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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».
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« Il faut revoir les outils de régulation du CSA »

L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
    |

Jean Spiri (Conseiller régional (LR) d’Ile-de-France, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA)







                        



                                


                            
Tribune. Quelque 1 % de l’activité, 90 % de la lumière – et des ennuis. C’est ainsi que le pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public a toujours été vu au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Il en va de même pour le respect du pluralisme, ces décomptes du temps de parole qui, dans l’imaginaire collectif, transforment tout agent du CSA en chronomètre tatillon. Enfin, le CSA ne serait pas lui-même sans cette réputation de « censeur » (par définition fausse puisqu’il intervient a posteriori) qui a nourri la martyrologie de tant d’animateurs et de chaînes.
Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus
Que le CSA ait été à l’origine du succès du déploiement de la TNT, que son rôle de régulateur économique s’affirme, que son impact sur la société ne se limite pas à des sanctions médiatiques, n’empêche pas la question récurrente : « A quoi sert-il ? » C’est pourquoi il devrait se défaire de cette prérogative de nomination si encombrante pour mieux se concentrer sur de nouvelles missions.
Car c’est tout le système actuel de régulation qui n’est plus tenable, avec une intervention forte pour un contenu diffusé sur un canal hertzien, mais faible pour le même contenu diffusé sur une plate-forme. Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus. Ce qui doit la fonder désormais, c’est la gestion de la multitude. Pour cela, il faut revoir les outils de régulation du CSA et s’orienter vers ce que les Anglo-Saxons pratiquent sous le nom de co­régulation.
Outils juridiques
Coréguler, cela veut dire négocier avec tous les acteurs des contenus pour qu’ils acceptent de se soumettre à des règles – et transposer au mieux les règles dans cet univers. Construire ensemble les outils pour répondre aux impératifs publics, s’assurer que la puissance publique contrôle bien – et que le privé accepte de se soumettre à sa régulation.
on ne peut se contenter d’imposer...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ L’ancien président de Radio France, qui conteste la décision auprès du Conseil d’Etat, pourrait emporter une victoire symbolique et des indemnités.
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Radio France : Mathieu Gallet a déposé un recours contre sa révocation par le CSA

L’ancien président de Radio France, qui conteste la décision auprès du Conseil d’Etat, pourrait emporter une victoire symbolique et des indemnités.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h15
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Comme il l’avait laissé entendre, Mathieu Gallet n’a pas renoncé à faire casser la décision qui l’a écarté, à la fin de janvier, de la présidence de Radio France : il a déposé le 30 mars un recours auprès du Conseil d’Etat contestant le choix du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de le démettre de ses fonctions, a révélé le site de BFMBusiness jeudi 5 avril.
M. Gallet ne pourra dans tous les cas pas retrouver son poste, qui doit être attribué à un successeur au plus tard le 14 avril. Mais il peut contribuer à « défendre son honneur », après sa condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 euros d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), entre 2010 et 2014. Une peine dont il a fait appel.

        Lire aussi :
         

                Présidence de Radio France : six candidats pour un fauteuil



Mathieu Gallet pourrait en outre toucher des indemnités, en compensation de l’interruption de son mandat, qui courait théoriquement jusqu’en mai 2019 : selon BFMBusiness, il pourrait espérer entre 223 000 et 270 000 euros. « Je souhaite que le droit soit dit, tout simplement », avait-il expliqué en février au Figaro.
L’argument de l’indépendance
Sur le fond, Mathieu Gallet a quelque chance d’avoir gain de cause. Notamment sur l’argument de l’indépendance, principe garanti pour les médias dans la Constitution : le CSA avait en effet invoqué dans sa décision l’état des relations entre le président de Radio France et ses autorités de tutelle.
« Pour assurer dans de bonnes conditions la gestion et la tutelle d’une société possédée à 100 % par l’Etat actionnaire, il importe, dans le respect strict de la liberté de communication, que les relations d’échange et de dialogue entre les représentants de l’Etat et le PDG de la société soient denses, confiantes et permanentes ; que l’ensemble de ces conditions sont nécessaires au bon fonctionnement du service public audiovisuel. »
Ce passage faisait référence aux déclarations de la ministre de la culture, dont dépend Radio France. Françoise Nyssen avait ainsi déclaré le 16 janvier au Monde :
« Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent. »
Selon les défenseurs de M. Gallet, l’hostilité du gouvernement ne peut pas en soi être un critère qui fonde la destitution d’un dirigeant d’audiovisuel public par une autorité administrative comme le CSA. D’autres arguments juridiques pourraient être avancés devant le Conseil d’Etat.
La procédure engagée par le CSA était inédite. Mise sous pression par l’exécutif, l’autorité a dû se fonder sur des dispositions légales qui ne définissent que de façon très succincte les conditions d’une révocation, laissant une part d’interprétation.
Si la révocation de M. Gallet était cassée, ce serait un revers pour le CSA, mais aussi pour Françoise Nyssen, qui a choisi de s’impliquer personnellement dans ce dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Au total, l’ancien directeur général de la maison-mère de SFR a quitté l’entreprise avec un « package » de 9,4 millions d’euros, 6 millions pour rupture de contrat et 3,4 millions de rémunération pour 2017.
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Le prix du départ de Michel Combes : 6 millions d’euros versés par Altice

Au total, l’ancien directeur général de la maison-mère de SFR a quitté l’entreprise avec un « package » de 9,4 millions d’euros, 6 millions pour rupture de contrat et 3,4 millions de rémunération pour 2017.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 12h40
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Michel Combes ne sera pas parti les mains vides. L’ancien directeur général d’Altice, débarqué du groupe de Patrick Drahi en novembre 2017, va toucher une compensation totale de 6 millions d’euros.
Ce montant comprend notamment la rémunération fixe et variable de son préavis, et un accord financier couvrant les risques juridiques qu’auraient pu engendrer cette démission, selon le rapport de rémunération publié par Altice le 4 avril 2018. « Il s’agit d’une partie des conditions prévues contractuellement incluant notamment une part variable réduite par rapport aux conditions initiales », commente un porte-parole du groupe.
Congédié en novembre 2017
Cette somme sera soumise à la prochaine assemblée générale des actionnaires du groupe et vient s’ajouter aux 3,4 millions d’euros que l’ancien dirigeant a perçu au titre de ses fonctions l’an passé.
Pour mémoire, l’ancien patron de SFR – qui s’est rapidement reclassé chez l’opérateur Sprint où il occupe un poste de directeur financier – avait été brutalement congédié le 9 novembre 2017. Il avait fait les frais des mauvais résultats de l’opérateur français, qui avaient entraîné une forte chute du cours de Bourse. Désireux de regagner la confiance des investisseurs, Patrick Drahi avait au même moment repris les rênes de l’entreprise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionnera les prétendants du 10 au 12 avril. Le nom du successeur de Mathieu Gallet sera connu au plus tard le 14.
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Présidence de Radio France : six candidats pour un fauteuil

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel auditionnera les prétendants du 10 au 12 avril. Le nom du successeur de Mathieu Gallet sera connu au plus tard le 14.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 10h52
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 16h56
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



   


