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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-1"> ¤ Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.
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L’ONU s’inquiète de la « situation inhumaine » des migrants dans le nord de la France

Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
   





                        


Trois experts des droits humains de l’ONU se sont alarmés, mercredi 4 avril, des conditions de grande précarité dans lesquelles vivent des centaines de migrants dans le nord de la France et exhortent Paris à faire « davantage » pour leur fournir eau et abris d’urgence.
« Les migrants et les demandeurs d’asile situés le long de la côte du nord de la France et ceux qui ne peuvent pas être accueillis dans le gymnase de Grande-Synthe vivent une situation inhumaine », a consigné dans un communiqué Léo Heller, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits à l’eau potable et à l’assainissement. « Ils logent dans des tentes, sans toilettes, et se lavent dans des eaux polluées d’une rivière ou d’un lac », a-t-il rapporté, estimant que « des efforts ont été faits », mais « qu’ils ne sont pas suffisants ».
« Nous sommes préoccupés par les politiques migratoires toujours plus rétrogrades et les conditions insalubres dans lesquelles vivent les migrants », a de son côté déclaré le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, Felipe González Morales, cité dans le communiqué. « Les migrants, indépendamment de leur statut, ont des droits humains, sans aucune discrimination (...). En les privant de leurs droits (...), la France viole ses obligations internationales en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

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                Migrants à Calais : « La majorité des gens en souffrance psychologique »



« Arrêter le harcèlement des bénévoles et membres des ONG »
MM. Heller et Gonzales Morales, auxquels s’associe Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, lancent également « un appel à l’action pour arrêter le harcèlement et l’intimidation des bénévoles et (d)es membres des ONG qui fournissent une aide humanitaire aux migrants ». « Ils exhortent la France à honorer ses obligations et à promouvoir le travail essentiel des défenseurs des droits de l’homme », conclut le communiqué.
Selon les estimations citées par les experts, quelque « neuf cents migrants et demandeurs d’asile vivent à Calais, trois cent cinquante à Grande-Synthe, et un nombre inconnu dans d’autres régions de la côte nord de la France vive sans accès à des abris d’urgence et sans accès régulier à l’eau potable ».

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                Comprendre la crise des migrants en Europe en cartes, graphiques et vidéos






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-2"> ¤ Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.
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Jean-Marie Le Pen rejoint un parti européen néofasciste

Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h04
   





                        



   


L’eurodéputé Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du Front national (FN), a rejoint le parti européen néofasciste Alliance pour la paix et la liberté (APF, Alliance for Peace and Freedom).
« Nous accueillons Jean-Marie Le Pen à un moment de changements révolutionnaires en Europe – notre guide et notre leadeur pour les luttes et les victoires à venir ! », a félicité l’APF dans un communiqué.
Cette formation politique, dont les élus siègent au Parlement européen comme non inscrits, compte dans ses rangs le parti néonazi allemand NPD, le parti néofasciste italien Forza Nuova, qui s’est allié à la Ligue du Nord aux législatives du début de mars, et le parti radical d’extrême droite tchèque (DSSS, Parti ouvrier de justice sociale).
L’eurodéputé âgé de 89 ans, qui ne se représentera pas aux élections européennes l’an prochain, rejoint donc un mouvement distinct de celui auquel est affilié le FN, le groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent également les élus de la Ligue du Nord italienne et du FPÖ autrichien.
Le cofondateur et ancien président du FN (1972-2011) a été exclu par sa fille Marine du FN pour ses propos polémiques répétés sur la Shoah. Il a également perdu la présidence d’honneur au congrès du parti d’extrême droite en mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-3"> ¤ Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.
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Lancement du projet franco-allemand d’avion de combat du futur

Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h27
    |

            Isabelle Chaperon et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

La France et l’Allemagne doivent annoncer jeudi 5 avril, par la voix de leurs ministres de la défense, Florence Parly et Ursula von der Leyen, réunies à Paris, le lancement du programme conjoint de « système de combat aérien du futur ». Ce « SCAF » qui pourrait comprendre drone de combat ou de surveillance, avion optionnellement piloté, avion ravitailleur, ou tout autre matériel, est stratégique. Il doit préparer, à l’horizon 2040, la succession des deux avions de chasse nationaux : Rafale, d’un côté, et Eurofighter Typhoon, de l’autre.

Cette première étape, a assuré mercredi l’entourage de Mme Parly, sera matérialisée par la signature d’un document « d’expression du besoin » (« High level command operational requirement document »), avalisé par les états-majors des deux Etats, lors du salon aéronautique ILA 2018 de Berlin, qui se tiendra du 25 au 29 avril. Ce document d’une vingtaine de pages scelle un accord politique autour des besoins communs des deux armées.
Des discussions industrielles difficiles s’annoncent
La feuille de route du programme et ses premières options industrielles devraient être précisées en juin, si tout se passe bien.
« L’objectif est de parvenir dans un an à un contrat commun pour faire travailler ensemble les deux industries. »
La « complicité » des deux ministres, vantée à Paris, ne sera pas de trop pour aborder des discussions industrielles qui s’annoncent difficiles sur la répartition des tâches et le choix des chefs de file. Mais on n’en est pas encore là.

Pour l’instant, industriels allemands et français travaillent chacun de leur côté. L’Allemagne a déjà signé un premier contrat d’études avec Airbus. Côté français, la direction générale de l’armement (DGA) devrait rapidement faire de même avec Dassault (pour l’architecture de l’aéronef), Thales (pour les systèmes embarqués) et MBDA (pour l’armement).
« Conçu pour l’exportation »
On indique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-4"> ¤ Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Nous vivons peut-être un moment européen »

Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h03
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. L’Union européenne souffre d’une maladie française. Elle ne s’aime pas. Elle se complaît dans la contemplation de ses faiblesses. Elle ignore ses succès et radote à l’infini sur ses échecs. Pourtant, elle tourne, bien moins mal qu’on ne le dit souvent. Mais porter un regard plus serein sur l’Europe suppose un préalable : sortir de l’exercice de dénigrement permanent que les europhiles affectionnent autant que les europhobes.
Les premiers ont tellement investi dans le projet européen qu’ils débinent l’UE pour ce qu’elle n’est pas : un géant diplomatico-militaire au même titre que la Chine, les Etats-Unis, ou la Russie. Les seconds la condamnent pour les choix faits par les gouvernants démocratiquement élus de ses membres : économie de marché tempérée (relativement) et libre-échange régulé (moyennement).
Il faut regarder l’UE pour ce qu’elle est d’abord : un marché unique – sans lequel elle n’aurait ni le niveau d’emploi ni le volume d’investissement qui sont les siens – et une zone de droit et de protection des libertés publiques comme il y en a peu au monde. Elle est cela, qui est déjà pas mal, mais pas autre chose, pour l’heure. A cette aune, la dernière édition du rapport Schuman publiée cette semaine, sous la direction de Thierry Chopin et Michel Foucher, dresse un « Etat de l’Union 2018 » (Ed. Marie B, 368 p., 19,90 euros) plutôt optimiste.
Des pathologies actuelles
On dira que c’est l’objet de la Fondation Robert Schuman et du Centre Wilfried Martens, qui assurent cette publication annuelle, de dire du bien de l’Europe. Mais, justement, on trouvera là une manière pragmatique et factuelle de regarder ce qui marche et ne marche pas au sein de l’Union. L’heure n’est plus au romantisme incantatoire que portent les formules creuses trop souvent ânonnées pour parler de l’UE et qu’on devrait s’interdire à jamais. On connaît ce « blabla » stérile, tendance pratiques vaudou, qui va de la nécessité de « refonder...




                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-5">
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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-5"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.
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Chantal Mouffe : « Jeremy Corbyn montre la voie à suivre pour la social-démocratie européenne »

Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h04
    |

Chantal Mouffe (Professeure de théorie politique à l'université de Westminster, Londres)







                        



                                


                            

[Les 7 et 8 avril, le Parti socialiste (PS) se réunira en congrès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). A cette occasion, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure sera officiellement intronisé premier secrétaire. Il est arrivé en tête du premier tour le 15 mars, avant que sa victoire ne soit entérinée le 29 mars. Le 13e premier secrétaire du parti prend la direction d’une formation en pleine reconstruction après les lourdes défaites électorales de 2017. Alors que le PS cherche un nouveau souffle, Le Monde, dans ses versions papier et numérique, a donné la parole à différents intellectuels et acteurs politiques pour réfléchir à l’avenir du socialisme au XXIe siècle.]
Tribune. La crise de la social-démocratie européenne se confirme. Après les échecs du Pasok en Grèce, du PvdA aux Pays-Bas, du PSOE en Espagne, du SPÖ en Autriche, du SPD Allemagne et du PS en France, le PD en Italie vient d’obtenir le pire résultat de son histoire. La seule exception à ce désastreux panorama se trouve en Grande-Bretagne, où le Parti travailliste, sous la direction de Jeremy Corbyn, est en pleine progression. Avec près de 600 000 adhérents, le Labour est maintenant le plus grand parti de gauche en Europe.
Comment Corbyn, élu à la surprise générale à la direction du parti en 2015, a-t-il réussi cet exploit ?
Après une tentative de renversement par l’aile droite en 2016, le moment décisif dans la consolidation de son leadership a été la forte progression du Parti travailliste lors des élections de juin 2017. Alors que les sondages donnaient 20 points d’avance aux conservateurs, le Parti travailliste a gagné 32 sièges, faisant perdre aux tories leur majorité absolue. C’est la stratégie mise en place pour ces élections qui donne la clé du succès de Corbyn.
Celui-ci est dû à deux facteurs principaux.
Un manifeste radical
Tout d’abord, un manifeste radical, en phase avec le rejet de l’austérité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-6"> ¤ Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.
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Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
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Des Français toujours plus séduits par les sirènes de la vie lisboète

Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h37
    |

            Marie Charrel (Lisbonne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Friches industrielles, squats et brasseries artisanales : les quartiers populaires de Marvila et Beato, à l’est de la capitale portugaise, ont un parfum de Brooklyn lisboète. Des raves font vibrer le pavé au cœur de la nuit. Dans les entrepôts retapés à la hâte, boutiques vintage et ateliers d’artistes se multiplient.
Fin 2018, une ancienne usine de l’armée sera reconvertie en immense hub réservé aux start-up. C’est ici qu’Anne et Antoine Legrand ont installé Ilegitimo, leur camion à burgers, il y a un mois. « Une effervescence particulière règne dans le coin, c’est un peu magique », explique Antoine, tout en nettoyant ses ustensiles.
Il y a trois ans, ces deux trentenaires lassés de la vie parisienne – elle était avocate, lui travaillait dans la restauration – sont tombés amoureux du Portugal. « Ses paysages, sa culture, sa liberté : en trois semaines, nous avons tout quitté pour nous installer à Lisbonne », racontent-ils. Ils lancent d’abord une activité de traiteur à domicile, Maison Legrand, avant de se diversifier avec le camion et, bientôt, un restaurant. « L’eldorado portugais ? Un cliché si l’on imagine que tout est plus facile ici, assure la dynamique Anne. Nous travaillons comme des fous, les méandres administratifs donnent le tournis, c’est un peu la jungle. Mais nous ne rentrerions pour rien au monde. Ici, on respire. Nous nous sentons plus vivants. »
Changer de cadre, construire une autre vie ou profiter de coûts moins élevés au soleil : de plus en plus de Français viennent poser leurs valises au Portugal. « Le phénomène s’est amplifié, ces deux dernières années », constate Mehdi Benlahcen, conseiller AFE (Assemblée des Français de l’étranger) pour la péninsule ibérique. Le nombre de Français enregistrés à l’ambassade de France est passé, en 2017, de 16 000 à 17 000, et ils seraient plus de 50 000 en tout, si l’on compte ceux non inscrits.
Créateurs d’entreprise et retraités
A...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-7"> ¤ L’ex-informaticien de HSBC est à l’origine de la fuite de documents révélant l’étendue d’un système de fraude fiscale. Remis en liberté jeudi, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Espagne.
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SwissLeaks : le lanceur d’alerte Hervé Falciani arrêté en Espagne

L’ex-informaticien de HSBC est à l’origine de la fuite de documents révélant l’étendue d’un système de fraude fiscale. Remis en liberté jeudi, il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter l’Espagne.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 21h17
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h28
    |

            Sandrine Morel (Madrid, correspondance)








                        



   


Le lanceur d’alerte franco-italien Hervé Falciani a été arrêté par la police espagnole, à la demande de la Suisse, mercredi 4 avril, alors qu’il s’apprêtait à participer à une conférence sur l’évasion fiscale, la protection des sources et le journalisme d’investigation à Madrid.
Cet ancien informaticien de la banque HSBC Suisse, qui avait dérobé en 2008 des fichiers portant sur 127 000 comptes appartenant à 79 000 clients de 180 nationalités, est à l’origine du scandale des SwissLeaks, qui a mis au jour des pratiques d’évasion fiscale et de blanchiment massives encouragées par la banque helvète. Mais, en novembre 2015, le Tribunal pénal fédéral suisse l’a condamné par contumace à cinq ans de prison ferme pour « espionnage économique ».
Selon des sources judiciaires citées par l’Agence France-presse (AFP), M. Falciani a été libéré jeudi dans l’attente de l’examen du mandat d’arrêt. Celui-ci a dû remettre son passeport et s’est vu interdire de quitter l’Espagne. Il devra se présenter une fois par semaine devant un tribunal.

