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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit 43 % de grévistes parmi les agents indispensables à la conduite des trains.
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Grève SNCF : les prévisions de trafic pour la journée du lundi 9 avril

Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit 43 % de grévistes parmi les agents indispensables à la conduite des trains.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h31
   





                        



   


Le bras de fer se poursuit entre cheminots et gouvernement, et ne semble pas s’essouffler. Après une petite baisse de la mobilisation, dimanche 8 avril, avec 35 % des personnels en grève – contre 48 % les deux journées précédentes –, le trafic devrait être davantage perturbé lundi 9 avril. Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit un taux de grévistes de l’ordre de 43 % parmi les agents indispensables à la conduite des trains.
Selon le communiqué diffusé dimanche après-midi par la SNCF, les répercussions à attendre sur les transports ferroviaires sont les suivantes :
Transilien : un train sur trois.TER : un train sur trois.TGV : un train sur cinq.Intercités : un train sur six.Eurostar : trois trains sur quatre.Thalys : trois trains sur quatre.
Concernant le trafic en Ile-de-France, la SNCF précise :
RER A : un train sur deux.RER B : un train sur trois.RER C : un train sur cinq.RER D : Un train sur quatre.RER E : un train sur trois.Ligne H : deux trains sur cinq.Ligne K : un train sur cinq.Ligne J, L, N, P : un train sur trois.Ligne R : un train sur dix.Ligne U : aucun train.Tramway ligne 4 : trois trains sur quatre.
Concernant les différentes lignes TGV, la circulation restera « très perturbée », annonce la SNCF :
Axe Est : un train sur trois.Axe Atlantique : un train sur cinq.Axe Nord : un train sur quatre.Axe Sud-Est : un train sur quatre.Intersecteurs : un train sur cinq.Aucun train Ouigo.
Au cœur du conflit, la réforme de la SNCF portée par le gouvernement prévoit la fin du recrutement au statut de cheminot, la transformation de l’entreprise publique en société anonyme à capitaux publics et l’ouverture du ferroviaire à la concurrence. Trois évolutions qui préfigurent une privatisation, craignent les grévistes, ce que dément le gouvernement.
« Jusqu’au bout »
Si les grandes lignes de la réforme ne sont « pas négociables », Edouard Philippe est « ouvert aux discussions pour parler des modalités », a-t-il redit dans un entretien au Parisien, dimanche. Le premier ministre, qui promet d’aller « jusqu’au bout » de sa réforme, a « bon espoir qu’à la fin, on s’entende ».
Pourtant, la concertation avec les syndicats – une « mascarade », estiment ceux-ci – est au point mort. La dernière séance, vendredi, a exacerbé les tensions, les syndicats appelant à la sortie à amplifier le mouvement de grève.
« Il n’y a pas eu de négociation » véritable sur le projet du gouvernement, a déploré Laurent Brun (CGT Cheminots) après la rencontre. Florent Monteilhet (UNSA) en est sorti « très inquiet et agacé », tandis qu’Erik Meyer (SUD Rail) a jugé « inacceptable » la tournure de la réunion. Didier Aubert (CFDT) a estimé que le gouvernement avait « besoin d’une nouvelle démonstration » de force.
La CGT n’exclut pas de prolonger le mouvement « au-delà du mois de juin ». SUD Rail est partisan d’une grève reconductible chaque jour au lieu de la grève deux jours sur cinq décidée par l’intersyndicale.
Face à une situation qui s’enlise, Emmanuel Macron sortira de son silence jeudi, lors d’un entretien d’une heure au journal de 13 h de TF1. Il s’exprimera notamment sur les nombreux conflits sociaux qui agitent le pays, à commencer par celui des cheminots. L’examen du projet de loi sur le pacte ferroviaire débute lundi en première lecture à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Si les critères d’appartenance à cette classe intermédiaire font encore débat, le constat d’une amélioration du niveau de vie sur le continent est plus largement partagé, malgré des disparités géographiques persistantes.
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A la recherche de la classe moyenne africaine

Si les critères d’appartenance à cette classe intermédiaire font encore débat, le constat d’une amélioration du niveau de vie sur le continent est plus largement partagé, malgré des disparités géographiques persistantes.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

A Nairobi voisinent des réalités difficilement conciliables. Celle de Kibera, par exemple, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, situé dans le sud de la capitale kényane, où s’entassent des centaines de milliers de personnes au milieu des détritus. Et celle de ces centres commerciaux à l’architecture clinquante qui poussent comme des champignons après la pluie, le long des avenues embouteillées. Inauguré en 2016, à moins de quinze kilomètres de Kibera, le Hub Karen est l’un de ces nouveaux temples de la consommation. Carrefour et Burger King y ont déjà élu domicile, parmi plus de quatre-vingts enseignes, et Decathlon devrait suivre, avec l’ouverture d’un magasin prévue au deuxième semestre.
Le Kenya est un pari logique pour le spécialiste français des articles de sport, qui se développe depuis trois ans en Afrique en suivant deux directions : « Les pays avec un pouvoir d’achat déjà conséquent, comme le Maroc ou l’Afrique du Sud, et ce que j’appelle l’axe Dakar-Nairobi, c’est-à-dire les pays où la classe moyenne va devenir de plus en plus importante », explique Valéry Guers, responsable de l’entreprise sur place.

Une classe moyenne émergente en Afrique subsaharienne : le concept s’est emparé de l’imaginaire des investisseurs depuis près d’une décennie. Un phénomène étroitement corrélé aux années de forte croissance, qui ont vu le produit intérieur brut (PIB) africain progresser de plus de 5 % par an en moyenne entre 2004 et 2014. D’un coup, le continent a cessé d’être uniquement cette terre de pauvreté, comme à Kibera, de guerres et d’élections truquées.
Promesses de développement
De nouvelles statistiques ont commencé à circuler, comme autant de promesses de développement : une urbanisation galopante (à un rythme de 4 % par an), une explosion du marché du mobile, une progression constante des dépenses des ménages… D’Unilever à Nestlé, en passant par le numéro un mondial des spiritueux, Diageo, tous les groupes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ La chercheuse au Centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales constate, dans un entretien au « Monde », que le concept de ce groupe intermédiaire est flou et diffère beaucoup selon les pays.
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Clélie Nallet : « Le terme de “classe moyenne” a été projeté sur le continent africain de l’extérieur »

La chercheuse au Centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales constate, dans un entretien au « Monde », que le concept de ce groupe intermédiaire est flou et diffère beaucoup selon les pays.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h24
    |

                            Sophie Motte








                        



                                


                            

