusco n’a pas à son mot à dire et n’a pas vocation à rester éternellement en RDC. Elle exécute la volonté du Conseil de sécurité des Nations unies, avec lequel le gouvernement congolais peut discuter s’il le souhaite. La relation avec les autorités est parfois difficile. Mais je préfère des tensions, qui me semblent normales dans un contexte politique préélectoral, à une absence de réaction du pouvoir. Cela démontre à mon sens que le gouvernement veut prendre sa place, est déterminé à agir sans la Monusco, ce qui peut être une bonne chose.

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Vous devez donc faciliter la première alternance démocratique de l’histoire du pays et amorcer un éventuel retrait de cette mission ?
J’espère que dans deux ans nous aurons une situation stable en RDC. La protection des civils et l’appui au processus électoral restent nos priorités. La tenue d’élections inclusives et crédibles le 23 décembre peut permettre de tourner la page d’une crise politique.
Si ces scrutins ne sont pas satisfaisants et qu’ils sont contestés, ils risquent d’aboutir à une nouvelle ère d’instabilité. Il nous faut éviter la catastrophe. Ma mission est d’appuyer le processus et d’apporter un soutien logistique à la Commission électorale [nationale indépendante (CENI)]. Je n’ai pas de mandat exécutif et ce n’est pas la Monusco qui organise ces élections. Pour le moment, nous considérons qu’elles se tiendront le 23 décembre.
Quels sont vos critères pour considérer ces élections comme « crédibles » ? 
D’abord la participation de toutes les parties qui le souhaitent, et il n’est pas là question d’une personne. C’est le premier défi : l’adhésion de l’opposition, dans sa diversité, à ce processus électoral. A mes interlocuteurs de la majorité présidentielle, je dis clairement qu’ils peuvent organiser des élections seuls, mais je demande : à quoi bon ? En quoi cela arrangerait-il la situation et servirait-il leurs intérêts ? Ils ont besoin de crédibilité, d’inclusivité. Donc ils doivent laisser la population manifester et l’opposition jouer son rôle.

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Je ne cesse de répéter aux leaders de l’opposition comme du pouvoir : « Parlez-vous. » Ils me disent que c’est le cas et, en tant que facilitatrice, je fais tout pour que ces contacts se poursuivent en vue de parvenir à un consensus. Malgré ses doutes et sa méfiance, l’opposition se prépare désormais à cette échéance du 23 décembre et il est important d’avoir une adhésion des deux camps.
Le dispositif de vote par écran tactile est contesté par l’opposition et désavoué par les autorités de Corée du Sud, pays d’origine de la société choisie par la CENI. Ne craignez-vous pas que le processus électoral soit entaché de fraudes ? 
Il est impératif pour les autorités de s’assurer que ces machines fonctionnent et de prévoir d’autres options en cas de défaillance technique. Mais si volonté de tricher il y a, les machines ne sont pas nécessaires. La question centrale reste le rétablissement de la confiance entre les acteurs politiques. Nous y travaillons. Il est dans l’intérêt du pouvoir comme de l’opposition d’avoir des élections crédibles. Et je leur dis : « Nous sommes tous dans le même bateau. Votre succès est notre succès. Votre échec sera aussi le nôtre. »
N’avez-vous pas l’impression que le pouvoir s’est efforcé de faire obstacle à la tenue des élections qui devaient avoir lieu en décembre 2017, selon l’accord politique signé un an plus tôt sous l’égide de l’Eglise catholique ?
Je n’ai pas à juger un partenaire. L’ONU n’est pas garante de cet accord et ne l’a pas signé. Je ne suis pas là pour défier les autorités mais pour maintenir le contact avec tous les acteurs, sans être complice d’aucun, afin de pouvoir les influencer positivement. Si ma neutralité est mise en doute, c’est terminé. Si un facilitateur n’est plus accepté, il ne sert plus à rien.

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Quand vous êtes-vous entretenue avec le chef de l’Etat ? 
J’ai rencontré le président à mon arrivée, puis le 6 avril avec le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Nous avons eu des discussions franches sur la situation sécuritaire, sur la tenue des élections, sur le rôle de la mission. Ce n’est pas mon style de dissimuler la vérité ou de dire ce que le pouvoir veut entendre. Je passe les messages.
Comment vous assurez-vous que des casques bleus ne mènent pas d’opérations conjointes avec des militaires congolais figurant sur la « liste rouge » de l’ONU pour des crimes commis dans l’exercice de leurs fonctions ?
Je n’ai pas connaissance d’opérations menées avec des soldats congolais inscrits sur notre liste rouge. Notre procédure de vérification préalable est rigoureuse et vise à lutter contre l’impunité. Notre appui militaire à l’armée congolaise est dans l’intérêt de la population civile. Je veillerai à cela.
Un rapport d’enquête réalisé par les autorités congolaises daté du 10 mars pointe des actes de « torture » commis par les forces de sécurité lors des dernières manifestations à Kinshasa. De graves violations des droits humains par l’armée ont été documentées dans l’est et le centre… Comment gérez-vous cet aspect délicat du « partenariat » avec le pouvoir congolais ? 
C’est un équilibre qui n’est pas toujours facile. En amont, nous faisons un important travail de formation pour convaincre le gouvernement qu’il n’est pas en guerre avec son peuple, qu’il ne doit pas tirer sur des civils, que changer de posture est dans son intérêt.

