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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Les présidents des sept départements d’Ile-de-France ont l’intention de voter contre la nomination de Thierry Dallard, proposé par l’Etat comme président du directoire de la Société du Grand Paris.
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Grand Paris Express : la fronde des élus locaux

Les présidents des sept départements d’Ile-de-France ont l’intention de voter contre la nomination de Thierry Dallard, proposé par l’Etat comme président du directoire de la Société du Grand Paris.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h20
    |

            Grégoire Allix








                        



                                


                            

Le futur président du directoire de la Société du Grand Paris (SGP), chargée de réaliser le supermétro de l’agglomération, aurait pu rêver accueil moins agité : les présidents des sept départements d’Ile-de-France ont l’intention de voter contre la nomination de Thierry Dallard, au mieux de s’abstenir, lors du conseil de surveillance prévu lundi 9 avril. Pas de quoi bloquer la décision : l’Etat dispose de la majorité des voix.

Le nom de M. Dallard, un ingénieur normalien de 52 ans, reconnu pour son expérience de la maîtrise d’ouvrage et du financement des infrastructures, a été proposé par l’Etat le 23 mars pour succéder à Philippe Yvin. Ce dernier paye la polémique sur les dérapages de coûts du Grand Paris Express, dont la facture prévisionnelle est passée de 19 milliards d’euros en 2010 à plus de 35 milliards d’euros.
Grave crise de confiance
« Nous ne pouvons pas approuver une nomination pour laquelle nos collectivités n’ont jamais été consultées », explique François Durovray, président (LR) du conseil départemental de l’Essonne. Au-delà du choix de M. Dallard, cette opposition marque une grave crise de confiance entre les élus locaux et l’Etat. En cause : la décision du premier ministre, Edouard Philippe, de retarder de plusieurs années la mise en service d’une grande partie du réseau de 200 km de métro et de 68 gares.
« Nous n’avons jamais obtenu la communication des documents justifiant ces retards », s’étonne M. Durovray. Les présidents des départements et de la région Ile-de-France, qui avaient dénoncé le 22 mars, à l’issue du précédent conseil de surveillance, des « informations scandaleusement lacunaires » et la « désinvolture choquante » de l’Etat, ont adressé un courrier au premier ministre, mercredi 4 avril, pour demander les éléments justifiant les reports de calendrier. Et exiger un audit indépendant sur les comptes et une commission d’enquête parlementaire.
Dans un rapport...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ L’existence d’un partenariat entre la firme et le ministère de la défense américain a été révélée en mars. Une initiative qui déplaît à de nombreux employés de l’entreprise.
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Intelligence artificielle : 3 100 employés pressent Google d’arrêter d’aider le Pentagone

L’existence d’un partenariat entre la firme et le ministère de la défense américain a été révélée en mars. Une initiative qui déplaît à de nombreux employés de l’entreprise.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Environ 3 100 employés de Google ont réclamé, dans une lettre dévoilée jeudi 4 avril par le New York Times, que l’entreprise mette un terme à son partenariat avec le Pentagone. Début mars, Google avait admis publiquement dans les colonnes du magazine Gizmodo qu’elle mettait à la disposition du ministère américain de la défense certaines technologies d’intelligence artificielle (IA).
Ce partenariat s’inscrit dans le projet Maven, un programme lancé en avril 2017 avec l’objectif, expliquait le Pentagone dans une note, de « rendre rapidement intelligible l’énorme volume de données accessibles au ministère de la défense ». 

        Lire aussi :
         

                Un programme de Google aide le Pentagone à analyser les images filmées par les drones



« Un usage non offensif »
Dans un communiqué transmis en mars à la presse américaine, Google avait expliqué fournir au Pentagone des accès à son logiciel ouvert d’apprentissage automatique TensorFlow. L’objectif : l’aider à analyser des images de drones, à des fins de renseignement. L’outil peut par exemple être utilisé pour identifier de manière automatisée des bâtiments, véhicules ou humains figurant sur des photos ou vidéos. Cela permet de surveiller des lieux, ou d’identifier des cibles.
L’entreprise n’avait toutefois pas précisé jusqu’à quel point elle épaulait le Pentagone, dans l’utilisation ou l’éventuelle personnalisation de TensorFlow. Elle avait en revanche assuré, à la suite de critiques, que ses technologies n’étaient destinées qu’à « un usage non offensif », et qu’elle avait créé des « règles et garde-fous autour du développement et de l’usage de [ses outils] d’apprentissage automatique ». Des précautions qui n’ont pas semblé rassurer les employés de Google.
Google et « le business de la guerre »
Les employés signataires ont ainsi invité Sundar Pichai, le PDG de la firme, à « annuler immédiatement » le partenariat établi avec le Pentagone.
« Nous estimons que Google ne devrait pas être impliqué dans le business de la guerre. C’est pourquoi nous demandons à ce que le projet Maven soit annulé, et à ce que Google dessine, publie et mette en place une politique claire, qui précise que ni [elle] ni ses partenaires ne fabriqueront jamais de technologies de combat. »
Le partenariat aurait, estiment les signataires, « causé des dommages irréparables à la marque Google ». « L’argument selon lequel d’autres entreprises comme Microsoft et Amazon participent également ne rendent pas l’opération moins risquée pour Google, est-il écrit dans la lettre. (…) Nous ne pouvons pas [non plus] nous dédouaner de la responsabilité de nos technologies et la laisser peser sur les tiers ».
Ce n’est pas la première fois que les liens entre Google et l’armée sont questionnés. Au début des années 2010, l’entreprise a racheté plusieurs entreprises spécialisées dans la robotique. Parmi elles, Boston Dynamics, qui développe des robots destinés à l’armée, avait été acquise en 2013. Google s’est finalement séparée de la prestigieuse firme à l’été 2017. Eric Schmidt, l’ancien président d’Alphabet, la maison mère de Google, siège par ailleurs dans un comité du ministère de la défense consacré à l’innovation aux Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que Boston Dynamics, le fleuron de la robotique dont se sépare Google ?




Des chercheurs en intelligence artificielle boycottent une université sud-coréenne
Plus de 50 chercheurs influents en intelligence artificielle (IA) et robotique ont annoncé qu’ils boycotteraient une université sud-coréenne, la Kaist, en cessant tout contact et collaboration académique avec elle. L’université est accusée de participer au développement d’armes guidées par des systèmes d’IA, sans contrôle humain, rapportait le média local The Korean Times. Des affirmations démenties par Sung-chul Shin, le président de l’université. Dans un communiqué publié par Times Higher Education, il affirme que la Kaist « ne conduit aucune activité de recherche allant à l’encontre de la dignité humaine, y compris des armes autonomes ».
Du lundi 9 au vendredi 13 avril, les responsables des Etats membres de l’ONU doivent se rencontrer à Genève en Suisse pour discuter de la mise en place d’éventuelles restrictions sur les « robots-tueurs ».





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Bertrand Camus, dirigeant du groupe Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.
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« La qualité de l’eau au robinet a un coût »

Bertrand Camus, dirigeant du groupe Suez et président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, s’insurge dans une tribune au « Monde » contre le procès fait à « l’eau trop chère », rappelant que les services indispensables à son traitement, à sa distribution et à sa dépollution ont un prix.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 15h54
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 18h10
    |

Bertrand Camus (Président de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau)







                        



                                


                            

Tribune. En France, l’eau distribuée présente une qualité en permanence conforme pour plus de 97 % des consommateurs. Ce chiffre est extrêmement encourageant. Il ne faut pourtant pas perdre de vue que près de 2 millions de Français boivent une eau parfois non conforme, principalement dans les territoires ruraux et de montagne. Dans les zones les plus rurales, le taux de non-conformité est vingt fois supérieur à celui des zones les plus urbaines.
La qualité de l’eau au robinet n’est pas un fait acquis. Dans ce contexte, les débats faisant de la réduction du prix l’alpha et l’oméga de la gestion des services d’eau sont démagogiques. Ils diffusent l’idée reçue selon laquelle l’eau serait une ressource inépuisable, de qualité égale sur l’ensemble du territoire et qui pourrait donc être quasiment gratuite. La réalité est que si l’eau est gratuite dans le milieu naturel, les services indispensables à son traitement, à sa distribution puis à sa dépollution ont un coût : c’est le prix de la qualité.

