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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Après la révélation d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution chargée de l’attribution du Prix Nobel de littérature, trois de ses membres ont démissionné.
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Crise historique à l’Académie suédoise, touchée par des démissions en série

Après la révélation d’agressions sexuelles et de favoritisme au sein de l’institution chargée de l’attribution du Prix Nobel de littérature, trois de ses membres ont démissionné.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h43
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h46
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



   


Depuis que l’affaire avait éclaté en novembre 2017, les dix-huit membres de l’Académie suédoise – institution fondée en 1786 et chargée depuis 1901 d’attribuer le prix Nobel de littérature – gardaient le silence. Pas un mot sur les accusations d’agressions sexuelles et de viols visant Jean-Claude Arnault, personnalité culturelle de premier plan en Suède et mari de l’écrivaine et académicienne Katarina Frostenson. Rien non plus sur les subventions que lui versait l’institution, ni sur l’habitude qu’il avait, selon des témoins, d’ébruiter les noms des lauréats du Nobel de littérature avant qu’ils soient officialisés, ou encore le rôle qu’il s’attribuait dans leur sélection.
Et puis, vendredi 6 avril au matin, coup de tonnerre. Deux écrivains, Klas Östergren et Kjell Espmark, annoncent qu’ils claquent la porte, suivis en milieu d’après-midi par l’ancien secrétaire perpétuel, l’historien Peter Englund, redevenu simple académicien en 2015. Une accélération des événements, qui témoigne de l’ampleur de la crise traversée par l’institution depuis novembre 2017.
« Talent et goût »
Dans un communiqué, Klas Östergren, 63 ans, élu en 2014, justifie son départ par les « sérieux problèmes » auxquels fait face l’Académie et les tentatives de « les résoudre en privilégiant des considérations obscures au lieu de suivre le règlement », ce qui constitue, dénonce-t-il, « une trahison à l’égard de son fondateur et de son plus haut protecteur » – le roi Carl XVI Gustaf –, ainsi que de sa devise, « Snille och smak » (« talent et goût », en suédois).
Kjell Espmark, 88 ans, un des doyens de l’institution (où il siège depuis 1981), accuse certains de ses collègues, de faire passer « l’amitié et d’autres considérations hors de propos » avant « l’intégrité » de l’Académie. Même son de cloche de la part de Peter Englund, dont le communiqué publié sur son blog donne quelques précisions sur le contexte de ces démissions en série.
C’est lors d’une réunion entre académiciens tenue jeudi soir à Stockholm que la crise a commencé. À l’ordre du jour : les conclusions de l’enquête menée par un cabinet d’avocat, chargé en novembre 2017 par la secrétaire perpétuelle, Sara Danius, de faire la lumière sur les liens entre les académiciens et Jean-Claude Arnault. Leur rapport devait être rendu public vendredi 13 avril.
Dix-huit femmes accusent
À l’issue de la réunion, les dix-huit académiciens – qui n’étaient déjà plus que seize après que deux de leurs membres ont décidé de ne plus participer aux réunions pour des raisons indépendantes au scandale – n’auraient pas réussi à se mettre d’accord sur la rédaction d’un communiqué de presse. L’académicien Anders Olsson a confirmé également qu’un vote avait eu lieu et qu’une majorité se serait opposée à l’expulsion de la poétesse Katarina Frostenson.
Le scandale avait éclaté le 21 novembre 2017, avec la publication d’une enquête dans le quotidien Dagens Nyheter. Dix-huit femmes y accusaient une « personnalité culturelle de premier plan » de harcèlement, d’agressions sexuelles et de viols. Son nom n’est qu’un secret de polichinelle et il est d’ailleurs bientôt rendu public, alors que plusieurs de ses victimes présumées portent plainte : il s’agit du Français Jean-Claude Arnault, 71 ans, directeur artistique du Forum, un lieu d’évènements culturels à Stockholm.
Quatorze femmes témoignent anonymement, quatre à visage découvert. Les faits auraient eu lieu entre 1996 et 2017 en Suède et à Paris, dans un appartement que possède l’Académie. Elles racontent les agressions, parfois devant témoins, et les intimidations : « Avec cette attitude, je vais faire en sorte que tu ne dures pas longtemps dans la branche ! » ou bien : « Tu ne sais pas à qui je suis marié ? »
Des subventions au « dix-neuvième membre »
Très vite, une question se pose : si tout cela est vrai, les académiciens pouvaient-ils ne rien savoir ? Le 23 novembre, la secrétaire perpétuelle de l’Académie, Sara Danius reconnaît que des « filles » et des « épouses » des académiciens et académiciennes ainsi que des membres du « personnel » ont été « exposées à une intimité non désirée ou un comportement inapproprié » de la part du Français.
Mais le scandale prend une nouvelle tournure quand Dagens Nyheter publie de nouveaux témoignages, début décembre, selon lesquels M. Arnault a touché des subventions versées par l’Académie, dont il se considérait comme le « dix-neuvième membre ». Non seulement il aurait ébruité le nom de lauréats avant qu’ils ne soient annoncés, mais il se vantait d’avoir eu un rôle dans le choix de certains, comme J. M. G. Le Clézio en 2008.
En décembre, l’Académie a modifié son règlement pour éviter les conflits d’intérêt. Mais le scandale atteint désormais des proportions inédites, comme en témoignent les réactions en Suède. Le quotidien Dagens Nyheter parle d’une « catastrophe », pour une « institution en ruines ». « C’est comme observer la tour de Babel qui s’effondre », renchérit Aftonbladet. « Les dix-huit sont en chute libre », constate Expressen.
En mars, le ministère public a annoncé que plusieurs des plaintes déposées contre M. Arnault avaient été classés, les faits dénoncés étant prescrits ou impossibles à confirmer. Mais l’enquête se poursuit concernant les faits les plus récents.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Franck Bauer, père de l’artiste Axel Bauer, faisait partie de la petite équipe de journalistes français qui se relayaient sur les ondes de la BBC pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.
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« Les Français parlent aux Français » : Franck Bauer, la dernière voix de Radio Londres, s’est éteinte

Franck Bauer, père de l’artiste Axel Bauer, faisait partie de la petite équipe de journalistes français qui se relayaient sur les ondes de la BBC pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h48
   





                        



   


« Ici Londres… Les Français parlent aux Français »… Franck Bauer, voix de la Résistance contre l’occupant nazi et ultime survivant de la petite équipe de speakers français qui prononçaient rituellement ces mots sur Radio Londres, est mort vendredi 6 avril à l’âge de 99 ans, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) son fils, l’artiste Axel Bauer.
Dernier survivant de cette équipe, « c’est lui dont on retient la voix et l’image du speaker de Radio Londres » dans les archives de l’époque, et il avait participé à d’importantes commémorations, notamment en 2010 à Londres pour le 70e anniversaire de l’appel du général De Gaulle, a rappelé à l’AFP Axel Bauer.
Résistant, journaliste, secrétaire de la Comédie-Française… Les 1 001 vies de Franck Bauer
Né en juillet 1918 à Troyes, ce fils d’architecte et jeune musicien de jazz, qui s’orientait plutôt vers la profession de son père, s’était engagé au sein de la France libre dès juin 1940, et avait fait partie, de mars 1941 à avril 1943, de cette petite équipe de journalistes français qui, sur les ondes de la BBC, se relayaient pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.
Après avoir été occupé à des missions de propagande, il avait été engagé comme speaker à Radio Londres par son patron, Jacques Duchesne, qui jugeait que son timbre de voix avait les caractéristiques nécessaires pour résister au brouillage allemand.
Il a à ce titre prononcé 578 fois le célèbre indicatif : « Les Français parlent aux Français… », et diffusé des centaines de messages codés à ceux qui luttaient contre l’occupant, dont certains étaient restés gravés dans sa mémoire, comme : « Le crabe va rencontrer les serpents » ou « Le cheval envoie ses vœux à Polydore, sa filleule et ses amis. »
Outre ces messages secrets qui aident à coordonner les actions des résistants, les speakers de Radio Londres, dont les émissions débutaient par quelques célèbres notes au ton grave issues de la 5e Symphonie de Beethoven, relayaient aussi des « messages personnels », et des chroniques destinées à soutenir le moral des Français.
A l’époque, pour ces millions de Français qui écoutaient en cachette Radio Londres, « j’étais l’équivalent de PPDA », avait-il raconté en 2009 au quotidien Le Parisien.
Comme il l’avait expliqué dans 40 à Londres ; l’espion qui venait du jazz, livre paru en 2004 aux éditions Bayard, Franck Bauer avait fini par démissionner quelques mois après le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, pour ne pas, avait-il expliqué, cautionner les messages entérinant la prise de contrôle à Alger de l’amiral Darlan et du général Giraud, au détriment du général De Gaulle.
Il avait alors été envoyé à Madagascar, pour y prendre en main la radio des Français libres. Mais avant d’accepter, il avait fait promettre à Maurice Schumann, autre camarade de Radio Londres, de le prévenir à temps pour pouvoir prendre part au Débarquement en France.
Une promesse tenue, mais après des étapes à Alger et en Ecosse, Franck Bauer ne touchera le sol normand qu’en juillet 1944. C’était quatre ans après avoir quitté la France sur un navire de guerre polonais pour une destination découverte à son arrivée, l’Angleterre, où il avait rallié « par hasard » un général dont il n’avait auparavant jamais entendu le nom…
Après la Libération, il travailla comme reporter de guerre aux Nouvelles du matin, puis à l’AFP, et entre au ministère de la culture. Il fut par la suite secrétaire général de la Comédie-Française, fondateur du premier cabinet de relations publiques en France, professeur à la Sorbonne et commissaire de l’Exposition universelle de 1967, à Montréal.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Notre choix du soir. Le cinéaste américain Adam McKay s’est mué, pour ce film, en critique avisé du système financier (sur Ciné + Premier à 20 h 45).
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TV – « The Big Short » : comédie pédagogique en milieu schizophrénique

