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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.
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« L’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne »

Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h34
    |

Thierry Le Roy (Président de France Terre d’asile)







                        



                                


                            

Tribune. Les parlementaires français ont commencé à débattre d’un projet de loi « visant à rendre plus effectif le droit d’asile » (« Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », voir lien PDF). Nous, France Terre d’asile et d’autres associations, le critiquons, parce qu’il risque de rendre moins effectif le droit de recours en matière d’asile, ou parce qu’il ne se soucie pas assez du premier accueil, point faible du dispositif actuel. Nous essayons d’améliorer le projet en suggérant des amendements.
Nous savons pourtant que l’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne (UE), dont les membres négocient en même temps, le même trimestre, le nouveau « paquet asile ».
Contraire à la convention de Genève
Sur deux points essentiels, au moins, les règlements européens en préparation conditionnent radicalement ce que pourra faire la loi française. Tout d’abord le sort des « dublinés », ces demandeurs d’asile repérés ou enregistrés dans un autre Etat membre.
Ils prennent dans notre système d’accueil et d’hébergement une place telle que le gouvernement fait de leur transfert effectif vers l’Etat membre de « première entrée » en Europe un des principaux objectifs de son projet de loi et de sa politique. Alors que la faillite avérée du système du règlement actuel, dit Dublin III, voue cette politique à un échec annoncé.

C’est dans le projet de nouveau règlement, dit Dublin IV, dont le Conseil de l’UE poursuit la discussion en ce mois d’avril après délibération du Parlement européen, que se situe l’enjeu de la prise en charge de l’asile entre les Etats membres de l’Union.
Autre sujet européen : le sort des demandeurs d’asile qu’on préférerait voir accueillis par des pays tiers, dits de premier accueil ou de transit. Un autre projet de règlement en discussion dans ce « paquet asile » pourrait imposer la notion de « pays tiers sûr » à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.
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Slovaquie : cinquième vague de manifestations depuis l’assassinat d’un journaliste

Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h57
    |

                            Arthur Carpentier








                        



   


Plus d’un mois après le meurtre par balles du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova, l’attitude du gouvernement slovaque continue d’alimenter le mécontentement d’une partie de la population. Jeudi 5 avril, pour la cinquième fois, des manifestations ont été organisées dans une douzaine de villes de ce pays de 5,4 millions d’habitants. Dans les rues de la capitale, Bratislava, près de 30 000 personnes ont défilé, selon le quotidien SME. Les slogans lancés contre le gouvernement y ont alterné avec les minutes de silence à la mémoire du reporter et de sa fiancée.
« Nous marcherons encore autant de fois que nécessaire pour obtenir ce que nous réclamons », assure Jan Galik, l’un des organisateurs de Pour une Slovaquie décente, le principal mouvement citoyen à l’origine des manifestations. Les précédents rassemblements, les plus importants depuis ceux qui précipitèrent la chute du régime communiste en 1989, avaient déjà réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays.
La démission de Robert Fico, premier ministre et homme fort de la Slovaquie, le 14 mars, n’a pas suffi à calmer la contestation. « Nous nous battrons jusqu’à ce qu’à ce que le chef de la police soit remplacé, avec un nouveau processus de sélection dans lequel le ministre de l’intérieur n’a pas son mot à dire », tonne Dominik. Ce Bratislavien participait à sa quatrième manifestation, et souhaite avant tout que soit élucidé le meurtre du reporter. Avant son assassinat, le journaliste enquêtait sur des liens entre la mafia calabraise, en Italie, et les politiques slovaques.
Mais les revendications d’une partie des protestataires vont au-delà de cette simple demande. « La population veut plus de transparence de la part des institutions politiques, estime Daniela, dans le cortège pour la deuxième fois. C’est un sentiment de frustration qui traverse toute la population. »
« Commencer à rétablir la confiance »
La lenteur de l’enquête alimente la méfiance des manifestants envers des institutions déjà décrédibilisées par les scandales de corruption. Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est traditionnellement accusé d’être soumis au pouvoir politique. Et l’enquête patine : si le parquet estime que le meurtre de Jan Kuciak a probablement été commandité, la police ne semble avoir identifié aucun suspect.
Le chef de la police, Tibor Gaspar, est jusqu’à présent parvenu à se maintenir à son poste, malgré les critiques sur l’efficacité de ses services et les accusations de conflits d’intérêt. Mais sa démission, réclamée par l’opposition et les manifestants, ne semble plus être qu’une question de jours. Le président, Andrej Kiska, un libéral en froid avec le gouvernement populiste de gauche, l’a lui-même évoquée, en faisant une « question cruciale afin de commencer à rétablir la confiance ».

   


La coalition au pouvoir, au plus bas dans les sondages, se satisferait pleinement d’une telle solution, alors que les appels à des élections anticipées se font de plus en plus pressants et que les liens de plusieurs dirigeants avec le crime organisé ont été exposés. Le ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, a servi de premier fusible le 12 mars. Quelques jours plus tard, le premier ministre, Robert Fico, a donc plié à son tour, se résignant à la démission.
Le chef de gouvernement déchu a toutefois obtenu que son successeur soit choisi dans les rangs de son parti (SMER-SD, sociaux-démocrates), et non dans les deux autres partis de la coalition, le SNS (extrême droite) et Most-Hid, formation de la minorité hongroise. Il a surtout écarté la possibilité d’élections anticipées. Une partie de la population voit dans le nouveau premier ministre, Peter Pellegrini, un pantin aux ordres de M. Fico.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.
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L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement », assurent ses médecins

Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h40
   





                        



   


L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement ». C’est ce qu’a annoncé, vendredi 6 avril, l’hôpital où est soigné cet ancien agent double russe, dont l’empoisonnement le 4 mars en Angleterre a déclenché l’une des plus graves crises diplomatiques entre Moscou et les Occidentaux depuis la guerre froide.
Sergueï Skripal « répond bien au traitement, son état de santé s’améliore rapidement, il n’est plus dans un état critique », ont déclaré les médecins de l’hôpital de Salisbury.
L’état de santé de sa fille de 33 ans, Youlia Skripal, elle aussi hospitalisée, s’améliore « quotidiennement », a précisé une médecin, Christine Blanshard. « Elle attend avec impatience le jour où elle pourra sortir de l’hôpital. » La veille, Youlia Skripal s’était exprimée pour la première fois depuis son empoisonnement :
« Je me suis réveillée il y a maintenant plus d’une semaine et je suis heureuse de dire que je me sens de mieux en mieux chaque jour. »

