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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Des témoignages font état d’une attaque à l’arme chimique de grande ampleur, samedi, contre Douma, qui a fait entre quarante et cinquante morts.
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Syrie : ce que l’on sait sur la nature des bombardements sur Douma

Des témoignages font état d’une attaque à l’arme chimique de grande ampleur, samedi, contre Douma, qui a fait entre quarante et cinquante morts.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h44
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h07
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Près d’un an après l’attaque au sarin contre la ville de Khan Cheikhoun, dans le nord de la Syrie, qui avait fait plus de 80 morts, des témoignages font état d’un nouveau bombardement à l’arme chimique de grande ampleur, contre la ville de Douma, en banlieue de Damas.
Selon des bilans encore provisoires, dressés par des ONG proches de l’opposition au régime Assad, ces frappes, survenues samedi 7 avril et attribuées à l’aviation syrienne, ont fait entre une quarantaine et une cinquantaine de morts.
Dimanche en milieu d’après midi, les autorités syriennes ont annoncé un accord pour l’évacuation des combattants de Jaych Al-Islam. Les responsables de ce groupe n’ont pour l’instant pas confirmé être prêts à quitter Douma.
Quelle est la situation à Douma ?
Douma est la dernière ville de la Ghouta orientale, une zone en périphérie de la capitale syrienne, à ne pas avoir été reconquise par les troupes gouvernementales.
Celles-ci mènent dans cette région une violente offensive, lancée mi-février, qui a causé la mort de 1 600 civils et débouché sur la reddition de milliers de rebelles, transférés, avec leurs familles, vers le nord de la Syrie.
Le groupe salafiste Jaych Al-Islam, qui contrôle Douma, a rejeté jusque-là les offres d’évacuation de la Russie, allié du régime syrien, ce qui a conduit l’armée syrienne a reprendre ses bombardements, vendredi, après une dizaine de jours d’accalmie.
Que s’est-il passé dans la nuit de vendredi à samedi ?
Selon l’ONG médicale SAMS (Syrian American Medical Society) qui compte de nombreux docteurs et infirmiers sur place, près de 500 personnes atteintes de suffocation ont afflué dans les hôpitaux de Douma, samedi, en fin de journée.
Les patients présentaient des symptômes « d’exposition à un agent chimique », selon l’organisation, comme des difficultés respiratoires, un ralentissement du rythme cardiaque et des brûlures de la cornée. « De la mousse s’échappait de leur bouche et ils dégageaient une odeur semblable à celle du chlore », affirme un communiqué de SAMS.
Que sait-on sur la nature du produit qui aurait été utilisé ?
Aucune enquête n’a pu être menée pour l’instant pour déterminer avec précision le type d’agent chimique employé dans l’attaque. Les symptômes observées sur les victimes incitent les médecins sur place à penser qu’il s’agit de chlore et de sarin.
« Ces informations, si elles sont confirmées, sont effroyables et exigent une réponse immédiate de la communauté internationale », a réagi samedi la porte parole du département d’Etat américain, Heather Nauert.
Les autorités syriennes ont fait usage à de nombreuses reprises de bombes au chlore, un produit à usage dual, ne figurant pas dans la liste des agents chimiques, dont Damas est censé s’être débarrassés depuis le bombardement au sarin de la Ghouta, en août 2013, qui a fait des centaines de mort.
Samedi, parmi les centaines de personnes qui ont afflué dans les centres médicaux de Douma, six ont décédé, selon SAMS, dont une femme atteinte de convulsions et d’un rétrécissement des pupilles, des symptômes associés à l’usage de sarin, un produit beaucoup plus létal que le chlore.
Samedi, plus tard dans la soirée, des secouristes ont découvert 42 personnes mortes dans leurs habitation. Les vidéos tournées sur place, montrant des cadavres sans blessure, figés dans leur sommeil pour certains, gisant dans un escalier ou un appartement pour d’autres, laissent supposer que leur mort a été foudroyante.
« Les symptômes rapportés indiquent que les victimes ont été asphyxiées par un produit chimique toxique, très probablement un agent organophosphoré », affirme SAMS.
Les casques blancs, une organisation de secouristes dans les zones rebelles, appuient les conclusions de SAMS, ainsi que l’UOSSM (Union des organisation de secours et de soins médicaux) et Syria Charity, une ONG humanitaire, qui dispose d’une équipe d’ambulanciers à Douma et parle de 55 morts en tout.
L’Observatoire syrien des droits de l’homme, basé à Londres, avec un réseau d’informateurs dans toute la Syrie, a assuré n’être pas en mesure de « confirmer ou démentir » ces allégations.
Que sait-on sur les stocks de produits chimiques de la Syrie ?
Le sarin fait partie de la famille des organophosphorés. Il est l’un des produits récoltés et ensuite détruits, durant le processus de démantèlement de l’arsenal chimique syrien, conduit entre 2013 et 2014, par l’ONU et l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques, suite à un accord russo-américain.
L’attaque de Khan Cheikhoun en 2017 a cependant démontré que le régime Assad avait délibérément sous-déclaré son stock de sarin de facon à conserver une certaine quantité de ce produit.
Comment réagit la communauté internationale ?
En 2017, dans la nuit du 6 au 7 avril, deux jours après le massacre de Khan Cheikhoun, les Etats-Unis avaient lancé une cinquantaine de missiles de croisière sur un aérodrome militaire syrien, le détruisant en partie et causant la mort de quelques soldats syriens.
Ce samedi, sur Twitter, Heather Nauert a déclaré que « la Russie, avec son soutien sans faille au régime (syrien), porte en définitive la responsabilité de ces attaques brutales », tout nouveau bombardement chimique devant être « immédiatement empêché ».

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                Syrie : une attaque chimique présumée sur Douma suscite une réprobation internationale



Sur Twitter, dimanche, le président américain a envoyé des signaux contradictoires. Tout en incriminant l’Iran, la Russie et « Assad l’animal » et en parlant d’un « grand prix à payer », il a appelé à « ouvrir la zone [de Douma] immédiatement à de l’aide médicale et des vérifications ».
L’Union européenne a condamné « dans les termes les plus vifs le recours aux armes chimiques » et appelé « à une réaction immédiate de la part de la communauté internationale ».
La France, par la voix du ministre des affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, s’est dite très préoccupée « devant les informations faisant état d’un nouvel usage d’armes chimiques particulièrement violentes ». « La France s’emploie activement, en liaison avec ses alliés et les organisations internationales concernées, à vérifier la réalité et la nature de ces frappes », a déclaré M. Le Drian, ajoutant que Paris demande que le conseil de sécurité des Nations Unies se réunisse dans les meilleurs délais pour examiner la situation dans la Ghouta orientale.
Mi-février, Emmanuel Macron avait déclaré : « Sur les armes chimiques, j’ai fixé une ligne rouge, je la réaffirme très clairement. Si nous avons des preuves avérées que les armes chimiques proscrites par les traités (...) sont utilisées, nous frapperons l’endroit d’où ces envois sont faits ou sont organisés. La ligne rouge sera respectée par une réplique ».
La presse officielle syrienne pour sa part a accusé les insurgés de diffuser des fausses informations pour tenter de ralentir la progression des forces gouvernementales.
L’armée russe, qui appuie l’offensive loyaliste, a elle aussi rejeté les accusations de l’opposition.
« Nous sommes prêts, une fois que Douma sera libérée, à envoyer immédiatement des spécialistes russes en défense nucléaire, chimique et biologique pour recueillir les données qui confirmeront que ces assertions sont montées de toutes pièces », a déclaré le général russe Youri Evtouchenko.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’initiateur d’un projet d’attentat, dont le procès s’ouvre lundi, a fait le récit de sa radicalisation à la DGSI. Un document rare dont « Le Monde » publie de larges extraits.
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« Je n’étais pas musulman, j’étais Daech »

L’initiateur d’un projet d’attentat, dont le procès s’ouvre lundi, a fait le récit de sa radicalisation à la DGSI. Un document rare dont « Le Monde » publie de larges extraits.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h29
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h36
    |

            Soren Seelow








                        



                                


                            

« Je vais commencer l’histoire chronologiquement. » Il est 20 h 45, ce 14 juillet 2015, dans les locaux marseillais de la Direction générale de la sécurité intérieure, quand Djebril A. passe aux aveux. Une confession de près de cinq heures à peine interrompue par les questions des enquêteurs, presque un soulagement, qui s’achèvera au cœur de la nuit sur cette phrase : « Il est vrai que j’ai été très endoctriné par Daech, mais cette période est révolue. »
Cet ancien militaire marseillais de 23 ans, arrêté la veille avec deux complices – Ismaël K., 17 ans, et Antoine F., 22 ans – est soupçonné d’avoir projeté un attentat contre la base de Fort Béar (Pyrénées-Orientales), où il a servi avant d’être réformé. Après s’être enfermé dans le déni, l’ex-matelot finit par baisser la garde lors de sa cinquième audition. Il raconte tout : la dépression, l’isolement, sa consommation effrénée de vidéos djihadistes et l’engrenage qui le conduira à se retourner contre le drapeau qu’il rêvait de servir.
Son récit, par sa minutie et son apparente sincérité, est un document exceptionnel. Il décrit, mois après mois, les étapes du basculement d’un jeune homme fragile dans la folie djihadiste. Rares sont les auteurs de projets d’attentat à s’être ainsi livrés sur les ressorts psychologiques de leur embrigadement et à laisser entrevoir une prise de conscience. Alors que le procès de cette cellule s’ouvre lundi 9 avril, Le Monde a choisi de reproduire de larges extraits de cette audition fleuve.

