<FILE-date="2018/04/06/19">

<article-nb="2018/04/06/19-1">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Notre journaliste Yann Plougastel, qui l’avait rencontré à de nombreuses reprises, a répondu à vos questions sur le chanteur, mort vendredi à l’âge de 77 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

« Higelin adorait les accidents, les surprises au milieu d’une chanson »

Notre journaliste Yann Plougastel, qui l’avait rencontré à de nombreuses reprises, a répondu à vos questions sur le chanteur, mort vendredi à l’âge de 77 ans.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h33
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h03
   





                        



Jacques Higelin est mort, vendredi 6 avril, à Paris, à l’âge de 77 ans, laissant derrière lui une vingtaine d’albums qui ont marqué la chanson française, et des tubes comme Pars, Champagne ou Tombé du ciel. Notre journaliste Yann Plougastel a répondu à vos questions sur ce chanteur hors norme.

        Lire aussi :
         

                La longue carrière de Jacques Higelin, artiste fantasque et bondissant



Eddie Van Halen : Bonjour, j’ai 26 ans et avoue ne pas bien connaître Jacques Higelin, est-ce le même type de rock français que Johnny Halliday (c’est-à-dire une francisation de musiques anglo-saxonnes à destination d’un public exclusivement francophone) ou cela va-t-il un peu plus loin ?
Pas vraiment, cher Eddie. A cause des paroles largement plus foutraques et lyriques. Mais aussi de la musique, qui n’était pas une adaptation bête et méchante du gros rock américain, mais une sorte de transposition électrique d’une tradition française issue de Brassens, Trenet, Barbara, dont il était d’ailleurs très proche.
De Martinique : J’ai eu la chance de le voir seul sur scène avec son piano. J’étais gamin, 14-15 ans. J’en ai 53 aujourd’hui et je me souviens encore. Son énergie, sa joie exaltée. Il rayonnait et nous emmenait tous ensemble dans ses nuages. Quel fabuleux voyage ! J’aimerais savoir à quand remonte son dernier album ? N’avait-il pas des difficultés à se produire ces dernières années ? Et si oui, pourquoi ?
Son dernier album, Higelin 75, remonte à 2016. Il ressemble aux longues improvisations enfiévrées de ses débuts. Depuis 2014, il n’était pas remonté sur scène. D’abord à cause de problèmes d’audition, puis une profonde fatigue, qui l’empêchait de sortir.
Annie : Savez-vous quelles sont les causes de sa mort ? J’ai entendu qu’il était malade…
Il était malade depuis le mois de juin 2017 et hospitalisé, mais je ne connais pas la nature de sa maladie, qui le handicapait fortement.
Marion : Savez-vous où et quand auront lieu les obsèques, et s’il est possible d’y assister ? Merci.
Daniel Colling, son manager, a fait savoir qu’elles auraient lieu au Père-Lachaise la semaine prochaine, mais nous n’en savons pas plus à l’heure actuelle.
Champagne : J’ai de grands souvenirs de concert avec Jacques Higelin… Etaient-ils aussi improvisés qu’ils en avaient l’air ?
Il y avait effectivement une grande part d’improvisation. Higelin adorait les accidents, les surprises au milieu d’une chanson. Il était capable de rebondir sur une phrase lancée par un spectateur, mais il s’appuyait sur ses chansons déjà écrites. Parfois, sur scène, ses musiciens avaient du mal à le suivre.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le chanteur Jacques Higelin, auteur, compositeur, interprète, pose avec le grand prix du disque que l’académie Charles-Cros vient de lui décerner en mars 1977, à Paris."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Sur le tournage du film « La Bande du Rex », à Paris, le 30 avril 1980."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jacques Higelin (à gauche) serre la main du ministre de la culture, Jack Lang, en décembre 1983, à l'Opéra de Paris, lors d’une cérémonie de remise de prix. L’artiste s'est vu décerner le grand prix de la chanson."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le président François Mitterrand (à gauche) écoute Charles Trenet et Jacques Higelin interpréter en duo « Qu’il est beau le bruit de l’eau », lors de la soirée d’inauguration du Zénith à Paris, le 12 janvier 1984."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jacques Higelin lors d’un concert à la Fête de « L’Humanité », à Paris, le 14 septembre 1986."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jacques Higelin interprète une chanson, le 23 avril 2005 au Printemps de Bourges, lors d'une manifestation de soutien aux otages Florence Aubenas et Hussein Hanoun, alors retenus en Irak."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le chanteur, le 28 septembre 2006 au Bataclan à Paris, où une soirée de parrainage de familles délogées a été organisée par les associations RESF (Réseau éducation sans frontières) et DAL (Droit au logement)."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="En soutien à Ségolène Royal alors candidate socialiste à la présidence de la République, avec Renaud (à gauche), Philippe Torreton (2e à gauche) et Benabar, au stade Charléty, à Paris, le 1er mai 2007."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jacques Higelin et deux de ses enfants : les chanteurs Izia (au centre) et Arthur H, après avoir participé à l’émission « Le Grand Journal » de Canal+, le 19 mars 2010 à Paris."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Lors d’une manifestation de soutien à des travailleurs immigrés clandestins, le 6 juin 2010 devant l’Opéra Bastille à Paris."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Jacques Higelin participe à la campagne White Wave pour protester contre la violence en Syrie, le 17 avril 2012 sur la place du Trocadéro à Paris."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/11

Suivant







Le chanteur Jacques Higelin, auteur, compositeur, interprète, pose avec le grand prix du disque que l’académie Charles-Cros vient de lui décerner en mars 1977, à Paris.

STAFF/AFP
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


Nicolas : Il avait, sur disque et en concert surtout, beaucoup mis en avant ses excellents musiciens. Qui non seulement étaient bons, mais savaient le suivre dans ses délires et improvisations folles. Qui étaient ces merveilleux accompagnateurs et accompagnatrices ? Des réguliers ? Avait-il des musiciennes et musiciens « habituels » avec lesquels il composait, ou qu’il retrouvait en concert ?
Il y a eu de nombreux musiciens qui ont su l’accompagner dans ses délires. Areski, bien sûr, rencontré à l’armée pendant la guerre d’Algérie. Puis Simon Boissezon, un guitariste qui l’a amené au rock. Il faut également citer l’immense Manu, son percussionniste, qui mieux que personne savait entrer dans son monde. Rodolphe Burger, le leader de Kat Onoma, l’a aidé à enregistrer ses derniers disques.
Johnny : Quelles ont été ses influences artistiques ?
Il a commencé par chanter du Maurice Chevalier dans les cinémas de banlieue. Mais c’est surtout Charles Trenet qui l’a influencé. Grâce à lui, il a découvert le swing et le jazz. Il s’est mis à écouter Billie Holiday et les chanteurs de blues… Ensuite le guitariste Henri Crolla l’a ouvert au jazz manouche et lui a appris à jouer de la guitare. Après une période très rive gauche, il s’est mis à des morceaux plus déstructurés, grâce à la fréquentation de Pierre Barouh et de son label Saravah, où il a rencontré l’Art Ensemble of Chicago et d’autres musiciens de free jazz.
pesto : Quel est son meilleur album studio ?
Champagne pour tout le monde et Caviar pour les autres, en 1979, parce que les textes sont d’une élégance folle et les mélodies d’une légèreté enivrante. Beau repaire, en 2013, à mon avis, car il renoue avec le Trenet bondissant de ses débuts. Avec un faible pour Tombé du ciel, en 1988 qui, lui aussi, joue sur l’espièglerie.
Eau : Que pensez-vous de sa collaboration avec Areski et Brigitte Fontaine ?
Ce fut une rencontre essentielle pour lui. Il a fait son service militaire avec Areski et ils ont joué dans la même fanfare. Il se sont ensuite retrouvés dans les cafés-théâtres du Quartier latin à improviser à la Vieille Grille, par exemple, des spectacles sans fin, totalement déconnant.
Ensuite, il a chanté avec Brigitte Fontaine, la compagne d’Areski, des ballades faussement romantiques, qu’il faut écouter au second degré. La folie de Brigitte Fontaine correspondait à ses propres embardées. Ils étaient vraiment complices.
Merci de ce chat émouvant : Avez-vous rencontré Jacques Higelin, et si oui, quel souvenir gardez-vous de l’homme ?
Je l’ai rencontré à de nombreuses reprises. Je le connais depuis 1970, sans doute. Je l’ai d’abord vu sur scène comme beaucoup. Ensuite, je l’ai mieux connu grâce à Nicole, la mère d’Arthur, qui appartenait à la même organisation d’extrême gauche que moi. Nous avons fait des manifs ensemble, où il animait une sorte de fanfare. Je l’ai ensuite interviewé de multiples fois. J’ai plein d’anecdotes, mais là, c’est un peu difficile de tout raconter. C’était une époque plus facile, où tout le monde se rencontrait facilement. En dessous de là où j’habitais, il y avait une partie du groupe Téléphone. D’où des fêtes incroyables avec Jacques ou Dick Annegarn, par exemple.
La dernière fois que je l’ai vu en tête à tête, c’était chez lui à Pantin pendant tout un après-midi. Il neigeait. Nous ne nous étions pas revus depuis quelques années. Je suis parti quand il était au téléphone, pour ne pas le déranger. Il m’a rattrapé dans la rue, m’a embrassé et m’a dit : « Il ne faut plus qu’on laisse passer autant de temps. » Nous avions plein d’amis en commun. Paul, son frère. Et Anne-Marie Paquotte, une journaliste de Télérama, qui est morte voici quelques années et sur qui il avait écrit un hommage bouleversant.
Gustave : A-t-il déjà collaboré musicalement avec ses enfants Arthur et/ou Izia ?
Il a écrit plusieurs chansons sur Izia. Il l’a toujours soutenue. Je me souviens d’avoir vu Jacques à un concert au Bataclan d’Izia. Il était planqué au balcon. Quand le public l’a reconnu et l’a applaudi, il s’est retiré dans l’ombre, en montrant la scène et sa fille. Il était épaté par elle. Ils ont souvent chanté ensemble sur scène.
Même chose pour Arthur, bien sûr.

   


James : A-t-il été source d’inspiration pour différents artistes ?
Sa liberté et sa façon d’être sur scène ont façonné plus qu’une génération de chanteurs et chanteuses. Cali, sans doute, Téléphone aussi… Par sa façon de mettre le rock dans la chanson française en faisant exploser les carcans de la chanson rive gauche. Il a torpillé les rimes faciles en y mettant des beats en béton armé. Sa poésie loufdingue et surréaliste est dans la continuité d’un Trenet, à partir de là, il a ouvert le champ aux autres…
Monalisa : A votre avis, quel serait son héritier aujourd’hui ?
A mon avis, il n’y en a pas, malheureusement. Peut-être Jeanne Cherhal dans un registre un peu différent. Et son fils Arthur H, bien sûr, qui a eu le talent de se faire son propre univers.