Notre choix du soir. Le cinéaste américain Adam McKay s’est mué, pour ce film, en critique avisé du système financier (sur Ciné + Premier à 20 h 45).



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h19
    |

            Jacques Mandelbaum








                        


Film sur Ciné + Premier à 20 h 45

Avec The Big Short, Adam McKay décale son angle de tir. Loin des délires absurdes et infantiles qu’il affectionne, le sujet est cette fois plutôt grave, puisqu’il s’agit de la crise des subprimes, étincelle inaugurale d’une crise économique mondiale. Adam McKay n’en signe pas moins un film drôle, mais d’un nouveau genre dans l’ordre du rire, qu’on pourrait nommer « comique pédagogique ».
Le défi n’est pas mince : il s’agit à la fois de divertir en montrant une brochette de personnages passablement allumés, mus par des affects schizophréniques, et d’informer le spectateur en lui expliquant les mécanismes spéculatifs financiers complexes qui nourrissent leur pathologie.
The Big Short, adapté du livre-enquête éponyme du journaliste Michael Lewis, raconte l’histoire d’une brochette de financiers qui, plus clairvoyants que les autres, ont décelé le caractère délictueux des prêts hypothécaires consentis aux particuliers par les banques, et vu venir l’énormité de la crise des subprimes qui allait s’ensuivre. Tout l’intérêt du film consiste à montrer comment ces personnages, qui ont raison contre leur milieu, vont se positionner à la fois professionnellement et moralement par rapport à ce qu’ils perçoivent comme une catastrophe annoncée.
Dramaturgie pleine de tension
C’est très exactement en cette délicate articulation que le film gagne ses galons. Car, si tous entrent en lutte contre la gigantesque manœuvre qui gangrène les milieux financiers, c’est essentiellement par les mêmes moyens et pour les mêmes fins : la spéculation financière, l’enrichissement personnel, le shoot d’adrénaline.
Ces hommes ont beau être dans le vrai, ils n’en misent pas moins sur l’effondrement général, des spéculateurs comme de leurs victimes, pour mettre du beurre dans leurs épinards. Voilà en un mot la grandeur de The Big Short, qui est de nous rappeler que la probité ne sort jamais gagnante d’un système où l’ultime valeur, le serait-elle au nom d’une certaine définition du bien public, est le profit.
Loin d’être sentencieuse, cette petite leçon de choses néolibérales s’appuie sur une dramaturgie pleine de tension, filme le huis clos à la manière d’un documentaire, ose des caméos brechtiens de la meilleure eau (diverses vedettes appelées à trivialiser en plein milieu de l’action les concepts financiers abscons), tire enfin grand profit d’acteurs à l’abattage frénétique. Christian Bale campe impérialement Michael Burry, ex-neurologue, génie des algorithmes, gestionnaire de fonds excentrico-autarcique, amateur de rock metal et massacreur de batterie, inventeur du mécanisme qui permettra à tous les personnages du film de rafler la mise au moment où Wall Street la perdra.

   


Steve Carell, grande mèche teinte rabattue sur le front, incarne Mark Baum, sorte de Saint-Just perpétuellement indigné d’un milieu dont il fait pourtant partie, ce qui l’énerve encore plus.
Ryan Gosling est Jared Vennett, un jeune loup de Wall Street froid comme la mort, qui a lui aussi senti le coup venir. Finn Wittrock et John Magaro interprètent quant à eux deux jeunes ambitieux gestionnaires de fonds qui vont s’adjoindre le concours d’un ex-tradeur devenu un intégriste de l’écologie (Brad Pitt) pour jouer dans la cour des grands. Autant de héros dont la victoire sera célébrée par un désastre, invitant à considérer The Big Short comme une tragédie qui ne dit pas son nom.
The Big Short, d’Adam McKay. Avec Christian Bale, Steve Carell, Brad Pitt (EU, 2015, 130 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Les 6, 7 et 8 avril a lieu, pour la 34e année, la fête des plantes de printemps au château de Saint-Jean-de-Beauregard.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Figure bouillonnante de la scène française, la maîtresse de ballet est morte dimanche 1er avril, à l’âge de 97 ans.
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La mort de la danseuse et chorégraphe Françoise Adret

Figure bouillonnante de la scène française, la maîtresse de ballet est morte dimanche 1er avril, à l’âge de 97 ans.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h35
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h54
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La danseuse et chorégraphe Françoise Adret, figure bouillonnante de la scène française, est morte dimanche 1er avril, à l’âge de 97 ans. Interprète de Serge Lifar dans les années 1940, chorégraphe elle-même, meneuse de troupe, maîtresse de ballet, inspectrice de la danse au ministère de la culture, elle a endossé tous les rôles avec un dynamisme et une passion inentamés tout au long de sa carrière.
« C’était une femme extraordinaire, une lionne, s’exclame Brigitte Lefèvre, directrice de la danse de l’Opéra national de Paris de 1995 à 2014. Elle savait faire travailler les gens ensemble. Elle avait le sens de l’ouverture, possédait son franc-parler et se fichait des convenances, pas pour cultiver l’originalité pour l’originalité mais parce qu’elle était comme ça. »
Née le 7 août 1920, à Versailles, de son vrai nom Bonnet, Françoise Adret sait dès l’âge de 7 ans « que la danse l’habitera jusqu’à son dernier souffle ». Elle prend ses premiers cours à la fin des années 1920, suivra l’enseignement de professeurs russes fameux, dont celui de « Madame » Rousanne, tout en fréquentant le Palais Garnier, à Paris, où elle découvre les premiers spectacles de Lifar dont elle deviendra l’une des étoiles en 1948 dans Le Pas d’acier.
« Elle aimait les personnalités singulières »
Parallèlement, la même année, elle chorégraphie son premier ballet intitulé La Conjuration. Elle y met en scène un poème de René Char dans un décor de Georges Braque. Entre 1948 et 2000, elle a conçu près d’une soixantaine de pièces, que ce soit pour l’Opéra de Monte-Carlo, de Nice, de Varsovie ou le Ballet de Lorraine. « C’était une bosseuse qui travaillait énormément mais savait aussi se détendre et avait beaucoup d’humour, se souvient la danseuse Muriel Belmondo, qui a collaboré avec elle au Ballet-Théâtre contemporain de 1968 à 1978. Elle m’a appris la discipline, l’endurance. Elle aimait les personnalités...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Pour répondre à cette interrogation qui ne cesse d’être ressassée, le réalisateur se contente de compiler des sketches et des interviews parcellaires (sur France 3 à 20 h 55).
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TV – A la question « Peut-on rire de tout ? », Yves Riou apporte une réponse sommaire

Pour répondre à cette interrogation qui ne cesse d’être ressassée, le réalisateur se contente de compiler des sketches et des interviews parcellaires (sur France 3 à 20 h 55).



