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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ L’opération doit mobiliser durant plusieurs jours près de 2 500 gendarmes mobiles. Six squats ont été démolis par les forces de l’ordre et sept personnes ont été interpellées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/04/2018
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Notre-Dame-des-Landes : treize squats démantelés dans la ZAD, selon la préfète

L’opération doit mobiliser durant plusieurs jours près de 2 500 gendarmes mobiles. Six squats ont été démolis par les forces de l’ordre et sept personnes ont été interpellées.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 04h44
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 18h24
   





                        



Les forces de l’ordre ont commencé tôt, lundi 9 avril au matin, leur opération d’évacuation d’une partie de la zone d’aménagement différé (ZAD, baptisée « zone à défendre » par ses opposants) de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), sur le site du projet d’aéroport définitivement abandonné par le gouvernement, le 17 janvier.
Dans la nuit, la gendarmerie « a procédé à une mission de maintien de l’ordre », a fait savoir le ministère de l’intérieur par un communiqué. L’« expulsion » elle-même a débuté à 6 heures, précise la Place Beauvau, qui assure qu’elle ne vise que les « occupants les plus radicaux ».
La situation sur place
Treize squats ont été évacués, parmi lesquels six ont été démolis, a annoncé la préfète des Pays de la Loire et de la Loire-Atlantique, Nicole Klein, lors d’une conférence de presse en fin d’après-midi. Elle a ajouté que cette opération « n’était en aucun cas une surprise » :
« Rendre à la circulation publique la route départementale 281 était l’un des objectifs prioritaires de cette opération. »
Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie nationale, avait plus tôt déclaré : « Cette opération s’est conduite de manière rapide. Nous avons rencontré une importante résistance. Toutes les barricades ont été enflammées, certaines comportaient des bouteilles de gaz. »
Suivez les opérations en direct avec notre envoyé spécial Rémi Barroux :

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Notre journaliste Rémi Barroux confirme que « l’intervention des gendarmes mobiles a débuté » vers 3 heures du matin, suivie d’un « nuage de lacrymogène ». Les militaires ont commencé par dégager la départementale 281, l’ex- « route des chicanes », qui traverse le site. Des images fournies par les militaires montrent un escadron de gendarmerie déblayant la route jonchée de pneus brûlés, d’épaves de voitures et surmontée de barricades en feu. Les journalistes ont été tenus à l’écart, une fois l’opération commencée.
Des affrontements ont éclaté une demi-heure après le début de l’opération entre zadistes et gendarmes mobiles au lieu-dit les Fosses noires. Une dizaine de tracteurs « vigilants » ont bloqué la route, ainsi que des meules de foin et des poteaux électriques. Les gendarmes ont répondu à des jets de projectiles et de cocktails Molotov par des tirs de grenades lacrymogènes et de grenades assourdissantes. Une barricade a été incendiée par les zadistes pour ralentir l’avancée des forces de l’ordre. Un peu plus à l’ouest, sur la D81, des barrages de pneus et de paille, prêts à être enflammés, étaient érigés.
Six personnes ont été interpellées pour détention de stupéfiant et d’explosif. Une autre a été arrêtée pour « violences sur agent de la force publique » à la suite de tirs de projectiles.
Un peu plus tard, c’est le squat des 100 Noms, dont les résidents ont été expulsés, qui était visé par les gendarmes. Ils ont dû déloger en milieu de journée plusieurs dizaines de zadistes venus s’opposer pacifiquement à la destruction du lieu, notamment en grimpant sur le toit.

   


Le dispositif
L’opération doit mobiliser durant plusieurs jours 25 escadrons de gendarmerie mobile, soit environ 2 500 militaires. Elle prévoit d’expulser toutes les personnes qui n’ont pas régularisé leur situation, en déclarant, par exemple, de nouveaux projets agricoles individuels, et à démanteler certains des 97 squats recensés par les autorités.
Dans l’après-midi, Nicole Klein a expliqué que des « critères objectifs » avaient été pris en compte pour ces expulsions, tels que « la proximité du squat avec la départementale 281 », « l’absence de projet agricole » des occupants, « le refus de l’Etat de droit » par ces derniers ainsi que « la construction précaire de ces squats ».
Elle a précisé que toutes les personnes expulsées s’étaient vu proposer des solutions de relogement, mais qu’aucune n’avait été acceptée.
« Tous ceux qui ne s’inscrivent pas dans le cadre de la légalité devront quitter les terrains rapidement », avait répété dimanche le premier ministre, Edouard Philippe, dans une interview au Parisien. L’opération de délogement d’« une centaine » de personnes sera maintenue « tant qu’il sera nécessaire », a ajouté sur Europe 1 le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb.
Les zadistes
« Notre colère est ce matin profonde face au lamentable gâchis que représente la destruction engagée des maisons et espaces de vie que nous avons construits ici (…), nous ne partirons pas », ont annoncé les zadistes, estimés à 250 sur place, dans un communiqué.
Des appels aux renforts ont été lancés ces derniers jours pour monter des barricades, organiser le ravitaillement en soins et en nourriture. Les zadistes avaient appelé leurs soutiens à converger vers la ZAD « dès 4 heures du matin » lundi. Une assemblée est prévue « après une première journée d’expulsion » sur l’un des sites de la zone. Les zadistes appellent à des rassemblements à 18 heures devant les préfectures, notamment à Nantes et à Rennes, pour protester contre les expulsions.
Les réactions politiques
Manuel Valls a été parmi les premiers à réagir lundi matin. « Il fallait » évacuer la ZAD, a-t-il déclaré sur RTL, rappelant toutefois son hostilité à l’abandon du projet d’aéroport. « Quoi qu’il arrive, la force, l’Etat de droit, les règles, doivent s’imposer sur ce territoire comme dans tous les autres », a affirmé le député apparenté La République en marche (LRM).
Pour Eric Coquerel, député La France insoumise (LFI), invité de Radio France internationale, « le gouvernement est irresponsable ». « Il veut mettre des images, espère-t-il violentes, pour faire peur aux gens, pour montrer qu’il est fort, (…) qu’il résistera jusqu’au bout, avant le conflit cette semaine des cheminots. » De son côté, le député européen Europe Ecologie-Les Verts (EELV) Yannick Jadot regrette la « précipitation du gouvernement ». 
A droite, Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains (LR) au Sénat, a exprimé son « soutien total aux forces de l’ordre », écrivant sur Twitter : « l’Etat de droit doit être définitivement restauré ! » à Notre-Dame-des-Landes.
« Je suivrai avec inquiétude l’opération qui vient de commencer », a fait savoir Matthieu Orphelin, député LRM de Maine-et-Loire. « J’appelle solennellement tous ceux qui sont en responsabilité comme tous ceux qui sont sur la zone, à la plus grande mesure et à éviter les dérapages et les affrontements. » L’élu redoute notamment « un nouveau “César” » ou « un nouveau Sivens ».
L’historique
Le 17 janvier, en mettant fin au projet d’aéroport sur le site, Edouard Philippe avait promis de mettre fin à la « zone de non-droit ». Les occupants de la ZAD ont prévenu qu’ils mèneraient une « résistance physique et déterminée ».
L’opération démarrée lundi est la première d’ampleur depuis l’automne 2012. Cette dernière tentative d’évacuation massive des occupants, baptisée opération « César », avait viré au fiasco malgré la mobilisation de plus d’un millier de gendarmes et de policiers.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.
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Triomphe d’Orban aux législatives : « Les Hongrois sont en quête de souveraineté »

Au cours d’un tchat, l’envoyé spécial du « Monde » à Budapest a répondu aux questions d’internautes à la suite de la victoire, dimanche, du premier ministre nationaliste.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h07
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h35
   





                        



   


Avec 48,5 % des voix, le parti nationaliste Fidesz a remporté, dimanche 8 avril, une victoire éclatante au terme des législatives hongroises. Ce succès est l’achèvement de la campagne très dure menée par le premier ministre, Viktor Orban, contre l’immigration et les institutions européennes. Dans un tchat, lundi, l’envoyé spécial du Monde à Budapest, Blaise Gauquelin, a répondu aux questions d’internautes.
Christophe K. : Pourquoi les prévisionnistes se sont-ils plantés en indiquant la forte participation comme condition importante de l’alternance ?
Blaise Gauquelin : En 2010 et en 2014, le faible taux de participation avait favorisé M. Orban : son électorat s’était mobilisé alors que celui de l’opposition n’était pas allé voter. La forte mobilisation cette année a donc été à tort perçue comme un « réveil » de l’électorat opposé au premier ministre.
Les prévisionnistes n’ont pas réussi à percevoir la mobilisation parallèle de l’électorat de M. Orban, surtout dans les campagnes. Ils n’ont pas su voir, parce que la situation était inédite, quelle conséquence le discours sur l’immigration allait avoir hors de la capitale.
Viktor Orban a réussi à mobiliser un électorat passif jusqu’à présent. Il n’a jamais eu autant d’électeurs. Ceux qui sont allés le soutenir cette fois sont des Hongrois qui craignent l’islam et les étrangers. Ce fait politique inédit, majeur, sera très observé dans d’autres pays européens.
Paul : Est-il possible de voir une alliance entre le Fidesz et le Jobbik, le parti d’extrême droite, qui partagent des positions communes ?
Le Fidesz n’a pas besoin de tendre la main au Jobbik : il dispose d’un pouvoir dont ne jouit aucune autre formation politique en Europe. Il a pour lui les deux tiers des sièges à la Diète.
Le Jobbik a fait un score décevant car il a tenu à affirmer une stratégie de recentrage, qui a déstabilisé son électorat. Ce parti se situe dans le paysage de dédiabolisation observé ailleurs, mais a échoué notamment à former des alliances à l’international, ce qui prouve que même les partis d’extrême droite européens restent prudents concernant sa réelle nature.

Patrick : L’effondrement des sociaux-démocrates vient-il de leur soutien aux technocrates bruxellois ou de leur abandon de la classe ouvrière ?
Ils sont en tout cas sanctionnés pour avoir été au pouvoir lors de la grave crise de 2009 (6,6 % de récession). Le contexte actuel de crise de la social-démocratie européenne ne les aide pas à rebondir.
La gauche est divisée en trois partis — deux socialistes et un écologiste — qui n’ont pas souhaité ou pas pu se rassembler. Il est difficile, dans le système électoral hongrois, de négocier alors que le scrutin ne comporte qu’un seul tour et que les formations ne savent pas réellement quel poids politique elles peuvent avoir.
C’est un système favorable au parti le plus puissant et défavorable à l’opposition. Enfin, des pans entiers de l’électorat de la gauche ont émigré en Europe occidentale.
Man02 : Outre l’immigration, quelles sont les principales idées de Viktor Orban ?
Il a parlé exclusivement de l’immigration durant la campagne électorale. Il n’a pas débattu avec l’opposition, mais ses idées sont connues : sur le plan économique, il applique une politique très interventionniste, plutôt de gauche dans certains domaines. Il défend les valeurs du travail, de la famille et de la patrie.
C’est un souverainiste dont le discours, désormais teinté de théories conspirationnistes, est applaudi par l’extrême droite.
Marc : Le bilan du premier ministre est-il bon ou non ?
Viktor Orban a réussi à corriger les excès du libéralisme observés dans tout l’espace post-soviétique après 1989 et particulièrement en Hongrie, l’économie la plus ouverte avant son retour au pouvoir en 2010.
Les Hongrois, en quête de souveraineté, lui sont reconnaissants d’avoir rétabli un rapport de force favorable à leur pays, face à l’Allemagne par exemple.
Mais des questions importantes sont toujours sans réponses ce lundi : comment améliorer l’état catastrophique du système hospitalier ? Comment mettre fin à la fuite des cerveaux, à la pénurie de main-d’œuvre ?

