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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Deux Palestiniens ont été tués, vendredi 6 avril, par des balles tirées par des soldats israéliens à la frontière entre Israël et Gaza.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Des centaines de personnes étaient descendues dans la rue pour protester contre un accord passé entre Washington et Accra en 2017.
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Compte rendu

Au Ghana, le président dément l’installation d’une base militaire américaine

Des centaines de personnes étaient descendues dans la rue pour protester contre un accord passé entre Washington et Accra en 2017.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-04-06T17:20:19+02:00"

        Le 06.04.2018 à 17h20






    
Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, à Berlin, le 28 février 2018.
Crédits : JOHN MACDOUGALL / AFP


Au cœur d’une polémique qui enflamme le Ghana, le président Nana Akufo-Addo a assuré dans un discours retransmis à la télévision, jeudi 5 avril au soir, que son pays ne signerait pas d’accord avec Washington pour y installer une base militaire américaine.
Le président, au pouvoir depuis un an, a confirmé que les deux pays avaient reconduit un accord de coopération, mais que le Ghana « n’offrait pas de base militaire aux Etats-Unis ». « Ils n’ont jamais fait une telle demande et n’en feront pas », a-t-il garanti, ajoutant qu’il ne serait pas le président qui « ferait des concessions sur la souveraineté du pays ». « Je respecte la mémoire des patriotes, dont les sacrifices nous ont apporté notre indépendance et notre liberté », a-t-il ajouté.

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                Au Ghana, l’accord militaire avec les Etats-Unis contesté dans la rue



Cette annonce arrive au milieu d’une forte contestation populaire, menée par l’opposition, assurant que la souveraineté de ce pays d’Afrique de l’Ouest est menacée face à son allié historique outre-Atlantique. Des centaines de personnes sont descendues dans les rues d’Accra la semaine dernière pour protester contre l’accord militaire passé entre Washington et Accra en 2017.
Des liens culturels historiques
Le président Akufo-Addo a toutefois rappelé les « difficultés pour maintenir la paix » et le besoin de « prudence », alors que ses voisins d’Afrique de l’Ouest (Mali, Burkina Faso, Nigeria, Côte d’Ivoire) ont été la cible d’attentats revendiqués par différents groupes islamistes. Durant les dix dernières années, les Etats-Unis ont étendu leur présence militaire en Afrique dans le but affirmé de stopper la vague islamiste du groupe Etat islamique, de Boko Haram ou des Chabab en Afrique de l’Est.

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                Ghana, le grand bond en avant



Le Ghana, port de départ pendant la traite esclavagiste, garde des liens culturels et historiques importants avec la communauté noire américaine. Pays producteur d’or et de cacao, il est réputé pour être un pays stable dans une région secouée jusque dans les années 1990 par des coups d’Etat et des dictatures militaires.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.
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« L’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne »

Au moment où le Parlement français débat du projet de loi asile-immigration présenté par Gérard Collomb, Thierry Le Roy explique dans une tribune au « Monde » que c’est en fait à Bruxelles que se joue l’avenir de la politique migratoire de l’Union européenne.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h17
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h34
    |

Thierry Le Roy (Président de France Terre d’asile)







                        



                                


                            

Tribune. Les parlementaires français ont commencé à débattre d’un projet de loi « visant à rendre plus effectif le droit d’asile » (« Pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », voir lien PDF). Nous, France Terre d’asile et d’autres associations, le critiquons, parce qu’il risque de rendre moins effectif le droit de recours en matière d’asile, ou parce qu’il ne se soucie pas assez du premier accueil, point faible du dispositif actuel. Nous essayons d’améliorer le projet en suggérant des amendements.
Nous savons pourtant que l’avenir du droit d’asile se joue davantage, désormais, au niveau de l’Union européenne (UE), dont les membres négocient en même temps, le même trimestre, le nouveau « paquet asile ».
Contraire à la convention de Genève
Sur deux points essentiels, au moins, les règlements européens en préparation conditionnent radicalement ce que pourra faire la loi française. Tout d’abord le sort des « dublinés », ces demandeurs d’asile repérés ou enregistrés dans un autre Etat membre.
Ils prennent dans notre système d’accueil et d’hébergement une place telle que le gouvernement fait de leur transfert effectif vers l’Etat membre de « première entrée » en Europe un des principaux objectifs de son projet de loi et de sa politique. Alors que la faillite avérée du système du règlement actuel, dit Dublin III, voue cette politique à un échec annoncé.

