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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le commissaire européen fait un pas de plus pour être le chef de file des socialistes français. Mais, au sein du parti, beaucoup s’y opposent déjà.
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Au congrès du PS, Pierre Moscovici entre en campagne pour les élections européennes

Le commissaire européen fait un pas de plus pour être le chef de file des socialistes français. Mais, au sein du parti, beaucoup s’y opposent déjà.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 17h54
    |

                            Astrid de Villaines








                        


C’était un secret de polichinelle, c’est désormais de plus en plus clair : Pierre Moscovici avance ses pions, de moins en moins discrètement, pour être le prochain chef de file du Parti socialiste (PS) aux prochaines élections européennes, en 2019.
Invité à participer à une « table ronde » sur « la renaissance de la gauche européenne » samedi 7 avril dans l’après-midi aux Docks d’Aubervilliers, lors du 78e congrès du PS, le commissaire européen, chargé des affaires économiques, a fait de son intervention un plaidoyer pour sa candidature.
En préambule, l’ancien ministre de l’économie de François Hollande a désamorcé les critiques fréquentes chez ses camarades socialistes, très opposés à sa candidature. « Ce serait rédhibitoire », a déclaré Marie-Noëlle Lienemann. « On ne peut pas avoir comme tête de liste un représentant de la commission Juncker », abonde Emmanuel Maurel, eurodéputé et candidat de l’aile gauche au congrès du PS, arrivé en troisième position (18,8 % des voix).
« Je suis socialiste et je le suis tous les jours »
« Je connais vos mécontentements et vos frustrations et imaginez-vous que je les partage. Comme membre de la commission, il m’est arrivé de me désolidariser. Je ne partage pas toutes les orientations de la commission européenne », a lancé, depuis la tribune, le commissaire européen, comme pour se dédouaner. Et de prendre ses distances avec Emmanuel Macron : « Je ne crois pas au ‘ni droite ni gauche’, je n’y crois pas à Bruxelles je n’y crois pas à Paris. Ce clivage existe, nous avons besoin d’une sociale démocratie européenne », a-t-il affirmé.
Au long de son discours, applaudi par les militants du PS présents dans la salle, il s’est rangé clairement de leur côté : « Je suis socialiste, ce n’est pas un mot abstrait, je suis socialiste et je le suis tous les jours », a insisté M. Moscovici avant de mettre en avant son bilan à la commission européenne : « Quand je propose la première liste de paradis fiscaux, certes imparfaite, mais la première, quand je suis obligé de combattre les ministres des finances néerlandais et maltais, quand je propose de taxer les géants du net, est-ce que j’agis en conservateur ? Non j’agis en social-démocrate ! », a-t-il poursuivi.
Enfin, l’ancien ministre de l’économie a vivement critiqué ses potentiels adversaires de gauche. « Il y aura une gauche nationaliste et une gauche qui pense que Varoufakis [l’ancien ministre grec de l’économie] vaut mieux que Tsipras [le premier ministre grec] alors que Varoufakis a mené la Grèce dans l’impasse », tance le commissaire européen, en référence à ses potentiels adversaires, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon.
Recherche d’une tête de liste alternative
Sans jamais évoquer officiellement sa candidature, le commissaire européen a tout de même proposé un slogan : « si les socialistes ne sont pas européens au XXIe siècle, ils ne seront pas » et des pistes, comme un futur programme : « revoir le logiciel des politiques économiques, revenir à un monde politique où la réforme sociale est synonyme de progrès et une vraie Europe sociale. »
Pas sûr que cela convienne à ses camarades du PS. « Si c’est pour dire encore une fois on veut de l’Europe sociale, ça ne va pas marcher », expliquait Marie-Noëlle Lienemann, avant cette intervention. Même le sénateur David Assouline, qui a soutenu Olivier Faure au poste de premier secrétaire, le dit clairement : « je ne souhaite pas que Pierre Moscovici soit notre chef de file, il faut du renouveau ! »
Selon plusieurs sources, Olivier Faure cherche une tête de liste alternative à celle de M. Moscovici. Christiane Taubira a été sollicitée, mais elle a décliné, refusant pour le moment « tout mandat électif ». Najat Vallaud-Belkacem est souvent citée, mais cette dernière s’est mise en retrait de la politique. M. Faure assure que la décision sera « collective », mais le casse-tête de la tête de liste pourrait durer encore un peu : il a prévu d’annoncer son choix au mois de septembre.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Olivier Faure est officiellement devenu, samedi lors du 78e congrès du parti, le 13e premier secrétaire du PS, après la proclamation des résultats définitifs des scrutins militants des 15 et 29 mars.
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Olivier Faure officiellement investi à la tête du Parti socialiste

Olivier Faure est officiellement devenu, samedi lors du 78e congrès du parti, le 13e premier secrétaire du PS, après la proclamation des résultats définitifs des scrutins militants des 15 et 29 mars.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 14h31
   





                        


C’est désormais officiel. Après la proclamation, samedi 7 avril lors du 78e congrès du parti, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), des résultats définitifs des scrutins militants des 15 et 29 mars, Olivier Faure est devenu le 13e premier secrétaire du Parti socialiste (PS),
Selon les résultats définitifs du vote donnés par Rachid Temal, qui a dirigé par intérim le parti après le départ de Jean-Christophe Cambadélis à la suite des législatives, le texte d’orientation de M. Faure a obtenu 48,37 % des voix des 37 991 votants le 15 mars (Luc Carvounas 6,38 %, Stéphane Le Foll 26,45 %, Emmanuel Maurel 18,80 %). Le 29 mars, resté seul en lice après le désistement de M. Le Foll, Olivier Faure avait obtenu 86% des voix.
Le Congrès s’est ouvert vers 10 h 30 en présence des délégués des fédérations départementales du PS. M. Faure doit prononcer un discours d’une heure dimanche à 11 h 30. Ses adversaires défaits s’exprimeront samedi après-midi.
Parti en campagne le 10 janvier, après la décision de Najat Vallaud-Belkacem de ne pas briguer la tête du parti, Olivier Faure a su convaincre les militants de ses capacités de rassemblement entre une aile gauche incarnée par Emmanuel Maurel et l’incarnation du bilan de François Hollande, défendu par Stéphane Le Foll.
M. Faure, dont le programme était intitulé « Le chemin de la renaissance », a promis de changer les pratiques et les visages du parti et de « renouveler le vivier des idées » grâce, notamment, à une plate-forme numérique en lien avec les militants. D’ici là, l’élu de Seine-et-Marne va devoir remettre sur pied le PS, juguler l’hémorragie des militants et préparer les futures élections.

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Le Mouvement des jeunes socialistes quitte le PS
Le départ avait été annoncé il y a quelques jours. Réuni en congrès à Paris, samedi 7 avril, le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) a « voté à l’unanimité des délégué·e·s en faveur de l’indépendance de leur mouvement et quitte le Parti socialiste », a-t-il été annoncé dans un communiqué. Les jeunes socialistes ont également invité « le PS à respecter leur choix libre et autonome ». La présidente du MJS, Roxane Lundy, avait déclaré il y a deux semaines son souhait de rejoindre Génération·s, le mouvement lancé par Benoît Hamon.