Six candidats pour la pré­sidence de Radio France. Les prétendants seront auditionnés du 10 au 12 avril, a annoncé mercredi 4 avril le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Samedi 14 avril, au plus tard, sera connu le nom du successeur de Mathieu Gallet, destitué après sa condamnation pour favoritisme. L’originalité de la procédure tient à une transparence accrue : les noms et projets des candidats retenus ont été dévoilés et une partie des auditions sera publique. Le contexte est aussi particulier : le CSA exerce une fois encore ce pouvoir de nomination alors que l’exécutif a promis de le lui retirer et prévoit une grande réforme de l’audiovisuel public. Dès 2019 pourrait être créé un poste de « super-président » qui chapeauterait les dirigeants de Radio France et France Télévisions.
Sibyle Veil, la continuité
Seule femme, Sibyle Veil, 40 ans, peut, comme ses concurrents, offrir un nouveau visage à Radio France. Mais seule la directrice déléguée de Radio France, chargée des opérations et des finances, peut se prévaloir de l’héritage de Mathieu Gallet et du soutien tacite de son équipe de directeurs. Elle souhaite mieux maîtriser la diffusion des contenus sur le numérique. Et propose une « direction de l’investigation » transversale à tout l’audiovisuel public, ainsi qu’« un média global de la culture », une « offre jeunesse » et un « média de proximité » associant France Bleu et France 3. Des projets déjà en discussion entre France Télévisions, Radio France et le gouvernement.
Elle est présentée par les observateurs comme favorite, ce qui inquiète ses concurrents. Certains au sein de la majorité craignent que sa nomination ne nourrisse le reproche d’un manque d’indépendance par rapport à l’exécutif. Car cette conseillère d’Etat est issue de la même promotion de l’ENA qu’Emmanuel Macron. Comme son mari, Sébastien Veil, qui a participé à la campagne du futur président. Ses partisans rétorquent qu’elle a été conseillère du président Nicolas Sarkozy, avant de rejoindre l’AP-HP et d’être nommée à Radio France, en 2015, bien avant l’élection de M. Macron.
Jérôme Batout, connaisseur des médias
Jérôme Batout, 39 ans met en avant ses fonctions de directeur général de Publicis Media France mais aussi de conseiller à la revue Le Débat. Deux fonctions jugées « complémentaires » : l’une lui a fait connaître l’écosystème des médias pour conseiller les annonceurs sur leurs investissements publicitaires, l’autre illustre sa formation de philosophe, tout en le classant à gauche. Il a été conseiller spécial du premier ­ministre socialiste Jean-Marc Ayrault.
Sans expérience dans l’audiovisuel public, il tente de se démarquer par un projet insistant sur l’aspect « son » de la radio, promis à la « disruption » par les plates-formes numériques mais plein d’avenir, en raison des voitures connectées, notamment. Selon lui, le « cœur radio » de Radio France doit rester un média d’offre et concentrer sa puissance sur peu d’antennes. Il veut créer un « levier de diversification », produisant notamment des contenus pour des institutions extérieures.
Bruno Delport, l’amoureux de la radio
Directeur de la radio TSF Jazz, ex-directeur général du groupe Nova Press (dont le propriétaire, Mathieu Pigasse, est actionnaire à titre individuel du Monde), Bruno Delport, 53 ans, a été président de Solidarité Sida et engagé dans les campagnes d’Europe-Ecologie Les Verts depuis 2010. « J’ai bien conscience de ne pas avoir le parcours typique », a-t-il dit à BFMTV. Il juge que France Bleu et France Musique peuvent être améliorées. Il propose d’investir sur la technologie de diffusion numérique des contenus et leur indexation pour les assistants vocaux. Il veut générer de nouveaux revenus en créant des ­« contenus dédiés » pour des marques, citant l’exemple d’Engie pour la COP 21.
François Desnoyers, l’ancien de la maison
François Desnoyers, 62 ans, connaît bien la Maison de la Radio : il y est entré en 1980 comme journaliste, en locale. Parti en 1988, ce proche de Jean-Marie Cavada y est revenu comme délégué général, durant la présidence de l’ancien présentateur, entre 1998 et 2004. Il juge que la bataille n’est pas celle des technologies, mais des contenus : « Penser que rajouter de l’image à la radio répondrait [aux] nouvelles demandes est une idée simpliste. » Pour celui qui s’était occupé des questions de décentralisation au début des années 1980, la priorité, entre France Bleu et France 3, ce sont les « synergies éditoriales ».

        Lire aussi :
         

                Mathieu Gallet, le retranché de Radio France



Guillaume Klossa, l’Européen
Guillaume Klossa, 45 ans, a connu à la fois les cabinets ministériels – notamment auprès du secrétaire d’Etat chargé des affaires européennes Jean-Pierre Jouyet – et les entreprises privées comme McDonald’s ou Veritas. Mais c’est son expérience comme dirigeant de l’Union européenne de radio-télévision (UER), depuis 2013, la plus grande alliance de médias de service public, qu’il met en avant : une façon de souligner qu’il travaille déjà à la mise en place de synergies entre différentes structures, sur le modèle de ce que souhaite le gouvernement pour Radio France et France Télévisions.
Christophe Tardieu, l’homme de culture publique
Une grande partie de la carrière de Christophe Tardieu, 53 ans, a été celle d’un numéro deux, au Château de Versailles, à l’Opéra de Paris ou au Centre national du cinéma. Cet inspecteur des finances, qui a été conseiller de Christine Albanel, ministre de la culture de M. Sarkozy, veut s’inscrire dans la continuité de M. Gallet. Il dit vouloir garder les équipes en place. S’il insiste lui aussi sur la nécessaire adaptation aux usages du numérique, il se distingue par sa volonté d’accorder « une place plus importante à la chanson française » et de « développer encore davantage la place des langues régionales sur les antennes de France Bleu ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ Soixante-six chaînes ont diffusé le même texte dénonçant les « fausses informations ». Leur direction, SBG, s’est imposé comme le second relais médiatique de Trump derrière Fox News.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
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La chorale embarrassante de présentateurs de télévisions locales américaines

Soixante-six chaînes ont diffusé le même texte dénonçant les « fausses informations ». Leur direction, SBG, s’est imposé comme le second relais médiatique de Trump derrière Fox News.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h19
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h47
    |

            Gilles Paris (Washington, correspondant)








                        



                                


                            

LETTRE DE WASHINGTON
Imaginons que vous alliez de Pensacola (Floride) à Washington (District of Columbia), en passant par Birmingham (Alabama) et Macon (Géorgie). Le soir venu, dans votre chambre d’hôtel, vous jetez un œil sur la chaîne de télévision locale. Sur ces présentateurs et présentatrices qui inspirent la confiance parce qu’ils sont un peu comme vous, au point que vous ne seriez pas surpris de les croiser sur le parking d’à côté, ou à la table voisine de la vôtre au restaurant.
Le premier soir, sur ABC 3, Sue Straughn et Bob Solarski vous prennent à part pour vous mettre en garde. « Le partage d’informations fausses et biaisées est devenu très répandu sur les réseaux sociaux », assurent-ils. « Plus alarmant encore, certains médias publient les mêmes histoires fausses sans d’abord vérifier les faits. C’est extrêmement dangereux pour notre démocratie », poursuivent-ils. Vous éteignez la télévision, songeuse ou songeur.
Le lendemain, à Birmingham, sur ABC 33/40, vous tombez sur Sarah Snyder et Wendell Edwards, qui tiennent exactement le même discours, au mot près. A Macon, c’est au tour de Nakell Williams et d’Aaron Leedy, de FOX 24. A Washington, sur ABC 7, Autria Godfrey ne se montre pas moins alarmiste. Toujours ces « certains médias » qui ressemblent beaucoup à ceux dénoncés régulièrement par le président Donald Trump. « C’est extrêmement dangereux pour notre démocratie », répète-t-elle.
Même chose sur CBS 2, à Cedar Rapids, dans l’Iowa. Ou bien sur 2 News à Boise (Idaho). Soixante-six chaînes locales, dans vingt-neuf Etats, ont diffusé le même texte, imposé par leur direction, celle de Sinclair Broadcast Group (SBG). Un journaliste de la chaîne de sports Deadspin a publié, le 31 mars, un montage spectaculaire de ces présentateurs prononçant ces mêmes formules. Il avait été vu 8,6 millions de fois mardi soir 3 avril.
Un groupe de télévision qui ne cesse de grandir
Derrière le mastodonte...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ Devant le tollé, le ministère de l’information renonce à suspendre automatiquement les accréditations de journalistes soupçonnés de propager de « fausses nouvelles ».
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Lutte contre les « fake news » : le gouvernement indien contraint à un rétropédalage