C’est dans le projet de nouveau règlement, dit Dublin IV, dont le Conseil de l’UE poursuit la discussion en ce mois d’avril après délibération du Parlement européen, que se situe l’enjeu de la prise en charge de l’asile entre les Etats membres de l’Union.
Autre sujet européen : le sort des demandeurs d’asile qu’on préférerait voir accueillis par des pays tiers, dits de premier accueil ou de transit. Un autre projet de règlement en discussion dans ce « paquet asile » pourrait imposer la notion de « pays tiers sûr » à...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.
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Slovaquie : cinquième vague de manifestations depuis l’assassinat d’un journaliste

Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h57
    |

                            Arthur Carpentier








                        



   


Plus d’un mois après le meurtre par balles du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova, l’attitude du gouvernement slovaque continue d’alimenter le mécontentement d’une partie de la population. Jeudi 5 avril, pour la cinquième fois, des manifestations ont été organisées dans une douzaine de villes de ce pays de 5,4 millions d’habitants. Dans les rues de la capitale, Bratislava, près de 30 000 personnes ont défilé, selon le quotidien SME. Les slogans lancés contre le gouvernement y ont alterné avec les minutes de silence à la mémoire du reporter et de sa fiancée.
« Nous marcherons encore autant de fois que nécessaire pour obtenir ce que nous réclamons », assure Jan Galik, l’un des organisateurs de Pour une Slovaquie décente, le principal mouvement citoyen à l’origine des manifestations. Les précédents rassemblements, les plus importants depuis ceux qui précipitèrent la chute du régime communiste en 1989, avaient déjà réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays.
La démission de Robert Fico, premier ministre et homme fort de la Slovaquie, le 14 mars, n’a pas suffi à calmer la contestation. « Nous nous battrons jusqu’à ce qu’à ce que le chef de la police soit remplacé, avec un nouveau processus de sélection dans lequel le ministre de l’intérieur n’a pas son mot à dire », tonne Dominik. Ce Bratislavien participait à sa quatrième manifestation, et souhaite avant tout que soit élucidé le meurtre du reporter. Avant son assassinat, le journaliste enquêtait sur des liens entre la mafia calabraise, en Italie, et les politiques slovaques.
Mais les revendications d’une partie des protestataires vont au-delà de cette simple demande. « La population veut plus de transparence de la part des institutions politiques, estime Daniela, dans le cortège pour la deuxième fois. C’est un sentiment de frustration qui traverse toute la population. »
« Commencer à rétablir la confiance »
La lenteur de l’enquête alimente la méfiance des manifestants envers des institutions déjà décrédibilisées par les scandales de corruption. Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est traditionnellement accusé d’être soumis au pouvoir politique. Et l’enquête patine : si le parquet estime que le meurtre de Jan Kuciak a probablement été commandité, la police ne semble avoir identifié aucun suspect.
Le chef de la police, Tibor Gaspar, est jusqu’à présent parvenu à se maintenir à son poste, malgré les critiques sur l’efficacité de ses services et les accusations de conflits d’intérêt. Mais sa démission, réclamée par l’opposition et les manifestants, ne semble plus être qu’une question de jours. Le président, Andrej Kiska, un libéral en froid avec le gouvernement populiste de gauche, l’a lui-même évoquée, en faisant une « question cruciale afin de commencer à rétablir la confiance ».

   


La coalition au pouvoir, au plus bas dans les sondages, se satisferait pleinement d’une telle solution, alors que les appels à des élections anticipées se font de plus en plus pressants et que les liens de plusieurs dirigeants avec le crime organisé ont été exposés. Le ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, a servi de premier fusible le 12 mars. Quelques jours plus tard, le premier ministre, Robert Fico, a donc plié à son tour, se résignant à la démission.
Le chef de gouvernement déchu a toutefois obtenu que son successeur soit choisi dans les rangs de son parti (SMER-SD, sociaux-démocrates), et non dans les deux autres partis de la coalition, le SNS (extrême droite) et Most-Hid, formation de la minorité hongroise. Il a surtout écarté la possibilité d’élections anticipées. Une partie de la population voit dans le nouveau premier ministre, Peter Pellegrini, un pantin aux ordres de M. Fico.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.
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L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement », assurent ses médecins

Cet ex-agent double russe est hospitalisé depuis son empoisonnement, aux côtés de sa fille, le 4 mars en Angleterre. « Il n’est plus dans un état critique », selon l’hôpital de Salisbury.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h40
   





                        



   


L’état de santé de Sergueï Skripal « s’améliore rapidement ». C’est ce qu’a annoncé, vendredi 6 avril, l’hôpital où est soigné cet ancien agent double russe, dont l’empoisonnement le 4 mars en Angleterre a déclenché l’une des plus graves crises diplomatiques entre Moscou et les Occidentaux depuis la guerre froide.
Sergueï Skripal « répond bien au traitement, son état de santé s’améliore rapidement, il n’est plus dans un état critique », ont déclaré les médecins de l’hôpital de Salisbury.
L’état de santé de sa fille de 33 ans, Youlia Skripal, elle aussi hospitalisée, s’améliore « quotidiennement », a précisé une médecin, Christine Blanshard. « Elle attend avec impatience le jour où elle pourra sortir de l’hôpital. » La veille, Youlia Skripal s’était exprimée pour la première fois depuis son empoisonnement :
« Je me suis réveillée il y a maintenant plus d’une semaine et je suis heureuse de dire que je me sens de mieux en mieux chaque jour. »

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                Après l’affaire Skripal, le profil bas des Russes de Londres



Confrontation
La Grande-Bretagne accuse la Russie de l’empoisonnement sur le sol anglais de l’ex-agent double russe et de sa fille. Sergueï Skripal avait donné les noms de plusieurs dizaines d’agents russes aux services de renseignement britanniques avant d’être arrêté à Moscou en 2004. Condamné par la justice russe à treize ans de prison en 2006, il avait finalement pu gagner la Grande-Bretagne en 2010, après avoir été échangé contre des espions russes.
Moscou dément fermement ces accusations, qui ont provoqué une grave crise diplomatique et une vague historique d’expulsions croisées de diplomates russes et occidentaux.
La confrontation entre Moscou et les Occidentaux a continué, jeudi, à l’Organisation des Nations unies (ONU), où la Russie a accusé Londres de mener une campagne pour « discréditer » Moscou et « d’accuser sans preuve ». Vendredi, le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a encore accusé Londres de « chercher fébrilement et frénétiquement chaque jour une quelconque confirmation de leur position indéfendable ».

