<FILE-date="2018/04/06/19">

<article-nb="2018/04/06/19-1">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Un collectif de plus de deux cents enseignants à l’université explique dans une tribune au « Monde » pourquoi ils ne veulent pas classer les candidatures des bacheliers, tel que le prévoit la procédure mise en place depuis le déploiement de la plate-forme Parcoursup.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Enseignants à l’université, nous refusons d’examiner les dossiers des lycéens »

Un collectif de plus de deux cents enseignants à l’université explique dans une tribune au « Monde » pourquoi ils ne veulent pas classer les candidatures des bacheliers, tel que le prévoit la procédure mise en place depuis le déploiement de la plate-forme Parcoursup.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le 31 mars, les bacheliers ont confirmé leurs vœux de poursuite d’études sur la plate-forme Parcoursup. Ils ont eu raison de le faire parce qu’étudier à l’université accroît les connaissances et élargit les horizons. Le diplôme constitue, aussi, la meilleure protection face au chômage. Leur avenir est désormais dans les mains d’une poignée d’enseignants-chercheurs désignée pour examiner leur dossier dans les formations de leur choix.
Nous faisons partie de ces enseignants, mais nous refusons d’accomplir cette tâche. Nous refusons de classer les candidatures parmi des milliers d’autres (pour une centaine de places dans nos formations). Nous refusons de porter un jugement sur les espoirs, les aspirations et la capacité de chacun à réaliser ses rêves. Cette lettre vise à expliquer pourquoi nous nous considérons incapables d’accomplir une telle tâche.
Notre métier n’est pas de prédire
En tant qu’enseignants à l’université, notre métier n’est pas de prédire les chances des uns et des autres de réussite, mais d’accompagner les étudiants dans la poursuite de leur parcours universitaire. Notre mission est de transmettre nos connaissances pour qu’elles puissent leur servir à l’avenir. Il s’agit de leur offrir, tant que possible, les moyens de réaliser leurs ambitions et, en aucun cas, de les restreindre.

Cette mission est difficile et nous échouons parfois à la mener à bien. Les difficultés que nous rencontrons ne tiennent pas à la « qualité » des dossiers scolaires des bacheliers ou la cohérence de leurs choix (qui à 18 ans n’ont heureusement rien de certain), mais au manque de moyens dont nous disposons pour les soutenir. Amphis parfois bondés, salles occasionnellement non chauffées, équipement informatique insuffisant, enseignants précaires, secrétariat surchargé, les gouvernements successifs ont abandonné l’université au profit d’autres établissements, réservés à une « élite ».
Des moyens, nous n’en...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-2">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne »

Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h34
    |

Thierry Le Roy (Président de France Terre d’asile)







                        



                                


                            

Tribune. Les parlementaires français ont commencé à débattre d’un projet de loi « visant à rendre plus effectif le droit d’asile » (« Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », voir lien PDF). Nous, France Terre d’asile et d’autres associations, le critiquons, parce qu’il risque de rendre moins effectif le droit de recours en matière d’asile, ou parce qu’il ne se soucie pas assez du premier accueil, point faible du dispositif actuel. Nous essayons d’améliorer le projet en suggérant des amendements.
Nous savons pourtant que l’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne (UE), dont les membres négocient en même temps, le même trimestre, le nouveau « paquet asile ».
Contraire à la convention de Genève
Sur deux points essentiels, au moins, les règlements européens en préparation conditionnent radicalement ce que pourra faire la loi française. Tout d’abord le sort des « dublinés », ces demandeurs d’asile repérés ou enregistrés dans un autre Etat membre.
Ils prennent dans notre système d’accueil et d’hébergement une place telle que le gouvernement fait de leur transfert effectif vers l’Etat membre de « première entrée » en Europe un des principaux objectifs de son projet de loi et de sa politique. Alors que la faillite avérée du système du règlement actuel, dit Dublin III, voue cette politique à un échec annoncé.

C’est dans le projet de nouveau règlement, dit Dublin IV, dont le Conseil de l’UE poursuit la discussion en ce mois d’avril après délibération du Parlement européen, que se situe l’enjeu de la prise en charge de l’asile entre les Etats membres de l’Union.
Autre sujet européen : le sort des demandeurs d’asile qu’on préférerait voir accueillis par des pays tiers, dits de premier accueil ou de transit. Un autre projet de règlement en discussion dans ce « paquet asile » pourrait imposer la notion de « pays tiers sûr » à...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-3">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Quand les marchés financiers s’adaptent à la “méthode Trump” »

Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h15
    |

Jean-Paul Betbeze (Président de Betbeze conseil et membre du Cercle des économistes)







                        



   


La Bourse se met-elle à comprendre Donald Trump ? On le dirait ! La voilà en effet qui remonte, après avoir craint le pire : une guerre des droits de douane entre Etats-Unis et Chine, une guerre qui pourrait mener à la récession mondiale. Le drame ! Aujourd’hui, il semblerait qu’une discussion pourrait se mettre en place entre les deux protagonistes (que de conditionnels !).
Donald Trump avait pourtant commencé très fort, avec 50 milliards de dollars de menaces, 25 % de hausse des droits de douane sur deux produits – l’acier et l’aluminium –, plus des demandes d’ouverture des marchés chinois. La Chine a répondu par une liste de 1 300 produits qu’elle taxerait, elle aussi, de 25 % : une pluie de flèches contre deux fusées ! Mais elle a surtout entendu le message de Trump : il ne s’agit pas de guerre commerciale… puisque les Etats-Unis l’ont perdue, selon Trump lui-même !
Arrêter le dérapage
Dans un tweet mémorable du 4 avril, il explique en effet qu’il ne souhaite pas une guerre commerciale : « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale, cette guerre a été perdue il y a des années par les personnes stupides ou incompétentes qui représentaient les Etats-Unis. Maintenant nous avons un déficit commercial annuel de 500 milliards de dollars et un vol annuel de droits de propriétés de 300. Nous ne pouvons laisser ceci continuer ! ».
De fait, des mesures par Donald Trump sont prises non pour faire la guerre mais pour arrêter le dérapage, en attendant la remontée. Il s’agit de renforcer la surveillance des droits de propriété, de réduire le nombre de thésards étrangers (chinois), de pousser fiscalement les entreprises américaines et étrangères à produire plus aux Etats-Unis, sans compter des règles et des contrôles assouplis, notamment en matière d’environnement et de construction.