Clélie Nallet, chercheuse au Centre Afrique subsaharienne de l’Institut français des relations internationales (IFRI), travaille depuis 2010 sur le concept de « classe moyenne africaine » et a réalisé une étude empirique sur ce sujet en Ethiopie.
Existe-t-il aujourd’hui un consensus sur la définition de « classe moyenne africaine » ?
Non. Ce n’est d’ailleurs pas propre au continent africain. Le terme de « classe moyenne » en général est polysémique, ambigu. Il a été projeté sur le continent africain de l’extérieur. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec une catégorie qui émerge sans que nous sachions précisément de quoi l’on parle. Il existe plusieurs types de définitions. Par exemple celle, purement économique, selon laquelle être dans la classe moyenne consiste à avoir un revenu qui se situe au milieu à l’échelle nationale. Mais certains intègrent également des critères sociaux, comme le niveau d’éducation.
Peut-on dire qu’il existe une classe moyenne africaine ?
Pas en ces termes. D’abord, ce serait une erreur de parler à l’échelle continentale, car les situations sont très diverses en fonction des pays et à l’intérieur même des pays. Les capitales vont concentrer un certain nombre de richesses économiques, alors que d’autres zones vont être beaucoup moins bien dotées. Un certain nombre d’acteurs aimeraient faire exister la classe moyenne pour des raisons économiques et politiques. Mais c’est très compliqué de globaliser. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de classe moyenne en Afrique, mais qu’il n’y a pas, aujourd’hui, une unique classe moyenne africaine.
Le terme lui-même pose problème. Il donne l’impression d’un groupe social stabilisé, alors qu’il n’en est rien. On est beaucoup plus sur des flux, avec des trajectoires sociales qui se croisent et forment un ensemble flou. D’ailleurs, dans la plupart des langues africaines, cette expression ne fait pas sens.
Outre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ La filiale du géant Vivendi a lancé ces dernières années une véritable offensive dans les pays africains de langue française avec pour ambition de satisfaire tous les goûts et tous les portefeuilles avec la volonté d’investir dans les talents du continent.
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Canal+ à l’assaut de l’Afrique francophone

La filiale du géant Vivendi a lancé ces dernières années une véritable offensive dans les pays africains de langue française avec pour ambition de satisfaire tous les goûts et tous les portefeuilles avec la volonté d’investir dans les talents du continent.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h00
    |

                            Haby Niakaté (Abidjan, correspondance)








                        



                                


                            
Canal+, en panne de croissance en France, a fait de l’Afrique subsaharienne francophone, où elle compte aujourd’hui 3,5 millions d’abonnés, une priorité. La filiale du géant Vivendi lorgne, comme de nombreuses multinationales, sur la nouvelle classe moyenne d’un continent où les taux de croissance font rêver : 8,3 % prévus au Ghana en 2018 par la Banque mondiale, 7,2 % en Côte d’Ivoire ou encore 6,9 % au Sénégal.
Mais le concept même de classe moyenne est flou et très différent d’un pays à l’autre. Pour séduire cet ensemble mouvant, l’entreprise française a lancé ces dernières années une véritable offensive dans les pays africains francophones : création, en 2014, d’une chaîne de divertissement panafricaine, A+ ; rachat, la même année, du groupe Thema et de ses chaînes thématiques très appréciées sur le continent, telles que Nollywood TV, Novelas TV, et Gospel Music TV ; partenariat, en 2015, avec le distributeur et producteur nigérian Iroko ; lancement, en 2017, d’une chaîne consarée au sport en Afrique, A+ Sport…
Cet élargissement et cette « africanisation » tous azimuts de l’offre de contenus se sont accompagnés d’une baisse progressive des prix des décodeurs et des abonnements. Objectif : satisfaire tous les goûts et tous les portefeuilles. « A+, par exemple, est accessible dès l’abonnement d’entrée de gamme, à 5 000 FCFA [environ 7,50 euros] par mois, explique Damiano Malchiodi, qui dirige la chaîne à Abidjan. C’est une chaîne populaire, qui vise un public familial et qui est diffusée aujourd’hui dans une vingtaine de pays sur le continent. »
Le virage de la coproduction locale de contenus
Si la chaîne a commencé par acheter de nombreuses séries en Afrique anglophone ou aux Etats-Unis, tout en africanisant des émissions occidentales (le concours de cuisine « Star Chef », le télécrochet « Island Africa Talent »…), elle a très rapidement pris le virage de la coproduction locale de contenus, pensés, conçus et réalisés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Depuis le lancement du mouvement social à la SNCF, un élément de comparaison revient en permanence : les grèves de 1995 contre le plan Juppé. Mais de quoi s’agissait-il exactement ?
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les entreprises dépendantes du fret ferroviaire s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir la grève, qui a repris samedi soir, pour deux jours.
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Pour les utilisateurs de fret, la grève à la SNCF « est catastrophique »

Les entreprises dépendantes du fret ferroviaire s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir la grève, qui a repris samedi soir, pour deux jours.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h22
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h40
    |

                            Eléa Pommiers








                        



   


Le mouvement de grève à la SNCF, qui a repris samedi 7 avril en soirée, n’a pas pour seul effet de désorganiser le transport de voyageurs. Dans le transport de marchandises, les conséquences pour les utilisateurs de fret sont moins visibles, mais se chiffrent rapidement à plusieurs milliers, voire millions d’euros de perte. A tel point que l’entreprise sidérurgique ArcelorMittal a annoncé, vendredi, qu’elle renonçait à recourir au rail durant la période de la grève.
Lors des premiers jours du mouvement, Fret SNCF, opérateur historique du transport de marchandise par le rail (60 % du marché) a connu les mêmes perturbations que dans le transport de voyageurs. Selon son porte-parole, seuls 15 % des trains prévus ont pu circuler les 3 et 4 avril, alors que 70 % des conducteurs de train avaient cessé le travail.

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Les opérateurs privés sont tout aussi affectés. « Leurs conducteurs ne sont pas en grève, mais les aiguilleurs de la SNCF, oui, ce qui empêche toute régulation du trafic », explique Christian Rose, de l’association des utilisateurs du transport de fret (AUTF).
Doubler les coûts
Pour contourner les difficultés, beaucoup d’entreprises n’ont d’autre choix que de trouver des alternatives, dans le transport fluvial ou routier (88 % du transport de marchandises). Les producteurs de granulats, qui alimentent le secteur du bâtiment et des travaux publics, ont estimé vendredi que, si la grève durait jusqu’en juin, « près de deux millions de tonnes de granulats » ne pourraient être livrées sur les chantiers par le train, « soit potentiellement 150 000 trajets par camion en plus sur les routes ».
Mais les voies fluviales, bien que plus économiques, ne permettent pas de desservir tout le territoire, et les camions ne sont pas une alternative envisageable pour toutes les filières. C’est le cas dans la sidérurgie, qui dépend pour partie du fret ferroviaire en raison d’une « production qui nécessite des convois lourds et volumineux », rappelle Jacques Lauvergne, président du groupement des entreprises sidérurgiques et métallurgiques ; ou dans l’industrie chimique, qui utilise les trains pour approvisionner les usines en matières premières et transporter des produits dangereux.