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                La Russie demande des « excuses » à Londres dans l’affaire Skripal






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Comptant 40 millions d’utilisateurs dans le pays, l’application sécurisée avait vu son accès brièvement suspendu lors de la vague de contestation entre décembre et janvier.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Avant les législatives du 8 avril, les médias, contrôlés par le premier ministre, se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.
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En Hongrie, l’Europe apocalyptique vue par « Télé-Orban »

Avant les législatives du 8 avril, les médias, contrôlés par le premier ministre, se sont mis en ordre de bataille : la chaîne publique M1 illustre à longueur de programmes les diatribes du dirigeant souverainiste.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h54
    |

            Jean-Baptiste Chastand (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Bienvenue dans un monde dans lequel les capitales d’Europe occidentale sont à feu et à sang. Un monde dans lequel les Blancs sont devenus minoritaires, écartés pour faire la place aux migrants. Un monde dans « lequel on ne peut même plus prendre le métro en plein jour sans se faire agresser au couteau », où « l’on peut se faire violer sans que la police n’intervienne », et où « les infirmières ne peuvent plus travailler sans se faire agresser sexuellement ».
Ce monde, c’est celui de la télévision publique hongroise. Plus précisément celui de son programme phare, « Ma Este » (« Ma soirée » en hongrois). Diffusé tous les jours sur la première chaîne M1, il est un concentré d’informations angoissantes sur l’immigration et de critiques des partis d’opposition hongrois. Au service de Viktor Orban.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2010, le premier ministre ultraconservateur et ses proches ont progressivement pris le contrôle d’une grande partie des médias du pays. En pleine campagne pour les législatives du dimanche 8 avril – M. Orban brigue un troisième mandat d’affilée –, ils se sont désormais mis en ordre de bataille. Le visionnage de « Ma Este » plusieurs soirs de suite autour du week-end du 10 mars nous a permis de le constater. Le programme a largement mis en avant un « témoignage exclusif » qui a déclenché une polémique jusqu’en Suède.
Aucune vérification
« En Hongrie, on ne veut pas croire les informations concernant les problèmes de sécurité dans les grandes capitales, mais ceux qui vivent là-bas peuvent témoigner des ghettos et des no-go zone qui existent à Paris et Vienne », explique d’abord la présentatrice, en référence à la célèbre formule – démentie ensuite – propagée par la chaîne américaine Fox News après les attentats de Paris.
Le visage d’une certaine Natalie Contessa apparaît à l’écran. Pendant quinze minutes, cette Hongroise qui dit avoir habité plusieurs années en Suède explique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Encore en campagne lundi 2 avril, l’ancien président brésilien a finalement appris, deux jours plus tard, qu’il n’échapperait pas à la prison. Retour sur ces quelques jours qui changent le cours de la politique brésilienne.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

« Quand les marchés financiers s’adaptent à la “méthode Trump” »

Après avoir craint le pire, la Bourse a fini par s’habituer aux déclarations tonitruantes du président américain, explique dans une chronique au « Monde » l’économiste Jean-Paul Betbeze.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 14h15
    |

Jean-Paul Betbeze (Président de Betbeze conseil et membre du Cercle des économistes)







                        



   


La Bourse se met-elle à comprendre Donald Trump ? On le dirait ! La voilà en effet qui remonte, après avoir craint le pire : une guerre des droits de douane entre Etats-Unis et Chine, une guerre qui pourrait mener à la récession mondiale. Le drame ! Aujourd’hui, il semblerait qu’une discussion pourrait se mettre en place entre les deux protagonistes (que de conditionnels !).
Donald Trump avait pourtant commencé très fort, avec 50 milliards de dollars de menaces, 25 % de hausse des droits de douane sur deux produits – l’acier et l’aluminium –, plus des demandes d’ouverture des marchés chinois. La Chine a répondu par une liste de 1 300 produits qu’elle taxerait, elle aussi, de 25 % : une pluie de flèches contre deux fusées ! Mais elle a surtout entendu le message de Trump : il ne s’agit pas de guerre commerciale… puisque les Etats-Unis l’ont perdue, selon Trump lui-même !
Arrêter le dérapage
Dans un tweet mémorable du 4 avril, il explique en effet qu’il ne souhaite pas une guerre commerciale : « nous ne sommes pas dans une guerre commerciale, cette guerre a été perdue il y a des années par les personnes stupides ou incompétentes qui représentaient les Etats-Unis. Maintenant nous avons un déficit commercial annuel de 500 milliards de dollars et un vol annuel de droits de propriétés de 300. Nous ne pouvons laisser ceci continuer ! ».
De fait, des mesures par Donald Trump sont prises non pour faire la guerre mais pour arrêter le dérapage, en attendant la remontée. Il s’agit de renforcer la surveillance des droits de propriété, de réduire le nombre de thésards étrangers (chinois), de pousser fiscalement les entreprises américaines et étrangères à produire plus aux Etats-Unis, sans compter des règles et des contrôles assouplis, notamment en matière d’environnement et de construction.