        Lire aussi :
         

                « Le véritable risque réside dans des ruptures d’ampleur suffisante pour hypothéquer des années d’accumulation d’épargne »



La Chine comprend cette logique de rééquilibrage des échanges : sa philosophie profonde n’aime pas les déséquilibres, surtout de cette taille, et moins encore son sens politique. Mais sa riposte est surtout tactique, car tout le monde sait que la discussion va aborder d’autres thèmes : la protection des droits de propriété et surtout les conditions d’implantation des entreprises étrangères. C’est le vrai souci de Donald Trump : permettre aux entreprises américaines de s’installer en Chine, dans le commerce ou la finance notamment, sans lien avec des entreprises locales.
Donc les marchés financiers ont bien aimé les messages du nouveau conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow. Bien connu des médias, il chroniquait à Fox News [chaîne de télévision américaine conservatrice], il a indiqué que les négociations commerciales entre Etats-Unis et Chine pourraient se conclure bien, la plupart des experts disant que personne ne gagnerait à une montée aux extrêmes, dans une guerre classique. En même temps, les nouvelles « sur le front » de l’Alena, l’accord [de libre-échange] avec les Etats-Unis, le Mexique et le Canada s’annoncent meilleures, de la bouche du premier ministre canadien Trudeau. Et l’on mesure l’étonnante évolution de la Corée du Nord.
La méthode Trump
Au fond, les marchés financiers se disent qu’il y a « une méthode Trump », un double excès de menaces et de protestations d’amitiés, comme on le voit avec la Corée du Nord qu’on veut détruire et dont on veut rencontrer le chef, ou avec la Russie et la Chine, sur un mode mineur bien sûr dans ces deux cas. Et d’ailleurs, Donald Trump agit de même manière avec ses « alliés » européens, de l’Otan, ou avec ses voisins mexicains. Pas d’aides et de protections sans compensations en espèces sonnantes et trébuchantes !
En fait, la base politique de sa démarche est la même : consolider son électorat « dur », mais sa logique est pro-business américain : baisse des charges diverses et des règles, diminution des frais de l’empire américain (Otan ou ONU, mais pas pour l’armée), soutien aux marges des entreprises, et pas d’inquiétude si le dollar baisse – ce devrait être temporaire.

        Lire aussi :
         

                « Guerre commerciale : les Européens devraient utiliser Trump pour défendre leurs propres intérêts face à Pékin »



La logique suivie est double : renforcer la base productive américaine et ses capacités d’exportation. Renforcer la base productive, c’est soutenir l’emploi et pousser à ce que plus d’Américains retrouvent le marché du travail (c’est le grand problème posé par l’addiction aux opioïdes, qui est un drame national et que Donald Trump mentionne fréquemment). Aider à l’export, c’est ouvrir les marchés émergents, notamment chinois, pour permettre des implantations plus pérennes et réduire les déficits extérieurs américains.
Bien sûr, cette politique « America first » peut être jugée à courte vue ou égoïste (son nom l’indique !), mais elle devient de plus en plus lisible par les marchés financiers, qui s’y font. Ils en verront plus tard les limites, politiques au Moyen-Orient ou en Europe, ou même économiques, si l’inflation monte vite aux Etats-Unis. Mais, aujourd’hui, les marchés financiers apprécient d’avoir eu trop peur hier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-4">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Prélèvement forfaitaire unique sur les revenus des placements financiers : « Il est à craindre que cette réforme n’accouche d’une souris »

L’économiste Thierry Aimar explique, dans une tribune au « Monde », qu’alléger la fiscalité des placements financiers ne modifiera pas la structure de l’épargne des Français et bénéficiera aux plus hauts patrimoines sans pallier l’insuffisance de fonds propres des entrepreneurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Thierry Aimar (Maître de conférences en économie à l’université de Lorraine)







                        



                                


                            

Tribune. Le gouvernement cherche à réorienter l’épargne des Français vers l’investissement productif. L’un des instruments de cette politique est de modifier la structure de la fiscalité sur le patrimoine : c’est l’objet de l’instauration depuis le 1er janvier 2018 du prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % sur les revenus des placements financiers, souvent appelé « flat tax ».
Alors qu’actuellement, moins de 10 % de la valeur totale de l’épargne nationale est placée sur les marchés financiers, on voit facilement l’intérêt d’une telle politique. Rediriger l’épargne des Français pourrait d’abord aider nos champions numériques à lutter à armes égales avec leurs concurrents internationaux. Quoi de plus ahurissant que le décalage abyssal entre les moyens de financement dont disposent les acteurs américains ou chinois du numérique – les fameux Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) et les nouveaux BATX (Baidu, Alibaba, Tencent, Xiaomi) –, et ceux laissés aux opérateurs européens ?
Un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat
La « flat tax » pourrait ensuite réduire des inégalités de richesses entre les ménages en favorisant la constitution d’un patrimoine basé sur l’entrepreneuriat et la prise de risque, et non sur la famille et la rente (un tiers du patrimoine des Français provient d’un héritage) ; enfin, elle contribuerait à inverser le rapport de force entre entrepreneurs et capitalistes.

A partir du moment où plusieurs entrepreneurs se disputent l’accès à des financements trop rares, ils sont obligés d’offrir aux actionnaires des retours sur investissement plus importants et plus rapides que les concurrents, donnant ainsi une prime au court terme, souvent dénoncée. Suite à cette surenchère, c’est la quasi-totalité de la création de richesses qui passe des mains des entrepreneurs à celles des investisseurs.
Mais la « flat tax » peut-elle vraiment produire de tels résultats ?
Si...



