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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ La Chine a menacé, mercredi, de surtaxer de 25 % les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine.
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Le glas sonne pour le soja

La Chine a menacé, mercredi, de surtaxer de 25 % les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 14h34
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. Le soja, arme fatale ? La Chine semble le croire, qui a brandi, mercredi 4 avril, la menace d’une surtaxe de 25 % sur les importations de cette graine oléagineuse en provenance des Etats-Unis. De quoi faire trembler les fermiers outre-Atlantique. Une nouvelle étape dans l’escalade de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine. Œil pour œil. Dent pour dent. Xi Jinping et Donald Trump se défient. Quand l’un décide de faire payer le « made in China », en augmentant les taxes sur les panneaux solaires et les machines à laver, l’autre met dans la balance le sorgho américain. Mais c’est l’annonce d’une barrière douanière sur près de 50 milliards de dollars (40,7 milliards d’euros) de produits high-tech, de la turbine à gaz aux batteries lithium, qui a poussé l’ex-empire du Milieu à sortir à son tour la boîte à gifles. Et d’évoquer une taxation des importations américaines de soja. Un pactole de près de 14 milliards de dollars.
Le glas sonne pour le soja. Cette déclaration a immédiatement provoqué un accès de faiblesse du cours de la graine, en recul de 5 % à la Bourse de Chicago, après l’annonce. Mais passé le coup de l’émotion, les spéculateurs ont relâché la pression. Prêts à écouter différents sons de cloche. Et d’aucuns de s’interroger. Guerre commerciale sans merci ou jeu de postures avant négociations ? D’autres de se dire que les appétits chinois pour le soja doivent être rassasiés. Or, la ration de viande attrapée par les baguettes ne cesse de croître. Il faut donc nourrir veaux, vaches, cochons, poulets. Et quoi de mieux qu’une bonne dose de soja pour emplir les auges ?
Le Brésil, grand gagnant
Bien évidemment, les Etats-Unis ne sont pas les seuls pourvoyeurs de cet aliment riche en protéines. Brésil et Argentine en produisent à perte de vue. Quitte à défricher sans vergogne des zones forestières entières et à mettre à mal la biodiversité pour faire place nette à des cultures OGM gourmandes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.
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« Un exercice de transparence s’impose à Michel-Edouard Leclerc »

Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Jean-Baptiste Moreau (Député (LRM) de la Creuse) et Jean-Marc Borello (Délégué national de La République en marche (LRM)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne présidentielle, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron, a défendu le principe du juste prix payé aux agriculteurs : il est, en effet, inacceptable qu’un tiers d’entre eux touchent moins de 350 euros de revenus par mois. C’est un drame humain pour nos agriculteurs et un problème pour notre alimentation. Sans revenus décents, impossible d’innover et d’investir pour produire des aliments plus sains et plus durables.
C’est dans cette optique que se sont tenus les Etats généraux de l’alimentation, du 20 juillet au 21 décembre 2017, avec une méthode qui nous est chère : faire confiance aux acteurs concernés – producteurs, transformateurs, distributeurs, pouvoirs publics – pour trouver des solutions nouvelles dans la création et l’équitable répartition de la valeur. L’ensemble des participants, dont Michel-Edouard Leclerc, s’est engagé à respecter ces objectifs à travers la signature, le 14 novembre 2017, d’une charte d’engagement.
Un exercice de transparence s’impose
C’est aussi dans ce cadre qu’ont été discutées les principales mesures figurant dans le projet de loi qui sera prochainement discuté par le Parlement, telle l’obligation de faire au moins 10 % de marge sur les produits alimentaires d’appel, produits que la grande distribution vend souvent presque sans rien gagner pour attirer les clients. L’objectif à court terme est clair : inciter les distributeurs à rééquilibrer leur marge pour que nos agriculteurs soient payés au juste prix.
Dans une récente campagne médiatique, Michel-Edouard Leclerc soulève des questions sur ces deux mesures, sous entendant que ce regain de marge dans la distribution ne sera peut-être pas redistribué aux agriculteurs français. Il semble ainsi oublier qu’il en porte la responsabilité pour le compte de son groupe, d’autant qu’il est aussi un acteur industriel, en particulier dans la boucherie, en abattant et transformant environ 2 millions de porcs et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Quelques produits financiers se sont spécialisés sur le secteur agricole. Les gérants qui ont adopté des stratégies « durables » voient leurs performances progresser.
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Des fonds pour parier sur la révolution de la chaîne alimentaire

Quelques produits financiers se sont spécialisés sur le secteur agricole. Les gérants qui ont adopté des stratégies « durables » voient leurs performances progresser.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 07h15
    |

            Jérôme Porier








                        



                                


                            

L’agriculture et l’agroalimentaire n’ont pas une bonne image auprès des épargnants, qui associent ces secteurs à la spéculation sur les denrées alimentaires, à des fabricants d’herbicides comme Monsanto, voire à l’industrie de la malbouffe. A l’exception de Distriborg et de Naturex, les acteurs français de la filière bio sont rarement cotés en Bourse, contrairement à leurs homologues américains (Sprouts Farmers, Whole Foods…).
Mais une poignée de sociétés de gestion tentent de faire bouger les lignes en adoptant des stratégies « durables ». « Nous sommes en première ligne pour faire face aux défis du réchauffement climatique, de l’augmentation de la population mondiale, du recyclage des déchets alimentaires et des problématiques de santé comme l’obésité, le diabète… », déclarent les responsables de DPAM Invest Equities Sustainable Food Trends (Degroof Petercam).
Bas de cycle atteint
Et ces stratégies se révèlent payantes. Depuis trois ans, les fonds qui ont pris ce virage ont surnagé dans un contexte difficile. Morningstar recense une dizaine de produits étiquetés « agriculture ». Si la catégorie affiche, sur cinq ans, une progression moyenne annualisée de 4,05 %, elle recule de 0,49 % sur trois ans, quand l’indice mondial MSCI World progresse de 5,35 % et de 11,61 %. La mauvaise passe des producteurs d’engrais explique en grande partie ces performances décevantes. Les excellentes récoltes de céréales, de maïs et de soja à travers le monde depuis plus de quatre ans ont fait chuter les cours, ce qui a incité les agriculteurs à freiner leurs dépenses d’engrais, de semences et de matériel agricole. Mais le bas de cycle a sans doute été atteint, le marché des matériels agricoles étant reparti en 2017.

« Beaucoup d’exploitants ont besoin de remplacer leurs vieilles machines », estime Bryan Agbabian, qui gère Allianz Global Agricultural Trends. Et les producteurs d’engrais commencent aussi à se redresser. « L’intérêt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Il s’agit de viandes hachées vendues avec des dates limites de consommation allant du 28 au 31 mars, que des clients peuvent avoir achetées et congelées.
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Bactérie « Escherichia coli » : des viandes hachées contaminées rappelées

Il s’agit de viandes hachées vendues avec des dates limites de consommation allant du 28 au 31 mars, que des clients peuvent avoir achetées et congelées.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 19h28
   





                        


La société Socopa (groupe Bigard) a annoncé, vendredi 6 avril, le rappel de 500 kg de viandes hachées commercialisées dans le sud et l’est de la France, à la suite d’un contrôle qui a révélé la présence de la bactérie Escherichia coli dans un lot.
« Aucun malade ou cas d’intoxication alimentaire en lien avec le lot concerné n’a été porté à la connaissance de l’entreprise et des autorités sanitaires », a précisé Socopa dans un communiqué, en soulignant agir simplement « dans le respect du principe de précaution ».
Il s’agit de viandes hachées vendues avec des dates limites de consommation allant du 28 au 31 mars, qui ne sont donc plus disponibles en magasin, mais que des clients peuvent avoir achetées et congelées. Socopa les invite à ramener ou à jeter les produits des marques Auchan, Boucherie Saint Clément et Socopa « Le Délice du boucher », vendues dans les magasins Leclerc, Auchan, Simply, Atac, Leader Price et Aldi dans les régions du sud et de l’est, ainsi qu’en Corse.
Les bactéries Escherichia coli O26:H11 peuvent provoquer des troubles gastro-intestinaux si la viande n’est pas suffisamment cuite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole a, par ailleurs, à nouveau sanctionné financièrement le consortium Smovengo, censé s’occuper du déploiement.
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Retards de déploiement du Vélib’: l’abonnement sera remboursé en mars