Devant le tollé, le ministère de l’information renonce à suspendre automatiquement les accréditations de journalistes soupçonnés de propager de « fausses nouvelles ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h40
    |

            Julien Bouissou (New Delhi, correspondance)








                        



                                


                            

Le gouvernement indien renonce à réprimer les journalistes soupçonnés de diffuser de fausses nouvelles. Quelques heures après avoir annoncé, dans la soirée du lundi 2 avril, qu’il suspendrait automatiquement leurs accréditations, avant même de vérifier si ces accusations étaient fondées ou non, le ministère de l’information a dû faire marche arrière.
La circulaire ministérielle prenait pour cible les représentants de la presse, occultant la responsabilité de réseaux sociaux comme Facebook, WhatsApp ou Twitter dans la propagation de « fake news ». L’accréditation accordée aux journalistes indiens et étrangers facilite leur accès aux conférences de presse, cérémonies ou sommets organisés par le gouvernement. Face au tollé suscité par ce texte, la ministre indienne de l’information, Smriti Irani, a annoncé sur Twitter qu’elle acceptait de rencontrer les associations professionnelles de journalistes pour « combattre la menace des fausses informations » et préserver « l’éthique du journalisme ».
Mme Irani n’avait sans doute pas le profil idéal pour engager le combat contre les « fake news ». Elle a été épinglée en 2014 par la presse indienne pour avoir déclaré qu’elle était diplômée de l’université américaine de Yale alors qu’elle y avait, en réalité, passé six jours lorsqu’elle était députée du Parlement indien.
Une attaque contre la liberté de la presse
Ce rétropédalage n’a pas empêché plusieurs médias indiens de dénoncer une attaque du gouvernement contre la liberté de la presse. « Avec les élections en vue, cette annonce s’apparentait à une tentative éhontée pour museler la presse et faire taire les voix critiques », s’est ému le quotidien The Indian Express dans son éditorial du 4 avril.
Le gouvernement indien n’a pas la réputation d’être un ardent défenseur de la liberté de la presse. L’un de ses ministres a traité les journalistes de « journalopes » et le premier ministre indien,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.
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Spotify : le leader mondial du streaming musical en chiffres

Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h07
    |

            Philippe Da Silva et 
                                Maxime Mainguet








                        


Le leader du streaming musical payant
La firme suédoise dirigée par Daniel Ek est pour l’instant l’intouchable leader du streaming musical payant. Au 31 décembre 2017, Spotify comptait 71 millions d’abonnés, soit presque le double d’Apple Music. Mais il est vrai que le service de la marque à la pomme a été lancé plus récemment - en 2015 - alors que son rival scandinave a démarré en 2008.

   



        Lire aussi :
         

                Spotify : Daniel Ek, le roi du streaming qui a révolutionné la musique



 
Une croissance soutenue
Spotify est le leader d’un secteur en forte croissance. Le marché du streaming a progressé de 60 % entre 2015 et 2016, selon l’IFPI (International Federation of the phonographic industry).

   


Une grande part de cette croissance a été captée par Spotify. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi passé de 700 millions d’euros en 2013 à 4 milliards en 2017. Ces résultats sont portés par un nombre grandissant d’abonnés payants.
 
L’entreprise essuie toujours des pertes, notamment du fait d’opérations de financement
 
Pour autant, ce succès auprès des fans de musique ne permet pas à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Elle a ainsi accusé 1,2 milliard d’euros de pertes en 2017, dont 378 millions directement liés à l’exploitation.

   



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L’autre partie de cette perte est d’origine financière. Elle est consécutive à l’émission au printemps 2016 d’un milliard d’euros de dettes convertibles. Il était prévu que le taux de cette dette, fixé initialement à 5 %, grimperait d’un point tous les six mois si l’introduction en Bourse de la société intervenait plus de 12 mois après l’émission, ce qui a été le cas. De quoi expliquer une partie non-négligeable des pertes de l’entreprise, et son intérêt à entrer en Bourse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Catherine Tait, 60 ans, a été désignée mardi présidente-directrice générale du groupe audiovisuel public canadien CBC/Radio-Canada.
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Pour la première fois, une femme est nommée à la tête de l’audiovisuel public canadien

Catherine Tait, 60 ans, a été désignée mardi présidente-directrice générale du groupe audiovisuel public canadien CBC/Radio-Canada.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 19h20
   





                        



   


Il s’agit de la première femme à diriger le groupe audiovisuel public canadien CBC/Radio-Canada. Mardi 3 mars, le ministère de la culture canadien a annoncé la nomination au poste de présidente-directrice générale de Catherine Tait.
Comptant plus de 25 ans d’expérience dans le milieu de la télévision et du cinéma, elle a été nommée pour un mandat de cinq ans par un comité consultatif indépendant, succédant à Hubert Lacroix, en poste depuis 2008.
Transformation numérique
Mme Tait, 60 ans, présidait jusqu’à tout récemment Duopoly, une entreprise de films, de télévision et de contenu numérique. Sa nomination à la tête du groupe audiovisuel public intervient au moment où l’industrie connaît, selon elle, la plus grande transformation de son histoire. 
« Dans cette vague numérique, le rôle du radiodiffuseur public CBC/Radio-Canada n’aura jamais été aussi important pour notre culture, notre dualité linguistique et notre démocratie », a insisté la nouvelle PDG de l’audiovisuel public. Le groupe produit, achète et distribue des programmes canadiens en français, en anglais et dans huit langues autochtones.
« Jamais auparavant le contenu n’a-t-il été aussi exigeant et jamais auparavant les Canadiens n’ont-ils eu autant de choix de contenus (...) et sur toutes les plateformes », a-t-elle fait remarquer, soulignant dans le même temps que jamais « les fausses nouvelles ont-elles été aussi répandues ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ L’homme d’affaires breton a déposé plainte après la diffusion en 2016 d’un portrait-enquête réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo.
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France Télévisions jugé pour diffamation après une enquête sur Bolloré

L’homme d’affaires breton a déposé plainte après la diffusion en 2016 d’un portrait-enquête réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 15h14
   





                        