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                En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil



AntonCatherine : Quelles sont les premières réactions des dirigeants européens ?
Angela Merkel a félicité M. Orban pour sa réélection. Ces deux personnalités appartiennent à la même famille politique : la CDU comme le Fidesz sont membres du Parti populaire européen. La chancelière allemande n’a fait aucun commentaire, à ma connaissance, sur la campagne xénophobe et conspirationniste menée par la Hongrie.
Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a également salué la réélection de M. Orban. Mais un porte-parole a dit espérer que la Hongrie respecterait les valeurs fondatrices de l’Union.
Manon M. : L’Union européenne (UE) ne peut-elle pas infliger des sanctions à la Hongrie pour la façon dont elle traite les migrants et les étrangers en général ?
Si des manquements sont observés, c’est au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme que la Hongrie peut-être sanctionnée, ce qui est régulièrement le cas. Mais la Commission persiste à vouloir que la Hongrie prenne sa part de la solidarité européenne en matière d’accueil.
S’il affirme l’inverse à ses électeurs, M. Orban applique d’ailleurs à la lettre cette obligation : la Hongrie a accueilli 1 300 réfugiés en 2017… mais elle ne le dit pas.
Romain : La Commission a-t-elle les moyens et la volonté de sanctionner un éventuel durcissement hongrois sur l’Etat de droit ?
M. Orban ne peut pas être sanctionné en vertu de l’article 7 du traité de l’UE, parce que son allié polonais s’y oppose. Mais Bruxelles réfléchit à un mécanisme de conditionnement du versement des fonds européens au respect de l’Etat de droit. Ce projet est controversé.

        Lire aussi l’éditorial du « Monde » :
         

          Le défi hongrois à l’Europe



Lecteur : Quelle est l’attitude de Viktor Orban face à la Russie ?
M. Orban est souvent qualifié d’allié de M. Poutine. La situation est plus nuancée. La Hongrie est une obligée de Moscou, de par sa géographie et ses héritages : elle dépend notamment du gaz russe. A cette réalité se greffe une politique de diversification des alliances de la part de M. Orban.
Vince D. : Peut-on s’attendre à de nouvelles atteintes aux droits fondamentaux, à la justice, à la liberté de la presse ?
Les ONG sont en tout cas très inquiètes, particulièrement celles qui sont financées par le milliardaire et philanthrope George Soros, bête noire de M. Orban. Des militants associatifs étrangers ont étudié une solution de repli à l’étranger. Les ONG internationales comme Amnesty ou RSF se sont préparées à la situation.
La presse d’opposition, celle appartenant à un milliardaire ennemi de M. Orban, s’attend à des attaques. Hier soir, la première mesure annoncée par le gouvernement a été de fermer les organisations qui font de la politique. A savoir des ONG, des médias dont M. Orban considère qu’ils lui sont hostiles.
George D. : Orban souhaite un renouveau démographique en Hongrie sans avoir recours à l’immigration. Quelles sont ses principales mesures en matière de politique familiale ?
La politique familiale hongroise est la plus généreuse d’Europe. Les familles de plus de deux enfants bénéficient d’avantages à faire rougir la France, pourtant pionnière. Elle autorise un frémissement, mais qui n’est absolument pas suffisant pour renouveler les générations.
Notamment parce que le Fidesz prône le retour de la femme au foyer, alors que toutes les études prouvent que c’est lorsqu’on permet aux femmes de concilier carrière et vie de famille qu’elles font le plus d’enfants. Surtout dans un pays postcommuniste où les femmes travaillent depuis trois générations.

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                En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ En retrait depuis le début du conflit social à la SNCF, laissant Edouard Philippe monter seul au front, le chef de l’Etat a décidé de sortir de sa réserve pour défendre les réformes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 08/04/2018
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Abandonné sur sa gauche, Macron veut s’adresser aux classes populaires

En retrait depuis le début du conflit social à la SNCF, laissant Edouard Philippe monter seul au front, le chef de l’Etat a décidé de sortir de sa réserve pour défendre les réformes.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h28
    |

            Cédric Pietralunga, 
Solenn de Royer et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

Son silence était devenu assourdissant. Resté en retrait depuis le début du conflit social à la SNCF, laissant le premier ministre, Edouard Philippe, monter seul au front, Emmanuel Macron a décidé de sortir de sa réserve pour à son tour défendre les réformes lancées par le gouvernement. Jeudi 12 avril, le chef de l’Etat sera l’invité du journal de 13 heures de TF1, où il répondra durant une heure aux questions de Jean-Pierre Pernaut, a annoncé la chaîne privée.
Cette interview sera réalisée à l’école primaire de Berd’huis (Orne), un village normand de 1 079 habitants où la présidente du Front national, Marine Le Pen, était arrivée en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle 2017. Changement de décor trois jours plus tard. C’est aux questions de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel qu’il répondra, lors d’une émission exceptionnelle dimanche 15 avril, retransmise à 20 h 35 à la fois sur BFM-TV, RMC et le site Mediapart.

A un an ou presque du premier anniversaire de l’élection de M. Macron, ces choix médiatiques de l’Elysée sont plus qu’explicites : le « 13 heures » de la première chaîne, qui attire plus de 5 millions de téléspectateurs chaque jour de la semaine, est le journal télévisé le plus regardé par les employés et les ouvriers, les retraités et les Français vivant dans les territoires ruraux. Toutes des catégories sociales de plus en plus critiques vis-à-vis de l’action du président de la République et qu’il est urgent de reconquérir.
Erosion croissante
Deux sondages rendus publics le 6 avril laissent en effet penser que le temps du « en même temps » macronien, ce positionnement « et de droite et de gauche » qui a fait le succès du candidat Macron en mai 2017, est révolu dans l’esprit d’une partie des Français. Une enquête réalisée par Ipsos Public Affairs et publiée dans Le Monde, souligne que la dimension transpartisane du macronisme est de moins en moins perçue. Après une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » est débattu à l’Assemblée nationale de lundi à jeudi soir. Trois cents amendements ont déjà été déposés.
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Que contient le projet de loi sur la réforme de la SNCF, dont l’examen débute à l’Assemblée ?

Le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » est débattu à l’Assemblée nationale de lundi à jeudi soir. Trois cents amendements ont déjà été déposés.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 14h05
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 15h58
   





                        


C’est un débat parlementaire qui risque de virer au bras de fer : lundi 9 avril doit débuter à partir de 16 heures l’examen des 8 articles du « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » à l’Assemblée nationale, au quatrième jour d’une grève toujours très suivie par les personnels indispensables pour faire rouler les trains – ils sont 43 % de grévistes lundi.
L’intersyndicale CGT-UNSA-SUD-CFDT, mécontente du résultat des dernières réunions au ministère des transports, réclame une « autre réforme ferroviaire », notamment sur l’organisation de la production, la concurrence et les « droits sociaux des cheminots ». Des députés, principalement issus des rangs communistes et de La France insoumise (LFI), vont se faire le relais de certaines de ces revendications. Plus de 300 amendements ont déjà été déposés.

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                SNCF : la concertation piétine, la loi avance



Fin du statut de cheminot, transformation en société anonyme… le contenu du projet de loi
Disparition du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés
Ce qu’on désigne par le « statut de cheminot » est une série de prérogatives désignée sous l’appellation « statut des relations collectives entre la SNCF et son personnel ». Elle prévoit notamment l’absence de licenciement pour raisons économiques (ce qui signifie une garantie d’emploi « à vie », sauf en cas de faute grave) ou encore une hausse de rémunération automatique et un déroulé de carrière garanti à condition de se former.
La réforme prévoit de « modifier le cadre de la négociation sociale d’entreprise, ainsi que les conditions de recrutement et de gestion des emplois des salariés du groupe public ferroviaire », autrement dit la disparition du statut de cheminot pour les nouveaux embauchés.
En 2016, 25 % des effectifs de la SNCF avaient été embauchés au « cadre permanent », c’est-à-dire au statut, tandis que près de 11 % étaient des « contractuels », soit des salariés sous contrat privé. C’est le cas, entre autres, de tous les cheminots entrés à la SNCF après 30 ans, âge limite pour être embauché au statut.

        Lire aussi :
         

                Contractuels à la SNCF : cheminots à part entière, mais sans le statut



Transformation de la SNCF en société anonyme par actions
La SNCF est actuellement constituée de trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) : l’EPIC de tête, le groupe SNCF, et ses deux EPIC filles, SNCF Mobilités (qui fait rouler les trains) et SNCF Réseau (qui s’occupe des voies).
Tous trois vont être transformés « en une seule société nationale à capitaux publics, détenue à 100 % par l’Etat et dont les titres seront incessibles. Cette société détiendra intégralement deux filiales, sociétés nationales : SNCF Mobilités et SNCF Réseau ». Le schéma prévu est donc celui d’une société holding : la SNCF, dont l’actionnaire sera l’Etat, laquelle holding sera actionnaire de SNCF Mobilités et de SNCF Réseau.
Calendrier de l’ouverture à la concurrence
Validée sous le précédent quinquennat, l’ouverture à la concurrence est en fait une transposition dans la loi française d’une directive européenne de décembre 2016, qui précise les conditions de la mise en place de cette libéralisation des « services nationaux de transport de voyageurs » dans l’Union européenne (après l’ouverture à la concurrence des services de fret en 2007 et celle des transports internationaux de voyageurs en 2010).
L’exposé des motifs de la loi rappelle que cette transposition doit être effectuée avant « la date du 25 décembre 2018 fixée par la directive (UE) 2016/2370 », afin d’« assurer l’ouverture à la concurrence des services ferroviaires […] dès la fin de l’année 2020 ».

        Lire aussi :
         

                Comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europe



Plus de 300 amendements déjà déposés
Les huit articles du projet de loi, déjà passés en commission, ont suscité de nombreux dépôts d’amendement.
Communistes et « insoumis » (LFI) ont déposé une série d’amendements contre la transformation juridique de la SNCF et pour le maintien du statut pour les nouveaux embauchés. « La libéralisation des services de transports repose sur les prétendues vertus d’un lien théorique entre ouverture à la concurrence, baisse des prix et amélioration du service, expliquent des députés LFI dans l’un de ces amendements. [Or] cette logique [d’ouverture à la concurrence aboutira] inéluctablement à un abandon des lignes jugées non rentables par les opérateurs privés. Sans parler d’une dérégulation des prix »
Des députés communistes posent aussi la question de la dette de la SNCF, grande absente du projet de loi :
« Le gouvernement considère que la transformation de la SNCF en SA [société anonyme] à capitaux publics permettrait d’éviter un endettement insoutenable en lui imposant des limites plus strictes, identiques aux grandes entreprises de droit commun. […] [Mais] le passage en SA, même contrôlée par l’Etat, dégraderait en outre la notation financière de la SNCF, renchérissant ses charges financières (environ 1,5 milliard d’euros versés aux banques annuellement) et l’exposant davantage au risque d’une remontée durable des taux – surtout SNCF Réseau et ses 46,6 milliards de dette. »
Les socialistes, eux, ne s’opposent pas à l’ouverture à la concurrence, qui avait été validée sous le quinquennat précédent. Ils défendront cependant des amendements contre la modification du statut des cheminots et de l’entreprise.
La droite, elle, est en position inconfortable, soutenant le fond de la réforme, mais déplorant qu’elle ne touche pas les retraites des cheminots ou ne garantisse pas « la survie des petites lignes ». Le groupe LR, partagé, devrait in fine décider de voter pour ou s’abstenir.
L’adoption définitive du projet de loi est souhaitée avant l’été par le gouvernement.


Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les publications du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
La synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsle contenu du projet de loi sur la réforme de la SNCFles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?les détails du calendrier des perturbationsen données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle point sur le supposé service minimumle récit : comment s’est déroulée l’harmonisation des statuts à Orange comme à La Postele panorama (en édition abonnés) : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaire





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ A l’occasion de la visite de Mohammed Ben Salman, des ONG dénoncent l’utilisation d’armes françaises par la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.
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Paris continue de livrer des munitions à Riyad, en guerre au Yémen

A l’occasion de la visite de Mohammed Ben Salman, des ONG dénoncent l’utilisation d’armes françaises par la coalition saoudienne dans la guerre au Yémen.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h04
    |

            Nathalie Guibert








                        



   


La visite officielle du prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman, à Paris, les 9 et 10 avril, place la France sous le feu nourri des associations de défense des droits humains. Dix ONG, dont Amnesty International et Human Rights Watch (HRW), ont interpellé ensemble le président Emmanuel Macron. Selon elles, des armes vendues ces dernières années à Riyad pourraient être utilisées dans la guerre au Yémen au préjudice des populations, en violation du droit de la guerre et du traité sur le commerce des armes.
Evoquant des « indices de présence de matériels français » sur le champ de bataille, la Fédération internationale des droits de l’homme souligne : « Les prises de commande de l’Arabie saoudite ont explosé les deux années précédant le conflit : 1,9 milliard d’euros en 2013 et 3,6 milliards en 2014. Cette situation se traduit logiquement par une hausse des livraisons quelques années plus tard, alors que le conflit au Yémen bat son plein et que les Nations unies ont mis en évidence la mort de milliers de civils dans des bombardements de la coalition, autant de violations flagrantes du droit international humanitaire. »

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L’Elysée indiquait jeudi 5 avril que les crises régionales seraient évidemment abordées avec Mohammed Ben Salman, mais que « les contrats, qu’ils soient civils ou militaires, ne seront pas au centre de la visite ». La même source ajoutait : « Il existe en France un contrôle très strict des exportations d’armements, qui respectent les procédures internationales et obéissent à des critères très précis, y compris le souci de voir si des populations civiles peuvent être mises en danger. »
Les ventes d’armes sont autorisées par le premier ministre, par le biais de la commission interministérielle pour l’étude des exportations des matériels de guerre (CIEEMG) ; celle-ci accorde des licences au cas par cas. Dans ce cadre, la France maintient et assume sa place de troisième vendeur mondial d’armement, en considérant que l’exportation est une condition de la viabilité de ses industries de défense. Paradoxalement, si Paris a livré autour de 1 milliard d’euros d’armement par an à Riyad, il n’a engrangé aucun nouveau gros contrat d’équipement militaire entre 2015 et 2017, en raison de la transition politique qui a conduit Mohammed Ben Salman au pouvoir.
Aucun embargo sur les armes ne frappe Riyad – ni les Emirats arabes unis, membres eux aussi de la coalition intervenant au Yémen contre les rebelles chiites, un autre pays « client » avec lequel la France possède, de plus, un accord de défense.
Dossiers couverts par le secret défense
En 2014 et 2015, indiquent certaines sources proches, l’exécutif français a accordé des licences d’exportation avec l’idée que la guerre au Yémen ne durerait pas et qu’elle serait conduite par l’Arabie saoudite avec des matériels déjà vendus. A partir de 2016, le conflit se prolongeant, la question s’est posée de la reconstitution de ces stocks, Riyad souhaitant notamment acheter des munitions. Le gouvernement français a assumé de continuer ses livraisons auprès de son « partenaire stratégique » saoudien, y compris depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Les licences seraient étudiées avec une vigilance accrue et des critères plus restrictifs. Les dossiers de la CIEEMG sont cependant couverts par le secret défense et ces restrictions ne sont pas rendues publiques.
Début 2017, comme Le Point l’avait révélé, le ministère des affaires étrangères s’était opposé à celui de la défense, qui soutenait notamment la vente d’obus de 155 mm pour les canons Caesar saoudiens, au sein d’une commande globale de 455 millions d’euros. Le premier ministre Bernard Cazeneuve avait requis l’arbitrage de François Hollande, qui avait donné son accord.
Les canons Caesar, fait-on aujourd’hui valoir à Paris, sont utilisés à la frontière du Yémen, côté saoudien, en autoprotection des forces saoudiennes. Les licences d’exportation seront revues en fonction de l’évolution du terrain au Yémen, assure l’exécutif. Mais tous les risques d’usages contraires au droit de la guerre ne peuvent être écartés a priori. Les livraisons de munitions pourraient poser problème si des preuves étaient apportées d’un emploi criminel sur le terrain. En 2016, HRW avait rassemblé au Yémen des preuves contre Londres, après une série de frappes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite contre des infrastructures économiques, tuant 130 civils. Une des munitions en cause, une bombe britannique guidée Paveway, avait été produite en 2015 et exportée en Arabie saoudite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Une policière, ainsi que sa fille présentée comme radicalisée, font partie des personnes placées en garde à vue. Les investigations visent à comprendre pourquoi le meurtrier a ciblé ce couple de fonctionnaires.
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Magnanville : six interpellations dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat du couple de policiers

Une policière, ainsi que sa fille présentée comme radicalisée, font partie des personnes placées en garde à vue. Les investigations visent à comprendre pourquoi le meurtrier a ciblé ce couple de fonctionnaires.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 18h39
   





                        


Six personnes – trois hommes et trois femmes – ont été interpellées, lundi 9 avril, par la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat d’un couple de fonctionnaires du ministère de l’intérieur à Magnanville (Yvelines). Une policière, ancienne déléguée départementale du syndicat Alliance, fait partie des personnes placées en garde à vue, ainsi que sa fille, a fait savoir une source proche du dossier, confirmant une information de L’Express. Les autres personnes font partie de leur entourage.
Les enquêteurs cherchent à comprendre pourquoi le meurtrier a ciblé ce couple de fonctionnaires. A ce stade des investigations, ils s’intéressent davantage à la fille, présentée comme radicalisée, qu’à sa mère, actuellement en poste au centre de rétention administrative de Plaisir (Yvelines), selon l’une des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse (AFP).
« Je la connais, je la vois mal tomber là-dedans, je tomberais des nues », a réagi auprès de l’AFP Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance. Selon lui, la policière avait démissionné de ses fonctions pour ne pas entacher l’image du syndicat, après la révélation en interne d’une perquisition diligentée à son domicile, car elle avait hébergé une femme fichée « S ». (pour « sûreté de l’Etat »), à une date non précisée. « On n’a pas une boule de cristal pour savoir qui est fiché “S” dans notre entourage et comme les policiers sont sanctionnés quand ils consultent les fichiers, ce n’est pas possible de savoir », a-t-il ajouté.
Trois personnes mises en examen
Le 13 juin 2016, Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant adjoint du commissariat des Mureaux et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agente administrative au commissariat de Mantes-la-Jolie, avaient été assassinés à coups de couteau par Larossi Abballa à leur domicile, en présence de leur fils de 3 ans et demi. Le tueur, qui avait prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI), avait été abattu par les policiers du RAID.

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Trois hommes ont été mis en examen à ce jour dans ce dossier, dont deux pour association de malfaiteurs terroriste criminelle, Charaf-Din A. et Saad R., interpellés rapidement après l’attentat mais depuis placés sous contrôle judiciaire. Le troisième, Mohamed Lamine A., est le frère du premier. Il a été mis en examen en décembre 2017 pour complicité d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste, participation à une association de malfaiteurs terroriste et complicité de séquestration d’un mineur de moins de 15 ans.
Son profil génétique a été mis en évidence sur l’ordinateur portable des victimes utilisé par Larossi Abballa, pour revendiquer le double assassinat. A ce stade, l’enquête n’a toutefois pas pu déterminer s’il avait pu être réellement présent sur les lieux le soir du drame.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ La jeune femme de 27 ans avait rejoint l’organisation Etat islamique avec son mari et leurs enfants en 2015 et devait être extradée vers la France. Elle risque aujourd’hui la peine de mort.
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édition abonné


La djihadiste française Mélina Boughedir sera rejugée en Irak pour terrorisme

La jeune femme de 27 ans avait rejoint l’organisation Etat islamique avec son mari et leurs enfants en 2015 et devait être extradée vers la France. Elle risque aujourd’hui la peine de mort.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 16h44
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 17h35
    |

            Hélène Sallon et 
Elise Vincent








                        



                                


                            
C’est un nouveau revirement pour la djihadiste française Mélina Boughedir, 27 ans, arrêtée en pleine bataille de Mossoul, en juillet 2017. La jeune mère de quatre enfants en bas âge – dont trois ont depuis été rapatriés en France – devra bien affronter un procès pour terrorisme, en Irak. Une première pour une ressortissante française, confirme-t-on de source proche du dossier. Cette décision surprise de la justice irakienne intervient alors qu’il était officiellement acquis qu’elle serait prochainement extradée vers la France. Elle risque désormais la peine de mort, comme le laissait entendre RMC le 4 avril.
En première instance, le 19 février, Mélina Boughedir avait en effet été condamnée à sept mois de prison ferme pour simple « entrée irrégulière » sur le territoire irakien. Aucune charge pour terrorisme ou appartenance à une organisation terroriste n’avait été retenue contre elle par le juge d’instruction. Cette peine couvrait sa période de détention provisoire. Mais contre toute attente, le parquet irakien a fait appel. Et le 29 mars, la Cour de cassation irakienne, après avis d’un comité ad hoc, a rendu un arrêt dans lequel elle demande à ce que la jeune femme soit à nouveau jugée « sur la base d’une incrimination élargie », détaille la même source.

Les juges irakiens ont notamment considéré que la condamnation de Mélina Boughedir se fondant uniquement sur l’infraction au code du séjour des étrangers n’était pas suffisante, et qu’il fallait que la jeune femme soit rejugée au regard de la loi antiterroriste. Dans sa décision, la justice irakienne invoque en particulier le rôle du mari de la Française, Maximilien Thibaut. Il serait mort lors de la bataille de Mossoul, mais était un « militant engagé de Daech » aux yeux des juges.
Revirement
En première instance, Mélina Boughedir avait assuré qu’il n’avait été que « cuisinier » pour l’organisation terroriste. La concernant, elle avait juré qu’elle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Lundi, plusieurs missiles ont touché un aéroport militaire dans la province de Homs, dans le centre de la Syrie. Les Américains nient être à l’origine des tirs.
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Israël accusé d’avoir bombardé une base aérienne syrienne

Lundi, plusieurs missiles ont touché un aéroport militaire dans la province de Homs, dans le centre de la Syrie. Les Américains nient être à l’origine des tirs.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 04h17
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h33
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Les regards se tournent vers l’Etat hébreu, après les frappes aériennes conduites, lundi 9 avril, contre la base militaire T4 en Syrie. Plusieurs missiles ont frappé à l’aube l’aéroport militaire syrien de Tiyas, situé entre Homs et Palmyre, dans le centre du pays, au surlendemain d’une attaque chimique présumée contre le bastion rebelle de Douma, en banlieue de Damas.
Lundi matin, aucune confirmation officielle n’était publiée. Mais Damas et Moscou ont désigné Israël comme le responsable de ces frappes. « Deux avions F-15 de l’armée israélienne ont frappé l’aérodrome (…) à l’aide de huit missiles téléguidés depuis le territoire libanais, sans pénétrer dans l’espace aérien syrien », a affirmé le ministère russe de la défense cité par des agences russes.
Au moins 14 combattants ont été tués dans cette attaque, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Trois Iraniens font partie des victimes, rapporte, lundi, l’agence iranienne Fars, qui publie les noms et photos de trois jeunes hommes.
Le contexte
Le 10 février, Israël avait ciblé cette même base, d’où était parti un drone qui avait pénétré dans son espace aérien. Au total, douze sites, dont quatre iraniens, avaient été visés. Selon l’armée, cette base est contrôlée par les forces Al-Qods, l’unité spéciale des gardiens de la révolution iranienne. En réponse, un avion de chasse israélien avait été abattu.
Le 4 avril, Benyamin Nétanyahou s’est entretenu par téléphone avec Donald Trump, au sujet des « développements récents au Moyen-Orient », selon la Maison Blanche. Derrière la formule vague se cacherait une profonde divergence de vues : Israël est très inquiet des intentions du président américain de retirer toutes les troupes de son pays déployées en Syrie. Les experts estiment que Washington fait un mauvais calcul, en se concentrant exclusivement sur l’élimination des djihadistes de l’organisation Etat islamique (EI) et en négligeant l’implantation iranienne en Syrie. D’autant que la Russie ne semble pas décidée à jouer le rôle de gendarme, se contentant de défendre ses acquis.
A Washington, le Pentagone a rapidement réagi après l’annonce des frappes contre la base militaire en assurant que ses forces armées « ne mènent pas de frappes aériennes en Syrie ». Même son de cloche à Paris : « ce n’est pas nous », a déclaré le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Patrik Steiger.
Faire payer le « prix fort »
Le président américain, Donald Trump, a, par ailleurs, promis, dimanche, de faire payer « le prix fort » au régime de Bachar Al-Assad pour le bombardement chimique présumé qui a fait plusieurs dizaines de morts samedi soir à Douma, selon des organisations non gouvernementales et des secouristes, et qui a été attribué à l’aviation syrienne. Damas a nié tout recours à des armes chimiques de la part de ses forces, et la Russie parle d’informations fabriquées de toutes pièces.
Sous l’impulsion de la France, neuf pays ont demandé une réunion urgente, lundi à 19 heures, du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) sur l’attaque présumée samedi à Douma, selon des sources diplomatiques.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Les employés de la compagnie aérienne appellent à nouveau à la mobilisation les 10 et 11 avril pour obtenir une hausse de leurs salaires.
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Grève à Air France : 75 % des vols assurés mardi

Les employés de la compagnie aérienne appellent à nouveau à la mobilisation les 10 et 11 avril pour obtenir une hausse de leurs salaires.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 13h57
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h36
   





                        


Entre deux épisodes de grève à la SNCF, ce sont les salariés d’Air France qui appellent à la grève, mardi 10 et mercredi 11 avril. La compagnie aérienne prévoit d’assurer 75 % des vols mardi, au sixième jour d’une grève par intermittence lancée en février. Le taux annoncé est semblable à celui des quatre premières journées de grève (22 février, 23 mars, 30 mars et 3 avril). Il était de 70 % samedi pour le cinquième jour de mobilisation.
Dans le détail, le groupe aérien anticipe le maintien de 65 % des vols long-courriers, 73 % des moyen-courriers depuis et vers Roissy, et 80 % des court-courriers à Orly et en région.
La direction estime, compte tenu des déclarations préalables reçues, le taux de grévistes à 35,3 % pour les pilotes, 20,2 % pour les personnels navigants commerciaux (PNC – hôtesses et stewards) et 13 % pour les personnels au sol. Si la mobilisation semble moins importante qu’habituellement pour les deux dernières catégories, ce n’est pas le cas des pilotes dont le taux de participation est plus élevé que précédemment.

