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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Depuis plusieurs jours, les annonces de hausses de tarifs douaniers se succèdent. Chronologie.
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Les dates-clés de la bataille commerciale opposant la Chine et les Etats-Unis

Depuis plusieurs jours, les annonces de hausses de tarifs douaniers se succèdent. Chronologie.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 18h31
    |

                            Maxime Mainguet








                        



   



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ La chorégraphe, qui campait l’incontrôlable Zabou dans le film « Timbuktu », d’Abderrahmane Sissako, participera au débat sur le genre, lors de la troisième édition des Voix d’Orléans.
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D’Haïti au Mali, la danse transgressive de Kettly Noël

La chorégraphe, qui campait l’incontrôlable Zabou dans le film « Timbuktu », d’Abderrahmane Sissako, participera au débat sur le genre, lors de la troisième édition des Voix d’Orléans.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 18h30
    |

            Pierre Lepidi








                        



   


Portrait. Zabou fait sourire, mais elle peut aussi inspirer la peur. Il y a en elle un subtil mélange de fragilité, d’inconscience, de force et de courage. Dans Timbuktu, le chef-d’œuvre du cinéaste mauritanien Abderrahmane Sissako, qui a obtenu sept Césars en 2015, dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur, Kettly Noël interprète le rôle de Zabou, une petite femme mystérieuse au regard inquiétant et aux cheveux hirsutes. Comme elle est un peu disjonctée, on la laisse transgresser tous les interdits dictés par la charia. Alors elle fume, elle chante, se maquille, danse… Sorte de poétesse vaudoue, elle insulte même les djihadistes qui règnent sur Tombouctou, au centre du Mali, sans provoquer leur haine. « Connards ! » est le premier mot qu’elle prononce dans le film, et c’est en les regardant dans les yeux.

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Kettly Noël est une actrice et une chorégraphe qui sera présente à la 3e édition des Voix d’Orléans, vendredi 6 avril, où elle participera au débat sur « le progrès du genre ». La danseuse est une énergie brute, une force vivante. Mais derrière ce caractère insoumis apparaît aussi une grande sensibilité. « Comme Zabou, Kettly est une femme de défi qui ne se laisse pas enfermer, assure Abderrahmane Sissako. Elle est libre, mais fissurée. C’est un cri. »
Attirance magnétique pour le Mali
Kettly Noël est née en Haïti il y a cinquante-deux ans. Elle a grandi sur ce « bout d’Afrique » des Caraïbes, la première République noire libre de l’Histoire. C’était en 1804, et c’est toujours une fierté dans ce pays où la population d’ascendance vient très largement des côtes africaines, et notamment de l’ancien port négrier de Ouidah, au Bénin (ex-Dahomey). A fond de cale, les anciens esclaves ont été déportés avec leur culture, leurs rites vaudous et évidemment leurs danses.
Le lien est fort avec l’Afrique. « Que ce soit au carnaval, pendant la fête de l’indépendance ou lors de divers événements sportifs ou religieux, j’ai toujours dansé, se souvient l’actrice. La danse est en moi. » La volcanique Kettly Noël est une touche-à-tout, véritable boulimique d’échanges et de rencontres. Elle débarque à Paris au début des années 1990 et papillonne entre la musique, la danse et le théâtre. Elle lit beaucoup et se découvre grâce à Amkoullel, l’enfant peul, d’Amadou Hampâté Bâ (Babel, 1992), une attirance magnétique pour le Mali. A la Maison des cultures du monde, elle présente en 1995 Nanlakou, une première pièce chorégraphique où elle interroge ses racines haïtiennes. Elle se fond dans les rythmes. Quelques mois plus tard, elle croise Angélique Kidjo et, entre l’Haïtienne et la Béninoise, la danseuse et la chanteuse, les liens deviennent naturels et spontanés. Kettly Noël fera la chorégraphie du clip d’Agolo, un tube de la diva africaine.
« Une danse qui peut être proche de la transe et qui est liée à ses racines haïtiennes. C’est très expulsif, parfois chaotique »
« Il était écrit que j’allais découvrir l’Afrique en commençant par vivre au Bénin », raconte la danseuse. A Cotonou, où elle suit son mari qui a été muté, Kettly Noël est à l’origine d’un travail de formation à la danse avec des jeunes issus des quartiers de la capitale économique. Sur place, tout ressemble à Haïti. « Mais quatre ans plus tard, c’est le Mali qui m’appelle, se souvient Kettly Noël. Je suis ma route. » Toujours en famille, elle ne s’installe pas à Tombouctou mais à Bamako, où elle crée une structure de danse, Donko Seko, et un festival Dense Bamako Danse, qui rassemble plusieurs compagnies d’Afrique de l’Ouest chaque année. Elle encadre aussi un groupe d’enfants des rues et parvient à réinsérer certains gamins. A tous, elle redonne l’envie d’y croire, de se battre, de vivre. Avec l’acharnement d’une Zabou, elle porte ses projets à bout de bras.
Coq sur l’épaule
Sa carrière de danseuse décolle en 2002. Avec le spectacle Tichèlbè, qui traite de la condition féminine, Kettly Noël devient lauréate des Rencontres chorégraphiques d’Afrique et d’océan Indien à Madagascar avant de gagner l’année suivante le prix RFI Danse. « Kettly est une bête de scène, assure Sophie Renaud, directrice de l’Institut français de Tunisie, qui a suivi l’ascension de la danseuse lorsqu’elle dirigeait le programme Afrique en créations. Elle dégage une force qui mêle une puissance animale et une fragilité incroyable… Elle a une danse qui peut être proche de la transe et qui est liée à ses racines haïtiennes. C’est très expulsif, parfois chaotique. » En 2004, Kettly Noël crée Errance, un solo interprété dans un décor glacial. Trois ans plus tard, elle propose Correspondances, un duo avec la Sud-Africaine Nelisiwe Xaba.

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Kettly Noël vit aujourd’hui entre Paris, Bamako et Port-au-Prince. « Elle fait partie de ceux ou celles qui ont dépassé le concept de frontière et de drapeau, assure Abderrahmane Sissako. Pour elle, les distances n’existent pas. Kettly faisait parfois deux jours de voiture pour se rendre sur le tournage du film à Oualata [dans le sud-est de la Mauritanie]. Elle est généreuse, partante pour tout. » Zabou existe, et elle est pareille. Originaire d’un petit village malien où elle a été mariée à l’âge de 13 ans, Zeynaba Arounhenna Maïga (alias Zabou) a été danseuse au Crazy Horse, et a fréquenté le gratin parisien dans les années 1970. Après une vie cabossée, elle est rentrée au Mali, ruinée et traumatisée. En 2012, lorsque sa ville de Gao est tombée sous la coupe des islamistes d’Ansar Eddine, puis du Mujao, Zabou a continué à vivre sa vie, protégée par son grain de folie.
Elle arpenterait encore les rues poussiéreuses de sa ville avec des airs de femme du monde et un coq sur l’épaule. « Même s’il a fallu adapter le personnage en y ajoutant une touche haïtienne dans le film, nous avons de nombreux points communs, assure Kettly Noël. Zabou est un ovni, un brin mythomane, et on me considère parfois comme ça. Mais aurais-je eu son courage pour résister aux djihadistes comme elle l’a fait ? Elle a tout de même un sacré culot. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Ancien officier putschiste, le candidat de l’opposition a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,81 % des voix.
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Portrait

En Sierra Leone, le retour par les urnes de Julius Maada Bio

Ancien officier putschiste, le candidat de l’opposition a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle avec 51,81 % des voix.