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le député des Bouches-du-Rhône s’exprimait, samedi, lors de la première assemblée représentative de La France insoumise.
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Jean-Luc Mélenchon : « Le peuple français a une chance, nous avoir »

Le député des Bouches-du-Rhône s’exprimait, samedi, lors de la première assemblée représentative de La France insoumise.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 15h11
    |

            Abel Mestre








                        



   


« Servir le peuple ». Le leitmotiv de Mao Zedong résume l’état d’esprit dans lequel Jean-Luc Mélenchon veut placer La France insoumise (LFI) dans le mouvement social autour de la réforme de la SNCF. « Il n’y a pas d’action souterraine de La France insoumise, tout est public. On se met au service des organisations et de la façon dont elles s’organisent », a expliqué M. Mélenchon en introduction de la première assemblée représentative de LFI.
Cette sorte de parlement du mouvement, dont 60 % (150 membres sur 250) sont tirés au sort, était réuni, samedi 7 avril à La Chesnaie-du-Roy, au cœur du bois de Vincennes. Il devait aborder la question du mouvement social. L’après-midi, un débat stratégique sur les élections devait se tenir, cette fois, à huis clos. Ironie du calendrier, ce rendez-vous se tient le même jour que le congrès du Parti socialiste, ancienne formation de Jean-Luc Mélenchon.
Messianisme
Jean-Luc Mélenchon a profité de son propos liminaire pour faire un bilan de la situation politique du pays. Une grande partie a donc été consacrée au mouvement social. L’ancien candidat à la présidentielle a reconnu que les circonstances actuelles étaient différentes de la rentrée de septembre, où LFI avait été « obligée » de lancer seule sa marche du 23 septembre. « Aujourd’hui, les syndicats veulent élargir leur base, ils ont raison. Il faut respecter la forme particulière de cette énergie. C’est notre tâche prioritaire », a-t-il martelé.
Pour lui, il faut écouter les masses et s’adapter à leurs désirs, car elles seules détiennent la vérité. Une sorte de messianisme du peuple, donc, où l’outil politique doit devenir un simple instrument de luttes. « Le peuple français a une chance : nous avoir. (…) Nous sommes quelque chose de précieux », a-t-il déclaré, sans fausse modestie.
Un texte allant d’ailleurs dans ce sens a été adopté samedi matin par l’assemblée représentative. « Cela cherche à approfondir un soutien concret aux grèves − notamment les collectes financières −, mais aussi aux initiatives comme celle du 14 avril et du 5 mai », a précisé Manuel Bompard, chef d’orchestre de LFI, lors d’une conférence de presse. Il ajoute : « Nous appelons l’ensemble de ceux qui veulent faire triompher l’intérêt général de s’investir. »
Jean-Luc Mélenchon le jure : La France insoumise ne fait qu’offrir ses compétences au mouvement. La manifestation du 14 avril à Marseille ? Pas sa décision, mais celle de la CGT locale, et d’autres syndicats et associations. La marche du 5 mai, initiée par François Ruffin ? « On ne se l’approprie pas », assure M. Mélenchon.
« Front du peuple »
Il en a aussi profité pour critiquer « la gauche selfie », qui, à ses yeux, serait représentée par Olivier Besancenot (NPA), Pierre Laurent (secrétaire national du PCF) et Benoît Hamon (Génération·s) et leurs voyages en train fortement médiatisés. « L’unité comme prétexte à effacer les idées, c’est non », a-t-il lancé. Pourtant, jeudi dernier, Eric Coquerel et François Ruffin, tous deux députés LFI, étaient présents.
Et d’ajouter, à propos de la marche marseillaise du 14 avril : « J’espère qu’Olivier Besancenot et Benoît Hamon seront là, car leurs organisations locales appellent à manifester. Ce serait dommage qu’il ne manque que les chefs. »
Cette manifestation doit être le prélude à un « Front du peuple » que l’ancien sénateur socialiste appelle de ses vœux. « C’est un Mai 68 perlé. On espère qu’il s’élargira. Cela ne me déplairait pas, un nouveau 68… Ça remettrait la question sociale au centre », a-t-il ajouté.
Dans la lutte contre le gouvernement, M. Mélenchon a également fait la liste de ses « ennemis », dont « le parti médiatique » serait la pointe avancée. Selon lui, il « n’a pas vu de militants Les Républicains, Front national ou La République en marche » distribuer des tracts donnant des arguments contre les grévistes. Ce sont les médias qui les donnent, assure-t-il.
Les « insoumis » estiment que la bataille du rail est décisive. Si le mouvement l’emporte contre le gouvernement, ce sera le terreau idéal pour faire des élections européennes de mai 2019 un référendum pour ou contre l’Europe libérale qui est, selon eux, incarnée par Emmanuel Macron.
« On peut être l’étincelle qui met le feu à la plaine », a conclu M. Mélenchon, reprenant un slogan… de Mao Zedong.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le président sera l’invité jeudi 12 avril du journal de 13 heures de TF1, pour un grand entretien en direct. Au menu notamment, les conflits sociaux qui agitent le pays.
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Emmanuel Macron sera l’invité du 13 heures de TF1 jeudi

Le président sera l’invité jeudi 12 avril du journal de 13 heures de TF1, pour un grand entretien en direct. Au menu notamment, les conflits sociaux qui agitent le pays.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 11h37
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 12h32
   





                        



   


Le président de la République, Emmanuel Macron sera l’invité jeudi 12 avril du journal de 13 heures de TF1, pour un grand entretien en direct dans lequel il s’exprimera, entre autres, sur les conflits sociaux qui agitent le pays, a annoncé, samedi, la chaîne. Le chef de l’Etat sera interrogé par Jean-Pierre Pernaut durant un entretien d’une heure, qui sera diffusé également sur LCI.
Le président répondra en outre à des questions concernant la vie quotidienne des Français, et expliquera quel cap il entend donner à la France à l’approche de son premier anniversaire à l’Elysée, a fait savoir à l’AFP le directeur de l’information du groupe TF1 Thierry Thuillier.

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« TF1 avait réalisé la première interview télévisée du président Macron en octobre, et nous souhaitions proposer l’interview du premier anniversaire de son élection mais ce qui nous a surtout motivés, c’est le contexte du moment ; aujourd’hui, les sujets qui touchent à la vie quotidienne des Français sont au premier plan », a-t-il expliqué.
Mouvements sociaux, retraites, pouvoir d’achat au menu
Cette émission spéciale d’une heure, sera ponctuée de « courts sujets et de reportages et témoignages, via lesquels des Français pourront interpeller ou s’adresser au chef de l’Etat », selon Thierry Thuillier. Les sujets abordés seront nombreux, avec une partie consacrée à l’actualité économique et sociale sachant que sur les rails, dans le ciel, ou encore dans les amphis d’universités occupés, la semaine sociale qui sera marquée par l’examen du projet de loi SNCF à l’Assemblée lundi, s’annonce intense et tendue.
Cette interview aura lieu alors même que l’examen du projet de loi ferroviaire doit se tenir jusqu’à jeudi soir, avec au menu la transformation de la SNCF en société anonyme, le calendrier de l’ouverture à la concurrence prévue au niveau européen et la suppression de l’embauche au statut. Avant un vote sur l’ensemble du projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire », le 17 avril.

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« Ce sera la première fois que le président s’exprimera dans une interview sur les mouvements sociaux en cours à la SNCF, chez les étudiants », note M. Thuillier, qui ajoute qu’au-delà de ce « malaise social », Jean-Pierre Pernaut abordera des questions comme « la fracture sociale et territoriale en matière de santé et d’hôpitaux, la désertification dans certaines régions, les retraités et le pouvoir d’achat (CSG, taxe d’habitation...), la limitation de vitesse à 80 km/h, la sécurité et le terrorisme ». Enfin, « nous aborderons les enjeux à venir : alors que le Président multiplie les réformes, quel est son cap, quelle France imagine-t-il d’ici la fin de son mandat? », dit il.
Il s’agira seulement de la troisième interview accordée à une chaîne française par le président depuis son élection au printemps 2017. Après avoir renoncé à la traditionnelle interview du 14 juillet, il avait été l’invité du 20 heures de TF1 en octobre, puis de celui de France 2 en décembre.