                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-5">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Lutter contre les contrats courts est une nécessité »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Les partenaires sociaux ont conclu, jeudi 22 février, un accord national interprofessionnel (ANI) sur l’assurance-chômage qui paraît très timide sur la question des contrats courts. Les branches y sont appelées à négocier sur la précarité pour définir des objectifs quantitatifs ou qualitatifs, mais se voient menacées de l’instauration d’un bonus-malus si les résultats de ces négociations se révèlent insuffisants, comme l’a annoncé la ministre du travail. Car lutter contre les contrats courts est une nécessité.
Pourtant les solutions ne manquent pas, comme l’a montré le séminaire sur les politiques de l’emploi, coorganisé sur le sujet par les ministères de l’économie et du travail vendredi 9 mars. Trois intervenants, le juriste Franck Petit, l’économiste Corinne Prost et la présidente de l’Unédic, Patricia Ferrand, y ont analysé les faits et évoqué des réponses. Il apparaît que le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) est comparable en France à ce qu’il est dans les autres pays européens. Mais au sein des CDD, les contrats courts de moins d’un mois représentent environ 2,5 % de l’emploi salarié en France, contre moins de 1 % dans la zone euro ou dans l’Union européenne.
Un système de bonus-malus
Les salariés concernés sont souvent enfermés dans des situations de forte précarité, ont davantage de difficultés à obtenir un prêt ou un logement locatif et n’ont pas de formation professionnelle qualifiante. Cet enfermement laisse des personnes souvent fragiles aux marges du marché du travail et il coûte cher à l’assurance-chômage : depuis plus de vingt ans, environ un tiers du budget d’indemnisation, soit actuellement 11 milliards d’euros par an, est alloué aux fins de CDD.

Les réponses évoquées lors du séminaire renforcent le plus souvent le coût du recours aux contrats courts pour l’employeur, selon différentes modalités : la taxation des contrats courts, un taux de cotisation dégressif selon la durée de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-6">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Pour la création “d’obligations retraite” »

Trois professeurs de finance, Lionel Martellini, Robert C. Merton et Arun S. Muralidhar, suggèrent, dans une tribune au « Monde », l’émission d’obligations dont l’échéance et la durée correspondraient aux âges de départ et d’espérance de vie à la retraite.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Lionel Martellini (Professeur de finance à l’EDHEC et directeur de l’EDHEC-Risk Institute), Robert C. Merton (Professeur de finance au Massachusett...







                        



                                


                            
Tribune. L’un des objectifs du projet de loi « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises » (Pacte), qui devrait être présenté en conseil des ministres en mai, est de réorienter l’épargne long terme des Français pour la rendre non seulement plus productive pour le financement de l’économie, mais aussi plus efficace pour le financement de leur retraite.
notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent
Une grande partie de l’épargne des ménages est stérilisée dans des contrats d’assurance-vie, qui bénéficient d’un traitement fiscal avantageux mais ne sont pas du tout adaptés aux besoins de la préparation à la retraite. L’objectif d’épargne d’un futur retraité peut, en fait, se formuler de manière assez claire : il s’agit de disposer d’un revenu de remplacement lui permettant de financer ses besoins de consommation pendant la retraite. Si le besoin est clair, il est pourtant mal couvert par les contrats existants. En fait, même les contrats en euros, réputés non risqués dans la mesure où ils offrent une garantie en capital, ne permettent pas de sécuriser un montant minimal de revenu de remplacement à la retraite.
La question de la pertinence des supports d’épargne longue se pose aujourd’hui avec d’autant plus d’acuité que l’équilibre de notre système public de retraite par répartition est menacé par une crise sans précédent, caractérisée par l’allongement général de la durée de vie et la forte baisse du nombre d’actifs par retraité : ce ratio s’élève désormais à 2,2, il est parmi les plus faibles des pays développés.
Un véritable défi
Dans la mesure où l’importance des régimes complémentaires, constituée du bloc AGIRC-ARRCO, reste relativement modeste, les salariés se trouvent dans l’obligation de recourir à des plans d’épargne individuels afin de compléter leur retraite publique et leur éventuelle retraite d’entreprise. Ils se trouvent ainsi de facto de plus en plus...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-7">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Cette idée, notamment émise par Manuel Valls après l’attentat de Trèbes, contredit les principes de la liberté de conscience, rappelle dans une tribune au « Monde » l’historienne Valentine Zuber.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi « interdire le salafisme est irresponsable »

Cette idée, notamment émise par Manuel Valls après l’attentat de Trèbes, contredit les principes de la liberté de conscience, rappelle dans une tribune au « Monde » l’historienne Valentine Zuber.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h15
    |

Valentine Zuber (Historienne)







                        



                                


                            
Tribune. Face à l’effroi généré par le nouvel attentat meurtrier perpétré le 24 mars sur notre territoire au nom de l’idéologie anti­moderne et mortifère portée par l’organisation Etat islamique, les propositions les plus démagogiques ont fusé, sans même attendre la fin du temps d’un deuil pourtant si nécessaire. Parmi celles-ci, l’interdiction du salafisme réclamée par Manuel Valls. Ce dernier reprenait d’ailleurs une suggestion de Nathalie Kosciusko-Morizet qu’il avait pourtant balayée quelques mois plus tôt, en rappelant alors que la liberté de conscience est une liberté fondamentale légalement consacrée dans notre pays.
Politiquement irresponsable
Ces réactions épidermiques sont certes à la mesure de l’exaspération et de l’incompréhension générale face à cette résurgence de la violence, surtout lorsqu’elle prend pour prétexte la défense d’une conception religieuse aussi exclusive et intolérante. Interdire une religion, même une idéologie aussi dérangeante que peut l’être pour nous le salafisme, contredit pourtant dangereusement les fondements libéraux de sur lesquels nos institutions séculières et démocratiques. Cette mesure paraît politiquement irresponsable en faisant notamment le jeu de ceux qui les combattent.
Doit-on encore le rappeler ? Le difficile avènement de la liberté de conscience – qui conditionne toutes nos libertés individuelles, de croyance ou d’expression – a été marqué par la lutte continue et résolue d’hommes et de femmes, mais aussi de groupes minoritaires régulièrement discriminés, contre deux adversaires, souvent complices : le dogmatisme religieux intolérant porté par certaines personnes ou institutions religieuses et les abus de pouvoir des Etats autoritaires.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les Nations unies il y a maintenant soixante-dix ans, a voulu y mettre un terme solennel. Nos Etats l’ont ratifiée et introduit ses principes libéraux dans leur législation. Nous avons...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-8">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. En matière d’éducation, de santé, de la lutte contre la pauvreté, le bilan de la chef du gouvernement birman après deux années d’exercice du pouvoir s’avère décevant. Son silence sur le sort des Rohingya et son autoritarisme lui sont également reprochés.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Birmanie : le cruel échec d’Aung San Suu Kyi

