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Allemagne : arrestation de six personnes soupçonnées de préparer une attaque lors du semi-marathon de Berlin

Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h20
   





                        


La police allemande a annoncé, dimanche 8 avril, avoir interpellé six personnes soupçonnées d’avoir pu planifier un « acte violent » lors du semi-marathon de Berlin, qui s’est tenudans l’après-midi sans incident.
« Nous avons eu certaines indications que les personnes interpellées, âgées de 18 à 21 ans, pourraient être impliquées dans des préparatifs en vue d’un acte violent en lien avec cette manifestation », ont indiqué la police et le parquet de la ville dans un communiqué. Plusieurs logements de la ville ont été perquisitionnés.
Proche de Anis Amri
Les arrestations ont été ordonnées aussi en raison du contexte de sécurité tendu en Allemagne, suite au drame survenu la veille à Münster (nord-ouest du pays) où un homme de 48 ans a foncé sur des clients d’un café-restaurant avec une camionnette, selon la police.

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Les autorités n’ont pas donné d’autres détails. Elles n’ont en particulier pas confirmé des informations du quotidien Die Welt. Celui-ci affirme que le plan d’action était une attaque au couteau, qui devait être commise pendant la course à pied rassemblant 36 000 personnes. Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016 dans la capitale allemande, qui avait fait douze morts.

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Document

Chagos, l’archipel du non-retour

En 1973, l’armée américaine a expulsé les habitants de ce territoire de l’océan Indien. Aujourd’hui, la communauté se répartit entre Maurice, les Seychelles et l’Angleterre.

Par                Lucas Gatignol



LE MONDE
              datetime="2018-04-08T18:15:17+02:00"

        Le 08.04.2018 à 18h15





Située au milieu de l’océan Indien, Diego Garcia est l’île principale de l’archipel des Chagos. Elle abrite aujourd’hui la plus grande base militaire américaine en dehors du territoire des Etats-Unis. Mais derrière cette gigantesque infrastructure se cache une douloureuse histoire d’exil forcé que la communauté chagossienne s’efforce de faire reconnaître depuis près de quarante ans.

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Cette histoire débute avec l’arrivée de colons européens et d’esclaves africains arrachés à leurs communautés d’origine pour extraire le coprah des cocotiers. Au fur et à mesure des générations, les esclaves affranchis et leurs descendants s’approprient ce nouvel espace. Leur environnement leur fournit de nombreuses ressources et une culture créole émerge.
Victimes collatérales
Mais le répit est de courte durée. A partir des années 1960, la violence coloniale et l’expérience de la déportation font de nouveau irruption dans la vie des Chagossiens. Des négociations secrètes entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni aboutissent à la mise en place d’un bail américain sur l’archipel pour y construire une base militaire. L’armée américaine réclame l’évacuation de l’archipel, les Chagossiens deviennent les victimes collatérales de la guerre d’influence qui traverse la région.
En toute opacité, les quelque 2 000 habitants sont progressivement expulsés par les autorités britanniques : ceux qui s’absentent de l’archipel apprennent ensuite qu’ils ne peuvent plus y retourner, les provisions arrivant aux Chagos se raréfient et les actes d’intimidation se multiplient. Ces stratagèmes se poursuivent jusqu’en 1973. L’armée britannique déloge par la force les derniers habitants, obligés de s’entasser sur un navire avec le strict minimum.

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Une partie des Chagossiens est envoyée aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux est dirigée vers l’île Maurice. Pour justifier cette déportation, les Britanniques les présentent comme de simples travailleurs détachés. A leur arrivée, ils ne disposent donc d’aucune compensation financière ni prise en charge. Les pertes humaines sont lourdes, le traumatisme profond et, près d’un demi-siècle plus tard, la plupart d’entre eux vivent encore dans l’extrême pauvreté.
Survivre en exil
Aujourd’hui, diverses associations chagossiennes luttent pour la réparation des préjudices subis, la sauvegarde de leur culture et le droit au retour. Leur mobilisation a notamment permis l’octroi de la nationalité britannique, en 2000. Beaucoup en ont alors profité pour migrer vers Crawley, à 50 km de Londres, dans l’espoir d’une vie plus douce.
Les regards sont désormais tournés vers la Cour internationale de justice, chargée par Maurice de se prononcer sur la légalité de la souveraineté britannique sur l’archipel. Alors que le nombre de natifs des Chagos toujours en vie ne cesse de se réduire – 700 personnes à Maurice –, l’attente se prolonge pour la communauté. Ces quelque 10 000 personnes, si l’on inclut les descendants des expulsés, sont encore marginalisées, partagées entre l’espoir d’un retour et la nécessité de survivre en exil.
C’est cette expérience contemporaine de l’exil chagossien que les images du photographe Morgan Fache racontent. Il s’agit là d’extraits d’un long projet en cours, débuté dans les banlieues de Port-Louis puis à Crawley, en attendant de se poursuivre aux Seychelles. Un ouvrage, combinant photographies et contributions d’anthropologues, est prévu pour offrir un aperçu inédit du quotidien de cette diaspora chagossienne en quête de justice.
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        Port-Louis, île Maurice, décembre 2014"
            data-slide-description="Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis."
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            data-slide-description="Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières."
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            data-slide-description="Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires."
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        Aéroport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »"
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            data-slide-description="C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents."
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        Crawley, Royaume-Uni, juin 2017"
            data-slide-description="Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie."
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            data-slide-description="La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football."
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            data-slide-description="Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains."
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            data-slide-description="Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »"
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            data-slide-description="Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007."
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Port-Louis, île Maurice, décembre 2014            
Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.

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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos
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Entre Maurice et l’Angleterre, la vie en suspens des exilés des îles Chagos

LE MONDE |

08.04.2018 à 18h01

L’archipel des Chagos, c’est une cinquantaine d’îles dans l’océan Indien, dont celle de Diego Garcia. Possession britannique, l’île a été louée aux Etats-Unis, qui, en 1973, ont expulsé toute sa population pour y construire une base militaire. Une partie des Chagossiens se sont retrouvés aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux ont été dirigés vers l’île Maurice, sans compensation financière ni prise en charge. Après l’obtention de la nationalité britannique, certains se sont installés au Royaume-Uni, notamment à Crawley, à 50 km de Londres.
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        Port-Louis, île Maurice, décembre 2014"
            data-slide-description="Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis."
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Port-Louis, île Maurice, décembre 2014            
Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.



