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Chagos, l’archipel du non-retour

En 1973, l’armée américaine a expulsé les habitants de ce territoire de l’océan Indien. Aujourd’hui, la communauté se répartit entre Maurice, les Seychelles et l’Angleterre.

Par                Lucas Gatignol



LE MONDE
              datetime="2018-04-08T18:15:17+02:00"

        Le 08.04.2018 à 18h15





Située au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia est l’île principale de l’archipel des Chagos. Elle abrite aujourd’hui la plus grande base militaire américaine en dehors du territoire des Etats-Unis. Mais derrière cette gigantesque infrastructure se cache une douloureuse histoire d’exil forcé que la communauté chagossienne s’efforce de faire reconnaître depuis près de quarante ans.

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Cette histoire débute avec l’arrivée de colons européens et d’esclaves africains arrachés à leurs communautés d’origine pour extraire le coprah des cocotiers. Au fur et à mesure des générations, les esclaves affranchis et leurs descendants s’approprient ce nouvel espace. Leur environnement leur fournit de nombreuses ressources et une culture créole émerge.
Victimes collatérales
Mais le répit est de courte durée. A partir des années 1960, la violence coloniale et l’expérience de la déportation font de nouveau irruption dans la vie des Chagossiens. Des négociations secrètes entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni aboutissent à la mise en place d’un bail américain sur l’archipel pour y construire une base militaire. L’armée américaine réclame l’évacuation de l’archipel, les Chagossiens deviennent les victimes collatérales de la guerre d’influence qui traverse la région.
En toute opacité, les quelque 2 000 habitants sont progressivement expulsés par les autorités britanniques : ceux qui s’absentent de l’archipel apprennent ensuite qu’ils ne peuvent plus y retourner, les provisions arrivant aux Chagos se raréfient et les actes d’intimidation se multiplient. Ces stratagèmes se poursuivent jusqu’en 1973. L’armée britannique déloge par la force les derniers habitants, obligés de s’entasser sur un navire avec le strict minimum.

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Une partie des Chagossiens est envoyée aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux est dirigée vers l’île Maurice. Pour justifier cette déportation, les Britanniques les présentent comme de simples travailleurs détachés. A leur arrivée, ils ne disposent donc d’aucune compensation financière ni prise en charge. Les pertes humaines sont lourdes, le traumatisme profond et, près d’un demi-siècle plus tard, la plupart d’entre eux vivent encore dans l’extrême pauvreté.
Survivre en exil
Aujourd’hui, diverses associations chagossiennes luttent pour la réparation des préjudices subis, la sauvegarde de leur culture et le droit au retour. Leur mobilisation a notamment permis l’octroi de la nationalité britannique, en 2000. Beaucoup en ont alors profité pour migrer vers Crawley, à 50 km de Londres, dans l’espoir d’une vie plus douce.
Les regards sont désormais tournés vers la Cour internationale de justice, chargée par Maurice de se prononcer sur la légalité de la souveraineté britannique sur l’archipel. Alors que le nombre de natifs des Chagos toujours en vie ne cesse de se réduire – 700 personnes à Maurice –, l’attente se prolonge pour la communauté. Ces quelque 10 000 personnes, si l’on inclut les descendants des expulsés, sont encore marginalisées, partagées entre l’espoir d’un retour et la nécessité de survivre en exil.
C’est cette expérience contemporaine de l’exil chagossien que les images du photographe Morgan Fache racontent. Il s’agit là d’extraits d’un long projet en cours, débuté dans les banlieues de Port-Louis puis à Crawley, en attendant de se poursuivre aux Seychelles. Un ouvrage, combinant photographies et contributions d’anthropologues, est prévu pour offrir un aperçu inédit du quotidien de cette diaspora chagossienne en quête de justice.
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        Port-Louis, île Maurice, décembre 2014"
            data-slide-description="Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis."
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            data-slide-description="Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières."
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        Aéroport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017"
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            data-slide-description="C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents."
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        Crawley, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie."
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            data-slide-description="Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains."
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Port-Louis, île Maurice, décembre 2014            
Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.

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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos
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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos

LE MONDE |

08.04.2018 à 18h01

L’archipel des Chagos, c’est une cinquantaine d’îles dans l’océan Indien, dont celle de Diego Garcia. Possession britannique, l’île a été louée aux Etats-Unis, qui, en 1973, ont expulsé toute sa population pour y construire une base militaire. Une partie des Chagossiens se sont retrouvés aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux ont été dirigés vers l’île Maurice, sans compensation financière ni prise en charge. Après l’obtention de la nationalité britannique, certains se sont installés au Royaume-Uni, notamment à Crawley, à 50 km de Londres.
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Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.