        Lire aussi :
         

                Après l’affaire Skripal, le profil bas des Russes de Londres



Confrontation
La Grande-Bretagne accuse la Russie de l’empoisonnement sur le sol anglais de l’ex-agent double russe et de sa fille. Sergueï Skripal avait donné les noms de plusieurs dizaines d’agents russes aux services de renseignement britanniques avant d’être arrêté à Moscou en 2004. Condamné par la justice russe à treize ans de prison en 2006, il avait finalement pu gagner la Grande-Bretagne en 2010, après avoir été échangé contre des espions russes.
Moscou dément fermement ces accusations, qui ont provoqué une grave crise diplomatique et une vague historique d’expulsions croisées de diplomates russes et occidentaux.
La confrontation entre Moscou et les Occidentaux a continué, jeudi, à l’Organisation des Nations unies (ONU), où la Russie a accusé Londres de mener une campagne pour « discréditer » Moscou et « d’accuser sans preuve ». Vendredi, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a encore accusé Londres de « chercher fébrilement et frénétiquement chaque jour une quelconque confirmation de leur position indéfendable ».

        Lire aussi :
         

                La Russie demande des « excuses » à Londres dans l’affaire Skripal






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Avant les législatives du 8 avril, les médias, contrôlés par le premier ministre, se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.
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En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »

Avant les législatives du 8 avril, les médias, contrôlés par le premier ministre, se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h54
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bienvenue dans un monde dans lequel les capitales d’Europe occidentale sont à feu et à sang. Un monde dans lequel les Blancs sont devenus minoritaires, écartés pour faire la place aux migrants. Un monde dans « lequel on ne peut même plus prendre le métro en plein jour sans se faire agresser au couteau », où « l’on peut se faire violer sans que la police n’intervienne », et où « les infirmières ne peuvent plus travailler sans se faire agresser sexuellement ».
Ce monde, c’est celui de la télévision publique hongroise. Plus précisément celui de son programme phare, « Ma Este » (« Ma soirée » en hongrois). Diffusé tous les jours sur la première chaîne M1, il est un concentré d’informations angoissantes sur l’immigration et de critiques des partis d’opposition hongrois. Au service de Viktor Orban.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, le premier ministre ultraconservateur et ses proches ont progressivement pris le contrôle d’une grande partie des médias du pays. En pleine campagne pour les législatives du dimanche 8 avril – M. Orban brigue un troisième mandat d’affilée –, ils se sont désormais mis en ordre de bataille. Le visionnage de « Ma Este » plusieurs soirs de suite autour du week-end du 10 mars nous a permis de le constater. Le programme a largement mis en avant un « témoignage exclusif » qui a déclenché une polémique jusqu’en Suède.
Aucune vérification
« En Hongrie, on ne veut pas croire les informations concernant les problèmes de sécurité dans les grandes capitales, mais ceux qui vivent là-bas peuvent témoigner des ghettos et des no-go zone qui existent à Paris et Vienne », explique d’abord la présentatrice, en référence à la célèbre formule – démentie ensuite – propagée par la chaîne américaine Fox News après les attentats de Paris.
Le visage d’une certaine Natalie Contessa apparaît à l’écran. Pendant quinze minutes, cette Hongroise qui dit avoir habité plusieurs années en Suède explique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Fermé à la chute du Mur, rouvert dans les années 2000, ce bistrot sans prétention était un lieu emblématique de la vie culturelle et politique pour la gauche berlinoise. La fin d’une institution de la RDA.
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A Berlin, le Café Sibylle baisse son rideau de fer


                      Fermé à la chute du Mur, rouvert dans les années 2000, ce bistrot sans prétention était un lieu emblématique de la vie culturelle et politique pour la gauche berlinoise. La fin d’une institution de la RDA.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h49
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








   