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La Chine comprend cette logique de rééquilibrage des échanges : sa philosophie profonde n’aime pas les déséquilibres, surtout de cette taille, et moins encore son sens politique. Mais sa riposte est surtout tactique, car tout le monde sait que la discussion va aborder d’autres thèmes : la protection des droits de propriété et surtout les conditions d’implantation des entreprises étrangères. C’est le vrai souci de Donald Trump : permettre aux entreprises américaines de s’installer en Chine, dans le commerce ou la finance notamment, sans lien avec des entreprises locales.
Donc les marchés financiers ont bien aimé les messages du nouveau conseiller économique de Donald Trump, Larry Kudlow. Bien connu des médias, il chroniquait à Fox News [chaîne de télévision américaine conservatrice], il a indiqué que les négociations commerciales entre Etats-Unis et Chine pourraient se conclure bien, la plupart des experts disant que personne ne gagnerait à une montée aux extrêmes, dans une guerre classique. En même temps, les nouvelles « sur le front » de l’Alena, l’accord [de libre-échange] avec les Etats-Unis, le Mexique et le Canada s’annoncent meilleures, de la bouche du premier ministre canadien Trudeau. Et l’on mesure l’étonnante évolution de la Corée du Nord.
La méthode Trump
Au fond, les marchés financiers se disent qu’il y a « une méthode Trump », un double excès de menaces et de protestations d’amitiés, comme on le voit avec la Corée du Nord qu’on veut détruire et dont on veut rencontrer le chef, ou avec la Russie et la Chine, sur un mode mineur bien sûr dans ces deux cas. Et d’ailleurs, Donald Trump agit de même manière avec ses « alliés » européens, de l’Otan, ou avec ses voisins mexicains. Pas d’aides et de protections sans compensations en espèces sonnantes et trébuchantes !
En fait, la base politique de sa démarche est la même : consolider son électorat « dur », mais sa logique est pro-business américain : baisse des charges diverses et des règles, diminution des frais de l’empire américain (Otan ou ONU, mais pas pour l’armée), soutien aux marges des entreprises, et pas d’inquiétude si le dollar baisse – ce devrait être temporaire.

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La logique suivie est double : renforcer la base productive américaine et ses capacités d’exportation. Renforcer la base productive, c’est soutenir l’emploi et pousser à ce que plus d’Américains retrouvent le marché du travail (c’est le grand problème posé par l’addiction aux opioïdes, qui est un drame national et que Donald Trump mentionne fréquemment). Aider à l’export, c’est ouvrir les marchés émergents, notamment chinois, pour permettre des implantations plus pérennes et réduire les déficits extérieurs américains.
Bien sûr, cette politique « America first » peut être jugée à courte vue ou égoïste (son nom l’indique !), mais elle devient de plus en plus lisible par les marchés financiers, qui s’y font. Ils en verront plus tard les limites, politiques au Moyen-Orient ou en Europe, ou même économiques, si l’inflation monte vite aux Etats-Unis. Mais, aujourd’hui, les marchés financiers apprécient d’avoir eu trop peur hier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Une quarantaine d’Etats se réunissent à Paris pour financer l’économie du pays du Cèdre.
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La communauté internationale au chevet du Liban

Une quarantaine d’Etats se réunissent à Paris pour financer l’économie du pays du Cèdre.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h37
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h03
    |

            Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant)








                        



   


