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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.
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Formation, assurance-chômage… : « Il faudra être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme »

La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté, vendredi 6 avril, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Le projet de loi, qui passera en conseil des ministres le 27 avril, est censé sécuriser les parcours des travailleurs, en complément des ordonnances réformant le code du travail, qui ont donné plus de souplesse aux entreprises.
Il est la traduction de plusieurs promesses phares de la campagne d’Emmanuel Macron, comme l’ouverture de l’assurance-chômage aux indépendants et démissionnaires, la transformation du compte personnel de formation (CPF) en droit plus simple et mobilisable sans intermédiaire et la simplification de l’apprentissage.
Sarah Belouezzane, journaliste au Monde qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions, vendredi, lors d’un tchat.

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Cécile : Comment justifier, auprès de Pôle emploi, que l’on cherche du travail (en accord avec nos compétences et notre domaine), si on a accepté un job alimentaire entre-temps et que l’on correspond à leur case « actif » ?
Sarah Belouezzane : Si vous avez accepté un emploi alimentaire, vous n’êtes normalement plus indemnisé et n’avez rien à justifier à Pôle emploi, car ce dernier ne va pas vous sanctionner. S’il y a quand même besoin d’une justification, tout document sera valable : lettre de motivation, e-mail, envoi de CV. La réforme va aussi introduire le journal de bord où normalement vous pourrez renseigner tout ça.
Briçou : Comment l’Etat compte-t-il définir « une offre raisonnable d’emploi » ?
L’offre raisonnable d’emploi sera, désormais, définie lors d’un rendez-vous entre le conseiller et le demandeur d’emploi. Elle sera donc personnalisée et vous pourrez préciser les critères de salaire, de formation, de distance du travail qui vous conviennent. Elle pourra ensuite être revue au fur et à mesure de votre recherche.
Sl Nord : Si aucun accord n’est trouvé, qui aura le dernier mot ?
La question se pose, en effet. Théoriquement, ils doivent tous les deux être d’accord et sont donc obligés de trouver un terrain d’entente. C’est ce qui se passe déjà souvent en pratique, même si le droit encadre bien plus aujourd’hui qu’il ne le fera demain la définition de l’offre raisonnable d’emploi. Il faudra ceci dit être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme.
Fred : Qu’est-il prévu concrètement pour « améliorer l’accompagnement » ?
Pour ce qui est des salariés, un financement dédié est prévu pour le conseil en évolution personnelle, qui permettra de discuter avec un spécialiste du sujet de ses perspectives de carrière ou de reconversion, par exemple. Pour ce qui est des demandeurs d’emploi, le gouvernement estime que le journal de bord pourra mieux les suivre, savoir chaque mois ce qui leur arrive et déceler les décrocheurs. Certains ont, cependant, relevé que les conseillers de Pôle emploi n’auraient sûrement pas le temps de lire tous les journaux de bord. L’exécution de la réforme sera donc à suivre.
MLG : Connaît-on le calendrier parlementaire prévisionnel de ce projet de loi ?
Le projet de loi est présenté en conseil des ministres le 27 avril, il devrait ensuite arriver fin mai ou début juin à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a l’ambition de tout boucler pour le début du mois d’août.
Maxime : Actuellement, la gestion des fonds de la formation par les partenaires sociaux n’est pas déficitaire. Avec un CPF mobilisable par le biais d’une simple application, comment s’assurer que cette mobilisation des droits ne soit pas supérieure aux cotisations des entreprises ?
Le gouvernement n’a pas été très clair là-dessus. Pour l’instant, il semble simplement compter sur le fait qu’en régime de croisière les cotisations devraient suffire. En clair, qu’il n’y aura jamais plus d’utilisation que de fonds disponibles. Mais la question reste entière, en effet.
Jean : Qu’entend-on par « toucher à la possibilité de cumuler une allocation-chômage et des rendus d’activité » ? Qu’est-ce que cela implique ?
Aujourd’hui, si vous avez suffisamment cotisé et que vous travaillez à temps partiel ou en temps réduit, vous pouvez cumuler les revenus de ce travail et une allocation-chômage partielle. En clair, l’assurance-chômage vous verse un complément. Toucher à cela implique forcément de modifier les règles, et donc potentiellement de baisser l’indemnité en question.
Cyril : On sent poindre le rétropédalage sur l’indemnisation des démissionnaires… Si l’on lit entre les lignes, en gros, il faudra avoir retrouvé un emploi pour pouvoir y prétendre ?
Le gouvernement a, en effet, finalement présenté un dispositif moins ambitieux que ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu des promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Cela dit, il ne faut pas avoir retrouvé un autre travail mais plutôt avoir un projet de création d’entreprise ou de reconversion. Ce projet sera jugé valable ou pas par une commission paritaire (regroupant syndicats et patronat), laquelle donnera son aval pour l’indemnité chômage.
Ansérien : Le nouveau système de formation sera-t-il efficace, selon vous ?
Certains observateurs estiment qu’il s’agit d’une bonne réforme, d’autres qu’elle n’est pas assez efficace. Nous avions fait deux interviews de chercheurs, avec chacun son opinion sur la question.
Pour Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le CPF crédité en euros est une « avancée majeure ».

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          Formation professionnelle : « Un système plus équitable », selon Stéphane Carcillo



Pour Michel Abhervé, spécialiste de la formation professionnelle, la réforme du CPF risque d’accroître les inégalités d’accès aux dispositifs.

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          Formation professionnelle : le CPF en euros est « une mesure faite pour les CSP + »



Grana : Qu’en est-il des OPCA et autres organismes collecteurs ? Sont-ils amenés à disparaître, tout comme certaines formations (prépa concours IDE…).
Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) ne collecteront plus les contributions des entreprises pour la formation professionnelle, cette tâche sera désormais dévolue aux URSSAF. Les OPCA ne vont pas disparaître pour autant, assure le gouvernement ; ils vont, en revanche, changer de mission : ils vont aider les entreprises à gérer les évolutions des compétences de leurs salariés.
Sl Nord : Ce projet de loi a été soumis aux partenaires sociaux, y aura-t-il des marges de négociation ?
Le projet de loi a été soumis jeudi au Conseil d’Etat et aux organisations patronales et syndicales. C’est au Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que la bataille de la modification se jouera désormais puisque les parlementaires pourront soumettre et, le cas échéant, voter des amendements au texte.
KelkUn : Est-il possible d’utiliser le compte formation (DIF et autres) pour rembourser l’abonnement à certains sites Web de formation tels que www.pluralsight.com ?
Si ce sont des organismes agréés, la réforme le permettra.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.
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« Quand les marchés financiers s’adaptent à la “méthode Trump” »

Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h15
    |

Jean-Paul Betbeze (Président de Betbeze conseil et membre du Cercle des économistes)







