<FILE-date="2018/04/05/19">

<article-nb="2018/04/05/19-1">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La dose de 15 % de proportionnelle aux législatives proposée par la réforme institutionnelle ne devrait pas bouleverser les grands équilibres de l’Assemblée nationale.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Ce que la proportionnelle partielle pourrait changer dans l’élection des députés

La dose de 15 % de proportionnelle aux législatives proposée par la réforme institutionnelle ne devrait pas bouleverser les grands équilibres de l’Assemblée nationale.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h41
    |

            Adrien Sénécat








                        


Les contours de la future réforme institutionnelle se précisent. Le premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé mercredi 4 avril que le nombre de députés serait réduit de 30 %, passant de 577 à 404, et que 60 d’entre eux (soit 15 %) seront à l’avenir élus à la proportionnelle. Cette « dose » de proportionnelle, Emmanuel Macron la présentait en juillet 2017 devant le Congrès comme un moyen pour que « toutes les sensibilités soient justement représentées ».
Mais plusieurs responsables politiques jugent que le taux de 15 % est insuffisant. Le président du MoDem, François Bayrou, qui voulait qu’au moins un quart des députés soient élus avec la proportionnelle, estime qu’il y a « des choses à améliorer » dans la réforme. La présidente du Front national (FN), Marine Le Pen, a également moqué sur Twitter une « aumône à la démocratie ».
Concrètement, que changerait vraiment cette réforme ? Eléments de réponse à partir de ce que l’on sait du projet gouvernemental.
Les règles actuelles favorisent les majorités
Le mode de scrutin actuel aux élections législatives, au suffrage uninominal majoritaire à deux tours dans les 577 circonscriptions françaises, favorise l’émergence de majorités nettes. Par exemple, La République en marche (LRM) et le MoDem ont obtenu ensemble 350 sièges sur 577 (soit environ 60 % des sièges) à l’issue du scrutin de juin 2017, alors que les deux formations totalisaient environ 32 % des suffrages exprimés au premier tour et 49 % au second, selon le ministère de l’intérieur.
A l’inverse, le Front national n’a obtenu que 8 députés (1,4 % des sièges) bien qu’il ait récolté 13 % des suffrages au premier tour. Faute d’atteindre le minimum de 15 élus, indispensable à la constitution d’un groupe parlementaire, les députés FN siègent parmi les non-inscrits. La situation est à peine meilleure pour La France insoumise (17 sièges malgré 11 % des suffrages exprimés au premier tour).
La réforme engagée par le gouvernement est présentée comme une manière de corriger ces déséquilibres sans trop compliquer l’émergence d’une majorité législative.
Une mesure qui ne bouleverserait pas les grands équilibres de la Ve République
Impossible, en l’état, d’évaluer précisément les effets de la future réforme. D’abord parce qu’on ne connaît pas la formule qui sera retenue pour l’élection des 60 députés à la proportionnelle. On ne sait pas, par exemple, s’ils feront l’objet d’une liste nationale distincte ou de listes régionales et encore moins quelles seront les modalités détaillées du scrutin.
Par ailleurs, cette réforme ira de pair avec la réduction du nombre de députés, qui constitue un second changement majeur de la représentativité nationale. Passer de 577 à 404 députés – et même à 344, si l’on retire les 60 élus à la proportionnelle – implique en effet de redécouper largement la carte électorale.
Cette dose de 15 % de proportionnelle ne bouleverserait toutefois pas les grands équilibres de l’Assemblée nationale. Selon nos calculs, l’obtention d’une majorité de députés par LRM et le MoDem n’aurait ainsi pas été remise en question avec ce mode de scrutin (en l’état du paysage politique de juin 2017), dans l’hypothèse d’une seule liste nationale avec une soixantaine de sièges qui seraient attribués à la proportionnelle stricte. Cette majorité serait légèrement rabotée avec autour de 56 % à 57 % des sièges, contre 60 % aujourd’hui (autour de 208 sièges élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours sur 344 et environ 19 sur 60 à la proportionnelle).
L’obtention d’un groupe parlementaire facilitée
Cette réforme pourrait tout de même avoir quelques conséquences non négligeables. Toujours dans la même hypothèse, plusieurs partis arrivés derrière LRM auraient réuni près d’une dizaine de députés sur les soixante attribués par ce mode de scrutin. Les Républicains en auraient obtenu 9, le Front national 8 et la France insoumise 7.
A supposer que le nombre de députés requis pour constituer un groupe parlementaire diminue avec les effectifs de l’Assemblée nationale (il pourrait logiquement se situer à l’avenir à 10 ou 11 au lieu de 15 du fait de la réduction du nombre de députés), il deviendrait dès lors plus facile d’en constituer un pour les partis d’opposition. Ceci sans tenir compte du fait que les dynamiques de campagne pourraient être modifiées par le nouveau mode de scrutin.
En revanche, les partis qui recueillent moins de 10 % des voix ne devraient pas sortir renforcés de cette réforme. Un parti qui recueillerait 5 % des sièges pourrait ainsi prétendre à 3 députés sur 60 élus à la proportionnelle. Un nombre qui est loin de lui garantir une visibilité à l’Assemblée nationale. Alors qu’une proportionnelle intégrale, par exemple, le lui permettrait.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-2">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Cette Iranienne de 39 ans parlait de véganisme dans ses vidéos sur la plate-forme de Google. La police californienne l’a identifiée comme l’auteure des tirs qui ont blessé trois personnes mardi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Qui est Nasim Aghdam, auteure présumée de l’attaque du siège de YouTube

Cette Iranienne de 39 ans parlait de véganisme dans ses vidéos sur la plate-forme de Google. La police californienne l’a identifiée comme l’auteure des tirs qui ont blessé trois personnes mardi.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 18h29
    |

            Ghazal Golshiri (Téhéran, correspondance) et 
William Audureau








                        



   


Mardi 3 avril, trois personnes ont été blessées, dont l’une est dans une situation jugée sérieuse, dans une attaque à main armée au siège social de YouTube à San Bruno, en Californie (Etats-Unis). Nasim Aghdam, l’auteure présumée des coups de feu, s’est donné la mort sur place, selon les autorités. Son identité et ses griefs vis-à-vis de YouTube sont désormais au centre de l’attention.
Une Iranienne de 39 ans
Nasim Najafi Aghdam, de son nom complet, résidait à San Diego, en Californie. Elle est née dans la ville turcophone d’Oroumiyeh, dans le nord-ouest de l’Iran. Elle a également vécu en Turquie, avant de s’installer aux Etats-Unis, où elle résidait depuis une vingtaine d’années.
Issue de la communauté azérie, elle déclarait adhérer à la foi bahaïste, jeune religion humaniste et ésotérique d’inspiration chiite née en Iran, où ses fidèles sont désormais persécutés.
Le père de la tireuse, Ismail Aghdam, avait signalé la veille de l’attaque la disparition de sa fille, et dit avoir prévenu les forces de l’ordre qu’elle risquait de s’en prendre à YouTube. La police l’avait retrouvée en train de dormir dans un véhicule, mais n’avait pas jugé qu’elle constituait une menace. Elle a déclaré que sa famille n’avait « rien mentionné concernant de potentiels actes de violence ».
Quatre chaînes sur YouTube
Polyglotte, Nasim Aghdam gérait quatre chaînes YouTube en turc, en farsi (la principale langue d’Iran) et en anglais, qui ont toutes été fermées mardi soir par Google en raison de « graves violations » aux règles de la plate-forme. Sa chaîne anglophone comptait environ 5 000 abonnés pour un million de visionnages cumulés.
Ses vidéos allaient des conseils d’exercice physique aux parodies de chansons de Taylor Swift ou Justin Bieber. Quand elle ne faisait pas du sport dans ses vidéos, Nasim Aghdam prônait les vertus du végétarisme – elle se disait végane depuis 2009.

   


Particulièrement engagée contre la cruauté envers les animaux, elle dénonçait par exemple la corrida, la consommation d’ailerons de requin ou le commerce de la fourrure, et posait souvent en compagnie d’un lapin de compagnie.
Elle se signalait par une esthétique très marquée, faite de décors kitsch, de perruques et de costumes inattendus, entre excentricité personnelle et recherche désespérée d’audience. « La créativité et la bizarrerie de ses vidéos me font penser à Pablo Picasso », estimait de son côté, en 2016, un youtubeur turc, Yorekok, dans une vidéo sarcastique vue près d’un million de fois.
Une petite notoriété en Iran
Le caractère étrange des vidéos de Nasim Aghdam lui a valu une certaine notoriété en Iran à partir de 2010. Celle qui l’a rendue célèbre s’intitulait « Dokhtar-é sine badkonaki », soit « Fille aux seins en ballons », dans laquelle elle dénonçait la chirurgie esthétique.
Aussi connue sous le pseudonyme de Nasime Sabz, elle faisait l’objet de moqueries régulières sur les réseaux sociaux. « Je n’ai pas de maladie corporelle ni mentale, dit-elle dans l’une de ses vidéos, en réponse à de nombreux commentaires. Mais je vis sur une planète pleine d’anomalies, d’injustices et de déviances. »
Dans sa dernière vidéo publiée sur sa chaîne Telegram, la messagerie instantanée très populaire en Iran, Nasim Aghdam danse et chante, sans musique, contre les Etats-Unis, où « il est possible d’avoir des rapports sexuels à droite et à gauche », mais impossible de « dénoncer les grands business » dont elle-même se dit victime. La jeune femme affirme que l’Iran est meilleur que les Etats-Unis car « en Iran, on décapite avec la hache, mais ici, on le fait avec du coton » – une expression en persan qui signifie attaquer violemment son adversaire tout en gardant une apparence inoffensive.
Depuis la fusillade au siège de YouTube, la Toile iranienne est plongée dans une incompréhension totale. « Vous avez vous le destin de Nasim Aghdam ? C’est un drame que l’illusion [de la célébrité] peut provoquer chez les malades mentaux », écrit par exemple un utilisateur iranien sur Twitter.
« Contrariée » par la politique de YouTube
« Nous estimons que la suspecte était contrariée par les pratiques et politiques de YouTube. C’est le motif apparent » de l’attaque, a déclaré à l’Agence France-Presse Ed Barberini, le chef de la police de San Bruno. Nasim Aghdam s’était plainte en 2017 de ce qu’elle estimait être un cas de censure, après avoir vu l’audience de ses chaînes baisser. Elle déclarait dans une vidéo :
« Les gens comme moi ne sont pas bons pour les grosses industries, comme l’industrie des animaux, de la médecine, et plein d’autres. C’est pour ça qu’ils nous discriminent et nous censurent. C’est ce qu’ils font aux militants végans et à tant d’autres gens qui essayent de promouvoir un mode de vie sain, humain et intelligent. »
YouTube change régulièrement ses algorithmes ou le fonctionnement de son compteur de visionnage sans en informer ses créateurs, ce dont se plaignent fréquemment les vidéastes qui en vivent. L’entreprise peut également démonétiser une chaîne si elle juge son contenu inapproprié. Elle peut aussi lui imposer une limite d’âge, ce qui restreint sa visibilité.
Sur son site web, sous une citation d’Adolf Hitler et une mise en garde contre « les dictateurs qui existent dans tous les pays, mais avec des tactiques différentes », elle se plaignait en 2017 que « des employés YouTube étroits d’esprit aient mis une restriction d’âge [à une de ses vidéos], aient pris le contrôle de ma chaîne en farsi l’année dernière en 2016 et aient commencé à filtrer mes vidéos pour qu’elles aient moins de vues, les supprimer, et me décourager d’en faire ! ».
Mardi, après s’être entraînée dans un stand de tir, elle pénétrait à la mi-journée dans le campus de YouTube pour ouvrir le feu sur des employés avec un 9 mm enregistré à son nom, selon les déclarations de la police.

