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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ EN COURS. Selon le ministère de l’intérieur allemand, trois personnes ont été tuées. Le conducteur s’est ensuite suicidé avec une arme à feu.
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Allemagne : à Münster, un véhicule fonce sur la terrasse d’un restaurant du centre-ville

EN COURS. Selon le ministère de l’intérieur allemand, trois personnes ont été tuées. Le conducteur s’est ensuite suicidé avec une arme à feu.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 18h36
   





                        



   


Un véhicule a foncé sur une terrasse de restaurant, samedi 7 avril, dans le centre historique de la ville allemande de Münster. Le ministère de l’intérieur allemand a fait savoir que trois personnes ont été tuées, et une trentaine blessées, dont six dans un état grave. Le conducteur s’est suicidé avec une arme à feu.
A ce stade, la police, qui communique notamment sur Twitter, ne peut exclure la piste terroriste, mais appelle à « éviter toute spéculation ». Un périmètre de sécurité a été mis en place dans le centre, et les habitants sont appelés à éviter la zone, notamment pour permettre aux équipes de secours d’intervenir.
La ville de Münster, qui compte plus de 300 000 habitants, est située dans Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, à 70 kilomètres environ au nord de Dortmund.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait renoncé à se présenter en mars faute d’avoir obtenu une autorisation de sortie de prison.
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Catalogne : Jordi Sanchez, toujours incarcéré mais de nouveau candidat à la présidence régionale

Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait renoncé à se présenter en mars faute d’avoir obtenu une autorisation de sortie de prison.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 14h06
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h07
   





                        



   


La quatrième tentative sera-t-elle la bonne ? Le président du Parlement catalan, Roger Torrent, a annoncé, samedi 7 avril, avoir de nouveau désigné un candidat pour le poste de la présidence régionale de Catalogne, position toujours vacante plus de trois mois après les élections. Il s’agit de l’indépendantiste incarcéré, Jordi Sanchez, car « c’est lui qui réunit le plus de soutiens », a justifié M. Torrent dans un tweet.
Trois tentatives infructueuses
Le numéro deux de la liste Junts per Catalunya avait déjà été choisi comme candidat au poste en mars. Mais l’ancien dirigeant catalan étant emprisonné, il devait demander une autorisation de sortie pour se rendre au Parlement. Elle lui avait été refusée en mars, ce qui l’avait conduit à renoncer à se présenter. Une situation qui pourrait évidemment se reproduire, Jordi Sanchez étant toujours derrière les barreaux.
L’ancien président Carles Puigdemont, en exil, avait également été proposé au poste, mais avait dû jeter l’éponge en raison des obstacles judiciaires à son investiture. L’ancien porte-parole de l’exécutif catalan, Jordi Turull, également proposé à la fonction, n’avait pour sa part pas rassemblé suffisamment de voix pour être élu au premier tour.

        Lire aussi :
         

                En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes



Cette impasse politique tient en haleine l’Espagne. Tant qu’elle n’aura pas de président et donc de gouvernement, la Catalogne restera sous la tutelle que lui a imposée Madrid après la tentative de sécession.
Aux élections régionales du 21 décembre, les partis séparatistes ont conservé la majorité absolue des sièges au Parlement (70 sur 135), mais leurs divisions et les poursuites judiciaires ont empêché l’investiture d’un candidat.
L’ex-président catalan Carles Puigdemont a assuré, samedi, au lendemain de sa libération en Allemagne, que l’indépendance de la Catalogne n’était pas l’unique solution. « J’ai toujours dit que c’était notre proposition, mais bien sûr nous sommes prêts à écouter et à travailler si les autorités espagnoles ont un projet espagnol pour la Catalogne », a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse à Berlin, où il séjourne désormais. L’indépendantiste a également dit souhaiter une « médiation internationale » pour tenter de sortir de la crise.
« Il faut commencer à admettre que l’indépendantisme catalan démocratique est une réalité déterminante ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Anti-immigration, anti-islam, euro-pessimiste, Viktor Orban jongle entre des déclarations polémiques et une attitude conciliante au sein du Parlement européen, où il est proche d’Angela Merkel. De quoi lui assurer une place à part en Europe.
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.
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En Allemagne, les Mémoires d’un politicien de l’Est, best-seller surprise

Figure de la gauche allemande, Gregor Gysi brosse dans son autobiographie un tableau nuancé de la RDA – un passé qui a quitté le temps de la politique pour entrer dans celui de l’histoire, semble indiquer le succès du livre.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 12h30
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            
Mardi 20 mars, Francfort-sur-l’Oder. Au Kleist Forum, le centre culturel de cette ville des confins du Brandebourg, située sur la frontière avec la Pologne, on joue ce soir-là à guichets fermés. Voilà déjà plusieurs jours que les 600 places de l’auditorium ont été vendues. Dehors, dans un froid glacial, une dizaine d’entêtés espèrent trouver des billets de dernière minute. La plupart repartiront bredouilles, sans avoir pu approcher la vedette de la soirée : Gregor Gysi, venu présenter et dédicacer son autobiographie, Ein Leben ist zu wenig (« Une vie, c’est trop peu », éd. Aufbau, non traduit), un des plus gros succès de librairie, ces derniers mois, en Allemagne.
Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois
A priori, ce livre de 580 pages n’était pas programmé pour devenir un best-seller. A 70 ans, l’auteur est certes une figure de la gauche allemande, pilier du groupe Die Linke (gauche radicale) au Bundestag, mais il n’a jamais exercé de responsabilités de premier plan. Dès sa sortie, le 19 octobre 2017, l’ouvrage a pourtant rejoint la liste des meilleures ventes, se hissant même pendant plusieurs semaines en tête du classement du Spiegel dans la catégorie non-fiction. Plus de 100 000 exemplaires écoulés en cinq mois. « Il est exceptionnel que les Mémoires d’un homme politique connaissent un tel succès, qui plus est quand l’auteur n’a pas exercé le pouvoir », observe Jörg ­Magenau, auteur d’une passionnante étude sur les best-sellers qui ont marqué l’Allemagne depuis 1945 (Bestseller, Hoffmann und Campe, 288 pages, non traduit).
Comment, dès lors, expliquer un tel engouement ? Certes, Gregor Gysi est un excellent tribun, à la fois jovial et mordant, aussi à l’aise au Bundestag que dans les talk-shows télévisés. « C’est quelqu’un qui s’exprime avec ses tripes. Je pense que son succès traduit un désir de politique et de débat en Allemagne », analyse ­M. Magenau. Parmi le public présent à Francfort-sur-l’Oder,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Européennes : l’imbroglio des têtes de liste

