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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ Etienne Ghys, directeur de recherche au CNRS, dévoile la vie et l’œuvre du plus prolifique des mathématiciens, Leonhard Euler.
<filname="PROF-env_sciences-1"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-2">
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<filname="SURF-env_sciences-2"> ¤ Au menu : explorer Mars avec des robots abeilles, débat sur la formation de neurones chez l’adulte, l’effet d’une bombe atomique sur votre ville, etc.
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<article-nb="2018/04/06/19-3">
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<filname="SURF-env_sciences-3"> ¤ La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.
<filname="PROF-env_sciences-3"> ¤                     
                                                   
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La France glisse à la septième place des publications scientifiques

La part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et l’Hexagone est dépassé par la Chine et l’Inde.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h38
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

En volume, bravo. En insertion internationale aussi. Mais en pourcentage, ça baisse. Voilà un résumé de la performance française. A première vue, celle du nombre d’articles publiés, tout va bien. Entre 2000 et 2015, les laboratoires ont en effet augmenté de 40 % leur nombre de publications, passées de 41 000 à 57 000. Des études qui sont en majorité le fruit de coopérations européennes et internationales. Et des points forts, en particulier en mathématiques, spécialité ancienne où la France pointe au troisième rang avec 6,5 % des publications, dépassée uniquement par les Etats-Unis et la Chine.
L’effort de la science française est d’autant plus notable que la dépense publique de recherche dans l’Hexagone n’a pas suivi la même évolution, puisqu’elle a diminué, à 0,8 % du PIB. Les effectifs des organismes de recherche ont, dans l’ensemble, stagné, le CNRS affichant une baisse de 10 % en dix ans, selon son ex-président Alain Fuchs. Seul le nombre d’universitaires a augmenté, mais cette évolution est plus guidée par l’afflux des étudiants que par une stratégie de recherche.
Tâches peu productives
De ces évolutions, on peut estimer que la « productivité » des laboratoires français a augmenté, avec un nombre d’articles plus élevé par scientifique et par euro dépensé. Ce résultat est d’autant plus remarquable que les scientifiques ont été contraints de mobiliser leur temps et leur énergie pour des tâches peu productives. En cause, la réforme des universités et les appels d’offres compétitifs pour financer les laboratoires. Le taux de succès de ces derniers est, par ailleurs, dérisoire : seuls 10 % des projets en lice dans le programme non thématique de l’Agence nationale de la recherche ont ainsi trouvé un financement.

Pourtant, malgré cet effort, la part mondiale des publications de la France a baissé, à 3,2 %, et le pays a, en moins de quinze ans, glissé du 5e au 7e rang, dépassé par la Chine et l’Inde. Plus significatif :...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-4">
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<filname="SURF-env_sciences-4"> ¤ Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.
<filname="PROF-env_sciences-4"> ¤                     
                                                   
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A Niort, un centre pour autistes « focalisé sur la personne, plus que sur le handicap »

Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h49
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Ce vendredi 30 mars, l’équipe du centre d’expertisme d’autisme adultes (CEAA) de l’hôpital de Niort (Deux-Sèvres) est préoccupée. La veille, un agent a été agressé par un jeune adulte atteint d’autisme. Le matin même, après la toilette, il avait le regard inquiet, sans raison apparente. Mais apparemment rien de plus. Il est donc placé dans un espace d’apaisement. Un peu plus tard, il retourne dans une zone de vie plus vaste, visiblement apaisé. On entend ses cris et ses rires qui n’en sont peut-être pas. La fenêtre est masquée pour éviter toute source d’excitabilité.
« Les patients accueillis ici sont souvent des cas complexes, avec des troubles envahissants du développement, des situations parfois extrêmement compliquées, comme des auto-mutilations qui peuvent remettre en cause le pronostic vital, des fonctionnements itératifs ou de l’agressivité », explique le psychiatre Dominique Fiard, responsable de cet établissement et qui a coprésidé le groupe de travail de la Haute Autorité de santé sur les recommandations de bonnes pratiques pour l’adulte autiste, rendues publiques en février. Ces situations peuvent affecter profondément la famille, les structures… qui demandent des soutiens. Le centre peut accueillir une douzaine de patients, pour des séjours plus ou moins longs ou en hôpital de jour.