Editorial. En matière d’éducation, de santé, de la lutte contre la pauvreté, le bilan de la chef du gouvernement birman après deux années d’exercice du pouvoir s’avère décevant. Son silence sur le sort des Rohingya et son autoritarisme lui sont également reprochés.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h21
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Deux ans après son arrivée au pouvoir, le bilan du gouvernement dont Aung San Suu Kyi, l’ex-icône de l’opposition démocratique birmane, est de facto la chef, s’avère cruellement décevant.
Après des années de résistance digne et courageuse contre la dictature, dont une quinzaine passées assignée à résidence, Aung San Suu Kyi, Prix Nobel de la paix, a réussi à arracher à la junte militaire une transition négociée et des élections. Son parti, la Ligue nationale démocratique (LND), a remporté une victoire écrasante aux premières élections libres de l’automne 2015, mais la « Lady », comme l’appellent les Birmans, était constitutionnellement empêchée de briguer le poste de présidente parce qu’elle avait été mariée à un Britannique. Lors de la formation du gouvernement, en mars 2016, elle s’est donc contentée du poste de ministre des affaires étrangères, assorti du titre de conseillère d’Etat, ce qui a fait d’elle, en réalité, l’équivalent de première ministre.

        Lire aussi :
         

                En Birmanie, l’échec socio-économique d’Aung San Suu Kyi suscite la déception



Il semble, malheureusement, qu’Aung San Suu Kyi, aujourd’hui âgée de 72 ans, ait mieux réussi dans l’épreuve de la dissidence que dans l’exercice du pouvoir. Certes, son autorité reste considérablement limitée par les termes de l’accord passé avec les militaires : 25 % des sièges du Parlement leur sont réservés, et ils ont gardé tous les leviers de l’appareil sécuritaire et régalien. Le plus grand reproche qui lui est fait à l’étranger, celui de sa passivité face à la terrible opération de nettoyage ethnique de l’armée birmane ayant chassé les musulmans Rohingya vers le Bangladesh, est logique. Il n’était probablement pas réaliste, pourtant, d’attendre d’elle qu’elle puisse empêcher les forces armées de commettre ces exactions.
Déception des jeunes militants
Mais son bilan n’est guère plus brillant dans les domaines dans lesquels elle a plus de marge de manœuvre : l’éducation, le développement, la santé, la lutte contre la pauvreté. Peu de progrès ont été accomplis de ce point de vue, dans un pays dont 40 % des 51 millions d’habitants vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Les experts déplorent une absence de vision et de stratégie globale du gouvernement, dont les quelques initiatives sont par ailleurs lourdement entravées par une bureaucratie héritée de la dictature.
Un autre problème est soulevé jusque dans le camp d’Aung San Suu Kyi : sa façon d’exercer le pouvoir, son autoritarisme tatillon, sa tendance à privilégier la loyauté plutôt que la compétence dans le choix de ses ministres et conseillers. Les vétérans de la LND, ceux qui ont passé des années en prison dans des conditions très dures, n’ont pas vu la société évoluer et se révèlent souvent incapables de s’adapter à une action politique ouverte. Les jeunes militants, ceux qui ont été élus députés dans l’enthousiasme de la vague LND de 2015, sont déçus par leur impossibilité à faire bouger les choses ; plusieurs d’entre eux ont déjà fait savoir qu’ils ne se représenteraient pas aux prochaines élections.
Tout aussi inquiétante est l’incapacité de la LND à résister aux attaques contre la liberté de la presse, l’un des grands acquis de la transition. Un proche d’Aung San Suu Kyi, Win Myint, ancien prisonnier politique, vient d’être désigné à la tête de l’Etat. On le dit plus aguerri et plus motivé que son prédécesseur, très effacé. Sera-t-il le coéquipier capable de donner un nouveau souffle à l’équipe de la Prix Nobel ? C’est ce que l’on peut souhaiter de mieux à la Birmanie.

        Lire aussi :
         

                En Birmanie, un proche d’Aung San Suu Kyi désigné à la présidence






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-9">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Invitée de la troisième édition des Voix d’Orléans, la romancière et anthropologue Catherine-Lune Grayson, qui participera au débat sur le genre, rêve du jour où les femmes ne seront plus seules invitées à parler de cette problématique.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Quand Raoul jouera à faire le ménage... »

Invitée de la troisième édition des Voix d’Orléans, la romancière et anthropologue Catherine-Lune Grayson, qui participera au débat sur le genre, rêve du jour où les femmes ne seront plus seules invitées à parler de cette problématique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h23
    |

Catherine-Lune Grayson







                        



                                


                            

Tribune. Je ne suis pas experte des questions liées au genre, encore moins de la théorie du genre – qui, me semble-t-il, n’existe pas. Ma fiction et mes écrits académiques parlent d’exil, de filiation, de crises humanitaires. On m’a invitée à parler de genre, en compagnie de trois autres femmes, parce que je suis une femme, parce que nous sommes toutes des femmes.
Cela suggère que les préoccupations liées au genre et aux différences entre les rôles sociaux masculins et féminins sont propres aux femmes. Pareille proposition, même implicite, me fâche, me donne envie de dire que le progrès est bien lent – puisque l’on me demande aussi de parler de progrès. Les choses auront changé lorsqu’il n’ira plus de soi que ce sont les femmes qui s’intéressent au genre.
En lisant la description de la table ronde, je me suis demandé si l’on utilisait genre et féminisme de façon interchangeable et si la lutte pour l’égalité, qui devrait pourtant interpeller autant les hommes que les femmes, était pensée au féminin. J’ai envie de croire qu’elle ne l’est pas. Je sais qu’elle importe autant au père de ma fille qu’à moi.

On me demande de parler de genre parce que je suis femme. C’est donc de cette perspective-là que j’écris. Femme. Mère d’une fille. Femme qui écrit. Qui évolue dans un univers professionnel qui, bien que peuplé de femmes, se pense encore au masculin – je suis travailleuse humanitaire. Parce que je ne suis pas une spécialiste du genre, mes considérations sont nécessairement intimes.
Handicap à surmonter
A travers le monde, je croise des femmes fortes, qui se battent, qui refusent le rôle que l’on tente de leur imposer. Qui mènent d’âpres négociations. Et qui en paient parfois lourdement le prix. Au parc, j’entends des parents dire à leur fils en pleurs de cesser de se comporter comme une fille. Dans les magasins de jouets, il y a tous ces objets qui dégoulinent d’un féminin fait de paillettes, de rose et de dentelle....