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\n    \n","titre":"Port-Louis, \u00eele Maurice, d\u00e9cembre 2014","legende":"Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":0,"position":1,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212.html","isCurrent":true},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. 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Elle n’en connaît que ce qu’Azulé, son mari, lui raconte quand il rentre des longues périodes de pêche qui l’emmènent dans les différentes îles de l’océan Indien.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":2,"position":3,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_2.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Quartier de Batterie-Cassée, rue Diego-Garcia : un nom emprunté à l’île principale des Chagos, devenue depuis une base militaire américaine.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":3,"position":4,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_3.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Quand ils n’ont pas école, les enfants restent à la maison car, pour aller à la plage, il faut traverser les quartiers en tôles, enjamber les toxicomanes, franchir le boulevard en évitant les voitures, prendre un bus et contourner les grands hôtels pour touristes.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":4,"position":5,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_4.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"L’assistance n’est pas très nombreuse pour l’enterrement d’Emilie Louise Codor, la doyenne des Chagossiens. Un simple trou creusé dans le sol, pas de stèle, pas de croix, pas de nom. Emilienne reposera ici, loin de sa terre natale.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":5,"position":6,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_5.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Dans le salon de « Petit Frère », le vide laissé par le passé est comblé de manière artificielle : bondieuseries, fleurs en plastique, peluches... « Aux Chagos on n’avait rien et on avait tout pour être heureux. Ici, il n’y a rien de bon pour nous. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":6,"position":7,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_6.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires.","source":"MORGAN FACHE\/ITEM","index":7,"position":8,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_7.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Miroze a quitté les Chagos en 1968. Sa mère, Rita Bancoult, était une grande militante du mouvement chagossien. « Ici, il y a beaucoup de problèmes de racisme avec les hindous. En Angleterre non, et il y a du travail. C’est pour ça que mes enfants sont partis. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":8,"position":9,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_8.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Anaïs a 17 ans. Née à Maurice d’une mère chagossienne et d’un père mauricien, elle veut devenir hôtesse de l’air pour voir plus souvent sa grand-mère et sa tante, qui vivent en Angleterre.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":9,"position":10,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_9.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"A\u00e9roport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":10,"position":11,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_10.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":11,"position":12,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_11.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"Crawley, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":12,"position":13,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_12.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":13,"position":14,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_13.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":14,"position":15,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_14.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":15,"position":16,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_15.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":16,"position":17,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_16.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Un prédicateur prononce des louanges devant l’entrée de l’église de Langley Green. Cette paroisse est principalement fréquentée par les communautés chagossienne et mauricienne. Le pasteur Roro est lui-même mauricien.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":17,"position":18,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_17.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Stéphane, 25 ans, est arrivé en Angleterre en 2006 avec son père. Il travaille dans le bâtiment et vient d’avoir un petit garçon. Il souhaite retourner sur les Chagos. « Je voudrais y construire une maison. Ici, ce n’est pas ma vie. Là-bas, il y a tout à faire. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":18,"position":19,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_18.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"Londres, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"C’est un jour important dans le combat que mène Olivier Bancoult, le président du Chagos Refugees Group. Il a fait le voyage de Port-Louis à Londres pour défendre devant la Cour suprême les intérêts de son peuple en exil.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":19,"position":20,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_19.html","isCurrent":false}],
\r\n\r\n\r\n\r\n   \r\n      \r\n         1 \/ 20\r\n         \r\n            \r\nPort-Louis, \u00eele Maurice, d\u00e9cembre 2014 - Rosemay est n\u00e9e \u00e0 Peros Banhos, une \u00eele des Chagos. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e, comme les autres Chagossiens, puis s\u2019est mari\u00e9e \u00e0 un Mauricien, mort depuis. \u00ab\u00a0L\u00e0-bas, c\u2019\u00e9tait plus beau qu\u2019ici, \u00e0 100\u00a0%.\u00a0\u00bb Elle vit de sa maigre pension \u00e0 Port-Louis.\r\nCr\u00e9dits : MORGAN FACHE \/ ITEM\r\n                \r\n                  facebook\r\n                  twitter\r\n                  google +\r\n                  linkedin\r\n                  pinterest\r\n               \r\n            \r\n\r\n         \r\n      \r\n   \r\n\r\n","titre":"Port-Louis, \u00eele Maurice, d\u00e9cembre 2014","legende":"Rosemay est n\u00e9e \u00e0 Peros Banhos, une \u00eele des Chagos. Elle a \u00e9t\u00e9 d\u00e9port\u00e9e, comme les autres Chagossiens, puis s\u2019est mari\u00e9e \u00e0 un Mauricien, mort depuis. \u00ab\u00a0L\u00e0-bas, c\u2019\u00e9tait plus beau qu\u2019ici, \u00e0 100\u00a0%.\u00a0\u00bb Elle vit de sa maigre pension \u00e0 Port-Louis.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":0,"position":1,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212.html","isCurrent":true,"img":{"id":5282546,"masque":6,"lazyload":"false","width":996,"height_fullscreen":1667,"width_fullscreen":2500,"ratio":1.499700059988,"height":664}},
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L’archipel des Chagos, c’est une cinquantaine d’îles dans l’océan Indien, dont celle de Diego Garcia. Possession britannique, l’île a été louée aux Etats-Unis, qui, en 1973, ont expulsé toute sa population pour y construire une base militaire. Une partie des Chagossiens se sont retrouvés aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux ont été dirigés vers l’île Maurice, sans compensation financière ni prise en charge. Après l’obtention de la nationalité britannique, certains se sont installés au Royaume-Uni, notamment à Crawley, à 50 km de Londres.'
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Elections en Hongrie : mobilisation historique pour les législatives

Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h38
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        


Dans toute la Hongrie, des files d’attente impressionnantes se sont formées devant les bureaux de vote. Alors que le premier ministre souverainiste Viktor Orban doit son pouvoir sans partage aux forts taux d’abstention de 2010 et de 2014, cette année, les électeurs se sont apparemment donné le mot pour se diriger vers les urnes.
À quinze heures, le taux de participation atteignait un niveau historique de 53,64 %, contre 46,78 % quatre ans plus tôt.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Dans un paysage politique très polarisé par l’action menée au niveau gouvernemental, les électeurs de deux camps bien distincts se côtoient sur les trottoirs, pour des élections ressemblant plus à un référendum qu’à des législatives, la question cruciale semblant être : « pour ou contre un troisième mandat de Viktor Orban ? »

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                Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban



« Nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale »
Dans les rangs des fans du premier ministre sortant, on compte beaucoup de personnes âgées, comme Jozsef Kupavits, un architecte à la retraite de 75 ans, pour qui le Fidesz, le parti de M. Orban, reste le « seul à pouvoir mener le pays ». Cet électeur évoque de bons résultats, obtenus par la majorité, concernant l’économie.
« Quoi qu’on nous dise, nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale », répond-il en évoquant les critiques émises par les Nations unies, suite à la campagne xénophobe menée par les souverainistes entourant le chef de l’exécutif.
« Tous ces bruits qui courent sur l’argent soi-disant volé, ce sont des mensonges de l’opposition », affirme-t-il également, avant de se rendre dans son bureau de vote, situé dans le sixième arrondissement de la capitale, Budapest.
« Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban »
Autour de lui, beaucoup de jeunes Hongrois affirment au contraire qu’il est de leur devoir de faire la queue pendant au moins une heure et demie, afin de « participer au changement ». « Il y a de graves problèmes non résolus dans notre système éducatif, explique par exemple Istvan Denes. Allez aux urgences dans les hôpitaux et vous verrez l’état réel dans lequel se trouve notre pays ! Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban, qui ne fait que gaspiller l’argent public dans des choses qui n’ont aucun sens. Les infrastructures pour le football par exemple ; elles sont disproportionnées. C’est devenu le symbole de la corruption ! » 
Vingt-trois partis sont officiellement enregistrés et 1 547 candidats se présentent dans tout le pays.

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                Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats



Imre, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, habite quand à lui dans l’est de la Hongrie. Mais il va voter à Budapest, comme la loi l’y autorise. Il estime que le Fidesz est allé bien trop loin dans sa dénonciation de l’Union européenne et des réfugiés.
« Chrétiens, juifs, musulmans, ce n’est pas possible de respecter tout le monde ? », se demande ce jeune homme, qui compte plébisciter le petit parti Momentum, notamment dans le but d’exprimer ses valeurs proeuropéennes.
La forte participation pourrait retarder l’annonce des résultats du scrutin, pour l’instant prévue vers minuit. Car tout électeur se présentant avant 19 heures doit pouvoir glisser son bulletin dans l’urne et les premières estimations ne doivent être dévoilées qu’à la fermeture du dernier bureau de vote.



                            


                        

                        


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La propagande illibérale sature la campagne électorale

Le gouvernement de Viktor Orban sature les médias pour détourner l’attention des problèmes domestiques.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 12h45
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Dans toute la Hongrie, partout la même affiche. On y voit le milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros, hilare, serrant dans ses bras les responsables les plus connus de l’opposition. Qu’ils soient de gauche, libéraux ou même d’extrême droite, tous sont munis de grosses cisailles et s’attaquent à la désormais célèbre barrière mise en place à la frontière sud par le premier ministre hongrois souverainiste, après la vague historique de migration, en 2015. Cette image aux codes visuels primaires et agressifs sous-entend que ceux qui s’opposent à Viktor Orban sont payés par un riche étranger pour organiser l’invasion migratoire de ce pays d’Europe centrale. Son esthétique douteuse et les clichés antisémites qu’elle véhicule évoquent des sites Internet conspirationnistes.