Dans tous les partis, le flou persiste sur le choix du bon profil pour diriger la campagne et définir ainsi la ligne.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h18
    |

            Lucie Soullier, 
Olivier Faye et 
Alexandre Lemarié








                        



                                


                            
A les entendre, les élections européennes constituent une échéance « cruciale » pour leur formation. Un rendez-vous stratégique, à ne pas prendre à la légère. Le scrutin de mai 2019 étant le premier vrai test sur la scène nationale depuis la présidentielle et les législatives de 2017. Mais à un peu plus d’un an de ce rendez-vous électoral, les trois principaux partis ne disposent toujours pas d’un chef de file identifié. Que ce soit La République en marche (LRM), Les Républicains (LR) ou le Front national (FN), aucun n’a encore déniché une tête d’affiche, susceptible de mener la campagne et de mobiliser les troupes.
Le nouveau mode de scrutin pousse pourtant à présenter des candidats identifiés par le grand public et disposant d’une vraie force de frappe médiatique : contrairement aux élections de 2014, qui se déroulaient dans huit grandes régions, les prochaines européennes auront pour cadre une circonscription nationale unique. Un changement acté par l’Assemblée nationale en février, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, qui mise sur cette nouvelle configuration pour lutter contre l’abstention et repolitiser nationalement le débat.

Sauf que son propre mouvement ne sait toujours pas qui sera la personnalité en mesure de porter le discours pro-européen du chef de l’Etat et de tenir la dragée haute aux autres figures de l’opposition. Alors que le parti présidentiel lance officiellement sa campagne, samedi 7 avril, ses dirigeants ne cachent pas leur embarras, en évoquant un « choix compliqué ».
Macron tranchera
Un temps, le nom de Daniel Cohn-Bendit a circulé mais l’ex-député européen a indiqué au Monde, en février, « ne pas être candidat ». Lui aussi pressenti, Alain Juppé a finalement exclu cette possibilité. Le sujet fait débat au sein de LRM, où certains plaident pour une personnalité de la société civile, afin d’incarner le « renouvellement des visages ». D’autres évoquent la nécessité de choisir...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.
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Européennes : au grand bazar des gauches

A un an de l’échéance, toutes les formations, du PS à La France insoumise, s’interrogent sur la tête de liste et les possibles alliances.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 09h16
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 09h24
    |

            Abel Mestre et 
                                Astrid de Villaines








                        



                                


                            

C’est l’un des seuls points communs des formations de gauche : toutes sont à la recherche de la bonne formule et de la bonne tête de liste pour les élections européennes de mai 2019. A un an des échéances, la division règne et fait craindre un éparpillement des voix. Tour d’horizon.

Le Parti socialiste dans l’embarras 
Le seul nom qui émerge pour prendre la tête de liste du Parti socialiste (PS) est celui de Pierre Moscovici. « Si je dois faire quelque chose, je le ferai à l’automne 2018. Je ne précipiterai rien », confie le commissaire européen, s’inscrivant pleinement dans le calendrier d’Olivier Faure, qui annoncera son choix courant septembre. Mais le scénario est redouté par l’aile gauche du PS : « On ne peut pas avoir comme tête de liste un représentant de la Commission Juncker », estime l’eurodéputé Emmanuel Maurel, qui va prochainement lancer un club pour « rassembler la gauche ». « Moscovici, ce serait rédhibitoire », abonde la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann. Mais le PS a du mal à trouver une autre tête d’affiche. Christiane Taubira a été sollicitée, mais elle a décliné. Najat Vallaud-Belkacem, souvent citée, balaie l’éventualité : « Je suis heureuse là où je suis. Ça n’est pas en six mois qu’on se construit l’expérience et les réalisations auxquelles j’aspire », confie au Monde celle qui a rejoint le groupe Ipsos.
La France insoumise en solitaire 
Sûre d’elle et volontiers dominatrice, La France insoumise (LFI) devrait partir seule aux élections européennes. En tout cas, pas avec des partenaires français (des initiatives communes avec les Espagnols de Podemos sont en revanche prévues). Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon reste sur sa stratégie de défense d’un « plan A » – « sortie concertée des traités européens » et « négociation d’autres règles » – et d’un « plan B » – « sortie des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.
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Article sélectionné dans La Matinale du 06/04/2018
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Piketty : « La Russie poutinienne se caractérise par une dérive kleptocratique sans limites »

Dans sa chronique au « Monde », l’économiste explique que le désastre soviétique a conduit à l’abandon de toute ambition de redistribution dans le pays.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h46
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 16h45
    |

                            Thomas Piketty (Directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Ecole d’économie de Paris)








                        



                                