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« Le ferroviaire permet de massifier les flux : un train, c’est l’équivalent d’une cinquantaine de camions. Il est impossible de tout reporter sur le transport routier », assure Franck Tuffereau, de l’association française du rail. Sans compter que, « dans ces situations d’urgence où les camions sont rares, recourir au transport routier revient à doubler les coûts pour les clients », précise Christian Rose.
Reports impossibles
Pour certains gros clients traditionnels du fret ferroviaire français, comme la filière céréalière, les conséquences pourraient être lourdes. « Les producteurs vont en pâtir, avec des coûts de stockage qui vont augmenter pour les céréales non transportées et des pénalités à payer si les annulations de train empêchent de livrer les commandes et d’honorer des contrats », explique Philippe Pinta, président de l’association générale des producteurs de blé.
Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, coopérative agricole réunissant 13 000 agriculteurs et chargeant jusqu’à huit trains par jour, a déjà subi des pertes. Vingt-deux de ses trains n’ont pu circuler sur la première séquence de la grève, entre lundi 2 avril au soir et jeudi 5 avril midi.
« Un train, c’est 1 200 tonnes de marchandises. Aujourd’hui, nous sommes sur un coût de remplacement de sept à dix euros par tonne, soit environ 10 000 euros par train qui ne circule pas », estime-t-il.

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Près de 60 % de son transport de marchandises passe par le rail, il lui est impossible de remplacer tous ses trains. Et le principe de la grève « perlée » ne laisse aucun répit.
Pour faire circuler des trains de marchandises, les clients doivent, des mois à l’avance, réserver des « sillons », c’est-à-dire la capacité d’infrastructure nécessaire pour faire circuler un train sur un trajet et à un horaire donnés.
« La remise en route du fret prend davantage de temps que le transport de voyageurs », explique Christian Rose, qui estime que la grève affecte les entreprises sur au moins quatre jours, le temps de savoir où sont les trains et de les ramener au bon endroit pour respecter la programmation.
« C’est une organisation énorme, on ne peut pas reporter nos transports sur les trois jours sans grève. Tout ce qui n’est pas transporté, c’est de la perte sèche », déplore Laurent Vittoz, président de la coopérative Val France. En vingt ans, il affirme n’avoir jamais vu de grève au potentiel aussi « déstructurant ». Pour son activité, en s’éternisant, celle-ci engendrerait tellement de pertes qu’« elle ne serait pas seulement pénalisante, elle serait catastrophique ». 
Perte de clients
Le constat est le même dans les ports, d’où partent de nombreuses exportations. Et là encore, la filière céréalière, qui exporte la moitié de sa production, est concernée au premier chef.
Joel Ratel, directeur général de Nord Céréales, entreprise d’import-export de céréales, estime que son entreprise a perdu plus de 1,2 million d’euros sur les deux premiers jours de grève, avec l’annulation de cinq trains de marchandises. « Si on ne peut pas charger les bateaux, certains clients vont se tourner durablement vers d’autres marchés pour s’approvisionner, c’est de la perte de crédibilité pour nous », s’inquiète-t-il.
Le fret ferroviaire représente aujourd’hui 20 % de ses livraisons, contre 0 % il y a quatre ans. « Le train est plus écologique, on essaye vraiment de développer le fret ferroviaire… Et ça nous pénalise ! », s’agace-t-il.
« Si cette grève dure, on pourrait atteindre 500 millions à un milliard de pertes pour toute la filière industrielle », estime Christian Rose, de l’AUTF. Pour l’heure, le gouvernement et les syndicats de cheminots n’ont toujours pas trouvé d’accord, et la SNCF prévoit une mobilisation renforcée pour le deuxième acte de la grève, toujours prévue pour durer trois mois.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Certains cas doivent imposer une vigilance particulière pour s’assurer que votre intention est bien respectée explique Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales de l’UFF.
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Peut-on « sans le vouloir » déshériter ses enfants ?

Certains cas doivent imposer une vigilance particulière pour s’assurer que votre intention est bien respectée explique Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales de l’UFF.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h15
    |

Valérie Bentz, responsable des études patrimoniales à l’UFF







                        



   


Question à un expert. L’actualité a récemment mis en lumière la complexité des questions de transmission. Pouvons-nous involontairement déshériter nos enfants ? La réponse est oui !
Le droit français (article 912 du code civil) énonce le principe de la réserve héréditaire dont bénéficient notamment les enfants, mais certains cas doivent imposer une vigilance particulière. Par exemple, lorsque le défunt a désigné son conjoint comme bénéficiaire de son contrat d’assurance-vie, ce dernier disposera librement de ces sommes. Il pourra alors choisir de les replacer sur un contrat d’assurance-vie au profit du bénéficiaire de son choix. Dans ce cas, les enfants du couple pourraient ensuite être privés de ces capitaux, constituant à l’origine une partie du patrimoine du premier défunt.
Autre situation, dans le cas de la mise en place d’une donation au dernier vivant, le conjoint survivant peut choisir l’option « 100 % en usufruit ». Cet usufruit lui donne le droit de puiser dans le capital financier, presque sans aucune restriction ; on parle alors de quasi-usufruit. Ici encore, les enfants peuvent être privés de la part qui aurait pu leur revenir.

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                Nouvelles familles : le casse-tête patrimonial



Il est important d’être vigilant et prévoyant sur les questions de transmission pour s’assurer que notre intention soit bien respectée au regard de ce qui reviendrait à terme à nos enfants. Il convient dès lors d’analyser précisément notre situation familiale et les conséquences de nos décisions, parfois les plus anodines.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Selon le « Journal du dimanche » du 8 avril, l’Etat pourrait céder environ 50 % du capital de l’entreprise sur les 72 % qu’il détient.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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Vers une entrée en Bourse de La Française des jeux ?

Selon le « Journal du dimanche » du 8 avril, l’Etat pourrait céder environ 50 % du capital de l’entreprise sur les 72 % qu’il détient.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 03h46
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 12h03
   





                        



   


Le gouvernement prépare activement la privatisation de La Française des jeux (FDJ). L’opération devrait être inscrite dans la future loi de Bruno Le Maire sur la croissance et la transformation des entreprises.
Selon le Journal du dimanche (JDD) du 8 avril, qui a eu accès à des documents de travail de Bercy, l’Etat, qui détient 72 % du capital de l’opérateur public, céderait 50 % des parts pour les mettre en Bourse. « L’idée est en même temps de diversifier l’actionnariat de l’entreprise et d’associer les citoyens », confie une source haut placée.
« Minorité de blocage »
A l’issue de cette entrée en Bourse, l’Etat conserverait une « minorité de blocage » proche de 25 %, précise le même interlocuteur. Des options d’achat seraient réservées aux salariés de la FDJ et aux buralistes, ces derniers étant déjà actionnaires à travers leur fédération nationale (3 % du capital). Enfin, rapporte le JDD, un « acteur privé important » – issu des secteurs du divertissement, de l’audiovisuel ou des paris en ligne – ferait son entrée au capital « pour aider la FDJ à se développer ».
Par ailleurs, le monopole serait, lui, maintenu, un « garde-fou » pour éviter que la FDJ ne perde de la valeur.

