<FILE-date="2018/04/06/19">

<article-nb="2018/04/06/19-1">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Poursuivi pour avoir logé deux des auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et relaxé en première instance, il sera jugé en appel à partir du 21 novembre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Jawad Bendaoud, le logeur de djihadistes du 13 novembre, sera jugé en appel fin 2018

Poursuivi pour avoir logé deux des auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et relaxé en première instance, il sera jugé en appel à partir du 21 novembre.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h39
   





                        


Relaxé en première instance, celui qui a été surnommé « le Logeur de Daech », poursuivi pour avoir hébergé deux des auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris et relaxé en première instance, sera jugé en appel du 21 novembre au 21 décembre 2018.
Le tribunal avait estimé que les charges contre Jawad Bendaoud étaient « insuffisantes pour démontrer [sa] culpabilité » et l’avait relaxé en février, après plus de deux ans en détention à l’isolement. Le parquet, qui avait requis quatre ans de prison, avait aussitôt fait appel.
Celui qui fut la risée d’un pays traumatisé après ses premières déclarations à la presse, comparaissait pour avoir mis à disposition d’Abdelhamid Abaaoud, l’un des cerveaux présumés des attentats, et de son complice, Chakib Akrouh, un squat où ils s’étaient repliés à Saint-Denis. C’est là que les deux djihadistes sont morts, le 18 novembre, dans l’assaut des policiers du Raid.

        Lire aussi :
         

                Jawad Bendaoud relaxé : 4 éléments pour comprendre le jugement



Un procès retentissant
Mohamed Soumah, également jugé pour « recel de malfaiteurs terroristes » lors de ce procès, avait été condamné à cinq ans d’emprisonnement. Il avait mis en contact Hasna Aït Boulahcen, qui cherchait une planque pour les deux djihadistes, et Jawad Bendaoud. Une peine de quatre ans de prison, dont un avec sursis, avait été prononcée contre le troisième prévenu, Youssef Aït Boulahcen – le frère d’Hasna Aït Boulahcen et le cousin d’Abdelhamid Abaaoud –, jugé pour « non-dénonciation de crime ».
Ce jugement concluait le premier procès en lien avec les attaques du 13 novembre 2015, qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis. Un procès retentissant avec plus de 700 parties civiles, plus de 100 avocats, des rires déclenchés par les propos décalés de Jawad Bendaoud et des larmes des victimes des attentats. Jawad Bendaoud, qui a toujours dit ignorer héberger des terroristes, a présenté ses « excuses » aux victimes après sa sortie de prison. Sa relaxe avait choqué plusieurs familles de victimes et quelque 680 parties civiles ont interjeté appel du jugement, à l’issue de l’appel principal du parquet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-2">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Un collectif de plus de deux cents enseignants à l’université explique dans une tribune au « Monde » pourquoi ils ne veulent pas classer les candidatures des bacheliers, tel que le prévoit la procédure mise en place depuis le déploiement de la plate-forme Parcoursup.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Enseignants à l’université, nous refusons d’examiner les dossiers des lycéens »

Un collectif de plus de deux cents enseignants à l’université explique dans une tribune au « Monde » pourquoi ils ne veulent pas classer les candidatures des bacheliers, tel que le prévoit la procédure mise en place depuis le déploiement de la plate-forme Parcoursup.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h38
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h00
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le 31 mars, les bacheliers ont confirmé leurs vœux de poursuite d’études sur la plate-forme Parcoursup. Ils ont eu raison de le faire parce qu’étudier à l’université accroît les connaissances et élargit les horizons. Le diplôme constitue, aussi, la meilleure protection face au chômage. Leur avenir est désormais dans les mains d’une poignée d’enseignants-chercheurs désignée pour examiner leur dossier dans les formations de leur choix.
Nous faisons partie de ces enseignants, mais nous refusons d’accomplir cette tâche. Nous refusons de classer les candidatures parmi des milliers d’autres (pour une centaine de places dans nos formations). Nous refusons de porter un jugement sur les espoirs, les aspirations et la capacité de chacun à réaliser ses rêves. Cette lettre vise à expliquer pourquoi nous nous considérons incapables d’accomplir une telle tâche.
Notre métier n’est pas de prédire
En tant qu’enseignants à l’université, notre métier n’est pas de prédire les chances des uns et des autres de réussite, mais d’accompagner les étudiants dans la poursuite de leur parcours universitaire. Notre mission est de transmettre nos connaissances pour qu’elles puissent leur servir à l’avenir. Il s’agit de leur offrir, tant que possible, les moyens de réaliser leurs ambitions et, en aucun cas, de les restreindre.

Cette mission est difficile et nous échouons parfois à la mener à bien. Les difficultés que nous rencontrons ne tiennent pas à la « qualité » des dossiers scolaires des bacheliers ou la cohérence de leurs choix (qui à 18 ans n’ont heureusement rien de certain), mais au manque de moyens dont nous disposons pour les soutenir. Amphis parfois bondés, salles occasionnellement non chauffées, équipement informatique insuffisant, enseignants précaires, secrétariat surchargé, les gouvernements successifs ont abandonné l’université au profit d’autres établissements, réservés à une « élite ».
Des moyens, nous n’en...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-3">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Un étudiant a porté plainte contre le policier qui avait recueilli son témoignage sur les violences du 22 mars à la faculté. Il l’accuse de « menaces » et de « pressions » lors de son audition.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Violences à la fac de Montpellier : « Y a un petit doute ? Mais t’es creux dans ta tête ou quoi ? », s’emporte un policier

Un étudiant a porté plainte contre le policier qui avait recueilli son témoignage sur les violences du 22 mars à la faculté. Il l’accuse de « menaces » et de « pressions » lors de son audition.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h56
    |

            Julia Pascual et 
Camille Stromboni








                        


C’est une histoire dans l’histoire, mais elle ne manque pas de provoquer l’émoi à Montpellier. Dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte à la suite des violences commises par une dizaine d’hommes aux visages dissimulés dans un amphithéâtre occupé de la faculté de droit de Montpellier, le 22 mars, une plainte pour subornation de témoin a été déposée par un étudiant mercredi 4 avril, ainsi que l’a révélé Mediapart. Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, a ouvert une enquête préliminaire. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a également diligenté une enquête administrative.

        Lire aussi :
         

                Violences à la faculté de droit de Montpellier : le doyen et un professeur mis en examen