Pourtant, elle a été conçue par le Fidesz, le parti du chef du gouvernement, en place depuis 2010 et qui souhaite obtenir un troisième mandat, à l’occasion des législatives du 8 avril prochain. Elle fait écho à la logorrhée paranoïaque de M. Orban, qui a récemment affirmé posséder la liste de 2 000 personnes œuvrant selon lui à sa destitution et à l’installation d’un nouveau gouvernement acceptable pour M. Soros, son bouc émissaire préféré. « Nous savons exactement qui elles sont, nous connaissons leurs noms, pour qui et comment elles travaillent, dans le but de faire de la Hongrie un pays d’immigration, » a-t-il déclaré, sur un ton menaçant.
On pourrait penser que l’ex-avocat ne maîtrise plus sa communication, mais il n’en est rien. Ses éléments de langage, toujours les mêmes, sont déroulés sur tous les supports depuis de très longs mois. Ils sont traduits en anglais et en allemand, puis envoyés aux journalistes de Vienne, Berlin, Paris et Londres. Tous les élus de son bord les reprennent et les déclinent sur le terrain.
L’opposition pétrifiée
« Il s’agit pour le gouvernement de tenter de manipuler les esprits », juge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Hongrie : « L’opposition doit croire à la possibilité d’une victoire aux législatives »

Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
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Zsuzsanna Szelényi (Députée du Fidesz de 1990 à 1994, puis du parti Together depuis 2014, parti qu'elle a quitté en 2017. Elle n'est pas candidate ...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections législatives hongroises sont imminentes. Le scrutin aura lieu de 8 avril. Les enjeux sont importants : l’Etat illibéral de Viktor Orban continuera-t-il d’exister au sein de l’Union européenne ou l’opposition multipartite parviendra-t-elle à arracher la majorité à Orban ? La question va bien au-delà des seuls intérêts du peuple hongrois – si Orban continue à diriger son gouvernement de parti unique, il poursuivra sans relâche ses efforts en vue de transformer l’Union européenne.
au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés
En février a eu lieu un événement historique dans la ville agricole de Hódmezővásárhely. Dans une élection municipale partielle, un candidat indépendant soutenu par l’ensemble des partis d’opposition a battu le candidat du Fidesz-Union civique hongroise, le parti d’Orban, dans ce qui était jusqu’alors un de ses fiefs. Le Fidesz peut donc être battu.
On peut relever d’autres signes encourageants pour l’opposition : au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés. Nous avons ainsi appris que le premier ministre adjoint aimait se rendre en Suède pour s’offrir de coûteuses parties de chasse en hélicoptère. Le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban a acheté un château mais a prétendu qu’il n’en était rien. Même la famille d’Orban est éclaboussée par le scandale : l’Office européen de lutte antifraude a récemment ouvert une enquête sur une société appartenant au gendre d’Orban, accusé d’usage frauduleux systématique des fonds de cohésion de l’Union européenne. Ces affaires ont sérieusement écorné l’image du Fidesz.
Situation politique désastreuse
L’opposition hongroise peut-elle tirer avantage de ces événements ? Frustrés par les huit années durant lesquelles Orban a bénéficié d’une majorité qualifiée, pâtissant de leur éparpillement et de leur méfiance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Le parti arrivé en tête remporte automatiquement l’élection dans les circonscriptions de ce pays d’Europe centrale.
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Elections législatives en Hongrie : le système électoral favorise Viktor Orban

Le parti arrivé en tête remporte automatiquement l’élection dans les circonscriptions de ce pays d’Europe centrale.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h56
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Viktor Orban a très largement modifié le système de vote suite à son retour au pouvoir en 2010, pour favoriser sa formation, le Fidesz. Désormais très complexe, la loi électorale hongroise est organisée autour d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. 199 députés sont élus dans un Parlement monocaméral.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

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Les Hongrois votent deux fois dimanche
Les Hongrois voteront deux fois, à l’occasion des législatives dimanche 8 avril. Ils mettront un premier bulletin dans l’urne pour élire un député localement et un second pour plébisciter un parti, au niveau national.
Ainsi, 106 personnes seront désignées directement dans des circonscriptions taillées sur mesure par le Fidesz et 93 sièges reviendront indirectement à des personnalités choisies par listes à la proportionnelle.
Pour rappel, dans le Parlement sortant, Viktor Orban disposait de 131 députés. Les socialistes (MSZP) comptaient 28 élus, l’extrême droite (Jobbik) 24 et les Verts du LMP 6. Il y avait par ailleurs 10 non-inscrits.
Les partis devront obtenir 5 % des voix pour faire leur entrée à la Diète, 10 % si deux partis s’allient pour se présenter au scrutin et 15 % s’ils sont trois à faire ce choix.

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La ou le candidat arrivé(e) en tête gagne
Les parlementaires seront la plupart du temps déclarés vainqueurs sans avoir remporté la majorité, puisque avec ce mode de scrutin, c’est le candidat arrivé en tête qui gagne automatiquement.
En 2014, ce système hybride avait largement aidé le premier ministre sortant : avec 44,6 % des voix, il avait remporté les deux tiers des sièges à l’Assemblée.
L’opposition estime que cette loi empêche toute alternative, car elle interdit les coalitions contre Viktor Orban au second tour alors que « 54 % des électeurs veulent un changement et que 90 % de ces derniers voteraient pour n’importe quel candidat d’une gauche unie », comme le rappelle l’analyste Andras Pulai, de l’Institut Publicus.

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Le poids des indécis
Le rôle des indécis – un tiers de l’électorat – sera crucial pour cette journée électorale, la plus incertaine dans ce pays d’Europe centrale, depuis la transition démocratique et la fin de l’ère communiste, en 1989.
S’ils se mobilisent dans un mouvement du « tout sauf Orban » et votent pour les candidats opposés au Fidesz, ils pourraient priver le premier ministre d’une super-majorité des deux tiers, voire de sa majorité. Si, au contraire, l’abstention est aussi forte que lors des précédents scrutins, Viktor Orban ne devrait avoir aucun mal à gouverner tout seul.
Des iniquités dans les conditions de vote
Les Hongrois installés dans les anciens territoires de l’empire des Habsbourg en Serbie, Ukraine, Roumanie et Slovaquie pourront voter par correspondance, mais les immigrés installés en Europe occidentale, entre 300 000 et 500 000 personnes, devront, eux, se rendre dans les quelques consulats qui seront ouverts à l’occasion du scrutin.
Or ces derniers sont majoritairement hostiles à Viktor Orban, alors que les premiers lui sont très favorables. Une « iniquité » qui avait été critiquée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) il y a quatre ans.
Les observateurs de l’OSCE avaient aussi considéré que le déroulement de la campagne ainsi que le mode de scrutin avaient été mis au service d’un seul parti, en faveur duquel l’ensemble des médias d’Etat avait également été mobilisé.
Selon M. Pulai, la Hongrie est à ce jour « le seul pays membre de l’Union européenne » épinglé de la sorte par l’organisation, dont le siège est à Vienne, en Autriche.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.
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Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats

Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h52
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Les Hongrois votent pour les législatives dimanche 8 avril. Passage en revue des principales forces en présence pour un scrutin décisif.