MORGAN FACHE / ITEM



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\n    \n","titre":"Port-Louis, \u00eele Maurice, d\u00e9cembre 2014","legende":"Rosemay est née à Peros Banhos, une île des Chagos. Elle a été déportée, comme les autres Chagossiens, puis s’est mariée à un Mauricien, mort depuis. « Là-bas, c’était plus beau qu’ici, à 100 %. » Elle vit de sa maigre pension à Port-Louis.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":0,"position":1,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212.html","isCurrent":true},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Les oubliés du miracle mauricien se retrouvent dans le quartier de Batterie-Cassée. Les inégalités montent dans l’île, l’insécurité aussi. Les quartiers aisés deviennent des forteresses, les quartiers pauvres des poudrières.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":1,"position":2,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_1.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Pamela est d’origine chagossienne, mais elle n’a jamais vu l’archipel. Elle n’en connaît que ce qu’Azulé, son mari, lui raconte quand il rentre des longues périodes de pêche qui l’emmènent dans les différentes îles de l’océan Indien.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":2,"position":3,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_2.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Quartier de Batterie-Cassée, rue Diego-Garcia : un nom emprunté à l’île principale des Chagos, devenue depuis une base militaire américaine.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":3,"position":4,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_3.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Quand ils n’ont pas école, les enfants restent à la maison car, pour aller à la plage, il faut traverser les quartiers en tôles, enjamber les toxicomanes, franchir le boulevard en évitant les voitures, prendre un bus et contourner les grands hôtels pour touristes.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":4,"position":5,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_4.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"L’assistance n’est pas très nombreuse pour l’enterrement d’Emilie Louise Codor, la doyenne des Chagossiens. Un simple trou creusé dans le sol, pas de stèle, pas de croix, pas de nom. Emilienne reposera ici, loin de sa terre natale.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":5,"position":6,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_5.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Dans le salon de « Petit Frère », le vide laissé par le passé est comblé de manière artificielle : bondieuseries, fleurs en plastique, peluches... « Aux Chagos on n’avait rien et on avait tout pour être heureux. Ici, il n’y a rien de bon pour nous. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":6,"position":7,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_6.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Au siège du Chagos Refugees Group, Olivier Bancoult montre les panneaux sur la déportation, les militaires, les tombes écrasées, les pèlerinages chaque année... Sur les murs s’étale la lutte des 40 dernières années, les rencontres, les soutiens, les victoires.","source":"MORGAN FACHE\/ITEM","index":7,"position":8,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_7.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Miroze a quitté les Chagos en 1968. Sa mère, Rita Bancoult, était une grande militante du mouvement chagossien. « Ici, il y a beaucoup de problèmes de racisme avec les hindous. En Angleterre non, et il y a du travail. C’est pour ça que mes enfants sont partis. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":8,"position":9,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_8.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Anaïs a 17 ans. Née à Maurice d’une mère chagossienne et d’un père mauricien, elle veut devenir hôtesse de l’air pour voir plus souvent sa grand-mère et sa tante, qui vivent en Angleterre.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":9,"position":10,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_9.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"A\u00e9roport de Gatwick, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"Allen a grandi et étudié à l’île Maurice. C’est lui qui est à l’origine des premières arrivées de Chagossiens en Angleterre, il voulait que son peuple ait un avenir meilleur. « J’avais 25 ans et j’ai eu cette vision, je voulais venir en Angleterre. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":10,"position":11,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_10.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"C’est dans cet hôtel qu’a été hébergé le premier groupe de seize Chagossiens venus s’installer à Crawley, en 2002, après avoir campé quatre jours dans l’aéroport de Gatwick. Ils restèrent six mois dans cet hôtel avant d’obtenir leurs papiers de résidents.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":11,"position":12,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_11.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"Crawley, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"Journée de football organisée par la communauté chagossienne de Crawley. Le joueur de dos appartient à l’équipe Chagos Island Association, qui a participé à la Coupe du monde des peuples sans Etat, en 2016, en Abkhazie.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":12,"position":13,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_12.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"La communauté chagossienne de Crawley est venue supporter les équipes de football.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":13,"position":14,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_13.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Ces  jeunes filles appartiennent à la troisième génération, celle qui est née à Maurice mais a connu principalement l’Angleterre et compte y construire son avenir. « Aller aux Chagos, oui, mais en vacances », disent certains.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":14,"position":15,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_14.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Lucie ne souhaite pas rentrer à Maurice. « Mon pays, c’est l’Angleterre. Les Anglais ont fait beaucoup de mauvaises choses avec les Chagossiens, mais ici le gouvernement me donne une pension et m’aide pour les médicaments, les lunettes, le médecin. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":15,"position":16,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_15.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Anne-Marie a été déportée à Maurice à l’âge de 7 ans. « Quand nous sommes arrivés, les Mauriciens nous traitaient de Zoulous. » Elle a arrêté l’école à 14 ans, a travaillé dans une usine de textile, s’est mariée à 18 ans et s’est installée en Angleterre en 2007.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":16,"position":17,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_16.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Un prédicateur prononce des louanges devant l’entrée de l’église de Langley Green. Cette paroisse est principalement fréquentée par les communautés chagossienne et mauricienne. Le pasteur Roro est lui-même mauricien.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":17,"position":18,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_17.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":null,"legende":"Stéphane, 25 ans, est arrivé en Angleterre en 2006 avec son père. Il travaille dans le bâtiment et vient d’avoir un petit garçon. Il souhaite retourner sur les Chagos. « Je voudrais y construire une maison. Ici, ce n’est pas ma vie. Là-bas, il y a tout à faire. »","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":18,"position":19,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_18.html","isCurrent":false},{"html":"\n    \n","titre":"Londres, Royaume-Uni, juin 2017","legende":"C’est un jour important dans le combat que mène Olivier Bancoult, le président du Chagos Refugees Group. Il a fait le voyage de Port-Louis à Londres pour défendre devant la Cour suprême les intérêts de son peuple en exil.","source":"MORGAN FACHE \/ ITEM","index":19,"position":20,"total_count":20,"item_lie":null,"link":"\/afrique\/portfolio\/2018\/04\/08\/entre-maurice-et-l-angleterre-la-vie-en-suspens-des-exiles-des-iles-chagos_5282569_3212_19.html","isCurrent":false}],
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L’archipel des Chagos, c’est une cinquantaine d’îles dans l’océan Indien, dont celle de Diego Garcia. Possession britannique, l’île a été louée aux Etats-Unis, qui, en 1973, ont expulsé toute sa population pour y construire une base militaire. Une partie des Chagossiens se sont retrouvés aux Seychelles, mais la majorité d’entre eux ont été dirigés vers l’île Maurice, sans compensation financière ni prise en charge. Après l’obtention de la nationalité britannique, certains se sont installés au Royaume-Uni, notamment à Crawley, à 50 km de Londres.'
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Syrie : ce que l’on sait sur la nature des bombardements sur Douma

Des témoignages font état d’une attaque à l’arme chimique de grande ampleur, samedi, contre Douma, qui a fait entre quarante et cinquante morts.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h07
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Près d’un an après l’attaque au sarin contre la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, qui avait fait plus de 80 morts, des témoignages font état d’un nouveau bombardement à l’arme chimique de grande ampleur, contre la ville de Douma, en banlieue de Damas.
Selon des bilans encore provisoires, dressés par des ONG proches de l’opposition au régime Assad, ces frappes, survenues samedi 7 avril et attribuées à l’aviation syrienne, ont fait entre une quarantaine et une cinquantaine de morts.
Dimanche en milieu d’après midi, les autorités syriennes ont annoncé un accord pour l’évacuation des combattants de Jaych Al-Islam. Les responsables de ce groupe n’ont pour l’instant pas confirmé être prêts à quitter Douma.
Quelle est la situation à Douma ?
Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale, une zone en périphérie de la capitale syrienne, à ne pas avoir été reconquise par les troupes gouvernementales.
Celles-ci mènent dans cette région une violente offensive, lancée mi-février, qui a causé la mort de 1 600 civils et débouché sur la reddition de milliers de rebelles, transférés, avec leurs familles, vers le nord de la Syrie.
Le groupe salafiste Jaych Al-Islam, qui contrôle Douma, a rejeté jusque-là les offres d’évacuation de la Russie, allié du régime syrien, ce qui a conduit l’armée syrienne a reprendre ses bombardements, vendredi, après une dizaine de jours d’accalmie.
Que s’est-il passé dans la nuit de vendredi à samedi ?
Selon l’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society) qui compte de nombreux docteurs et infirmiers sur place, près de 500 personnes atteintes de suffocation ont afflué dans les hôpitaux de Douma, samedi, en fin de journée.
Les patients présentaient des symptômes « d’exposition à un agent chimique », selon l’organisation, comme des difficultés respiratoires, un ralentissement du rythme cardiaque et des brûlures de la cornée. « De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore », affirme un communiqué de SAMS.
Que sait-on sur la nature du produit qui aurait été utilisé ?
Aucune enquête n’a pu être menée pour l’instant pour déterminer avec précision le type d’agent chimique employé dans l’attaque. Les symptômes observées sur les victimes incitent les médecins sur place à penser qu’il s’agit de chlore et de sarin.
« Ces informations, si elles sont confirmées, sont effroyables et exigent une réponse immédiate de la communauté internationale », a réagi samedi la porte parole du département d’Etat américain, Heather Nauert.
Les autorités syriennes ont fait usage à de nombreuses reprises de bombes au chlore, un produit à usage dual, ne figurant pas dans la liste des agents chimiques, dont Damas est censé s’être débarrassés depuis le bombardement au sarin de la Ghouta, en août 2013, qui a fait des centaines de mort.
Samedi, parmi les centaines de personnes qui ont afflué dans les centres médicaux de Douma, six ont décédé, selon SAMS, dont une femme atteinte de convulsions et d’un rétrécissement des pupilles, des symptômes associés à l’usage de sarin, un produit beaucoup plus létal que le chlore.
Samedi, plus tard dans la soirée, des secouristes ont découvert 42 personnes mortes dans leurs habitation. Les vidéos tournées sur place, montrant des cadavres sans blessure, figés dans leur sommeil pour certains, gisant dans un escalier ou un appartement pour d’autres, laissent supposer que leur mort a été foudroyante.
« Les symptômes rapportés indiquent que les victimes ont été asphyxiées par un produit chimique toxique, très probablement un agent organophosphoré », affirme SAMS.
Les casques blancs, une organisation de secouristes dans les zones rebelles, appuient les conclusions de SAMS, ainsi que l’UOSSM (Union des organisation de secours et de soins médicaux) et Syria Charity, une ONG humanitaire, qui dispose d’une équipe d’ambulanciers à Douma et parle de 55 morts en tout.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, avec un réseau d’informateurs dans toute la Syrie, a assuré n’être pas en mesure de « confirmer ou démentir » ces allégations.
Que sait-on sur les stocks de produits chimiques de la Syrie ?
Le sarin fait partie de la famille des organophosphorés. Il est l’un des produits récoltés et ensuite détruits, durant le processus de démantèlement de l’arsenal chimique syrien, conduit entre 2013 et 2014, par l’ONU et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, suite à un accord russo-américain.
L’attaque de Khan Cheikhoun en 2017 a cependant démontré que le régime Assad avait délibérément sous-déclaré son stock de sarin de facon à conserver une certaine quantité de ce produit.
Comment réagit la communauté internationale ?
En 2017, dans la nuit du 6 au 7 avril, deux jours après le massacre de Khan Cheikhoun, les Etats-Unis avaient lancé une cinquantaine de missiles de croisière sur un aérodrome militaire syrien, le détruisant en partie et causant la mort de quelques soldats syriens.
Ce samedi, sur Twitter, Heather Nauert a déclaré que « la Russie, avec son soutien sans faille au régime (syrien), porte en définitive la responsabilité de ces attaques brutales », tout nouveau bombardement chimique devant être « immédiatement empêché ».