Pour comprendre ce qui a déclenché l’agression, cinq personnes de l’équipe (psychiatre, psychologue, médecin, aide-soignant, aide médico-psychologique) essaient de remonter le film de cet épisode, car manifestement les prémices n’ont pas été perçues. « Cela peut être un problème somatique, ou autre chose. Une chose est sûre, la seule compétence de la psychiatrie ne suffit pas », reconnaît sans prétention Dominique Fiard. Une fois passé l’événement, l’objectif principal est de faire diminuer le seuil de surexcitation et de rétablir la communication. Il faut coûte que coûte rétablir la relation avec le patient. La musique, le sport peuvent...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-5"> ¤ Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.
<filname="PROF-env_sciences-5"> ¤                     
                                                   
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Recherche scientifique : la Chine numéro deux mondial, la France dépassée par l’Inde

Menaçant de supplanter les Etats-Unis, la recherche chinoise a beaucoup progressé en qualité.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h04
    |

                            Sylvestre Huet








                        



                                


                            

Photographier le rapport des forces scientifiques mondiales. Et retracer quinze ans d’évolution. C’est ce que permet le rapport sur « la position scientifique de la France dans le monde, 2000-2015 » qu’a rendu public, jeudi 5 avril, l’Observatoire des sciences et des techniques (OST) dirigé par Frédérique Sachwald. Une étude bibliométrique, fondée sur les données du « Web of Science ». Ce dernier recense l’essentiel des articles parus dans les revues scientifiques. Une étude qui se veut uniquement « factuelle », souligne Michel Cosnard, le président du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (HCeres) dont l’OST dépend, puisqu’elle « ne propose aucune conclusion, ou décision, mais des données à analyser par qui le voudra. »

La prudence de Michel Cosnard s’explique. Le sujet est brûlant, car tout commentaire cherchera à relier les performances scientifiques aux politiques publiques qui en sont à l’origine. Ceci dans un monde où la puissance économique, militaire, diplomatique ou culturelle trouve sa source dans le savoir et les technologies. Ainsi, en 2000, l’Union européenne voulait, à travers la « stratégie de Lisbonne », devenir « l’économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique » et voyait dans l’effort de recherche et d’innovation la clé de sa future position mondiale.
Quinze ans après cette date-pivot, où en est le monde de la science ? Les faits saillants du rapport indiquent un glissement du rapport des forces. Tel un bulldozer, la science chinoise bouscule les hiérarchies établies au siècle dernier et s’impose comme une nouvelle grande puissance. Les Etats-Unis voient s’effriter leur hégémonie, éclatante il y a un demi-siècle. Le Japon, longtemps second, s’écroule. Des pays émergent : Inde, Iran, Brésil, Corée du Sud. Espagne et Italie se renforcent. La France ? Elle ne pointe désormais qu’au 7e rang, dépassée par la Chine, mais aussi...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-6">
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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Spica, l’astre le plus brillant de cet astérisme, est en réalité une étoile double.
<filname="PROF-env_sciences-6"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-7">
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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Le traitement que suivait une épileptique saoudienne a provoqué chez elle des accès de rires involontaires dans des situations non associées à la joie.
<filname="PROF-env_sciences-7"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-8">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Selon une étude de l’Observatoire des sciences et des techniques, la Chine est devenue, ces dernières années, la deuxième puissance scientifique mondiale.
<filname="PROF-env_sciences-8"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-9">
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Les représentations liées à cette maladie  entretiennent « une discrimination quasi systématique, parfois inconsciente », déplore le psychiatre Nicolas Rainteau, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-9"> ¤                     
                                                   
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Dépassons les stéréotypes négatifs associés au mot « schizophrénie »

Les représentations liées à cette maladie  entretiennent « une discrimination quasi systématique, parfois inconsciente », déplore le psychiatre Nicolas Rainteau, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h09
    |

Docteur Nicolas Rainteau (Chef de clinique assistant au CHU de Montpellier)







                        



                                


                            