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Redistribution
L’intersyndicale de pilotes (SNPL, SPAF, Alter), d’hôtesses et stewards (SNPNC, UNSA-PNC, CFTC, SNGAF) et de personnels au sol (CGT, FO et SUD), réclame, comme l’UNAC qui n’en fait pas partie, une augmentation de 6 % des grilles salariales, au titre des efforts passés et des bons résultats de l’entreprise.

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La direction réplique que la dynamique de croissance n’est pas assez solide pour accorder de telles revalorisations, qu’elle chiffre à 240 millions d’euros par an. Elle a décidé d’appliquer en 2018 une augmentation générale – la première depuis 2011 – de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre. Avec les augmentations individuelles (1,4 % pour les personnels au sol) et l’intéressement (130 millions d’euros), l’entreprise affirme redistribuer « 200 millions d’euros » à ses salariés.
Les onze syndicats de tous métiers appellent également à la grève les 17 et 18 avril, ainsi que les 23 et 24 avril.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La mobilisation contre la loi réformant les règles d’accès à l’université touchait une dizaine de sites vendredi et lundi, dont désormais quatre universités entièrement bloquées.
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Loi Vidal : l’université de Rennes-II entièrement bloquée, celle de Nanterre partiellement fermée

La mobilisation contre la loi réformant les règles d’accès à l’université touchait une dizaine de sites vendredi et lundi, dont désormais quatre universités entièrement bloquées.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 18h11
    |

            Soazig Le Nevé








                        



   


A la veille de l’appel à la mobilisation sur les campus, mardi 10 avril, voté par la Coordination nationale étudiante (CNE) durant le week-end, le mouvement d’opposition à la réforme de l’entrée à l’université touchait une dizaine d’universités, sur soixante-treize au total en France, lundi 9 avril.
Le nombre d’universités très largement bloquées progresse : Jean-Jaurès à Toulouse depuis le 6 mars, Paul-Valéry à Montpellier depuis le 27 mars, Paris-I (dont le site de Tolbiac depuis le 26 mars), Paris-VIII depuis lundi et Rennes-II à compter du 9 avril. « Tous les bâtiments sont bloqués depuis 6 h 30, sauf la bibliothèque et le restaurant universitaire. Une centaine d’étudiants ont commencé à installer des barricades », a indiqué le président de Rennes-II, Olivier David. « Les séances d’examen et les cours sont annulés », a-t-il ajouté, cité par l’AFP.
L’université de Paris – Nanterre a été partiellement fermée, en raison de l’occupation de plusieurs bâtiments par « une vingtaine de personnes », selon la préfecture de police de Paris, sollicitée. « Ne pouvant plus avoir de contrôle sur cette partie de nos locaux, et en considération du contexte national, nous avons décidé de procéder à l’évacuation, explique l’université dans un communiqué publié à la mi-journée. Aucun dialogue n’a été possible avec ces personnes qui ont d’ores et déjà vandalisé des salles du bâtiment. » « On ne débat pas à l’ombre des matraques », a dénoncé en réponse un collectif de personnels de Nanterre, dans un communiqué adressé au président de l’université.
La mobilisation contre la loi Orientation et réussite des étudiants, promulguée début mars, touche aussi des enseignants, qui refusent de participer aux commissions d’examen des dossiers de candidature à l’entrée en licence. A Lille, malgré l’appel d’un collectif d’enseignants à la grève et à ne pas participer à la tenue des examens, ceux-ci se déroulaient lundi « a priori normalement », selon le président de l’université.

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D’autres blocages partiels d’universités se poursuivaient ou débutaient : les sites de Saint-Martin-d’Hères (université de Grenoble-Alpes), du Patio à Strasbourg, ou La Victoire à Bordeaux n’assuraient pas les cours lundi. A Bordeaux toujours, des étudiants ont brièvement tenté de bloquer le campus de Talence-Pessac-Gradignan, avant d’y renoncer.

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Dans le Grand Est, les blocages du campus arts, lettres et langues de Metz, entamé vendredi, et du campus lettres et sciences humaines de Nancy, commencé le 22 mars, se poursuivaient lundi, selon l’université de Lorraine. A Nancy, le président de l’université, Pierre Mutzenhardt, organise un vote électronique à destination des huit mille étudiants du campus, en vue d’une reprise des cours mercredi.
A Montpellier, alors qu’une nouvelle assemblée générale est prévue mercredi, « les examens se sont tenus toute cette semaine et se tiendront les semaines prochaines à distance, pour la plupart d’entre eux », a indiqué, dans un communiqué adressé aux étudiants, le président de l’université, Patrick Gilli.
Vendredi 6 avril, à l’issue d’un vote serré, les étudiants de Tours ont finalement stoppé le blocage.

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                A l’université de Tours, les étudiants ont voté la fin du blocage



Lundi matin, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a assuré que 2018 ne serait « pas une année perdue » pour les étudiants et que les calendriers d’examens étaient pour la plupart « maintenus ».
Par ailleurs, une enquête a été ouverte après la découverte dimanche de cinq cocktails Molotov à l’intérieur de la faculté parisienne de Tolbiac, bloquée depuis près de trois semaines par des opposants aux modalités d’accès à l’université, a indiqué lundi une source judiciaire. Le tribunal administratif de Paris avait rejeté la veille une requête exigeant l’intervention des forces de l’ordre et la levée du blocage de l’université de Tolbiac, déposée la veille par le syndicat étudiant de droite UNI.
Outre la mobilisation prévue mardi, la CNE encourage les étudiants à manifester le 14 avril « en lien avec la grève des cheminots » et à se « joindre à la journée nationale de grève du 19 avril ». Elle prévoit de se réunir à nouveau les 21 et 22 avril.

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Santé : les approximations d’Agnès Buzyn lors de son échange avec une salariée du CHU de Rouen

Ni la salariée de l’hôpital de Rouen ni la ministre de la santé n’ont été parfaitement exactes sur la situation à l’hôpital public.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h01
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 15h15
    |

                            Baptiste Decharme








                        



Lors de sa visite du CHU de Rouen jeudi 5 avril dans le cadre du quatrième plan d’autisme, Emmanuel Macron a été interpellé par une salariée de l’hôpital au sujet des conditions de travail et de la situation des hôpitaux. L’échange a été l’occasion pour le président de la République, accompagné de la ministre de la santé, Agnès Buzyn, mais aussi pour la salariée, d’opposer chiffres et arguments, parfois inexacts.
« Moins 2 % sur les budgets », selon la salariée
C’EST APPROXIMATIF
Le budget 2018 de la Sécurité sociale est en hausse par rapport à celui de 2017 : il devrait s’établir à 477,5 milliards d’euros, selon la loi de financement de la Sécurité sociale, votée en décembre 2017. Or, aujourd’hui, c’est l’Assurance-maladie qui demeure le principal financeur des hôpitaux publics, avec des dépenses prévues de 80,7 milliards d’euros.
L’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) est en augmentation de 4,4 milliards d’euros cette année par rapport à 2017. Toutefois, une partie seulement de cette somme est destinée à rentrer dans les caisses des hôpitaux : leur financement n’augmentera que de 2,2 % — dont 0,2 point est lié à l’augmentation du forfait-jour, permettant le remboursement des frais d’hospitalisation des patients, et qui n’avait pas été réévalué depuis 2010. L’augmentation devrait donc, cette année, être de l’ordre de 1,8 milliard d’euros pour financer les établissements de santé, qui comprennent à la fois les hôpitaux et les cliniques privées.
Malgré cette augmentation, les dépenses hospitalières sont encore une fois appelées à diminuer, pour « combler » le déficit de l’Assurance-maladie, qui s’élevait en 2017 à 4,1 milliards d’euros. L’objectif du gouvernement étant de lui faire atteindre 800 millions d’euros cette année.
Pour la ministre, « l’activité des hôpitaux a baissé de 2 % »
C’EST FAUX
Selon les dernières données de la Fédération hospitalière de France, le taux d’activité des hôpitaux devrait avoir subi une légère augmentation de 0,5 % en 2017, soit moins que prévu. Ni la ministre de la santé, qui évoque une diminution de 2 % de l’activité des hôpitaux, ni la salariée du CHU de Rouen, qui parle d’une augmentation de 4 %, n’approchent donc de ce chiffre.
Pour rappel, une partie du financement des hôpitaux provient de la tarification à l’activité (T2A), depuis 2004, sur laquelle Emmanuel Macron souhaite revenir.
Moins de lits dans les hôpitaux faute de personnel
C’EST APPROXIMATIF
« Au quotidien, il y a des fermetures de lits dans les services, il y a des fermetures de services faute de personnel. On a besoin de moyens, on a besoin de personnel », estime la salariée.
Le nombre de lits d’hôpital en France est en constante diminution depuis 2003. A cette époque, 468 418 places étaient disponibles, contre 408 245 en 2015, selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), soit une diminution de 12,8 % en douze ans.


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Le nombre de lits d'hôpitaux ne cesse de diminuer en France depuis 2003


Source : Drees



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En revanche, dire que la fermeture de lits est liée au manque de personnel n’est pas évident. En effet, selon l’Insee, les hôpitaux employaient 740 600 fonctionnaires en 2016, contre 739 400 en 2011, soit une relative stagnation.
Cela cache une autre réalité : les effectifs ont augmenté sensiblement jusqu’en 2014, avant de redescendre. Cependant, le nombre de contractuels et d’employés sous un statut autre que fonctionnaire (tels les médecins), est en augmentation d’environ 10 % depuis 2011. Quant au non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, c’est un principe auquel le gouvernement Ayrault avait mis fin en 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Ce jeu de survie bondissant s’est imposé en quelques mois comme un phénomène hors norme, avec des audiences records sur Internet et des dizaines de millions d’adeptes.
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« Fortnite », le jeu vidéo qui pulvérise tous les records d’audience

Ce jeu de survie bondissant s’est imposé en quelques mois comme un phénomène hors norme, avec des audiences records sur Internet et des dizaines de millions d’adeptes.





Le Monde
 |    09.04.2018 à 08h00
    |

            William Audureau





« Donc tout le monde joue à Fortnite. Mais genre, vraiment tout le monde. » La remarque, ébahie et admirative, lâchée sur Twitter par un expert du marché du jeu vidéo, résume avec humour et simplicité un constat unanimement partagé : le jeu de tir Fortnite s’est mué depuis quelques mois en un phénomène mondial d’une ampleur impressionnante.
Epic, son éditeur, revendiquait déjà la bagatelle de 40 millions d’utilisateurs en janvier. Si l’on se fie au cabinet Newzoo, un joueur sur six s’était adonné à Fortnite en février ; sur la plate-forme YouTube, il devenait alors le titre le plus actif devant Minecraft. En mars, il a atteint le statut de jeu vidéo le plus regardé sur un mois de l’histoire de la plate-forme Twitch, devant League of Legends.