A 90 ans, Hans Modrow y avait toujours ses habitudes. Pour l’anniversaire de sa fille, l’ancien premier ministre est-allemand, au pouvoir de novembre 1989 à mars 1990, y avait même réservé une table pour vingt personnes le 6 avril. Il devra trouver une autre idée : le Café Sibylle a définitivement baissé le rideau, ce 31 mars, un peu après 18 heures.
Au numéro 72 de la Karl-Marx-Allee – les « Champs-Elysées de Berlin-Est » comme on disait à l’époque de la République démocratique allemande (RDA) –, ce bistrot sans prétention était une véritable institution. Dans l’arrière-salle de cet ancien glacier, ouvert en 1953 et rebaptisé neuf ans plus tard en hommage à Sibylle, le grand magazine féminin de RDA, une modeste exposition entretenait la mémoire d’un monde englouti. Parmi les objets qui y étaient conservés se trouvaient notamment une oreille et une moustache : celles de Staline ou, plus exactement, de la gigantesque statue de l’ancien dirigeant soviétique installée en 1951 sur cette monumentale avenue du temps où celle-ci s’appelait la Stalinallee.
« Le Café Sibylle était le dernier endroit de Berlin où l’héritage positif de la RDA continuait de vivre et où il était rappelé que son histoire ne se réduisait pas à celle de la Stasi. » Ute Donner, artiste et militante pacifiste
Mais le Café Sibylle n’était pas qu’un conservatoire du passé. Fermé après la réunification allemande, en 1990, il était redevenu, depuis sa réouverture dans les années 2000, un lieu de sociabilité culturelle et politique. Plusieurs fois par mois, des débats, des lectures et des concerts y étaient organisés en présence d’artistes ou d’intellectuels mais aussi d’ambassadeurs d’anciens « pays frères », comme ceux de Cuba ou du Nicaragua. « Tout le monde était le bienvenu, sauf l’extrême droite », précise Uwe Radack, qui gérait l’établissement depuis 2014 et a été contraint de le fermer après un différend avec son bailleur.
Depuis quelques semaines, la mobilisation en faveur de la survie du Café Sibylle avait pourtant donné quelque espoir à M. Radack. Une pétition adressée à la mairie d’arrondissement de Friedrichshain-Kreuzberg réclamait que celle-ci intervînt pour sauver ce « lieu si particulier ». En vain. A l’origine de cet appel, signé par 5 000 personnes au total : Ute Donner. Le 31 mars, devant une dernière pinte de bière, cette artiste peintre et militante pacifiste nous expliquait pourquoi cette cause lui tenait tant à cœur. « Après la disparition du Palais de la République [siège du Parlement est-allemand et centre culturel, bâti en 1976 et détruit à partir de 2006] et la mort de la Volksbühne, qu’on aimait [cette salle de théâtre de l’ex-Berlin-Est fut dirigée de 1992 à 2017 par le metteur en scène Frank Castorf : son éviction, au profit du Britannique Chris Dercon, a provoqué une intense mobilisation de la gauche berlinoise], le Café Sibylle était le dernier endroit de Berlin où l’héritage positif de la RDA continuait de vivre et où il était rappelé que son histoire ne se réduisait pas à celle de la Stasi. »
Lire aussi (édition abonnés) : La Karl-Marx-Allee, avenue mythique du Berlin d’après guerre 
Près de trente ans après la chute du mur, le Café Sibylle était, en somme, un endroit unique en son genre. Ailleurs, sur la même avenue, des enseignes célèbres datant de la RDA sont toujours là, mais ce ne sont que des coquilles vides : au numéro 78, le Karl Marx Buchhandlung n’est plus une librairie, mais le siège d’un magazine spécialisé dans l’art du cocktail. Au numéro 34, le Café Moskau est devenu un lounge bar que rien ne distingue de ceux que l’on trouve à Paris, Londres ou New York.
« Regardez la Karl-Marx-Allee aujourd’hui. Ce qui était autrefois la vitrine du régime communiste est devenue la proie des promoteurs les plus libéraux, explique l’historienne Sonia Combe, chercheuse associée au Centre Marc-Bloch, à Berlin. Au milieu de tout cela, le Café Sibylle était un lieu de mémoire et un lieu de résistance, le dernier de ce type. Avec sa disparition, toute une génération, qui continue de croire dans les idéaux du socialisme, tout en étant très consciente de ce qui n’allait pas en RDA, se sent aujourd’hui un peu orpheline. »
Un sentiment que résumait ainsi la photographe Editha Künzel, quelques minutes avant la fermeture du café : « Si je suis si triste aujourd’hui, c’est parce qu’on perd un endroit qui restait vraiment chaleureux dans une époque qui se refroidit chaque jour un peu plus. »



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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.
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En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil

A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Economiquement, la Hongrie se porte plutôt bien. C’est même un argument de campagne du souverainiste Viktor Orban, en campagne pour sa réélection. Au pouvoir depuis 2010, il brigue un troisième mandat à l’occasion des législatives du dimanche 8 avril.
Le premier ministre sortant met en avant les performances réalisées par cet ancien pays communiste de 9,8 millions d’habitants, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004 : un taux de chômage au ras des pâquerettes, le plus bas jamais enregistré depuis la transition de 1989, puisqu’il est passé sous la barre des 4 % en 2017, tandis que le déficit se stabilisait à 2,4 % du produit intérieur brut en 2017 ; et, surtout, une croissance économique de 4 %, avec des prévisions flatteuses pour 2018.
Un « modèle alternatif hongrois » ?
Bref, des chiffres de premier de la classe, que le chef de l’exécutif se targue d’avoir arraché avec les dents : contre vents et marées, dans une ambiance de scepticisme généralisé, c’est lui seul qui a décidé de mettre en place au bulldozer une politique économique non conventionnelle, alliant – pendant que toute la zone euro s’appliquait la rigueur – des nationalisations à des réductions d’impôt. Alors y aurait-il un « modèle alternatif hongrois » ?
Huit ans plus tard, le bilan reste contrasté. Certes, les « orbanomics », comme les ont nommés plusieurs économistes (une politique patriotique et orientée sur la croissance), ont corrigé les excès de la libéralisation, à la suite de l’ouverture aux marchés. Ils ont épargné une nouvelle cure d’austérité à un pays durement frappé par la récession de 2009 (– 6,6 %). Ils ont aussi offert plus de marges de manœuvre à Budapest face à Bruxelles, l’un des buts recherchés par Viktor Orban. Mais, pour le reste, « le gouvernement hongrois doit beaucoup à la reprise de l’économie en Europe, à la faiblesse des taux d’intérêt, à l’abondance de capitaux privés et à la faiblesse du prix du baril », selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.
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édition abonné


Peter Kreko : « La Hongrie est le seul pays de l’UE où les “fake news” constituent la narration officielle »

Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h23
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Peter Kreko est le directeur de ­Political Capital, un think tank ­atlantiste et libéral, fondé en 2001, à Budapest. Psychologue social et analyste politique, il travaille sur les théories du complot et les « fake news ». A la veille des législatives du 8 avril, il dresse un bilan de huit ans de pouvoir dans le « laboratoire nationaliste » hongrois. Depuis son retour à la tête du gouvernement en 2010, Viktor Orban, le premier ministre souverainiste, a transformé en profondeur ce pays d’Europe centrale de 9,8 millions d’habitants, membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Réélu en 2014, il est candidat à un troisième mandat d’affilée. Il mène une politique migratoire répressive, saluée par l’extrême droite européenne, tout en s’attaquant aux contre-pouvoirs.