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-10">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ La stratégie nationale pour l’autisme doit être présentée aujourd’hui. Entretien avec Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées : « Permettre à tous les enfants autistes d’entrer à la maternelle »

La stratégie nationale pour l’autisme doit être présentée aujourd’hui. Entretien avec Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h07
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Fortement attendue par les familles et les professionnels, la stratégie nationale pour l’autisme devait être présentée, vendredi 6 avril, par le premier ministre, Edouard Philippe, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées.
Après trois plans autisme depuis 2005, une concertation nationale avait été lancée en juillet 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron. Celle-ci a été pilotée par Claire Compagnon, déjà auteure d’un rapport en tant qu’inspectrice générale des affaires sociales.
Renforcer la recherche et les formations, intervenir précocement auprès des enfants, garantir la scolarisation effective des enfants et des jeunes, favoriser l’inclusion des adultes, soutenir les familles, cette stratégie comporte vingt mesures, résumées dans ces cinq engagements.
La France est toujours pointée du doigt pour le retard dans le diagnostic et la prise en charge de ces troubles du neurodéveloppement. En quoi cette stratégie nationale diffère-t-elle des politiques précédentes ?
C’est le fer de lance de la politique du handicap que l’on veut mener pendant ce quinquennat. Les précédents plans autisme concernaient le domaine médico-social ; aujourd’hui l’enjeu est l’implication de tous les ministères, aussi bien la santé que l’éducation nationale, l’emploi, la recherche, la culture, le sport… C’est ainsi que les personnes handicapées seront considérées avant tout comme des personnes, citoyens d’une société inclusive. Pour cela, le budget 2018-2022 sera de 344 millions d’euros, c’est presque deux fois plus que le précédent plan.
Nous avons étendu la stratégie à tous les troubles neurodéveloppementaux reconnus au niveau international, comme le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) ou les déficiences intellectuelles. Cet élargissement était nécessaire pour ne pas passer à côté de certaines situations en matière de repérages, de troubles associés. La prévalence des troubles du...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-11">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Analyse. Face au conflit qui oppose les deux géants, l’Union européenne reste trop silencieuse, estime notre correspondant à New York Arnaud Leparmentier.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Guerre commerciale : les Européens devraient utiliser Trump pour défendre leurs propres intérêts face à Pékin »

Analyse. Face au conflit qui oppose les deux géants, l’Union européenne reste trop silencieuse, estime notre correspondant à New York Arnaud Leparmentier.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h45
    |

            Arnaud Leparmentier (New York, correspondant)








                        



                                


                            
Analyse. C’est le communiqué à 100 milliards. Jeudi soir 5 avril, Donald Trump a demandé au département du commerce américain de voir s’il ne serait pas judicieux d’infliger 100 milliards de dollars (82 milliards d’euros) de droits de douanes supplémentaires contre la Chine, après que celle-ci eut riposté aux premières sanctions américaines de 50 milliards de dollars. Le président américain est d’autant plus furieux que Pékin a ciblé ses électeurs, les fermiers républicains du Midwest.
D’aucuns y verront l’engrenage annoncé vers une guerre commerciale généralisée. D’autres, la construction d’un rapport de force. « Les Etats-Unis veulent négocier avec la Chine, mais seulement si les discussions sont sérieuses, alors que les tentatives précédentes ont donné peu de progrès », a expliqué à l’agence Reuters un haut responsable américain.
La bataille est politique, alors que le président chinois Xi Jinping doit faire des annonces au sommet de Baoa – le Davos Chinois, qui ouvre ses portes dimanche dans la province tropicale de Hainan. Il compte se faire le chantre de la libéralisation, quarante ans après l’ouverture économique initiée par Deng Xiaoping.
Cette image d’une Chine ouverte n’est nullement celle des Américains. Leur tactique, qui avait consisté, après 1945, à intégrer le Japon et l’Allemagne dans l’économie mondiale, avait conduit à la démocratie, à l’Etat de droit et à la prospérité. Ce pari, fait avec la Chine lors de son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2002, a certes fait sortir les Chinois de la pauvreté mais elle a conduit à un régime nationaliste à l’intérieur, autoritaire à l’extérieur et à un président désormais à vie. Son ambition de supplanter les Etats-Unis est vue comme un danger majeur.
Une angoisse américaine
Dans son livre Destined for War. Can America and China escape Thucydide’s Trap ? (« Vouées à la guerre : l’Amérique et la Chine peuvent-elles échapper au...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-12">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », déplore qu’une majorité de jeunes placent Dieu au-dessus de tout, et donc au-dessus de l’art
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Pour l’art, Dieu et le sexe sont des terrains de jeu parmi d’autres. Et qui recule ? L’art »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », déplore qu’une majorité de jeunes placent Dieu au-dessus de tout, et donc au-dessus de l’art



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 08h29
    |

            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            

Chronique. Le livre fait du bruit, il fait grincer aussi, et c’est très bien. Mercredi 4 avril, nous avons consacré deux pages à La Tentation radicale (PUF, 464 pages, 23 euros), une enquête menée par une équipe de sociologues, qui analyse les déclarations de 7 000 lycéens, âgés de 14 à 16 ans, issus pour beaucoup de quartiers populaires, où l’islam est un marqueur.
Un quart d’entre eux affirment que les victimes de l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo « l’ont un peu cherché ». Allons plus loin sur la question culturelle. « La liberté d’expression et de création est mise à mal par notre enquête, et je ne m’y attendais pas à ce point », nous dit Olivier Galland, chercheur et coauteur de ce livre avec Anne Muxel.
80 % des lycéens interrogés disent qu’on ne peut pas se moquer des religions. Les jeunes musulmans placent Dieu au-dessus de tout, donc au-dessus de l’art. Ce qui surprend plus, c’est que les jeunes chrétiens, et même les jeunes tout court, disent la même chose – même s’ils sont moins nombreux. « On ne peut pas rire de tout est un jugement quasi unanime », écrivent les sociologues Vincenzo Cicchelli et Sylvie Octobre dans leur étude « Fictionnalisation des attentats et théorie du complot chez les adolescents » (revue Quaderni, n° 95, 2018), réalisée à partir du même corpus de 7 000 lycéens.
Paysage explosif
Pour Olivier Galland, la primauté du dogme religieux se double d’une conception individualiste et identitaire de la religion – « c’est comme s’attaquer à un handicapé ». Le maître mot des jeunes est « respect ». Ce qui n’est pas sans contradiction quand nombre de lycéens, là encore au-delà des musulmans, défendent Dieudonné « au motif de la liberté de critique, mais aussi au motif d’avoir des versions alternatives aux versions officielles », confie Sylvie Octobre. Sans compter un climat d’antisémitisme montant...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-13">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Ce fusil semi-automatique est utilisé dans toutes les grandes tueries aux Etats-Unis. Voici ses confessions alors que l’idée du contrôle des armes progresse au pays de la NRA.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Confessions de l’AR-15, l’arme préférée des tueurs de masse américains