1. L’échec : « Mon rêve était brisé »
Entré dans la marine comme matelot de première classe en juin 2013 avec l’espoir de naviguer sur la flotte de l’armée française, Djebril A. est recalé aux tests et affecté comme guetteur au Fort Béar. Seul sur son sémaphore avec la mer pour horizon, il commence à souffrir du dos, broie du noir et consulte un psychiatre. Réformé en janvier 2015 pour dépression, il est interpellé six...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.
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Elections en Hongrie : mobilisation historique pour les législatives

Alors que Viktor Orban doit son pouvoir aux forts taux d’abstention de 2014, le taux de participation était plus élevé dimanche à 15 heures qu’il y a quatre ans.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h09
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h38
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        


Dans toute la Hongrie, des files d’attente impressionnantes se sont formées devant les bureaux de vote. Alors que le premier ministre souverainiste Viktor Orban doit son pouvoir sans partage aux forts taux d’abstention de 2010 et de 2014, cette année, les électeurs se sont apparemment donné le mot pour se diriger vers les urnes.
À quinze heures, le taux de participation atteignait un niveau historique de 53,64 %, contre 46,78 % quatre ans plus tôt.
Le correspondant du « Monde » en Europe centrale, Blaise Gauquelin, est en Hongrie et suit la journée de vote :

Tweets by BlaiseGauquelin 

Dans un paysage politique très polarisé par l’action menée au niveau gouvernemental, les électeurs de deux camps bien distincts se côtoient sur les trottoirs, pour des élections ressemblant plus à un référendum qu’à des législatives, la question cruciale semblant être : « pour ou contre un troisième mandat de Viktor Orban ? »

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« Nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale »
Dans les rangs des fans du premier ministre sortant, on compte beaucoup de personnes âgées, comme Jozsef Kupavits, un architecte à la retraite de 75 ans, pour qui le Fidesz, le parti de M. Orban, reste le « seul à pouvoir mener le pays ». Cet électeur évoque de bons résultats, obtenus par la majorité, concernant l’économie.
« Quoi qu’on nous dise, nous n’allons pas renoncer à notre conscience nationale », répond-il en évoquant les critiques émises par les Nations unies, suite à la campagne xénophobe menée par les souverainistes entourant le chef de l’exécutif.
« Tous ces bruits qui courent sur l’argent soi-disant volé, ce sont des mensonges de l’opposition », affirme-t-il également, avant de se rendre dans son bureau de vote, situé dans le sixième arrondissement de la capitale, Budapest.
« Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban »
Autour de lui, beaucoup de jeunes Hongrois affirment au contraire qu’il est de leur devoir de faire la queue pendant au moins une heure et demie, afin de « participer au changement ». « Il y a de graves problèmes non résolus dans notre système éducatif, explique par exemple Istvan Denes. Allez aux urgences dans les hôpitaux et vous verrez l’état réel dans lequel se trouve notre pays ! Je vais voter pour n’importe qui contre Viktor Orban, qui ne fait que gaspiller l’argent public dans des choses qui n’ont aucun sens. Les infrastructures pour le football par exemple ; elles sont disproportionnées. C’est devenu le symbole de la corruption ! » 
Vingt-trois partis sont officiellement enregistrés et 1 547 candidats se présentent dans tout le pays.

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Imre, qui n’a pas voulu donner son nom de famille, habite quand à lui dans l’est de la Hongrie. Mais il va voter à Budapest, comme la loi l’y autorise. Il estime que le Fidesz est allé bien trop loin dans sa dénonciation de l’Union européenne et des réfugiés.
« Chrétiens, juifs, musulmans, ce n’est pas possible de respecter tout le monde ? », se demande ce jeune homme, qui compte plébisciter le petit parti Momentum, notamment dans le but d’exprimer ses valeurs proeuropéennes.
La forte participation pourrait retarder l’annonce des résultats du scrutin, pour l’instant prévue vers minuit. Car tout électeur se présentant avant 19 heures doit pouvoir glisser son bulletin dans l’urne et les premières estimations ne doivent être dévoilées qu’à la fermeture du dernier bureau de vote.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit 43 % de grévistes parmi les agents indispensables à la conduite des trains.
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Grève SNCF : les prévisions de trafic pour la journée du lundi 9 avril

Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit 43 % de grévistes parmi les agents indispensables à la conduite des trains.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h25
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 18h31
   





                        



   


Le bras de fer se poursuit entre cheminots et gouvernement, et ne semble pas s’essouffler. Après une petite baisse de la mobilisation, dimanche 8 avril, avec 35 % des personnels en grève – contre 48 % les deux journées précédentes –, le trafic devrait être davantage perturbé lundi 9 avril. Au quatrième jour de grève contre la réforme ferroviaire, la SNCF prévoit un taux de grévistes de l’ordre de 43 % parmi les agents indispensables à la conduite des trains.
Selon le communiqué diffusé dimanche après-midi par la SNCF, les répercussions à attendre sur les transports ferroviaires sont les suivantes :
Transilien : un train sur trois.TER : un train sur trois.TGV : un train sur cinq.Intercités : un train sur six.Eurostar : trois trains sur quatre.Thalys : trois trains sur quatre.
Concernant le trafic en Ile-de-France, la SNCF précise :
RER A : un train sur deux.RER B : un train sur trois.RER C : un train sur cinq.RER D : Un train sur quatre.RER E : un train sur trois.Ligne H : deux trains sur cinq.Ligne K : un train sur cinq.Ligne J, L, N, P : un train sur trois.Ligne R : un train sur dix.Ligne U : aucun train.Tramway ligne 4 : trois trains sur quatre.
Concernant les différentes lignes TGV, la circulation restera « très perturbée », annonce la SNCF :
Axe Est : un train sur trois.Axe Atlantique : un train sur cinq.Axe Nord : un train sur quatre.Axe Sud-Est : un train sur quatre.Intersecteurs : un train sur cinq.Aucun train Ouigo.
Au cœur du conflit, la réforme de la SNCF portée par le gouvernement prévoit la fin du recrutement au statut de cheminot, la transformation de l’entreprise publique en société anonyme à capitaux publics et l’ouverture du ferroviaire à la concurrence. Trois évolutions qui préfigurent une privatisation, craignent les grévistes, ce que dément le gouvernement.
« Jusqu’au bout »
Si les grandes lignes de la réforme ne sont « pas négociables », Edouard Philippe est « ouvert aux discussions pour parler des modalités », a-t-il redit dans un entretien au Parisien, dimanche. Le premier ministre, qui promet d’aller « jusqu’au bout » de sa réforme, a « bon espoir qu’à la fin, on s’entende ».
Pourtant, la concertation avec les syndicats – une « mascarade », estiment ceux-ci – est au point mort. La dernière séance, vendredi, a exacerbé les tensions, les syndicats appelant à la sortie à amplifier le mouvement de grève.
« Il n’y a pas eu de négociation » véritable sur le projet du gouvernement, a déploré Laurent Brun (CGT Cheminots) après la rencontre. Florent Monteilhet (UNSA) en est sorti « très inquiet et agacé », tandis qu’Erik Meyer (SUD Rail) a jugé « inacceptable » la tournure de la réunion. Didier Aubert (CFDT) a estimé que le gouvernement avait « besoin d’une nouvelle démonstration » de force.
La CGT n’exclut pas de prolonger le mouvement « au-delà du mois de juin ». SUD Rail est partisan d’une grève reconductible chaque jour au lieu de la grève deux jours sur cinq décidée par l’intersyndicale.
Face à une situation qui s’enlise, Emmanuel Macron sortira de son silence jeudi, lors d’un entretien d’une heure au journal de 13 h de TF1. Il s’exprimera notamment sur les nombreux conflits sociaux qui agitent le pays, à commencer par celui des cheminots. L’examen du projet de loi sur le pacte ferroviaire débute lundi en première lecture à l’Assemblée.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ La journaliste et réalisatrice Stefania Rousselle a sillonné les routes de France pour entendre des histoires de cœur. Elle a rencontré Anne.
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L’été de l’amour : « J’ai réappris à vivre, différemment »


                      La journaliste et réalisatrice Stefania Rousselle a sillonné les routes de France pour entendre des histoires de cœur. Elle a rencontré Anne.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 09h15
    |

                            Stefania Rousselle







Anne Siebert, 55 ans, secrétaire à Ernestviller (Moselle).

   


« Alain, je l’ai rencontré quand j’avais 18 ans, en colonie de vacances, dans le sud de la France. On allait à Saint-Tropez quand on avait du temps libre. On s’est mariés très vite. Il fallait que je quitte mon père. Il était trop dur. On a emménagé dans cette grande maison, ici, à Ernestviller, en Moselle. Je ne voulais pas. C’était perdu. C’était trop grand. Je n’étais pas à l’aise. Pendant un an, je ne suis même pas montée à l’étage.
On a eu notre premier fils. Mon père était jaloux. La première chose qu’il m’a dite à l’hôpital : “Maintenant que tu as un enfant, tu peux divorcer.” Mais, avec Alain, on était une bonne équipe. On était des potes. C’était plus de l’amitié que de l’amour. Alain est décédé brutalement d’une crise cardiaque à 38 ans. On vivait bien, il avait un bon salaire. Il allait passer chef d’entreprise. En un claquement de doigts, tout s’est effondré. Tout. Je me suis retrouvée seule avec nos deux petits.
« Ma fierté, mes enfants »
J’aurais voulu un mi-temps. J’aurais voulu être là pour mes fils. Mais il fallait que je m’en sorte. Et je ne dois rien à personne. Surtout pas à ma belle-famille, parce que, eux, m’ont reproché d’être vivante. Ma belle-mère, surtout. Mais ma fierté, je le dis haut et fort, c’est d’avoir réussi avec mes enfants. Le reste, je m’en tape. Je leur ai donné tout l’amour que mes parents ne m’avaient pas donné. Ils sont bien dans leur tête, dans leur cœur et dans leur corps. Ils respectent les femmes. Aujourd’hui, toutes les nanas disent de mes fils : “Je veux le même ! Je veux le même !”

