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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.
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« La réalité virtuelle soulève plusieurs questions d’ordre éthique »

Spécialiste des nouvelles technologies, Claire Gérardin pointe dans une tribune au « Monde » les avancées fulgurantes des technologies d’immersion, capables de tromper tous les sens humains.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
    |

Claire Gérardin (Conseillère en communication, spécialisée sur les nouvelles technologies et leurs impacts sociétaux.)







                        



                                


                            

Tribune. Le succès du dernier film de Steven Spielberg, Ready Player One, et la multiplication des casques et applications immersives, montrent une forte recrudescence d’intérêt pour la réalité virtuelle. C’est un outil puissant au service de nombreux usages, un formidable levier d’innovation, mais il est important de se familiariser avec ses potentiels effets sur le psychisme. Car des études ont démontré la manière et l’intensité avec laquelle elle peut influencer certains de nos comportements. Soulevant ainsi plusieurs questions d’ordre éthique, comme souvent en matière de nouvelles technologies.
Cela fait presque soixante ans que la science s’intéresse à tout ce qui permet de reproduire le réel de manière virtuelle. Son ancêtre est la conception assistée par ordinateur (CAO), inventée dans les années 1990 dans les secteurs de l’industrie et de l’ingénierie pour concevoir et tester virtuellement des prototypes avant de les construire (avions, voiture, bâtiments, etc.).
Puis elle a servi à développer les simulateurs de vol, dans les années 1995, et différents dispositifs de formation (conduite de TGV, opérations chirurgicales, etc.). Il faudra attendre que les puissances de calcul des ordinateurs augmentent, c’est-à-dire les années 2010-2015, pour pouvoir aller au-delà de ces applications : jeux vidéo, traitement de phobies, rééducation physique, visites de lieux ou encore boutiques virtuelles.
Un état proche de l’hypnose
Comme pour toute nouvelle technologie aux usages multiples et prometteurs, les concepteurs et utilisateurs de la réalité virtuelle doivent connaître les questions éthiques qu’elles soulèvent. C’est l’avis de Bahman Ajang, psychologue cognitiviste et technophile. Invité à partager son expertise au salon Virtuality 2018, il a présenté, sur la base d’études scientifiques, les impacts potentiels de la réalité virtuelle sur le psychisme.
les stimulus virtuels passent au premier plan de la conscience,...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.
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« Le secret des affaires ne doit pas restreindre de façon déloyale l’accès au marché »

Pour les avocats David Epaud et Eric Ader, le secret des affaires ne doit pas laisser l’occasion d’entraver la compétition loyale entre acteurs économiques.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h15
   





                        



                                


                            
Tribune. Le Parlement français va adopter une loi sur la protection du secret des affaires. Le texte voté par l’Assemblée nationale a été transmis au Sénat, prélude à une rapide entrée en vigueur. Il s’agit de transposer une directive européenne de 2016 dans le droit français. Autrement, passé le 9 juin, la France sera en infraction. Les jeux sont-ils déjà faits ? Rien ne va plus ?
Assurément non, ce n’est pas la fin de l’histoire. A lire tant la directive que la proposition de loi qui lui colle étroitement, on assiste à un subtil numéro d’équilibrisme, dont le succès dépendra de la qualité de l’exécution.
Certes, la mise en place de mécanismes harmonisés de protection des savoir-faire de nos entreprises ne prête guère à grands débats. Les pratiques de certains opérateurs, issus de blocs économiques (Chine, Etats-Unis…) qui semblent chaque jour moins partenaires que concurrents, ont été suffisamment dénoncées.
Un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires
Mais le sujet reste un nœud d’intérêts à la fois légitimes et contradictoires. On connaît ceux tenant à la protection du travail des journalistes, ou de l’action des lanceurs d’alerte.
Moins discutée, mais tout aussi sensible est la question de savoir si ce texte de loi ne va pas poser des difficultés nouvelles de concurrence. La crainte peut paraître paradoxale. Elle ne l’est pas. Car la question de la protection des informations n’est pas à sens unique.
D’un côté, la concurrence par les mérites appelle un certain degré de secret ou d’exclusivité. Un échange d’informations peut ainsi constituer une entente anticoncurrentielle. Les droits de propriété intellectuelle (brevets…) encouragent et récompensent l’innovation en conférant un monopole d’exploitation opposable aux concurrents.
De ce point de vue, la protection du secret des affaires peut aller dans le sens d’une concurrence loyale, justifiant d’imposer aux mauvais joueurs des dommages et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».
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« Nous assistons à un changement de modèle, avec l’entrée dans l’économie de l’expérience »

Dans une tribune au « Monde », l’entrepreneur Benjamin Zenou estime que la création de valeur ne repose plus sur les produits et services. Pour exister au-delà de leurs produits, les entreprises doivent entrer dans « l’industrialisation du récit ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Benjamin Zenou (Président de SimpliField, entreprise spécialisée dans la numérisation des espaces commerciaux)







                        



                                


                            

Tribune. Le 22 février, Brian Chesky, PDG d’Airbnb, conviait la presse au lancement en grande pompe d’Airbnb Plus et de Beyond Airbnb, deux offres de « nouvelles expériences haut de gamme », avec des prestations proches de celles d’un hôtel de luxe : serviettes et produits de beauté dans la salle de bains, deux oreillers par personne dans les lits, conciergerie… On pourrait y voir de simples services additionnels, en fait il s’agit d’un changement de modèle, un virage vers l’économie de l’expérience.
Selon ce concept théorisé en 1998 par Joseph Pine et James Gilmore, deux économistes américains, la création de valeur ne repose plus sur les produits et les services – qui se sont banalisés –, mais sur la création d’expériences singulières, mémorables et économiquement mises en valeur. D’Apple à Amazon en passant par Uber, ce modèle a été adopté par les poids lourds de l’économie mondiale.
Lors d’un entretien sur LinkedIn, Angela Ahrendts, vice-présidente marketing d’Apple, faisait le constat suivant : « Il fut un temps où il y avait la règle des 80/20 : 80 % de shopping et 20 % d’expérience. Cette règle doit s’inverser aujourd’hui. »
Depuis, l’ancienne firme de Steve Jobs a agi sur le fond – en lançant le programme « Today at Apple », qui transforme les Apple Store en lieux de vie et de formation – et sur la forme – en remplaçant le terme « store » par les vocables « avenue », « forum ». Ce nouveau tropisme pour l’expérience est presque une question de survie.
Culture du narcissisme
Les normes de consommation héritées des années 1960-1970 – fondées sur le prix et la mise à disposition de produits – ont perdu leur autorité avec la mise en minorité des baby-boomeurs. Selon les chiffres du bureau du recensement des Etats-Unis, les millennials, les 18-35 ans, sont devenus le groupe d’âge le plus nombreux dans ce pays. Une nouvelle majorité démographique qui invite à repenser les modes de consommation.
Comme...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.
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« Un exercice de transparence s’impose à Michel-Edouard Leclerc »