Le reportage de « Complément d’enquête » « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? » était-il diffamatoire ? France Télévisions, qui l’a diffusé en 2016, ainsi que son auteur en répondent devant le tribunal correctionnel de Nanterre mardi 3 avril. La plainte de l’homme d’affaires, lancée contre X, avait été déposée le 6 juillet 2016 et une information judiciaire ouverte en octobre de la même année.
En cause un portrait-enquête de 72 minutes réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo, diffusé en avril et juillet 2016 sur France 2. Dans ce reportage, qui a reçu le prix Albert Londres en 2017, les journalistes retracent le parcours de l’industriel breton, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes OCB en Bretagne, à la construction de son empire diversifié, en passant par la reprise en main de Canal+ et sa présence en Afrique.
Ils évoquent notamment les activités de la Socapalm, société qui produit de l’huile de palme au Cameroun et dont Vincent Bolloré est actionnaire minoritaire. Des sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres, y témoignent face à la caméra.
« Mauvaise foi »
« Il ne faut pas imputer à Bolloré ce qui lui est étranger », estime Olivier Baratelli, l’avocat de l’entrepreneur. « Traiter un groupe de 59 000 salariés présent dans 143 pays par le prisme déformant de plantations qui appartiennent en réalité à la Socapalm, société dont l’Etat camerounais est actionnaire (majoritaire), c’est faire une présentation tronquée, falsifiée » de la réalité, martèle le conseil, joint par l’AFP.
« On est en droit d’attendre d’un service public autre chose qu’une mise en scène et une dramatisation », estime encore l’avocat, espérant « une condamnation ferme de ce travail journalistique indigne du code de déontologie des journalistes », « volontairement commis de mauvaise foi », selon lui. L’enquête-portrait faisait également mention d’une « prétendue corruption pour l’attribution d’une concession portuaire à Kribi en 2015. (...) De tels propos sont parfaitement inadmissibles », estime M. Baratelli.

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Me Juliette Félix, qui défend les intérêts de France Télévisions, vante au contraire « la très grande qualité de l’enquête de Tristan Waleckx », dénonçant « une procédure-bâillon ». « En témoigne le montant des dommages et intérêts réclamés » par Vincent Bolloré, soit « 450 000 euros ». Devant le tribunal de commerce de Paris, ce sont 50 millions que l’homme d’affaires a réclamés la semaine dernière dans une procédure connexe pour atteinte à ses intérêts commerciaux. La décision est attendue le 12 juin dans ce volet.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.
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« Fake news » : « Appliquer au Web les bonnes pratiques éditoriales des journaux »

Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'Université libre de Bruxelles, ULB)








                        



                                


                            
Tribune. Alors qu’en France les autorités veulent régler le problème des « fake news » par une loi dont le projet a été publié le 21 mars, un groupe d’experts de haut niveau mis en place par la Commission européenne préconise de ne pas légiférer, selon le rapport sur les « fausses informations et la désinformation » qu’il a remis le 12 mars à la commissaire européenne chargée du numérique, ­Mariya Gabriel.
comprendre comment et pourquoi les « fake news » se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement
Qui a raison, qui a tort ? Interroger notre cerveau primaire sur notre attirance pour les « fake news », leur lecture et leur diffusion, aiderait à répondre à la question. Les études qui se penchent sur le phénomène des fausses informations s’attachent à comprendre « pourquoi » telle « fake news » s’est répandue : est-ce délibéré ? Est-ce une simple rumeur qui s’est emballée sans que personne pense à mal ? Y a-t-il une arrière-pensée politique derrière cette rumeur ? Des activistes, un gouvernement ou des robots ont-ils été à la manœuvre ?

Mais comprendre comment et pourquoi elles se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement. Une étude des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (« The spread of true and false news on line », par Soroush Vosoughi, Deb Roy et Sinan Aral, Science n° 359, 9 mars 2018, lien vers PDF en anglais) a justement mesuré, à partir de l’observation des flux sur Twitter et des sites de vérification des faits (fact checking) qui recueillent et classent les fausses nouvelles, les différences entre les modèles de diffusion des « fake news » et ceux des vraies.
« Cascades » de tweets
Une rumeur démarre sur Twitter quand un utilisateur lance un Tweet en la reprenant. On parle de « cascade » lorsqu’un Tweet est repris (« retweeté », RT). Le nombre de cascades est le nombre de Tweet indépendants que génère une rumeur ; la taille d’une cascade...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Reporters sans frontières et ses partenaires lancent un dispositif d’autorégulation pour lutter contre la désinformation et mettre en valeur les médias qui produisent des informations fiables.
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Un label pour redonner confiance dans le journalisme

Reporters sans frontières et ses partenaires lancent un dispositif d’autorégulation pour lutter contre la désinformation et mettre en valeur les médias qui produisent des informations fiables.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 10h37
    |

            François Bougon








                        


Dans ses vœux aux journalistes le 3 janvier, au cours desquels avait été annoncée une loi contre les « fake news », Emmanuel Macron avait évoqué une initiative de Reporters sans frontières (RSF) sur une « forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier ». A l’époque, l’organisation avait été prise au dépourvu par cette mention présidentielle, car la démarche était encore en cours, non officielle.
Trois mois plus tard, mardi 3 avril, la « Journalism Trust Initiative » (JTI) – l’initiative pour la confiance dans le journalisme – est portée sur les fonts baptismaux avec ses partenaires : l’agence France-Presse, l’Union européenne de radio-télévision et le Global Editors Network, une association regroupant des rédacteurs en chef de médias du monde entier.
« Renverser la logique »
Ce projet part d’un constat : « Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies », s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
« Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies », constate Christophe Deloire, secrétaire général de RSF
D’où l’idée, pour distinguer le travail journalistique et renforcer les « tiers de confiance », de « renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations fiables, quel que soit leur statut », poursuit M. Deloire. Et plutôt que de se voir imposer des lois, pourquoi ne pas imaginer un dispositif avec des normes permettant de décerner un label à des médias de qualité, en s’appuyant sur des données telles que la transparence, l’indépendance éditoriale ou la déontologie ? Vaste travail qui promet des débats passionnés et houleux.
Certifier le processus journalistique
Dans un premier temps, RSF lance un processus ouvert à tous ceux qui sont concernés dans le secteur sous l’égide du Comité européen de normalisation. Il ne s’agira pas, souligne RSF, de certifier la production mais le processus journalistique.

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L’élaboration des indicateurs sous l’égide de l’organisme français de normalisation, l’Afnor, et de son équivalent allemand, le DIN, devrait prendre de douze à dix-huit mois.
Une plus grande visibilité
L’objectif à terme est de faire en sorte que les médias certifiés puissent bénéficier d’« avantages concrets ». On pourrait imaginer un traitement privilégié par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, permettant une plus grande visibilité et donc des recettes publicitaires plus importantes. Des contacts ont été établis avec Google et Facebook.

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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.
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Streaming musical : l’outsider Deezer vise l’international pour rattraper son retard

Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Hans-Holger Albrecht, PDG de Deezer, en convient : « Il est vrai que certains de nos compétiteurs ont les poches très profondes », dit-il, dans une allusion à Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA). « Mais, à la fin de la journée, ça [l’argent] ne fait pas tout. Et une forte compétition n’est pas quelque chose de nouveau » dans le streaming musical. Malgré le démarrage en flèche d’Amazon Music, Deezer a « continué à afficher une forte croissance de [son] chiffre d’affaires », affirme M. Albrecht au Monde. « De 25 % entre 2016 et 2017 », précise-t-il, sans confirmer l’estimation des analystes de 300 millions d’euros pour 2017.
Employant 500 salariés, la plate-forme est présente dans 180 pays. « La France représente notre principal marché », affirme le PDG, devant l’Allemagne et le Brésil. Il assure poursuivre son développement en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique, grâce à une forte mise en avant de catalogues et d’artistes locaux.