Tribune. Accepteriez-vous de travailler avec une personne atteinte de schizophrénie ? D’être son ­colocataire, son voisin, son copain, sa copine ? La recommanderiez-vous pour un travail ou bien pour louer un appartement ?
Quelle serait votre réponse à ces questions ? Si vous ne savez pas, avez un doute, alors prenez le temps de lire ces lignes. Voici l’échange que j’ai eu il y a quelques jours avec Margaux, une usagère de l’hôpital de jour qui venait de passer un entretien d’embauche.
« Cela s’est très bien passé, j’ai pu ­parler de tout de manière très franche et très ouverte. C’était un peu compliqué au début et j’étais assez stressée, mais je suis plutôt confiante, je suis ­hypercontente.
– Génial, du coup, vous avez pu ­évoquer votre diagnostic de schizophrénie avec eux ?
– Oh là là ! Non, faut pas déconner ! Ça, je le garde pour moi, cette maladie fait encore trop peur, je risquerais de ne pas être embauchée. »
Malheureusement, Margaux a raison. Aujourd’hui, ce ne sont pas les symptômes de la schizophrénie qui pourraient l’empêcher de retravailler. En effet, depuis plusieurs mois, elle va bien. Les voix qui s’en prenaient à elle ont disparu et les idées de persécution se sont petit à petit atténuées.
C’est au jour le jour que l’étiquette liée à la schizophrénie se dresse, tel un mur infranchissable
Et puis Margaux n’a pas ménagé sa peine, parce que le traitement ne fait pas tout. Entraînement aux habiletés sociales pour retrouver la facilité ­d’interagir avec les autres et être capable d’affronter un entretien d’embauche. Travail sur la mémoire, la concentration, l’organisation de la pensée. Toutes ces capacités insidieusement touchées par la schizophrénie et qui demandent aux patients une volonté de tous les instants pour reprendre le dessus.
Mais, à force d’acharnement, Margaux était prête le jour J. Et ce boulot qu’elle a décroché est la juste ­récompense d’un...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Ces oiseaux ont une représentation innée du nombre d’objets qu’ils ont sous les yeux. Le dénombrement ne serait ainsi pas l’apanage des primates, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.
<filname="PROF-env_sciences-10"> ¤                     
                                                   
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Les « capacités mathématiques étonnantes » du corbeau

Ces oiseaux ont une représentation innée du nombre d’objets qu’ils ont sous les yeux. Le dénombrement ne serait ainsi pas l’apanage des primates, expliquent les généticiens Benjamin Prud’homme et Nicolas Gompel.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h12
    |

                            Benjamin Prud'homme (Généticien,  Institut de biologie du développement de Marseille-Luminy CNRS) et 
                            Nicolas Gompel (Généticien, LMU de Munich)








                        



                                


                            

Carte blanche. Si moins de cinq objets traînent sur la ­table du salon, un rapide coup d’œil suffit à les dénombrer sans réfléchir. Longtemps avant d’avoir appris à compter ses bonbons sur le bout des doigts comme dans une photo à la Doisneau, l’enfant est aussi ­capable, de manière innée, de recenser quelques objets.
Cette faculté cognitive, considérée comme une caractéristique des primates, est permise par des neurones du cortex préfrontal. D’autres animaux, tels les oiseaux, peuvent apprendre à compter. Mais savent-ils dénombrer sans avoir appris à le faire ? Des chercheurs de l’université de Tübingen, en ­Allemagne, se sont posé la question et ont ­publié leur étonnante découverte dans la ­revue Current Biology, en ligne le 15 mars.
Andreas Nieder et son équipe ont cherché à savoir s’il existait chez les corbeaux des neurones capables de compter. Dans leurs expériences, les chercheurs présentent à des corbeaux des images avec des points de couleur. Le nombre de points, leurs tailles et leurs positions sur l’image sont aléatoires.
Pour s’assurer que les corbeaux regardent bien les images, tout en évitant qu’ils ­apprennent à reconnaître les nombres (le projet porte sur le sens inné des nombres), les chercheurs recourent à la ruse. Ils focalisent l’attention visuelle des corbeaux en les entraînant à distinguer des couleurs.
Mouvement de tête
Chaque corbeau se voit présenter d’abord une image avec des points d’une certaine couleur, puis une seconde image, soit avec des points de la même couleur, soit d’une autre couleur. Si la première et la seconde image sont de la même couleur, le corbeau peut le signaler en bougeant la tête, et reçoit alors une récompense.
Si en revanche le corbeau bouge la tête alors que les images ont des couleurs différentes, il ne reçoit rien. Les corbeaux testés, aussi malins que gourmands, apprennent très vite à reconnaître les couleurs. Surtout, leurs mouvements de tête...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Le biologiste et philosophe Eric Bapteste propose de réorienter la recherche évolutive pour rendre compte du fonctionnement en réseaux du monde vivant. Ambitieux et passionnant !
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Les entrelacs du vivant

Le biologiste et philosophe Eric Bapteste propose de réorienter la recherche évolutive pour rendre compte du fonctionnement en réseaux du monde vivant. Ambitieux et passionnant !