        Lire aussi notre portrait :
         

          Qui est Hervé Falciani, le cauchemar de HSBC ?



Son arrestation a provoqué la surprise et l’indignation en Espagne, où il séjourne régulièrement depuis sa première détention, à Barcelone en juillet 2012. A l’époque, la Suisse avait déjà lancé un mandat d’arrêt international à son encontre pour des délits présumés d’« espionnage économique, soustraction d’information et violation de secret commercial et bancaire ».
Le lanceur d’alerte n’avait passé que cinq mois en détention provisoire avant d’être remis en liberté provisoire et d’obtenir le statut de « témoin protégé ». Car après avoir collaboré avec la justice française, italienne et américaine, l’ancien informaticien aide la justice espagnole. Grâce à lui, le fisc a obtenu une liste de 659 évadés fiscaux, ce qui lui a permis de récupérer plus de 250 millions d’euros grâce à des procédures de régularisation.
L’Espagne s’était alors opposée à l’extradition. En mai 2013, l’Audience nationale, le haut tribunal espagnol, a estimé que les activités qu’il a révélées, « constitutives d’infractions pénales », ne peuvent pas bénéficier d’une « protection légitime ». « Nous ne pouvons pas punir ceux qui, observant des délits, les dénoncent et se mettent à disposition des tribunaux », faisait aussi valoir le parquet, opposé à l’extradition car la violation du secret bancaire n’est plus un délit en Espagne depuis 1977.
« Coïncidence »
La justice espagnole devra donc à nouveau trancher sur une possible extradition en Suisse. Mais le contexte a changé. Le mandat d’arrêt qui a donné lieu à l’arrestation de M. Falciani a été envoyé en Espagne le 19 mars, soit deux ans et demi après sa condamnation. Ce réveil tardif de la justice helvète coïncide avec la présence en Suisse de deux dirigeantes indépendantistes catalanes, poursuivies par la justice espagnole.

        Pour comprendre l’affaire :
         

          « SwissLeaks » : révélations sur un système international de fraude fiscale



« Cela ne peut pas être une coïncidence : le 20 février, Anna Gabriel [ex-députée de la formation séparatiste d’extrême gauche CUP mise en examen pour désobéissance] s’est réfugiée en Suisse, et un mois plus tard le mandat est lancé contre Falciani », regrette Simona Levi, la porte-parole du collectif d’activistes anticorruption X-Net, avec lequel l’ancien informaticien a collaboré en Espagne. Mme Levi craint qu’il s’agisse d’une « monnaie d’échange ».
Cependant, l’Espagne n’a pour l’instant lancé aucun mandat d’extradition contre Anna Gabriel. A la différence de la secrétaire générale de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), Marta Rovira, qui a fui l’Espagne le 23 mars, officiellement pour la Suisse bien qu’elle n’ait pas été localisée. Mise en examen pour « rébellion », un délit passible de trente ans de prison, dans le cadre de la tentative de sécession de la Catalogne du mois d’octobre 2017, elle est l’objet d’un mandat d’extradition.
En France, grâce aux révélations de M. Falciani, HSBC Private Bank Suisse SA a accepté de verser 300 millions d’euros pour échapper à un procès pour « blanchiment de fraude fiscale ». La banque était accusée d’avoir aidé des contribuables français à soustraire au fisc plus de 1,6 milliard d’euros d’avoirs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-8"> ¤ Une vaste étude européenne montre que la hausse des températures risque de bouleverser les écosystèmes montagnards.
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Le réchauffement accélère la migration des plantes vers les cimes

Une vaste étude européenne montre que la hausse des températures risque de bouleverser les écosystèmes montagnards.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 19h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 07h46
    |

            Pierre Le Hir








                        



   


Poussées par la hausse de la colonne de mercure, de nombreuses espèces animales et végétales gagnent des altitudes ou des latitudes plus élevées, où elles bénéficient de conditions favorables à leur développement. Ces « déplacements climatiques » ont déjà été souvent documentés, mais sur des périodes ou des zones restreintes. L’intérêt de l’étude que publient une cinquantaine de chercheurs européens, dans la revue Nature du 5 avril, est de couvrir un très large territoire, avec un recul historique qui montre la forte accélération de ce processus.
Les auteurs ont compilé les données disponibles sur le nombre de plantes recensées sur quelque 300 sommets de différentes régions montagneuses d’Europe (Alpes, Carpates, Ecosse, Pyrénées, Scandinavie, Svalbard), depuis cent quarante-cinq ans. Il apparaît que dans la très grande majorité des cas (87 %), l’éventail des espèces présentes dans les zones sommitales s’est enrichi. Mais le plus frappant est que ce phénomène est de plus en plus rapide.
En moyenne, sur la décennie 1957-1966, les domaines d’altitude ont accueilli un peu plus d’une espèce végétale supplémentaire. Un demi-siècle plus tard, sur la période 2007-2016, le gain a été de 5,4 espèces, soit un taux cinq fois supérieur. Les chiffres peuvent paraître faibles en valeur absolue, mais ils se rapportent à des zones inhospitalières, où les plantes endémiques sont rares.

