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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’équilibre instable entre Israël et le Hamas pourrait être compromis par la « marche du retour », lancée le 30 mars, explique Jean-Pierre Filiu.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.
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« Donner aux grands singes un “droit à vivre” »

Un collectif de personnalités lance « un cri » pour empêcher la disparition des grands singes, qui ne sont plus que quelques milliers.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 10h24
    |

Collectif







                        



   


Tribune. Notre pays doit s’engager à tout faire pour sauver les derniers grands singes vivant à l’état sauvage sur notre planète. Dans une trentaine d’années à peine, si nous ne faisons rien, ils auront disparu. Déjà, ils ne sont plus que quelques milliers à vivre, ou plutôt survivre, dans les forêts d’Afrique et d’Asie du Sud-Est.
Tous les enfants qui ont eu la chance de visiter un Muséum ont appris et compris la terrible histoire du dodo. Et, nous, adultes, restons sans voix devant les reproductions grandeur nature de cet oiseau, exterminé il y a à peine trois cents ans. Nous ne verrons jamais de dodo. Combien d’entre nous se sont dit que les hommes d’alors étaient stupides, qu’ils ne savaient pas la faute irréparable qu’ils étaient en train de commettre ?
Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés
Mais dans vingt à cinquante ans, nous aurons peut-être à pleurer la disparition des orangs-outans, des gorilles et des chimpanzés. Nous nous dirons que nous avons été stupides, mais nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas qu’ils sont braconnés, piégés, massacrés, et qu’on détruit leurs habitats, les forêts tropicales, où vivent aussi 70 % des plantes de la planète et 80 % des insectes. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que nous partageons avec eux plus de 98 % de notre patrimoine génétique, faisant d’eux et de nous les membres d’une seule et même famille : les Hominidés.
Nous savons aujourd’hui que le plus proche parent du chimpanzé n’est pas le gorille… mais l’humain ! Nous ne pourrons pas dire que nous avons ignoré qu’ils étaient « des nôtres » et qu’à ce titre, c’est notre conscience d’humains qui aurait dû être ébranlée. Nous ne pourrons pas dire que nous n’avions pas remarqué que leur regard, leurs mains, leurs oreilles sont si similaires aux nôtres. Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas que leurs capacités cognitives et psychiques, que leurs comportements sociaux et affectifs, étaient si proches des nôtres.
Cousins d’évolution
Nous nous émerveillons de découvrir qu’ils savent sélectionner des plantes médicinales pour se soigner, fabriquer des outils pour se nourrir, qu’ils ont des cultures, pratiquent la danse de la pluie, mais nous les laissons disparaître… Au cours des cinquante dernières années – alors que nous commencions seulement à découvrir ces incroyables cousins en les observant en Afrique et en Asie – 70 % de leurs effectifs disparaissaient dans leur habitat naturel. Et, avec eux, les trésors de la forêt tropicale, vitale aussi pour nous, humains.
En participant à leur régénération, les grands singes sont les jardiniers de ces forêts dont dépendent directement des millions de personnes parmi les plus pauvres de la planète et, indirectement, l’humanité entière. Notre avenir est lié au leur, nous avons besoin d’eux pour ralentir le changement climatique.
Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International
C’est notre conscience, notre responsabilité, et notre humanité profonde en réalité, qui nous dictent l’impérieuse nécessité de lancer aujourd’hui ce cri. Nous voulons alerter toutes celles et ceux qui peuvent agir de le faire maintenant et par tous les moyens dont ils disposent.
En effet, nous pouvons dès maintenant, ici et là-bas, réduire les menaces qui pèsent sur nos cousins d’évolution, sauver avec eux, pour eux et pour nous, la biodiversité dont les forêts tropicales sont le refuge, et amorcer plus largement la reconnaissance d’un minimum de droits pour des espèces menacées, emblématiques et porte-drapeau de la biodiversité.
Car, nous ne pouvons nier le rôle que nous jouons dans leur disparition. Ici, nos actions et notre consommation les déciment. Là-bas, nos entreprises les abîment. Donnons à la France la chance d’être pionnière dans ces initiatives et de les porter à l’International.
Le levier fort du symbole
C’est un plan d’urgence composé de mesures concrètes qu’il nous faut entreprendre. Que la France prenne, sur cette cause, le leadership à l’International et à l’Unesco en portant le projet d’une résolution reconnaissant une valeur particulière des grands singes comme espèces patrimoine mondial de l’Humanité. Qu’elle prenne l’engagement d’un objectif de « zéro déforestation » des habitats des grands singes en Afrique et en Asie, notamment au travers de sa commande publique. Qu’elle mette en œuvre toutes les mesures destinées à stopper le commerce illégal d’espèces de Grands Singes, de minerais (notamment le coltan) et d’espèces végétales de leur habitat.
Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines »
Qu’elle porte au niveau européen un objectif de réduction massive de l’usage de l’huile de palme, en particulier dans les agro-carburants. Que sur son territoire soit, dorénavant, clairement interdit l’usage des grands singes dans les cirques et les spectacles, sur les plateaux TV et dans les publicités. Que les entreprises françaises fassent tout ce qui est de leur responsabilité pour les protéger et ne pas leur nuire et à leur habitat. Que ces actions soient reconnues et valorisées au travers d’un label « Ape-safe ». Que tous, Etats, collectivités locales, entreprises, orientent leurs programmes d’aides financières en direction des projets et des pays qui protègent et restaurent les forêts tropicales.
Cher Nicolas Hulot, nous comptons sur vous pour mettre la sauvegarde des grands singes à l’ordre du jour de vos projets prioritaires pour la préservation de la biodiversité et l’amélioration de la condition animale. Le gouvernement doit actionner un levier fort : celui du symbole. Proposer au Parlement l’adoption d’une loi reconnaissant, dans notre droit, aux sept espèces de grands singes, un statut législatif particulier de « personnes non humaines ». Par cette loi, et aussi par le plan d’action d’urgence que nous avons esquissé ici, la France portera un symbole très fort : celui de donner aux grands singes un « droit à vivre ».
Liste des signataires : Nathalie Baye (actrice) ; Sabrina Krief (professeure du Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), spécialiste de l’écologie des chimpanzés) ; Laurence Parisot (présidente d’honneur du Medef) ; Patrick Roger (chocolatier et sculpteur) et Yann Wehrling (conseiller de Paris et conseiller régional d’Ile de France). Et : Jean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture ; Serge Bahuchet, professeur du MNHN, éco-anthropologue ; Erwan Balanant, député du Finistère ; Alain Baraton, jardinier en chef du parc du château de Versailles ; Brigitte Bardot, présidente de la Fondation Brigitte Bardot ; Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres, ancienne ministre de l’écologie ; Claude Beata, vétérinaire spécialiste du comportement des animaux ; Jean-Michel Bertrand, réalisateur, auteur de La Vallée des Loups ; Bruno Bich, ex-PDG du groupe Bic ; Gilles Bœuf, professeur Sorbonne-Universités, spécialiste de biologie marine ; Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) ; Norin Chai, vétérinaire en chef de la ménagerie du Jardin des plantes, MNHN ; Frédérique Chlous, professeure du MNHN, anthropologue ; Yves Coppens, professeur au Collège de France, paléontologue, membre de l’Académie des Sciences ; Emmanuelle Cosse, ancienne ministre du logement ; Denis Couvet, professeur du MNHN, écologue ; Ronan Dantec, sénateur de Loire-Atlantique ; Cécile de France, actrice ; Barbara Demeneix, professeur du MNHN, spécialiste des perturbateurs endocriniens ; Boris Diaw, international français de Basket ; Loic Dombreval, député des Alpes Maritimes, président du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Albert Dupontel, réalisateur et acteur ; Patricia Gallerneau, députée de Vendée, vice-présidente du groupe Etude condition animale à l’Assemblée nationale ; Hyppolite Girardot, acteur ; Arnaud Gossement, avocat ; Thomas Grenon, directeur général du Laboratoire national de métrologie et d’essais ; Florent Guhl, directeur de l’Agence Bio ; Francis Hallé, botaniste spécialiste des forêts tropicales ; Evelyne Heyer, professeure du MNHN, anthropologue ; Annabelle Jaeger, présidente du comité français de la Fondation Prince Albert II de Monaco ; Jean Jouzel, climatologue, membre de l’Académie des Sciences ; Mélanie Laurent, actrice ; Maud Lelievre, déléguée générale des Eco-Maires ; Shelly Masi, maître de conférences du MNHN, spécialiste du comportement des gorilles ; Philippe Michel-Kleisbauer, député du Var ; Jean-Pierre Mignard, avocat ; Nicolas Vanier, écrivain, voyageur du froid, écrivain, réalisateur ; Pascal Picq, maître de conférences au Collège de France, paléoanthropologue ; Emmanuelle Pouydebat, directrice de recherches au CNRS et au MNHN, biologiste de l’évolution des comportements des animaux ; Audrey Pulvar, présidente de la Fondation pour la nature et l’homme ; Richard Ramos, député du Loiret ; Charlotte Rampling, actrice ; Jacques Rocher, président de la Fondation Yves Rocher ; François Sarano, océanologue ; Louis Schweitzer, Président de la Fondation droit animal, éthique et sciences ; Benoit Solès, comédien ; Eric Straumann, député du Haut-Rhin ; Laurence Vichnievsky, députée du Puy-de-Dôme, ancienne magistrate ; Cédric Villani, mathématicien, député de l’Essonne, membre de l’Académie des Sciences.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Hongrie : « L’opposition doit croire à la possibilité d’une victoire aux législatives »

Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
    |

Zsuzsanna Szelényi (Députée du Fidesz de 1990 à 1994, puis du parti Together depuis 2014, parti qu'elle a quitté en 2017. Elle n'est pas candidate ...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections législatives hongroises sont imminentes. Le scrutin aura lieu de 8 avril. Les enjeux sont importants : l’Etat illibéral de Viktor Orban continuera-t-il d’exister au sein de l’Union européenne ou l’opposition multipartite parviendra-t-elle à arracher la majorité à Orban ? La question va bien au-delà des seuls intérêts du peuple hongrois – si Orban continue à diriger son gouvernement de parti unique, il poursuivra sans relâche ses efforts en vue de transformer l’Union européenne.
au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés
En février a eu lieu un événement historique dans la ville agricole de Hódmezővásárhely. Dans une élection municipale partielle, un candidat indépendant soutenu par l’ensemble des partis d’opposition a battu le candidat du Fidesz-Union civique hongroise, le parti d’Orban, dans ce qui était jusqu’alors un de ses fiefs. Le Fidesz peut donc être battu.
On peut relever d’autres signes encourageants pour l’opposition : au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés. Nous avons ainsi appris que le premier ministre adjoint aimait se rendre en Suède pour s’offrir de coûteuses parties de chasse en hélicoptère. Le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban a acheté un château mais a prétendu qu’il n’en était rien. Même la famille d’Orban est éclaboussée par le scandale : l’Office européen de lutte antifraude a récemment ouvert une enquête sur une société appartenant au gendre d’Orban, accusé d’usage frauduleux systématique des fonds de cohésion de l’Union européenne. Ces affaires ont sérieusement écorné l’image du Fidesz.
Situation politique désastreuse
L’opposition hongroise peut-elle tirer avantage de ces événements ? Frustrés par les huit années durant lesquelles Orban a bénéficié d’une majorité qualifiée, pâtissant de leur éparpillement et de leur méfiance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».
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Le Pérou censure son art de mémoire

Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un vent de censure souffle sur le Pérou. Le grief brandi par les censeurs est l’« apologie du terrorisme ». Pas celui des djihadistes, mais celui de la guérilla maoïste du Sentier lumineux, qui précipita les Péruviens dans une terreur sanglante entre 1980 et 2000. Selon la Commission de la vérité et de la réconciliation, ces années de plomb ont fait plus de 69 000 morts ou disparus. Beaucoup ont été pris entre les feux des guérilleros et des militaires engagés dans une « sale guerre ».
L’irruption brutale des maoïstes et des militaires
Trois décennies plus tard, des artistes populaires ont voulu témoigner. Le district de Sarhua, berceau du Sentier lumineux, a particulièrement souffert. Cette communauté est connue pour ses tablas peintes sur bois. Ces tablettes, d’abord destinées à décorer les maisons locales, sont devenues des tableaux aux formats plus classiques. Une série d’une trentaine d’œuvres, dues notamment à l’artiste Primitivo Evanan, 73 ans, évoque l’irruption brutale des maoïstes et des militaires dans la vie des paysans.
L’ONG américaine qui les avait acquises les a données au Musée d’art de Lima (MALI). Mais la douane les a saisies fin 2017, sous l’infamante charge d’« apologie du terrorisme ». L’affaire a été transmise à la Direction antiterroriste de la police. Depuis, le MALI a récupéré les tableaux, mais ils restent interdits au public.
Un tabloïd a lancé la polémique, en janvier, titrant sur un « projet d’exposition proterroriste » déjoué par les autorités. La controverse a mobilisé des partisans de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité, qui a bénéficié en décembre 2017 d’une grâce présidentielle. Les fujimoristes revendiquent sans états d’âme leur victoire contre les ­terrucos (terroristes). La chroniqueuse Cecilia Blume, proche de l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski, s’est prononcée, elle aussi, contre la présentation des tableaux de Sarhua,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/08/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ En ces temps de mobilisation des cheminots, l’historien Sylvain Venayre rappelle que, dès ses origines, le train s’est inscrit dans un imaginaire du progrès.
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Une révolution sur les rails