Jean-Marc Borello et Jean-Baptiste Moreau, responsables de la République en marche, enjoignent, dans une tribune au « Monde », le porte-parole des centres Leclerc à respecter les engagements qu’il a pris sur les prix agricoles.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Jean-Baptiste Moreau (Député (LRM) de la Creuse) et Jean-Marc Borello (Délégué national de La République en marche (LRM)







                        



                                


                            

Tribune. Lors de la campagne présidentielle, la République en marche, le parti d’Emmanuel Macron, a défendu le principe du juste prix payé aux agriculteurs : il est, en effet, inacceptable qu’un tiers d’entre eux touchent moins de 350 euros de revenus par mois. C’est un drame humain pour nos agriculteurs et un problème pour notre alimentation. Sans revenus décents, impossible d’innover et d’investir pour produire des aliments plus sains et plus durables.
C’est dans cette optique que se sont tenus les Etats généraux de l’alimentation, du 20 juillet au 21 décembre 2017, avec une méthode qui nous est chère : faire confiance aux acteurs concernés – producteurs, transformateurs, distributeurs, pouvoirs publics – pour trouver des solutions nouvelles dans la création et l’équitable répartition de la valeur. L’ensemble des participants, dont Michel-Edouard Leclerc, s’est engagé à respecter ces objectifs à travers la signature, le 14 novembre 2017, d’une charte d’engagement.
Un exercice de transparence s’impose
C’est aussi dans ce cadre qu’ont été discutées les principales mesures figurant dans le projet de loi qui sera prochainement discuté par le Parlement, telle l’obligation de faire au moins 10 % de marge sur les produits alimentaires d’appel, produits que la grande distribution vend souvent presque sans rien gagner pour attirer les clients. L’objectif à court terme est clair : inciter les distributeurs à rééquilibrer leur marge pour que nos agriculteurs soient payés au juste prix.
Dans une récente campagne médiatique, Michel-Edouard Leclerc soulève des questions sur ces deux mesures, sous entendant que ce regain de marge dans la distribution ne sera peut-être pas redistribué aux agriculteurs français. Il semble ainsi oublier qu’il en porte la responsabilité pour le compte de son groupe, d’autant qu’il est aussi un acteur industriel, en particulier dans la boucherie, en abattant et transformant environ 2 millions de porcs et...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Pour l’avocat Thibaud d’Alès, dans une tribune au « Monde », certains secrets font partie des actifs d’une entreprise. Il est économiquement légitime de les protéger comme le propose la proposition de loi en discussion au parlement.
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« Non, le secret des affaires n’est pas sale ! »

Pour l’avocat Thibaud d’Alès, dans une tribune au « Monde », certains secrets font partie des actifs d’une entreprise. Il est économiquement légitime de les protéger comme le propose la proposition de loi en discussion au parlement.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h00
    |

Thibaud d’Alès (Avocat au Barreau de Paris, associé Clifford Chance Europe LLP.)







                        



                                


                            

Tribune. L’Assemblée nationale et le Sénat examinent en ce moment, dans le cadre de la transposition d’une directive européenne, une proposition de loi relative à la protection du « secret des affaires ». Le débat déborde de fait largement le cadre du Parlement et si l’on peut comprendre que le sujet suscite des réflexions ou des réserves, notamment du point de vue du droit de la responsabilité civile, certaines prises de position visant à dénoncer une prétendue atteinte à la liberté d’informer sont clairement excessives.
Elles tiennent sans doute à un refus obstiné de comprendre la valeur économique des secrets d’affaires ou à une méconnaissance des termes de la proposition de loi. L’enjeu est pourtant clair : conjuguer protection des secrets d’affaires et respect des libertés fondamentales dont jouissent certains afin de pouvoir rendre publiques des informations confidentielles.
Or, tel que voté par l’Assemblée nationale, le 28 mars, le texte apporte toutes les garanties à cette fin : parmi les « exceptions à la protection du secret des affaires » figurent en effet expressément « le droit à la liberté d’expression et de communication, y compris le respect de la liberté de la presse », le droit de dénonciation des lanceurs d’alerte, de même que « l’exercice du droit à l’information et à la consultation des salariés ou de leurs représentants ».
Ces secrets sont des actifs immatériels de l’entreprise
Mais il est un fait : le droit français ne protège pas suffisamment nos entreprises contre, selon la formule du rapporteur du texte, « l’espionnage économique, le pillage industriel et la concurrence déloyale ». En dépit de nombreuses tentatives et d’une jurisprudence familière avec le concept, notre droit positif ne contient aujourd’hui aucune définition du secret d’affaires.
Il n’est pourtant pas contestable que toute entreprise détient des secrets : fichiers clients ou fournisseurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.
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En Allemagne, les Mémoires d’un politicien de l’Est, best-seller surprise

Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Mardi 20 mars, Francfort-sur-l’Oder. Au Kleist Forum, le centre culturel de cette ville des confins du Brandebourg, située sur la frontière avec la Pologne, on joue ce soir-là à guichets fermés. Voilà déjà plusieurs jours que les 600 places de l’auditorium ont été vendues. Dehors, dans un froid glacial, une dizaine d’entêtés espèrent trouver des billets de dernière minute. La plupart repartiront bredouilles, sans avoir pu approcher la vedette de la soirée : Gregor Gysi, venu présenter et dédicacer son autobiographie, Ein Leben ist zu wenig (« Une vie, c’est trop peu », éd. Aufbau, non traduit), un des plus gros succès de librairie, ces derniers mois, en Allemagne.
Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois
A priori, ce livre de 580 pages n’était pas programmé pour devenir un best-seller. A 70 ans, l’auteur est certes une figure de la gauche allemande, pilier du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, mais il n’a jamais exercé de responsabilités de premier plan. Dès sa sortie, le 19 octobre 2017, l’ouvrage a pourtant rejoint la liste des meilleures ventes, se hissant même pendant plusieurs semaines en tête du classement du Spiegel dans la catégorie non-fiction. Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois. « Il est exceptionnel que les Mémoires d’un homme politique connaissent un tel succès, qui plus est quand l’auteur n’a pas exercé le pouvoir », observe Jörg ­Magenau, auteur d’une passionnante étude sur les best-sellers qui ont marqué l’Allemagne depuis 1945 (Bestseller, Hoffmann und Campe, 288 pages, non traduit).
Comment, dès lors, expliquer un tel engouement ? Certes, Gregor Gysi est un excellent tribun, à la fois jovial et mordant, aussi à l’aise au Bundestag que dans les talk-shows télévisés. « C’est quelqu’un qui s’exprime avec ses tripes. Je pense que son succès traduit un désir de politique et de débat en Allemagne », analyse ­M. Magenau. Parmi le public présent à Francfort-sur-l’Oder,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », évoque une chorale de seniors originaires de la Mayenne, Huguette the Power, qui vient de se produire sur la scène du Grand Rex, à Paris, dans le cadre de la Silver Night.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« Les “Huguette”, un exemple des prodiges réalisés, en matière de bien vieillir, dans les Ehpad »

Dans sa chronique, Frédéric Potet, journaliste au « Monde », évoque une chorale de seniors originaires de la Mayenne, Huguette the Power, qui vient de se produire sur la scène du Grand Rex, à Paris, dans le cadre de la Silver Night.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 11h18
    |

            Frédéric Potet








                        



                                


                            
Chronique. Il a beaucoup été question des Ehpad, ces derniers temps. Des cadences infernales qui y ont cours, de l’épuisement des personnels soignants, des coupes budgétaires auxquels ils sont soumis… Mais assez peu, finalement, des prodiges réalisés, notamment en matière de bien vieillir, à l’intérieur de ces établissements médico-sociaux. Lancé dans cinq maisons de retraite de la Mayenne, un projet vivifiant – le mot n’est pas usurpé – a fait halte, il y a une semaine, au Grand Rex, à Paris, à l’occasion de la Silver Night, soirée de remise des trophées de l’économie des seniors (également appelée « silver économie »). Sur scène : une chorale de cinquante résidents âgés de 70 à 96 ans, interprétant du rock et du hip-hop. Son nom : Huguette the Power, allusion à une remuante chanson de James Brown (You’ve Got the Power, 1960).

Au départ, il y a un festival de musique actuelle, Au foin de la rue, se déroulant depuis 2000 à Saint-Denis-de-Gastines (Mayenne, 1 600 habitants). Prenant conscience, après dix ans d’existence, que programmer des artistes de renom en milieu rural n’était pas une fin en soi, ses organisateurs ont décidé de mener des actions de médiation culturelle auprès de publics ayant peu l’habitude de se rendre à des concerts : scolaires, handicapés, chômeurs… L’idée d’impliquer des personnes âgées a pris une nouvelle dimension, il y a trois ans, avec la décision de créer une chorale qui viendrait se produire pendant le festival – ce qui sera fait lors de l’édition 2016. Une seule condition, pour cela : placer les participants dans des conditions quasi professionnelles.
Ce que les spectateurs n’ont pu percevoir ce jour-là, c’est la somme invisible des progrès réalisés par les résidents
C’est à un musicien dont c’est le métier, Pierre Bouguier, que le projet a été confié. Leader du groupe Mémé les watts (décidément), celui-ci a développé un répertoire « rétro-actuel » consistant à revisiter des morceaux d’autrefois...




                        

                        


<article-nb="2018/04/07/19-8">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Après la condamnation de Lula, la justice brésilienne doit faire preuve de la même attention envers les dirigeants du centre ou de la droite soupçonnés de corruption.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Brésil : la disgrâce d’un président

Editorial. Après la condamnation de Lula, la justice brésilienne doit faire preuve de la même attention envers les dirigeants du centre ou de la droite soupçonnés de corruption.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 13h12
   





                        



   


Editorial du « Monde ». La tentation est grande de confondre le sort de Luiz Inacio Lula da Silva avec celui du Brésil. Une nation émergente qui, sous la présidence de l’ancien syndicaliste, entre 2003 et 2010, enivrée de pétrole et gorgée de soja, de canne à sucre et de café, a réduit drastiquement ses inégalités, amélioré l’éducation, tout en brillant sur la scène internationale. Aujourd’hui, le pays renoue avec l’extrême violence, la misère persiste, tandis que les scandales de corruption ponctuent l’actualité politique.