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La ministre des droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, nous accompagne à Genève avec ce rapport officiel faisant état de violations des droits de l’homme par la police et l’armée et appelant à la levée de l’interdiction de manifester. C’est un vrai pas en avant. Si on arrive à ce que ces élections se tiennent, que la mentalité des forces de sécurité change et que les manifestations pacifiques se déroulent, ce n’est pas rien.
Que comptez-vous faire pour empêcher que ne se reproduisent des massacres à quelques centaines de mètres des bases de la Monusco, comme ce fut le cas en mai 2016 dans la zone de Beni (Nord-Kivu) ou en septembre 2017 dans celle de Kamanyola (Sud-Kivu), sans que les casques bleus n’interviennent ?
Il y a eu des situations où nous n’avons pas été en mesure de protéger des civils. Nous travaillons à la formation de véritables forces mobiles. Il nous faut aussi du matériel léger, des moyens d’agir de nuit, des capacités de renseignement et un armement suffisant pour répondre aux menaces de groupes qui opèrent parfois comme des armées traditionnelles. C’est normal que nous soyons critiqués. Mais, quand je me regarde dans un miroir, je ne veux pas me dire qu’on a échoué et qu’on aurait pu faire mieux.
Comment expliquez-vous que, malgré la présence de 16 000 casques bleus, il y ait aujourd’hui plus d’une centaine de groupes armés et de nombreux foyers de violence en RDC ? 
Si on demandait aux forces de maintien de la paix de sécuriser tout ce pays immense et dépourvu d’infrastructures, ce chiffre de 16 000 hommes serait une plaisanterie. Mais la sécurité relève de la responsabilité du gouvernement congolais. Nous sommes en période électorale. Et, tout comme en 2011, certains tentent de se positionner. Il y a dans ce pays une tradition d’usage de la force, de recours à la violence pour faire de la politique.

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Je ne pense pas que la situation soit plus grave qu’auparavant. Les groupes armés ne « tiennent » plus de zones comme ce fut le cas par le passé. L’Etat exerce désormais un contrôle sur son territoire, même si des groupes armés continuent d’opérer dans certains secteurs. Je ne minimise pas leur présence, ni les menaces graves pesant sur les populations, qui paient un prix élevé. Mais sur le plan politique je considère que la situation s’améliore. Le pays n’est plus divisé ni occupé. La présence de l’Etat se renforce. Mais beaucoup de choses restent encore à faire.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Ces prochaines années, les capitales d’Europe de l’Est devraient enregistrer une croissance plus rapide que les autres villes du Vieux continent, selon une étude d’Oxford Economics.
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Les disparités économiques se creusent aussi entre les villes européennes

Ces prochaines années, les capitales d’Europe de l’Est devraient enregistrer une croissance plus rapide que les autres villes du Vieux continent, selon une étude d’Oxford Economics.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h34
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 12h36
    |

            Marie Charrel








                        



   


La croissance est de retour en Europe, mais la répartition de ses fruits est inégale. Si le phénomène n’est pas nouveau, il inquiète particulièrement depuis la reprise. Les disparités entre les régions recommencent à se creuser au sein des pays, notamment entre les métropoles et les zones rurales : les premières concentrent de plus en plus d’activités au détriment des secondes. C’est particulièrement le cas en Europe centrale et de l’Est, où les campagnes continuent de se dépeupler.

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Vendredi 5 avril, l’institut de recherche britannique Oxford Economics a publié une note passant au crible l’économie des 25 plus grandes villes du Vieux Continent et leurs perspectives de croissance entre 2018 et 2022. Celle-ci confirme la tendance : presque toutes devraient voir leur richesse augmenter à un rythme supérieur à celui de la moyenne nationale. Et la palme du dynamisme sera remportée par les métropoles d’Europe de l’Est.
Le produit intérieur brut (PIB) de Varsovie devrait ainsi croître de 3,7 % par an en moyenne d’ici à 2022, selon les prévisions de l’institut, suivie de Prague (3,3 %) et Sofia (3 %), devançant de peu Stockholm (2,9 %). La capitale polonaise se situerait loin devant Paris, à la dix-septième place (1,9 %), derrière Madrid (2,5 %), Londres (2,4 %), Lyon (2,4 %) et Athènes (2,1 %). Mais devant Milan (1,6 %) et Bruxelles (1,4 %).
Passage en revue des moteurs sectoriels
L’étude d’Oxford Economics est surtout éclairante lorsqu’elle passe en revue les moteurs sectoriels de ces agglomérations. On y détecte les premiers effets du Brexit. Le secteur des services financiers devrait croître de 2,3 % par an à Paris sur la période, contre 1,5 % à Londres. « C’est en partie l’effet du Brexit, mais pas uniquement : nous estimons que 7 500 emplois devraient quitter Londres au profit d’autres centres financiers européens pendant la période de transition », explique l’économiste Richard Holt, auteur de la note.
En revanche, les emplois devraient continuer de croître plus vite à Londres qu’à Paris dans d’autres secteurs, tels que les services administratifs et les fonctions de support. Résultat : si les deux villes ont enregistré la même croissance en 2017 (2 %), la capitale britannique repasserait de nouveau en tête dès cette année.
Son leadership financier sera néanmoins affaibli par d’autres mutations structurelles déconnectées du Brexit. A commencer par la croissance rapide des technologies numériques et des fintech en Europe du Nord et de l’Est.
« Varsovie, Sofia, Prague et Stockholm peuvent fournir des services d’une qualité qu’autrefois, seule la capitale britannique était en mesure d’assurer : elles auront donc moins tendance à externaliser leurs activités financières vers Londres ces prochaines années », souligne l’étude d’Oxford Economics.
Ces quatre villes sont celles où les services financiers devraient progresser le plus rapidement ces prochaines années (plus de 3 % par an).
Prague devrait, en outre, profiter d’un solide bond du secteur de l’information et de la communication (+ 5,3 % par an), tandis que Sofia concentrera une bonne partie de la croissance locale. La capitale bulgare affiche l’un des plus forts potentiels de rattrapage, mais les problèmes de corruption risquent de freiner les investissements étrangers.