        Lire aussi :
         

                Syrie : une attaque chimique présumée sur Douma suscite une réprobation internationale



Sur Twitter, dimanche, le président américain a envoyé des signaux contradictoires. Tout en incriminant l’Iran, la Russie et « Assad l’animal » et en parlant d’un « grand prix à payer », il a appelé à « ouvrir la zone [de Douma] immédiatement à de l’aide médicale et des vérifications ».
L’Union européenne a condamné « dans les termes les plus vifs le recours aux armes chimiques » et appelé « à une réaction immédiate de la part de la communauté internationale ».
La France, par la voix du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, s’est dite très préoccupée « devant les informations faisant état d’un nouvel usage d’armes chimiques particulièrement violentes ». « La France s’emploie activement, en liaison avec ses alliés et les organisations internationales concernées, à vérifier la réalité et la nature de ces frappes », a déclaré M. Le Drian, ajoutant que Paris demande que le conseil de sécurité des Nations Unies se réunisse dans les meilleurs délais pour examiner la situation dans la Ghouta orientale.
Mi-février, Emmanuel Macron avait déclaré : « Sur les armes chimiques, j’ai fixé une ligne rouge, je la réaffirme très clairement. Si nous avons des preuves avérées que les armes chimiques proscrites par les traités (...) sont utilisées, nous frapperons l’endroit d’où ces envois sont faits ou sont organisés. La ligne rouge sera respectée par une réplique ».
La presse officielle syrienne pour sa part a accusé les insurgés de diffuser des fausses informations pour tenter de ralentir la progression des forces gouvernementales.
L’armée russe, qui appuie l’offensive loyaliste, a elle aussi rejeté les accusations de l’opposition.
« Nous sommes prêts, une fois que Douma sera libérée, à envoyer immédiatement des spécialistes russes en défense nucléaire, chimique et biologique pour recueillir les données qui confirmeront que ces assertions sont montées de toutes pièces », a déclaré le général russe Youri Evtouchenko.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans cette bourgade proche d’Alger, près de 300 personnes furent massacrées par le GIA le 28 août 1997. Aujourd’hui, repentis et victimes vivent côte à côte, tant bien que mal.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤         

Reportage

Retour à Raïs, vingt ans après les massacres qui ont endeuillé l’Algérie

Dans cette bourgade proche d’Alger, près de 300 personnes furent massacrées par le GIA le 28 août 1997. Aujourd’hui, repentis et victimes vivent côte à côte, tant bien que mal.

Par                                            Zahra Chenaoui (Alger, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-04-08T17:30:29+02:00"

        Le 08.04.2018 à 17h30






                        

Crédits : AFP


                    

Sur la table basse en bois, il a ouvert un dossier. A l’intérieur, des feuilles blanches sur lesquelles sont agrafées des dizaines de photos d’identité commentées de noms, dates et circonstances de décès. L’homme n’a pas d’autorisation officielle pour créer une association de victimes du terrorisme, pourtant, sur son étagère, il garde soigneusement ces chemises de papier colorées : « Elles sont là, dans l’éventualité où un jour quelqu’un vienne demander des comptes. »
Sur l’une des feuilles figurent les portraits de deux sœurs aux cheveux bruns, Nawel et Wafa, 19 et 14 ans. Le 28 août 1997, elles furent assassinées dans une maison de Raïs, une bourgade située à une vingtaine de kilomètres d’Alger, par des hommes du Groupe islamique armé (GIA), tout comme 300 autres habitants.
« Le triangle de la mort »
A l’époque, Ahcène était un « patriote », nom donné aux civils armés chargés d’aider les militaires dans la lutte antiterroriste. Il a fait partie de ceux qui ont ramassé les corps. « 34 membres de ma famille ont été massacrés. Le bébé d’une de mes cousines n’avait que 6 mois », raconte-t-il.
Quelques semaines plus tard, à 10 km de là, un autre massacre a eu lieu dans le quartier de Bentalha. La région – la plaine de la Mitidja – était surnommée « le triangle de la mort » : en pleine décennie noire, les meurtres, les faux barrages, les explosions et les enlèvements y étaient récurrents. Elle fut aussi le théâtre des massacres de civils qui marquèrent les années 1997-1998.

Les souvenirs de la violence remontent souvent dans la mémoire d’Ahcène. Parfois, c’est lorsqu’il croise l’un de ses voisins, ancien sympathisant des groupes terroristes, réhabilité grâce à la Charte de réconciliation nationale. Adoptée en 2005, celle-ci proposait une amnistie aux membres de groupes terroristes ayant quitté le maquis et à condition qu’ils n’aient pas commis de crimes de sang. « La réconciliation nationale, c’est...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.
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Elections en Hongrie : mobilisation historique pour les législatives

Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h38
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        


Dans toute la Hongrie, des files d’attente impressionnantes se sont formées devant les bureaux de vote. Alors que le premier ministre souverainiste Viktor Orban doit son pouvoir sans partage aux forts taux d’abstention de 2010 et de 2014, cette année, les électeurs se sont apparemment donné le mot pour se diriger vers les urnes.
À quinze heures, le taux de participation atteignait un niveau historique de 53,64 %, contre 46,78 % quatre ans plus tôt.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Dans un paysage politique très polarisé par l’action menée au niveau gouvernemental, les électeurs de deux camps bien distincts se côtoient sur les trottoirs, pour des élections ressemblant plus à un référendum qu’à des législatives, la question cruciale semblant être : « pour ou contre un troisième mandat de Viktor Orban ? »

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« Nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale »
Dans les rangs des fans du premier ministre sortant, on compte beaucoup de personnes âgées, comme Jozsef Kupavits, un architecte à la retraite de 75 ans, pour qui le Fidesz, le parti de M. Orban, reste le « seul à pouvoir mener le pays ». Cet électeur évoque de bons résultats, obtenus par la majorité, concernant l’économie.
« Quoi qu’on nous dise, nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale », répond-il en évoquant les critiques émises par les Nations unies, suite à la campagne xénophobe menée par les souverainistes entourant le chef de l’exécutif.
« Tous ces bruits qui courent sur l’argent soi-disant volé, ce sont des mensonges de l’opposition », affirme-t-il également, avant de se rendre dans son bureau de vote, situé dans le sixième arrondissement de la capitale, Budapest.
« Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban »
Autour de lui, beaucoup de jeunes Hongrois affirment au contraire qu’il est de leur devoir de faire la queue pendant au moins une heure et demie, afin de « participer au changement ». « Il y a de graves problèmes non résolus dans notre système éducatif, explique par exemple Istvan Denes. Allez aux urgences dans les hôpitaux et vous verrez l’état réel dans lequel se trouve notre pays ! Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban, qui ne fait que gaspiller l’argent public dans des choses qui n’ont aucun sens. Les infrastructures pour le football par exemple ; elles sont disproportionnées. C’est devenu le symbole de la corruption ! » 
Vingt-trois partis sont officiellement enregistrés et 1 547 candidats se présentent dans tout le pays.

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Imre, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, habite quand à lui dans l’est de la Hongrie. Mais il va voter à Budapest, comme la loi l’y autorise. Il estime que le Fidesz est allé bien trop loin dans sa dénonciation de l’Union européenne et des réfugiés.
« Chrétiens, juifs, musulmans, ce n’est pas possible de respecter tout le monde ? », se demande ce jeune homme, qui compte plébisciter le petit parti Momentum, notamment dans le but d’exprimer ses valeurs proeuropéennes.
La forte participation pourrait retarder l’annonce des résultats du scrutin, pour l’instant prévue vers minuit. Car tout électeur se présentant avant 19 heures doit pouvoir glisser son bulletin dans l’urne et les premières estimations ne doivent être dévoilées qu’à la fermeture du dernier bureau de vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Si les critères d’appartenance à cette classe intermédiaire font encore débat, le constat d’une amélioration du niveau de vie sur le continent est plus largement partagé, malgré des disparités géographiques persistantes.
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édition abonné


A la recherche de la classe moyenne africaine

Si les critères d’appartenance à cette classe intermédiaire font encore débat, le constat d’une amélioration du niveau de vie sur le continent est plus largement partagé, malgré des disparités géographiques persistantes.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h00
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

A Nairobi voisinent des réalités difficilement conciliables. Celle de Kibera, par exemple, l’un des plus grands bidonvilles d’Afrique, situé dans le sud de la capitale kényane, où s’entassent des centaines de milliers de personnes au milieu des détritus. Et celle de ces centres commerciaux à l’architecture clinquante qui poussent comme des champignons après la pluie, le long des avenues embouteillées. Inauguré en 2016, à moins de quinze kilomètres de Kibera, le Hub Karen est l’un de ces nouveaux temples de la consommation. Carrefour et Burger King y ont déjà élu domicile, parmi plus de quatre-vingts enseignes, et Decathlon devrait suivre, avec l’ouverture d’un magasin prévue au deuxième semestre.
Le Kenya est un pari logique pour le spécialiste français des articles de sport, qui se développe depuis trois ans en Afrique en suivant deux directions : « Les pays avec un pouvoir d’achat déjà conséquent, comme le Maroc ou l’Afrique du Sud, et ce que j’appelle l’axe Dakar-Nairobi, c’est-à-dire les pays où la classe moyenne va devenir de plus en plus importante », explique Valéry Guers, responsable de l’entreprise sur place.

Une classe moyenne émergente en Afrique subsaharienne : le concept s’est emparé de l’imaginaire des investisseurs depuis près d’une décennie. Un phénomène étroitement corrélé aux années de forte croissance, qui ont vu le produit intérieur brut (PIB) africain progresser de plus de 5 % par an en moyenne entre 2004 et 2014. D’un coup, le continent a cessé d’être uniquement cette terre de pauvreté, comme à Kibera, de guerres et d’élections truquées.
Promesses de développement
De nouvelles statistiques ont commencé à circuler, comme autant de promesses de développement : une urbanisation galopante (à un rythme de 4 % par an), une explosion du marché du mobile, une progression constante des dépenses des ménages… D’Unilever à Nestlé, en passant par le numéro un mondial des spiritueux, Diageo, tous les groupes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ La France va créer une agence, abondée par des fonds saoudiens, pour mettre en valeur ce site classé au patrimoine de l’Unesco. Un chantier estimé entre 50 et 100 milliards d’euros.
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Accord franco-saoudien pour le développement du site archéologique Al-Ula

La France va créer une agence, abondée par des fonds saoudiens, pour mettre en valeur ce site classé au patrimoine de l’Unesco. Un chantier estimé entre 50 et 100 milliards d’euros.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h29
    |

                            Roxana Azimi








                        


Après avoir vendu son savoir-faire à Abou Dhabi pour la construction du Louvre des sables, la France s’apprête à signer, mardi 10 avril, un accord de dix ans avec l’Arabie saoudite pour le développement du site archéologique d’Al-Ula, ouvert au public depuis 2008. L’annonce sera faite au cours de la visite en France du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman.