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Alors que la France connaît un important mouvement de grève à la SNCF et que l’ombre de 1995 plane sur les gares, le chef de l’Etat a peu pris la parole jusqu’ici. Face aux cheminots ou pour présenter mercredi la réforme des institutions, il a laissé son premier ministre, Edouard Philippe, à la manœuvre, comme il l’avait fait lors des annonces de la loi travail et du plan de sortie de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Lors d’un déplacement jeudi au CHU de Rouen, interrogé par des journalistes sur la grève à la SNCF, le président, dérogeant à son habitude de s’en tenir au sujet de sa visite, s’était toutefois exprimé brièvement, évoquant avec prudence des « protestations tout à fait légitimes » qui nécessitent « des explications » mais « ne doivent pas empêcher le gouvernement de gouverner ».
Cette intervention télévisée de M. Macron survient aussi alors que, selon une enquête réalisée à l’occasion de la 27e Journée du livre politique et publié par « Le Monde » vendredi, il peine à redonner aux Français confiance dans l’avenir. Sur une échelle de 1 à 10, ils sont seulement 24 % à s’afficher nettement optimistes sur leur avenir personnel (notes de 1 à 4), tandis que 43 % (et jusqu’à 55 % des ouvriers) se déclarent franchement pessimistes sur leur avenir personnel (notes de 7 à 10). Entre ces deux groupes, 33 % restent incertains (réponses de 5 à 6).A

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ François Hollande et Bernard Cazeneuve n’ont pas renoncé à exister. Tandis que beaucoup au sein du parti aimeraient voir Najat Vallaud-Belkacem prendre la relève.
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Au milieu des ruines du PS, les fantômes du passé rôdent

François Hollande et Bernard Cazeneuve n’ont pas renoncé à exister. Tandis que beaucoup au sein du parti aimeraient voir Najat Vallaud-Belkacem prendre la relève.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h30
    |

                            Astrid de Villaines








                        



                                


                            
Le calendrier ne peut être le fruit du hasard. Moins d’un an après avoir quitté l’Elysée, et surtout quelques jours après le congrès du PS à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) les 7 et 8 avril, François Hollande sort son livre « testament ». Dans Les leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros) publié mercredi 11 avril, l’ancien président revient sur ses cinq années à l’Elysée. Dans la foulée, il sera l’invité du « 20 heures » de France 2, mardi 10 avril. Une séquence de communication qui va percuter l’intronisation du nouveau premier secrétaire du PS, Olivier Faure.
« C’est très hollandais, sourit un pilier de la rue de Solférino. C’est une façon de dire “Coucou je suis encore là” à ses petits camarades alors qu’eux s’en passeraient bien. » « On attend la semaine prochaine pour commencer les interviews », se justifie l’entourage de François Hollande avant de confirmer que ce dernier « suit et s’intéresse au congrès, qui est un événement de la vie politique ».

A la façon des « cartes postales » de Nicolas Sarkozy quand il avait quitté le pouvoir, M. Hollande aime ainsi se rappeler au bon souvenir des socialistes, par petites touches. Preuve que le père n’est pas encore tué et qu’il entend bien continuer à jouer un rôle. Pour exister, Olivier Faure, le « fils unique de Martine Aubry et de François Hollande », comme il se définit lui-même, devra s’affranchir de cette figure tutélaire. Et d’autres fantômes de l’ancien monde, Bernard Cazeneuve et Najat Vallaud-Belkacem, qui planent toujours au-dessus des ruines du PS.
« Ne pas être un boulet »
Dans les mois à venir, la nouvelle génération socialiste devra s’affranchir. Car l’ancien chef de l’Etat n’est pas décidé à disparaître de lui-même. Le jour du premier tour du congrès du PS, le 15 mars dernier, il a mis en scène son vote à Solférino, sous le regard des caméras invitées exceptionnellement pour l’occasion. Une apparition qui n’a pas plu à la plupart...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ A Dijon, lors des journées de France urbaine, Edouard Philippe a annoncé la signature « dans les prochains jours » des premiers pactes financiers.
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édition abonné


La contractualisation entre l’Etat et les collectivités avance lentement

A Dijon, lors des journées de France urbaine, Edouard Philippe a annoncé la signature « dans les prochains jours » des premiers pactes financiers.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h24
    |

            Patrick Roger (Dijon, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Lentement, mais plus ou moins sûrement, la contractualisation entre l’Etat et les collectivités territoriales votée dans la loi de programmation des finances publiques est en train de prendre corps. Jeudi 5 avril, à Dijon, aux journées de France urbaine, qui réunit l’ensemble des grandes villes, métropoles et communautés urbaines, le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé la signature « dans les prochains jours » des premiers pactes financiers.

Parmi les premiers signataires figureraient la métropole Nice-Côte d’Azur, dirigée par Christian Estrosi, et Bordeaux Métropole, présidée par Alain Juppé. Toulouse, que gère Jean-Luc Moudenc, le président de France Urbaine, serait également bien avancée. Caractéristique commune de ces grands maires et présidents de métropole : ils ont été élus à la tête de listes de droite, sous l’étiquette LR, mais observent une certaine distance avec l’actuelle direction du parti. Le chef du gouvernement a assuré que d’autres maires de grandes villes, présidents de métropole ou de département, et même des maires de communes volontaires qui n’étaient pas initialement concernées par le dispositif, étaient prêts à s’engager. Sans en préciser ni le nombre ni la qualité.
« C’est un contrôle »
« Nous inventons une grammaire nouvelle, un exercice difficile parce que nouveau mais utile et sain parce qu’il nous oblige à plus d’exigence », a souligné M. Philippe pour justifier l’apparente lenteur de la conclusion de ces pactes financiers – prévus pour concerner 322 collectivités (l’ensemble des régions et des départements, 145 communes, 62 métropoles et agglomérations) concentrant à elles seules près de 70 % des dépenses de fonctionnement de l’ensemble des collectivités territoriales. Les réserves, voire les résistances, cependant, restent encore fortes.
Ces collectivités territoriales devront limiter la hausse de leurs dépenses de fonctionnement à 1,2 % par an, en moyenne, sur la durée du quinquennat....




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.
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Européennes : l’imbroglio des têtes de liste

Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h18
    |

            Lucie Soullier, 
Olivier Faye et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
A les entendre, les élections européennes constituent une échéance « cruciale » pour leur formation. Un rendez-vous stratégique, à ne pas prendre à la légère. Le scrutin de mai 2019 étant le premier vrai test sur la scène nationale depuis la présidentielle et les législatives de 2017. Mais à un peu plus d’un an de ce rendez-vous électoral, les trois principaux partis ne disposent toujours pas d’un chef de file identifié. Que ce soit La République en marche (LRM), Les Républicains (LR) ou le Front national (FN), aucun n’a encore déniché une tête d’affiche, susceptible de mener la campagne et de mobiliser les troupes.
Le nouveau mode de scrutin pousse pourtant à présenter des candidats identifiés par le grand public et disposant d’une vraie force de frappe médiatique : contrairement aux élections de 2014, qui se déroulaient dans huit grandes régions, les prochaines européennes auront pour cadre une circonscription nationale unique. Un changement acté par l’Assemblée nationale en février, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, qui mise sur cette nouvelle configuration pour lutter contre l’abstention et repolitiser nationalement le débat.

Sauf que son propre mouvement ne sait toujours pas qui sera la personnalité en mesure de porter le discours pro-européen du chef de l’Etat et de tenir la dragée haute aux autres figures de l’opposition. Alors que le parti présidentiel lance officiellement sa campagne, samedi 7 avril, ses dirigeants ne cachent pas leur embarras, en évoquant un « choix compliqué ».
Macron tranchera
Un temps, le nom de Daniel Cohn-Bendit a circulé mais l’ex-député européen a indiqué au Monde, en février, « ne pas être candidat ». Lui aussi pressenti, Alain Juppé a finalement exclu cette possibilité. Le sujet fait débat au sein de LRM, où certains plaident pour une personnalité de la société civile, afin d’incarner le « renouvellement des visages ». D’autres évoquent la nécessité de choisir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.
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Européennes : au grand bazar des gauches

A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 09h24
    |

            Abel Mestre et 
                                Astrid de Villaines








                        



                                


                            

C’est l’un des seuls points communs des formations de gauche : toutes sont à la recherche de la bonne formule et de la bonne tête de liste pour les élections européennes de mai 2019. A un an des échéances, la division règne et fait craindre un éparpillement des voix. Tour d’horizon.