Par                                            Chams Iaz




LE MONDE
              datetime="2018-04-05T18:26:01+02:00"

        Le 05.04.2018 à 18h26






    
Le président sierra-léonais élu, Julius Maada Bio, prête serment à Freetown, le 4 avril 2018.
Crédits : Olivia Acland / REUTERS


Plus de vingt ans après un coup d’Etat qui l’avait brièvement porté au pouvoir, Julius Maada Bio est de retour aux commandes de la Sierra Leone, cette fois par la voix des urnes. L’officier devenu opposant a obtenu 51,81 % des voix, selon les résultats prononcés mercredi 4 avril au soir par la Commission électorale nationale (NEC). Si le représentant du pouvoir sortant, Samura Kamara, a déjà annoncé son intention de contester les résultats provisoires, Julius Maada Bio n’a pas attendu plus de deux heures après l’annonce de sa victoire pour lancer un très conventionnel appel à l’unité, martelant : « Nous sommes un seul pays, la Sierra Leone, et nous sommes un seul peuple. »

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S’il n’est âgé que de 53 ans, Julius Maada Bio n’en est pas à sa première intrusion dans le champ politique sierra-léonais. Le 29 avril 1992, avec quelques jeunes officiers, il participe au renversement, sans un coup de feu, de Joseph Saidu Momoh. Après le putsch, les officiers placent à la tête de la junte un tout jeune homme de 26 ans, le capitaine Valentine Strasser. Alors que la Sierra Leone connaît ses premières années de guerre civile avec le Front révolutionnaire uni (RUF), l’état d’urgence est décrété, des dispositions de la Constitution sont suspendues et 26 militaires sont exécutés sur des soupçons de rébellion.
Coup d’Etat « démocratique »
En janvier 1996, Julius Maada Bio, alors vice-président, chasse du pouvoir son frère d’armes lors d’un coup d’Etat qualifié de « démocratique » et rend le pouvoir, après la présidentielle organisée en mars, à un ancien fonctionnaire des Nations unies, Ahmad Tejan Kabbah. Ironie de l’histoire : durant cet éphémère passage au pouvoir, il nomme Samura Kamara, son adversaire d’aujourd’hui, à la tête du ministère des finances.
Jeune retraité de l’armée et de la présidence, il émigre à Washington, aux Etats-Unis, où il étudie les relations internationales. De retour en 2005, il se lance officiellement dans la politique en intégrant le Parti du peuple de Sierra Leone (SLPP). Il en devient son candidat lors de la présidentielle de 2012. Opposé à Ernest Baï Koroma, le président sortant, il ne recueille que 37 % des votes.

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Julius Maada Bio est connu pour son franc-parler. Il n’hésite pas à qualifier les projets d’infrastructures financés par la Chine d’« arnaques » ou à accuser le président Baï Koroma de « pousser la Sierra Leone au bord du chaos », tout en menaçant de jeter ses partisans dans la rue pour relancer le processus électoral.
Né à Tihun, un village situé dans le sud du pays, le brigadier-général Maada Bio a promis durant sa campagne de réviser les concessions minières, de revenir sur les avantages fiscaux accordés aux compagnies étrangères et d’instaurer une éducation primaire et secondaire gratuite. Un combat qu’il a déjà commencé, au côté de sa femme, en créant en 2014 une fondation pour venir en aide aux enfants défavorisés, aux femmes et à la jeunesse. Pour rappel, le taux de chômage de la jeunesse sierra-léonaise avoisine les 70 %.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Qualifié en 2009 de « politicien le plus populaire au monde » par Barack Obama, l’ex-président du Brésil, condamné pour corruption, ne devrait pas échapper à la prison.
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Lula, la chute de l’icône de la gauche brésilienne

Qualifié en 2009 de « politicien le plus populaire au monde » par Barack Obama, l’ex-président du Brésil, condamné pour corruption, ne devrait pas échapper à la prison.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 18h32
   





                        



   


« J’adore ce mec », lançait un Barack Obama tout sourire en avril 2009, au sommet du G20 de Londres. « C’est le politicien le plus populaire au monde », ajoutait le président américain, alors tout juste entré en fonctions, en empoignant la main de son homologue brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva.
Neuf ans plus tard, Luiz Inacio Lula da Silva, qui a gouverné le plus grand pays d’Amérique latine entre 2003 et 2010, et qui espère encore faire un nouveau mandat, n’échappera finalement pas à la prison, en vertu de sa condamnation en janvier à douze ans de détention pour corruption. Approuvée par la Cour suprême, mercredi 4 avril, cette détention pourrait, sauf ultime surprise, commencer autour du 10 avril. Chronologie de l’ascension et de la chute d’un géant politique.
1945-1966 : l’enfant pauvre
Rien ne prédestinait à un destin national « Lula », cadet d’une fratrie de huit enfants, né dans une famille d’agriculteurs pauvres du Pernambouc, dans le nord-est du Brésil, en 1945. Lula a 7 ans lorsqu’il émigre avec sa famille à Sao Paulo, dans le Sud, pour échapper à la misère. « Quand on a connu la faim, on ne renonce jamais », rappelle-t-il régulièrement.
Enfant, il cire des chaussures pour gagner quelques pièces, et fait des heures dans une blanchisserie. C’est à 14 ans qu’il devient ouvrier, d’abord dans les entrepôts généraux Columbia, puis comme métallurgiste dans la fabrique de vis Marte. De ses débuts professionnels il garde un stigmate physique : il perd l’auriculaire gauche dans un accident du travail.
1975-1985 : le syndicaliste
En 1968, alors qu’il est métallo aux usines Villares, l’une des principales industries métallurgiques du pays, à São Bernardo do Campo (Etat de São Paulo), Lula entre au syndicat des métallurgistes. Au fil des ans, l’ouvrier se fait connaître par son charisme et gagne en responsabilités. En 1975, il est élu président du syndicat, avec 92 % des voix. Il représente alors 100 000 travailleurs.
Après une décennie sans grève ouvrière, le Brésil, gouverné par une junte militaire depuis 1964, est secoué à partir de mars 1979 par un grand mouvement de grève dans l’industrie. La répression policière et l’absence de réactions politiques poussent Lula à fonder, en 1980, le Parti de travailleurs (PT). Acteur majeur du mouvement Diretas Já (« des élections directes maintenant »), qui contribue à mettre un terme au régime militaire, en 1985, le héros ouvrier emprunte le chemin de la politique, qu’il ne quittera plus.
1986-2002 : le politicien
C’est en 1986 que Lula est élu député fédéral de São Paulo, avec le plus grand nombre de votes du pays. A ce poste, il continue à se faire connaître du grand public, à la faveur de slogans chocs et de coups d’éclat. « Au Brésil, quand un pauvre vole, il va en prison. Quand un riche vole, il devient ministre ! », lance-t-il ainsi en 1988.
Le PT le choisit pour candidat à la présidence de la République en 1989, à l’occasion du premier scrutin au suffrage direct pour cette fonction depuis vingt-neuf ans. Il perd de peu. En 1994 et en 1998, Lula, à nouveau candidat à la présidentielle, sera battu deux fois par le social-démocrate Fernando Henrique Cardoso.
2003 : le président
Après ses trois échecs électoraux, Lula, fort d’une alliance politique élargie, remporte le scrutin présidentiel en octobre 2002, avec 61,3 % des votes. Il a 57 ans. Son projet est axé sur un ambitieux programme social en faveur des plus démunis, baptisé la « Bolsa familia » (« bourse familiale »).
A la tête du pays, Lula poursuit une cure de rigueur de trois ans, faisant notamment voter l’alignement du régime des retraites public sur celui du privé. Puis, le miracle socio-économique du géant émergent d’Amérique latine opère.
Sous sa présidence, 30 millions de Brésiliens sortent de la misère pour grossir les rangs de la classe moyenne. Rien ne semble résister à celui qui devient l’icône de la gauche latino-américaine, et le chantre de la démocratie participative. ll met notamment en place le programme « Fome Zero » (« faim zéro »), qui garantit l’accès aux produits alimentaires de base.
2005 : la première affaire
Lula est au sommet de sa popularité, mais son image est écornée par une première affaire. En 2005, le scandale « Mensalao » éclate : la justice découvre que le PT a versé sous le premier mandat de Lula des pots-de-vin à des parlementaires pour qu’ils soutiennent les textes présentés par le gouvernement. Si plusieurs hauts dirigeants du parti sont condamnés à des peines de prison et plusieurs ministres démis de leurs fonctions, Lula échappe à toute poursuite pénale.
En 2006, il reste le grand favori de la présidentielle, et est élu au second tour avec 60,8 % des suffrages. Il poursuit sa politique sociale, débloquant près de 3 milliards d’euros pour les habitants des favelas. En 2010, le magazine Time le désigne « le dirigeant le plus influent du monde ».