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Cette zone désertique située à 1 h 30 de Riyad, vaste comme la Belgique, compte des paysages d’une grande variété, des parois de roches volcaniques noires et des canyons ocre-rouge, des étendues de sable blanc et des palmeraies. Et abrite surtout des ruines nabatéennes à coupler le souffle, comparables à celles de Petra, en Jordanie. Un chantier chiffré entre 50 et 100 milliards d’euros, dont une part à négocier tombera dans les caisses de l’Etat français.
Tout commence à l’été 2017 quand le prince héritier met en place une commission royale pour le site d’Al-Ula. A sa tête, l’un de ses proches, le prince Badr Bin Abdullah Bin Mohamed, celui-là même qui, selon le New York Times se serait porté acquéreur du Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci et destiné à enrichir la collection du Louvre Abou Dhabi. Egalement mobilisé : le très tonique Amr Al-Madani, CEO au profil très anglo-saxon. L’idée, qui s’inscrit dans la « Vision 2030 » de MBS est simple : faire de ce site un haut lieu de la culture et du tourisme, mais aussi une zone franche, vecteur de transformation sociale et économique d’un pays qui avait jusque-là gommé toutes ses racines pré-islamiques.
Les Saoudiens ont un modèle en tête : Marrakech
Le royaume wahhabite étant sans doute la dernière destination touristique au monde, MBS s’est tourné vers un pays expert en la matière, la France. Après un premier échange avec le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron prend le relai début novembre 2017 et missionne Gérard Mestrallet, président du conseil d’administration d’Engie, pour négocier l’accord. Ce choix ne tient pas au hasard : le groupe énergétique produit entre 10 et 15 % de l’électricité de l’Arabie saoudite.
Les Saoudiens ont alors un modèle en tête : Marrakech. L’idée n’est pas seulement de valoriser le site archéologique, mais de transformer la vieille ville d’Al-Ula, aujourd’hui sinistre, en une cité touristique à la marocaine animée par des artisans et des artistes. Actuellement, le site reçoit 20 à 30 000 visiteurs par an. le pays en espère entre 1,5 et 2,5 millions lorsque le site sera totalement ouvert vers 2035.
Pour amener les Saoudiens à considérer les compétences françaises, Gérard Mestrallet a l’idée d’inviter l’équipe d’Al-Ula... aux Baux-de-Provence. Dans les Carrières de lumière, un lieu géré par Cultures espaces, filiale d’Engie, il montre la maestria de la France en matière de son et lumière. A Gordes, dans le Lubéron, il suggère aux Saoudiens de s’inspirer des règles d’urbanisme régissant les parcs naturels.

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Sans attendre, Gérard Mestrallet conçoit un accord-cadre. Le premier volet est archéologique. Depuis une dizaine d’années, une équipe franco-saoudienne mène des fouilles avec peu de moyens. Pour passer la vitesse supérieure, des apports technologiques sont prévus, avec l’usage de satellites, drones et dirigeables. Deux institutions sont envisagées. Un premier musée, situé sur le site, devrait traiter de l’histoire des tombes nabatéennes et autres inscriptions visibles à Al-Ula.
Une agence présidée par Gérard Mestrallet
Un autre, plus axé sur la recherche et couplé à des chaires doctorantes dans les grandes universités françaises, portera sur la civilisation arabique. L’ensemble est ambitieux, supposé de trois fois l’envergure du Louvre Abou Dhabi. En complément, est prévu un volet lié à l’agrotourisme, ainsi que des activités sportives (trekking, vélo et promenades à cheval). Une filière du cheval arabe avec élevage, reproduction et dressage fait partie du « package ».
Afin de mettre tous ces projets en musique aussitôt après l’officialisation de l’accord, la France créera en mai une agence, abondée par des fonds saoudiens mais dont l’Etat est seul actionnaire. Présidée par Gérard Mestrallet, elle pourrait être dirigée par Didier Selles. L’ancien administrateur général du Louvre, aujourd’hui à la Cour des comptes, a négocié l’accord entre la France et les autorités émiriennes pour le Louvre Abou Dhabi. En plus de l’agence, les saoudiens vont abonder un fond de dotation en faveur du patrimoine français et le grand chantier d’Al-Ula sera mené en même temps qu’un autre projet d’envergure : le Red Sea project à 200 km de là où le royaume ambitionne de créer une station balnéaire.
La France espère bien que le pilotage du projet permettra aux entreprises tricolores de décrocher une part prédominante des contrats de construction des routes, infrastructures, et aéroport. D’autres accords sont aussi prévus, entre l’Arabie saoudite et Campus France, pour la formation des jeunes Saoudiens aux métiers du tourisme, de l’archéologie et de l’agriculture. L’Institut du monde arabe sera aussi associé à l’organisation en 2019 d’une exposition itinérante en France sur le thème d’Al-Ula.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Des organisations de défense des droits de l’homme critiquent Israël pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants palestiniens de la « marche du retour ».
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Il « n’y a pas de gens naïfs » dans la bande de Gaza, selon le ministre de la défense israélien

Des organisations de défense des droits de l’homme critiquent Israël pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants palestiniens de la « marche du retour ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h20
   





                        



   


Le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, a affirmé, dimanche 8 avril, qu’il « n’y a pas de gens naïfs » dans la bande de Gaza, où l’armée israélienne a tué dix Palestiniens et blessé plus de 400 personnes lors de manifestations vendredi 6 avril près de la frontière entre Gaza et Israël. Le vendredi précédent, le 30 mars, dix-huit Palestiniens avaient été tués et près de 750 autres blessés par balle.
M. Lieberman a employé un mot en hébreu pouvant également signifier « innocents », comme l’AFP et d’autres médias l’ont dans un premier temps traduit. Son cabinet a ensuite précisé que le sens qu’il voulait donner au terme était « naïfs ».

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Des milliers de Palestiniens ont pris part, ces deux derniers vendredis, à des manifestations le long de la frontière. Ils demandent le retour des réfugiés sur les terres d’où ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir en 1948, lors de la création de l’Etat hébreu et réclament également la fin du blocus de Gaza par Israël. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou accuse le Hamas d’être derrière ce mouvement de protestation.
« Il n’y a pas de gens naïfs dans la bande de Gaza. Tout le monde est connecté au Hamas », le mouvement islamiste qui contrôle ce territoire enclavé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, a affirmé le ministre sur la radio publique israélienne. « Tout le monde reçoit un salaire du Hamas et tous les militants qui essaient de nous défier et de franchir la frontière sont des militants de la branche armée du Hamas », a encore accusé le ministre. Comme l’écrivait vendredi notre correspondant Piotr Smolar, « la majorité des commentateurs israéliens présentent une vision monochrome des manifestants : ils sont manipulés par le Hamas ». Les déclarations du ministre israélien Avigdor Lieberman, ultranationaliste, vont aussi dans ce sens.
Trente morts palestiniens depuis le 30 mars
Cette prise de parole a lieu alors qu’Israël fait face à de vives critiques des organisations de défense des droits de l’homme, y compris israéliennes, pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants de la « marche du retour » organisée par les Palestiniens. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a par ailleurs condamné samedi 7 avril « les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes », après la mort d’un journaliste palestinien, le photo reporter Yasser Mourtaja, blessé vendredi par des tirs de soldats israéliens en marge d’affrontements près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.
Après la journée du 30 mars lors de laquelle vingt Palestiniens avaient été tués, l’Union européenne et l’ONU avaient demandé l’ouverture d’une enquête indépendante. Le ministre de la défense, Avigdor Lieberman, avait alors qualifié ces requêtes d’« hypocrites ». L’Union européenne s’est de nouveau interrogée dimanche sur l’usage proportionné ou non de la violence par Israël face à ces manifestations.
Aussi, le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), avait demandé vendredi 6 avril à cette instance d’adopter une déclaration appelant à la retenue à Gaza et une enquête indépendante sur les affrontements israélo-palestiniens, une semaine après une vaine tentative dans le même sens. Sans surprise, Washington s’était à nouveau opposé à une saisie du Conseil de sécurité.