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Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

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Viktor Orban (Fidesz)

   


Premier ministre depuis 2010, Viktor Orban est favori pour emporter un troisième mandat d’affilée. Cet ancien dissident du régime communiste, âgé de 54 ans, est devenu le héros de la droite européenne la plus dure, en multipliant les provocations contre les immigrés ou contre Bruxelles. Il a également repris les méthodes et les théories ultraconservatrices jusqu’ici assumées plutôt par la Russie de Vladimir Poutine.
En huit ans de pouvoir, Viktor Orban a créé une nouvelle élite d’obligés à Budapest. Médias, économie, justice, universités, société civile : on retrouve des proches du Fidesz dans toutes les sphères de la vie de ce pays d’Europe centrale, comptant 9,8 millions d’habitants. Le « parti orange » a été fondé le 30 mars 1988 par 37 étudiants et s’est d’abord considéré comme libéral, après la transition démocratique.
Construit en opposition au communisme, il a ensuite évolué vers le conservatisme. Se posant en défenseur du « travail, de la famille et de la patrie », Viktor Orban, père de cinq enfants, est souverainiste. Il a toujours su faire bon usage de son appartenance au Parti populaire européen (PPE) majoritaire dans l’Union européenne, tout en critiquant allégrement Angela Merkel. Il se réclame de valeurs chrétiennes, mais surfe aussi sur des thèmes d’extrême droite et en applique une politique économique hybride, faite notamment de nationalisations que ne renieraient pas les socialistes.
Depuis 2015, le Fidesz s’est approprié un vocabulaire conspirationniste teinté d’un antisémitisme qui vient d’être critiqué par l’ONU. Il véhicule des clichés sur les musulmans et l’immigration, ce qui lui garantit une véritable popularité dans un pays nationaliste, même s’ils sont presque inexistants.

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Gabor Vona (Jobbik)

   


Le Jobbik (Mouvement pour une Hongrie meilleure) est une formation d’extrême droite relativement récente. Créée en 2003, proche du néonazisme, elle compte d’abord parmi les plus radicales du continent et subit un isolement complet au niveau international. Engagé dans un processus de dédiabolisation qui peine à convaincre, son chef, Gabor Vona, est le fondateur d’une milice, la « Garde hongroise », qui a semé la terreur dans les ghettos roms.
Les exemples de prises de position antisémites et antidémocratiques d’élus Jobbik étaient nombreux avant 2013. Concurrencé par le Fidesz, il est en perte de vitesse et ses électeurs semblent désarçonnés par son recentrage : il ne réclame plus la sortie de l’Union européenne et reconnaît les frontières imposées à la Hongrie en 1920 par le Traité de Trianon.
Après avoir obtenu 47 députés en 2010, il n’en comptait plus que 23 en 2014, un chiffre qui pourrait encore baisser dimanche 8 avril. Il reste toutefois la deuxième force politique du pays avec 14 % des intentions de vote. Gabor Vona, qui a lié son destin politique aux résultats des élections, pourrait s’effacer après le 8 avril, si les résultats confirment des sondages invalidant sa ligne politique. Il est contesté en interne.
Gergely Karacsony (MSZP et Parbeszed)

   


Le Parti socialiste hongrois (MSZP) a décidé de se présenter en coalition avec une petite formation, Parbeszed (« dialogue ») dont le leader, né en 1975, est assez populaire. Il a été formé en 1989, à la suite de la dissolution du Parti communiste. Au pouvoir entre 1994 et 1998, le MSZP a de nouveau gouverné en 2002 et à partir de 2006. Mais la maladresse de son ex-chef de file, Ferenc Gyurcsany, qui a affirmé « avoir menti du matin au soir » sur l’état réel du pays pour gagner les élections l’a durablement affaibli et a conduit au triomphe de Viktor Orban quatre ans plus tard. Il a dû par ailleurs affronter la crise économique de 2008 et gérer une grave récession (− 6,6 %). Il est crédité d’environ 9 % des voix.
Bernadett Szel (LMP)

   


Le parti LMP (« La politique peut être différente »), fondé en 2009, se définit comme un mouvement écologiste de centre gauche luttant notamment contre la corruption. En 2014, il avait tout juste réussi à passer la barre de 5 % pour envoyer des députés siéger au Parlement. Bernadett Szel, qui mène la campagne, est la seule femme candidate au poste de premier ministre. Elle jouit elle aussi d’une solide popularité, à seulement 41 ans.
Ferenc Gyurcsany (DK)
La Coalition démocratique est une formation créée en 2011 lors d’une scission du Parti socialiste. Elle sert les ambitions de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany (2004-2009) et n’est pas sûre d’atteindre le seuil nécessaire pour faire son entrée à la chambre.
Momentum
Cette formation rassemble des jeunes personalités issues de la société civile qui s’étaient mises en mouvement pour empêcher − avec succès – une candidature de Budapest aux Jeux olympiques de 2025. Le mouvement s’est transformé en parti, en mars 2017, et son équipe n’a pas réussi à convaincre de sa solidité pour former une alternative aux élites politiques actuelles. Les chances de Momentum d’entrer au Parlement sont minces.
MKKP
Le « parti du chien à deux queues » est enregistré officiellement depuis 2014 et manie la satire pour dénoncer la mainmise de Viktor Orban sur la Hongrie. Talentueux dans la parodie, ses militants utopistes multiplient les actions publiques en mélangeant l’art à la politique. Ils se définissent comme les « poils à gratter du système ».

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.
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Stratégie de guerre : le siège, une arme fatale

Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h01
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            
Le plus vaste siège militaire de la guerre de Syrie, du point de vue de son ampleur géographique, est en train de s’achever. L’enclave de la Ghouta orientale, proche de Damas, est, après des années d’encerclement et de bombardements, et au terme de dix semaines d’offensive, sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne.
Rarement guerre contemporaine aura autant marqué un retour en force de la tactique du siège que le conflit syrien. Les forces gouvernementales, appuyées par leurs alliés iraniens et russes, ont usé systématiquement de cette tactique militaire contre la rébellion et les populations ayant soutenu la révolte face au pouvoir de Bachar Al-Assad. Il y eut, au plus fort du conflit, jusqu’à 59 villes, villages et enclaves assiégées. Des sièges ont duré de longues années, et certains durent encore.