                        



   


La Bourse se met-elle à comprendre Donald Trump ? On le dirait ! La voilà en effet qui remonte, après avoir craint le pire : une guerre des droits de douane entre Etats-Unis et Chine, une guerre qui pourrait mener à la récession mondiale. Le drame ! Aujourd’hui, il semblerait qu’une discussion pourrait se mettre en place entre les deux protagonistes (que de conditionnels !).
Donald Trump avait pourtant commencé très fort, avec 50 milliards de dollars de menaces, 25 % de hausse des droits de douane sur deux produits – l’acier et l’aluminium –, plus des demandes d’ouverture des marchés chinois. La Chine a répondu par une liste de 1 300 produits qu’elle taxerait, elle aussi, de 25 % : une pluie de flèches contre deux fusées ! Mais elle a surtout entendu le message de Trump : il ne s’agit pas de guerre commerciale… puisque les Etats-Unis l’ont perdue, selon Trump lui-même !
Arrêter le dérapage
Dans un tweet mémorable du 4 avril, il explique en effet qu’il ne souhaite pas une guerre commerciale : « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale, cette guerre a été perdue il y a des années par les personnes stupides ou incompétentes qui représentaient les Etats-Unis. Maintenant nous avons un déficit commercial annuel de 500 milliards de dollars et un vol annuel de droits de propriétés de 300. Nous ne pouvons laisser ceci continuer ! ».
De fait, des mesures par Donald Trump sont prises non pour faire la guerre mais pour arrêter le dérapage, en attendant la remontée. Il s’agit de renforcer la surveillance des droits de propriété, de réduire le nombre de thésards étrangers (chinois), de pousser fiscalement les entreprises américaines et étrangères à produire plus aux Etats-Unis, sans compter des règles et des contrôles assouplis, notamment en matière d’environnement et de construction.

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La Chine comprend cette logique de rééquilibrage des échanges : sa philosophie profonde n’aime pas les déséquilibres, surtout de cette taille, et moins encore son sens politique. Mais sa riposte est surtout tactique, car tout le monde sait que la discussion va aborder d’autres thèmes : la protection des droits de propriété et surtout les conditions d’implantation des entreprises étrangères. C’est le vrai souci de Donald Trump : permettre aux entreprises américaines de s’installer en Chine, dans le commerce ou la finance notamment, sans lien avec des entreprises locales.
Donc les marchés financiers ont bien aimé les messages du nouveau conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow. Bien connu des médias, il chroniquait à Fox News [chaîne de télévision américaine conservatrice], il a indiqué que les négociations commerciales entre Etats-Unis et Chine pourraient se conclure bien, la plupart des experts disant que personne ne gagnerait à une montée aux extrêmes, dans une guerre classique. En même temps, les nouvelles « sur le front » de l’Alena, l’accord [de libre-échange] avec les Etats-Unis, le Mexique et le Canada s’annoncent meilleures, de la bouche du premier ministre canadien Trudeau. Et l’on mesure l’étonnante évolution de la Corée du Nord.
La méthode Trump
Au fond, les marchés financiers se disent qu’il y a « une méthode Trump », un double excès de menaces et de protestations d’amitiés, comme on le voit avec la Corée du Nord qu’on veut détruire et dont on veut rencontrer le chef, ou avec la Russie et la Chine, sur un mode mineur bien sûr dans ces deux cas. Et d’ailleurs, Donald Trump agit de même manière avec ses « alliés » européens, de l’Otan, ou avec ses voisins mexicains. Pas d’aides et de protections sans compensations en espèces sonnantes et trébuchantes !
En fait, la base politique de sa démarche est la même : consolider son électorat « dur », mais sa logique est pro-business américain : baisse des charges diverses et des règles, diminution des frais de l’empire américain (Otan ou ONU, mais pas pour l’armée), soutien aux marges des entreprises, et pas d’inquiétude si le dollar baisse – ce devrait être temporaire.

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La logique suivie est double : renforcer la base productive américaine et ses capacités d’exportation. Renforcer la base productive, c’est soutenir l’emploi et pousser à ce que plus d’Américains retrouvent le marché du travail (c’est le grand problème posé par l’addiction aux opioïdes, qui est un drame national et que Donald Trump mentionne fréquemment). Aider à l’export, c’est ouvrir les marchés émergents, notamment chinois, pour permettre des implantations plus pérennes et réduire les déficits extérieurs américains.
Bien sûr, cette politique « America first » peut être jugée à courte vue ou égoïste (son nom l’indique !), mais elle devient de plus en plus lisible par les marchés financiers, qui s’y font. Ils en verront plus tard les limites, politiques au Moyen-Orient ou en Europe, ou même économiques, si l’inflation monte vite aux Etats-Unis. Mais, aujourd’hui, les marchés financiers apprécient d’avoir eu trop peur hier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Après 35 ans d’interdiction, une première salle doit ouvrir le 18 avril à Riyad.
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Les cinémas de retour en Arabie saoudite

Après 35 ans d’interdiction, une première salle doit ouvrir le 18 avril à Riyad.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h06
    |

            Nicole Vulser








                        



   


Partir de rien permet d’envisager d’infinies possibilités de développement. C’est dans cet esprit qu’une délégation officielle venue d’Arabie saoudite a entamé cette semaine une tournée aux Etats-Unis pour y rencontrer le gratin d’Hollywood et du divertissement, à quelques jours de l’ouverture du premier cinéma de retour dans le royaume, prévue le 18 avril à Riyad.
Pendant trente-cinq ans, les quelques salles obscures de ce pays sunnite ultraconservateur avaient été purement et simplement oubliées, les chefs religieux ayant obtenu leur fermeture. Le gouvernement avait annoncé en 2017 qu’il lèverait cette interdiction dans le cadre des réformes économiques et sociales menées par le prince héritier Mohammed Ben Salman pour diversifier une économie encore trop dépendante du pétrole. C’est ainsi que Black Panther, le film de super-héros de Marvel réalisé par Ryan Coogler, devrait être le premier présenté dans la salle de concert symphonique reconvertie et exploitée par le groupe américain AMC, détenu par le chinois Wanda.