   


Grande accélération
Les chercheurs ont aussi montré que sur tous les sites, cette délocalisation de la flore des étages inférieurs vers les niveaux supérieurs est étroitement corrélée au réchauffement climatique, auquel les milieux montagnards sont particulièrement sensibles. La hausse des températures atteint en effet 2°C ou 3°C dans certains massifs sur le siècle écoulé, avec une courbe ascendante plus prononcée au cours des dernières décennies. D’autres facteurs explicatifs possibles (modification du régime des précipitations, dépôts de polluants azotés, pâturage, fréquentation humaine) ont été écartés, leur impact étant variable selon les zones étudiées.
Les auteurs y voient une manifestation supplémentaire de la « grande accélération », le concept proposé par plusieurs scientifiques, dont le Néerlandais Paul Crutzen, Prix Nobel de chimie 1995, pour décrire la croissance exponentielle des altérations de la biosphère caractérisant l’anthropocène, l’époque géologique où l’homme est devenu la principale force agissant sur la Terre.
Le résultat en est ici, selon le titre donné à la publication de Nature, une « augmentation accélérée de la richesse en espèces de plantes sur les sommets montagneux ». Une plus grande biodiversité donc, dont on ne pourrait à priori que se réjouir. Cette présentation positive est toutefois trompeuse, et les chercheurs le soulignent clairement. Car leur étude démontre plutôt que le réchauffement pousse la flore d’Europe vers ses derniers refuges, les cimes, au-delà desquelles elle n’aura plus d’échappatoire.
« Dette d’extinction »
La colonisation des hauts-reliefs par des plantes des niveaux inférieurs, à une cadence qui devrait encore s’intensifier dans les décennies à venir sous l’effet d’un réchauffement persistant, risque en effet de mettre à mal les espèces natives des sommets. D’autant que les nouvelles venues, généralement plus vigoureuses, sont mieux armées pour s’imposer, avec une taille souvent plus grande et une surface foliaire plus importante, qui favorise la photosynthèse et la croissance.
« Pour l’instant, on observe un accroissement de la biodiversité des sommets, commente Jonathan Lenoir, du laboratoire Ecologie et dynamique des systèmes anthropisés (CNRS - Université de Picardie - Jules-Verne), cosignataire de l’étude. Mais à terme, on peut craindre que la compétition pour l’espace entre les plantes colonisatrices et les plantes du milieu alpin se fasse au détriment de ces dernières et entraîne l’extinction de certaines d’entre elles. »
Au-delà de la seule diversité végétale, c’est le fonctionnement du fragile écosystème montagnard qui est menacé, ajoutent les auteurs. Jusqu’à présent, les scientifiques n’ont pourtant pas constaté d’extinction d’espèces acclimatées aux étages les plus élevés. « Il y a dans ces processus un effet retard, que les biologistes appellent la “dette d’extinction”, explique Jonathan Lenoir. Et cette dette finira peut-être par devoir être payée. »




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-9"> ¤ Composé d’analyses croisées, cet ouvrage de la Fédération des entreprises d’insertion revient sur les initiatives d’inclusion sociale expérimentées dans onze pays du pourtour méditerranéen où la pauvreté se conjugue souvent avec l’exclusion.
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La diversité de l’insertion

Composé d’analyses croisées, cet ouvrage de la Fédération des entreprises d’insertion revient sur les initiatives d’inclusion sociale expérimentées dans onze pays du pourtour méditerranéen où la pauvreté se conjugue souvent avec l’exclusion.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
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                            Margherita Nasi








                        



                                


                            

Livre. Révolutions en Tunisie et en Egypte, nouveau gouvernement en Grèce, nouvelle Constitution au Maroc, manifestations en Espagne… Ces dernières années, la plupart des pays méditerranéens ont fait face à des changements politiques ou à des crises majeures. Soucieux d’établir de nouvelles formes de gouvernance en rupture avec certaines pratiques clientélistes du passé, « la grande majorité des décideurs publics ont concentré leur énergie sur la mise en place d’une transition politique, sans réellement s’attaquer à l’autre racine de la contestation qu’est l’exclusion économique et sociale », regrette la Fédération des entreprises d’insertion. Comment cette mer autrefois nourricière, qui aujourd’hui engloutit des femmes et des hommes en quête de survie, peut-elle devenir le havre d’un avenir solidaire ?
la Fédération des entreprises d’insertion embarque le lecteur dans un périple prospectif
C’est à cette question que répond L’insertion en Méditerranée, d’une rive à l’autre. L’ouvrage est composé d’analyses croisées et de monographies de onze pays différents. De la France à la Turquie, en passant par la Tunisie et l’Egypte, la Fédération des entreprises d’insertion embarque le lecteur dans un périple prospectif. « Cette espérance, loin d’être une utopie, est déjà défrichée par des citoyens, des organisations et des Etats qui se préoccupent de la place des plus fragiles dans la société. L’analyse des initiatives et des politiques d’insertion par le travail dans onze pays du pourtour méditerranéen en a fait ressortir les éléments-clés mettant en avant autant leur diversité que leur insuffisance. »
« Outil puissant »
Trois phares pourraient éclairer le renforcement des actions collectives en la matière, de l’approche caritative à la plus entrepreneuriale, jusqu’à l’hybridation. L’ouvrage propose de développer la coopération orthogonale et de créer une bibliothèque recensant les retours d’expériences des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-10"> ¤ L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « L’Europe a besoin d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand »

L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
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Stefan Heumann (Codirecteur de la Stiftung Neue Verantwortung (Fondation nouvelle responsabilité)







                        



                                


                            
Tribune. Après avoir assisté à un forum sur l’intelligence artificielle (IA), à Pékin, en janvier, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que l’Europe avait besoin d’une stratégie nationale en matière de big data et d’IA, afin d’être en mesure de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis, et de façonner l’avenir des marchés de la technologie autour des valeurs européennes. Il a réaffirmé cet objectif lors de la présentation, le 29 mars, du rapport du mathématicien et député (LRM) Cédric Villani sur l’intelligence artificielle.
e siècle
Mais pour y parvenir, il va devoir convaincre l’Allemagne d’opérer un virage stratégique radical dans son approche traditionnellement « lente et prudente » des enjeux de la transition technologique. Ce dont l’Europe a besoin en matière d’IA, c’est d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand.
Il ne fait plus aucun doute que la donnée sera le vecteur central de l’économie du XXIe siècle et que l’IA en sera la technologie-clé. La question est de savoir quels pays et quelles entreprises y parviendront les premiers, et quelles règles gouverneront à l’avenir ces nouveaux marchés. Les grands groupes technologiques de la Silicon Valley et de la Chine ont compris l’importance stratégique de cette innovation. Selon un rapport de McKinsey, ces groupes ont investi sur la seule année 2016 un montant compris entre 20 et 30 milliards de dollars (entre 16,3 et 24,4 milliards d’euros) en recherche et développement (R&D) dans l’IA.
L’Europe à la traîne
En 2017, les start-up chinoises ont capté pour la première fois davantage d’investissements en capital-risque que leurs rivales américaines. Mais contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où ce sont les grands groupes technologiques qui mobilisent la majeure partie des ressources, en Chine, le gouvernement n’abandonne...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-11"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel rappelle que les mesures susceptibles d’augmenter structurellement le rythme de croisière de la croissance sont entre les mains des gouvernements. A eux d’agir avant la prochaine crise.
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Croissance européenne : « Les abonnés au pessimisme économique donnent à nouveau de la voix »

Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel rappelle que les mesures susceptibles d’augmenter structurellement le rythme de croisière de la croissance sont entre les mains des gouvernements. A eux d’agir avant la prochaine crise.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
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            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Le vent est-il sur le point de tourner en zone euro ? Peut-être bien, murmurent les abonnés au pessimisme économique, qui donnent de nouveau de la voix ces jours-ci. On ne les avait guère entendus depuis fin 2017, lorsqu’une brise euphorique se leva soudain sur l’union monétaire. Cédant à un optimisme auquel ils n’avaient pas goûté depuis dix ans, les grands instituts de conjoncture célébraient alors le retour d’une croissance solide, équilibrée et saine sur le Vieux Continent. Terminé, la crise et son pain noir !
Si l’activité se stabilise à un niveau trop faible, il sera plus difficile de réduire le chômage de longue durée, d’apurer les dettes, de financer nos systèmes sociaux et les investissements d’avenir
Depuis quelques semaines, pourtant, des nuages assombrissent de nouveau l’horizon conjoncturel. Il y a bien sûr les doutes entourant la fièvre protectionniste américaine et l’issue préoccupante des législatives italiennes. Mais ce n’est pas tout : les indicateurs avancés, censés annoncer les fluctuations à venir de l’activité, donnent désormais des signes de ralentissement. La dernière enquête de la Commission européenne, publiée le 27 mars, comme celle du cabinet IHS Markit, du 3 avril, dressent le même constat en demi-teinte. Le moral des entrepreneurs européens est un peu moins bon qu’il y a trois mois. La confiance des consommateurs fléchit.
Disons-le tout net : cela ne signifie pas que l’union monétaire est sur le point de replonger. Mais plutôt, que sa croissance a déjà atteint son pic. Passé l’effet rattrapage, elle va peu à peu retrouver son rythme de croisière. Et cela angoisse les économistes, car aucun n’est capable d’évaluer précisément ce dernier : 2 % par an ? 1,8 % ? Moins ? La question n’est pas seulement théorique. Si l’activité se stabilise à un niveau trop faible, il sera plus difficile de réduire le chômage de longue durée, d’apurer les dettes, de financer nos systèmes sociaux et les investissements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤ La politique d’accueil part d’un principe : le réfugié ment. Cette présomption rend encore plus difficiles ses démarches administratives et ajoute de nouveaux symptômes aux traumatismes liés à l’exil témoigne un collectif de psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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Demandeurs d’asile : « Partout autour de nous, nous observons la récurrence de la suspicion »

La politique d’accueil part d’un principe : le réfugié ment. Cette présomption rend encore plus difficiles ses démarches administratives et ajoute de nouveaux symptômes aux traumatismes liés à l’exil témoigne un collectif de psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h51
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                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Au quotidien, nous soignons des patients réfugiés. Ce sont des adultes seuls, en couple ou en famille, ce sont des mineurs isolés et des enfants. Ils sont originaires des Balkans ou du Caucase, d’Afrique, d’Asie du Sud-Est, du Maghreb ou du Proche-Orient. Ils sont tous demandeurs d’asile, déboutés de cette protection, des sans-papiers ou bénéficiaires de certains titres de séjour.
Ils souffrent de psychotraumatismes, voire de traumatismes physiques, à la suite des violences subies ou des menaces encourues : arrestations arbitraires, emprisonnements, tortures, viols, harcèlements, humiliations. Sans avoir pu bénéficier de la protection des autorités de leur pays.
S’ils se considèrent « chanceux » d’avoir pu partir et pour certains « d’être arrivés », quelquefois après un parcours migratoire à lui seul traumatisant, ils découvrent vite l’accueil indigne qui leur est réservé.
Ce que notre expérience professionnelle auprès de ces personnes nous apprend, c’est que cet accueil n’est pas respectueux de la dignité humaine. Cet accueil reste indigne en raison d’un paradigme qui domine, influence et conditionne toute la politique d’accueil : la présomption de mensonge, qui repose sur tout demandeur d’asile et le place d’emblée dans une position d’imposteur et non de victime potentielle.
Parcours du combattant
Sous ce prisme, de nombreuses demandes d’asile sont rejetées au motif que les menaces et persécutions alléguées sont « improbables », voire falsifiées. Mais surtout, c’est sur ce paradigme que repose toute une machinerie juridico-administrative qui fait de la demande d’asile un véritable parcours du combattant, avec un impact négatif et destructeur sur la santé psychique de nos patients.

Et parce qu’il repose sur cette présomption de mensonge, le projet de loi sur un « droit d’asile effectif » [projet de loi Collomb « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », présenté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-13"> ¤ « Nous n’avons pas identifié la source exacte » de production du poison, a déclaré le directeur du laboratoire militaire britannique chargé d’étudier la substance utilisée dans la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal et de sa fille.
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La Russie demande des « excuses » à Londres dans l’affaire Skripal

« Nous n’avons pas identifié la source exacte » de production du poison, a déclaré le directeur du laboratoire militaire britannique chargé d’étudier la substance utilisée dans la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal et de sa fille.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h48
   





                        


La Russie est à l’offensive dans l’affaire Sergueï Skripal, du nom de l’ancien agent double russe empoisonné le 4 mars sur le sol britannique en compagnie de sa fille Youlia. Après les déclarations à la chaîne de télévision Sky du patron du laboratoire britannique chargé d’étudier la substance utilisée, le Kremlin a sommé Londres de « s’excuser », mercredi 4 avril, par la voix de son porte-parole.
C’est une petite phrase glissée par Gary Aitkenhead, directeur exécutif du laboratoire militaire de Porton Down, qui a motivé Moscou à exiger de telles excuses. « Nous n’avons pas identifié la source exacte » de production du poison utilisé, a indiqué M. Aitkenhead, alors que la tentative d’assassinat de Sergueï Skripal et de sa fille a provoqué une crise diplomatique d’une ampleur sans précédent entre la Russie et les Occidentaux.