        Lire aussi :
         

                Jacques Higelin, chanteur et poète, est mort






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-2">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Dans plusieurs facultés, les équipes chargées de classer les dossiers de candidature s’y opposent, soit par refus de la sélection, soit parce qu’ils estiment ce tri créé par la loi ORE impossible ou inutile.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Parcoursup : ces universitaires qui refusent de trier les candidats à l’entrée en fac

Dans plusieurs facultés, les équipes chargées de classer les dossiers de candidature s’y opposent, soit par refus de la sélection, soit parce qu’ils estiment ce tri créé par la loi ORE impossible ou inutile.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h06
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h03
    |

            Séverin Graveleau








                        



   


La mobilisation contre la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur ne se fait pas que dans les assemblées générales étudiantes et les blocages d’une dizaine d’universités, qui ont fait la « une » ces derniers jours. En coulisses, certains enseignants-chercheurs, minoritaires, espèrent bien être les grains de sable qui enrayeront la machine Parcoursup : ils refusent de classer les milliers de lycéens qui postulent à l’université via la nouvelle plate-forme d’admission post-bac.

        Lire aussi :
         

                Revendications, ampleur... où en est la mobilisation dans les universités ?



Ce tri, instauré par la nouvelle loi orientation et réussite des étudiants (ORE), repose sur l’examen des dossiers des élèves de terminale ou étudiants en réorientation. Il doit servir à départager les candidats dans le cas où ils sont plus nombreux que les places disponibles. Il détermine aussi l’ordre dans lequel les réponses seront données, à partir du 22 mai. Ce classement doit enfin permettre de repérer les candidats auxquels proposer un parcours personnalisé (remise à niveau, licence en quatre ans…).
Lille, Bordeaux, Paris-I, Paris-X, Aix-Marseille ou encore Lyon… En tout, les équipes enseignantes d’une soixantaine de formations, principalement en sciences humaines et sociales, ont voté des motions indiquant qu’ils ne participeront pas à ce classement, selon un décompte de l’association Sauvons l’université. Une position défendue par le Snesup-FSU, syndicat de personnels de l’enseignement supérieur opposé à la réforme.
Les raisons de leur mécontentement, 200 de ces enseignants-chercheurs les expliquent dans une tribune à paraître sur Lemonde.fr. « L’université française n’a pas besoin de trier les candidats, elle a besoin de moyens pour garantir une place à tous les bacheliers dans la formation de leur choix », peut-on lire dans ce document.

        Lire leur tribune :
         

          « Enseignants à l’université, nous refusons d’examiner les dossiers des lycéens »



« Nous ne sommes pas des chasseurs de tête. Que ceux qui ont porté cette réforme l’assument »
Plus globalement, « cette loi met en place les conditions de la mise en œuvre de la sélection, et nous ne sommes pas des chasseurs de tête. Que ceux qui ont porté cette réforme l’assument », explique au Monde Thomas Alam, maître de conférences en science politique à l’université de Lille. Parmi les autres raisons avancées : la faisabilité du classement dans de bonnes conditions. « Nous nous sommes aperçus que le nouveau système, et la fin de la hiérarchisation des vœux par les candidats, avait mis nos formations en tension », explique ainsi Joëlle Perroton, responsable de la licence de sociologie à Bordeaux.
Alors qu’en 2017, 450 candidats en avaient fait leur vœu prioritaire, cette année, 2 750 candidatures non hiérarchisées ont été effectuées, pour 280 places : dans ces conditions, « il est impossible d’évaluer réellement la motivation de l’élève », de lire la lettre de motivation, etc. Alors même que l’équipe enseignante était divisée sur l’idée de sélectionner, elle a voté à la mi-mars contre le classement des candidatures, faute de pouvoir faire « une sélection intelligente et humaine ». Comprenez : une sélection qui ne repose pas seulement sur un traitement automatisé des notes des candidats.

        Lire aussi :
         

                Dans plusieurs universités, la mobilisation contre la réforme se durcit et le climat se tend



D’autres départements estiment enfin inutile, laborieux et coûteux de classer les candidats dans la mesure où, passé le jeu des désistements des candidats ayant préféré d’autres formations, ils pensent avoir suffisamment de place pour accueillir tous les candidats confirmés. Une décision pragmatique, que certaines universités (Pau, Bordeaux Montaigne…) comptent appliquer dans toutes leurs filières qui ont peu de chances d’être in fine en tension.
Certaines équipes ont décidé de ne pas créer de commission d’examen des vœux
Selon les départements mobilisés et les rapports de force locaux, le refus de classer les candidats s’effectue de différentes manières. Certaines équipes ont décidé de ne pas créer les commissions qui doivent examiner les dossiers, ou d’en démissionner. D’autres commissions demandent à classer tous les candidats « premier ex aequo », même si la plate-forme ne le permet pas.
Dernière solution : elles proposent une sorte de « surbooking », en augmentant virtuellement leurs capacités d’accueil jusqu’au nombre de candidatures reçues. « Cela permettrait de contourner techniquement le problème, mais nous savons qu’il y a un risque de recevoir à la fin plus de candidats que ce que nous sommes en capacité d’accueillir », concède Françoise de Barros, responsable du département de sociologie de Paris-VIII, où il a pour l’instant été décidé de ne pas créer de commission d’examen des vœux.

        Lire aussi :
         

                Réforme de l’accès à l’université : mobilisations à Montpellier, Nantes, Bordeaux, Lille et Paris-I



Si comme à Paris-VIII, le dialogue est parfois cordial entre les responsables de formation récalcitrants et les présidences d’université responsables juridiquement du bon déroulement de la procédure, dans d’autres, la tension est parfois prégnante. « On a menacé certaines équipes enseignantes mobilisées de retirer leur formation de la plate-forme Parcoursup s’ils persistaient. Ou bien d’y affecter des candidats [seulement] au moment de la phase complémentaire, sous-entendu avec seulement les jeunes qui n’auraient pas été pris ailleurs… », commente une enseignante-chercheuse membre de l’Observatoire de la sélection universitaire, collectif d’universitaires mobilisés pour « rendre Parcoursup plus transparent ». Ailleurs, comme à Paris-Nanterre, des présidents d’université ont rappelé qu’ils avaient le pouvoir en dernier recours de « désigner » les commissions.
« Tous les candidats devront avoir une réponse le 22 mai. Si des départements refusent de participer, nous prendrons les dispositions pour nommer une commission ad hoc », prévient Lynne Franjié, vice-présidente de l’université de Lille chargée de la formation. Elle estime que seulement trois filières sur les 27 que compte l’université sont concernées, soit un mouvement « très minoritaire ». Elle concède toutefois des « conditions difficiles » de mise en place de la réforme, notamment « en termes de calendrier et de moyens pas à la hauteur ».

        Lire aussi :
         

                « Les violences à la faculté de droit de Montpellier ont pu catalyser la mobilisation étudiante »



Du côté du ministère de l’enseignement supérieur, ce boycott du classement des dossiers, qui demeure marginal, n’est « pas, à ce stade, un sujet de préoccupation majeur ». Et d’affirmer que les universités sont libres d’accepter que certains départements ne classent pas les dossiers, du moment qu’elles s’engagent à accueillir tout le monde…



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-3">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Au cours d’une carrière de plus de cinquante ans, le réalisateur de films d’animation japonais, mort jeudi, laisse en héritage plusieurs chefs-d’œuvre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

« Le Tombeau des lucioles », « Heidi » Cinq œuvres pour redécouvrir Isao Takahata

Au cours d’une carrière de plus de cinquante ans, le réalisateur de films d’animation japonais, mort jeudi, laisse en héritage plusieurs chefs-d’œuvre.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h07
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h00
   





                        


Le Japon a perdu l’un de ses plus grands réalisateurs d’animes. Isao Takahata est mort jeudi 5 avril à 82 ans. Ami et rival d’Hayao Miyazaki, et cofondateur du prestigieux studio Ghibli, ce pacifiste mais aussi défenseur d’un cinéma d’animation exigeant, laisse derrière lui des œuvres remarquables. Voici cinq longs-métrages et séries pour retracer sa carrière.

        Lire aussi :
         

                Mort d’Isao Takahata, réalisateur du « Tombeau des lucioles »



« Le Tombeau des lucioles » (1988)

C’est le grand chef-d’œuvre et probablement le film le plus connu d’Isao Takahata. Sorti en 1988 au Japon et huit ans plus tard en France, Le Tombeau des lucioles raconte comment un jeune garçon et sa petite sœur doivent survivre en plein cœur de la seconde guerre mondiale, après que leur mère a été tuée dans un bombardement de l’armée américaine.
Adaptation du récit autobiographique d’Akiyuki Nosaka, le long-métrage frappe le spectateur par son réalisme. « Ce n’est pas parce que c’est un film d’animation qu’il doit épargner les spectateurs, même les plus jeunes : ils doivent prendre conscience de la réalité. Personne ne me l’a reproché au Japon », expliquait le réalisateur dans une interview en 1995 dans le magazine Positif.
« Mes voisins les Yamada » (1999)

Le huitième long-métrage d’Isao Takahata, sorti en 1999 au Japon et deux ans plus tard en France, tranche avec le style habituel du studio Ghibli. Mes voisins les Yamada raconte l’histoire d’une famille japonaise typique, sous forme de petites saynètes qui découpent le film. Avec humour et poésie, il dépeint le quotidien de ces personnages adorables, de la grand-mère rigolarde à la fillette malicieuse, en passant par le père costume-cravate ou le chien grognon.
Loin de certains Ghibli esthétiquement très léchés, le dessin de Mes voisins les Yamada se veut minimaliste, comme esquissé d’un rapide coup de crayon et de taches d’aquarelle mis en mouvement. C’est qu’il s’agit, en fait, de l’adaptation d’un manga de Hisaichi Ishii, publié au début des années 1990 dans le grand quotidien japonais Asahi Shinbun, sous forme de petits strips. Initialement intitulée Mes voisins les Yamada, la série a finalement été renommée Nono-chan, en référence à la petite fille, qui a gagné en popularité au fil des publications. En France, l’intégrale est disponible chez Delcourt depuis 2009 sous le titre Mes voisins les Yamada.
« Horus, prince du soleil » (1968)
Ce long-métrage des studios Toei sorti en 1968 représente la toute première collaboration entre Hayao Miyazaki et Isao Takahata, qui ouvrira une complicité de plus de cinquante ans.
Horus est un jeune garçon qui vit avec son père à l’écart des villages sans cesse attaqués par des loups. Au gré de ses jeux, il déniche une épée et la rapporte à son père mourant qui la reconnaît : c’est l’épée du soleil. Avant de rendre son dernier souffle, celui-ci lui confie la tâche de délivrer les humains d’un monstre qui terrorise le pays.
Si cette réalisation n’est pas aussi aboutie que celles qui vont suivre dans les années 1980, elle marque en revanche l’histoire de la Toei et de l’animation. Les concepteurs d’Horus ont eu maille à convaincre la Toei, dont le cœur d’activité était de produire des dessins animés destinés aux seuls enfants, de prendre plus de libertés pour imaginer un film moins manichéen, plus psychologique, exigeant et mature.
« Heidi » (1974)