Le Parti socialiste dans l’embarras 
Le seul nom qui émerge pour prendre la tête de liste du Parti socialiste (PS) est celui de Pierre Moscovici. « Si je dois faire quelque chose, je le ferai à l’automne 2018. Je ne précipiterai rien », confie le commissaire européen, s’inscrivant pleinement dans le calendrier d’Olivier Faure, qui annoncera son choix courant septembre. Mais le scénario est redouté par l’aile gauche du PS : « On ne peut pas avoir comme tête de liste un représentant de la Commission Juncker », estime l’eurodéputé Emmanuel Maurel, qui va prochainement lancer un club pour « rassembler la gauche ». « Moscovici, ce serait rédhibitoire », abonde la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Mais le PS a du mal à trouver une autre tête d’affiche. Christiane Taubira a été sollicitée, mais elle a décliné. Najat Vallaud-Belkacem, souvent citée, balaie l’éventualité : « Je suis heureuse là où je suis. Ça n’est pas en six mois qu’on se construit l’expérience et les réalisations auxquelles j’aspire », confie au Monde celle qui a rejoint le groupe Ipsos.
La France insoumise en solitaire 
Sûre d’elle et volontiers dominatrice, La France insoumise (LFI) devrait partir seule aux élections européennes. En tout cas, pas avec des partenaires français (des initiatives communes avec les Espagnols de Podemos sont en revanche prévues). Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon reste sur sa stratégie de défense d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Virginie Calmels, Guillaume Larrivé et Luc Ferry devront mener ce travail de réflexion.
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Laurent Wauquiez fait plancher LR sur son projet

Virginie Calmels, Guillaume Larrivé et Luc Ferry devront mener ce travail de réflexion.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h08
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            

C’est l’heure du bilan d’étape pour le parti Les Républicains (LR). « Sans être crédibles, pour l’heure, nous sommes audibles », souligne un de ses dirigeants. Cruel en apparence, le constat se veut en réalité encourageant : avec Laurent Wauquiez à la tête de LR, la formation de droite existe dans le débat public. Mais c’est souvent au prix de polémiques et de débats enflammés. Objet de critiques à la suite de propositions contre le terrorisme jugées peu crédibles par une partie de son camp, M. Wauquiez a décidé d’abattre certaines cartes pour montrer qu’il ambitionne de bâtir un vrai parti de gouvernement.

Le président de LR a ainsi confirmé au Figaro, jeudi 5 avril, qu’il a confié à sa vice-présidente, Virginie Calmels, et au député de l’Yonne Guillaume Larrivé le soin de mener la réflexion sur le projet du parti. « Ce sont les idées qui se trouvent au cœur de la reconstruction, c’est par ça que nous redeviendrons audibles », assure Mme Calmels au Monde. « Nous devons combiner la logique de l’opposition et la force de proposition », abonde M. Larrivé, pour qui « il faut assumer le débat d’idées, les contradictions le cas échéant ». Ce duo, qui échange depuis plusieurs mois, doit se retrouver en théorie tous les lundis pour un comité de pilotage.
Attelage complémentaire
Il sera appuyé dans son travail par le philosophe et ancien ministre de l’éducation nationale Luc Ferry, que M. Wauquiez consulte régulièrement. Une juppéiste, un sarkozyste ; une femme issue du monde de l’entreprise, libérale revendiquée, et un conseiller d’Etat, spécialiste des questions de sécurité : l’attelage se veut complémentaire. Il révèle que Laurent Wauquiez, qui s’affiche régulièrement en homme avançant sabre au clair, peut aussi jouer des équilibres internes à son parti. « Laurent travaille au rassemblement par l’aspect programmatique. Il fait attention à ce qu’il y ait des espaces d’expression »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Le parti présidentiel lance une opération nationale de porte-à-porte, samedi, sur le modèle de celle réalisée avant la présidentielle de 2017.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/04/2018
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Macron et ses troupes « en marche pour l’Europe »

Le parti présidentiel lance une opération nationale de porte-à-porte, samedi, sur le modèle de celle réalisée avant la présidentielle de 2017.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h45
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 07h17
    |

            Alexandre Lemarié








                        



   


Cap sur les élections européennes. La République en marche (LRM) démarre sa campagne pour le scrutin de mai 2019, samedi 7 avril, en lançant une « Grande marche pour l’Europe » dans toute la France. Initialement prévue le 24 mars, cette opération de porte-à-porte avait été décalé en raison de l’attaque terroriste survenue, la veille, dans l’Aude.
Durant cinq semaines, le mouvement macroniste entend frapper à plus de 100 000 portes afin de recueillir les attentes des citoyens sur l’Europe. Questionnaire en main, les militants LRM poseront des questions simples et ouvertes, telles que : « Si je vous dis “Europe”, ça vous fait penser à quoi ? » ou « Selon vous, qu’est-ce qui ne marche pas en Europe ? »
Cette méthode de démocratie participative vise à nourrir le logiciel du parti présidentiel, sur le modèle de la consultation engagée à sa naissance, en avril 2016, pour mener Emmanuel Macron au pouvoir. « Cela servira à alimenter notre projet pour une refondation du projet européen », explique au Monde le délégué général de LRM, Christophe Castaner.
Pour l’occasion, la Macronie sort la grosse artillerie : une dizaine de ministres et près de deux cents parlementaires seront mobilisés, samedi, dans toute la France. Chef d’orchestre de la campagne, M. Castaner multiplie les initiatives. Après avoir réuni, le 19 mars, un comité de campagne – qui rassemble le bureau exécutif et les ministres membres de LRM –, il a tenu un meeting à Paris, deux jours plus tard, en compagnie de la ministre des affaires européennes, Nathalie Loiseau, et de l’ex-député européen Daniel Cohn-Bendit. Samedi, il sera à Tours pour lancer officiellement cette « Grande marche ».
Un contexte de montée des populismes
L’occasion de sensibiliser, dès à présent, les électeurs à ce scrutin. Alors que les autres formations n’ont pas encore démarré leur campagne, le mouvement macroniste veut prendre la main pour tenter d’imposer au cœur du débat le discours pro-européen sur lequel Emmanuel Macron a été élu à la présidentielle. Avec l’objectif de réhabiliter ce thème aux yeux des électeurs.
« Il faut récréer du lien entre les Français et l’Europe, car la dernière fois qu’on les a interrogés sur ce thème, c’était en 2005 avec le référendum », souligne le député LRM de la 4e circonscription des Français établis à l’étranger (Benelux), Pieyre-Alexandre Anglade.
Un défi ardu dans un contexte de repli nationaliste et de montée des populismes sur tout le Vieux Continent, symbolisés par le Brexit ou par les résultats des élections en Allemagne et en Italie récemment. Un phénomène auquel n’échappe pas la France, où une grande part de l’opinion se montre critique vis-à-vis de l’Union européenne (UE).
Après la victoire du Front national (FN) aux élections européennes de 2014 (avec près de 25 % des suffrages), les candidats défendant une ligne eurocritique – parmi lesquels Marine Le Pen (FN), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) ou Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) – ont réuni près de 50 % des suffrages au premier tour de la présidentielle de 2017 en multipliant les attaques contre l’UE.
Le président joue gros
La persistance d’un euroscepticisme dans l’opinion et l’éventualité d’une forte abstention – traditionnellement élevée aux européennes, en France (56 % en 2014, plus de 59 % en 2009) – rendent compliqués les espoirs de conquête de M. Macron et de ses troupes.
« La tâche est ambitieuse car il y a un contexte de défiance organisé par la classe politique depuis de nombreuses années afin de masquer ses propres insuffisances, analyse M. Castaner. Face à ceux qui mettent en cause Bruxelles de manière permanente, il est d’autant plus nécessaire de répéter que nous avons besoin de l’Europe. » « Le défi n’est pas simple », admet-il.
Or, le président français joue gros lors du scrutin de 2019 : après plusieurs revers à des législatives partielles, ce sera son premier vrai test électoral sur la scène nationale. Et, de surcroît, sur une thématique qui lui est chère. « C’est une élection extrêmement importante pour LRM, car Emmanuel Macron a eu le courage de mettre le thème de l’Europe au cœur de sa campagne présidentielle, et ce sujet fait partie de l’ADN du mouvement », observe M. Anglade.
La suite du quinquennat et la capacité de la France à faire bouger les lignes à l’échelle du continent dépendent, aussi, du résultat de LRM à ces élections. « Si on veut impulser une dynamique [au sein de l’UE], il faut être en tête en France lors du scrutin », estime le député (LRM) de Paris, Pierre Person.
Nouer des alliances
M. Macron va lui-même s’engager fortement. Après avoir prononcé deux discours sur l’Europe en septembre 2017 (à Athènes et à la Sorbonne), le chef de l’Etat en tiendra un nouveau, le 17 avril, au Parlement européen de Strasbourg. Le même jour, il lancera les « consultations citoyennes » qui doivent être menées en France et partout en Europe, jusqu’en décembre, pour préparer la campagne des européennes.
A ce jour, c’est une des seules idées de M. Macron à avoir rencontré un écho franchement favorable à Bruxelles : seule la Hongrie de Viktor Orban a refusé de lancer ces consultations.
En parallèle, le mouvement macroniste cherche à nouer des alliances avec d’autres formations européennes, comme Ciudadanos, en Espagne, pour trouver un point de chute au Parlement européen. Si l’idée de s’intégrer à un groupe existant n’est pas exclue, la création d’un nouveau reste l’option privilégiée. Avec l’objectif de faire émerger une force centrale pro-européenne qui bousculerait la domination des deux grands groupes traditionnels – socialistes et Parti populaire européen – sur le modèle de la recomposition ayant eu lieu sur la scène politique française.
« Renverser la table en Europe »
« Notre capacité à nouer des alliances avec d’autres forces progressistes est un gros enjeu, souligne Gabriel Attal, porte-parole du mouvement. Il en va de notre crédibilité. Nous allons montrer que nous sommes en capacité de renverser la table en Europe et pas seulement un parti dans un pays. »
Sur le fond, le discours commence à se roder pour la campagne. Présentés par l’opposition comme les partisans d’une Europe ultrafédéraliste, les dirigeants de LRM veillent à déminer la caricature de parti « eurobéat ». Ils assument donc un discours pro-européen, tout en se montrant critiques sur la manière dont l’UE fonctionne.
« Nous voulons défendre le projet européen – en expliquant que l’UE est le cadre nécessaire pour apporter des réponses sur les grands enjeux comme la crise des migrants, la lutte contre le changement climatique ou la gouvernance économique –, tout en insistant sur la nécessité de le refonder », explique M. Anglade.
Le slogan est déjà trouvé : « Bâtir une Europe qui protège », comme l’a annoncé M. Castaner. Un objectif aussi ambitieux que compliqué dans sa réalisation concrète.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
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Mouvements sociaux, Lula, scandale dans l’athlétisme : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h43
    |