                            
Chronique. Le mois prochain, Karl Marx aura 200 ans. Qu’aurait-il pensé du triste état de la Russie, pays qui n’a cessé de se réclamer du « marxisme-léninisme » pendant la période soviétique ?
Sans doute aurait-il décliné toute responsabilité face à un régime apparu longtemps après sa mort. Marx a grandi dans un monde d’oppression censitaire et de sacralisation de la propriété privée, où même les propriétaires d’esclaves devaient être grassement compensés si l’on attentait à leur bien (pour les « libéraux » comme Tocqueville, cela allait de soi).
Difficile pour lui d’anticiper les succès de la social-démocratie et de l’Etat social au XXe siècle. Marx a 30 ans lors des révolutions de 1848 et disparaît en 1883, quand naît Keynes. L’un et l’autre ont été des chroniqueurs aiguisés de leur temps ; sans doute a-t-on eu tort de les prendre pour des théoriciens achevés du futur.
« Société des voleurs »
Toujours est-il que, quand les bolcheviques prennent le pouvoir en 1917, leurs plans d’action sont loin d’être aussi « scientifiques » qu’ils ne le prétendent. La propriété privée sera abolie, c’est entendu. Mais comment seront organisés les rapports de production, et qui seront les nouveaux maîtres ? Par quels mécanismes les décisions seront-elles prises et les richesses réparties au sein du gigantesque appareil d’Etat et de planification ?
Faute de solutions, on se replie sur l’hyperpersonnalisation du pouvoir ; et faute de résultats, on trouve vite des boucs émissaires, on enferme et on purge à tout-va.
A la mort de Staline, en 1953, 4 % de la population soviétique est en prison, dont plus de la moitié pour des « vols de propriété socialiste » et autres petits larcins permettant d’améliorer l’ordinaire. C’est la « société des voleurs » décrite par Juliette Cadiot, et elle signe le dramatique échec d’un régime qui se voulait émancipateur. Pour dépasser un tel niveau d’enfermement, il faut considérer le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.
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Comment la Sicile médiévale a retrouvé son honneur

Résonances. En Italie, un Nord riche méprise un Sud pauvre : en cherchant l’origine de ce cliché, les historiens ont trouvé dans les archives médiévales siciliennes la preuve d’un dynamisme commercial insoupçonné.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Valérie Theis (Historienne)








                        



                                


                            
Les élections législatives qui ont eu lieu début mars en Italie ont fait rejouer une configuration politique et sociale à laquelle nous sommes désormais trop habitués et une autre, plus ancienne, que nous avons souvent tendance à oublier. Ce à quoi nous sommes habitués est l’image d’une Italie divisée entre un Nord riche, productif et égoïste, et un Sud pauvre, dépendant des aides sociales, gangrené par la corruption et le crime organisé.
Main basse sur le commerce sicilien
Ce cliché est profondément ancré dans les représentations du XXe siècle, ce qui a conduit les historiens à en chercher le point d’origine. La Sicile a été l’un des terrains privilégiés de ces investigations depuis le célèbre livre de David ­Abulafia, The Two Italies. Economic Relations Between the Norman ­Kingdom of Sicily and the Northern Communes (Cambridge University Press, 1977, non traduit).
L’historien britannique faisait remonter au XIIe siècle le processus fatal. A cette époque, ce que les hommes du Nord venaient chercher dans le Sud n’était pas encore les voix des électeurs – comme l’ont fait plusieurs partis lors des législatives –, mais des produits agricoles, la Sicile étant notamment un grenier à blé. La fertilité de l’île aurait incité ses aristocrates à se contenter de l’argent que leur offraient les marchands du Nord, encouragés à s’installer par les privilèges que leur offraient les souverains normands.
Alors que le Nord faisait progressivement main basse sur le commerce sicilien et en utilisait les profits pour développer un artisanat prospère, les Siciliens se seraient laissé enfermer dans l’agriculture, négligeant de développer leur propre artisanat. Ce retard technique se serait ensuite accompagné d’un retard politique, la structure agraire du pays donnant la première place à l’aristocratie féodale, alors que dans le Nord émergeaient des gouvernements communaux. Ainsi, bien avant que Matteo ­Salvini, le secrétaire fédéral...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.
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Le Mouvement 5 étoiles italien est-il et de gauche et de droite?

La formation politique qui a remporté les législatives italiennes et le mouvement d’Emmanuel Macron ont un positionnement proche, explique Jérémy Dousson, auteur d’un livre sur le sujet.



Le Monde
 |    07.04.2018 à 06h30
    |

                            Julie Clarini








                        



                                


                            
Jérémy Dousson est directeur général adjoint de la coopérative Alternatives économiques. Il est l’auteur d’Un populisme à l’italienne ? Comprendre le mouvement 5 Etoiles (Les Petits Matins, 208 p., 15 €).
Le Mouvement 5 étoiles (M5S), gagnant des élections législatives italiennes, le 4 mars, a été fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, aujourd’hui retiré de la politique. Il s’est constitué sur l’idée de faire de la politique autrement, en misant sur la démocratie directe, mais il est aussi porteur d’une forme d’hétérodoxie économique et d’écologie radicale. Où a-t-il puisé ce mélange ?
Beppe Grillo a très tôt sensibilisé son public à la question des énergies renouvelables et au problème de l’obsolescence programmée. Dès la fin des années 1990, il appuyait certains de ses spectacles sur des ouvrages de Jeremy Rifkin, avec des thèmes empruntés à des livres comme La Fin du travail ­ [La Découverte, 1997] ou L’Economie hydrogène [La Découverte, 2002]. A l’époque, l’essayiste et prospectiviste américain n’avait pourtant pas pignon sur rue.
Beppe Grillo a mené des entretiens avec lui et les publiait sur son blog – qui était, en 2008, l’un des dix sites les plus visités du monde. Il y critiquait la classe politique (la « caste »), les journalistes, le système économique tel qu’il fonctionnait, mais il y proposait aussi des alternatives : la démocratie directe et la « 3e révolution industrielle » en faisaient partie. ­Rifkin explique que les révolutions industrielles adviennent quand deux choses se cristallisent : une révolution de la communication et une révolution dans la production de l’énergie. Pour lui, Internet et les énergies renouvelables (le solaire, l’éolien), mis bout à bout, vont créer cette nouvelle révolution industrielle. Dans le nouveau programme du M5S, cela se traduit par la volonté d’aller vers une économie « 100 % green » à l’horizon 2050. Une des phrases marquantes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ Après la révélation d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution chargée de l’attribution du prix, trois de ses membres ont démissionné.
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Nobel de littérature : l’Académie suédoise touchée par des démissions en série