En ces temps de mobilisation des cheminots, l’historien Sylvain Venayre rappelle que, dès ses origines, le train s’est inscrit dans un imaginaire du progrès.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
   





                        



                                


                            
Par Sylvain Venayre
La mobilisation des cheminots contre les projets du gouvernement d’Edouard Philippe annonce le retour d’inépuisables controverses. Il y sera question de liberté, d’égalité et de l’histoire longue des grèves dans les chemins de fer. Les mêmes faits y seront tantôt désignés comme le résultat de luttes sociales, tantôt comme des privilèges. On rappellera que la SNCF est née en 1937 d’une nationalisation voulue par le Front populaire, au temps où les socialistes refusaient encore la république « bourgeoise », et peut-être aussi qu’une partie de son personnel résista aux côtés du Parti communiste pendant la seconde guerre mondiale. Bref, lâchons le mot : d’une façon ou d’une autre, on parlera de cette passion française, la révolution.
On s’est longtemps amusé de ce rapport de juin 1836 dans lequel le savant Arago énumérait les inconvénients et les dangers de la traversée des tunnels
Et pourquoi pas ? Depuis son avènement au XIXe siècle, le chemin de fer a quelque chose à voir avec la révolution. Il y eut d’abord, le 25 avril 1837, l’ouverture de la ligne entre Paris et Saint-Germain-en-Laye, considérée comme le point de départ de ce qu’on a vite appelé la « révolution » du chemin de fer en France. On s’est longtemps amusé de ce rapport de juin 1836 dans lequel le savant Arago énumérait les inconvénients et les dangers de la traversée des tunnels, à cause de la fumée des locomotives et des écarts entre les températures intérieure et extérieure.
On a également ironisé sur le mot d’Adolphe Thiers, pour qui le chemin de fer de Paris à Saint-Germain ne serait jamais qu’un « joujou » pour l’amusement des Parisiens – et que d’ailleurs on ne trouverait pas assez de fer pour construire des lignes importantes. C’est comme si le train était né, d’abord, d’un désir de la technique, que les inventeurs et les ingénieurs auraient seuls compris et dont l’assouvissement n’aurait pu se faire qu’après l’âpre lutte d’un peuple éclairé contre...




                        

                        


<article-nb="2018/04/08/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.
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« La réalité virtuelle soulève plusieurs questions d’ordre éthique »

Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
    |

Claire Gérardin (Conseillère en communication, spécialisée sur les nouvelles technologies et leurs impacts sociétaux.)







                        



                                


                            

Tribune. Le succès du dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, et la multiplication des casques et applications immersives, montrent une forte recrudescence d’intérêt pour la réalité virtuelle. C’est un outil puissant au service de nombreux usages, un formidable levier d’innovation, mais il est important de se familiariser avec ses potentiels effets sur le psychisme. Car des études ont démontré la manière et l’intensité avec laquelle elle peut influencer certains de nos comportements. Soulevant ainsi plusieurs questions d’ordre éthique, comme souvent en matière de nouvelles technologies.
Cela fait presque soixante ans que la science s’intéresse à tout ce qui permet de reproduire le réel de manière virtuelle. Son ancêtre est la conception assistée par ordinateur (CAO), inventée dans les années 1990 dans les secteurs de l’industrie et de l’ingénierie pour concevoir et tester virtuellement des prototypes avant de les construire (avions, voiture, bâtiments, etc.).
Puis elle a servi à développer les simulateurs de vol, dans les années 1995, et différents dispositifs de formation (conduite de TGV, opérations chirurgicales, etc.). Il faudra attendre que les puissances de calcul des ordinateurs augmentent, c’est-à-dire les années 2010-2015, pour pouvoir aller au-delà de ces applications : jeux vidéo, traitement de phobies, rééducation physique, visites de lieux ou encore boutiques virtuelles.
Un état proche de l’hypnose
Comme pour toute nouvelle technologie aux usages multiples et prometteurs, les concepteurs et utilisateurs de la réalité virtuelle doivent connaître les questions éthiques qu’elles soulèvent. C’est l’avis de Bahman Ajang, psychologue cognitiviste et technophile. Invité à partager son expertise au salon Virtuality 2018, il a présenté, sur la base d’études scientifiques, les impacts potentiels de la réalité virtuelle sur le psychisme.
les stimulus virtuels passent au premier plan de la conscience,...



                        

                        


<article-nb="2018/04/08/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.
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« Le secret des affaires ne doit pas restreindre de façon déloyale l’accès au marché »

Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement français va adopter une loi sur la protection du secret des affaires. Le texte voté par l’Assemblée nationale a été transmis au Sénat, prélude à une rapide entrée en vigueur. Il s’agit de transposer une directive européenne de 2016 dans le droit français. Autrement, passé le 9 juin, la France sera en infraction. Les jeux sont-ils déjà faits ? Rien ne va plus ?
Assurément non, ce n’est pas la fin de l’histoire. A lire tant la directive que la proposition de loi qui lui colle étroitement, on assiste à un subtil numéro d’équilibrisme, dont le succès dépendra de la qualité de l’exécution.
Certes, la mise en place de mécanismes harmonisés de protection des savoir-faire de nos entreprises ne prête guère à grands débats. Les pratiques de certains opérateurs, issus de blocs économiques (Chine, Etats-Unis…) qui semblent chaque jour moins partenaires que concurrents, ont été suffisamment dénoncées.
Un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires
Mais le sujet reste un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires. On connaît ceux tenant à la protection du travail des journalistes, ou de l’action des lanceurs d’alerte.
Moins discutée, mais tout aussi sensible est la question de savoir si ce texte de loi ne va pas poser des difficultés nouvelles de concurrence. La crainte peut paraître paradoxale. Elle ne l’est pas. Car la question de la protection des informations n’est pas à sens unique.
D’un côté, la concurrence par les mérites appelle un certain degré de secret ou d’exclusivité. Un échange d’informations peut ainsi constituer une entente anticoncurrentielle. Les droits de propriété intellectuelle (brevets…) encouragent et récompensent l’innovation en conférant un monopole d’exploitation opposable aux concurrents.
De ce point de vue, la protection du secret des affaires peut aller dans le sens d’une concurrence loyale, justifiant d’imposer aux mauvais joueurs des dommages et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».
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« Nous assistons à un changement de modèle, avec l’entrée dans l’économie de l’expérience »

Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Benjamin Zenou (Président de SimpliField, entreprise spécialisée dans la numérisation des espaces commerciaux)







                        



                                


                            

Tribune. Le 22 février, Brian Chesky, PDG d’Airbnb, conviait la presse au lancement en grande pompe d’Airbnb Plus et de Beyond Airbnb, deux offres de « nouvelles expériences haut de gamme », avec des prestations proches de celles d’un hôtel de luxe : serviettes et produits de beauté dans la salle de bains, deux oreillers par personne dans les lits, conciergerie… On pourrait y voir de simples services additionnels, en fait il s’agit d’un changement de modèle, un virage vers l’économie de l’expérience.
Selon ce concept théorisé en 1998 par Joseph Pine et James Gilmore, deux économistes américains, la création de valeur ne repose plus sur les produits et les services – qui se sont banalisés –, mais sur la création d’expériences singulières, mémorables et économiquement mises en valeur. D’Apple à Amazon en passant par Uber, ce modèle a été adopté par les poids lourds de l’économie mondiale.
Lors d’un entretien sur LinkedIn, Angela Ahrendts, vice-présidente marketing d’Apple, faisait le constat suivant : « Il fut un temps où il y avait la règle des 80/20 : 80 % de shopping et 20 % d’expérience. Cette règle doit s’inverser aujourd’hui. »
Depuis, l’ancienne firme de Steve Jobs a agi sur le fond – en lançant le programme « Today at Apple », qui transforme les Apple Store en lieux de vie et de formation – et sur la forme – en remplaçant le terme « store » par les vocables « avenue », « forum ». Ce nouveau tropisme pour l’expérience est presque une question de survie.
Culture du narcissisme
Les normes de consommation héritées des années 1960-1970 – fondées sur le prix et la mise à disposition de produits – ont perdu leur autorité avec la mise en minorité des baby-boomeurs. Selon les chiffres du bureau du recensement des Etats-Unis, les millennials, les 18-35 ans, sont devenus le groupe d’âge le plus nombreux dans ce pays. Une nouvelle majorité démographique qui invite à repenser les modes de consommation.
Comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.
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« Un exercice de transparence s’impose à Michel-Edouard Leclerc »

Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Jean-Baptiste Moreau (Député (LRM) de la Creuse) et Jean-Marc Borello (Délégué national de La République en marche (LRM)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne présidentielle, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron, a défendu le principe du juste prix payé aux agriculteurs : il est, en effet, inacceptable qu’un tiers d’entre eux touchent moins de 350 euros de revenus par mois. C’est un drame humain pour nos agriculteurs et un problème pour notre alimentation. Sans revenus décents, impossible d’innover et d’investir pour produire des aliments plus sains et plus durables.
C’est dans cette optique que se sont tenus les Etats généraux de l’alimentation, du 20 juillet au 21 décembre 2017, avec une méthode qui nous est chère : faire confiance aux acteurs concernés – producteurs, transformateurs, distributeurs, pouvoirs publics – pour trouver des solutions nouvelles dans la création et l’équitable répartition de la valeur. L’ensemble des participants, dont Michel-Edouard Leclerc, s’est engagé à respecter ces objectifs à travers la signature, le 14 novembre 2017, d’une charte d’engagement.
Un exercice de transparence s’impose
C’est aussi dans ce cadre qu’ont été discutées les principales mesures figurant dans le projet de loi qui sera prochainement discuté par le Parlement, telle l’obligation de faire au moins 10 % de marge sur les produits alimentaires d’appel, produits que la grande distribution vend souvent presque sans rien gagner pour attirer les clients. L’objectif à court terme est clair : inciter les distributeurs à rééquilibrer leur marge pour que nos agriculteurs soient payés au juste prix.
Dans une récente campagne médiatique, Michel-Edouard Leclerc soulève des questions sur ces deux mesures, sous entendant que ce regain de marge dans la distribution ne sera peut-être pas redistribué aux agriculteurs français. Il semble ainsi oublier qu’il en porte la responsabilité pour le compte de son groupe, d’autant qu’il est aussi un acteur industriel, en particulier dans la boucherie, en abattant et transformant environ 2 millions de porcs et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’avocat Thibaud d’Alès rappelle que certains secrets font partie des actifs d’une entreprise et qu’il est légitime de chercher à les protéger.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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« Non, le secret des affaires n’est pas sale ! »

Dans une tribune au « Monde », l’avocat Thibaud d’Alès rappelle que certains secrets font partie des actifs d’une entreprise et qu’il est légitime de chercher à les protéger.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h04
    |

Thibaud d’Alès (Avocat au Barreau de Paris, associé Clifford Chance Europe LLP.)







                        



                                


                            

Tribune. L’Assemblée nationale et le Sénat examinent en ce moment, dans le cadre de la transposition d’une directive européenne, une proposition de loi relative à la protection du « secret des affaires ». Le débat déborde de fait largement le cadre du Parlement et si l’on peut comprendre que le sujet suscite des réflexions ou des réserves, notamment du point de vue du droit de la responsabilité civile, certaines prises de position visant à dénoncer une prétendue atteinte à la liberté d’informer sont clairement excessives.