        Lire aussi :
         

                Brésil : ultime bravade de l’ex-président Lula qui ne s’est pas rendu à la police



Grandeur et décadence d’une nation. Grâce et disgrâce d’un homme d’Etat. Lula, icône de la gauche, est aujourd’hui aux portes de la prison. Condamné à plus de 12 ans de détention pour des faits de corruption, l’ancien gamin du Nordeste rechigne à se plier à la justice, s’estimant victime d’une machination orchestrée par les « élites » afin de tourner définitivement la page de la gauche et du « lulisme ».
Cette conviction, à laquelle adhère une partie du pays, s’appuie sur les polémiques et critiques suscitées par le déroulement de l’opération anticorruption « Lava Jato » (« lavage express ») et l’attitude du juge Sergio Moro. Malgré les failles, les excès parfois, ces investigations à grand spectacle ont pourtant mis au jour une réalité que personne n’ose nier : l’existence d’une corruption à grande échelle du système politique brésilien. Maires, gouverneurs, députés, sénateurs, ministres et même chefs d’Etat ont pioché dans les caisses publiques et reçu des pots-de-vin de la part d’entreprises, pour financer leur campagne ou leur train de vie. « La corruption au Brésil, ce n’est pas Lula, ce n’est pas le PT [Parti des travailleurs, gauche], ce sont tous les partis au pouvoir », explique un procureur de Curitiba, ville où est née « Lava Jato ».
Quatre ans après son déclenchement, l’opération doit démontrer au pays que l’emprisonnement de Lula n’est pas un acte politique. Que l’arrestation de celui qui restera l’un des dirigeants les plus remarquables du pays ne signe pas la fin des procédures. Après avoir touché les figures du Parti des travailleurs jusqu’à atteindre son leadeur historique, « Lava Jato » doit s’attaquer avec la même sévérité aux autres caciques des partis du centre ou de la droite.
Obstruction à la justice
La société en doute, même si certains d’entre eux, comme Eduardo Cunha, l’ex-président de la Chambre des députés, ou Sergio Cabral, l’ancien gouverneur de Rio, tous deux membres du Mouvement démocratique brésilien (MDB), ont été condamnés pour corruption. Toutefois, d’autres, inquiétés par « Lava Jato », manœuvrent en coulisse afin de « stopper l’hémorragie ». La phrase est extraite d’une conversation entre le sénateur Romero Juca et le dirigeant d’une filiale du groupe public pétrolier Petrobras, enregistrée à leur insu. Le parlementaire, qui a succédé à la tête du MDB à Michel Temer, l’actuel président brésilien, laissait ainsi entendre une volonté claire de faire obstruction à la justice. Romero Juca est visé par plus d’une dizaine de procédures, mais il continue de siéger, sans se sentir inquiété, au Sénat de Brasilia.
De la même façon, Aecio Neves, candidat à la présidence en 2014 face à Dilma Rousseff, est suspecté de corruption passive et d’obstruction à la justice. Mais son dossier n’a toujours pas été examiné par la Cour suprême, malgré la demande de la procureure générale de la République. S’ajoutent à cette liste diverses demandes de mise en accusation formulées à l’encontre de Michel Temer. Mais celles-ci restent bloquées par le Congrès.
En envoyant Lula en prison, « Lava Jato » démontre dans la douleur que personne, pas même un ancien président, si populaire soit-il, n’est au-dessus des lois. Une révolution est en marche, mais elle ne doit pas s’arrêter là.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient, dans cette chronique, sur les formes revêtues par le « mouvement social » depuis plus de deux siècles et constate que sa puissance ne s’exerce pas toujours là où on l’attendait.
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« Le gouvernement doit redonner aux salariés des moyens d’expression légitimes et formels »

L’économiste Pierre-Cyrille Hautcœur revient, dans cette chronique, sur les formes revêtues par le « mouvement social » depuis plus de deux siècles et constate que sa puissance ne s’exerce pas toujours là où on l’attendait.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 10h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 12h21
    |

                            Pierre-Cyrille Hautcoeur (Directeur d'études à l'EHESS)








                        



                                


                            
Recherches. Le gouvernement s’apprête donc à affronter le « mouvement social ». Mais qu’est-ce aujourd’hui que le mouvement social ? Où sont, en 2018, les acteurs capables de remettre en cause les décisions gouvernementales, voire de faire basculer le pouvoir ? Les deux siècles précédents ont montré que la puissance sociale n’était pas toujours là où on le croyait.
En 1789, le roi sort de décennies d’affrontement avec les parlements du royaume, spécialement celui de Paris, et n’imagine pas qu’une révolution populaire puisse l’emporter. Pourtant, de 1789 à 1848, les révolutions ont lieu grâce à des mouvements des foules parisiennes, capables d’emporter (par la force ou la conviction) même l’armée.
Méfiantes, la Restauration et la monarchie de Juillet décentralisent les pouvoirs vers les provinces – les châteaux de l’aristocratie sous la Restauration –, et surtout vers les grandes villes, où les institutions régionales se multiplient : tribunaux, universités, chambres de commerce, caisses d’épargne, banques d’émission.
Abus de pouvoirs patronaux
Pourtant, en 1848, c’est encore la foule parisienne qui renverse le régime et l’ordre n’est pas rétabli conformément aux vœux des élites, parisiennes comme provinciales. Le pays profond vote Louis-Napoléon Bonaparte, en souvenir de son oncle qui, le premier, a forgé au creuset de ses armées, pendant près de vingt ans, les grandes masses de la population française, sortant les paysans de chez eux pour des campagnes militaires aussi absurdes qu’inoubliables.
er mai
En 1871, les masses rurales donnent en revanche carte blanche à Thiers pour écraser la Commune, ce mouvement d’ouvriers parisiens d’élite qui se voient comme les pionniers d’une révolution sociale. Quelques années après, la République, solidement installée, est aux mains de la bourgeoisie libérale urbaine éclairée – celle-là même qu’incarne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Alors que Donald Trump et le clan Salman ont marqué leur rapprochement, la France de Macron doit inscrire sa marque dans sa relation avec Riyad, explique l’ancien diplomate François-Aïssa Touazi, dans une tribune au « Monde ».
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François-Aïssa Touazi : il faut « renforcer la relation de confiance Paris-Riyad »

Alors que Donald Trump et le clan Salman ont marqué leur rapprochement, la France de Macron doit inscrire sa marque dans sa relation avec Riyad, explique l’ancien diplomate François-Aïssa Touazi, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h28
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h55
    |