Son succès est tel que, selon Bloomberg, les cours de Bourse des géants américains concurrents Activision-Blizzard (Call of Duty, Destiny) et Take Two (Grand Theft Auto) ont respectivement dévissé de 11 et 12 % en mars par sa faute, leurs clients se reportant sur le nouveau jeu à la mode.
Au point que la popularité de Fortnite est maintenant devenue un sujet de plaisanterie… et d’inquiétude. Depuis la fin mars, le lancement d’une version mobile a par ailleurs encore accru la présence du titre, désormais accessible sur n’importe quelle plate-forme, n’importe quand. Comme le relève le site spécialisé Kotaku, les enseignants se plaignent désormais de réseaux Wi-Fi saturés et d’élèves happés en cours par leurs parties.
Changement de fusil d’épaule
Fortnite, c’est ce que l’on appelle un « battle royale », un jeu de survie opposant 100 joueurs entre eux, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’un. Son succès est d’autant plus étonnant qu’il y a encore huit mois, il appartenait à un tout autre genre, celui de la chasse aux zombies. « Le cœur de Fortnite, c’est explorer, construire et défendre, on était excités à l’idée de retrouver de ces sensations de notre enfance », expliquait en juin au Monde Tanya Watson, son producteur exécutif, alors que son mode à 100 n’avait pas encore été annoncé.
Mais à l’été 2017, PlayerUnkown’s Battlegrounds (PUBG), un jeu en chacun pour soi à 100 adversaires en même temps développé par les Coréens de BlueHole, bat record de popularité après record de popularité. L’éditeur américain de Fortnite, Epic (Unreal Tournament, Gears of War, le moteur technologique Unreal Engine) joue alors son va-tout et lance en septembre un mode de jeu inspiré de ce dernier, orienté survie, chacun pour soi, course à l’équipement, pièges retors et mitraillage à vue.
Le concept, hérité d’une version modifiée de la simulation militaire ArmA et central dans le phénomène PUBG en 2017, s’enrichit ici de fonctionnalités de construction inattendues et ludiques, chaque participant pouvant à tout moment bâtir des escaliers ou des murs. En seulement six mois, le voilà passé de battle royale improvisé à battle royale le plus populaire.

Je viens de passer 20mn sur Fortnite. J'en retiens que:
— DrHercouet (@Thomas Hercouët)


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Chouchou des collèges et des lycées
Au lycée Saint-Joseph d’Auxerre (Yonne), où Le Monde est venu faire un atelier autour de la presse en mars, ils sont ainsi nombreux à s’y adonner. « Les mécaniques de jeu sont simples, tout le monde comprend facilement ce qu’il se passe, et en plus, contrairement aux autres battle royale, il est disponible sur toutes les plates-formes », explique Charles, 16 ans, en 1re STMG. Nino, 17 ans, souligne lui que « c’est un style de jeu assez simple, on peut faire une pause pendant six mois, on ne sera pas largué ».

   


Corentin, 17 ans, se remémore avec fierté sa meilleure partie : « J’étais seul contre quatre avec seulement un pistolet-mitrailleur silencieux : j’ai éliminé toute la team, c’était wow ! » Mais chacun peut y trouver un plaisir différent. « Les graphismes sont réussis, ça ressemble à la réalité tout en étant un peu enfantin », observe Lola, 16 ans. « Ce n’est pas qu’un jeu où il faut tuer, on construit aussi des choses, ça change des jeux de guerre », souligne pour sa part Lisa, 16 ans.
Pour autant, tous n’ont pas cédé à la « fortnitemania ». Julie ne voit même pas l’intérêt. « Ça n’apporte rien dans la vie, vaut mieux aller à la chaîne que de jouer à ça ! » « C’est un effet de mode », déplore Andréa, 16 ans.
Une ascension fulgurante
Et de fait, depuis septembre, le jeu n’a fait que grimper en popularité. En février, pour la première fois, il déloge PUBG de la seconde place des jeux les plus regardés sur Twitch, derrière League of Legends. Tous les indicateurs montrent un emballement, alors que PUBG, jusqu’alors le plus streamé, commence à légèrement décliner.

   


Le mois de mars a été historique. Fortnite est devenu le second jeu sur Twitch à dépasser les 100 millions d’heures de visionnage par mois, battant le record de League of Legends (118 millions contre 103). Selon le site d’analyse des contenus vidéos Gamoloco, « il y a désormais plus de gens qui diffusent Fortnite que League of Legends, PUBG, DoTA 2 et Counter-Strike : Global Offensive réunis. » 
A lui seul, Ninja, son joueur star, réalise de meilleures audiences que toutes les chaînes réunies de la plupart des jeux. Le 13 mars, sa session de jeu en direct avec le rappeur Drake a réuni 630 000 spectateurs, encore un record. Sur Youtube, un stream a atteint les 1,1 million de spectateurs simultanés. Un rap dédié à Fortnite a été visionné la bagatelle de 15 millions de fois.

Nouvelle rivalité entre joueurs
La rivalité entre joueurs de PUBG et Fortnite mériterait presque d’ores et déjà d’être inscrite dans l’histoire du jeu vidéo, tant elle évoque celles, iconiques, entre possesseurs de consoles Sony ou Nintendo, ou fidèles de FIFA ou Pro Evolution Soccer.

   


D’un côté, les aficionados d’un battle royale pur, âpre, réaliste et sans concession, fait de cartes immenses et de balistique exigeante. De l’autre, les tenants d’une approche plus décomplexée, à l’univers cartoon, au rythme de jeu plus soutenu, aux affrontements plus ludiques. A ce jeu-là, Fortnite est en train de s’imposer.
Ce renversement de situation se joue dans des détails, comme l’esthétique colorée qui facilite le repérage des adversaires, ou l’absence de bouton pour se coucher à terre, choix drastique qui élimine de fait les « campeurs », ces joueurs irritants qui aiment attendre, camouflés dans l’herbe, pour tirer à distance. Tout est fait pour rendre le jeu plus vivant et spectaculaire.

   


Le jeu repose également sur un modèle économique différent : contrairement à PUBG, qui coûte 30 euros, Fortnite est accessible gratuitement, se rémunérant à la place sur des transactions optionnelles, comme des skins, des costumes souvent loufoques.
Afin d’accroître encore sa popularité, Epic doit organiser en juin le Fortnite Celebrity Pro-Am, un tournoi de prestige réunissant les 50 meilleurs joueurs du jeu et 50 célébrités mondiales.
« Tant d’espoirs au début »

   


Le succès de la version battle royale de Fortnite ne fait pas que des heureux. Chez ses concurrents, bien sûr, et notamment Bluehole (PUBG). Le studio coréen a déclaré s’être estimé trahi par Epic, qui est son fournisseur de technologies.
De leur côté, les premiers adeptes de Fortnite, ceux qui ont adhéré au jeu à l’époque où il n’était question que de zombies à battre dans un mode aventure, sont aujourd’hui délaissés.
Accessoirement, avec sa dimension compétitive et ses hordes de fans surentraînés, le jeu d’Epic est une perpétuelle leçon d’humilité pour les trentenaires un peu rouillés, comme le relève sur Twitter un Texan philosophe : « La vie est comme Fortnite. Vous avez tant d’espoirs de succès et tant d’opportunités au début, mais au bout de quelques secondes, vous vous faites sniper par un enfant de 10 ans, et c’est fini. »




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Le 14 mai 2017, juste après la passation des pouvoirs, François Hollande a réuni ses fidèles pour l’ultime déjeuner du quinquennat : un couscous, comme Mitterrand en 1995. Récit des agapes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 08/04/2018
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Le dernier repas de la présidence Hollande

Le 14 mai 2017, juste après la passation des pouvoirs, François Hollande a réuni ses fidèles pour l’ultime déjeuner du quinquennat : un couscous, comme Mitterrand en 1995. Récit des agapes.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 11h52
    |

            Solenn de Royer








                        



                                


                            

Quand ils poussent la porte du restaurant, ce dimanche 14 mai 2017, ils sont aussitôt happés par le bruit, les interjections, les rires et le cliquetis des couverts. « Bernard, tu n’avais pas dit que le lieu serait privatisé ? », s’étonnent Michel Sapin et Jean-Marc Ayrault. Dans le SMS d’invitation, parti quelques jours plus tôt de Matignon, Bernard Cazeneuve avait en effet précisé que le restaurant leur serait réservé, pour plus d’intimité et éviter les fuites dans la presse. Mais trop heureux de donner à son établissement cette publicité inattendue, le patron de La Boule rouge, restaurant juif tunisien du 9e arrondissement, d’habitude fermé le dimanche, a appelé ses meilleurs clients pour les prévenir de l’arrivée d’une petite troupe prestigieuse.
C’est là, dans cette institution parisienne qui a servi de décor au Grand Pardon – dans lequel a joué Roger Hanin, beau-frère de François Mitterrand – que le premier ministre a proposé à François Hollande de l’emmener déjeuner avec ses fidèles à l’issue de la passation des pouvoirs. Il fallait trouver un lieu. « Je n’allais pas déjeuner à Matignon ! », s’amuse François Hollande qui note une étrangeté lors de cette journée, un « paradoxe ». « Le président part et n’a plus rien, mais les ministres restent dans leurs lieux de pouvoir [jusqu’à l’annonce du nouveau gouvernement]. » 
Bernard Cazeneuve, dont les parents sont nés en Algérie, connaît bien le patron, Raymond Haddad, ami des people et des politiques. Il vient déjeuner là souvent avec le documentariste Serge Moati pour y humer les senteurs de la Méditerranée. Il y croise parfois le chanteur Enrico Macias ou l’ancien maire de Paris, Bertrand Delanoë, natif de Bizerte, qui y a sa table réservée tous les jeudis. Jadis, Philippe Seguin, ami intime du patron, envoyait son chauffeur chercher le « complet poisson » ou le couscous agneau de la maison.
Enrico Macias au milieu...



                        

                        


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Alcoolisé et armé, un maire de l’Essonne menace des gens du voyage avant d’être placé en garde à vue

Au moment de proférer ces menaces, l’élu était accompagné de son premier adjoint et de policiers municipaux.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 21h38
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 06h38
   





                        



   


Le maire de Wissous (Essonne), Richard Trinquier, a été placé en garde à vue, dimanche 8 avril, après avoir menacé des gens du voyage alors qu’il était armé et ivre. « Il a menacé les gens du voyage avec un katana », a expliqué le parquet d’Evry, confirmant une information du journal Le Parisien. En plus du sabre japonais, l’édile était équipé d’un gilet pare-balles et d’une arme de poing.
Au moment de proférer ces menaces, l’élu était accompagné de son premier adjoint et de policiers municipaux, selon une source proche de l’enquête. Son test d’alcoolémie s’est avéré positif. « Visiblement, il y avait déjà eu des tensions entre ce maire et la communauté. Il va falloir déterminer s’il avait cette arme à la ceinture », a précisé le parquet. Le maire a un permis pour faire du tir sportif avec ce pistolet, mais pas un permis de port d’arme.
Soutien de Debout la France
L’enquête pour violence avec armes en état d’ivresse a été confiée à la sûreté départementale de l’Essonne. Un membre de cette communauté des gens du voyage a également été placé en garde à vue, car un fusil a été retrouvé dans sa voiture, selon le parquet. Il est lui visé par une enquête pour transport d’arme, confiée au commissariat de Massy.
Exclu du parti Les Républicains, M. Trinquier avait parrainé Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) à la dernière élection présidentielle, avant d’appeler à voter pour la candidate du Front national (FN), Marine Le Pen, au second tour. Il est le fils du colonel Roger Trinquier, ancien chef de l’OAS (Organisation de l’armée secrète, qui combattait pour le maintien de la présence française en Algérie), qui a été dans les années 1980 sur les listes du FN, à Nice.
Prises de karaté
En 2014, le maire de Wissous avait fait parler de lui en interdisant l’accès à « Wissous-Plage » – un terrain de jeu aménagé pour l’été – à toute personne portant « de manière ostentatoire des signes religieux susceptibles d’occasionner un trouble à l’ordre public (niqab ou burqa, croix ou étoile de dimensions manifestement excessives) ». Lors de l’inauguration du site, trois femmes voilées, accompagnées de leurs enfants, avaient été exclues à sa demande. Deux versions de l’arrêté municipal avaient été annulées par le tribunal administratif de Versailles.
Lors d’une rencontre avec M le magazine du Monde, en 2016, Richard Trinquier se vantait d’avoir été le premier maire à armer sa police municipale en 1995 et racontait comment, grâce à ses prises de karaté de 5e dan, il avait mis à terre quatre Roms « parce qu’ils n’avaient pas respecté le “deal” » – la quarantaine de personnes qu’il avait accepté d’accueillir étant devenues 800 dans deux bidonvilles finalement évacués.
En mars de la même année, un documentaire sur France 4 avait choqué, en répercutant des propos racistes tenus par certains de ses adjoints sur leurs pages Facebook et sur la sienne.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Le sort de l’ancien infirmier, dans un état végétatif depuis 2008, déchire sa famille, qui a désormais dix jours pour contester cette décision devant la justice administrative.
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Le CHU de Reims de nouveau favorable à un « arrêt des traitements » de Vincent Lambert