        Lire aussi :
         

                Expulsion de diplomates occidentaux : Moscou poursuit sa riposte diplomatique



« Leur théorie [la culpabilité de la Russie] ne se confirmera en aucun cas, parce qu’il est impossible de la confirmer », a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Dans le même temps, reprenant l’une des versions avancées par Moscou depuis le début de la crise, le chef du renseignement extérieur russe, Sergueï Narychkine, a qualifié mercredi l’affaire de « provocation grotesque » des services spéciaux britanniques et américains.

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : pour Moscou, l’empoisonnement profite à Londres



« Pas notre travail d’identifier où [ce poison] a été fabriqué »
En réalité, les déclarations de Gary Aitkenhead confirment des éléments qui avaient déjà été avancés par le gouvernement britannique. Le laboratoire de Porton Down indique ainsi que la substance utilisée est bien un agent innervant de type Novitchok, une famille de poisons mise au point par l’Union soviétique, et de « qualité militaire ».
Mais « ce n’est pas notre travail d’identifier où [ce poison] a été fabriqué », explique M. Aitkenhead, précisant qu’une telle tâche demanderait « d’autres éléments » qui ne sont pas à la disposition du laboratoire.

        Lire aussi :
         

                Novitchok : un poison soviétique à l’histoire sulfureuse utilisé contre l’agent double russe



Réagissant à ces déclarations, le gouvernement britannique a rappelé que les recherches menées à Porton Down ne constituaient « qu’une partie du renseignement » à sa disposition, citant les recherches passées de Moscou dans le domaine, le programme d’assassinats ciblés conduit par la Russie, et le fait que Skripal était considéré comme une cible.
Quelques jours après l’empoisonnement de l’espion, la première ministre britannique, Theresa May, avait mis en cause Moscou, estimant qu’il s’agissait de « la seule explication plausible », mais sans évoquer de preuves formelles.
L’annonce du laboratoire de Porton Down survient alors que l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) doit se réunir mercredi à la Haye, à la demande de la Russie. Dénonçant une « campagne antirusse », le président Vladimir Poutine a dit espérer que la réunion « permett[e] de mettre le point final » aux accusations visant Moscou.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-14"> ¤ Bruno Retailleau a présenté, le 4 avril, son projet pour l’UE, qui prend des distances avec celui de Laurent Wauquiez.
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La droite affiche ses divergences sur l’Europe

Bruno Retailleau a présenté, le 4 avril, son projet pour l’UE, qui prend des distances avec celui de Laurent Wauquiez.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h13
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Bruno Retailleau a décidé de tirer le premier. Alors que le parti Les Républicains (LR) doit organiser un conseil national sur l’Europe en juin pour jeter les bases de son projet en vue des élections européennes de 2019, le patron du groupe LR au Sénat a présenté, mercredi 4 avril, les propositions sur le sujet de Force républicaine, le microparti fondé par François Fillon dont Bruno Retailleau a repris la présidence en novembre 2017. Plus discret que d’autres ténors de droite, comme Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ou Xavier Bertrand, le quinquagénaire, qui a renoncé à la présidence de la région Pays de la Loire pour garder son siège au Palais du Luxembourg et se conformer au non-cumul des mandats, n’entend pas moins peser sur son camp dans les années à venir.
A l’occasion de ce scrutin européen – « une campagne risquée pour notre famille politique » tant elle peut apparaître divisée sur cette question, reconnaît-il auprès du Monde –, le chef de file des sénateurs LR souhaite que son parti assume qu’« on a besoin de l’Europe » tout en en dressant le « droit d’inventaire ». « On ne peut pas fermer les yeux sur le Brexit, sur les insurrections électorales, en Allemagne, en Italie. Chaque fois, les partis qui percent ont fait campagne contre l’Europe, parfois via le sujet de l’immigration », note M. Retailleau, en référence à la montée dans ces pays de mouvements d’extrême droite ou populistes. « Jamais on a été aussi proches d’une dislocation de l’Europe : ou l’Europe change ou l’Europe meurt », estime-t-il.
« Préférence européenne »
En conséquence, cet ancien proche de Philippe de Villiers plaide pour que l’Union européenne (UE) porte en priorité un « projet de civilisation » qui « se réapproprie son histoire, l’héritage antique, celui du christianisme et des Lumières », en faisant adopter notamment une « charte des peuples européens » qui rappellerait l’« identité »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤ Les militants anti-islam se mobilisent dans l’ouest de l’Allemagne depuis le meurtre d’une adolescente de 15 ans par un Afghan, en décembre 2017.
<filname="PROF-0,2-3214,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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Kandel, foyer des angoisses identitaires allemandes

Les militants anti-islam se mobilisent dans l’ouest de l’Allemagne depuis le meurtre d’une adolescente de 15 ans par un Afghan, en décembre 2017.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h11
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 19h30
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            Thomas Wieder (Kandel (Rhénanie-Palatinat), envoyé spécial)








                        



                                


                            