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h30
    |

            Sandrine Blanchard








                        


Documentaire sur France 3 à 20 h 55

Trente ans après sa mort, Pierre Desproges est devenu le mètre-étalon de l’humour. « Etonnant, non ? », aurait pu rétorquer l’intéressé. En se demandant avec brio « peut-on rire de tout ? », dans sa célèbre plaidoirie du « Tribunal des flagrants délires », sur France Inter, face à Jean-Marie Le Pen, cet « intellectuel » de l’humour a posé une question qui ne cesse d’être ressassée à l’heure où les réseaux sociaux s’enflamment à la moindre saillie jugée « politiquement incorrecte ». « L’atmosphère plus ­anxiogène pousserait-elle les humoristes d’aujourd’hui à devenir plus frileux ? », se demande le réa­lisateur Yves Riou.
« Eh bien non, affirme-t-il, de manière surprenante, dès les premières minutes de son documentaire. Les plus délurés continuent de s’attaquer aux tabous comme le faisait auparavant Desproges. » Quel dommage que ce postulat soit posé dès le départ ! Car se questionner sur l’évolution du rire et sur la manière dont il aborde les sujets qui fâchent aurait mérité davantage. Mais ce long programme (115 minutes) se borne à accumuler un nombre déraisonnable d’extraits de sketches et des interviews bien trop parcellaires d’humoristes, parmi lesquels François Rollin, Anne Roumanoff, Christophe Alévêque, Yassine Belattar, Haroun, Blanche Gardin, François Morel, etc.
Une conclusion un peu courte
Pour appuyer sa démonstration selon laquelle rien n’a changé depuis Desproges, Yves Riou a découpé son sujet en sept chapitres : racisme, homophobie, antisémitisme, politique, attentat, sexualité, religion. Soit. Il aurait pu ajouter : handicap, armée, femmes. Sur chaque thème, tout est effleuré et rarement analysé. Pourtant, comme le dit Anne Roumanoff, « le curseur change suivant les époques ». L’humour, résume Alex Vizorek, « est un rebond de la société : quand elle évolue, l’humour évolue ».
La peur de la procédure judiciaire, l’engagement politique, l’impact de l’affaire Dieudonné, l’émergence du stand-up, le poids de la religion, l’audace grandissante des femmes humoristes, sont quelques exemples de sujets qui auraient mérité d’être creusés.
« Sentinelles de nos libertés, les humoristes sont salutaires pour notre démocratie, souligne le documentaire. Tant que nous pourrons poser la question “peut-on rire de tout ?”, tout ira bien. » C’est un peu court comme conclusion…
Peut-on rire de tout ?, d’Yves Riou (Fr., 2018, 115 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Dans l’industrie culturelle, les collectifs féministes fleurissent, ferments d’une révolution dont l’affaire Weinstein serait la Bastille symbolique.
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Liberté, égalité, sororité

Dans l’industrie culturelle, les collectifs féministes fleurissent, ferments d’une révolution dont l’affaire Weinstein serait la Bastille symbolique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h46
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Elles se sont donné rendez-vous au Café du Commerce, du côté de Barbès, à Paris. Comme chaque lundi, histoire de battre le fer tant qu’il est chaud et « parce que, quand on est une nana dans l’industrie musicale, on doit parler plus fort pour se faire entendre », soupire Claire Morel en commandant un demi. A peine un an après sa création, l’antenne française de Shesaid.so – « réseau mondial de femmes travaillant dans l’industrie musicale » – compte près de 2 000 adhérentes sur Facebook. Et à travers le monde, depuis 2014, ses bureaux se multiplient, de Los Angeles à Johannesburg, de Londres à New Delhi.
Le réseau. Les femmes l’ont vite compris : pour accéder au pouvoir, il fallait s’organiser. Prises de contact, échanges de bons plans, séances collectives de média training avec une coach : « Il y a un besoin de prendre confiance face au plafond de verre – celui qui existe et celui que l’on se met nous-mêmes. Le collectif permet d’apprendre à dire : “On est là, on est légitimes” », explique Yael Chiara, brand manager (promotion des produits) chez Pias et fondatrice de la section française de Shesaid.so. D’apéros où l’on confronte les expériences en plongées studieuses dans des conventions collectives (et leurs grilles salariales) que personne n’applique ni même ne connaît dans ce milieu ultralibéral qu’est paradoxalement l’industrie culturelle, le groupe pratique le club au sens anglo-saxon du terme : business et networking.
Rachel Graham, cheveux raides sous son bonnet vert, lunettes double foyer et piercing sur la langue, a quitté le Kentucky pour l’Ecosse à 19 ans. Glasgow, Londres, Paris… vingt ans plus tard, elle est aujourd’hui ici responsable de l’édition musicale chez InFiné. « Mon milieu, c’est l’électro, raconte-t-elle. A Londres, quand j’ai arrêté de boire, j’ai quitté les pubs et avec eux les réseaux masculins. C’est là que s’est fait le déclic. »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le chanteur et poète Jacques Higelin est mort le 6 avril à Paris à l'âge de 77 ans.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ La créatrice de Do Disturb revient sur la genèse de ce festival au Palais de Tokyo.
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Vittoria Matarrese : « Il y a un retour du texte dans la performance »

La créatrice de Do Disturb revient sur la genèse de ce festival au Palais de Tokyo.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h22
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h22
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

Do Disturb, cet enfant turbulent devenu le grand rendez-vous de la performance à Paris, envahit le centre d’art tout le week-end. Rencontre sous forme de bilan avec Vittoria Matarrese, sa créatrice, à l’occasion de cette quatrième édition.
En quatre ans, Do Disturb, ovni à son lancement, a su imposer son style et son fonctionnement singulier. D’où est venue l’idée de sa forme, très profuse, qui s’empare de façon synchronisée de tous les espaces du Palais de Tokyo ?
En 2011, à la fin des travaux de réaménagement, on avait imaginé un projet d’« entrouverture » : j’avais alors programmé trente heures de performances non-stop, qui ont précédé l’ouverture officielle. L’idée était d’habiter tous les espaces du bâtiment pour donner au public la possibilité de tout visiter. C’est cette approche qui a dessiné les contours de Do Disturb. Ça fonctionnait si bien qu’on a eu envie de refaire un événement de ce type. Et en 2015, nous avons enfin eu le budget pour le faire.
L’impression de joyeux désordre qui s’empare du bâtiment n’est qu’une impression…
On dirait que c’est un chaos très loufoque, mais on travaille avec des « toppers » de théâtre, des gens qui donnent le top de départ et de fin. Chaque espace exploité a son régisseur, qui est relié par talkie-walkie à l’équipe de production. L’idée c’était vraiment de travailler par infiltration dans les espaces, de retravailler complètement la notion de scène et de temporalité et de ne surtout pas donner des pièces standard. D’où cette forme de promenade entre les performances, parmi les projets, qui laisse au public la liberté de choisir parmi une large palette artistique. C’est donc un grand moment de folie, avec des projets exigeants, mais c’est aussi un grand moment de divertissement. C’est important de mélanger les genres dans les institutions, d’ouvrir au maximum. C’est dans la prise de risques que l’on fait des découvertes.

Chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le pianiste américain, considéré comme l’un des inventeurs du free jazz, avait 89 ans.
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Mort de Cecil Taylor, pianiste et improvisateur furieux du jazz

Le pianiste américain, considéré comme l’un des inventeurs du free jazz, avait 89 ans.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h32
    |

                            Francis Marmande








                        



   


Né à Long Island City le 15 mars 1929, compositeur de l’instant, athlète du piano, poète et danseur, Cecil Taylor est mort jeudi 5 avril, à l’âge de 89 ans, chez lui à Brooklyn (New York). Qui rendra hommage aux mères afro-américaines, exquises coupables des prénoms de leurs rejetons ? Cecil Percival Taylor, Ornette Coleman, Thelonious Sphere Monk, Archie (rien à voir avec Archibald) Shepp… Sans compter avec ce « Cecil » aux airs épicènes.
Improvisateur impétueux, activiste des furieuses révolutions de la musique africaine-indienne-américaine, praticien de yoga préparant chaque performance comme un exercice total – expérience intérieure doublée d’une fantastique énergie corporelle : il serait aussi stupide que contraire à ses volontés (sacrées) de réduire Cecil Taylor au sinistre cliché de « jazzman », ou, pis encore, de « musicien de free jazz », cet introuvable fourre-tout.
Un acteur considérable de l’avant-garde
Ce serait aussi inspiré que de tenir Pierre Boulez pour un artiste des Folies Bergère, au prétexte qu’il y fut ondiste (pratiquant les ondes Martenot) durant trois ou quatre saisons. Cecil Taylor est un acteur considérable de l’avant-garde et de l’amour des musiques. Sa gaité, cette énergie débridée, ces déferlantes qu’on ne connaît à personne, ni en « jazz », ni en musique contemporaine, ni au gymnase, d’où surgissaient-elles en lui ? Et cette élégance vestimentaire, ces mouvements dansants quand il parlait ?
Corona, Long Island : père domestique d’un sénateur blanc – excellent cuisinier, conteur, chanteur, diseur de mythes et histoires du peuple afro-américain. Mère indienne. Grands-parents, on vous le donne en mille, écossais. Et pour faire bonne mesure, l’autre grand-mère, la maternelle, également indienne. La mère joue du piano, parle français et allemand, est férue de théâtre et lui donne une professeure de piano, Mrs Hodgkinson. Dont l’époux est percussionniste (blanc) au NBC Symphony Orchestra que dirige, mais oui, Arturo Toscanini.
Sa passion des percussions – ne jamais oublier que le piano est aussi un instrument de percussion – se double de celle des imitations (Chick Webb, Cab Calloway…) Un oncle violoniste, proche du batteur Sonny Greer, un autre oncle pianiste et non moins batteur, un cousin que l’on tient pour le premier « noir » à avoir joué à la radio : chez les Taylor, les structures de la parenté, style Levi-Strauss, s’apparenteraient à d’amusants tropiques irriguant quelque big band. D’où « ce flux sonore ininterrompu, aux densités et intensités variables, dont les concerts et les disques ne sont que dévoilements ponctuels » dont parle un de ses meilleurs exégètes, Philippe Carles.

En 1954, Cecil Taylor joue avec Bill Bailey et Buck les illustres tap-dancers (Buck and Bubbles). La mort de sa mère, l’année suivante, l’éloigne du piano. Sports, batterie, prix remporté lors d’un concours radiophonique, premier « gig » : le big band d’un hôtel des Monts Catskill. Ce triomphe est très momentané, car le patron, figurez-vous, n’aime pas les musiciens noirs. Et le vire.
Trois ans de conservatoire : il travaille l’orchestration et l’harmonie, et doit résister aux réflexions racistes du professeur de composition. Découverte du be-bop grâce au saxophoniste Andrew McGhee. Nat Hentoff, formidable passeur, l’invite à son micro. Au Hi-Hat Club, Cecil Percival voit Charlie Parker.
Ce n’est que plus tard qu’il découvre Lennie Tristano, et sa pratique mentale du piano en est chamboulée. De Monk, Sphere donc, il dira : « C’est la base ». Ses premiers groupes ne sont accueillis que par des bars minables (Cecil Taylor…). Petits boulots de survie – à la même époque, Ornette Coleman est groom d’ascenseur –, et ici ou là, un orchestre : musique antillaise, Johnny Hodges (un remplacement, sans doute), quelques leçons de musique. Steve Lacy, avec qui il joue, est un de ses « élèves ».
« Mr Rollins m’a dit un soir, dans la cuisine du club, surtout ne change rien, sous aucun prétexte, rien ! »
Une belle rencontre, celle du bassiste Buell Neidlingler très récemment disparu (le 16 mars) avec qui il forme un groupe. Denis Charles en fait partie. Ils se préparent à enregistrer. Après la mort de son père, il attaque ce chemin de Compostelle modestement freudien qu’on appelle la cure psychanalytique (1956-63). Engagé au Five Spot où le rejoint Steve Lacy : ils en font le rendez-vous des artistes du « Village », et participent au Festival de Newport.
Collaborations choisies ou dirigées : Coltrane, Archie Shepp, dans la pièce The Connection ; Jimmy Lyons et Sunny Murray l’accompagnent à Copenhague (1962). Une dernière fois, il joue avec Albert Ayler, rencontré à Stockholm… Grande aventure de la Jazz Composers Guild animée par Bill Dixon et soliste invité par le Jazz Composers Orchestra que cornaquent Mike Mantler et Carla Bley. C’est tout d’un coup les lois de l’univers qui changent. Ce que consacreront les Nuits de la Fondation Maeght que l’on doit à Daniel Caux (1969). En revanche, les grands labels manifestent peu d’entrain, et il crée son propre Unit Core.

Nombre de musiciens y défilent. Il enseigne dans trois universités et multiplie les collaborations avec danseuses et danseurs (Diane McIntyre…). Deux duos marquent les années 1976-79 : avec Friedrich Gulda et Max Roach. Son all–stars (Enrico Rava, Franck Wright, Gunter Hampel, William Parker…) parcourt l’Europe. Après la mort du fidèle Jimmy Lyons (1985), il forme le Feel Trio (William Parker et Tony Oxley), sollicite la voix, crée des pièces « alimentées par des textes de son cru et des pas de danse d’inspiration amérindienne » (Carles).
À l’été 1995, oublié des 365 festivals hexagonaux, autant que de fromages, il est, grâce à Alain Kirili, sculpteur avec qui il collabore à New York, appelé par Bernard Lubat pour la Hestejada d’Uzeste Musical. Récital éblouissant, danses comprises, pas besoin du mode d’emploi. Il ne parut étonnant à personne qu’après une telle fête, dans la cuisine de Marie Lubat (mère de l’artiste, magicienne de l’omelette aux cèpes), on vit s’entretenir longuement Marie Lubat et Cecil Taylor, probablement en amérindien gascon scottish.
Mystère des cuisines de musique
Pour lui, jouer est un acte total. Engagement sans faille du système nerveux central. Ce qui ne manque jamais de dérouter son auditoire, moins par son inassimilable bouillonnement que par ses rites et ses manières : petites danses gracieuses, féminines, apprivoisement du grand piano, incantations du secret, tout faisait tordre le nez d’un public venu pour écouter ce qu’il reconnaissait, entendre du piano pianoté. A moins que l’auditoire admît de recevoir ce que lui, Cecil Taylor, offrait sans compter : Amphithéâtre d’Assas en 1967, Nuits de la Fondation Maeght (1969), Newport à New York (1973), Chateauvallon (1973), Uzeste Musical (1995), Banlieues Bleues (2002), etc.
Durant ses deux semaines avec Sonny Rollins au Vanguard, « Mr Rollins m’a dit un soir, dans la cuisine du club, surtout ne change rien, sous aucun prétexte, rien ! » Il se chargera de faire passer, glissant plus tard à la contrebassiste Joëlle Léandre (très joli film de Jean-Paul Fargier) : « Ne te bile pas, Joëlle, va ton chemin, you’re great, sois simplement toi-même… » Tous les musiciens l’ont su : il se professait autant de philosophie dans la minuscule cuisine du club mythique du 178, 7e Avenue, que dans sa salle si délicieusement inconfortable. Phénomène du solo, grand dénicheur de duos, pratiquant tous formats et toutes rencontres, poussé par le génie du saisissement, Cecil Taylor n’aura jamais imité personne, même pas Percival Taylor. Sans rien changer, sans rien lâcher : « suivez les arbres, les saisons, les étoiles. Je suis vivant. J’ai connu le malheur, mais je suis un être vivant. Ma musique est la célébration des forces vitales. L’approbation de la vie jusque dans la mort » nous disait-il dans un hôtel pour cadres, cadresses et cadrillons, de la porte de Pantin.

Cecil Taylor en quelques dates
1929 : naissance à Long Island
1955 : premier quartet d’avant-garde (avec Steve Lacy puis Archie Shepp)
1964 : participe à la Jazz Composers Guild (Mike Mantler, Carla et Paul Bley, Sun Ra, Archie Shepp, etc.)
1969 : Nuits de la Fondation MAeght
1976 : duo avec Fiedrich Gulda
1978 : duo avec la pianiste Mary Lou Williams
2018 : mort





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Notre journaliste Yann Plougastel, qui l’avait rencontré à de nombreuses reprises, a répondu à vos questions sur le chanteur, mort vendredi à l’âge de 77 ans.
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« Higelin adorait les accidents, les surprises au milieu d’une chanson »

Notre journaliste Yann Plougastel, qui l’avait rencontré à de nombreuses reprises, a répondu à vos questions sur le chanteur, mort vendredi à l’âge de 77 ans.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h03
   





                        



Jacques Higelin est mort, vendredi 6 avril, à Paris, à l’âge de 77 ans, laissant derrière lui une vingtaine d’albums qui ont marqué la chanson française, et des tubes comme Pars, Champagne ou Tombé du ciel. Notre journaliste Yann Plougastel a répondu à vos questions sur ce chanteur hors norme.