Ce fusil semi-automatique est utilisé dans toutes les grandes tueries aux Etats-Unis. Voici ses confessions alors que l’idée du contrôle des armes progresse au pays de la NRA.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 15h36
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Je m’appelle AR-15. Je suis un fusil semi-automatique de petit calibre. Je suis le frère civil du célèbre fusil M16 de l’armée américaine. J’ai été conçu à la fin des années 1950 par l’ingénieur Eugene M. Stoner, qui a introduit dans l’armurerie les matériaux légers, aluminium et plastique.
J’utilise des munitions de calibre .223 Remington, trois fois plus puissantes que les 9 mm Parabellum des anciens pistolets-mitrailleurs. Les GI du Vietnam, qui marchaient beaucoup dans la chaleur, m’ont plébiscité pour mon ergonomie et mon faible poids.
« Légèreté, maniabilité, précision » sont mes maîtres mots, comme le rappelle l’expert français Jean Huon, auteur d’une monumentale Encyclopédie de l’armement mondial (Grancher, 2011). Quand on m’équipe d’un canon lourd, je fais jeu égal avec les meilleures carabines à verrou en matière de précision. En France, où je suis soumis à autorisation préfectorale, je gagne toutes les compétitions de tir aux armes réglementaires. A 200 mètres, je suis imbattable. Mais si j’ai séduit les tireurs sportifs ou de loisir, j’attire aussi les tueurs de masse.
Intenses polémiques
Depuis le 14 février, date du massacre du lycée de Parkland, en Floride, qui a fait dix-sept morts et quinze blessés, je suis devenu la star noire des médias car l’assassin, Nikolas Cruz, 19 ans, s’est servi de moi.
Tout comme les auteurs des grandes tueries de ces dernières années – celles du festival folk de Las Vegas, dans le Nevada, le 1er octobre 2017 (58 morts), de l’église de Sutherland Springs, au Texas, le 5 novembre 2017 (26 morts), du club gay d’Orlando, en Floride, le 12 juin 2016 (49 morts), du massacre de San Bernardino, en Californie, le 2 décembre 2015 (14 morts), de l’école primaire de Sandy Hook, dans le Connecticut, le 14 décembre 2012 (26 morts), ou du cinéma d’Aurora, dans le Colorado, le 20 juillet 2012 (12 morts).

Depuis, je suis au cœur d’intenses polémiques et des...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-14">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ #deletefacebook ! Pendant une semaine, notre journaliste s’est déconnecté du réseau social. L’occasion de réfléchir à la façon dont cette prothèse numérique modifie en profondeur nos façons d’être et notre sociabilité.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment j’ai arrêté Facebook

#deletefacebook ! Pendant une semaine, notre journaliste s’est déconnecté du réseau social. L’occasion de réfléchir à la façon dont cette prothèse numérique modifie en profondeur nos façons d’être et notre sociabilité.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h03
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h04
    |

                            Nicolas Santolaria








                        



                                


                            
A l’heure des communications par écrans interposés, il est finalement assez cocasse que cette enquête démarre par un coup de téléphone. Le Monde me propose de tenter une expérience de sevrage qui, au regard de la socialité telle qu’elle va aujourd’hui, a tout de l’amputation relationnelle potentiellement douloureuse : arrêter Facebook durant une semaine, à vrai dire, je n’y aurais jamais pensé moi-même.
Cette invitation à scier sans anesthésie une de mes principales prothèses numériques s’inscrit dans le sillage du scandale Cambridge Analytica, du nom de cette société qui a aspiré, sans leur consentement, les données de plusieurs millions d’utilisateurs inscrits sur le réseau de Mark Zuckerberg. Ces informations confidentielles ont ensuite servi à influencer les votes des électeurs en faveur de Donald Trump lors de la dernière présidentielle américaine.

A la suite de ces révélations, le hashtag #delete­facebook est apparu sur les réseaux sociaux, invitation à quitter sur-le-champ cette interface techno-amicale, comme on claquerait la porte d’une soirée étudiante qui a mal tourné. Fondateur de l’application de messagerie WhatsApp et militant pour le chiffrement des données, Brian Acton a été une des premières personnalités à s’infliger publiquement ce seppuku numérique. Suivi par Elon Musk, qui a fermé tour à tour les pages de ses sociétés SpaceX et Tesla.
Jour 1 : de la difficulté de se déconnecter
Si eux l’ont fait, pourquoi pas moi ? Le problème, c’est que je n’ai pas la moindre idée de comment procéder. Paradoxe de la vie numérique, je suis donc contraint de me rendre sur Facebook pour savoir comment quitter Facebook. Comme je m’en doutais, les choses ne sont pas si simples. Autant demander à un dealer s’il connaît un bon addictologue.
Sous l’onglet « Gestion de votre compte », j’apprends ceci : « Jusqu’à 90 jours peuvent être nécessaires à partir du début du processus de suppression pour supprimer tout ce que vous...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-15">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ En donnant accès à certains projets à des quantités massives de données, Facebook oriente la recherche, souligne le sociologue Dominique Boullier, qui s’inquiète de la vulnérabilité du système face aux pirates.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’époque du Far West des données doit se terminer »

En donnant accès à certains projets à des quantités massives de données, Facebook oriente la recherche, souligne le sociologue Dominique Boullier, qui s’inquiète de la vulnérabilité du système face aux pirates.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h02
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h08
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Dominique Boullier est sociologue, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse). Il a notamment publié Sociologie du numérique (Armand Colin, 2016).
L’affaire Cambridge Analytica vient de le rappeler brutalement : les données personnelles des deux milliards d’utilisateurs de Facebook peuvent être utilisées à leur insu – et à l’insu de la plate-forme elle-même. Quelle réflexion cela vous inspire-t-il ?
Cela montre que l’époque du Far West des données doit se terminer. Non seulement nos données numériques sont abusivement utilisées à des fins commerciales, mais les géants du Net qui les hébergent – car Facebook n’est qu’un des Gafam, aux côtés de Google, Apple, Amazon ou Microsoft – sont accessibles par tous les pirates du monde. Je tiens chaque semaine l’inventaire des data breaches [brèches de sécurité par lesquelles les hackeurs siphonnent les données], il y en a sans arrêt ! Le système a été conçu pour la vitesse à tout prix, mais le réseau fuit de partout.