Le syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole a, par ailleurs, à nouveau sanctionné financièrement le consortium Smovengo, censé s’occuper du déploiement.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 19h25
   





                        



   


Le remboursement du mois de mars pour les abonnés au Vélib’, dont le déploiement a souffert de sérieux retards, a été approuvé par le Syndicat Autolib’Vélib’Métropole qui a, par ailleurs, sanctionné à nouveau le consortium Smovengo, a annoncé, vendredi 6 avril, le syndicat.
Un formulaire de remboursement sera disponible sur velib-metropole.fr
Le syndicat d’élus parisiens et métropolitains Autolib’ Vélib’ Métropole a voté le remboursement, déjà approuvé par le Conseil de Paris, « en compensation des fortes perturbations du service subies », a rapporté un communiqué.
Il s’ajoute au remboursement des mois de janvier et février, déjà votés par le passé. De même, les dépassements de 30 minutes de trajet, souvent dus à des bugs informatiques, ne seront pas facturés.
Un formulaire de remboursement sera disponible sur le site Velib-metropole.fr dans les prochains jours. Les abonnés auront jusqu’au 30 juin pour effectuer leur demande.
Déjà 3 millions d’euros d’amende pour Smovengo
Le Syndicat a de plus décidé « l’application de nouvelles pénalités à Smovengo pour le mois d’avril », l’entreprise ayant déjà écopé d’une amende de trois millions d’euros pour janvier, février et mars. Cette nouvelle pénalité devrait là encore s’élever à un million d’euros.
Les élus ont, cependant, « relevé la progression constante du nombre de stations ouvertes sur Paris et la Métropole ainsi que la mobilisation de Smovengo » pour déployer le service.
Le consortium – Smoove, une PME de Montpellier, Mobivia (Norauto, Midas), l’Espagnol Moventia et les parkings Indigo – qui prend la suite du groupe JCDecaux, est la cible des critiques en raison du retard du déploiement des vélos.
Le nombre de stations opérationnelles – quelque 500 stations fin mars – est très éloigné de l’objectif initial de 700 stations au 1er janvier et de 1 400 fin mars sur Paris et les 60 communes adhérentes, selon les chiffres du syndicat Autolib’ Vélib’ Métropole gestionnaire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre d’une opération menée au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation de la fibre optique.
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Fronde en Corrèze après une campagne d’élagage ordonnée par le conseil départemental

Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre d’une opération menée au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation de la fibre optique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h35
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Un singulier « facteur » à VTT s’est présenté, vendredi 6 avril, à l’hôtel de Roquelaure, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour délivrer au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, une missive dénonçant le « massacre des arbres » en cours en Corrèze.
Parti le 31 mars de Tulle, Sébastien Birou, membre du collectif des Arboristes grimpeurs pour des interventions respectueuses et raisonnées (AGIRR19), a pédalé plus de 400 km pour interpeller M. Hulot. En son absence, le messager de 48 ans et une petite délégation de défenseurs des arbres ont été reçus durant une heure trente par Pastèle Soleille, ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts et sous-directrice de la qualité du cadre de vie au ministère. Leur interlocutrice a, disent-ils, « bien noté » les « problématiques ».
L’affaire a débuté en septembre 2017 lorsque, au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation – d’ici à 2021 – de la fibre optique par réseau aérien, le président (LR) du conseil départemental, Pascal Coste, a adressé une lettre comminatoire aux 28 000 propriétaires riverains de routes départementales.
L’écrit intimait l’« enlèvement des bois empiétant ou surplombant le domaine public », faute de quoi les travaux seraient exécutés « d’office » par le département qui présenterait alors la facture aux riverains concernés. Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre de cette opération prévue en trois phases jusqu’en 2021 sur 4 700 km de routes principalement bordées de chênes, de hêtres et de bouleaux, parfois centenaires.
Spectacle de désolation
Philippe Brugnon, 77 ans, dont l’exploitation se trouve à cheval sur les communes de Goulles et Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle, dans le canton de Tulle, a reçu l’injonction en double exemplaire, et l’a ignorée. Les tronçonneuses n’en ont pas moins œuvré dans son voisinage. « L’une des deux routes menant chez moi ressemble désormais à une zone de combat avec ses troncs coupés à 1 m de hauteur », se désespère-t-il.
Pour économiser des frais d’élagage atteignant parfois plusieurs milliers d’euros, certains propriétaires se sont en effet résignés à l’abattage pur et simple de leurs arbres. « Beaucoup l’ont laissé faire par des forestiers peu scrupuleux qui en ont parfois coupé davantage et se sont rémunérés en emportant le bois », confie M. Brugnon.
Le spectacle de désolation de ces arbres « en drapeau » (amputés de la moitié de leurs branches) ou rasés heurte si profondément l’éthique du « facteur Birou » et d’une quinzaine de ses collègues arboristes-grimpeurs, qu’ils ont fondé le collectif AGIRR19.
S’ils reconnaissent la nécessité « d’enlever certains arbres malades ou dangereux en bord de route », les membres d’AGIRR19 se refusent à travailler dans l’urgence à l’encontre des bonnes pratiques. « S’occuper des arbres, c’est un métier, rappelle Benoît Gillie, 33 ans. Nous avons une formation en biologie, physiologie, architecture et pathologies de l’arbre, nous ne voyons donc aucune raison de blesser des arbres sains qui forment des corridors écologiques et patrimoniaux, et ont des fonctions d’ombrage et de maintien des talus. »
Une pétition en ligne lancée, fin janvier, pour la suspension de la campagne d’élagage a déjà recueilli plus de 26 000 signatures. « C’est la première fois à l’échelle d’un département entier que le pouvoir politique décide de faire élaguer systématiquement et autoritairement tous les arbres appartenant aux riverains en bordure d’une départementale », tempête Louis Dubreuil, 67 ans, paysagiste, membre de la Société française d’arboriculture et conseiller technique de l’Association pour la protection des arbres en bord des routes, qui promet de porter ce contentieux devant la justice si nécessaire.
Réputé pour ses passages en force
Outre le non-respect de l’article L350-3 du code de l’environnement qui a créé, en 2016, un régime de protection spécifique des allées et alignements d’arbres, Antoine Gatet, juriste pour l’association Corrèze environnement, souligne le cadre juridique approximatif dans lequel agît le département.
Les propriétaires riverains n’auraient en effet pas à financer l’opération décrétée par M. Coste. « Le code de la voirie routière impose une obligation d’entretien des routes par le département, or la route, c’est aussi les bas-côtés, les fossés et les talus », explique M. Gatet. Quant à l’élagage destiné à préserver la fibre optique, « il est de la compétence des communes et du département, et relève du code des postes et télécommunications qui prévoit que l’opération doit être effectuée dans le respect de l’environnement et des riverains », dit-il.