Pourquoi Viktor Orban a-t-il fait du rejet de l’immigration la pierre ­angulaire de sa campagne électorale ?
Parce qu’il est parvenu à ce constat : tous ceux qui ont usé d’une rhétorique hostile aux migrations depuis la grande crise de 2015 [des centaines de milliers de migrants s’étaient présentés à frontière hongroise] ont été élus ou réélus dans la région, que ce soit en République tchèque, en Slovaquie ou en Pologne. Ces succès reposent sur un ressort sociologique simple. Pour la première fois, les pays d’Europe centrale et orientale, qui se sont sentis longtemps marginalisés, sont en position de pouvoir à leur tour tenir un discours d’exclusion à l’égard d’autrui. Les préjugés dont sont victimes les migrants et les étrangers sont plus forts dans cette partie du continent qu’ailleurs, du fait de son histoire. C’est aussi ici que le nombre des réfugiés est le plus faible. Cela conduit à ce que l’on pourrait appeler une « xénophobie platonique ». La haine de l’autre s’exprime, alors même qu’il n’est pas là.
Viktor Orban se présente comme le protecteur de la Hongrie, qui serait un bastion chrétien. Est-ce le cas ?
L’influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.
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En Italie, la paralysie politique persiste

Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un ballet parfaitement huilé, organisé avec une régularité parfaite à chacune des innombrables crises qui jalonnent la vie de la démocratie italienne : la formation d’un gouvernement commence par la consultation de tous les groupes parlementaires par le président de la République. Mercredi 4 et jeudi 5 avril, les délégations de toutes les formations élues au Parlement ont donc gravi, les unes après les autres, la colline du Quirinal, pour être reçues par Sergio Mattarella sous les ors de l’ancienne demeure des papes et des rois devenue, depuis la proclamation de la République, résidence des chefs de l’Etat italien.
Revenait ensuite à M. Mattarella la responsabilité de trancher. Jeudi soir, il n’a pas attendu longtemps : dans une conférence de presse il a sagement décidé… d’organiser un second tour de consultations la semaine prochaine, laissant à chacun « le temps de réfléchir ».
Quelques jours de plus et un appel à la « responsabilité » suffiront-ils à changer les choses, alors que depuis le soir du 4 mars, qui a vu l’effondrement des partis traditionnels lors des législatives, la situation semble bloquée, aucun schéma de coalition ne s’imposant naturellement ? Rien n’est moins sûr. Mais, dans cette affaire, le timing et la chorégraphie ont leur importance.

Contorsions idéologiques
Comme la constitution d’une majorité impliquera nécessairement, pour les forces entrant au gouvernement, des contorsions idéologiques difficiles à expliquer à leurs électeurs, il convient de ne pas céder trop vite, de ne pas apparaître trop pressé de renier ses promesses. Ainsi apparaît le véritable sens de ces deux journées de rencontres : exposer au public les positions de chacun, réaffirmer ses principes. Pour qu’ensuite les affaires sérieuses puissent enfin commencer.
Jeudi, les deux vainqueurs des élections du 4 mars ont donc exposé, à quelques heures d’intervalle, leurs positions. Premier à s’exprimer, le chef de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
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Les autorités russes demandent à la justice de bloquer la messagerie Telegram

La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h23
   





                        



   


Le régulateur russe des télécommunications a saisi la justice russe, vendredi 6 avril, pour demander le blocage de la messagerie Telegram, qui a refusé de fournir aux services de sécurité russes – le FSB – ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
L’agence de régulation Roskomnadzor a lancé une procédure auprès d’un tribunal de Moscou pour demander de « limiter l’accès » à Telegram, messagerie fondée par le Russe Pavel Dourov et réputée pour offrir un haut niveau de confidentialité.
Le 20 mars, cette autorité avait donné quinze jours à Telegram pour fournir ses clés de cryptage. « Les menaces de bloquer Telegram s’il ne fournit pas les données personnelles de ses utilisateurs n’auront pas de résultats. Telegram défendra la liberté et la confidentialité », avait alors réagi sur Twitter M. Dourov.
L’avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, avait de son côté expliqué sur son compte Telegram que les exigences des autorités étaient « inapplicables » du point de vue technique en raison justement du système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n’a elle-même pas accès à certaines communications.
Mi-octobre, la justice russe avait condamné Telegram à une amende de 800 000 roubles (18 000 euros) pour avoir refusé de coopérer avec le FSB.



                            


                        

                        


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L’hiver de la social-démocratie européenne

Les socialistes français peuvent se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas des cas isolés en Europe.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h15
    |

                            Service Europe








                        



                                


                            

Dans leur crise, les socialistes français peuvent se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas des cas isolés en Europe. Sur tout le Vieux Continent, la social-démocratie connaît actuellement un hiver électoral historique. Sur les 27 pays de l’Union européenne, seuls cinq (Portugal, Suède, Roumanie, Slovaquie et Malte) sont actuellement dirigés par des sociaux-démocrates. Et la situation se dégrade pour cette famille politique : l’Autriche, l’Italie et la République Tchèque ont été perdues ces six derniers mois.
Les sociaux-démocrates participent ­certes à la coalition au pouvoir en Alle­magne, mais dans une position de faiblesse inédite. Après quatre ans de participation à une « grande coalition » avec Angela Merkel, le SPD allemand a réalisé en septembre 2017 son pire score depuis la seconde guerre mondiale, à 20 %. La direction du parti a ensuite longuement hésité sur sa participation au pouvoir, avant de s’y résoudre malgré les divisions internes.
Il y a un an encore, le Parti démocrate italien faisait ainsi figure d’exception. Au pouvoir depuis 2013, le parti semblait solide, malgré les tensions entourant son chef, Matteo Renzi, ancien premier ministre en route – pensait-il – vers la reconquête du pouvoir. Las, depuis les législa­tives calamiteuses du 4 mars, le retour sur terre est cruel. Laminé (à peine 18 % des voix), sans chef – Matteo Renzi ayant dû démissionner – et marginalisé par la droite et le mouvement Cinq Etoiles, le parti paie à la fois ses luttes d’appareil et son éloignement de ses bases populaires.
Pour sortir du marasme, les sociaux-démocrates européens sont à la recherche de nouvelles alliances, quitte à s’éloigner de la « troisième voie » qui avait fait leur succès au tournant des années 2000. Depuis qu’il est dirigé par la figure de l’aile gauche radicale Jeremy Corbyn, le Labour britannique bénéficie ainsi d’une vigueur inédite dans les sondages. En proposant des nationalisations et une politique sociale généreuse,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La crise politique en Slovaquie a été déclenchée par le meurtre en février du journaliste Jan Kuciak, qui avait enquêté sur la corruption des hommes politiques.
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Plus de 30 000 Slovaques manifestent pour réclamer la démission du chef de la police

La crise politique en Slovaquie a été déclenchée par le meurtre en février du journaliste Jan Kuciak, qui avait enquêté sur la corruption des hommes politiques.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 22h00
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 07h59
   