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La direction d’AMC espère, grâce à son association avec le fonds souverain saoudien Public Investment Fund, contrôler à terme 50 % de l’exploitation cinématographique de ce pays. D’ici cinq ans, le groupe va ouvrir 40 multiplexes, puis une centaine avant 2030. D’autres groupes sont sur les rangs, comme le dubaïote VOX Cinemas, l’américain iPic Entertainment ou le britannique Vue Cinemas, pour profiter de ce marché encore vierge qui pourrait représenter un milliard de dollars (820 millions d’euros) par an dans les prochaines années.
Les Saoudiens ne vont pas non plus découvrir le septième art le 18 avril : ils peuvent déjà visionner des films et des séries américaines chez eux et vont fréquemment se faire une toile chez leurs voisins, à Dubaï ou à Bahreïn.
Développer l’industrie des loisirs
Plus largement, les autorités saoudiennes souhaitent développer localement l’industrie des loisirs. Le Los Angeles Times rapporte que Mohammed Ben Salman a rencontré depuis le début de la semaine à Los Angeles le magnat Rupert Murdoch, mais aussi le patron de Disney, Bob Iger, la patronne de la 20th Century Fox, Stacey Snider, le PDG de Warner Bros., Kevin Tsujihara, ou encore le président d’Universal Filmed Entertainment, Jeff Shell. Sans compter le réalisateur James Cameron ou encore le catcheur, acteur et producteur Dwayne Johnson.
Le magazine américain Variety assure qu’une poignée de contrats ont été signés entre les autorités saoudiennes et le Cirque du Soleil. Le National Geographic Explorer a décroché la construction d’une dizaine d’aquariums géants dont le premier ouvrira l’an prochain à Riyad. Dans la même veine, le groupe Feld Entertainement, basé en Floride, a négocié l’implantation de spectacles comme Disney on Ice, Disney Live, Marvel Experience ou Monster Jam, en assurant la formation des équipes locales. Ces accords concernent un pays critiqué pour des violations des droits humains, qui reste l’un des sept Etats de la planète où les homosexuels risquent la peine de mort.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.
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Prélèvement forfaitaire unique sur les revenus des placements financiers : « Il est à craindre que cette réforme n’accouche d’une souris »

L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Thierry Aimar (Maître de conférences en économie à l’université de Lorraine)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement cherche à réorienter l’épargne des Français vers l’investissement productif. L’un des instruments de cette politique est de modifier la structure de la fiscalité sur le patrimoine : c’est l’objet de l’instauration depuis le 1er janvier 2018 du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus des placements financiers, souvent appelé « flat tax ».
Alors qu’actuellement, moins de 10 % de la valeur totale de l’épargne nationale est placée sur les marchés financiers, on voit facilement l’intérêt d’une telle politique. Rediriger l’épargne des Français pourrait d’abord aider nos champions numériques à lutter à armes égales avec leurs concurrents internationaux. Quoi de plus ahurissant que le décalage abyssal entre les moyens de financement dont disposent les acteurs américains ou chinois du numérique – les fameux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les nouveaux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) –, et ceux laissés aux opérateurs européens ?
Un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat
La « flat tax » pourrait ensuite réduire des inégalités de richesses entre les ménages en favorisant la constitution d’un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat et la prise de risque, et non sur la famille et la rente (un tiers du patrimoine des Français provient d’un héritage) ; enfin, elle contribuerait à inverser le rapport de force entre entrepreneurs et capitalistes.

A partir du moment où plusieurs entrepreneurs se disputent l’accès à des financements trop rares, ils sont obligés d’offrir aux actionnaires des retours sur investissement plus importants et plus rapides que les concurrents, donnant ainsi une prime au court terme, souvent dénoncée. Suite à cette surenchère, c’est la quasi-totalité de la création de richesses qui passe des mains des entrepreneurs à celles des investisseurs.
Mais la « flat tax » peut-elle vraiment produire de tels résultats ?
Si...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.
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« Lutter contre les contrats courts est une nécessité »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Les partenaires sociaux ont conclu, jeudi 22 février, un accord national interprofessionnel (ANI) sur l’assurance-chômage qui paraît très timide sur la question des contrats courts. Les branches y sont appelées à négocier sur la précarité pour définir des objectifs quantitatifs ou qualitatifs, mais se voient menacées de l’instauration d’un bonus-malus si les résultats de ces négociations se révèlent insuffisants, comme l’a annoncé la ministre du travail. Car lutter contre les contrats courts est une nécessité.
Pourtant les solutions ne manquent pas, comme l’a montré le séminaire sur les politiques de l’emploi, coorganisé sur le sujet par les ministères de l’économie et du travail vendredi 9 mars. Trois intervenants, le juriste Franck Petit, l’économiste Corinne Prost et la présidente de l’Unédic, Patricia Ferrand, y ont analysé les faits et évoqué des réponses. Il apparaît que le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) est comparable en France à ce qu’il est dans les autres pays européens. Mais au sein des CDD, les contrats courts de moins d’un mois représentent environ 2,5 % de l’emploi salarié en France, contre moins de 1 % dans la zone euro ou dans l’Union européenne.
Un système de bonus-malus
Les salariés concernés sont souvent enfermés dans des situations de forte précarité, ont davantage de difficultés à obtenir un prêt ou un logement locatif et n’ont pas de formation professionnelle qualifiante. Cet enfermement laisse des personnes souvent fragiles aux marges du marché du travail et il coûte cher à l’assurance-chômage : depuis plus de vingt ans, environ un tiers du budget d’indemnisation, soit actuellement 11 milliards d’euros par an, est alloué aux fins de CDD.

Les réponses évoquées lors du séminaire renforcent le plus souvent le coût du recours aux contrats courts pour l’employeur, selon différentes modalités : la taxation des contrats courts, un taux de cotisation dégressif selon la durée de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.
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« Pour la création “d’obligations retraite” »

Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Lionel Martellini (Professeur de finance à l’EDHEC et directeur de l’EDHEC-Risk Institute), Robert C. Merton (Professeur de finance au Massachusett...







                        



                                


                            
Tribune. L’un des objectifs du projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), qui devrait être présenté en conseil des ministres en mai, est de réorienter l’épargne long terme des Français pour la rendre non seulement plus productive pour le financement de l’économie, mais aussi plus efficace pour le financement de leur retraite.
notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent
Une grande partie de l’épargne des ménages est stérilisée dans des contrats d’assurance-vie, qui bénéficient d’un traitement fiscal avantageux mais ne sont pas du tout adaptés aux besoins de la préparation à la retraite. L’objectif d’épargne d’un futur retraité peut, en fait, se formuler de manière assez claire : il s’agit de disposer d’un revenu de remplacement lui permettant de financer ses besoins de consommation pendant la retraite. Si le besoin est clair, il est pourtant mal couvert par les contrats existants. En fait, même les contrats en euros, réputés non risqués dans la mesure où ils offrent une garantie en capital, ne permettent pas de sécuriser un montant minimal de revenu de remplacement à la retraite.
La question de la pertinence des supports d’épargne longue se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’équilibre de notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent, caractérisée par l’allongement général de la durée de vie et la forte baisse du nombre d’actifs par retraité : ce ratio s’élève désormais à 2,2, il est parmi les plus faibles des pays développés.
Un véritable défi
Dans la mesure où l’importance des régimes complémentaires, constituée du bloc AGIRC-ARRCO, reste relativement modeste, les salariés se trouvent dans l’obligation de recourir à des plans d’épargne individuels afin de compléter leur retraite publique et leur éventuelle retraite d’entreprise. Ils se trouvent ainsi de facto de plus en plus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.
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En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil

A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Economiquement, la Hongrie se porte plutôt bien. C’est même un argument de campagne du souverainiste Viktor Orban, en campagne pour sa réélection. Au pouvoir depuis 2010, il brigue un troisième mandat à l’occasion des législatives du dimanche 8 avril.
Le premier ministre sortant met en avant les performances réalisées par cet ancien pays communiste de 9,8 millions d’habitants, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004 : un taux de chômage au ras des pâquerettes, le plus bas jamais enregistré depuis la transition de 1989, puisqu’il est passé sous la barre des 4 % en 2017, tandis que le déficit se stabilisait à 2,4 % du produit intérieur brut en 2017 ; et, surtout, une croissance économique de 4 %, avec des prévisions flatteuses pour 2018.
Un « modèle alternatif hongrois » ?
Bref, des chiffres de premier de la classe, que le chef de l’exécutif se targue d’avoir arraché avec les dents : contre vents et marées, dans une ambiance de scepticisme généralisé, c’est lui seul qui a décidé de mettre en place au bulldozer une politique économique non conventionnelle, alliant – pendant que toute la zone euro s’appliquait la rigueur – des nationalisations à des réductions d’impôt. Alors y aurait-il un « modèle alternatif hongrois » ?
Huit ans plus tard, le bilan reste contrasté. Certes, les « orbanomics », comme les ont nommés plusieurs économistes (une politique patriotique et orientée sur la croissance), ont corrigé les excès de la libéralisation, à la suite de l’ouverture aux marchés. Ils ont épargné une nouvelle cure d’austérité à un pays durement frappé par la récession de 2009 (– 6,6 %). Ils ont aussi offert plus de marges de manœuvre à Budapest face à Bruxelles, l’un des buts recherchés par Viktor Orban. Mais, pour le reste, « le gouvernement hongrois doit beaucoup à la reprise de l’économie en Europe, à la faiblesse des taux d’intérêt, à l’abondance de capitaux privés et à la faiblesse du prix du baril », selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ FO et CFDT se déclarent satisfaits des avancées obtenues dans les discussions avec la direction du distributeur après le mouvement de grève du 31 mars
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Vers une sortie de conflit chez Carrefour

FO et CFDT se déclarent satisfaits des avancées obtenues dans les discussions avec la direction du distributeur après le mouvement de grève du 31 mars



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h22
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h39
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


« Le pragmatisme a triomphé. Je suis satisfait que l’on puisse sortir d’une situation bloquée qui n’était bonne ni pour les uns ni pour les autres », a indiqué au Monde, vendredi 6 avril, Michel Enguelz, délégué national de FO chez Carrefour, à la suite de concessions de la part de l’entreprise, augmentant les chances d’aboutir dans les prochaines semaines à la signature d’un accord avec les organisations syndicales. Après avoir conduit des mouvements de grèves chacune de leur côté depuis fin 2017, les organisations syndicales FO, CFDT et CGT avaient organisé une grande journée de mobilisation historique le 31 mars, qui avait conduit au blocage de certains magasins avec, selon la direction, 18 % de salariés en grève.
Ces gestes concernent, notamment, la participation, sujet particulièrement sensible auprès des salariés : après avoir été augmentée de 350 euros, contre 57 euros initialement, cette dernière sera complétée d’un bon d’achat de 150 euros à dépenser au sein de l’enseigne. Un système qui permettra de réinjecter du chiffre d’affaires dans le groupe. « On arrive à 557 euros par salarié. C’est quand même 55 millions d’euros qui ont été obtenus pour les 110 000 salariés en France », reconnaît M. Enguelz.
Un délai pour la mise en location-gérance de 5 magasins
D’autres demandes ont également été satisfaites permetteant d’envisager une sortie de crise. C’est le cas des droits des salariés des cinq hypermarchés qui passeront en location-gérance. « Carrefour a accepté de prendre du temps en reportant le passage en location-gérance des cinq hypermarchés au mois de septembre, et non plus au 30 juin », indique M. Enguelz, ce qui laissera un délai aux deux parties pour mettre sur le papier les dernières avancées.
Les syndicats réclamaient ainsi le maintien des droits des salariés sortant du périmètre direct de l’entreprise en matière de régimes de garanties (remboursements maladies, couvertures décès et invalidités…). « La direction a accepté le principe de créer un régime de santé voisin de celui des salariés de Carrefour, indique M. Enguelz. Elle a également accepté de maintenir le système de remise sur achats dont bénéficient les salariés de Carrefour, ainsi que le maintien des Tickets Restaurant. Et elle est d’accord sur le principe de prolonger certains avantages de l’épargne salariale actuelle. Bien sûr, les salariés auront des changements dans leur façon de travailler, dans leurs horaires, leur contrat de travail… On ne peut pas agir sur le reste puisqu’ils changent d’employeur, mais au moins ils conserveront des garanties importantes sur leur vie de tous les jours. »

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Le plan de transformation du groupe, annoncé en janvier, prévoit la cession de 273 magasins issus de l’ancien réseau de hard-discount Dia (qui seront fermés s’ils ne trouvent pas de repreneurs), menaçant directement 2 100 employés de ces magasins. Carrefour s’était engagé à en reclasser la moitié. Selon nos informations, le groupe Casino est intéressé par la reprise de certains magasins, mais aucun chiffre sur le nombre total de magasins cédés par Carrefour n’a encore été annoncé. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est en cours. « La direction a accepté de permettre à des salariés de partir en pré-retraite par accord d’entreprise sur les hypermarchés, les supermarchés et dans la logistique, ce qui permettra de libérer 1 500 à 1 800 postes, de manière à faciliter le reclassement des salariés des ex-Dia concernés par la fermeture de leurs magasins », indique M. Enguelz.
Création d’un « observatoire du changement »
Concernant le plan de départs volontaires de 2 400 personnes au siège du groupe, prévu également dans le plan de transformation, Carrefour a accepté de prendre en compte certaines demandes, sur des points précis, comme le fait de ne plus avoir à demander l’accord de son supérieur hiérarchique pour être libéré si le salarié trouvait un emploi ailleurs, ou encore la création d’un « observatoire du changement » avec la nomination d’un expert indépendant pour accompagner les salariés et faire l’interface avec la DRH et la direction.