   


Selon M. Gatet, l’élagage doit être réalisé « à l’échelle communale ou par tronçons cohérents, en fonction de la présence d’espaces ou d’espèces protégés » et en concertation avec les associations environnementales. Ces dernières, nombreuses, demandent donc un moratoire au département. « Les moratoires sont synonymes d’immobilisme et prétexte à ne rien faire avant d’abandonner l’objectif initial », leur a répondu le « Président Coste » dans un courrier du 5 avril.
A 51 ans, cet éleveur, ancien président du syndicat professionnel Jeunes Agriculteurs et ancien secrétaire général de la FNSEA à la tête du département depuis 2015, est réputé pour ses passages en force. Surnommé le « Bulldozer » par ses opposants, il « assume » le ton « abrupt » de ses courriers, seul moyen, dit-il, qu’ils ne servent pas « à caler les armoires ».
Les résultats sont mitigés. « Sur 12 000 propriétaires concernés par la première phase, environ 4 000 nous ont fait savoir qu’ils élagueraient eux-mêmes, 1 000 ont choisi l’opération groupée proposée par le département, mais plus de 7 000 n’ont pas daigné répondre », a-t-il précisé, agacé, au Monde.
Refus de tout moratoire
Il n’a pas digéré non plus le passage, le 31 mars, du président de la Ligue pour les oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, qui a qualifié l’opération de « grand n’importe quoi » et s’est ému de coupes pratiquées « en pleine période de reproduction ». « Les oiseaux ne sont pas cons, ils vont nicher au cœur de la forêt, loin des routes », se défend M. Coste.
S’il refuse tout moratoire, l’élu a lâché du lest face à la mobilisation. Le 5 avril, dans son courrier aux associations, il s’est engagé à « adapter la méthode », à renoncer aux exécutions d’office de travaux pour 2018 et a promis un « guide des bonnes pratiques de l’élagage ». « On passe du coercitif au contrat de confiance et d’engagement pour atteindre l’objectif d’ici trois ans », martèle-t-il toutefois.
Selon lui, la Corrèze n’est en rien « défigurée » par l’opération qu’il pilote. « Un million et demi d’arbres sont abattus chaque année dans le département pour l’exploitation et la valorisation forestière, et on déplore 10 000 arbres coupés ces six derniers mois ? », feint-il de s’étonner.
Alerté par la lettre de Corréziens « à l’ancien patron de [leur] département », François Hollande, s’attend à être interpellé sur le sujet, le 14 avril, à Tulle où il dédicacera son dernier livre, Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros). Durant son mandat de président du conseil général de Corrèze de 2008 à 2012, l’ancien président de la République a « parfois » eu à régler des « questions d’arbres à traiter » mais il est surpris par l’« ampleur » et le « caractère systématique » du projet de M. Coste. « A moins qu’il y ait des arbres malades ou représentant des risques pour la sécurité, il faut préserver les équilibres et les paysages », a-t-il déclaré au Monde.

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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Derrière cette question d’apparence anodine se cachent plusieurs façons de définir les fruits et les légumes, qui ne sont pas sans conséquences. Faites le test !
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Aubergine, tomate, carotte… Savez-vous vraiment distinguer fruits et légumes ?

Derrière cette question d’apparence anodine se cachent plusieurs façons de définir les fruits et les légumes, qui ne sont pas sans conséquences. Faites le test !



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h54
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 22h38
    |

            Gary Dagorn








                        



   


La tomate est-elle vraiment un légume ? La réponse ne fait probablement aucun doute pour une majorité des gens, mais elle en surprendrait plus d’un, puisque la tomate est, en réalité, un fruit. Enfin, disons que cela dépend du point de vue. Explications.
Le légume n’a pas de définition scientifique
En botanique, un fruit est le résultat de la fécondation de la plante : il est issu de la transformation du pistil une fois que celui-ci est fécondé et porte les graines chargées de la reproduction de la plante. En enveloppant les graines, le fruit les protège et assure la dissémination de celles-ci autour de la plante – et donc sa reproduction.
Il n’existe pas, en revanche, de définition de ce qu’est un légume. Le mot « légume » désigne au départ les gousses des légumineuses (une famille de plantes incluant lentilles, pois, fèves…). Les gousses étant techniquement issues de fleurs, les légumes sont donc au départ… (presque) tous des fruits.
Le légume n’ayant aucune définition scientifique, il peut désigner par convenance toutes les autres parties comestibles des plantes dites potagères, c’est-à-dire cultivées par les humains et intégrées dans leur alimentation. Il englobe des choses aussi différentes que les tiges, les racines, les tubercules ou les feuilles des plantes.
En cuisine, le fruit est aussi un légume
D’un point de vue culinaire, le critère de différentiation entre fruits et légumes n’a rien à voir avec la formation, la morphologie ou la composition de ceux-ci. Le seul critère est la saveur : le fruit est pensé comme un produit sucré, tandis que le légume est salé, amer ou neutre. Sans surprise, de nombreux produits de la nature que la botanique définit strictement comme étant des fruits sont appelés légumes et utilisés en tant que tels de façon courante (comme le poivron, la citrouille ou le haricot vert). Ce sont ce qu’on appelle des « légumes-fruits », un terme commode pour concilier les définitions scientifiques et courantes des fruits et légumes.
Un fruit sucré peut tout de même être appelé légume selon l’utilisation qu’on en fait. Le melon, par exemple, est un fruit lorsqu’il est considéré en tant que dessert, mais un légume lorsqu’il est utilisé comme entrée.
Quand la loi se prononce sur la question
Si le débat entre ces deux façons de définir les fruits et légumes perdure aujourd’hui, il a au moins été tranché par la justice et les textes légaux. Le fait de savoir si tel ou tel produit est un fruit ou un légume peut, en effet, avoir des conséquences importantes.
Un des plus célèbres exemples est l’affaire Nix v. Hedden, dans laquelle la Cour suprême étasunienne a dû statuer sur la nature de la tomate. En 1887, John Nix, à la tête de l’une des plus grosses entreprises importatrices de légumes à New York, intenta un procès au trésorier du port de New York, Edward Hedden, qui était chargé de collecter les impôts de douane sur les produits importés. La loi douanière signée dix ans plus tôt par le président Chester Arthur, qui a lui aussi été trésorier du port de New York, imposait, en effet, des taxes sur les légumes (d’environ 10 %) et non sur les fruits. John Nix estimait alors que la taxation des tomates qu’il importait était infondée, puisqu’il s’agissait – botaniquement – d’un fruit, et non d’un légume.
En 1893, la Cour a, cependant, estimé à l’unanimité que la loi de 1883 faisait référence à la définition commune et qu’en ce sens la tomate était considérée comme un légume, donnant tort à John Nix.
La Société des nations, ancêtre des Nations unies, a également classé la tomate comme un légume en 1937, lorsqu’elle entendait harmoniser les taxes douanières afin de favoriser les échanges commerciaux entre pays. Une décision qui serait partiellement fondée sur celle de la Cour suprême de 1893, selon un responsable de la documentation à l’organisation mondiale des douanes.
D’autres textes légaux ont légiféré différemment. Le Conseil de l’Europe a, par exemple, défini la tomate comme un fruit au sein d’une directive de novembre 1988 (tout comme les carottes, les patates douces, qui ne sont eux pas – botaniquement – des fruits).