Combattons d’abord un faux problème : des études comparatives menées à l’échelle européenne démontrent qu’avec une moyenne proche de 4 euros pour 1 000 litres, le prix du service de l’eau est plutôt bas en France au regard de son haut niveau de qualité. De fait, les pays où les services d’eau sont vraiment moins chers ont accumulé des retards inquiétants dans la modernisation de leurs infrastructures. C’est le cas de l’Italie en particulier, où l’hypothèse d’une interruption de la distribution d’eau pour les Romains durant l’été 2017 a fortement inquiété.
Rappelons, ensuite, que les acteurs et les observateurs habilités (Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD), Agence française pour la biodiversité, agences de l’eau) préconisent un prix reflétant, pour chaque service, une gestion responsable et préservant le pouvoir d’achat des Français.
0,8 % du budget des ménages
C’est aujourd’hui le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ En fusionnant les instances représentatives du personnel, le gouvernement fragilise l’assise géographique des syndicats, note Eric Ferreres, consultant en ressources humaines, dans une tribune au « Monde ».
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« L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial est menacé »

En fusionnant les instances représentatives du personnel, le gouvernement fragilise l’assise géographique des syndicats, note Eric Ferreres, consultant en ressources humaines, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h22
    |

Eric Ferreres (Consultant en ressources humaines)







                        



                                


                            

Tribune. L’une des conséquences prévisibles de la fusion des instances de représentation du personnel (IRP) instituée par les ordonnances Macron réformant le code du travail sera de diminuer considérablement le nombre d’élus. Selon Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, entre « 150 000 et 200 000 personnes vont perdre leur mandat ».
Or, le fonctionnement des unions syndicales locales, départementales ou régionales repose pour une large part sur des élus du personnel syndiqués qui utilisent une partie de leurs heures de délégation pour occuper des responsabilités nécessaires à l’activité de ces unions. L’avenir du syndicalisme interprofessionnel territorial, et par là même une certaine forme de régulation sociale, est ainsi menacé.
Un lieu d’accueil
Ces unions sont des structures clés des syndicats, issues du modèle et de l’expérience des Bourses du travail qui se sont développés à la fin du XIXe siècle. Les Bourses du travail étaient l’expression d’un regroupement interprofessionnel sur une base géographique, permettant au syndicalisme d’avoir un cadre d’action recouvrant une dimension horizontale. Dans cette filiation, les organisations territoriales syndicales manifestent une solidarité dépassant les diversités des professions pour s’inscrire dans des rapports de proximité et de solidarité interprofessionnelle sur une base géographique.

Elles sont les héritières de la double dynamique originelle du syndicalisme français. La première était d’unir les travailleurs sur la base de leur activité professionnelle, d’où les syndicats d’entreprise et les fédérations ; la seconde était de créer ce lien sur une identité ancrée dans un territoire. C’est d’ailleurs la rencontre de ces deux mouvements qui a permis la création de la première organisation syndicale, la Confédération générale du travail (CGT) en 1895 à Limoges.

Ces structures de proximité sont des lieux de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Un ex-avocat du groupe français détaille le « pacte de corruption » passé avec l’ancien président.
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Jacob Zuma et Thales rattrapés par la justice sud-africaine

Un ex-avocat du groupe français détaille le « pacte de corruption » passé avec l’ancien président.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h39
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

Pour la troisième fois, Jacob Zuma se retrouve devant un tribunal aux côtés d’un fleuron français de l’armement, pour la même affaire de corruption. Vendredi 6 avril, l’ex-président sud-africain et le groupe Thales doivent comparaître à Durban : le premier est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin du second en marge d’un important contrat d’armement signé en 1999. Il risque quinze ans de prison dans cette affaire où depuis peu, deux ex-chefs d’Etat français sont cités par un ancien avocat de Thales.
L’affaire n’est que l’un des multiples scandales qui ont contraint Jacob Zuma à démissionner de la présidence, mi-février. Elle constitue néanmoins le fil rouge de sa carrière politique, rythmée par les abandons et les rétablissements successifs de l’instruction. Inculpé en 2005, puis à nouveau en 2007, il a été relaxé en avril 2009 pour vice de forme. Soit quelques semaines seulement avant d’accéder à la présidence. Cette fois, ses détracteurs espèrent que la multitude de preuves et la longue liste de témoins déboucheront enfin sur une condamnation.

A l’origine du scandale dans les années 2000, un brouillon de fax. Exhumé d’une poubelle par la secrétaire lésée d’un patron tyrannique, il se retrouve dans la presse et entre les mains de la police. Le document, envoyé de manière cryptée depuis l’Afrique du Sud par Alain Thétard, alors directeur de la filiale locale de Thales, vers la maison-mère à Paris, fait état d’une rencontre « privée » entre lui et « J.Z. » en mars 2000. Ce dernier, très vraisemblablement Jacob Zuma, aurait requis un « effort » de la part de Thales, chiffré à 500 000 rands par an (environ 79 000 euros à l’époque), en échange de sa « protection » en cas de poursuite et de son « soutien permanent pour les projets futurs ».
Trois cents millions de pots-de-vin
A l’époque, la révélation de ce présumé « pacte de corruption » provoque le premier gros scandale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Le sociologue Jean-Claude Barbier conteste, dans une tribune au « Monde », l’aggravation des sanctions et des contrôles envisagée par le gouvernement, et le soupçonne de viser une politique démagogique plutôt qu’une mesure efficace.
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« “Punir les chomeurs” est surtout un signal politique envoyé par les gouvernements »

Le sociologue Jean-Claude Barbier conteste, dans une tribune au « Monde », l’aggravation des sanctions et des contrôles envisagée par le gouvernement, et le soupçonne de viser une politique démagogique plutôt qu’une mesure efficace.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
    |

Jean-Claude Barbier (Directeur de recherche émérite  au CNRS à l’université ­Paris-I - Panthéon-Sorbonne)







                        



                                


                            
Tribune. Le principe de l’indemnisation des chômeurs est le même ­depuis l’invention des caisses d’assurance (mutualistes ou municipales) en Allemagne au XIXe siècle. Les chômeurs s’assuraient collectivement, mais vérifiaient ­également (avec les employeurs, quand ces derniers participaient à la gestion des caisses) que les assurés cherchaient effectivement du travail. En 1896, à Cologne, les assurés ­devaient ainsi « pointer » deux fois par jour. On ne pouvait pas se permettre d’avoir des tricheurs.
Le gouvernement Philippe a ­relancé une vieille antienne, comme tant de ses prédécesseurs
Ce principe a persisté avec l’adoption, dans plusieurs pays, de ce qu’on a appelé le « système de Gand », du nom de la ville belge où il fut mis en pratique : la caisse est gérée par les syndicats de chômeurs, lesquels s’autocontrôlent entre eux, en quelque sorte. Le Danemark, malgré les réformes récentes, est resté proche de ce principe. En France, en revanche, le contrôle de la recherche d’emploi n’est pas le fait des chômeurs ou de leurs représentants syndicaux, mais de l’administration.
Or le gouvernement Philippe a ­relancé une vieille antienne, comme tant de ses prédécesseurs : il entend accroître la sévérité des sanctions et annonce la multiplication des contrôles. La séparation entre sanctions administratives (radiation pour absence à un rendez-vous de ­contrôle) et sanctions prononcées par le préfet va disparaître, et avec elle une garantie pour les chômeurs.
« Fraudeurs nocifs »
Les citoyens peu informés peuvent penser que les contrôles et les ­sanctions sont justes et efficaces. Mais, pour savoir si c’est le cas, il ­faudrait disposer d’études précises à ce sujet. Or ni l’Unédic ni le gou­­­­ver­nement n’ont fourni, depuis 1991, de ­décompte du nombre de sanctions, ou évalué leur efficacité. Cette loi du silence reste un des grands scandales du secteur social français. Les chercheurs en sont ­réduits à des conjectures, ou...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».
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« Il faut revoir les outils de régulation du CSA »