Selon M. Albrecht, Deezer compte aujourd’hui 14 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Fin novembre 2017, il en déclarait plus de 6 millions payants. Déjà allié d’Orange, qui lui fournit un contingent d’utilisateurs, Deezer a lancé, fin 2017, un partenariat avec la Fnac pour tenter de doper ses abonnements.
Cette plate-forme musicale née en France en 2007, pionnière dans l’aventure du streaming et cofondée par Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, s’est largement fait distancer par Spotify – le suédois, né un an après Deezer, compte désormais 71 millions d’abonnés payants – et doit se livrer à une compétition inégale face aux GAFA. D’ailleurs, sous sa casquette de président du lobby du streaming européen, le Digital Music Europe, le PDG de Deezer avait, en novembre 2017, demandé aux autorités européennes « de faire en sorte que la concurrence soit équitable dans la musique au niveau des régulations et de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ L’ancien footballeur, qui a fêté son 70e anniversaire le 8 septembre 2017, quittera RMC après la coupe du Monde, mettant ainsi un terme à trente-huit ans de carrière dans les médias.
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Après le Mondial 2018, l’animateur Jean-Michel Larqué prendra sa retraite

L’ancien footballeur, qui a fêté son 70e anniversaire le 8 septembre 2017, quittera RMC après la coupe du Monde, mettant ainsi un terme à trente-huit ans de carrière dans les médias.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 21h11
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 22h26
   





                        



   


Jean-Michel Larqué, célèbre journaliste sportif et ancien footballeur, qui officie sur RMC depuis 2001 après une longue carrière de commentateur à la télévision, va prendre sa retraite cet été, a-t-il annoncé, vendredi 30 mars, dans son émission « Larqué foot ».
L’animateur, qui a fêté son 70e anniversaire le 8 septembre 2017 quittera la station après la coupe du Monde, mettant ainsi un terme à trente-huit ans de carrière dans les médias. « Il faut savoir tourner la page », a-t-il dit après avoir pris la décision de quitter la station au début de la saison « sans nostalgie ni tristesse ».
Duo célèbre avec Thierry Roland
Ancien joueur puis capitaine des Verts à Saint-Etienne dans les années 1960 et 1970, et sélectionné à plusieurs reprises en équipe de France, Jean-Michel Larqué fut le premier footballeur français à se reconvertir dans le commentaire sportif, au début des années 1980.
« Je m’en vais avec un record d’audience qui tient toujours », a-t-il observé. Un record établi en 2006 sur TF1 avec Thierry Gilardi, lors de la finale de la coupe du Monde entre l’Italie et la France, suivie par plus de 22 millions de téléspectateurs.
« Jean-Mimi » a longtemps officié comme commentateur sur TF1, formant un célèbre duo avec son ancien complice Thierry Roland, mort en 2012. Sa réplique fétiche (« Tout à fait Thierry ! ») fut rendue célèbre par les sketchs des « Guignols », sur Canal+.
Comme journaliste sportif il a également travaillé sur d’autres chaînes, dont M6 ou Canal+, et a exercé dans la presse écrite, notamment au magazine Onze Mondial, dont il fut directeur de la rédaction. Il avait rejoint la radio RMC en 2001 et y avait lancé l’émission « Larqué foot » en 2002.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ Connu du grand public pour le rôle du président dans l’émission « Groland » de Canal+, l’acteur est mort d’une crise cardiaque, vendredi, à l’âge de 64 ans.
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Le comédien et danseur Christophe Salengro est mort

Connu du grand public pour le rôle du président dans l’émission « Groland » de Canal+, l’acteur est mort d’une crise cardiaque, vendredi, à l’âge de 64 ans.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 06h38
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

Il avançait « sans balises » sauf celles de ses rencontres avec les gens, dansait en parlant et inversement, écrivait des textes ourlés de fine fantaisie en faisant des croche-pieds à la poésie. Quoi qu’il entreprenne, Christophe Salengro libérait des intensités jamais vues, entre humour, pudeur, émotion sans jamais lâcher la barre d’un physique unique qui déployait sous la toise son presque double mètre.

Le comédien, danseur et auteur est mort d’une crise cardiaque vendredi 30 mars, à Paris. Il avait 64 ans. Sa silhouette longue tige, son regard bleu suspendu entre ses grandes oreilles et son charme profond ont irradié dans tous les domaines.
Choc gestuel et textuel
La pub (Gerflor et son célèbre slogan « Et hop ! » au milieu des années 1980, France Télécom), le cinéma (il a joué pour Yves Boisset, Jonathan Demme, Benoît Delépine et Gustave Kervern), la télé avec Canal+ et son émission satirique « Groland » dont il était, depuis 1992, le président « auto-élu à vie et inmourable », selon la Constitution grolandaise, ont profité de son talent multi-outillé. « Il restera président pour l’éternité », a annoncé Canal+ dans un communiqué, et une soirée spéciale pour les 25 ans de l’émission sera diffusée le 14 avril.
Compagnon de création, dès 1985 et pendant plus de trente ans, du chorégraphe Philippe Decouflé, Christophe Salengro a illuminé plus d’une dizaine de pièces et de films sur le fil de scènes fracassantes et inoubliables auréolées par sa grâce d’échassier dansant.
Chacune de ses apparitions – un abat-jour en guise de couvre-chef ou glissé dans une barboteuse –, dilatait le temps autour d’un choc gestuel et textuel frais, inédit, drôle et émouvant. « Philippe m’a permis de développer toute une recherche sur les langues imaginaires auxquelles je suis très attaché, disait Salengro en 2004 à propos du chorégraphe. Et puis j’adore retrouver la bande de potes qui l’entoure....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-15"> ¤ Un sketch à base de mots tordus et de sandwich dans la bouche, mimant les doctes discussions de l’émission culturelle présentée alors par Michel Field.
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<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Ils estiment que le service de vérification des faits de l’UE bafoue « la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière ».
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« Fake news » : des juristes s’inquiètent des contrôles de l’Union européenne

Ils estiment que le service de vérification des faits de l’UE bafoue « la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 13h27
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


La Clinique juridique sur l’Union européenne, un organisme résultant d’un partenariat entre HEC Paris et la New York University School of Law, a déposé, mercredi 28 mars, une plainte auprès du médiateur de l’Union européenne (UE) contre le service de fact checking (« vérification des faits ») de l’UE, qui publie chaque semaine une Disinformation Review. Cette branche du service européen d’action extérieure (SEAE), dirigée par la haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Federica Mogherini, a été créée sur décision du Conseil européen, au printemps 2017. Les chefs d’Etat et de gouvernements s’étaient alarmés de la multiplication de fausses nouvelles pouvant, notamment, influencer des résultats électoraux.