Après la révélation d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution chargée de l’attribution du prix, trois de ses membres ont démissionné.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 06h44
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Depuis que l’affaire avait éclaté en novembre 2017, les dix-huit membres de l’Académie suédoise – institution fondée en 1786 et chargée depuis 1901 d’attribuer le prix Nobel de littérature – gardaient le silence. Pas un mot sur les accusations d’agressions sexuelles et de viols visant Jean-Claude Arnault, personnalité culturelle de premier plan en Suède et mari de l’écrivaine et académicienne Katarina Frostenson. Rien non plus sur les subventions que lui versait l’institution, ni sur l’habitude qu’il avait, selon des témoins, d’ébruiter les noms des lauréats du Nobel de littérature avant qu’ils soient officialisés, ou encore le rôle qu’il s’attribuait dans leur sélection.
Et puis, vendredi 6 avril au matin, coup de tonnerre. Deux écrivains, Klas Östergren et Kjell Espmark, annoncent qu’ils claquent la porte, suivis en milieu d’après-midi par l’ancien secrétaire perpétuel, l’historien Peter Englund, redevenu simple académicien en 2015. Une accélération des événements, qui témoigne de l’ampleur de la crise traversée par l’institution depuis novembre 2017.
« Une trahison »
Dans un communiqué, Klas Östergren, 63 ans, élu en 2014, justifie son départ par les « sérieux problèmes » auxquels fait face l’Académie et les tentatives de « les résoudre en privilégiant des considérations obscures au lieu de suivre le règlement », ce qui constitue, dénonce-t-il, « une trahison à l’égard de son fondateur et de son plus haut protecteur » – le roi Carl XVI Gustaf –, ainsi que de sa devise, « Snille och smak » (« talent et goût », en suédois).
Kjell Espmark, 88 ans, un des doyens de l’institution (où il siège depuis 1981), accuse certains de ses collègues, de faire passer « l’amitié et d’autres considérations hors de propos » avant « l’intégrité » de l’Académie. Même son de cloche de la part de Peter Englund, dont le communiqué publié sur son blog donne quelques précisions sur le contexte de ces démissions en série.
C’est lors d’une réunion entre académiciens tenue jeudi soir à Stockholm que la crise a commencé. A l’ordre du jour : les conclusions de l’enquête menée par un cabinet d’avocat, chargé en novembre 2017 par la secrétaire perpétuelle, Sara Danius, de faire la lumière sur les liens entre les académiciens et Jean-Claude Arnault. Leur rapport devait être rendu public vendredi 13 avril.
Dix-huit femmes accusent
A l’issue de la réunion, les dix-huit académiciens – qui n’étaient déjà plus que seize après que deux de leurs membres ont décidé de ne plus participer aux réunions pour des raisons indépendantes au scandale – n’auraient pas réussi à se mettre d’accord sur la rédaction d’un communiqué de presse. L’académicien Anders Olsson a confirmé également qu’un vote avait eu lieu et qu’une majorité se serait opposée à l’expulsion de la poétesse Katarina Frostenson.
Le scandale avait éclaté le 21 novembre 2017, avec la publication d’une enquête dans le quotidien Dagens Nyheter. Dix-huit femmes y accusaient une « personnalité culturelle de premier plan » de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols. Son nom n’est qu’un secret de polichinelle et il est d’ailleurs bientôt rendu public, alors que plusieurs de ses victimes présumées portent plainte : il s’agit du Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, directeur artistique du Forum, un lieu d’évènements culturels à Stockholm.
Quatorze femmes témoignent anonymement, quatre à visage découvert. Les faits auraient eu lieu entre 1996 et 2017 en Suède et à Paris, dans un appartement que possède l’Académie. Elles racontent les agressions, parfois devant témoins, et les intimidations : « Avec cette attitude, je vais faire en sorte que tu ne dures pas longtemps dans la branche ! » ou bien : « Tu ne sais pas à qui je suis marié ? »
Conflits d’intérêt
Très vite, une question se pose : si tout cela est vrai, les académiciens pouvaient-ils ne rien savoir ? Le 23 novembre 2017, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius reconnaît que des « filles » et des « épouses » des académiciens et académiciennes ainsi que des membres du « personnel » ont été « exposées à une intimité non désirée ou un comportement inapproprié » de la part du Français.
Mais le scandale prend une nouvelle tournure quand Dagens Nyheter publie de nouveaux témoignages, début décembre 2017, selon lesquels M. Arnault a touché des subventions versées par l’Académie, dont il se considérait comme le « dix-neuvième membre ». Non seulement il aurait ébruité le nom de lauréats avant qu’ils ne soient annoncés, mais il se vantait d’avoir eu un rôle dans le choix de certains, comme J. M. G. Le Clézio en 2008.
En décembre, l’Académie a modifié son règlement pour éviter les conflits d’intérêt. Mais le scandale atteint désormais des proportions inédites, comme en témoignent les réactions en Suède. Le quotidien Dagens Nyheter parle d’une « catastrophe », pour une « institution en ruines ». « C’est comme observer la tour de Babel qui s’effondre », renchérit Aftonbladet. « Les dix-huit sont en chute libre », constate Expressen.
En mars, le ministère public a annoncé que plusieurs des plaintes déposées contre M. Arnault avaient été classés, les faits dénoncés étant prescrits ou impossibles à confirmer. Mais l’enquête se poursuit concernant les faits les plus récents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.
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« L’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne »

Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h34
    |

Thierry Le Roy (Président de France Terre d’asile)







                        



                                


                            

Tribune. Les parlementaires français ont commencé à débattre d’un projet de loi « visant à rendre plus effectif le droit d’asile » (« Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », voir lien PDF). Nous, France Terre d’asile et d’autres associations, le critiquons, parce qu’il risque de rendre moins effectif le droit de recours en matière d’asile, ou parce qu’il ne se soucie pas assez du premier accueil, point faible du dispositif actuel. Nous essayons d’améliorer le projet en suggérant des amendements.
Nous savons pourtant que l’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne (UE), dont les membres négocient en même temps, le même trimestre, le nouveau « paquet asile ».
Contraire à la convention de Genève
Sur deux points essentiels, au moins, les règlements européens en préparation conditionnent radicalement ce que pourra faire la loi française. Tout d’abord le sort des « dublinés », ces demandeurs d’asile repérés ou enregistrés dans un autre Etat membre.
Ils prennent dans notre système d’accueil et d’hébergement une place telle que le gouvernement fait de leur transfert effectif vers l’Etat membre de « première entrée » en Europe un des principaux objectifs de son projet de loi et de sa politique. Alors que la faillite avérée du système du règlement actuel, dit Dublin III, voue cette politique à un échec annoncé.

C’est dans le projet de nouveau règlement, dit Dublin IV, dont le Conseil de l’UE poursuit la discussion en ce mois d’avril après délibération du Parlement européen, que se situe l’enjeu de la prise en charge de l’asile entre les Etats membres de l’Union.
Autre sujet européen : le sort des demandeurs d’asile qu’on préférerait voir accueillis par des pays tiers, dits de premier accueil ou de transit. Un autre projet de règlement en discussion dans ce « paquet asile » pourrait imposer la notion de « pays tiers sûr » à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.
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Slovaquie : cinquième vague de manifestations depuis l’assassinat d’un journaliste

Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h57
    |

                            Arthur Carpentier








                        



   


Plus d’un mois après le meurtre par balles du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova, l’attitude du gouvernement slovaque continue d’alimenter le mécontentement d’une partie de la population. Jeudi 5 avril, pour la cinquième fois, des manifestations ont été organisées dans une douzaine de villes de ce pays de 5,4 millions d’habitants. Dans les rues de la capitale, Bratislava, près de 30 000 personnes ont défilé, selon le quotidien SME. Les slogans lancés contre le gouvernement y ont alterné avec les minutes de silence à la mémoire du reporter et de sa fiancée.
« Nous marcherons encore autant de fois que nécessaire pour obtenir ce que nous réclamons », assure Jan Galik, l’un des organisateurs de Pour une Slovaquie décente, le principal mouvement citoyen à l’origine des manifestations. Les précédents rassemblements, les plus importants depuis ceux qui précipitèrent la chute du régime communiste en 1989, avaient déjà réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays.
La démission de Robert Fico, premier ministre et homme fort de la Slovaquie, le 14 mars, n’a pas suffi à calmer la contestation. « Nous nous battrons jusqu’à ce qu’à ce que le chef de la police soit remplacé, avec un nouveau processus de sélection dans lequel le ministre de l’intérieur n’a pas son mot à dire », tonne Dominik. Ce Bratislavien participait à sa quatrième manifestation, et souhaite avant tout que soit élucidé le meurtre du reporter. Avant son assassinat, le journaliste enquêtait sur des liens entre la mafia calabraise, en Italie, et les politiques slovaques.
Mais les revendications d’une partie des protestataires vont au-delà de cette simple demande. « La population veut plus de transparence de la part des institutions politiques, estime Daniela, dans le cortège pour la deuxième fois. C’est un sentiment de frustration qui traverse toute la population. »
« Commencer à rétablir la confiance »
La lenteur de l’enquête alimente la méfiance des manifestants envers des institutions déjà décrédibilisées par les scandales de corruption. Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est traditionnellement accusé d’être soumis au pouvoir politique. Et l’enquête patine : si le parquet estime que le meurtre de Jan Kuciak a probablement été commandité, la police ne semble avoir identifié aucun suspect.
Le chef de la police, Tibor Gaspar, est jusqu’à présent parvenu à se maintenir à son poste, malgré les critiques sur l’efficacité de ses services et les accusations de conflits d’intérêt. Mais sa démission, réclamée par l’opposition et les manifestants, ne semble plus être qu’une question de jours. Le président, Andrej Kiska, un libéral en froid avec le gouvernement populiste de gauche, l’a lui-même évoquée, en faisant une « question cruciale afin de commencer à rétablir la confiance ».