Le Monde
 |    04.04.2018 à 16h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h45
    |

            Hervé Morin








                        



                                


                            
Le livre. La première image évoquant l’évolution est celle d’une marche inexorable qui conduit d’une vie informe à la création la plus exquise, Homo sapiens, en passant par un cortège de singes plus ou moins redressés. La deuxième, moins caricaturale, évoque un arbre dont les embranchements innombrables partent des lignées les plus anciennes vers les ramifications actuelles.
Ces deux ­modes de représentation ont eu leur utilité pour faire comprendre les relations au sein du vivant. Mais ils sont dépassés et doivent céder la place à des schémas dynamiques ­capables de rendre compte de processus au sein de réseaux finement intriqués, à toutes les échelles, de l’atome à la planète entière.
Tel est le programme ambitieux proposé par le biologiste et philosophe Eric Bapteste dans Tous entrelacés, un ouvrage qui propose tout simplement aux évolutionnistes de ­repenser leur discipline. L’arbre des espèces, pour foisonnant qu’il soit, ne suffit pas à ­décrire le vivant de façon adéquate : il s’intéresse avant tout aux lignées et à leurs relations, alors que la vie est un réseau, un collectif qui co-construit son évolution.
Réorienter l’« enquête évolutive »
Nous autres, les eucaryotes – faits de cellules dotées de noyaux –, sommes des chimères, rappelle Eric Bapteste : nos cellules sont elles-mêmes le résultat d’un emboîtement de cellules, dont les patrimoines génétiques se sont mêlés. De plus, nous sommes ensemencés avant même la naissance par des microbes qui sont autant de partenaires vitaux : ce collectif porte le doux nom d’holobionte. On voyait ces microbes comme des ennemis, parfois mortels, on les découvre cobâtisseurs de notre immunité, de nos comportements.
La lutte pour la vie, concept fondamental du darwinisme, fait donc écran à une compréhension plus complète des relations ­entre les différents composants du vivant. Ce fonctionnement en communautés laisse la place à des mécanismes d’évolution chers...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-12">
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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-env_sciences-12"> ¤                     
                                                   
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Intelligence artificielle : « L’Europe a besoin d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand »

L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
    |

Stefan Heumann (Codirecteur de la Stiftung Neue Verantwortung (Fondation nouvelle responsabilité)







                        



                                


                            
Tribune. Après avoir assisté à un forum sur l’intelligence artificielle (IA), à Pékin, en janvier, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que l’Europe avait besoin d’une stratégie nationale en matière de big data et d’IA, afin d’être en mesure de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis, et de façonner l’avenir des marchés de la technologie autour des valeurs européennes. Il a réaffirmé cet objectif lors de la présentation, le 29 mars, du rapport du mathématicien et député (LRM) Cédric Villani sur l’intelligence artificielle.
e siècle
Mais pour y parvenir, il va devoir convaincre l’Allemagne d’opérer un virage stratégique radical dans son approche traditionnellement « lente et prudente » des enjeux de la transition technologique. Ce dont l’Europe a besoin en matière d’IA, c’est d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand.
Il ne fait plus aucun doute que la donnée sera le vecteur central de l’économie du XXIe siècle et que l’IA en sera la technologie-clé. La question est de savoir quels pays et quelles entreprises y parviendront les premiers, et quelles règles gouverneront à l’avenir ces nouveaux marchés. Les grands groupes technologiques de la Silicon Valley et de la Chine ont compris l’importance stratégique de cette innovation. Selon un rapport de McKinsey, ces groupes ont investi sur la seule année 2016 un montant compris entre 20 et 30 milliards de dollars (entre 16,3 et 24,4 milliards d’euros) en recherche et développement (R&D) dans l’IA.
L’Europe à la traîne
En 2017, les start-up chinoises ont capté pour la première fois davantage d’investissements en capital-risque que leurs rivales américaines. Mais contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où ce sont les grands groupes technologiques qui mobilisent la majeure partie des ressources, en Chine, le gouvernement n’abandonne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-13">
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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.
<filname="PROF-env_sciences-13"> ¤                     
                                                   