Le plaignant, Christophe C., est un étudiant de 53 ans, inscrit à la faculté depuis de nombreuses années. Présent dans l’amphithéâtre lors des violences du 22 mars, il a adressé une lettre de huit pages au ministère de l’enseignement supérieur et au procureur, dans laquelle il témoigne des événements. Il décrit une « horde de barbares » distribuant « une pluie de coups de poing » et désigne nommément deux professeurs. L’un d’eux, Jean-Luc Coronel de Boissezon, a été mis en examen pour violences en récidive. Le courrier de Christophe C. est aussi l’occasion de dénoncer de façon « annexe » d’autres faits au sein de l’université, tels que le recours à du travail au noir, du favoritisme dans l’attribution du marché de nettoyage ou l’embauche de membres de la famille d’un professeur.
« Insultes, pressions et menaces »
C’est à la suite de cette missive que la police convoque Christophe C. pour l’entendre. Celui-ci reproche aujourd’hui au fonctionnaire qui l’a auditionné le 29 mars « une succession d’insultes, de pressions et de menaces », ainsi que le rapporte son avocat, Gilles Gauer, dans le but, d’après lui, qu’il « ne réitère pas son témoignage ». Le Monde a pris connaissance d’une retranscription du contenu de cette audition.
Il permet de découvrir un échange surréaliste de près de trois heures entre un fonctionnaire qui sort littéralement de ses gonds et un témoin malmené, hébété et beaucoup moins catégorique quant aux violences dont il a pu être témoin.
Le policier soupçonne Christophe C. de vouloir « régler ses comptes » et l’enjoint de s’« occuper de [son] cul » tandis que l’étudiant se présente en « témoin capital » et assure avoir des « magouilles sur le cœur ». A propos des événements du 22 mars, s’il répète avoir vu deux professeurs entrer en courant et munis de gants dans l’amphithéâtre, et s’il a bien vu une étudiante être frappée, il n’est plus certain de pouvoir formellement identifier les deux enseignants comme étant les auteurs de ces violences. « Je suis sûr à 60 %, 70 %, dit-il notamment. Sur le coup, j’avais pas de doute. »
Un homme hésitant et un policier furibond
« Je mets pas un mec en prison sur la base de suspicions de tentatives », s’impatiente le policier. Puis, il s’énerve :
« Entends-moi bien quand je te parle, je cherche des infractions punies par des textes de loi. Rentrer dans un amphithéâtre, c’est pas puni.
— Avec des gants…
— Avec des gants, c’est pas puni, ils sont noir ou marron, c’est pas puni, non.
— Ils étaient tout contents, comme à la chasse, là.
— Et alors ? La chasse, c’est interdit la chasse ? Etre content à la chasse, c’est interdit ?
— La chasse aux étudiants, c’est pas légal.
— Tu me fais encore l’amalgame, ça, ça me casse les couilles. (…) Ce qui m’intéresse, c’est que là, le mec, si j’identifie que c’est lui qui a tapé une gamine avec une batte de base-ball ou une palette, je lui mets cinq ans ferme, donc moi, je me trompe pas là-dessus. (…)
— Je peux pas être précis formellement sur le deuxième qui frappe la fille, voilà.
— Et ça, tu l’as écrit pourtant, que c’est Coronel. »
La suite de l’audition est à l’image de cet échange, qu’on croirait extrait des dialogues de Michel Audiard dans Flic ou voyou, entre un homme aux propos hésitants et un policier furibond, qui lui reproche ses revirements, de manière pour le moins musclée :
« Tu t’es laissé aller sur dix pages, tu m’as fait dix pages de merde où tu chies sur l’ensemble de la faculté française (…), et moi je t’écoute et je découvre au bout d’une heure que t’es pas sûr et tu l’écris et tu l’envoies au ministère (…) ; si moi je travaille comme toi tu bosses, y a que des innocents en prison (…).
— Oui, y a un petit doute.
— Y a un petit doute ? Et ça, tu l’as envoyé au ministère ? Mais c’est quoi ton doute ? Mais t’es creux dans ta tête ou quoi ? »
« Moi, je vous pète les deux genoux »
Oublieux de son code de déontologie et des règles de courtoisie et d’impartialité qui s’y rattachent, le policier reproche à Christophe C. ses « délires paranoïaques ». « Vous vous prenez pour qui monsieur ? », lui demande-t-il plusieurs fois, alors que Christophe C. pense avoir été pris pour un agent du renseignement et avoir pu impressionner des étudiants du fait de ses 140 kg : « Moi, je vous pète les deux genoux avant que vous leviez le bras droit », lui rétorque le fonctionnaire.
Tout en mettant le témoin à rude épreuve, le policier se défend de vouloir dédouaner quiconque : « Je suis flic, je suis payé 39 heures, j’en fais 70 par semaine. Je fais ça parce que je crois à la vérité, je crois en ma justice (…) Je veux que chaque individu que tu cites nommément, on définisse exactement leur rôle. C’est tout ce que je veux. Coronel, je sais pas qui c’est, j’en n’ai rien à branler, il prend vingt ans ferme, j’en ai rien à branler, je m’en tape les couilles sur la table. Par contre, s’il les prend, il les mérite. »
De remontrances en réprimandes, le policier finit par conclure l’audition de Christophe C.. Il relit son contenu, pour qu’il signe son procès-verbal. Le témoin est alors pris d’une ultime hésitation :
« Pourquoi vous m’avez foutu un doute ? », demande-t-il au policier, qui lui répond, à bout de nerfs :
« Parce que mon boulot, c’est la vérité ! Y a pas marqué que c’est pas lui, y a marqué que t’as un doute (…) Je m’en branle de ce mec (…) Prends une décision (…) Putain mais c’est pas possible, t’es creux (…).
— Vous énervez pas, y a doute, y a doute.
— Ben signe alors ! »
Indépendamment des suites disciplinaires ou pénales de cette enquête, le procureur de Montpellier souligne que Christophe C. n’était pas un « témoin capital » et que « les indices graves et concordants qui ont conduit aux deux mises en examen demeurent ». L’ancien doyen de la faculté, Philippe Pétel, l’a été pour « complicité d’intrusion » et le professeur d’histoire du droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, pour « violences en récidive ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-4">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Un amendement obligeant les restaurateurs à mettre à la disposition des clients des boîtes pour emporter leurs restes a été adopté en commission de l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Bientôt des « doggy bags » dans tous les restaurants ?

Un amendement obligeant les restaurateurs à mettre à la disposition des clients des boîtes pour emporter leurs restes a été adopté en commission de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h39
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        



   


Les restaurateurs seront-ils bientôt tenus de proposer un « doggy bag » aux clients qui n’auront pas terminé leur assiette ? Un amendement visant à « créer l’obligation » de mettre gratuitement à disposition « des contenants réutilisables ou recyclables permettant d’emporter les aliments ou boissons non consommés sur place » a été adopté, le 21 mars, par la commission développement durable de l’Assemblée nationale.
Il répond, selon les députés, à l’objectif fixé en avril 2017 par le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire de diviser par deux le gaspillage alimentaire d’ici à 2025. Les pertes de nourriture sont en effet cinq fois plus élevées en restauration commerciale qu’à domicile et s’élèvent à 27 %, les « restes d’assiette » représentant 11 % de ces pertes, selon une étude de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en mai 2016.
Pour entrer en vigueur, l’amendement doit être voté par la commission économique, puis par l’ensemble des députés. Mais outre les étapes juridiques, les habitudes des Français sont un obstacle sans doute encore plus grand à la popularisation du « doggy bag ». Car son usage, aujourd’hui, reste marginal.

        Lire aussi :
         