   


Avec mes garçons, on est très proches, très fusionnels. Quand Luc avait 22 ans et Thomas 19 ans et qu’aucun n’avait encore de copine, je leur ai dit : “Avant qu’on ne puisse plus le faire, on part en vacances tous les trois.” On est allés en Grèce, on a loué une bagnole et on est partis à l’aventure… Un soir, ils m’ont annoncé : “Maman, on a quelque chose à te dire. On ne veut plus que tu t’occupes de nous.” J’ai fondu en larmes. Je vais faire quoi de ma vie ? C’est fini, c’est foutu, ça s’arrête d’un coup. J’avais plus qu’eux.
J’ai réappris à vivre. Différemment. A vivre seule. A vivre sans eux. Sans les harceler. Sans leur présence. A vivre pour moi. Ça a été une période dure. J’ai beaucoup d’amour à donner. Un ami de mes fils a eu cette super-phrase : “Il faut que ta maman parte parce qu’il n’y a plus de souvenirs à créer à Ernestviller.” Et c’était exactement ça.

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                L’été de l’amour : « J’en suis encore à me demander s’il n’a pas un grain »



Ici, c’était la maison où, tous les week-ends, il y avait plein de monde, des potes. Où on faisait la fête, les anniversaires. C’était chouette. Mais c’est vrai, il n’y a plus rien à créer ici. J’ai demandé ma mutation. C’est bien, je vais apprendre à me connaître.
Et vous savez quoi ? Mes garçons viennent déjeuner dimanche. »
Retrouvez la série sur Instagram :@stefaniarousselle



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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Calme, déterminé et perfectible, Lucas Pouille bat le numéro 1 italien (2-6, 6-1, 7-6 [7/3], 6-3) et s’affirme comme un joueur au mental fort.
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Coupe Davis : Lucas Pouille envoie la France en demi-finale

Calme, déterminé et perfectible, Lucas Pouille bat le numéro 1 italien (2-6, 6-1, 7-6 [7/3], 6-3) et s’affirme comme un joueur au mental fort.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h42
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h45
   





                        



   


Et si Lucas Pouille avait la qualité qui manque depuis longtemps à un joueur français, à savoir un mental d’acier ? Serein, casquette rouge sur la tête, Lucas Pouille ne s’est pas laissé démonter par les excentricités de l’Italien Fabio Fognini, bandeau de pirate sur le front, premier joueur italien et 20e mondial.
Le joueur de l’équipe Noah l’a emporté (2-6, 6-1, 7-6 [7/3], 6-3) lors du troisième simple du quart de finale de la Coupe Davis, dimanche 8 avril à Gênes, ce qui permet à la France de gagner 3-1 face à l’Italie sur la terre battue de Valletta-Cambiaso. Elle recevra l’Espagne de Rafael Nadal ou l’Allemagne d’Alexander Zverev pour une place en finale, du 14 au 16 septembre.

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En l’absence de Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils et Gilles Simon, Lucas Pouille a saisi sa chance avec détermination et force, même si certaines erreurs restent à redresser, comme le nombre trop important de doubles fautes. Après sa victoire difficile en cinq sets contre Andreas Seppi vendredi 6 avril, il a su éviter une probable rencontre entre ce dernier et Jérémy Chardy.

   


Coups prodigieux, erreurs déconcertantes
Lucas Pouille l’emporte avec sang-froid et solidité. Il a su se concentrer dans les moments cruciaux, après un premier set gâché par de nombreuses fautes directes. Petit à petit, le Nordiste de 24 ans a pris le dessus sur l’imprévisible Fognini. Le Transalpin a raté le coche à la fin du troisième set, alors qu’il pouvait revenir à (5-4). Menant 3-0, il s’est procuré trois balles de set, toutes écartées par Pouille. Fabio Forgnini en a brisé sa raquette…
Lucas Pouille a enchaîné pour remporter le tie-break. Celui qui avait offert le point du Saladier d’argent en novembre 2017 n’a pas laissé passer l’occasion malgré les derniers assauts répétés de son adversaire. Il a pris le large (4-1), avant que Fognini ne serve pour revenir à 4 partout. Lucas Pouille a conclu d’un coup droit le long de ligne après 3 h 02 de jeu.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », le biologiste Jacques Testart raconte pourquoi il est devenu un lanceur d’alerte.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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Jacques Testart : « Nous allons vers une humanité à deux vitesses »

Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si… », le biologiste Jacques Testart raconte pourquoi il est devenu un lanceur d’alerte.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 14h25
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            

Père scientifique d’Amandine, le premier bébé-éprouvette français né en 1982, le biologiste Jacques Testart n’a cessé depuis lors de dénoncer les risques d’eugénisme de la procréation médicalement assistée (PMA). Alors que se tiennent les Etats généraux de la bioéthique, il nourrit le projet de rendre les choix de la science plus démocratiques. Et dénonce, dans son dernier ouvrage, « les promesses suicidaires des transhumanistes ».
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas été, enfant, un trappeur de banlieue. J’adorais capturer les animaux vivants. On vivait dans le « 9-3 », à Pierrefitte. À cette époque, il y avait à côté de chez nous un grand terrain vague avec des vaches, et je passais mes journées à y pister les hannetons, les mésanges ou les mulots. Parfois seul, parfois avec le fils du boucher du coin. On était un peu sadiques avec ces bestioles, j’ai presque honte quand j’y repense : on pouvait guetter les merles pour voir où ils faisaient leur nid, attendre que les petits soient assez gros, les tuer et les amener à ma mère pour lui demander de les faire cuire ! Elle était horrifiée ! Mais je ne serais pas non plus arrivé là si je n’avais pas commencé, vers 12 ans, à lire Jean Rostand. Il m’a aidé à faire des choix.
De trappeur, Rostand vous a rendu naturaliste ?
Il m’a permis de comprendre que ce que je voulais faire, c’était m’occuper du vivant. J’ai enchaîné avec La Vie des abeilles, de Maurice Maeterlinck, puis avec Jean-Henri Fabre et sa merveilleuse écriture. Mais ce que Rostand avait de plus à mes yeux, c’est qu’il était athée. Je m’y retrouvais. Je n’ai jamais eu d’éducation religieuse, je ne suis pas baptisé… Pour moi, Dieu, c’était un rigolo !
Vous avez grandi avec sept frères et sœurs… Famille nombreuse, famille heureuse ?
Les rapports étaient assez froids entre nous, on n’était ni affectueux ni démonstratifs. On s’entraidait...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ La France va créer une agence, abondée par des fonds saoudiens, pour mettre en valeur ce site classé au patrimoine de l’Unesco. Un chantier estimé entre 50 et 100 milliards d’euros.
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Accord franco-saoudien pour le développement du site archéologique Al-Ula

La France va créer une agence, abondée par des fonds saoudiens, pour mettre en valeur ce site classé au patrimoine de l’Unesco. Un chantier estimé entre 50 et 100 milliards d’euros.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h29
    |

                            Roxana Azimi








                        


Après avoir vendu son savoir-faire à Abou Dhabi pour la construction du Louvre des sables, la France s’apprête à signer, mardi 10 avril, un accord de dix ans avec l’Arabie saoudite pour le développement du site archéologique d’Al-Ula, ouvert au public depuis 2008. L’annonce sera faite au cours de la visite en France du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman.

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Cette zone désertique située à 1 h 30 de Riyad, vaste comme la Belgique, compte des paysages d’une grande variété, des parois de roches volcaniques noires et des canyons ocre-rouge, des étendues de sable blanc et des palmeraies. Et abrite surtout des ruines nabatéennes à coupler le souffle, comparables à celles de Petra, en Jordanie. Un chantier chiffré entre 50 et 100 milliards d’euros, dont une part à négocier tombera dans les caisses de l’Etat français.
Tout commence à l’été 2017 quand le prince héritier met en place une commission royale pour le site d’Al-Ula. A sa tête, l’un de ses proches, le prince Badr Bin Abdullah Bin Mohamed, celui-là même qui, selon le New York Times se serait porté acquéreur du Salvator Mundi, attribué à Léonard de Vinci et destiné à enrichir la collection du Louvre Abou Dhabi. Egalement mobilisé : le très tonique Amr Al-Madani, CEO au profil très anglo-saxon. L’idée, qui s’inscrit dans la « Vision 2030 » de MBS est simple : faire de ce site un haut lieu de la culture et du tourisme, mais aussi une zone franche, vecteur de transformation sociale et économique d’un pays qui avait jusque-là gommé toutes ses racines pré-islamiques.
Les Saoudiens ont un modèle en tête : Marrakech
Le royaume wahhabite étant sans doute la dernière destination touristique au monde, MBS s’est tourné vers un pays expert en la matière, la France. Après un premier échange avec le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, Emmanuel Macron prend le relai début novembre 2017 et missionne Gérard Mestrallet, président du conseil d’administration d’Engie, pour négocier l’accord. Ce choix ne tient pas au hasard : le groupe énergétique produit entre 10 et 15 % de l’électricité de l’Arabie saoudite.
Les Saoudiens ont alors un modèle en tête : Marrakech. L’idée n’est pas seulement de valoriser le site archéologique, mais de transformer la vieille ville d’Al-Ula, aujourd’hui sinistre, en une cité touristique à la marocaine animée par des artisans et des artistes. Actuellement, le site reçoit 20 à 30 000 visiteurs par an. le pays en espère entre 1,5 et 2,5 millions lorsque le site sera totalement ouvert vers 2035.
Pour amener les Saoudiens à considérer les compétences françaises, Gérard Mestrallet a l’idée d’inviter l’équipe d’Al-Ula... aux Baux-de-Provence. Dans les Carrières de lumière, un lieu géré par Cultures espaces, filiale d’Engie, il montre la maestria de la France en matière de son et lumière. A Gordes, dans le Lubéron, il suggère aux Saoudiens de s’inspirer des règles d’urbanisme régissant les parcs naturels.