La technique du siège – la « poliorcétique », terme utilisé autant pour l’attaque de l’assiégeant que pour la défense de l’assiégé – est aussi ancienne que l’art de la guerre, et elle n’est, dans le droit de la guerre, pas illégale. Encercler son ennemi pour le vaincre militairement, ou pour l’amener à la reddition, est une variante de la bataille, fort appréciée des chefs de guerre.
Les Egyptiens assiégeaient déjà. L’un des plus anciens connus est celui de Sharouhen, peuplée par les Hyksôs, dans le désert du Néguev, conquise au XVIe siècle avant J.-C. par le pharaon Ahmôsis Ier. Les Grecs assiégeaient aussi. Le plus célèbre siège, raconté par Homère dans l’Iliade, est celui de Troie, où l’armée du roi de Sparte, Ménélas, encercla, vers le XIIe siècle avant J.-C., les Troyens du roi Priam. Les Romains assiégeaient beaucoup et longtemps, du siège de Carthage à celui d’Alésia – après la défaite du siège de Gergovie – par Jules César face au chef gaulois Vercingétorix, et aux sièges de Jérusalem et de Massada face aux Juifs. Tous les grands guerriers ont manié cet art militaire, d’Alexandre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.
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Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban

Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 08h30
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                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Moi ou le chaos. Pour convaincre les électeurs de le soutenir dimanche 8 avril, Viktor Orban a sorti l’artillerie lourde. « Il y a le choix entre deux possibilités pour ces élections », a-t-il de nouveau répété, le 1er avril, à l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne Echo TV. « Il y a d’un côté nos candidats, qui veulent que la Hongrie reste hongroise. Et il y a les candidats de George Soros de l’autre côté, qui veulent qu’on abandonne nos traditions chrétiennes et nationales pour fondre la Hongrie dans une grande internationalité avec l’instrument remarquable de l’immigration. »
Si le premier ministre souverainiste sortant caricature ainsi les têtes d’affiche de l’opposition en marionnettes d’un milliardaire juif américain, c’est parce que le résultat du scrutin devrait être beaucoup plus imprévisible pour lui qu’en 2010 (52,7 %) et en 2014 (44,6 %). Non pas que l’ancien dissident âgé de 54 ans craigne d’être battu : il est certain d’arriver en tête pour la troisième fois d’affilée. Mais le risque persiste de voir son parti, le Fidesz, perdre sa « super-majorité » des deux tiers au Parlement, voire sa majorité tout court.
« Boulette du siècle »
Car rien ne s’est déroulé, pendant la campagne du croisé de l’Europe non libérale, comme ses stratèges l’avaient espéré. Le 10 janvier, Kristof Altusz, un secrétaire d’Etat rattaché au ministère des affaires étrangères, a d’abord commis la « boulette du siècle » en affirmant dans les colonnes d’un média maltais que la Hongrie avait accueilli sans fanfare 1 300 réfugiés en 2017, soit exactement le nombre exigé par la Commission européenne.
De quoi mettre à mal tous les éléments de langage de ces derniers mois, axés exclusivement sur le « refus de l’invasion musulmane » et du diktat de Bruxelles. L’information, qui prouve que Viktor Orban applique la politique de solidarité européenne sans le dire à ses administrés, a été largement relayée sur les réseaux sociaux.
S’il n’obtient que 27 % des voix et que l’opposition remporte 40 circonscriptions, Viktor Orban ne pourrait plus gouverner seul. Un scénario « tout à fait envisageable », selon l’analyste Andras Pulai, de l’institut Publicus. En conséquence, il lui faudrait tenter de débaucher des députés élus sous une autre étiquette, car, à l’heure actuelle, aucune formation politique ne souhaite s’ériger en partenaire minoritaire.
Selon les sondages, l’ex-plus jeune premier ministre – 35 ans au début de son premier mandat entre 1998 et 2002 – peut toujours compter sur le soutien sans faille d’un bon tiers des électeurs. Or, grâce au système électoral qu’il s’est taillé sur mesure en 2011, « avec 30 % seulement des suffrages, il peut obtenir les deux tiers des sièges à la Chambre », rappelle le politologue Laszlo Keri, même si la majorité des électeurs souhaite un changement à la tête de la Hongrie et que le taux des indécis frôle les 40 %.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin est en Hongrie et suivra la journée de vote :

Le taux de participation sera un indicateur crucial tout au long de la journée. Orban doit une grande partie de son… https://t.co/iPLt0QB6Pm— BlaiseGauquelin (@Blaise Gauquelin)


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Un seul tour de scrutin
Viktor Orban a imposé un seul tour de scrutin, afin d’empêcher les coalitions de second tour et de réduire les chances des petites formations. Quelle que soit sa performance, le candidat arrivé en tête deviendra donc député dimanche. Pour avoir une chance de l’emporter, les forces de l’opposition auraient donc dû se rallier à une candidature unique. « Mais nous ne voulons pactiser avec personne », balaie l’élu Jobbik (extrême droite), Istvan Szavay, alors que sa formation, fondée en 2003 est créditée, loin derrière le Fidesz, de la deuxième place (14 %).
La gauche et les libéraux, éparpillés entre plusieurs formations concurrentes, ne semblent pas non plus très enclins au rassemblement : il y a quatre ans, cinq partis avaient formé une alliance, sans bon résultat. Plusieurs d’entre eux ne devraient pas obtenir les 5 % nécessaires pour siéger au Parlement.

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                En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »



Le parti socialiste MSZP (9 %), créé en 1989 à la suite de la dissolution du parti unique et allié pour l’occasion à une petite formation, Dialogue, souffre toujours de son image d’héritier d’une ère honnie : celle de l’Union soviétique, mais aussi celle de la récession d’il y a dix ans, dont Viktor Orban ne manque jamais de rappeler la gravité, notamment en raison des choix économiques hasardeux effectués par la social-démocratie alors au pouvoir.
Elle pâtit également de la concurrence de la Coalition démocratique (DK), fondée en 2011 par l’ancien premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsany. Ce dernier persiste à vouloir peser dans le jeu politique de Budapest, malgré son impopularité abyssale, les Hongrois lui imputant une grande part de la crise économique qui leur a fait prendre du retard dans le rattrapage avec l’Ouest. Quand aux écologistes du LMP, ils ne sont crédités que de 5 % des intentions de vote, même si leur représentante au niveau national, Bernadett Szel, 41 ans, figure parmi les personnalités les plus populaires du pays.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Fondé en 2014 par Omar Beraktar, un photographe syrien, le café-galerie d’art Arthere, sur la rive asiatique d’Istanbul, accueille des artistes syriens naufragés de la guerre, qui cherchent à se reconstruire.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤                     


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A Kadiköy, un refuge pour artistes syriens en exil

Fondé en 2014 par Omar Beraktar, un photographe syrien, le café-galerie d’art Arthere, sur la rive asiatique d’Istanbul, accueille des artistes syriens naufragés de la guerre, qui cherchent à se reconstruire.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 13h42
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            LETTRE D’ISTANBUL
Une fois le bateau à quai, terminus Kadiköy sur la rive asiatique d’Istanbul, il faut tourner à gauche et s’engouffrer dans la rue Beydagi pour trouver le café-galerie d’art Arthere. En ce samedi de mars, propice à la flânerie et aux rencontres, l’endroit ne désemplit pas.
Sur le trottoir, un groupe de jeunes peintres discutent, un verre à thé de forme arrondie à la main. Dans la salle, où le poêle à bois n’a plus besoin d’être alimenté tant le soleil chauffe à travers les baies vitrées, des architectes installés autour de la grande table discutent d’un projet. L’oreille rivée à son portable, la graphiste Öykü Dogan, une permanente, est occupée à l’organisation d’une exposition. Des visiteurs de passage venus jeter un œil sur les dessins et les toiles exposées cherchent « le serveur ». Ils veulent des cafés.