   


2011 : le départ
Au dernier jour de 2010, Lula est obligé de quitter le pouvoir, la Constitution lui interdisant de briguer un troisième mandat d’affilée. Fort d’un taux de popularité de 87 %, il lègue à sa dauphine, Dilma Rousseff, une croissance économique annuelle de 7,5 %.
Quelques mois plus tard, l’ancien président, âgé de 66 ans, annonce être atteint d’un cancer de la gorge. Les médecins le déclarent guéri l’année suivante. L’ancien homme fort du Brésil reste un conseiller important de Dilma Rousseff.
2014 : Petrobras
En mars 2014, le Brésil est secoué par un scandale aux proportions inédites. L’affaire Petrobras, du nom de l’entreprise pétrolière contrôlée par l’Etat, touche à la fois des grands acteurs économiques (les géants brésiliens du BTP) et des personnalités appartenant à la coalition de centre gauche, avec laquelle gouverne la présidente Dilma Rousseff. Elle met au jour des malversations et dessous-de-table ayant eu pour principal objectif de financer des campagnes électorales.

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L’opération « Lava Jato » (« lavage express »), menée par le juge Sergio Moro, fait tomber des têtes. Dilma Rousseff est dans le viseur des juges. Lula est accusé d’avoir « joué un rôle central » dans le système de corruption, faisant l’objet de trois enquêtes au sein de cette affaire tentaculaire. Selon les policiers, l’ancien président aurait touché près d’un million d’euros sous la forme de travaux de rénovation d’un appartement dans une station balnéaire en échange de contrats passés avec l’entreprise.

   


2016-2018 : échapper à la prison
Dénonçant une campagne d’acharnement des juges, Lula tente de se mettre à l’abri de la justice en entrant au gouvernement de Dilma Rousseff, elle-même menacée d’une procédure de destitution. La manœuvre est bloquée par la justice. Le 31 août 2016, Dilma Rousseff est destituée par les sénateurs. En septembre 2016, Lula est inculpé de tentative d’entrave à la justice dans le cadre de l’enquête sur Petrobras.
Lula maintient pourtant son projet de se porter candidat à la présidentielle de 2018, se disant prêt à « prendre le pouvoir ». En juillet 2017, il est condamné à neuf ans et demi de prison pour corruption passive et blanchiment d’argent, mais il multiplie les recours pour éviter la prison.
En janvier 2018, sa condamnation en appel est aggravée à douze ans et un mois de prison. Mercredi 4 avril, la Cour suprême lui refuse sa demande d’habeas corpus — le droit de ne pas être emprisonné tant que tous les recours judiciaires n’ont pas été épuisés.

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Pourra-t-il se maintenir comme candidat à la présidentielle d’octobre ? S’il parvient à se présenter, Lula reste le grand favori du scrutin, avec 35 % des intentions de vote. Sans lui, le Parti des travailleurs n’est crédité que de 3 % des suffrages. Le Brésil ne semble pas en avoir fini avec l’ère Lula, même derrière les barreaux.

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.
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L’ONU s’inquiète de la « situation inhumaine » des migrants dans le nord de la France

Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
   





                        


Trois experts des droits humains de l’ONU se sont alarmés, mercredi 4 avril, des conditions de grande précarité dans lesquelles vivent des centaines de migrants dans le nord de la France et exhortent Paris à faire « davantage » pour leur fournir eau et abris d’urgence.
« Les migrants et les demandeurs d’asile situés le long de la côte du nord de la France et ceux qui ne peuvent pas être accueillis dans le gymnase de Grande-Synthe vivent une situation inhumaine », a consigné dans un communiqué Léo Heller, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits à l’eau potable et à l’assainissement. « Ils logent dans des tentes, sans toilettes, et se lavent dans des eaux polluées d’une rivière ou d’un lac », a-t-il rapporté, estimant que « des efforts ont été faits », mais « qu’ils ne sont pas suffisants ».
« Nous sommes préoccupés par les politiques migratoires toujours plus rétrogrades et les conditions insalubres dans lesquelles vivent les migrants », a de son côté déclaré le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, Felipe González Morales, cité dans le communiqué. « Les migrants, indépendamment de leur statut, ont des droits humains, sans aucune discrimination (...). En les privant de leurs droits (...), la France viole ses obligations internationales en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

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« Arrêter le harcèlement des bénévoles et membres des ONG »
MM. Heller et Gonzales Morales, auxquels s’associe Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, lancent également « un appel à l’action pour arrêter le harcèlement et l’intimidation des bénévoles et (d)es membres des ONG qui fournissent une aide humanitaire aux migrants ». « Ils exhortent la France à honorer ses obligations et à promouvoir le travail essentiel des défenseurs des droits de l’homme », conclut le communiqué.
Selon les estimations citées par les experts, quelque « neuf cents migrants et demandeurs d’asile vivent à Calais, trois cent cinquante à Grande-Synthe, et un nombre inconnu dans d’autres régions de la côte nord de la France vive sans accès à des abris d’urgence et sans accès régulier à l’eau potable ».

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Cette Iranienne de 39 ans parlait de véganisme dans ses vidéos sur la plate-forme de Google. La police californienne l’a identifiée comme l’auteure des tirs qui ont blessé trois personnes mardi.
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Qui est Nasim Aghdam, auteure présumée de l’attaque du siège de YouTube

Cette Iranienne de 39 ans parlait de véganisme dans ses vidéos sur la plate-forme de Google. La police californienne l’a identifiée comme l’auteure des tirs qui ont blessé trois personnes mardi.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 18h29
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance) et 
William Audureau








                        



   


Mardi 3 avril, trois personnes ont été blessées, dont l’une est dans une situation jugée sérieuse, dans une attaque à main armée au siège social de YouTube à San Bruno, en Californie (Etats-Unis). Nasim Aghdam, l’auteure présumée des coups de feu, s’est donné la mort sur place, selon les autorités. Son identité et ses griefs vis-à-vis de YouTube sont désormais au centre de l’attention.
Une Iranienne de 39 ans
Nasim Najafi Aghdam, de son nom complet, résidait à San Diego, en Californie. Elle est née dans la ville turcophone d’Oroumiyeh, dans le nord-ouest de l’Iran. Elle a également vécu en Turquie, avant de s’installer aux Etats-Unis, où elle résidait depuis une vingtaine d’années.
Issue de la communauté azérie, elle déclarait adhérer à la foi bahaïste, jeune religion humaniste et ésotérique d’inspiration chiite née en Iran, où ses fidèles sont désormais persécutés.
Le père de la tireuse, Ismail Aghdam, avait signalé la veille de l’attaque la disparition de sa fille, et dit avoir prévenu les forces de l’ordre qu’elle risquait de s’en prendre à YouTube. La police l’avait retrouvée en train de dormir dans un véhicule, mais n’avait pas jugé qu’elle constituait une menace. Elle a déclaré que sa famille n’avait « rien mentionné concernant de potentiels actes de violence ».
Quatre chaînes sur YouTube
Polyglotte, Nasim Aghdam gérait quatre chaînes YouTube en turc, en farsi (la principale langue d’Iran) et en anglais, qui ont toutes été fermées mardi soir par Google en raison de « graves violations » aux règles de la plate-forme. Sa chaîne anglophone comptait environ 5 000 abonnés pour un million de visionnages cumulés.
Ses vidéos allaient des conseils d’exercice physique aux parodies de chansons de Taylor Swift ou Justin Bieber. Quand elle ne faisait pas du sport dans ses vidéos, Nasim Aghdam prônait les vertus du végétarisme – elle se disait végane depuis 2009.