        Lire aussi :
         

                Au siège de YouTube aux Etats-Unis, une jeune femme ouvre le feu avant de se suicider






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-3">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Des chercheurs ont établi un lien entre une exposition lors de période fœtale et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. L’AP-HP organisait un colloque le 5 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

La pollution de l’air aurait aussi des effets sur le développement du cerveau des enfants

Des chercheurs ont établi un lien entre une exposition lors de période fœtale et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. L’AP-HP organisait un colloque le 5 avril.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 18h03
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Pour ceux qui doutent encore de l’urgence à lutter contre la pollution de l’air, la mairie de Paris et l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris organisaient jeudi 5 avril, à l’Hôtel de Ville, un colloque consacré à ses effets sur la santé. L’occasion de rappeler que les urgences pédiatriques croulent sous les cas de pathologies respiratoires à chaque pic de pollution, et que la littérature scientifique a désormais bien établi le lien entre une mauvaise qualité de l’air et les cancers du poumon, les infarctus ou les accidents vasculaires cérébraux (AVC).
Les études se suivent et leurs résultats sont de plus en plus inquiétants. Une nouvelle publication suggère ainsi que les particules fines auraient également des effets délétères sur le développement du cerveau lors de la période fœtale – même à des niveaux conformes aux limites réglementaires.
Publiée en mars dans la revue Biological Psychiatry, cette étude établit un lien entre une exposition (même faible) à un air pollué pendant la grossesse et des altérations cérébrales chez les jeunes enfants. La recherche a été menée par l’institut de santé Global de Barcelone (ISGlobal) et par le Centre médical de l’université Erasmus de Rotterdam.

        Lire aussi :
         

                Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France



Les travaux ont porté sur 783 enfants nés aux Pays-Bas entre 2002 et 2006. Les chercheurs ont d’abord mesuré leur niveau d’exposition à la pollution de l’air au domicile de la mère pendant la période prénatale, en s’intéressant particulièrement aux particules fines PM2,5 (de taille inférieure à 2,5 micromètres) et au dioxyde d’azote (NO2) émis principalement par le trafic routier. Ils ont ensuite observé, par imagerie à résonance magnétique, le développement de leur cerveau entre l’âge de 6 et 10 ans. Ils ont enfin soumis ces enfants à des tests cognitifs.
« Retards cognitifs »
Leurs constats font froid dans le dos. « Les enfants exposés aux niveaux de particules fines les plus élevés pendant la période fœtale ont le cortex plus fin dans plusieurs régions du cerveau de chaque hémisphère », écrivent les auteurs. Ils ont ainsi mis en évidence que pour chaque augmentation de particules fines de 5 µg/m3, le cortex cérébral de la région du précuneus (une circonvolution du lobe pariétal) dans l’hémisphère droit, ou celui de la région du lobe frontal, était plus fin de 0,045 millimètre.
Les résultats des tests cognitifs pratiqués sur chaque enfant confirment les observations cliniques. « Une exposition aux particules fines durant la période fœtale est associée à un nombre plus élevé d’erreurs » de ce que les auteurs appellent le « contrôle inhibiteur », à savoir des troubles des fonctions exécutives qui permettent d’accomplir et de se concentrer sur des tâches complexes.
Ainsi, à chaque augmentation de particules fines de 5 µg/m3, le nombre d’erreurs augmente de 5 %. Ils ont également observé que ces erreurs augmentaient respectivement de 32 % et de 69 % à mesure que le cortex cérébral du précuneus et du lobe frontal était plus fin d’1 millimètre.
Or, les troubles du contrôle inhibiteur, que les auteurs définissent aussi comme la capacité au contrôle de soi, sont associés à des comportements addictifs, à des déficits de l’attention ou à l’hyperactivité.
« Ces retards cognitifs observés dans les premières années de l’enfant pourraient avoir des conséquences significatives à long terme, alerte l’auteure principale de l’étude, Monica Guxens, de l’ISGlobal. Il y a des risques accrus de problèmes de santé mentale et de moins bonnes performances scolaires. » La chercheuse précise que « ces enfants qui ont maintenant 13-14 ans sont actuellement suivis pour vérifier si ces troubles se poursuivent ».
« Une hypothèse qui mérite d’être creusée »
Pour Rémy Slama, épidémiologiste environnemental à l’Inserm, cette étude formule « une hypothèse qui mérite d’être creusée ». « C’est un champ émergent, estime ce spécialiste de l’effet sanitaire des expositions précoces aux polluants. Contrairement aux conséquences respiratoires ou cardio-vasculaires, il manque encore un niveau de preuve élevé concernant les effets de la pollution de l’air sur le neurodéveloppement. » Jusqu’à présent, plusieurs publications américaines s’étaient attachées à rejeter l’existence d’un lien entre la pollution de l’air liée au trafic automobile et le développement de l’autisme.
L’étude confirme sans contestation possible que la pollution atmosphérique a un impact sanitaire même quand les normes sont respectées. C’est ce qui la rend encore plus inquiétante. Ainsi, la majorité des femmes suivies durant leur grossesse n’ont pas été exposées à des concentrations supérieures aux valeurs limites européennes en termes de dioxyde d’azote (40 µg/m3 par an), et seules 0,5 % ont respiré un air qui dépassait le plafond fixé par l’Union européenne pour les PM2,5, à savoir 25 µg/m3 par an. La quasi-totalité était « seulement » exposée à une moyenne de 20,2 µg/m3.
Cela fait dire aux auteurs que les normes européennes actuelles ne sont pas sûres. Pour rappel, l’Organisation mondiale de la santé recommande de ne pas respirer plus de 10 µg/m3 de particules fines par an.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-4">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ La France, qui affronte l’Italie ce week-end en quart de finale, s’élève plus que tout autre nation contre la mort annoncée de la sacro-sainte compétition par équipes.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Coupe Davis : liberté, égalité, fraternité et saladier

La France, qui affronte l’Italie ce week-end en quart de finale, s’élève plus que tout autre nation contre la mort annoncée de la sacro-sainte compétition par équipes.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 13h57
    |

            Elisabeth Pineau








                        



   


La Coupe Davis est une épreuve jouée (sérieusement) par une seule nation et à la fin, ce sont les Français qui gagnent. L’aphorisme murmuré par des esprits étrangers taquins raillant une « compétition qui n’intéresse plus qu’eux » est sciemment exagéré. Mais il renferme un fond de vérité. La France a triomphé sans gloire d’une édition 2017 qui a battu des records de forfaits. Et cette saison, il n’y a bien que des joueurs tricolores pour en faire une de leurs priorités, alléchés par la perspective de réaliser le doublé. Cela passe d’abord par une victoire, du 6 au 8 avril, à Gênes (Italie), en quart de finale d’une compétition qui vit peut-être son antépénultième week-end.

        Lire aussi :
         

                Coupe Davis : la France sans Gasquet pour le quart de finale contre l’Italie



Depuis que la Fédération internationale de tennis (FIT) a dévoilé, fin février, son projet de refonte radicale de la vénérable Coupe Davis, née en 1900, le circuit est en émoi. La réforme prévoit une compétition non plus disputée sur quatre week-ends de trois jours mais sur une semaine, deux simples et un double pour chaque rencontre (au lieu de 5 matchs), tous en deux sets gagnants (et non trois). Et, mesure la plus symptomatique, la fin des matchs à domicile ou à l’extérieur.
Cette Coupe du monde de tennis se déroulerait dans un lieu unique, vraisemblablement en Asie. Si le nouveau format est adopté en août lors de l’assemblée générale de la FIT, il devrait être mis en oeuvre dès 2019. S’il n’est pas victime d’ici là de la guerre fratricide avec l’Association des joueurs de tennis professionnels, l’instance régissant le circuit masculin, indépendante de la Fédération internationale, et qui entend relancer sa propre épreuve par équipes.
Rétropédalage abracadabrant de M. Giudicelli
Une formule moins épique donc, plus lucrative aussi. Le fonds d’investissements Kosmos, présidé par le défenseur du Barça Gérard Piqué, entend y injecter trois milliards de dollars (2,4 milliards d’euros) au cours des vingt-cinq prochaines années – les 18 pays en lice se partageant la bagatelle de 20 millions de dollars de prize money par an. Et voilà comment reconquérir des joueurs qui la désertaient, séduits à l’idée de travailler moins pour gagner plus.
Cent-dix-huit ans d’histoire balayés et une tradition sacrifiée sur l’autel du profit, objectent les critiques. Dans le concert de réactions, le clan français se fait le plus sonore, même si la fédération belge s’est aussi prononcée contre, tout comme des figures de l’épreuve tel l’Australien Leyton Hewitt. Joueurs et entraîneurs (présents ou passés), élus, chacun y va de son plaidoyer, sous forme de SOS. Lucas Pouille, Nicolas Mahut, Cédric Pioline, Arnaud Clément, Amélie Mauresmo... jusqu’au capitaine de Coupe Davis et gardien du temple, Yannick Noah.
Tous, sauf un : le président de la Fédération française de tennis (FFT) lui-même, accessoirement président du comité de la Coupe Davis au sein de la FIT. Dans un rétropédalage abracadabrant, Bernard Giudicelli a finalement apporté son soutien au projet. « J’aurais préféré une Coupe Davis sur deux ans, plus rare, mais il faut arrêter avec cette espèce de romantisme. (...) Seul ce projet garantit la survie de la Coupe Davis », défend-il sur le site de la FFT. « L’événement doit vivre sans perdre son ADN et pour moi l’ADN, ce ne sont pas les matchs à domicile et à l’extérieur », affirmait-il encore au Parisien le 8 mars, lui qui tweetait, en juillet 2017 : « La Coupe Davis doit retrouver ses valeurs, home/away, challenger/défender. »

@GwenPlougastel @ericsalliot La Coupe Davis doit retrouver ses valeurs home/away challenger/defender— bgiudicelli (@Bernard Giudicelli)


require(["twitter/widgets"]);

Une Coupe Davis sans chaudrons enfiévrés, ce serait un peu comme un Tour de France à huis clos. L’épreuve serait dénaturée, s’inquiète Arnaud Clément, vainqueur comme joueur en 2001 et capitaine malheureux en 2014 face à la Suisse : « La France a une histoire par rapport à l’épreuve, les mousquetaires y ont écrit une page incroyable. Si la Coupe Davis n’avait pas existé, il n’y aurait pas de stade Roland-Garros [construit pour y accueillir la finale de 1928] et a fortiori pas de Grand Chelem en France. » 
Jean Borotra, Jacques Brugnon, Henri Cochet et René Lacoste, vainqueurs à six reprises, ont enraciné l’épreuve dans la mentalité des amateurs de sport français, et « nourri toutes les générations qui ont suivi », témoigne Patrick Proisy, vice-président du Club France de Coupe Davis, qui regroupe 53 joueurs. Un succès d’autant plus retentissant qu’il s’agissait d’une des toutes premières compétitions internationales remportées par une équipe de France.