                Gaspillage : 41,2 tonnes de nourriture jetées chaque seconde dans le monde



En France, « les portions sont maîtrisées »
En 2014, La Brasserie bordelaise, qui proposait déjà des « doggy bags », expliquait au Monde qu’une dizaine de clients par soir en demandaient, sur 400 couverts. Quatre ans plus tard, cette proportion n’a pas changé. « Le nombre de demandes est du même ordre, bien que l’on ait toujours proposé une boîte à ceux qui souhaitaient emporter leurs restes, explique Camille Lacoste, assistante commerciale de l’établissement. Mais ceux qui la demandent sont en très grande majorité des étrangers – beaucoup sont américains, quelques-uns sont britanniques. »
L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui a « regretté » l’adoption d’un tel amendement, se dit favorable au développement du « doggy bag », mais ne veut pas d’une « obligation supplémentaire ». Dans un communiqué, elle rappelle avoir signé des partenariats pour accompagner les professionnels à proposer des « doggy bags », comme avec la société TakeAway, qui commercialisait des boîtes cartonnées à emporter jusqu’en 2017. 
En 2015, 10 000 boîtes avaient été distribuées aux restaurateurs. « La demande des clients n’était pas forte à l’époque et n’a pas vraiment augmenté depuis, constate Hubert Jan, président de la branche restauration de l’UMIH. En France, les restaurateurs visent le zéro dans l’assiette et dans le frigo, donc les portions sont maîtrisées. »
« Il y a un sentiment de honte »
« En France, on a toujours une alimentation très domestique, on mange très souvent chez soi, plus qu’à l’étranger, avance aussi Anne Lhuissier, sociologue spécialisée dans les pratiques d’alimentation, pour expliquer le faible engouement des Français. Des services de livraison existent depuis quelques années mais il est encore rare de manger chez soi un plat préparé à l’extérieur. Il faut aussi noter que dans les pays où il est très utilisé, comme les Etats-Unis, les portions sont plus conséquentes. »
La sociologue évoque également la crainte d’un refus embarrassant chez les clients souhaitant demander un « doggy bag ». « Il y a un sentiment de honte, ce qui est assez bizarre, puisque à partir du moment où on a payé son plat, rien n’empêche de repartir avec », confirme Laurent Calvayrac, fondateur de L’Emballage vert, qui a proposé de 2014 à 2016 des boîtes 100 % recyclables pour emballer ses restes au restaurant, avant de cesser cette activité.

        Lire aussi :
         

                « Je me sens honteuse de demander un “doggy bag” »



Pour Bérangère Abba, députée La République en marche de Haute-Marne, à l’origine de l’amendement, le fait d’obliger les restaurateurs à proposer une boîte permettra de faire disparaître cette appréhension. « Grâce à ce texte, le client sera certain que le restaurateur est équipé », dit-elle, estimant qu’il faut « lever un frein psychologique. »
Selon une étude de 2014 de la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la fôret (Draaf) Rhône-Alpes menée auprès de 2 700 consommateurs, 95 % des personnes interrogées se disaient prêtes à emporter leurs restes. Ne reste plus qu’à sauter le pas…



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-5">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Formation, assurance-chômage… : « Il faudra être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme »

La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté, vendredi 6 avril, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Le projet de loi, qui passera en conseil des ministres le 27 avril, est censé sécuriser les parcours des travailleurs, en complément des ordonnances réformant le code du travail, qui ont donné plus de souplesse aux entreprises.
Il est la traduction de plusieurs promesses phares de la campagne d’Emmanuel Macron, comme l’ouverture de l’assurance-chômage aux indépendants et démissionnaires, la transformation du compte personnel de formation (CPF) en droit plus simple et mobilisable sans intermédiaire et la simplification de l’apprentissage.
Sarah Belouezzane, journaliste au Monde qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions, vendredi, lors d’un tchat.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



Cécile : Comment justifier, auprès de Pôle emploi, que l’on cherche du travail (en accord avec nos compétences et notre domaine), si on a accepté un job alimentaire entre-temps et que l’on correspond à leur case « actif » ?
Sarah Belouezzane : Si vous avez accepté un emploi alimentaire, vous n’êtes normalement plus indemnisé et n’avez rien à justifier à Pôle emploi, car ce dernier ne va pas vous sanctionner. S’il y a quand même besoin d’une justification, tout document sera valable : lettre de motivation, e-mail, envoi de CV. La réforme va aussi introduire le journal de bord où normalement vous pourrez renseigner tout ça.
Briçou : Comment l’Etat compte-t-il définir « une offre raisonnable d’emploi » ?
L’offre raisonnable d’emploi sera, désormais, définie lors d’un rendez-vous entre le conseiller et le demandeur d’emploi. Elle sera donc personnalisée et vous pourrez préciser les critères de salaire, de formation, de distance du travail qui vous conviennent. Elle pourra ensuite être revue au fur et à mesure de votre recherche.
Sl Nord : Si aucun accord n’est trouvé, qui aura le dernier mot ?
La question se pose, en effet. Théoriquement, ils doivent tous les deux être d’accord et sont donc obligés de trouver un terrain d’entente. C’est ce qui se passe déjà souvent en pratique, même si le droit encadre bien plus aujourd’hui qu’il ne le fera demain la définition de l’offre raisonnable d’emploi. Il faudra ceci dit être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme.
Fred : Qu’est-il prévu concrètement pour « améliorer l’accompagnement » ?
Pour ce qui est des salariés, un financement dédié est prévu pour le conseil en évolution personnelle, qui permettra de discuter avec un spécialiste du sujet de ses perspectives de carrière ou de reconversion, par exemple. Pour ce qui est des demandeurs d’emploi, le gouvernement estime que le journal de bord pourra mieux les suivre, savoir chaque mois ce qui leur arrive et déceler les décrocheurs. Certains ont, cependant, relevé que les conseillers de Pôle emploi n’auraient sûrement pas le temps de lire tous les journaux de bord. L’exécution de la réforme sera donc à suivre.
MLG : Connaît-on le calendrier parlementaire prévisionnel de ce projet de loi ?
Le projet de loi est présenté en conseil des ministres le 27 avril, il devrait ensuite arriver fin mai ou début juin à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a l’ambition de tout boucler pour le début du mois d’août.
Maxime : Actuellement, la gestion des fonds de la formation par les partenaires sociaux n’est pas déficitaire. Avec un CPF mobilisable par le biais d’une simple application, comment s’assurer que cette mobilisation des droits ne soit pas supérieure aux cotisations des entreprises ?
Le gouvernement n’a pas été très clair là-dessus. Pour l’instant, il semble simplement compter sur le fait qu’en régime de croisière les cotisations devraient suffire. En clair, qu’il n’y aura jamais plus d’utilisation que de fonds disponibles. Mais la question reste entière, en effet.
Jean : Qu’entend-on par « toucher à la possibilité de cumuler une allocation-chômage et des rendus d’activité » ? Qu’est-ce que cela implique ?
Aujourd’hui, si vous avez suffisamment cotisé et que vous travaillez à temps partiel ou en temps réduit, vous pouvez cumuler les revenus de ce travail et une allocation-chômage partielle. En clair, l’assurance-chômage vous verse un complément. Toucher à cela implique forcément de modifier les règles, et donc potentiellement de baisser l’indemnité en question.
Cyril : On sent poindre le rétropédalage sur l’indemnisation des démissionnaires… Si l’on lit entre les lignes, en gros, il faudra avoir retrouvé un emploi pour pouvoir y prétendre ?
Le gouvernement a, en effet, finalement présenté un dispositif moins ambitieux que ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu des promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Cela dit, il ne faut pas avoir retrouvé un autre travail mais plutôt avoir un projet de création d’entreprise ou de reconversion. Ce projet sera jugé valable ou pas par une commission paritaire (regroupant syndicats et patronat), laquelle donnera son aval pour l’indemnité chômage.
Ansérien : Le nouveau système de formation sera-t-il efficace, selon vous ?
Certains observateurs estiment qu’il s’agit d’une bonne réforme, d’autres qu’elle n’est pas assez efficace. Nous avions fait deux interviews de chercheurs, avec chacun son opinion sur la question.
Pour Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le CPF crédité en euros est une « avancée majeure ».

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : « Un système plus équitable », selon Stéphane Carcillo



Pour Michel Abhervé, spécialiste de la formation professionnelle, la réforme du CPF risque d’accroître les inégalités d’accès aux dispositifs.