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Sans attendre, Gérard Mestrallet conçoit un accord-cadre. Le premier volet est archéologique. Depuis une dizaine d’années, une équipe franco-saoudienne mène des fouilles avec peu de moyens. Pour passer la vitesse supérieure, des apports technologiques sont prévus, avec l’usage de satellites, drones et dirigeables. Deux institutions sont envisagées. Un premier musée, situé sur le site, devrait traiter de l’histoire des tombes nabatéennes et autres inscriptions visibles à Al-Ula.
Une agence présidée par Gérard Mestrallet
Un autre, plus axé sur la recherche et couplé à des chaires doctorantes dans les grandes universités françaises, portera sur la civilisation arabique. L’ensemble est ambitieux, supposé de trois fois l’envergure du Louvre Abou Dhabi. En complément, est prévu un volet lié à l’agrotourisme, ainsi que des activités sportives (trekking, vélo et promenades à cheval). Une filière du cheval arabe avec élevage, reproduction et dressage fait partie du « package ».
Afin de mettre tous ces projets en musique aussitôt après l’officialisation de l’accord, la France créera en mai une agence, abondée par des fonds saoudiens mais dont l’Etat est seul actionnaire. Présidée par Gérard Mestrallet, elle pourrait être dirigée par Didier Selles. L’ancien administrateur général du Louvre, aujourd’hui à la Cour des comptes, a négocié l’accord entre la France et les autorités émiriennes pour le Louvre Abou Dhabi. En plus de l’agence, les saoudiens vont abonder un fond de dotation en faveur du patrimoine français et le grand chantier d’Al-Ula sera mené en même temps qu’un autre projet d’envergure : le Red Sea project à 200 km de là où le royaume ambitionne de créer une station balnéaire.
La France espère bien que le pilotage du projet permettra aux entreprises tricolores de décrocher une part prédominante des contrats de construction des routes, infrastructures, et aéroport. D’autres accords sont aussi prévus, entre l’Arabie saoudite et Campus France, pour la formation des jeunes Saoudiens aux métiers du tourisme, de l’archéologie et de l’agriculture. L’Institut du monde arabe sera aussi associé à l’organisation en 2019 d’une exposition itinérante en France sur le thème d’Al-Ula.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Après 257 km de course entre Compiègne et Roubaix, le Slovaque gagne la Reine des Classiques aux 29 secteurs pavés.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Le nouveau premier secrétaire du PS a été officiellement investi ce week-end à Aubervilliers. Les chantiers qui s’ouvrent à lui sont nombreux.
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Au congrès du PS, Olivier Faure veut ouvrir une nouvelle page

Le nouveau premier secrétaire du PS a été officiellement investi ce week-end à Aubervilliers. Les chantiers qui s’ouvrent à lui sont nombreux.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h30
    |

                            Astrid de Villaines








                        


Tout le monde a dû forcer un peu la voix pour se donner de l’entrain. « So, so, so-cia-listes !  », tentent les militants pour accompagner, dimanche 8 avril, l’entrée de leur nouveau premier secrétaire, Olivier Faure, jusqu’à la tribune des docks d’Aubervilliers où il vient d’être investi.
Au premier rang, pour ce congrès du Parti socialiste (PS), celui qui a fait du « rassemblement » son slogan de campagne a réuni ce qu’il reste de la famille socialiste. Les trois candidats défaits, Luc Carvounas, Emmanuel Maurel et Stéphane Le Foll, sont longuement applaudis.
Les deux anciens premiers ministres Bernard Cazeneuve et Jean-Marc Ayrault sont présents ainsi que l’ancienne ministre Najat Vallaud Belkacem, un temps pressentie pour être candidate, très applaudie, comme si elle manquait aux militants.
Feuille de route
M. Faure, qui a également fait de la « renaissance » son thème de campagne a longuement détaillé sa feuille de route pour transformer le parti de la rue de Solférino, comme il s’y était engagé.
« Nous serons les seuls à donner la parole aux citoyens de ce pays », a confirmé celui qui va lancer une plateforme en ligne pour consulter les militants et les Français et faire émerger des idées nouvelles.
« Je serai intraitable avec les pratiques frauduleuses, avec le sexisme et avec les discriminations », a-t-il assuré.
Son premier chantier sera de trouver un nouveau siège alors que l’hôtel particulier de la rue de Solférino a été vendu. « Il sera à notre image, fonctionnel et pas ostentatoire ». 
Rupture
Le nouveau premier secrétaire veut s’inscrire en rupture avec ses prédécesseurs. Fustigeant les anciens courants « hollandais, aubrystes, fabiusiens, rocardiens », l’élu de Seine-et-Marne a promis qu’il n’y aurait plus de “ismes” dans ce parti qu’il entend rassembler.
« Ces courants sont notre histoire, mais, admettons-le, ils sont devenus un peu notre boulet », a déclaré le nouveau premier secrétaire qui fait du rassemblement « une obligation et non pas une option ». « Je n’ignore rien de nos différences mais elles ne doivent pas nous faire oublier nos ressemblances », a-t-il répété, comme il l’a fait durant les trois mois de campagne.
Pressé par ses anciens adversaires Luc Carvounas et Emmanuel Maurel de « clarifier » sa ligne politique, M. Faure qui veut « inventer un nouveau logiciel socialiste » répond : « Si la clarification c’est l’autre mot de la division, alors je n’en suis pas. Si la clarification, c’est le dépassement des clivages, et le refus des postures artificielles, alors je dis banco !  »
Même refus sur la question des alliances à gauche, souhaitées par les deux anciens candidats, M. Faure s’y est de nouveau refusé. « Ce ne sont pas des accords d’appareil qui feront la gauche, mais la construction de projets avec les citoyens », a expliqué celui qui s’est donné pour mission de retrouver une place entre Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

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Macron comme premier adversaire
Au cours d’un long discours d’une heure et demie, M. Faure a fait lever la salle en faisant applaudir « les cheminots, les salariés, les agents, ceux qui se battent pour nos services publics ». « Rendons-leur hommage, levons-nous », a lancé le nouveau patron du PS sous des applaudissements nourris.
M. Faure, qui s’était rendu à la manifestation du 22 mars malgré un accueil difficile, a redit son opposition à la politique d’Emmanuel Macron, faisant du président de la République son principal adversaire. « Que le gouvernement prenne garde, on a toujours tort ne pas écouter la jeunesse », a-t-il prévenu, en référence au mouvement étudiant dans les universités.
Lors d’une anaphore comme son « père » en politique, François Hollande, en avait le secret, M. Faure s’en est pris longuement au « en même temps » cher à Emmanuel Macron : « On ne peut pas expliquer qu’Angela Merkel a été l’honneur de l’Europe sur la question migratoire et en même temps restreindre cette semaine l’accès au droit d’asile. On ne peut pas dénoncer les difficultés vécues dans les Ephad et en même temps donner la part du lion aux plus riches ! », a lancé le premier secrétaire, très applaudi.
Et de teindre son discours à gauche : « Il faut investir dans l’accueil des réfugiés. Ce que l’Europe a fait il y a dix ans pour sauver les banques, elle doit pouvoir le faire pour sauver des vies ».
Il a également mis en garde contre les tentations de « concentration des pouvoirs » d’Emmanuel Macron. Sans pronocner le mot de référendum, il appelle le président de la République à passer par cette consultation pour sa réforme constitutionnelle : « je le dis à Emmanuel Macron, ayez le courage de le faire devant le peuple et avec le peuple. »

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« Un militant avant tout »
Après le départ d’une partie du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et de nombreux militants vers Génération·s, le nouveau patron du parti s’est montré ferme sur la question de la double appartenance : « A partir d’Aubervilliers chacun est fixé, personne n’est contraint de rester. Le PS est le parti des socialistes. Le Mouvement des jeunes socialistes est le mouvement des jeunes socialistes », a-t-il insisté.

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Le nouveau responsable de parti n’a pas ménagé son ancien colocataire, Benoît Hamon, qu’il range dans le camp de ses adversaires politiques : « Je crois en la collégialité, quand tant d’autres ne jurent que par la verticalité : Mélenchon, Hamon, Macron, Le Pen croient en leur destin individuel, moi je crois en notre destin collectif », a lancé celui qui se voit comme « avant tout un militant ».
Ce sera pourtant l’un de ses défis au cours des prochains mois, réussir à incarner le PS, qui a disparu de la scène médiatique, et se faire connaître du grand public. Il y a quelques semaines encore, après le débat de la campagne, un passant l’avait presque reconnu dans la rue : « Je vous connais vous, vous êtes journaliste à BFMTV ». Il y a encore un peu de travail…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Sébastien Loeb sorti dès vendredi, son successeur et quintuple champion du monde en titre remporte la quatrième étape du championnat du monde.
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Rallye : Sébastien Ogier maîtrise le Tour de Corse

Sébastien Loeb sorti dès vendredi, son successeur et quintuple champion du monde en titre remporte la quatrième étape du championnat du monde.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 17h31
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 17h38
    |

            Catherine Pacary








                        



   


Trois victoires en quatre rallyes. Après le Monte-Carlo et le Mexique, le quintuple champion du monde français Sébastien Ogier et son copilote Julien Ingrassia remportent, dimanche 8 avril, le Tour de Corse.
Difficile de rêver plus belle entrée en matière dans ce championnat du monde (WRC) qui compte 13 étapes. « C’est prometteur pour la suite », confirme Sébastien Ogier après l’arrivée de la dernière spéciale, et « c’est un beau symbole de gagner dix ans après avoir fêté ici mon titre junior ».
Signe de sa domination, c’est la première fois depuis octobre 2016 que le Français gagne deux rallyes coup sur coup. Il pilotait alors une Volkswagen Polo-R unanimement considérée comme la meilleure du plateau, ce qui n’est pas le cas de sa Ford Fiesta RS actuelle. Son équipier, le Britannique Elfyn Evans, a d’ailleurs terminé à plus de deux minutes.

🇫🇷 Deux Français au sommet au @CorsicaLinea - #TourdeCorse : @SebOgier en @OfficialWRC & @JybeFranceschi en… https://t.co/bPEGrwZUKT— TourdeCorseWRC (@Tour de Corse)


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Le duo Ogier-Ingrassia a écrasé la concurrence dès vendredi dans les trois premières spéciales avant de contrôler samedi. Dimanche matin, Sébastien Ogier a encore géré dans la 11e spéciale longue de 55 km reliant Vero à Sarrola-Carcopino (ES11) – une étape qui a nécessité l’écriture de 87 pages de notes par Julien Ingrassia.
Il a laissé la Toyota de l’Estonien Ott Tänak revenir à 31 secondes avant la Power Stage, cette courte spéciale créée pour ses qualités télégéniques en clôture de rallye, qu’il a terminée en 3e position.