Elles tiennent sans doute à un refus obstiné de comprendre la valeur économique des secrets d’affaires ou à une méconnaissance des termes de la proposition de loi. L’enjeu est pourtant clair : conjuguer protection des secrets d’affaires et respect des libertés fondamentales dont jouissent certains afin de pouvoir rendre publiques des informations confidentielles.
Or, tel que voté par l’Assemblée nationale, le 28 mars, le texte apporte toutes les garanties à cette fin : parmi les « exceptions à la protection du secret des affaires » figurent en effet expressément « le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse », le droit de dénonciation des lanceurs d’alerte, de même que « l’exercice du droit à l’information et à la consultation des salariés ou de leurs représentants ».
Ces secrets sont des actifs immatériels de l’entreprise
Mais il est un fait : le droit français ne protège pas suffisamment nos entreprises contre, selon la formule du rapporteur du texte, « l’espionnage économique, le pillage industriel et la concurrence déloyale ». En dépit de nombreuses tentatives et d’une jurisprudence familière avec le concept, notre droit positif ne contient aujourd’hui aucune définition du secret d’affaires.
Il n’est pourtant pas contestable que toute entreprise détient des secrets : fichiers clients ou fournisseurs,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/08/19-11">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.
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En Allemagne, les Mémoires d’un politicien de l’Est, best-seller surprise

Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Mardi 20 mars, Francfort-sur-l’Oder. Au Kleist Forum, le centre culturel de cette ville des confins du Brandebourg, située sur la frontière avec la Pologne, on joue ce soir-là à guichets fermés. Voilà déjà plusieurs jours que les 600 places de l’auditorium ont été vendues. Dehors, dans un froid glacial, une dizaine d’entêtés espèrent trouver des billets de dernière minute. La plupart repartiront bredouilles, sans avoir pu approcher la vedette de la soirée : Gregor Gysi, venu présenter et dédicacer son autobiographie, Ein Leben ist zu wenig (« Une vie, c’est trop peu », éd. Aufbau, non traduit), un des plus gros succès de librairie, ces derniers mois, en Allemagne.
Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois
A priori, ce livre de 580 pages n’était pas programmé pour devenir un best-seller. A 70 ans, l’auteur est certes une figure de la gauche allemande, pilier du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, mais il n’a jamais exercé de responsabilités de premier plan. Dès sa sortie, le 19 octobre 2017, l’ouvrage a pourtant rejoint la liste des meilleures ventes, se hissant même pendant plusieurs semaines en tête du classement du Spiegel dans la catégorie non-fiction. Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois. « Il est exceptionnel que les Mémoires d’un homme politique connaissent un tel succès, qui plus est quand l’auteur n’a pas exercé le pouvoir », observe Jörg ­Magenau, auteur d’une passionnante étude sur les best-sellers qui ont marqué l’Allemagne depuis 1945 (Bestseller, Hoffmann und Campe, 288 pages, non traduit).
Comment, dès lors, expliquer un tel engouement ? Certes, Gregor Gysi est un excellent tribun, à la fois jovial et mordant, aussi à l’aise au Bundestag que dans les talk-shows télévisés. « C’est quelqu’un qui s’exprime avec ses tripes. Je pense que son succès traduit un désir de politique et de débat en Allemagne », analyse ­M. Magenau. Parmi le public présent à Francfort-sur-l’Oder,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », évoque une chorale de seniors originaires de la Mayenne, Huguette the Power, qui vient de se produire sur la scène du Grand Rex, à Paris, dans le cadre de la Silver Night.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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« Les “Huguette”, un exemple des prodiges réalisés, en matière de bien vieillir, dans les Ehpad »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », évoque une chorale de seniors originaires de la Mayenne, Huguette the Power, qui vient de se produire sur la scène du Grand Rex, à Paris, dans le cadre de la Silver Night.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 11h18
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 13h45
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. Il a beaucoup été question des établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ces derniers temps. Des cadences infernales qui y ont cours, de l’épuisement des personnels soignants, des coupes budgétaires auxquels ils sont soumis… Mais assez peu, finalement, des prodiges réalisés, notamment en matière de bien vieillir, à l’intérieur de ces établissements médico-sociaux.
Lancé dans cinq maisons de retraite de la Mayenne, un projet vivifiant – le mot n’est pas usurpé – a fait halte, il y a une semaine, au Grand Rex, à Paris, à l’occasion de la Silver Night, soirée de remise des trophées de l’économie des seniors (également appelée « silver économie »). Sur scène : une chorale de cinquante résidents âgés de 70 à 96 ans, interprétant du rock et du hip-hop. Son nom : Huguette the Power, allusion à une remuante chanson de James Brown (You’ve Got the Power, 1960).

Au départ, il y a un festival de musique actuelle, Au foin de la rue, se déroulant depuis 2000 à Saint-Denis-de-Gastines (Mayenne, 1 600 habitants). Prenant conscience, après dix ans d’existence, que programmer des artistes de renom en milieu rural n’était pas une fin en soi, ses organisateurs ont décidé de mener des actions de médiation culturelle auprès de publics ayant peu l’habitude de se rendre à des concerts : scolaires, handicapés, chômeurs… L’idée d’impliquer des personnes âgées a pris une nouvelle dimension, il y a trois ans, avec la décision de créer une chorale qui viendrait se produire pendant le festival – ce qui sera fait lors de l’édition 2016. Une seule condition, pour cela : placer les participants dans des conditions quasi professionnelles.
Ce que les spectateurs n’ont pu percevoir ce jour-là, c’est la somme invisible des progrès réalisés par les résidents
C’est à un musicien dont c’est le métier, Pierre Bouguier, que le projet a été confié. Leader du groupe Mémé les watts (décidément), celui-ci a développé...




                        

                        


<article-nb="2018/04/08/19-13">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Editorial. Après la condamnation de Lula, la justice brésilienne doit faire preuve de la même attention envers les dirigeants du centre ou de la droite soupçonnés de corruption.
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Brésil : la disgrâce d’un président

Editorial. Après la condamnation de Lula, la justice brésilienne doit faire preuve de la même attention envers les dirigeants du centre ou de la droite soupçonnés de corruption.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 13h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La tentation est grande de confondre le sort de Luiz Inacio Lula da Silva avec celui du Brésil. Une nation émergente qui, sous la présidence de l’ancien syndicaliste, entre 2003 et 2010, enivrée de pétrole et gorgée de soja, de canne à sucre et de café, a réduit drastiquement ses inégalités, amélioré l’éducation, tout en brillant sur la scène internationale. Aujourd’hui, le pays renoue avec l’extrême violence, la misère persiste, tandis que les scandales de corruption ponctuent l’actualité politique.