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : le CPF en euros est « une mesure faite pour les CSP + »



Grana : Qu’en est-il des OPCA et autres organismes collecteurs ? Sont-ils amenés à disparaître, tout comme certaines formations (prépa concours IDE…).
Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) ne collecteront plus les contributions des entreprises pour la formation professionnelle, cette tâche sera désormais dévolue aux URSSAF. Les OPCA ne vont pas disparaître pour autant, assure le gouvernement ; ils vont, en revanche, changer de mission : ils vont aider les entreprises à gérer les évolutions des compétences de leurs salariés.
Sl Nord : Ce projet de loi a été soumis aux partenaires sociaux, y aura-t-il des marges de négociation ?
Le projet de loi a été soumis jeudi au Conseil d’Etat et aux organisations patronales et syndicales. C’est au Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que la bataille de la modification se jouera désormais puisque les parlementaires pourront soumettre et, le cas échéant, voter des amendements au texte.
KelkUn : Est-il possible d’utiliser le compte formation (DIF et autres) pour rembourser l’abonnement à certains sites Web de formation tels que www.pluralsight.com ?
Si ce sont des organismes agréés, la réforme le permettra.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-6">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Sur décision du nouveau préfet, les barricades qui coupaient complètement l’accès au port de Longoni, ainsi qu’à la route vers le nord, ont été déblayées, « sans emploi de la force ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Mayotte : le barrage qui bloquait l’accès au port levé

Sur décision du nouveau préfet, les barricades qui coupaient complètement l’accès au port de Longoni, ainsi qu’à la route vers le nord, ont été déblayées, « sans emploi de la force ».



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h47
   





                        


Le barrage qui coupait complètement l’accès au port de Longoni à Mayotte, ainsi qu’à la route vers le nord, a été levé par les forces de l’ordre vendredi matin sur décision du nouveau préfet – « sans emploi de la force », a précisé la préfecture dans un communiqué.
Vers 5 heures, la gendarmerie a échangé avec la vingtaine de manifestants présents sur les barricades et a pu dégager les axes routiers après le départ volontaire des grévistes. Des blindés sont intervenus pour ôter les arbres coupés et les abattis qui encombraient la chaussée et empêchaient depuis plusieurs semaines le passage de tout véhicule. Le port de Longoni, le principal de l’île et dans lequel sont stockées des tonnes de produits et de denrées non acheminées, a pu être débloqué et la circulation routière a été rétablie.
« Impérieuse nécessité »
« Cette situation a entraîné une gêne considérable pour la population, en particulier une dégradation des conditions sanitaires et l’accès aux établissements scolaires », a déclaré la préfecture, soulignant que le barrage installé à la sortie du port de Longoni coupait l’île « de tout réapprovisionnement », occasionnant « depuis une semaine des ruptures importantes dans les magasins d’alimentation et la fermeture de certains ».
Ainsi, « vu l’impérieuse nécessité de la situation », le préfet de Mayotte, Dominique Sorain, a demandé la levée du barrage de Longoni avec le concours de la gendarmerie nationale. Des agents des forces de l’ordre se sont positionnés afin « de tenir la position » et d’éviter que le barrage ne se forme de nouveau, a déclaré le directeur de cabinet du préfet, Etienne Guillet. Interrogé sur l’éventualité de la levée d’autres barricades, dont certaines sont encore en place vendredi, le directeur de cabinet a déclaré : « On verra en fonction de la situation. »

        Lire aussi :
         

                Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »



Une majorité de syndicats avait appelé lundi à lever les barricades qui ont paralysé Mayotte pendant plus de quatre semaines à la suite d’un mouvement de lutte contre l’insécurité.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-7">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Lutter contre les contrats courts est une nécessité »

Dans cette chronique, l’économiste Gilbert Cette estime que des solutions existent pour réduire le recours à des CDD qui enferment souvent les salariés dans des situations de forte précarité et coûtent cher à l’assurance-chômage.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h00
    |

Gilbert Cette (Professeur associé à l’université d’Aix-Marseille)







                        



                                


                            
Entreprises. Les partenaires sociaux ont conclu, jeudi 22 février, un accord national interprofessionnel (ANI) sur l’assurance-chômage qui paraît très timide sur la question des contrats courts. Les branches y sont appelées à négocier sur la précarité pour définir des objectifs quantitatifs ou qualitatifs, mais se voient menacées de l’instauration d’un bonus-malus si les résultats de ces négociations se révèlent insuffisants, comme l’a annoncé la ministre du travail. Car lutter contre les contrats courts est une nécessité.
Pourtant les solutions ne manquent pas, comme l’a montré le séminaire sur les politiques de l’emploi, coorganisé sur le sujet par les ministères de l’économie et du travail vendredi 9 mars. Trois intervenants, le juriste Franck Petit, l’économiste Corinne Prost et la présidente de l’Unédic, Patricia Ferrand, y ont analysé les faits et évoqué des réponses. Il apparaît que le recours aux contrats à durée déterminée (CDD) est comparable en France à ce qu’il est dans les autres pays européens. Mais au sein des CDD, les contrats courts de moins d’un mois représentent environ 2,5 % de l’emploi salarié en France, contre moins de 1 % dans la zone euro ou dans l’Union européenne.
Un système de bonus-malus
Les salariés concernés sont souvent enfermés dans des situations de forte précarité, ont davantage de difficultés à obtenir un prêt ou un logement locatif et n’ont pas de formation professionnelle qualifiante. Cet enfermement laisse des personnes souvent fragiles aux marges du marché du travail et il coûte cher à l’assurance-chômage : depuis plus de vingt ans, environ un tiers du budget d’indemnisation, soit actuellement 11 milliards d’euros par an, est alloué aux fins de CDD.

Les réponses évoquées lors du séminaire renforcent le plus souvent le coût du recours aux contrats courts pour l’employeur, selon différentes modalités : la taxation des contrats courts, un taux de cotisation dégressif selon la durée de...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-8">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Cette idée, notamment émise par Manuel Valls après l’attentat de Trèbes, contredit les principes de la liberté de conscience, rappelle dans une tribune au « Monde » l’historienne Valentine Zuber.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Pourquoi « interdire le salafisme est irresponsable »

Cette idée, notamment émise par Manuel Valls après l’attentat de Trèbes, contredit les principes de la liberté de conscience, rappelle dans une tribune au « Monde » l’historienne Valentine Zuber.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h15
    |

Valentine Zuber (Historienne)







                        



                                


                            
Tribune. Face à l’effroi généré par le nouvel attentat meurtrier perpétré le 24 mars sur notre territoire au nom de l’idéologie anti­moderne et mortifère portée par l’organisation Etat islamique, les propositions les plus démagogiques ont fusé, sans même attendre la fin du temps d’un deuil pourtant si nécessaire. Parmi celles-ci, l’interdiction du salafisme réclamée par Manuel Valls. Ce dernier reprenait d’ailleurs une suggestion de Nathalie Kosciusko-Morizet qu’il avait pourtant balayée quelques mois plus tôt, en rappelant alors que la liberté de conscience est une liberté fondamentale légalement consacrée dans notre pays.
Politiquement irresponsable
Ces réactions épidermiques sont certes à la mesure de l’exaspération et de l’incompréhension générale face à cette résurgence de la violence, surtout lorsqu’elle prend pour prétexte la défense d’une conception religieuse aussi exclusive et intolérante. Interdire une religion, même une idéologie aussi dérangeante que peut l’être pour nous le salafisme, contredit pourtant dangereusement les fondements libéraux de sur lesquels nos institutions séculières et démocratiques. Cette mesure paraît politiquement irresponsable en faisant notamment le jeu de ceux qui les combattent.
Doit-on encore le rappeler ? Le difficile avènement de la liberté de conscience – qui conditionne toutes nos libertés individuelles, de croyance ou d’expression – a été marqué par la lutte continue et résolue d’hommes et de femmes, mais aussi de groupes minoritaires régulièrement discriminés, contre deux adversaires, souvent complices : le dogmatisme religieux intolérant porté par certaines personnes ou institutions religieuses et les abus de pouvoir des Etats autoritaires.
La Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par les Nations unies il y a maintenant soixante-dix ans, a voulu y mettre un terme solennel. Nos Etats l’ont ratifiée et introduit ses principes libéraux dans leur législation. Nous avons...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-9">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Depuis plusieurs semaines, l’établissement de Seine-Saint-Denis est le théâtre d’agressions et de règlements de comptes entre bandes rivales.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