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Au total, en incluant deux Palestiniens tués au cours de heurts distincts, le bilan des Palestiniens tués depuis le 30 mars est de trente, selon le ministère de la santé de Gaza. Il n’y a eu aucune victime côté israélien. Israël affirme que ses soldats ont ouvert le feu seulement par nécessité contre des protestataires tentant de s’infiltrer sur son territoire et pour empêcher des attaques.
« Les règles d’engagement restent les mêmes, la mission aussi », assure le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, le porte-parole des forces armées. Il précise que les balles réelles ne sont utilisées qu’« en dernier ressort, quand l’émeutier essaie d’endommager les infrastructures de sécurité et de pénétrer en Israël ». Un principe nullement respecté le 30 mars, comme Le Monde avait pu alors le constater, cette fois-là du côté palestinien.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ L’annonce par Riyad d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars lors de la conférence Cedre de soutien à l’économie libanaise, qui s’est tenue à Paris le 6 avril, traduit un « rapprochement », selon le président Michel Aoun.
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« Les relations avec l’Arabie saoudite reviennent à la normale », estime le président libanais

L’annonce par Riyad d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars lors de la conférence Cedre de soutien à l’économie libanaise, qui s’est tenue à Paris le 6 avril, traduit un « rapprochement », selon le président Michel Aoun.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 14h22
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 16h29
    |

            Hélène Sallon








                        


« Un incident ». Cinq mois après l’annonce par le premier ministre libanais, Saad Hariri, de sa démission depuis Riyad, apparemment sous la pression du prince héritier saoudien Mohamed Ben Salman, le président libanais, Michel Aoun, estime que « les relations avec l’Arabie saoudite reviennent à la normale ». « Ce qui est arrivé il y a un certain temps, il y a des mois, était accidentel. C’est dû peut-être à quelqu’un qui a mal conseillé le prince Mohamed Ben Salman. Cette faute a été commise, c’est dépassé maintenant », a confié M. Aoun depuis le palais de Baabda, à Beyrouth, dimanche 8 avril, à l’émission Internationales diffusée sur TV5Monde, en partenariat avec Le Monde et Radio France Internationale.
L’annonce par Riyad du renouvellement d’une ligne de crédit d’un milliard de dollars lors de la conférence Cedre de soutien à l’économie libanaise, qui s’est tenue à Paris le 6 avril, traduit un « rapprochement ». « L’Arabie saoudite est un pays ami », insiste le chef de l’Etat libanais de 81 ans, qui se rendra à Riyad, le 15 avril, pour le sommet annuel des chefs d’Etat arabes.

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Promesse d’une aide internationale de 11 milliards de dollars
Près de 11 milliards de dollars ont été promis au Liban – 10,2 milliards de prêts et 860 millions en dons, dont 550 millions d’euros par la France – pour moderniser sur les cinq prochaines années son économie, en panne depuis le début du conflit en Syrie en 2011 et l’afflux de plus d’un million de réfugiés, soit un quart de la population libanaise.
« Cela va nous aider à remonter la pente économique. Les guerres ont (occasionné) beaucoup de crises : la crise mondiale qui a touché notre économie, la guerre qui nous a assiégé surtout du côté de la Syrie qui est notre accès à notre espace vital et la grande crise des déplacés syriens qui sont 50 % de notre population, une proportion qu’aucun pays ne peut supporter. Nous en avons subi les conséquences : le chômage est à 46 %, le crime ordinaire, à 60 %. Notre infrastructure ne peut servir tous ces réfugiés : avec les Palestiniens, ce sont deux millions sur 4 millions », justifie le président libanais.

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En échange de cette aide internationale, le Liban s’est engagé à Paris à lutter contre la corruption, moderniser le fonctionnement des marchés publics et favoriser une meilleure gouvernance fiscale. Seule une partie des engagements financiers pris lors de trois précédentes conférences de soutien, notamment en 2002 et 2007, avait été honorée, du fait de l’échec de Beyrouth à adopter les réformes structurelles promises.
« En ce qui concerne les lois et la réalisation de certains projets, ce n’est pas difficile. En ce qui concerne la corruption, c’est plus difficile. (…) Les personnes qui (participent à cette corruption) ou la protègent sont très influentes dans le pays et elle est généralisée à tous les secteurs. On va travailler avec les gens qui ont une certaine moralité », reconnaît le président Aoun.
La tenue des élections parlementaires, le 9 mai, les premières depuis 2009, après que le Parlement a prolongé son propre mandat à trois reprises, suscite un faible espoir de voir ce renouvellement au sein de la classe politique.
« Le nouveau système électoral va permettre à tout le monde de se présenter au Parlement. Avec le système à la proportionnelle, la minorité et la majorité vont être représentés : tout le peuple. Certains vont défendre les droits du peuple et favoriser le changement », assure M. Aoun.
Justification de l’engagement du Hezbollah en Syrie
Le président Aoun se défend que le mouvement chiite Hezbollah, force politique incontournable sur la scène libanaise et dont le mouvement armé est souvent dénoncé comme constituant un Etat dans l’Etat et est classé organisation terroriste par les Etats-Unis, soit un « allié encombrant ».
A son retour de quinze d’exil en France en 2005, à la fin de l’occupation du Liban par la Syrie à laquelle il s’était opposé, l’ancien commandant des forces armées libanaises et premier ministre de transition à l’issue de la guerre civile (1988-1990), a signé une alliance politique avec le parti de Dieu. Le Hezbollah a soutenu son élection à la présidence du Liban, le 31 octobre 2016, après deux ans et demi de vacance de la fonction, dévolue à un chrétien selon la règle de répartition confessionnelle des postes.
Défenseur du principe de neutralité du Liban, le président Aoun justifie cependant l’engagement du Hezbollah aux côtés du régime de Bachar Al-Assad. « Au moment de l’envoi des (forces du Hezbollah en Syrie), les terroristes avaient investi le nord du Liban. (...) La guerre était comprise autrement par les Libanais : ce n’était pas une guerre de libération mais une guerre de terroristes qui combattaient tout le monde », estime le président libanais. « C’est devenu une guerre régionale, avec 84 pays engagés en Syrie. On voulait que tout le monde se désengage de la Syrie. Ils [les combattants du Hezbollah] reviennent bientôt », ajoute-t-il.
M. Aoun refuse de se prononcer sur le sort qui doit être réservé à Bachar Al-Assad. « (M. Assad) est président de son pays et jusqu’à nouvel ordre, il va rester. Nous devons traiter avec le gouvernement existant parce qu’on n’a pas d’autres moyens. (...) Tant que ce peuple ne l’a pas évincé, le problème reste syrien. Avec la guerre on n’a pas pu le vaincre (…) Si il y a un problème intérieur, ils doivent le négocier pour trouver la solution », dit-il.
Il se dit par ailleurs en désaccord avec le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies, qui estime que la situation en Syrie ne permet pas le retour des réfugiés. « Ils peuvent rentrer car il n’y a plus de guerre que dans certaines enclaves très limitées », dit-il, estimant qu’une majorité des réfugiés syriens « ont fui la guerre. Ils n’ont pas fui le pays politiquement ».
« Jérusalem est en Palestine »
Il exclut que le Liban puisse être menacé de déstabilisation si le président américain Donald Trump décide d’annuler l’accord sur le nucléaire iranien, le 12 mai. « Les tensions politiques durent depuis des dizaines d’années. Personne ne veut la guerre. Chacun prend des décisions plus ou moins fortes. C’est une démonstration de force. »
Revenant sur la décision du président Trump de transférer l’ambassade américaine à Jérusalem, le président Michel Aoun critique une « atteinte au droit international ». « On n’a jamais vu un pays faire cadeau de quelque chose qu’il ne possède pas », s’insurge le chef de l’Etat libanais, qui prévient qu’« il y aura toujours la guerre de résistance des Palestiniens ». 
Interrogé sur la perspective que certains Etats de la région puissent appuyer un plan de paix américain qui acte la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, le président libanais martèle : « Jérusalem est en Palestine. Personne n’a le droit de parler au nom des Palestiniens qui, eux, ont la partie Est. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Les bombardements ont fait au moins 80 morts depuis vendredi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.
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Syrie : une attaque chimique présumée sur Douma suscite une réprobation internationale

Les bombardements ont fait au moins 80 morts depuis vendredi, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 14h14
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h27
   





                        



   


Le régime syrien a repris ses raids aériens sur Douma, dans la Ghouta orientale, rapporte dimanche 8 avril l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), au lendemain d’une attaque chimique présumée.
Les bombardements, qui visent pour la troisième journée consécutive les habitants de la dernière poche de résistance rebelle près de Damas, ont fait au moins 80 morts depuis vendredi, estime l’OSDH, qui dispose d’un vaste réseau de sources sur le terrain.
Plusieurs voix se sont élevées dimanche pour dénoncer l’usage d’armes chimiques par le régime Assad. A commencer par celle de la France, qui, par l’intermédiaire du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a exprimé son « extrême préoccupation ». La France assumera « toutes ses responsabilités au titre de la lutte contre la prolifération chimique », a déclaré dimanche le ministre, alors que Paris a plusieurs fois dit qu’elle frapperait militairement en cas d’usage avéré d’armes chimiques.
« La France demande que le Conseil de sécurité des Nations unies se réunisse dans les meilleurs délais pour examiner la situation dans la Ghouta orientale. »
De son côté, le président américain, Donald Trump, a promis que le président syrien Bachar al Assad paiera « le prix fort » pour le bombardement chimique dont les rebelles de Douma accusent les forces gouvernementales.