   


Seul Sébastien Loeb paraissait en mesure de suivre le rythme du tenant du titre lors de la première spéciale vendredi matin, avant une sortie de route dès l’ES2, qui l’a contraint à courir en Rallye 2, c’est-à-dire pour le spectacle, mais sans aucune chance de l’emporter.
Le duo Sébastien Loeb-Daniel Elena, très populaire, était néanmoins très applaudi, en témoigne son passage attendu par des centaines de photographes sur la route de liaison, dimanche matin, entre le Talcini et le Celavo.

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« Je vise la victoire à chaque rallye »
« J’ai beaucoup de respect pour Loeb qui s’est encore montré très rapide ce week-end malgré sa sortie », a déclaré Sébastien Ogier. « Il serait encore aux avant-postes s’il avait la motivation pour revenir à temps plein » en championnat du monde des rallyes (WRC).
Prochaine étape pour Ogier-Ingrassia, dans trois semaines, où le pilote de 34 ans devra ouvrir la route en Argentine, dans un rallye qu’il n’a encore jamais remporté. Un handicap ? « Le refrain du balayage, on commence à le connaître, répond le leader à l’AFP. Ce sera difficile, mais on garde l’espoir d’y être performants. Il ne faut jamais partir perdant, je vise la victoire à chaque rallye. (…) Si je ne m’y suis jamais imposé, j’y ai tout de même été souvent performant. »
Quant à l’Alsacien, après une 5e place au Mexique et son abandon en Corse, sa troisième et ultime pige est prévue en octobre pour le Rallye de Catalogne.

🇫🇷 Deux Français au sommet au @CorsicaLinea - #TourdeCorse : @SebOgier en @OfficialWRC & @JybeFranceschi en… https://t.co/bPEGrwZUKT— TourdeCorseWRC (@Tour de Corse)


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Classement des pilotes 1. Sébastien Ogier (FRA/Ford Fiesta) 84 points  2. Thierry Neuville (BEL/Hyundai i20) 67 3. Ott Tänak (EST/Toyota Yaris) 45 4. Andreas Mikkelsen (NOR/Hyundai i20) 41 5. Kris Meeke (GBR/Citroën C3) 36 (…) 11. Sébastien Loeb (FRA/Citroën C3) 15 … Classement des constructeurs 1. Hyundai Motorsport 111 points  2. M-Sport Ford 107 3. Toyota Gazoo Racing 93 4. Citroën Racing 81



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ #jesuischarlie, #balancetonporc... L’engagement militant se fait désormais du fond de son canapé, en partageant un mot-clé, voire plusieurs.
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Mon hashtag, ma bataille : le militantisme à l’ère d’Internet


                      #jesuischarlie, #balancetonporc... L’engagement militant se fait désormais du fond de son canapé, en partageant un mot-clé, voire plusieurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h44
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 16h29
    |

                            Nicolas Santolaria








                              

                        

Cinquante ans après Mai-68, ce ne sont plus des pavés que l’on expédie pour se faire entendre, mais des volées de hashtags, biseautés sur clavier Azerty. Au cœur de cette ébullition cybermilitante, pas une semaine ne passe sans qu’une nouvelle cause, accolée à son mot-dièse, vienne agiter les réseaux sociaux. Récemment, outre le célèbre #balancetonporc et le très en vogue ­#deletefacebook, qui appelle à quitter la plate-forme de Mark Zuckerberg, est apparu le hashtag #mosquemetoo.
Lancé le 6 février par l’écrivaine et militante féministe américano-égyptienne Mona ­Eltahawy, il invite les femmes musulmanes à dénoncer les comportements de harcèlement qu’elles auraient pu subir durant un pèlerinage ou dans l’enceinte d’un lieu de culte.
« J’ai raconté ce qui m’est arrivé pendant le hadj [le pèlerinage à La Mecque] en 1982 alors que j’avais 15 ans, dans l’espoir que cela aiderait les femmes de confession musulmane à briser le silence et le tabou qui entourent leur expérience de harcèlement ou d’agression », écrivait sur ­Twitter l’auteure de l’ouvrage Foulards et Hymens (Belfond, 2015).

C’est à cette même Mona Eltahawy que l’on doit, quelques jours plus tard, #ibeatmyassaulter, appel non plus seulement à dénoncer mais carrément à cogner les hommes qui se livrent à des tentatives d’agression sexuelle.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre d’une nouvelle forme de militantisme que l’on regroupe, selon les cas, sous l’appellation de « hashtivisme » ou de hashtag activism. « C’est avec le “printemps arabe” qu’on a vu apparaître pour la première fois ce type de mouvement. Avant, la mobilisation avait lieu grâce aux chaînes de SMS », rappelle le chercheur au CNRS ­ Gérôme Truc, auteur de Sidérations. Une sociologie des attentats (PUF, 2016).
De l’outil d’indexation à l’activisme du hashtag
Lancé en août 2007 par Chris ­Messina, designer et avocat spécialisé...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Des organisations de défense des droits de l’homme critiquent Israël pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants palestiniens de la « marche du retour ».
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Il « n’y a pas de gens naïfs » dans la bande de Gaza, selon le ministre de la défense israélien

Des organisations de défense des droits de l’homme critiquent Israël pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants palestiniens de la « marche du retour ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 14h26
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 15h20
   





                        



   


Le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, a affirmé, dimanche 8 avril, qu’il « n’y a pas de gens naïfs » dans la bande de Gaza, où l’armée israélienne a tué dix Palestiniens et blessé plus de 400 personnes lors de manifestations vendredi 6 avril près de la frontière entre Gaza et Israël. Le vendredi précédent, le 30 mars, dix-huit Palestiniens avaient été tués et près de 750 autres blessés par balle.
M. Lieberman a employé un mot en hébreu pouvant également signifier « innocents », comme l’AFP et d’autres médias l’ont dans un premier temps traduit. Son cabinet a ensuite précisé que le sens qu’il voulait donner au terme était « naïfs ».

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Des milliers de Palestiniens ont pris part, ces deux derniers vendredis, à des manifestations le long de la frontière. Ils demandent le retour des réfugiés sur les terres d’où ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir en 1948, lors de la création de l’Etat hébreu et réclament également la fin du blocus de Gaza par Israël. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou accuse le Hamas d’être derrière ce mouvement de protestation.
« Il n’y a pas de gens naïfs dans la bande de Gaza. Tout le monde est connecté au Hamas », le mouvement islamiste qui contrôle ce territoire enclavé entre Israël, l’Egypte et la Méditerranée, a affirmé le ministre sur la radio publique israélienne. « Tout le monde reçoit un salaire du Hamas et tous les militants qui essaient de nous défier et de franchir la frontière sont des militants de la branche armée du Hamas », a encore accusé le ministre. Comme l’écrivait vendredi notre correspondant Piotr Smolar, « la majorité des commentateurs israéliens présentent une vision monochrome des manifestants : ils sont manipulés par le Hamas ». Les déclarations du ministre israélien Avigdor Lieberman, ultranationaliste, vont aussi dans ce sens.
Trente morts palestiniens depuis le 30 mars
Cette prise de parole a lieu alors qu’Israël fait face à de vives critiques des organisations de défense des droits de l’homme, y compris israéliennes, pour son utilisation de balles réelles contre les manifestants de la « marche du retour » organisée par les Palestiniens. L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a par ailleurs condamné samedi 7 avril « les tirs délibérés de l’armée israélienne contre des journalistes », après la mort d’un journaliste palestinien, le photo reporter Yasser Mourtaja, blessé vendredi par des tirs de soldats israéliens en marge d’affrontements près de la frontière entre la bande de Gaza et Israël.
Après la journée du 30 mars lors de laquelle vingt Palestiniens avaient été tués, l’Union européenne et l’ONU avaient demandé l’ouverture d’une enquête indépendante. Le ministre de la défense, Avigdor Lieberman, avait alors qualifié ces requêtes d’« hypocrites ». L’Union européenne s’est de nouveau interrogée dimanche sur l’usage proportionné ou non de la violence par Israël face à ces manifestations.
Aussi, le Koweït, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies (ONU), avait demandé vendredi 6 avril à cette instance d’adopter une déclaration appelant à la retenue à Gaza et une enquête indépendante sur les affrontements israélo-palestiniens, une semaine après une vaine tentative dans le même sens. Sans surprise, Washington s’était à nouveau opposé à une saisie du Conseil de sécurité.

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Au total, en incluant deux Palestiniens tués au cours de heurts distincts, le bilan des Palestiniens tués depuis le 30 mars est de trente, selon le ministère de la santé de Gaza. Il n’y a eu aucune victime côté israélien. Israël affirme que ses soldats ont ouvert le feu seulement par nécessité contre des protestataires tentant de s’infiltrer sur son territoire et pour empêcher des attaques.
« Les règles d’engagement restent les mêmes, la mission aussi », assure le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, le porte-parole des forces armées. Il précise que les balles réelles ne sont utilisées qu’« en dernier ressort, quand l’émeutier essaie d’endommager les infrastructures de sécurité et de pénétrer en Israël ». Un principe nullement respecté le 30 mars, comme Le Monde avait pu alors le constater, cette fois-là du côté palestinien.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016.
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Allemagne : arrestation de six personnes soupçonnées de préparer une attaque lors du semi-marathon de Berlin

Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 18h20
   





                        


La police allemande a annoncé, dimanche 8 avril, avoir interpellé six personnes soupçonnées d’avoir pu planifier un « acte violent » lors du semi-marathon de Berlin, qui s’est tenudans l’après-midi sans incident.
« Nous avons eu certaines indications que les personnes interpellées, âgées de 18 à 21 ans, pourraient être impliquées dans des préparatifs en vue d’un acte violent en lien avec cette manifestation », ont indiqué la police et le parquet de la ville dans un communiqué. Plusieurs logements de la ville ont été perquisitionnés.
Proche de Anis Amri
Les arrestations ont été ordonnées aussi en raison du contexte de sécurité tendu en Allemagne, suite au drame survenu la veille à Münster (nord-ouest du pays) où un homme de 48 ans a foncé sur des clients d’un café-restaurant avec une camionnette, selon la police.