A Stains, élèves et professeurs se mobilisent après de graves violences à répétition

Depuis plusieurs semaines, l’établissement de Seine-Saint-Denis est le théâtre d’agressions et de règlements de comptes entre bandes rivales.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 14h33
    |

            Violaine Morin








                        


De l’extérieur, le lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), posé en face d’un terrain vague, ne laisse rien percevoir du climat qui y règne. Jeudi 5 avril, des grappes d’élèves s’approchent des grilles, cherchant à savoir s’ils auront cours en première heure ou pas. Plusieurs dizaines d’enseignants doivent participer à une assemblée générale, puis à une réunion avec des représentants du rectorat, venus montrer qu’ils font tout pour « accompagner » l’équipe pédagogique, traumatisée par une série de violences aux abords de l’établissement.
Mardi, trois agressions caractérisées ont eu lieu sur le parvis du lycée. Tôt le matin, deux élèves ont été menacés avec une arme à feu par des individus cagoulés à bord d’une voiture. Vers midi, un membre de l’équipe éducative a été menacé à l’arme blanche. Enfin, en début d’après-midi, un élève a été frappé devant le lycée. « Dans les trois cas, des armes ont été sorties », assure Fabienne Giuliani, professeure d’histoire-géographie syndiquée chez SUD-Education.
« Vengeances entre cités »
Ce déchaînement de violence n’est pas isolé. Depuis la rentrée de septembre, les faits se sont multipliés. Ces agressions, associées à des règlements de comptes entre cités rivales de Pierrefitte-sur-Seine et de Stains, ont fait un blessé grave le 12 mars, lorsqu’un élève a été frappé à la tête à coup de marteau sur le parvis. Une bande est revenue plus tard dans la même journée menacer d’autres élèves, « armée de couteaux et de machettes », selon plusieurs témoins. Des coups de feu ont été entendus. Dans ces différents cycles de « vengeances entre cités », selon le mot des enseignants, les victimes refusent de porter plainte.
Depuis le 3 avril, une grande partie de l’équipe enseignante du lycée a décidé d’exercer son droit de retrait et refuse de reprendre le travail en l’absence de garanties pour leur sécurité et celle des élèves. Au matin du jeudi 5 avril, une délégation du rectorat est venue rencontrer l’équipe pédagogique. Fermée aux journalistes, cette réunion apparemment tendue a été jugée décevante par les enseignants, dont certains ont quitté la table, annonçant qu’ils refusaient toujours de faire cours.
Le rectorat, de son côté, insiste sur la « complexité » du problème. Régis Astruc, proviseur vie scolaire à la direction académique de Seine-Saint-Denis, admet avoir entendu « beaucoup d’émotion et de souffrance » de la part de l’équipe pédagogique. Une cellule d’écoute, mise en place jeudi après-midi, sera disponible « aussi longtemps que nécessaire ». Mais les agressions ont lieu à l’extérieur de l’établissement, en dehors du champ de compétence de l’éducation nationale. L’urgence est donc d’articuler les différentes échelles du problème. Vendredi 6, un conseil local pour la sécurité et la prévention de la délinquance devait réunir à la sous-préfecture de Bobigny les différents acteurs : éducation nationale, police, parquet et mairie. Mais pour les enseignants, cette concertation ne répond pas à leurs demandes : l’augmentation du nombre d’adultes dans l’établissement et la pérennisation du poste de surveillant obtenu en janvier.
« On est abandonnés »
En fin de matinée jeudi, alors que les journalistes sont escortés à l’extérieur de l’établissement, la conversation va bon train entre une élève et un membre de l’équipe mobile de sécurité : « Vous et nous, excusez-moi, mais ça revient au même, en fait », lance la jeune fille à l’agent, un colosse qui la dépasse de deux ou trois têtes. « Vous n’êtes pas armé, alors qu’eux, oui. » Sur le parvis du lycée, quelques élèves livrent leurs inquiétudes. Beaucoup disent ne pas se sentir « visés » parce qu’ils n’ont « de problèmes avec personne » même si s’ils sont choqués par cette violence. « Ils viennent régler des comptes avec quelques personnes, mais ça touche tout le monde, déplore Nawel, 17 ans, élève de terminale. On a l’impression que personne ne réagit, comme si c’était normal, parce qu’on est dans un département sensible. » Il faut alors dialoguer, tenter de se raisonner : non, bien sûr, personne ne trouve normal d’être menacé à l’arme à feu sur le chemin du lycée.
Jeudi soir, alors que les parents d’élèves étaient invités à la remise des bulletins trimestriels, une nouvelle AG s’est improvisée, selon un enseignant présent. Vendredi matin, les élèves ont décidé de ne plus aller en cours et d’organiser des manifestations spontanées dans l’établissement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-10">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Selon le parquet, le principal suspect du meurtre du jeune militaire « admet donc uniquement avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Nordahl Lelandais a reconnu une « bagarre » ayant entraîné la chute mortelle d’Arthur Noyer

Selon le parquet, le principal suspect du meurtre du jeune militaire « admet donc uniquement avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h58
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h51
   





                        


Nordahl Lelandais, soupçonné de l’assassinat du caporal Arthur Noyer en avril 2017, a reconnu « spontanément » avoir « porté des coups » lors d’une « bagarre » ayant entraîné la « chute » mortelle du jeune militaire, a annoncé vendredi 6 avril le parquet de Chambéry.
Ces déclarations ont été faites lors de son audition du 29 mars par les deux juges d’instruction chargés du dossier. Selon le parquet, le principal suspect « admet donc uniquement avoir commis des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

        Lire aussi :
         

                Nordahl Lelandais avoue le meurtre du caporal Arthur Noyer



Le 5 février, Nordahl Lelandais avait reconnu avoir pris Arthur Noyer en stop dans sa voiture, mais sans l’avoir tué, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017, après laquelle le caporal du 13e bataillon des chasseurs alpins de Chambéry, alors âgé de 23 ans, avait été porté disparu. Mis en examen pour assassinat le 20 décembre dans cette affaire, il avait dans un premier temps nié les faits. L’enquête avait pourtant mis en évidence que son téléphone et celui de la victime « bornaient » aux mêmes endroits et aux mêmes heures tout au long de la soirée.
Cet ancien maître-chien de l’armée de terre de 35 ans a également avoué en février avoir tué « accidentellement » la petite Maëlys à la fin du mois d’août dans l’Isère. Il est mis en examen depuis novembre pour le meurtre de cette fillette de 8 ans qui avait disparu dans la nuit du 26 au 27 août 2017, lors d’une fête de mariage au Pont-de-Beauvoisin.