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Après toutes ces discussions et ces avancées, les syndicats FO et CFDT relâchent la pression, tout en affirmant leur volonté de rester vigilants sur la mise en œuvre concrète des concessions de la direction. Ils n’ont pas prévu de poursuivre le mouvement de grève. Au contraire de la CGT, qui campe sur son opposition, appelant les salariés à manifester « le 13 avril et les week-ends des 1er et 8 mai 2018 ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ A la fierté d’appartenir à une communauté, autrefois très forte, a succédé l’abattement de devoir affronter le « SNCF bashing ». Reportage à Sélestat et à Somain.
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La SNCF en héritage : des familles de cheminots racontent la fin d’un monde

A la fierté d’appartenir à une communauté, autrefois très forte, a succédé l’abattement de devoir affronter le « SNCF bashing ». Reportage à Sélestat et à Somain.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h59
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h12
    |

            Philippe Jacqué (Sélestat (Bas-Rhin), Somain (Nord), envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est un sentiment d’incompréhension, de lassitude, voire de dégoût. Depuis trois mois, le « SNCF bashing » n’a cessé de s’intensifier. « Quand je me suis rendue à la médiathèque, il y a trois semaines, j’ai été agressée parce que j’étais cheminote », confie, encore interloquée, Séverine Jernasz, 38 ans, installée près de Strasbourg. « Même les gamins s’invectivent dans la cour de l’école à ce sujet ! », note son frère, Gilles Dentonvill, 33 ans, commercial et syndicaliste UNSA à la SNCF. Leur père, Denis, 62 ans, également de la Grande Maison, n’en revient pas : « En quelques années, l’image du chemin de fer s’est dégradée à grande vitesse ! » 
A Somain, ancien fief cheminot du nord de la France, c’est le même constat, amer, pour la famille Poulain-Tosolini. « Quand quelqu’un râle contre les retards à la SNCF ou contre les cheminots, ça bout littéralement à l’intérieur », se crispe Claudette Poulain, 63 ans, petite-fille, fille, femme et mère de cheminot ! « Dans les années 1960 ou 1970, c’était une fierté d’être cheminot. Cette profession était respectée. Aujourd’hui, nous faisons face à un vaste mépris », peste Christian, 63 ans, son mari, conducteur de fret à la retraite.
L’extinction du statut pour les nouvelles recrues, qui fait partie de la réforme ferroviaire voulue par le gouvernement, provoque l’abattement : « On pouvait le revoir [le statut], pourquoi y mettre fin ? s’interroge, dépité, Fabian Tosolini, 39 ans, cheminot désormais détaché à la CFDT. Notre statut, ce n’est pas seulement un épais livre de règles, c’est une partie de notre identité ! » « C’est ce qui nous relie les uns les autres, renchérit Gilles Dentonvill. En Alsace, dans le Nord, en Bretagne ou ailleurs, nous sommes des cheminots avec les mêmes droits et devoirs. Et le statut est la garantie de cette équité. » 
Les « seigneurs du rail »
Quand le chemin de fer coule...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Ce n’est pas la première indemnité de départ d’un dirigeant remercié qui fait débat. Mais les 6 millions d’euros versés à Michel Combes par l’opérateur traduisent la dérive d’un système, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».
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Altice-SFR, une prime de départ qui passe mal

Ce n’est pas la première indemnité de départ d’un dirigeant remercié qui fait débat. Mais les 6 millions d’euros versés à Michel Combes par l’opérateur traduisent la dérive d’un système, explique Jean-Michel Bezat, chroniqueur économique au « Monde ».



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h53
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



                                


                            

Vous avez aimé Thierry Morin (Valeo), Patrick Kron (Alstom), Chris Viehbacher (Sanofi), Serge Tchuruk (Alcatel-Lucent), Antoine Zacharias (Vinci), Bruno Lafont (Lafarge). Tous ces PDG, et quelques autres, ont naguère été épinglés par le gouvernement, leurs actionnaires, l’Autorité des marchés financiers – et plus rarement le Medef – pour le montant exorbitant et/ou le caractère injustifié de leurs indemnités de départ au regard de leurs résultats. Vous allez apprécier Michel Combes, numéro 2 de l’opérateur américain Sprint depuis janvier 2018.
L’ancien directeur général d’Altice avait été débarqué en novembre 2017, alors que le cours de Bourse du groupe de télécoms et de médias avait déjà dévissé de près de 40 %. Il est parti avec une prime de 6 millions d’euros, révélait Le Monde, jeudi 5 avril, en citant le rapport annuel de la société de Patrick Drahi.
« Des conditions prévues contractuellement »
Elle s’ajoute à une somme de 3,4 millions, correspondant à son salaire 2017 avec primes. « Il s’agit d’une partie des conditions prévues contractuellement, incluant notamment une part variable réduite par rapport aux conditions initiales », a précisé Altice, interrogé par l’AFP.

Un montant considérable si l’on considère que M. Combes n’est resté que deux ans à la tête de SFR (en pleine restructuration après son rachat à Vivendi). Bis repetita. Car après deux ans et demi (2013-2015) à la tête d’Alcatel-Lucent, qui se sont achevés par la vente de l’équipementier téléphonique au finlandais Nokia, il devait partir avec un parachute doré de 13,7 millions d’euros (en actions) voté par le conseil d’administration.
M. Combes avait alors plaidé qu’il avait sauvé l’ex-fleuron industriel français. Sans convaincre l’opinion, les syndicats et le gouvernement Valls, qui avait obtenu que le bonus soit ramené à 7,9 millions.
Le président du Medef, Pierre Gattaz, avait alors jugé qu’il faut refuser ces primes « lorsqu’il...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Dans un marché en pleine consolidation, le nouvel ensemble devient le numéro deux français, toujours loin derrière Bénéteau.
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Industrie nautique : Fountaine Pajot s’apprête à absorber Dufour Yachts

Dans un marché en pleine consolidation, le nouvel ensemble devient le numéro deux français, toujours loin derrière Bénéteau.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h28
    |

            Philippe Jacqué








                        



                                


                            