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                La longue carrière de Jacques Higelin, artiste fantasque et bondissant



Eddie Van Halen : Bonjour, j’ai 26 ans et avoue ne pas bien connaître Jacques Higelin, est-ce le même type de rock français que Johnny Halliday (c’est-à-dire une francisation de musiques anglo-saxonnes à destination d’un public exclusivement francophone) ou cela va-t-il un peu plus loin ?
Pas vraiment, cher Eddie. A cause des paroles largement plus foutraques et lyriques. Mais aussi de la musique, qui n’était pas une adaptation bête et méchante du gros rock américain, mais une sorte de transposition électrique d’une tradition française issue de Brassens, Trenet, Barbara, dont il était d’ailleurs très proche.
De Martinique : J’ai eu la chance de le voir seul sur scène avec son piano. J’étais gamin, 14-15 ans. J’en ai 53 aujourd’hui et je me souviens encore. Son énergie, sa joie exaltée. Il rayonnait et nous emmenait tous ensemble dans ses nuages. Quel fabuleux voyage ! J’aimerais savoir à quand remonte son dernier album ? N’avait-il pas des difficultés à se produire ces dernières années ? Et si oui, pourquoi ?
Son dernier album, Higelin 75, remonte à 2016. Il ressemble aux longues improvisations enfiévrées de ses débuts. Depuis 2014, il n’était pas remonté sur scène. D’abord à cause de problèmes d’audition, puis une profonde fatigue, qui l’empêchait de sortir.
Annie : Savez-vous quelles sont les causes de sa mort ? J’ai entendu qu’il était malade…
Il était malade depuis le mois de juin 2017 et hospitalisé, mais je ne connais pas la nature de sa maladie, qui le handicapait fortement.
Marion : Savez-vous où et quand auront lieu les obsèques, et s’il est possible d’y assister ? Merci.
Daniel Colling, son manager, a fait savoir qu’elles auraient lieu au Père-Lachaise la semaine prochaine, mais nous n’en savons pas plus à l’heure actuelle.
Champagne : J’ai de grands souvenirs de concert avec Jacques Higelin… Etaient-ils aussi improvisés qu’ils en avaient l’air ?
Il y avait effectivement une grande part d’improvisation. Higelin adorait les accidents, les surprises au milieu d’une chanson. Il était capable de rebondir sur une phrase lancée par un spectateur, mais il s’appuyait sur ses chansons déjà écrites. Parfois, sur scène, ses musiciens avaient du mal à le suivre.
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                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le chanteur Jacques Higelin, auteur, compositeur, interprète, pose avec le grand prix du disque que l’académie Charles-Cros vient de lui décerner en mars 1977, à Paris."
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            data-slide-description="Sur le tournage du film « La Bande du Rex », à Paris, le 30 avril 1980."
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            data-slide-description="Jacques Higelin (à gauche) serre la main du ministre de la culture, Jack Lang, en décembre 1983, à l'Opéra de Paris, lors d’une cérémonie de remise de prix. L’artiste s'est vu décerner le grand prix de la chanson."
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            data-slide-description="Le président François Mitterrand (à gauche) écoute Charles Trenet et Jacques Higelin interpréter en duo « Qu’il est beau le bruit de l’eau », lors de la soirée d’inauguration du Zénith à Paris, le 12 janvier 1984."
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            data-slide-description="Jacques Higelin lors d’un concert à la Fête de « L’Humanité », à Paris, le 14 septembre 1986."
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            data-slide-description="Jacques Higelin interprète une chanson, le 23 avril 2005 au Printemps de Bourges, lors d'une manifestation de soutien aux otages Florence Aubenas et Hussein Hanoun, alors retenus en Irak."
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            data-slide-description="Le chanteur, le 28 septembre 2006 au Bataclan à Paris, où une soirée de parrainage de familles délogées a été organisée par les associations RESF (Réseau éducation sans frontières) et DAL (Droit au logement)."
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            data-slide-description="En soutien à Ségolène Royal alors candidate socialiste à la présidence de la République, avec Renaud (à gauche), Philippe Torreton (2e à gauche) et Benabar, au stade Charléty, à Paris, le 1er mai 2007."
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            data-slide-description="Jacques Higelin et deux de ses enfants : les chanteurs Izia (au centre) et Arthur H, après avoir participé à l’émission « Le Grand Journal » de Canal+, le 19 mars 2010 à Paris."
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            data-slide-description="Lors d’une manifestation de soutien à des travailleurs immigrés clandestins, le 6 juin 2010 devant l’Opéra Bastille à Paris."
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            data-slide-description="Jacques Higelin participe à la campagne White Wave pour protester contre la violence en Syrie, le 17 avril 2012 sur la place du Trocadéro à Paris."
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Le chanteur Jacques Higelin, auteur, compositeur, interprète, pose avec le grand prix du disque que l’académie Charles-Cros vient de lui décerner en mars 1977, à Paris.

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Nicolas : Il avait, sur disque et en concert surtout, beaucoup mis en avant ses excellents musiciens. Qui non seulement étaient bons, mais savaient le suivre dans ses délires et improvisations folles. Qui étaient ces merveilleux accompagnateurs et accompagnatrices ? Des réguliers ? Avait-il des musiciennes et musiciens « habituels » avec lesquels il composait, ou qu’il retrouvait en concert ?
Il y a eu de nombreux musiciens qui ont su l’accompagner dans ses délires. Areski, bien sûr, rencontré à l’armée pendant la guerre d’Algérie. Puis Simon Boissezon, un guitariste qui l’a amené au rock. Il faut également citer l’immense Manu, son percussionniste, qui mieux que personne savait entrer dans son monde. Rodolphe Burger, le leader de Kat Onoma, l’a aidé à enregistrer ses derniers disques.
Johnny : Quelles ont été ses influences artistiques ?
Il a commencé par chanter du Maurice Chevalier dans les cinémas de banlieue. Mais c’est surtout Charles Trenet qui l’a influencé. Grâce à lui, il a découvert le swing et le jazz. Il s’est mis à écouter Billie Holiday et les chanteurs de blues… Ensuite le guitariste Henri Crolla l’a ouvert au jazz manouche et lui a appris à jouer de la guitare. Après une période très rive gauche, il s’est mis à des morceaux plus déstructurés, grâce à la fréquentation de Pierre Barouh et de son label Saravah, où il a rencontré l’Art Ensemble of Chicago et d’autres musiciens de free jazz.
pesto : Quel est son meilleur album studio ?
Champagne pour tout le monde et Caviar pour les autres, en 1979, parce que les textes sont d’une élégance folle et les mélodies d’une légèreté enivrante. Beau repaire, en 2013, à mon avis, car il renoue avec le Trenet bondissant de ses débuts. Avec un faible pour Tombé du ciel, en 1988 qui, lui aussi, joue sur l’espièglerie.
Eau : Que pensez-vous de sa collaboration avec Areski et Brigitte Fontaine ?
Ce fut une rencontre essentielle pour lui. Il a fait son service militaire avec Areski et ils ont joué dans la même fanfare. Il se sont ensuite retrouvés dans les cafés-théâtres du Quartier latin à improviser à la Vieille Grille, par exemple, des spectacles sans fin, totalement déconnant.
Ensuite, il a chanté avec Brigitte Fontaine, la compagne d’Areski, des ballades faussement romantiques, qu’il faut écouter au second degré. La folie de Brigitte Fontaine correspondait à ses propres embardées. Ils étaient vraiment complices.
Merci de ce chat émouvant : Avez-vous rencontré Jacques Higelin, et si oui, quel souvenir gardez-vous de l’homme ?
Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises. Je le connais depuis 1970, sans doute. Je l’ai d’abord vu sur scène comme beaucoup. Ensuite, je l’ai mieux connu grâce à Nicole, la mère d’Arthur, qui appartenait à la même organisation d’extrême gauche que moi. Nous avons fait des manifs ensemble, où il animait une sorte de fanfare. Je l’ai ensuite interviewé de multiples fois. J’ai plein d’anecdotes, mais là, c’est un peu difficile de tout raconter. C’était une époque plus facile, où tout le monde se rencontrait facilement. En dessous de là où j’habitais, il y avait une partie du groupe Téléphone. D’où des fêtes incroyables avec Jacques ou Dick Annegarn, par exemple.
La dernière fois que je l’ai vu en tête à tête, c’était chez lui à Pantin pendant tout un après-midi. Il neigeait. Nous ne nous étions pas revus depuis quelques années. Je suis parti quand il était au téléphone, pour ne pas le déranger. Il m’a rattrapé dans la rue, m’a embrassé et m’a dit : « Il ne faut plus qu’on laisse passer autant de temps. » Nous avions plein d’amis en commun. Paul, son frère. Et Anne-Marie Paquotte, une journaliste de Télérama, qui est morte voici quelques années et sur qui il avait écrit un hommage bouleversant.
Gustave : A-t-il déjà collaboré musicalement avec ses enfants Arthur et/ou Izia ?
Il a écrit plusieurs chansons sur Izia. Il l’a toujours soutenue. Je me souviens d’avoir vu Jacques à un concert au Bataclan d’Izia. Il était planqué au balcon. Quand le public l’a reconnu et l’a applaudi, il s’est retiré dans l’ombre, en montrant la scène et sa fille. Il était épaté par elle. Ils ont souvent chanté ensemble sur scène.
Même chose pour Arthur, bien sûr.