L’autorité publique doit délaisser son pouvoir de nomination au profit d’une action de corégulation étendue aux plates-formes numériques, analyse Jean Spiri, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
    |

Jean Spiri (Conseiller régional (LR) d’Ile-de-France, ancien conseiller de Michel Boyon, ex-président du CSA)







                        



                                


                            
Tribune. Quelque 1 % de l’activité, 90 % de la lumière – et des ennuis. C’est ainsi que le pouvoir de nomination des présidents de l’audiovisuel public a toujours été vu au Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA). Il en va de même pour le respect du pluralisme, ces décomptes du temps de parole qui, dans l’imaginaire collectif, transforment tout agent du CSA en chronomètre tatillon. Enfin, le CSA ne serait pas lui-même sans cette réputation de « censeur » (par définition fausse puisqu’il intervient a posteriori) qui a nourri la martyrologie de tant d’animateurs et de chaînes.
Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus
Que le CSA ait été à l’origine du succès du déploiement de la TNT, que son rôle de régulateur économique s’affirme, que son impact sur la société ne se limite pas à des sanctions médiatiques, n’empêche pas la question récurrente : « A quoi sert-il ? » C’est pourquoi il devrait se défaire de cette prérogative de nomination si encombrante pour mieux se concentrer sur de nouvelles missions.
Car c’est tout le système actuel de régulation qui n’est plus tenable, avec une intervention forte pour un contenu diffusé sur un canal hertzien, mais faible pour le même contenu diffusé sur une plate-forme. Ce qui fondait la régulation audiovisuelle, la rareté des fréquences, n’existe plus. Ce qui doit la fonder désormais, c’est la gestion de la multitude. Pour cela, il faut revoir les outils de régulation du CSA et s’orienter vers ce que les Anglo-Saxons pratiquent sous le nom de co­régulation.
Outils juridiques
Coréguler, cela veut dire négocier avec tous les acteurs des contenus pour qu’ils acceptent de se soumettre à des règles – et transposer au mieux les règles dans cet univers. Construire ensemble les outils pour répondre aux impératifs publics, s’assurer que la puissance publique contrôle bien – et que le privé accepte de se soumettre à sa régulation.
on ne peut se contenter d’imposer...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ L’ancien président de Radio France, qui conteste la décision auprès du Conseil d’Etat, pourrait emporter une victoire symbolique et des indemnités.
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Radio France : Mathieu Gallet a déposé un recours contre sa révocation par le CSA

L’ancien président de Radio France, qui conteste la décision auprès du Conseil d’Etat, pourrait emporter une victoire symbolique et des indemnités.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h49
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h15
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


Comme il l’avait laissé entendre, Mathieu Gallet n’a pas renoncé à faire casser la décision qui l’a écarté, à la fin de janvier, de la présidence de Radio France : il a déposé le 30 mars un recours auprès du Conseil d’Etat contestant le choix du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) de le démettre de ses fonctions, a révélé le site de BFMBusiness jeudi 5 avril.
M. Gallet ne pourra dans tous les cas pas retrouver son poste, qui doit être attribué à un successeur au plus tard le 14 avril. Mais il peut contribuer à « défendre son honneur », après sa condamnation à un an d’emprisonnement avec sursis et à 20 000 euros d’amende pour favoritisme lorsqu’il était à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), entre 2010 et 2014. Une peine dont il a fait appel.

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Mathieu Gallet pourrait en outre toucher des indemnités, en compensation de l’interruption de son mandat, qui courait théoriquement jusqu’en mai 2019 : selon BFMBusiness, il pourrait espérer entre 223 000 et 270 000 euros. « Je souhaite que le droit soit dit, tout simplement », avait-il expliqué en février au Figaro.
L’argument de l’indépendance
Sur le fond, Mathieu Gallet a quelque chance d’avoir gain de cause. Notamment sur l’argument de l’indépendance, principe garanti pour les médias dans la Constitution : le CSA avait en effet invoqué dans sa décision l’état des relations entre le président de Radio France et ses autorités de tutelle.
« Pour assurer dans de bonnes conditions la gestion et la tutelle d’une société possédée à 100 % par l’Etat actionnaire, il importe, dans le respect strict de la liberté de communication, que les relations d’échange et de dialogue entre les représentants de l’Etat et le PDG de la société soient denses, confiantes et permanentes ; que l’ensemble de ces conditions sont nécessaires au bon fonctionnement du service public audiovisuel. »
Ce passage faisait référence aux déclarations de la ministre de la culture, dont dépend Radio France. Françoise Nyssen avait ainsi déclaré le 16 janvier au Monde :
« Un dirigeant d’entreprise publique condamné pour favoritisme, ce n’est pas une situation acceptable. Il appartient à l’intéressé d’en tirer les conséquences, ainsi qu’au Conseil supérieur de l’audiovisuel, légalement compétent. »
Selon les défenseurs de M. Gallet, l’hostilité du gouvernement ne peut pas en soi être un critère qui fonde la destitution d’un dirigeant d’audiovisuel public par une autorité administrative comme le CSA. D’autres arguments juridiques pourraient être avancés devant le Conseil d’Etat.
La procédure engagée par le CSA était inédite. Mise sous pression par l’exécutif, l’autorité a dû se fonder sur des dispositions légales qui ne définissent que de façon très succincte les conditions d’une révocation, laissant une part d’interprétation.
Si la révocation de M. Gallet était cassée, ce serait un revers pour le CSA, mais aussi pour Françoise Nyssen, qui a choisi de s’impliquer personnellement dans ce dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le gouvernement veut vendre les deux entreprises stratégiques sans lâcher tout contrôle. Sa solution : la régulation. Cependant, cette piste a montré récemment des limites.
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FDJ et ADP : des privatisations à risques

Le gouvernement veut vendre les deux entreprises stratégiques sans lâcher tout contrôle. Sa solution : la régulation. Cependant, cette piste a montré récemment des limites.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h31
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h14
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Chronique. Bruno Le Maire en est ­convaincu : « Ce n’est pas le rôle de l’Etat de s’occuper du Loto, un opérateur privé peut le faire aussi bien. » Le ministre de l’économie a, pour la première fois, affiché clairement son ­intention de privatiser la Française des jeux (FDJ), mercredi 4 avril, lors d’une séance nocturne de questions à l’Assemblée nationale. Formellement, l’opération n’est pas décidée. Mais le scénario se précise de jour en jour : l’Etat devrait vendre l’essentiel des 72 % qu’il détient, tandis que les actionnaires minoritaires « garderont leurs titres », a indiqué le ministre, qui n’hésite plus à employer le futur. La part des salariés (5 %) pourrait être accrue. Et, grande nouveauté, l’Etat créera « une autorité de régulation, qui appliquera des contrôles à l’ensemble des jeux. »

C’est toute la difficulté des privatisations à venir. Dans l’absolu, le gouvernement juge que l’Etat s’occupe encore « de tout et n’importe quoi », et adorerait grappiller quelques milliards en vendant des actifs. Mais beaucoup ont déjà été ­cédés. Ce qui reste dans le portefeuille public est souvent sensible, et ne peut être abandonné – du moins pas sans précautions. Bruno Le Maire l’a martelé mercredi : pas question de privatiser les grands services publics comme la SNCF ou La Poste, ni les entreprises « de souveraineté » liées au nucléaire ou à la défense, telles qu’EDF, Orano (ex-Areva), Thales ou Naval Group. Quant à la FDJ et Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris), ce sont des sociétés « stratégiques », a reconnu le ministre. ADP constitue une « porte d’entrée en France », tandis que la FDJ dispose du monopole des jeux de tirage et de grattage, et des paris sportifs dans le réseau physique. Des domaines à risques en matière d’addiction et de blanchiment d’argent sale.
Les limites de la régulation
Pour vendre de telles entreprises stratégiques sans lâcher tout contrôle,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ L’ex-PDG du groupe français a défendu sa probité et la pertinence de l’opération réalisée en 2014. « Sans la vente à GE, cela aurait été un bain de sang social », a affirmé M. Kron.
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Rachat d’Alstom par GE : Patrick Kron ne convainc pas les députés