            Mathilde Damgé








                        


Mouvements sociaux : SNCF, Air France, universités…
Sur les rails, dans les airs, la collecte des déchets ou l’énergie, la journée du mardi 3 avril a sonné le coup d’envoi d’un mouvement social qui touche plusieurs secteurs en France. La contestation s’est étendue également aux universités où certains étudiants protestent contre la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur.
Air France prévoit d’assurer « 70 % » de ses vols samedi, selon un communiqué transmis vendredi par la direction de la compagnie. Celle-ci enregistre le taux d’annulation le plus élevé depuis le début du conflit salarial en février. Après celle de samedi, six autres journées de grève sont d’ores et déjà programmées (mardi 10, mercredi 11, mardi 17 et mercredi 18, lundi 23 et mardi 24 avril).
Côté SNCF, la grève « intermittente » (deux jours sur cinq) devrait se poursuivre la semaine prochaine. A l’issue d’une réunion de concertation avec le gouvernement, jeudi, les représentants de la CGT-Cheminots, de l’UNSA, de SUD-Rail, de la CFDT ont dénoncé la méthode de l’exécutif et ils ont promis de nouveau une grève longue.
De son côté, le premier ministre, Edouard Philippe, s’est dit « ouvert » à une reprise d’une partie de la dette de la SNCF, mais avec comme préalable des « contreparties » qui soient « extrêmement claires, et qui transforment le fonctionnement opérationnel de l’entreprise ». Une proposition que la CGT a qualifié de « chantage ».
Brésil : mandat de dépôt contre Lula
Un mandat de dépôt a été émis contre l’ancien président brésilien Luis Inacio « Lula » da Silva, condamné à douze ans de prison pour corruption, ce qui devrait enterrer ses derniers espoirs de revenir au pouvoir. Selon la loi électorale brésilienne, il est interdit à un candidat de se présenter aux élections pendant huit ans après avoir été reconnu coupable d’une infraction pénale.
Lula, président pendant deux mandats de 2003 à janvier 2011, reste l’homme politique le plus populaire du Brésil malgré sa condamnation et six autres procès pour corruption intentés contre lui. Les sondages donnaient l’ex-ouvrier devenu syndicaliste largement en tête du premier tour de la présidentielle programmée en octobre s’il avait pu être candidat.
Selon une source proche de son parti, le PT (Parti des travailleurs), Lula a passé la nuit au siège du syndicat des métallurgistes de Sao Paulo et ne compte pas se rendre à la police.
Agressions sexuelles dans l’athlétisme
L’athlétisme français a été ébranlé par des accusations de violences sexuelles sans précédent : la justice enquête sur l’entraîneur phare de l’US Créteil, Giscard Samba, et sur l’entraîneur national responsable des jeunes pour le demi-fond, Pascal Machat. Le parquet de Créteil a ouvert une enquête pour « viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel » à l’encontre de M. Samba qui est accusé de viol par une de ses anciennes sprinteuses.
M. Machat est lui visé par une enquête pour agression sexuelle, ouverte début mars après une plainte de la sportive Emma Oudiou, selon le parquet de Fontainebleau. Spécialiste du demi-fond, plusieurs fois sélectionnée en équipe de France, la jeune femme dénonce des faits survenus en 2013 et 2014 à l’étranger. Des accusations contestées par l’intéressé, selon son avocat Hubert Delarue.

        Lire aussi :
         

                Violences sexuelles : la justice saisie des cas de deux entraîneurs d’athlétisme



Mais aussi
Syrie. La Ghouta orientale est sur le point de tomber : le régime syrien a repris le contrôle de la dernière poche rebelle près de Damas après plus d’un mois de bombardements meurtriers.Israel. Des affrontements ont éclaté vendredi entre manifestants palestiniens et soldats israéliens près de la barrière séparant la bande de Gaza et Israël, où dix-neuf Palestiniens avaient été tués par l’armée il y a une semaine.Chine. La Chine a répliqué aux Etats-Unis en imposant des taxes sur 128 produits américains, après l’annonce de taxes américaines sur 60 milliards de dollars d’importations venues de Pékin.Egypte. Le président Sissi, ancien chef de l’armée qui avait destitué le président islamiste Morsi, a été réélu avec 97 % des voix.YouTube. Une jeune femme a blessé trois personnes dans une attaque armée au siège de l’entreprise américaine, mardi, en Californie.Saint-Cyr. La ministre des armées a annoncé mercredi des sanctions contre les auteurs de harcèlement moral : des élèves du lycée militaire ont été exclus et des cadres seront remplacés dans les jours à venir.Corée du Sud. L’ex-présidente sud-coréenne Park a été condamnée à vingt-quatre ans de prison pour corruption dans l’affaire dite « Choi-gate ».Réforme constitutionnelle. Le gouvernement a présenté les arbitrages après des semaines de tractations entre majorité et opposition : baisse de 30 % du nombre de parlementaires, 15 % de proportionnelle aux législatives et interdiction de faire plus de trois mandats identiques consécutifs.Politique. L’écologiste et ancienne ministre du logement Cécile Duflot, a annoncé qu’elle va prendre la tête d’Oxfam France, le 15 juin.Internet. En France, plus de 210 000 personnes ont pu être affectées par le siphonnage de données de Facebook par l’entreprise Cambridge Analytica, qui a participé à la campagne présidentielle de Donald Trump.Bio. Le gouvernement promet 1,1 milliard d’euros sur cinq ans pour l’agriculture biologique afin d’atteindre, d’ici à 2022, 15 % de surface agricole utile cultivée en bio et 20 % de produits labellisés bio en restauration collective publique.Société. L’ancien secrétaire d’Etat Jean-Vincent Placé a été mis en garde à vue mercredi après avoir importuné une jeune femme dans un bar et insulté un agent de police.Cannabis. Le gouvernement souhaite mettre en place une amende de 300 euros pour les usagers, selon les premiers détails d’un projet de loi dévoilés cette semaine.Astronomie. Surnommée Icare, l’étoile la plus lointaine jamais découverte, a été observée : elle est jusqu’à un million de fois plus lumineuse et environ deux fois plus chaude que notre soleil.
Disparitions
Jacques Higelin. Le poète du rock, auteur de Champagne pour tout le monde et de Tombé du ciel, est mort vendredi à Paris, à l’âge de 77 ans.Isao Takahata. Cinéaste engagé, le réalisateur japonais avait créé en 1985 le studio d’animation Ghibli avec Hayao Miyazaki. Il était âgé de 82 ans.Winnie Mandela. L’ex-épouse de Nelson Mandela est morte lundi. Elle fut une égérie populaire mais controversée de la lutte anti-apartheid en Afrique du Sud.Emmanuel Cauchy. Le guide de haute montagne, spécialiste de renommée internationale des pathologies du grand froid, a été emporté, lundi, par une avalanche à Chamonix.Michel Sénéchal. Le chanteur français, qui s’est éteint à 91 ans, aura campé tous les types de personnages, émouvants comme ridicules.Julien Janaudy. Le talonneur (Rugby) de Nevers est mort à l’âge de 29 ans dimanche 1er avril, dans un accident de la route.Philippe Boucher. Ancien éditorialiste au Monde et ex-conseiller d’Etat, Philippe Boucher s’est éteint à son domicile parisien le 31 mars. Il avait 76 ans.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤                     
                                                   