Ses montagnes, ses chèvres, son petit village charmant et son générique sautillant… La première série d’animation réalisée par Isao Takahata est bien connue en France. Heidi, un dessin animé pour enfants de 52 épisodes, a été diffusé sur TF1 à partir de 1978. Il raconte l’histoire d’une petite orpheline de cinq ans, confiée par sa tante à son grand-père, un homme bourru, au passé mystérieux, installé dans un chalet au cœur des Alpes suisses.
Sortie quatre ans plus tôt au Japon, cette série animée compte aussi au générique Hayao Miyazaki, qui a participé au scénario et l’animation. Il s’agit de l’adaptation de l’œuvre de l’auteure suisse Johanna Spyri. Le dessin animé Heidi fait partie d’un vaste programme lancé à l’époque par le studio Nippon Animation, consistant à adapter de grands classiques de la littérature pour enfants. Princesse Sarah, Les Aventures de Tom Sawyer ou encore Les Quatre Filles du docteur March en ont, par exemple, fait partie. Heidi connaîtra un énorme succès, qui attire encore des touristes japonais dans les Alpes suisses.
« Le Conte de la princesse Kaguya » (2013)

La princesse Kaguya est le personnage du Conte du coupeur de bambou, l’un des récits folkloriques les plus anciens de l’archipel et source d’inspiration pour de nombreux mangas à l’instar de Sailor Moon. Connu de tous les enfants japonais, il raconte comment un couple découvre au creux d’une pousse de bambou une enfant minuscule venue de la lune et décide de l’adopter. La fillette grandit très vite et devient une femme d’une grande beauté qui éconduit de nombreux prétendants, préférant rester vivre dans la nature.
Tandis que, la même année, Hayao Miyazaki s’attelle à la réalisation du Vent se lève, son compère et rival Isao Takahata, plus de dix ans après son dernier film se penche sur un patrimoine national. Connu comme le réalisateur qui ne sait pas dessiner, M. Takahata brille ici par sa mise en scène. Le recours à différentes techniques comme l’aquarelle et le fusain offrent à ce récit un cachet époustouflant, qui conduit le film a être nommé aux Oscars en 2015.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-4">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ L’exposition « Artistes & Robots » se penche sur la place de l’intelligence artificielle dans le processus de création artistique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Au Grand Palais, duels et duos entre l’homme et le robot

L’exposition « Artistes & Robots » se penche sur la place de l’intelligence artificielle dans le processus de création artistique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h30
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



                                


                            

« Le timing est vraiment un hasard », assure Jérôme Neutres, co-commissaire avec l’historienne de l’art Laurence Bertrand Dorléac d’« Artistes & Robots ». L’exposition du Grand Palais tombe à pic : ouverte depuis jeudi 5 avril, elle vient prolonger l’annonce par le président français, fin mars, de son plan pour l’intelligence artificielle (IA). « Elle arrive au bon moment, mais ce n’est pas une exposition opportuniste, elle a plutôt mis du temps à être programmée », se défend M. Neutres, également directeur de la stratégie à la Réunion des musées nationaux-Grand Palais.
Un premier dossier axé sur les arts numériques avait d’abord été retoqué par l’institution car jugé « trop pointu, trop marginal ». « Notre chance a été que le débat de société sur l’intelligence artificielle soit devenu prégnant, se réjouit-il. La problématique de l’utilisation de robots à des fins artistiques est devenue un sujet branché. »
Derrière le titre générique d’« Artistes & Robots », l’exposition est traversée par une question simple : un robot peut-il créer une œuvre d’art ? Pour y répondre, le duo de commissaires a imaginé un riche parcours à travers le temps, des années 1950 à nos jours. L’exposition s’ouvre joyeusement sur un film de démonstration du Méta-Matic (1959), sculpture mécanique d’esprit dada de Jean Tinguely : un simple jeton l’active et permet de choisir la couleur des feutres actionnés. On obtient des gribouillages toujours différents, dont plusieurs sont encadrés à côté de l’épileptique machine, aujourd’hui inerte.

Robots animaux ou musiciens
A ses côtés, la première sculpture réellement cybernétique (c’est-à-dire interactive) de l’histoire de l’art réagit aux variations lumineuses et sonores par une sorte de danse : il s’agit de CYSP 1, morceau de patrimoine robotique créé en 1956 par Nicolas Schöffer et tout juste restauré.
C’est à la même époque que les...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-5">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre d’une opération menée au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation de la fibre optique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Fronde en Corrèze après une campagne d’élagage ordonnée par le conseil départemental

Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre d’une opération menée au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation de la fibre optique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h35
    |

            Patricia Jolly








                        



   


Un singulier « facteur » à VTT s’est présenté, vendredi 6 avril, à l’hôtel de Roquelaure, dans le VIIe arrondissement de Paris, pour délivrer au ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, une missive dénonçant le « massacre des arbres » en cours en Corrèze.
Parti le 31 mars de Tulle, Sébastien Birou, membre du collectif des Arboristes grimpeurs pour des interventions respectueuses et raisonnées (AGIRR19), a pédalé plus de 400 km pour interpeller M. Hulot. En son absence, le messager de 48 ans et une petite délégation de défenseurs des arbres ont été reçus durant une heure trente par Pastèle Soleille, ingénieure en chef des ponts, des eaux et des forêts et sous-directrice de la qualité du cadre de vie au ministère. Leur interlocutrice a, disent-ils, « bien noté » les « problématiques ».
L’affaire a débuté en septembre 2017 lorsque, au nom de la préservation du réseau routier et de l’installation – d’ici à 2021 – de la fibre optique par réseau aérien, le président (LR) du conseil départemental, Pascal Coste, a adressé une lettre comminatoire aux 28 000 propriétaires riverains de routes départementales.
L’écrit intimait l’« enlèvement des bois empiétant ou surplombant le domaine public », faute de quoi les travaux seraient exécutés « d’office » par le département qui présenterait alors la facture aux riverains concernés. Dix mille arbres ont déjà été coupés dans le cadre de cette opération prévue en trois phases jusqu’en 2021 sur 4 700 km de routes principalement bordées de chênes, de hêtres et de bouleaux, parfois centenaires.
Spectacle de désolation
Philippe Brugnon, 77 ans, dont l’exploitation se trouve à cheval sur les communes de Goulles et Saint-Bonnet-les-Tours-de-Merle, dans le canton de Tulle, a reçu l’injonction en double exemplaire, et l’a ignorée. Les tronçonneuses n’en ont pas moins œuvré dans son voisinage. « L’une des deux routes menant chez moi ressemble désormais à une zone de combat avec ses troncs coupés à 1 m de hauteur », se désespère-t-il.
Pour économiser des frais d’élagage atteignant parfois plusieurs milliers d’euros, certains propriétaires se sont en effet résignés à l’abattage pur et simple de leurs arbres. « Beaucoup l’ont laissé faire par des forestiers peu scrupuleux qui en ont parfois coupé davantage et se sont rémunérés en emportant le bois », confie M. Brugnon.
Le spectacle de désolation de ces arbres « en drapeau » (amputés de la moitié de leurs branches) ou rasés heurte si profondément l’éthique du « facteur Birou » et d’une quinzaine de ses collègues arboristes-grimpeurs, qu’ils ont fondé le collectif AGIRR19.
S’ils reconnaissent la nécessité « d’enlever certains arbres malades ou dangereux en bord de route », les membres d’AGIRR19 se refusent à travailler dans l’urgence à l’encontre des bonnes pratiques. « S’occuper des arbres, c’est un métier, rappelle Benoît Gillie, 33 ans. Nous avons une formation en biologie, physiologie, architecture et pathologies de l’arbre, nous ne voyons donc aucune raison de blesser des arbres sains qui forment des corridors écologiques et patrimoniaux, et ont des fonctions d’ombrage et de maintien des talus. »
Une pétition en ligne lancée, fin janvier, pour la suspension de la campagne d’élagage a déjà recueilli plus de 26 000 signatures. « C’est la première fois à l’échelle d’un département entier que le pouvoir politique décide de faire élaguer systématiquement et autoritairement tous les arbres appartenant aux riverains en bordure d’une départementale », tempête Louis Dubreuil, 67 ans, paysagiste, membre de la Société française d’arboriculture et conseiller technique de l’Association pour la protection des arbres en bord des routes, qui promet de porter ce contentieux devant la justice si nécessaire.
Réputé pour ses passages en force
Outre le non-respect de l’article L350-3 du code de l’environnement qui a créé, en 2016, un régime de protection spécifique des allées et alignements d’arbres, Antoine Gatet, juriste pour l’association Corrèze environnement, souligne le cadre juridique approximatif dans lequel agît le département.
Les propriétaires riverains n’auraient en effet pas à financer l’opération décrétée par M. Coste. « Le code de la voirie routière impose une obligation d’entretien des routes par le département, or la route, c’est aussi les bas-côtés, les fossés et les talus », explique M. Gatet. Quant à l’élagage destiné à préserver la fibre optique, « il est de la compétence des communes et du département, et relève du code des postes et télécommunications qui prévoit que l’opération doit être effectuée dans le respect de l’environnement et des riverains », dit-il.

   


Selon M. Gatet, l’élagage doit être réalisé « à l’échelle communale ou par tronçons cohérents, en fonction de la présence d’espaces ou d’espèces protégés » et en concertation avec les associations environnementales. Ces dernières, nombreuses, demandent donc un moratoire au département. « Les moratoires sont synonymes d’immobilisme et prétexte à ne rien faire avant d’abandonner l’objectif initial », leur a répondu le « Président Coste » dans un courrier du 5 avril.
A 51 ans, cet éleveur, ancien président du syndicat professionnel Jeunes Agriculteurs et ancien secrétaire général de la FNSEA à la tête du département depuis 2015, est réputé pour ses passages en force. Surnommé le « Bulldozer » par ses opposants, il « assume » le ton « abrupt » de ses courriers, seul moyen, dit-il, qu’ils ne servent pas « à caler les armoires ».
Les résultats sont mitigés. « Sur 12 000 propriétaires concernés par la première phase, environ 4 000 nous ont fait savoir qu’ils élagueraient eux-mêmes, 1 000 ont choisi l’opération groupée proposée par le département, mais plus de 7 000 n’ont pas daigné répondre », a-t-il précisé, agacé, au Monde.
Refus de tout moratoire
Il n’a pas digéré non plus le passage, le 31 mars, du président de la Ligue pour les oiseaux, Allain Bougrain-Dubourg, qui a qualifié l’opération de « grand n’importe quoi » et s’est ému de coupes pratiquées « en pleine période de reproduction ». « Les oiseaux ne sont pas cons, ils vont nicher au cœur de la forêt, loin des routes », se défend M. Coste.
S’il refuse tout moratoire, l’élu a lâché du lest face à la mobilisation. Le 5 avril, dans son courrier aux associations, il s’est engagé à « adapter la méthode », à renoncer aux exécutions d’office de travaux pour 2018 et a promis un « guide des bonnes pratiques de l’élagage ». « On passe du coercitif au contrat de confiance et d’engagement pour atteindre l’objectif d’ici trois ans », martèle-t-il toutefois.
Selon lui, la Corrèze n’est en rien « défigurée » par l’opération qu’il pilote. « Un million et demi d’arbres sont abattus chaque année dans le département pour l’exploitation et la valorisation forestière, et on déplore 10 000 arbres coupés ces six derniers mois ? », feint-il de s’étonner.
Alerté par la lettre de Corréziens « à l’ancien patron de [leur] département », François Hollande, s’attend à être interpellé sur le sujet, le 14 avril, à Tulle où il dédicacera son dernier livre, Les Leçons du pouvoir (Stock, 288 p., 22 euros). Durant son mandat de président du conseil général de Corrèze de 2008 à 2012, l’ancien président de la République a « parfois » eu à régler des « questions d’arbres à traiter » mais il est surpris par l’« ampleur » et le « caractère systématique » du projet de M. Coste. « A moins qu’il y ait des arbres malades ou représentant des risques pour la sécurité, il faut préserver les équilibres et les paysages », a-t-il déclaré au Monde.