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La Clinique juridique prône la transparence des institutions européennes et le respect des droits des citoyens. Son créateur, le professeur de droit et fiscalité à HEC Paris Alberto Alemanno, a d’abord posé des questions au service du SEAE. Le juriste, alerté par de premières mises en cause de journalistes, a réclamé l’accès aux documents fondant la base juridique du service antidésinformation et l’a interrogé sur sa méthodologie et ses critères de choix. Il lui a aussi demandé si les personnes visées faisaient l’objet d’une notification préalable et avaient le droit de se défendre.
Droit à une procédure régulière
Il en a déduit, explique-t-il, que « l’Union bafoue la liberté d’expression et le droit à une procédure régulière, même si son action part d’une bonne intention ». Le professeur Alemanno estime que la Disinformation Review tente, en réalité, de contrôler des contenus, ce qui peut avoir un effet dissuasif pour le travail journalistique, « pourtant au cœur de la démocratie ». Une menace d’autant plus pernicieuse, à ses yeux, que beaucoup de médias vivent une situation de crise et sont confrontés à des gouvernements de plus en plus hostiles.
Répondre à la crise de confiance dont les médias sont l’objet ? « Oui, répond le juriste, mais pas en violant des droits fondamentaux. Même si les idées exprimées sont parfois désagréables, honteuses, ou carrément fausses. » 
Les plaignants, qui ont envoyé au médiateur un mémoire de treize pages, assimilent les pratiques actuelles des services européens à de la mauvaise gouvernance. Notamment parce qu’ils ne respecteraient pas les standards internationaux en matière de vérification des faits.
La plainte devrait, en tout cas, alimenter les réflexions de la Commission. Elle se prépare à déposer une « communication » et des « options » sur les « fake news ». Elle devrait surtout prôner l’autorégulation et en appeler au bon vouloir des différents acteurs, avec un appel à la transparence des plates-formes et à la sauvegarde de la diversité des médias.

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                La timide réponse de Bruxelles face à la diffusion des « fake news »



Sanctions et responsabilité des plates-formes
Convaincant ? Pas vraiment, estime M. Alemanno, qui se dit « peu optimiste » quant à ce projet. De toutes les pistes actuellement suivies, il dit privilégier celle de l’Allemagne, qui envisage des sanctions contre les auteurs de fausses informations et pointe aussi la responsabilité des plates-formes qui les diffusent.
Le problème est, en tout cas, d’une brûlante actualité… et d’une réelle gravité, ainsi que l’a démontré un séminaire tenu mercredi à Bruxelles. Une enquête annuelle du bureau de consultants en affaires publiques Edelman, qui mesure l’état de confiance des opinions dans vingt-huit pays, indique que 62 % des Européens se disent incapables de faire la différence entre une fausse nouvelle et une vraie. Et que 64 % d’entre eux se montrent inquiets quant à l’utilisation des « fake news » comme armes.

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                « Les “fake news” expriment une défiance à l’égard des élites »



Moins de la moitié des personnes interrogées affirme faire confiance aux médias, mais, dans le même temps, la confiance des Européens dans le journalisme traditionnel et en ligne a augmenté de sept points par rapport à 2017, tandis que la confiance dans les plates-formes (moteurs de recherche et médias sociaux) a diminué de quatre points.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.
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Christophe Salengro, le président de « Groland », l’émission de Canal+, est mort

Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 17h54
   





                        



Christophe Salengro, qui incarnait le président de l’émission de Canal+ « Groland », est mort à l’âge de 64 ans, vendredi 30 mars. Canal+ a « l’immense tristesse d’apprendre la disparition de Christophe Salengro », président de la « présipauté de Groland », figure historique de la chaîne, a annoncé la chaîne dans un communiqué.
« Comédien, danseur, rockeur, Christophe Salengro, “inmourrable” selon la Constitution grolandaise restera président pour l’éternité », poursuit le communiqué, adoptant le ton humoristique qui était la marque de fabrique de l’émission.
« Notre phare s’est éteint. Depuis ce matin, les Grolandaises et Grolandais vivent dans le noir », a aussi écrit sur Facebook Christian Borde, connu sous le nom de Jules-Edouard Moustic, cofondateur de « Groland » en 1992.
Avant d’être une figure de « Groland », Christophe Salengro était aussi danseur au sein de la compagnie DCA de Philippe Découflé.

La nouvelle de son décès a été accueillie avec « une grande douleur » par Philippe Decouflé, dont l’amitié remonte à 1985. « Il restera une des grandes rencontres de ma vie », a confié à l’AFP le chorégraphe avec des sanglots dans la voix, « on a grandi ensemble ».
« C’est un de mes premiers amis dans ce monde parisien de mes débuts, lui arrivait de Lille moi je commençais à faire de la danse, il est venu voir un de mes spectacles et on a tout de suite sympathisé, j’ai eu envie de l’engager pour son corps à la fois droit et maladroit. »

        Rencontre avec Christophe Salengro, en 2016, sur les terres de son enfance :
         

          « A Lens, après les mines, il n’est resté que le foot »



« Je lui ai fait découvrir le plaisir de la scène, c’était une bête de scène, il avait un impact incroyable, c’était une espèce de grand talent naturel », ajoute-t-il.
Malgré la maladie et son hospitalisation depuis 2 ans, Christophe Salengro continuait d’apparaître chaque samedi dans « Groland », « nous avions tourné tellement d’images avec lui que nous en intégrons toujours », a expliqué Moustic. Canal+ lui dédiera la soirée spéciale pour les 25 ans de « Groland » le 14 avril prochain, un hommage particulier lui sera rendu en ouverture dans un « Zapoï » spécial.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ « Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.
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Making of de la Semaine de la presse : « On est surpris qu’il y ait autant de monde pour faire un journal »

« Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 11h22
    |

            Delphine Roucaute








                        



   


Onze élèves de quatrième du collège Henri-IV de Meaux (Seine-et-Marne) ont pris leurs quartiers dans les locaux du Monde, lundi 19 mars. L’objectif : découvrir la manière dont travaillent les journalistes et de se prendre au jeu en devenant, le temps d’une journée, rédacteurs et rédactrices en chef. Au programme : conférence de rédaction animée par les adolescents, afin d’aboutir à la commande d’un sujet à une journaliste.
D’habitude, c’est plutôt le mouvement inverse. Les quelque cent dix journalistes du Monde et de l’AFP qui se sont engagés dans l’éducation aux médias et à l’information au sein de l’association Entre les lignes ont pour mission principale d’intervenir directement dans des classes un peu partout en France. Mais à l’occasion de la Semaine de la presse, la classe — choisie par notre partenaire le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clémi) — est séparée en deux : onze élèves au Monde, treize à l’AFP (vous pouvez également lire le récit de leur journée à la rédaction de l’AFP).
Leur découverte du journal débute, comme toute journée à la rédaction Web, avec la réunion de 9 h 15, où s’engagent entre journalistes des discussions sur les dominantes d’actualité du jour : élection présidentielle russe et réélection de Vladimir Poutine, scandale Cambridge Analytica sur Facebook et annonces du gouvernement sur l’assurance-chômage. Mais les élèves retiennent surtout les échanges sur le calvaire de la jeune fille au pair Sophie Lionnet, au Royaume-Uni, et les débats sur la terminologie à adopter pour présenter Sergueï Skripal, l’ancien agent double empoisonné au Novitchok. Comme pour beaucoup de lecteurs, ce sont les drames et faits divers qui retiennent l’attention, marquent l’imaginaire.
« C’est intéressant de pouvoir partager nos idées »
Leur propre conférence de rédaction débute d’ailleurs par un questionnement sur Nordahl Lelandais. « Ah non c’est bon, moi j’ai vu une émission sur NRJ 12, ça me suffit », rebondit Johan, très en verve. « Mais c’est qui ? », s’interroge Karim. « L’affaire Maëlys ! », lui rétorque-t-on. Le léger silence qui s’ensuit nous permet de mesurer à quel point le sujet est brûlant pour ces collégiens. Bons élèves, les onze adolescents égrènent les quelques sujets qui ont fait les gros titres dernièrement : les Jeux paralympiques, qui « donnent une image positive des handicapés », explique Louanie, mais aussi la rencontre entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Puis émergent des sujets qui manifestement les intéressent plus : le coût et la « pollution » engendrés par la production d’éoliennes, la « tromperie » des aliments bio, qui contiennent aussi des pesticides, le gaspillage alimentaire. C’est bien l’environnement qui est au cœur de leurs préoccupations. Et la méfiance est de mise : « Moi, je ne mange plus de steaks surgelés depuis que j’ai vu un reportage qui explique qu’ils sont faits avec des restes d’animaux », assène Johan. Mais leurs doutes ne vont pas jusqu’à affecter leur vision des fast-foods. « Y’a pas de problème avec les frites, si ? »