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En Europe du Nord, Stockholm sort du lot avec sa main-d’œuvre hautement qualifiée, son tissu économique diversifié (start-up et groupes industriels), et sa démographie dynamique, notamment du fait de l’immigration. Grâce à cela, sa croissance devrait surpasser de 0,8 point par an celle de la moyenne nationale suédoise sur la période (2,1 %).
A Lyon, l’industrie en forte croissance
Grâce à la bonne diversification de ses activités, Madrid enregistrerait le PIB en plus forte hausse au sud de la zone euro, à savoir de 2,5 % par an sur la période, contre 2 % à Barcelone, 1,6 % à Lisbonne ou 1,1 % à Rome. Mais dans la région, la palme de la plus forte croissance industrielle (2,7 %) reviendrait à Lyon. « Elle passe un peu sous les radars, et pourtant, Lyon devrait être la principale gagnante des réformes initiées par le président Macron, estime la note. Ses forces résident dans son industrie à haute valeur ajoutée et sa population jeune et qualifiée. »

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En Allemagne, Berlin et Munich devraient tirer leur épingle du jeu (2 % de croissance par an entre 2018 et 2022), notamment grâce au dynamisme du secteur de l’information et de la communication. Plus surprenant, Francfort pourrait rester à la traîne (1,6 %). En dépit des éventuelles retombées positives du Brexit, les services professionnels devraient y progresser moins vite que dans la capitale allemande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Le Britannique est remplacé par un Allemand, Christian Sewing, l’un des deux actuels codirecteurs de la banque. Une solution d’urgence trouvée sous la pression des actionnaires.
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La Deutsche Bank remercie son PDG, John Cryan

Le Britannique est remplacé par un Allemand, Christian Sewing, l’un des deux actuels codirecteurs de la banque. Une solution d’urgence trouvée sous la pression des actionnaires.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 12h12
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Quand la stabilité reviendra-t-elle à la Deutsche Bank ? Moins de trois ans après l’arrivée de l’actuel PDG, John Cryan, à la tête de l’établissement, la Deutsche Bank (DB) change à nouveau de tête. John Cryan est remercié, et laisse sa place à Christian Sewing, un des deux codirecteurs de la banque, au terme d’une crise au sein de la direction. Cette nomination est un revirement dans l’histoire récente de DB : pour la première fois depuis 2002, c’est un Allemand qui reprend les rênes de l’établissement emblématique du pays.
John Cryan, un banquier britannique arrivé à l’été 2015 à la tête de la Deutsche Bank, n’a pas réussi son pari de redresser durablement l’établissement. Malgré un ambitieux programme de restructuration, des suppressions d’emplois par milliers et une augmentation de capital, DB n’est pas parvenue à revenir dans le vert.

Depuis des mois, les actionnaires ne cachaient plus leur impatience vis-à-vis de la direction de la banque, notamment le président du conseil de surveillance, Paul Achleitner. Une nouvelle perte sur l’année 2017 – la troisième consécutive – et la chute du cours de DB, peu avant Pâques, ont précipité le départ du dirigeant britannique, dont le contrat courait normalement jusqu’en 2020.
Un poste très difficile
Durant le week-end de Pâques, de nombreuses rumeurs avaient circulé dans la presse financière sur le nom d’un possible successeur à John Cryan. Selon le quotidien Handelsblatt, M. Achleitner préparait depuis longtemps un changement de direction, mais n’avait trouvé jusqu’ici aucun candidat externe jugé capable de reprendre ce poste particulièrement difficile. Sous la pression des actionnaires, une solution d’urgence a été trouvée.
Le président du conseil de surveillance a opté pour un candidat interne, qui a fait toute sa carrière au sein de la banque. La décision a été entérinée dans la soirée du dimanche 8 avril et annoncée à la presse peu avant minuit.

L’arrivée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’envoyé spécial du « Monde » analyse la victoire, lors des législatives dimanche, du parti populiste du premier ministre Viktor Orban et ses conséquences pour l’Europe.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les aides d’Etat, les mesures antidumping et les investissements posent problème, selon le président américain. Les Etats-Unis souhaitent que soient révisées les conditions dans lesquelles la Chine a adhéré à l’OMC, en 2001.
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Trump accuse l’Organisation mondiale du commerce de faire le jeu de la Chine

Les aides d’Etat, les mesures antidumping et les investissements posent problème, selon le président américain. Les Etats-Unis souhaitent que soient révisées les conditions dans lesquelles la Chine a adhéré à l’OMC, en 2001.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h58
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            

Dans son offensive commerciale, Donald Trump s’en prend à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), accusée de faire le jeu de la Chine. « Nous sommes mal représentés. L’OMC est inéquitable envers les Etats-Unis », a accusé vendredi 6 avril sur Twitter le président américain.
En réalité, il s’agit des deux faces d’une même médaille : l’OMC est un empêcheur de tourner en rond, car elle encadre les relations des Etats-Unis avec leurs partenaires commerciaux, à commencer par la Chine. Cet ordre exaspère Trump pour deux raisons tactiques : d’abord, il sait que ses sanctions unilatérales ont des chances d’être condamnées par l’OMC même s’il s’abrite derrière la « sécurité nationale » ; surtout, il ne croit qu’au rapport de force bilatéral et veut imposer des concessions unilatérales à ses partenaires, notamment la Chine, estimant que les Etats-Unis sont les perdants des accords actuels. Or cette manière de faire est opposée à l’esprit de l’OMC, qui est faite de concessions réciproques et équilibrées.