   


Particulièrement engagée contre la cruauté envers les animaux, elle dénonçait par exemple la corrida, la consommation d’ailerons de requin ou le commerce de la fourrure, et posait souvent en compagnie d’un lapin de compagnie.
Elle se signalait par une esthétique très marquée, faite de décors kitsch, de perruques et de costumes inattendus, entre excentricité personnelle et recherche désespérée d’audience. « La créativité et la bizarrerie de ses vidéos me font penser à Pablo Picasso », estimait de son côté, en 2016, un youtubeur turc, Yorekok, dans une vidéo sarcastique vue près d’un million de fois.
Une petite notoriété en Iran
Le caractère étrange des vidéos de Nasim Aghdam lui a valu une certaine notoriété en Iran à partir de 2010. Celle qui l’a rendue célèbre s’intitulait « Dokhtar-é sine badkonaki », soit « Fille aux seins en ballons », dans laquelle elle dénonçait la chirurgie esthétique.
Aussi connue sous le pseudonyme de Nasime Sabz, elle faisait l’objet de moqueries régulières sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas de maladie corporelle ni mentale, dit-elle dans l’une de ses vidéos, en réponse à de nombreux commentaires. Mais je vis sur une planète pleine d’anomalies, d’injustices et de déviances. »
Dans sa dernière vidéo publiée sur sa chaîne Telegram, la messagerie instantanée très populaire en Iran, Nasim Aghdam danse et chante, sans musique, contre les Etats-Unis, où « il est possible d’avoir des rapports sexuels à droite et à gauche », mais impossible de « dénoncer les grands business » dont elle-même se dit victime. La jeune femme affirme que l’Iran est meilleur que les Etats-Unis car « en Iran, on décapite avec la hache, mais ici, on le fait avec du coton » – une expression en persan qui signifie attaquer violemment son adversaire tout en gardant une apparence inoffensive.
Depuis la fusillade au siège de YouTube, la Toile iranienne est plongée dans une incompréhension totale. « Vous avez vous le destin de Nasim Aghdam ? C’est un drame que l’illusion [de la célébrité] peut provoquer chez les malades mentaux », écrit par exemple un utilisateur iranien sur Twitter.
« Contrariée » par la politique de YouTube
« Nous estimons que la suspecte était contrariée par les pratiques et politiques de YouTube. C’est le motif apparent » de l’attaque, a déclaré à l’Agence France-Presse Ed Barberini, le chef de la police de San Bruno. Nasim Aghdam s’était plainte en 2017 de ce qu’elle estimait être un cas de censure, après avoir vu l’audience de ses chaînes baisser. Elle déclarait dans une vidéo :
« Les gens comme moi ne sont pas bons pour les grosses industries, comme l’industrie des animaux, de la médecine, et plein d’autres. C’est pour ça qu’ils nous discriminent et nous censurent. C’est ce qu’ils font aux militants végans et à tant d’autres gens qui essayent de promouvoir un mode de vie sain, humain et intelligent. »
YouTube change régulièrement ses algorithmes ou le fonctionnement de son compteur de visionnage sans en informer ses créateurs, ce dont se plaignent fréquemment les vidéastes qui en vivent. L’entreprise peut également démonétiser une chaîne si elle juge son contenu inapproprié. Elle peut aussi lui imposer une limite d’âge, ce qui restreint sa visibilité.
Sur son site web, sous une citation d’Adolf Hitler et une mise en garde contre « les dictateurs qui existent dans tous les pays, mais avec des tactiques différentes », elle se plaignait en 2017 que « des employés YouTube étroits d’esprit aient mis une restriction d’âge [à une de ses vidéos], aient pris le contrôle de ma chaîne en farsi l’année dernière en 2016 et aient commencé à filtrer mes vidéos pour qu’elles aient moins de vues, les supprimer, et me décourager d’en faire ! ».
Mardi, après s’être entraînée dans un stand de tir, elle pénétrait à la mi-journée dans le campus de YouTube pour ouvrir le feu sur des employés avec un 9 mm enregistré à son nom, selon les déclarations de la police.

        Lire aussi :
         

                Au siège de YouTube aux Etats-Unis, une jeune femme ouvre le feu avant de se suicider






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Un ex-avocat du groupe français détaille le « pacte de corruption » passé avec l’ancien président.
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Jacob Zuma et Thales rattrapés par la justice sud-africaine

Un ex-avocat du groupe français détaille le « pacte de corruption » passé avec l’ancien président.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h39
    |

                            Adrien Barbier (Johannesburg, correspondance)








                        



                                


                            

Pour la troisième fois, Jacob Zuma se retrouve devant un tribunal aux côtés d’un fleuron français de l’armement, pour la même affaire de corruption. Vendredi 6 avril, l’ex-président sud-africain et le groupe Thales doivent comparaître à Durban : le premier est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin du second en marge d’un important contrat d’armement signé en 1999. Il risque quinze ans de prison dans cette affaire où depuis peu, deux ex-chefs d’Etat français sont cités par un ancien avocat de Thales.
L’affaire n’est que l’un des multiples scandales qui ont contraint Jacob Zuma à démissionner de la présidence, mi-février. Elle constitue néanmoins le fil rouge de sa carrière politique, rythmée par les abandons et les rétablissements successifs de l’instruction. Inculpé en 2005, puis à nouveau en 2007, il a été relaxé en avril 2009 pour vice de forme. Soit quelques semaines seulement avant d’accéder à la présidence. Cette fois, ses détracteurs espèrent que la multitude de preuves et la longue liste de témoins déboucheront enfin sur une condamnation.

A l’origine du scandale dans les années 2000, un brouillon de fax. Exhumé d’une poubelle par la secrétaire lésée d’un patron tyrannique, il se retrouve dans la presse et entre les mains de la police. Le document, envoyé de manière cryptée depuis l’Afrique du Sud par Alain Thétard, alors directeur de la filiale locale de Thales, vers la maison-mère à Paris, fait état d’une rencontre « privée » entre lui et « J.Z. » en mars 2000. Ce dernier, très vraisemblablement Jacob Zuma, aurait requis un « effort » de la part de Thales, chiffré à 500 000 rands par an (environ 79 000 euros à l’époque), en échange de sa « protection » en cas de poursuite et de son « soutien permanent pour les projets futurs ».
Trois cents millions de pots-de-vin
A l’époque, la révélation de ce présumé « pacte de corruption » provoque le premier gros scandale...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.
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Jean-Marie Le Pen rejoint un parti européen néofasciste

Exclu du FN, l’eurodéputé rejoint l’Alliance pour la paix et la liberté politique, qui regroupe notamment les néonazis allemands du NPD et le petit parti néofasciste italien Forza Nuova.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 14h04
   





                        



   