   


James : A-t-il été source d’inspiration pour différents artistes ?
Sa liberté et sa façon d’être sur scène ont façonné plus qu’une génération de chanteurs et chanteuses. Cali, sans doute, Téléphone aussi… Par sa façon de mettre le rock dans la chanson française en faisant exploser les carcans de la chanson rive gauche. Il a torpillé les rimes faciles en y mettant des beats en béton armé. Sa poésie loufdingue et surréaliste est dans la continuité d’un Trenet, à partir de là, il a ouvert le champ aux autres…
Monalisa : A votre avis, quel serait son héritier aujourd’hui ?
A mon avis, il n’y en a pas, malheureusement. Peut-être Jeanne Cherhal dans un registre un peu différent. Et son fils Arthur H, bien sûr, qui a eu le talent de se faire son propre univers.

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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A écouter cette semaine : une violoncelliste française pleine d’avenir, les chromatismes impressionnistes d’une pianiste danoise, une alliance réussie entre Cuba et New York…
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Sélection albums : Astrig Siranossian, Kathrine Windfeld, Orquesta Akokán…

A écouter cette semaine : une violoncelliste française pleine d’avenir, les chromatismes impressionnistes d’une pianiste danoise, une alliance réussie entre Cuba et New York…



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h32
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 15h39
   





                        


Astrig Siranossian Cello Concertos Astrig Siranossian (violoncelle), Sinfonia Varsovia, Adam Klocek (direction)

   


Avec Astrig Siranossian, la constellation des jeunes violoncellistes français appelés à briller dans le ciel international s’enrichit d’une nouvelle étoile. Les deux concertos qu’elle présente ici sont un peu comme le jour et la nuit. Celui d’Aram Khatchaturian, composé en 1946, est aussi coloré que sa célèbre Danse du sabre mais plus finement. Celui de Krzysztof Penderecki, son n° 2, créé en 1982 par le légendaire Rostropovitch, est sombre et oppressant. Les deux œuvres se rejoignent toutefois dans un même parti expansif. L’archet d’Astrig Siranossian y adhère avec une pertinence renouvelée. Soyeux et virtuose, il met le feu aux poudres de l’arsenal Khatchaturian ; rêche et pénétrant, il fait jaillir la flamme de la conscience Penderecki. Si le crin de la violoncelliste semble changer d’un concerto à l’autre, le grain de l’orchestre aussi. Un tour de force dans la pigmentation et dans la densité de la Sinfonia Varsovia, réalisé par Adam Klocek. Pierre Gervasoni
1 CD Claves.
Degout/Pichon/Pygmalion Enfers Scènes d’opéra de Rameau (Zoroastre, Dardanus, Castor et Pollux, Hippolyte et Aricie, Les Surprises de l’amour, Les Boréades) et de Gluck (Iphigénie en Tauride, Armide, Orphée et Eurydice). Stéphane Degout (baryton), Ensemble Pygmalion, Raphaël Pichon (direction)

   


Frappant, détonnant, bouleversant : les mots se bousculent pour désigner ces  Enfers  – plutôt un paradis pour la musique. Le prétexte dramaturgique est d’une intelligence virtuose, qui déploie de savoureuses mises en abyme. A l’évocation du célèbre tragédien Henri Larrivée (1737-1802), interprète privilégié de Gluck et Rameau, se mêle la parodie anonyme d’un « Requiem » païen élaboré à partir d’airs d’opéras. Styliste de grande classe, le baryton Stéphane Degout se révèle pour Hadès un hôte de choix, dont le noir métal du timbre, la noblesse frémissante et l’intelligence dramaturgique guerroient dans cet affrontement métaphysique qui confronte l’homme avec le mystère de sa propre fin. Tourments furieux, plaintes insondables, angoisses, peurs et colère, jusqu’à l’apaisement élyséen (entrée de Polymnie dans Les Boréades) jalonnent ce séjour des morts où compagnonnent parfois le soprano d’une Emmanuelle de Négri et le ténor de Stanislas de Barbeyrac. La Phèdre superlative de Sylvie Brunet-Grupposo reste d’ores et déjà mémorable. A l’aune de cette excellence, les formidables musiciens de Pygmalion sous la direction d’un Raphaël Pichon, dont la réputation atteint désormais aux Champs-Elysées. Marie-Aude Roux
1 CD Harmonia Mundi.
Kathrine Windfeld Latency

   


Révélée en fin 2015 avec un premier album, Aircraft, qui lui a valu le titre, en 2016, de « Nouvelle Artiste jazz de l’année » des Danish Music Awards, victoires de la musique danoise, qui récompensent en une seule cérémonie tous les genres musicaux, la pianiste, compositrice et arrangeuse Kathrine Windfeld confirme tous ses talents avec un deuxième album à la tête de son big band, Latency. Un big band dans la tradition, avec pupitres des vents (trompettes, trombones, saxophones), piano, guitare et rythmique qui rassemble des interprètes danois, suédois et norvégiens. L’ensemble valorise l’écriture de Kathrine Windfeld, qui va et vient de chromatismes impressionnistes (Leaving Portland, Roadmovie), qui évoquent Gil Evans ou Kenny Wheeler, en propulsions toutes de densité et vagues emportées (Wasp, Double Fleisch). Sylvain Siclier
1 CD Stunt Records/Una Volta Music.
DPU Golden Years

   


Saxophoniste notamment nourri au jazz – le duo avec le saxophoniste Philippe Herpin, Anches Doo Too Cool, du début des années 1980 est encore dans la mémoire – au rock et la pop, Daniel Pabœuf a fondé à la fin des années 2000 le groupe DPU, sigle de Daniel Pabœuf Unity. Avec lequel se fait entendre, dans ce nouvel album, Golden Years, une alliance particulièrement bien menée entre l’emploi des machines musicales (Hélène Le Corre, dite Mistress Bomb H aux échantillonneurs, traitement des sons) et les instruments « traditionnels » (saxophone, David Euverte aux claviers et Nicolas Courret à la batterie). Il y a aussi dans la voix de Daniel Pabœuf quelque chose de la théâtralité de David Bowie et d’Iggy Pop. En huit compositions, souvent dans un lyrisme sombre mais jamais pesant, cet envoûtant Golden Years est une réussite. S. Si.
1 CD Il Monstro/L’Autre Distribution.
Orquesta Akokan Orquesta Akokan

   