Au-delà de la tactique, la défiance américaine a des causes plus profondes, qui remontent à 2001 : l’entrée de la Chine à l’OMC et le lancement du cycle de libéralisation commerciale de Doha. L’adhésion du pays le plus peuplé de la planète devenu l’atelier du monde a bouleversé l’ordre économique global. Ses conditions d’adhésion n’ont jamais été révisées, alors qu’elle est en passe de devenir la première puissance économique mondiale. Donald Trump a beau jeu de dénoncer une Chine encore classée parmi les pays en voie de développement.
Dans le même temps, la négociation de Doha n’a jamais abouti, tantôt à cause des Africains, des Indiens, des Européens mais très souvent des Américains. Résultat, l’institution ne dispose pas de règles modernes adaptées à la réalité pour trancher les différends commerciaux du nouvel ordre mondial.
La machine s’est enrayée
C’est l’instance d’appel des panels de l’OMC qui le fait bon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.
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« Une Europe du travail et de “l’état de bien-être” »

L’économiste Paul Jorion préconise dans sa chronique d’étendre à l’ensemble de la population le bénéfice de la mécanisation en socialisant par un impôt une part de la valeur ajoutée créée par les machines, qui serait redistribué entre tous sous la forme d’un service universel de base.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h39
    |

                            Paul Jorion (Economiste et anthropologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille)








                        



                                


                            

Marchés. Que reste-t-il du rêve européen ? Si peu ! Au point que, quand le choix est offert à un peuple de l’Union, celui-ci exprime le plus souvent son rejet. Ce fut le cas aux élections qui viennent de se tenir en Hongrie, après les législatives du 4 mars en Italie ou lors du référendum dit du Brexit au Royaume-Uni en 2016, mettant en péril la démocratie dans des dérives nauséabondes.
Pourquoi le populisme ? Pour deux raisons, qui chacune exacerbe les interactions par nature difficiles au sein de nos sociétés, héritières de communautés dont le mode traditionnel de réciprocité relève soit, négativement, de la loi du talion (œil pour œil, dent pour dent), soit, positivement, de l’amour du prochain (tendre l’autre joue). L’absence de réciprocité s’y joue aussi dans la non-reconnaissance de l’autre comme personne humaine à part entière.
La première cause du populisme, c’est la peur qu’engendre la concurrence toujours plus forte pour des emplois sur un marché du travail qui se rétrécit comme peau de chagrin avec l’avancée du numérique. Une peur à laquelle les gouvernements ont renoncé à répondre, préférant botter en touche sous prétexte que les évaluations du nombre de postes condamnés divergent. Mais la question devient oiseuse lorsqu’on s’accorde à dire que ce chiffre sera énorme…
La seconde cause est plus sournoise : c’est le délitement de l’Etat-providence. Au lieu d’être fondé sur une réduction résolue de la disparité des patrimoines, son financement reste essentiellement assuré par les contributions des salariés, complété par l’endettement de l’Etat. Ceci au nom du dogme du « ruissellement », jamais vérifié, ni jamais autant démenti par les faits, avec la réduction rampante du pouvoir d’achat des populations. Sauf, paradoxalement, en Chine.
Mise à plat
La revalorisation de l’Europe aux yeux de ses citoyens passe par une mise à plat de ces deux questions : celle du travail et celle de « l’Etat de bien-être »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Editorial. L’ampleur de la victoire du parti de Victor Orban au scrutin législatif hongrois de dimanche constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     
                                                

Le défi hongrois à l’Europe, après la victoire du populiste Viktor Orban

Editorial. L’ampleur de la victoire du parti de Victor Orban au scrutin législatif hongrois de dimanche constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h34
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09.04.2018 à 12h42
   





                        



   


Editorial du « Monde ». A un an des prochaines élections européennes, la victoire éclatante de Viktor Orban et de son parti de droite souverainiste, le Fidesz, au scrutin législatif hongrois du dimanche 8 avril est un événement important à double titre : elle sera interprétée comme un solide encouragement pour les partis populistes de l’UE et elle constitue un avertissement sérieux pour Bruxelles.
L’ampleur de la victoire de M. Orban, que souligne une très forte participation électorale, a en effet dépassé ses espérances. Le décompte de 99 % des bulletins de vote accordait lundi matin 48,5 % des suffrages exprimés au parti du premier ministre hongrois, garantissant au Fidesz et à son petit parti allié la majorité des deux tiers au Parlement nécessaire pour modifier la Constitution. A 54 ans, Viktor Orban aborde donc en position de force son troisième mandat consécutif – le quatrième à la tête de la Hongrie – à l’issue d’une campagne essentiellement menée sur le thème du spectre du « grand remplacement » de la population européenne par l’immigration.