L’ex-PDG du groupe français a défendu sa probité et la pertinence de l’opération réalisée en 2014. « Sans la vente à GE, cela aurait été un bain de sang social », a affirmé M. Kron.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h16
    |

            Jean-Michel Bezat








                        



   


Quatre ans après l’annonce de la vente des activités énergie d’Alstom à l’américain ­General Electric (GE) pour 12 milliards d’euros, la polémique n’est toujours pas éteinte.
L’ex-PDG du groupe français, Patrick Kron, a dû défendre la pertinence de l’opération, mercredi 4 avril, devant la commission d’enquête parlementaire chargée d’exa­miner les décisions de l’Etat en matière de politique industrielle (Alstom, Alcatel, STX…). Sans la convaincre.

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Et d’abord de sa probité. Des élus de droite et de gauche, mais aussi Arnaud Montebourg, ministre de l’économie au moment du rachat, et même Emmanuel Macron, son successeur, ont accusé M. Kron – sur la base de soupçons plus que de preuves – d’avoir vendu Alstom à GE pour s’éviter des poursuites de la justice américaine dans une affaire de corruption. L’un de ses ex-cadres dirigeants, Frédéric Pierucci, purge encore une peine de prison aux Etats-Unis et le groupe a finalement transigé et payé fin 2014 une amende de 772 millions de dollars au Trésor américain.
« Insinuations infondées »
Une accusation que M. Kron qualifie d’« incroyable rumeur ». « Je n’ai jamais subi quelque pression que ce soit, je n’ai jamais été exposé à aucun chantage de quelque juridiction que ce soit, ni des Américains ni d’aucune autre juridiction, a-t-il déclaré sous serment. Ces insinuations sont infondées, elles sont insultantes à mon égard comme d’ailleurs à l’égard de l’ensemble des administrateurs qui ont soutenu à l’unanimité ce projet. »
« Chaque jour qui passe conforte la pertinence de l’analyse qui avait été faite sur le risque que le statu quo faisait courir au groupe », ­explique Patrick Kron au Monde.
S’il a cédé Alstom Power, a-t-il une fois de plus plaidé devant les députés, c’est parce qu’il n’avait plus d’autre solution industrielle. « Chaque jour qui passe conforte la pertinence de l’analyse qui avait été faite sur le risque que le statu quo faisait courir au groupe », ­explique-t-il au Monde. Face à la concurrence de GE, de l’allemand Siemens et de nouveaux concurrents, notamment chinois, « Alstom n’avait plus la taille critique » dans les grosses turbines, ni la force de frappe financière pour accompagner des clients réclamant des préfinancements à leurs fournisseurs.
Au cours des cinq dernières années, le marché mondial des ­grosses turbines de centrales électriques de plus de 100 mégawatts de puissance s’est effondré. La demande est tombée à 110 unités par an pour des capacités de production d’environ 400 turbines, selon une estimation de Siemens. Le conglomérat allemand et GE ont déjà supprimé des milliers d’emplois dans ces activités ces deux dernières années. « Sans la vente à GE, cela aurait été un bain de sang social », affirme M. Kron.
Notamment sur le site historique de Belfort, où Alstom fabriquait ces turbines. L’usine a bénéficié du rapatriement de certaines commandes venant du site américain de GE, rappelle M. Kron.
Une fusion-acquisition jugée « très décevante »
Pour l’heure, les ex-salariés d’Alstom sont relativement protégés par l’accord de fusion : le géant américain s’est engagé à créer 1 000 emplois nets en France d’ici à fin 2018, dans l’énergie ou ses autres activités. Pour le reste, c’est l’inconnu. A Grenoble, pôle de référence d’Alstom dans la conception et la fabrication de turbines pour barrages hydrauliques, GE prévoit de supprimer 313 emplois sur 800. Un plan de sauvegarde de l’emploi suspendu par l’administration.

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Depuis trois ans, GE traverse une passe difficile, en raison des difficultés de ses branches énergie électrique, et pétrole et gaz. L’hypothèse d’un démantèlement du conglomérat de Boston (Massachusetts) n’est même plus écartée par son PDG, John Flannery.

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Patron des fusions-acquisitions de GE en 2014, il avait été l’un des principaux négociateurs de l’opération Alstom. Il la qualifiait alors de « hautement stratégique » dans un secteur aux « excellentes perspectives de croissance à long terme ». Il la juge désormais « très décevante » et assure qu’il paierait Alstom « beaucoup moins cher » aujourd’hui. Ce qui fait peser une lourde hypothèque sur l’emploi des ex-Alstom.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Au SIDO, le Salon des objets connectés de Lyon, la smart city a remplacé brosses à dents intelligentes et godemichés 2.0. Mais les questions de vie privée et de sécurité demeurent.
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L’industrie des objets connectés veut en finir avec « l’ère des gadgets »

Au SIDO, le Salon des objets connectés de Lyon, la smart city a remplacé brosses à dents intelligentes et godemichés 2.0. Mais les questions de vie privée et de sécurité demeurent.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h15
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 12h33
    |

            William Audureau








                        



   


Brosse à dents, bouteille de vin, robinet, balle de golf, drone, sex-toy ou encore cocotte-minute… il y en avait autrefois de tous les genres, de toutes les couleurs, du plus professionnel, parfois, au plus incongru, souvent. C’était à Lyon, en avril 2015, à la première édition du Showroom de l’intelligence des objets – ou SIDO, le Salon de l’Internet des objets (IoT – Internet of Things, en anglais). Deux ans plus tard, le jeune congrès tient sa troisième édition les mercredi 4 et jeudi 5 avril à la Cité internationale, et le discours a bien changé : bye-bye les facéties de jeunesse, l’IoT se veut désormais une industrie respectable.

        Voir le portfolio :
         

          Brosse à dents, brassière, robinet... Les objets connectés, pour quoi faire ?



« On en a fini avec l’ère des objets connectés gadget, du tourisme technologique, et c’est tant mieux. Nous sommes maintenant dans l’ère des applications professionnelles sérieuses », clame ainsi Laurent Félix, du cabinet de conseil Wavestone, lors d’une table ronde. Pierre-Damien Berger, coordinateur des projets européens du Laboratoire d’électronique et de technologie de l’information (LETI) de Grenoble et secrétaire national du réseau « French Tech », évoque d’un ton rassurant des « marchés feu de paille qui sont derrière nous ».
Présentée en fanfare au milieu des années 2010, la première génération d’objets connectés avait été surtout remarquée pour son utilité incertaine et son caractère intrusif. Interrogé par Le Monde, Pierre-Damien Berger donne l’exemple d’une balance connectée mal conçue. « L’utilisateur envoyait des données sensibles comme son poids et sa masse dans le cloud, sans le savoir ni même en avoir un bénéfice. C’était une erreur du constructeur. » Des aberrations de conception qui pouvaient concerner des objets extrêmement intimes, comme des vibromasseurs.