        Lire aussi :
         

                Les affaires dans lesquelles Nordahl Lelandais pourrait être impliqué






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-11">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ En signant, vendredi 6 avril, le pacte de Dijon, les agglomérations et les métropoles s’engagent en faveur des quartiers populaires. Et appellent l’Etat à leur emboîter le pas.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Plan Borloo pour les banlieues : l’espoir renaît dans les quartiers

En signant, vendredi 6 avril, le pacte de Dijon, les agglomérations et les métropoles s’engagent en faveur des quartiers populaires. Et appellent l’Etat à leur emboîter le pas.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h20
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 15h17
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            
Chacune de ses apparitions est annoncée, acclamée, louée. « Jean-Louis est là », « Jean-Louis arrive », « Jean-Louis est avec nous », « Jean-Louis va nous dire un mot », « Jean-Louis est prêt à nous aider ». Jean-Louis, Jean-Louis, Jean-Louis… Les maires et les associatifs de banlieue ne jurent que par lui. « Ce n’est pas compliqué, Jean-Louis Borloo, c’est Dieu », résume François Pupponi, député (PS) du Val-d’Oise et ex-maire de Sarcelles.
Cela fait huit mois que l’ancien ministre de la ville de Jacques Chirac – entre 2002 et 2004 – et le père de la rénovation urbaine – 48 milliards d’euros en quinze ans – a repris du service à la demande des acteurs de terrain. Désemparés après l’annonce, l’été dernier, des coupes budgétaires puis celle du gel des emplois aidés, ils se sont rassemblés pour faire entendre leur voix – et leur colère – lors de la première édition des Etats généraux de la politique de la ville, mi-octobre. Un mouvement baptisé l’« appel de Grigny ».

A chaque étape de cette mobilisation inédite, aux petites réunions comme aux grands rassemblements, Jean-Louis Borloo, 67 ans, était présent, entrant en scène discrètement, sans jamais se presser, la veste jetée sur l’épaule ou suspendue au bout de deux doigts, balayant le sol au passage. « Je suis là pour donner un petit coup de main si je peux, c‘est tout », leur martelait-il.
« Système épuisé »
Le « petit coup de main » s’est transformé en mission officielle lorsque, mi-novembre, le président de la République lui a confié la tâche de mettre en œuvre un plan de bataille pour les quartiers populaires et faire une série de propositions. Depuis, tous attendent de Borloo – « Notre dernier espoir », disent les maires – qu’il réitère son exploit en parvenant à relancer une grande « mobilisation nationale » en faveur des banlieues, que le chef de l’Etat a appelé de ses vœux lors de son discours de Tourcoing, en novembre.
Ce vendredi...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-12">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Niort, un centre pour autistes « focalisé sur la personne, plus que sur le handicap »

Le centre expertise autisme adultes de l’hôpital de Niort a mis au point un guide d’accompagnement environnemental.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h49
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Ce vendredi 30 mars, l’équipe du centre d’expertisme d’autisme adultes (CEAA) de l’hôpital de Niort (Deux-Sèvres) est préoccupée. La veille, un agent a été agressé par un jeune adulte atteint d’autisme. Le matin même, après la toilette, il avait le regard inquiet, sans raison apparente. Mais apparemment rien de plus. Il est donc placé dans un espace d’apaisement. Un peu plus tard, il retourne dans une zone de vie plus vaste, visiblement apaisé. On entend ses cris et ses rires qui n’en sont peut-être pas. La fenêtre est masquée pour éviter toute source d’excitabilité.
« Les patients accueillis ici sont souvent des cas complexes, avec des troubles envahissants du développement, des situations parfois extrêmement compliquées, comme des auto-mutilations qui peuvent remettre en cause le pronostic vital, des fonctionnements itératifs ou de l’agressivité », explique le psychiatre Dominique Fiard, responsable de cet établissement et qui a coprésidé le groupe de travail de la Haute Autorité de santé sur les recommandations de bonnes pratiques pour l’adulte autiste, rendues publiques en février. Ces situations peuvent affecter profondément la famille, les structures… qui demandent des soutiens. Le centre peut accueillir une douzaine de patients, pour des séjours plus ou moins longs ou en hôpital de jour.

Pour comprendre ce qui a déclenché l’agression, cinq personnes de l’équipe (psychiatre, psychologue, médecin, aide-soignant, aide médico-psychologique) essaient de remonter le film de cet épisode, car manifestement les prémices n’ont pas été perçues. « Cela peut être un problème somatique, ou autre chose. Une chose est sûre, la seule compétence de la psychiatrie ne suffit pas », reconnaît sans prétention Dominique Fiard. Une fois passé l’événement, l’objectif principal est de faire diminuer le seuil de surexcitation et de rétablir la communication. Il faut coûte que coûte rétablir la relation avec le patient. La musique, le sport peuvent...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-13">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ A Courbevoie, un ouvrier a été écrasé par la flèche d’une grue ; à Puteaux, un intérimaire a fait une chute mortelle d’environ 25 mètres.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Deux ouvriers meurent sur des chantiers à la Défense

A Courbevoie, un ouvrier a été écrasé par la flèche d’une grue ; à Puteaux, un intérimaire a fait une chute mortelle d’environ 25 mètres.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h03
   





                        



   


Deux ouvriers sont morts accidentellement jeudi sur deux chantiers dans le quartier d’affaires de la Défense (Hauts-de-Seine), a-t-on appris vendredi 6 avril, de source policière.
A Puteaux, un intérimaire de 22 ans, employé par la société Gagne, établie à Cussac-sur-Loire (Haute-Loire), a fait une chute de huit étages, soit « à peu près 25 mètres », et est mort sur le coup, d’après la police. Il a perdu l’équilibre vers 23 h 30 alors qu’il tentait d’enlever une plaque de bois pour la remplacer par une vitre sur le chantier de l’immeuble Window, à la Défense, en travaux depuis 2016.
Plus tôt dans la journée, à Courbevoie, un ouvrier, âgé de 40 ans, est mort, peu après 10 heures du matin, lorsque la flèche d’une grue pesant 6 tonnes lui est tombée dessus, à la suite d’une erreur de manipulation.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-14">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Invitée de la troisième édition des Voix d’Orléans, la romancière et anthropologue Catherine-Lune Grayson, qui participera au débat sur le genre, rêve du jour où les femmes ne seront plus seules invitées à parler de cette problématique.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Quand Raoul jouera à faire le ménage... »

Invitée de la troisième édition des Voix d’Orléans, la romancière et anthropologue Catherine-Lune Grayson, qui participera au débat sur le genre, rêve du jour où les femmes ne seront plus seules invitées à parler de cette problématique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 10h29
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h23
    |

Catherine-Lune Grayson







                        



                                


                            

Tribune. Je ne suis pas experte des questions liées au genre, encore moins de la théorie du genre – qui, me semble-t-il, n’existe pas. Ma fiction et mes écrits académiques parlent d’exil, de filiation, de crises humanitaires. On m’a invitée à parler de genre, en compagnie de trois autres femmes, parce que je suis une femme, parce que nous sommes toutes des femmes.
Cela suggère que les préoccupations liées au genre et aux différences entre les rôles sociaux masculins et féminins sont propres aux femmes. Pareille proposition, même implicite, me fâche, me donne envie de dire que le progrès est bien lent – puisque l’on me demande aussi de parler de progrès. Les choses auront changé lorsqu’il n’ira plus de soi que ce sont les femmes qui s’intéressent au genre.
En lisant la description de la table ronde, je me suis demandé si l’on utilisait genre et féminisme de façon interchangeable et si la lutte pour l’égalité, qui devrait pourtant interpeller autant les hommes que les femmes, était pensée au féminin. J’ai envie de croire qu’elle ne l’est pas. Je sais qu’elle importe autant au père de ma fille qu’à moi.