        Lire aussi :
         

                L’Ile-de-France lance un programme de protection de ses arbres remarquables






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-6">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Formation, assurance-chômage… : « Il faudra être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme »

La ministre du travail a présenté, vendredi, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Sarah Belouezzane, journaliste au « Monde » qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 16h46
   





                        


La ministre du travail, Muriel Pénicaud, a présenté, vendredi 6 avril, une réforme de la formation, de l’assurance-chômage et de l’apprentissage. Le projet de loi, qui passera en conseil des ministres le 27 avril, est censé sécuriser les parcours des travailleurs, en complément des ordonnances réformant le code du travail, qui ont donné plus de souplesse aux entreprises.
Il est la traduction de plusieurs promesses phares de la campagne d’Emmanuel Macron, comme l’ouverture de l’assurance-chômage aux indépendants et démissionnaires, la transformation du compte personnel de formation (CPF) en droit plus simple et mobilisable sans intermédiaire et la simplification de l’apprentissage.
Sarah Belouezzane, journaliste au Monde qui suit les sujets liés à l’emploi et au social, a répondu à vos questions, vendredi, lors d’un tchat.

        Lire aussi :
         

                Assurance-chômage, formation professionnelle, apprentissage : ce que contient le projet de loi



Cécile : Comment justifier, auprès de Pôle emploi, que l’on cherche du travail (en accord avec nos compétences et notre domaine), si on a accepté un job alimentaire entre-temps et que l’on correspond à leur case « actif » ?
Sarah Belouezzane : Si vous avez accepté un emploi alimentaire, vous n’êtes normalement plus indemnisé et n’avez rien à justifier à Pôle emploi, car ce dernier ne va pas vous sanctionner. S’il y a quand même besoin d’une justification, tout document sera valable : lettre de motivation, e-mail, envoi de CV. La réforme va aussi introduire le journal de bord où normalement vous pourrez renseigner tout ça.
Briçou : Comment l’Etat compte-t-il définir « une offre raisonnable d’emploi » ?
L’offre raisonnable d’emploi sera, désormais, définie lors d’un rendez-vous entre le conseiller et le demandeur d’emploi. Elle sera donc personnalisée et vous pourrez préciser les critères de salaire, de formation, de distance du travail qui vous conviennent. Elle pourra ensuite être revue au fur et à mesure de votre recherche.
Sl Nord : Si aucun accord n’est trouvé, qui aura le dernier mot ?
La question se pose, en effet. Théoriquement, ils doivent tous les deux être d’accord et sont donc obligés de trouver un terrain d’entente. C’est ce qui se passe déjà souvent en pratique, même si le droit encadre bien plus aujourd’hui qu’il ne le fera demain la définition de l’offre raisonnable d’emploi. Il faudra ceci dit être vigilant sur la manière dont s’applique la réforme.
Fred : Qu’est-il prévu concrètement pour « améliorer l’accompagnement » ?
Pour ce qui est des salariés, un financement dédié est prévu pour le conseil en évolution personnelle, qui permettra de discuter avec un spécialiste du sujet de ses perspectives de carrière ou de reconversion, par exemple. Pour ce qui est des demandeurs d’emploi, le gouvernement estime que le journal de bord pourra mieux les suivre, savoir chaque mois ce qui leur arrive et déceler les décrocheurs. Certains ont, cependant, relevé que les conseillers de Pôle emploi n’auraient sûrement pas le temps de lire tous les journaux de bord. L’exécution de la réforme sera donc à suivre.
MLG : Connaît-on le calendrier parlementaire prévisionnel de ce projet de loi ?
Le projet de loi est présenté en conseil des ministres le 27 avril, il devrait ensuite arriver fin mai ou début juin à l’Assemblée nationale. Le gouvernement a l’ambition de tout boucler pour le début du mois d’août.
Maxime : Actuellement, la gestion des fonds de la formation par les partenaires sociaux n’est pas déficitaire. Avec un CPF mobilisable par le biais d’une simple application, comment s’assurer que cette mobilisation des droits ne soit pas supérieure aux cotisations des entreprises ?
Le gouvernement n’a pas été très clair là-dessus. Pour l’instant, il semble simplement compter sur le fait qu’en régime de croisière les cotisations devraient suffire. En clair, qu’il n’y aura jamais plus d’utilisation que de fonds disponibles. Mais la question reste entière, en effet.
Jean : Qu’entend-on par « toucher à la possibilité de cumuler une allocation-chômage et des rendus d’activité » ? Qu’est-ce que cela implique ?
Aujourd’hui, si vous avez suffisamment cotisé et que vous travaillez à temps partiel ou en temps réduit, vous pouvez cumuler les revenus de ce travail et une allocation-chômage partielle. En clair, l’assurance-chômage vous verse un complément. Toucher à cela implique forcément de modifier les règles, et donc potentiellement de baisser l’indemnité en question.
Cyril : On sent poindre le rétropédalage sur l’indemnisation des démissionnaires… Si l’on lit entre les lignes, en gros, il faudra avoir retrouvé un emploi pour pouvoir y prétendre ?
Le gouvernement a, en effet, finalement présenté un dispositif moins ambitieux que ce à quoi on aurait pu s’attendre compte tenu des promesses d’Emmanuel Macron pendant la campagne. Cela dit, il ne faut pas avoir retrouvé un autre travail mais plutôt avoir un projet de création d’entreprise ou de reconversion. Ce projet sera jugé valable ou pas par une commission paritaire (regroupant syndicats et patronat), laquelle donnera son aval pour l’indemnité chômage.
Ansérien : Le nouveau système de formation sera-t-il efficace, selon vous ?
Certains observateurs estiment qu’il s’agit d’une bonne réforme, d’autres qu’elle n’est pas assez efficace. Nous avions fait deux interviews de chercheurs, avec chacun son opinion sur la question.
Pour Stéphane Carcillo, économiste à l’OCDE et enseignant à Sciences Po, le CPF crédité en euros est une « avancée majeure ».

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : « Un système plus équitable », selon Stéphane Carcillo



Pour Michel Abhervé, spécialiste de la formation professionnelle, la réforme du CPF risque d’accroître les inégalités d’accès aux dispositifs.

        Lire (édition Abonnés) :
         

          Formation professionnelle : le CPF en euros est « une mesure faite pour les CSP + »



Grana : Qu’en est-il des OPCA et autres organismes collecteurs ? Sont-ils amenés à disparaître, tout comme certaines formations (prépa concours IDE…).
Les organismes paritaires collecteurs agréés (OPCA) ne collecteront plus les contributions des entreprises pour la formation professionnelle, cette tâche sera désormais dévolue aux URSSAF. Les OPCA ne vont pas disparaître pour autant, assure le gouvernement ; ils vont, en revanche, changer de mission : ils vont aider les entreprises à gérer les évolutions des compétences de leurs salariés.
Sl Nord : Ce projet de loi a été soumis aux partenaires sociaux, y aura-t-il des marges de négociation ?
Le projet de loi a été soumis jeudi au Conseil d’Etat et aux organisations patronales et syndicales. C’est au Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que la bataille de la modification se jouera désormais puisque les parlementaires pourront soumettre et, le cas échéant, voter des amendements au texte.
KelkUn : Est-il possible d’utiliser le compte formation (DIF et autres) pour rembourser l’abonnement à certains sites Web de formation tels que www.pluralsight.com ?
Si ce sont des organismes agréés, la réforme le permettra.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-7">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ A la fierté d’appartenir à une communauté, autrefois très forte, a succédé l’abattement de devoir affronter le « SNCF bashing ». Reportage à Sélestat et à Somain.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


La SNCF en héritage : des familles de cheminots racontent la fin d’un monde

A la fierté d’appartenir à une communauté, autrefois très forte, a succédé l’abattement de devoir affronter le « SNCF bashing ». Reportage à Sélestat et à Somain.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h59
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 13h12
    |

            Philippe Jacqué (Sélestat (Bas-Rhin), Somain (Nord), envoyé spécial)








                        



                                


                            

C’est un sentiment d’incompréhension, de lassitude, voire de dégoût. Depuis trois mois, le « SNCF bashing » n’a cessé de s’intensifier. « Quand je me suis rendue à la médiathèque, il y a trois semaines, j’ai été agressée parce que j’étais cheminote », confie, encore interloquée, Séverine Jernasz, 38 ans, installée près de Strasbourg. « Même les gamins s’invectivent dans la cour de l’école à ce sujet ! », note son frère, Gilles Dentonvill, 33 ans, commercial et syndicaliste UNSA à la SNCF. Leur père, Denis, 62 ans, également de la Grande Maison, n’en revient pas : « En quelques années, l’image du chemin de fer s’est dégradée à grande vitesse ! » 
A Somain, ancien fief cheminot du nord de la France, c’est le même constat, amer, pour la famille Poulain-Tosolini. « Quand quelqu’un râle contre les retards à la SNCF ou contre les cheminots, ça bout littéralement à l’intérieur », se crispe Claudette Poulain, 63 ans, petite-fille, fille, femme et mère de cheminot ! « Dans les années 1960 ou 1970, c’était une fierté d’être cheminot. Cette profession était respectée. Aujourd’hui, nous faisons face à un vaste mépris », peste Christian, 63 ans, son mari, conducteur de fret à la retraite.
L’extinction du statut pour les nouvelles recrues, qui fait partie de la réforme ferroviaire voulue par le gouvernement, provoque l’abattement : « On pouvait le revoir [le statut], pourquoi y mettre fin ? s’interroge, dépité, Fabian Tosolini, 39 ans, cheminot désormais détaché à la CFDT. Notre statut, ce n’est pas seulement un épais livre de règles, c’est une partie de notre identité ! » « C’est ce qui nous relie les uns les autres, renchérit Gilles Dentonvill. En Alsace, dans le Nord, en Bretagne ou ailleurs, nous sommes des cheminots avec les mêmes droits et devoirs. Et le statut est la garantie de cette équité. » 
Les « seigneurs du rail »
Quand le chemin de fer coule...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-8">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Avant même le début de la mobilisation, Israël avait prévenu que les consignes de tir données à ses soldats le 30 mars resteraient les mêmes ce vendredi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 05/04/2018
Découvrir l’application