Many dead, including women and children, in mindless CHEMICAL attack in Syria. Area of atrocity is in lockdown and… https://t.co/A1m0GgLV1L— realDonaldTrump (@Donald J. Trump)


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« Beaucoup de morts, dont des femmes et des enfants, dans une attaque CHIMIQUE insensée en Syrie. La zone des atrocités est bouclée et encerclée par l’armée syrienne, ce qui la rend inaccessible au monde extérieur. Le président Poutine, la Russie et l’Iran sont responsables de leur soutien à l’animal Assad. Le prix fort sera payé », écrit le président des Etats-Unis sur Twitter.
Le département d’Etat américain estimait dimanche matin que « ces informations, si elles sont confirmées, sont effroyables et exigent une réponse immédiate de la communauté internationale ».
La Grande-Bretagne a appelé à la mi-journée « à une enquête urgente ». « Si ces informations sont correctes, elles seraient une preuve supplémentaire de la brutalité d’Assad contre des civils innocents et du mépris de ses soutiens pour le droit international », ont estimé les affaires étrangères. La Turquie a aussi condamné dimanche avec vigueur une « attaque aux armes chimiques », ajoutant qu’elle soupçonnait « fortement » le régime syrien d’en être responsable.
Moscou, allié du régime syrien, a de son côté « démenti fermement cette information ». Le régime Assad a été maintes fois accusé de lancer des attaque au gaz sur des régions rebelles, ce qu’il a toujours nié. Dimanche, il a dénoncé la même « rengaine ennuyeuse », selon l’agence officielle Sana.
Au moins 40 morts samedi
Selon les rebelles de Jaich Al-Islam, qui contrôlent la Douma, les forces gouvernementales ont eu recours samedi à des armes chimiques contre des civils. Les casques blancs, ces secouristes qui opèrent en zones rebelles en Syrie, ont aussi accusé le régime d’avoir eu recours à des « gaz toxiques » à Douma et donné, sur leur compte Twitter, des bilans contradictoires, évoquant entre 40 et 70 morts.
Dans un communiqué commun avec l’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society), ils ont, en outre, fait état de « plus de 500 cas, en majorité des femmes et des enfants », qui présentent « les symptômes d’une exposition à un agent chimique ».
Les patients souffrent de « difficultés respiratoires, de brûlures de la cornée ; une mousse excessive s’échappe de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore », selon le texte.
Détermination du régime

Plus que jamais, le régime est déterminé à reconquérir toute la Ghouta. Grâce à l’appui militaire de Moscou, il contrôle déjà plus de la moitié du pays, ravagé depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 350 000 morts.

        Lire aussi :
         

                Syrie : la Ghouta orientale, dernière poche rebelle près de Damas, en passe d’être reconquise



Les forces gouvernementales ont déjà reconquis 95 % de l’enclave rebelle, à la faveur d’un pilonnage meurtrier initié le 18 février mais aussi d’accords d’évacuation parrainés par la Russie. Quelque 1 600 civils ont péri dans cette offensive.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Le gouvernement de Viktor Orban sature les médias pour détourner l’attention des problèmes domestiques.
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La propagande illibérale sature la campagne électorale

Le gouvernement de Viktor Orban sature les médias pour détourner l’attention des problèmes domestiques.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 12h45
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Dans toute la Hongrie, partout la même affiche. On y voit le milliardaire juif américain d’origine hongroise George Soros, hilare, serrant dans ses bras les responsables les plus connus de l’opposition. Qu’ils soient de gauche, libéraux ou même d’extrême droite, tous sont munis de grosses cisailles et s’attaquent à la désormais célèbre barrière mise en place à la frontière sud par le premier ministre hongrois souverainiste, après la vague historique de migration, en 2015. Cette image aux codes visuels primaires et agressifs sous-entend que ceux qui s’opposent à Viktor Orban sont payés par un riche étranger pour organiser l’invasion migratoire de ce pays d’Europe centrale. Son esthétique douteuse et les clichés antisémites qu’elle véhicule évoquent des sites Internet conspirationnistes.

Pourtant, elle a été conçue par le Fidesz, le parti du chef du gouvernement, en place depuis 2010 et qui souhaite obtenir un troisième mandat, à l’occasion des législatives du 8 avril prochain. Elle fait écho à la logorrhée paranoïaque de M. Orban, qui a récemment affirmé posséder la liste de 2 000 personnes œuvrant selon lui à sa destitution et à l’installation d’un nouveau gouvernement acceptable pour M. Soros, son bouc émissaire préféré. « Nous savons exactement qui elles sont, nous connaissons leurs noms, pour qui et comment elles travaillent, dans le but de faire de la Hongrie un pays d’immigration, » a-t-il déclaré, sur un ton menaçant.
On pourrait penser que l’ex-avocat ne maîtrise plus sa communication, mais il n’en est rien. Ses éléments de langage, toujours les mêmes, sont déroulés sur tous les supports depuis de très longs mois. Ils sont traduits en anglais et en allemand, puis envoyés aux journalistes de Vienne, Berlin, Paris et Londres. Tous les élus de son bord les reprennent et les déclinent sur le terrain.
L’opposition pétrifiée
« Il s’agit pour le gouvernement de tenter de manipuler les esprits », juge...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, aux multiples zones d’ombre et controverses, a débuté le 8 avril une visite officielle en France.
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« MBS », réformateur aux deux visages

Le prince héritier saoudien, Mohammed Ben Salman, aux multiples zones d’ombre et controverses, a débuté le 8 avril une visite officielle en France.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 09h10
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h55
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



                                


                            

Le roi bis d’Arabie arrive à Paris. Le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, le trentenaire aux deux visages, l’homme qui a rouvert les cinémas dans le royaume et autorisé les femmes à conduire mais a aussi déclenché deux crises et une guerre au Proche-Orient en moins de trois ans, a entamé, dimanche 8 avril, une visite officielle en France.
Ce déplacement sur les bords de Seine, son premier en tant que numéro deux de la monarchie, ouvre un nouveau chapitre des relations franco-saoudiennes. Et il promet d’être très long. Son père – le souverain en titre, Salman Ben Abdel Aziz – étant âgé de 82 ans, c’est « MBS » comme on le surnomme, qui devrait, à 32 ans, sauf accident de parcours, occuper le trône de Riyad pendant trois, quatre, voire cinq décennies. Un règne dont le prologue est pour l’instant très contrasté, fait de projets visionnaires et de calculs à courte vue.
Personne n’a décelé, lorsqu’il a débarqué sur le devant de la scène politique, dans le sillage de son père, couronné roi en janvier 2015, le bloc d’ambition froide qui l’habitait. Avec son allure un peu gauche, sa réputation d’homme fruste et impulsif, Mohammed Ben Salman, nommé ministre de la défense, n’était pas pris au sérieux. « C’est un butor », tranchait à cette époque un observateur averti.
L’homme fort de l’ère Salman, roi à la santé fragile, devait être son neveu, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Ben Nayef, 55 ans. Un expert en sécurité, doté d’une image de père tranquille, apprécié de l’administration américaine et révéré dans la maison des Saoud pour avoir maté le péril djihadiste dans les années 2000.
Fils préféré
Les premiers doutes apparaissent deux mois plus tard, au lancement de l’intervention militaire saoudienne contre les milices houthistes du Yémen, perçues à Riyad comme le cheval de Troie de Téhéran, le rival pour la suprématie régionale. Après les années d’immobilisme plaintif qui avaient caractérisé la fin de règne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ L’équilibre instable entre Israël et le Hamas pourrait être compromis par la « marche du retour », lancée le 30 mars, explique Jean-Pierre Filiu.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.
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Hongrie : « L’opposition doit croire à la possibilité d’une victoire aux législatives »

Députée hongroise indépendante, Zsuzsanna Szelényi explique, dans une tribune au « Monde », les enjeux européens des élections du 8 avril et pourquoi l’opposition ne parvient pas à s’unir face au premier ministre Viktor Orban.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 07h00
    |

Zsuzsanna Szelényi (Députée du Fidesz de 1990 à 1994, puis du parti Together depuis 2014, parti qu'elle a quitté en 2017. Elle n'est pas candidate ...







                        



                                


                            
Tribune. Les élections législatives hongroises sont imminentes. Le scrutin aura lieu de 8 avril. Les enjeux sont importants : l’Etat illibéral de Viktor Orban continuera-t-il d’exister au sein de l’Union européenne ou l’opposition multipartite parviendra-t-elle à arracher la majorité à Orban ? La question va bien au-delà des seuls intérêts du peuple hongrois – si Orban continue à diriger son gouvernement de parti unique, il poursuivra sans relâche ses efforts en vue de transformer l’Union européenne.
au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés
En février a eu lieu un événement historique dans la ville agricole de Hódmezővásárhely. Dans une élection municipale partielle, un candidat indépendant soutenu par l’ensemble des partis d’opposition a battu le candidat du Fidesz-Union civique hongroise, le parti d’Orban, dans ce qui était jusqu’alors un de ses fiefs. Le Fidesz peut donc être battu.
On peut relever d’autres signes encourageants pour l’opposition : au cours des dernières semaines, plusieurs scandales présumés de corruption liés au gouvernement ont été révélés. Nous avons ainsi appris que le premier ministre adjoint aimait se rendre en Suède pour s’offrir de coûteuses parties de chasse en hélicoptère. Le chef de cabinet du premier ministre Viktor Orban a acheté un château mais a prétendu qu’il n’en était rien. Même la famille d’Orban est éclaboussée par le scandale : l’Office européen de lutte antifraude a récemment ouvert une enquête sur une société appartenant au gendre d’Orban, accusé d’usage frauduleux systématique des fonds de cohésion de l’Union européenne. Ces affaires ont sérieusement écorné l’image du Fidesz.
Situation politique désastreuse
L’opposition hongroise peut-elle tirer avantage de ces événements ? Frustrés par les huit années durant lesquelles Orban a bénéficié d’une majorité qualifiée, pâtissant de leur éparpillement et de leur méfiance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Le parti arrivé en tête remporte automatiquement l’élection dans les circonscriptions de ce pays d’Europe centrale.
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Elections législatives en Hongrie : le système électoral favorise Viktor Orban

Le parti arrivé en tête remporte automatiquement l’élection dans les circonscriptions de ce pays d’Europe centrale.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h53
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h56
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Viktor Orban a très largement modifié le système de vote suite à son retour au pouvoir en 2010, pour favoriser sa formation, le Fidesz. Désormais très complexe, la loi électorale hongroise est organisée autour d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour. 199 députés sont élus dans un Parlement monocaméral.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Les Hongrois votent deux fois dimanche
Les Hongrois voteront deux fois, à l’occasion des législatives dimanche 8 avril. Ils mettront un premier bulletin dans l’urne pour élire un député localement et un second pour plébisciter un parti, au niveau national.
Ainsi, 106 personnes seront désignées directement dans des circonscriptions taillées sur mesure par le Fidesz et 93 sièges reviendront indirectement à des personnalités choisies par listes à la proportionnelle.
Pour rappel, dans le Parlement sortant, Viktor Orban disposait de 131 députés. Les socialistes (MSZP) comptaient 28 élus, l’extrême droite (Jobbik) 24 et les Verts du LMP 6. Il y avait par ailleurs 10 non-inscrits.
Les partis devront obtenir 5 % des voix pour faire leur entrée à la Diète, 10 % si deux partis s’allient pour se présenter au scrutin et 15 % s’ils sont trois à faire ce choix.