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« L’hôpital public est à l’agonie »

Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h18
    |

Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)







                        



                                


                            

Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.
Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.
Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.
Le royaume de l’injonction paradoxale
La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.
Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Troisième volet de la collection « Génie des mathématiques », Leonhard Euler, pionnier dont les idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens.
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Euler, le grand architecte des mathématiques

Troisième volet de la collection « Génie des mathématiques », Leonhard Euler, pionnier dont les idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h46
    |

                            Francis Clarke (Mathématicien, professeur de l’université de Lyon à l’Institut Camille Jordan)








                        



                                


                            
« Génie des mathématiques ». Leonhard Euler : le plus grand ­mathématicien de tous les temps ? Nous sommes nombreux à le penser. Né à Bâle (Suisse) en 1707, Euler se ­destine d’abord à l’Eglise, avant que des ­leçons privées avec le mathématicien Jean Bernoulli lui fassent découvrir sa passion pour les mathématiques. Il reste toutefois pieux et son nom est même inscrit dans le calendrier des saints luthériens !
A l’âge de 19 ans, Euler est nommé à l’Académie de Saint-Pétersbourg. Quatorze ans plus tard il est recruté, par Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, par celle de Berlin. Mais Euler et Frédéric le Grand ne s’apprécient guère, et le savant retourne déﬁnitivement en 1766 à Saint-Pétersbourg. Le grand institut de mathématiques qui s’y trouve aujourd’hui porte son nom et il est considéré comme étant le fondateur de l’école mathématique russe.
Euler est productif jusqu’à son tout ­dernier jour sur Terre ; on estime qu’il est responsable à lui seul d’un tiers de la production mathématique de son époque. En 1775, pourtant déjà complètement aveugle, il publie en moyenne un article par semaine ! Il est appuyé par ses scribes, sa mémoire eidétique et son prodigieux talent de calcul mental.
Pionnier dans tous les domaines
Euler est un pionnier dans tous les grands domaines des mathématiques ­pures : analyse et algèbre, théorie des nombres, séries, variables complexes, ­calcul différentiel et intégral, géométrie, topologie, probabilités, combinatoire… Mais il est aussi un grand mathématicien appliqué : il a non seulement introduit des concepts et développé des méthodes, mais il sait aussi les rendre utiles et ­pratiques.
Ses contributions en hydrodynamique, mécanique céleste et astronomie, science navale, optique, élasticité, champs électriques, acoustique, musique sont marquantes. Ses idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens. Leurs versions modernes sont ­omniprésentes, par exemple en relativité, en mécanique...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ Une centaine de sites ont été découverts dans des zones supposées vierges de toute présence humaine avant l’arrivée des Européens.
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La forêt d’Amazonie, façonnée par l’homme depuis des millénaires

Une centaine de sites ont été découverts dans des zones supposées vierges de toute présence humaine avant l’arrivée des Européens.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h52
    |

                            Marina Julienne








                        



                                


                            

Contrairement à une idée reçue, l’Amazonie des 10 000 dernières années n’avait rien d’une forêt vierge où de rares tribus auraient vécu regroupées le long des fleuves ! La découverte que viennent de publier des chercheurs de l’université d’Exeter (Grande-Bretagne) et de l’université fédérale de Para (Brésil), sous la direction de José Iriarte, le confirme : des populations nombreuses ont habité le sud du bassin amazonien, y compris dans les zones ­interfluviales, au cœur de la forêt, et pas seulement à côté des cours d’eau.
Il y a une dizaine d’années, des archéologues avaient mis au jour dans l’ouest de l’Amazonie, dans l’état de l’Acre, les ­premiers « géoglyphes », immenses et mystérieuses figures géométriques circulaires, rectangulaires ou hexagonales, correspondant à des terrassements qui auraient été édifiés par l’homme entre 2 000 et 650 ans avant nos jours.