Une conférence internationale, en soutien à l’économie du Liban, menacée de banqueroute, s’est ouverte vendredi 6 avril à Paris, sous les auspices du président français, Emmanuel Macron, et du premier ministre libanais, Saad Hariri.
Baptisée CEDRE – Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises – cette réunion à laquelle une quarantaine d’Etats devrait assister vise à financer des chantiers d’infrastructures, tout en poussant à un renforcement des mécanismes de régulation et à des mesures d’ajustement budgétaire. Une urgence dans un Etat miné par la corruption et dont la dette atteint 150 % du PIB, le troisième ratio le plus élevé au monde.
Il s’agit du deuxième exercice de levée de fonds au profit du pays du Cèdre sur une série de trois étalés sur un mois et demi. Il survient après la conférence de Rome du 15 mars, en soutien à l’armée libanaise et avant celle de Bruxelles le 25 avril, en soutien aux réfugiés syriens installés au Liban – près d’un quart de la population locale. Dans l’après-midi du 6 avril, le président français Emmanuel Macron a annoncé que la communauté internationale s’était engagée à accorder plus de onze milliards de dollars en dons et lignes de crédit au Liban. Ils permettront de financer la première partie d’une liste de projets, chiffrés à quelque seize milliards de dollars et échelonnés sur dix ans.
Au sein de la société civile et de l’opposition, la tenue de cette conférence, avatar des grand-messes financières organisées dans les années 1990 et 2000 pour stabiliser le Liban après la guerre civile, suscite de nombreuses critiques. Sa programmation à un mois des élections législatives du 6 mai, les premières depuis 2009, est vue comme un soutien à peine déguisé à la coalition dirigée par Saad Hariri.
« Le Liban va très mal du fait de l’incurie des autorités »
« C’est de la publicité électorale pour le Courant du futur [le parti du premier ministre] qui mise toute sa campagne là-dessus », s’indigne Jean Tawilé, conseiller économique de Samy Gemayel, le chef du parti Kataëb (droite chrétienne), l’une des rares formations restées en dehors du gouvernement d’union. « Reporter la conférence après le scrutin, c’était prendre le risque de l’enlisement, vu que la formation du nouveau gouvernement peut prendre du temps », répond Jacques de Lajugie, chef du service économique à l’ambassade de France à Beyrouth.
Les autorités françaises se félicitent qu’en amont de la conférence, le gouvernement libanais ait réussi à faire passer plusieurs des mesures qui lui étaient instamment demandées. Le reliquat des conventions de financement, agréées lors de la troisième conférence des donateurs de Paris en 2007 mais bloquées du fait des dysfonctionnements de l’appareil d’Etat libanais, a été en partie apuré. Le budget 2018 a été voté par les députés, ainsi que le code de l’eau, un texte en jachère depuis 15 ans. Son adoption envoie un signal positif aux bailleurs, dans la mesure où une grande partie des projets soumis à financement porte sur le secteur hydraulique.
D’autres gestes sont attendus, comme la nomination de responsables à la tête des autorités de régulation des secteurs de l’électricité, des télécommunications et du transport aérien. Des organismes créés au début des années 2000 et qui restent des coquilles vides, faute d’accord entre les partis sur leur mode de fonctionnement. « Les donateurs ne paieront pas pour voir, ils paieront s’ils voient », prévient Jacques de Lajugie.
La société civile, échaudée par l’échec des précédentes conférences à enrayer le pourrissement des institutions libanaises, reste sceptique. « Le Liban va très mal, pas seulement à cause de la crise syrienne, comme le prétendent les autorités, mais en raison de leur propre incurie », fustige Halla Beijani, directrice du mouvement citoyen Kulluna Irada. Elle rappelle que 28 ans après la fin de la guerre, les réseaux d’eau et d’électricité fonctionnent de façon toujours aussi erratique. « Ce n’est pas d’un contrat de confiance entre les bailleurs et l’Etat, dont nous avons besoin, dit Halla Beijani, mais d’un contrat de confiance entre l’Etat et les citoyens. »

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ L’ex-présidente sud-coréenne Park Geun-hye a été condamnée à vingt-quatre ans de prison, vendredi 6 avril, pour abus de pouvoir, corruption et coercition.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.
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En Hongrie, un miracle économique en trompe-l’œil

A l’approche des législatives de dimanche, le bilan des « orbanomics », singulier mélange d’étatisme et de libéralisme, apparaît contrasté. Les performances de l’ex-pays communiste, mises en avant par Viktor Orban, n’effacent pas ses faiblesses.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 13h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h34
    |

                            Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)








                        



                                


                            

Economiquement, la Hongrie se porte plutôt bien. C’est même un argument de campagne du souverainiste Viktor Orban, en campagne pour sa réélection. Au pouvoir depuis 2010, il brigue un troisième mandat à l’occasion des législatives du dimanche 8 avril.
Le premier ministre sortant met en avant les performances réalisées par cet ancien pays communiste de 9,8 millions d’habitants, membre de l’Union européenne (UE) depuis 2004 : un taux de chômage au ras des pâquerettes, le plus bas jamais enregistré depuis la transition de 1989, puisqu’il est passé sous la barre des 4 % en 2017, tandis que le déficit se stabilisait à 2,4 % du produit intérieur brut en 2017 ; et, surtout, une croissance économique de 4 %, avec des prévisions flatteuses pour 2018.
Un « modèle alternatif hongrois » ?
Bref, des chiffres de premier de la classe, que le chef de l’exécutif se targue d’avoir arraché avec les dents : contre vents et marées, dans une ambiance de scepticisme généralisé, c’est lui seul qui a décidé de mettre en place au bulldozer une politique économique non conventionnelle, alliant – pendant que toute la zone euro s’appliquait la rigueur – des nationalisations à des réductions d’impôt. Alors y aurait-il un « modèle alternatif hongrois » ?
Huit ans plus tard, le bilan reste contrasté. Certes, les « orbanomics », comme les ont nommés plusieurs économistes (une politique patriotique et orientée sur la croissance), ont corrigé les excès de la libéralisation, à la suite de l’ouverture aux marchés. Ils ont épargné une nouvelle cure d’austérité à un pays durement frappé par la récession de 2009 (– 6,6 %). Ils ont aussi offert plus de marges de manœuvre à Budapest face à Bruxelles, l’un des buts recherchés par Viktor Orban. Mais, pour le reste, « le gouvernement hongrois doit beaucoup à la reprise de l’économie en Europe, à la faiblesse des taux d’intérêt, à l’abondance de capitaux privés et à la faiblesse du prix du baril », selon...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Deux mois avant le mai parisien, l’extrême gauche étudiante tunisienne se révoltait contre le régime de Habib Bourguiba issu de l’indépendance.
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Lettre de ...