« Ici, chacun se sert », explique Omar Beraktar de sa voix douce, en montrant le coin cuisine : gâteaux et tartes salées sur la table, le samovar toujours brûlant, la machine à expressos, le cezve, le récipient qui sert à préparer le café oriental. A Arthere, le café, parfumé à la cardamome, est syrien, comme la plupart des artistes du lieu. Naufragés de la guerre, ils cherchent à se reconstruire dans l’exil. Ils sont une goutte d’eau parmi les 540 000 réfugiés syriens qui ont été accueillis à Istanbul depuis le début du conflit en 2011.
La « ville monde », peuplée de quinze millions d’habitants, en est saturée selon le ministère de l’intérieur qui a cessé de leur délivrer des permis de séjour. Les installations se feront dorénavant dans d’autres régions. Les déplacements à l’intérieur du pays ont été limités.
« Les remettre dans le circuit »
Soucieux de donner un coup de pouce à ses compatriotes artistes, Omar, un photographe syrien réfugié en Turquie, a fondé Arthere (Arthereistanbul.com) en 2014. « Ça valait le coup », quand bien même toutes ses économies y sont passées....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Le Vitaspirit, battant pavillon maltais, est devenu incontrôlable en raison d’un problème technique.
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Un cargo de 225 mètres éventre une villa historique à Istanbul

Le Vitaspirit, battant pavillon maltais, est devenu incontrôlable en raison d’un problème technique.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 20h11
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 23h27
   





                        



   


Un cargo de 225 mètres qui traversait le détroit du Bosphore, à Istanbul, est sorti de route samedi 7 avril, s’encastrant dans une villa ottomane en bois en bord de mer. L’incident, qui n’a fait aucune victime, a provoqué l’interruption du trafic maritime, ont rapporté les médias turcs.
Le Vitaspirit, battant pavillon maltais, est devenu incontrôlable en raison d’un problème technique, a rapporté l’agence de presse spécialisée dans les affaires maritimes Deniz Haber, qui évoque un blocage du gouvernail. Le cargo a percuté de plein fouet l’une des nombreuses villas construites par des dignitaires ottomans au 19e siècle au bord du Bosphore, appelées « yali » en turc.
Projet de canal
Le yali Hekimbasi Salih Efendi, un édifice en bois peint en rouge de trois étages particulièrement bien conservé, a été éventré et s’est en grande partie effondré. Désormais inhabité, le bâtiment était loué pour des cérémonies de mariage ou des concerts, selon le site internet qui lui est dédié.
Ce spectaculaire accident s’est produit sous le pont Fatih Sultan Mehmet, l’un des trois ouvrages d’art qui enjambent le Bosphore pour relier les rives européenne et asiatique d’Istanbul. L’ampleur des dégâts causés au navire, qui se dirigeait vers l’Ukraine après être parti d’Egypte le mois dernier, n’était pas connue.
Le gouvernement a saisi le prétexte cet accident pour justifier la construction controversée d’un nouveau canal à Istanbul, prévu désengorger la circulation sur le Bosphore. En 2017, plus de 42 000 navires commerciaux, militaires ou de plaisance ont emprunté le Bosphore, l’un des détroits les plus congestionnés du monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Le conducteur, qui s’est suicidé dans sa camionnette, était un Allemand de 48 ans, présentant des troubles psychologiques. Deux personnes ont été tuées.
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Allemagne : à Münster, un véhicule fonce sur la foule, la piste islamiste exclue

Le conducteur, qui s’est suicidé dans sa camionnette, était un Allemand de 48 ans, présentant des troubles psychologiques. Deux personnes ont été tuées.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 06h30
   





                        



   


A Münster, c’était la première journée vraiment chaude du printemps, samedi 7 avril. Le centre-ville était bondé et les terrasses très animées. C’est le moment qu’a choisi un homme à bord d’une camionnette pour foncer délibérément dans la foule.
Le bilan, samedi soir, était lourd : deux salariés du restautant ont été tués et une trentaine de personnes ont été blessées, dont six dans un état grave selon le ministère de l’intérieur du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Herbert Reul. Juste après avoir commis son attaque, l’assaillant s’est suicidé avec une arme à feu « dans son véhicule », ont précisé les autorités.
Troubles psychologiques
« Rien n’indique pour le moment qu’on ait affaire à des motivations islamistes » dans cette affaire, a déclaré Herbert Reul à la presse, à Münster. Les éléments pour soutenir l’hypothèse d’un déséquilibré ayant agi seul s’accumulaient en effet samedi soir. Lors d’une conférence de presse, la police a ainsi confirmé que l’homme, âgé de 48 ans, était originaire d’Olsberg, localité située dans la région de Sauerland, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il vivait à deux kilomètres du lieu du drame.
Selon les informations des sites du Spiegel et de la Süddeutsche Zeitung, le suspect présentait des troubles psychologiques. La chaîne de télévision publique ZDF assure pour sa part qu’il avait tenté « il y a peu » de se suicider.
La police de Münster a perquisitionné dans son appartement et continue de rechercher les motifs exacts de son acte, pour l’instant non encore élucidés. A ce stade, la police, qui communique notamment sur Twitter, appelle à « éviter toute spéculation ».
« Nouvelles terribles »
Un périmètre de sécurité a été mis en place dans le centre, et les habitants ont été appelés à éviter la zone, notamment pour permettre aux équipes de secours d’intervenir. Des images diffusées à la télévision montraient plusieurs véhicules de police et de pompiers stationnés dans le centre de Münster, une ville de plus de 300 000 habitants située non loin de la frontière avec les Pays-Bas.
Le gouvernement allemand a indiqué, via l’une de ses porte-parole, Ulrike Demmer, que ses pensées allaient aux victimes et à leurs proches après « les nouvelles terribles venues de Münster ». La chancelière Angela Merkel s’est dite « profondément bouleversée » par « les terribles événements » de Münster. « Tout sera fait pour élucider cette affaire et soutenir les victimes et leurs proches », a-t-elle ajouté sur Twitter.
En France, le président Emmanuel Macron a présenté ses condoléances à l’Allemagne pour « l’attaque de Münster ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait renoncé à se présenter en mars faute d’avoir obtenu une autorisation de sortie de prison.
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Catalogne : Jordi Sanchez, toujours incarcéré mais de nouveau candidat à la présidence régionale

Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait renoncé à se présenter en mars faute d’avoir obtenu une autorisation de sortie de prison.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h07
   





                        



   


La quatrième tentative sera-t-elle la bonne ? Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a annoncé, samedi 7 avril, avoir de nouveau désigné un candidat pour le poste de la présidence régionale de Catalogne, position toujours vacante plus de trois mois après les élections. Il s’agit de l’indépendantiste incarcéré, Jordi Sanchez, car « c’est lui qui réunit le plus de soutiens », a justifié M. Torrent dans un tweet.
Trois tentatives infructueuses
Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait déjà été choisi comme candidat au poste en mars. Mais l’ancien dirigeant catalan étant emprisonné, il devait demander une autorisation de sortie pour se rendre au Parlement. Elle lui avait été refusée en mars, ce qui l’avait conduit à renoncer à se présenter. Une situation qui pourrait évidemment se reproduire, Jordi Sanchez étant toujours derrière les barreaux.
L’ancien président Carles Puigdemont, en exil, avait également été proposé au poste, mais avait dû jeter l’éponge en raison des obstacles judiciaires à son investiture. L’ancien porte-parole de l’exécutif catalan, Jordi Turull, également proposé à la fonction, n’avait pour sa part pas rassemblé suffisamment de voix pour être élu au premier tour.