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Le Mouvement 5 étoiles italien est-il et de gauche et de droite?

La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jérémy Dousson est directeur général adjoint de la coopérative Alternatives économiques. Il est l’auteur d’Un populisme à l’italienne ? Comprendre le mouvement 5 Etoiles (Les Petits Matins, 208 p., 15 €).
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), gagnant des élections législatives italiennes, le 4 mars, a été fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, aujourd’hui retiré de la politique. Il s’est constitué sur l’idée de faire de la politique autrement, en misant sur la démocratie directe, mais il est aussi porteur d’une forme d’hétérodoxie économique et d’écologie radicale. Où a-t-il puisé ce mélange ?
Beppe Grillo a très tôt sensibilisé son public à la question des énergies renouvelables et au problème de l’obsolescence programmée. Dès la fin des années 1990, il appuyait certains de ses spectacles sur des ouvrages de Jeremy Rifkin, avec des thèmes empruntés à des livres comme La Fin du travail ­ [La Découverte, 1997] ou L’Economie hydrogène [La Découverte, 2002]. A l’époque, l’essayiste et prospectiviste américain n’avait pourtant pas pignon sur rue.
Beppe Grillo a mené des entretiens avec lui et les publiait sur son blog – qui était, en 2008, l’un des dix sites les plus visités du monde. Il y critiquait la classe politique (la « caste »), les journalistes, le système économique tel qu’il fonctionnait, mais il y proposait aussi des alternatives : la démocratie directe et la « 3e révolution industrielle » en faisaient partie. ­Rifkin explique que les révolutions industrielles adviennent quand deux choses se cristallisent : une révolution de la communication et une révolution dans la production de l’énergie. Pour lui, Internet et les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien), mis bout à bout, vont créer cette nouvelle révolution industrielle. Dans le nouveau programme du M5S, cela se traduit par la volonté d’aller vers une économie « 100 % green » à l’horizon 2050. Une des phrases marquantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le projet de loi, très controversé, sera maintenant débattu en séance à l’Assemblée nationale à partir du 16 avril.
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Après 28 heures de débats et l’étude de 850 amendements, le projet de loi « asile et immigration » adopté en commission

Le projet de loi, très controversé, sera maintenant débattu en séance à l’Assemblée nationale à partir du 16 avril.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 22h56
   





                        


Les députés ont achevé vendredi 6 avril au soir l’examen en commission du projet de loi « asile et immigration » après plus de vingt-huit heures de débats et l’étude de 850 amendements depuis mardi soir.
Le texte sera maintenant débattu en séance à partir du 16 avril.
Un projet de loi controversé, même au sein de la majorité
« Sur un texte difficile qui met en jeu un certain nombre de valeurs, nous avons travaillé ensemble pour converger et satisfaire à la fois l’exigence d’efficacité et la volonté d’humanité », a conclu le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, présent quasi tout au long des débats qui furent parfois un peu tendus au sein de la majorité.
Dans un communiqué, deux des députés critiques de la majorité sur ce texte, Matthieu Orphelin et Stella Dupont (LRM) ont reconnu « des avancées » en commission mais « insuffisantes à ce stade » :
« Nous porterons donc [dans l’hémicycle], avec le groupe LRM ou en nos noms, des amendements indispensables pour que soit votée une loi équilibrée. »

        Lire aussi :
         

                Asile-immigration : une petite partie des députés LRM se désolidarise du texte de Collomb



Après avoir débattu les précédents jours de l’accélération du traitement des demandes d’asile et de l’efficacité des reconduites à la frontière, les députés se sont surtout penchés sur le volet intégration du texte.
Faciliter l’accès au marché du travail aux demandeurs d’asile
Les divers amendements prévoyant d’ouvrir le marché du travail aux demandeurs d’asile, dans le sillage du rapport d’Aurélien Taché (LRM) préconisant un délai de six mois après le dépôt de la demande (contre neuf actuellement), ont été renvoyés en séance, le temps de retravailler des mesures qui font débat.
« Nous sommes favorables à ce que l’on puisse, après six mois accéder, au travail, à cette réserve près qu’il ne faut pas que le demandeur d’asile puisse bénéficier d’une procédure plus facile que les personnes qui viennent légalement en France pour travailler », a nuancé Gérard Collomb.
Cette ouverture précoce du marché du travail, à l’instar de ce que fait l’Allemagne est vigoureusement dénoncée à droite. Cela « conduira nécessairement à accélérer le nombre de régularisation des déboutés du droit d’asile », a assuré Guillaume Larrivé (LR), pour qui il s’agit là d’une « fausse bonne idée ».
Apparenté LRM, Manuel Valls s’est aussi dit « très interrogatif » sur cette mesure, en « contradiction » avec le raccourcissement des délais que vise par ailleurs le projet de loi, et « qui risque de mettre les entreprises dans une certaine difficulté » si un employé est débouté.
« Il y a bien d’autres freins » qui empêchent l’emploi des demandeurs d’asile, a assuré Aurélien Taché, pour qui « on n’aura pas d’appel d’air avec des mesures de ce type ».
Réécriture du « délit de solidarité »
Autre point sensible renvoyé en séance, la réécriture de ce qu’on appelle « le délit de solidarité », qui a conduit certaines personnes venant en aide aux migrants devant la justice.
La vice-présidente de la commission des lois Naïma Moutchou (LRM) a ainsi défendu un amendement visant « à mettre fin aux poursuites fondées sur l’aide, sans but lucratif et sans contrepartie matérielle directe ou indirecte, à la circulation et au séjour irréguliers des étrangers en France ».
Mais elle a accepté de le retravailler pour la séance. M. Collomb a fait une distinction entre ceux qui aident « occasionnellement » les migrants et une « catégorie extrêmement dangereuse de personnes totalement irresponsables (…) qui appellent à la suppression des frontières ».
« On a incité des migrants à franchir un certain nombre de cols [dans les Alpes] pour venir en France : s’il n’y avait pas eu la gendarmerie de haute montagne, on aurait eu des morts », a-t-il dit.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.
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Formation, assurance-chômage… : « Il faudra être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme »

La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté, vendredi 6 avril, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Le projet de loi, qui passera en conseil des ministres le 27 avril, est censé sécuriser les parcours des travailleurs, en complément des ordonnances réformant le code du travail, qui ont donné plus de souplesse aux entreprises.
Il est la traduction de plusieurs promesses phares de la campagne d’Emmanuel Macron, comme l’ouverture de l’assurance-chômage aux indépendants et démissionnaires, la transformation du compte personnel de formation (CPF) en droit plus simple et mobilisable sans intermédiaire et la simplification de l’apprentissage.
Sarah Belouezzane, journaliste au Monde qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions, vendredi, lors d’un tchat.