Bénéteau, le géant français de l’industrie nautique, n’est plus seul. Un nouveau poids lourd de la plaisance est en train de naître à La Rochelle. Deux des principaux chantiers navals de la préfecture de Charente-Maritime ont décidé de s’unir. Fountaine Pajot, le spécialiste des catamarans, a annoncé ses fiançailles avec Dufour Yachts, fabricant de voiliers monocoques haut de gamme.
Après les rachats de l’américain Rec Boat par Bénéteau, du français Nautitech par l’allemand Bavaria ou du français Privilège par l’allemand Hanse Yachts, la concentration du secteur se poursuit à marche forcée. « Nous devenons clairement le numéro deux du secteur en France », souligne Salvatore Serio, le patron de Dufour Yachts. « Nous devenons également un acteur de premier plan au niveau mondial », poursuit Nicolas Gardies, le directeur général de Fountaine Pajot.
En 2017, le constructeur de catamarans a réalisé un chiffre d’affaires de près de 80 millions d’euros, tandis que celui des monocoques a frôlé les 65 millions d’euros. Du fait de la croissance du marché, les deux sociétés entendent dépasser rapidement les 150 millions d’euros de chiffre d’affaires. Cela reste encore loin de Bénéteau, qui a réalisé plus de 1 milliard d’euros dans la vente de bateaux, ou de l’allemand Brunswick, spécialisé dans les seuls bateaux à moteur.
« Deux entreprises rentables »
« Surtout, nous sommes deux entreprises rentables aux finances assainies, après la grave crise qu’a connue le secteur. Et nous profitons à plein d’un marché très dynamique », reprend M. Gardies. Des entreprises très complémentaires : elles ne produisent pas les mêmes types de bateaux et chacune d’elles possède sa spécificité commerciale. « Nous sommes très actifs aux Etats-Unis, tandis que Dufour Yachts dispose d’un réseau commercial très solide en Europe, explique Nicolas Gardies. Ensemble, nous allons, dans un premier temps, mutualiser nos réseaux de distribution,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ L’exécutif a précisé la future forme juridique du groupe, mais reste flou sur la question cruciale de la dette.
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SNCF : la concertation piétine, la loi avance

L’exécutif a précisé la future forme juridique du groupe, mais reste flou sur la question cruciale de la dette.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h54
    |

                            Éric Béziat








                        



                                


                            
« C’était pire qu’une réunion de CE de la SNCF. » Didier Aubert, le secrétaire fédéral de la CFDT Cheminots, résumait d’une boutade le sentiment des cheminots à l’issue de sept nouvelles heures de concertation au ministère des transports. Les discussions entre le gouvernement et les syndicats ont repris jeudi 5 avril dans l’après-midi, juste après les deux premiers jours de la grève des salariés contre la réforme de la SNCF.

« C’est une véritable mascarade », donc « la grève se poursuit », a déclaré Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots. « Le gouvernement avance à marche forcée pour tenter de nous asphyxier. On est dans une situation où le mouvement social risque bien de se durcir », a estimé Roger Dillenseger, secrétaire général de l’UNSA ferroviaire.
Si, aux yeux des syndicats, la concertation piétine, la loi, elle, avance. Le nouveau contenu dévoilé le 5 avril décrit la forme juridique que doit prendre la SNCF. Elisabeth Borne, la ministre ces transports, a confirmé que les trois établissements publics à caractère industriel et commercial (EPIC) qui constituent aujourd’hui l’entreprise seront unifiés pour former « un grand groupe industriel moderne », selon les mots de la ministre.
Schéma d’une société holding
L’EPIC de tête, le groupe SNCF, et ses deux EPIC filles, SNCF Mobilités (qui fait rouler les trains) et SNCF Réseau (qui s’occupe des voies), vont être « transformés en une seule société nationale à capitaux publics, détenue à 100 % par l’Etat et dont les titres seront incessibles. Cette société détiendra intégralement deux filiales, sociétés nationales : SNCF Mobilités et SNCF Réseau. » Le schéma est donc celui d’une société holding : la SNCF, dont l’actionnaire sera l’Etat, laquelle holding sera actionnaire de SNCF Mobilités et de SNCF Réseau.
Autre décision forte annoncée : la filiale Gare & Connexions, aujourd’hui intégrée à SNCF Mobilités, sera rattachée...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Le patron de l’hebdomadaire satirique souhaite ouvrir le capital.
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« Charlie Hebdo » : Riss prépare la relève

Le patron de l’hebdomadaire satirique souhaite ouvrir le capital.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h10
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            
Plus de trois ans après l’attentat islamiste qui a décimé une partie de sa rédaction, Charlie Hebdo cherche à pérenniser son modèle, alors que les ventes, un temps stratosphériques, sont revenues à des niveaux ordinaires. Le journal satirique veut aussi préparer la relève et ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires au sein de l’équipe, explique au Monde le patron de l’hebdomadaire, Riss, qui détient 67 % du capital. « Notre génération doit transmettre à la suivante », explique-t-il.
Autre changement d’importance, celui qui contrôle le reste du capital, Eric Portheault, a démissionné de son poste de directeur général fin janvier. Il reste toutefois jusqu’ici détenteur de ses actions. « Dans tous les cas, il faut faire entrer de nouvelles personnes au capital », pense Riss, qui se soucie de transmission éditoriale, « mais aussi, forcément », du cas où il « arriverait quelque chose », à lui-même ou à son associé.
Afin d’accueillir de nouveaux actionnaires – qui depuis la relance du titre en 1992 sont toujours salariés du journal afin de garantir son indépendance –, les statuts ont été modifiés, pour placer les revenus générés en 2015 par le mouvement de solidarité après l’attaque dans une « réserve statutaire » : 15 millions d’euros qui, contrairement aux comptes courants, ne peuvent pas servir à verser des dividendes, précise Riss. « C’est une étape qui va rassurer les salariés, les lecteurs, et montrer qu’on est cohérents », souligne-t-il, estimant tenir là les engagements pris en 2015, sur l’absence d’enrichissement des actionnaires et sur l’évolution du capital. Car grâce à cette « mise de côté » des réserves, le prix des actions peut devenir accessible à de nouveaux entrants, expose-t-il : « Les parts doivent ne rien rapporter mais aussi ne rien coûter. »
« On voit plus clair »
En 2015, l’assassinat le 7 janvier au siège du journal...




                        

                        


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AccorHotels s’implante en Afrique du Sud

Le leadeur européen de l’hôtellerie rachète 50 % de la chaîne Mantis pour tenter de combler son retard sur le continent.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h56
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 12h20
    |