   


Tous les observateurs louent aussi le rôle joué par Philippe Chatrier, joueur, président de la FFT (1973-1993) puis de la FIT (1977-1991) : « Chatrier a eu cette volonté politique d’ancrer la Coupe Davis dans la génération des Patrice Dominguez, Patrick Proisy, François Jauffret... puis dans celle de Yannick Noah, Henri Leconte, etc. », rappelle le journaliste Philippe Bouin, qui a couvert le tennis pendant plus de vingt-cinq ans à L’Equipe. « En grand défenseur de l’épreuve, il nous a transmis ce rêve de gagner la Coupe Davis, dont le dernier sacre remontait à 1932, confirme Patrick Proisy. Cette culture s’est amplifiée en 1991 avec le tsunami qu’a provoqué la victoire de la France contre les Etats-Unis de Sampras et Agassi. »
« Une part de l’histoire du tennis français bafouée »
Certains avancent une autre explication, plus réaliste : si les joueurs français ont affiché pareille détermination à soulever le saladier, c’est parce qu’aucun d’entre eux ne s’est senti assez costaud pour gagner des Grands Chelems en individuel. « Leur seul moyen pour eux de gagner quelque chose de grand, c’était la Coupe Davis », souligne Philippe Bouin.
Quand la France y voit une épreuve délicieusement surannée, partout ailleurs, elle perd chaque année un peu plus de son prestige, négligée par les meilleurs jusqu’à Roger Federer. En 2015, le Suisse avait eu cette phrase lourde de sens : « La Coupe Davis a toujours été un poids à porter, et cela m’a créé bien plus de difficultés qu’autre chose dans ma carrière. »
Chacun s’accorde à dire que le format antédiluvien avait besoin d’être rafraîchi, mais « on ne peut pas la ramener à une forme d’exhibition, c’est une part de l’histoire du tennis français qui est bafoué », fulmine Jean-Pierre Dartevelle, opposant à M. Giudicelli et signataire d’un mail collectif de joueurs et d’élus français demandant à ce que soit convoquée une assemblée générale extraordinaire pour en débattre. L’association Rénovons le sport français, présidée par l’ancienne joueuse Amélie Oudéa-Castera, a lancé par ailleurs une pétition électronique dénonçant un « projet de démolition déguisée ».
Sa remise en question est un vieux serpent de mer. En 1971, Le Monde se fait l’écho d’un plaidoyer en faveur de la vieille dame, victime déjà à l’époque d’attaques « que lui portent les promoteurs américains » : « Elle est la seule épreuve universelle, dans un sport de plus en plus spéculatif, à faire passer à l’arrière-plan les questions d’argent . » Plus pour longtemps.

        Lire aussi :
         

                Un Noah assagi rapporte la Coupe Davis en France






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-5">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Cette filière de prostitution franco-française caractérisée par son amateurisme prospère à l’ombre des réseaux internationaux et enrôle des mineures.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Le « proxénétisme des cités », une filière d’un nouveau genre en pleine expansion

Cette filière de prostitution franco-française caractérisée par son amateurisme prospère à l’ombre des réseaux internationaux et enrôle des mineures.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h20
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 16h03
    |

            Julia Pascual








                        



                                


                            
Dans le secret de chambres d’hôtels du Val-de-Marne et de Paris, une demi-douzaine de filles étaient maintenues dans un état de « quasi-séquestration ». Elles recevaient chacune une dizaine de clients par jour pour le compte de proxénètes à peine plus âgés qu’elles.
Cinq hommes, aujourd’hui âgés de 25 à 33 ans, sont poursuivis pour avoir animé ce réseau de prostitution, en 2012. Vendredi 6 avril, au tribunal de Créteil (Val-de-Marne), leur procès se tiendra entre deux dossiers de violences conjugales. L’espace d’un après-midi, il nourrira la chronique d’une forme de prostitution en pleine expansion.
Le « proxénétisme des cités », ainsi que le ­désignent les policiers, trouve souvent ses maîtres d’œuvre parmi les ­seconds couteaux de la délinquance, les déçus des stups et ceux revenus de l’escroquerie à la ­petite semaine.
Depuis quelques années, ces filières franco-françaises prospèrent au ­milieu des réseaux internationaux, en recrutant dans les foyers de l’aide sociale à l’enfance, à la sortie des ­ lycées, sur Facebook ou Snapchat. « Plus d’une victime sur deux identifiées est mineure, ce qui diffère des réseaux étrangers classiques », note Jean-Marc Droguet, directeur de l’Office central pour la répression de la traite des êtres humains (Ocrteh).
Logement transformé en maison de passe
Celles qui sont exploitées par ces souteneurs d’un nouveau genre s’expriment peu. « Il peut y avoir une peur des représailles, considère ­Arthur Merle-Beral, conseil de l’association Agir contre la prostitution des enfants (ACPE), partie civile au procès de Créteil. Mais c’est aussi un mélange de honte, d’envie de tourner la page et d’absence de prise de conscience. ­Elles ne se rendent pas nécessairement compte de la gravité des faits et ne se considèrent pas toujours comme des victimes. »
Le contenu des auditions de plusieurs adolescentes qui se prostituaient dans un appartement d’Argenteuil (Val-d’Oise),...




                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-6">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

L’ONU s’inquiète de la « situation inhumaine » des migrants dans le nord de la France

Trois experts des Nations unies dénoncent les conditions insalubres dans lesquelles vivent des centaines de migrants le long de la côte.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
   





                        


Trois experts des droits humains de l’ONU se sont alarmés, mercredi 4 avril, des conditions de grande précarité dans lesquelles vivent des centaines de migrants dans le nord de la France et exhortent Paris à faire « davantage » pour leur fournir eau et abris d’urgence.
« Les migrants et les demandeurs d’asile situés le long de la côte du nord de la France et ceux qui ne peuvent pas être accueillis dans le gymnase de Grande-Synthe vivent une situation inhumaine », a consigné dans un communiqué Léo Heller, rapporteur spécial de l’ONU sur les droits à l’eau potable et à l’assainissement. « Ils logent dans des tentes, sans toilettes, et se lavent dans des eaux polluées d’une rivière ou d’un lac », a-t-il rapporté, estimant que « des efforts ont été faits », mais « qu’ils ne sont pas suffisants ».
« Nous sommes préoccupés par les politiques migratoires toujours plus rétrogrades et les conditions insalubres dans lesquelles vivent les migrants », a de son côté déclaré le rapporteur spécial de l’ONU sur les droits humains des migrants, Felipe González Morales, cité dans le communiqué. « Les migrants, indépendamment de leur statut, ont des droits humains, sans aucune discrimination (...). En les privant de leurs droits (...), la France viole ses obligations internationales en matière de droits de l’homme », a-t-il dit.

        Lire aussi :
         

                Migrants à Calais : « La majorité des gens en souffrance psychologique »



« Arrêter le harcèlement des bénévoles et membres des ONG »
MM. Heller et Gonzales Morales, auxquels s’associe Michel Forst, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des défenseurs des droits humains, lancent également « un appel à l’action pour arrêter le harcèlement et l’intimidation des bénévoles et (d)es membres des ONG qui fournissent une aide humanitaire aux migrants ». « Ils exhortent la France à honorer ses obligations et à promouvoir le travail essentiel des défenseurs des droits de l’homme », conclut le communiqué.
Selon les estimations citées par les experts, quelque « neuf cents migrants et demandeurs d’asile vivent à Calais, trois cent cinquante à Grande-Synthe, et un nombre inconnu dans d’autres régions de la côte nord de la France vive sans accès à des abris d’urgence et sans accès régulier à l’eau potable ».

        Lire aussi :
         

                Comprendre la crise des migrants en Europe en cartes, graphiques et vidéos






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-7">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Du fait des nouveautés réglementaires et de la hausse des températures certains vignerons de la région songent à solliciter une appellation d’origine contrôlée.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Avec le changement climatique, les projets viticoles se multiplient en Bretagne

Du fait des nouveautés réglementaires et de la hausse des températures certains vignerons de la région songent à solliciter une appellation d’origine contrôlée.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h17
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            

Où que l’on regarde – Nord, Sud, Est, Ouest –, on aperçoit l’océan. La presqu’île de Quiberon (Morbihan) culmine en cet endroit précis à 33 mètres au-dessus de l’Atlantique. « J’adore ce terrain. Il est puissant, il est beau… Ici, je “sens” du blanc ! », confie Catherine Decker, patronne du restaurant étoilé Le Petit Hôtel du grand large, installé non loin, à Portivy.
Ce « blanc » dont parle Mme Decker ? Du vin. Le terrain en question est un coteau de 2 500 mètres carrés, récemment défriché. Avec son mari, le chef Hervé Bourdon, et la vigneronne champenoise Françoise Bedel, elle prévoit d’y planter de la vigne dans les prochains mois. Les premières vendanges devraient avoir lieu, sauf contretemps, en 2024. A terme, il s’agit de cultiver de trois à quatre hectares, de vinifier localement et de « prouver qu’on peut faire du bon vin en Bretagne ».
Il y a encore dix ans, une telle ambition, dans une région exempte de vignobles professionnels, aurait pu susciter des sarcasmes. Les effets des dérèglements climatiques, auxquels s’ajoutent certaines évolutions réglementaires, changent la donne.
Il faut, en l’occurrence, parler de « retour » et non d’« apparition » de la vigne en Bretagne. Des indices archéologiques témoignent de pratiques viticoles dans l’extrême ouest de la Gaule dès l’aube de notre ère. Les Bretons ont, par la suite, concocté du vin durant des siècles. A partir de la fin du Moyen Age, la possibilité de s’approvisionner par voie maritime en produits de meilleure qualité, ainsi que le refroidissement des températures lié au « petit âge glaciaire », ont fait diminuer la production. La diffusion du pommier à cidre et la prolifération, au XIXe siècle, de maladies comme le Phylloxéra, ont contribué à son déclin.
Depuis 2016, les cartes sont rebattues
Au début du XXe siècle, l’arrachage contraint de certains cépages et l’interdiction, pour...




                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-8">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ L’existence d’un partenariat entre la firme et le ministère de la défense américain a été révélée en mars. Une initiative qui déplaît à de nombreux employés de l’entreprise.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Intelligence artificielle : 3 100 employés pressent Google d’arrêter d’aider le Pentagone

L’existence d’un partenariat entre la firme et le ministère de la défense américain a été révélée en mars. Une initiative qui déplaît à de nombreux employés de l’entreprise.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h57
    |

                            Perrine Signoret








                        



   


Environ 3 100 employés de Google ont réclamé, dans une lettre dévoilée jeudi 4 avril par le New York Times, que l’entreprise mette un terme à son partenariat avec le Pentagone. Début mars, Google avait admis publiquement dans les colonnes du magazine Gizmodo qu’elle mettait à la disposition du ministère américain de la défense certaines technologies d’intelligence artificielle (IA).
Ce partenariat s’inscrit dans le projet Maven, un programme lancé en avril 2017 avec l’objectif, expliquait le Pentagone dans une note, de « rendre rapidement intelligible l’énorme volume de données accessibles au ministère de la défense ». 