Quand le mars 68 de Tunis devançait le printemps de Paris

Deux mois avant le mai parisien, l’extrême gauche étudiante tunisienne se révoltait contre le régime de Habib Bourguiba issu de l’indépendance.

Frédéric Bobin (Tunis, correspondant)
    



LE MONDE
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        Le 06.04.2018 à 12h38

     •
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        Mis à jour le 06.04.2018 à 14h19






                        

Crédits : DR


                    

LETTRE DE TUNIS
Des étudiants flânent dans la cour au revêtement fatigué, gobelet de café à la main, parfois une cigarette au bout des doigts. Quelques petits palmiers et un bassin viennent adoucir un décor de béton très années 1960. C’est la pause, chacun souffle entre deux cours de sociologie ou de lettres. De la butte où est juchée la faculté des sciences humaines et sociales, on aperçoit côté sud les rives du lac de Sijoumi, où s’agglomèrent les quartiers populaires du Grand Tunis. Mais l’université regarde à l’est, surtout vers la Kasbah, le centre géographique et politique de Tunis, gigantesque esplanade bordée de ministères au seuil de la médina.
En mars 1968, les étudiants de la faculté regardaient tellement vers la Kasbah, ce symbole de l’Etat, qu’ils étaient entrés en révolte, devançant de quelques semaines leurs camarades de Paris. Les enfants du bourguibisme – du nom du « père de la nation » Habib Bourguiba – s’enfiévraient au diapason de la jeunesse mondiale. La dissidence, vite muselée par une farouche répression, marqua durablement la gauche tunisienne et planta des germes de démocratie qui nourrirent la singularité de la trajectoire tunisienne.
Un climat explosif
Un demi-siècle plus tard, la mémoire de l’événement survit pourtant avec peine. « Je ne connais pas grand-chose à cette histoire », soupire Sarah, une étudiante en lettres, cheveux libres et jean déchiré à la mode. « Ici, la majorité des étudiants sont de gauche car ils aiment la liberté », ajoute-t-elle. « De gauche » certes. Mais la filiation avec les aînés de 68 est plutôt lâche. La transmission du souvenir entre générations bute sur une mémoire aseptisée, gommée de ses aspérités par des décennies de dictature, un passif qui ne s’est pas résorbé par enchantement avec la révolution tunisienne de 2011.

Un homme fut au cœur de cette tornade. Khemaïes Chammari, 75 ans, figure emblématique de la gauche tunisienne. Personnage rond...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.
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Peter Kreko : « La Hongrie est le seul pays de l’UE où les “fake news” constituent la narration officielle »

Viktor Orban, le premier ministre hongrois, brigue son troisième mandat d’affilée après les législatives du 8 avril. Souverainiste, eurosceptique, il est, en Europe centrale, la figure de proue de la politique anti-migrants et des théories complotistes, estime  le politologue.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h23
    |

                            Blaise Gauquelin (Budapest, envoyé spécial)








                        



                                


                            
Peter Kreko est le directeur de ­Political Capital, un think tank ­atlantiste et libéral, fondé en 2001, à Budapest. Psychologue social et analyste politique, il travaille sur les théories du complot et les « fake news ». A la veille des législatives du 8 avril, il dresse un bilan de huit ans de pouvoir dans le « laboratoire nationaliste » hongrois. Depuis son retour à la tête du gouvernement en 2010, Viktor Orban, le premier ministre souverainiste, a transformé en profondeur ce pays d’Europe centrale de 9,8 millions d’habitants, membre de l’OTAN et de l’Union européenne. Réélu en 2014, il est candidat à un troisième mandat d’affilée. Il mène une politique migratoire répressive, saluée par l’extrême droite européenne, tout en s’attaquant aux contre-pouvoirs.

Pourquoi Viktor Orban a-t-il fait du rejet de l’immigration la pierre ­angulaire de sa campagne électorale ?
Parce qu’il est parvenu à ce constat : tous ceux qui ont usé d’une rhétorique hostile aux migrations depuis la grande crise de 2015 [des centaines de milliers de migrants s’étaient présentés à frontière hongroise] ont été élus ou réélus dans la région, que ce soit en République tchèque, en Slovaquie ou en Pologne. Ces succès reposent sur un ressort sociologique simple. Pour la première fois, les pays d’Europe centrale et orientale, qui se sont sentis longtemps marginalisés, sont en position de pouvoir à leur tour tenir un discours d’exclusion à l’égard d’autrui. Les préjugés dont sont victimes les migrants et les étrangers sont plus forts dans cette partie du continent qu’ailleurs, du fait de son histoire. C’est aussi ici que le nombre des réfugiés est le plus faible. Cela conduit à ce que l’on pourrait appeler une « xénophobie platonique ». La haine de l’autre s’exprime, alors même qu’il n’est pas là.
Viktor Orban se présente comme le protecteur de la Hongrie, qui serait un bastion chrétien. Est-ce le cas ?
L’influence...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.
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En Italie, la paralysie politique persiste