L’eurodéputé Jean-Marie Le Pen, qui a été exclu du Front national (FN), a rejoint le parti européen néofasciste Alliance pour la paix et la liberté (APF, Alliance for Peace and Freedom).
« Nous accueillons Jean-Marie Le Pen à un moment de changements révolutionnaires en Europe – notre guide et notre leadeur pour les luttes et les victoires à venir ! », a félicité l’APF dans un communiqué.
Cette formation politique, dont les élus siègent au Parlement européen comme non inscrits, compte dans ses rangs le parti néonazi allemand NPD, le parti néofasciste italien Forza Nuova, qui s’est allié à la Ligue du Nord aux législatives du début de mars, et le parti radical d’extrême droite tchèque (DSSS, Parti ouvrier de justice sociale).
L’eurodéputé âgé de 89 ans, qui ne se représentera pas aux élections européennes l’an prochain, rejoint donc un mouvement distinct de celui auquel est affilié le FN, le groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent également les élus de la Ligue du Nord italienne et du FPÖ autrichien.
Le cofondateur et ancien président du FN (1972-2011) a été exclu par sa fille Marine du FN pour ses propos polémiques répétés sur la Shoah. Il a également perdu la présidence d’honneur au congrès du parti d’extrême droite en mars.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.
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Lancement du projet franco-allemand d’avion de combat du futur

Une annonce politique des deux ministres de la défense sur le « système de combat aérien du futur » est prévue jeudi 5 avril à Paris.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h13
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 15h27
    |

            Isabelle Chaperon et 
Nathalie Guibert








                        



                                


                            

La France et l’Allemagne doivent annoncer jeudi 5 avril, par la voix de leurs ministres de la défense, Florence Parly et Ursula von der Leyen, réunies à Paris, le lancement du programme conjoint de « système de combat aérien du futur ». Ce « SCAF » qui pourrait comprendre drone de combat ou de surveillance, avion optionnellement piloté, avion ravitailleur, ou tout autre matériel, est stratégique. Il doit préparer, à l’horizon 2040, la succession des deux avions de chasse nationaux : Rafale, d’un côté, et Eurofighter Typhoon, de l’autre.

Cette première étape, a assuré mercredi l’entourage de Mme Parly, sera matérialisée par la signature d’un document « d’expression du besoin » (« High level command operational requirement document »), avalisé par les états-majors des deux Etats, lors du salon aéronautique ILA 2018 de Berlin, qui se tiendra du 25 au 29 avril. Ce document d’une vingtaine de pages scelle un accord politique autour des besoins communs des deux armées.
Des discussions industrielles difficiles s’annoncent
La feuille de route du programme et ses premières options industrielles devraient être précisées en juin, si tout se passe bien.
« L’objectif est de parvenir dans un an à un contrat commun pour faire travailler ensemble les deux industries. »
La « complicité » des deux ministres, vantée à Paris, ne sera pas de trop pour aborder des discussions industrielles qui s’annoncent difficiles sur la répartition des tâches et le choix des chefs de file. Mais on n’en est pas encore là.

Pour l’instant, industriels allemands et français travaillent chacun de leur côté. L’Allemagne a déjà signé un premier contrat d’études avec Airbus. Côté français, la direction générale de l’armement (DGA) devrait rapidement faire de même avec Dassault (pour l’architecture de l’aéronef), Thales (pour les systèmes embarqués) et MBDA (pour l’armement).
« Conçu pour l’exportation »
On indique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ La condamnation de l’ex-président Lula à la prison fragilise la grande formation de gauche. Une partie du vote protestataire pourrait aller à l’extrême droite.
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Lula : le Parti des travailleurs brésilien orphelin de son héros

La condamnation de l’ex-président Lula à la prison fragilise la grande formation de gauche. Une partie du vote protestataire pourrait aller à l’extrême droite.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h38
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


Né à la fin de la dictature militaire (1964-1985) pour défendre les droits de ceux que le Brésil avait marginalisés, érigé en machine de pouvoir au début des années 2000, vilipendé par ses adversaires comme étant le « syndicat du crime » ces dernières années, le Parti des travailleurs (PT, gauche) subit, avec l’emprisonnement de sa figure la plus charismatique, un choc dont il pourrait ne pas se relever.
En refusant d’accorder l’habeas corpus à Luiz Inacio Lula da Silva, obligeant l’ancien chef d’Etat à se soumettre à sa condamnation à plus de douze ans de prison, mercredi 4 avril, la Cour suprême prive le PT de son héros.

        Lire aussi :
         

                Brésil : l’incarcération de l’ex-président Lula approuvée par la Cour suprême



Infatigable tribun, Lula a mené jusqu’ici la campagne pour l’élection présidentielle d’octobre, dont il est le favori avec plus de 35 % des intentions de vote. Faisant mine de mépriser la justice, l’ancien syndicaliste a traversé le Brésil à bord de sa caravane, suscitant sur son passage l’adoration des uns et la haine des autres. Une seule fois, le 24 mars, l’ex-métallo de 72 ans aura murmuré le nom de son éventuel successeur : Fernando Haddad, l’ancien maire de Sao Paulo, affirmant qu’eux deux formaient une équipe comparable au duo du FC Barcelone Lionel Messi et Luis Suarez.
Cet adoubement bien tardif confirme la « Lula-dépendance » du PT. En écartant Lula de la course à la présidence, le PT ne récolterait, avec M. Haddad, que 3 % des suffrages, selon un sondage de l’institut Datafolha de décembre 2017.
Parti usé par le pouvoir
Le score confirmerait la déconfiture du principal parti de gauche après l’échec des élections municipales de 2016, où le PT avait perdu 60 % de ses mairies. De fait, si le charme de Lula opère encore, il n’efface pas les critiques envers un parti usé par treize années de pouvoir, blâmé pour n’avoir pas tenu toutes ses promesses et abîmé par les scandales de corruption. La destitution de la présidente Dilma Rousseff en 2016, la politique ultralibérale et les affaires rocambolesques de pots-de-vin touchant le gouvernement de son successeur, Michel Temer, ont relativisé les travers du PT, mais sans Lula la gauche se sent orpheline.
A en croire Lincoln Secco, auteur d’une Histoire du Parti des travailleurs au Brésil (éditions du Sextant, 2016), le vide pourrait être dangereusement comblé par l’extrême droite : « Les votes de Lula pourraient se diviser. Une partie votera pour le PT, une autre pour Jair Bolsonaro [le candidat d’extrême droite] qui attire le vote protestataire bien que son discours soit confus et fasciste. Enfin, une autre partie plus significative ne votera pas. »
L’abstention accentuée par l’écœurement visant l’ensemble de la classe politique ne fera, selon lui, qu’augmenter les chances de l’ancien militaire défenseur de la peine de mort et du port d’arme, crédité aujourd’hui de 20 % des intentions de votes.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Lionel Fontagné, professeur à l’uni­versité Pa­ris-I-Panthéon-Sorbonne et expert des questions commerciales, explique que les Etats-Unis redoutent d’être rattrapés par la Chine.
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Entre Washington et Pékin, « une bataille technologique, plus qu’une guerre commerciale »

Dans un entretien au « Monde », Lionel Fontagné, professeur à l’uni­versité Pa­ris-I-Panthéon-Sorbonne et expert des questions commerciales, explique que les Etats-Unis redoutent d’être rattrapés par la Chine.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 13h35
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Pour Lionel Fontagné, professeur à l’uni­versité Pa­ris-I-Panthéon-Sorbonne et expert des questions commerciales, les droits de douane ne sont qu’une petite partie de l’arsenal que les Etats-Unis s’apprêtent à déployer contre la Chine.
Quelle est la logique des produits ciblés par la Chine en réponse aux menaces américaines de droits de douane ?
La Chine choisit des produits qui ont potentiellement un fort impact politique, en affectant les électeurs de Donald Trump. Cibler le soja n’est évidemment pas neutre. En effet, c’est un ­produit très important pour les expor­tateurs américains et Donald Trump n’a aucun intérêt à ce que les agriculteurs se re­tournent contre lui.
Cette escalade lance-t-elle pour de bon la guerre commerciale ?
Les tarifs sur l’acier et l’aluminium relevaient du conflit commercial traditionnel et visaient la protection d’industries déclinantes. Cette fois, le fond de l’affaire est différent. C’est une bataille technologique qui est engagée, beaucoup plus qu’une guerre commerciale. Donald Trump s’intéresse là à l’autre partie de l’économie américaine : l’innovation.