D’autres géoglyphes de ce type ont été découverts plus à l’est, notamment dans le Haut Xingu, à 1 800 km de là. « Nous soupçonnions qu’entre les deux il devait y avoir une continuité de peuplement, explique Jonas Gregorio de Souza, coauteur de l’étude qui vient de paraître dans Nature. Mais personne ne s’était intéressé à ces ­régions si peu fertiles qu’on supposait qu’elles n’avaient jamais été habitées. Nous avons donc sélectionné une zone de 500 km sur 250 km, dans le bassin du ­Tabajos [Mato Grosso], et en exploitant des images satellite et des données lidar [détection par laser], nous y avons découvert une centaine de sites qui étaient occupés de 1200 à l’année 1500. »
Dans certains de ces plus grands sites (une des enceintes fait près de 400 mètres de diamètre !) se combinent de multiples terrassements révélant une longue histoire de constructions et de remodelages : fossés, tumulus, chemins creux, restes de villages fortifiés, places plus ou moins grandes, et départs de routes qui rayonnent jusqu’à 1,5 km....




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Il y a dix ans, le géologue Abderrazak El Albani découvrait au Gabon des fossiles multicellulaires de 2,1 milliards d’années, les plus anciens. Mais, faute de financements, ses recherches furent suspendues.
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Paléontologie : une belle découverte sans lendemain

Il y a dix ans, le géologue Abderrazak El Albani découvrait au Gabon des fossiles multicellulaires de 2,1 milliards d’années, les plus anciens. Mais, faute de financements, ses recherches furent suspendues.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h50
    |

                            Sylvestre Huet (Poitiers, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Comment perdre quand on peut ­gagner ? Question de sportifs de haut niveau… mais aussi de scientifiques, tant la compétition côtoie la coopération dans les labos. Une équipe peut perdre en s’acharnant sur une mauvaise idée. En se trompant dans ses calculs. En se montrant incapable de piétiner le savoir acquis pour le dépasser. Mais perdre parce qu’elle manque d’argent alors qu’elle a démarré la compétition en tête, par chance mais aussi par capacité à renverser les idées antérieures, c’est rageant.
Abderrazak El Albani, professeur à l’université de Poitiers, ne cache pas son amertume devant le refus répété – « cinq fois ! », s’exclame-t-il – de l’Agence nationale de la recherche (ANR) de ­financer la poursuite de recherches saluées par de prestigieuses publications ou par leur mise en valeur par le CNRS pour le grand public sur une fresque du métro parisien. Surtout lorsqu’il voit arriver sur le terrain Noah Planavsky, de Yale, et Andrey Bekker, de Riverside (Etats-Unis), Yuichiro Ueno, de Tokyo, le Norvégien Aivo Lepland ou l’Américain Tony Prave, tout contents de l’aubaine, certains de publier dans les meilleures revues sur un sujet aussi excitant.
Multiplier les preuves pour convaincre
En 2008 l’équipe d’El Albani tombe sur un sujet de classe mondiale, dans une carrière de grès au Gabon, près de Franceville. Il y déniche, dans des roches de 2,1 milliards d’années, des macro-fossiles d’organismes multicellulaires de plusieurs dizaines de centimètres. Ils obligeront à réécrire tous les manuels sur l’émergence de la vie complexe. Les paléontologues faisaient jusqu’alors remonter les premiers êtres multicellulaires de taille macroscopique à la faune d’Ediacara (620 à 542 millions d’années). Avant, seuls des unicellulaires, présents depuis 3,8 milliards d’années, peuplent la Terre, « même si de rares traces sont interprétées par certains chercheurs comme de minuscules multicellulaires il y a 1,7 milliard d’années »,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.
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Pédaler permet de retrouver l’immunité de sa jeunesse

Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 13h38
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Faire du vélo n’est pas bon que pour le moral, le cœur, les muscles… mais permet aussi de doper l’immunité. Une étude britannique ­publiée dans la revue Aging Cell vient d’en apporter la démonstration, en montrant que des cyclistes de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans. « Si le sport était un médicament, tout le monde en prendrait », indique même le professeur Norman Lazarus (King’s College de Londres), l’un des coauteurs.
Les chercheurs ont étudié un groupe de 125 adultes – deux tiers étaient des hommes – de 55 à 79 ans qui ont fait du vélo pendant une grande partie de leur vie et le pratiquent encore à raison de deux heures et demie par semaine, avec une intensité modérée mais de façon constante. Ils étaient capables de parcourir 100 km en six heures et demie. Aucun d’entre eux n’était fumeur, gros consommateur d’alcool ou ­atteint d’hypertension. Ce groupe de cyclistes a été comparé à deux autres, l’un ­d’adultes d’âge voisin, et un autre de jeunes adultes (de 20 à 36 ans), en bonne santé mais non sportifs.