                        



   


Plus de trente mille Slovaques ont appuyé, jeudi 5 avril, l’appel du président Andrej Kiska à la démission du chef de la police nationale, dans le sillage de la crise provoquée par l’assassinat par des inconnus d’un journaliste enquêtant sur la corruption.
Environ 30 000 personnes se sont réunies à Bratislava, selon le quotidien SME, brandissant des pancartes « Honte à vous » et « Gaspar, démissionnez! » visant le chef de la police Tibor Gaspar. D’autres rassemblements ont eu lieu à travers le pays.
Le chef de la police désavoué par le président
Le président Andrej Kiska, un libéral, en désaccord avec le gouvernement de gauche populiste, a déclaré plus tôt dans la journée à la presse qu’il comptait sur la destitution de Tibor Gaspar « dans les prochains jours ».
« J’ai dit au ministre de l’intérieur que le remplacement des personnalités clés de la police, y compris du chef de la police, M. Gaspar, était une question cruciale pour nous afin de commencer à rétablir la confiance dans la police », a déclaré M. Kiska, selon le service local d’informations TASR.

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Le journaliste assassiné enquêtait sur les liens entre la mafia calabraise et des politiques slovaques
La crise politique en Slovaquie a été déclenchée par le meurtre en février du journaliste Jan Kuciak, qui avait enquêté sur la corruption et sur des liens entre des hommes d’affaires italiens soupçonnés de relations avec la mafia calabraise, la ’Ndrangheta, et des hommes politiques slovaques, y compris dans l’entourage du premier ministre de l’époque, Robert Fico.
Ce dernier a démissionné depuis, remplacé par Peter Pellegrini. Le nouveau cabinet de la coalition tripartite est composé en majorité de personnes ayant appartenu au gouvernement précédent, dont certains, comme M. Pellegrini, ancien vice-premier ministre, ont changé d’attributions.
Le nouveau chef de gouvernement a déclaré jeudi que son ministre de l’intérieur déciderait de l’avenir de M. Gaspar après avoir pris connaissance des faits.
« Je n’ordonnerai jamais au ministre de l’intérieur de limoger le chef de la police car je prouverais ainsi que la police reste sous l’autorité du pouvoir politique, ce que je rejette totalement », a déclaré M. Pellegrini à la presse.

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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ La justice estime que l’ex-président catalan ne pourra être extradé pour rébellion, mais qu’il pourrait l’être pour détournement de fonds publics.
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La justice allemande remet Puigdemont en liberté sous contrôle judiciaire

La justice estime que l’ex-président catalan ne pourra être extradé pour rébellion, mais qu’il pourrait l’être pour détournement de fonds publics.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 19h56
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 03h38
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance) et 
Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        


Pour Carles Puigdemont, c’est une grande victoire sur la justice espagnole. Non seulement le tribunal régional supérieur du Schleswig-Holstein n’a pas retenu, jeudi 5 avril, l’accusation de « rébellion » figurant dans le mandat d’arrêt européen (MAE) que l’Espagne avait émis contre le dirigeant indépendantiste catalan.
Mais, contrairement à ce qu’avait requis le procureur général de ce Land frontalier du Danemark, les juges ont autorisé sa mise en liberté, à condition qu’il se présente une fois par semaine à la police de Neumünster, la ville où il a été placé en détention le 25 mars, moyennant le versement d’une caution de 75 000 euros.
La somme a été payée quelques heures plus tard par la puissante association indépendantiste ANC, qui a déjà déboursé plus de 4 millions d’euros pour acquitter les cautions des différents responsables poursuivis par la justice espagnole.
« On se voit demain. Merci à tous », a posté dans la soirée l’ancien président de la Catalogne sur son compte Twitter, alors que les sympathisants indépendantistes inondaient les réseaux sociaux de messages de célébration euphoriques.
Absence de violence
La décision des juges allemands est capitale pour l’avenir judiciaire de M. Puigdemont. Certes, ceux-ci ont estimé que rien ne s’opposait à son extradition. Mais, en ne retenant contre lui que l’accusation de « détournement de fonds publics », l’Allemagne prive Madrid de la possibilité de le juger pour « rébellion », un crime passible de trente ans de prison.
Les magistrats du Schleswig-Holstein ont tenu compte des arguments développés par les avocats de M. Puigdemont ainsi que par un certain nombre de juristes allemands et espagnols, pour qui cette accusation ne pouvait être retenue en raison d’absence de violence dans les actes reprochés à ce dernier.
« Nous sommes très heureux pour notre client », ont déclaré, jeudi soir, les conseils catalans de M. Puigdemont, se félicitant que la justice allemande ne retienne pas le chef « scandaleux » de « rébellion ». « En Allemagne, il y a une justice », a quant à lui réagi Josep Costa, premier vice-président du Parlement régional, sur Twitter, tandis que le président de la Chambre régionale, Roger Torrent, demandait la « fin de la persécution politique ».
La décision de la justice allemande est un sérieux revers politique et juridique pour Madrid. Le gouvernement de Mariano Rajoy a cherché à la minimiser, en assurant dans une note envoyée à la presse qu’il « respecte les décisions des tribunaux, qu’elles lui plaisent ou pas », et qu’il est « convaincu que la justice espagnole adoptera les mesures les plus adéquates pour veiller au respect des lois du pays ».