                        

Manifestation à Gaza : cinq Palestiniens tués et 400 blessés par des soldats israéliens

Avant même le début de la mobilisation, Israël avait prévenu que les consignes de tir données à ses soldats le 30 mars resteraient les mêmes ce vendredi.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 04h39
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h48
   





                        



Cinq Palestiniens ont été tués et plus de 400 blessés par des soldats israéliens lors de protestations vendredi 6 avril près de la frontière entre Gaza et Israël, une semaine après une journée particulièrement meurtrière lors de manifestations similaires.
Le ministère de la santé à Gaza a indiqué que cinq Palestiniens avaient été tués par des tirs de soldats israéliens, dont un adolescent de 16 ans. Plus de quatre cents ont été hospitalisés après avoir été blessés par des tirs de balles ou de gaz lacrymogènes, a-t-il ajouté.
Nouvelle vague de manifestations
Des milliers de Palestiniens ont pris part à une nouvelle vague de manifestations le long de la frontière, dans le cadre d’une protestation demandant le retour des réfugiés palestiniens sur les terres d’où ils ont été chassés ou qu’ils ont dû fuir en 1948, lors de la création de l’Etat hébreu. Ils réclament également la fin du blocus de Gaza par Israël.
Selon l’armée israélienne, environ 20 000 Palestiniens se sont rassemblés près de la frontière, notamment à l’est des villes de Khan Younès et de Gaza. Certains ont pris part à des heurts et ont « tenté d’endommager et de franchir la barrière de sécurité sous un écran de fumée créé par les pneus enflammés ». Des engins explosifs et des cocktails Molotov ont également été lancés par les manifestants, a ajouté l’armée en soulignant que ses forces ripostaient « avec les moyens anti-émeutes et par balles, conformément aux règles d’engagement ».
Notre correspondant en Israël, Piotr Smolar, était sur place :

Côté israélien de la frontière de #Gaza avec l’armée. Au loin, des pneus sont brûlés par les manifestants. Peu de s… https://t.co/4BJxMJ4igK— piosmo (@Piotr Smolar)


require(["twitter/widgets"]);

En prévision d’une nouvelle mobilisation, Israël avait prévenu jeudi que les consignes de tir données à la frontière avec la bande de Gaza, le 30 mars, resteraient les mêmes.
L’émissaire des Etats-Unis pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, a de son côté lancé une mise en garde aux manifestants, leur demandant de « rester en dehors de la zone tampon de 500 mètres » et de ne « pas s’approcher de la barrière de la frontière de quelque manière que ce soit ». « Nous condamnons les dirigeants et les manifestants qui appellent à la violence ou envoient des manifestants – y compris des enfants – vers la barrière, sachant qu’ils pourraient être blessés ou tués », a ajouté le responsable dans un communiqué à la tonalité extrêmement ferme.

        Lire aussi :
         

                La « marche du retour » dans la bande de Gaza, un tournant stratégique pour le Hamas



L’ONU appelle à la « retenue maximale »
Les organisateurs ont fait savoir qu’ils tenteraient d’empêcher les petits groupes de protestataires qui voudraient s’approcher de la barrière. Ces derniers jours, les jeunes Palestiniens ont collecté des pneus dans le but de les faire brûler pour ne pas être vus distinctement par les tireurs israéliens.

   


La journée du 30 mars a été la plus meurtrière depuis la guerre en 2014 entre Israël et le mouvement islamiste Hamas, qui gouverne Gaza. Malgré les critiques des Nations unies (ONU) et de l’Union européenne (UE), qui ont réclamé une « enquête indépendante » sur l’usage par Israël de balles réelles, les responsables de l’Etat hébreu ont refusé de modifier les consignes de tir pour les manifestations prévues après les prières de vendredi.

        Lire aussi :
         

          Autopsie d’une répression meurtrière à Gaza



« S’il y a des provocations, il y aura une réaction des plus dures, comme la semaine dernière (…). Nous restons sur la même ligne, avait prévenu à la radio publique le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman. Nous n’avons pas affaire à une manifestation, mais à une opération terroriste. »
L’envoyé spécial de l’ONU pour le Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, a de son côté appelé les forces israéliennes à la « retenue maximale » et les Palestiniens à éviter les frictions. Le bilan des morts s’est alourdi, jeudi. Un Palestinien a été tué lors d’un raid aérien israélien dans la bande de Gaza et un autre, grièvement blessé le 30 mars, est mort, portant à vingt le nombre de victimes depuis vendredi.
Des dizaines de milliers de Palestiniens avaient afflué, il y a une semaine, près de la barrière séparant Israël de Gaza, au premier jour de « La marche du retour », qui doit durer six semaines.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-9">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Encore en campagne lundi 2 avril, l’ancien président brésilien a finalement appris, deux jours plus tard, qu’il n’échapperait pas à la prison. Retour sur ces quelques jours qui changent le cours de la politique brésilienne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-10">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Très attendu, l’équipage Citroën 9 fois champion du monde Sébastien Loeb-Daniel Elena abandonne dès la deuxième spéciale, trois mois après leur retrait du Dakar.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Rallye : pas de miracle pour Loeb sur le Tour de Corse

Très attendu, l’équipage Citroën 9 fois champion du monde Sébastien Loeb-Daniel Elena abandonne dès la deuxième spéciale, trois mois après leur retrait du Dakar.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h47
    |

            Catherine Pacary








                        


Abandon, déjà, abandon encore. Les fans de rallye attendaient depuis des mois le retour de Sébastien Loeb et Daniel Elena, neuf fois champion du monde (2004-2012) sur le Tour de Corse, qui se court jusqu’au 8 avril. Las, 400 mètres après le départ de la 2e spéciale – sur les 12 au programme – reliant Piedriggigio à Pont de Castirla, le pilote a perdu le contrôle de sa Citroën C3, vendredi 6 avril dans la matinée.
La voiture s’est encastrée dans un talus avant d’échouer dans un fossé, d’où l’équipage, même aidé des spectateurs, n’a pu l’extraire. « Ça fait trop chier, je suis dégoûté. Sortir dans la deuxième spéciale avec un pauvre truc comme ça, c’est frustrant », déclarait Sébastien Loeb à L’Equipe en début d’après-midi, alors que l’annonce officielle de l’abandon se faisait attendre. Et pour cause : si le pilote a échoué, le produit marketing a d’ores et déjà rempli son contrat.

Sébastien Loeb impuissant à côté de l’auto au fond d’un trou : l’image rappelait une autre voiture du duo Loeb-Elena, la Peugeot 3008 DKR ensablée au fond d’un creux dans les dunes péruviennes. L’accident avait contraint les deux hommes à abandonner le Dakar le 10 janvier, avec pour différence notable que Daniel Elena n’est cette fois-ci pas blessé. C’est à partir de cet échec en rallye-raid que l’Alsacien a décidé de tenter son retour dans le championnat du monde des rallyes (WRC), uniquement mû par le plaisir de retrouver ses sensations de conduite. Un pari fou qu’il était en passe de pouvoir réussir, deuxième à l’issue de lapremière spéciale, derrière la Ford Fiesta M.Sport du quintuple champion en titre Sébastien Ogier.

        Lire aussi :
         

                Dakar : abandon de Sébastien Loeb



La motivation de Citroën à faire courir à nouveau celui qui lui a apporté 9 couronnes successives est différente. « Il ne faut pas oublier que le sport automobile est pour nous un outil marketing, expliquait Linda Jackson, directrice de Citroën, au magazine Auto Moto en janvier, et que nous en attendant un retour sur investissement. » Le rallye est la deuxième audience mondiale derrière la Formule 1, avec l’avantage d’être plus familial, plus populaire et surtout de montrer des voitures en course proches de celles mises en vente chez les concessionnaires.
« La finalité est que l’on parle de nous »
« Le marketing et la communication sont la raison d’être de notre engagement dans la compétition, confirmait au Monde Pierre Budar, patron de Citroën Racing le 5 avril. La finalité est que l’on parle de nous. Quand vous avez un pilote de la notoriété de Loeb, cela donne une surexposition. » Troisième sur 4 au classement constructeur, avec une première voiture en 10e place vendredi, ce n’est en effet pas par ses performances que Citroën pouvait briller cette année. Les résultats sportifs ne sont qu’un « plus » éventuel, confirmait M. Budar.

   


Pierre Budar a pris à nouveau la parole, vendredi matin, pour indiquer que Sébastien Loeb avait probablement été surpris par ses pneus froids, ce qui expliquait qu’il n’ait pu maîtriser la trajectoire de la voiture pourtant à allure modérée. Le second pilote de l’équipe, Kris Meeke s’est également exprimé sur WRC+ juste après l’accident : « Désolé pour Seb, mais le rallye continue. »
Le constructeur français n’avait alors pas l’intention d’en rester là. Dans l’entourage de l’équipe, on laissait entendre que le mythique équipage pourrait reprendre le départ samedi 7 avril dans la catégorie inférieure, en WRC2, au volant de la toute nouvelle C3R5, lancée au moment opportun par la marque aux chevrons – une décision confirmée en fin d’après-midi. Et tant pis pour le pilote Stéphane Lefebvre jusque-là au volant. On ne lâche pas si vite un produit marketing comme Loeb.