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Les autorités n’ont pas donné d’autres détails. Elles n’ont en particulier pas confirmé des informations du quotidien Die Welt. Celui-ci affirme que le plan d’action était une attaque au couteau, qui devait être commise pendant la course à pied rassemblant 36 000 personnes. Selon le journal, le principal suspect interpellé est un proche du Tunisien Anis Amri, auteur de l’attentat au camion-bélier sur un marché de Nöel en décembre 2016 dans la capitale allemande, qui avait fait douze morts.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ La présidente du Front national a expliqué que son parti avait été victime d’une « véritable persécution bancaire qui a interdit (aux) adhérents d’adhérer sur internet ».
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Le FN perd près de 6 000 adhérents, Marine Le Pen assure que son parti va « bien »

La présidente du Front national a expliqué que son parti avait été victime d’une « véritable persécution bancaire qui a interdit (aux) adhérents d’adhérer sur internet ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h36
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 16h05
   





                        


Invitée de l’émission « Questions politiques » sur France Inter, Marine Le Pen a déclaré dimanche 8 avril que son parti avait perdu près de 6 000 adhérents depuis l’automne en raison de ses problèmes bancaires. Elle assure néanmoins que celui-ci va « bien » et le démontrerait aux élections européennes et municipales.
« Nous sommes à peu près à 45 000 » adhérents à jour de cotisation, pour environ 80 000 adhérents statutaires, a affirmé la dirigeante frontiste dans « Questions politiques » sur France Inter en partenariat avec franceinfo et Le Monde. Au 19 novembre, le FN revendiquait près de 51 500 adhérents à jour de cotisation. Selon le Figaro, 38 000 adhérents étaient à jour de cotisation à la veille du congrès.
Le FN victime d’une « véritable persécution bancaire », selon Marine Le Pen
Mme Le Pen a expliqué que son parti avait été victime « durant quatre longs mois » d’une « véritable persécution bancaire qui a interdit (aux) adhérents d’adhérer sur internet », après la clôture de plusieurs comptes du FN par la Société générale. Mais « nous allons bien et nous allons d’ailleurs le démontrer » aux élections européennes de 2019 et municipales de 2020, a assuré Marine Le Pen.

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A propos de la réforme de la SNCF, que le FN conteste comme les syndicats de l’entreprise ferroviaire, elle a souhaité « de la concertation », car recourir aux ordonnances est pour elle « un signal très clair du refus de la concertation ». Marine Le Pen a estimé également que « l’Etat doit reprendre la dette de la SNCF ». Pour elle, « le service public peut très certainement toujours être encore amélioré » et « il y a eu des erreurs stratégiques majeures », mais « il est quand même très bon ».

Marine Le Pen et la grève de la #SNCF : "il y a d’autres moyens d’exprimer le désaccord comme la gratuité totale"… https://t.co/Scsebt45Y4— franceinter (@France Inter)


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« Le macronisme c’est de l’attalisme », a-t-elle déclaré, en référence à l’économiste et ancien conseiller de François Mitterrand, Jacques Attali, qu’elle associe à une « philosophie de la dérégulation », « du déracinement » et du « nomadisme ». « N’écoutez pas les journalistes, les éditorialistes, les politologues. Je suis exactement là où je dois être. Je continue ce combat qui est un combat essentiel pour notre pays qui jamais ne s’est aussi mal porté », a ajouté la présidente du FN, dont la capacité à diriger son parti a suscité le doute depuis l’échec de la présidentielle et son débat « raté » face à Emmanuel Macron entre les deux tours.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ « Je ne suis pas au-dessus des lois », a dit l’ancien président à ses partisans, réunis au siège du syndicat des métallurgistes, le berceau de sa carrière politique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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Au Brésil, Lula passe sa première nuit en prison

« Je ne suis pas au-dessus des lois », a dit l’ancien président à ses partisans, réunis au siège du syndicat des métallurgistes, le berceau de sa carrière politique.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 18h09
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 08h33
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        


A la foule en larmes, il a assuré, bombant le torse : « On tue un combattant, mais la révolution continue. » Essoufflé et ému, le vieil homme a alors confirmé sa reddition. « Je ne me cache pas. Je n’ai pas peur (…), a-t-il dit. La tête haute, je dirai au représentant de la police : “je suis à votre disposition.” »
Dans l’après-midi du samedi 7 avril, après une messe en hommage à son épouse défunte et un long plaidoyer de cinquante-cinq minutes, l’ancien président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, a fini par obéir à la justice.

   


Porté par les militants, scandant le poing levé « Lula guerrier du peuple brésilien », l’ancien chef d’Etat s’est d’abord replié à l’intérieur du syndicat des métallos, à Sao Bernardo do Campo dans la banlieue de Sao Paulo. Bloqué plusieurs fois par les manifestants qui refusaient sa reddition, il a fini par partir, à pied, à 18 h 45, pour rejoindre les locaux de la police fédérale.
Douze ans et un mois de prison
Samedi soir, l’icône de la gauche, « père des pauvres » et porte-parole de la lutte ouvrière, est arrivé au siège de la police fédérale de Curitiba (sud) pour passer sa première nuit dans une cellule de quelques mètres carrés pour purger une peine douze ans et un mois de prison. Les suites d’une condamnation infligée le 24 janvier pour des faits de corruption que l’ancien syndicaliste continue de nier.
« Dans quelques jours, la justice prouvera que celui qui a commis un crime, c’est le policier qui m’a accusé, le juge qui m’a condamné. » Et, rappelant les progrès sociaux spectaculaires accomplis lors de ses deux mandats, il poursuit : « Il y a très longtemps, j’ai rêvé qu’il était possible pour un métallurgiste sans diplôme universitaire de s’occuper davantage d’éducation que les diplomates et les privilégiés qui gouvernent ce pays. Si c’est ça le crime que j’ai commis, alors je resterai un criminel, car je vais commettre beaucoup, beaucoup d’autres crimes. »
Quarante ans après avoir orchestré, sous la dictature militaire (1964-1985) une grève historique dans le syndicat signant le démarrage de sa carrière politique, Lula y tire sa révérence. Avec un certain panache dénué de modestie, il adoube la relève, embrassant Manuela d’Avila, candidate du Parti communiste brésilien (PCdoB) à l’élection présidentielle d’octobre, et Guilherme Boulos du Parti socialisme et liberté, (PSOL), omettant curieusement de présenter celui qui promet d’être le candidat de son propre parti, le Parti des travailleurs (PT), l’ancien maire de Sao Paulo, Fernando Haddad.
Fier d’avoir su propager ses idées au sein d’une jeunesse militante, il rassure ceux qui le pensent irremplaçable : « Il y a des millions et des millions de Lula. Mon cœur continue de battre dans vos cœurs. » Et devant un parterre de ses fidèles, submergé d’émotion, il conclut : « Ils ne pourront pas emprisonner nos rêves. »
Comme un Dieu
« Une page de l’histoire du Brésil se tourne », commente l’historien Luiz Felipe de Alencastro. « Lula est un leader social et politique depuis plus de trente ans. Il a fait campagne, ville par ville, village par village. Il connaît le pays parfaitement. Il est né pauvre, n’a pas dépassé l’école primaire, il représente la majorité sociale des Brésiliens », souligne-t-il.
Chaviré par la condamnation de celui qu’ils vénèrent comme un Dieu, un petit groupe de sympathisants guettait encore Lula à l’aéroport Congonhas de Sao Paulo, où l’ex-métallo devait embarquer dans un avion affrété par la police fédérale pour rejoindre Curitiba, la ville du juge Sergio Moro, chargé de l’opération anti-corruption « Lava Jato » (« Lavage express »). Là, un autre groupe, hostile à l’ex-chef d’Etat, attendait de célébrer l’incarcération de celui qu’ils considèrent comme « le plus grand bandit de l’histoire du pays ».

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                Brésil : la disgrâce d’un président



Les bagarres entre les pro et les anti-Lula auront émaillé les mobilisations de ces derniers jours. Des affrontements emblématiques des déchirures du pays et des sentiments mêlés suscités par « Lava Jato » : une déferlante judiciaire qui, en mettant derrière les verrous cols blancs et politiciens, a jeté une lumière crue sur les pratiques crapuleuses des élites de Brasilia. Signant la fin de l’impunité pour les uns, elle s’est réduite, pour les autres, à une chasse à l’homme visant à abattre le PT et sa principale figure, Lula.
« Ne pensez pas que je suis contre Lava Jato », a précisé Lula, samedi, « Lava Jato, si elle attrape un escroc qui a volé, doit l’arrêter. Nous voulons tous cela. Tous, tout au long de notre vie, nous nous sommes dit : au Brésil on n’arrête que les pauvres, on n’arrête pas les riches. » Mais d’ajouter « je ne suis pas au-dessus de la justice, mais je crois en la justice fondée sur des preuves concrètes, pas des convictions ».
« Fatigué mais très détendu »
L’arrestation de Lula, plus de 24 heures après l’expiration du délai fixé au vendredi 6 avril à 17 heures, par le juge Moro, a laissé le temps à l’ancien tourneur de l’usine Volkswagen de remuer les vieux souvenirs de combat pour les droits des travailleurs et la démocratie.