        Lire aussi :
         

                Brésil : ultime bravade de l’ex-président Lula qui ne s’est pas rendu à la police



Grandeur et décadence d’une nation. Grâce et disgrâce d’un homme d’Etat. Lula, icône de la gauche, est aujourd’hui aux portes de la prison. Condamné à plus de 12 ans de détention pour des faits de corruption, l’ancien gamin du Nordeste rechigne à se plier à la justice, s’estimant victime d’une machination orchestrée par les « élites » afin de tourner définitivement la page de la gauche et du « lulisme ».
Cette conviction, à laquelle adhère une partie du pays, s’appuie sur les polémiques et critiques suscitées par le déroulement de l’opération anticorruption « Lava Jato » (« lavage express ») et l’attitude du juge Sergio Moro. Malgré les failles, les excès parfois, ces investigations à grand spectacle ont pourtant mis au jour une réalité que personne n’ose nier : l’existence d’une corruption à grande échelle du système politique brésilien. Maires, gouverneurs, députés, sénateurs, ministres et même chefs d’Etat ont pioché dans les caisses publiques et reçu des pots-de-vin de la part d’entreprises, pour financer leur campagne ou leur train de vie. « La corruption au Brésil, ce n’est pas Lula, ce n’est pas le PT [Parti des travailleurs, gauche], ce sont tous les partis au pouvoir », explique un procureur de Curitiba, ville où est née « Lava Jato ».
Quatre ans après son déclenchement, l’opération doit démontrer au pays que l’emprisonnement de Lula n’est pas un acte politique. Que l’arrestation de celui qui restera l’un des dirigeants les plus remarquables du pays ne signe pas la fin des procédures. Après avoir touché les figures du Parti des travailleurs jusqu’à atteindre son leadeur historique, « Lava Jato » doit s’attaquer avec la même sévérité aux autres caciques des partis du centre ou de la droite.
Obstruction à la justice
La société en doute, même si certains d’entre eux, comme Eduardo Cunha, l’ex-président de la Chambre des députés, ou Sergio Cabral, l’ancien gouverneur de Rio, tous deux membres du Mouvement démocratique brésilien (MDB), ont été condamnés pour corruption. Toutefois, d’autres, inquiétés par « Lava Jato », manœuvrent en coulisse afin de « stopper l’hémorragie ». La phrase est extraite d’une conversation entre le sénateur Romero Juca et le dirigeant d’une filiale du groupe public pétrolier Petrobras, enregistrée à leur insu. Le parlementaire, qui a succédé à la tête du MDB à Michel Temer, l’actuel président brésilien, laissait ainsi entendre une volonté claire de faire obstruction à la justice. Romero Juca est visé par plus d’une dizaine de procédures, mais il continue de siéger, sans se sentir inquiété, au Sénat de Brasilia.
De la même façon, Aecio Neves, candidat à la présidence en 2014 face à Dilma Rousseff, est suspecté de corruption passive et d’obstruction à la justice. Mais son dossier n’a toujours pas été examiné par la Cour suprême, malgré la demande de la procureure générale de la République. S’ajoutent à cette liste diverses demandes de mise en accusation formulées à l’encontre de Michel Temer. Mais celles-ci restent bloquées par le Congrès.
En envoyant Lula en prison, « Lava Jato » démontre dans la douleur que personne, pas même un ancien président, si populaire soit-il, n’est au-dessus des lois. Une révolution est en marche, mais elle ne doit pas s’arrêter là.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient, dans cette chronique, sur les formes revêtues par le « mouvement social » depuis plus de deux siècles et constate que sa puissance ne s’exerce pas toujours là où on l’attendait.
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« Le gouvernement doit redonner aux salariés des moyens d’expression légitimes et formels »

L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient, dans cette chronique, sur les formes revêtues par le « mouvement social » depuis plus de deux siècles et constate que sa puissance ne s’exerce pas toujours là où on l’attendait.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 12h21
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
Recherches. Le gouvernement s’apprête donc à affronter le « mouvement social ». Mais qu’est-ce aujourd’hui que le mouvement social ? Où sont, en 2018, les acteurs capables de remettre en cause les décisions gouvernementales, voire de faire basculer le pouvoir ? Les deux siècles précédents ont montré que la puissance sociale n’était pas toujours là où on le croyait.
En 1789, le roi sort de décennies d’affrontement avec les parlements du royaume, spécialement celui de Paris, et n’imagine pas qu’une révolution populaire puisse l’emporter. Pourtant, de 1789 à 1848, les révolutions ont lieu grâce à des mouvements des foules parisiennes, capables d’emporter (par la force ou la conviction) même l’armée.
Méfiantes, la Restauration et la monarchie de Juillet décentralisent les pouvoirs vers les provinces – les châteaux de l’aristocratie sous la Restauration –, et surtout vers les grandes villes, où les institutions régionales se multiplient : tribunaux, universités, chambres de commerce, caisses d’épargne, banques d’émission.
Abus de pouvoirs patronaux
Pourtant, en 1848, c’est encore la foule parisienne qui renverse le régime et l’ordre n’est pas rétabli conformément aux vœux des élites, parisiennes comme provinciales. Le pays profond vote Louis-Napoléon Bonaparte, en souvenir de son oncle qui, le premier, a forgé au creuset de ses armées, pendant près de vingt ans, les grandes masses de la population française, sortant les paysans de chez eux pour des campagnes militaires aussi absurdes qu’inoubliables.
er mai
En 1871, les masses rurales donnent en revanche carte blanche à Thiers pour écraser la Commune, ce mouvement d’ouvriers parisiens d’élite qui se voient comme les pionniers d’une révolution sociale. Quelques années après, la République, solidement installée, est aux mains de la bourgeoisie libérale urbaine éclairée – celle-là même qu’incarne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Alors que Donald Trump et le clan Salman ont marqué leur rapprochement, la France de Macron doit inscrire sa marque dans sa relation avec Riyad, explique l’ancien diplomate François-Aïssa Touazi, dans une tribune au « Monde ».
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François-Aïssa Touazi : il faut « renforcer la relation de confiance Paris-Riyad »