Le sort de l’ancien infirmier, dans un état végétatif depuis 2008, déchire sa famille, qui a désormais dix jours pour contester cette décision devant la justice administrative.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 15h06
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 16h55
    |

            François Béguin








                        


A l’issue d’une procédure collégiale de cinq mois, le docteur Vincent Sanchez, médecin chargé de Vincent Lambert au CHU de Reims (Marne), a estimé, lundi 9 avril, que ce patient de 41 ans en état végétatif depuis un accident de la circulation en 2008 se trouvait en situation d’« obstination déraisonnable ». A ce titre, il s’est prononcé en faveur d’un « arrêt des traitements », c’est-à-dire d’un arrêt de la nutrition et de l’hydratation artificielles qui le maintiennent en vie. C’est la troisième décision en ce sens depuis cinq ans.
Le docteur Sanchez a annoncé aux membres de la famille, divisés sur le sort du patient tétraplégique, qu’il leur laissait dix jours pour contester cette décision devant la justice administrative. Le tribunal administratif de Reims, puis le Conseil d’Etat et la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pourraient donc une nouvelle fois être amenés à se prononcer sur ce dossier dans l’hypothèse, probable, d’un nouveau recours des parents de Vincent Lambert, proches des catholiques intégristes de la Fraternité Saint-Pie X, opposés à tout arrêt des traitements.
« Absurdité »
« Tout le monde a compris l’absurdité de la situation, cette fois-ci les juges vont aller rapidement, je ne pense pas que les juges seront les bras armés des pro-vie, assure au Monde François Lambert, neveu de Vincent Lambert, favorable à un arrêt des traitements, tout comme Rachel Lambert, l’épouse de Vincent Lambert. « Tout a été fait dans les règles, il n’y aura pas besoin d’une nouvelle expertise », ajoute-t-il, percevant « une volonté du docteur Sanchez d’appliquer cette décision, avec le soutien du CHU ».
Le 19 juillet 2017, le Conseil d’Etat avait jugé « illégale » la suspension de la procédure d’examen de l’interruption des traitements prise en 2015 par Daniela Simon, alors cheffe de service de l’unité de soins du CHU de Reims, au motif que « les conditions de sérénité et de sécurité nécessaire à sa poursuite (…) n’étaient pas réunies ». 

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Dans un communiqué publié quelques minutes après l’annonce du CHU de Reims, une organisation se présentant comme les « amis de Vincent Lambert » a condamné une « décision scandaleuse d’euthanasie ». « Au-delà de Vincent, cette grave décision aura des répercussions sur des centaines de patients dans le même état », fait-elle valoir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Leila Zerrougui, nouvelle cheffe de la Monusco, insiste sur l’importance de la tenue d’élections « crédibles » en République démocratique du Congo le 23 décembre.
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Entretien

RDC : l’ONU travaille à « convaincre Kinshasa qu’il n’est pas en guerre avec son peuple »

Leila Zerrougui, nouvelle cheffe de la Monusco, insiste sur l’importance de la tenue d’élections « crédibles » en République démocratique du Congo le 23 décembre.

Joan Tilouine (Kinshasa, envoyé spécial)
    



LE MONDE
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        Le 09.04.2018 à 14h58

     •
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        Mis à jour le 09.04.2018 à 17h27






    
Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies en République démocratique du Congo, dans son bureau de Kinshasa, samedi 7 avril 2018.
Crédits : Thomas Nicolon


La République démocratique du Congo (RDC) traverse une profonde crise politique provoquée par le maintien au pouvoir du président Joseph Kabila, dont le dernier mandat a expiré le 19 décembre 2016. Ce qui se traduit aussi par l’intensification des violences dans les campagnes du centre et de l’est du pays délaissées par les autorités de Kinshasa. Certaines milices se sont réactivées, d’autres se sont formées.
La population, elle, subit. Il y a aujourd’hui 4,5 millions de déplacés dans le pays selon les Nations unies et les ONG, seulement 230 000 selon le gouvernement congolais, qui a décidé de ne pas participer à la conférence internationale des donateurs prévue le 13 avril à Genève.
La relation entre le pouvoir congolais et les Nations unies s’est détériorée. Le mandat de la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco), la plus importante et la plus coûteuse force de maintien de la paix déployée par l’organisation, a été renouvelé fin mars par le Conseil de sécurité. Il donne la priorité au processus électoral en vue de la tenue, le 23 décembre, de scrutins présidentiel, législatif et locaux censés mettre un terme à cette longue crise politique et permettre la première alternance pacifique de l’histoire du pays.

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Ce mandat, c’est « l’avant-dernier », a déclaré le ministre congolais des affaires étrangères, Leonard She Okitundu, qui exige un « retrait définitif de la force [en 2020,] après vingt ans de présence ».
C’est dans ce contexte de tensions que la nouvelle représentante spéciale en RDC du secrétaire général des Nations unies et cheffe de la Monusco, Leila Zerrougui, a pris ses fonctions le 12 février. Ancienne magistrate et professeure de droit dans son pays, l’Algérie, elle ne découvre pas la mission onusienne, dont elle fut la représentante adjointe de 2008 à 2012. Cette fois, elle revient comme facilitatrice dans une crise politique censée prendre fin avec ces élections, encore incertaines, du 23 décembre.
Le président Joseph Kabila puis son chef de la diplomatie ont vivement critiqué la Monusco, souhaitant son retrait définitif dans deux ans. Comment réagissez-vous ?
Leila Zerrougui La Monusco n’a pas à son mot à dire et n’a pas vocation à rester éternellement en RDC. Elle exécute la volonté du Conseil de sécurité des Nations unies, avec lequel le gouvernement congolais peut discuter s’il le souhaite. La relation avec les autorités est parfois difficile. Mais je préfère des tensions, qui me semblent normales dans un contexte politique préélectoral, à une absence de réaction du pouvoir. Cela démontre à mon sens que le gouvernement veut prendre sa place, est déterminé à agir sans la Monusco, ce qui peut être une bonne chose.

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Vous devez donc faciliter la première alternance démocratique de l’histoire du pays et amorcer un éventuel retrait de cette mission ?
J’espère que dans deux ans nous aurons une situation stable en RDC. La protection des civils et l’appui au processus électoral restent nos priorités. La tenue d’élections inclusives et crédibles le 23 décembre peut permettre de tourner la page d’une crise politique.
Si ces scrutins ne sont pas satisfaisants et qu’ils sont contestés, ils risquent d’aboutir à une nouvelle ère d’instabilité. Il nous faut éviter la catastrophe. Ma mission est d’appuyer le processus et d’apporter un soutien logistique à la Commission électorale [nationale indépendante (CENI)]. Je n’ai pas de mandat exécutif et ce n’est pas la Monusco qui organise ces élections. Pour le moment, nous considérons qu’elles se tiendront le 23 décembre.
Quels sont vos critères pour considérer ces élections comme « crédibles » ? 
D’abord la participation de toutes les parties qui le souhaitent, et il n’est pas là question d’une personne. C’est le premier défi : l’adhésion de l’opposition, dans sa diversité, à ce processus électoral. A mes interlocuteurs de la majorité présidentielle, je dis clairement qu’ils peuvent organiser des élections seuls, mais je demande : à quoi bon ? En quoi cela arrangerait-il la situation et servirait-il leurs intérêts ? Ils ont besoin de crédibilité, d’inclusivité. Donc ils doivent laisser la population manifester et l’opposition jouer son rôle.

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Je ne cesse de répéter aux leaders de l’opposition comme du pouvoir : « Parlez-vous. » Ils me disent que c’est le cas et, en tant que facilitatrice, je fais tout pour que ces contacts se poursuivent en vue de parvenir à un consensus. Malgré ses doutes et sa méfiance, l’opposition se prépare désormais à cette échéance du 23 décembre et il est important d’avoir une adhésion des deux camps.
Le dispositif de vote par écran tactile est contesté par l’opposition et désavoué par les autorités de Corée du Sud, pays d’origine de la société choisie par la CENI. Ne craignez-vous pas que le processus électoral soit entaché de fraudes ? 
Il est impératif pour les autorités de s’assurer que ces machines fonctionnent et de prévoir d’autres options en cas de défaillance technique. Mais si volonté de tricher il y a, les machines ne sont pas nécessaires. La question centrale reste le rétablissement de la confiance entre les acteurs politiques. Nous y travaillons. Il est dans l’intérêt du pouvoir comme de l’opposition d’avoir des élections crédibles. Et je leur dis : « Nous sommes tous dans le même bateau. Votre succès est notre succès. Votre échec sera aussi le nôtre. »
N’avez-vous pas l’impression que le pouvoir s’est efforcé de faire obstacle à la tenue des élections qui devaient avoir lieu en décembre 2017, selon l’accord politique signé un an plus tôt sous l’égide de l’Eglise catholique ?
Je n’ai pas à juger un partenaire. L’ONU n’est pas garante de cet accord et ne l’a pas signé. Je ne suis pas là pour défier les autorités mais pour maintenir le contact avec tous les acteurs, sans être complice d’aucun, afin de pouvoir les influencer positivement. Si ma neutralité est mise en doute, c’est terminé. Si un facilitateur n’est plus accepté, il ne sert plus à rien.

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Quand vous êtes-vous entretenue avec le chef de l’Etat ? 
J’ai rencontré le président à mon arrivée, puis le 6 avril avec le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés. Nous avons eu des discussions franches sur la situation sécuritaire, sur la tenue des élections, sur le rôle de la mission. Ce n’est pas mon style de dissimuler la vérité ou de dire ce que le pouvoir veut entendre. Je passe les messages.
Comment vous assurez-vous que des casques bleus ne mènent pas d’opérations conjointes avec des militaires congolais figurant sur la « liste rouge » de l’ONU pour des crimes commis dans l’exercice de leurs fonctions ?
Je n’ai pas connaissance d’opérations menées avec des soldats congolais inscrits sur notre liste rouge. Notre procédure de vérification préalable est rigoureuse et vise à lutter contre l’impunité. Notre appui militaire à l’armée congolaise est dans l’intérêt de la population civile. Je veillerai à cela.
Un rapport d’enquête réalisé par les autorités congolaises daté du 10 mars pointe des actes de « torture » commis par les forces de sécurité lors des dernières manifestations à Kinshasa. De graves violations des droits humains par l’armée ont été documentées dans l’est et le centre… Comment gérez-vous cet aspect délicat du « partenariat » avec le pouvoir congolais ? 
C’est un équilibre qui n’est pas toujours facile. En amont, nous faisons un important travail de formation pour convaincre le gouvernement qu’il n’est pas en guerre avec son peuple, qu’il ne doit pas tirer sur des civils, que changer de posture est dans son intérêt.

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La ministre des droits humains, Marie-Ange Mushobekwa, nous accompagne à Genève avec ce rapport officiel faisant état de violations des droits de l’homme par la police et l’armée et appelant à la levée de l’interdiction de manifester. C’est un vrai pas en avant. Si on arrive à ce que ces élections se tiennent, que la mentalité des forces de sécurité change et que les manifestations pacifiques se déroulent, ce n’est pas rien.
Que comptez-vous faire pour empêcher que ne se reproduisent des massacres à quelques centaines de mètres des bases de la Monusco, comme ce fut le cas en mai 2016 dans la zone de Beni (Nord-Kivu) ou en septembre 2017 dans celle de Kamanyola (Sud-Kivu), sans que les casques bleus n’interviennent ?
Il y a eu des situations où nous n’avons pas été en mesure de protéger des civils. Nous travaillons à la formation de véritables forces mobiles. Il nous faut aussi du matériel léger, des moyens d’agir de nuit, des capacités de renseignement et un armement suffisant pour répondre aux menaces de groupes qui opèrent parfois comme des armées traditionnelles. C’est normal que nous soyons critiqués. Mais, quand je me regarde dans un miroir, je ne veux pas me dire qu’on a échoué et qu’on aurait pu faire mieux.
Comment expliquez-vous que, malgré la présence de 16 000 casques bleus, il y ait aujourd’hui plus d’une centaine de groupes armés et de nombreux foyers de violence en RDC ? 
Si on demandait aux forces de maintien de la paix de sécuriser tout ce pays immense et dépourvu d’infrastructures, ce chiffre de 16 000 hommes serait une plaisanterie. Mais la sécurité relève de la responsabilité du gouvernement congolais. Nous sommes en période électorale. Et, tout comme en 2011, certains tentent de se positionner. Il y a dans ce pays une tradition d’usage de la force, de recours à la violence pour faire de la politique.