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L’entreprise souhaite innover
A ce jour, la FDJ rapporte chaque année 3 milliards d’euros à l’Etat, reversés sous forme de taxes, et son chiffre d’affaires annuel tourne autour de 15 milliards d’euros. Mais les jeux traditionnels sont en perte de vitesse et l’entreprise souhaite innover pour rester dans la course. Il est notamment question de lancer une grande loterie de Noël ainsi que de nouveaux jeux de grattage avec une composante interactive.
Pour Guillaume Peltier, vice-président du parti Les Républicains interrogé par le JDD, la privatisation en elle-même est « une mauvaise idée ». Elle risquerait selon lui d’accélérer le transfert des paris hippiques vers les jeux de grattage, « au détriment d’une filière cheval qui emploie 100 000 personnes en France et dont je mesure l’excellence, chez moi à Lamotte-Beuvron [Loir-et-Cher], siège national de la Fédération française d’équitation », commente-t-il.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ La grève « est conçue pour maximiser les nuisances pour les usagers », a déploré Edouard Philippe, qui s’est dit, dans un entretien au « Parisien », déterminé à aller « jusqu’au bout ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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SNCF : le premier ministre « ne voit pas une convergence » des grèves

La grève « est conçue pour maximiser les nuisances pour les usagers », a déploré Edouard Philippe, qui s’est dit, dans un entretien au « Parisien », déterminé à aller « jusqu’au bout ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 22h06
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h02
   





                        



   


Le premier ministre monte au front. Dans un entretien au Parisien, dimanche 8 avril, Edouard Philippe affirme que le gouvernement ira « jusqu’au bout » dans ses projets de réforme de la SNCF, alors que les cheminots ont repris leur grève samedi soir, et entendent la maintenir jusqu’à mardi matin.
Cette grève « est conçue pour maximiser les nuisances pour les usagers », a-t-il déploré, ajoutant par ailleurs recevoir « des messages de Français qui soutiennent le gouvernement ».
Certains sujets ne sont « pas négociables », comme l’ouverture à la concurrence et la fin du recrutement au statut, a-t-il répété, en se disant « ouvert aux discussions pour parler des modalités ». « J’ai bon espoir qu’à la fin on s’entende », a-t-il assuré, malgré l’échec des discussions de vendredi avec les syndicats.

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« J’entends la détermination de certaines organisations syndicales, mais qu’ils entendent bien la mienne aussi », a-t-il ajouté.
Quant à la reprise de la dette de la SNCF par l’Etat, il a jugé qu’il fallait au préalable une réorganisation de l’entreprise pour que celle-ci ne génère plus « 3 milliards d’euros de dette supplémentaire par an ».
« Une minorité ultra-politisée »
Le premier ministre a par ailleurs mis en doute l’idée d’une « convergence » entre les différents mouvements de protestations.
« J’ai du mal à voir une convergence entre des militants d’extrême gauche qui viennent perturber les amphis et les soignants dans les hôpitaux. J’ai du mal à voir la convergence entre ceux opposés à la réforme ferroviaire et les salariés d’Air France qui demandent des salaires plus élevés ».

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« Un certain nombre de gens, par conviction politique et idéologique, essaient de lutter dans la rue contre les résultats qui ont été obtenus dans les urnes. C’est ce qu’a dit quasi explicitement [le porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste] Olivier Besancenot et parfois ce qu’a dit [le chef de file de La France insoumise] Jean-Luc Mélenchon », a-t-il contre-attaqué. Quant aux blocages dans les universités, « nous sommes extrêmement déterminés à ne pas laisser agir une minorité ultra-politisée et parfois très violente », martèle le chef du gouvernement.

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Edouard Philippe raconte aussi avoir déjà évoqué avec l’ancien premier ministre Alain Juppé, dont il a été le porte-parole lors de la campagne pour la primaire de la droite en 2016, le mouvement de 1995, « il y a déjà bien longtemps ».
« Les deux situations sont assez différentes, sur le plan économique, politique et même sur le fond de la réforme. Tout ce que nous mettons en œuvre a été annoncé pendant la campagne, et il y a aussi aujourd’hui une unité de la majorité plus forte qu’à l’époque ».
« La SNCF a les cartes en mains »
Edouard Philippe n’est pas le seul à monter au créneau pour défendre la réforme en ce week-end de mobilisation. La ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, donne elle aussi une interview dans Sud-Ouest dimanche. Elle y affirme que les syndicats « n’ont pas une position uniforme », ajoutant que les cheminots « ne débattent pas du principe » de la concurrence, mais se demandent « comment cela va se passer pour eux ».

   


« Notre responsabilité commune, gouvernement et syndicats, n’est pas de philosopher sur le principe, mais de discuter des garanties concrètes que l’on donnera aux cheminots », poursuit-elle, rejetant l’accusation d’immobilisme dans les tables rondes, lancée par les syndicats.
Elisabeth Borne dit notamment avoir « fait des propositions pour une ouverture progressive à la concurrence », en rappelant que les régions « qui veulent renouveler les contrats en cours pourront le faire jusqu’en 2023 et pour une durée maximale de dix ans ». Pour la ministre, « la SNCF a les cartes en mains » : si la qualité de service est là, des régions « voudront renouveler leur contrat avec elle ».
Sur les garanties aux cheminots qui partiraient chez la concurrence en cas de perte d’un marché par la SNCF, Elisabeth Borne souligne qu’ils « emporteront notamment avec eux la garantie de l’emploi, la retraite, la rémunération… Ce n’est pas rien ! »
Mais sur l’arrêt de recrutement au statut, sujet « très sensible pour les syndicats », elle réaffirme qu’il s’agit pour le gouvernement « d’un principe d’équité ». « Personne ne comprendrait que, dans un monde ouvert à la concurrence, la SNCF soit la seule à recruter au statut ». Pour elle la convention collective qui est en cours de discussion doit « apporter des garanties à tous les salariés ».
« Remettre l’entreprise sur des rails soutenables »
Le gouvernement a « le devoir » de remettre la SNCF « sur des rails soutenables », a estimé de son côté le ministre de la transition écologique et solidaire Nicolas Hulot dans une tribune publiée dans le Journal du dimanche du 8 avril, dans laquelle il plaide pour « faire mieux avec l’argent » consacré au train.
« On ne peut pas rester indifférents face à la dégradation de ce service public, de ce bien commun », écrit le ministre dans cette tribune, s’exprimant pour la première fois depuis la présentation mi-mars par le gouvernement du projet de loi de réforme de la compagnie ferroviaire française.
« Malgré les investissements, malgré les travaux, notre réseau est en mauvais état, la qualité du service se dégrade, les usagers en subissent les conséquences, alors qu’ils contribuent chaque année pour la SNCF, en dehors du prix des billets, à un effort de 14 milliards d’euros, bien plus que pour d’autres services publics », poursuit M. Hulot, soulignant que « l’objectif de cette réforme, c’est de faire mieux avec l’argent que nous consacrons au train ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La Chine a menacé, mercredi, de surtaxer de 25 % les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine.
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Le glas sonne pour le soja