        Lire aussi :
         

                En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes



Cette impasse politique tient en haleine l’Espagne. Tant qu’elle n’aura pas de président et donc de gouvernement, la Catalogne restera sous la tutelle que lui a imposée Madrid après la tentative de sécession.
Aux élections régionales du 21 décembre, les partis séparatistes ont conservé la majorité absolue des sièges au Parlement (70 sur 135), mais leurs divisions et les poursuites judiciaires ont empêché l’investiture d’un candidat.
L’ex-président catalan Carles Puigdemont a assuré, samedi, au lendemain de sa libération en Allemagne, que l’indépendance de la Catalogne n’était pas l’unique solution. « J’ai toujours dit que c’était notre proposition, mais bien sûr nous sommes prêts à écouter et à travailler si les autorités espagnoles ont un projet espagnol pour la Catalogne », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à Berlin, où il séjourne désormais. L’indépendantiste a également dit souhaiter une « médiation internationale » pour tenter de sortir de la crise.
« Il faut commencer à admettre que l’indépendantisme catalan démocratique est une réalité déterminante ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Anti-immigration, anti-islam, euro-pessimiste, Viktor Orban jongle entre des déclarations polémiques et une attitude conciliante au sein du Parlement européen, où il est proche d’Angela Merkel. De quoi lui assurer une place à part en Europe.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.
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En Allemagne, les Mémoires d’un politicien de l’Est, best-seller surprise

Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Mardi 20 mars, Francfort-sur-l’Oder. Au Kleist Forum, le centre culturel de cette ville des confins du Brandebourg, située sur la frontière avec la Pologne, on joue ce soir-là à guichets fermés. Voilà déjà plusieurs jours que les 600 places de l’auditorium ont été vendues. Dehors, dans un froid glacial, une dizaine d’entêtés espèrent trouver des billets de dernière minute. La plupart repartiront bredouilles, sans avoir pu approcher la vedette de la soirée : Gregor Gysi, venu présenter et dédicacer son autobiographie, Ein Leben ist zu wenig (« Une vie, c’est trop peu », éd. Aufbau, non traduit), un des plus gros succès de librairie, ces derniers mois, en Allemagne.
Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois
A priori, ce livre de 580 pages n’était pas programmé pour devenir un best-seller. A 70 ans, l’auteur est certes une figure de la gauche allemande, pilier du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, mais il n’a jamais exercé de responsabilités de premier plan. Dès sa sortie, le 19 octobre 2017, l’ouvrage a pourtant rejoint la liste des meilleures ventes, se hissant même pendant plusieurs semaines en tête du classement du Spiegel dans la catégorie non-fiction. Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois. « Il est exceptionnel que les Mémoires d’un homme politique connaissent un tel succès, qui plus est quand l’auteur n’a pas exercé le pouvoir », observe Jörg ­Magenau, auteur d’une passionnante étude sur les best-sellers qui ont marqué l’Allemagne depuis 1945 (Bestseller, Hoffmann und Campe, 288 pages, non traduit).
Comment, dès lors, expliquer un tel engouement ? Certes, Gregor Gysi est un excellent tribun, à la fois jovial et mordant, aussi à l’aise au Bundestag que dans les talk-shows télévisés. « C’est quelqu’un qui s’exprime avec ses tripes. Je pense que son succès traduit un désir de politique et de débat en Allemagne », analyse ­M. Magenau. Parmi le public présent à Francfort-sur-l’Oder,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.
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Européennes : l’imbroglio des têtes de liste

Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h18
    |

            Lucie Soullier, 
Olivier Faye et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
A les entendre, les élections européennes constituent une échéance « cruciale » pour leur formation. Un rendez-vous stratégique, à ne pas prendre à la légère. Le scrutin de mai 2019 étant le premier vrai test sur la scène nationale depuis la présidentielle et les législatives de 2017. Mais à un peu plus d’un an de ce rendez-vous électoral, les trois principaux partis ne disposent toujours pas d’un chef de file identifié. Que ce soit La République en marche (LRM), Les Républicains (LR) ou le Front national (FN), aucun n’a encore déniché une tête d’affiche, susceptible de mener la campagne et de mobiliser les troupes.
Le nouveau mode de scrutin pousse pourtant à présenter des candidats identifiés par le grand public et disposant d’une vraie force de frappe médiatique : contrairement aux élections de 2014, qui se déroulaient dans huit grandes régions, les prochaines européennes auront pour cadre une circonscription nationale unique. Un changement acté par l’Assemblée nationale en février, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, qui mise sur cette nouvelle configuration pour lutter contre l’abstention et repolitiser nationalement le débat.

Sauf que son propre mouvement ne sait toujours pas qui sera la personnalité en mesure de porter le discours pro-européen du chef de l’Etat et de tenir la dragée haute aux autres figures de l’opposition. Alors que le parti présidentiel lance officiellement sa campagne, samedi 7 avril, ses dirigeants ne cachent pas leur embarras, en évoquant un « choix compliqué ».
Macron tranchera
Un temps, le nom de Daniel Cohn-Bendit a circulé mais l’ex-député européen a indiqué au Monde, en février, « ne pas être candidat ». Lui aussi pressenti, Alain Juppé a finalement exclu cette possibilité. Le sujet fait débat au sein de LRM, où certains plaident pour une personnalité de la société civile, afin d’incarner le « renouvellement des visages ». D’autres évoquent la nécessité de choisir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.
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Européennes : au grand bazar des gauches

A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 09h24
    |

            Abel Mestre et 
                                Astrid de Villaines








                        



                                


                            

C’est l’un des seuls points communs des formations de gauche : toutes sont à la recherche de la bonne formule et de la bonne tête de liste pour les élections européennes de mai 2019. A un an des échéances, la division règne et fait craindre un éparpillement des voix. Tour d’horizon.