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M. Orban a toujours été, pour le meilleur et pour le pire, le trublion de l’Europe. A 26 ans, en 1989, jeune militant démocrate qui aspirait à voir son pays rejoindre l’Europe de la liberté, il transgressait la stratégie de modération de l’opposition anticommuniste en réclamant haut et fort le départ des troupes soviétiques de la Hongrie. Son accession au pouvoir, cependant, marqua le début d’une dérive du centre droit vers une droite nationaliste et antiélites.
Après un passage dans l’opposition et le naufrage des ex-communistes reconvertis en socialistes au gouvernement, Viktor Orban, de retour au pouvoir en 2010, a progressivement installé sa marque à Budapest : une politique économique nationaliste, refusant les préceptes de l’austérité, des médias et un pouvoir judiciaire largement sous contrôle, une critique quasi permanente du « joug » de Bruxelles, un rapprochement avec Moscou.
Discours xénophobe et dérive autoritaire
La crise des réfugiés de 2015, qui a vu des centaines de milliers de demandeurs d’asile traverser la Hongrie sur le chemin de l’Allemagne, et la tentative de l’UE d’imposer des quotas de réfugiés par pays lui ont servi de détonateur pour exploiter la peur de l’immigration, du multiethnisme et de l’islam au sein de son électorat : ce thème, obsessionnel dans la campagne de 2018, était absent de ses campagnes précédentes. Assorti d’une offensive contre les ONG en général et celles du milliardaire américain d’origine hongroise George Soros en particulier, ce discours a fait de M. Orban le chef de file de la droite identitaire en Europe. Depuis 2015, il a trouvé un puissant allié dans le parti Droit et justice (PiS) désormais au pouvoir en Pologne.

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Le défi pour l’UE, dont les valeurs fondatrices sont ouvertement remises en cause par le pouvoir hongrois, est donc clair. Bruxelles a, jusqu’ici, attaqué Varsovie mais ménagé Budapest, pour deux raisons essentielles : la petite Hongrie (9,8 millions d’habitants) compte moins que l’ambitieuse Pologne (38 millions) et, surtout, le Fidesz de M. Orban est membre du Parti populaire européen (PPE), qui rassemble les formations de centre droit des pays de l’UE, au premier rang desquelles la CDU-CSU d’Angela Merkel et Les Républicains français. Il est grand temps que le PPE condamne expressément le discours xénophobe et la dérive autoritaire de son partenaire hongrois.
Viktor Orban érige Bruxelles en bouc émissaire à Budapest, mais rentre dans le rang lorsqu’il retrouve ses homologues à Bruxelles. Si l’opinion publique hongroise soutient de toute évidence son premier ministre, elle est aussi très largement pro-européenne, consciente des dividendes économiques et de sécurité que lui apporte l’appartenance à l’UE. Puisque Viktor Orban ne veut pas quitter l’Europe, celle-ci doit fermement lui rappeler les conditions politiques de son maintien dans la famille européenne.




                            


                        

                        


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Après un long séjour aux Etats-Unis, le prince héritier saoudien « MBS » de passage à Paris

Mohammed Ben Salman mise désormais tout sur sa relation privilégiée avec les Etats-Unis. La France est redevenue ce qu’elle était : un partenaire, de second rang.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 11h33
    |

            Christophe Ayad








                        



                                


                            

Trois semaines aux Etats-Unis, trois jours en France. Le rapport résume bien les priorités du futur souverain et actuel homme fort du royaume saoudien, Mohammed Ben Salman, arrivé directement depuis les Etats-Unis à Paris, dimanche 8 avril, où il a dîné en privé avec le président Emmanuel Macron – au Musée du Louvre, sous le tableau de Delacroix La Liberté guidant le peuple. Si François Hollande a pu être, un temps, le partenaire occidental privilégié des Saoudiens, ce n’est plus le cas : Barack Obama, soupçonné de complaisance envers l’Iran, le principal rival de Riyad au Moyen-Orient, a quitté la Maison Blanche, et la monarchie saoudienne mise désormais tout sur sa relation privilégiée avec Donald Trump, avec qui les relations sont au beau fixe malgré ses discours anti-islam et anti-immigration.
Quant à la France, elle est redevenue ce qu’elle était pour l’Arabie saoudite : un partenaire et un allié traditionnel, mais de second rang. Pendant la visite de « MBS » à Paris, il sera surtout question de culture et de patrimoine, notamment d’un partenariat commun pour mettre en valeur le site nabatéen d’Al-Ula, que le prince héritier entend ouvrir aux touristes dans le cadre de ses efforts pour diversifier l’économie de son pays. Le site, longtemps interdit car anté-islamique, symbolise aussi l’ouverture au monde voulue par le prince héritier. Une douzaine de protocoles d’accord dans différents domaines (énergies renouvelables, etc.) seront également signés à cette occasion.

Réduire l’Etat-providence
Tout comme aux Etats-Unis, MBS vient vendre à la France son projet d’ouverture et de libéralisation résumé dans l’ambitieux plan baptisé Vision 2030, qui vise à réduire, dans les douze années à venir, la dépendance de l’Arabie saoudite au pétrole, dont la baisse des prix affecte durement les recettes de l’Etat. Lesté par une démographie galopante et une jeunesse très nombreuse, le royaume est contraint de diversifier son économie et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Paris et Washington promettent une « réponse forte », mais nient avoir frappé une base militaire syrienne.
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Carnage chimique dans la Ghouta orientale

Paris et Washington promettent une « réponse forte », mais nient avoir frappé une base militaire syrienne.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 15h00
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant), 
Marc Semo et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Plusieurs missiles ont frappé, lundi 9 avril à l’aube, l’aéroport militaire syrien de Tiyas, situé entre Homs et Palmyre, au surlendemain d’une attaque chimique présumée contre le bastion rebelle de Douma, en banlieue de Damas.
Cette base aérienne, appelée « T4 », qui est l’une des plus importantes du pays, est aussi utilisée par la force Al-Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution iraniens, déployée en Syrie, ainsi que par des militaires russes. Elle avait été l’une des cibles des raids de représailles de l’aviation israélienne, en février, après que l’un de ses F16 a été abattu au-dessus de la Syrie. Au moins 14 combattants, dont des Iraniens, auraient été tués selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Cette opération survient trente-six heures après la mort de dizaines d’habitants de Douma, dans ce que les ONG de l’opposition syrienne implantée sur place présentent comme une attaque chimique du régime Assad. Si le président Donald Trump a promis dans un Tweet, dimanche, de faire payer cette hécatombe au « prix fort », le Pentagone a nié toute implication dans l’attaque de la base. La France, qui sous la présidence d’Emmanuel Macron a fait de l’emploi d’arme chimique en Syrie une « ligne rouge », a démenti aussi tout rôle dans ce bombardement. A ce stade, l’hypothèse la plus probable est celle d’une opération de l’armée israélienne.