La Chine a menacé, mercredi, de surtaxer de 25 % les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 14h34
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Le soja, arme fatale ? La Chine semble le croire, qui a brandi, mercredi 4 avril, la menace d’une surtaxe de 25 % sur les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. De quoi faire trembler les fermiers outre-Atlantique. Une nouvelle étape dans l’escalade de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Œil pour œil. Dent pour dent. Xi Jinping et Donald Trump se défient. Quand l’un décide de faire payer le « made in China », en augmentant les taxes sur les panneaux solaires et les machines à laver, l’autre met dans la balance le sorgho américain. Mais c’est l’annonce d’une barrière douanière sur près de 50 milliards de dollars (40,7 milliards d’euros) de produits high-tech, de la turbine à gaz aux batteries lithium, qui a poussé l’ex-empire du Milieu à sortir à son tour la boîte à gifles. Et d’évoquer une taxation des importations américaines de soja. Un pactole de près de 14 milliards de dollars.
Le glas sonne pour le soja. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine, en recul de 5 % à la Bourse de Chicago, après l’annonce. Mais passé le coup de l’émotion, les spéculateurs ont relâché la pression. Prêts à écouter différents sons de cloche. Et d’aucuns de s’interroger. Guerre commerciale sans merci ou jeu de postures avant négociations ? D’autres de se dire que les appétits chinois pour le soja doivent être rassasiés. Or, la ration de viande attrapée par les baguettes ne cesse de croître. Il faut donc nourrir veaux, vaches, cochons, poulets. Et quoi de mieux qu’une bonne dose de soja pour emplir les auges ?
Le Brésil, grand gagnant
Bien évidemment, les Etats-Unis ne sont pas les seuls pourvoyeurs de cet aliment riche en protéines. Brésil et Argentine en produisent à perte de vue. Quitte à défricher sans vergogne des zones forestières entières et à mettre à mal la biodiversité pour faire place nette à des cultures OGM gourmandes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ L’Arabie saoudite n’est plus un ­­eldorado pour l’industrie française. Aux espoirs de contrats mirifiques suscités pendant le mandat de François Hollande par le rapprochement entre Paris et Riyad, a succédé une certaine désillusion.
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Paris-Riyad, le désenchantement

L’Arabie saoudite n’est plus un ­­eldorado pour l’industrie française. Aux espoirs de contrats mirifiques suscités pendant le mandat de François Hollande par le rapprochement entre Paris et Riyad, a succédé une certaine désillusion.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 06h31
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Un forum des affaires organisé par le spécialiste de l’événementiel, Richard Attias, avec le gratin des patrons français, une incursion au sein de l’incubateur géant de start-up Station F, une rencontre avec le Medef…. Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed Ben Salman (dit « MBS ») en visite officielle en France, lundi 9 et mardi 10 avril, entend bien vendre au « business » français sa « Vision 2030 ». Un plan de refonte économique censé sortir le royaume de sa dépendance au pétrole et qui suscite une curiosité planétaire.
Du côté des milieux d’affaires tricolores, l’intérêt est pourtant teinté d’une certaine réserve. Voire d’une forme de désenchantement. « Le but principal, c’est d’écouter les Saoudiens et de comprendre, au-delà des effets d’annonce et des projets spectaculaires, quelles sont les avancées concrètes sur le terrain, souligne un entrepreneur familier de la région. De toute façon, on voit bien que la France est un peu quantité négligeable : on ne lui consacre qu’un saut de 48 heures alors que MBS vient de passer plusieurs semaines aux Etats-Unis. » 
La venue du nouvel homme fort saoudien ne devrait d’ailleurs pas générer une moisson de commandes pour les groupes français. « Il y aura des signatures, sans doute quelques gros contrats, mais rien de mirobolant », rapporte une source impliquée dans la préparation de la visite. Au programme : des protocoles d’accord dans les domaines du tourisme, de l’énergie ou des transports.
La Chine, premier partenaire du royaume
Il semble déjà loin, le temps où l’Arabie saoudite faisait figure d’eldorado pour l’industrie hexagonale. Le mandat de François Hollande s’était caractérisé par un alignement diplomatique inédit avec le royaume wahhabite qui s’inquiétait alors des velléités de l’administration Obama d’une normalisation avec l’Iran. Le président français fut même, en 2015, le premier chef d’Etat occidental invité à un sommet du Conseil de coopération...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.
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« La réalité virtuelle soulève plusieurs questions d’ordre éthique »

Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
    |

Claire Gérardin (Conseillère en communication, spécialisée sur les nouvelles technologies et leurs impacts sociétaux.)







                        



                                


                            

Tribune. Le succès du dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, et la multiplication des casques et applications immersives, montrent une forte recrudescence d’intérêt pour la réalité virtuelle. C’est un outil puissant au service de nombreux usages, un formidable levier d’innovation, mais il est important de se familiariser avec ses potentiels effets sur le psychisme. Car des études ont démontré la manière et l’intensité avec laquelle elle peut influencer certains de nos comportements. Soulevant ainsi plusieurs questions d’ordre éthique, comme souvent en matière de nouvelles technologies.
Cela fait presque soixante ans que la science s’intéresse à tout ce qui permet de reproduire le réel de manière virtuelle. Son ancêtre est la conception assistée par ordinateur (CAO), inventée dans les années 1990 dans les secteurs de l’industrie et de l’ingénierie pour concevoir et tester virtuellement des prototypes avant de les construire (avions, voiture, bâtiments, etc.).
Puis elle a servi à développer les simulateurs de vol, dans les années 1995, et différents dispositifs de formation (conduite de TGV, opérations chirurgicales, etc.). Il faudra attendre que les puissances de calcul des ordinateurs augmentent, c’est-à-dire les années 2010-2015, pour pouvoir aller au-delà de ces applications : jeux vidéo, traitement de phobies, rééducation physique, visites de lieux ou encore boutiques virtuelles.
Un état proche de l’hypnose
Comme pour toute nouvelle technologie aux usages multiples et prometteurs, les concepteurs et utilisateurs de la réalité virtuelle doivent connaître les questions éthiques qu’elles soulèvent. C’est l’avis de Bahman Ajang, psychologue cognitiviste et technophile. Invité à partager son expertise au salon Virtuality 2018, il a présenté, sur la base d’études scientifiques, les impacts potentiels de la réalité virtuelle sur le psychisme.
les stimulus virtuels passent au premier plan de la conscience,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.
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« Le secret des affaires ne doit pas restreindre de façon déloyale l’accès au marché »

Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement français va adopter une loi sur la protection du secret des affaires. Le texte voté par l’Assemblée nationale a été transmis au Sénat, prélude à une rapide entrée en vigueur. Il s’agit de transposer une directive européenne de 2016 dans le droit français. Autrement, passé le 9 juin, la France sera en infraction. Les jeux sont-ils déjà faits ? Rien ne va plus ?
Assurément non, ce n’est pas la fin de l’histoire. A lire tant la directive que la proposition de loi qui lui colle étroitement, on assiste à un subtil numéro d’équilibrisme, dont le succès dépendra de la qualité de l’exécution.
Certes, la mise en place de mécanismes harmonisés de protection des savoir-faire de nos entreprises ne prête guère à grands débats. Les pratiques de certains opérateurs, issus de blocs économiques (Chine, Etats-Unis…) qui semblent chaque jour moins partenaires que concurrents, ont été suffisamment dénoncées.
Un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires
Mais le sujet reste un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires. On connaît ceux tenant à la protection du travail des journalistes, ou de l’action des lanceurs d’alerte.
Moins discutée, mais tout aussi sensible est la question de savoir si ce texte de loi ne va pas poser des difficultés nouvelles de concurrence. La crainte peut paraître paradoxale. Elle ne l’est pas. Car la question de la protection des informations n’est pas à sens unique.
D’un côté, la concurrence par les mérites appelle un certain degré de secret ou d’exclusivité. Un échange d’informations peut ainsi constituer une entente anticoncurrentielle. Les droits de propriété intellectuelle (brevets…) encouragent et récompensent l’innovation en conférant un monopole d’exploitation opposable aux concurrents.
De ce point de vue, la protection du secret des affaires peut aller dans le sens d’une concurrence loyale, justifiant d’imposer aux mauvais joueurs des dommages et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».
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« Nous assistons à un changement de modèle, avec l’entrée dans l’économie de l’expérience »

Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Benjamin Zenou (Président de SimpliField, entreprise spécialisée dans la numérisation des espaces commerciaux)







                        



                                


                            

Tribune. Le 22 février, Brian Chesky, PDG d’Airbnb, conviait la presse au lancement en grande pompe d’Airbnb Plus et de Beyond Airbnb, deux offres de « nouvelles expériences haut de gamme », avec des prestations proches de celles d’un hôtel de luxe : serviettes et produits de beauté dans la salle de bains, deux oreillers par personne dans les lits, conciergerie… On pourrait y voir de simples services additionnels, en fait il s’agit d’un changement de modèle, un virage vers l’économie de l’expérience.
Selon ce concept théorisé en 1998 par Joseph Pine et James Gilmore, deux économistes américains, la création de valeur ne repose plus sur les produits et les services – qui se sont banalisés –, mais sur la création d’expériences singulières, mémorables et économiquement mises en valeur. D’Apple à Amazon en passant par Uber, ce modèle a été adopté par les poids lourds de l’économie mondiale.
Lors d’un entretien sur LinkedIn, Angela Ahrendts, vice-présidente marketing d’Apple, faisait le constat suivant : « Il fut un temps où il y avait la règle des 80/20 : 80 % de shopping et 20 % d’expérience. Cette règle doit s’inverser aujourd’hui. »
Depuis, l’ancienne firme de Steve Jobs a agi sur le fond – en lançant le programme « Today at Apple », qui transforme les Apple Store en lieux de vie et de formation – et sur la forme – en remplaçant le terme « store » par les vocables « avenue », « forum ». Ce nouveau tropisme pour l’expérience est presque une question de survie.
Culture du narcissisme
Les normes de consommation héritées des années 1960-1970 – fondées sur le prix et la mise à disposition de produits – ont perdu leur autorité avec la mise en minorité des baby-boomeurs. Selon les chiffres du bureau du recensement des Etats-Unis, les millennials, les 18-35 ans, sont devenus le groupe d’âge le plus nombreux dans ce pays. Une nouvelle majorité démographique qui invite à repenser les modes de consommation.
Comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Un exercice de transparence s’impose à Michel-Edouard Leclerc »

Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Jean-Baptiste Moreau (Député (LRM) de la Creuse) et Jean-Marc Borello (Délégué national de La République en marche (LRM)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne présidentielle, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron, a défendu le principe du juste prix payé aux agriculteurs : il est, en effet, inacceptable qu’un tiers d’entre eux touchent moins de 350 euros de revenus par mois. C’est un drame humain pour nos agriculteurs et un problème pour notre alimentation. Sans revenus décents, impossible d’innover et d’investir pour produire des aliments plus sains et plus durables.
C’est dans cette optique que se sont tenus les Etats généraux de l’alimentation, du 20 juillet au 21 décembre 2017, avec une méthode qui nous est chère : faire confiance aux acteurs concernés – producteurs, transformateurs, distributeurs, pouvoirs publics – pour trouver des solutions nouvelles dans la création et l’équitable répartition de la valeur. L’ensemble des participants, dont Michel-Edouard Leclerc, s’est engagé à respecter ces objectifs à travers la signature, le 14 novembre 2017, d’une charte d’engagement.
Un exercice de transparence s’impose
C’est aussi dans ce cadre qu’ont été discutées les principales mesures figurant dans le projet de loi qui sera prochainement discuté par le Parlement, telle l’obligation de faire au moins 10 % de marge sur les produits alimentaires d’appel, produits que la grande distribution vend souvent presque sans rien gagner pour attirer les clients. L’objectif à court terme est clair : inciter les distributeurs à rééquilibrer leur marge pour que nos agriculteurs soient payés au juste prix.
Dans une récente campagne médiatique, Michel-Edouard Leclerc soulève des questions sur ces deux mesures, sous entendant que ce regain de marge dans la distribution ne sera peut-être pas redistribué aux agriculteurs français. Il semble ainsi oublier qu’il en porte la responsabilité pour le compte de son groupe, d’autant qu’il est aussi un acteur industriel, en particulier dans la boucherie, en abattant et transformant environ 2 millions de porcs et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’avocat Thibaud d’Alès rappelle que certains secrets font partie des actifs d’une entreprise et qu’il est légitime de chercher à les protéger.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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« Non, le secret des affaires n’est pas sale ! »

Dans une tribune au « Monde », l’avocat Thibaud d’Alès rappelle que certains secrets font partie des actifs d’une entreprise et qu’il est légitime de chercher à les protéger.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h04
    |

Thibaud d’Alès (Avocat au Barreau de Paris, associé Clifford Chance Europe LLP.)







                        



                                


                            

Tribune. L’Assemblée nationale et le Sénat examinent en ce moment, dans le cadre de la transposition d’une directive européenne, une proposition de loi relative à la protection du « secret des affaires ». Le débat déborde de fait largement le cadre du Parlement et si l’on peut comprendre que le sujet suscite des réflexions ou des réserves, notamment du point de vue du droit de la responsabilité civile, certaines prises de position visant à dénoncer une prétendue atteinte à la liberté d’informer sont clairement excessives.

Elles tiennent sans doute à un refus obstiné de comprendre la valeur économique des secrets d’affaires ou à une méconnaissance des termes de la proposition de loi. L’enjeu est pourtant clair : conjuguer protection des secrets d’affaires et respect des libertés fondamentales dont jouissent certains afin de pouvoir rendre publiques des informations confidentielles.
Or, tel que voté par l’Assemblée nationale, le 28 mars, le texte apporte toutes les garanties à cette fin : parmi les « exceptions à la protection du secret des affaires » figurent en effet expressément « le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse », le droit de dénonciation des lanceurs d’alerte, de même que « l’exercice du droit à l’information et à la consultation des salariés ou de leurs représentants ».
Ces secrets sont des actifs immatériels de l’entreprise
Mais il est un fait : le droit français ne protège pas suffisamment nos entreprises contre, selon la formule du rapporteur du texte, « l’espionnage économique, le pillage industriel et la concurrence déloyale ». En dépit de nombreuses tentatives et d’une jurisprudence familière avec le concept, notre droit positif ne contient aujourd’hui aucune définition du secret d’affaires.
Il n’est pourtant pas contestable que toute entreprise détient des secrets : fichiers clients ou fournisseurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ L’inscription au cadastre permet de localiser les biens immobiliers. Mais en cas de litige, c’est toujours le bornage qui fait loi, rappelle la journaliste Rafaële Rivais.
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Quand la borne n’apparaît pas sur le cadastre