Les chercheurs se sont focalisés sur le thymus, cette glande dont la fonction est d’assurer la ­ maturation des lymphocytes T (types de globules blancs ayant un rôle essentiel dans la fonction ­immunitaire) et qui s’atrophie avec l’âge et entraîne une immunosénescence (un déclin du fonctionnement normal du système immunitaire). « Le système immunitaire ­ s’affaiblit à partir de la vingtaine, ce qui explique ­pourquoi les personnes âgées sont plus sensibles aux maladies comme la polyarthrite rhumatoïde et, ­potentiellement, le cancer, explique la professeure ­Janet Lord, directrice de l’Institut de l’inflammation et du vieillissement de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), et coauteure de cette recherche. Cela signifie que ces cyclistes ont une protection supplémentaire contre tous ces problèmes. »
Des lymphocytes plus nombreux
Concrètement, les lymphocytes T étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ Surnommée Icare, elle est jusqu’à un million de fois plus lumineuse et environ deux fois plus chaude que notre soleil.
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Découverte de l’étoile la plus lointaine jamais repérée

Surnommée Icare, elle est jusqu’à un million de fois plus lumineuse et environ deux fois plus chaude que notre soleil.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 04h28
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 07h11
   





                        



   


Des scientifiques ont annoncé, lundi 2 avril, avoir détecté l’étoile la plus lointaine jamais observée : une supergéante bleue située à 9,3 milliards années-lumière de la Terre. Cette découverte a été faite grâce au télescope spatial Hubble de la NASA.
Cette étoile est jusqu’à un million de fois plus lumineuse et environ deux fois plus chaude que notre soleil. Elle s’appelle officiellement MACS J1149 + 2223 Lensed Star-1, mais les scientifiques l’ont surnommée Icare.
Située dans une lointaine galaxie spirale, elle est au moins 100 fois plus éloignée que les autres étoiles précédemment observées, à l’exception des objets, comme les énormes explosions de supernova, qui marquent la mort de certains astres. Des galaxies plus anciennes ont été repérées, mais leurs étoiles individuelles étaient indiscernables.
Remonter le temps
Les scientifiques ont profité d’un phénomène appelé « lentille gravitationnelle » pour repérer l’étoile. Il implique la flexion de la lumière par des amas très massifs de galaxies entre l’observateur et la source lumineuse, ce qui grossit et rend visibles les objets célestes lointains, qui autrement seraient indétectables.
« La partie de l’univers où l’on peut voir des étoiles est très petite, mais cette sorte de bizarrerie de la nature nous permet de voir des volumes beaucoup plus grands », a déclaré l’astronome Patrick Kelly, de l’université du Minnesota, auteur principal de la recherche publiée dans la revue Nature Astronomy.
« Nous serons maintenant en mesure d’étudier en détail à quoi ressemblait l’univers – et en particulier comment les étoiles ont évolué et quelle est leur nature – presque jusqu’aux premières étapes de l’univers et aux premières générations d’étoiles. »
Parce que sa lumière a pris tant de temps à atteindre la Terre, observer cette étoile revient à remonter le temps, quand l’univers avait moins d’un tiers de son âge actuel. Le Big Bang, qui a donné naissance à l’Univers, s’est produit il y a 13,8 milliards d’années.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ Cette découverte, si elle est confirmée, est un argument en faveur de l’existence de la matière noire.
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Découverte d’une galaxie dénuée de matière noire

Cette découverte, si elle est confirmée, est un argument en faveur de l’existence de la matière noire.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 14h25
    |

            David Larousserie








                        



                                


                            
Une absence peut parfois être un bon signe. Dans la revue Nature du 28 mars, des astronomes nord-américains annoncent la découverte de la première galaxie… sans ­matière noire. On pourrait penser naïvement qu’un tel objet affaiblisse les ­tenants de la présence d’une telle matière étrange dans notre Univers. En effet, la théorie explique que peu après le Big Bang, les grumeaux de matière noire ont créé des sortes de puits de gravité au fond desquels la matière originelle a pu s’accumuler afin de former les premières étoiles, les galaxies… Sans cette substance invisible, pas d’Univers.