Cuivres flamboyants, chanteur vertigineux, percussions mordantes et canailles, du mambo, du son montuno et du guaguanco : tous les ingrédients pour une vibrante et lumineuse invitation à danser sont là. En novembre 2016, une petite vingtaine de musiciens cubains et new-yorkais se sont réunis dans l’historique studio Areito de la Havane. Des talents sûrs, dont le chanteur José « Pepito » Gómez, exilé depuis 2008 dans le New Jersey, qui a commencé sa carrière au sein du légendaire Orquesta Maravillas de Florida, créé à la fin des années 1940, dans la province de Camargüey, au centre de l’île, et le pianiste César « Pupy » Pedroso, qui a fait les beaux jours du groupe Los Van Van. D’autres ont joué dans Irakere, NG la Banda. Bref, des musiciens à pedigree. En trois jours, sous la direction des Américains Michael Eckroth (pianiste de jazz, entendu entre autres aux côtés du guitariste John Scofield, il signe les arrangements des neuf compositions) et Jacob Plasse (producteur et créateur du label new-yorkais Chulo Records), ils ont réalisé l’un des albums de musique cubaine les plus excitants que l‘on ait entendus depuis longtemps. Patrick Labesse
1 CD Daptone Records/Differ-ant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Pour l’un des artistes les plus intenses de la fin du XXe siècle en France, tout était bon pour créer le malaise.
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Sélection galerie : Daniel Pommereulle chez Christophe Gaillard

Pour l’un des artistes les plus intenses de la fin du XXe siècle en France, tout était bon pour créer le malaise.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h23
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 15h25
    |

                            Philippe Dagen








                        



   


Daniel Pommereulle (1937-2003) a été un des artistes les plus intenses de la fin du XXe siècle en France. Tout lui était bon pour créer le malaise. Pour obtenir ses Objets de prémonition, dans les années 1970, il plantait poignards, scalpels et crochets barbelés dans des formes de plomb plié ou tressé ou dans des pots de peinture aux flancs plus transpercés de pointes que saint Sébastien lui-même. Dans les décennies suivantes, il a trouvé dans le verre de couleur son matériau de prédilection, en plaques et en blocs, écornés ou fracturés, avec structures de métal et parfois du marbre.
Ces sculptures, absolument ­singulières en leur temps et aujourd’hui encore, étaient ­précédées d’études au fusain et accompagnées d’œuvres sur papier d’une trompeuse douceur, la série Flüchtig (1998-2001) particulièrement. Pommereulle y fait naître une tension entre des ­couleurs charmeuses et des formes organiques ou ­minérales qui n’ont rien de tendre ni de caressant. Ce jeu de contradictions n’a guère été compris par la critique et les­­ ­amateurs du vivant de l’artiste. Le courant s’est enfin inversé, et le nom de Pommereulle recommence à circuler. L’exposition actuelle, grande et diverse, est une contribution majeure à cette ­réévaluation.
Simultanément, dans son petit espace, la galerie présente quelques photomontages du surréaliste­ ­Pierre ­Molinier (1900-1976), scabreux et drôles à la fois.
« Je traverse, et nous restons… », par Daniel Pommereulle (Estate), galerie Christophe Gaillard, 5, rue Chapon, Paris 3e. Tél. : 01-42-78-49-16. Du mardi au samedi de 10 h 30 à 12 h 30 et de 14 heures à 19 heures. Jusqu’au 28 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Mille marionnettes fabriquées à la main ! Le réalisateur a poussé très loin son obsession du détail pour « L’Île aux chiens », en salle le 11 avril. Visite du studio londonien où cette fable politique en « stop motion » a été réalisée.
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Le monde canin de Wes Anderson


                      Mille marionnettes fabriquées à la main ! Le réalisateur a poussé très loin son obsession du détail pour « L’Île aux chiens », en salle le 11 avril. Visite du studio londonien où cette fable politique en « stop motion » a été réalisée.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h01
    |

                            Maroussia Dubreuil








                              

                        

Il y a trois ans, à l’occasion d’un goûter, le réalisateur Wes Anderson, ses collaborateurs habituels Roman Coppola et Jason Schwartzman, ainsi que l’acteur et scénariste japonais Kunichi Nomura (vu dans The Great Budapest Hotel et Lost in Translation) se découvraient une passion commune pour les films d’Akira Kurosawa, les chiens et les déchetteries. Alors que leur thé infusait, les quatre hommes commençaient à imaginer le scénario de L’Île aux chiens : dans un futur proche au Japon, à la suite d’une épidémie de grippe canine, le maire corrompu de Megasaki juge les chiens de sa ville dangereux et les envoie sur l’Île poubelle. Atari, un jeune orphelin courageux, vole un avion pour retrouver son fidèle compagnon, Spots, au milieu des détritus.
« Un film en stop motion, c’est comme si on devait travailler dans un monde douze fois plus petit et deux cents fois plus complexe. » Andy Gent, le chef marionnettiste
Pour réaliser cette fable politique sur les exclus et la montée des courants populistes, Wes Anderson choisit de revenir à l’animation en volume (plus couramment en anglais, stop motion), huit ans après l’avoir utilisée dans Fantastic Mr. Fox. Une technique artisanale qui consiste à enregistrer image par image les mouvements d’objets ou de marionnettes en 3D. « Je dis toujours que, si on réalise un film en stop motion, c’est comme si on devait travailler dans un monde douze fois plus petit et deux cents fois plus complexe que tout ce qu’on a pu réaliser jusqu’alors, puisqu’il faut en construire chaque élément », explique Andy Gent, le chef marionnettiste du film.
Plus de 670 personnes, dont 70 aux commandes du département des marionnettes et 38 autres au sein du département d’animation, vont ainsi s’affairer pendant deux ans dans les célèbres studios de télévision et de cinéma 3 Mills, dans les quartiers Est de Londres. Résultat : mille marionnettes entièrement fabriquées...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Le chanteur engagé est mort vendredi à Paris, à l’âge de 77 ans. Il a connu le succès à la fin des années 1970 grâce à des titres comme « Champagne ».
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Signe d’un commencement de détente entre les deux Corées impulsé par le nouveau régime de Séoul, plusieurs artistes sud-coréens, dont la star de la K-pop Kang San-eh, ont donné deux concerts en Corée du Nord.
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La K-pop en tournée diplomatique à Pyongyang


                      Signe d’un commencement de détente entre les deux Corées impulsé par le nouveau régime de Séoul, plusieurs artistes sud-coréens, dont la star de la K-pop Kang San-eh, ont donné deux concerts en Corée du Nord.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h50
    |

            Philippe Mesmer (Tokyo, correspondance)








                              

                        

« Je suis traversé par un tourbillon d’émotions. Faire partie de l’Histoire en tant que musicien et en me rendant dans un lieu où mes parents n’ont jamais pu aller de leur vivant, c’est très émouvant. » C’est par ces mots que la star de la K-pop Kang San-eh évoquait son voyage à Pyongyang, dans une interview à l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Il y a donné, avec d’autres artistes de son pays, deux concerts, les 1er et 3 avril, lors d’une tournée qualifiée par la presse de « diplomatie de la K-pop ». Depuis le début de l’année, grâce notamment aux efforts du président sud-coréen Moon Jae-in, fervent promoteur du dialogue avec le Nord, le temps est à la détente dans la péninsule. Destinés à entretenir cette dynamique, ces concerts ont été décidés, début mars, lors de la visite à Pyongyang d’une délégation sud-coréenne. Une réponse à ceux donnés, au Sud, par les groupes nord-coréens Samjiyon et Moranbong en février, lors des Jeux olympiques de Pyeongchang.
 Kang San-eh
Né en novembre 1963 sur Geoje – une île au sud-est de Busan, aujourd’hui cœur de la construction navale sud-coréenne –, Kang San-eh, de son vrai nom Kang Young-gul, a apprécié d’être du voyage, car son histoire personnelle est intimement liée à la Corée du Nord. « La vie de ma mère est un condensé de l’histoire moderne de la Corée », a-t-il rappelé. Jeune mariée à la fin des années 1940, celle-ci s’installe dans la province du Hamgyong du Nord. Quand la guerre de Corée (1950-1953) éclate, le couple, qui a un bébé (le frère aîné du chanteur), cherche à passer au Sud.
Mais les époux sont séparés lors de l’évacuation de Hungnam : entre le 15 et le 24 décembre 1950, près de 100 000 civils quittent cette ville portuaire du Nord en même temps que 100 000 soldats sud-coréens et de l’ONU, contraints à se replier face à l’avancée des forces sino-nord-coréennes. Cet épisode...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ L’auteur de « Champagne pour tout le monde » et de « Tombé du ciel » est mort vendredi à Paris, à l’âge de 77 ans. Notre journaliste Yann Plougastel a répondu à vos questions.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Née en Turquie mais ayant passé sa vie en France, la réalisatrice de « Mustang » a mis des années à obtenir la nationalité française. Un sentiment d’injustice qui résonne dans « Kings », film sur les émeutes de 1992 à Los Angeles. Un projet qu’elle a porté envers et contre tout.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤             
Deniz Gamze Ergüven, cinéaste de toutes ses forces 
                  
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Le Monde
 |
                  06.04.2018 à 13h32


Née en Turquie mais ayant passé sa vie en France, la réalisatrice de « Mustang » a mis des années à obtenir la nationalité française. Un sentiment d’injustice qui résonne dans « Kings », film sur les émeutes de 1992 à Los Angeles. Un projet qu’elle a porté envers et contre tout.