Ses conseillers redoutent que les Etats-Unis soient rattrapés par la Chine. Ils craignent cet horizon de 2025 dessiné par Pékin dans son plan de politique industrielle « Made in China 2025 », qui pourrait consacrer ce que les historiens appellent le basculement des économies-monde : il s’agit du passage de relais, hier entre l’Angleterre et les Etats-Unis, ­demain peut-être entre les Etats-Unis et la Chine. Pour y parer, Washington utilise un argument de très grande portée, celui du non-respect par la Chine de la propriété intellectuelle.
La stratégie américaine a-t-elle des chances de donner des résultats ?
Les droits de douane agités par les Etats-Unis ne vont sans doute pas empêcher les Chinois de progresser. Cela risque plutôt de pénaliser les entreprises américaines,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Analyse. La France et ses partenaires occidentaux se sont empressés d’adresser leurs vœux de réussite à M. Sissi après sa réélection à un second mandat lors d’un scrutin qui n’aura eu que les apparences du pluralisme, relève la journaliste du service international Hélène Sallon.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
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En Egypte, un président tout-puissant

Analyse. La France et ses partenaires occidentaux se sont empressés d’adresser leurs vœux de réussite à M. Sissi après sa réélection à un second mandat lors d’un scrutin qui n’aura eu que les apparences du pluralisme, relève la journaliste du service international Hélène Sallon.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h37
    |

            Hélène Sallon








                        



                                


                            
Analyse. La voie est dégagée pour un règne sans partage du président Abdel Fattah Al-Sissi sur l’Egypte. Avec plus de 97 % des suffrages exprimés en sa faveur lors du scrutin qui s’est tenu du 26 au 28 mars, le maréchal à la retraite s’était assuré une réélection sans obstacle à un second mandat.
Peu lui importe que le scrutin n’ait eu que les apparences du pluralisme, avec pour seul concurrent l’un de ses soutiens, qui a joué les faire-valoir une fois écartés tous les candidats. Ni même qu’un tiers seulement des 59 millions d’électeurs se soient déplacés, certains fortement incités par les dons de soutiens zélés du régime, les pressions des employeurs ou la perspective d’une amende. Seul le résultat compte et, à 63 ans, M. Sissi est assuré de gouverner l’Egypte ­quatre ans ­encore, si ce n’est plus.
La gêne face au déroulement de ce scrutin a motivé quelques appels au pluralisme des alliés occidentaux, France comprise, sans grande audace
Ni la France ni ses autres partenaires occidentaux n’ont l’intention de contrarier ses ambitions. Non seulement ils sont restés totalement muets face à la succession d’arrestations et d’intimidations qui ont visé un à un les candidats déclarés à la présidentielle, mais encore se sont-ils empressés d’adresser leurs vœux de réussite à M. Sissi. Le président américain, Donald Trump, a été l’un des premiers à prendre son téléphone, à la proclamation des résultats le 2 avril, pour le féliciter. Les Etats-Unis ont assuré, sans hypocrisie, être « impatients de ­continuer à travailler avec M. Sissi (…) pour faire avancer notre partenariat stratégique », selon un communiqué du département d’Etat.

La gêne face au déroulement de ce scrutin a motivé quelques appels au pluralisme des alliés occidentaux, France comprise, sans grande audace. Lors des vœux qu’il a adressés par téléphone à M. Sissi, Emmanuel Macron a souligné « l’importance de préserver une société civile dynamique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Il est l’un des acteurs les plus en vue de l’industrie du cinéma indien. Il a été condamné par un tribunal du Rajasthan pour avoir chassé des antilopes protégées.
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Salman Khan, superstar de Bollywood, reconnu coupable de braconnage et condamné

Il est l’un des acteurs les plus en vue de l’industrie du cinéma indien. Il a été condamné par un tribunal du Rajasthan pour avoir chassé des antilopes protégées.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 10h38
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h24
   





                        



   


A 52 ans, Salman Khan est l’un des acteurs les plus en vue de Bollywood, l’industrie du cinéma indien. Il a été reconnu coupable de braconnage et condamné à cinq ans de prison, jeudi 5 avril, pour avoir abattu, en 1998, deux antilopes cervicapres (antilope indienne ou blackbuck en anglais), des animaux protégés, pendant le tournage de Hum Saath Saath Hain.
« Le tribunal a donné cinq ans de prison et une amende de 10 000 roupies (125 euros) à Salman Khan. Le mandat d’arrêt est en préparation et il sera envoyé à la prison centrale de Jodhpur », grande ville du Rajasthan, a déclaré à la presse Mahipal Bishnoi, avocat d’une communauté locale partie civile dans le procès.
L’acteur – qui a plaidé non coupable – pourrait toutefois échapper à son incarcération immédiate en faisant appel dans la foulée, ce qui aurait pour effet de suspendre la peine.
« Une condamnation de Salman Khan veut dire beaucoup pour l’industrie [du cinéma] car il est une superstar dont les films assurent d’énormes chiffres au box-office. Il travaille actuellement Race 3, dont le tournage approche de la fin, qui sort pour l’Aïd, en juin 2018 », analyse Komal Nahta, spécialiste du secteur.
Les quatre autres célébrités de Bollywood – Ali Khan, Sonali Bendre, Tabu et Neelam Kothari – qui participaient à cette expédition de chasse en marge d’un tournage ont, elles, été relaxées pour absence de preuves.

   


Ce n’est pas la première fois que la star de Bollywood comparaît devant la justice. En décembre 2015, il avait été blanchi pour un délit de fuite à l’occasion de la mort d’un sans-abri, treize ans auparavant.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Hervé Ladsous deviendra le conseiller spécial de la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean, dont le mandat arrive à échéance en octobre.
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Compte rendu

Un ancien haut diplomate français rejoint l’Organisation internationale de la Francophonie

Hervé Ladsous deviendra le conseiller spécial de la secrétaire générale de l’institution, Michaëlle Jean, dont le mandat arrive à échéance en octobre.

Par                                            Francis Kpatindé




LE MONDE
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        Le 05.04.2018 à 10h36

     •
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        Mis à jour le 05.04.2018 à 10h48






                        

Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


                    

Hervé Ladsous, 68 ans, ancien secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix (2011-2017), a, selon nos informations, accepté un poste de conseiller spécial au cabinet de Michaëlle Jean, la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il remplacera à ce poste, à compter de mai, le diplomate canadien Jacques Bilodeau.
Michaëlle Jean devrait annoncer cette nomination, vendredi 6 avril, devant quelque 400 délégués du Conseil permanent de la Francophonie réunis au siège de l’Unesco, à Paris, selon un haut responsable de l’OIF. « J’ai pu développer avec Hervé Ladsous, alors qu’il était secrétaire général adjoint de l’ONU, une relation de très grande confiance qui nous a bien souvent amenés à partager notre appréciation de situations et d’enjeux très complexes à dénouer », déclare Michaëlle Jean.