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Néanmoins, la stratégie qu’il a adoptée contre les séparatistes, consistant à compter exclusivement sur la justice pour régler un conflit de nature avant tout politique, ne cesse de se retourner contre lui.
Non seulement les indépendantistes ont maintenu la majorité absolue au Parlement catalan lors des élections régionales imposées par Madrid en décembre 2017, mais les poursuites lancées contre les anciens dirigeants catalans répartis en Belgique, en Suisse, en Ecosse et en Allemagne leur ont permis de poursuivre un de leurs principaux objectifs : internationaliser le conflit.
Malversation de fonds
La suite de l’histoire reste néanmoins incertaine. En théorie, il revient maintenant au parquet du Schleswig-Holstein de donner son feu vert à une extradition. Une décision contre laquelle M. Puigdemont pourrait toutefois tenter de s’opposer en déposant un recours auprès de la Cour constitutionnelle de Karlsruhe.
Il est également possible que le juge du Tribunal suprême qui instruit l’affaire catalane, Pablo Llarena, préfère retirer le mandat d’arrêt européen, plutôt que de voir limiter les chefs d’accusation contre celui qui est considéré comme le principal instigateur de la tentative de sécession d’octobre 2017 à une « simple » malversation de fonds, passible de huit ans de prison.
« Si M. Puigdemont est remis uniquement pour ce délit, il serait paradoxal de juger les autres inculpés pour rébellion et leur chef pour malversation », souligne en effet Ignacio Gonzalez Vega, porte-parole de l’association de magistrats progressistes Juges pour la démocratie. « Puigdemont reste inculpé pour des délits graves pour avoir dynamité le statut d’autonomie catalan et la Constitution espagnole, a estimé quant à lui Carlos Carrizosa, porte-parole du parti unioniste Ciudadanos. Les politiques ne peuvent pas agir en toute impunité. »
A l’inverse, les proches de M. Puigdemont ont célébré la nouvelle en sabrant du cava, le « champagne » catalan. Et le parti séparatiste d’extrême gauche CUP a demandé de soumettre de nouveau sa candidature au vote du Parlement catalan, afin qu’il soit reconduit à la tête de la « République catalane ». Le 1er mars, il y avait renoncé après la décision du Tribunal constitutionnel de l’obliger à se rendre physiquement à Barcelone et de comparaître en premier lieu devant le juge.

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                En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes



Dans un premier temps, les indépendantistes entendent toutefois continuer dans la voie explorée ces derniers jours : présenter de nouveau la candidature de l’ex-président de l’ANC Jordi Sanchez. Depuis le 23 mars, ce dernier se sent conforté par la décision du Comité des droits de l’Homme des Nations unies qui a considéré comme recevable sa plainte contre Madrid pour atteinte à ses « droits politiques ». L’objectif de la candidature de M. Sanchez est de « faire grossir le dossier judiciaire » contre l’Espagne, explique le responsable de la communication du parti Ensemble pour la Catalogne, Jaume Clotet, qui ne doute pas que la justice espagnole s’opposera de nouveau à son investiture. La guerre des nerfs entre Madrid et les indépendantistes catalans est partie pour durer.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.
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L’ONU s’inquiète de la « situation inhumaine » des migrants dans le nord de la France

Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
   





                        


Trois experts des droits humains de l’ONU se sont alarmés, mercredi 4 avril, des conditions de grande précarité dans lesquelles vivent des centaines de migrants dans le nord de la France et exhortent Paris à faire « davantage » pour leur fournir eau et abris d’urgence.
« Les migrants et les demandeurs d’asile situés le long de la côte du nord de la France et ceux qui ne peuvent pas être accueillis dans le gymnase de Grande-Synthe vivent une situation inhumaine », a consigné dans un communiqué Léo Heller, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits à l’eau potable et à l’assainissement. « Ils logent dans des tentes, sans toilettes, et se lavent dans des eaux polluées d’une rivière ou d’un lac », a-t-il rapporté, estimant que « des efforts ont été faits », mais « qu’ils ne sont pas suffisants ».
« Nous sommes préoccupés par les politiques migratoires toujours plus rétrogrades et les conditions insalubres dans lesquelles vivent les migrants », a de son côté déclaré le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, Felipe González Morales, cité dans le communiqué. « Les migrants, indépendamment de leur statut, ont des droits humains, sans aucune discrimination (...). En les privant de leurs droits (...), la France viole ses obligations internationales en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

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« Arrêter le harcèlement des bénévoles et membres des ONG »
MM. Heller et Gonzales Morales, auxquels s’associe Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, lancent également « un appel à l’action pour arrêter le harcèlement et l’intimidation des bénévoles et (d)es membres des ONG qui fournissent une aide humanitaire aux migrants ». « Ils exhortent la France à honorer ses obligations et à promouvoir le travail essentiel des défenseurs des droits de l’homme », conclut le communiqué.
Selon les estimations citées par les experts, quelque « neuf cents migrants et demandeurs d’asile vivent à Calais, trois cent cinquante à Grande-Synthe, et un nombre inconnu dans d’autres régions de la côte nord de la France vive sans accès à des abris d’urgence et sans accès régulier à l’eau potable ».

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                Comprendre la crise des migrants en Europe en cartes, graphiques et vidéos






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Jean-Marie Le Pen rejoint un parti européen néofasciste

Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h04
   





                        



   


L’eurodéputé Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du Front national (FN), a rejoint le parti européen néofasciste Alliance pour la paix et la liberté (APF, Alliance for Peace and Freedom).
« Nous accueillons Jean-Marie Le Pen à un moment de changements révolutionnaires en Europe – notre guide et notre leadeur pour les luttes et les victoires à venir ! », a félicité l’APF dans un communiqué.
Cette formation politique, dont les élus siègent au Parlement européen comme non inscrits, compte dans ses rangs le parti néonazi allemand NPD, le parti néofasciste italien Forza Nuova, qui s’est allié à la Ligue du Nord aux législatives du début de mars, et le parti radical d’extrême droite tchèque (DSSS, Parti ouvrier de justice sociale).
L’eurodéputé âgé de 89 ans, qui ne se représentera pas aux élections européennes l’an prochain, rejoint donc un mouvement distinct de celui auquel est affilié le FN, le groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent également les élus de la Ligue du Nord italienne et du FPÖ autrichien.
Le cofondateur et ancien président du FN (1972-2011) a été exclu par sa fille Marine du FN pour ses propos polémiques répétés sur la Shoah. Il a également perdu la présidence d’honneur au congrès du parti d’extrême droite en mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.
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Lancement du projet franco-allemand d’avion de combat du futur

Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h27
    |

            Isabelle Chaperon et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

La France et l’Allemagne doivent annoncer jeudi 5 avril, par la voix de leurs ministres de la défense, Florence Parly et Ursula von der Leyen, réunies à Paris, le lancement du programme conjoint de « système de combat aérien du futur ». Ce « SCAF » qui pourrait comprendre drone de combat ou de surveillance, avion optionnellement piloté, avion ravitailleur, ou tout autre matériel, est stratégique. Il doit préparer, à l’horizon 2040, la succession des deux avions de chasse nationaux : Rafale, d’un côté, et Eurofighter Typhoon, de l’autre.