   


La coalition au pouvoir, au plus bas dans les sondages, se satisferait pleinement d’une telle solution, alors que les appels à des élections anticipées se font de plus en plus pressants et que les liens de plusieurs dirigeants avec le crime organisé ont été exposés. Le ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, a servi de premier fusible le 12 mars. Quelques jours plus tard, le premier ministre, Robert Fico, a donc plié à son tour, se résignant à la démission.
Le chef de gouvernement déchu a toutefois obtenu que son successeur soit choisi dans les rangs de son parti (SMER-SD, sociaux-démocrates), et non dans les deux autres partis de la coalition, le SNS (extrême droite) et Most-Hid, formation de la minorité hongroise. Il a surtout écarté la possibilité d’élections anticipées. Une partie de la population voit dans le nouveau premier ministre, Peter Pellegrini, un pantin aux ordres de M. Fico.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.
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L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement », assurent ses médecins

Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h40
   





                        



   


L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement ». C’est ce qu’a annoncé, vendredi 6 avril, l’hôpital où est soigné cet ancien agent double russe, dont l’empoisonnement le 4 mars en Angleterre a déclenché l’une des plus graves crises diplomatiques entre Moscou et les Occidentaux depuis la guerre froide.
Sergueï Skripal « répond bien au traitement, son état de santé s’améliore rapidement, il n’est plus dans un état critique », ont déclaré les médecins de l’hôpital de Salisbury.
L’état de santé de sa fille de 33 ans, Youlia Skripal, elle aussi hospitalisée, s’améliore « quotidiennement », a précisé une médecin, Christine Blanshard. « Elle attend avec impatience le jour où elle pourra sortir de l’hôpital. » La veille, Youlia Skripal s’était exprimée pour la première fois depuis son empoisonnement :
« Je me suis réveillée il y a maintenant plus d’une semaine et je suis heureuse de dire que je me sens de mieux en mieux chaque jour. »

        Lire aussi :
         

                Après l’affaire Skripal, le profil bas des Russes de Londres



Confrontation
La Grande-Bretagne accuse la Russie de l’empoisonnement sur le sol anglais de l’ex-agent double russe et de sa fille. Sergueï Skripal avait donné les noms de plusieurs dizaines d’agents russes aux services de renseignement britanniques avant d’être arrêté à Moscou en 2004. Condamné par la justice russe à treize ans de prison en 2006, il avait finalement pu gagner la Grande-Bretagne en 2010, après avoir été échangé contre des espions russes.
Moscou dément fermement ces accusations, qui ont provoqué une grave crise diplomatique et une vague historique d’expulsions croisées de diplomates russes et occidentaux.
La confrontation entre Moscou et les Occidentaux a continué, jeudi, à l’Organisation des Nations unies (ONU), où la Russie a accusé Londres de mener une campagne pour « discréditer » Moscou et « d’accuser sans preuve ». Vendredi, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a encore accusé Londres de « chercher fébrilement et frénétiquement chaque jour une quelconque confirmation de leur position indéfendable ».

        Lire aussi :
         

                La Russie demande des « excuses » à Londres dans l’affaire Skripal






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Avant les législatives du 8 avril, les médias contrôlés par le premier ministre se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.
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En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »

Avant les législatives du 8 avril, les médias contrôlés par le premier ministre se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h54
 • Mis à jour le
07.04.2018 à 06h55
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bienvenue dans un monde dans lequel les capitales d’Europe occidentale sont à feu et à sang. Un monde dans lequel les Blancs sont devenus minoritaires, écartés pour faire de la place aux migrants. Un monde dans « lequel on ne peut même plus prendre le métro en plein jour sans se faire agresser au couteau », où « l’on peut se faire violer sans que la police n’intervienne », et où « les infirmières ne peuvent plus travailler sans se faire agresser sexuellement ».
Ce monde, c’est celui de la télévision publique hongroise. Plus précisément celui de son programme phare, « Ma Este » (« Ma soirée » en hongrois). Diffusé tous les jours sur la première chaîne M1. Il est un concentré d’informations angoissantes sur l’immigration et de critiques des partis d’opposition hongrois. Au service de Viktor Orban.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, le premier ministre ultraconservateur et ses proches ont progressivement pris le contrôle d’une grande partie des médias du pays. En pleine campagne pour les législatives du dimanche 8 avril – M. Orban brigue un troisième mandat d’affilée –, ils se sont désormais mis en ordre de bataille. Le visionnage de « Ma Este » plusieurs soirs de suite autour du week-end du 10 mars nous a permis de le constater. Le programme a largement mis en avant un « témoignage exclusif » qui a déclenché une polémique jusqu’en Suède.
Aucune vérification
« En Hongrie, on ne veut pas croire les informations concernant les problèmes de sécurité dans les grandes capitales, mais ceux qui vivent là-bas peuvent témoigner des ghettos et des no-go zone qui existent à Paris et à Vienne », explique d’abord la présentatrice, en référence à la célèbre formule – démentie ensuite – propagée par la chaîne américaine Fox News après les attentats de Paris.
Le visage d’une certaine Natalie Contessa apparaît à l’écran. Pendant quinze minutes, cette Hongroise qui dit avoir habité plusieurs années en Suède explique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Fermé à la chute du Mur, rouvert dans les années 2000, ce bistrot sans prétention était un lieu emblématique de la vie culturelle et politique pour la gauche berlinoise. La fin d’une institution de la RDA.
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A Berlin, le Café Sibylle baisse son rideau de fer


                      Fermé à la chute du Mur, rouvert dans les années 2000, ce bistrot sans prétention était un lieu emblématique de la vie culturelle et politique pour la gauche berlinoise. La fin d’une institution de la RDA.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h49
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








   