Une fois de plus, Kandel (Rhénanie-Palatinat) va se transformer en camp retranché. Samedi 7 avril, plusieurs manifestations sont à nouveau prévues dans ce bourg coquet de 8 500 habitants situé dans l’ouest de l’Allemagne, à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Des centaines de policiers seront mobilisés. Le centre-ville sera bouclé. Et, comme c’est régulièrement le cas depuis le début de l’année, des journalistes venus des quatre coins du pays s’intéresseront à ce petit bout d’Allemagne devenu l’épicentre des angoisses nationales liées à l’immigration en général, et à l’islam en particulier.
Tout a commencé le 28 décembre 2017. Ce jour-là, Mia, 15 ans, est attaquée au couteau par son ex-petit ami dans une parapharmacie de Kandel. Elle meurt à l’hôpital. La victime est allemande, son agresseur est afghan. Rapidement, l’enquête révèle que le jeune homme, arrivé en Allemagne en avril 2016, s’est vu refuser deux fois sa demande d’asile. On apprend qu’il n’a pas 15 ans, comme il le prétendait, mais au moins trois ou quatre de plus. Majeur et sans titre de séjour, il était donc expulsable.
L’ambivalence de l’AfD
Dès le 2 janvier, cinq jours après la mort de Mia, une manifestation a lieu à Kandel. Elle réunit 400 personnes. Le principal organisateur est Marco Kurz, un militant d’extrême droite très actif sur les réseaux sociaux et qui rêve d’organiser une « marche sur Berlin » de 500 000 citoyens en colère contre Angela Merkel. Des militants appartenant à des groupuscules identitaires ou néonazis sont également présents.
D’autres rassemblements sont organisés. Ils attirent chaque fois plus de monde : le 28 janvier, environ 1 000 personnes sont présentes ; le 3 mars, elles sont plus de 4 000. « Au fil des semaines, la mobilisation a fait tache d’huile. Grâce à une mobilisation extrêmement efficace sur Facebook, mais aussi sur d’autres plates-formes, comme VKontakte, un réseau social russe très prisé par l’extrême droite,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-16"> ¤ Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.
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Spotify : le leader mondial du streaming musical en chiffres

Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h07
    |

            Philippe Da Silva et 
                                Maxime Mainguet








                        


Le leader du streaming musical payant
La firme suédoise dirigée par Daniel Ek est pour l’instant l’intouchable leader du streaming musical payant. Au 31 décembre 2017, Spotify comptait 71 millions d’abonnés, soit presque le double d’Apple Music. Mais il est vrai que le service de la marque à la pomme a été lancé plus récemment - en 2015 - alors que son rival scandinave a démarré en 2008.

   



        Lire aussi :
         

                Spotify : Daniel Ek, le roi du streaming qui a révolutionné la musique



 
Une croissance soutenue
Spotify est le leader d’un secteur en forte croissance. Le marché du streaming a progressé de 60 % entre 2015 et 2016, selon l’IFPI (International Federation of the phonographic industry).

   


Une grande part de cette croissance a été captée par Spotify. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi passé de 700 millions d’euros en 2013 à 4 milliards en 2017. Ces résultats sont portés par un nombre grandissant d’abonnés payants.
 
L’entreprise essuie toujours des pertes, notamment du fait d’opérations de financement
 
Pour autant, ce succès auprès des fans de musique ne permet pas à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Elle a ainsi accusé 1,2 milliard d’euros de pertes en 2017, dont 378 millions directement liés à l’exploitation.

   



        Lire aussi :
         

                Les débuts réussis de Spotify, le numéro 1 du streaming musical, en Bourse



L’autre partie de cette perte est d’origine financière. Elle est consécutive à l’émission au printemps 2016 d’un milliard d’euros de dettes convertibles. Il était prévu que le taux de cette dette, fixé initialement à 5 %, grimperait d’un point tous les six mois si l’introduction en Bourse de la société intervenait plus de 12 mois après l’émission, ce qui a été le cas. De quoi expliquer une partie non-négligeable des pertes de l’entreprise, et son intérêt à entrer en Bourse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-17"> ¤ Le procureur estime que les chefs d’inculpation de rébellion et détournement de fonds publics à l’encontre de l’ancien dirigeant catalan sont valides en droit allemand.
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Le parquet allemand requiert le maintien en détention de Carles Puigdemont

Le procureur estime que les chefs d’inculpation de rébellion et détournement de fonds publics à l’encontre de l’ancien dirigeant catalan sont valides en droit allemand.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h04
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Pour l’instant, Madrid n’a pas à se plaindre de la justice allemande dans l’affaire Puigdemont. Neuf jours après l’arrestation du dirigeant indépendantiste catalan outre-Rhin, le procureur général du Land de Schleswig-Holstein, où est incarcéré Carles Puigdemont, a reconnu, mardi 3 avril, la validité en droit allemand des deux chefs d’inculpation le visant : celui de « détournement de fonds publics » et celui de « rébellion ». Après avoir « évalué en détail le mandat d’arrêt européen » lancé par l’Espagne le 23 mars, à l’encontre de M. Puigdemont, le parquet a estimé qu’il était « recevable » et justifiait le maintien de celui-ci en détention en raison d’un « risque de fuite ».
Cela ne signifie pas que la procédure d’extradition aboutira. La décision finale doit en effet revenir à l’Oberlandesgericht (tribunal régional supérieur) du Schleswig-Holstein, qui a jusqu’au 25 mai pour trancher. Mais les réquisitions du procureur n’en sont pas moins un coup dur pour les avocats de M. Puigdemont. Depuis l’arrestation de leur client, qu’ils qualifient de « prisonnier politique », ils martèlent que l’accusation de « rébellion » ne peut être retenue contre lui au motif qu’elle n’aurait pas d’équivalent en droit allemand. Le parquet du Schleswig-Holstein a estimé le contraire. A ses yeux, la « haute trahison » définie par l’article 81 du code pénal allemand est suffisamment proche de ce que le droit espagnol qualifie de « rébellion » pour que le dirigeant catalan puisse être extradé d’après ce motif.
« Le conflit catalan doit être réglé par la justice »
Dès mardi après-midi, les avocats de M. Puigdemont en Allemagne ont annoncé avoir déposé des recours contre les réquisitions du parquet. La veille, ses avocats en Espagne avaient fait de même auprès du Tribunal suprême de ce pays, estimant que l’accusation de « rébellion » était irrecevable en raison d’absence de violence dans les actes reprochés à leur client....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-18"> ¤ Analyse. Pour notre correspondante à Bruxelles Cécile Ducourtieux, la nomination par le président de la Commission européenne de son bras droit l’Allemand Martin Selmayr comme secrétaire général de l’institution est du pain bénit pour les europhobes.
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Les travers de la gestion Juncker

Analyse. Pour notre correspondante à Bruxelles Cécile Ducourtieux, la nomination par le président de la Commission européenne de son bras droit l’Allemand Martin Selmayr comme secrétaire général de l’institution est du pain bénit pour les europhobes.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Analyse. L’affaire Selmayr, qui défraye depuis plusieurs semaines la chronique de la « bulle » bruxelloise, agit comme un véritable révélateur des failles de la commission Juncker. Une commission tellement politique qu’elle semble avoir oublié qu’en tant que gardienne des traités elle doit s’en tenir à la lettre mais aussi à l’esprit des règles européennes. Et une institution dont le président, Jean-Claude Juncker, a développé à l’égard de son bras droit, Martin Selmayr, une si grande dépendance que ce dernier, un Allemand de 47 ans, concentre des pouvoirs inédits et jugés problématiques.
le correspondant de « Libération » est le premier à dénoncer un « coup d’état »
Résumons les faits : le 21 février, M. Juncker débarque dans la salle de presse de la Commission, à Bruxelles, pour annoncer la nomination surprise de son directeur de cabinet, M. Selmayr, au poste de secrétaire général de l’institution, la plus haute fonction de cette administration de trente-trois mille fonctionnaires. Les commissaires, réunis quelques instants plus tôt en collège, ont été mis devant le fait accompli mais n’ont pas protesté.