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Autre faille des premiers objets connectés : leur forte vulnérabilité aux attaques informatiques, un défaut bien loin d’être résolu. Pierre-Damien Berger évoque des erreurs liées aux balbutiements du marché. « Avant, il ne fallait surtout pas qu’il y ait de sécurité, en termes de retour sur investissement et de prix. Mais quand on travaille avec des acteurs comme l’armée ou l’industrie, le cahier des charges ne plaisante pas sur ces sujets », jure-t-il. Et de fait, les nouveaux clients du monde de l’IoT sont d’un tout autre registre que les geeks curieux. Routes, chantiers, voies ferrées et immeubles connectés : voilà leurs nouveaux axes de développement.
Le rêve du tout-interconnecté
Le dessin de la ville 2.0 a commencé à prendre forme dès 2017, année de livraison des premiers immeubles connectés. Cette année-là, la ville américaine de Columbus (Ohio) a également mis en place la première intersection automobile intelligente. De son côté, la SNCF a procédé depuis 2016 au déploiement de 20 000 capteurs sur ses rails et ses trains pour faciliter et accélérer leur maintenance.
Et ce n’est encore qu’un début : à l’image de la 5G, dont le déploiement doit commencer en France à partir de 2020, les infrastructures nécessaires à la « smart city » commencent seulement à voir le jour. Avec la généralisation d’une connexion ambiante à très haut débit, Lionel Rudant, responsable marketing stratégie du LETI, anticipe un monde dans lequel le contrôle à distance en temps réel deviendra la norme, par exemple pour piloter depuis un bureau, en réalité virtuelle, une machine de chantier.

   


Le projet Telecom Infra, lancé en 2016 par Facebook, en collaboration avec Nokia, Intel ou encore Deutsch Telekom, réfléchit déjà aux plates-formes ouvertes de demain, tandis que les satellites SpaceX, d’Elon Musk, et OneWeb, d’Airbus, doivent prendre leur envol cette année pour offrir de nouveaux points de couverture en très haut débit. L’avenir, estime Lionel Rudant, est non seulement au tout connecté, mais à l’interconnecté, à l’image de l’automobile, fer de lance de cette révolution :
« Toutes les voitures partagent en permanence leurs informations sur leur position ou leur vitesse. Dans un second temps, les véhicules partageront leurs infos de capteurs Lidar [technique de mesure à distance fondée sur l’analyse d’un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur, à la manière d’un radar]. Encore un peu plus loin, on partagera des intentions. L’ultime étape, c’est d’avoir de la coordination fine entre véhicules. »
« Il ne faut pas que ce soit intrusif »
La question des données reste toutefois centrale. D’un point de vue économique, d’abord. « La donnée est le nerf de la guerre, rappelle Laurent Félix. Il y a de la data publique. Cette donnée est un bien commun. Et c’est à celui qui l’exploitera le mieux. » Mais aussi du point de vue de la protection des données et du respect de la vie privée, sur lequel l’industrie, souvent prise en défaut, promet avoir progressé.
« Dans le futur, tous les objets qui peuvent être connectés seront connectés », annonçait encore en 2015 Mario Campolargo, alors directeur de la division réseaux du futur de la Commission européenne, en ouverture de l’événement. « On n’est pas sur le tout-équipé, mais sur l’“équipé au bon endroit au bon moment”. La confiance est essentielle, il ne faut pas que ce soit intrusif », tempère aujourd’hui Vanessa Chocteau, directrice du programme French IoT de Docapost, qui travaille sur des immeubles connectés et une numérisation du carnet de santé.
Les données médicales, notamment, sont les plus sensibles. Pas question de les partager sans l’aval de leur propriétaire, jure Vanessa Chocteau, qui évoque une approche privacy by design (la protection de la vie privée est intégrée au cahier des charges), avant de nuancer :
« C’est un débat très clivant. Si cela aide la recherche médicale, sur des pathologies lourdes, que c’est encadré par les professionnels et que c’est pertinent, pourquoi ne pas vendre des données médicales ? Il faut regarder la question du sens. »

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Point d’interrogation sur la sécurité
Quid, enfin, de l’adoption par les utilisateurs ? Pour Laurent Félix, il s’agit avant tout d’une question de mentalité et de vieilles résistances :
« Beaucoup de solutions sont aujourd’hui rejetées par la génération silver [c’est-à-dire les personnes âgées], ils n’ont pas grandi avec ça. La génération des aidants est la première à avoir grandi avec les smartphones et sera la première à avoir un avis. On est tous très partagés sur cette problématique. Il faut poser un cadre. » 
Lui-même voit dans les immeubles connectés un intérêt non pas environnemental (le contrôle en continu de la consommation énergétique) mais sécuritaire (la possibilité de surveiller son logement par des portes d’entrées et des caméras connectées). Quant à l’industrie, elle peut trouver dans l’IoT un moyen de surveiller ses sous-traitants en temps réel, précise-t-il.
La question de la sécurité informatique, elle, n’a que rarement été abordée, alors que les tentatives d’intrusion de bâtiments équipés d’Internet (centrale, hôpital, etc.) se sont multipliés ces dernières années, et que l’on sait les voitures connectées piratables depuis 2015. Un problème dont l’industrie a bien conscience, promet Pierre-Damien Berger, qui met en avant le talent des ingénieurs français : « Les truands et les terroristes nous ont toujours habitués à trouver les failles, à nous d’être meilleurs qu’eux. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Au total, l’ancien directeur général de la maison-mère de SFR a quitté l’entreprise avec un « package » de 9,4 millions d’euros, 6 millions pour rupture de contrat et 3,4 millions de rémunération pour 2017.
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Le prix du départ de Michel Combes : 6 millions d’euros versés par Altice

Au total, l’ancien directeur général de la maison-mère de SFR a quitté l’entreprise avec un « package » de 9,4 millions d’euros, 6 millions pour rupture de contrat et 3,4 millions de rémunération pour 2017.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 12h06
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 12h40
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Michel Combes ne sera pas parti les mains vides. L’ancien directeur général d’Altice, débarqué du groupe de Patrick Drahi en novembre 2017, va toucher une compensation totale de 6 millions d’euros.
Ce montant comprend notamment la rémunération fixe et variable de son préavis, et un accord financier couvrant les risques juridiques qu’auraient pu engendrer cette démission, selon le rapport de rémunération publié par Altice le 4 avril 2018. « Il s’agit d’une partie des conditions prévues contractuellement incluant notamment une part variable réduite par rapport aux conditions initiales », commente un porte-parole du groupe.
Congédié en novembre 2017
Cette somme sera soumise à la prochaine assemblée générale des actionnaires du groupe et vient s’ajouter aux 3,4 millions d’euros que l’ancien dirigeant a perçu au titre de ses fonctions l’an passé.
Pour mémoire, l’ancien patron de SFR – qui s’est rapidement reclassé chez l’opérateur Sprint où il occupe un poste de directeur financier – avait été brutalement congédié le 9 novembre 2017. Il avait fait les frais des mauvais résultats de l’opérateur français, qui avaient entraîné une forte chute du cours de Bourse. Désireux de regagner la confiance des investisseurs, Patrick Drahi avait au même moment repris les rênes de l’entreprise.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Lancée il y a quinze ans, cette devise locale, la plus célèbre d’Allemagne, semble marquer le pas du fait de la bonne santé de l’économie.
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Le développement du chiemgauer, la monnaie bavaroise, s’est tari