François-Aissa Touazi (Ancien diplomate, fondateur du think tank CAPmena)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. La visite prochaine de Mohammed Ben Salman – « MBS » – en France s’inscrit dans une tradition d’anciennes relations entre le royaume d’Arabie saoudite et la France. Paris avait d’ailleurs établi un consulat à Djedda dès 1839, et reconnu l’Etat saoudien dès mars 1926, avant même la création du royaume, en septembre 1932.
Mais c’est surtout la visite du roi Fayçal à Paris, en 1967, à l’invitation du général de Gaulle, qui va sceller l’amitié franco-saoudienne construite à partir de convergences de vues sur les crises régionales et la volonté des deux pays d’être des acteurs incontournables dans la région.
Seul le président Sarkozy
Cette relation va se consolider et se diversifier avec ses successeurs, l’Arabie saoudite fournissant à la France l’essentiel de ses besoins en pétrole en contrepartie d’une coopération militaire et sécuritaire renforcée et d’une participation de groupes français aux projets d’infrastructures du royaume.
Francois Hollande profitera du refroidissement des relations avec Washington sous Obama pour construire un partenariat stratégique avec Riyad
Cette complicité franco-saoudienne s’illustrera notamment lors de la prise [de la grande mosquée] de La Mecque, en 1979 [par un commando de fondamentalistes], et l’intervention du GIGN, ou par un prêt saoudien de 25 milliards de dollars, en 1983, sous l’ère Mitterrand, qui consacrera son premier voyage officiel hors d’Europe, en Arabie saoudite. Le président Chirac, qui avait pris soin de bâtir des relations d’amitié avec les principaux dirigeants du royaume lorsqu’il était maire de Paris, avec le soutien de son ami libanais Rafic Hariri, participera lui aussi au renforcement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Dans la guerre au Yémen, l’Arabie saoudite se heurte aux rebelles houthistes et aux terroristes d’Al-Qaida, devenus les principales cibles d’une guerre sale qui s’est transformée en catastrophe humanitaire, rappelle le politologue dans une tribune au « Monde ».
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François Frison-Roche : « L’Europe ne doit pas sous-estimer les dangers qui peuvent venir du Yémen »

Dans la guerre au Yémen, l’Arabie saoudite se heurte aux rebelles houthistes et aux terroristes d’Al-Qaida, devenus les principales cibles d’une guerre sale qui s’est transformée en catastrophe humanitaire, rappelle le politologue dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h16
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 10h16
    |

François Frison-Roche (Politologue, chercheur au CNRS, CERSA, université Paris-II)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman (« MBS »), l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Le prince héritier saoudien, Mohamed Ben Salman (« MBS »), qui effectue une visite officielle en France, s’est lancé dans un ambitieux projet de modernisation de son royaume. Il a pris des décisions visant à libéraliser la société et l’économie saoudiennes sur le modèle de ce que son homologue et mentor, Mohammed Bin Zayed, est en train d’établir aux Emirats arabes unis. Mais « MBS » veut aussi adosser ses réformes à une clarification au niveau régional.
Sa stratégie est de maintenir son pays comme pilier de stabilité dans la péninsule Arabique et, plus largement, au Moyen-Orient. Cette volonté politique forte passe par un contrôle de la situation au Yémen pour empêcher, d’une part, l’implantation durable dans le nord du pays du compétiteur qu’est l’Iran qui soutient les rebelles houthistes et éviter, d’autre part, l’ancrage d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA) qui s’est replié dans les vastes zones désertiques du sud du pays.
Risque d’embrasement
L’actuelle tragédie humanitaire au Yémen et les soubresauts des différentes guerres qui s’y déroulent pourraient gommer dans l’opinion publique française un élément essentiel à la compréhension globale et au règlement de la situation ; à savoir la nécessité impérative de détruire ces bases qaidistes. Cette lutte n’est pas dissociable du contexte, car elle est au cœur des enjeux stratégiques de la région.
Non seulement, il faut combattre aujourd’hui cette organisation terroriste, car ce combat conditionne largement la réussite des opérations de secours aux populations sur le terrain, mais il faut également trouver les moyens de l’éradiquer pour permettre à ces mêmes populations d’envisager...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’épouse du blogueur Raïf Badawi, condamné en 2014 à dix ans de prison et mille coups de fouet pour « injures envers l’islam », appelle le président français à exiger la libération du prisonnier saoudien.
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Ensaf Haider : « Cher Monsieur Macron, n’oubliez pas de parler de Raïf ! »

Dans une tribune au « Monde », l’épouse du blogueur Raïf Badawi, condamné en 2014 à dix ans de prison et mille coups de fouet pour « injures envers l’islam », appelle le président français à exiger la libération du prisonnier saoudien.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 08h09
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h54
    |

Ensaf Haidar (Présidente de la fondation Raïf Badawi)







                        



                                


                            