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      "type":"f",
Solanum lycopersicum), de la famille des solanacées. Par commodité, la tomate est aussi appelée un \"légume-fruit\".",
Solanum lycopersicum), de la famille des solanacées. Par commodité, la tomate est aussi appelée un \"légume-fruit\"."
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   "aubergine":{
      "type":"f",
Solanum melongena) de la famille des solanacées.",
Solanum melongena) de la famille des solanacées."
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   "pomme":{
      "type":"fc",
Malus domestica).",
Malus domestica)."
   },
   "avocat":{
      "type":"f",
      "reponse_vrai":"Correct ! L'avocat est, en effet, une baie, un type de fruit charnu contenant des graines sous forme de pépins. Il est produit par l'avocatier, un arbre fruitier originaire d'Amérique centrale.",
      "reponse_faux":"Manqué. L'avocat est un fruit, et plus précisément une baie, c'est-à-dire un fruit charnu contenant des graines sous forme de pépins. Il est produit par l'avocatier, un arbre fruitier originaire d'Amérique centrale."
   },
   "carotte":{
      "type":"l",
Daucus carota subsp. sativus), et plus précisément son tubercule : c'est là, à l'abri des prédateurs, que la plante stocke son énergie (sous forme de glucides).",
Daucus carota subsp. sativus) qui produit des fruits. La carotte est plus précisément son tubercule : c'est là, à l'abri des prédateurs, que la plante stocke son énergie (sous forme de glucides)."
   },
   "endives":{
      "type":"l",
Cichorium intybus), dont on utilise les racines pour produire la chicorée de café.",
Cichorium intybus), dont on utilise les racines pour produire la chicorée de café."
   },
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      "type":"l",
Solanum tuberosum) stocke ses glucides bien à l'abri des prédateurs, sous terre.",
Solanum tuberosum) stocke ses glucides bien à l'abri des prédateurs, sous terre."
   },
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      "reponse_vrai":"Bravo, la courgette est en effet un fruit, selon la définition botanique. Elle est issue des fleurs de la plante du même nom, originaire des Amériques.",
      "reponse_faux":"La courgette n'est pas un légume, mais bien un fruit, selon la définition botanique. Elle est issue des fleurs de la plante du même nom, originaire des Amériques."
   },
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      "type":"f",
Olea europaea), et plus précisement une drupe, c'est-à-dire un fruit charnu à noyau.",
Olea europaea), et plus précisement une drupe, c'est-à-dire un fruit charnu à noyau."
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   "ail":{
      "type":"l",
Allium sativum, c'est-à-dire une partie de la racine de cette grande plante en forme de tige.",
Allium sativum, une grande plante en forme de tige."
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Allium porrum pour les intimes).",
Allium porrum pour les intimes)."
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normaux, qui sont issus de la fecondation d'un seul ovule, les framboises sont le résultat de la transormation de multiples ovules, donnant un assemblage de petites sphères appelées des drupes.",
normaux, qui sont issus de la fecondation d'un seul ovule, les framboises sont le résultat de la transormation de multiples ovules, donnant un assemblage de petites sphères appelées des drupes."
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Fruits ou légumes, saurez-vous faire la différence ?
Attention, il y a quelques pîèges.





Tomate

Fruit
ou
Légume











Aubergine

Fruit
ou
Légume











Pomme

Fruit
ou
Légume











Avocat

Fruit
ou
Légume












Carotte

Fruit
ou
Légume











Endives

Fruit
ou
Légume











Pomme de terre

Fruit
ou
Légume











Courgette

Fruit
ou
Légume











Olive

Fruit
ou
Légume











Ail

Fruit
ou
Légume











Poireau

Fruit
ou
Légume











Framboise

Fruit
ou
Légume









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Crédits photo ↓
Alain Kubacsi, Otmar Diez, Régis Domergue, Christian Vidal, Alexandre Petzold, Isabelle Rozenbaum, Gérard Lacz, André Maslennikov, Denis Bringard, Yann Avril, Jean-Luc & Françoise Ziegler, Denis Bringard / Biosphoto / Flora Press / PhotoAlto / Photononstop






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Un amendement obligeant les restaurateurs à mettre à la disposition des clients des boîtes pour emporter leurs restes a été adopté en commission de l’Assemblée nationale.
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Bientôt des « doggy bags » dans tous les restaurants ?

Un amendement obligeant les restaurateurs à mettre à la disposition des clients des boîtes pour emporter leurs restes a été adopté en commission de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        



   


Les restaurateurs seront-ils bientôt tenus de proposer un « doggy bag » aux clients qui n’auront pas terminé leur assiette ? Un amendement visant à « créer l’obligation » de mettre gratuitement à disposition « des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place » a été adopté, le 21 mars, par la commission développement durable de l’Assemblée nationale.
Il répond, selon les députés, à l’objectif fixé en avril 2017 par le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de diviser par deux le gaspillage alimentaire d’ici à 2025. Les pertes de nourriture sont en effet cinq fois plus élevées en restauration commerciale qu’à domicile et s’élèvent à 27 %, les « restes d’assiette » représentant 11 % de ces pertes, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en mai 2016.
Pour entrer en vigueur, l’amendement doit être voté par la commission économique, puis par l’ensemble des députés. Mais outre les étapes juridiques, les habitudes des Français sont un obstacle sans doute encore plus grand à la popularisation du « doggy bag ». Car son usage, aujourd’hui, reste marginal.

        Lire aussi :
         

                Gaspillage : 41,2 tonnes de nourriture jetées chaque seconde dans le monde



En France, « les portions sont maîtrisées »
En 2014, La Brasserie bordelaise, qui proposait déjà des « doggy bags », expliquait au Monde qu’une dizaine de clients par soir en demandaient, sur 400 couverts. Quatre ans plus tard, cette proportion n’a pas changé. « Le nombre de demandes est du même ordre, bien que l’on ait toujours proposé une boîte à ceux qui souhaitaient emporter leurs restes, explique Camille Lacoste, assistante commerciale de l’établissement. Mais ceux qui la demandent sont en très grande majorité des étrangers – beaucoup sont américains, quelques-uns sont britanniques. »
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui a « regretté » l’adoption d’un tel amendement, se dit favorable au développement du « doggy bag », mais ne veut pas d’une « obligation supplémentaire ». Dans un communiqué, elle rappelle avoir signé des partenariats pour accompagner les professionnels à proposer des « doggy bags », comme avec la société TakeAway, qui commercialisait des boîtes cartonnées à emporter jusqu’en 2017. 
En 2015, 10 000 boîtes avaient été distribuées aux restaurateurs. « La demande des clients n’était pas forte à l’époque et n’a pas vraiment augmenté depuis, constate Hubert Jan, président de la branche restauration de l’UMIH. En France, les restaurateurs visent le zéro dans l’assiette et dans le frigo, donc les portions sont maîtrisées. »
« Il y a un sentiment de honte »
« En France, on a toujours une alimentation très domestique, on mange très souvent chez soi, plus qu’à l’étranger, avance aussi Anne Lhuissier, sociologue spécialisée dans les pratiques d’alimentation, pour expliquer le faible engouement des Français. Des services de livraison existent depuis quelques années mais il est encore rare de manger chez soi un plat préparé à l’extérieur. Il faut aussi noter que dans les pays où il est très utilisé, comme les Etats-Unis, les portions sont plus conséquentes. »
La sociologue évoque également la crainte d’un refus embarrassant chez les clients souhaitant demander un « doggy bag ». « Il y a un sentiment de honte, ce qui est assez bizarre, puisque à partir du moment où on a payé son plat, rien n’empêche de repartir avec », confirme Laurent Calvayrac, fondateur de L’Emballage vert, qui a proposé de 2014 à 2016 des boîtes 100 % recyclables pour emballer ses restes au restaurant, avant de cesser cette activité.