L’inscription au cadastre permet de localiser les biens immobiliers. Mais en cas de litige, c’est toujours le bornage qui fait loi, rappelle la journaliste Rafaële Rivais.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
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            Rafaële Rivais








                        



                                


                            

SOS Conso. Le jour où Catherine X (tous les noms ont été modifiés), femme de lettres, découvre le mont Saint-Michel depuis la villa d’une amie, dans les environs d’Avranches (Manche), elle a « le coup de foudre ». Elle passe des heures à « regarder la mer aller et venir, au pied de la falaise sur laquelle la villa est juchée ». Lorsque l’amie l’informe qu’une petite maison est à vendre, à côté de chez elle, elle décide de l’acheter, bien qu’elle soit mal entretenue et qu’elle se situe sur une très étroite bande de terrain. La transaction se fait chez une notaire parisienne, en décembre 2011.
En janvier 2012, Catherine rend une visite de courtoisie à son autre voisine, Geneviève Y, qui l’accueille, selon elle, « sans chaleur », et lui propose de s’adresser à son gendre pour la rénovation de sa maison. Catherine demande au gendre d’abattre des cloisons et de repeindre un plancher. Mais, peu satisfaite du résultat, elle le remercie à l’automne 2012, sans lui confier le reste des travaux : pose d’un drainage destiné à lutter contre l’humidité, sur la bande de terrain de deux mètres de large qui se trouve à l’ouest de sa maison, et qui, selon le document cadastral annexé à son acte de vente, lui appartient. Elle constate que ses ennuis commencent.
Geneviève vient la voir et lui annonce que cette bande de terrain ne lui appartient pas. Elle lui explique que cela résulte d’un accord, passé le 25 septembre 1987, entre elle-même et une ancienne propriétaire de la maison de Catherine, Mme Durand, sur proposition d’un géomètre expert. La délimitation de leurs terrains respectifs, opération que l’on nomme le « bornage », a d’ailleurs été matérialisée par la pose d’une borne rouge, désormais enfouie dans le sol, mais que l’on peut déterrer ; elle a, en outre, fait l’objet d’un procès-verbal (PV), que Geneviève lui montre.
Non publié et pourtant opposable
Catherine constate, à la lecture...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Afin de diversifier une économie très dépendante du pétrole, le royaume veut émettre des visas touristiques. Le pouvoir vise 30 millions de visiteurs annuels d’ici à 2030, près du double d’aujourd’hui.
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L’Arabie saoudite veut développer le tourisme

Afin de diversifier une économie très dépendante du pétrole, le royaume veut émettre des visas touristiques. Le pouvoir vise 30 millions de visiteurs annuels d’ici à 2030, près du double d’aujourd’hui.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
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            Marie de Vergès








                        



   


Trésor de la civilisation nabatéenne, la cité de Madain Saleh, en Arabie saoudite, est loin de jouir de la renommée touristique de Pétra, son célèbre équivalent jordanien. Après avoir longtemps négligé cet héritage pré-islamique, la pétromonarchie entend redonner du lustre à ce site archéologique inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. La France sera impliquée dans le chantier de valorisation, et les détails de cette coopération devraient être précisés lors de la visite à Paris, lundi 9 et mardi 10 avril, du prince héritier Mohammed Ben Salman.
Ce projet de mise en valeur de la nécropole participe de la nouvelle stratégie mise en place par le royaume pour promouvoir le tourisme, dans le cadre du plan Vision 2030 destiné à diversifier une économie ultradépendante des hydrocarbures. Des préparatifs sont en cours pour l’émission prochaine de visas touristiques. Une rupture dans un pays où les permis d’entrée étaient jusque-là délivrés au compte-gouttes ou réservés aux pèlerins se rendant sur les lieux saints de l’islam. Le pouvoir saoudien vise 30 millions de visiteurs annuels d’ici à 2030, près du double d’aujourd’hui.
Gros potentiel de croissance
Parmi les initiatives tous azimuts annoncées ces derniers mois, le « Read Sea Project » (le projet mer Rouge) prévoit de transformer un chapelet d’îlots léchés par des eaux turquoise en stations balnéaires de luxe. A la clé, Riyad espère créer 35 000 nouveaux emplois. Le royaume wahhabite s’active également sur le front du tourisme religieux. De grands travaux ont été engagés pour pouvoir accueillir davantage de pèlerins, entre la construction d’un nouveau métro à La Mecque, d’une ligne à grande vitesse la reliant à Médine, et l’ajout de capacités hôtelières.
Le secteur touristique a un gros potentiel de croissance et d’emplois, selon un rapport du cabinet d’analyse BMI Research publié en janvier, qui prédit une hausse de 6 % par an des recettes liées au tourisme, entre 2018 et 2022. Selon BMI, le développement d’un tourisme non religieux international prendra tout de même du temps. D’abord parce que l’Arabie saoudite devra affronter la concurrence d’autres pays du Golfe plus avancés sur ce créneau, tels le sultanat d’Oman ou les Emirats arabes unis. Mais aussi compte tenu « de normes culturelles et sociales marquées par le conservatisme ».
Pour parer à certains interdits – tel celui pesant sur la consommation d’alcool –, les visiteurs pourraient être accueillis dans des enclaves réservées, aux normes plus souples, à l’instar des complexes résidentiels hébergeant les expatriés, à Riyad.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Un TGV sur cinq, un TER et un transilien sur trois sont en circulation dimanche.
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Grève à la SNCF : deuxième séquence de mobilisation, les négociations piétinent

Un TGV sur cinq, un TER et un transilien sur trois sont en circulation dimanche.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 13h45
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 11h23
   





                        



   


La deuxième séquence de la grève à la SNCF contre le projet de réforme porté par le gouvernement a débuté samedi soir à partir de 19 heures et se poursuivra dimanche et lundi, après deux premières journées du mouvement, les 3 et 4 avril.
Le trafic s’annonce encore très perturbé. La direction de l’entreprise ferroviaire a annoncé, samedi en début d’après-midi, qu’elle prévoit la circulation d’un TGV sur cinq, ainsi que d’un TER et d’un transilien sur trois, dimanche.
Dans le détail, voici les conditions de circulation annoncées pour dimanche par la SNCF samedi en début d’après-midi :
Transilien : un train sur trois.TER : un train sur trois.Intercités : un train sur cinq.Eurostar : trois trains sur quatre.Thalys : trafic quasi normal.Liaison France-Allemagne : un train sur trois.Lyria, liaison France-Espagne, liaison France-Italie : pas de train.
En Ile-de-France, il ne sera pas aisé de se déplacer dimanche selon les prévisions annoncées par la SNCF.
Concernant les différentes lignes TGV, cela va aussi rester compliqué étant donné que seul un train sur cinq devrait circuler en moyenne dimanche.
Axe Est : un train sur trois.Axe Atlantique : un train sur quatre.Axe Nord : un train sur trois.Axe Sud-Est : un train sur quatre.Intersecteurs : un train sur dix.Aucun train Ouigo.