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                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



Cécile : Comment justifier, auprès de Pôle emploi, que l’on cherche du travail (en accord avec nos compétences et notre domaine), si on a accepté un job alimentaire entre-temps et que l’on correspond à leur case « actif » ?
Sarah Belouezzane : Si vous avez accepté un emploi alimentaire, vous n’êtes normalement plus indemnisé et n’avez rien à justifier à Pôle emploi, car ce dernier ne va pas vous sanctionner. S’il y a quand même besoin d’une justification, tout document sera valable : lettre de motivation, e-mail, envoi de CV. La réforme va aussi introduire le journal de bord où normalement vous pourrez renseigner tout ça.
Briçou : Comment l’Etat compte-t-il définir « une offre raisonnable d’emploi » ?
L’offre raisonnable d’emploi sera, désormais, définie lors d’un rendez-vous entre le conseiller et le demandeur d’emploi. Elle sera donc personnalisée et vous pourrez préciser les critères de salaire, de formation, de distance du travail qui vous conviennent. Elle pourra ensuite être revue au fur et à mesure de votre recherche.
Sl Nord : Si aucun accord n’est trouvé, qui aura le dernier mot ?
La question se pose, en effet. Théoriquement, ils doivent tous les deux être d’accord et sont donc obligés de trouver un terrain d’entente. C’est ce qui se passe déjà souvent en pratique, même si le droit encadre bien plus aujourd’hui qu’il ne le fera demain la définition de l’offre raisonnable d’emploi. Il faudra ceci dit être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme.
Fred : Qu’est-il prévu concrètement pour « améliorer l’accompagnement » ?
Pour ce qui est des salariés, un financement dédié est prévu pour le conseil en évolution personnelle, qui permettra de discuter avec un spécialiste du sujet de ses perspectives de carrière ou de reconversion, par exemple. Pour ce qui est des demandeurs d’emploi, le gouvernement estime que le journal de bord pourra mieux les suivre, savoir chaque mois ce qui leur arrive et déceler les décrocheurs. Certains ont, cependant, relevé que les conseillers de Pôle emploi n’auraient sûrement pas le temps de lire tous les journaux de bord. L’exécution de la réforme sera donc à suivre.
MLG : Connaît-on le calendrier parlementaire prévisionnel de ce projet de loi ?
Le projet de loi est présenté en conseil des ministres le 27 avril, il devrait ensuite arriver fin mai ou début juin à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a l’ambition de tout boucler pour le début du mois d’août.
Maxime : Actuellement, la gestion des fonds de la formation par les partenaires sociaux n’est pas déficitaire. Avec un CPF mobilisable par le biais d’une simple application, comment s’assurer que cette mobilisation des droits ne soit pas supérieure aux cotisations des entreprises ?
Le gouvernement n’a pas été très clair là-dessus. Pour l’instant, il semble simplement compter sur le fait qu’en régime de croisière les cotisations devraient suffire. En clair, qu’il n’y aura jamais plus d’utilisation que de fonds disponibles. Mais la question reste entière, en effet.
Jean : Qu’entend-on par « toucher à la possibilité de cumuler une allocation-chômage et des rendus d’activité » ? Qu’est-ce que cela implique ?
Aujourd’hui, si vous avez suffisamment cotisé et que vous travaillez à temps partiel ou en temps réduit, vous pouvez cumuler les revenus de ce travail et une allocation-chômage partielle. En clair, l’assurance-chômage vous verse un complément. Toucher à cela implique forcément de modifier les règles, et donc potentiellement de baisser l’indemnité en question.
Cyril : On sent poindre le rétropédalage sur l’indemnisation des démissionnaires… Si l’on lit entre les lignes, en gros, il faudra avoir retrouvé un emploi pour pouvoir y prétendre ?
Le gouvernement a, en effet, finalement présenté un dispositif moins ambitieux que ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu des promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Cela dit, il ne faut pas avoir retrouvé un autre travail mais plutôt avoir un projet de création d’entreprise ou de reconversion. Ce projet sera jugé valable ou pas par une commission paritaire (regroupant syndicats et patronat), laquelle donnera son aval pour l’indemnité chômage.
Ansérien : Le nouveau système de formation sera-t-il efficace, selon vous ?
Certains observateurs estiment qu’il s’agit d’une bonne réforme, d’autres qu’elle n’est pas assez efficace. Nous avions fait deux interviews de chercheurs, avec chacun son opinion sur la question.
Pour Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le CPF crédité en euros est une « avancée majeure ».

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : « Un système plus équitable », selon Stéphane Carcillo



Pour Michel Abhervé, spécialiste de la formation professionnelle, la réforme du CPF risque d’accroître les inégalités d’accès aux dispositifs.

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : le CPF en euros est « une mesure faite pour les CSP + »



Grana : Qu’en est-il des OPCA et autres organismes collecteurs ? Sont-ils amenés à disparaître, tout comme certaines formations (prépa concours IDE…).
Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) ne collecteront plus les contributions des entreprises pour la formation professionnelle, cette tâche sera désormais dévolue aux URSSAF. Les OPCA ne vont pas disparaître pour autant, assure le gouvernement ; ils vont, en revanche, changer de mission : ils vont aider les entreprises à gérer les évolutions des compétences de leurs salariés.
Sl Nord : Ce projet de loi a été soumis aux partenaires sociaux, y aura-t-il des marges de négociation ?
Le projet de loi a été soumis jeudi au Conseil d’Etat et aux organisations patronales et syndicales. C’est au Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que la bataille de la modification se jouera désormais puisque les parlementaires pourront soumettre et, le cas échéant, voter des amendements au texte.
KelkUn : Est-il possible d’utiliser le compte formation (DIF et autres) pour rembourser l’abonnement à certains sites Web de formation tels que www.pluralsight.com ?
Si ce sont des organismes agréés, la réforme le permettra.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                   
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« L’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne »

Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h34
    |

Thierry Le Roy (Président de France Terre d’asile)







                        



                                


                            

Tribune. Les parlementaires français ont commencé à débattre d’un projet de loi « visant à rendre plus effectif le droit d’asile » (« Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », voir lien PDF). Nous, France Terre d’asile et d’autres associations, le critiquons, parce qu’il risque de rendre moins effectif le droit de recours en matière d’asile, ou parce qu’il ne se soucie pas assez du premier accueil, point faible du dispositif actuel. Nous essayons d’améliorer le projet en suggérant des amendements.
Nous savons pourtant que l’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne (UE), dont les membres négocient en même temps, le même trimestre, le nouveau « paquet asile ».
Contraire à la convention de Genève
Sur deux points essentiels, au moins, les règlements européens en préparation conditionnent radicalement ce que pourra faire la loi française. Tout d’abord le sort des « dublinés », ces demandeurs d’asile repérés ou enregistrés dans un autre Etat membre.
Ils prennent dans notre système d’accueil et d’hébergement une place telle que le gouvernement fait de leur transfert effectif vers l’Etat membre de « première entrée » en Europe un des principaux objectifs de son projet de loi et de sa politique. Alors que la faillite avérée du système du règlement actuel, dit Dublin III, voue cette politique à un échec annoncé.