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Il n’en reste pas moins que le carnage de Douma, avec son cortège d’images de femmes et d’enfants manifestement asphyxiés, met aussi bien Washington que Paris sous pression. Emmanuel Macron et Donald Trump se sont entretenus dimanche soir afin, selon la présidence française, de « coordonner leurs actions et leurs initiatives au sein du Conseil de sécurité des Nations unies », qui doit se réunir en urgence lundi après-midi à New York. Ils sont convenus de la nécessité d’une « réponse forte », a fait savoir la Maison blanche. « De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie », avait tweeté dimanche M. Trump, qui a pointé du doigt la « responsabilité » de la Russie et de l’Iran, qualifiant M. Assad d’« animal ».
Les Etats-Unis pris de court
Aucune enquête n’a pu être menée pour l’instant pour déterminer avec précision le type d’agent chimique employé à Douma. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les spécialistes militaires russes qui se sont déjà rendus sur place n’ont découvert aucune trace de chlore ni de quelque substance chimique utilisée contre les civils.
Les symptômes observés sur les victimes, dont le nombre oscille selon les sources entre une cinquantaine et plus de cent, incitent les médecins présents sur place à penser qu’il s’agit d’un mélange de chlore et de neurotoxique, possiblement le sarin. Cette substance, hautement létale, a déjà été utilisée par l’armée syrienne en août 2013 contre la Ghouta, la banlieue de Damas, dont Douma est le principal centre urbain (plusieurs centaines de morts) et en avril 2017 contre Khan Cheikhoun, une localité du nord (85 morts).
A la suite de cette attaque, Donald Trump avait rompu avec la politique de son prédécesseur démocrate Barack Obama – qui avait renoncé à la dernière minute à répondre militairement au bombardement de la Ghouta –, en faisant tirer, en guise de représailles, 59 missiles de croisière contre la base aérienne d’Al-Chaayrate, dans le centre de la Syrie. Aujourd’hui, la virulence de sa réaction sur Twitter semble placer de nouveau le locataire de la Maison Blanche dans la quasi-obligation d’agir.
Si le président « ne tire pas les conséquences et s’il ne répond pas aux attentes créées par ce Tweet, il aura l’air faible aux yeux de la Russie et de l’Iran », a prévenu sur la chaîne ABC le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham. Le bombardement de Douma prend cependant la présidence américaine de court. Il intervient quelques jours après que Donald Trump a exprimé son souhait de retirer « très vite » les troupes américaines déployées dans le nord-est du pays. « Il est temps, avait-il ajouté. Notre première mission était de nous débarrasser [de l’organisation Etat islamique]. Nous y sommes presque parvenus. »
« De la mousse s’échappait de leur bouche »
Le président français a déclaré que la France serait prête à mener seule une opération en Syrie en cas d’usage d’armes chimiques par le régime Assad. Cela n’avait pas empêché le régime de continuer à mener des attaques au chlore – dont la possession n’est pas interdite, même si son emploi militaire l’est – comme arme tactique pour semer la panique. Peu meurtrières, elles n’ont suscité que peu de réactions. Paris, entre-temps, a peu à peu changé ses éléments de langages, évoquant « un emploi avéré, létal, et dont on peut déterminer la provenance ».
L’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society), qui compte de nombreux docteurs et infirmiers à Douma, a recensé samedi, en fin de journée, près de 500 cas de suffocation. Les patients présentaient des symptômes d’« exposition à un agent chimique », selon l’organisation, comme des difficultés respiratoires, un ralentissement du rythme cardiaque et des brûlures de la cornée. « De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore », affirme un communiqué de SAMS.
Parmi ces patients, six sont morts, selon SAMS, dont une femme atteinte de convulsions et d’un rétrécissement des pupilles, des symptômes associés à l’usage de sarin. Samedi, plus tard dans la soirée, des secouristes ont découvert 42 personnes mortes dans leurs habitations. Les vidéos tournées sur place, montrant des cadavres sans blessure, figés dans leur sommeil pour certains, gisant dans un escalier ou un appartement pour d’autres, laissent supposer que leur mort a été foudroyante. « Les symptômes rapportés indiquent que les victimes ont été asphyxiées par un produit chimique toxique, très probablement un agent organophosphoré », affirme SAMS. Le gaz sarin appartient à cette catégorie.
Dernier fief rebelle
La presse officielle syrienne a accusé les insurgés de diffuser des fausses informations pour tenter de ralentir la progression des forces gouvernementales. L’armée russe a elle aussi rejeté les accusations de l’opposition. Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale, une zone en périphérie de la capitale syrienne, à ne pas avoir été reconquise par les troupes gouvernementales.
Celles-ci mènent dans cette région une violente offensive, lancée à la mi-février, qui a causé la mort de 1 600 civils et débouché sur la reddition de milliers de rebelles, transférés, avec leurs familles, vers le nord de la Syrie. Le groupe salafiste Jaïch Al-Islam, le dernier groupe rebelle encore présent dans la Ghouta orientale, retranché à Douma et qui contrôle la ville, a rejeté jusque-là les offres d’évacuation de la Russie, alliée du régime syrien. Ce qui a conduit l’armée syrienne à reprendre ses bombardements, vendredi, après une dizaine de jours d’accalmie.