   


La SNCF a également précisé que le taux de déclaration de grévistes est de l’ordre de 35 % pour dimanche parmi les agents « indispensable pour faire rouler les trains ». Avant la première phase de la grève intermittente des cheminots, mardi 3 et mercredi 4 avril, la compagnie avait anticipé un taux de 48 %.
Le « niveau de grévistes moins important » et le « trafic moins perturbé » prévus dimanche par rapport aux journées de mardi et mercredi ne permettent pas de déduire « un affaiblissement ou un affaissement ou de la mobilisation », puisqu’il s’agit d’un jour de week-end, a toutefois tenu à souligner, samedi, le directeur adjoint de la compagnie ferroviaire, Mathias Vicherat.
Jeudi et vendredi, les négociations avaient piétiné et n’avaient abouti qu’à l’exacerbation des tensions entre les syndicats de cheminots et le ministère des transports. Lundi, la tension ne risque pas de retomber étant donné que le projet de loi ferroviaire arrive à l’Assemblée. Les cheminots ont d’ores et déjà annoncé qu’ils comptaient se rendre aux abords du Palais Bourbon pour protester.
Des négociations au point mort
Des cris, des reproches, des échanges vifs allant jusqu’à l’agressivité verbale. Selon plusieurs témoins présents, la séance de concertation sur la réforme ferroviaire du vendredi 6 avril s’est tenue dans un climat de tension.
Les syndicats sont ressortis furieux de leurs deux premières séances de concertation, cette semaine, au ministère des transports, où Elisabeth Borne menait les débats sur le statut et le recrutement des cheminots, mais aussi la dette de l’entreprise.

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La CGT a expliqué, vendredi, que, faute de véritable négociation possible avec le gouvernement, la grève par épisode de deux jours sur cinq pourrait se prolonger « au-delà du mois de juin ».
« Les cheminots vont augmenter la pression », a appuyé Didier Aubert (CFDT), très remonté, annonçant dans certaines régions « quatre à cinq points de plus » de taux de mobilisation pour les deux prochains jours de grève. « Le gouvernement a besoin d’une nouvelle démonstration », a-t-il estimé.
Le débat ferroviaire à l’Assemblée dès lundi
Après l’examen en commission, le débat sur la réforme ferroviaire va entrer pleinement dans l’hémicycle lundi soir. Le coup d’envoi des débats aura lieu au second jour d’une nouvelle séquence de mobilisation à la SNCF. Cela devrait mettre l’Assemblée un peu plus sous tension, alors que les Français sont partagés sur la grève. Le débat promet, là aussi, d’être tendu avec une partie de la gauche mobilisée pour défendre les cheminots.

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CGT-Cheminots et SUD-Rail ont appelé à un rassemblement en début d’après-midi aux abords du Palais Bourbon. L’examen du projet de loi doit se tenir jusqu’à jeudi soir, avec au menu la transformation de la SNCF en société anonyme, le calendrier de l’ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et la suppression de l’embauche au statut.
Les échanges dans l’hémicycle doivent durer jusqu’à jeudi soir, sur quelque 300 amendements, avant un vote sur l’ensemble du projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire », le 17 avril.
Le gouvernement assure qu’il « ira jusqu’au bout »
Dans un entretien au Parisien, dimanche 8 avril, Edouard Philippe affirme que le gouvernement ira « jusqu’au bout » dans ses projets de réforme de la SNCF. Certains sujets ne sont « pas négociables », comme l’ouverture à la concurrence et la fin du recrutement au statut, a-t-il répété, en se disant « ouvert aux discussions pour parler des modalités ».
« J’ai bon espoir qu’à la fin on s’entende », a-t-il assuré, malgré l’échec des discussions de vendredi avec les syndicats. « J’entends la détermination de certaines organisations syndicales, mais qu’ils entendent bien la mienne aussi », a-t-il ajouté.
Emmanuel Macron lui-même était sorti jeudi de sa réserve, évoquant des « protestations tout à fait légitimes » qui nécessitent « des explications », mais « ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner ». Le président sera l’invité, jeudi 12 avril, du journal de 13 heures de TF1, pour un grand entretien en direct dans lequel il s’exprimera, entre autres, sur les grèves qui agitent le pays, a annoncé samedi la chaîne.
Un sondage réalisé par l’IFOP pour le Journal du dimanche les 5 et 6 avril montre qu’une large majorité des Français souhaite que le gouvernement aille jusqu’au bout de la réforme de la SNCF. Le taux de Français souhaitant « que le gouvernement aille jusqu’au bout de la réforme de la SNCF telle qu’elle a été annoncée, sans céder aux mobilisations et aux grèves » fait un bond de 11 points depuis les 30/31 mars, passant de 51 % à 62 % des personnes interrogées. Seules 38 % (− 10) des personnes interrogées ne le souhaitent pas.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Le premier terminal de livraison de marchandises associant train et véhicules propres entre en service.
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A Paris, la logistique urbaine du XXIe siècle sur les rails

Le premier terminal de livraison de marchandises associant train et véhicules propres entre en service.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 13h00
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Dans la nef de béton clair de 400 mètres de long, les rails et les traits de peinture dessinent des lignes de fuite vertigineuses. La grande halle du « terminal ferroviaire urbain » forme le cœur de l’hôtel logistique Chapelle International, dans le 18e arrondissement de Paris, premier centre de ce type à ouvrir en France. Le but : acheminer les marchandises jusqu’à la ville par le rail plutôt que par la route, et les distribuer ensuite grâce à une flotte de véhicules « propres ».
Devant le long bâtiment de briques et de zinc, les grues s’activent pour faire sortir de terre un quartier dense porté par SNCF Immobilier : 900 logements, 33 000 m2 de bureaux, des commerces et des équipements… Le centre logistique est la première pierre de l’opération. Il comprend 15 000 mètres carrés de terminal ferroviaire, la même surface d’entrepôts en sous-sol où s’installe le grossiste Metro et encore 15 000 m2 de bureaux, sans oublier une ferme urbaine sur le toit et 3 000 m2 de data-center.
« Le bâtiment assure la transition entre les voies ferrées et le quartier, en étant à la fois une barrière et un lien », explique Jonathan Sebbane, directeur général de Sogaris, le groupe d’immobilier logistique qui a conçu et construit cet équipement. « C’est la nouvelle génération des hôtels logistiques : des objets urbains, multimodaux et mixtes, apprécie Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris chargé de l’urbanisme. Ces équipements n’ont plus besoin d’être à l’écart de la ville, ils incluent des bureaux, des hôtels, des écoles… » 
Une navette ferroviaire de 400 mètres de long
Le centre Chapelle International, construit le long du faisceau ferré de la gare du Nord, entre en fonction au moment où la Ville de Paris s’apprête à désigner le groupement lauréat de la construction d’un deuxième centre du même type, à Bercy-Charenton (12e arrondissement), à côté des voies de la gare...




                        

                        