Le Parti socialiste dans l’embarras 
Le seul nom qui émerge pour prendre la tête de liste du Parti socialiste (PS) est celui de Pierre Moscovici. « Si je dois faire quelque chose, je le ferai à l’automne 2018. Je ne précipiterai rien », confie le commissaire européen, s’inscrivant pleinement dans le calendrier d’Olivier Faure, qui annoncera son choix courant septembre. Mais le scénario est redouté par l’aile gauche du PS : « On ne peut pas avoir comme tête de liste un représentant de la Commission Juncker », estime l’eurodéputé Emmanuel Maurel, qui va prochainement lancer un club pour « rassembler la gauche ». « Moscovici, ce serait rédhibitoire », abonde la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Mais le PS a du mal à trouver une autre tête d’affiche. Christiane Taubira a été sollicitée, mais elle a décliné. Najat Vallaud-Belkacem, souvent citée, balaie l’éventualité : « Je suis heureuse là où je suis. Ça n’est pas en six mois qu’on se construit l’expérience et les réalisations auxquelles j’aspire », confie au Monde celle qui a rejoint le groupe Ipsos.
La France insoumise en solitaire 
Sûre d’elle et volontiers dominatrice, La France insoumise (LFI) devrait partir seule aux élections européennes. En tout cas, pas avec des partenaires français (des initiatives communes avec les Espagnols de Podemos sont en revanche prévues). Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon reste sur sa stratégie de défense d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 06/04/2018
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Piketty : « La Russie poutinienne se caractérise par une dérive kleptocratique sans limites »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h45
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Le mois prochain, Karl Marx aura 200 ans. Qu’aurait-il pensé du triste état de la Russie, pays qui n’a cessé de se réclamer du « marxisme-léninisme » pendant la période soviétique ?
Sans doute aurait-il décliné toute responsabilité face à un régime apparu longtemps après sa mort. Marx a grandi dans un monde d’oppression censitaire et de sacralisation de la propriété privée, où même les propriétaires d’esclaves devaient être grassement compensés si l’on attentait à leur bien (pour les « libéraux » comme Tocqueville, cela allait de soi).
Difficile pour lui d’anticiper les succès de la social-démocratie et de l’Etat social au XXe siècle. Marx a 30 ans lors des révolutions de 1848 et disparaît en 1883, quand naît Keynes. L’un et l’autre ont été des chroniqueurs aiguisés de leur temps ; sans doute a-t-on eu tort de les prendre pour des théoriciens achevés du futur.
« Société des voleurs »
Toujours est-il que, quand les bolcheviques prennent le pouvoir en 1917, leurs plans d’action sont loin d’être aussi « scientifiques » qu’ils ne le prétendent. La propriété privée sera abolie, c’est entendu. Mais comment seront organisés les rapports de production, et qui seront les nouveaux maîtres ? Par quels mécanismes les décisions seront-elles prises et les richesses réparties au sein du gigantesque appareil d’Etat et de planification ?
Faute de solutions, on se replie sur l’hyperpersonnalisation du pouvoir ; et faute de résultats, on trouve vite des boucs émissaires, on enferme et on purge à tout-va.
A la mort de Staline, en 1953, 4 % de la population soviétique est en prison, dont plus de la moitié pour des « vols de propriété socialiste » et autres petits larcins permettant d’améliorer l’ordinaire. C’est la « société des voleurs » décrite par Juliette Cadiot, et elle signe le dramatique échec d’un régime qui se voulait émancipateur. Pour dépasser un tel niveau d’enfermement, il faut considérer le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.
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Comment la Sicile médiévale a retrouvé son honneur

Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Les élections législatives qui ont eu lieu début mars en Italie ont fait rejouer une configuration politique et sociale à laquelle nous sommes désormais trop habitués et une autre, plus ancienne, que nous avons souvent tendance à oublier. Ce à quoi nous sommes habitués est l’image d’une Italie divisée entre un Nord riche, productif et égoïste, et un Sud pauvre, dépendant des aides sociales, gangrené par la corruption et le crime organisé.
Main basse sur le commerce sicilien
Ce cliché est profondément ancré dans les représentations du XXe siècle, ce qui a conduit les historiens à en chercher le point d’origine. La Sicile a été l’un des terrains privilégiés de ces investigations depuis le célèbre livre de David ­Abulafia, The Two Italies. Economic Relations Between the Norman ­Kingdom of Sicily and the Northern Communes (Cambridge University Press, 1977, non traduit).
L’historien britannique faisait remonter au XIIe siècle le processus fatal. A cette époque, ce que les hommes du Nord venaient chercher dans le Sud n’était pas encore les voix des électeurs – comme l’ont fait plusieurs partis lors des législatives –, mais des produits agricoles, la Sicile étant notamment un grenier à blé. La fertilité de l’île aurait incité ses aristocrates à se contenter de l’argent que leur offraient les marchands du Nord, encouragés à s’installer par les privilèges que leur offraient les souverains normands.
Alors que le Nord faisait progressivement main basse sur le commerce sicilien et en utilisait les profits pour développer un artisanat prospère, les Siciliens se seraient laissé enfermer dans l’agriculture, négligeant de développer leur propre artisanat. Ce retard technique se serait ensuite accompagné d’un retard politique, la structure agraire du pays donnant la première place à l’aristocratie féodale, alors que dans le Nord émergeaient des gouvernements communaux. Ainsi, bien avant que Matteo ­Salvini, le secrétaire fédéral...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.
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Le Mouvement 5 étoiles italien est-il et de gauche et de droite?

La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jérémy Dousson est directeur général adjoint de la coopérative Alternatives économiques. Il est l’auteur d’Un populisme à l’italienne ? Comprendre le mouvement 5 Etoiles (Les Petits Matins, 208 p., 15 €).
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), gagnant des élections législatives italiennes, le 4 mars, a été fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, aujourd’hui retiré de la politique. Il s’est constitué sur l’idée de faire de la politique autrement, en misant sur la démocratie directe, mais il est aussi porteur d’une forme d’hétérodoxie économique et d’écologie radicale. Où a-t-il puisé ce mélange ?
Beppe Grillo a très tôt sensibilisé son public à la question des énergies renouvelables et au problème de l’obsolescence programmée. Dès la fin des années 1990, il appuyait certains de ses spectacles sur des ouvrages de Jeremy Rifkin, avec des thèmes empruntés à des livres comme La Fin du travail ­ [La Découverte, 1997] ou L’Economie hydrogène [La Découverte, 2002]. A l’époque, l’essayiste et prospectiviste américain n’avait pourtant pas pignon sur rue.
Beppe Grillo a mené des entretiens avec lui et les publiait sur son blog – qui était, en 2008, l’un des dix sites les plus visités du monde. Il y critiquait la classe politique (la « caste »), les journalistes, le système économique tel qu’il fonctionnait, mais il y proposait aussi des alternatives : la démocratie directe et la « 3e révolution industrielle » en faisaient partie. ­Rifkin explique que les révolutions industrielles adviennent quand deux choses se cristallisent : une révolution de la communication et une révolution dans la production de l’énergie. Pour lui, Internet et les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien), mis bout à bout, vont créer cette nouvelle révolution industrielle. Dans le nouveau programme du M5S, cela se traduit par la volonté d’aller vers une économie « 100 % green » à l’horizon 2050. Une des phrases marquantes...




                        

                        