Mais en fait, dans la suite de l’histoire, les modèles disent aussi qu’il y aura forcément apparition de galaxies sans ­matière noire. C’est par exemple le cas lors de la coalescence de deux galaxies. La matière ordinaire profite de l’énergie libérée lors de la collision pour s’accumuler et former les étoiles, les planètes… Or, comme de telles structures naines n’avaient jamais été vues, les opposants à la matière noire y voyaient un argument en leur faveur. Désormais la galaxie ­baptisée NGC1052-DF2 fait se retourner l’argument contre eux.
Pour affirmer que la nouvelle venue est purement faite de matière ordinaire, les chercheurs l’ont « pesée » en mesurant la vitesse et la luminosité de groupes d’étoiles grâce à plusieurs télescopes dont Hubble et Gemeni, à l’observatoire Keck de Hawaï. Ils ont aussi étudié leur cible grâce à un télescope ingénieux et bon marché, Dragonfly, installé au Nouveau-Mexique et fait de huit téléobjectifs ­professionnels, permettant de voir des faibles luminosités.
Théories alternatives
Leurs calculs montrent finalement qu’il n’est nul besoin d’invoquer une masse invisible pour « tenir » la structure de 200 millions de masses solaires, située à environ 65 millions d’années-lumière de la Terre. Mieux, lorsqu’ils appliquent des théories alternatives à la matière noire, ils trouvent des vitesses en périphérie deux fois plus...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Elle constitue plus d’un quart de l’Univers, mais on ne l’a toujours pas détectée. Va-t-elle nous contraindre à réviser les lois fondamentales de la physique ? David Elbaz, astrophysicien au CEA, revient sur cette quête frustrante et ses implications.
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L’énigme de la matière noire nargue la physique

Elle constitue plus d’un quart de l’Univers, mais on ne l’a toujours pas détectée. Va-t-elle nous contraindre à réviser les lois fondamentales de la physique ? David Elbaz, astrophysicien au CEA, revient sur cette quête frustrante et ses implications.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 14h24
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h41
    |

            Nathaniel Herzberg et 
Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Un vent de tempête souffle sur la physique. Lundi 26 mars, les chercheurs italiens de la collaboration DAMA ont annoncé avoir piégé dans leurs filets la particule fantôme après laquelle court toute la communauté : la matière noire. Deux jours plus tard, la revue Nature a ­annoncé qu’une équipe américaine avait observé, pour la première fois, une galaxie qui en était ­totalement dépourvue.
Pendant ce temps, les principaux détecteurs installés à travers le monde, ainsi que l’immense LHC du CERN, échouent à mettre en évidence ce qui constitue 85 % de la matière et 27 % de l’ensemble de l’Univers. Prélude à une révolution scientifique ? Astrophysicien au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) et auteur d’A la recherche de l’Univers invisible (Odile Jacob, 2016), David Elbaz explique pourquoi la matière noire fait traverser à la physique une crise profonde.
Pourquoi a-t-on besoin de matière noire ?
La matière noire attire autant les astrophysiciens – les chercheurs de l’infiniment grand – que les physiciens des particules, ceux de l’infiniment ­petit. Le nom est venu des premiers. En 1933, un Suisse vivant aux Etats-unis, Fritz Zwicky (1898-1974), a fait des observations inattendues dans l’Univers. Il cherchait l’origine des rayons cosmiques, ces particules qui traversent la Terre et nous-mêmes à des vitesses et des énergies immenses. Il a imaginé qu’il s’agissait d’explosions d’étoiles, a ­inventé ainsi le concept de supernova, puis d’étoile à neutrons, et a voulu les observer. Sauf qu’il n’y a qu’une supernova par siècle dans notre galaxie.
Il a donc essayé de les chercher dans d’autres ­galaxies. Et c’est au cours de cette quête qu’il s’est aperçu que ces galaxies bougeaient trop vite dans les amas (1 000 km/seconde, soit près de 4 millions de km/h). Et, à cette vitesse-là, une galaxie devrait s’échapper de l’attraction de ses voisines. Une force mystérieuse maintenait donc les ­galaxies ensemble.
Comme...




                        

                        