        Lire aussi :
         

                Un programme de Google aide le Pentagone à analyser les images filmées par les drones



« Un usage non offensif »
Dans un communiqué transmis en mars à la presse américaine, Google avait expliqué fournir au Pentagone des accès à son logiciel ouvert d’apprentissage automatique TensorFlow. L’objectif : l’aider à analyser des images de drones, à des fins de renseignement. L’outil peut par exemple être utilisé pour identifier de manière automatisée des bâtiments, véhicules ou humains figurant sur des photos ou vidéos. Cela permet de surveiller des lieux, ou d’identifier des cibles.
L’entreprise n’avait toutefois pas précisé jusqu’à quel point elle épaulait le Pentagone, dans l’utilisation ou l’éventuelle personnalisation de TensorFlow. Elle avait en revanche assuré, à la suite de critiques, que ses technologies n’étaient destinées qu’à « un usage non offensif », et qu’elle avait créé des « règles et garde-fous autour du développement et de l’usage de [ses outils] d’apprentissage automatique ». Des précautions qui n’ont pas semblé rassurer les employés de Google.
Google et « le business de la guerre »
Les employés signataires ont ainsi invité Sundar Pichai, le PDG de la firme, à « annuler immédiatement » le partenariat établi avec le Pentagone.
« Nous estimons que Google ne devrait pas être impliqué dans le business de la guerre. C’est pourquoi nous demandons à ce que le projet Maven soit annulé, et à ce que Google dessine, publie et mette en place une politique claire, qui précise que ni [elle] ni ses partenaires ne fabriqueront jamais de technologies de combat. »
Le partenariat aurait, estiment les signataires, « causé des dommages irréparables à la marque Google ». « L’argument selon lequel d’autres entreprises comme Microsoft et Amazon participent également ne rendent pas l’opération moins risquée pour Google, est-il écrit dans la lettre. (…) Nous ne pouvons pas [non plus] nous dédouaner de la responsabilité de nos technologies et la laisser peser sur les tiers ».
Ce n’est pas la première fois que les liens entre Google et l’armée sont questionnés. Au début des années 2010, l’entreprise a racheté plusieurs entreprises spécialisées dans la robotique. Parmi elles, Boston Dynamics, qui développe des robots destinés à l’armée, avait été acquise en 2013. Google s’est finalement séparée de la prestigieuse firme à l’été 2017. Eric Schmidt, l’ancien président d’Alphabet, la maison mère de Google, siège par ailleurs dans un comité du ministère de la défense consacré à l’innovation aux Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

                Qu’est-ce que Boston Dynamics, le fleuron de la robotique dont se sépare Google ?




Des chercheurs en intelligence artificielle boycottent une université sud-coréenne
Plus de 50 chercheurs influents en intelligence artificielle (IA) et robotique ont annoncé qu’ils boycotteraient une université sud-coréenne, la Kaist, en cessant tout contact et collaboration académique avec elle. L’université est accusée de participer au développement d’armes guidées par des systèmes d’IA, sans contrôle humain, rapportait le média local The Korean Times. Des affirmations démenties par Sung-chul Shin, le président de l’université. Dans un communiqué publié par Times Higher Education, il affirme que la Kaist « ne conduit aucune activité de recherche allant à l’encontre de la dignité humaine, y compris des armes autonomes ».
Du lundi 9 au vendredi 13 avril, les responsables des Etats membres de l’ONU doivent se rencontrer à Genève en Suisse pour discuter de la mise en place d’éventuelles restrictions sur les « robots-tueurs ».





                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-9">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Malgré ses défauts, le film de Daniel Roby, ludique et minimal, parvient à soutenir longtemps l’intérêt du spectateur.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

« Dans la brume » : Romain Duris dans un Paris d’apocalypse

Malgré ses défauts, le film de Daniel Roby, ludique et minimal, parvient à soutenir longtemps l’intérêt du spectateur.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 16h12
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Désormais séparés, Mathieu (Romain Duris) et Anna (Olga Kurylenko) ont une fille, Sarah (Fantine Harduin), atteinte d’une anomalie génétique qui l’oblige à ne jamais quitter l’environnement stérilisé de sa chambre-capsule. Lorsqu’une étrange brume engloutit Paris, asphyxiant une grande partie de la population, les ex-conjoints se réfugient chez un couple de vieillards habitant au dernier étage de l’immeuble, là où l’air est encore respirable. Mais le brouillard gagne de plus en plus de terrain et la capsule de leur fille, ensevelie dans la brume, doit être sans cesse réalimentée.
Etonnant récit dystopique prenant place en plein cœur de Paris, Dans la brume parvient à nous tenir en haleine par l’étrangeté qui le contamine peu à peu. Le film semble jouer avec une situation familière du cinéma français (Romain Duris arpentant Paris une énième fois) pour la faire progressivement basculer dans un film d’apocalypse à la fois ludique et minimal où la ville est moins filmée que suggérée à partir d’une topographie extrêmement réduite : les toits parisiens, quelques rues, des appartements entièrement construits en studio, et une brume tenace qui transforme la capitale en décor abstrait et angoissant.
Grosses ficelles scénaristiques
Peut-être fallait-il un cinéaste québécois pour accomplir cet étrange pas de côté en réalisant un film que l’on aurait du mal à placer sur la carte du cinéma français et qui, pour cette raison, et, malgré ses défauts, parvient à soutenir longtemps notre intérêt. Mais si le charme opère, Dans la brume a pourtant du mal à retomber sur ses pieds : la faute à un récit qui, à force de se dépouiller de tout élément encombrant, finit par ne plus avoir grand-chose sous la main pour entamer son dénouement. Une métaphore bancale viendra finalement à la rescousse d’une narration un peu lacunaire. En bout de course, cet épais brouillard peine à masquer quelques grosses ficelles scénaristiques.

Film français et québécois de Daniel Roby. Avec Romain Duris, Olga Kurylenko, Fantine Harduin (1 h 29). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/dans-la-brume



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-10">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ La fraude a porté sur 6 000 hectolitres et aurait duré de 2014 à 2015.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

400 000 euros d’amende pour la société qui avait fait passer des vins du Languedoc pour des Bordeaux

La fraude a porté sur 6 000 hectolitres et aurait duré de 2014 à 2015.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h44
   





                        


La société de négoce Grands Vins de Gironde (GVG) a été condamnée jeudi 5 avril par le tribunal correctionnel de Bordeaux à payer une amende de 400 000 euros, dont 200 000 euros avec sursis, pour avoir utilisé frauduleusement plus de 6 000 hectolitres de vin entre le début de l’année 2014 et la fin de l’année 2015.
Le directeur des achats d’alors a par ailleurs été condamné à 15 000 euros d’amende avec sursis. Tout comme GVG, il était poursuivi « pour tromperie sur la nature, la qualité, l’origine ou la quantité d’une marchandise ».
Fausses étiquettes, mélanges interdits, traçabilité brouillée
Plus de 6 000 hectolitres de vin, d’une valeur de 1,2 million d’euros, avaient notamment servi à des mélanges interdits et sans traçabilité : des vins de France auraient été revendiqués en Pays d’Oc Indication géographique protégée (IGP), des vins languedociens mélangés avec des assemblages d’appellations bordelaises ou rebaptisés frauduleusement Pomerol, Margaux ou Saint-Julien (trois appellations bordelaises prestigieuses), des étiquettes avec des millésimes et des noms de châteaux incorrects…
« Ils s’agit d’une infraction non négligeable, dont les victimes sont les petits consommateurs de grande surface dont on peut estimer une certaine méconnaissance des produits, ou des clients étrangers, ce qui ne va pas dans le sens d’une bonne image », a déclaré à l’audience la présidente du tribunal correctionnel, Caroline Baret.

        Lire aussi :
         

                Le vin, plaisir de l’offrir, joie de le recevoir (ou presque)



Le directeur des achats avait déjà été condamné pour fraude
La présidente du tribunal a également soulevé un détail cocasse : le directeur des achats avait déjà été condamné pour fraude :
« La société a déjà été avertie en 2005, son casier judiciaire portant trace d’une condamnation le 27 juillet 2005 à une amende de 30 000 euros, acquittée le 27 mars 2006, pour tromperie sur marchandise et publicité mensongère. »
« Ces pratiques cette fois-ci plus graves, dont il ne peut être imaginé qu’une structure revendiquant le sérieux qu’elle invoque ait pu ignorer l’existence, du fait justement de ses compétences, justifient sa condamnation à une amende de 400 000 euros dont 200 000 euros avec sursis », a poursuivi Mme Baret.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-11">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Alors que le Rallye de France s’élance, marqué par le retour du duo Loeb-Elena, les caméras embarquées épient les équipages, pour le plus grand plaisir des fans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

Tour de Corse : l’intrusion des caméras embarquées

Alors que le Rallye de France s’élance, marqué par le retour du duo Loeb-Elena, les caméras embarquées épient les équipages, pour le plus grand plaisir des fans.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h11
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h50
    |

            Catherine Pacary








                        



   


L’intimité de l’habitacle n’est plus. A l’intérieur des voitures des pilotes professionnels, les caméras embarquées, aussi appelées dash cams ou boîtes noires, sont devenues de redoutables mouchards qui filment tout et bousculent le monde des sports mécaniques, des concurrents aux spectateurs, des équipiers aux organisateurs. La preuve par l’image du 5 au 8 avril, avec le duo Sébastien Loeb-Daniel Elena, qui tente un retour gagnant au Rallye de Corse, étape française du championnat du monde des rallyes (WRC), au volant d’une Citroën C3 WRC.
Les caméras embarquées sont apparues dans les voitures de course au milieu des années 1980. Elles fournissent alors de façon très ponctuelle de spectaculaires images aux télévisions. Les équipages n’ont alors qu’à faire bonne figure le temps de la prise de vues. Mais progressivement, à l’époque où l’on découvre le duo Loeb-Elena (neuf fois champion du monde des rallyes de 2004 à 2012 avec Citroën), les plates-formes vidéo comme YouTube et Dailymotion généralisent la diffusion des images.

Direction le shakedown 🚀 #TourdeCorse @CitroenRacing https://t.co/rt8EA8O6Xj— DanosElena (@Daniel Elena)


require(["twitter/widgets"]);

Premier touché par cette intrusion, le copilote, dont le métier consiste à noter chaque virage, chaque butte, chaque anfractuosité du tracé lors des reconnaissances sur un carnet, avant de les lire, dans le bon tempo, au pilote le jour de la course et permettre ainsi à l’équipage de s’engager à vitesse maximale et en quasi-sécurité, même dans un virage en aveugle. Au côté de Sébastien Loeb, Daniel Elena invente un système de prise de note fondé sur les angles de virage, le « droite, 110 long, pas corde, 100 mètres, gauche-droite, 130, plus-plus coooorde » et son phrasé chantant. Un secret de fabrication convoité qui va, au fil des avancées technologiques, tomber dans le bien public.