On me demande de parler de genre parce que je suis femme. C’est donc de cette perspective-là que j’écris. Femme. Mère d’une fille. Femme qui écrit. Qui évolue dans un univers professionnel qui, bien que peuplé de femmes, se pense encore au masculin – je suis travailleuse humanitaire. Parce que je ne suis pas une spécialiste du genre, mes considérations sont nécessairement intimes.
Handicap à surmonter
A travers le monde, je croise des femmes fortes, qui se battent, qui refusent le rôle que l’on tente de leur imposer. Qui mènent d’âpres négociations. Et qui en paient parfois lourdement le prix. Au parc, j’entends des parents dire à leur fils en pleurs de cesser de se comporter comme une fille. Dans les magasins de jouets, il y a tous ces objets qui dégoulinent d’un féminin fait de paillettes, de rose et de dentelle....




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-15">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ La socio-anthropologue Fatou Diop Sall dresse un état des lieux de cinquante ans de recherche sur la condition féminine.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Afrique aussi, l’accès des femmes au pouvoir est central

La socio-anthropologue Fatou Diop Sall dresse un état des lieux de cinquante ans de recherche sur la condition féminine.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 10h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 10h34
   





                        



                                


                            

Analyse. La construction sociale des identités et rôles attribués aux hommes et aux femmes est questionnée par diverses disciplines, notamment les études de genre. Tout un ensemble de mécanismes et institutions sociales comme la famille, la culture et l’éducation les construisent en produisant des rapports inégalitaires entre les filles et les garçons. Etant une donnée liée au temps et à l’espace, ces relations peuvent être déconstruites pour évoluer vers l’égalité.
En Afrique, comme ailleurs, les études et recherches sur les femmes d’abord et celles qui ont porté sur le genre ensuite sont liées aux conséquences multiformes de l’ordre patriarcal qui régit les sociétés et nourrit l’imaginaire collectif, les représentations et les pratiques. Les études sur les femmes y sont très ré­centes. Menées, dans les années 1960, par des ethnologues occidentales, elles ont porté sur des monographies relatives aux systèmes de reproduction et à des problématiques connexes comme la fécondité, le mariage, la polygamie. Ces recherches ont identifié les femmes comme des mères et des épouses.

Les limites de ce type d’approche conduiront petit à petit aux premières critiques émises par les chercheuses africaines une décennie plus tard. Le célèbre ouvrage Sexe, genre et société. Engendrer les sciences sociales africaines (Karthala, 2004), dirigé par Ayesha Imam, Amina Mama et Fatou Sow contribue à développer un point qui va dans ce sens. La contribution sociale, économique et politique des femmes à l’histoire du continent y est analysée de manière pertinente. La mise en place de l’Association des femmes africaines pour la recherche sur le développement (Afard), en 1977 à Dakar, dans une perspective de décolonisation de la recherche, va faciliter et encourager la production scientifique dans ce domaine.
Nouvelle épistémologie
Il s’est agi de penser les femmes africaines et les rapports sociaux d’un point de vue africaniste,...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-16">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Doctorants ou même déjà titulaires d’un doctorat, ils enchaînent les vacations en attendant un poste, parfois pour 1 000 euros par mois. Les collectifs de défense se multiplient dans les établissements.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les enseignants précaires de l’université disent leur ras-le-bol

Doctorants ou même déjà titulaires d’un doctorat, ils enchaînent les vacations en attendant un poste, parfois pour 1 000 euros par mois. Les collectifs de défense se multiplient dans les établissements.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 09h40
    |

            Séverin Graveleau et 
Camille Stromboni








                        



                                


                            

Ils étaient une petite centaine, jeudi 5 avril, réunis devant la Sorbonne à Paris, pour dénoncer l’aggravation de la précarité dans l’éducation, notamment à l’université, à l’appel de certains syndicats de personnels. « Il est certain qu’en se mobilisant, on s’expose, on sait qu’en termes de carrière, ça va nous coûter », estime Nathalie, doctorante à Paris-I en science politique, qui a enchaîné les heures d’enseignement à la faculté comme vacataire, avant de terminer cette année… inscrite à Pôle emploi, pour finir son doctorat. « Mais il faut arrêter cette casse de la fonction publique, particulièrement à l’université », s’énerve la jeune femme de 34 ans, membre d’un collectif de précaires dans son établissement.
Derrière elle, un docteur, qui a soutenu sa thèse en philosophie à Nanterre il y a trois ans, se retrouve encore cette année à valser entre les vacations, pour un total de 1 000 euros net par mois, dans deux facs et un IUT. « Entre la préparation des cours, les corrections, et mes travaux de recherche, je travaille à plein-temps… », indique le jeune homme.
« Bouche-trous », « précaires », « invisibles » ou « fantômes »… selon les mots des enseignants contractuels, CDD, vacataires ou attachés temporaires, interrogés par le Monde, la situation d’une partie des personnels non permanents de l’université est de plus en plus difficile, estiment-ils. Qui sont-ils ? Souvent des doctorants en train de rédiger leur thèse, ou des titulaires d’un doctorat dans l’attente d’un poste fixe à l’université, qui multiplient les heures d’enseignement et les contrats courts pour subvenir à leurs besoins.
« On est régulièrement payés plus de 6 mois, parfois un an, après avoir travaillé »
« Au sein de l’université, on est tout en bas de la hiérarchie. On est là pour boucher les trous, pour récupérer les cours que les autres ne veulent pas, les travaux dirigés bondés...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-17">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ La stratégie nationale pour l’autisme doit être présentée aujourd’hui. Entretien avec Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées : « Permettre à tous les enfants autistes d’entrer à la maternelle »

La stratégie nationale pour l’autisme doit être présentée aujourd’hui. Entretien avec Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h07
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            
Fortement attendue par les familles et les professionnels, la stratégie nationale pour l’autisme devait être présentée, vendredi 6 avril, par le premier ministre, Edouard Philippe, et Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées.
Après trois plans autisme depuis 2005, une concertation nationale avait été lancée en juillet 2017 par le président de la République, Emmanuel Macron. Celle-ci a été pilotée par Claire Compagnon, déjà auteure d’un rapport en tant qu’inspectrice générale des affaires sociales.
Renforcer la recherche et les formations, intervenir précocement auprès des enfants, garantir la scolarisation effective des enfants et des jeunes, favoriser l’inclusion des adultes, soutenir les familles, cette stratégie comporte vingt mesures, résumées dans ces cinq engagements.
La France est toujours pointée du doigt pour le retard dans le diagnostic et la prise en charge de ces troubles du neurodéveloppement. En quoi cette stratégie nationale diffère-t-elle des politiques précédentes ?
C’est le fer de lance de la politique du handicap que l’on veut mener pendant ce quinquennat. Les précédents plans autisme concernaient le domaine médico-social ; aujourd’hui l’enjeu est l’implication de tous les ministères, aussi bien la santé que l’éducation nationale, l’emploi, la recherche, la culture, le sport… C’est ainsi que les personnes handicapées seront considérées avant tout comme des personnes, citoyens d’une société inclusive. Pour cela, le budget 2018-2022 sera de 344 millions d’euros, c’est presque deux fois plus que le précédent plan.
Nous avons étendu la stratégie à tous les troubles neurodéveloppementaux reconnus au niveau international, comme le trouble du déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) ou les déficiences intellectuelles. Cet élargissement était nécessaire pour ne pas passer à côté de certaines situations en matière de repérages, de troubles associés. La prévalence des troubles du...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-18">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Au nom de la mixité sociale, de nombreux locataires en HLM ou propriétaires modestes vont être expropriés de leur logement pour faire place aux nouveaux quartiers qui seront construits autour des futures stations de métro
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Enquête sur les exclus du Grand Paris