A 90 ans, Hans Modrow y avait toujours ses habitudes. Pour l’anniversaire de sa fille, l’ancien premier ministre est-allemand, au pouvoir de novembre 1989 à mars 1990, y avait même réservé une table pour vingt personnes le 6 avril. Il devra trouver une autre idée : le Café Sibylle a définitivement baissé le rideau, ce 31 mars, un peu après 18 heures.
Au numéro 72 de la Karl-Marx-Allee – les « Champs-Elysées de Berlin-Est » comme on disait à l’époque de la République démocratique allemande (RDA) –, ce bistrot sans prétention était une véritable institution. Dans l’arrière-salle de cet ancien glacier, ouvert en 1953 et rebaptisé neuf ans plus tard en hommage à Sibylle, le grand magazine féminin de RDA, une modeste exposition entretenait la mémoire d’un monde englouti. Parmi les objets qui y étaient conservés se trouvaient notamment une oreille et une moustache : celles de Staline ou, plus exactement, de la gigantesque statue de l’ancien dirigeant soviétique installée en 1951 sur cette monumentale avenue du temps où celle-ci s’appelait la Stalinallee.
« Le Café Sibylle était le dernier endroit de Berlin où l’héritage positif de la RDA continuait de vivre et où il était rappelé que son histoire ne se réduisait pas à celle de la Stasi. » Ute Donner, artiste et militante pacifiste
Mais le Café Sibylle n’était pas qu’un conservatoire du passé. Fermé après la réunification allemande, en 1990, il était redevenu, depuis sa réouverture dans les années 2000, un lieu de sociabilité culturelle et politique. Plusieurs fois par mois, des débats, des lectures et des concerts y étaient organisés en présence d’artistes ou d’intellectuels mais aussi d’ambassadeurs d’anciens « pays frères », comme ceux de Cuba ou du Nicaragua. « Tout le monde était le bienvenu, sauf l’extrême droite », précise Uwe Radack, qui gérait l’établissement depuis 2014 et a été contraint de le fermer après un différend avec son bailleur.
Depuis quelques semaines, la mobilisation en faveur de la survie du Café Sibylle avait pourtant donné quelque espoir à M. Radack. Une pétition adressée à la mairie d’arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg réclamait que celle-ci intervînt pour sauver ce « lieu si particulier ». En vain. A l’origine de cet appel, signé par 5 000 personnes au total : Ute Donner. Le 31 mars, devant une dernière pinte de bière, cette artiste peintre et militante pacifiste nous expliquait pourquoi cette cause lui tenait tant à cœur. « Après la disparition du Palais de la République [siège du Parlement est-allemand et centre culturel, bâti en 1976 et détruit à partir de 2006] et la mort de la Volksbühne, qu’on aimait [cette salle de théâtre de l’ex-Berlin-Est fut dirigée de 1992 à 2017 par le metteur en scène Frank Castorf : son éviction, au profit du Britannique Chris Dercon, a provoqué une intense mobilisation de la gauche berlinoise], le Café Sibylle était le dernier endroit de Berlin où l’héritage positif de la RDA continuait de vivre et où il était rappelé que son histoire ne se réduisait pas à celle de la Stasi. »
Lire aussi (édition abonnés) : La Karl-Marx-Allee, avenue mythique du Berlin d’après guerre 
Près de trente ans après la chute du mur, le Café Sibylle était, en somme, un endroit unique en son genre. Ailleurs, sur la même avenue, des enseignes célèbres datant de la RDA sont toujours là, mais ce ne sont que des coquilles vides : au numéro 78, le Karl Marx Buchhandlung n’est plus une librairie, mais le siège d’un magazine spécialisé dans l’art du cocktail. Au numéro 34, le Café Moskau est devenu un lounge bar que rien ne distingue de ceux que l’on trouve à Paris, Londres ou New York.
« Regardez la Karl-Marx-Allee aujourd’hui. Ce qui était autrefois la vitrine du régime communiste est devenue la proie des promoteurs les plus libéraux, explique l’historienne Sonia Combe, chercheuse associée au Centre Marc-Bloch, à Berlin. Au milieu de tout cela, le Café Sibylle était un lieu de mémoire et un lieu de résistance, le dernier de ce type. Avec sa disparition, toute une génération, qui continue de croire dans les idéaux du socialisme, tout en étant très consciente de ce qui n’allait pas en RDA, se sent aujourd’hui un peu orpheline. »
Un sentiment que résumait ainsi la photographe Editha Künzel, quelques minutes avant la fermeture du café : « Si je suis si triste aujourd’hui, c’est parce qu’on perd un endroit qui restait vraiment chaleureux dans une époque qui se refroidit chaque jour un peu plus. »



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.
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En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil

A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Economiquement, la Hongrie se porte plutôt bien. C’est même un argument de campagne du souverainiste Viktor Orban, en campagne pour sa réélection. Au pouvoir depuis 2010, il brigue un troisième mandat à l’occasion des législatives du dimanche 8 avril.
Le premier ministre sortant met en avant les performances réalisées par cet ancien pays communiste de 9,8 millions d’habitants, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004 : un taux de chômage au ras des pâquerettes, le plus bas jamais enregistré depuis la transition de 1989, puisqu’il est passé sous la barre des 4 % en 2017, tandis que le déficit se stabilisait à 2,4 % du produit intérieur brut en 2017 ; et, surtout, une croissance économique de 4 %, avec des prévisions flatteuses pour 2018.
Un « modèle alternatif hongrois » ?
Bref, des chiffres de premier de la classe, que le chef de l’exécutif se targue d’avoir arraché avec les dents : contre vents et marées, dans une ambiance de scepticisme généralisé, c’est lui seul qui a décidé de mettre en place au bulldozer une politique économique non conventionnelle, alliant – pendant que toute la zone euro s’appliquait la rigueur – des nationalisations à des réductions d’impôt. Alors y aurait-il un « modèle alternatif hongrois » ?
Huit ans plus tard, le bilan reste contrasté. Certes, les « orbanomics », comme les ont nommés plusieurs économistes (une politique patriotique et orientée sur la croissance), ont corrigé les excès de la libéralisation, à la suite de l’ouverture aux marchés. Ils ont épargné une nouvelle cure d’austérité à un pays durement frappé par la récession de 2009 (– 6,6 %). Ils ont aussi offert plus de marges de manœuvre à Budapest face à Bruxelles, l’un des buts recherchés par Viktor Orban. Mais, pour le reste, « le gouvernement hongrois doit beaucoup à la reprise de l’économie en Europe, à la faiblesse des taux d’intérêt, à l’abondance de capitaux privés et à la faiblesse du prix du baril », selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.
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Peter Kreko : « La Hongrie est le seul pays de l’UE où les “fake news” constituent la narration officielle »

Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h23
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Peter Kreko est le directeur de ­Political Capital, un think tank ­atlantiste et libéral, fondé en 2001, à Budapest. Psychologue social et analyste politique, il travaille sur les théories du complot et les « fake news ». A la veille des législatives du 8 avril, il dresse un bilan de huit ans de pouvoir dans le « laboratoire nationaliste » hongrois. Depuis son retour à la tête du gouvernement en 2010, Viktor Orban, le premier ministre souverainiste, a transformé en profondeur ce pays d’Europe centrale de 9,8 millions d’habitants, membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Réélu en 2014, il est candidat à un troisième mandat d’affilée. Il mène une politique migratoire répressive, saluée par l’extrême droite européenne, tout en s’attaquant aux contre-pouvoirs.

Pourquoi Viktor Orban a-t-il fait du rejet de l’immigration la pierre ­angulaire de sa campagne électorale ?
Parce qu’il est parvenu à ce constat : tous ceux qui ont usé d’une rhétorique hostile aux migrations depuis la grande crise de 2015 [des centaines de milliers de migrants s’étaient présentés à frontière hongroise] ont été élus ou réélus dans la région, que ce soit en République tchèque, en Slovaquie ou en Pologne. Ces succès reposent sur un ressort sociologique simple. Pour la première fois, les pays d’Europe centrale et orientale, qui se sont sentis longtemps marginalisés, sont en position de pouvoir à leur tour tenir un discours d’exclusion à l’égard d’autrui. Les préjugés dont sont victimes les migrants et les étrangers sont plus forts dans cette partie du continent qu’ailleurs, du fait de son histoire. C’est aussi ici que le nombre des réfugiés est le plus faible. Cela conduit à ce que l’on pourrait appeler une « xénophobie platonique ». La haine de l’autre s’exprime, alors même qu’il n’est pas là.
Viktor Orban se présente comme le protecteur de la Hongrie, qui serait un bastion chrétien. Est-ce le cas ?
L’influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.
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En Italie, la paralysie politique persiste

Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un ballet parfaitement huilé, organisé avec une régularité parfaite à chacune des innombrables crises qui jalonnent la vie de la démocratie italienne : la formation d’un gouvernement commence par la consultation de tous les groupes parlementaires par le président de la République. Mercredi 4 et jeudi 5 avril, les délégations de toutes les formations élues au Parlement ont donc gravi, les unes après les autres, la colline du Quirinal, pour être reçues par Sergio Mattarella sous les ors de l’ancienne demeure des papes et des rois devenue, depuis la proclamation de la République, résidence des chefs de l’Etat italien.
Revenait ensuite à M. Mattarella la responsabilité de trancher. Jeudi soir, il n’a pas attendu longtemps : dans une conférence de presse il a sagement décidé… d’organiser un second tour de consultations la semaine prochaine, laissant à chacun « le temps de réfléchir ».
Quelques jours de plus et un appel à la « responsabilité » suffiront-ils à changer les choses, alors que depuis le soir du 4 mars, qui a vu l’effondrement des partis traditionnels lors des législatives, la situation semble bloquée, aucun schéma de coalition ne s’imposant naturellement ? Rien n’est moins sûr. Mais, dans cette affaire, le timing et la chorégraphie ont leur importance.

Contorsions idéologiques
Comme la constitution d’une majorité impliquera nécessairement, pour les forces entrant au gouvernement, des contorsions idéologiques difficiles à expliquer à leurs électeurs, il convient de ne pas céder trop vite, de ne pas apparaître trop pressé de renier ses promesses. Ainsi apparaît le véritable sens de ces deux journées de rencontres : exposer au public les positions de chacun, réaffirmer ses principes. Pour qu’ensuite les affaires sérieuses puissent enfin commencer.
Jeudi, les deux vainqueurs des élections du 4 mars ont donc exposé, à quelques heures d’intervalle, leurs positions. Premier à s’exprimer, le chef de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
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Les autorités russes demandent à la justice de bloquer la messagerie Telegram

La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h23
   





                        



   


Le régulateur russe des télécommunications a saisi la justice russe, vendredi 6 avril, pour demander le blocage de la messagerie Telegram, qui a refusé de fournir aux services de sécurité russes – le FSB – ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
L’agence de régulation Roskomnadzor a lancé une procédure auprès d’un tribunal de Moscou pour demander de « limiter l’accès » à Telegram, messagerie fondée par le Russe Pavel Dourov et réputée pour offrir un haut niveau de confidentialité.
Le 20 mars, cette autorité avait donné quinze jours à Telegram pour fournir ses clés de cryptage. « Les menaces de bloquer Telegram s’il ne fournit pas les données personnelles de ses utilisateurs n’auront pas de résultats. Telegram défendra la liberté et la confidentialité », avait alors réagi sur Twitter M. Dourov.
L’avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, avait de son côté expliqué sur son compte Telegram que les exigences des autorités étaient « inapplicables » du point de vue technique en raison justement du système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n’a elle-même pas accès à certaines communications.
Mi-octobre, la justice russe avait condamné Telegram à une amende de 800 000 roubles (18 000 euros) pour avoir refusé de coopérer avec le FSB.



                            


                        

                        