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Je ne pense pas que la situation soit plus grave qu’auparavant. Les groupes armés ne « tiennent » plus de zones comme ce fut le cas par le passé. L’Etat exerce désormais un contrôle sur son territoire, même si des groupes armés continuent d’opérer dans certains secteurs. Je ne minimise pas leur présence, ni les menaces graves pesant sur les populations, qui paient un prix élevé. Mais sur le plan politique je considère que la situation s’améliore. Le pays n’est plus divisé ni occupé. La présence de l’Etat se renforce. Mais beaucoup de choses restent encore à faire.


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Disparu à 23 ans, le cycliste belge vient s’ajouter à la liste des coureurs récemment morts en course.
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Paris-Roubaix : la mort de Michael Goolaerts endeuille une nouvelle fois le peloton

Disparu à 23 ans, le cycliste belge vient s’ajouter à la liste des coureurs récemment morts en course.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 09h51
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 10h51
    |

                            Alexandre Pedro (envoyé spécial à Roubaix)








                        



   


Michael Goolaerts participait à son premier Paris-Roubaix. A 23 ans, le coureur belge de l’équipe Véranda’s Willems-Crelan découvrait les grands classiques du cyclisme. Une semaine plus tôt, il diffusait sur son compte Twitter une photo de lui gravissant le terrible mur de Grammont dans le Tour des Flandres où il avait pris part à l’échappée matinale. Goolaerts est mort dimanche soir à l’hôpital de Lille, à 22 h 40. « C’est avec une tristesse inimaginable que nous devons communiquer le décès de notre coureur et ami Michael Goolaerts », annonçait son équipe dans un communiqué.

https://t.co/2kHQHXKBDG— Snipercycling (@Veranda’s Willems - Crelan Pro Cycling Team)


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La nouvelle était redoutée depuis que le coureur avait été retrouvé inanimé dans le deuxième des 29 secteurs de cette 116e édition de Paris-Roubaix. Peu avant 14 heures, les caméras avaient furtivement montré le corps de Michael Goolaerts, les bras en croix au bord d’un talus à gauche d’une route en descente, 100 kilomètres après le départ de Compiègne. Le cycliste était tout de suite pris en charge et réanimé par l’équipe médicale de la course, puis les sapeurs-pompiers et le SMUR avant d’être héliporté à l’hôpital de Lille.
La course, elle, continuait. A l’avant, le prodige Wout Van Aaert leader et ami de Goolaerts dans l’équipe Véranda’s Willems (invitée par l’organisation), partait à la poursuite du futur vainqueur, Peter Sagan. Mais une crevaison dans le secteur du carrefour de l’Arbre allait ruiner les espoirs de podium de celui qui ignorait encore tout du sort de son coéquipier. Le directeur sportif, Nick Nuyens, quittait le parcours pour se rendre au chevet de son coureur.

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Quand Sagan franchit la ligne en vainqueur devant le Suisse Silvan Dillier, Michael Goolaerts est déjà mourant. Son sort jette un voile noir sur la performance du Slovaque, premier champion du monde victorieux à Roubaix depuis Bernard Hinault en 1981.
Alors que supporteurs belges et journalistes se pressaient devant le bus Véranda’s Willems, le porte-parole de l’équipe demandait de respecter le silence de l’équipe et de ne pas relayer les rumeurs. Le communiqué tombera cinq heures plus tard, précisant que le jeune coureur « était décédé d’un arrêt cardiaque en présence des membres de sa famille et de ses proches ».
Passé professionnel en 2014 chez Véranda Willems, Michael Goolaerts avait effectué un détour de deux ans chez Lotto-Soudal avant de revenir en 2017 dans sa formation d’origine. Ce rouleur au gabarit athlétique (1,86 m pour 80 kg) taillé pour les classiques pavés, affichait encore un palmarès vierge au niveau professionnel mais avait obtenu quelques places d’honneur cette saison (20e de Kurne-Bruxelles-Kurne, 9e d’A travers la Flandre-Occidentale.
Deux morts belges en 2016
Ce drame rappelle inévitablement la mort d’un autre jeune coureur belge, Daan Myngheer, le 28 mars 2016, à l’âge de 22 ans, après un accident cardiaque survenu en Corse après la première étape du Critérium International. Daan Myngheer, coïncidence tragique, avait couru l’année précédente pour Vérandas Willems. Après s’être senti mal, le cycliste avait fait un infarctus dans l’ambulance de la course et avait été transporté à l’hôpital d’Ajaccio où sa mort avait été constatée deux jours plus tard.

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Le même week-end, Antoine Démoitié (un autre coureur belge) est mort sur la semi-classique Gand-Wevelgem, d’une hémorragie cérébrale. Victime d’une lourde chute, il avait ensuite été heurté par une moto alors qu’il se trouvait au sol. L’autopsie n’a jamais déterminé si le coup fatal était dû à sa chute ou au choc avec la moto.
Dans le cas de Michael Goolaerts, l’autopsie devra confirmer si le cœur du jeune cycliste a lâché alors qu’il se trouvait encore sur son vélo comme l’assurent plusieurs témoins, provoquant sa chute. « Au loin, je l’ai vu prendre le talus monter très, très haut et redescendre », témoignait Thierry Gouvenou, le directeur de l’épreuve, dans le journal L’Equipe.
Plusieurs personnalités du cyclisme, comme le président de l’Union cycliste internationale, David Lappartient, ont fait part de leur tristesse sur les réseaux sociaux.

Au nom de l’Union Cycliste Internationale et de la famille du cyclisme dans son ensemble, je tiens à adresser mes p… https://t.co/W33jcEXAWC— DLappartient (@David Lappartient)


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Paris et Washington promettent une « réponse forte », mais nient avoir frappé une base militaire syrienne.
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Carnage chimique dans la Ghouta orientale

Paris et Washington promettent une « réponse forte », mais nient avoir frappé une base militaire syrienne.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 11h01
 • Mis à jour le
09.04.2018 à 15h00
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant), 
Marc Semo et 
Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Plusieurs missiles ont frappé, lundi 9 avril à l’aube, l’aéroport militaire syrien de Tiyas, situé entre Homs et Palmyre, au surlendemain d’une attaque chimique présumée contre le bastion rebelle de Douma, en banlieue de Damas.
Cette base aérienne, appelée « T4 », qui est l’une des plus importantes du pays, est aussi utilisée par la force Al-Qods, l’unité d’élite des gardiens de la révolution iraniens, déployée en Syrie, ainsi que par des militaires russes. Elle avait été l’une des cibles des raids de représailles de l’aviation israélienne, en février, après que l’un de ses F16 a été abattu au-dessus de la Syrie. Au moins 14 combattants, dont des Iraniens, auraient été tués selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Cette opération survient trente-six heures après la mort de dizaines d’habitants de Douma, dans ce que les ONG de l’opposition syrienne implantée sur place présentent comme une attaque chimique du régime Assad. Si le président Donald Trump a promis dans un Tweet, dimanche, de faire payer cette hécatombe au « prix fort », le Pentagone a nié toute implication dans l’attaque de la base. La France, qui sous la présidence d’Emmanuel Macron a fait de l’emploi d’arme chimique en Syrie une « ligne rouge », a démenti aussi tout rôle dans ce bombardement. A ce stade, l’hypothèse la plus probable est celle d’une opération de l’armée israélienne.

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Il n’en reste pas moins que le carnage de Douma, avec son cortège d’images de femmes et d’enfants manifestement asphyxiés, met aussi bien Washington que Paris sous pression. Emmanuel Macron et Donald Trump se sont entretenus dimanche soir afin, selon la présidence française, de « coordonner leurs actions et leurs initiatives au sein du Conseil de sécurité des Nations unies », qui doit se réunir en urgence lundi après-midi à New York. Ils sont convenus de la nécessité d’une « réponse forte », a fait savoir la Maison blanche. « De nombreux morts, y compris des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie », avait tweeté dimanche M. Trump, qui a pointé du doigt la « responsabilité » de la Russie et de l’Iran, qualifiant M. Assad d’« animal ».
Les Etats-Unis pris de court
Aucune enquête n’a pu être menée pour l’instant pour déterminer avec précision le type d’agent chimique employé à Douma. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé que les spécialistes militaires russes qui se sont déjà rendus sur place n’ont découvert aucune trace de chlore ni de quelque substance chimique utilisée contre les civils.
Les symptômes observés sur les victimes, dont le nombre oscille selon les sources entre une cinquantaine et plus de cent, incitent les médecins présents sur place à penser qu’il s’agit d’un mélange de chlore et de neurotoxique, possiblement le sarin. Cette substance, hautement létale, a déjà été utilisée par l’armée syrienne en août 2013 contre la Ghouta, la banlieue de Damas, dont Douma est le principal centre urbain (plusieurs centaines de morts) et en avril 2017 contre Khan Cheikhoun, une localité du nord (85 morts).
A la suite de cette attaque, Donald Trump avait rompu avec la politique de son prédécesseur démocrate Barack Obama – qui avait renoncé à la dernière minute à répondre militairement au bombardement de la Ghouta –, en faisant tirer, en guise de représailles, 59 missiles de croisière contre la base aérienne d’Al-Chaayrate, dans le centre de la Syrie. Aujourd’hui, la virulence de sa réaction sur Twitter semble placer de nouveau le locataire de la Maison Blanche dans la quasi-obligation d’agir.
Si le président « ne tire pas les conséquences et s’il ne répond pas aux attentes créées par ce Tweet, il aura l’air faible aux yeux de la Russie et de l’Iran », a prévenu sur la chaîne ABC le sénateur républicain de Caroline du Sud Lindsey Graham. Le bombardement de Douma prend cependant la présidence américaine de court. Il intervient quelques jours après que Donald Trump a exprimé son souhait de retirer « très vite » les troupes américaines déployées dans le nord-est du pays. « Il est temps, avait-il ajouté. Notre première mission était de nous débarrasser [de l’organisation Etat islamique]. Nous y sommes presque parvenus. »
« De la mousse s’échappait de leur bouche »
Le président français a déclaré que la France serait prête à mener seule une opération en Syrie en cas d’usage d’armes chimiques par le régime Assad. Cela n’avait pas empêché le régime de continuer à mener des attaques au chlore – dont la possession n’est pas interdite, même si son emploi militaire l’est – comme arme tactique pour semer la panique. Peu meurtrières, elles n’ont suscité que peu de réactions. Paris, entre-temps, a peu à peu changé ses éléments de langages, évoquant « un emploi avéré, létal, et dont on peut déterminer la provenance ».
L’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society), qui compte de nombreux docteurs et infirmiers à Douma, a recensé samedi, en fin de journée, près de 500 cas de suffocation. Les patients présentaient des symptômes d’« exposition à un agent chimique », selon l’organisation, comme des difficultés respiratoires, un ralentissement du rythme cardiaque et des brûlures de la cornée. « De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore », affirme un communiqué de SAMS.
Parmi ces patients, six sont morts, selon SAMS, dont une femme atteinte de convulsions et d’un rétrécissement des pupilles, des symptômes associés à l’usage de sarin. Samedi, plus tard dans la soirée, des secouristes ont découvert 42 personnes mortes dans leurs habitations. Les vidéos tournées sur place, montrant des cadavres sans blessure, figés dans leur sommeil pour certains, gisant dans un escalier ou un appartement pour d’autres, laissent supposer que leur mort a été foudroyante. « Les symptômes rapportés indiquent que les victimes ont été asphyxiées par un produit chimique toxique, très probablement un agent organophosphoré », affirme SAMS. Le gaz sarin appartient à cette catégorie.
Dernier fief rebelle
La presse officielle syrienne a accusé les insurgés de diffuser des fausses informations pour tenter de ralentir la progression des forces gouvernementales. L’armée russe a elle aussi rejeté les accusations de l’opposition. Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale, une zone en périphérie de la capitale syrienne, à ne pas avoir été reconquise par les troupes gouvernementales.
Celles-ci mènent dans cette région une violente offensive, lancée à la mi-février, qui a causé la mort de 1 600 civils et débouché sur la reddition de milliers de rebelles, transférés, avec leurs familles, vers le nord de la Syrie. Le groupe salafiste Jaïch Al-Islam, le dernier groupe rebelle encore présent dans la Ghouta orientale, retranché à Douma et qui contrôle la ville, a rejeté jusque-là les offres d’évacuation de la Russie, alliée du régime syrien. Ce qui a conduit l’armée syrienne à reprendre ses bombardements, vendredi, après une dizaine de jours d’accalmie.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Dans son manga très proche du documentaire, Atsuhiko Nakamura brosse un portrait à la fois tendre et effrayant du phénomène des « puceaux tardifs » japonais.
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« La Virginité passé 30 ans », manga sidérant sur un phénomène japonais