        Lire aussi :
         

                Tour de Corse : l’intrusion des caméras embarquées






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-11">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Au menu : explorer Mars avec des robots abeilles, débat sur la formation de neurones chez l’adulte, l’effet d’une bombe atomique sur votre ville, etc.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-12">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Franck Bauer, père de l’artiste Axel Bauer, faisait partie de la petite équipe de journalistes français qui se relayaient sur les ondes de la BBC pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

« Les Français parlent aux Français » : Franck Bauer, la dernière voix de Radio Londres, s’est éteinte

Franck Bauer, père de l’artiste Axel Bauer, faisait partie de la petite équipe de journalistes français qui se relayaient sur les ondes de la BBC pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 18h15
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 18h48
   





                        



   


« Ici Londres… Les Français parlent aux Français »… Franck Bauer, voix de la Résistance contre l’occupant nazi et ultime survivant de la petite équipe de speakers français qui prononçaient rituellement ces mots sur Radio Londres, est mort vendredi 6 avril à l’âge de 99 ans, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) son fils, l’artiste Axel Bauer.
Dernier survivant de cette équipe, « c’est lui dont on retient la voix et l’image du speaker de Radio Londres » dans les archives de l’époque, et il avait participé à d’importantes commémorations, notamment en 2010 à Londres pour le 70e anniversaire de l’appel du général De Gaulle, a rappelé à l’AFP Axel Bauer.
Résistant, journaliste, secrétaire de la Comédie-Française… Les 1 001 vies de Franck Bauer
Né en juillet 1918 à Troyes, ce fils d’architecte et jeune musicien de jazz, qui s’orientait plutôt vers la profession de son père, s’était engagé au sein de la France libre dès juin 1940, et avait fait partie, de mars 1941 à avril 1943, de cette petite équipe de journalistes français qui, sur les ondes de la BBC, se relayaient pour porter l’espoir durant les heures les plus sombres de l’histoire de France.
Après avoir été occupé à des missions de propagande, il avait été engagé comme speaker à Radio Londres par son patron, Jacques Duchesne, qui jugeait que son timbre de voix avait les caractéristiques nécessaires pour résister au brouillage allemand.
Il a à ce titre prononcé 578 fois le célèbre indicatif : « Les Français parlent aux Français… », et diffusé des centaines de messages codés à ceux qui luttaient contre l’occupant, dont certains étaient restés gravés dans sa mémoire, comme : « Le crabe va rencontrer les serpents » ou « Le cheval envoie ses vœux à Polydore, sa filleule et ses amis. »
Outre ces messages secrets qui aident à coordonner les actions des résistants, les speakers de Radio Londres, dont les émissions débutaient par quelques célèbres notes au ton grave issues de la 5e Symphonie de Beethoven, relayaient aussi des « messages personnels », et des chroniques destinées à soutenir le moral des Français.
A l’époque, pour ces millions de Français qui écoutaient en cachette Radio Londres, « j’étais l’équivalent de PPDA », avait-il raconté en 2009 au quotidien Le Parisien.
Comme il l’avait expliqué dans 40 à Londres ; l’espion qui venait du jazz, livre paru en 2004 aux éditions Bayard, Franck Bauer avait fini par démissionner quelques mois après le débarquement de novembre 1942 en Afrique du Nord, pour ne pas, avait-il expliqué, cautionner les messages entérinant la prise de contrôle à Alger de l’amiral Darlan et du général Giraud, au détriment du général De Gaulle.
Il avait alors été envoyé à Madagascar, pour y prendre en main la radio des Français libres. Mais avant d’accepter, il avait fait promettre à Maurice Schumann, autre camarade de Radio Londres, de le prévenir à temps pour pouvoir prendre part au Débarquement en France.
Une promesse tenue, mais après des étapes à Alger et en Ecosse, Franck Bauer ne touchera le sol normand qu’en juillet 1944. C’était quatre ans après avoir quitté la France sur un navire de guerre polonais pour une destination découverte à son arrivée, l’Angleterre, où il avait rallié « par hasard » un général dont il n’avait auparavant jamais entendu le nom…
Après la Libération, il travailla comme reporter de guerre aux Nouvelles du matin, puis à l’AFP, et entre au ministère de la culture. Il fut par la suite secrétaire général de la Comédie-Française, fondateur du premier cabinet de relations publiques en France, professeur à la Sorbonne et commissaire de l’Exposition universelle de 1967, à Montréal.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-13">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Depuis plusieurs semaines, l’établissement de Seine-Saint-Denis est le théâtre d’agressions et de règlements de comptes entre bandes rivales.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

A Stains, élèves et professeurs se mobilisent après de graves violences à répétition

Depuis plusieurs semaines, l’établissement de Seine-Saint-Denis est le théâtre d’agressions et de règlements de comptes entre bandes rivales.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h09
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 14h33
    |

            Violaine Morin








                        


De l’extérieur, le lycée Maurice-Utrillo de Stains (Seine-Saint-Denis), posé en face d’un terrain vague, ne laisse rien percevoir du climat qui y règne. Jeudi 5 avril, des grappes d’élèves s’approchent des grilles, cherchant à savoir s’ils auront cours en première heure ou pas. Plusieurs dizaines d’enseignants doivent participer à une assemblée générale, puis à une réunion avec des représentants du rectorat, venus montrer qu’ils font tout pour « accompagner » l’équipe pédagogique, traumatisée par une série de violences aux abords de l’établissement.
Mardi, trois agressions caractérisées ont eu lieu sur le parvis du lycée. Tôt le matin, deux élèves ont été menacés avec une arme à feu par des individus cagoulés à bord d’une voiture. Vers midi, un membre de l’équipe éducative a été menacé à l’arme blanche. Enfin, en début d’après-midi, un élève a été frappé devant le lycée. « Dans les trois cas, des armes ont été sorties », assure Fabienne Giuliani, professeure d’histoire-géographie syndiquée chez SUD-Education.
« Vengeances entre cités »
Ce déchaînement de violence n’est pas isolé. Depuis la rentrée de septembre, les faits se sont multipliés. Ces agressions, associées à des règlements de comptes entre cités rivales de Pierrefitte-sur-Seine et de Stains, ont fait un blessé grave le 12 mars, lorsqu’un élève a été frappé à la tête à coup de marteau sur le parvis. Une bande est revenue plus tard dans la même journée menacer d’autres élèves, « armée de couteaux et de machettes », selon plusieurs témoins. Des coups de feu ont été entendus. Dans ces différents cycles de « vengeances entre cités », selon le mot des enseignants, les victimes refusent de porter plainte.
Depuis le 3 avril, une grande partie de l’équipe enseignante du lycée a décidé d’exercer son droit de retrait et refuse de reprendre le travail en l’absence de garanties pour leur sécurité et celle des élèves. Au matin du jeudi 5 avril, une délégation du rectorat est venue rencontrer l’équipe pédagogique. Fermée aux journalistes, cette réunion apparemment tendue a été jugée décevante par les enseignants, dont certains ont quitté la table, annonçant qu’ils refusaient toujours de faire cours.
Le rectorat, de son côté, insiste sur la « complexité » du problème. Régis Astruc, proviseur vie scolaire à la direction académique de Seine-Saint-Denis, admet avoir entendu « beaucoup d’émotion et de souffrance » de la part de l’équipe pédagogique. Une cellule d’écoute, mise en place jeudi après-midi, sera disponible « aussi longtemps que nécessaire ». Mais les agressions ont lieu à l’extérieur de l’établissement, en dehors du champ de compétence de l’éducation nationale. L’urgence est donc d’articuler les différentes échelles du problème. Vendredi 6, un conseil local pour la sécurité et la prévention de la délinquance devait réunir à la sous-préfecture de Bobigny les différents acteurs : éducation nationale, police, parquet et mairie. Mais pour les enseignants, cette concertation ne répond pas à leurs demandes : l’augmentation du nombre d’adultes dans l’établissement et la pérennisation du poste de surveillant obtenu en janvier.
« On est abandonnés »
En fin de matinée jeudi, alors que les journalistes sont escortés à l’extérieur de l’établissement, la conversation va bon train entre une élève et un membre de l’équipe mobile de sécurité : « Vous et nous, excusez-moi, mais ça revient au même, en fait », lance la jeune fille à l’agent, un colosse qui la dépasse de deux ou trois têtes. « Vous n’êtes pas armé, alors qu’eux, oui. » Sur le parvis du lycée, quelques élèves livrent leurs inquiétudes. Beaucoup disent ne pas se sentir « visés » parce qu’ils n’ont « de problèmes avec personne » même si s’ils sont choqués par cette violence. « Ils viennent régler des comptes avec quelques personnes, mais ça touche tout le monde, déplore Nawel, 17 ans, élève de terminale. On a l’impression que personne ne réagit, comme si c’était normal, parce qu’on est dans un département sensible. » Il faut alors dialoguer, tenter de se raisonner : non, bien sûr, personne ne trouve normal d’être menacé à l’arme à feu sur le chemin du lycée.
Jeudi soir, alors que les parents d’élèves étaient invités à la remise des bulletins trimestriels, une nouvelle AG s’est improvisée, selon un enseignant présent. Vendredi matin, les élèves ont décidé de ne plus aller en cours et d’organiser des manifestations spontanées dans l’établissement.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-14">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ « Aldo le Gitan », de son vrai nom Cyril Léonet, doit affronter samedi sur le ring du Palais des sports de Paris Tony Yoka, champion olympique de la boxe française à la conquête du titre mondial.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-15">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Dans l’industrie culturelle, les collectifs féministes fleurissent, ferments d’une révolution dont l’affaire Weinstein serait la Bastille symbolique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Liberté, égalité, sororité

Dans l’industrie culturelle, les collectifs féministes fleurissent, ferments d’une révolution dont l’affaire Weinstein serait la Bastille symbolique.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h05
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h46
    |

            Laurent Carpentier








                        



                                


                            

Elles se sont donné rendez-vous au Café du Commerce, du côté de Barbès, à Paris. Comme chaque lundi, histoire de battre le fer tant qu’il est chaud et « parce que, quand on est une nana dans l’industrie musicale, on doit parler plus fort pour se faire entendre », soupire Claire Morel en commandant un demi. A peine un an après sa création, l’antenne française de Shesaid.so – « réseau mondial de femmes travaillant dans l’industrie musicale » – compte près de 2 000 adhérentes sur Facebook. Et à travers le monde, depuis 2014, ses bureaux se multiplient, de Los Angeles à Johannesburg, de Londres à New Delhi.
Le réseau. Les femmes l’ont vite compris : pour accéder au pouvoir, il fallait s’organiser. Prises de contact, échanges de bons plans, séances collectives de média training avec une coach : « Il y a un besoin de prendre confiance face au plafond de verre – celui qui existe et celui que l’on se met nous-mêmes. Le collectif permet d’apprendre à dire : “On est là, on est légitimes” », explique Yael Chiara, brand manager (promotion des produits) chez Pias et fondatrice de la section française de Shesaid.so. D’apéros où l’on confronte les expériences en plongées studieuses dans des conventions collectives (et leurs grilles salariales) que personne n’applique ni même ne connaît dans ce milieu ultralibéral qu’est paradoxalement l’industrie culturelle, le groupe pratique le club au sens anglo-saxon du terme : business et networking.
Rachel Graham, cheveux raides sous son bonnet vert, lunettes double foyer et piercing sur la langue, a quitté le Kentucky pour l’Ecosse à 19 ans. Glasgow, Londres, Paris… vingt ans plus tard, elle est aujourd’hui ici responsable de l’édition musicale chez InFiné. « Mon milieu, c’est l’électro, raconte-t-elle. A Londres, quand j’ai arrêté de boire, j’ai quitté les pubs et avec eux les réseaux masculins. C’est là que s’est fait le déclic. »...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-16">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Le réseau social affirme que le nombre de comptes suspendus pour promotion du terrorisme baissait depuis quelques mois.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Depuis 2015, Twitter a supprimé 1,2 million de comptes faisant l’apologie du terrorisme