Par             Vanessa Schneider





                     

Elle est debout, juchée sur un tabouret, dos droit, menton levé, regard franc accroché à l’objectif. Elle a donné rendez-vous dans le club de sport où elle a ses habitudes, et c’est dans le hall, au milieu du va-et-vient des habitués, qu’elle prend la pose pour une séance photo.
Rien ne semble pouvoir distraire Deniz Gamze Ergüven. À 39 ans, la réalisatrice de Mustang (quatre Césars, une sélection aux Oscars), qui sort son second long-métrage, Kings, le 11 avril, est un bloc de détermination. Il suffit de l’entendre raconter la genèse de son nouveau film, qui retrace les déboires d’une Afro-Américaine tentant de tenir sa famille à bout de bras pendant les émeutes de Los Angeles de 1992, pour saisir la pleine mesure de ce que le mot veut dire.
Il y a derrière Kings une passion et un acharnement hors du commun. Un projet germe en 2005 alors qu’elle est encore à La Fémis, des années d’écriture, des mois d’enquête sur le terrain, un rêve grand et fou qui finit par se réaliser dix ans plus tard. Pendant trois années, elle se rend régulièrement à South Central, dans ce quartier pauvre de Los Angeles où ont eu lieu les émeutes, et recueille témoignages et anecdotes à la manière d’une reporter.
Comprendre cet « épisode honteux »
La jeune femme menue et gracieuse partage le quotidien des habitants, se fait accepter par les différents gangs, repère ses personnages, note les détails les plus incongrus, gagne la confiance des policiers du LAPD, tourne des images depuis leurs hélicoptères.
Elle veut comprendre ce qui s’est passé, l’enchaînement terrible des faits : le meurtre, d’une balle dans le dos, d’une ado noire de 15 ans par une épicière d’origine coréenne ; le tabassage filmé d’un homme noir, Rodney King, par quatre policiers blancs déchaînés, le procès de ces derniers, leur acquittement, l’embrasement de cette « ville dans la ville », où les Blancs ne mettent pas les pieds, la rage, les pillages et les meurtres....





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Deniz Gamze Ergüven, cinéaste de toutes ses forces
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ A l’occasion de ses cinquante ans de carrière, en 2015, Jacques Higelin avait publié son autobiographie, coécrite avec la journaliste de « Télérama » Valérie Lehoux. Extraits choisis.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Jacques Higelin : « Dans la vie, je marche constamment sur un fil »

A l’occasion de ses cinquante ans de carrière, en 2015, Jacques Higelin avait publié son autobiographie, coécrite avec la journaliste de « Télérama » Valérie Lehoux. Extraits choisis.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h49
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 14h19
   





                        



   


« Pourquoi mes chansons ont-elles toujours pris plus d’ampleur sur scène ? Parce que le public participe au spectacle. Il entre dans l’histoire, il l’écrit même en partie. S’il se déchaîne comme un océan, il fait de moi un bateau ivre, l’instrument d’une force qui me transcende, me mène à des états proches de la démence. (…)
Dans la vie, je marche constamment sur un fil. A tout moment, je risque de tomber, mais sans cela le quotidien serait d’un ennui mortel. C’est pareil sur scène. J’aime ce qui n’est pas cadré, pas prévu à l’avance. (…)
Pour composer ou écrire, j’ai besoin d’être en mouvement, bouger, m’aérer. Que la vie circule en moi. Alors je peux sentir la musique ou les mots m’envahir. Je suis ailleurs, et en même temps, je suis là, dans une lueur. Je décolle sans me déplacer. J’adore ces moments-là. Je me sens vivant, ultra-vivant. (…)
Un artiste ne doit pas se tenir à l’écart mais au milieu. Je ne suis pas le bouffon du roi, je suis le fou du peuple ! (…)
Il y a deux façons de faire ce métier. Se réfugier dans le star-système, le show-business, n’être là que pour la gloire, s’entourer de gardes du corps et ne se préoccuper que de sa carrière. Ou aller vers les gens, tenter de trouver les clés pour ouvrir les portes et les fenêtres qui donnent sur la joie de vivre, d’exister. Le rôle d’un artiste, pour moi, c’est d’ensoleiller la vie, de la montrer sous un jour qui donne du courage. Les chanteurs, les poètes sont les amis des gens. Si on oublie ça, on n’a pas le droit d’être un artiste. (…)
Ma vie est un grand terrain d’école buissonnière. Je puise çà et là, au gré des rencontres et de ce que la vie offre à mes yeux. (…)
La vie est dure, manquerait plus qu’elle soit molle. (…)
Les artistes sont des plaques sensibles mettant en relation des choses qui n’en ont aucune. Je me sers de tout ce qui traîne sur la planète, de tout ce qui me tombe sous la main. Il faut vivre les choses pour les comprendre, et quand on les vit, on ne se les explique pas. Ce qui est fait est fait, ce qui est dit doit être fait, ce qui est fait était écrit. (…)
Je veux tracer des traits d’union entre tous les points de suspension de la planète. (…)
La camarde [la mort], j’y pense tout le temps, depuis toujours. Après tout, la première chanson que j’ai écrite et composée, à la fin des années soixante, s’intitulait : « Je suis mort, qui dit mieux ? » »
Jacques Higelin, « Je vis pas ma vie, je la rêve », autobiographie, avec Valérie Lehoux, Fayard, 2015.



                            


                        

                        


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La longue carrière de Jacques Higelin, artiste fantasque et bondissant

« Le monde est trop grave pour qu’on le prenne avec gravité » disait le chanteur et poète, mort à l’âge de 77 ans, qui a mené carrière pendant plus de cinquante ans.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h43
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 14h15
    |

            Yann Plougastel








                        



                                


                            

Acteur et surtout chanteur, Jacques Higelin, né le 18 octobre 1940 à Brou-sur-Chantereine, en Seine-et-Marne, est mort vendredi 6 avril à Paris. Saltimbanque libre et fantasque, arlequin jubilant, poète flamboyant, funambule noctambule, ce rêveur impénitent a toujours pratiqué l’école buissonnière et avançait dans la vie « le cœur ouvert, la tête ailleurs, en état d’apesanteur ». En plus de cinquante ans de présence sur scène, Higelin a fait voltiger les mots, les mélodies, les rythmes, les sons, tour à tour facétieux ou sauvage comme un pur-sang. Toujours à rebours de toute cette gravité qui plombe l’air ambiant.
« Le monde est trop grave pour qu’on le prenne avec gravité, l’existence trop dramatique pour qu’on la vive dramatiquement, l’amour trop tragique pour qu’on le traite comme une tragédie », expliquait-il, sourire en coin, la voix gouailleuse et narquoise, ébouriffant sa chevelure de neige pour qu’une mèche retombe sur ses yeux, comme s’il fallait cacher une furtive mélancolie. La démarche bondissante, des éclats de rire en bandoulière, le regard à la fois perçant et naïf, shooté à la soif de vivre, au désir printanier et aux transports amoureux, il parlait toujours avec une jubilation de voyou qui collectionnerait les pieds de nez.
Chez Jacques Higelin, tout était permis, même le bonheur, surtout le bonheur. Il fut un temps, à ses débuts, où il jouait au faraud, au dandy rockeur. A 43 ans, au temps du rock qui lui évitait de devenir adulte, il chantait : « Hey/Je suis né dans un spasme/dans un grand brasier haletant/le ventre de ma mère a craché/un noyau de jouissance/et je n’ai/jamais perdu/le goût de/ça » (Est-ce que ma guitare est un fusil ?, sur l’album BBH 75). Les années passant, son royaume se peupla de mélodies toutes simples. Au plus près d’une certaine légèreté. Comme Charles Trenet, bien sûr, chanteur d’une époque à jamais disparue, dont Jacques restera sans doute...




                        

                        