Alors que Donald Trump et le clan Salman ont marqué leur rapprochement, la France de Macron doit inscrire sa marque dans sa relation avec Riyad, explique l’ancien diplomate François-Aïssa Touazi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h28
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h55
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François-Aissa Touazi (Ancien diplomate, fondateur du think tank CAPmena)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. La visite prochaine de Mohammed Ben Salman – « MBS » – en France s’inscrit dans une tradition d’anciennes relations entre le royaume d’Arabie saoudite et la France. Paris avait d’ailleurs établi un consulat à Djedda dès 1839, et reconnu l’Etat saoudien dès mars 1926, avant même la création du royaume, en septembre 1932.
Mais c’est surtout la visite du roi Fayçal à Paris, en 1967, à l’invitation du général de Gaulle, qui va sceller l’amitié franco-saoudienne construite à partir de convergences de vues sur les crises régionales et la volonté des deux pays d’être des acteurs incontournables dans la région.
Seul le président Sarkozy
Cette relation va se consolider et se diversifier avec ses successeurs, l’Arabie saoudite fournissant à la France l’essentiel de ses besoins en pétrole en contrepartie d’une coopération militaire et sécuritaire renforcée et d’une participation de groupes français aux projets d’infrastructures du royaume.
Francois Hollande profitera du refroidissement des relations avec Washington sous Obama pour construire un partenariat stratégique avec Riyad
Cette complicité franco-saoudienne s’illustrera notamment lors de la prise [de la grande mosquée] de La Mecque, en 1979 [par un commando de fondamentalistes], et l’intervention du GIGN, ou par un prêt saoudien de 25 milliards de dollars, en 1983, sous l’ère Mitterrand, qui consacrera son premier voyage officiel hors d’Europe, en Arabie saoudite. Le président Chirac, qui avait pris soin de bâtir des relations d’amitié avec les principaux dirigeants du royaume lorsqu’il était maire de Paris, avec le soutien de son ami libanais Rafic Hariri, participera lui aussi au renforcement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans la guerre au Yémen, l’Arabie saoudite se heurte aux rebelles houthistes et aux terroristes d’Al-Qaida, devenus les principales cibles d’une guerre sale qui s’est transformée en catastrophe humanitaire, rappelle le politologue dans une tribune au « Monde ».
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François Frison-Roche : « L’Europe ne doit pas sous-estimer les dangers qui peuvent venir du Yémen »

Dans la guerre au Yémen, l’Arabie saoudite se heurte aux rebelles houthistes et aux terroristes d’Al-Qaida, devenus les principales cibles d’une guerre sale qui s’est transformée en catastrophe humanitaire, rappelle le politologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 10h16
    |

François Frison-Roche (Politologue, chercheur au CNRS, CERSA, université Paris-II)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman (« MBS »), l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salman (« MBS »), qui effectue une visite officielle en France, s’est lancé dans un ambitieux projet de modernisation de son royaume. Il a pris des décisions visant à libéraliser la société et l’économie saoudiennes sur le modèle de ce que son homologue et mentor, Mohammed Bin Zayed, est en train d’établir aux Emirats arabes unis. Mais « MBS » veut aussi adosser ses réformes à une clarification au niveau régional.
Sa stratégie est de maintenir son pays comme pilier de stabilité dans la péninsule Arabique et, plus largement, au Moyen-Orient. Cette volonté politique forte passe par un contrôle de la situation au Yémen pour empêcher, d’une part, l’implantation durable dans le nord du pays du compétiteur qu’est l’Iran qui soutient les rebelles houthistes et éviter, d’autre part, l’ancrage d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) qui s’est replié dans les vastes zones désertiques du sud du pays.
Risque d’embrasement
L’actuelle tragédie humanitaire au Yémen et les soubresauts des différentes guerres qui s’y déroulent pourraient gommer dans l’opinion publique française un élément essentiel à la compréhension globale et au règlement de la situation ; à savoir la nécessité impérative de détruire ces bases qaidistes. Cette lutte n’est pas dissociable du contexte, car elle est au cœur des enjeux stratégiques de la région.
Non seulement, il faut combattre aujourd’hui cette organisation terroriste, car ce combat conditionne largement la réussite des opérations de secours aux populations sur le terrain, mais il faut également trouver les moyens de l’éradiquer pour permettre à ces mêmes populations d’envisager...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’épouse du blogueur Raïf Badawi, condamné en 2014 à dix ans de prison et mille coups de fouet pour « injures envers l’islam », appelle le président français à exiger la libération du prisonnier saoudien.
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Ensaf Haider : « Cher Monsieur Macron, n’oubliez pas de parler de Raïf ! »

Dans une tribune au « Monde », l’épouse du blogueur Raïf Badawi, condamné en 2014 à dix ans de prison et mille coups de fouet pour « injures envers l’islam », appelle le président français à exiger la libération du prisonnier saoudien.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h54
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Ensaf Haidar (Présidente de la fondation Raïf Badawi)







                        



                                


                            