Le réseau social affirme que le nombre de comptes suspendus pour promotion du terrorisme baissait depuis quelques mois.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h46
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Entre août 2015 et décembre 2017, Twitter a supprimé plus de 1,2 million de comptes pour apologie au terrorisme. Leur nombre, explique le réseau social dans son rapport biannuel sur la transparence posté le jeudi 5 mars, est en baisse depuis plusieurs mois.
Twitter rapporte, en effet, avoir identifié et suspendu de manière permanente 274 460 comptes sur les six derniers mois de 2017, soit 8,4 % de moins que lors du semestre précédent. « C’est la seconde fois consécutive que nous observons une baisse dans le nombre de comptes suspendus pour [promotion du terrorisme] », note Twitter.
74 % des comptes suspendus avant le premier tweet
A en croire le réseau social, ce constat s’explique par l’efficacité de leur modération. « Nous ressentons les effets positifs et considérables d’années de travail acharné, destinées à faire de notre site un espace indésirable pour les personnes promouvant le terrorisme. Ces activités s’éloignent de plus en plus de Twitter », se félicite la firme, qui explique que 93 % des comptes supprimés sont détectés grâce à ses propres outils.
Twitter ajoute que 74 % des comptes suspendus le sont avant même qu’y soit posté un premier tweet. Cela s’explique en partie par le fait que les comptes sont créés à la chaîne : à peine supprimés, ils sont aussitôt recréés, parfois en utilisant la même adresse IP. « Nous avons des faisceaux d’indices, dont l’adresse IP, et nous utilisons des outils propriétaires [des outils développés par d’autres entreprises] et de l’apprentissage automatique », détaillait à Forbes, le 5 avril, Audrey Herblin-Stoop, directrice des affaires publiques pour la France et la Russie du réseau social.
Comme d’autres plates-formes, à l’image de Facebook et Youtube, Twitter se targue régulièrement de l’efficacité de ses outils de détection automatique. Une efficacité qui repose notamment sur l’existence d’une base de données d’empreintes cryptographiques de contenus djihadistes, lancée par ces entreprises avec Microsoft en décembre 2016.
Une pression politique constante
Twitter, Facebook et Youtube continuent, cependant, à subir les pressions de plusieurs gouvernements qui leur reprochent de ne pas se montrer encore suffisamment sévères en matière de lutte contre la propagande terroriste.
De multiples rencontres entre des représentants d’Etat français, allemands ou britanniques ont eu lieu à ce sujet depuis 2015 et le début de la vague d’attentats en Europe. Elles ont inspiré une série de recommandations émise par la Commission européenne, le 1er mars 2018. La Commission exige que « toutes les entreprises » suppriment les contenus d’apologie au terrorisme « dans [un] délai d’une heure à compter de son signalement ».
L’Allemagne a déjà adopté, de son côté, une loi contraignant les plates-formes à supprimer les contenus d’apologie au terrorisme en moins de vingt-quatre heures. Si elles ne respectent pas cette règle, les firmes risquent dans le pays une amende de 50 millions d’euros.
Selon le rapport biannuel de Twitter, les gouvernements n’ont été à l’origine que de 0,2 % des suppressions de compte durant le second semestre de 2017.

        Lire aussi :
         

                Pour la justice américaine, Twitter n’est pas complice des attentats commis par l’Etat islamique



Parmi les autres demandes de la Commission, les Etats membres de l’Union européenne sont tenus de fournir « régulièrement » — « de préférence tous les trois mois » — un rapport à la Commission sur les signalements et leur suivi, ainsi que sur leur coopération avec les entreprises en matière de contenus terroristes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-17">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Comptant 40 millions d’utilisateurs dans le pays, l’application sécurisée avait vu son accès brièvement suspendu lors de la vague de contestation entre décembre et janvier.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/04/06/19-18">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Istres « est la première commune de France à doter sa police municipale de tels outils », selon le Syndicat national des policiers municipaux. L’encadrement juridique de ce genre d’initiative est encore très flou.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

A Istres, la mairie équipe la police de drones pour compléter le dispositif de vidéosurveillance

Istres « est la première commune de France à doter sa police municipale de tels outils », selon le Syndicat national des policiers municipaux. L’encadrement juridique de ce genre d’initiative est encore très flou.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 12h20
    |

            Jean-Michel Normand








                        


Les 90 caméras de vidéosurveillance que compte déjà la commune ne suffisaient pas. Le maire socialiste d’Istres, dans les Bouches-du-Rhône, vient d’équiper la police municipale, qui compte 80 membres, de deux drones, qui compléteront le dispositif de quadrillage de cette ville de 42 000 habitants. « Même si nous avons un taux de délinquance parmi les moins élevés du département, nous visons l’excellence pour Istres, y compris en matière de sécurité » assure le maire, François Bernardini, à La Provence.
Des agents municipaux ont été formés pour piloter les drones, qui seront mis en service afin de sécuriser les grands évènements festifs, mais aussi surveiller les zones forestières alentour, dégradées l’été dernier par des incendies d’origine criminelle. Il s’agirait aussi « d’arrêter le trafic dans certains quartiers », voire de réaliser des flagrants délits. Istres « est la première commune de France à doter sa police municipale de tels outils », se félicite le Syndicat national des policiers municipaux CFE-CGC. Selon celui-ci, les drones « équipés de caméras enregistrant en 4K transmettront en temps réel des informations extrêmement précises, permettant à la police d’identifier les auteurs de méfaits ».
Une portée incertaine
Cinq agents ont été mobilisés dans le cadre de ce projet qui, dans les faits, pourrait avoir une portée plus modeste que prévu. Avant de réaliser chaque survol de la commune, il sera nécessaire de déposer – au plus tard cinq jours avant l’opération – une demande d’autorisation auprès de la préfecture. Celle-ci devra préciser l’heure de l’opération et la zone couverte par l’appareil, comme cela est exigé pour tous les usages professionnels d’un drone, particulièrement en zone urbaine. Il faudra, en outre, s’assurer auprès de la base aérienne militaire 125 d’Istres que le survol ne risque pas de poser des problèmes de sécurité. Sans compter qu’il est interdit de survoler les propriétés privées…
Cette initiative à la portée incertaine mérite au moins de poser clairement la question de l’encadrement juridique, encore flou, de l’utilisation de drones à des fins de surveillance dans l’espace public. Que ce soit par des policiers municipaux, des policiers nationaux ou des gendarmes, dont on sait qu’ils sont très demandeurs de ce genre d’outils dans le cadre d’opérations relatives au maintien de l’ordre ou à la sécurité routière. « En ce qui concerne l’usage qui serait fait par les forces de l’ordre, notamment la police municipale, il conviendrait vraisemblablement qu’un cadre ad hoc soit prévu sur un modèle similaire à ce qui a été prévu par les caméras mobiles », rappelle la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), interrogée par 20 Minutes. En d’autres termes, la réglementation n’est pas encore suffisamment claire dans ce domaine.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-19">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Slovaquie : cinquième vague de manifestations depuis l’assassinat d’un journaliste

Près de 30 000 personnes ont défilé à Bratislava pour demander le départ du chef de la police et réclamer des élections anticipées.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 15h57
    |

                            Arthur Carpentier








                        



   


Plus d’un mois après le meurtre par balles du journaliste d’investigation Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kusnirova, l’attitude du gouvernement slovaque continue d’alimenter le mécontentement d’une partie de la population. Jeudi 5 avril, pour la cinquième fois, des manifestations ont été organisées dans une douzaine de villes de ce pays de 5,4 millions d’habitants. Dans les rues de la capitale, Bratislava, près de 30 000 personnes ont défilé, selon le quotidien SME. Les slogans lancés contre le gouvernement y ont alterné avec les minutes de silence à la mémoire du reporter et de sa fiancée.
« Nous marcherons encore autant de fois que nécessaire pour obtenir ce que nous réclamons », assure Jan Galik, l’un des organisateurs de Pour une Slovaquie décente, le principal mouvement citoyen à l’origine des manifestations. Les précédents rassemblements, les plus importants depuis ceux qui précipitèrent la chute du régime communiste en 1989, avaient déjà réuni des dizaines de milliers de personnes dans plusieurs villes du pays.
La démission de Robert Fico, premier ministre et homme fort de la Slovaquie, le 14 mars, n’a pas suffi à calmer la contestation. « Nous nous battrons jusqu’à ce qu’à ce que le chef de la police soit remplacé, avec un nouveau processus de sélection dans lequel le ministre de l’intérieur n’a pas son mot à dire », tonne Dominik. Ce Bratislavien participait à sa quatrième manifestation, et souhaite avant tout que soit élucidé le meurtre du reporter. Avant son assassinat, le journaliste enquêtait sur des liens entre la mafia calabraise, en Italie, et les politiques slovaques.
Mais les revendications d’une partie des protestataires vont au-delà de cette simple demande. « La population veut plus de transparence de la part des institutions politiques, estime Daniela, dans le cortège pour la deuxième fois. C’est un sentiment de frustration qui traverse toute la population. »
« Commencer à rétablir la confiance »
La lenteur de l’enquête alimente la méfiance des manifestants envers des institutions déjà décrédibilisées par les scandales de corruption. Le pouvoir judiciaire, quant à lui, est traditionnellement accusé d’être soumis au pouvoir politique. Et l’enquête patine : si le parquet estime que le meurtre de Jan Kuciak a probablement été commandité, la police ne semble avoir identifié aucun suspect.
Le chef de la police, Tibor Gaspar, est jusqu’à présent parvenu à se maintenir à son poste, malgré les critiques sur l’efficacité de ses services et les accusations de conflits d’intérêt. Mais sa démission, réclamée par l’opposition et les manifestants, ne semble plus être qu’une question de jours. Le président, Andrej Kiska, un libéral en froid avec le gouvernement populiste de gauche, l’a lui-même évoquée, en faisant une « question cruciale afin de commencer à rétablir la confiance ».

   


La coalition au pouvoir, au plus bas dans les sondages, se satisferait pleinement d’une telle solution, alors que les appels à des élections anticipées se font de plus en plus pressants et que les liens de plusieurs dirigeants avec le crime organisé ont été exposés. Le ministre de l’intérieur, Robert Kalinak, a servi de premier fusible le 12 mars. Quelques jours plus tard, le premier ministre, Robert Fico, a donc plié à son tour, se résignant à la démission.
Le chef de gouvernement déchu a toutefois obtenu que son successeur soit choisi dans les rangs de son parti (SMER-SD, sociaux-démocrates), et non dans les deux autres partis de la coalition, le SNS (extrême droite) et Most-Hid, formation de la minorité hongroise. Il a surtout écarté la possibilité d’élections anticipées. Une partie de la population voit dans le nouveau premier ministre, Peter Pellegrini, un pantin aux ordres de M. Fico.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-20">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Le patron de l’hebdomadaire satirique souhaite ouvrir le capital.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


« Charlie Hebdo » : Riss prépare la relève

Le patron de l’hebdomadaire satirique souhaite ouvrir le capital.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 12h10
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            
Plus de trois ans après l’attentat islamiste qui a décimé une partie de sa rédaction, Charlie Hebdo cherche à pérenniser son modèle, alors que les ventes, un temps stratosphériques, sont revenues à des niveaux ordinaires. Le journal satirique veut aussi préparer la relève et ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires au sein de l’équipe, explique au Monde le patron de l’hebdomadaire, Riss, qui détient 67 % du capital. « Notre génération doit transmettre à la suivante », explique-t-il.
Autre changement d’importance, celui qui contrôle le reste du capital, Eric Portheault, a démissionné de son poste de directeur général fin janvier. Il reste toutefois jusqu’ici détenteur de ses actions. « Dans tous les cas, il faut faire entrer de nouvelles personnes au capital », pense Riss, qui se soucie de transmission éditoriale, « mais aussi, forcément », du cas où il « arriverait quelque chose », à lui-même ou à son associé.
Afin d’accueillir de nouveaux actionnaires – qui depuis la relance du titre en 1992 sont toujours salariés du journal afin de garantir son indépendance –, les statuts ont été modifiés, pour placer les revenus générés en 2015 par le mouvement de solidarité après l’attaque dans une « réserve statutaire » : 15 millions d’euros qui, contrairement aux comptes courants, ne peuvent pas servir à verser des dividendes, précise Riss. « C’est une étape qui va rassurer les salariés, les lecteurs, et montrer qu’on est cohérents », souligne-t-il, estimant tenir là les engagements pris en 2015, sur l’absence d’enrichissement des actionnaires et sur l’évolution du capital. Car grâce à cette « mise de côté » des réserves, le prix des actions peut devenir accessible à de nouveaux entrants, expose-t-il : « Les parts doivent ne rien rapporter mais aussi ne rien coûter. »
« On voit plus clair »
En 2015, l’assassinat le 7 janvier au siège du journal...