Les élèves font maintenant leur propre conférence de rédaction depuis 30 minutes, ils abordent les différents sujet… https://t.co/vcCnhweY4b— BriceLaemle (@Brice Laemle)


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Mais c’est encore le débat sur l’interdiction des smartphones au collège qui déchaîne le plus les passions. Même si la plupart d’entre eux ne l’utilisent qu’en dehors de l’école ou à la récré, ils le gardent dans leur poche toute la journée. « Et comment on fait pour prévenir nos parents si on n’a pas de téléphone ? », interroge Karim, qui possède un portable depuis le CE2. Johan, lui, a un sentiment ambivalent : « Le niveau des élèves a baissé avec le smartphone, ils ont plus de mal à se concentrer. Mais je suis obligé de répondre dès que je reçois un texto. C’est comme notre petit frère ou notre petite sœur », assure-t-il sous le regard interloqué de quelques camarades. « C’est intéressant de pouvoir partager nos idées. J’ai pu raconter que je suis allée en manifestation, alors que ça n’intéresse pas mes amies », souligne Louanie, seule collégienne présente à être tentée par le métier de journaliste.
Parmi tous les sujets évoqués, trois sont sélectionnés par les élèves : l’impact de la pollution sur les animaux, le gaspillage alimentaire et l’interdiction des smartphones au collège. Trois petits groupes se forment alors et s’essayent à la base du travail de journaliste, encadrés par des professionnels : le choix de son « angle », c’est-à-dire la façon d’aborder un sujet, de sélectionner une petite partie de l’histoire pour donner à voir le schéma plus global. L’exercice consiste à poser sur la table toutes les questions que soulève une thématique et de les resserrer petit à petit pour arriver à des sujets très précis. Les élèves sont impressionnés par le résultat.
En une heure et demie, les groupes d’élèves aboutissent à plusieurs propositions d’angles journalistiques : un article pédagogique sur les critères des dates de péremption sur les étiquettes ; un reportage sur l’initiative de frigos en libre-service pour lutter contre le gaspillage alimentaire ; un article qui explique comment on peut interdire concrètement les téléphones au collège ; la pollution de l’eau à Meaux… Là encore, les sujets « environnement » remportent un franc succès. Après un vote à bulletin secret, les élèves choisissent leur sujet de prédilection : la pollution de l’air, un poison invisible pour les animaux en Ile-de-France.
Retour en classe
C’est à Faustine Vincent, journaliste généraliste au Monde, que revient la tâche d’enquêter sur cet épineux sujet. Elle se rend vite compte que le sujet a été assez peu étudié par les scientifiques et qu’il comprend des éléments très techniques, qu’il va s’agir de vulgariser pour les lecteurs. Elle décide finalement de se concentrer sur la notion d’« animal sentinelle » : les animaux étant plus petits et plus sensibles que les humains, ils développent plus rapidement des pathologies liées à la pollution. Etudier les effets des polluants sur eux permettrait donc de faire plus de prévention.
Après écriture, validation, relecture et correction du papier (toutes les étapes sans lesquelles les articles ne sont pas publiés), Faustine est ensuite allée à Meaux expliquer son enquête aux vingt-quatre élèves, notamment la difficulté qu’elle a eue à trouver les rares interlocuteurs ayant travaillé sur le sujet.
« On est très surpris qu’il y ait autant de gens qui travaillent pour faire un journal et publier des articles », réagit Inès, soutenue par ses camarades. C’est vrai qu’avec ses 450 journalistes et 150 articles publiés quotidiennement, Le Monde ressemble à une grande fourmilière qui ne s’arrête jamais de tourner. Et c’est cette idée du journalisme que l’on essaie enfin de transmettre : un travail collectif, toujours remis sur l’ouvrage.

        Lire l’article de Faustine Vincent :
         

          Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme







                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 29/03/2018
Découvrir l’application


                        

Trump s’en prend de nouveau à Amazon, qui dévisse en Bourse

Le président des Etats-Unis a confirmé sur Twitter un article paru la veille dans la presse américaine, qui a provoqué, mercredi, un fort repli de l’action de la société en Bourse



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 07h58
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« Trump, le facteur volatilité » : telle est l’expression utilisée par le site d’information Axios, vendredi 30 mars, pour résumer la fébrilité des marchés financiers face aux prises de position de l’impulsif président des Etats-Unis. Au sein du secteur technologique, l’exemple d’Amazon est frappant. A l’inverse de certaines des précédentes attaques menées contre le mastodonte de la distribution en ligne, un article puis un Tweet publiés mercredi et jeudi ont agité son cours de Bourse à Wall Street, avant la traditionnelle pause du Good Friday (vendredi saint).
« J’ai fait part de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l’élection [présidentielle de novembre 2016]. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et ils traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes pour les Etats-Unis) en provoquant la fermeture de milliers de commerces ! », a tweeté Donald Trump, jeudi.
Mercredi, Axios avait fait sensation avec un article intitulé « Trump déteste Amazon, pas Facebook ». Selon le site, le président n’a pas l’intention de prendre des mesures contre le réseau social de Mark Zuckerberg, visé par le scandale d’exploitation indue de ses données par le prestataire Cambridge Analytica, mais il est en revanche « obsédé » par l’entreprise fondée par Jeff Bezos.
En Bourse, Amazon a fortement baissé mercredi (– 4,38 %), perdant 31,4 milliards de dollars (25,5 milliards d’euros) de capitalisation. Jeudi, il reculait encore de 3,77 %, avant de clôturer en hausse de 1,1 %, réduisant la baisse sur deux jours à 3,34 %.
Les investisseurs se demandent si Donald Trump pourrait prendre des mesures hostiles au géant du commerce. « Il s’est interrogé à voix haute sur les moyens qui pourraient exister pour s’en prendre à Amazon grâce aux lois antitrust ou à la législation sur la concurrence », explique une source anonyme citée par Axios.
Mercredi, la Maison Blanche a assuré n’avoir aucun projet en cours concernant le groupe. Mais le lendemain, Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, s’est montré plus évasif, citant « un certain nombre de propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre [des représentants] et au Sénat ou ont été envisagées par la Chambre et le Sénat ». « M. Trump soutiendrait des efforts de ce genre », a-t-il dit.
Sur le fond, les arguments de M. Trump sur la poste américaine sont contestés, car le transport des colis d’Amazon assure un gros volume d’activité. Sur le plan fiscal, l’entreprise de Seattle collecte depuis avril 2017 des taxes sur les ventes (sales tax) dans tous les Etats américains. Mais ça n’était souvent pas le cas auparavant, ce qui donnait à la vente en ligne un avantage indéniable, dont se plaignaient les distributeurs traditionnels. De plus, certains vendeurs tiers qui utilisent la plate-forme Amazon ne collectent toujours pas cette taxe.
La position de force d’Amazon, qui emploie près de 200 000 personnes aux Etats-Unis et a racheté la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, alimente les discussions sur des mesures liées au droit de la concurrence.
Les premiers Tweet de Donald Trump contre Amazon remontent à 2015. De son côté, Jeff Bezos a parfois riposté, comme en janvier 2017, à propos du texte anti-immigration visant les ressortissants de sept pays musulmans jugés « risqués ». « A nos employés aux Etats-Unis et dans le monde qui pourraient être directement touchés par ce décret, je veux que vous sachiez que toutes les ressources d’Amazon sont derrière vous », avait-il écrit.
Pendant la campagne présidentielle, en 2016, le patron d’Amazon avait semblé défendre Hillary Clinton contre M. Trump, qui imaginait mettre en prison sa rivale s’il obtenait la magistrature suprême : « Dire qu’il pourrait faire enfermer son adversaire écorne notre démocratie sur les bords », avait déclaré M. Bezos au Vanity Fair’s New Establishment Summit. Une fois Donald Trump élu, M. Bezos avait envoyé des signaux plus nuancés : il avait félicité le nouveau président et annoncé qu’il créerait des emplois aux Etats-Unis, ce dont la Maison Blanche s’était félicitée.
Derrière la saillie de Donald Trump contre Amazon, d’aucuns voient surtout des représailles contre le Washington Post, racheté en 2013 par M. Bezos. Comme le New York Times ou CNN, le titre a été à la pointe sur certains sujets embarrassants pour la présidence, notamment les soupçons d’ingérence russe. Le quotidien a aussi révélé que l’homme d’affaires avait accroché une fausse couverture de Time à son effigie au mur de ses clubs de golf. Il a même gagné un prix Pulitzer pour avoir mis en cause la réalité des actions philanthropiques de M. Trump.
Le président des Etats-Unis a d’ailleurs lui-même fait l’amalgame entre Amazon et le Washington Post, insinuant que M. Bezos s’en servait pour jeter l’opprobre sur lui. « L’#AmazonWashingtonPost – que certains surnomment parfois le gardien d’Amazon qui ne paye pas ses impôts (et qui devrait le faire) – est une “fake news” ! », lançait-il dans un Tweet en juin 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ Le gouvernement veut proposer un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus (chaînes payantes ou nouveaux acteurs de la vidéo à la demande). Ce qui devrait permettre de conforter le financement du cinéma français, confronté à l’émergence de Netflix ou Amazon.
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Cinéma : les films bientôt diffusés plus tôt à la télé ou en vidéo à la demande