Aucune coalition n’émerge des premières consultations menées par le président de la République.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h00
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un ballet parfaitement huilé, organisé avec une régularité parfaite à chacune des innombrables crises qui jalonnent la vie de la démocratie italienne : la formation d’un gouvernement commence par la consultation de tous les groupes parlementaires par le président de la République. Mercredi 4 et jeudi 5 avril, les délégations de toutes les formations élues au Parlement ont donc gravi, les unes après les autres, la colline du Quirinal, pour être reçues par Sergio Mattarella sous les ors de l’ancienne demeure des papes et des rois devenue, depuis la proclamation de la République, résidence des chefs de l’Etat italien.
Revenait ensuite à M. Mattarella la responsabilité de trancher. Jeudi soir, il n’a pas attendu longtemps : dans une conférence de presse il a sagement décidé… d’organiser un second tour de consultations la semaine prochaine, laissant à chacun « le temps de réfléchir ».
Quelques jours de plus et un appel à la « responsabilité » suffiront-ils à changer les choses, alors que depuis le soir du 4 mars, qui a vu l’effondrement des partis traditionnels lors des législatives, la situation semble bloquée, aucun schéma de coalition ne s’imposant naturellement ? Rien n’est moins sûr. Mais, dans cette affaire, le timing et la chorégraphie ont leur importance.

Contorsions idéologiques
Comme la constitution d’une majorité impliquera nécessairement, pour les forces entrant au gouvernement, des contorsions idéologiques difficiles à expliquer à leurs électeurs, il convient de ne pas céder trop vite, de ne pas apparaître trop pressé de renier ses promesses. Ainsi apparaît le véritable sens de ces deux journées de rencontres : exposer au public les positions de chacun, réaffirmer ses principes. Pour qu’ensuite les affaires sérieuses puissent enfin commencer.
Jeudi, les deux vainqueurs des élections du 4 mars ont donc exposé, à quelques heures d’intervalle, leurs positions. Premier à s’exprimer, le chef de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ La Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, vient de fêter son deuxième anniversaire au pouvoir. Mais le « Myanmar » semble faire un pas en arrière sur le plan des libertés.
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Liberté d’expression en Birmanie : le triste bilan des deux années au pouvoir de la « Dame »

La Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi, vient de fêter son deuxième anniversaire au pouvoir. Mais le « Myanmar » semble faire un pas en arrière sur le plan des libertés.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h53
    |

                            Antoine Clapik (Rangoun, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Enchaînés, l’un d’eux vociférant devant les caméras de télévision, l’autre tenant dans ses bras sa fillette, les deux accusés viennent de sortir de la salle du tribunal pour la pause de midi : sous l’intense chaleur de midi, Wa Lone et Kyaw Soe Oo, deux journalistes birmans de l’agence Reuters emprisonnés depuis trois mois, progressent entre deux haies de policiers avant de s’engouffrer dans une cellule du tribunal d’Insein, à Rangoun.
Avant de disparaître, Wa Lone a le temps de lancer un message au nouveau chef de l’Etat, Win Myint, tout juste désigné mercredi 28 mars par les députés du Parlement : « Je voudrais demander au président de défendre la liberté de la presse ! »
Le nouveau chef de l’Etat a du pain sur la planche : voir ainsi deux journalistes jugés pour « violations de secrets d’Etat » en vertu d’une loi de 1923 remontant à la colonisation britannique, en dit long sur le niveau de la liberté d’expression dans la Birmanie « démocratique ». Alors que la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d’Aung San Suu Kyi, vient de fêter son deuxième anniversaire au pouvoir, le « Myanmar » (nom officiel du pays) semble curieusement faire un pas en arrière sur le plan des libertés.
L’impression d’idéaux reniés
Aung San Suu Kyi, la dirigeante – déjà sévèrement critiquée à l’international pour sa passivité dans l’affaire des musulmans rohingya chassés au Bangladesh par les terribles exactions dont l’armée birmane est accusée –, aurait-elle à ce point renié les idéaux pour lesquels « Aung San Suu Kyi la dissidente » s’était battue durant des décennies ?
Certains le pensent. « Parfois, on a l’impression que la “lady” prend le parti de l’armée », relève Maung Saungkha, un poète de 25 ans qui est aussi directeur d’Athan (La Voix), une ONG de défense des droits. Le jeune homme, naguère surnommé le « poète du pénis » pour avoir écrit un poème irrévérencieux dans lequel il imaginait s’être fait tatouer sur ses...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’enlèvement survenu à la frontière avec la Colombie suscite une vive émotion en Equateur, confronté aux ex-guérilleros reconvertis dans le trafic de drogue.
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Trois Equatoriens enlevés par des dissidents des FARC

L’enlèvement survenu à la frontière avec la Colombie suscite une vive émotion en Equateur, confronté aux ex-guérilleros reconvertis dans le trafic de drogue.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h41
    |

            Marie Delcas (Bogota, correspondante)








                        



                                


                            