Diplômé de l’Ecole nationale des langues orientales (chinois, malais), Hervé Ladsous a occupé, tout au long de sa carrière, diverses fonctions diplomatiques. Il a été, entre autres, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à Vienne (1997-2001), puis ambassadeur de France en Indonésie et au Timor-Oriental (2001-2003) et en Chine (2006-2010). En septembre 2011, il avait été propulsé par Ban Ki-moon à la tête du département de maintien de la paix de l’ONU.
Récente mission à Madagascar
L’expertise onusienne d’Hervé Ladsous sera d’un précieux concours pour l’OIF. Trois des plus importantes opérations de maintien de la paix en cours dans le monde sont déployées dans des pays francophones d’Afrique : la République démocratique du Congo (RDC), le Mali et la Centrafrique. Sa nomination à l’OIF intervient à quelques mois de la fin du mandat de Michaëlle Jean, élue en 2014 à Dakar et candidate putative à sa propre succession. La désignation du prochain titulaire du poste interviendra lors de la...



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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
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« Nous vivons peut-être un moment européen »

Sans idéaliser l’Union, on peut affirmer que l’Europe ne fait pas mauvaise figure face aux Etats-Unis de Donald Trump, à la Russie de Vladimir Poutine ou à la Chine de Xi Jinping, remarque, dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h43
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h03
    |

            Alain Frachon








                        



                                


                            
Chronique. L’Union européenne souffre d’une maladie française. Elle ne s’aime pas. Elle se complaît dans la contemplation de ses faiblesses. Elle ignore ses succès et radote à l’infini sur ses échecs. Pourtant, elle tourne, bien moins mal qu’on ne le dit souvent. Mais porter un regard plus serein sur l’Europe suppose un préalable : sortir de l’exercice de dénigrement permanent que les europhiles affectionnent autant que les europhobes.
Les premiers ont tellement investi dans le projet européen qu’ils débinent l’UE pour ce qu’elle n’est pas : un géant diplomatico-militaire au même titre que la Chine, les Etats-Unis, ou la Russie. Les seconds la condamnent pour les choix faits par les gouvernants démocratiquement élus de ses membres : économie de marché tempérée (relativement) et libre-échange régulé (moyennement).
Il faut regarder l’UE pour ce qu’elle est d’abord : un marché unique – sans lequel elle n’aurait ni le niveau d’emploi ni le volume d’investissement qui sont les siens – et une zone de droit et de protection des libertés publiques comme il y en a peu au monde. Elle est cela, qui est déjà pas mal, mais pas autre chose, pour l’heure. A cette aune, la dernière édition du rapport Schuman publiée cette semaine, sous la direction de Thierry Chopin et Michel Foucher, dresse un « Etat de l’Union 2018 » (Ed. Marie B, 368 p., 19,90 euros) plutôt optimiste.
Des pathologies actuelles
On dira que c’est l’objet de la Fondation Robert Schuman et du Centre Wilfried Martens, qui assurent cette publication annuelle, de dire du bien de l’Europe. Mais, justement, on trouvera là une manière pragmatique et factuelle de regarder ce qui marche et ne marche pas au sein de l’Union. L’heure n’est plus au romantisme incantatoire que portent les formules creuses trop souvent ânonnées pour parler de l’UE et qu’on devrait s’interdire à jamais. On connaît ce « blabla » stérile, tendance pratiques vaudou, qui va de la nécessité de « refonder...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Dans « L’Empire et les cinq rois », Bernard-Henri Lévy évoque, au travers de l’exemple du Kurdistan, les nouvelles réalités géopolitiques d’un monde apolaire, marqué par la montée en puissance des peuples et pays émergents.
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Bernard-Henri Lévy au chevet des peuples maltraités par l’Histoire

Dans « L’Empire et les cinq rois », Bernard-Henri Lévy évoque, au travers de l’exemple du Kurdistan, les nouvelles réalités géopolitiques d’un monde apolaire, marqué par la montée en puissance des peuples et pays émergents.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h25
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Livre. En cette nuit de septembre 2017, après l’annonce officielle du oui massif – 92 % – des Kurdes irakiens à l’indépendance, Bernard-Henri Lévy était dans le bureau de Nechirvan Barzani, premier ministre et neveu du président, qui tentait en vain de joindre au téléphone ses alliés occidentaux alors que Bagdad comme Ankara et Téhéran lançaient le blocus avant la reconquête les jours suivant par les forces irakiennes de la ville contestée de Kirkouk avec ses richesses pétrolières.
Il n’y avait personne au bout de la ligne. « Le tragique du destin du peuple kurde le rattrapait. Il avait une voix, sèche, dure, et les yeux dilatés par l’affront », raconte l’écrivain, lui-même stupéfait de cette dérobade occidentale et « de l’ahurissant spectacle de la première puissance mondiale acceptant de voir humilié son allié le plus précieux dans la région ». C’est une nouvelle donne, « comme si nous étions entrés dans un monde sans les Etats-Unis, ou pire, retournés dans un temps vertigineux et, pour ainsi dire, précolombien, où l’Amérique n’existait pas ».

Le philosophe analyse, à partir du Kurdistan, les conséquences sur la scène mondiale du retrait américain amorcé par Barack Obama et précipité par Donald Trump. C’est un point focal, « où se concentrent et se réfractent des forces éparses, à l’œuvre depuis longtemps, mais qui, tout à coup, conspirent pour dessiner les contours d’un nouvel ordre du monde ». Les combattants kurdes irakiens, les peshmergas – littéralement « ceux qui défient la mort » –, sont ses héros. Il leur a consacré un film au titre homonyme narrant leur geste dans la bataille de Mossoul. Il revient sur le sujet avec ce pamphlet aux accents bernanossiens.
L’héritage d’écrivains combattants
Le peuple kurde, « ce peuple en trop », le fascine par sa persistance dans son être malgré les tragédies et les massacres. Comme le peuple juif. « J’admire les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.
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Chantal Mouffe : « Jeremy Corbyn montre la voie à suivre pour la social-démocratie européenne »

Dans une tribune au « Monde », la philosophe Chantal Mouffe observe que le chef du Labour a su renouveler son parti en s’appuyant sur des mouvements populaires, rompant avec une pratique de la politique purement technocratique.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h04
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h04
    |

Chantal Mouffe (Professeure de théorie politique à l'université de Westminster, Londres)







                        



                                


                            

[Les 7 et 8 avril, le Parti socialiste (PS) se réunira en congrès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). A cette occasion, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure sera officiellement intronisé premier secrétaire. Il est arrivé en tête du premier tour le 15 mars, avant que sa victoire ne soit entérinée le 29 mars. Le 13e premier secrétaire du parti prend la direction d’une formation en pleine reconstruction après les lourdes défaites électorales de 2017. Alors que le PS cherche un nouveau souffle, Le Monde, dans ses versions papier et numérique, a donné la parole à différents intellectuels et acteurs politiques pour réfléchir à l’avenir du socialisme au XXIe siècle.]
Tribune. La crise de la social-démocratie européenne se confirme. Après les échecs du Pasok en Grèce, du PvdA aux Pays-Bas, du PSOE en Espagne, du SPÖ en Autriche, du SPD Allemagne et du PS en France, le PD en Italie vient d’obtenir le pire résultat de son histoire. La seule exception à ce désastreux panorama se trouve en Grande-Bretagne, où le Parti travailliste, sous la direction de Jeremy Corbyn, est en pleine progression. Avec près de 600 000 adhérents, le Labour est maintenant le plus grand parti de gauche en Europe.
Comment Corbyn, élu à la surprise générale à la direction du parti en 2015, a-t-il réussi cet exploit ?
Après une tentative de renversement par l’aile droite en 2016, le moment décisif dans la consolidation de son leadership a été la forte progression du Parti travailliste lors des élections de juin 2017. Alors que les sondages donnaient 20 points d’avance aux conservateurs, le Parti travailliste a gagné 32 sièges, faisant perdre aux tories leur majorité absolue. C’est la stratégie mise en place pour ces élections qui donne la clé du succès de Corbyn.
Celui-ci est dû à deux facteurs principaux.
Un manifeste radical
Tout d’abord, un manifeste radical, en phase avec le rejet de l’austérité...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Avec force et détails, Vincent Bloch décrit un système tragique d’adaptation à l’arbitraire.
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Tu n’as rien vu à Cuba