Lancée il y a quinze ans, cette devise locale, la plus célèbre d’Allemagne, semble marquer le pas du fait de la bonne santé de l’économie.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h55
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Quinze ans après son lancement, le chiemgauer, la monnaie locale de la région du Chiemgau, dans le sud de la Bavière (Allemagne), semble avoir atteint son acmé : 3 100 utilisateurs et 561 entreprises l’ont utilisé en 2015, pour un chiffre d’affaires total échangé en chiemgauers de 7,6 millions d’euros, selon les derniers chiffres disponibles sur le site Internet.
Son fondateur reconnaît que le développement de cette monnaie locale se tarit depuis deux ans. « La théorie montre que, dans le cas d’une économie bien portante, le recours aux monnaies locales baisse », explique Christian Gelleri, ancien professeur d’économie à l’école Steiner-Waldorf locale, qui a lancé le projet avec ses élèves, en 2003.
Le chiemgauer est la plus célèbre monnaie locale outre-Rhin, la seule ayant réussi à s’installer de façon pérenne. « Il y a des circuits courts qui fonctionnent, essentiellement dans le secteur alimentaire, pour le fromage et les produits bio. Une brasserie achète l’eau minérale locale en chiemgauers », poursuit M. Gelleri.
« L’euphorie est retombée »
Le paiement électronique a également été institué. Il est ainsi possible de régler par virement sa facture d’électricité pour le courant produit dans la centrale locale. En outre, des microcrédits en chiemgauers sont accordés depuis un an.
Le chiemgauer demeure cependant une exception en Allemagne. « L’euphorie qu’on avait connue au moment du lancement est retombée. Nombre des initiatives de monnaies locales qui avaient été lancées à l’époque en Allemagne ont été abandonnées. Il n’en reste qu’une dizaine aujourd’hui », relève Gerhard Rösl, professeur d’économie à l’université de Ratisbonne et auteur d’une étude sur le sujet pour le compte de la Bundesbank, la banque centrale.
« Les monnaies régionales sont contraignantes, chères et peu liquides. Elles ne sont pas acceptées partout. La commission de conversion est élevée et il reste compliqué de travailler...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ « Nous n’avons pas suffisamment réfléchi à la manière d’éviter les abus », a déclaré le patron du réseau social américain. Au final, la société britannique aurait aspiré les données de 87 millions de comptes.
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Cambridge Analytica : Mark Zuckerberg poursuit l’opération pour réhabiliter Facebook

« Nous n’avons pas suffisamment réfléchi à la manière d’éviter les abus », a déclaré le patron du réseau social américain. Au final, la société britannique aurait aspiré les données de 87 millions de comptes.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h49
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Conscient de n’avoir pas encore convaincu du désir de Facebook de se racheter après le scandale créé par Cambridge Analytica, la société qui s’est indûment servi des données des utilisateurs du premier réseau social mondial et aurait ainsi pu influencer l’élection de Donald Trump, Mark Zuckerberg s’est livré à un nouvel acte de contrition. Le fondateur Facebook, qui avait déjà accordé quatre entretiens explicatifs à des médias américains sélectionnés, s’est justifié pendant une heure mercredi 4 avril, lors d’une conférence téléphonique avec la presse mondiale. « Jusque-là, nous ne voyions que les effets positifs de nos outils. Mais, ce n’est pas assez de connecter les gens. Nous n’avons pas suffisamment réfléchi à la manière d’éviter les abus. C’était mon erreur », a lancé Mark Zuckerberg, répétant à de nombreuses reprises que Facebook devait « élargir ses vues en matière de responsabilité ».
Mark Zuckerberg est-il toujours légitime à la tête de l’entreprise, lui ont demandé les journalistes ? « Oui, je suis la bonne personne. La vie, c’est d’apprendre de ses erreurs. Quand on construit une entreprise comme Facebook, il y a des choses qu’on rate, personne n’est parfait », a tenté de justifier le milliardaire, assurant que le conseil d’administration n’avait pas abordé la question de sa démission.
La question se pose d’autant plus que le scandale est bien plus large qu’attendu. Au bas d’un post de blog signé par Mike Schroepfer, le directeur technique de Facebook, publié mercredi, le réseau social a avoué qu’au final, ce sont quelque 87 millions de comptes, dont les informations ont été aspirées par Cambridge Analytica. Et non 50 millions comme évoqué jusque-là.

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                Cambridge Analytica : 87 millions de comptes Facebook concernés



De nouvelles mesures de restrictions de l’accès aux données
Pourquoi avoir tu une information aussi capitale ? « Nous voulions avoir une connaissance complète de ce qui s’était passé », s’est justifié Mark Zuckerberg. Même la France, où 210 000 personnes ont pu être concernées, selon une source proche de l’entreprise, n’échappe pas totalement au scandale.
Désireux de montrer patte blanche, Facebook a également détaillé de nouvelles mesures de restrictions de l’accès aux données par les développeurs d’applications tierces. Il a aussi annoncé qu’il ne serait désormais plus possible de rechercher un utilisateur à partir de son numéro de téléphone ou de son e-mail. « Des acteurs malveillants ont abusé de cette fonctionnalité pour aspirer des informations de profils publics », a expliqué Mike Schroepfer. « La plupart des utilisateurs ont pu voir leur profil public aspiré de cette manière », a poursuivi le dirigeant. Quelque 2,1 milliards de personnes sont inscrites sur Facebook selon le réseau social.
Ces restrictions n’auront pas de conséquences sur les affaires. « Le business sera meilleur si nous servons mieux les utilisateurs », a voulu rassurer Mark Zuckerberg. Depuis le 16 mars, le titre a perdu 16 %.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.
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L’UFC-Que choisir accuse EDF d’influencer à son profit le prix de l’électricité

L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h26
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Depuis 2007, les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur d’électricité : EDF est désormais concurrencé par plus d’une dizaine d’entreprises, d’Engie à Total en passant par Direct Energie. Et si le groupe historique perd 100 000 clients par mois, il conserve la part du lion : plus de 80 % des ménages y sont toujours abonnés.
Une situation régulièrement dénoncée par des associations de consommateurs pour lesquelles l’ouverture à la concurrence est biaisée et ne profiterait pas suffisamment aux clients.
Mais c’est à un autre aspect du marché de l’électricité que s’attaque, jeudi 5 avril, l’UFC-Que choisir : la production d’électricité, qui reste, elle, assurée en très grande partie par EDF.
Sous-utilisation des centrales nucléaires
L’association de consommateurs accuse l’électricien de volontairement sous-utiliser ses centrales nucléaires depuis 2012 pour influencer les prix du marché de l’électricité. Facture pour les consommateurs, selon Que choisir : 2,4 milliards d’euros entre 2012 et 2016, soit 15 euros par an en moyenne par foyer client d’EDF.
Concrètement, quand la demande d’électricité est très forte, les prix du marché de gros sont élevés, et les centrales nucléaires disponibles tournent à plein régime. Mais quand les prix commencent à baisser, EDF lève le pied et réduit la production de ses centrales, assure l’association. Résultat : d’autres moyens de production, comme les centrales à gaz, l’hydraulique, ou le charbon, sont mobilisés. Or ils sont bien plus chers, ce qui conduit à faire remonter les prix du marché.
« EDF fait la loi en toute impunité : le groupe a une gestion de sa capacité de production qui lui est complètement favorable et qui se traduit de manière défavorable sur les consommateurs », déplore Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, qui constate que d’autres pays européens disposant de centrales nucléaires n’agissent pas de la même manière.
Démenti d’EDF
« Ce qu’on demande, c’est que lorsque EDF décide de moins produire, il soit contraint de justifier que c’est lié au prix du marché. Il ne faut pas arrêter de produire quand il pourrait encore vendre à un prix compétitif », ajoute M. Bazot, pour qui il s’agit là d’une concurrence « sclérosée ». L’association de consommateurs appelle donc à une plus grande régulation.
Malgré cette pratique, le prix de l’électricité en France reste bien inférieur à celui payé, par exemple, par les consommateurs allemands. « Mais on ne peut pas s’en satisfaire, dit Alain Bazot. Il n’y a rien qui justifie qu’EDF vienne priver le consommateur d’un juste prix uniquement parce qu’il veut faire ses affaires et jouer au yo-yo. » 
Des accusations qui surprennent à EDF, où l’on rappelle que le marché est contrôlé par la Commission de régulation de l’énergie de façon très précise.
« EDF optimise à tout moment son parc de production d’électricité », rappelle le groupe, qui précise qu’une partie très importante de sa production est achetée en amont par des contrats de moyen terme. L’utilisation du parc nucléaire se fait en fonction de la demande, pas en fonction d’une volonté d’agir sur les prix, explique-t-on en interne.
« EDF agit sous l’étroite surveillance du régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie, qui publie chaque année son rapport sur le fonctionnement du marché de gros de l’électricité, du CO2 et du gaz naturel », assure le groupe.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Née à Montreuil en 2014, la « pêche » sera lancée dans la capitale, le 12 mai. Objectif : dynamiser l’économie et consolider le lien social.
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édition abonné