        Lire aussi :
         

                Rallye : profession copilote



« Cela perd de son charme »
Daniel Elena préfère souligner les vertus pédagogiques de ces vidéos : « Cela permet aux jeunes [pilotes] d’apprendre plus vite. Là où un équipage mettait cinq rallyes de Finlande à comprendre qu’il pouvait sauter une bosse pleins gaz, les nouveaux voient instantanément si c’est faisable ou non. » Les plus vieux en profitent également. Ainsi le quintuple champion en titre Sébastien Ogier (Ford Fiesta WRC) visionne les vidéos de Thierry Neuville, et vice-versa. « Et nous, on va visionner celles d’Ogier », complète « Danos ». Conséquence, « les écarts entre les concurrents se resserrent. Le métier évolue ». Seule chasse encore gardée : les essais.

#TourdeCorse Shakedown – Sorbo Ocagnano (5.45 km)
— SebOgier (@Sébastien Ogier)


require(["twitter/widgets"]);

Julien Ingrassia, copilote de Sébastien Ogier, est plus critique. « Ça ne change pas le métier, mais ça complique la donne et c’est un peu dommage. Quand on est très fort dans une spéciale, c’est facile, pour les petits copains, l’année d’après, de regarder notre caméra. On ne se demande plus : “Mais comment il fait pour nous prendre quinze secondes sur cette spéciale ?” Cela perd de son charme. Là, tout est explicite. » 
Toujours focalisée sur la sécurité des concurrents et des spectateurs, la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) voit plutôt d’un bon œil cet outil qui permet de vérifier, en interne, que les consignes de sécurité sont correctement respectées – ceintures attachées, casques bien fixés – et d’intervenir rapidement en cas d’accident.
Le direct, du « stress en plus »
L’arrivée des chaînes de streaming marque une nouvelle étape. On ne visionne plus une séquence a posteriori, on suit un événement. En 2014, WRC + teste la retransmission en différé du Rallye de Finlande, puis le généralise progressivement. Dernière évolution cette saison, depuis le Monte Carlo fin janvier, WRC + propose les images en direct : le « All live ».
Une instantanéité parfois violente à laquelle les équipes techniques doivent à leur tour s’adapter. Vivre une sortie de route, un tonneau en direct… « Cela ajoute énormément de stress ! », commente Pierre Budar, arrivé à la tête de Citroën Racing à la même époque. Comme les équipages, il a été mis devant le fait accompli. « Seul le promoteur fait sa loi, et très clairement on n’a pas notre mot à dire », atteste Julian Ingrassia.
Le promoteur et directeur général du WRC depuis mai 2013, c’est Oliver Ciesla. Alors qu’en 2012 le championnat du monde des rallyes était au bord de la faillite, le Munichois voit de suite l’intérêt des caméras embarquées, capables d’« amener le rallye près des gens ». Aujourd’hui, WRC + propose deux formules : à 4,99 et 8,99 euros par mois, ou 49,99 et 89,99 par an. Pour ce prix, l’abonné peut choisir sa caméra embarquée, mais aussi voir les images classiques, des entretiens et des magazines.

Addictif pour le public
« C’est très bien pour les spectateurs, relève Julien Ingrassia… Quoique je ne crois pas qu’il y ait des gens qui passent toute une journée à regarder toutes les caméras embarquées. » Soit 300 heures d’images cette année. « Une sélection à la fin satisferait autant les fans tout en ne dévoilant pas tous les secrets des équipages. Sur quatre heures de course pure que dure un rallye, un résumé de cinquante minutes suffirait ». Pas si sûr.
Dans un paysage médiatique télévisé qui délaisse les rallyes, parce que trop longs, organisés sur plusieurs jours et dans des cadres pas toujours accessibles, la chaîne de streaming, accessible d’un ordinateur, d’une tablette et d’un smartphone via son application, touche une large cible, du fan au néophyte. Seul danger, prévient Pierre Budar en observateur, l’immersion dans les voitures des concurrents en plein « Rallye aux 10 000 virages » peut se révéler totalement addictive.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-12">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Le thriller psychologique de l’Iranien Ashgar Fahradi briguera également la Palme d’or.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

« Everybody Knows » ouvrira le Festival de Cannes

Le thriller psychologique de l’Iranien Ashgar Fahradi briguera également la Palme d’or.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 17h14
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h57
   





                        



   


Everybody Knows, de l’Iranien Ashgar Fahradi, avec Penélope Cruz, Javier Bardem et Ricardo Darin, ouvrira le 71e Festival de Cannes, le 8 mai, et sera également en compétition pour la Palme d’or.

        Lire aussi :
         

                Cannes 2018 : calendrier modifié et interdiction des selfies sur le tapis rouge



A noter, le film, tourné en espagnol, fait figure d’exception parmi les longs-métrages qui ont ouvert le Festival. « Il faut remonter à 2004 et au long-métrage La Mauvaise Education, de Pedro Almodóvar, pour que le film d’ouverture ne soit ni en langue anglaise ou ni en français », soulignent les organisateurs dans leur communiqué.
Ce n’est en revanche pas la première fois qu’un long-métrage fera office de film d’ouverture tout en briguant la distinction suprême cannoise. Moonrise Kingdom, de l’Américain Wes Anderson (2012), Blindness, du Brésilien Fernando Mereilles (2008), My Blueberry Nights, du cinéaste hongkongais Wong Kar-wai (2007), Moulin Rouge de l’Australien Baz Luhrmann (2001) ou Basic Instinct, du Néerlandais Paul Verhoeven (1992), connurent pareil sort.
Un thriller psychologique au casting déjà très primé
Décrit comme un « thriller psychologique » par le Festival, Everybody Knows suit Laura, incarnée par Penélope Cruz, qui vit avec son mari et leurs enfants à Buenos Aires. « A l’occasion d’une fête de famille, elle revient dans son village natal, en Espagne, avec ses enfants. Un événement inattendu va bouleverser le cours de leur existence. La famille, ses secrets, ses liens, ses traditions et les choix moraux qu’ils imposent sont, comme chacun des scénarios du cinéaste, au cœur de l’intrigue », ajoute le communiqué.
Ce sera en effet le huitième long-métrage d’Asghar Farhadi, un habitué du Festival. Le cinéaste iranien, scénariste reconnu et spécialiste d’un cinéma réaliste dans sa mise en scène, a remporté le prix du scénario pour Le client (2016), qui a également valu à l’acteur Shahab Hosseini le prix d’interprétation masculine. Et en 2013, Bérénice Bejo décrocha le prix d’interprétation féminine pour Le Passé.
Le casting d’Everybody knows connaît bien, lui aussi, les ors de Cannes : Penélope Cruz y a remporté un prix d’interprétation féminine collectif, partagé avec Carmen Maura, Yohan Cobo, Lola Dueñas, Blanca Portillo et Chus Lampreave pour Volver, de Pedro Almodovar, en 2006.
Javier Bardem fut lui aussi distingué en 2010 du prix d’interprétation masculine pour Biutiful, d’Alejandro Gonzalez Iñarritu.
La cérémonie d’ouverture du 71e Festival de Cannes aura lieu le 8 mai et sera suivie de la projection d’Everybody Knows en avant-première. Il sera projeté simultanément dans de nombreuses salles de France, avant sa sortie officielle, le lendemain.

        Lire aussi :
         

                Pour tous les amateurs de cinéma, le programme de 2018






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-13">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

L’UFC-Que choisir accuse EDF d’influencer à son profit le prix de l’électricité

L’association de consommateurs estime que l’électricien sous-utilise le parc nucléaire français pour influencer le marché de l’électricité. Ce qu’EDF dément catégoriquement.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h26
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Depuis 2007, les consommateurs peuvent choisir leur fournisseur d’électricité : EDF est désormais concurrencé par plus d’une dizaine d’entreprises, d’Engie à Total en passant par Direct Energie. Et si le groupe historique perd 100 000 clients par mois, il conserve la part du lion : plus de 80 % des ménages y sont toujours abonnés.
Une situation régulièrement dénoncée par des associations de consommateurs pour lesquelles l’ouverture à la concurrence est biaisée et ne profiterait pas suffisamment aux clients.
Mais c’est à un autre aspect du marché de l’électricité que s’attaque, jeudi 5 avril, l’UFC-Que choisir : la production d’électricité, qui reste, elle, assurée en très grande partie par EDF.
Sous-utilisation des centrales nucléaires
L’association de consommateurs accuse l’électricien de volontairement sous-utiliser ses centrales nucléaires depuis 2012 pour influencer les prix du marché de l’électricité. Facture pour les consommateurs, selon Que choisir : 2,4 milliards d’euros entre 2012 et 2016, soit 15 euros par an en moyenne par foyer client d’EDF.
Concrètement, quand la demande d’électricité est très forte, les prix du marché de gros sont élevés, et les centrales nucléaires disponibles tournent à plein régime. Mais quand les prix commencent à baisser, EDF lève le pied et réduit la production de ses centrales, assure l’association. Résultat : d’autres moyens de production, comme les centrales à gaz, l’hydraulique, ou le charbon, sont mobilisés. Or ils sont bien plus chers, ce qui conduit à faire remonter les prix du marché.
« EDF fait la loi en toute impunité : le groupe a une gestion de sa capacité de production qui lui est complètement favorable et qui se traduit de manière défavorable sur les consommateurs », déplore Alain Bazot, le président de l’UFC-Que choisir, qui constate que d’autres pays européens disposant de centrales nucléaires n’agissent pas de la même manière.
Démenti d’EDF
« Ce qu’on demande, c’est que lorsque EDF décide de moins produire, il soit contraint de justifier que c’est lié au prix du marché. Il ne faut pas arrêter de produire quand il pourrait encore vendre à un prix compétitif », ajoute M. Bazot, pour qui il s’agit là d’une concurrence « sclérosée ». L’association de consommateurs appelle donc à une plus grande régulation.
Malgré cette pratique, le prix de l’électricité en France reste bien inférieur à celui payé, par exemple, par les consommateurs allemands. « Mais on ne peut pas s’en satisfaire, dit Alain Bazot. Il n’y a rien qui justifie qu’EDF vienne priver le consommateur d’un juste prix uniquement parce qu’il veut faire ses affaires et jouer au yo-yo. » 
Des accusations qui surprennent à EDF, où l’on rappelle que le marché est contrôlé par la Commission de régulation de l’énergie de façon très précise.
« EDF optimise à tout moment son parc de production d’électricité », rappelle le groupe, qui précise qu’une partie très importante de sa production est achetée en amont par des contrats de moyen terme. L’utilisation du parc nucléaire se fait en fonction de la demande, pas en fonction d’une volonté d’agir sur les prix, explique-t-on en interne.
« EDF agit sous l’étroite surveillance du régulateur de l’énergie, la Commission de régulation de l’énergie, qui publie chaque année son rapport sur le fonctionnement du marché de gros de l’électricité, du CO2 et du gaz naturel », assure le groupe.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-14">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 04/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Des Français toujours plus séduits par les sirènes de la vie lisboète

Fiscalité légère, qualité de vie, effervescence lusitanienne… Le nombre de Français s’installant à Lisbonne explose. Mais l’eldorado rêvé n’est pas toujours au rendez-vous.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 06h16
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 11h37
    |