Au-delà de leur exploitation commerciale, une faramineuse quantité de données personnelles transitant par Facebook est également exploitée par des laboratoires de recherche publique, notamment en sciences sociales. De quelle manière ?
Il y a plusieurs façons pour une équipe de recherche d’y accéder. La plus limitée consiste à aspirer les données des pages publiques. D’autres vont lancer des sondages – pour étudier des préférences, par exemple – sur la base du volontariat : vous donnez accès à votre compte en devenant « ami » avec un laboratoire, qui lance son questionnaire sur votre réseau personnel.
Enfin, Mark Zuckerberg lui-même peut décider de passer des accords avec certaines équipes. Facebook soutient ainsi depuis six mois une recherche de Raj Chetty, économiste à Stanford, en lui fournissant des données d’une ampleur jamais égalée : il pourra traiter les 230 millions de comptes ouverts aux...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-16">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Bertrand Camus, directeur général Eau France chez Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« La qualité de l’eau au robinet a un coût »

Bertrand Camus, directeur général Eau France chez Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h24
    |

Bertrand Camus (Président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau et directeur général Eau France chez Suez)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’eau distribuée présente une qualité en permanence conforme pour plus de 97 % des consommateurs. Ce chiffre est extrêmement encourageant. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que près de 2 millions de Français boivent une eau parfois non conforme, principalement dans les territoires ruraux et de montagne. Dans les zones les plus rurales, le taux de non-conformité est vingt fois supérieur à celui des zones les plus urbaines.
La qualité de l’eau au robinet n’est pas un fait acquis. Dans ce contexte, les débats faisant de la réduction du prix l’alpha et l’oméga de la gestion des services d’eau sont démagogiques. Ils diffusent l’idée reçue selon laquelle l’eau serait une ressource inépuisable, de qualité égale sur l’ensemble du territoire et qui pourrait donc être quasiment gratuite. La réalité est que si l’eau est gratuite dans le milieu naturel, les services indispensables à son traitement, à sa distribution puis à sa dépollution ont un coût : c’est le prix de la qualité.

Combattons d’abord un faux problème : des études comparatives menées à l’échelle européenne démontrent qu’avec une moyenne proche de 4 euros pour 1 000 litres, le prix du service de l’eau est plutôt bas en France au regard de son haut niveau de qualité. De fait, les pays où les services d’eau sont vraiment moins chers ont accumulé des retards inquiétants dans la modernisation de leurs infrastructures. C’est le cas de l’Italie en particulier, où l’hypothèse d’une interruption de la distribution d’eau pour les Romains durant l’été 2017 a fortement inquiété.
Rappelons, ensuite, que les acteurs et les observateurs habilités (Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), Agence française pour la biodiversité, agences de l’eau) préconisent un prix reflétant, pour chaque service, une gestion responsable et préservant le pouvoir d’achat des Français.
0,8 % du budget des ménages
C’est aujourd’hui le...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-17">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Résonances. La nouvelle superproduction Marvel met en scène un pays africain imaginaire, le Wakanda, prospère grâce à ses ressources minières. La comparaison avec le Katanga, au sous-sol tout aussi riche, est cruelle.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La noire réalité derrière « Black Panther »

Résonances. La nouvelle superproduction Marvel met en scène un pays africain imaginaire, le Wakanda, prospère grâce à ses ressources minières. La comparaison avec le Katanga, au sous-sol tout aussi riche, est cruelle.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h53
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h55
   





                        



                                


                            
Par Michel Naepels, anthropologue
Black Panther, le film de Ryan Coogler, a suscité un réel enthousiasme à Lagos comme à Johannesburg, à Dakar comme à Nairobi. La mise en valeur simultanée, dans la nouvelle superproduction Marvel, de l’histoire imaginée de plusieurs civilisations africaines et d’une modernité architecturale et technologique a été grandement appréciée. La beauté, l’intelligence et la force des personnages, et le fait d’entendre parler à l’écran xhosa – la langue maternelle de Nelson Mandela – ajoutent encore au plaisir.
Nuances critiques
Un débat nourri accompagne la réception du film. On a pu lire la ferveur d’Achille Mbembe (« Black Panther : une “nation nègre” debout », Le Point), ou le vagabondage naturaliste et démocratique de Teju Cole (« On the Black­ness of the Panther », Medium). Mais aussi les nuances critiques de Nanjala Nyabola (« Wakanda is not African, and that’s OK », Al-Jazira), et de Shihab ­Rattansi (« Is Black Panther co-opting African struggles against ­oppression ? », Al-Jazira), remarquant que le film est d’abord destiné à une audience occidentale ou afro-américaine, et qu’il constitue une appropriation capitaliste de luttes anticapitalistes.
Comme anthropologue menant des enquêtes en Afrique centrale, non loin du Wakanda imaginaire de Black ­Panther, dans une région rurale parcourue par plusieurs groupes armés où agriculteurs et agricultrices vivent dans une situation précaire et incertaine, ce film m’a troublé en questionnant le type de descriptions que je produis sur le Congo.
L’utopie réjouissante qu’est Black Panther, montrant les capacités et la puissance d’un pays africain imaginaire riche de ses ressources humaines, naturelles, technologiques, incarnation cinématographique de l’afrofuturisme, me questionne sur mes manières d’écrire. N’y a-t-il pas un risque à mettre la focale sur les expériences difficiles des habitants d’une région...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-18">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ En fusionnant les instances représentatives du personnel, le gouvernement fragilise l’assise géographique des syndicats, note Eric Ferreres, consultant en ressources humaines, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial est menacé »

En fusionnant les instances représentatives du personnel, le gouvernement fragilise l’assise géographique des syndicats, note Eric Ferreres, consultant en ressources humaines, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h22
    |