[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Mon époux, Raïf Badawi, 34 ans, père de nos trois enfants Najwa (14 ans), Dodi (13 ans) et Miriyam (10 ans), est en prison en Arabie saoudite depuis 2012. Isolé du monde, coupé de sa famille, il souffre terriblement chaque jour un peu plus. Pourtant tout le monde sait que ce blogueur, ce libre-penseur, cet intellectuel courageux n’est pas un criminel. Bien au contraire.
S’agissant de la condition des femmes dans notre pays, il prônait la suppression du tutorat et leur participation active à la vie politique, sociale et économique. Au sujet des croyances religieuses et des convictions spirituelles et philosophiques, il défendait l’égalité de traitement de toutes et de tous. Concernant le wahhabisme, il en appelait à plus de modération et moins de crispation religieuse. Comme il croyait fermement en la force des idées et au pouvoir libérateur des mots, il s’exprimait sur ces sujets sensibles qui sont, aujourd’hui, débattus en Arabie saoudite grâce à l’ouverture insufflée par le jeune prince héritier, Mohammed Ben Salman.
Raïf tout comme les caricaturistes et les journalistes de Charlie Hebdo ont été punis pour avoir exercé un droit humain universel : la liberté d’expression. Pour eux comme pour lui, la foi en la liberté d’expression et la défense de cette liberté auront eu un prix exorbitant. Tous défendaient les valeurs et les normes d’une grande civilisation humaniste, une civilisation qui respecte la dignité humaine et promeut les droits et les libertés individuelles.
Flagellation publique
Deux jours exactement après le terrible massacre de Charlie Hebdo, mon compagnon était arraché de sa geôle, à Djedda, et emmené menotté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/04/2018
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Piketty : « La Russie poutinienne se caractérise par une dérive kleptocratique sans limites »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h45
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Le mois prochain, Karl Marx aura 200 ans. Qu’aurait-il pensé du triste état de la Russie, pays qui n’a cessé de se réclamer du « marxisme-léninisme » pendant la période soviétique ?
Sans doute aurait-il décliné toute responsabilité face à un régime apparu longtemps après sa mort. Marx a grandi dans un monde d’oppression censitaire et de sacralisation de la propriété privée, où même les propriétaires d’esclaves devaient être grassement compensés si l’on attentait à leur bien (pour les « libéraux » comme Tocqueville, cela allait de soi).
Difficile pour lui d’anticiper les succès de la social-démocratie et de l’Etat social au XXe siècle. Marx a 30 ans lors des révolutions de 1848 et disparaît en 1883, quand naît Keynes. L’un et l’autre ont été des chroniqueurs aiguisés de leur temps ; sans doute a-t-on eu tort de les prendre pour des théoriciens achevés du futur.
« Société des voleurs »
Toujours est-il que, quand les bolcheviques prennent le pouvoir en 1917, leurs plans d’action sont loin d’être aussi « scientifiques » qu’ils ne le prétendent. La propriété privée sera abolie, c’est entendu. Mais comment seront organisés les rapports de production, et qui seront les nouveaux maîtres ? Par quels mécanismes les décisions seront-elles prises et les richesses réparties au sein du gigantesque appareil d’Etat et de planification ?
Faute de solutions, on se replie sur l’hyperpersonnalisation du pouvoir ; et faute de résultats, on trouve vite des boucs émissaires, on enferme et on purge à tout-va.
A la mort de Staline, en 1953, 4 % de la population soviétique est en prison, dont plus de la moitié pour des « vols de propriété socialiste » et autres petits larcins permettant d’améliorer l’ordinaire. C’est la « société des voleurs » décrite par Juliette Cadiot, et elle signe le dramatique échec d’un régime qui se voulait émancipateur. Pour dépasser un tel niveau d’enfermement, il faut considérer le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le chargé d’études à l’Observatoire des armements appelle, dans une tribune au « Monde », les parlementaires à faire la lumière sur les ventes de matériels militaires français à Riyad.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
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Tony Fortin : « Des armes et équipements militaires français semblent bien utilisés au Yémen »

Le chargé d’études à l’Observatoire des armements appelle, dans une tribune au « Monde », les parlementaires à faire la lumière sur les ventes de matériels militaires français à Riyad.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h12
    |

Tony Fortin (Chargé d'études à l'Observatoire des armements)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Si le drame yéménite tient encore une place marginale dans le débat public, la France n’échappera pas longtemps à son examen de conscience. En ligne de mire, nos ventes d’armes aux forces de la coalition. On pourrait rétorquer comme Florence Parly, ministre des armées, que la France ignorait la survenance de cette guerre. Mais ce serait oublier que les ventes d’armes à l’Arabie saoudite ont explosé peu avant et pendant le conflit, et qu’elles semblent bien se poursuivre, malgré l’état d’effondrement du pays.

Et contrairement aux dénégations ministérielles, des armes et équipements militaires français semblent bien utilisés au Yémen, au service d’une coalition qui perpétue des crimes de guerre. Publié le 9 avril, le rapport conjoint de l’Observatoire des armements (Obsarm) et de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) fournit plusieurs « indices de présence » (photos publiées sur des comptes Twitter spécialisés, extraits de documentation spécialisée) d’équipements français : chars Leclerc vendus aux Emirats arabes unis dans les années 1990 et qui auraient été utilisés pendant la « bataille d’Aden » ; 4 x 4 blindés vendus en 2016 aux unités spéciales saoudiennes et déployés sur le terrain ; utilisation de canons Caesar (Nexter) ; avions de chasse Mirage 2000 émiratis, etc. Le transfert de cet armement aux forces de la Coalition a été confirmé par la base de données du Sipri, la presse spécialisée et nos sources industrielles.
Coût humain des fleurons hexagonaux
L’aggionarmento sera d’autant plus difficile à réaliser que l’artisan de ces contrats mirifiques signés sous l’ère Hollande n’est autre que...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’héritier du régime, Mohammed Ben Salman, doit faire des choix draconiens s’il veut conserver une économie compétitive, estime Ishac Diwan, dans une tribune au « Monde ».
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Ishac Diwan : « Trois grandes questions doivent être abordées pour relever le défi économique en Arabie saoudite »

L’héritier du régime, Mohammed Ben Salman, doit faire des choix draconiens s’il veut conserver une économie compétitive, estime Ishac Diwan, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 08h57
    |

Ishac Diwan (Titulaire de la chaire socio-économie du monde arabe, Paris Sciences et Lettres, professeur associé à la Columbia University)







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. L’Arabie saoudite traverse une période critique de son histoire, où les politiques économiques qu’elle entreprend et les réactions que celles-ci suscitent sont susceptibles de conduire à des changements importants dans la distribution de la richesse et du pouvoir dans le royaume au cours des années à venir.
L’équilibre actuel est impossible à maintenir. Les recettes d’exportation moyennes d’environ 250 milliards de dollars par an entre 2000 et 2013 ont été réduites de moitié depuis 2014. Avec des exportations pétrolières qui ont chuté à seulement 5 000 dollars par an pour chacun des 20 millions de ressortissants saoudiens, le royaume risque de devenir de plus en plus pauvre s’il n’arrive pas à trouver de nouveaux moyens pour stimuler la croissance économique.
Diversification de l’économie
Depuis la montée fulgurante du jeune prince héritier Mohammed Ben Salman (ou « MBS »), le pays semble avoir relevé le défi. La « Vision 2030 », publiée en 2016, a été à la fois saluée et critiquée pour ses grandes ambitions. Un des projets les plus notables est la vente d’une partie d’Aramco, la société pétrolière nationale, destinée à permettre à l’Etat d’investir dans la diversification du pays. Mais la « Vision » propose surtout de faire du royaume la 15e économie mondiale sur la base d’une augmentation des compétences nationales, de marchés plus performants et d’une gouvernance économique et sociale plus rationnelle. La « Vision » prévoit une diversification de l’économie dans des domaines tels que les énergies renouvelables et l’eau, la biotechnologie, l’alimentation, la fabrication de pointe, les services financiers et le divertissement.

Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.
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Comment la Sicile médiévale a retrouvé son honneur

Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Les élections législatives qui ont eu lieu début mars en Italie ont fait rejouer une configuration politique et sociale à laquelle nous sommes désormais trop habitués et une autre, plus ancienne, que nous avons souvent tendance à oublier. Ce à quoi nous sommes habitués est l’image d’une Italie divisée entre un Nord riche, productif et égoïste, et un Sud pauvre, dépendant des aides sociales, gangrené par la corruption et le crime organisé.
Main basse sur le commerce sicilien
Ce cliché est profondément ancré dans les représentations du XXe siècle, ce qui a conduit les historiens à en chercher le point d’origine. La Sicile a été l’un des terrains privilégiés de ces investigations depuis le célèbre livre de David ­Abulafia, The Two Italies. Economic Relations Between the Norman ­Kingdom of Sicily and the Northern Communes (Cambridge University Press, 1977, non traduit).
L’historien britannique faisait remonter au XIIe siècle le processus fatal. A cette époque, ce que les hommes du Nord venaient chercher dans le Sud n’était pas encore les voix des électeurs – comme l’ont fait plusieurs partis lors des législatives –, mais des produits agricoles, la Sicile étant notamment un grenier à blé. La fertilité de l’île aurait incité ses aristocrates à se contenter de l’argent que leur offraient les marchands du Nord, encouragés à s’installer par les privilèges que leur offraient les souverains normands.
Alors que le Nord faisait progressivement main basse sur le commerce sicilien et en utilisait les profits pour développer un artisanat prospère, les Siciliens se seraient laissé enfermer dans l’agriculture, négligeant de développer leur propre artisanat. Ce retard technique se serait ensuite accompagné d’un retard politique, la structure agraire du pays donnant la première place à l’aristocratie féodale, alors que dans le Nord émergeaient des gouvernements communaux. Ainsi, bien avant que Matteo ­Salvini, le secrétaire fédéral...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ A l’occasion de la visite du prince héritier Mohammed Ben Salman à Paris les 9 et 10 avril, la politologue Fatiha Dazi-Héni estime, dans une tribune au « Monde », que sa désignation par le roi Salman est davantage synonyme de garantie de stabilité que facteurs de risque.
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Fatiha Dazi-Héni : « Restons sceptiques quant aux prédictions annonçant la fin proche de la maison Al-Saoud »

A l’occasion de la visite du prince héritier Mohammed Ben Salman à Paris les 9 et 10 avril, la politologue Fatiha Dazi-Héni estime, dans une tribune au « Monde », que sa désignation par le roi Salman est davantage synonyme de garantie de stabilité que facteurs de risque.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 13h29
    |

Fatiha Dazi-Héni (chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'Ecole militaire (IRSEM))







                        



                                


                            
[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Trois mois après son accession au trône, le roi Salman, qui succède à son demi-frère le souverain Abdallah décédé le 22 janvier 2015, décide de rompre l’équilibre structurel sur lequel était bâti le modèle de la monarchie dynastique saoudienne. Celui-ci reposait, depuis la mort en 1953 du roi fondateur, Ibn Saoud, sur le partage des pouvoirs entre les princes seniors qui administraient leurs fiefs ministériels sur la base d’arrangements financiers convenus au sein de la famille.
En écartant dès avril 2015 le prince héritier Mouqrin, que le roi Abdallah avait désigné le 27 mars 2014 comme vice-prince héritier (soit numéro trois derrière Salman, alors prince héritier), et en nommant à sa place le prince Mohammed Ben Nayef (« MBN »), ministre de l’intérieur influent et respecté par ses pairs et le clergé, le roi Salman bouleverse l’ordre de succession. Il organise la transmission du pouvoir à la troisième génération des princes, soit les petits-fils du roi fondateur, supprimant au passage le principe de séniorité qui sacrifie sur l’autel une poignée de princes seniors, dont son frère cadet, le prince Ahmed.
Révolution de palais
C’est néanmoins surtout la désignation de son fils favori, Mohammed Ben Salman (« MBS »), comme vice-prince héritier qui provoque la stupeur au sein de la famille royale. L’ascension fulgurante de ce novice se voit confirmée définitivement le 22 juin 2017, lorsque le roi décide de le désigner comme le nouveau dauphin du royaume, évinçant Mohammed Ben Nayef de son titre d’héritier et de sa fonction de ministre de l’intérieur.
Contesté par de nombreux princes mais soutenu par son père, qui jouit, lui, d’une forte légitimité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.
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Le Mouvement 5 étoiles italien est-il et de gauche et de droite?

La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jérémy Dousson est directeur général adjoint de la coopérative Alternatives économiques. Il est l’auteur d’Un populisme à l’italienne ? Comprendre le mouvement 5 Etoiles (Les Petits Matins, 208 p., 15 €).
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), gagnant des élections législatives italiennes, le 4 mars, a été fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, aujourd’hui retiré de la politique. Il s’est constitué sur l’idée de faire de la politique autrement, en misant sur la démocratie directe, mais il est aussi porteur d’une forme d’hétérodoxie économique et d’écologie radicale. Où a-t-il puisé ce mélange ?
Beppe Grillo a très tôt sensibilisé son public à la question des énergies renouvelables et au problème de l’obsolescence programmée. Dès la fin des années 1990, il appuyait certains de ses spectacles sur des ouvrages de Jeremy Rifkin, avec des thèmes empruntés à des livres comme La Fin du travail ­ [La Découverte, 1997] ou L’Economie hydrogène [La Découverte, 2002]. A l’époque, l’essayiste et prospectiviste américain n’avait pourtant pas pignon sur rue.
Beppe Grillo a mené des entretiens avec lui et les publiait sur son blog – qui était, en 2008, l’un des dix sites les plus visités du monde. Il y critiquait la classe politique (la « caste »), les journalistes, le système économique tel qu’il fonctionnait, mais il y proposait aussi des alternatives : la démocratie directe et la « 3e révolution industrielle » en faisaient partie. ­Rifkin explique que les révolutions industrielles adviennent quand deux choses se cristallisent : une révolution de la communication et une révolution dans la production de l’énergie. Pour lui, Internet et les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien), mis bout à bout, vont créer cette nouvelle révolution industrielle. Dans le nouveau programme du M5S, cela se traduit par la volonté d’aller vers une économie « 100 % green » à l’horizon 2050. Une des phrases marquantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Leyla Yunus, militante des droits de l’homme en Azerbaïdjan mais exilée aux Pays-Bas, dénonce la mascarade d’élection présidentielle prévue le 11 avril dans un pays tenu d’une main de fer par le clan Aliev au pouvoir depuis 1993
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Leyla Yunus : « Depuis 1993, l’Azerbaïdjan n’a plus connu d’élections libres et démocratiques »