   


Parmi les « companheiros » venus le saluer dans le syndicat où il s’était réfugié, figuraient Djalma Bom, syndicaliste enfermé à ses côtés en 1980 par les militaires et le sénateur Eduardo Supplicy, qui aurait proposé à Lula de faire la moitié de sa peine. « Et pourquoi pas la totalité ? », aurait répondu Lula dans un grand éclat de rire. « Il était fatigué mais très détendu », raconte l’un des proches de l’ancien président présent ces dernières 24 heures.
Après avoir embrassé ses fils en larmes, Lula devait rejoindre le pénitencier de Curitiba, espérant que son incarcération suscitera une vague de protestation sociale.
Mais si une partie du pays le vénère, elle n’oublie pas les erreurs, compromissions et trahisons commises au cours des treize années de pouvoir du PT. « Le “lulisme” ne meurt pas avec la condamnation de l’ancien tourneur. Mais il devra se réinventer », estime André Singer dans une tribune publiée par le quotidien Folha de Sao Paulo.
Samedi une partie du pays pleurait la disgrâce de l’ancien chef d’Etat, l’autre célébrait sa chute. Mais personne n’était encore en mesure d’évaluer les conséquences que ce choc provoquerait sur le destin du pays.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Il fut le producteur d’Hallyday trente-cinq ans durant. Une relation tumultueuse, faite d’embrouilles, de tournées triomphales et de fiascos financiers.
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
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Jean-Claude Camus : « Mon Johnny », ses amours, nos emmerdes


                      Il fut le producteur d’Hallyday trente-cinq ans durant. Une relation tumultueuse, faite d’embrouilles, de tournées triomphales et de fiascos financiers.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 12h20
    |

                            Pascale Nivelle








                              

                        

Ce 12 février, dans le bureau parisien de Jean-Claude Camus, un portable – dernier modèle de la marque à la pomme – vibre en continu. Par un communiqué à l’Agence France-presse (AFP), Laura Smet vient de déclencher la guerre des Hallyday.
Les médias courent après le producteur historique de Johnny, toujours bon client dans le rôle de l’imprésario venu des sixties. Pendant plus de trente ans, Camus a tiré la carrière chaotique du chanteur. Il a organisé ses mariages, partagé sa folie des grandeurs, arrangé tous ses coups. Dix fois, ils se sont fâchés, et toujours réconciliés. Il doit savoir, lui, ce qui est passé dans la tête du vieux rocker quand il a signé son jugement de Salomon.
Le testament était piégé
Coupe de cheveux irréprochable, bronzé, un filet de barbe sur le menton, en costume bleu nuit et baskets, il semble apprêté pour un shooting en studio. A 79 ans, c’est son look habituel, selon un ami proche : « Jean-Claude est toujours extrêmement soigné et élégant. »
D’habitude, il adore la lumière, les interviews chocs. Mais, là, dans son bureau vieillot qui sent la cire et la cigarette, entouré de tous ses trophées – Légion d’honneur, Victoires de la musique, photos de célébrités –, il avance la main en défense. Pas un mot sur l’héritage. Même Michel Drucker a droit à un « no comment ».
Jean-Claude Camus l’avait souvent dit à sa fille, Isabelle, « quand Johnny mourra, cela va être terrible ». Le testament était piégé. Un seul mot de trop dans le juke-box Hallyday peut allumer le feu. Il le sait et s’est promis de la boucler.

Il a tenu treize jours. Le dernier dimanche de février, dans un pull beige en cachemire tout simple, Jean-Claude Camus est sur le plateau de RTL Belgique, à Bruxelles, où il réside pour des raisons administratives (mais « plus pour longtemps », nous assure-t-il). L’émission ne porte pas sur la longue liste des riches Français qui ont choisi la Belgique,...




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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Sans existence officielle ni reconnaissance par les services sociaux, la garderie parentale de Notre-Dame-des-Landes accueille six enfants, de 18 mois à 5 ans. Loin des folles rumeurs.
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La crèche de la ZAD, l’autogestion bon enfant


                      Sans existence officielle ni reconnaissance par les services sociaux, la garderie parentale de Notre-Dame-des-Landes accueille six enfants, de 18 mois à 5 ans. Loin des folles rumeurs.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 15h15
    |

            Rémi Barroux (Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), envoyé spécial)








   


L’histoire plaît beaucoup aux enfants : un canard, exploité par un fermier, doit s’acquitter de tâches agricoles, nourrir les autres bêtes… A chaque fois que le paysan lui demande si le travail est fait, le palmipède répond d’un sonore « Coin-coin ». « Le fermier grossissait dans son lit et le pauvre canard n’en pouvait plus de travailler. »
Vient le temps de la révolte des animaux, et, « tout en meuglant, bêlant, gloussant et cancanant, ils se mirent au travail dans leur ferme ». Le fermier s’enfuit et la communauté animale s’en trouve fort aise, gérant la ferme à son envie.
Le Canard fermier de Martin Waddell et Helen Oxenbury (Editions Ouest-France, 1991) est certes usagé, les pages en ont été tournées maintes et maintes fois, mais le message n’a jamais été aussi actuel pour les jeunes parents, trentenaires pour la plupart, venus déposer leurs enfants à la crèche de Saint-Jean-du-Tertre, au cœur de la ZAD, la zone à défendre, de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique).
« Stabule parentale »
Préservés de la tension qui agite les lieux à l’approche de l’intervention attendue des gendarmes mobiles pour expulser les occupants « illégaux », les bambins jouent sur le sol carrelé de la pièce, dans laquelle se trouve la grande cuisine en attendant le repas.
Ce mercredi 28 mars, c’est choux de Bruxelles et lentilles en plat principal. Il y a bien sûr de la viande de temps en temps, des laitages – on est dans une ferme… La « crèche » de la ZAD, que Willem, éleveur à la tête d’une vingtaine de bovins, appelle aussi en riant la « stabule parentale », existe depuis un an.
« Nos enfants vont chez le pédiatre, quand cela est nécessaire, même si certains d’entre nous préfèrent l’homéopathie et l’ostéopathie. » Greg
Au printemps 2017, deux couples de parents, voisins dans ce petit hameau et présents sur la zone depuis plusieurs années, mettent en commun leur temps pour garder leurs très jeunes enfants. Ils décident de les accueillir, alternativement chez eux, à la ferme, ou dans la grande cabane en bois à quelques centaines de mètres.
Dans les deux lieux qui les reçoivent, les mercredis et les vendredis, une pièce est réservée aux jeux et à la sieste. De trois, le groupe a grandi et compte dorénavant six enfants, de 18 mois à 5 ans. Des jumeaux, âgés aujourd’hui de 3 mois, compléteront bientôt la bande. Une heure plus tôt, ils étaient dans l’étable pour voir les veaux et s’amuser un peu avec les céréales qui leur sont destinées.
« Ils sortent systématiquement le matin et l’après-midi, après la sieste, soit pour se promener dans le bocage, soit à l’étable. Gino, un grand de 3 ans, a même déjà fait du tractopelle. Ils adorent participer à la vie de la ferme. Le fait que les enfants soient gardés ensemble nous libère du temps », raconte Greg, l’un des pères, qui travaille non loin, à la ferme de Bellevue.

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« Un cadre qui n’est pas commun »
Car, pour alternative et originale qu’elle soit, cette « crèche » répond à des critères précis définis par les parents, même si elle n’a aucune existence officielle ni reconnaissance par les services sociaux. Ce mercredi, deux parents sont présents pour s’occuper du petit groupe – la règle étant un pour trois enfants, deux pour cinq et trois adultes à partir de six enfants.
Alors que le projet d’aéroport était encore sur les rails, et que la bataille entre pro et anti était intense, les rumeurs les plus folles faisaient état d’enfants non déclarés, élevés n’importe comment. Jeannette, Willem, Amans ou encore Greg s’en amusent. « Nos enfants vont chez le pédiatre, quand cela est nécessaire, même si certains d’entre nous préfèrent l’homéopathie et l’ostéopathie », témoigne Greg.
« Ils apprennent à vivre ensemble. Ils commencent à trouver leurs propres jeux, à faire attention l’un à l’autre, mais il faut assurer une certaine régularité, que ce soit bien organisé. » Amans
En septembre, certains enfants rejoindront probablement les bancs de l’école voisine. Les plus grands partagent d’ailleurs déjà leur temps entre la crèche de la ZAD, l’école maternelle ou la halte-garderie du village. « On les fait grandir dans un cadre qui n’est pas commun, ils vivent dans notre monde communautaire, mais c’est important qu’ils soient aussi confrontés à d’autres adultes. La halte-garderie apporte d’autres choses, un environnement traditionnel », explique Jeannette, jeune maman et charpentière de marine.
Le groupe de parents, qui doit accueillir bientôt de nouveaux arrivants, se réunit régulièrement pour discuter des activités, de l’éducation qu’ils aimeraient donner à leurs enfants, du rapport à l’institution scolaire, ou encore des avantages de la pédagogie Montessori [une méthode encourageant l’initiative et l’autonomie chez l’enfant]. Autant de discussions finalement banales.
Chaque dimanche soir, les parents inscrivent sur le planning de la semaine leur présence et celle de leurs enfants. « Ils apprennent à vivre ensemble, comme nous. Ils commencent à trouver leurs propres jeux, à faire attention l’un à l’autre, c’est super, mais il faut assurer une certaine régularité, que ce soit bien organisé », insiste Amans, en train de préparer des sablés avec la petite Nina. L’avenir dira si l’évacuation d’une partie de la ZAD, qui devrait avoir lieu lundi 9 avril, signera la fin de l’expérience pédagogique.

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Universités : appel à une nouvelle mobilisation sur les campus mardi

La coordination nationale étudiante, mobilisée contre la loi sur l’accès à l’enseignement supérieur, veut « ancrer durablement la grève sur un maximum de campus ».



Le Monde
 |    08.04.2018 à 12h14
   





                        



   


La coordination nationale étudiante (CNE), qui s’est réunie ce week-end à l’université Paris-Nanterre, a appelé dimanche à une nouvelle mobilisation mardi 10 avril dans les facultés pour protester contre les nouvelles modalités d’accès à l’université et « afin d’ancrer durablement la grève sur un maximum de campus ».
Réunissant une centaine de délégués issus de « 35 universités », la coordination appelle également les étudiants à manifester le 14 avril « en lien avec la grève des cheminots » et à se « joindre à la journée nationale de grève du 19 avril ».

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Nouveau rendez-vous les 21 et 22 avril
Une nouvelle CNE doit avoir lieu les 21 et 22 avril « dans la première université qui proposera de l’accueillir », précise le communiqué.
Le président de l’université de Nanterre avait refusé de leur prêter une salle, estimant ne pas pouvoir assurer la sécurité des lieux et des personnes dans un « contexte national et social extrêmement tendu ». Mais les étudiants ont tout de même tenu leur réunion dans un amphithéâtre vide de la faculté de droit.