Eric Ferreres (Consultant en ressources humaines)







                        



                                


                            

Tribune. L’une des conséquences prévisibles de la fusion des instances de représentation du personnel (IRP) instituée par les ordonnances Macron réformant le code du travail sera de diminuer considérablement le nombre d’élus. Selon Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, entre « 150 000 et 200 000 personnes vont perdre leur mandat ».
Or, le fonctionnement des unions syndicales locales, départementales ou régionales repose pour une large part sur des élus du personnel syndiqués qui utilisent une partie de leurs heures de délégation pour occuper des responsabilités nécessaires à l’activité de ces unions. L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial, et par là même une certaine forme de régulation sociale, est ainsi menacé.
Un lieu d’accueil
Ces unions sont des structures clés des syndicats, issues du modèle et de l’expérience des Bourses du travail qui se sont développés à la fin du XIXe siècle. Les Bourses du travail étaient l’expression d’un regroupement interprofessionnel sur une base géographique, permettant au syndicalisme d’avoir un cadre d’action recouvrant une dimension horizontale. Dans cette filiation, les organisations territoriales syndicales manifestent une solidarité dépassant les diversités des professions pour s’inscrire dans des rapports de proximité et de solidarité interprofessionnelle sur une base géographique.

Elles sont les héritières de la double dynamique originelle du syndicalisme français. La première était d’unir les travailleurs sur la base de leur activité professionnelle, d’où les syndicats d’entreprise et les fédérations ; la seconde était de créer ce lien sur une identité ancrée dans un territoire. C’est d’ailleurs la rencontre de ces deux mouvements qui a permis la création de la première organisation syndicale, la Confédération générale du travail (CGT) en 1895 à Limoges.

Ces structures de proximité sont des lieux de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-19">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Le sociologue Jean-Claude Barbier conteste, dans une tribune au « Monde », l’aggravation des sanctions et des contrôles envisagée par le gouvernement, et le soupçonne de viser une politique démagogique plutôt qu’une mesure efficace.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« “Punir les chomeurs” est surtout un signal politique envoyé par les gouvernements »

Le sociologue Jean-Claude Barbier conteste, dans une tribune au « Monde », l’aggravation des sanctions et des contrôles envisagée par le gouvernement, et le soupçonne de viser une politique démagogique plutôt qu’une mesure efficace.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h55
    |

Jean-Claude Barbier (Directeur de recherche émérite  au CNRS à l’université ­Paris-I-Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Le principe de l’indemnisation des chômeurs est le même ­depuis l’invention des caisses d’assurance (mutualistes ou municipales) en Allemagne au XIXe siècle. Les chômeurs s’assuraient collectivement, mais vérifiaient ­également (avec les employeurs, quand ces derniers participaient à la gestion des caisses) que les assurés cherchaient effectivement du travail. En 1896, à Cologne, les assurés ­devaient ainsi « pointer » deux fois par jour. On ne pouvait pas se permettre d’avoir des tricheurs.
Le gouvernement Philippe a ­relancé une vieille antienne, comme tant de ses prédécesseurs
Ce principe a persisté avec l’adoption, dans plusieurs pays, de ce qu’on a appelé le « système de Gand », du nom de la ville belge où il fut mis en pratique : la caisse est gérée par les syndicats de chômeurs, lesquels s’autocontrôlent entre eux, en quelque sorte. Le Danemark, malgré les réformes récentes, est resté proche de ce principe. En France, en revanche, le contrôle de la recherche d’emploi n’est pas le fait des chômeurs ou de leurs représentants syndicaux, mais de l’administration.
Or le gouvernement Philippe a ­relancé une vieille antienne, comme tant de ses prédécesseurs : il entend accroître la sévérité des sanctions et annonce la multiplication des contrôles. La séparation entre sanctions administratives (radiation pour absence à un rendez-vous de ­contrôle) et sanctions prononcées par le préfet va disparaître, et avec elle une garantie pour les chômeurs.
« Fraudeurs nocifs »
Les citoyens peu informés peuvent penser que les contrôles et les ­sanctions sont justes et efficaces. Mais, pour savoir si c’est le cas, il ­faudrait disposer d’études précises à ce sujet. Or ni l’Unédic ni le gou­­­­ver­nement n’ont fourni, depuis 1991, de ­décompte du nombre de sanctions, ou évalué leur efficacité. Cette loi du silence reste un des grands scandales du secteur social français. Les chercheurs en sont ­réduits à des conjectures, ou...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-20">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Il faut revoir les outils de régulation du CSA »

L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
    |

Jean Spiri (Conseiller régional (LR) d’Ile-de-France, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA)







                        



                                


                            
Tribune. Quelque 1 % de l’activité, 90 % de la lumière – et des ennuis. C’est ainsi que le pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public a toujours été vu au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Il en va de même pour le respect du pluralisme, ces décomptes du temps de parole qui, dans l’imaginaire collectif, transforment tout agent du CSA en chronomètre tatillon. Enfin, le CSA ne serait pas lui-même sans cette réputation de « censeur » (par définition fausse puisqu’il intervient a posteriori) qui a nourri la martyrologie de tant d’animateurs et de chaînes.
Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus
Que le CSA ait été à l’origine du succès du déploiement de la TNT, que son rôle de régulateur économique s’affirme, que son impact sur la société ne se limite pas à des sanctions médiatiques, n’empêche pas la question récurrente : « A quoi sert-il ? » C’est pourquoi il devrait se défaire de cette prérogative de nomination si encombrante pour mieux se concentrer sur de nouvelles missions.
Car c’est tout le système actuel de régulation qui n’est plus tenable, avec une intervention forte pour un contenu diffusé sur un canal hertzien, mais faible pour le même contenu diffusé sur une plate-forme. Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus. Ce qui doit la fonder désormais, c’est la gestion de la multitude. Pour cela, il faut revoir les outils de régulation du CSA et s’orienter vers ce que les Anglo-Saxons pratiquent sous le nom de co­régulation.
Outils juridiques
Coréguler, cela veut dire négocier avec tous les acteurs des contenus pour qu’ils acceptent de se soumettre à des règles – et transposer au mieux les règles dans cet univers. Construire ensemble les outils pour répondre aux impératifs publics, s’assurer que la puissance publique contrôle bien – et que le privé accepte de se soumettre à sa régulation.
on ne peut se contenter d’imposer...



                        

                        