        Lire aussi :
         

                « Je me sens honteuse de demander un “doggy bag” »



Pour Bérangère Abba, députée La République en marche de Haute-Marne, à l’origine de l’amendement, le fait d’obliger les restaurateurs à proposer une boîte permettra de faire disparaître cette appréhension. « Grâce à ce texte, le client sera certain que le restaurateur est équipé », dit-elle, estimant qu’il faut « lever un frein psychologique. »
Selon une étude de 2014 de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la fôret (Draaf) Rhône-Alpes menée auprès de 2 700 consommateurs, 95 % des personnes interrogées se disaient prêtes à emporter leurs restes. Ne reste plus qu’à sauter le pas…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La France glisse à la septième place des publications scientifiques

La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h38
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

En volume, bravo. En insertion internationale aussi. Mais en pourcentage, ça baisse. Voilà un résumé de la performance française. A première vue, celle du nombre d’articles publiés, tout va bien. Entre 2000 et 2015, les laboratoires ont en effet augmenté de 40 % leur nombre de publications, passées de 41 000 à 57 000. Des études qui sont en majorité le fruit de coopérations européennes et internationales. Et des points forts, en particulier en mathématiques, spécialité ancienne où la France pointe au troisième rang avec 6,5 % des publications, dépassée uniquement par les Etats-Unis et la Chine.
L’effort de la science française est d’autant plus notable que la dépense publique de recherche dans l’Hexagone n’a pas suivi la même évolution, puisqu’elle a diminué, à 0,8 % du PIB. Les effectifs des organismes de recherche ont, dans l’ensemble, stagné, le CNRS affichant une baisse de 10 % en dix ans, selon son ex-président Alain Fuchs. Seul le nombre d’universitaires a augmenté, mais cette évolution est plus guidée par l’afflux des étudiants que par une stratégie de recherche.
Tâches peu productives
De ces évolutions, on peut estimer que la « productivité » des laboratoires français a augmenté, avec un nombre d’articles plus élevé par scientifique et par euro dépensé. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les scientifiques ont été contraints de mobiliser leur temps et leur énergie pour des tâches peu productives. En cause, la réforme des universités et les appels d’offres compétitifs pour financer les laboratoires. Le taux de succès de ces derniers est, par ailleurs, dérisoire : seuls 10 % des projets en lice dans le programme non thématique de l’Agence nationale de la recherche ont ainsi trouvé un financement.

Pourtant, malgré cet effort, la part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et le pays a, en moins de quinze ans, glissé du 5e au 7e rang, dépassé par la Chine et l’Inde. Plus significatif :...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Recherche scientifique : la Chine numéro deux mondial, la France dépassée par l’Inde

Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h04
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

Photographier le rapport des forces scientifiques mondiales. Et retracer quinze ans d’évolution. C’est ce que permet le rapport sur « la position scientifique de la France dans le monde, 2000-2015 » qu’a rendu public, jeudi 5 avril, l’Observatoire des sciences et des techniques (OST) dirigé par Frédérique Sachwald. Une étude bibliométrique, fondée sur les données du « Web of Science ». Ce dernier recense l’essentiel des articles parus dans les revues scientifiques. Une étude qui se veut uniquement « factuelle », souligne Michel Cosnard, le président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCeres) dont l’OST dépend, puisqu’elle « ne propose aucune conclusion, ou décision, mais des données à analyser par qui le voudra. »

La prudence de Michel Cosnard s’explique. Le sujet est brûlant, car tout commentaire cherchera à relier les performances scientifiques aux politiques publiques qui en sont à l’origine. Ceci dans un monde où la puissance économique, militaire, diplomatique ou culturelle trouve sa source dans le savoir et les technologies. Ainsi, en 2000, l’Union européenne voulait, à travers la « stratégie de Lisbonne », devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique » et voyait dans l’effort de recherche et d’innovation la clé de sa future position mondiale.
Quinze ans après cette date-pivot, où en est le monde de la science ? Les faits saillants du rapport indiquent un glissement du rapport des forces. Tel un bulldozer, la science chinoise bouscule les hiérarchies établies au siècle dernier et s’impose comme une nouvelle grande puissance. Les Etats-Unis voient s’effriter leur hégémonie, éclatante il y a un demi-siècle. Le Japon, longtemps second, s’écroule. Des pays émergent : Inde, Iran, Brésil, Corée du Sud. Espagne et Italie se renforcent. La France ? Elle ne pointe désormais qu’au 7e rang, dépassée par la Chine, mais aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ La députée Delphine Batho a quitté la vice-présidence de la mission, dénonçant un texte « pas du tout à la hauteur ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
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Discorde autour du rapport de la mission d’information sur les pesticides

La députée Delphine Batho a quitté la vice-présidence de la mission, dénonçant un texte « pas du tout à la hauteur ».



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 08h17
    |

            Stéphane Foucart








                        


C’est dans une atmosphère de discorde que la mission d’information parlementaire ad hoc a rendu, jeudi 5 avril, son rapport sur l’utilisation des produits phytosanitaires en France. Ce texte sur lequel planchaient les élus depuis l’automne 2017, est destiné à inspirer les projets du gouvernement en matière de pesticides. Mais le 29 mars, lors de la finalisation de ce travail, la députée des Deux-Sèvres Delphine Batho (PS) a démissionné de la vice-présidence de la mission. « Je ne peux endosser un rapport qui n’est pas du tout à la hauteur des enjeux de santé et d’environnement posés par l’usage des pesticides », explique-t-elle au Monde.
Le rapport dresse pourtant un constat tranché des effets sanitaires et environnementaux des produits phytosanitaires en général. Citant l’expertise collective de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), la mission relève « des associations entre l’exposition professionnelle à des pesticides et certaines pathologies, comme la maladie de Parkinson, le cancer de la prostate et des cancers hématopoïétiques (lymphome non hodgkinien, myélomes multiples) ». Des risques existent aussi pour le développement de l’enfant lorsque les expositions à certaines de ces substances surviennent au cours des périodes prénatale, périnatale et lors de la petite enfance, ajoutent les parlementaires.
« Dégâts d’une ampleur alarmante »
Sur le front environnemental, le constat est plus sombre. La mission constate « une pollution presque générale de l’air et des eaux », note que « la contamination des sols touchés est entretenue par des traitements massifs et répétés, et produit des effets à long terme ». « Plusieurs études récentes montrent, sans doute possible, les dégâts que leur large utilisation a occasionnés, ajoutent les parlementaires. Les plus visibles sont d’une ampleur alarmante : plus de 75 % de la biomasse des insectes a disparu en vingt-sept ans. » Ils notent la quasi-disparition de ces derniers « à certains endroits », créant « des ruptures en cascades dans les chaînes alimentaires », menaçant ainsi d’autres espèces à l’extinction. « A commencer par les oiseaux, victimes directes ou indirectes des pesticides, dont la population a diminué de 30 % en à peine quinze ans », précise le rapport.

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                Le déclin massif de la biodiversité menace l’humanité



Le problème touche également les sols dont la « richesse productive se dégrade » et les insectes pollinisateurs dont les populations sont « en déclin rapide » au point que « la communauté scientifique mondiale vient de lancer l’alerte », précise la mission en référence aux expertises de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), rendues courant mars.
Fermeté factice
Face à ces constats, la mission propose une liste de trente-cinq recommandations, relevant essentiellement de la conduite de nouvelles études sur les effets de ces produits, de la gestion des risques liés à leur usage, ou encore de la promotion de systèmes agricoles moins consommateurs d’intrants chimiques. Elle soutient ainsi l’idée d’un fonds d’indemnisation des victimes des pesticides – tout en reconnaissant que la causalité est toujours délicate à établir.
« Tout cela est très insuffisant par rapport à l’accélération des effets que l’on constate actuellement, en particulier sur la biodiversité et qui sont pourtant clairement décrits dans le texte, dit Delphine Batho, la vice-présidente démissionnaire de la mission. Il se situe dans la continuité des politiques menées jusqu’à présent qui ont toutes échoué à obtenir la moindre baisse du recours aux pesticides. »

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                La dégradation des terres a atteint un stade critique