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Marathon de Paris : Paul Lonyangata et Betsy Saina distingués, une double victoire kenyane

La course de 42,195 km se déroulait dimanche avec une innovation cette année : un départ décalé entre les dames et les messieurs.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 08h07
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 11h31
   





                        



   


Le Kényan Paul Lonyangata a conservé son titre en remportant dimanche le marathon de Paris en 2 heures, 6 minutes et 21 secondes, après avoir dépassé dans les derniers hectomètres sa compatriote Betsy Saina, lauréate en 2 heures, 22 minutes et 56 secondes de l’épreuve féminine.
Quelque 55 000 coureurs ont arpenté le capitale dimanche 8 avril pour la 42e édition du marathon dont le départ était donné au pied de l’arc de Triomphe. Le parcours de 42,195 km allait du sud-ouest au sud-est de la capitale, et retour, en visitant aussi les poumons verts que sont les bois de Vincennes et de Boulogne.
Cette année, le marathon de Paris innovait en proposant une course décalée entre les dames et les messieurs, afin qu’ils se mêlent à l’arrivée.
16 minutes et 26 secondes d’écart
Les dames « élite » partaient précisément 16 minutes et 26 secondes avant leurs homologues masculins. « C’est l’écart entre les meilleurs chronos messieurs et dames sur la base de l’année 2017, en l’occurrence celui réalisé à Paris par Lonyangata (2 h 06 min 10 sec) et celui de Chepnegitch (2 h 22 min 36 sec, à Istanbul) », explique René Auguin, agent d’athlètes et directeur du plateau.
A défaut de concurrencer Londres ou Berlin pour les dotations, et donc dans l’impossibilité d’attirer les tout meilleurs, Paris s’est construit la réputation de faire éclore les talents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Paradoxe de notre culture, ce vilain défaut est à la fois condamné et valorisé. Pourtant, ce sentiment suscite des drames et ne mérite pas notre indulgence, estime la chroniqueuse de « La Matinale », Maïa Mazaurette.
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Article sélectionné dans La Matinale du 07/04/2018
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La jalousie, une histoire d’amour ?


                      Paradoxe de notre culture, ce vilain défaut est à la fois condamné et valorisé. Pourtant, ce sentiment suscite des drames et ne mérite pas notre indulgence, estime la chroniqueuse de « La Matinale », Maïa Mazaurette.



Le Monde
 |    08.04.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
08.04.2018 à 14h21
    |

                            Maïa Mazaurette








   


« Laurent était tellement amoureux d’elle, qu’il l’aurait pas laissée sortir en discothèque déjà. » Ces mots ont été prononcés lors du procès d’Edith Scaravetti (compte rendu d’Elise Costa, pour Slate). On pourrait s’étonner de la banalité de cette corrélation amour-contrôle. Comment considérer comme bienveillante l’interdiction d’accéder à l’amusement et à la convivialité – imposée à une femme adulte ? Et pourtant nous haussons les épaules. Nous acceptons avec indulgence ce paradoxe de notre culture : une jalousie condamnée, mais (« en même temps ») valorisée – un vilain défaut, mais qui part d’une bonne intention.
Historiquement, ces velléités de possession s’expliquent par un désir de progéniture AOC : la jalousie est l’excuse permettant de contrôler le ventre des femmes. Dit de cette manière, ça ne fait pas envie…
C’est pourquoi la jalousie fait office d’enrobage émotionnel : on transforme une question de sexe en affaire de grands sentiments. Quitte à obtenir une mise sous cage de l’être aimé, un engouement sans bravoure, balisé, terni par la peur d’être remplacé ; en somme, une inclination ne faisant confiance à personne – ni à l’autre ni à soi-même.
Pour contrebalancer ce point de départ peu enthousiasmant, on positive, quitte à battre des records de mauvaise foi. La jalousie est en effet considérée simultanément comme un rehausseur de goût et comme un indicateur : si ça fait mal, si on ne supporte pas l’idée que l’autre couche ailleurs, alors les sentiments sont authentiques (dans le cas contraire, comme chacun sait, cet amour est un flan pâtissier).
Théories évolutionnaires
Au point de jeter la suspicion sur les personnes indifférentes à la jalousie ! De fait, les couples solides ont tendance à être jaloux : les conjoints heureux ont plus à perdre que ceux qui se détestent. On pourrait cependant arguer qu’en France, terre d’infidélité par excellence, cette angoisse est tempérée par un flot constant d’infidélités fameuses ou banales, dont les protagonistes s’aiment et pourtant se trompent, sans que ce soit nécessairement contradictoire.
Du côté de la psychologie évolutionnaire, on se préoccupe plutôt de préservation des gènes que d’amour, afin d’établir une partition genrée des jalousies. Chez les hommes, ce sentiment servirait à assurer leur paternité – ils seraient jaloux sexuellement.
Les femmes, en revanche, seraient jalouses émotionnellement : une suspicion motivée par la crainte que le protecteur-pourvoyeur n’aille donner ses Ticket Restaurant à une autre (de fait, les flirts extraconjugaux purement platoniques concerneraient 45 % des hommes et 35 % des femmes).
Ces théories évolutionnaires se retrouvent dans les statistiques de la psychologie, mais elles correspondent à un monde dénué de contraception, d’avortement et de tests ADN. On peut hériter de ces faits culturels tout en les contestant – sans être prisonnier du monde ancien.
Asymétrie
La psychanalyse avance pour sa part l’idée d’une jalousie comme « standard relationnel » développé dans la petite enfance : si notre premier amour se porte sur la mère et qu’elle nous dévoue toute son attention, si c’est ainsi que l’amour s’inscrit dans notre mémoire, alors tout intérêt non exclusif et non omnipotent paraît insuffisant, voire offensant. Les contes de fées suivent ce modèle d’une passion à usage unique et qui déplace des montagnes (dans la réalité, quand la passion se déplace de trois stations de métro en période de grèves, on peut déjà se féliciter).
Outre la vision passéiste de la maternité que cette vision-là de la psychanalyse suppose (rappelons que les enfants d’aujourd’hui ont des mères fatiguées, des iPad et même des pères), elle implique une asymétrie entre l’infidélité masculine et féminine… la seconde étant objectivement plus grave que la première (quelle surprise !).
D’où d’intéressantes justifications des crimes « passionnels » dans les médias : « C’est un drame terrible, mais quand même, le tueur était en pleine détresse » (traduire : « c’est encore la faute de sa mère »). Notons que dans ce paradigme les adultes cherchent à établir avec leurs partenaires des rapports de parentalité – ce qui constitue rarement une idée géniale. Quant à la distance nécessaire au désir, pourtant chère à certains théoriciens, elle passe à la trappe.
Abus émotionnels et/ou physiques
Du côté du bon sens populaire, nous louvoyons. Pour valoriser un sentiment désastreux, nous divisons la jalousie en deux : comme pour le cholestérol, il y en aurait une bonne et une mauvaise, dont les lignes rouges se noient dans un fascinant flou artistique.
Dans sa version intériorisée, la jalousie maladive provoquerait une souffrance insurmontable à qui la ressent. Dans sa version extériorisée, elle consisterait à faire peser ses angoisses sur le partenaire, sous forme de chantages, d’abus émotionnels et/ou physiques. Remarquons que cela reste vrai à l’autre bout du spectre de la fidélité : le candaulisme, sous une forme extrême, peut exploiter des formes de surveillance similaires. (Rappel : le candaulisme consiste à organiser et/ou à assister aux escapades sexuelles de sa moitié.)
Revenons maintenant à notre culture contemporaine. Malgré ses justifications historiques, romantiques, évolutionnaires ou psychanalytiques, nous savons bien que la jalousie coince. Nous savons bien qu’éthiquement il est moins grave d’être trompé que de s’arroger la possession d’un corps tiers – nous ne pouvons pas célébrer l’autonomie à tout bout de slogans et la jeter aux orties quand elle nous blesse. Certains en viennent à jalouser les rêves érotiques de leur partenaire : si on accepte des formes de possession dans le couple, on rentre dans l’arbitraire total.
Le malaise grandit à mesure que les conséquences de notre indulgence sont analysées de manière systémique : bien sûr qu’il y a mort d’homme… mais surtout mort de femme. Et voici certainement la face la plus obscure de notre « tendresse » envers la jalousie : si ce sentiment se retrouve chez les deux sexes, les hommes en paient rarement le prix (le meurtre d’un partenaire masculin existe, mais il concerne moins d’un cas sur cinq).
Une faible estime de soi
Au contraire, en tant que groupe, les hommes bénéficient de la bonne réputation de la jalousie : elle leur permet de contrôler la sexualité de leurs compagnes, mais aussi leur habillement, comportement et déplacement. Comble de l’hypocrisie, la jalousie prend les atours de l’attention à l’autre. L’égoïsme se maquille en paternalisme.
Cependant, comme la recherche l’a montré, la jalousie est liée à une faible estime de soi, à l’anxiété, à l’instabilité mentale et à la dépendance (de manière logique, tout cela concourt au fiasco de couple, en entraînant un cycle de prophéties autoréalisatrices). La jalousie encourage en outre la victimisation des coupables, tout en inversant la charge de la preuve du côté des victimes : on laisse entendre à ces dernières qu’elles doivent être patientes, qu’elles doivent donner des signes de fidélité – ou que leur situation est finalement rigolote.
Une histoire d’amour, la jalousie ? En 2018, on peut décemment grincer des dents. Les drames sont trop fréquents, les enjeux trop lourds (crimes d’« honneur », féminicides, coups, abus). Justement parce que le sentiment amoureux occupe une place considérable dans notre imaginaire et notre quotidien, justement parce qu’il constitue LA grande aventure collective désirable (les autres grandes aventures collectives que sont la fracture de la hanche ou la recherche d’un Vélib’ à Paris ne font pas rêver), nous devons cesser de « glamouriser » nos rancœurs et nos lâchetés. La jalousie ne mérite pas l’amour.