Au nom de la mixité sociale, de nombreux locataires en HLM ou propriétaires modestes vont être expropriés de leur logement pour faire place aux nouveaux quartiers qui seront construits autour des futures stations de métro



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h34
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 14h18
    |

            Isabelle Rey-Lefebvre








                        



                                


                            

Ce soir-là, la salle communale du quartier Lallier-Bicêtre, à L’Haÿ-les-Roses (Val-de-Marne), dans la banlieue sud de Paris, est pleine. Nous sommes le 8 mars et une centaine de locataires de la cité des Dahlias sont venus, inquiets, écouter le maire (LR), Vincent Jeanbrun, et leur propriétaire, Immobilière 3F.
La mauvaise nouvelle est confirmée : leurs trois bâtiments sont voués à la démolition pour faire place à un quartier neuf autour de la future station de métro de la ligne 14. D’ici à 2024, dans le cadre des chantiers engagés pour la construction du Grand Paris, celle-ci les reliera au centre de Paris en vingt minutes.
Las ! Ces 200 locataires très modestes n’en profiteront pas. « Cela fait trente ans qu’on attend le métro et on nous chasse. Il est clair que le maire ne veut plus de nous, proteste d’emblée Samia Erhel, 62 ans, enseignante auprès de déficients auditifs, très active dans l’association des résidents des Dahlias. Et comment me retourner avec mes 900 euros de retraite ? » « C’est honteux ! Après cinquante-trois ans passés ici, comment ma femme et moi, qui sommes malades, pourrons-nous nous arracher à ce quartier ? J’en rêve la nuit », demande, révolté, Paul Leroulevillois, 91 ans, autrefois ouvrier chez Rhône-Poulenc, puis pâtissier.
Un sonore « Ah, voilà le maire » retentit à son arrivée alors qu’il passe serrer la main à tout le monde. Durant plus d’une heure, Olivier Perret, directeur départemental d’Immobilière 3F, le bailleur social propriétaire de la cité, détaille le plan de relogement. « Vous aurez droit à trois offres et nous nous engageons à étudier votre cas pour trouver la meilleure solution dans la commune ou une commune proche. Pourquoi pas, d’ailleurs, près d’un métro ? », suggère-t-il.
Parmi les vingt-trois familles qui ont déjà accepté une proposition, cinq iront allée du Stade, loin de tous transports et commerces, dans une tour...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-19">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ La très controversée circulaire du ministre de l’intérieur organise le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Migrants : quatre mille personnes déjà recensées au titre de la « circulaire Collomb »

La très controversée circulaire du ministre de l’intérieur organise le recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h54
   





                        


En application de la très controversée circulaire Collomb « relative aux objectifs et priorités en matière de lutte contre l’immigration irrégulière », quatre mille personnes environ logées en hébergement d’urgence ont déjà été recensées, a fait savoir jeudi 5 avril Jacqueline Gourault. « Ces opérations [de recensement] sont toujours en cours », a dit la ministre auprès du ministre de l’intérieur lors des questions au gouvernement au Sénat. « Près de 50 % sont en procédure Dublin », c’est-à-dire déjà enregistrées dans un autre pays européen, où elles sont censées être transférées, a ajouté Mme Gourault.
Dénoncée par des associations comme un « tri » des migrants, cette circulaire publiée le 12 décembre 2017 par le ministre de l’intérieur et par le ministre de la cohésion des territoires, demande aux préfets de constituer des équipes mobiles constituées d’agents des préfectures et de l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), chargées de se rendre dans les structures d’hébergement d’urgence (hôtels et centres sociaux) pour y recueillir des informations sur la situation administrative des personnes qui y sont accueillies.
Désengorger des centres saturés
Vingt-huit associations, qui travaillent dans l’hébergement social d’urgence ou auprès des migrants, ont rapidement demandé au Conseil d’Etat d’annuler ce texte et ont saisi le juge des référés pour qu’il en suspende provisoirement l’exécution. Le Conseil d’Etat doit prochainement rendre son avis sur le fond de cette circulaire. En procédure d’urgence, il a refusé de la suspendre, tout en précisant dans un sens restrictif la portée du texte, une décision interprétée comme une victoire par les deux camps.

        Lire aussi :
         

                Immigration : le Conseil d’Etat encadre l’application de la « circulaire Collomb »



Pour le gouvernement, cette circulaire est un moyen indispensable pour orienter des publics en fonction de leur situation (réfugiés, déboutés...) et pour désengorger des centres saturés. Mais les associations redoutent d’avoir à transmettre des listes et elles dénoncent une atteinte au principe d’inconditionnalité de l’accueil.

        Lire aussi :
         

                Migrants : « La circulaire Collomb a été diabolisée »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-20">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ La fraude a porté sur 6 000 hectolitres et aurait duré de 2014 à 2015.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

400 000 euros d’amende pour la société qui avait fait passer des vins du Languedoc pour des Bordeaux

La fraude a porté sur 6 000 hectolitres et aurait duré de 2014 à 2015.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h44
   





                        


La société de négoce Grands Vins de Gironde (GVG) a été condamnée jeudi 5 avril par le tribunal correctionnel de Bordeaux à payer une amende de 400 000 euros, dont 200 000 euros avec sursis, pour avoir utilisé frauduleusement plus de 6 000 hectolitres de vin entre le début de l’année 2014 et la fin de l’année 2015.
Le directeur des achats d’alors a par ailleurs été condamné à 15 000 euros d’amende avec sursis. Tout comme GVG, il était poursuivi « pour tromperie sur la nature, la qualité, l’origine ou la quantité d’une marchandise ».
Fausses étiquettes, mélanges interdits, traçabilité brouillée
Plus de 6 000 hectolitres de vin, d’une valeur de 1,2 million d’euros, avaient notamment servi à des mélanges interdits et sans traçabilité : des vins de France auraient été revendiqués en Pays d’Oc Indication géographique protégée (IGP), des vins languedociens mélangés avec des assemblages d’appellations bordelaises ou rebaptisés frauduleusement Pomerol, Margaux ou Saint-Julien (trois appellations bordelaises prestigieuses), des étiquettes avec des millésimes et des noms de châteaux incorrects…
« Ils s’agit d’une infraction non négligeable, dont les victimes sont les petits consommateurs de grande surface dont on peut estimer une certaine méconnaissance des produits, ou des clients étrangers, ce qui ne va pas dans le sens d’une bonne image », a déclaré à l’audience la présidente du tribunal correctionnel, Caroline Baret.

        Lire aussi :
         

                Le vin, plaisir de l’offrir, joie de le recevoir (ou presque)



Le directeur des achats avait déjà été condamné pour fraude
La présidente du tribunal a également soulevé un détail cocasse : le directeur des achats avait déjà été condamné pour fraude :
« La société a déjà été avertie en 2005, son casier judiciaire portant trace d’une condamnation le 27 juillet 2005 à une amende de 30 000 euros, acquittée le 27 mars 2006, pour tromperie sur marchandise et publicité mensongère. »
« Ces pratiques cette fois-ci plus graves, dont il ne peut être imaginé qu’une structure revendiquant le sérieux qu’elle invoque ait pu ignorer l’existence, du fait justement de ses compétences, justifient sa condamnation à une amende de 400 000 euros dont 200 000 euros avec sursis », a poursuivi Mme Baret.




                            


                        

                        