            Marie Charrel (Lisbonne, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Friches industrielles, squats et brasseries artisanales : les quartiers populaires de Marvila et Beato, à l’est de la capitale portugaise, ont un parfum de Brooklyn lisboète. Des raves font vibrer le pavé au cœur de la nuit. Dans les entrepôts retapés à la hâte, boutiques vintage et ateliers d’artistes se multiplient.
Fin 2018, une ancienne usine de l’armée sera reconvertie en immense hub réservé aux start-up. C’est ici qu’Anne et Antoine Legrand ont installé Ilegitimo, leur camion à burgers, il y a un mois. « Une effervescence particulière règne dans le coin, c’est un peu magique », explique Antoine, tout en nettoyant ses ustensiles.
Il y a trois ans, ces deux trentenaires lassés de la vie parisienne – elle était avocate, lui travaillait dans la restauration – sont tombés amoureux du Portugal. « Ses paysages, sa culture, sa liberté : en trois semaines, nous avons tout quitté pour nous installer à Lisbonne », racontent-ils. Ils lancent d’abord une activité de traiteur à domicile, Maison Legrand, avant de se diversifier avec le camion et, bientôt, un restaurant. « L’eldorado portugais ? Un cliché si l’on imagine que tout est plus facile ici, assure la dynamique Anne. Nous travaillons comme des fous, les méandres administratifs donnent le tournis, c’est un peu la jungle. Mais nous ne rentrerions pour rien au monde. Ici, on respire. Nous nous sentons plus vivants. »
Changer de cadre, construire une autre vie ou profiter de coûts moins élevés au soleil : de plus en plus de Français viennent poser leurs valises au Portugal. « Le phénomène s’est amplifié, ces deux dernières années », constate Mehdi Benlahcen, conseiller AFE (Assemblée des Français de l’étranger) pour la péninsule ibérique. Le nombre de Français enregistrés à l’ambassade de France est passé, en 2017, de 16 000 à 17 000, et ils seraient plus de 50 000 en tout, si l’on compte ceux non inscrits.
Créateurs d’entreprise et retraités
A...




                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-15">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Qu’elles soient autochtones, descendantes d’esclaves ou de colonisés, plusieurs cultures cherchent à exister dans le numérique, où règne l’emprise culturelle de l’Occident.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                

Le jeu vidéo, voix naissante des peuples marginalisés

Qu’elles soient autochtones, descendantes d’esclaves ou de colonisés, plusieurs cultures cherchent à exister dans le numérique, où règne l’emprise culturelle de l’Occident.





Le Monde
 |    05.04.2018 à 14h29
    |

            William Audureau





« Il y a sept réserves indiennes au Montana, certaines aussi grandes que des Etats américains, terres de huit nations indigènes. Aucune n’est représentée dans “Far Cry 5”. C’est un manque. »
La critique, publiée vendredi 30 mars sur le site PC Gamer, est certainement l’une de celles auxquelles Ubisoft s’attendait le moins, après avoir mis en scène, à travers son jeu, une critique à peine voilée de l’Amérique blanche et conservatrice.
Depuis quelques années, pourtant, le jeu vidéo est parcouru par une nouvelle tendance, qui cherche non plus seulement à montrer la variété ethnique des pays les plus riches, mais aussi à mettre en scène les invisibilisés de l’histoire occidentale : peuples colonisés, parqués, marginalisés, souvent écartés de la pop culture.
Le 1er mars, le studio mexicain Lienzo publiait ainsi Mulaka, premier jeu vidéo d’aventures consacré à la mythologie du peuple Taharumara. Le 6 février, c’est un studio brésilien qui lançait Dandara, aventure acrobatique dont l’héroïne, guerrière noire, est une figure historique de la lutte contre l’esclavage en Amérique du Sud. Dès 2014, Never Alone présentait dans un jeu de plateforme l’imaginaire folklorique du peuple autochtone Iñupiat, en Alaska.

   


Cette nouvelle approche du jeu vidéo s’inscrit dans un mouvement plus général, le courant postcolonialiste, qui a fait l’objet d’une conférence le 21 mars à la Gaité lyrique à Paris. Il cherche entre autres, pour reprendre les mots de Medhi Derfoufi, chercheur en études cinématographiques, à « décoloniser l’histoire du jeu vidéo » en la sortant des biais d’une approche centrée sur l’Occident.
L’Inde et le syndrome Dhalsim
Les études postcoloniales sont nées avec les essais du psychiatre martiniquais Frantz Fanon dans les années 1950. Elles s’intéressent historiquement à la double emprise des peuples dominants sur les peuples dominés, à la fois par l’imposition d’une langue et d’un imaginaire communs et par la marginalisation de leur folklore dans la littérature ou le cinéma mainstream. C’est, en somme, l’idée qu’à une colonisation administrative s’est substituée une nouvelle forme de colonisation plus insidieuse, car culturelle.
Dans le monde du jeu vidéo, les études postcoloniales sont jeunes. En 2000, Lisa Nakamura, dans l’article universitaire Race in Cyberspace, a été l’une des premières à relever les stéréotypes raciaux sur les mâles asiatiques diffusés sur LambdaMOO, un monde persistant textuel. Par la suite, les essais Gaming at the Edge, Gaming Representation, ou encore Devine qui vient jouer ce soir ? mettent chacun à sa manière l’accent sur une culture du jeu vidéo centrée sur l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Océanie.

   


Le chercheur Souvik Mukherjee, dans son livre Videogames and Postcolonialism : Empire Plays Back, souligne avec précision comment un pays considéré comme périphérique – en l’occurrence, l’Inde – peut être négligemment traité par des développeurs en position de mainmise culturelle. Dhalsim, le combattant indien de la série Street Fighter, est ainsi représenté de manière caricaturale comme un fakir, et son nom est formé de la contraction d’un nom de plat de lentilles et de haricots – comme si un personnage français avait été baptisé Raclettecamembert – là où les héros Ryu et Ken ont d’authentiques prénoms.
Même des productions sérieuses et a priori renseignées multiplient les erreurs. Dans l’article Playing Subaltern, il donne l’exemple du jeu de stratégie Empire : Total War, qui se déroule au XVIIIe siècle mais arbore le drapeau indien, alors qu’il n’est adopté qu’en 1947 ; et montre des plantations de thé mais aucune plantation d’indigo, pourtant à l’origine de la révolte du Bengale en 1859. « La manière dont ces jeux dépeignent les colonies est souvent simpliste et contient des imprécisions qui sautent aux yeux des joueurs de ces régions », relève Souvik Mukherjee.
D’« écrire en pays dominé » au jeu « Africa’s Legends »
Face à ce type de raccourci, toute une gamme de productions locales ont émergé. Le duo martiniquais Patrick Chamoiseau, auteur de Ecrire en pays dominé, et Muriel Travis, conceptrice de jeux vidéo, signe dès 1987 Méwilo, un programme dédié à une légende martiniquaise, et surtout Freedom, en 1988, dans lequel le joueur doit mener une révolte d’esclaves. Mais c’est surtout avec l’arrivée de l’Internet haut débit et des circuits de distribution dématérialisés que ces initiatives se multiplient.

   


Plusieurs approches coexistent. La plus belliciste renverse les antagonismes traditionnels. Dans 7554, un jeu de tir vietnamien sur la bataille de Diên Biên Phu de 1954, le joueur combat l’armée française. Dans la production syrienne Under Siege (Taht-al-Hissar en arabe), il incarne une famille palestinienne opposée aux forces israéliennes. Mais, le plus souvent, c’est par une pacifique stratégie de valorisation locale et culturelle que se démarquent ces productions, comme les nombreux jeux de taxi-brousse au Sénégal, de jeux de plateau traditionnel au Botswana, ou basés sur la mythologie perse en Iran.
La volonté est souvent autant de donner une présence numérique à une culture que de lui donner une exposition internationale. C’est le cas de Mulaka, avec son peuple autochtone mexicain, explique au Monde Guillermo Vizcaino, son concepteur narratif :
« C’est incontestablement un jeu qui cherche à montrer la beauté d’une culture méconnue. Même s’il cherche à divertir, il a une composante éducative et culturelle très importante. [...] Nous espérons qu’il fera prendre conscience aux joueurs du monde entier de l’existence de cultures différentes, uniques et spéciales comme l’est la nôtre. »
Si ces productions offrent des modèles positifs à des peuples marginalisés, elles n’en conservent pas moins certains codes occidentaux. Au Kenya, un jeune studio a ainsi lancé Africa’s Legend, un jeu de réflexion mettant en scène des superhéros africains inspirés du modèle de Marvel. « C’est un exemple intéressant, relève Mehdi Derfoufi. On voit une volonté de construire des contre-récits face aux récits occidentaux dominants, mais en même temps une volonté de s’inspirer de ses modes de production. »

   


Confidentialité et angle mort japonais
Cette production aussi politique qu’hétéroclite reste encore confidentielle. Ainsi, des jeux sud-africains, le public international connaît surtout Genital Jousting, jeu d’arcade bariolé, ou Broforce, jeu d’action ultra occidentalisé. Qui sait que, depuis 2015, le modeste Nguni Warriors, sur smartphone, rend hommage à l’iconographie de la principale famille ethnique du pays ?
Parfois, certains jeux postcoloniaux percent médiatiquement, mais sans que leur dimension identitaire soit entendue, à l’image de Dandara, le jeu noir-brésilien. « C’est un cas d’école, soulève Mehdi Derfoufi. Quand on regarde la réception de la presse occidentale, la figure de l’héroïne noire est citée mais vite évacuée, on parle prioritairement de gameplay [de mécaniques de jeu] ». 

   


La démarche politique n’est par ailleurs pas toujours présente. Ainsi du jeu d’horreur taïwanais Detention, qui revisite le passé de la République démocratique de Chine dans les années 1960, en pleine dictature militaire. « Nous n’étions pas au courant de l’approche “postcolonialiste”. Nous nous disions juste qu’il serait plus simple pour nous d’employer des ingrédients avec lesquels nous sommes familiers et qui résonnent en nous », minimise ainsi Tiff Liu, la porte-parole du studio Red Candle Games, estimant qu’il s’agit d’un réflexe « naturel » pour des créateurs.
Historiquement centré autour des colonies britanniques et françaises, le mouvement postcolonialiste peine enfin à intégrer à sa réflexion le Japon – rare pays asiatique qui fut à la fois soumis par les puissances occidentales au XIXe, puis puissance colonisatrice en Corée, en Mandchourie ou encore à Taïwan jusqu’en 1945. Un angle mort dans les études postcoloniales d’autant plus dommageable que la production nippone est, de loin, celle qui a le plus influencé l’histoire du jeu vidéo.




                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
                        advertLongform.moveAdvert('.js-parallaxe_slot', '#articleBody');
                     });


                      






<article-nb="2018/04/05/19-16">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Cécile Duflot a annoncé jeudi qu’elle arrêtait la politique. Depuis 2017, les figures de la politique sont de plus en plus nombreuses à quitter la vie publique pour le privé.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Une vague de reconversions chez les responsables politiques

Cécile Duflot a annoncé jeudi qu’elle arrêtait la politique. Depuis 2017, les figures de la politique sont de plus en plus nombreuses à quitter la vie publique pour le privé.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h26
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 16h58
    |

                            Pablo Guimbretière








                        


Chassées par la vague macroniste des élections de 2017, condamnées à l’exil par leur propre parti ou simplement lassées, de nombreuses figures de la vie politique française ont fait le choix de disparaître des radars. Elles incarnent les dommages collatéraux d’une année qui a bouleversé le paysage politique.
En annonçant, jeudi 5 avril, qu’elle mettait fin à presque vingt ans d’engagement politique, Cécile Duflot emboîte ainsi le pas à des personnalités de tous bords.