La seule mesure d’interdiction préconisée par la mission concerne ainsi les utilisations du glyphosate comme dessiccant – c’est-à-dire directement sur certaines céréales, afin d’en hâter la maturation et donc la récolte. Les associations de défense de l’environnement dénoncent une fermeté factice, l’utilisation du glyphosate comme dessiccant n’étant pas, ou très peu, pratiquée en France… Fin 2017, Emmanuel Macron avait annoncé que la France sortirait du glyphosate en trois ans, mais l’annonce avait été tempérée par Nicolas Hulot : le ministre de la transition écologique et solidaire a laissé entendre, en février, que des dérogations pourraient être octroyées.
La FNSEA satisfaite
« Le rapport est hors des clous de la feuille de route du gouvernement, qui est elle-même insuffisante, tempête Mme Batho. Il est parfois aussi en deçà du récent rapport de l’inspection générale des affaires sociales, qui recommandait, par exemple, l’interdiction de certaines substances parmi les plus problématiques, alors que la mission ne recommande sur ces mêmes produits que la conduite de nouvelles études. »
De son côté, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) est satisfaite du texte. « Nous sommes conscients des attentes du consommateur et nous essayons d’y répondre, mais il faut développer les solutions avant de recourir à des interdictions, explique Eric Thirouin, le secrétaire général adjoint du syndicat agricole. Il nous semble que c’est l’esprit de ce rapport et que c’est le meilleur moyen de répondre, en fin de compte, aux demandes de la société. Nous pouvons cependant avoir quelques réserves, notamment sur la proposition d’un label “zéro pesticides” [sans pesticides de synthèse] puisqu’il existe déjà un label “Agriculture biologique”. »
Stéphane Foucart
Le gouvernement veut accélérer la conversion au bio Le gouvernement va engager 1,1 milliard d’euros de crédits vers les agriculteurs qui font le pari du bio, pour répondre à l’explosion de la demande. La mesure, annoncée le 5 avril par le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, réjouit les agriculteurs bio mais laisse les ONG sur leur faim. Cette enveloppe représente, selon le cabinet du ministre, une augmentation de 62 % par rapport au précédent plan de soutien à la production bio, et doit permettre de faire passer de 6,5 % à 15 % les terres cultivées en bio d’ici à la fin du quinquennat. Cette enveloppe – financée sur fonds européens, est destinée aux aides à la conversion et non au maintien de l’activité. Les ONG regrettent que l’Etat ait mis fin à son aide au maintien de l’activité des agriculteurs ayant déjà opéré leur conversion vers l’agriculture biologique. – (AFP.)



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Pendant cinq ans, une équipe de scientifiques a écouté et étudié le chant hivernal de cet impressionnant mammifère marin. Contrairement à sa cousine, la baleine à bosse, la baleine boréale interpréterait un morceau différent chaque année.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Avec des panneaux solaires sur le toit, de manière individuelle ou collective... racontez nous comment vous produisez votre propre électricité.
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Vous produisez votre propre électricité, racontez-nous comment

Avec des panneaux solaires sur le toit, de manière individuelle ou collective... racontez nous comment vous produisez votre propre électricité.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 18h18
    |

                            Nabil Wakim








                        


Plusieurs dizaines de milliers de Françaises et de Français produisent leur propre électricité, le plus souvent avec des panneaux solaires sur le toit de leur habitation, de manière individuelle ou collective. Le Monde souhaite publier un article sur le sujet dans les prochaines semaines et vous propose de témoigner de votre expérience : qu’est ce qui vous a poussé à produire vous-même votre électricité ? Quel(s) procédé(s) utilisez vous ? En êtes vous satisfait ? Si non, quels problèmes rencontrez vous ?
Pour apporter votre témoignage, cliquez ici pour remplir ce questionnaire. N’hésitez pas à laisser vos coordonnées si vous voulez que l’on vous contacte.
Le Monde s’engage à ne jamais communiquer les adresses ou les témoignages recueillis et à ne les utiliser dans le cadre d’un article qu’avec le consentement explicite des auteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Des chercheurs ont établi un lien entre une exposition lors de la période fœtale et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. L’AP-HP organisait un colloque le 5 avril.
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La pollution de l’air aurait aussi des effets sur le développement du cerveau des enfants

Des chercheurs ont établi un lien entre une exposition lors de la période fœtale et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. L’AP-HP organisait un colloque le 5 avril.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h23
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Pour ceux qui doutent encore de l’urgence à lutter contre la pollution de l’air, la mairie de Paris et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) organisaient jeudi 5 avril, à l’Hôtel de Ville, un colloque consacré à ses effets sur la santé. L’occasion de rappeler que les urgences pédiatriques croulent sous les cas de pathologies respiratoires à chaque pic de pollution, et que la littérature scientifique a désormais établi le lien entre une mauvaise qualité de l’air et les cancers du poumon, les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Les études se suivent et leurs résultats sont de plus en plus inquiétants. Une nouvelle publication suggère ainsi que les particules fines auraient également des effets délétères sur le développement du cerveau lors de la période fœtale – même à des niveaux conformes aux limites réglementaires.
Publiée en mars dans la revue Biological Psychiatry, cette étude établit un lien entre une exposition (même faible) à un air pollué pendant la grossesse et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. La recherche a été menée par l’institut de santé Global de Barcelone (ISGlobal) et par le Centre médical de l’université Erasmus de Rotterdam.

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                Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France



Les travaux ont porté sur 783 enfants nés aux Pays-Bas entre 2002 et 2006. Les chercheurs ont d’abord mesuré leur niveau d’exposition à la pollution de l’air au domicile de la mère pendant la période prénatale, en s’intéressant particulièrement aux particules fines PM2,5 (de taille inférieure à 2,5 micromètres) et au dioxyde d’azote (NO2) émis principalement par le trafic routier. Ils ont ensuite observé, par imagerie à résonance magnétique, le développement de leur cerveau entre l’âge de 6 et 10 ans. Ils ont enfin soumis ces enfants à des tests cognitifs.
« Retards cognitifs »
Leurs constats font froid dans le dos. « Les enfants exposés aux niveaux de particules fines les plus élevés pendant la période fœtale ont le cortex plus fin dans plusieurs régions du cerveau de chaque hémisphère », écrivent les auteurs. Ils ont ainsi mis en évidence que pour chaque augmentation de particules fines de 5 microgrammes par mètre cube (µg/m3), le cortex cérébral de la région du précuneus (une circonvolution du lobe pariétal) dans l’hémisphère droit, ou celui de la région du lobe frontal, était plus fin de 0,045 millimètre.
Les résultats des tests cognitifs pratiqués sur chaque enfant confirment les observations cliniques. « Une exposition aux particules fines durant la période fœtale est associée à un nombre plus élevé d’erreurs » de ce que les auteurs appellent le « contrôle inhibiteur », à savoir des troubles des fonctions exécutives qui permettent d’accomplir et de se concentrer sur des tâches complexes.
Ainsi, à chaque augmentation de particules fines de 5 µg/m3, le nombre d’erreurs augmente de 5 %. Ils ont également observé que ces erreurs augmentaient respectivement de 32 % et de 69 % à mesure que le cortex cérébral du précuneus et du lobe frontal était plus fin d’1 millimètre.
Or, les troubles du contrôle inhibiteur, que les auteurs définissent aussi comme la capacité au contrôle de soi, sont associés à des comportements addictifs, à des déficits de l’attention ou à l’hyperactivité.
« Ces retards cognitifs observés dans les premières années de l’enfant pourraient avoir des conséquences significatives à long terme, alerte l’auteure principale de l’étude, Monica Guxens, de l’ISGlobal. Il y a des risques accrus de problèmes de santé mentale et de moins bonnes performances scolaires. » La chercheuse précise que « ces enfants qui ont maintenant 13-14 ans sont actuellement suivis pour vérifier si ces troubles se poursuivent ».
« Une hypothèse qui mérite d’être creusée »
Pour Rémy Slama, épidémiologiste environnemental à l’Inserm, cette étude formule « une hypothèse qui mérite d’être creusée ». « C’est un champ émergent, estime ce spécialiste de l’effet sanitaire des expositions précoces aux polluants. Contrairement aux conséquences respiratoires ou cardio-vasculaires, il manque encore un niveau de preuve élevé concernant les effets de la pollution de l’air sur le neurodéveloppement. » Jusqu’à présent, plusieurs publications américaines s’étaient attachées à démontrer le lien entre la pollution de l’air d’origine automobile et le développement de l’autisme.
L’étude confirme aussi que la pollution atmosphérique a un impact sanitaire même quand les normes sont respectées. C’est ce qui la rend encore plus inquiétante.
Ainsi, la majorité des femmes suivies durant leur grossesse n’ont pas été exposées à des concentrations supérieures aux valeurs limites européennes en termes de dioxyde d’azote (40 µg/m3 par an), et seules 0,5 % ont respiré un air qui dépassait le plafond fixé par l’Union européenne pour les PM2,5, à savoir 25 µg/m3 par an. La quasi-totalité était « seulement » exposée à une moyenne de 20,2 µg/m3.
Cela fait dire aux auteurs que les normes européennes actuelles ne sont pas sûres. Pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas respirer plus de 10 µg/m3 de particules fines par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Bertrand Camus, directeur général Eau France chez Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.
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édition abonné