Cette première étape, a assuré mercredi l’entourage de Mme Parly, sera matérialisée par la signature d’un document « d’expression du besoin » (« High level command operational requirement document »), avalisé par les états-majors des deux Etats, lors du salon aéronautique ILA 2018 de Berlin, qui se tiendra du 25 au 29 avril. Ce document d’une vingtaine de pages scelle un accord politique autour des besoins communs des deux armées.
Des discussions industrielles difficiles s’annoncent
La feuille de route du programme et ses premières options industrielles devraient être précisées en juin, si tout se passe bien.
« L’objectif est de parvenir dans un an à un contrat commun pour faire travailler ensemble les deux industries. »
La « complicité » des deux ministres, vantée à Paris, ne sera pas de trop pour aborder des discussions industrielles qui s’annoncent difficiles sur la répartition des tâches et le choix des chefs de file. Mais on n’en est pas encore là.

Pour l’instant, industriels allemands et français travaillent chacun de leur côté. L’Allemagne a déjà signé un premier contrat d’études avec Airbus. Côté français, la direction générale de l’armement (DGA) devrait rapidement faire de même avec Dassault (pour l’architecture de l’aéronef), Thales (pour les systèmes embarqués) et MBDA (pour l’armement).
« Conçu pour l’exportation »
On indique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Nous vivons peut-être un moment européen »

Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h03
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. L’Union européenne souffre d’une maladie française. Elle ne s’aime pas. Elle se complaît dans la contemplation de ses faiblesses. Elle ignore ses succès et radote à l’infini sur ses échecs. Pourtant, elle tourne, bien moins mal qu’on ne le dit souvent. Mais porter un regard plus serein sur l’Europe suppose un préalable : sortir de l’exercice de dénigrement permanent que les europhiles affectionnent autant que les europhobes.
Les premiers ont tellement investi dans le projet européen qu’ils débinent l’UE pour ce qu’elle n’est pas : un géant diplomatico-militaire au même titre que la Chine, les Etats-Unis, ou la Russie. Les seconds la condamnent pour les choix faits par les gouvernants démocratiquement élus de ses membres : économie de marché tempérée (relativement) et libre-échange régulé (moyennement).
Il faut regarder l’UE pour ce qu’elle est d’abord : un marché unique – sans lequel elle n’aurait ni le niveau d’emploi ni le volume d’investissement qui sont les siens – et une zone de droit et de protection des libertés publiques comme il y en a peu au monde. Elle est cela, qui est déjà pas mal, mais pas autre chose, pour l’heure. A cette aune, la dernière édition du rapport Schuman publiée cette semaine, sous la direction de Thierry Chopin et Michel Foucher, dresse un « Etat de l’Union 2018 » (Ed. Marie B, 368 p., 19,90 euros) plutôt optimiste.
Des pathologies actuelles
On dira que c’est l’objet de la Fondation Robert Schuman et du Centre Wilfried Martens, qui assurent cette publication annuelle, de dire du bien de l’Europe. Mais, justement, on trouvera là une manière pragmatique et factuelle de regarder ce qui marche et ne marche pas au sein de l’Union. L’heure n’est plus au romantisme incantatoire que portent les formules creuses trop souvent ânonnées pour parler de l’UE et qu’on devrait s’interdire à jamais. On connaît ce « blabla » stérile, tendance pratiques vaudou, qui va de la nécessité de « refonder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.
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Chantal Mouffe : « Jeremy Corbyn montre la voie à suivre pour la social-démocratie européenne »

Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h04
    |

Chantal Mouffe (Professeure de théorie politique à l'université de Westminster, Londres)







                        



                                


                            

[Les 7 et 8 avril, le Parti socialiste (PS) se réunira en congrès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). A cette occasion, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure sera officiellement intronisé premier secrétaire. Il est arrivé en tête du premier tour le 15 mars, avant que sa victoire ne soit entérinée le 29 mars. Le 13e premier secrétaire du parti prend la direction d’une formation en pleine reconstruction après les lourdes défaites électorales de 2017. Alors que le PS cherche un nouveau souffle, Le Monde, dans ses versions papier et numérique, a donné la parole à différents intellectuels et acteurs politiques pour réfléchir à l’avenir du socialisme au XXIe siècle.]
Tribune. La crise de la social-démocratie européenne se confirme. Après les échecs du Pasok en Grèce, du PvdA aux Pays-Bas, du PSOE en Espagne, du SPÖ en Autriche, du SPD Allemagne et du PS en France, le PD en Italie vient d’obtenir le pire résultat de son histoire. La seule exception à ce désastreux panorama se trouve en Grande-Bretagne, où le Parti travailliste, sous la direction de Jeremy Corbyn, est en pleine progression. Avec près de 600 000 adhérents, le Labour est maintenant le plus grand parti de gauche en Europe.
Comment Corbyn, élu à la surprise générale à la direction du parti en 2015, a-t-il réussi cet exploit ?
Après une tentative de renversement par l’aile droite en 2016, le moment décisif dans la consolidation de son leadership a été la forte progression du Parti travailliste lors des élections de juin 2017. Alors que les sondages donnaient 20 points d’avance aux conservateurs, le Parti travailliste a gagné 32 sièges, faisant perdre aux tories leur majorité absolue. C’est la stratégie mise en place pour ces élections qui donne la clé du succès de Corbyn.
Celui-ci est dû à deux facteurs principaux.
Un manifeste radical
Tout d’abord, un manifeste radical, en phase avec le rejet de l’austérité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
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Des Français toujours plus séduits par les sirènes de la vie lisboète

Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h37
    |

            Marie Charrel (Lisbonne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Friches industrielles, squats et brasseries artisanales : les quartiers populaires de Marvila et Beato, à l’est de la capitale portugaise, ont un parfum de Brooklyn lisboète. Des raves font vibrer le pavé au cœur de la nuit. Dans les entrepôts retapés à la hâte, boutiques vintage et ateliers d’artistes se multiplient.
Fin 2018, une ancienne usine de l’armée sera reconvertie en immense hub réservé aux start-up. C’est ici qu’Anne et Antoine Legrand ont installé Ilegitimo, leur camion à burgers, il y a un mois. « Une effervescence particulière règne dans le coin, c’est un peu magique », explique Antoine, tout en nettoyant ses ustensiles.
Il y a trois ans, ces deux trentenaires lassés de la vie parisienne – elle était avocate, lui travaillait dans la restauration – sont tombés amoureux du Portugal. « Ses paysages, sa culture, sa liberté : en trois semaines, nous avons tout quitté pour nous installer à Lisbonne », racontent-ils. Ils lancent d’abord une activité de traiteur à domicile, Maison Legrand, avant de se diversifier avec le camion et, bientôt, un restaurant. « L’eldorado portugais ? Un cliché si l’on imagine que tout est plus facile ici, assure la dynamique Anne. Nous travaillons comme des fous, les méandres administratifs donnent le tournis, c’est un peu la jungle. Mais nous ne rentrerions pour rien au monde. Ici, on respire. Nous nous sentons plus vivants. »
Changer de cadre, construire une autre vie ou profiter de coûts moins élevés au soleil : de plus en plus de Français viennent poser leurs valises au Portugal. « Le phénomène s’est amplifié, ces deux dernières années », constate Mehdi Benlahcen, conseiller AFE (Assemblée des Français de l’étranger) pour la péninsule ibérique. Le nombre de Français enregistrés à l’ambassade de France est passé, en 2017, de 16 000 à 17 000, et ils seraient plus de 50 000 en tout, si l’on compte ceux non inscrits.
Créateurs d’entreprise et retraités
A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ L’ex-informaticien de HSBC est à l’origine de la fuite de documents révélant l’étendue d’un système de fraude fiscale. Remis en liberté jeudi, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Espagne.
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SwissLeaks : le lanceur d’alerte Hervé Falciani arrêté en Espagne

L’ex-informaticien de HSBC est à l’origine de la fuite de documents révélant l’étendue d’un système de fraude fiscale. Remis en liberté jeudi, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Espagne.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 21h17
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h28
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le lanceur d’alerte franco-italien Hervé Falciani a été arrêté par la police espagnole, à la demande de la Suisse, mercredi 4 avril, alors qu’il s’apprêtait à participer à une conférence sur l’évasion fiscale, la protection des sources et le journalisme d’investigation à Madrid.
Cet ancien informaticien de la banque HSBC Suisse, qui avait dérobé en 2008 des fichiers portant sur 127 000 comptes appartenant à 79 000 clients de 180 nationalités, est à l’origine du scandale des SwissLeaks, qui a mis au jour des pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment massives encouragées par la banque helvète. Mais, en novembre 2015, le Tribunal pénal fédéral suisse l’a condamné par contumace à cinq ans de prison ferme pour « espionnage économique ».
Selon des sources judiciaires citées par l’Agence France-presse (AFP), M. Falciani a été libéré jeudi dans l’attente de l’examen du mandat d’arrêt. Celui-ci a dû remettre son passeport et s’est vu interdire de quitter l’Espagne. Il devra se présenter une fois par semaine devant un tribunal.

        Lire aussi notre portrait :
         

          Qui est Hervé Falciani, le cauchemar de HSBC ?



Son arrestation a provoqué la surprise et l’indignation en Espagne, où il séjourne régulièrement depuis sa première détention, à Barcelone en juillet 2012. A l’époque, la Suisse avait déjà lancé un mandat d’arrêt international à son encontre pour des délits présumés d’« espionnage économique, soustraction d’information et violation de secret commercial et bancaire ».
Le lanceur d’alerte n’avait passé que cinq mois en détention provisoire avant d’être remis en liberté provisoire et d’obtenir le statut de « témoin protégé ». Car après avoir collaboré avec la justice française, italienne et américaine, l’ancien informaticien aide la justice espagnole. Grâce à lui, le fisc a obtenu une liste de 659 évadés fiscaux, ce qui lui a permis de récupérer plus de 250 millions d’euros grâce à des procédures de régularisation.
L’Espagne s’était alors opposée à l’extradition. En mai 2013, l’Audience nationale, le haut tribunal espagnol, a estimé que les activités qu’il a révélées, « constitutives d’infractions pénales », ne peuvent pas bénéficier d’une « protection légitime ». « Nous ne pouvons pas punir ceux qui, observant des délits, les dénoncent et se mettent à disposition des tribunaux », faisait aussi valoir le parquet, opposé à l’extradition car la violation du secret bancaire n’est plus un délit en Espagne depuis 1977.
« Coïncidence »
La justice espagnole devra donc à nouveau trancher sur une possible extradition en Suisse. Mais le contexte a changé. Le mandat d’arrêt qui a donné lieu à l’arrestation de M. Falciani a été envoyé en Espagne le 19 mars, soit deux ans et demi après sa condamnation. Ce réveil tardif de la justice helvète coïncide avec la présence en Suisse de deux dirigeantes indépendantistes catalanes, poursuivies par la justice espagnole.

        Pour comprendre l’affaire :
         

          « SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale



« Cela ne peut pas être une coïncidence : le 20 février, Anna Gabriel [ex-députée de la formation séparatiste d’extrême gauche CUP mise en examen pour désobéissance] s’est réfugiée en Suisse, et un mois plus tard le mandat est lancé contre Falciani », regrette Simona Levi, la porte-parole du collectif d’activistes anticorruption X-Net, avec lequel l’ancien informaticien a collaboré en Espagne. Mme Levi craint qu’il s’agisse d’une « monnaie d’échange ».
Cependant, l’Espagne n’a pour l’instant lancé aucun mandat d’extradition contre Anna Gabriel. A la différence de la secrétaire générale de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Marta Rovira, qui a fui l’Espagne le 23 mars, officiellement pour la Suisse bien qu’elle n’ait pas été localisée. Mise en examen pour « rébellion », un délit passible de trente ans de prison, dans le cadre de la tentative de sécession de la Catalogne du mois d’octobre 2017, elle est l’objet d’un mandat d’extradition.
En France, grâce aux révélations de M. Falciani, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de verser 300 millions d’euros pour échapper à un procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». La banque était accusée d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs.



                            


                        

                        