Le gouvernement veut proposer un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus (chaînes payantes ou nouveaux acteurs de la vidéo à la demande). Ce qui devrait permettre de conforter le financement du cinéma français, confronté à l’émergence de Netflix ou Amazon.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 19h59
    |

            François Bougon et 
Nicole Vulser








                        



   


L’épineux dossier de la chronologie des médias connaîtra-t-il un happy end ? Les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel vont-ils finalement réussir à se mettre d’accord sur une nouvelle version de ce système français qui régit la diffusion des films après leur sortie en salle ? On devrait le savoir d’ici une dizaine de jours.
Jeudi 29 mars, les deux médiateurs missionnés par le ministère de la culture pour tenter de réconcilier une galaxie d’intérêts divergents, voire opposés, ont en effet proposé aux représentants de plus de trente organisations de professionnels du cinéma, des chaînes de télévision et des opérateurs de télécommunication, une nouvelle mouture d’un texte de compromis.
Fin du gel des droits
Un premier scénario présenté le 9 mars par Dominique D’Hinnin, ancien dirigeant du groupe Lagardère, et François Hurard, ex-directeur du cinéma du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), n’avait pas permis de trouver un accord. « On avait vu une fumée ni blanche ni noire, mais toute une nuance de gris », avait commenté un des participants aux discussions. Bon nombre n’étaient pas hostiles au texte mais réclamaient des aménagements.
Plus de 60 % des films pourront être achetés en DVD ou en vidéo à la demande trois mois après leur sortie en salle
Dans l’ultime version que Le Monde s’est procurée, l’idée majeure consiste à faciliter l’accès aux œuvres cinématographiques pour le grand public : plus de 60 % des films pourront être achetés en DVD ou en vidéo à la demande trois mois après leur sortie en salle. Soit un mois plus tôt qu’aujourd’hui. La fin du gel des droits (période pendant laquelle un film ne pouvait pas être acheté en vidéo ou consulté en vidéo à la demande dès qu’il était diffusé sur Canal+) devrait mettre fin à un état de fait qui incitait au piratage. Les producteurs et les créateurs – qui réclament un plan déterminé des pouvoirs publics pour lutter contre ce fléau – sont donc invités eux-mêmes à s’en mêler, quitte à inviter le gouvernement à les accompagner.
Les longs-métrages seront diffusés plus tôt sur les chaînes payantes (six, sept ou huit mois après la sortie en salle sur Canal+, par exemple, contre onze mois aujourd’hui). Idem pour les télévisions gratuites, qui pourront programmer, dans le meilleur des cas, des films dix-sept mois après leur sortie en salle (soit cinq mois plus tôt qu’aujourd’hui).
Par rapport aux propositions précédentes des médiateurs, la première « fenêtre » de diffusion des films en télévision payante a été maintenue à huit mois, et non plus sept mois, après la sortie en salle, les chaînes ayant mis en avant des nécessités de programmation.
Un autre objectif du texte est de donner aux plus de 700 films qui sortent sur grand écran chaque année une seconde vie. Pour mettre au goût du jour cet accord interprofessionnel, qui datait de 2009, les nouveaux acteurs du service de vidéo à la demande par abonnement, Netflix et Amazon, sont pour la première fois pris en compte : s’ils s’engagent à financer le septième art français, ils pourront diffuser des films quatorze mois après leur sortie en salle (contre trente-six aujourd’hui).
Adaptation plus rapide au marché
C’est bien là aussi la préoccupation qui sous-tend le document : conforter le financement du cinéma hexagonal et donner un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus. Un principe qui permettrait, par exemple, à Orange, Ciné + ou Altice de diffuser des films quinze mois après leur sortie en salle et non plus vingt-deux mois. A condition qu’ils ouvrent plus largement leur porte-monnaie.
Un autre objectif de ce projet d’accord est de tenter une adaptation plus rapide au marché. Les chaînes gratuites pourront diffuser des programmes de rattrapage – comme le fait déjà largement Arte. Ce qui permettrait surtout à France Télévisions de mieux exposer le cinéma. Par ailleurs, si aucune chaîne payante n’a acheté les droits d’un film documentaire sorti en salle, comme ceux proposés par Arte ou France 3, ils seront diffusés plus tôt sur ces chaînes.
Les professionnels ont une dizaine de jours pour parapher cette proposition d’accord, l’amender légèrement… ou la rejeter. En tout cas, les médiateurs n’iront pas au-delà de leur mission après la mi-avril. Ils ont dans la manche un atout sérieux : si les acteurs du cinéma et de la télévision n’arrivent pas à s’entendre sur ce dossier, ils auront encore plus de mal à convaincre les députés de défendre leurs thèses dans la future loi sur l’audiovisuel. Et, de façon plus imparable encore, le gouvernement pourra choisir soit le scénario initial de la chronologie des médias dessiné par les médiateurs, soit l’une des deux versions amendées pour légiférer sur ce dossier.



                            


                        

                        