                            


                        

                        


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Nucléaire iranien : la mise en garde de Téhéran à Washington

Donald Trump avait menacé en janvier de sortir son pays de l’accord le 12 mai, à l’expiration d’un ultimatum lancé aux Européens pour durcir le texte.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h00
   





                        



   


Le président iranien, Hassan Rohani, a prévenu lundi 9 avril que la réponse de l’Iran à un éventuel retrait américain de l’accord de Vienne serait plus ferme que ne l’imaginent les Etats-Unis. Lors d’un discours retransmis en direct à la télévision à l’occasion de la « journée nationale de la technologie nucléaire », le chef de l’Etat a prévenu :
« L’Iran ne violera pas l’accord nucléaire mais si les Etats-Unis se retirent de cet accord, ils le regretteront certainement. Notre réponse sera plus ferme qu’ils ne l’imaginent et ils le constateront en moins d’une semaine. »
Le JCPOA (Joint Comprehensive Plan of Action – « Plan d’action global conjoint »), signé en juillet 2015 par l’Iran, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Union européenne, a mis en place un encadrement des activités nucléaires iraniennes en échange d’une levée progressive des sanctions contre Téhéran. Il est censé empêcher l’Iran de se doter de la bombe atomique, mais Donald Trump estime qu’il n’apporte pas de garanties suffisantes pour la sécurité internationale.

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Pression de Trump sur les partenaires européens
Donald Trump a donné aux signataires européens de cet accord jusqu’au 12 mai pour « réparer les affreuses erreurs » de ce texte ratifié par l’administration de Barack Obama, faute de quoi il refusera de prolonger l’assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique.
L’Iran a prévenu qu’en cas de rupture de l’accord, il développerait son programme nucléaire à un degré d’avancement supérieur à ce qu’il n’était en juillet 2015. Le président iranien s’est dit prêt à tout scénario, y compris à la mise en œuvre du JCPOA sans les Etats-Unis.

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Paris continue de livrer des munitions à Riyad, en guerre au Yémen

A l’occasion de la visite de Mohammed Ben Salman, des ONG dénoncent l’utilisation d’armes françaises par la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h04
    |

            Nathalie Guibert








                        



   


La visite officielle du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, à Paris, les 9 et 10 avril, place la France sous le feu nourri des associations de défense des droits humains. Dix ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ont interpellé ensemble le président Emmanuel Macron. Selon elles, des armes vendues ces dernières années à Riyad pourraient être utilisées dans la guerre au Yémen au préjudice des populations, en violation du droit de la guerre et du traité sur le commerce des armes.
Evoquant des « indices de présence de matériels français » sur le champ de bataille, la Fédération internationale des droits de l’homme souligne : « Les prises de commande de l’Arabie saoudite ont explosé les deux années précédant le conflit : 1,9 milliard d’euros en 2013 et 3,6 milliards en 2014. Cette situation se traduit logiquement par une hausse des livraisons quelques années plus tard, alors que le conflit au Yémen bat son plein et que les Nations unies ont mis en évidence la mort de milliers de civils dans des bombardements de la coalition, autant de violations flagrantes du droit international humanitaire. »

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L’Elysée indiquait jeudi 5 avril que les crises régionales seraient évidemment abordées avec Mohammed Ben Salman, mais que « les contrats, qu’ils soient civils ou militaires, ne seront pas au centre de la visite ». La même source ajoutait : « Il existe en France un contrôle très strict des exportations d’armements, qui respectent les procédures internationales et obéissent à des critères très précis, y compris le souci de voir si des populations civiles peuvent être mises en danger. »
Les ventes d’armes sont autorisées par le premier ministre, par le biais de la commission interministérielle pour l’étude des exportations des matériels de guerre (CIEEMG) ; celle-ci accorde des licences au cas par cas. Dans ce cadre, la France maintient et assume sa place de troisième vendeur mondial d’armement, en considérant que l’exportation est une condition de la viabilité de ses industries de défense. Paradoxalement, si Paris a livré autour de 1 milliard d’euros d’armement par an à Riyad, il n’a engrangé aucun nouveau gros contrat d’équipement militaire entre 2015 et 2017, en raison de la transition politique qui a conduit Mohammed Ben Salman au pouvoir.
Aucun embargo sur les armes ne frappe Riyad – ni les Emirats arabes unis, membres eux aussi de la coalition intervenant au Yémen contre les rebelles chiites, un autre pays « client » avec lequel la France possède, de plus, un accord de défense.
Dossiers couverts par le secret défense
En 2014 et 2015, indiquent certaines sources proches, l’exécutif français a accordé des licences d’exportation avec l’idée que la guerre au Yémen ne durerait pas et qu’elle serait conduite par l’Arabie saoudite avec des matériels déjà vendus. A partir de 2016, le conflit se prolongeant, la question s’est posée de la reconstitution de ces stocks, Riyad souhaitant notamment acheter des munitions. Le gouvernement français a assumé de continuer ses livraisons auprès de son « partenaire stratégique » saoudien, y compris depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Les licences seraient étudiées avec une vigilance accrue et des critères plus restrictifs. Les dossiers de la CIEEMG sont cependant couverts par le secret défense et ces restrictions ne sont pas rendues publiques.
Début 2017, comme Le Point l’avait révélé, le ministère des affaires étrangères s’était opposé à celui de la défense, qui soutenait notamment la vente d’obus de 155 mm pour les canons Caesar saoudiens, au sein d’une commande globale de 455 millions d’euros. Le premier ministre Bernard Cazeneuve avait requis l’arbitrage de François Hollande, qui avait donné son accord.
Les canons Caesar, fait-on aujourd’hui valoir à Paris, sont utilisés à la frontière du Yémen, côté saoudien, en autoprotection des forces saoudiennes. Les licences d’exportation seront revues en fonction de l’évolution du terrain au Yémen, assure l’exécutif. Mais tous les risques d’usages contraires au droit de la guerre ne peuvent être écartés a priori. Les livraisons de munitions pourraient poser problème si des preuves étaient apportées d’un emploi criminel sur le terrain. En 2016, HRW avait rassemblé au Yémen des preuves contre Londres, après une série de frappes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre des infrastructures économiques, tuant 130 civils. Une des munitions en cause, une bombe britannique guidée Paveway, avait été produite en 2015 et exportée en Arabie saoudite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le député machiste et homophobe veut profiter, pour la présidentielle d’octobre, du discrédit des responsables politiques après l’arrestation de Lula, condamné à douze ans et un mois de prison pour corruption.
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Au Brésil, l’extrême droite de Jair Bolsonaro à l’affût