Jean Quatremer, le correspondant de Libération, est le premier à dénoncer un « coup d’Etat ». La Commission commence à traiter l’affaire par le mépris, s’enferre dans ses explications, prétendant, par exemple, qu’il y a d’abord eu « plusieurs candidats » pour le poste de secrétaire général adjoint – auquel avait initialement postulé M. Selmayr et qui lui a ouvert la voie à celui de secrétaire général –, avant de reconnaître qu’ils n’étaient que deux. Et encore : la deuxième postulante s’est retirée avant d’être auditionnée par le DRH de la Commission, le commissaire Günther Oettinger.
Un respect « religieux » des règles
Les qualités de M. Selmayr, connu pour ses fulgurances et sa capacité de travail, ne sont pas en cause, répètent les journalistes et les eurodéputés, qui se saisissent rapidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-19"> ¤ Paris et Washington étoffent leur soutien aux Kurdes, mais la France et l’UE sont plus exposées que les Etats-Unis aux répliques du conflit syrien.
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Guerre de Syrie : le dilemme des Européens vis-à-vis de la Turquie

Paris et Washington étoffent leur soutien aux Kurdes, mais la France et l’UE sont plus exposées que les Etats-Unis aux répliques du conflit syrien.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 10h44
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 22h55
    |

                            Allan Kaval et 
Marc Semo








                        



                                


                            

La lutte contre l’organisation Etat islamique (EI) était et reste pour les autorités françaises le principal enjeu de la guerre de Syrie et de leur engagement dans la coalition internationale dont les Etats-Unis sont le pilier. « Le problème est désormais pratiquement réglé sur le terrain », rappelle volontiers Paris. Tout en soulignant que les derniers combattants de l’EI font toujours peser une menace, et sont en passe de se recycler dans d’autres groupes djihadistes.
La victoire reste donc fragile et il est hors de question de baisser la garde alors que la France, après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, a discrètement déployé depuis deux ans des forces spéciales dans le nord de la Syrie. Elles seraient déployées aussi à Manbij, où, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, les Américains mais aussi les Français ont renforcé leur dispositif. Le bras de fer qui s’amorce autour de la ville concentre ce qui est décrit à Paris comme des « contradictions stratégiques » avec Ankara.

Le dilemme, à Paris comme à Londres et à Washington, est le suivant : comment conserver ses alliés kurdes tout en ménageant la Turquie, deuxième puissance de l’OTAN ? Il faut, d’une part, poursuivre une coopération opérationnelle indispensable avec les combattants kurdes qui forment l’épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), dont le rôle a été crucial pour écraser l’EI. Et, d’autre part, maintenir des relations décentes, à défaut d’être cordiales, avec la Turquie. Depuis le début de l’offensive d’Ankara contre l’enclave kurde d’Afrin et les velléités turques de la poursuivre contre les zones tenues par les FDS où la coalition est présente, les contradictions de la coalition sur le dossier syrien paraissent de plus en plus difficiles à assumer.
Acuité toute particulière
Pour les Etats européens, cette équation se pose avec une acuité toute particulière. Contrairement à Washington, ils se trouvent en effet en première...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3214,1-0,0-20"> ¤ Le président turc, dont l’armée menace Manbij, au nord de la Syrie, pousse son avantage contre les Kurdes, aux dépens des Etats-Unis.
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Face aux Kurdes, Erdogan mise sur Poutine

Le président turc, dont l’armée menace Manbij, au nord de la Syrie, pousse son avantage contre les Kurdes, aux dépens des Etats-Unis.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 10h53
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            

Accueilli à Ankara par 21 coups de canon et la garde à cheval, le président russe Vladimir Poutine a été traité en hôte de marque par son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, qui l’a reçu, mardi 3 avril, en son palais de 200 000 mètres carrés. Mercredi 4 avril, Vladimir Poutine devait être rejoint par le président iranien Hassan Rohani pour un sommet tripartite, Turquie, Russie, Iran, consacré à la résolution du conflit syrien.
Mardi, sur l’esplanade du palais, les présidents Poutine et Erdogan ont assisté par visioconférence à la pose du premier bloc de béton de la centrale nucléaire d’Akkuyu, au sud du pays (région de Mersin), un méga-projet d’une valeur de 20 milliards de dollars, dont la construction et l’exploitation sont du ressort de Rosatom, le géant russe du nucléaire civil.
S’il est mené à bien, le chantier, un vieux serpent de mer, sera le premier pas vers la production d’énergie nucléaire en Turquie, dépendante à 55 % du gaz russe pour sa consommation. Sachant que la centrale ne sera pas opérationnelle avant 2023 et que Rosatom n’a pas encore trouvé ses partenaires turcs, les mines réjouies des deux présidents n’étaient pas dues aux riches perspectives de la coopération énergétique. Elles reflétaient plutôt un horizon partagé en Syrie, où l’alliance stratégique russo-turque commence à porter ses fruits.
Foyer de tensions
La région de Manbij, à l’ouest de l’Euphrate, est en pleine tourmente. Située à une trentaine de kilomètres de la frontière turque, la zone, où sont stationnées des troupes de la coalition en soutien aux Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde à la pointe du combat contre l’organisation Etat islamique (EI) en Syrie, est devenue un foyer de tensions.
On y redoute l’offensive turque maintes fois promise par M. Erdogan. Galvanisé par la prise de l’enclave kurde d’Afrin (nord-ouest de la Syrie), le 18 mars, par son armée et ses supplétifs syriens, le « reis » promet la guerre totale...




                        

                        