« La qualité de l’eau au robinet a un coût »

Bertrand Camus, directeur général Eau France chez Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h24
    |

Bertrand Camus (Président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau et directeur général Eau France chez Suez)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’eau distribuée présente une qualité en permanence conforme pour plus de 97 % des consommateurs. Ce chiffre est extrêmement encourageant. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que près de 2 millions de Français boivent une eau parfois non conforme, principalement dans les territoires ruraux et de montagne. Dans les zones les plus rurales, le taux de non-conformité est vingt fois supérieur à celui des zones les plus urbaines.
La qualité de l’eau au robinet n’est pas un fait acquis. Dans ce contexte, les débats faisant de la réduction du prix l’alpha et l’oméga de la gestion des services d’eau sont démagogiques. Ils diffusent l’idée reçue selon laquelle l’eau serait une ressource inépuisable, de qualité égale sur l’ensemble du territoire et qui pourrait donc être quasiment gratuite. La réalité est que si l’eau est gratuite dans le milieu naturel, les services indispensables à son traitement, à sa distribution puis à sa dépollution ont un coût : c’est le prix de la qualité.

Combattons d’abord un faux problème : des études comparatives menées à l’échelle européenne démontrent qu’avec une moyenne proche de 4 euros pour 1 000 litres, le prix du service de l’eau est plutôt bas en France au regard de son haut niveau de qualité. De fait, les pays où les services d’eau sont vraiment moins chers ont accumulé des retards inquiétants dans la modernisation de leurs infrastructures. C’est le cas de l’Italie en particulier, où l’hypothèse d’une interruption de la distribution d’eau pour les Romains durant l’été 2017 a fortement inquiété.
Rappelons, ensuite, que les acteurs et les observateurs habilités (Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), Agence française pour la biodiversité, agences de l’eau) préconisent un prix reflétant, pour chaque service, une gestion responsable et préservant le pouvoir d’achat des Français.
0,8 % du budget des ménages
C’est aujourd’hui le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ La lutte contre le réchauffement climatique va être inscrite dans la Constitution.
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Environnement et Constitution : une proposition a minima selon les ONG

La lutte contre le réchauffement climatique va être inscrite dans la Constitution.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h18
    |

            Simon Roger








                        



                                


                            
Il a suffi d’une courte phrase durant l’allocution d’Edouard Philippe, mercredi 4 avril, sur les grandes lignes de la réforme institutionnelle, pour faire immédiatement réagir les associations qui débattent de la place du climat dans la Constitution. « Le projet de loi constitutionnel inscrira l’impératif de lutte contre le changement climatique à l’article 34, qui définit le domaine de la loi », a annoncé le premier ministre parmi le train de mesures qui sera soumis au Conseil d’Etat dans un premier temps, puis exposé lors du Conseil des ministres du 9 mai.

Présentée par Matignon comme un progrès décisif dans la prise en compte du défi du réchauffement planétaire, la proposition a pourtant reçu un accueil frisquet des ONG, qui déplorent le manque d’ambition du gouvernement. Le texte « n’est pas à la hauteur des enjeux du XXIe siècle », estime la Fondation pour la nature et l’homme (FNH). Créée par Nicolas Hulot, aujourd’hui présidée par Audrey Pulvar, la FNH « regrette vivement le choix du président de la République de n’inscrire dans la Constitution que le climat, sans ajouter la protection de la biodiversité, et en le plaçant dans l’article 34 et non dans l’article premier » posant les principes fondateurs de la République, résume le communiqué de la FNH, qui dénonce un « green washing constitutionnel ».
« Elément décoratif »
L’association « Notre affaire à tous » pour le droit environnemental n’est guère plus tendre lorsqu’elle explique : « Conformément à ce qui fut annoncé début mars, le climat sera bien intégré à la Constitution…. comme élément décoratif. » « On est déçus », abonde Pascal Canfin, le directeur général du WWF France. Inscrire la lutte contre le changement climatique est « un symbole, mais on craint fortement que ce soit un symbole qui ne change rien ».
Derrière ces reproches pointe une double critique de l’approche gouvernementale. Depuis plusieurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.
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L’UFC-Que choisir accuse EDF d’influencer à son profit le prix de l’électricité

L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h16
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Depuis 2007, les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur d’électricité : EDF est désormais concurrencé par plus d’une dizaine d’entreprises, d’Engie à Total en passant par Direct Energie. Et si le groupe historique perd 100 000 clients par mois, il conserve la part du lion : plus de 80 % des ménages y sont toujours abonnés.
Une situation régulièrement dénoncée par des associations de consommateurs pour lesquelles l’ouverture à la concurrence est biaisée et ne profiterait pas suffisamment aux clients.
Mais c’est à un autre aspect du marché de l’électricité que s’attaque, jeudi 5 avril, l’UFC-Que choisir : la production d’électricité, qui reste, elle, assurée en très grande partie par EDF.
Sous-utilisation des centrales nucléaires
L’association de consommateurs accuse l’électricien de volontairement sous-utiliser ses centrales nucléaires depuis 2012 pour influencer les prix du marché de l’électricité. Facture pour les consommateurs, selon Que choisir : 2,4 milliards d’euros entre 2012 et 2016, soit 15 euros par an en moyenne par foyer client d’EDF.
Concrètement, quand la demande d’électricité est très forte, les prix du marché de gros sont élevés, et les centrales nucléaires disponibles tournent à plein régime. Mais quand les prix commencent à baisser, EDF lève le pied et réduit la production de ses centrales, assure l’association. Résultat : d’autres moyens de production, comme les centrales à gaz, l’hydraulique, ou le charbon, sont mobilisés. Or ils sont bien plus chers, ce qui conduit à faire remonter les prix du marché.
« EDF fait la loi en toute impunité : le groupe a une gestion de sa capacité de production qui lui est complètement favorable et qui se traduit de manière défavorable sur les consommateurs », déplore Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, qui constate que d’autres pays européens disposant de centrales nucléaires n’agissent pas de la même manière.
Démenti d’EDF
« Ce qu’on demande, c’est que lorsque EDF décide de moins produire, il soit contraint de justifier que c’est lié au prix du marché. Il ne faut pas arrêter de produire quand il pourrait encore vendre à un prix compétitif », ajoute M. Bazot, pour qui il s’agit là d’une concurrence « sclérosée ». L’association de consommateurs appelle donc à une plus grande régulation.
Malgré cette pratique, le prix de l’électricité en France reste bien inférieur à celui payé, par exemple, par les consommateurs allemands. « Mais on ne peut pas s’en satisfaire, dit Alain Bazot. Il n’y a rien qui justifie qu’EDF vienne priver le consommateur d’un juste prix uniquement parce qu’il veut faire ses affaires et jouer au yo-yo. » 
Des accusations qui surprennent à EDF, où l’on rappelle que le marché est contrôlé par la Commission de régulation de l’énergie de façon très précise.
« EDF optimise à tout moment son parc de production d’électricité », rappelle le groupe, qui précise qu’une partie très importante de sa production est achetée en amont par des contrats de moyen terme. L’utilisation du parc nucléaire se fait en fonction de la demande, pas en fonction d’une volonté d’agir sur les prix, explique-t-on en interne.
« EDF agit sous l’étroite surveillance du régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie, qui publie chaque année son rapport sur le fonctionnement du marché de gros de l’électricité, du CO2 et du gaz naturel », assure le groupe.