Trois Equatoriens employés du quotidien de Quito El Comercio, enlevés le 26 mars, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs. Le journaliste Javier Ortega, 32 ans, le photographe Paul Rivas, 45 ans, et leur chauffeur Efrain Segarra, 60 ans, ont disparu alors qu’ils étaient en reportage dans le nord de l’Equateur, à la frontière avec la Colombie.
L’armée colombienne a attribué l’enlèvement à Walter Artizala, alias Guacho, ancien guérillero des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche). De nationalité équatorienne, Guacho est un de ces dissidents qui ont refusé d’obéir quand les FARC ont signé la paix avec Bogota et rendu leurs armes. Il dirige aujourd’hui le Groupe armé résiduel Oliver Sinisterra, qui, selon les autorités colombiennes, compte entre 70 et 80 hommes en armes et vit du trafic de cocaïne. Interviewé à la télévision en octobre 2017, Guacho disait en avoir 250.
Dans une vidéo de vingt-deux secondes rendue publique mardi 3 avril par la chaîne de télévision colombienne RCN, les trois otages apparaissent avec une chaîne cadenassée autour du cou. « Monsieur le président Lenin Moreno, notre vie est entre vos mains », implore Javier Ortega, en demandant au gouvernement équatorien de céder aux prétentions des ravisseurs, qui demandent la libération de « leurs trois détenus », sans plus de précision.
Cinq attentats
Le journaliste confirme que ses camarades et lui sont aux mains du groupe armé et prévient que celui-ci entend poursuivre enlèvements et attaques « tant que le gouvernement équatorien n’annulera pas son accord antiterroriste avec la Colombie ».
RCN n’a pas précisé comment la vidéo lui était parvenue. Le gouvernement équatorien a « énergiquement protesté » contre sa diffusion, en considérant que la médiatisation des images était de nature à compromettre l’action des pouvoirs publics et les négociations engagées par le ministre de l’intérieur avec les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
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Les autorités russes demandent à la justice de bloquer la messagerie Telegram

La société a refusé de fournir aux services de sécurité russes ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h23
   





                        



   


Le régulateur russe des télécommunications a saisi la justice russe, vendredi 6 avril, pour demander le blocage de la messagerie Telegram, qui a refusé de fournir aux services de sécurité russes – le FSB – ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.
L’agence de régulation Roskomnadzor a lancé une procédure auprès d’un tribunal de Moscou pour demander de « limiter l’accès » à Telegram, messagerie fondée par le Russe Pavel Dourov et réputée pour offrir un haut niveau de confidentialité.
Le 20 mars, cette autorité avait donné quinze jours à Telegram pour fournir ses clés de cryptage. « Les menaces de bloquer Telegram s’il ne fournit pas les données personnelles de ses utilisateurs n’auront pas de résultats. Telegram défendra la liberté et la confidentialité », avait alors réagi sur Twitter M. Dourov.
L’avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, avait de son côté expliqué sur son compte Telegram que les exigences des autorités étaient « inapplicables » du point de vue technique en raison justement du système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n’a elle-même pas accès à certaines communications.
Mi-octobre, la justice russe avait condamné Telegram à une amende de 800 000 roubles (18 000 euros) pour avoir refusé de coopérer avec le FSB.



                            


                        

                        


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L’hiver de la social-démocratie européenne

Les socialistes français peuvent se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas des cas isolés en Europe.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h14
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 11h15
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                            Service Europe








                        



                                


                            

Dans leur crise, les socialistes français peuvent se rassurer en se disant qu’ils ne sont pas des cas isolés en Europe. Sur tout le Vieux Continent, la social-démocratie connaît actuellement un hiver électoral historique. Sur les 27 pays de l’Union européenne, seuls cinq (Portugal, Suède, Roumanie, Slovaquie et Malte) sont actuellement dirigés par des sociaux-démocrates. Et la situation se dégrade pour cette famille politique : l’Autriche, l’Italie et la République Tchèque ont été perdues ces six derniers mois.
Les sociaux-démocrates participent ­certes à la coalition au pouvoir en Alle­magne, mais dans une position de faiblesse inédite. Après quatre ans de participation à une « grande coalition » avec Angela Merkel, le SPD allemand a réalisé en septembre 2017 son pire score depuis la seconde guerre mondiale, à 20 %. La direction du parti a ensuite longuement hésité sur sa participation au pouvoir, avant de s’y résoudre malgré les divisions internes.
Il y a un an encore, le Parti démocrate italien faisait ainsi figure d’exception. Au pouvoir depuis 2013, le parti semblait solide, malgré les tensions entourant son chef, Matteo Renzi, ancien premier ministre en route – pensait-il – vers la reconquête du pouvoir. Las, depuis les législa­tives calamiteuses du 4 mars, le retour sur terre est cruel. Laminé (à peine 18 % des voix), sans chef – Matteo Renzi ayant dû démissionner – et marginalisé par la droite et le mouvement Cinq Etoiles, le parti paie à la fois ses luttes d’appareil et son éloignement de ses bases populaires.
Pour sortir du marasme, les sociaux-démocrates européens sont à la recherche de nouvelles alliances, quitte à s’éloigner de la « troisième voie » qui avait fait leur succès au tournant des années 2000. Depuis qu’il est dirigé par la figure de l’aile gauche radicale Jeremy Corbyn, le Labour britannique bénéficie ainsi d’une vigueur inédite dans les sondages. En proposant des nationalisations et une politique sociale généreuse,...




                        

                        