Le député machiste et homophobe veut profiter, pour la présidentielle d’octobre, du discrédit des responsables politiques après l’arrestation de Lula, condamné à douze ans et un mois de prison pour corruption.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 10h56
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



                                


                            

Jair Bolsonaro a fêté l’événement, bien sûr. « Pas l’échec de Lula, mais la victoire de la justice ! », précise le député d’extrême droite, précandidat à l’élection présidentielle d’octobre. Au lendemain de l’emprisonnement de l’ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, samedi 7 avril, le militaire de réserve sait que de challenger il passe à favori. Et savoure son moment. « Le citoyen est fatigué », assure-t-il à une horde de journalistes avant d’évoquer « le délabrement des valeurs familiales », le « chômage effrayant », la « violence ». « On a donné, hier, une réponse positive au futur candidat qui prendra le Brésil au sérieux », conclut-il.
Jair Bolsonaro, 63 ans, en faveur de la peine de mort et du port d’arme, serait-il ce « candidat qui prend le Brésil au sérieux » ? Ce « sauveur de la patrie », comme le décrivent ses admirateurs ? Selon un sondage Datafolha réalisé après la condamnation, en janvier, de Lula à douze ans et un mois de prison pour corruption, M. Bolsonaro récoltait 18 % des voix derrière l’ancien syndicaliste (36 %). Dans l’hypothèse où Lula serait écarté de la course, il grimpe à la première place.

Affilié au Parti social-libéral (PSL), Jair Bolsonaro a changé plus d’une dizaine de fois d’étiquette depuis le début de sa carrière politique à la fin des années 1980, mais sa ligne, elle, n’a jamais varié : la détestation de la gauche et de tout ce qui s’y rapporte. De Fidel Castro à Lula, du communisme à la social-démocratie, de l’assistance sociale à la mansuétude judiciaire, tout lui fait horreur.
« Bolsonaro jouait sur la polarisation pour ou contre Lula. Mais, dans le fond, il n’a pas d’idées », estume Kim Kataguiri, un militant du Mouvement Brésil libre
Cette aversion épidermique a dynamisé la popularité du député alors que le retour au pouvoir de Lula se profilait et effrayait une partie des Brésiliens. A grand renfort...




                        

                        


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L’Allemagne sous le choc après l’attaque de Münster et l’attentat déjoué à Berlin

L’extrême droite veut récupérer l’émotion suscitée par l’acte d’un déséquilibré à Münster et par un attentat déjoué.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h53
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                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Un drame à Münster, puis un attentat déjoué à Berlin. L’Allemagne vient de vivre deux jours particulièrement éprouvants, qui laissent de surcroît un arrière-goût politique amer après la récupération des événements par l’extrême droite, dans un style inédit dans la vie politique allemande.
Dans l’après-midi du samedi 7 avril, la paisible ville de Münster, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, a été frappée au cœur, après qu’une camionnette conduite par un déséquilibré a délibérément foncé dans la foule, faisant deux morts et une trentaine de blessés sur son passage. Dimanche après-midi, le journal Die Welt annonçait que la police de Berlin avait déjoué un attentat contre le semi-marathon de Berlin, qui s’est par ailleurs déroulé sans incident. Six personnes, âgées de 18 à 21 ans, suspectées d’avoir voulu organiser des attaques au couteau contre des participants, ont été arrêtées.

Les forces de l’ordre soupçonnent le suspect principal d’avoir eu des liens étroits avec le terroriste Anis Amri, l’auteur de l’attaque au camion bélier au marché de Noël de Berlin, en décembre 2016, qui avait entraîné la mort de douze personnes.
Aucun lien entre les événements
Malgré leur quasi-simultanéité, il est désormais établi que les deux événements du week-end n’ont aucun lien l’un entre eux. Selon les éléments, connus lundi matin, de l’enquête menée par la police, le responsable du drame de Münster n’avait aucun lien avec une organisation terroriste, ni islamiste ni d’extrême droite. L’homme, âgé de 48 ans, était né en Allemagne où il possédait trois appartements, un à Münster et deux dans l’est de l’Allemagne.
Jens R., dessinateur industriel de profession, souffrait apparemment de problèmes psychologiques graves. Selon les informations du journal Süddeutsche Zeitung et des chaînes WDR et NDR, il avait envoyé, le 29 mars dernier, une lettre à des proches dans laquelle il expliquait longuement les échecs de sa vie, dont il rendait...




                        

                        