[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Mon époux, Raïf Badawi, 34 ans, père de nos trois enfants Najwa (14 ans), Dodi (13 ans) et Miriyam (10 ans), est en prison en Arabie saoudite depuis 2012. Isolé du monde, coupé de sa famille, il souffre terriblement chaque jour un peu plus. Pourtant tout le monde sait que ce blogueur, ce libre-penseur, cet intellectuel courageux n’est pas un criminel. Bien au contraire.
S’agissant de la condition des femmes dans notre pays, il prônait la suppression du tutorat et leur participation active à la vie politique, sociale et économique. Au sujet des croyances religieuses et des convictions spirituelles et philosophiques, il défendait l’égalité de traitement de toutes et de tous. Concernant le wahhabisme, il en appelait à plus de modération et moins de crispation religieuse. Comme il croyait fermement en la force des idées et au pouvoir libérateur des mots, il s’exprimait sur ces sujets sensibles qui sont, aujourd’hui, débattus en Arabie saoudite grâce à l’ouverture insufflée par le jeune prince héritier, Mohammed Ben Salman.
Raïf tout comme les caricaturistes et les journalistes de Charlie Hebdo ont été punis pour avoir exercé un droit humain universel : la liberté d’expression. Pour eux comme pour lui, la foi en la liberté d’expression et la défense de cette liberté auront eu un prix exorbitant. Tous défendaient les valeurs et les normes d’une grande civilisation humaniste, une civilisation qui respecte la dignité humaine et promeut les droits et les libertés individuelles.
Flagellation publique
Deux jours exactement après le terrible massacre de Charlie Hebdo, mon compagnon était arraché de sa geôle, à Djedda, et emmené menotté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/04/2018
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Piketty : « La Russie poutinienne se caractérise par une dérive kleptocratique sans limites »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h45
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                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Le mois prochain, Karl Marx aura 200 ans. Qu’aurait-il pensé du triste état de la Russie, pays qui n’a cessé de se réclamer du « marxisme-léninisme » pendant la période soviétique ?
Sans doute aurait-il décliné toute responsabilité face à un régime apparu longtemps après sa mort. Marx a grandi dans un monde d’oppression censitaire et de sacralisation de la propriété privée, où même les propriétaires d’esclaves devaient être grassement compensés si l’on attentait à leur bien (pour les « libéraux » comme Tocqueville, cela allait de soi).
Difficile pour lui d’anticiper les succès de la social-démocratie et de l’Etat social au XXe siècle. Marx a 30 ans lors des révolutions de 1848 et disparaît en 1883, quand naît Keynes. L’un et l’autre ont été des chroniqueurs aiguisés de leur temps ; sans doute a-t-on eu tort de les prendre pour des théoriciens achevés du futur.
« Société des voleurs »
Toujours est-il que, quand les bolcheviques prennent le pouvoir en 1917, leurs plans d’action sont loin d’être aussi « scientifiques » qu’ils ne le prétendent. La propriété privée sera abolie, c’est entendu. Mais comment seront organisés les rapports de production, et qui seront les nouveaux maîtres ? Par quels mécanismes les décisions seront-elles prises et les richesses réparties au sein du gigantesque appareil d’Etat et de planification ?
Faute de solutions, on se replie sur l’hyperpersonnalisation du pouvoir ; et faute de résultats, on trouve vite des boucs émissaires, on enferme et on purge à tout-va.
A la mort de Staline, en 1953, 4 % de la population soviétique est en prison, dont plus de la moitié pour des « vols de propriété socialiste » et autres petits larcins permettant d’améliorer l’ordinaire. C’est la « société des voleurs » décrite par Juliette Cadiot, et elle signe le dramatique échec d’un régime qui se voulait émancipateur. Pour dépasser un tel niveau d’enfermement, il faut considérer le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le chargé d’études à l’Observatoire des armements appelle, dans une tribune au « Monde », les parlementaires à faire la lumière sur les ventes de matériels militaires français à Riyad.
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Tony Fortin : « Des armes et équipements militaires français semblent bien utilisés au Yémen »

Le chargé d’études à l’Observatoire des armements appelle, dans une tribune au « Monde », les parlementaires à faire la lumière sur les ventes de matériels militaires français à Riyad.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h12
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Tony Fortin (Chargé d'études à l'Observatoire des armements)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Si le drame yéménite tient encore une place marginale dans le débat public, la France n’échappera pas longtemps à son examen de conscience. En ligne de mire, nos ventes d’armes aux forces de la coalition. On pourrait rétorquer comme Florence Parly, ministre des armées, que la France ignorait la survenance de cette guerre. Mais ce serait oublier que les ventes d’armes à l’Arabie saoudite ont explosé peu avant et pendant le conflit, et qu’elles semblent bien se poursuivre, malgré l’état d’effondrement du pays.

Et contrairement aux dénégations ministérielles, des armes et équipements militaires français semblent bien utilisés au Yémen, au service d’une coalition qui perpétue des crimes de guerre. Publié le 9 avril, le rapport conjoint de l’Observatoire des armements (Obsarm) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) fournit plusieurs « indices de présence » (photos publiées sur des comptes Twitter spécialisés, extraits de documentation spécialisée) d’équipements français : chars Leclerc vendus aux Emirats arabes unis dans les années 1990 et qui auraient été utilisés pendant la « bataille d’Aden » ; 4 x 4 blindés vendus en 2016 aux unités spéciales saoudiennes et déployés sur le terrain ; utilisation de canons Caesar (Nexter) ; avions de chasse Mirage 2000 émiratis, etc. Le transfert de cet armement aux forces de la Coalition a été confirmé par la base de données du Sipri, la presse spécialisée et nos sources industrielles.
Coût humain des fleurons hexagonaux
L’aggionarmento sera d’autant plus difficile à réaliser que l’artisan de ces contrats mirifiques signés sous l’ère Hollande n’est autre que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’héritier du régime, Mohammed Ben Salman, doit faire des choix draconiens s’il veut conserver une économie compétitive, estime Ishac Diwan, dans une tribune au « Monde ».
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Ishac Diwan : « Trois grandes questions doivent être abordées pour relever le défi économique en Arabie saoudite »

L’héritier du régime, Mohammed Ben Salman, doit faire des choix draconiens s’il veut conserver une économie compétitive, estime Ishac Diwan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h57
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Ishac Diwan (Titulaire de la chaire socio-économie du monde arabe, Paris Sciences et Lettres, professeur associé à la Columbia University)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. L’Arabie saoudite traverse une période critique de son histoire, où les politiques économiques qu’elle entreprend et les réactions que celles-ci suscitent sont susceptibles de conduire à des changements importants dans la distribution de la richesse et du pouvoir dans le royaume au cours des années à venir.
L’équilibre actuel est impossible à maintenir. Les recettes d’exportation moyennes d’environ 250 milliards de dollars par an entre 2000 et 2013 ont été réduites de moitié depuis 2014. Avec des exportations pétrolières qui ont chuté à seulement 5 000 dollars par an pour chacun des 20 millions de ressortissants saoudiens, le royaume risque de devenir de plus en plus pauvre s’il n’arrive pas à trouver de nouveaux moyens pour stimuler la croissance économique.
Diversification de l’économie
Depuis la montée fulgurante du jeune prince héritier Mohammed Ben Salman (ou « MBS »), le pays semble avoir relevé le défi. La « Vision 2030 », publiée en 2016, a été à la fois saluée et critiquée pour ses grandes ambitions. Un des projets les plus notables est la vente d’une partie d’Aramco, la société pétrolière nationale, destinée à permettre à l’Etat d’investir dans la diversification du pays. Mais la « Vision » propose surtout de faire du royaume la 15e économie mondiale sur la base d’une augmentation des compétences nationales, de marchés plus performants et d’une gouvernance économique et sociale plus rationnelle. La « Vision » prévoit une diversification de l’économie dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l’eau, la biotechnologie, l’alimentation, la fabrication de pointe, les services financiers et le divertissement.

Ce...




                        

                        