                            Adrien Barbier (Port-Elizabeth (Afrique-du-Sud), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Sébastien Bazin, le PDG d’AccorHotels, l’admet volontiers : « Nous avons raté l’Afrique. Et plus encore, nous avons été bons en Afrique du Nord et de l’Ouest, mais très médiocres dans le sud, le centre et l’est du continent. » Jeudi 5 avril, le leadeur européen de l’hôtellerie a annoncé le rachat de 50 % de la chaîne sud-africaine Mantis. Un joint-venture avec un petit groupe spécialisé dans le luxe et l’écotourisme qui a donc pour ambition de combler son retard en Afrique.
Sur le continent africain, la concurrence est rude entre les grands groupes hôteliers. Présent dans 20 pays avec 114 hôtels, Accor y rivalise avec Marriott, et si le français détient le plus grand nombre de chambres, l’américain le dépasse en nombre d’hôtels. Les deux groupes poursuivent des politiques de construction et d’acquisition très dynamiques.
En 2014, Marriott a racheté la plus grande chaîne d’hôtels sud-africaine, Protea, pour 186 millions de dollars (152 millions d’euros). Or Accor n’avait jusque-là que 5 hôtels dans la première économie du continent. Pour s’y implanter durablement, il fait le choix d’un partenariat avec une marque intimiste. Fondé en 2000, Mantis compte une trentaine d’établissements en Afrique du Sud, et une cinquantaine dans le reste du monde, avec des destinations improbables comme l’Antarctique, où l’île atlantique de Sainte-Hélène, ultime demeure de Napoléon.
« Une expérience sur mesure »
« Ce n’est pas la taille qui compte », a défendu M. Bazin devant un parterre d’invités sud-africains, lors de l’annonce du rachat à Port Elizabeth (sud-ouest), pour un montant gardé secret. « Mantis propose quelque chose qui est très difficile à réussir : vous donnez à la fois de l’émotion, une expérience sur mesure à un nombre limité de personnes, pour qu’ils découvrent un territoire, une culture, tout en respectant l’environnement. »

Le fondateur de Mantis, Adrian Gardiner, fait du tourisme écoresponsable...




                        

                        


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Hermès ouvre de nouveaux ateliers en France, tout en relançant son e-commerce

La marque parisienne de luxe inaugure sa seizième maroquinerie en France, en Franche-Comté. Et elle lance un nouveau site de vente en ligne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h17
    |

                            Juliette Garnier








                        



                                


                            

Et de trois. Hermès devait inaugurer, vendredi 6 avril, une troisième maroquinerie en Franche-Comté, sur la commune d’Allenjoie. La marque de luxe connaît déjà bien ce territoire : elle y fabrique des sacs à Seloncourt, depuis 1996, et à Héricourt, depuis 2016, dans le bâtiment d’une ancienne filature.
« Hermès a choisi cette région pour sa main-d’œuvre locale issue des selleries automobiles », rappelle Nicolas Pasquié, directeur adjoint du développement économique de Pays de Montbéliard Agglomération. Le fabricant a bénéficié de 600 000 euros de prime d’aménagement du territoire, au titre de la création d’emplois. D’après une porte-parole d’Hermès, ce montant « représente une part faible au regard de l’investissement d’Hermès », qui, selon nos informations, serait de l’ordre de 14 millions d’euros (acquisition du terrain comprise).
La marque parisienne s’est dotée d’un bâtiment flambant neuf, au sein du parc d’activité Technoland 2, où elle emploiera 250 à 300 artisans. A terme, en Franche-Comté, environ 780 personnes travailleront pour Hermès, précise cette porte-parole.
« Pour augmenter la production, il faut embaucher »
Avec l’inauguration de la manufacture d’Allenjoie, le fabricant du modèle Kelly boucle un gros cycle d’investissement industriel initié voilà cinq ans et destiné à répondre à la demande de sacs à main fabriqués en France. « Dans notre métier très manuel, il n’y a pas de secret : pour augmenter la production, il faut embaucher », explique Axel Dumas, gérant d’Hermès International.
Sur les cinq dernières années, Hermès a réalisé « 420 millions d’euros d’investissement dans la production, en ouvrant six nouvelles maroquineries en France et en créant 1 650 postes d’artisan », fait-il valoir. Le groupe en exploite aujourd’hui seize, partout en France. « Chaque année, nous recrutons 400 personnes...




                        

                        


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Chômage : l’Etat pourra changer les règles d’indemnisation

Les conditions d’indemnisation pourront désormais être modifiées par décret.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h08
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h54
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        


L’arbitrage est tombé, jeudi 5 avril, après plusieurs jours d’incertitudes : les conditions dans lesquelles certains demandeurs d’emploi sont indemnisés pourront être modifiées par décret. Cette disposition, qui figurait déjà dans une première version de l’avant-projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », a été maintenue dans la mouture définitive du texte, mais sous une forme amendée, conséquence de débats nourris au plus haut sommet de l’Etat. Les syndicats y voient une preuve supplémentaire de la reprise en main par les pouvoirs publics de l’assurance-chômage – avec, comme corollaire possible, un recul des droits au détriment des personnes couvertes par le régime.
Concrètement, la réforme va conduire les partenaires sociaux à repenser, d’ici à la fin 2018, les règles permettant de cumuler un salaire et une allocation-chômage. Si les décisions prises par les organisations de salariés et d’employeurs sont jugées insuffisantes, l’exécutif se réserve la faculté de changer les modalités d’indemnisation applicables aux demandeurs d’emploi « en activité réduite » (ceux qui enchaînent des contrats courts et des périodes d’inactivité) ; un décret en Conseil d’Etat pourra alors être pris, « entre le 1er janvier et le 30 juin 2019 », après « concertation » avec le patronat et les centrales syndicales.

        Lire aussi :
         

                « “Punir les chomeurs” est surtout un signal politique envoyé par les gouvernements »



« Devant le fait accompli »
L’objectif est double, assure une source au sein de l’exécutif : combattre la précarité en incitant les personnes à reprendre un poste et gommer certains effets pervers qui seraient induits par le système actuel (avec cette idée que l’alternance chômage-contrats courts serait, dans certains cas, jugée plus avantageuse qu’un CDD de plusieurs mois ou même qu’un CDI).
La démarche est mal vécue par les partenaires sociaux car ce sont eux, jusqu’à maintenant, qui fixaient les conditions d’indemnisation dans des « conventions Unédic », à l’issue de négociations menées tous les deux ou trois ans, généralement. En outre, « le gouvernement perd de vue que le patronat et les syndicats ont su traiter la question des effets pervers et replacer le régime sur une courbe de retour à l’équilibre », souligne la numéro deux de la CFDT, Véronique Descacq. Pour elle, le fait de donner la possibilité à l’Etat de toucher aux modalités d’indemnisation est contraire aux engagements pris par le président de la République et résulte de pressions exercées par Bercy : le but, inavoué, est de diminuer les droits et de comprimer les dépenses, ce qui permettra au régime de faire face au coût engendré par la prise en charge des démissionnaires et des indépendants – une autre nouveauté introduite par l’avant-projet de loi.
« Nous aurions préféré qu’ils se passent de ce dispositif, confie Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO. Ils risquent de nous mettre devant le fait accompli en touchant aux indemnités des personnes en activité réduite. » Denis Gravouil (CGT) partage ce constat, mais, pour lui, le point « le plus critique » réside dans le « cadre très serré » que l’Etat imposera aux partenaires sociaux pour élaborer les conventions Unédic : à l’avenir, un document leur sera remis, avec des objectifs à atteindre (notamment en matière de « trajectoire financière »).
Le texte devrait être présenté en conseil des ministres, le 27 avril, puis examiné au Parlement à partir du mois de juin. Il suscite d’ores et déjà des interrogations chez certains membres de la majorité. « La question du cumul indemnités-salaire est un point de vigilance, affirme Aurélien Taché, député (LRM, Val-dOise) et rapporteur du projet de loi, pour le volet assurance-chômage. Certes, il faut mettre fin aux abus, mais il ne faudrait pas non plus sanctionner des personnes qui en ont vraiment besoin. »