C’est dans le projet de nouveau règlement, dit Dublin IV, dont le Conseil de l’UE poursuit la discussion en ce mois d’avril après délibération du Parlement européen, que se situe l’enjeu de la prise en charge de l’asile entre les Etats membres de l’Union.
Autre sujet européen : le sort des demandeurs d’asile qu’on préférerait voir accueillis par des pays tiers, dits de premier accueil ou de transit. Un autre projet de règlement en discussion dans ce « paquet asile » pourrait imposer la notion de « pays tiers sûr » à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La ministre du travail a présenté son projet de loi censé sécuriser les parcours des travailleurs. Notre journaliste Sarah Belouezzane répond à vos questions sur les principales mesures.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.
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Prélèvement forfaitaire unique sur les revenus des placements financiers : « Il est à craindre que cette réforme n’accouche d’une souris »

L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Thierry Aimar (Maître de conférences en économie à l’université de Lorraine)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement cherche à réorienter l’épargne des Français vers l’investissement productif. L’un des instruments de cette politique est de modifier la structure de la fiscalité sur le patrimoine : c’est l’objet de l’instauration depuis le 1er janvier 2018 du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus des placements financiers, souvent appelé « flat tax ».
Alors qu’actuellement, moins de 10 % de la valeur totale de l’épargne nationale est placée sur les marchés financiers, on voit facilement l’intérêt d’une telle politique. Rediriger l’épargne des Français pourrait d’abord aider nos champions numériques à lutter à armes égales avec leurs concurrents internationaux. Quoi de plus ahurissant que le décalage abyssal entre les moyens de financement dont disposent les acteurs américains ou chinois du numérique – les fameux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les nouveaux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) –, et ceux laissés aux opérateurs européens ?
Un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat
La « flat tax » pourrait ensuite réduire des inégalités de richesses entre les ménages en favorisant la constitution d’un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat et la prise de risque, et non sur la famille et la rente (un tiers du patrimoine des Français provient d’un héritage) ; enfin, elle contribuerait à inverser le rapport de force entre entrepreneurs et capitalistes.

A partir du moment où plusieurs entrepreneurs se disputent l’accès à des financements trop rares, ils sont obligés d’offrir aux actionnaires des retours sur investissement plus importants et plus rapides que les concurrents, donnant ainsi une prime au court terme, souvent dénoncée. Suite à cette surenchère, c’est la quasi-totalité de la création de richesses qui passe des mains des entrepreneurs à celles des investisseurs.
Mais la « flat tax » peut-elle vraiment produire de tels résultats ?
Si...



                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.
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« Lutter contre les contrats courts est une nécessité »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 13h35
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Les partenaires sociaux ont conclu, jeudi 22 février, un accord national interprofessionnel (ANI) sur l’assurance-chômage qui paraît très timide sur la question des contrats courts. Les branches y sont appelées à négocier sur la précarité pour définir des objectifs quantitatifs ou qualitatifs, mais se voient menacées de l’instauration d’un bonus-malus si les résultats de ces négociations se révèlent insuffisants, comme l’a annoncé la ministre du travail. Car lutter contre les contrats courts est une nécessité.
Pourtant les solutions ne manquent pas, comme l’a montré le séminaire sur les politiques de l’emploi, coorganisé sur le sujet par les ministères de l’économie et du travail vendredi 9 mars. Trois intervenants, le juriste Franck Petit, l’économiste Corinne Prost et la présidente de l’Unédic, Patricia Ferrand, y ont analysé les faits et évoqué des réponses. Il apparaît que le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) est comparable en France à ce qu’il est dans les autres pays européens. Mais au sein des CDD, les contrats courts de moins d’un mois représentent environ 2,5 % de l’emploi salarié en France, contre moins de 1 % dans la zone euro ou dans l’Union européenne.
Un système de bonus-malus
Les salariés concernés sont souvent enfermés dans des situations de forte précarité, ont davantage de difficultés à obtenir un prêt ou un logement locatif et n’ont pas de formation professionnelle qualifiante. Cet enfermement laisse des personnes souvent fragiles aux marges du marché du travail et il coûte cher à l’assurance-chômage : depuis plus de vingt ans, environ un tiers du budget d’indemnisation, soit actuellement 11 milliards d’euros par an, est alloué aux fins de CDD.

Les réponses évoquées lors du séminaire renforcent le plus souvent le coût du recours aux contrats courts pour l’employeur, selon différentes modalités : la taxation des contrats courts, un taux de cotisation dégressif selon la durée de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/07/19-19">
<filnamedate="20180407"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180407"><AAMMJJHH="2018040719">
<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.
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« Pour la création “d’obligations retraite” »

Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
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Lionel Martellini (Professeur de finance à l’EDHEC et directeur de l’EDHEC-Risk Institute), Robert C. Merton (Professeur de finance au Massachusett...







                        



                                


                            
Tribune. L’un des objectifs du projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), qui devrait être présenté en conseil des ministres en mai, est de réorienter l’épargne long terme des Français pour la rendre non seulement plus productive pour le financement de l’économie, mais aussi plus efficace pour le financement de leur retraite.
notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent
Une grande partie de l’épargne des ménages est stérilisée dans des contrats d’assurance-vie, qui bénéficient d’un traitement fiscal avantageux mais ne sont pas du tout adaptés aux besoins de la préparation à la retraite. L’objectif d’épargne d’un futur retraité peut, en fait, se formuler de manière assez claire : il s’agit de disposer d’un revenu de remplacement lui permettant de financer ses besoins de consommation pendant la retraite. Si le besoin est clair, il est pourtant mal couvert par les contrats existants. En fait, même les contrats en euros, réputés non risqués dans la mesure où ils offrent une garantie en capital, ne permettent pas de sécuriser un montant minimal de revenu de remplacement à la retraite.
La question de la pertinence des supports d’épargne longue se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’équilibre de notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent, caractérisée par l’allongement général de la durée de vie et la forte baisse du nombre d’actifs par retraité : ce ratio s’élève désormais à 2,2, il est parmi les plus faibles des pays développés.
Un véritable défi
Dans la mesure où l’importance des régimes complémentaires, constituée du bloc AGIRC-ARRCO, reste relativement modeste, les salariés se trouvent dans l’obligation de recourir à des plans d’épargne individuels afin de compléter leur retraite publique et leur éventuelle retraite d’entreprise. Ils se trouvent ainsi de facto de plus en plus...




                        

                        


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SNCF : la concertation piétine, la loi avance

L’exécutif a précisé la future forme juridique du groupe, mais reste flou sur la question cruciale de la dette.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h54
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                            Éric Béziat








                        



                                


                            
« C’était pire qu’une réunion de CE de la SNCF. » Didier Aubert, le secrétaire fédéral de la CFDT Cheminots, résumait d’une boutade le sentiment des cheminots à l’issue de sept nouvelles heures de concertation au ministère des transports. Les discussions entre le gouvernement et les syndicats ont repris jeudi 5 avril dans l’après-midi, juste après les deux premiers jours de la grève des salariés contre la réforme de la SNCF.

« C’est une véritable mascarade », donc « la grève se poursuit », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots. « Le gouvernement avance à marche forcée pour tenter de nous asphyxier. On est dans une situation où le mouvement social risque bien de se durcir », a estimé Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA ferroviaire.
Si, aux yeux des syndicats, la concertation piétine, la loi, elle, avance. Le nouveau contenu dévoilé le 5 avril décrit la forme juridique que doit prendre la SNCF. Elisabeth Borne, la ministre ces transports, a confirmé que les trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) qui constituent aujourd’hui l’entreprise seront unifiés pour former « un grand groupe industriel moderne », selon les mots de la ministre.
Schéma d’une société holding
L’EPIC de tête, le groupe SNCF, et ses deux EPIC filles, SNCF Mobilités (qui fait rouler les trains) et SNCF Réseau (qui s’occupe des voies), vont être « transformés en une seule société nationale à capitaux publics, détenue à 100 % par l’Etat et dont les titres seront incessibles. Cette société détiendra intégralement deux filiales, sociétés nationales : SNCF Mobilités et SNCF Réseau. » Le schéma est donc celui d’une société holding : la SNCF, dont l’actionnaire sera l’Etat, laquelle holding sera actionnaire de SNCF Mobilités et de SNCF Réseau.
Autre décision forte annoncée : la filiale Gare & Connexions, aujourd’hui intégrée à SNCF Mobilités, sera rattachée...




                        

                        