Paris aura bientôt sa propre monnaie locale

Née à Montreuil en 2014, la « pêche » sera lancée dans la capitale, le 12 mai. Objectif : dynamiser l’économie et consolider le lien social.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h40
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

C’est une petite lettre « p » esquissée sur un fruit rouge. Elle s’affiche discrètement sur la vitrine d’une centaine de commerces de Montreuil, Bagnolet et Le Pré-Saint-Gervais, en Seine-Saint-Denis, indiquant qu’ils acceptent les paiements en « pêche », la monnaie locale née à Montreuil, en juin 2014.
D’ici quelques semaines, elle se répandra aussi dans Paris : le 12 mai, la pêche sera officiellement lancée dans la capitale, devenant ainsi une monnaie francilienne. Jeudi 5 avril, l’association Une monnaie pour Paris, qui porte le projet, devait tenir une réunion ouverte sur le sujet, afin de peaufiner les derniers détails.
Il existe une cinquantaine de devises estampillées locales et complémentaires dans l’Hexagone
« Il y a encore beaucoup à faire : informer le grand public, démarcher les entreprises, densifier le réseau, souligne Lucas Rochette-Berlon, coprésident de l’association. Mais le jeu en vaut la chandelle : dynamiser l’économie locale et le lien social. »
L’eusko au Pays basque, le sol-violette à Toulouse, l’abeille dans le Lot-et-Garonne ou encore la doume dans le Puy-de-Dôme… Depuis 2010, les monnaies estampillées « locales et complémentaires » se multiplient en France. Il en existe aujourd’hui une cinquantaine.

Filles des initiatives telles que les systèmes d’échange local (SEL), elles rappellent les monnaies créées lors la dépression des années 1930, comme le WIR suisse ou l’expérience de Wörgl en Autriche. « Mais le mouvement auquel on assiste en France est inédit », estime Jérôme Blanc, économiste à Sciences Po Lyon et spécialiste du sujet. Cela tient en partie au documentaire Demain, de Cyril Dion et Mélanie Laurent, sorti en 2015. En braquant les projecteurs sur la livre locale de Bristol (Royaume-Uni), il a créé des vocations.
Favoriser les circuits courts
A Montreuil comme ailleurs, le principe est toujours le même : les volontaires échangent leurs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Porté par l’essor du marché chinois et par le jeu « PUBG », le service de Valve a compté 291 millions de joueurs actifs en 2017, selon les estimations de Steam Spy.
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La plate-forme Steam n’a jamais recruté autant de joueurs qu’en 2017

Porté par l’essor du marché chinois et par le jeu « PUBG », le service de Valve a compté 291 millions de joueurs actifs en 2017, selon les estimations de Steam Spy.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h33
    |

            William Audureau








                        



   


Toujours plus grand, toujours plus riche, toujours plus saturé. Avec 4,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2017, juste pour les achats de jeux, contre 3,5 milliards en 2016, et 291 millions de joueurs (soit 63 millions de plus que l’année précédente), la plate-forme de jeu vidéo Steam, numéro 1 en Occident, a connu une nouvelle année record.
« 2017 a été la meilleure année que Valve ait connue. Chaque mesure que vous pouvez imaginer a crû : le nombre total de jeux vendus, le nombre d’utilisateurs, le chiffre d’affaires, etc. », résume dans son bilan annuel Sergey Galyonkin, créateur de la plate-forme de monitoring Steam Spy, qui fait office de référence faute de chiffres publics officiels partagés par Valve.
Avec une ascension fulgurante en quelques mois et unchiffre colossal de 27,8 millions de joueurs conquis, le grand vainqueur de l’année 2017 a été sans surprise le jeu de tir en 1 contre 99 PlayerUnknown’s Battlegrounds, qui a pesé 600 millions de dollars. Le jeu de tir compétitif par équipes Counter-Strike : Global Offensive, son dauphin, n’émarge « qu’ » à 12,5 millions de possesseurs et 120 millions de chiffre d’affaires. GTA V est troisième.

        Lire aussi :
         

          L’ascension fulgurante de « PlayerUnknown’s Battlegrounds »



« Pas assez de nouveaux joueurs »
Steam Spy constate une accélération croissante du nombre d’inscrits ces dernières années, avec un record établi l’année de « PUBG ». Le site d’analyse de la plate-forme salue par ailleurs l’incroyable activité de ses utilisateurs : rien que sur les deux dernières semaines de l’étude, 57 millions de joueurs ont été actifs.
« La rétention de Steam est tout simplement stupéfiante. Aucun jeu n’a sa longévité. C’est évidemment parce que Steam est une boutique neutre et devrait être comparée à Amazon ou eBay, non à des jeux vidéo traditionnels ni même à des consoles de jeux. »
Il constate en revanche qu’en dépit des chiffres de fréquentation et d’activité, les ventes moyennes sont en baisse. En 2008, la moitié des joueurs possédaient 15 jeux. Désormais, le chiffre médian est seulement de… 1 titre. Cent jeux représentent à eux seuls la moitié des revenus générés sur la plate-forme. Le prix des titres comme les ventes moyennes par jeu est en chute libre, constate-t-il.
L’explication ? Le nombre de nouvelles sorties a lui aussi battu des records, avec 7 696 sorties rien que pour 2017, et 21 406 jeux en concurrence. « Néanmoins il n’y a pas eu assez de nouveaux joueurs pour acheter tous ces jeux », recontextualise Sergey Galyonkin.

        Lire nos explications :
         

          Les professionnels confrontés à une saturation record



Le paradoxe chinois
Une partie du problème tient également au profil des nouveaux arrivants, qui jouent beaucoup mais achètent moins. L’essor record de Steam en 2017 est démographique : il vient de l’arrivée massive de joueurs chinois, et dans une moindre mesure, philippins, dont les pratiques de consommation diffèrent de l’Occident, donnant lieu à des chiffres en apparence paradoxaux.
Autrefois ultraminoritaires sur la plate-forme, les joueurs chinois représentent aujourd’hui 64 % des utilisateurs, si l’on considère la part d’ordinateurs sur lesquels Steam est installé en mandarin comme langue par défaut. Les joueurs actifs chinois représentent, eux, 19,5 % du total. Pourquoi une telle différence ?
« La situation actuelle est bizarre et quelque peu hilarante, admet Sergey Galeykin. Avec l’essor de PUBG en Chine, beaucoup de cybercafés ont commencé à installer Steam sur leurs ordinateurs. Beaucoup d’entre eux ont juste installé Steam mais n’ont jamais acheté le jeu. D’où l’écart entre le décompte de machines et de joueurs. »

        Lire aussi :
         

          « PUBG », un phénomène très asiatique






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ La SNCF et Air France ont annoncé de nombreux jours de grève pour les mois à venir.
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SNCF, Air France : le calendrier des grèves annoncées dans les transports

La SNCF et Air France ont annoncé de nombreux jours de grève pour les mois à venir.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 13h37
    |

            Jérémie Baruch








                        


Les cheminots sont fermement opposés à la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement. Les pilotes, quant à eux, réclament une augmentation salariale de 6 % pour tous les salariés du groupe, refusée par la direction. Résultat, les intersyndicales de la SNCF et d’Air France ont annoncé une série de journées de grève dans les semaines à venir.
Les syndicats de la SNCF ont annoncé deux jours de grève tous les cinq jours, jusqu’en juin, soit trente-six jours au total. Ceux d’Air France, qui avaient déjà annoncé quatre jours de grève en avril, ont décidé de durcir le ton en déclarant quatre jours de grève supplémentaires.