                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-21">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Champion de France 2005, il est mort des suites de ses blessures dans une violente agression dont on ignore encore les motifs.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Amadou Ba, ancien champion français de boxe thaïe, a été assassiné à Créteil

Champion de France 2005, il est mort des suites de ses blessures dans une violente agression dont on ignore encore les motifs.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 16h50
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h14
   





                        



   


La scène s’est déroulée mardi 3 avril au soir. Il est environ 22 h 30 quand Amadou Ba, champion de France 2005 de boxe thaïe, se fait barrer la route par une voiture alors qu’il est au volant de la sienne, rue Fernand-Pouillon, à Créteil. S’ensuit alors une très violente agression, ainsi racontée par le vice-procureur de Créteil, Antoine Pesme :
« Deux personnes descendent alors de voiture avec des battes de base-ball et brisent les vitres tandis que la victime ne descend pas. Une troisième personne sort du véhicule avec une arme et tire à plusieurs reprises. La victime est ensuite sortie du véhicule et reçoit des coups de pied et de batte alors qu’elle est au sol. Tout le monde prend ensuite la fuite. »
Touché par balles notamment au thorax, l’homme de 39 ans est mort des suites de ses blessures à son arrivé à l’hôpital, quelques heures plus tard.
Le parquet de Créteil, qui a ouvert une enquête en flagrance, confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne, ne détermine pas à ce stade s’il s’agit d’un règlement de compte ou d’un différend routier et n’a procédé à aucune interpellation pour le moment.
Selon des proches cités par Le Parisien, Amadou Ba était « quelqu’un de droit, qui avait remis dans le droit chemin pas mal de gamins ». Le gymnase Paul-Casalis, où il venait de donner un cours de boxe avant l’agression, selon le quotidien d’Ile-de-France, a publié un hommage sur sa page Facebook, citant des mots de ce « grand champion », qui laisse quatre enfants derrière lui.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/06/19-22">
<filnamedate="20180406"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180406"><AAMMJJHH="2018040619">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Un étudiant a porté plainte contre le policier qui avait recueilli son témoignage sur les violences du 22 mars à la faculté. Il l’accuse de « menaces » et de « pressions » lors de son audition.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤                     
                                                

Violences à la fac de Montpellier : « Y a un petit doute ? Mais t’es creux dans ta tête ou quoi ? », s’emporte un policier

Un étudiant a porté plainte contre le policier qui avait recueilli son témoignage sur les violences du 22 mars à la faculté. Il l’accuse de « menaces » et de « pressions » lors de son audition.



Le Monde
 |    06.04.2018 à 17h27
 • Mis à jour le
06.04.2018 à 17h56
    |

            Julia Pascual et 
Camille Stromboni








                        


C’est une histoire dans l’histoire, mais elle ne manque pas de provoquer l’émoi à Montpellier. Dans le cadre de l’enquête judiciaire ouverte à la suite des violences commises par une dizaine d’hommes aux visages dissimulés dans un amphithéâtre occupé de la faculté de droit de Montpellier, le 22 mars, une plainte pour subornation de témoin a été déposée par un étudiant mercredi 4 avril, ainsi que l’a révélé Mediapart. Le procureur de la République de Montpellier, Christophe Barret, a ouvert une enquête préliminaire. L’inspection générale de la police nationale (IGPN) a également diligenté une enquête administrative.

        Lire aussi :
         

                Violences à la faculté de droit de Montpellier : le doyen et un professeur mis en examen



Le plaignant, Christophe C., est un étudiant de 53 ans, inscrit à la faculté depuis de nombreuses années. Présent dans l’amphithéâtre lors des violences du 22 mars, il a adressé une lettre de huit pages au ministère de l’enseignement supérieur et au procureur, dans laquelle il témoigne des événements. Il décrit une « horde de barbares » distribuant « une pluie de coups de poing » et désigne nommément deux professeurs. L’un d’eux, Jean-Luc Coronel de Boissezon, a été mis en examen pour violences en récidive. Le courrier de Christophe C. est aussi l’occasion de dénoncer de façon « annexe » d’autres faits au sein de l’université, tels que le recours à du travail au noir, du favoritisme dans l’attribution du marché de nettoyage ou l’embauche de membres de la famille d’un professeur.
« Insultes, pressions et menaces »
C’est à la suite de cette missive que la police convoque Christophe C. pour l’entendre. Celui-ci reproche aujourd’hui au fonctionnaire qui l’a auditionné le 29 mars « une succession d’insultes, de pressions et de menaces », ainsi que le rapporte son avocat, Gilles Gauer, dans le but, d’après lui, qu’il « ne réitère pas son témoignage ». Le Monde a pris connaissance d’une retranscription du contenu de cette audition.
Il permet de découvrir un échange surréaliste de près de trois heures entre un fonctionnaire qui sort littéralement de ses gonds et un témoin malmené, hébété et beaucoup moins catégorique quant aux violences dont il a pu être témoin.
Le policier soupçonne Christophe C. de vouloir « régler ses comptes » et l’enjoint de s’« occuper de [son] cul » tandis que l’étudiant se présente en « témoin capital » et assure avoir des « magouilles sur le cœur ». A propos des événements du 22 mars, s’il répète avoir vu deux professeurs entrer en courant et munis de gants dans l’amphithéâtre, et s’il a bien vu une étudiante être frappée, il n’est plus certain de pouvoir formellement identifier les deux enseignants comme étant les auteurs de ces violences. « Je suis sûr à 60 %, 70 %, dit-il notamment. Sur le coup, j’avais pas de doute. »
Un homme hésitant et un policier furibond
« Je mets pas un mec en prison sur la base de suspicions de tentatives », s’impatiente le policier. Puis, il s’énerve :
« Entends-moi bien quand je te parle, je cherche des infractions punies par des textes de loi. Rentrer dans un amphithéâtre, c’est pas puni.
— Avec des gants…
— Avec des gants, c’est pas puni, ils sont noir ou marron, c’est pas puni, non.
— Ils étaient tout contents, comme à la chasse, là.
— Et alors ? La chasse, c’est interdit la chasse ? Etre content à la chasse, c’est interdit ?
— La chasse aux étudiants, c’est pas légal.
— Tu me fais encore l’amalgame, ça, ça me casse les couilles. (…) Ce qui m’intéresse, c’est que là, le mec, si j’identifie que c’est lui qui a tapé une gamine avec une batte de base-ball ou une palette, je lui mets cinq ans ferme, donc moi, je me trompe pas là-dessus. (…)
— Je peux pas être précis formellement sur le deuxième qui frappe la fille, voilà.
— Et ça, tu l’as écrit pourtant, que c’est Coronel. »
La suite de l’audition est à l’image de cet échange, qu’on croirait extrait des dialogues de Michel Audiard dans Flic ou voyou, entre un homme aux propos hésitants et un policier furibond, qui lui reproche ses revirements, de manière pour le moins musclée :
« Tu t’es laissé aller sur dix pages, tu m’as fait dix pages de merde où tu chies sur l’ensemble de la faculté française (…), et moi je t’écoute et je découvre au bout d’une heure que t’es pas sûr et tu l’écris et tu l’envoies au ministère (…) ; si moi je travaille comme toi tu bosses, y a que des innocents en prison (…).
— Oui, y a un petit doute.
— Y a un petit doute ? Et ça, tu l’as envoyé au ministère ? Mais c’est quoi ton doute ? Mais t’es creux dans ta tête ou quoi ? »
« Moi, je vous pète les deux genoux »
Oublieux de son code de déontologie et des règles de courtoisie et d’impartialité qui s’y rattachent, le policier reproche à Christophe C. ses « délires paranoïaques ». « Vous vous prenez pour qui monsieur ? », lui demande-t-il plusieurs fois, alors que Christophe C. pense avoir été pris pour un agent du renseignement et avoir pu impressionner des étudiants du fait de ses 140 kg : « Moi, je vous pète les deux genoux avant que vous leviez le bras droit », lui rétorque le fonctionnaire.
Tout en mettant le témoin à rude épreuve, le policier se défend de vouloir dédouaner quiconque : « Je suis flic, je suis payé 39 heures, j’en fais 70 par semaine. Je fais ça parce que je crois à la vérité, je crois en ma justice (…) Je veux que chaque individu que tu cites nommément, on définisse exactement leur rôle. C’est tout ce que je veux. Coronel, je sais pas qui c’est, j’en n’ai rien à branler, il prend vingt ans ferme, j’en ai rien à branler, je m’en tape les couilles sur la table. Par contre, s’il les prend, il les mérite. »
De remontrances en réprimandes, le policier finit par conclure l’audition de Christophe C.. Il relit son contenu, pour qu’il signe son procès-verbal. Le témoin est alors pris d’une ultime hésitation :
« Pourquoi vous m’avez foutu un doute ? », demande-t-il au policier, qui lui répond, à bout de nerfs :
« Parce que mon boulot, c’est la vérité ! Y a pas marqué que c’est pas lui, y a marqué que t’as un doute (…) Je m’en branle de ce mec (…) Prends une décision (…) Putain mais c’est pas possible, t’es creux (…).
— Vous énervez pas, y a doute, y a doute.
— Ben signe alors ! »
Indépendamment des suites disciplinaires ou pénales de cette enquête, le procureur de Montpellier souligne que Christophe C. n’était pas un « témoin capital » et que « les indices graves et concordants qui ont conduit aux deux mises en examen demeurent ». L’ancien doyen de la faculté, Philippe Pétel, l’a été pour « complicité d’intrusion » et le professeur d’histoire du droit, Jean-Luc Coronel de Boissezon, pour « violences en récidive ».



                            


                        

                        