Dans une tribune au « Monde », Leyla Yunus, militante des droits de l’homme en Azerbaïdjan mais exilée aux Pays-Bas, dénonce la mascarade d’élection présidentielle prévue le 11 avril dans un pays tenu d’une main de fer par le clan Aliev au pouvoir depuis 1993



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h00
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 15h46
    |

Leyla Yunus (Directrice de l'Institut pour la paix et la démocratie)







                        



                                


                            
[En détention depuis 2014, le couple Leyla et Arif Yunus, militants des droits de l’homme a été condamné par la justice azerbaïdjanaise, en août 2015, à des peines de huit et sept ans de prison pour « fraude, évasion fiscale et commerce illégal ». Sous la pression internationale, Bakou les a libérés en décembre 2015, officiellement pour raison de santé. Ils vivent actuellement aux Pays-Bas. Leyla Yunus est aussi chevalier de la Légion d’honneur, lauréate du prix Theodor Haecker, lauréate du prix Sergio Vieira de Mello en Pologne, lauréate du prix Battle of Crete, finaliste du prix Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement Européen]

Tribune. Le 5 février, le président de l’Azerbaïdjan Ilham Aliev a annoncé la tenue d’une élection présidentielle anticipée le 11 avril. Elle était initialement prévue pour le 17 octobre. Une nouvelle qui a créé la surprise dans le pays comme à l’étranger. En effet, en octobre 2016, au lendemain de la réforme constitutionnelle permettant au président de se faire élire pour un nombre illimité de septennats consécutifs, Ilham Aliev déclarait dans la presse qu’il n’avait pas l’intention de modifier la date du scrutin prévu pour octobre 2018. Un an plus tard, le 21 décembre 2017, le cabinet des ministres d’Azerbaïdjan entérinait la date du 17 octobre pour cette présidentielle.
Un mois plus tard, le 20 janvier 2018, la Commission électorale confirmait la date et annonçait le lancement des préparatifs et l’ouverture des candidatures. Et voilà que, deux semaines plus tard, nous apprenons cette étonnante décision qui a pris au dépourvu jusqu’à certains membres de l’équipe d’Ilham Aliev.
Dans le pays, une interdiction implicite plane sur toute investigation ou glorification de la première République, et en particulier de ses pères fondateurs : Mémméd Emin Résulzadé, Nasib Yusifbeyli, Alimardan Topchubashov et Fatali Khan Khoyski.
Les raisons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le chercheur considère que le changement de stratégie de Riyad à partir de 2015 a pour seul but d’endiguer l’influence de Téhéran.
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Stéphane Lacroix : « Les Saoudiens considèrent l’Iran, à tort ou à raison, comme une menace existentielle »

Dans une tribune au « Monde », le chercheur considère que le changement de stratégie de Riyad à partir de 2015 a pour seul but d’endiguer l’influence de Téhéran.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 13h26
    |

Stéphane Lacroix (professeur associé à l'Ecole des affaires internationales de Sciences Po (PSIA) et chercheur au CERI)







                        



                                


                            

[A l’occasion de la visite en France de Mohammed Ben Salman « MBS », l’héritier du régime des Saoud, les 9 et 10 avril, plusieurs universitaires et experts, sollicités par Le Monde, ont donné leur point de vue sur un royaume en pleine réorganisation stratégique.]
Tribune. Au nom de la lutte contre ce qu’elle dénonce comme un « expansionnisme » de l’Iran, l’Arabie saoudite déploie, depuis quelques années, une hyperactivité diplomatique et militaire qui fait bouger les lignes au Moyen-Orient. La rivalité saoudo-iranienne n’est pourtant pas récente, puisqu’elle remonte à la création de la République islamique en 1979. Cette dernière prétend incarner un modèle d’islam révolutionnaire et républicain aux antipodes du modèle conservateur et monarchique de Riyad.
Si le conflit entre Riyad et Téhéran est essentiellement politique, il a peu à peu pris des accents confessionnels, chaque camp mobilisant ses coreligionnaires sunnites ou chiites pour contrer les ambitions de l’autre. Pour les Saoudiens, il en va de la survie du royaume face à ce qu’ils considèrent, à tort ou à raison, comme une menace existentielle. Un équilibre instable a cependant prévalu jusqu’au début des années 2000. Le conflit était alors avant tout une guerre des prosélytismes, chaque partie redoublant d’efforts pour exporter son islam et faire pièce à l’influence religieuse de l’autre.

A partir de 2003, s’enclenche une succession d’événements qui vont transformer la perception saoudienne du conflit. C’est d’abord la chute de Saddam Hussein, qui ouvre la voie à l’expansion de l’influence iranienne en Irak. C’est ensuite la « victoire » proclamée du Hezbollah contre Israël lors de la guerre de l’été 2006, qui vaut au mouvement une popularité croissante dans les opinions publiques arabes et accompagne son influence grandissante dans la vie politique libanaise. C’est encore le déclenchement au Yémen, en 2004, de l’insurrection...




                        

                        