   





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Cécile Duflot a annoncé jeudi qu’elle arrêtait la politique. Depuis 2017, les figures de la politique sont de plus en plus nombreuses à quitter la vie publique pour le privé.
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Une vague de reconversions chez les responsables politiques

Cécile Duflot a annoncé jeudi qu’elle arrêtait la politique. Depuis 2017, les figures de la politique sont de plus en plus nombreuses à quitter la vie publique pour le privé.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 16h58
    |

                            Pablo Guimbretière








                        


Chassées par la vague macroniste des élections de 2017, condamnées à l’exil par leur propre parti ou simplement lassées, de nombreuses figures de la vie politique française ont fait le choix de disparaître des radars. Elles incarnent les dommages collatéraux d’une année qui a bouleversé le paysage politique.
En annonçant, jeudi 5 avril, qu’elle mettait fin à presque vingt ans d’engagement politique, Cécile Duflot emboîte ainsi le pas à des personnalités de tous bords.

        Lire l’entretien (édition abonnés) :
         

          Cécile Duflot : « Je quitte la politique avec beaucoup de sérénité »



Sa future fonction au sein d’Oxfam, une ONG spécialisée dans l’humanitaire, détonne cependant avec le choix de ses anciens collègues, qui se sont essentiellement tournés vers le secteur privé et les médias.
Quelles ont été les dernières « retraites » politiques et pour quoi faire ?
Dernière retraite en date, celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a annoncé en février son recrutement par le géant des services informatiques Capgemini. L’ex-secrétaire d’Etat chargée du développement numérique (poste qu’elle a occupé de 2009 à 2010) s’est spécialisée dans la cybersécurité des entreprises.
Une décision commune à d’autres ténors de la droite : Luc Chatel, ministre de l’éducation sous Nicolas Sarkozy, affirmait en novembre au journal Le Point avoir rejoint « un fonds d’investissement qui aide les PME à se développer » ; Henri Guaino, lui, a tenu durant quelques mois une chronique sur Sud Radio ; François Fillon est devenu l’un des 30 associés de Tikehau Capital… la liste est longue.
A gauche, l’ancienne ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem assure conjointement la direction d’une collection chez Fayard et un poste de directrice générale déléguée chez l’institut de sondage Ipsos.
Christophe Sirugue, ancien secrétaire d’Etat à l’industrie, est quant à lui entré dans le cabinet de conseil en communication Tilder comme directeur associé ; Axelle Lemaire (ex-secrétaire d’Etat au numérique) a rejoint le cabinet de conseil Roland Berger ; Fleur Pellerin (ex-ministre de la culture) a créé un fonds d’investissement, Korelya Capital…
Ces reconversions traduisent -elles une tendance de fond ?
La tendance de fond est réelle et elle a débuté il y a quelques années pour accélérer en 2017. « Avant il y avait des carrières politiques qui se construisaient sur le long terme, à partir du local pour se diriger vers le national, ou du national vers le local. C’est ce type de carrière qui est en train de disparaître, parce que tous les présidents de la République jusqu’à Emmanuel Macron, sauf le général de Gaulle, étaient des hommes qui avaient connu des grandes carrières », explique Pascal Perrineau, spécialiste de sociologie électorale. « A l’avenir, on fera peut-être de la politique par parenthèse, de manière plus temporaire : on est dans le privé, on fait de la politique, on revient dans le privé. »
A l’inverse, bon nombre de profils entrés tôt en politique veulent s’extraire de leur costume d’apparatchik. « Au bout d’un moment ils ressentent le besoin d’acquérir des bases solides. C’est un peu ce que fait Marion Maréchal-Le Pen aujourd’hui », indique le politologue.
Et le mouvement n’est pas près de s’arrêter. Le gouvernement a annoncé hier les principaux éléments de sa réforme institutionnelle, qui comprend une limitation des mandats dans le temps. De quoi contraindre bon nombre de parlementaires à imiter leurs prédécesseurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ L’expérimentation commence vendredi 6 avril sur Paris-Lille, puis sera étendue à Paris-Rennes et Paris-Rouen. L’idée pourrait « s’inscrire dans la durée ».
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Grèves : submergé par la demande, Blablacar va proposer des trajets en autocar

L’expérimentation commence vendredi 6 avril sur Paris-Lille, puis sera étendue à Paris-Rennes et Paris-Rouen. L’idée pourrait « s’inscrire dans la durée ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h33
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Chez Blablacar, en ce moment, on a du mal à dissimuler une certaine tendresse pour les cheminots, surtout ceux qui font grève. Il faut dire que les premiers chiffres rendus publics par l’entreprise de mobilité montrent que la grève SNCF qui a débuté à l’issue du week-end de Pâques va se révéler une très bonne affaire pour le numéro un mondial du covoiturage longue distance.
Ainsi, mardi 3 avril, le site a enregistré un pic d’offre de sièges multiplié par trois par rapport à un mardi normal. Au total, 184 000 places ont été proposées au cours de la journée, soit l’équivalent de 368 rames de TGV à deux étages – un record.

        Lire aussi :
         

                Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF



Quant à la demande, elle a été multipliée par six. L’entreprise ne précise pas combien de voyages ont été réellement effectués par l’intermédiaire de la plate-forme le 3 avril, mais, à en croire Nicolas Brusson, cofondateur et directeur général de la société, « une majorité des trajets proposés par les conducteurs ont trouvé preneur ». Cela représente 90 000 voyages au bas mot.
Sur certaines lignes, c’était même la saturation. « Ces deux derniers jours, une place sur Paris-Lille partait dans l’heure, souligne M. Brusson. Nos taux de remplissage pour cette liaison avoisinaient les 100 % les 3 et 4 avril. » Si bien que Blablacar a décidé, à l’occasion de la grève, de diversifier son offre en proposant des trajets en… autocar sur ces destinations très prisées.
L’expérimentation commence à partir du vendredi 6 avril sur Paris-Lille, dans les deux sens. Elle sera rapidement étendue à Paris-Rennes (lundi 9 avril) et Paris-Rouen (vendredi 13 avril). Les « Blabla-autocars » se contenteront de circuler pendant les pics de demande, c’est-à-dire pendant les jours de grève du calendrier syndical, ainsi que les vendredis et les dimanches.
5 millions de sièges en avril
Les places en car, qui, à Paris, partiront de la porte Dauphine et de la station Asnières-Gennevilliers, seront proposées sur le site Internet et l’application, au même titre que les autres propositions de voyages en auto. Quant aux cars, ils sont fournis et opérés par des petites et moyennes entreprises partenaires du projet. Il n’est pas question, pour l’heure, de repeindre les véhicules aux couleurs de Blablacar.
Cependant, cette discrétion ne durera peut-être pas. Si cette innovation est présentée comme une expérimentation destinée à s’adapter à la situation particulière du conflit social, Nicolas Brusson n’exclut pas que « l’idée s’inscrive dans la durée ». « Nous ferons le bilan une fois les grèves passées », poursuit-il.

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En attendant, le site travaille d’arrache-pied pour s’efforcer de répondre aux promesses du début de la grève. « Nous serons en mesure de proposer 5 millions de sièges en avril et chacun des mois suivants si la grève dure », se réjouit M. Brusson. La direction assure que ni dans les voitures ni dans les futurs autocars, les prix n’augmenteront pour cause de surdemande.
La grève est aussi l’occasion de développer l’offre de covoiturage domicile-travail (jusqu’à 80 kilomètres), que l’entreprise a lancée au mois de mai 2017, sous le nom de Blablalines. Celle-ci revendique 10 000 nouveaux inscrits à son offre sur moyenne distance pendant les deux premiers jours de la grève et dix fois plus de trajets effectués en covoiturage de proximité mardi 3 avril qu’un jour normal.
« La grève pourrait faire évoluer les comportements et, à terme, décongestionner nos pôles urbains », observe Frédéric Mazzella, président et cofondateur de Blablacar. « Des dizaines de personnes vont avoir l’occasion de découvrir Blablalines, ajoute M. Brusson. Et un grand nombre d’entre elles y restera. Cela me rappelle la grande grève SNCF de 2007. Nous en étions vraiment à nos débuts et, après le premier reportage télé sur notre start-up, les serveurs ont planté. Mais nous avons fidélisé des milliers de voyageurs. »



                            


                        

                        