                            


                        

                        


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La loi Pacte portée par Bruno Le Maire peine à s’imposer à l’agenda politique

La présentation de ce projet de loi destinée aux entreprises vient d’être repousée une seconde fois et devrait avoir lieu mi-mai.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h07
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Ce devait être le texte de « transformation de l’économie » du quinquennat, visant à « donner une nouvelle armature » aux entreprises tricolores, selon les mots du ministre de l’économie, Bruno Le Maire. Pour le moment, ce n’est même pas encore un projet de loi. Initialement prévu pour un passage en conseil des ministres le 18 avril, puis le 2 mai, le « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte) devrait finalement être présenté « durant la seconde quinzaine de mai : le 16, voire le 23 », indique le cabinet du ministre.
Un décalage qui tranche avec les moyens mis en œuvre pour élaborer la loi. A l’automne 2017, une vaste consultation avait rassemblé chefs d’entreprise, partenaires sociaux et parlementaires. Mais aussi avec le volontarisme de Bercy : depuis des semaines, Bruno Le Maire met soigneusement en scène les volets majeurs de Pacte, distillant là ses décisions sur la définition de l’objet social de l’entreprise après le rapport de Jean-Dominique Senard et Nicole Notat, ici sa doctrine en matière de privatisations, ailleurs ses pistes de réforme de l’épargne.
« Pas un acte majeur »
Alors, où le bât blesse-t-il ? Les difficultés sont d’abord techniques. L’embouteillage législatif créé par la multiplicité des réformes de l’exécutif oblige à en décaler certaines. De plus, le caractère hétéroclite du texte, censé aider les PME-ETI (entreprises de taille intermédiaire) françaises à grandir, tout en associant les salariés à leurs résultats, multiplie les points de frictions avec les différents lobbys professionnels. « Il y a encore des gens à consulter, sur l’épargne-retraite, le 1 % logement [financé par une cotisation sur la masse salariale dont pourrait être exemptées certaines PME] ou l’allégement des seuils sociaux et fiscaux », explique l’entourage du ministre. « Il faut trouver le curseur pour la baisse du forfait social [la contribution à la charge des employeurs]...




                        

                        


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Hermès veut développer sa parfumerie

Le groupe de luxe français réalise encore la majorité de son activité dans la maroquinerie. Il veut être davantage présent dans les cosmétiques, maquillage, soins et parfums.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 10h39
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Plus de 6,4 millions de personnes suivent le compte d’Hermès sur Instagram. Parmi ses publications les plus appréciées, figurent les clichés de ses chaussures, de son prêt-à-porter et de ses bijoux. En 2017, ce sont « les trois activités qui ont le plus progressé », note Axel Dumas, gérant d’Hermès International.
Mais le groupe français, dont le chiffre d’affaires a atteint 5,5 milliards d’euros, après un bond de 9 % ses ventes, tire encore la majorité de son activité de la maroquinerie. Les ventes de sacs, pochettes, portefeuilles et porte-monnaie ont progressé de 10 % l’an dernier.
Concurrence en vue avec LVMH chez Sephora
Depuis plusieurs années, le groupe tente de réduire sa dépendance à cette activité. Après avoir lancé une collection de produits de décoration en 2010, la marque parisienne va encore se diversifier en étendant son emprise dans les parfumeries. « Notre activité dans le parfum est très ancienne », rappelle M. Dumas. L’an dernier, la marque connue pour son Terre d’Hermès, parfum pour hommes, a rencontré un franc succès avec son Twilly, eau florale lancée pour séduire les jeunes femmes.
« A long terme, il nous faudrait être présent sur les trois segments du marché des cosmétiques, le parfum, le maquillage et les soins. Cela nous donnerait une présente suffisante au sein de la distribution », précise M. Dumas, en annonçant le « lancement de produits de maquillage, à l’horizon 2020, puis des soins cosmétiques ».
Chez Sephora, filiale de LVMH, le groupe devra alors s’imposer dans des rayons dominés par Dior et Guerlain, autres grandes filiales de son rival français.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ En janvier, moins d’un cinquième des sociétés françaises se disaient confiantes face aux obligations du règlement européen (RGDP), qui entrera en vigueur le 25 mai.
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Protection des données personnelles : dernière ligne droite pour les entreprises

En janvier, moins d’un cinquième des sociétés françaises se disaient confiantes face aux obligations du règlement européen (RGDP), qui entrera en vigueur le 25 mai.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 09h53
    |

                            Gaëlle Picut








                        



                                


                            

Depuis quelques mois, on voit fleurir un nouveau métier au sein des entreprises ou des cabinets de conseil : le DPO (data protection officer), responsable du traitement des données et de l’évaluation des risques. En effet, avec l’entrée en vigueur le 25 mai 2018 du nouveau règlement européen relatif à la protection des données des personnes physiques, les entreprises françaises sont sommées de renforcer la protection des données personnelles.
Les entreprises n’ont plus que quelques semaines pour se mettre en conformité si elles ne veulent pas risquer des sanctions financières lourdes
Ce texte publié depuis deux ans – le 27 avril 2016 – concerne toutes les entreprises et les organismes publics qui assurent le traitement de données personnelles et dont l’entité est présente dans plusieurs pays européens. Il vise à étendre le droit des citoyens dans la protection de leur vie privée alors que le big data devient de plus en plus important et stratégique. Les entreprises n’ont plus que quelques semaines pour se mettre en conformité si elles ne veulent pas risquer des sanctions financières lourdes. Les DPO (data protection officer) sont donc plus que jamais sollicités.
Or, selon une étude menée par l’éditeur de logiciels Senzing en janvier, moins de la moitié des entreprises européennes étaient considérées comme étant « prêtes », et en France moins d’un cinquième des entreprises se disaient très confiantes face aux obligations du RGPD.
Davantage de transparence
Le nouveau Règlement général de la protection des données (RGDP, ou GDPR en anglais) européen, adopté en avril 2016, vise à responsabiliser le traitement des données personnelles par les entreprises à travers trois objectifs : renforcer le droit des personnes ; encadrer les acteurs traitant les données ; réguler les traitements de données par les entreprises en renforçant la coopération entre les autorités de protection.
une entreprise devra désormais supprimer les données...



                        

                        