        Lire l’entretien (édition abonnés) :
         

          Cécile Duflot : « Je quitte la politique avec beaucoup de sérénité »



Sa future fonction au sein d’Oxfam, une ONG spécialisée dans l’humanitaire, détonne cependant avec le choix de ses anciens collègues, qui se sont essentiellement tournés vers le secteur privé et les médias.
Quelles ont été les dernières « retraites » politiques et pour quoi faire ?
Dernière retraite en date, celle de Nathalie Kosciusko-Morizet, qui a annoncé en février son recrutement par le géant des services informatiques Capgemini. L’ex-secrétaire d’Etat chargée du développement numérique (poste qu’elle a occupé de 2009 à 2010) s’est spécialisée dans la cybersécurité des entreprises.
Une décision commune à d’autres ténors de la droite : Luc Chatel, ministre de l’éducation sous Nicolas Sarkozy, affirmait en novembre au journal Le Point avoir rejoint « un fonds d’investissement qui aide les PME à se développer » ; Henri Guaino, lui, a tenu durant quelques mois une chronique sur Sud Radio ; François Fillon est devenu l’un des 30 associés de Tikehau Capital… la liste est longue.
A gauche, l’ancienne ministre de l’éducation nationale Najat Vallaud-Belkacem assure conjointement la direction d’une collection chez Fayard et un poste de directrice générale déléguée chez l’institut de sondage Ipsos.
Christophe Sirugue, ancien secrétaire d’Etat à l’industrie, est quant à lui entré dans le cabinet de conseil en communication Tilder comme directeur associé ; Axelle Lemaire (ex-secrétaire d’Etat au numérique) a rejoint le cabinet de conseil Roland Berger ; Fleur Pellerin (ex-ministre de la culture) a créé un fonds d’investissement, Korelya Capital…
Ces reconversions traduisent -elles une tendance de fond ?
La tendance de fond est réelle et elle a débuté il y a quelques années pour accélérer en 2017. « Avant il y avait des carrières politiques qui se construisaient sur le long terme, à partir du local pour se diriger vers le national, ou du national vers le local. C’est ce type de carrière qui est en train de disparaître, parce que tous les présidents de la République jusqu’à Emmanuel Macron, sauf le général de Gaulle, étaient des hommes qui avaient connu des grandes carrières », explique Pascal Perrineau, spécialiste de sociologie électorale. « A l’avenir, on fera peut-être de la politique par parenthèse, de manière plus temporaire : on est dans le privé, on fait de la politique, on revient dans le privé. »
A l’inverse, bon nombre de profils entrés tôt en politique veulent s’extraire de leur costume d’apparatchik. « Au bout d’un moment ils ressentent le besoin d’acquérir des bases solides. C’est un peu ce que fait Marion Maréchal-Le Pen aujourd’hui », indique le politologue.
Et le mouvement n’est pas près de s’arrêter. Le gouvernement a annoncé hier les principaux éléments de sa réforme institutionnelle, qui comprend une limitation des mandats dans le temps. De quoi contraindre bon nombre de parlementaires à imiter leurs prédécesseurs.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-17">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ L’expérimentation commence vendredi 6 avril sur Paris-Lille, puis sera étendue à Paris-Rennes et Paris-Rouen. L’idée pourrait « s’inscrire dans la durée ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

Grèves : submergé par la demande, Blablacar va proposer des trajets en autocar

L’expérimentation commence vendredi 6 avril sur Paris-Lille, puis sera étendue à Paris-Rennes et Paris-Rouen. L’idée pourrait « s’inscrire dans la durée ».



Le Monde
 |    05.04.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 17h33
    |

                            Éric Béziat








                        



   


Chez Blablacar, en ce moment, on a du mal à dissimuler une certaine tendresse pour les cheminots, surtout ceux qui font grève. Il faut dire que les premiers chiffres rendus publics par l’entreprise de mobilité montrent que la grève SNCF qui a débuté à l’issue du week-end de Pâques va se révéler une très bonne affaire pour le numéro un mondial du covoiturage longue distance.
Ainsi, mardi 3 avril, le site a enregistré un pic d’offre de sièges multiplié par trois par rapport à un mardi normal. Au total, 184 000 places ont été proposées au cours de la journée, soit l’équivalent de 368 rames de TGV à deux étages – un record.

        Lire aussi :
         

                Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF



Quant à la demande, elle a été multipliée par six. L’entreprise ne précise pas combien de voyages ont été réellement effectués par l’intermédiaire de la plate-forme le 3 avril, mais, à en croire Nicolas Brusson, cofondateur et directeur général de la société, « une majorité des trajets proposés par les conducteurs ont trouvé preneur ». Cela représente 90 000 voyages au bas mot.
Sur certaines lignes, c’était même la saturation. « Ces deux derniers jours, une place sur Paris-Lille partait dans l’heure, souligne M. Brusson. Nos taux de remplissage pour cette liaison avoisinaient les 100 % les 3 et 4 avril. » Si bien que Blablacar a décidé, à l’occasion de la grève, de diversifier son offre en proposant des trajets en… autocar sur ces destinations très prisées.
L’expérimentation commence à partir du vendredi 6 avril sur Paris-Lille, dans les deux sens. Elle sera rapidement étendue à Paris-Rennes (lundi 9 avril) et Paris-Rouen (vendredi 13 avril). Les « Blabla-autocars » se contenteront de circuler pendant les pics de demande, c’est-à-dire pendant les jours de grève du calendrier syndical, ainsi que les vendredis et les dimanches.
5 millions de sièges en avril
Les places en car, qui, à Paris, partiront de la porte Dauphine et de la station Asnières-Gennevilliers, seront proposées sur le site Internet et l’application, au même titre que les autres propositions de voyages en auto. Quant aux cars, ils sont fournis et opérés par des petites et moyennes entreprises partenaires du projet. Il n’est pas question, pour l’heure, de repeindre les véhicules aux couleurs de Blablacar.
Cependant, cette discrétion ne durera peut-être pas. Si cette innovation est présentée comme une expérimentation destinée à s’adapter à la situation particulière du conflit social, Nicolas Brusson n’exclut pas que « l’idée s’inscrive dans la durée ». « Nous ferons le bilan une fois les grèves passées », poursuit-il.

        Lire aussi :
         

                Blablacar tente de se relancer grâce à un nouvel algorithme



En attendant, le site travaille d’arrache-pied pour s’efforcer de répondre aux promesses du début de la grève. « Nous serons en mesure de proposer 5 millions de sièges en avril et chacun des mois suivants si la grève dure », se réjouit M. Brusson. La direction assure que ni dans les voitures ni dans les futurs autocars, les prix n’augmenteront pour cause de surdemande.
La grève est aussi l’occasion de développer l’offre de covoiturage domicile-travail (jusqu’à 80 kilomètres), que l’entreprise a lancée au mois de mai 2017, sous le nom de Blablalines. Celle-ci revendique 10 000 nouveaux inscrits à son offre sur moyenne distance pendant les deux premiers jours de la grève et dix fois plus de trajets effectués en covoiturage de proximité mardi 3 avril qu’un jour normal.
« La grève pourrait faire évoluer les comportements et, à terme, décongestionner nos pôles urbains », observe Frédéric Mazzella, président et cofondateur de Blablacar. « Des dizaines de personnes vont avoir l’occasion de découvrir Blablalines, ajoute M. Brusson. Et un grand nombre d’entre elles y restera. Cela me rappelle la grande grève SNCF de 2007. Nous en étions vraiment à nos débuts et, après le premier reportage télé sur notre start-up, les serveurs ont planté. Mais nous avons fidélisé des milliers de voyageurs. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-18">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Cinq hommes seront jugés, jusqu’au 11 avril, pour association de malfaiteurs terroriste. Quinze ne sont jamais rentrés de Syrie et font toujours l’objet de mandats d’arrêt.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Ouverture du procès de la filière djihadiste de Lunel

Cinq hommes seront jugés, jusqu’au 11 avril, pour association de malfaiteurs terroriste. Quinze ne sont jamais rentrés de Syrie et font toujours l’objet de mandats d’arrêt.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 09h20
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 10h17
   





                        



   


La filière djihadiste de Lunel, qui avait vu une vingtaine de ses jeunes partir pour le djihad en Syrie, est au centre du procès de cinq hommes qui s’ouvre, jeudi 5 avril, devant la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
Cette vague de départs, échelonnés entre 2013 et 2014, fut l’une des plus importantes de France, à l’échelle de cette commune de 26 000 habitants. Elle a fait de Lunel, localité de petite Camargue située entre Nîmes et Montpellier, un symbole de l’ampleur du phénomène djihadiste jusque dans de petites villes françaises.
Les « enfants perdus » de Lunel, partis en Syrie en famille ou entre amis, avaient d’abord rejoint le Jaysh Mohamed (l’armée de Mahomet), un groupe armé proche du Front Al-Nosra, alors allié à Al-Qaida. Puis l’organisation Etat islamique (EI).

        Lire aussi :
         

                Les enfants perdus de Lunel



La plupart de ces jeunes nourris de propagande étaient amis de longue date, fréquentaient ensemble la mosquée de la ville, des réunions sur la religion ou le snack « Le Bahut » tenu par Abdelkarim, le premier à avoir pris la route du djihad.
Quinze ne sont jamais rentrés et font toujours l’objet de mandats d’arrêt. Ils sont présumés morts en Syrie pour au moins huit d’entre eux, toujours en vie là-bas pour les autres. Ils font l’objet d’une enquête pour des faits passibles de la cour d’assises, selon une source judiciaire.

        Lire aussi :
         

                Lunel, le « Molenbeek français »



Cinq interpellations en janvier 2015
Les cinq hommes, âgés de 29 à 47 ans, avaient été interpellés fin janvier 2015. Deux d’entre eux sont accusés d’être partis en Syrie : Adil Barki et Ali Abdoumi. Barki, 39 ans, n’a passé que quelques semaines au Jaysh Mohamed, où il aurait été cantonné aux tâches ménagères en raison de violentes crises de panique. Abdoumi, qui à 47 ans fait figure d’ancien et se dit non musulman, a nié pendant l’enquête être parti pour la Syrie.
Les trois autres prévenus, Hamza Mosli, lui aussi détenu, et Jawad S. et Saad B. (sous contrôle judiciaire), n’ont pas quitté Lunel. Mosli, dont deux frères ont été tués en Syrie, est considéré par l’accusation comme « un personnage central » dans le groupe, soupçonné d’avoir joué un rôle de relais avec la Syrie. Devant les enquêteurs, il a contesté toute activité de recruteur. Jawad S. est accusé d’avoir incité au djihad en animant des « assises religieuses » en ville.
Quant à Saad B., dont le frère Abdelkarim a lui aussi été tué, il est soupçonné d’avoir convoyé sa belle-sœur à l’aéroport et de lui avoir transmis 190 euros ; il sera aussi jugé pour financement du terrorisme, comme Mosli.
Le groupe de Lunel « a créé les conditions d’une émulation djihadiste collective », selon les juges qui ont instruit l’affaire. L’enquête est centrée sur l’un des principaux recruteurs français, Mourad Fares, dont le lien avec Lunel est toutefois ténu – par le biais de contacts d’un de ses proches avec Hamza Mosli. Il est mis en examen et écroué dans cette procédure.