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                Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban



La ou le candidat arrivé(e) en tête gagne
Les parlementaires seront la plupart du temps déclarés vainqueurs sans avoir remporté la majorité, puisque avec ce mode de scrutin, c’est le candidat arrivé en tête qui gagne automatiquement.
En 2014, ce système hybride avait largement aidé le premier ministre sortant : avec 44,6 % des voix, il avait remporté les deux tiers des sièges à l’Assemblée.
L’opposition estime que cette loi empêche toute alternative, car elle interdit les coalitions contre Viktor Orban au second tour alors que « 54 % des électeurs veulent un changement et que 90 % de ces derniers voteraient pour n’importe quel candidat d’une gauche unie », comme le rappelle l’analyste Andras Pulai, de l’Institut Publicus.

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                Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats



Le poids des indécis
Le rôle des indécis – un tiers de l’électorat – sera crucial pour cette journée électorale, la plus incertaine dans ce pays d’Europe centrale, depuis la transition démocratique et la fin de l’ère communiste, en 1989.
S’ils se mobilisent dans un mouvement du « tout sauf Orban » et votent pour les candidats opposés au Fidesz, ils pourraient priver le premier ministre d’une super-majorité des deux tiers, voire de sa majorité. Si, au contraire, l’abstention est aussi forte que lors des précédents scrutins, Viktor Orban ne devrait avoir aucun mal à gouverner tout seul.
Des iniquités dans les conditions de vote
Les Hongrois installés dans les anciens territoires de l’empire des Habsbourg en Serbie, Ukraine, Roumanie et Slovaquie pourront voter par correspondance, mais les immigrés installés en Europe occidentale, entre 300 000 et 500 000 personnes, devront, eux, se rendre dans les quelques consulats qui seront ouverts à l’occasion du scrutin.
Or ces derniers sont majoritairement hostiles à Viktor Orban, alors que les premiers lui sont très favorables. Une « iniquité » qui avait été critiquée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) il y a quatre ans.
Les observateurs de l’OSCE avaient aussi considéré que le déroulement de la campagne ainsi que le mode de scrutin avaient été mis au service d’un seul parti, en faveur duquel l’ensemble des médias d’Etat avait également été mobilisé.
Selon M. Pulai, la Hongrie est à ce jour « le seul pays membre de l’Union européenne » épinglé de la sorte par l’organisation, dont le siège est à Vienne, en Autriche.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.
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Elections législatives en Hongrie : les principaux candidats

Le premier ministre, Viktor Orban, est favori pour remporter un troisième mandat d’affilée à la suite des législatives de dimanche.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h52
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        


Les Hongrois votent pour les législatives dimanche 8 avril. Passage en revue des principales forces en présence pour un scrutin décisif.

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                Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban



Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Viktor Orban (Fidesz)

   


Premier ministre depuis 2010, Viktor Orban est favori pour emporter un troisième mandat d’affilée. Cet ancien dissident du régime communiste, âgé de 54 ans, est devenu le héros de la droite européenne la plus dure, en multipliant les provocations contre les immigrés ou contre Bruxelles. Il a également repris les méthodes et les théories ultraconservatrices jusqu’ici assumées plutôt par la Russie de Vladimir Poutine.
En huit ans de pouvoir, Viktor Orban a créé une nouvelle élite d’obligés à Budapest. Médias, économie, justice, universités, société civile : on retrouve des proches du Fidesz dans toutes les sphères de la vie de ce pays d’Europe centrale, comptant 9,8 millions d’habitants. Le « parti orange » a été fondé le 30 mars 1988 par 37 étudiants et s’est d’abord considéré comme libéral, après la transition démocratique.
Construit en opposition au communisme, il a ensuite évolué vers le conservatisme. Se posant en défenseur du « travail, de la famille et de la patrie », Viktor Orban, père de cinq enfants, est souverainiste. Il a toujours su faire bon usage de son appartenance au Parti populaire européen (PPE) majoritaire dans l’Union européenne, tout en critiquant allégrement Angela Merkel. Il se réclame de valeurs chrétiennes, mais surfe aussi sur des thèmes d’extrême droite et en applique une politique économique hybride, faite notamment de nationalisations que ne renieraient pas les socialistes.
Depuis 2015, le Fidesz s’est approprié un vocabulaire conspirationniste teinté d’un antisémitisme qui vient d’être critiqué par l’ONU. Il véhicule des clichés sur les musulmans et l’immigration, ce qui lui garantit une véritable popularité dans un pays nationaliste, même s’ils sont presque inexistants.

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Gabor Vona (Jobbik)

   


Le Jobbik (Mouvement pour une Hongrie meilleure) est une formation d’extrême droite relativement récente. Créée en 2003, proche du néonazisme, elle compte d’abord parmi les plus radicales du continent et subit un isolement complet au niveau international. Engagé dans un processus de dédiabolisation qui peine à convaincre, son chef, Gabor Vona, est le fondateur d’une milice, la « Garde hongroise », qui a semé la terreur dans les ghettos roms.
Les exemples de prises de position antisémites et antidémocratiques d’élus Jobbik étaient nombreux avant 2013. Concurrencé par le Fidesz, il est en perte de vitesse et ses électeurs semblent désarçonnés par son recentrage : il ne réclame plus la sortie de l’Union européenne et reconnaît les frontières imposées à la Hongrie en 1920 par le Traité de Trianon.
Après avoir obtenu 47 députés en 2010, il n’en comptait plus que 23 en 2014, un chiffre qui pourrait encore baisser dimanche 8 avril. Il reste toutefois la deuxième force politique du pays avec 14 % des intentions de vote. Gabor Vona, qui a lié son destin politique aux résultats des élections, pourrait s’effacer après le 8 avril, si les résultats confirment des sondages invalidant sa ligne politique. Il est contesté en interne.
Gergely Karacsony (MSZP et Parbeszed)

   


Le Parti socialiste hongrois (MSZP) a décidé de se présenter en coalition avec une petite formation, Parbeszed (« dialogue ») dont le leader, né en 1975, est assez populaire. Il a été formé en 1989, à la suite de la dissolution du Parti communiste. Au pouvoir entre 1994 et 1998, le MSZP a de nouveau gouverné en 2002 et à partir de 2006. Mais la maladresse de son ex-chef de file, Ferenc Gyurcsany, qui a affirmé « avoir menti du matin au soir » sur l’état réel du pays pour gagner les élections l’a durablement affaibli et a conduit au triomphe de Viktor Orban quatre ans plus tard. Il a dû par ailleurs affronter la crise économique de 2008 et gérer une grave récession (− 6,6 %). Il est crédité d’environ 9 % des voix.
Bernadett Szel (LMP)

   


Le parti LMP (« La politique peut être différente »), fondé en 2009, se définit comme un mouvement écologiste de centre gauche luttant notamment contre la corruption. En 2014, il avait tout juste réussi à passer la barre de 5 % pour envoyer des députés siéger au Parlement. Bernadett Szel, qui mène la campagne, est la seule femme candidate au poste de premier ministre. Elle jouit elle aussi d’une solide popularité, à seulement 41 ans.
Ferenc Gyurcsany (DK)
La Coalition démocratique est une formation créée en 2011 lors d’une scission du Parti socialiste. Elle sert les ambitions de l’ancien premier ministre Ferenc Gyurcsany (2004-2009) et n’est pas sûre d’atteindre le seuil nécessaire pour faire son entrée à la chambre.
Momentum
Cette formation rassemble des jeunes personalités issues de la société civile qui s’étaient mises en mouvement pour empêcher − avec succès – une candidature de Budapest aux Jeux olympiques de 2025. Le mouvement s’est transformé en parti, en mars 2017, et son équipe n’a pas réussi à convaincre de sa solidité pour former une alternative aux élites politiques actuelles. Les chances de Momentum d’entrer au Parlement sont minces.
MKKP
Le « parti du chien à deux queues » est enregistré officiellement depuis 2014 et manie la satire pour dénoncer la mainmise de Viktor Orban sur la Hongrie. Talentueux dans la parodie, ses militants utopistes multiplient les actions publiques en mélangeant l’art à la politique. Ils se définissent comme les « poils à gratter du système ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     


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Stratégie de guerre : le siège, une arme fatale

Bachar Al-Assad et ses alliés utilisent cette tactique d’encerclement de façon systématique contre les rebelles et les populations en Syrie. Employée depuis l’Antiquité, elle a, pour la première fois, été considérée comme un « crime contre l’humanité » après le siège de Sarajevo.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 07h01
    |

            Rémy Ourdan








                        



                                


                            
Le plus vaste siège militaire de la guerre de Syrie, du point de vue de son ampleur géographique, est en train de s’achever. L’enclave de la Ghouta orientale, proche de Damas, est, après des années d’encerclement et de bombardements, et au terme de dix semaines d’offensive, sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne.
Rarement guerre contemporaine aura autant marqué un retour en force de la tactique du siège que le conflit syrien. Les forces gouvernementales, appuyées par leurs alliés iraniens et russes, ont usé systématiquement de cette tactique militaire contre la rébellion et les populations ayant soutenu la révolte face au pouvoir de Bachar Al-Assad. Il y eut, au plus fort du conflit, jusqu’à 59 villes, villages et enclaves assiégées. Des sièges ont duré de longues années, et certains durent encore.