Avec force et détails, Vincent Bloch décrit un système tragique d’adaptation à l’arbitraire.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h26
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

A ceux qui, après un séjour à Cuba, reviennent séduits par la dignité ou la chaleur des gens et extasiés par l’éducation et la santé gratuites, on ne saurait trop recommander la lecture des deux cents pages centrales du nouvel essai de Vincent Bloch, La Lutte. C’est un récit à la Balzac, méticuleux et passionnant, sur les intrigues et les stratagèmes déployés par les Cubains pour « résoudre », comme ils disent, leurs trois problèmes quotidiens : le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. La famine ne rend pas digne.
Il est plus facile d’abolir les classes dans le métro parisien que dans la société, même quand elle se prétend socialiste. L’auteur, sociologue, anthropologue, mais aussi linguiste et politologue, décrit donc successivement trois milieux différents : le petit peuple, la classe moyenne et les bas-fonds, que les vieux marxistes auraient appelés lumpenprolétariat, sous-estimant leur immense appétit pour l’enrichissement. La lutte qu’il raconte est une suite de combines, de menus larcins ou de gros trafics, d’arnaques aux étrangers, de dissimulation à l’égard des proches, des voisins et a fortiori des autorités, pourtant elles-mêmes empêtrées dans des faux-semblants devenus une seconde nature à force de rituels consentis. L’adaptation à l’arbitraire et surtout à l’incertitude oblige à un mouvement perpétuel, où les positions changent sans cesse comme dans un jeu de rôles.
Passion française
Après avoir lu ces pages, le lecteur entendra une petite voix qui lui soufflera : « Tu n’as rien vu à Cuba », à la manière du personnage d’Hiroshima mon amour d’Alain Resnais (1959). Le chapitre sur la difficulté d’enquêter là-bas, sorte de making of de la recherche, ne surprendra pas ceux qui connaissent le terrain, mais devrait susciter la prudence du visiteur de passage. Vincent Bloch tire les conclusions de ses recherches en les reliant aux débats théoriques sur la nature totalitaire du castrisme. Et il éclaire en particulier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Les policiers ont affirmé qu’ils pensaient la victime armée. En réalité, l’homme tué avait un tuyau en main.
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A New York, tensions après la mort d’un Noir tué par la police

Les policiers ont affirmé qu’ils pensaient la victime armée. En réalité, l’homme tué avait un tuyau en main.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h49
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 13h03
   





                        



   


Un homme noir a été abattu par des policiers new-yorkais, mercredi 4 avril, à Brooklyn. Il tenait un tuyau que les agents ont pris pour une arme. Le drame a suscité d’importantes tensions dans le quartier de Crown Heights, majoritairement afro-américain, sur fond de controverse toujours vive sur les violences policières.
L’incident a eu lieu peu avant 17 heures locales. Lors d’un point presse un responsable de la police, Terence Monahan, a expliqué que ses hommes étaient intervenus après avoir reçu « trois appels différents » signalant « un homme avec une arme pointée sur les passants ». Il a affirmé que des caméras de surveillance « corroboraient » cette description des faits.
A l’arrivée des policiers sur les lieux, l’individu aurait pris « une posture de tir, les deux mains sur l’objet pointé vers [ces derniers] ». Quatre policiers ont alors tiré sur lui, lâchant dix balles et tuant l’homme, identifié comme Saheed Vassell, 34 ans, selon le journal Daily News. Il s’est ensuite avéré que l’objet n’était pas une arme mais « un tuyau avec une sorte de bouton », a reconnu M. Monahan.
50e anniversaire de la mort de Luther King
Peu après le drame, des dizaines de personnes se sont rassemblées sur les lieux, dans un face-à-face parfois tendu avec les policiers déployés. Beaucoup criaient et dénonçaient le comportement des forces de l’ordre, selon des images diffusées en direct sur Facebook. Selon plusieurs médias locaux, la victime était un habitué du quartier, présentant des troubles mentaux mais non violent.
Cet incident, au jour du 50e anniversaire de l’assassinat de Martin Luther King, survient alors que les manifestations se sont succédé ces derniers jours à Sacramento, en Californie, pour dénoncer la mort de Stephon Clark, un jeune Noir non armé abattu par les forces de l’ordre le 18 mars.

        Lire aussi :
         

                Les héritiers de Martin Luther King, nouvelles figures d’un combat sans fin



Plusieurs villes américaines se sont embrasées ces dernières années après des bavures policières dont les Afro-Américains ont été les premières victimes. En octobre 2016, la police new-yorkaise avait provoqué une vive émotion après avoir tué une femme souffrant de troubles mentaux dans son appartement du Bronx. Le policier impliqué avait été inculpé, avant d’être acquitté à l’issue d’un procès en février.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Bhaskar Sunkara, le directeur de la revue américaine « Jacobin », remarque, dans une tribune au « Monde », qu’aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne la sociale-démocratie vit une renaissance. Reprendre le pouvoir signifierait pour elle faire face à des dilemmes qu’elle a déjà connus.
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« La sociale-démocratie devra se réinventer en refusant l’orthodoxie économique »

Bhaskar Sunkara, le directeur de la revue américaine « Jacobin », remarque, dans une tribune au « Monde », qu’aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne la sociale-démocratie vit une renaissance. Reprendre le pouvoir signifierait pour elle faire face à des dilemmes qu’elle a déjà connus.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 09h36
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Bhaskar Sunkara (Directeur de la revue américaine « Jacobin »)







                        



                                


                            

[Les 7 et 8 avril, le Parti socialiste (PS) se réunira en congrès à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis). A cette occasion, le député de Seine-et-Marne Olivier Faure sera officiellement intronisé premier secrétaire. Il est arrivé en tête du premier tour le 15 mars, avant que sa victoire soit entérinée le 29 mars. Le 13e premier secrétaire du parti prend la direction d’une formation en pleine reconstruction après les lourdes défaites électorales de 2017. Alors que le PS cherche un nouveau souffle, Le Monde, dans ses versions papier et numérique, a donné la parole à différents intellectuels et acteurs politiques pour réfléchir à l’avenir du socialisme au XXIe siècle.]
Tribune. En 1976, le premier ministre suédois, Olof Palme, présentait ainsi les deux voies qui s’ouvraient, selon lui, aux socialistes : « Soit ils retournent à Staline et Lénine, soit ils rejoignent la tradition sociale-démocrate. » Mais au lendemain de la Révolution russe, le choix ne semblait peut-être pas aussi net.
Les sociaux-démocrates refusaient la dynamique révolutionnaire dans laquelle étaient engagés les bolcheviques ; ils s’accommodaient de la République démocratique comme forme politique. Mais, à de rares exceptions près, ils restaient idéologiquement marxistes et le socialisme demeurait leur horizon commun.
Un dogme économique rigide
Pour la plupart d’entre eux, cela signifiait une économie nationalisée où la tyrannie du marché aurait fait place à une planification rationnelle. Pour tous, très abstraitement, cela voulait dire lutter pour un monde qui ne connaîtrait plus l’exploitation de l’homme par l’homme et où les vies ne dépendraient plus des hasards de la naissance.
Dans l’entre-deux-guerres, les sociaux-démocrates ont fait ce qu’ils pouvaient dans l’opposition ou au sein de gouvernements de coalition. Ils avaient une vague idée de ce qu’ils voulaient accomplir, mais sans disposer...




                        

                        