Dans son manga très proche du documentaire, Atsuhiko Nakamura brosse un portrait à la fois tendre et effrayant du phénomène des « puceaux tardifs » japonais.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h34
    |

            Bernard Monasterolo








                        



   


« Individualisation de la société, nucléarisation de la famille, baisse de la natalité, précarisation de l’emploi, effondrement des valeurs familiales, progression du statut social des femmes… » Ce sont, parmi d’autres, quelques-unes des raisons qu’avance l’auteur Atsuhiko Nakamura pour expliquer le phénomène des « puceaux tardifs » au Japon. C’est à un malheureux accident professionnel qui le pousse dans un centre d’auxiliaires de vie pour personnes âgées qu’il doit la prise de conscience de cette réalité peu connue et peu commentée : celle de cette catégorie d’hommes japonais qui ne réussissent pas à établir un quelconque rapport avec le sexe opposé.

   


En huit portraits, dont le sien, il offre un panorama effrayant de ce phénomène qui touche plus d’un quart de la population masculine japonaise. Entre enquête sociologique statistique et portraits individuels de cas représentatifs, l’auteur nous fait plonger dans un monde où le désespoir est extrême, mais dont la rédemption n’est pas exclue. Le manga est l’adaptation d’une enquête sur le sujet, exploitant une série d’interviews réalisées par l’auteur et publiées sur le site Internet Gentôsha Plus, avec un succès d’audience exceptionnel.
Dénonçant à la fois des comportements individuels déviants et d’autres dus aux circonstances sociétales, le regard qu’il porte sur ces populations n’est pas dénué d’une certaine tendresse, mêlée à une cruauté assumée. Le trait simultanément réaliste et caricatural de Bargain Sakuraichi, à la manœuvre pour dessiner ces tranches de vies, vient donner chair, littéralement, à ce propos accablant. Pour qui connaît déjà le Ladyboys versus Yakuza, la fiction transsexuelle outrancière de Bargain Sakuraichi, éditée aussi par Akata dans sa collection « WTF », il n’y aura pas de surprise. On est bien dans le style extravagant et hypertrophié de cet auteur connu pour ses œuvres érotiques, qui peut donner parfois une dimension féroce ou méchante aux portraits. Une transcription qui relève plus des tableaux de Jérôme Bosch et de son grinçant Jardin des délices que d’un témoignage réaliste.

   


C’est une véritable plongée, très documentée, dans le monde des auxiliaires de vie, des otakus, des maid cafés, des shirake sedais (« génération apathique »), des konkatsu pâtî (« speed dating »), des love hotels… La liste est longue des notions de culture populaire brassées par ce manga atypique.
Une lecture à la fois poignante et sidérante dans un Japon contemporain dont on ne soupçonne pas l’existence. A lire absolument.

   


La Virginité passé 30 ans, d’Atsuhiko Nakamura et Sakuraichi Bargain, aux éditions Akata. Tome unique de 240 p., 15 euros.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Norman Steinberg et Jennifer Westacott, coprésidents du Forum Australie-Canada, estiment que l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ratifié le 8 mars, montre qu’il est possible d’éviter une guerre commerciale.
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« Défendre le ­commerce n’est pas seulement une obligation commerciale, c’est une décision morale »

Dans une tribune au « Monde », Norman Steinberg et Jennifer Westacott, coprésidents du Forum Australie-Canada, estiment que l’Accord de partenariat transpacifique global et progressiste, ratifié le 8 mars, montre qu’il est possible d’éviter une guerre commerciale.



Le Monde
 |    09.04.2018 à 17h23
    |

Jennifer Westacott (Directrice générale du Business Council of Australia et coprésidente australienne du Forum AusCan) et Norman Steinberg (Préside...







                        



   


Tribune. Confrontées au spectre d’une nouvelle guerre commerciale et à celui du protectionnisme populiste à l’œuvre dans certaines parties du monde, onze nations ont ratifié le 8 mars au Chili l’un des accords de libre-échange les plus exhaustifs à ce jour, l’Accord de parte­nariat transpacifique global et progressiste (PTPGP).
Aujourd’hui, ce message est plus important que jamais. Nos deux pays, l’Australie et le Canada, signataires de cet accord, partagent un patrimoine commun, des ­principes démocratiques libéraux, une vision commune et une confiance dans la force écono­mique du commerce mondial. Un commerce ouvert et libéral a contribué à bâtir des communautés prospères en Australie et au Canada, en leur offrant plus de possibilités que dans toute l’histoire de l’humanité, en améliorant leur niveau de vie et en donnant naissance à deux des nations les plus riches au monde.
A travers le monde, des échanges plus ouverts et plus libres ont sorti environ un milliard de personnes de l’extrême pauvreté
Quoi qu’ils ne soient pas immédiatement perceptibles, les avantages du commerce entre nos deux nations sont clairs. Les investissements bilatéraux dépassent 80 milliards de dollars canadiens [environ 50,4 milliards d’eu­ros]. Que vous vous rendiez au ­travail dans un train canadien à Brisbane, ou que vous soyez un Canadien ou une Canadienne employé par une entreprise australienne à Montréal, c’est une chose qui mérite d’être protégée.
Mais l’histoire du commerce concerne bien plus que nos deux nations. A travers le monde, des échanges plus ouverts et plus libres ont sorti environ un milliard de personnes de l’extrême pauvreté. Pour nous, défendre le ­commerce n’est pas seulement une obligation commerciale ; c’est une décision morale.
Le protectionnisme du passé
Cependant, les défis liés à l’instabilité mondiale, aux changements technologiques rapides et au mécontentement à l’égard des institutions persistent. Quoique les prémices d’un rétablissement économique mondial se fassent aujourd’hui sentir, après des années de croissance au ralenti, certains se sentent encore floués.
La perturbation des vieux secteurs d’activité a incité les gens à chercher une solution facile à leurs déboires économiques
Il n’est pas surprenant que, dans un monde marqué par des ­changements aussi rapides, certaines communautés d’Amérique du Nord et d’Australie se sentent menacées, assiégées, et, dans certains cas, de plus en plus attirées vers le protectionnisme du passé. La perturbation des vieux secteurs d’activité, combinée à la création de nouvelles industries et à de nouvelles façons de travailler, a incité les gens à chercher une solution facile à leurs déboires économiques.
Toutefois, la véritable menace qui plane sur notre relance économique mondiale provient de l’accroissement des mesures commerciales protectionnistes et de la révolte contre un système commercial multilatéral fondé sur des règles. Nous ne pouvons pas faire la sourde oreille aux appels lancés depuis les Etats-Unis, la plus importante économie occidentale au monde, pour retourner à la sombre époque des marchés protégés et des barrières commerciales.
Spirale nuisible
Cependant, nous ne pouvons pas non plus riposter et provoquer une guerre commerciale, car une telle rivalité nous entraînerait rapidement dans l’engrenage de la pauvreté. Il est impératif que le ­Canada, l’Australie et d’autres pays partageant les mêmes vues collaborent pour repousser cette menace contre la libéralisation du commerce mondial et le système fondé sur des règles qui l’appuie depuis si longtemps.

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Cette spirale menant à des ­mesures commerciales où l’on se rend coup pour coup et où chacun fait cavalier seul nuirait irrémédiablement à l’économie mondiale, en particulier aux nations de taille moyenne et aux plus petites, qui dépendent en majeure partie du commerce. Le Canada et l’Australie figurent clairement dans cette catégorie. Nous courons un risque réel. Nous avons beaucoup en commun. En tant qu’économies de taille moyenne, le commerce constitue la force vive de nos économies car il génère les revenus élevés auxquels s’attendent nos populations.
Front commun
Le sort de l’économie canadienne est étroitement lié à celui des Etats-Unis, son principal partenaire commercial, tandis que l’Australie dépend largement des marchés d’exportation en Chine et au Japon. Tous ces marchés risquent d’être touchés directement ou indirectement par des mesures protectionnistes.
Certains détracteurs avaient affirmé que le projet n’aboutirait jamais à la suite du retrait des états-Unis du Partenariat transpacifique
Dans ce contexte, on ne saurait exagérer l’importance de la décision prise par le Canada, l’Australie et neuf autres nations de la communauté transpacifique de faire front commun. L’accord du 8 mars éliminera 98 % des tarifs douaniers entre les pays membres et facilitera le commerce et les investissements d’un bout à l’autre de cette région dynamique.
Certains détracteurs avaient affirmé que le projet n’aboutirait jamais à la suite du retrait des Etats-Unis du Partenariat transpacifique, mais un travail acharné et de la persévérance ont prouvé le ­contraire. Les onze pays devraient être félicités pour leur courage et leur résolution à faire profiter leurs populations des avantages d’un marché plus libre.

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Le Forum AusCan, qui se tiendra en juillet à Montréal, rassemblera chefs d’entreprise, leadeurs politiques et associatifs afin de renforcer et resserrer les liens entre nos deux démocraties libérales, démontrant ainsi leur engagement commun envers les valeurs qui ont fait prospérer le monde.
Cette tribune a été publiée à l’origine dans « Le Monde » du 29 mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.
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La baleine boréale, chanteuse de jazz

Chaque hiver, de novembre à avril, l’immense mammifère marin se lance dans de vastes improvisations sonores. Une équipe internationale en révèle la richesse.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 16h00
    |

            Nathaniel Herzberg








                        



                                


                            
Zoologie. Le chant des baleines… L’expression fait rêver les amoureux de la nature depuis des décennies. Plus précisément depuis qu’en 1971, deux biologistes américains, Roger Payne et Scott McVay, ont décrit l’imposant registre sonore des baleines à bosse durant la saison des amours. Une note de base aiguë, une modulation des fréquences ou des amplitudes, le tout formant un motif variable au cours de l’année : l’immense mammifère marin semblait cacher un virtuose du bel canto. Mais un artiste peut en cacher un autre. Dans un article publié mardi 3 avril par la revue Biology Letters, une équipe internationale met en lumière les exploits d’un autre géant des mers.

« Si le chant des baleines à bosse est comme la musique classique, celui des baleines boréales, c’est du jazz », résume l’auteure principale de l’étude, Kate Stafford. Océanographe au département de physique appliquée de l’université du Washington, elle avait déjà révélé en 2012 qu’à l’est du Groenland, cette espèce chantait 24 heures sur 24 pendant cinq mois. Mais l’annonce avait surtout marqué par la performance. Une de plus, pourrait-on dire. Capable d’atteindre 20 mètres de long – qui en font le deuxième plus gros animal après sa cousine la baleine bleue – et l’âge canonique de 200 ans, l’imposant cétacé peut aussi briser une couche de glace d’un demi-mètre d’épaisseur, ce qui présente, il est vrai, quelque utilité lorsque l’on vit toute l’année dans les mers du Grand Nord.
Cette fois Kate Stafford, soutenue par des collègues norvégiens, a plongé ses micros sous-marins de l’autre côté du continent blanc, sur la rive ouest, et les a laissés tourner pendant cinq saisons. A l’aide de spectrogrammes – des images reproduisant les fréquences et intensités sonores – elle a ensuite analysé en détail trois années de vocalises. « J’avais déjà effectué des enregistrements en 2008-2009 et je m’attendais à retrouver les mêmes motifs, comme pour les baleines...




                        

                        