La technique du siège – la « poliorcétique », terme utilisé autant pour l’attaque de l’assiégeant que pour la défense de l’assiégé – est aussi ancienne que l’art de la guerre, et elle n’est, dans le droit de la guerre, pas illégale. Encercler son ennemi pour le vaincre militairement, ou pour l’amener à la reddition, est une variante de la bataille, fort appréciée des chefs de guerre.
Les Egyptiens assiégeaient déjà. L’un des plus anciens connus est celui de Sharouhen, peuplée par les Hyksôs, dans le désert du Néguev, conquise au XVIe siècle avant J.-C. par le pharaon Ahmôsis Ier. Les Grecs assiégeaient aussi. Le plus célèbre siège, raconté par Homère dans l’Iliade, est celui de Troie, où l’armée du roi de Sparte, Ménélas, encercla, vers le XIIe siècle avant J.-C., les Troyens du roi Priam. Les Romains assiégeaient beaucoup et longtemps, du siège de Carthage à celui d’Alésia – après la défaite du siège de Gergovie – par Jules César face au chef gaulois Vercingétorix, et aux sièges de Jérusalem et de Massada face aux Juifs. Tous les grands guerriers ont manié cet art militaire, d’Alexandre...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.
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Hongrie : des élections à risque pour Viktor Orban

Le parti Fidesz est certain d’arriver en tête lors des élections législatives dimanche. Mais il risque de perdre sa « super-majorité » des deux tiers, voire sa majorité tout court.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 08h30
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



   


Moi ou le chaos. Pour convaincre les électeurs de le soutenir dimanche 8 avril, Viktor Orban a sorti l’artillerie lourde. « Il y a le choix entre deux possibilités pour ces élections », a-t-il de nouveau répété, le 1er avril, à l’occasion d’un entretien accordé à la chaîne Echo TV. « Il y a d’un côté nos candidats, qui veulent que la Hongrie reste hongroise. Et il y a les candidats de George Soros de l’autre côté, qui veulent qu’on abandonne nos traditions chrétiennes et nationales pour fondre la Hongrie dans une grande internationalité avec l’instrument remarquable de l’immigration. »
Si le premier ministre souverainiste sortant caricature ainsi les têtes d’affiche de l’opposition en marionnettes d’un milliardaire juif américain, c’est parce que le résultat du scrutin devrait être beaucoup plus imprévisible pour lui qu’en 2010 (52,7 %) et en 2014 (44,6 %). Non pas que l’ancien dissident âgé de 54 ans craigne d’être battu : il est certain d’arriver en tête pour la troisième fois d’affilée. Mais le risque persiste de voir son parti, le Fidesz, perdre sa « super-majorité » des deux tiers au Parlement, voire sa majorité tout court.
« Boulette du siècle »
Car rien ne s’est déroulé, pendant la campagne du croisé de l’Europe non libérale, comme ses stratèges l’avaient espéré. Le 10 janvier, Kristof Altusz, un secrétaire d’Etat rattaché au ministère des affaires étrangères, a d’abord commis la « boulette du siècle » en affirmant dans les colonnes d’un média maltais que la Hongrie avait accueilli sans fanfare 1 300 réfugiés en 2017, soit exactement le nombre exigé par la Commission européenne.
De quoi mettre à mal tous les éléments de langage de ces derniers mois, axés exclusivement sur le « refus de l’invasion musulmane » et du diktat de Bruxelles. L’information, qui prouve que Viktor Orban applique la politique de solidarité européenne sans le dire à ses administrés, a été largement relayée sur les réseaux sociaux.
S’il n’obtient que 27 % des voix et que l’opposition remporte 40 circonscriptions, Viktor Orban ne pourrait plus gouverner seul. Un scénario « tout à fait envisageable », selon l’analyste Andras Pulai, de l’institut Publicus. En conséquence, il lui faudrait tenter de débaucher des députés élus sous une autre étiquette, car, à l’heure actuelle, aucune formation politique ne souhaite s’ériger en partenaire minoritaire.
Selon les sondages, l’ex-plus jeune premier ministre – 35 ans au début de son premier mandat entre 1998 et 2002 – peut toujours compter sur le soutien sans faille d’un bon tiers des électeurs. Or, grâce au système électoral qu’il s’est taillé sur mesure en 2011, « avec 30 % seulement des suffrages, il peut obtenir les deux tiers des sièges à la Chambre », rappelle le politologue Laszlo Keri, même si la majorité des électeurs souhaite un changement à la tête de la Hongrie et que le taux des indécis frôle les 40 %.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin est en Hongrie et suivra la journée de vote :

Le taux de participation sera un indicateur crucial tout au long de la journée. Orban doit une grande partie de son… https://t.co/iPLt0QB6Pm— BlaiseGauquelin (@Blaise Gauquelin)


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Un seul tour de scrutin
Viktor Orban a imposé un seul tour de scrutin, afin d’empêcher les coalitions de second tour et de réduire les chances des petites formations. Quelle que soit sa performance, le candidat arrivé en tête deviendra donc député dimanche. Pour avoir une chance de l’emporter, les forces de l’opposition auraient donc dû se rallier à une candidature unique. « Mais nous ne voulons pactiser avec personne », balaie l’élu Jobbik (extrême droite), Istvan Szavay, alors que sa formation, fondée en 2003 est créditée, loin derrière le Fidesz, de la deuxième place (14 %).
La gauche et les libéraux, éparpillés entre plusieurs formations concurrentes, ne semblent pas non plus très enclins au rassemblement : il y a quatre ans, cinq partis avaient formé une alliance, sans bon résultat. Plusieurs d’entre eux ne devraient pas obtenir les 5 % nécessaires pour siéger au Parlement.

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Le parti socialiste MSZP (9 %), créé en 1989 à la suite de la dissolution du parti unique et allié pour l’occasion à une petite formation, Dialogue, souffre toujours de son image d’héritier d’une ère honnie : celle de l’Union soviétique, mais aussi celle de la récession d’il y a dix ans, dont Viktor Orban ne manque jamais de rappeler la gravité, notamment en raison des choix économiques hasardeux effectués par la social-démocratie alors au pouvoir.
Elle pâtit également de la concurrence de la Coalition démocratique (DK), fondée en 2011 par l’ancien premier ministre socialiste, Ferenc Gyurcsany. Ce dernier persiste à vouloir peser dans le jeu politique de Budapest, malgré son impopularité abyssale, les Hongrois lui imputant une grande part de la crise économique qui leur a fait prendre du retard dans le rattrapage avec l’Ouest. Quand aux écologistes du LMP, ils ne sont crédités que de 5 % des intentions de vote, même si leur représentante au niveau national, Bernadett Szel, 41 ans, figure parmi les personnalités les plus populaires du pays.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».
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Le Pérou censure son art de mémoire

Le Musée d’art de Lima souhaitait présenter des œuvres populaires évoquant la sale guerre entre le Sentier lumineux et l’armée. Les autorités ont interdit l’exposition pour « apologie du terrorisme ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h30
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Un vent de censure souffle sur le Pérou. Le grief brandi par les censeurs est l’« apologie du terrorisme ». Pas celui des djihadistes, mais celui de la guérilla maoïste du Sentier lumineux, qui précipita les Péruviens dans une terreur sanglante entre 1980 et 2000. Selon la Commission de la vérité et de la réconciliation, ces années de plomb ont fait plus de 69 000 morts ou disparus. Beaucoup ont été pris entre les feux des guérilleros et des militaires engagés dans une « sale guerre ».
L’irruption brutale des maoïstes et des militaires
Trois décennies plus tard, des artistes populaires ont voulu témoigner. Le district de Sarhua, berceau du Sentier lumineux, a particulièrement souffert. Cette communauté est connue pour ses tablas peintes sur bois. Ces tablettes, d’abord destinées à décorer les maisons locales, sont devenues des tableaux aux formats plus classiques. Une série d’une trentaine d’œuvres, dues notamment à l’artiste Primitivo Evanan, 73 ans, évoque l’irruption brutale des maoïstes et des militaires dans la vie des paysans.
L’ONG américaine qui les avait acquises les a données au Musée d’art de Lima (MALI). Mais la douane les a saisies fin 2017, sous l’infamante charge d’« apologie du terrorisme ». L’affaire a été transmise à la Direction antiterroriste de la police. Depuis, le MALI a récupéré les tableaux, mais ils restent interdits au public.
Un tabloïd a lancé la polémique, en janvier, titrant sur un « projet d’exposition proterroriste » déjoué par les autorités. La controverse a mobilisé des partisans de l’ancien autocrate Alberto Fujimori (1990-2000), condamné pour crimes contre l’humanité, qui a bénéficié en décembre 2017 d’une grâce présidentielle. Les fujimoristes revendiquent sans états d’âme leur victoire contre les ­terrucos (terroristes). La chroniqueuse Cecilia Blume, proche de l’ancien président Pedro Pablo Kuczynski, s’est prononcée, elle aussi, contre la présentation des tableaux de Sarhua,...




                        

                        