                            


                        

                        


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Avec le changement climatique, les projets viticoles se multiplient en Bretagne

Du fait des nouveautés réglementaires et de la hausse des températures certains vignerons de la région songent à solliciter une appellation d’origine contrôlée.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h17
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            

Où que l’on regarde – Nord, Sud, Est, Ouest –, on aperçoit l’océan. La presqu’île de Quiberon (Morbihan) culmine en cet endroit précis à 33 mètres au-dessus de l’Atlantique. « J’adore ce terrain. Il est puissant, il est beau… Ici, je “sens” du blanc ! », confie Catherine Decker, patronne du restaurant étoilé Le Petit Hôtel du grand large, installé non loin, à Portivy.
Ce « blanc » dont parle Mme Decker ? Du vin. Le terrain en question est un coteau de 2 500 mètres carrés, récemment défriché. Avec son mari, le chef Hervé Bourdon, et la vigneronne champenoise Françoise Bedel, elle prévoit d’y planter de la vigne dans les prochains mois. Les premières vendanges devraient avoir lieu, sauf contretemps, en 2024. A terme, il s’agit de cultiver de trois à quatre hectares, de vinifier localement et de « prouver qu’on peut faire du bon vin en Bretagne ».
Il y a encore dix ans, une telle ambition, dans une région exempte de vignobles professionnels, aurait pu susciter des sarcasmes. Les effets des dérèglements climatiques, auxquels s’ajoutent certaines évolutions réglementaires, changent la donne.
Il faut, en l’occurrence, parler de « retour » et non d’« apparition » de la vigne en Bretagne. Des indices archéologiques témoignent de pratiques viticoles dans l’extrême ouest de la Gaule dès l’aube de notre ère. Les Bretons ont, par la suite, concocté du vin durant des siècles. A partir de la fin du Moyen Age, la possibilité de s’approvisionner par voie maritime en produits de meilleure qualité, ainsi que le refroidissement des températures lié au « petit âge glaciaire », ont fait diminuer la production. La diffusion du pommier à cidre et la prolifération, au XIXe siècle, de maladies comme le Phylloxéra, ont contribué à son déclin.
Depuis 2016, les cartes sont rebattues
Au début du XXe siècle, l’arrachage contraint de certains cépages et l’interdiction, pour...




                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
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Des oliviers touchés par la bactérie « Xylella fastidiosa » en Corse

Le Syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse (Sidoc) l’a détectée, pour la première fois, sur des oliviers et sur des chênes verts, arbres emblématiques de l’île.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h15
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 21h35
    |

            Rémi Barroux








                        



   


C’est la nouvelle que redoutaient tous les oléiculteurs de Corse. La bactérie Xylella fastidiosa a été identifiée sur deux oliviers, ainsi que sur des chênes verts, des myrtes et des oléastres (oliviers sauvages). « Les oliviers quasiment morts des ronds-points de Caldaniccia et Baleone à Ajaccio, des oléastres défoliés de plusieurs microrégions et des chênes verts à Ventiseri sont infectés », alerte le Syndicat interprofessionnel des oléiculteurs de Corse (Sidoc), dans un communiqué publié mardi 3 avril.
On savait depuis juillet 2015 que cette bactérie était présente sur l’île, détectée sur des polygales à feuilles de myrte. Elle est responsable de la mort de 1,5 million d’oliviers dans les Pouilles italiennes (soit près de 15 % du total), et le nombre d’oliviers malades aurait triplé, entre 2017 et 2018, dans la zone de confinement mise en place après la découverte de Xylella fastidiosa, en 2013.
« Aucun remède connu à ce jour »
La bactérie, qui compte différentes souches (pauca comme en Italie, multiplex, fastidiosa), est aussi présente aux Baléares – elle a été découverte à Majorque, en octobre 2016 – et sur le continent, dans la province de Valence, où elle s’est attaquée aux amandiers. Elle a aussi été identifiée en Allemagne, en avril 2016. Propagée par des insectes suceurs de sève comme la cicadelle, elle est responsable de la maladie de Pierce, mortelle pour la vigne, et s’attaque à des centaines de plantes : mimosa, lavande, cerisier, laurier-rose… ainsi qu’aux agrumes.
Xylella fastidiosa a été identifiée sur quarante espèces végétales en France. Deux régions sont touchées : Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse, 25 000 échantillons ayant été analysés depuis 2015, selon le ministère de l’agriculture dans un bilan dressé en janvier. Au 28 février, 36 espèces de végétaux avaient été trouvées infectées sur l’île de Beauté, dans 354 foyers. Dans cette liste, on trouvait de nombreuses plantes du maquis et ornementales, mais aucun olivier.
« Alors que, officiellement, la situation est “stable”, alors que les analyses de l’Etat reviennent systématiquement négatives, nos contre-analyses, réalisées par l’Institut national de la recherche agronomique [INRA] d’Angers, confirment qu’oliviers et chênes verts sont touchés par la bactérie, sans remède connu à ce jour », écrit le Sidoc.
« Chape de plomb »
Pour les producteurs d’olives, c’est une catastrophe. Selon le syndicat, il existe 10 000 hectares d’oliviers en Corse, 107 000 hectares de chênes verts, et l’oléastre, plante endémique du maquis, couvre plus de 300 000 hectares. « Cela fait trois ans que l’on voit mourir les arbres en Corse, chênes-lièges, chênes verts, oliviers desséchés, et que l’on nous dit que Xylella fastidiosa n’y est pour rien. Il y a une chape de plomb, et nous avons besoin de savoir », proteste Fabienne Maestracci, productrice à Bonifacio et vice-présidente du Sidoc. Selon elle, les dérogations accordées pour l’entrée de végétaux sur l’île sont notamment en cause, « près de 2 000 oliviers depuis le début de 2018 ».
A la préfecture de Corse, le cri d’alarme des oléiculteurs est pris au sérieux, mais on préfère rassurer. « On n’a jamais mis en évidence la contamination d’oliviers en Corse, et la bactérie trouvée sur l’île n’était pas de la même souche que celle qui a détruit les oliviers en Italie [multiplex, en Corse, et pauca, en Italie] », rappelle le préfet, Bernard Schmeltz.
Mission d’experts
Des analyses complémentaires sur les végétaux contaminés découverts par le Sidoc ont été commandées par le ministère de l’agriculture au laboratoire de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), à Angers. Là même où le syndicat a fait réaliser les siennes par l’INRA, qui utilise des méthodes plus strictes, selon Fabienne Maestracci.
« C’est une alerte importante pour le ministère, aussi nous attendons les résultats des analyses de l’Anses, qui travaille avec les méthodes officielles, conformes aux normes internationales », précise Alain Tridon, porte-parole de la direction générale de l’alimentation au ministère de l’agriculture. Les résultats devraient déterminer la souche de la bactérie d’ici une dizaine de jours. Une mission d’experts du ministère et de l’INRA doit se rendre en Corse la semaine prochaine pour étudier les causes du dépérissement des oliviers et dresser un bilan complet des mesures mises en œuvre. « A quoi servent ces missions ? Dans quinze jours, la période d’activité va démarrer pour les insectes vecteurs, ils vont être partout, qu’est-ce qu’on fait ? », demande Fabienne Maestracci.



                            


                        

                        