        Lire aussi :
         

                Filières djihadistes : des arrestations sur fond de hausse des départs 






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-19">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Le premier ministre doit présenter vendredi la stratégie autisme du gouvernement portant sur la période 2018-2022.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Le 4e plan autisme va être doté d’au moins 340 millions d’euros sur cinq ans

Le premier ministre doit présenter vendredi la stratégie autisme du gouvernement portant sur la période 2018-2022.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 15h17
   





                        


A la veille de la présentation du plan autisme par le premier ministre, l’Elysée a annoncé jeudi 5 avril que le gouvernement allait consacrer au moins 340 millions d’euros sur cinq ans pour améliorer la recherche, le dépistage et la prise en charge de l’autisme. En marge d’une visite dans un service hospitalier spécialisé à Rouen, le président de la République a notamment expliqué devant des journalistes que serait mis en place un « forfait de remboursement pour les parents à partir du 1er janvier 2019 » pour les dépistages.
Emmanuel Macron s’exprimait à l’issue d’une visite de l’unité d’intervention développementale précoce (Unidep) du CHU de Rouen où il a été accueilli par 150 et 200 manifestants de la CGT, de SUD et de la CFDT, essentiellement des personnels soignants mais aussi des salariés de Carrefour. Dans le CHU, il a également été pris à partie par des infirmières avec lesquelles il a eu un échange tendu sur la situation à l’hôpital.
« Renforcer la recherche, prévention, diagnostic et inclusion, voici le cœur de ce que nous voulons faire » pour l’autisme, a déclaré le chef de l’Etat, qui s’est à peine exprimé sur la grève des cheminots, évoquant seulement des « protestations totalement légitimes » mais qui ne doivent « pas empêcher le gouvernement de gouverner ».
« Il faut avoir un diagnostic le plus tôt possible. Nous allons généraliser la formation de tous les professionnels, pédiatres, médecins, pour avoir, au 9e mois ou au 24e mois, aux consultations prévues, le réflexe de vérifier le minimum et alerter sur un trouble psycho-autistique. »

        Lire aussi :
         

                Le plan autisme du gouvernement mettra l’accent sur le diagnostic



« Une scolarité normale »
Il a aussi expliqué que le but de la stratégie du gouvernement était de « permettre aux enfants d’avoir une scolarité normale, pour que cette génération puisse rentrer en maternelle en 2021, soit dans une unité spécialisée, soit à l’école avec des auxiliaires de vie scolaire ».
« Vous allez économiser énormément d’argent si vous arrivez à inscrire très tôt un jeune enfant de 2 ans dans un programme qui permettra ensuite de le scolariser normalement. Aller en IME [institut médico-éducatif] coûte beaucoup plus cher. Cette stratégie d’inclusion consiste à mettre de plus en plus d’enfants dans des écoles normales et les pathologies lourdes dans les IME. »
Il compte aussi aider les parents à garder ou retrouver une activité professionnelle et installer des « centres de répit », comme à Rouen, pour qu’ils aient du temps en semaine pour eux ou pour leurs autres enfants.

        Lire aussi :
         

                De nouvelles recommandations pour dépister l’autisme chez l’enfant



Le premier ministre doit présenter vendredi cette stratégie autisme portant sur la période 2018-2022, qui a été élaborée à l’issue d’une concertation avec les associations et autre acteurs du secteur, lancée en juillet 2017 par Emmanuel Macron. Elle succède au troisième plan autisme (2013-2017), qui, lui, était doté de 205 millions d’euros.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-20">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ L’incendie d’une école maternelle, dans la nuit du 1er avril, est survenu après une série d’échauffourées dans la ville des Yvelines. Les habitants sont à bout.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Chanteloup, « ça nous a explosé à la gueule »

L’incendie d’une école maternelle, dans la nuit du 1er avril, est survenu après une série d’échauffourées dans la ville des Yvelines. Les habitants sont à bout.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 07h24
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 12h58
    |

            Louise Couvelaire








                        



                                


                            

Un acte criminel « honteux », « inacceptable », « inqualifiable ». Trois jours après l’incendie volontaire qui a partiellement dévasté, dans la nuit du 1er avril, l’école Roland-Dorgelès, située au cœur de la cité de la Noé, à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), les habitants sont encore sous le choc. « Les jeunes du quartier, ils s’embêtent, ils traînent, leurs relations avec la police sont mauvaises, ça se passe souvent mal… Mais brûler une école pour les petits, c’est inexcusable », se désole un résident. « Mettre le feu à une maternelle : pourquoi ? », s’interroge, consternée, une mère de famille qui se tient devant les portes closes de l’établissement scolaire.
Le geste est d’autant plus « incompréhensible » qu’il enfreint l’une des règles les plus strictes de la cité : l’interdiction de créer du grabuge à proximité immédiate d’un point de vente de stupéfiants. Tout contrevenant s’expose à des représailles de la part des dealers. Or, c’est à quelques mètres seulement de l’école, que le trafic s’est installé voilà quelques années, après les travaux de rénovation urbaine dont a bénéficié la quasi-totalité du quartier.
Seul un petit périmètre, dont fait partie l’école Roland-Dorgelès, attend toujours son lifting : inscrit au programme du second plan de rénovation, il est prévu d’en faire une cité scolaire. « D’ici là, ce coin, c’est le triangle des Bermudes, lance Catherine Arenou, maire (LR) de la ville. Il concentre tous les dysfonctionnements : zéro mixité, beaucoup de pauvreté et de trafics. »
Aucune piste
La configuration des lieux permet aux trafiquants – de cannabis principalement, mais aussi d’héroïne et de cocaïne – de repérer facilement l’arrivée des forces de l’ordre. « Personne ici ne prend le risque de faire quoi que ce soit qui puisse attirer la police et perturber le...




                        

                        


<article-nb="2018/04/05/19-21">
<filnamedate="20180405"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180405"><AAMMJJHH="2018040519">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Après quarante ans à écumer les prisons pour interroger et filmer plus de soixante-dix tueurs en série, il est devenu en France l’un des meilleurs spécialistes. Dans son nouveau livre, il révèle le journal intime de Mark Twitchell, sorte de « Dexter » canadien.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Stéphane Bourgoin : « Le premier crime d’un serial killer reste toujours un mystère »

Après quarante ans à écumer les prisons pour interroger et filmer plus de soixante-dix tueurs en série, il est devenu en France l’un des meilleurs spécialistes. Dans son nouveau livre, il révèle le journal intime de Mark Twitchell, sorte de « Dexter » canadien.



Le Monde
 |    05.04.2018 à 15h55
 • Mis à jour le
05.04.2018 à 16h21
    |

                            Martine Delahaye








                        



   


Il va de plateaux de télévision en colloques, de sessions de formation dispensées à l’Ecole nationale de la magistrature à des interventions auprès de psychiatres ou de commissaires de police, ce qui ne l’empêche pas de continuer à interroger des criminels récidivistes un peu partout dans le monde. Dès qu’il s’agit de crimes et de faits divers sanglants, Stéphane Bourgoin est appelé à témoigner de son savoir acquis auprès de plus de soixante-dix « serials killers » (surtout américains) qu’il a interrogés et filmés depuis presque quarante ans. Auteur d’une cinquantaine de livres et de documentaires sur le sujet, Stéphane Bourgoin vient de publier L’Homme qui rêvait d’être Dexter – Les Terrifiantes confessions du réalisateur d’un « Star Wars » devenu serial killer (Ring).
Contrairement à ce que montre la série Mindhunter, créée à partir des écrits de l’agent John Douglas, le terme de « serial killer » n’aurait pas été imaginé au sein du FBI vers la fin des années 1970 ?
Comme beaucoup, j’ai longtemps cru que le terme avait été inventé par un agent du FBI ; ils ont d’ailleurs été plusieurs à s’en disputer la paternité. En fait, on trouve cette référence, déjà, dans la bouche du directeur de la police criminelle à Berlin, Ernst Gennat, qui a travaillé dans les années 1930 sur le cas du « vampire de Düsseldorf », Peter Kürten.
Ernst Gennat emploie pour la première fois la dénomination de « serial murderer » en 1932, lors d’un entretien qu’il accorde à un journal, entretien publié par un psychiatre allemand, Karl Berg, lequel avait longuement interrogé Peter Kürten. Il faisait alors référence à ce que l’on appelle aujourd’hui un « tueur en série ». Cela dit, ce sont les agents du FBI qui ont inscrit ce terme dans le marbre dans les années 1980. Alors qu’auparavant, on qualifiait ce type de personnage de « mass murderer » ou de « tueur fou ».
La définition de « tueur en série » communément admise vaut pour quelqu’un qui a commis au moins trois meurtres, espacés dans le temps. Vous y ajoutez « un mobile d’ordre psychologique ». Pourquoi ?
Cela permet de différencier ce type de criminels de tueurs professionnels comme les tueurs à gage, par exemple. Les tueurs en série sont presque tous des psychopathes, des gens qui ont des troubles du comportement (perversion, sadisme, nécrophilie, etc.), mais qui ne souffrent pas de maladie mentale. Toute société compte en son sein 2 % à 3 % de personnes qui ont des troubles de psychopathie : ils sont menteurs, manipulateurs, ne s’intéressent qu’à eux. Ils ont tout à fait conscience de leurs actes mais s’en moquent totalement. Pour eux, les victimes sont des objets destinés à assouvir leurs pulsions. 

Selon vous, ils font même « le choix » de devenir tueurs en série…
Oui, parce qu’on ne naît pas tueur en série. On le devient. Ces criminels franchissent en effet un certain nombre de paliers. Lorsqu’on examine le parcours des tueurs en série (Emile Louis, Guy George, Patrice Allègre, Jacques Rançon, etc.), ils ont tous un parcours dans la délinquance dite ordinaire avant de passer aux crimes les plus graves. Ils continuent d’ailleurs à commettre des actes de délinquance tout en étant des tueurs en série.
Avant de commettre sa première agression sexuelle, vers quinze ans, Jacques Rançon, dit le « tueur de la gare de Perpignan », dont le procès vient de se terminer, a déjà volé quarante-huit véhicules. Même chose pour Patrice Alègre : il est dans le trafic de stupéfiant, des cambriolages, des vols à caractère fétichiste, devient le bras armé d’un proxénète à Toulouse, videur de boîte de nuit et dealer, avant de devenir tueur en série.
Ils auraient pu ne pas devenir tueur en série…
Tout à fait ! C’est une volonté délibérée chez eux. Ils sont souvent mus par un fantasme, qui peut être une haine vis-à-vis des femmes, de leur mère, de la société, etc. Il est vrai que leur premier crime reste toujours un mystère. Ils se trouvent confrontés, cette fois-là, à une situation où ils sont en capacité d’incarner leurs fantasmes dans la vie réelle. Puis ils se rendent compte que ça leur plaît, d’où leur envie de réitérer leurs actes.
Donald Harvey, « l’infirmier de la mort » américain qui a assassiné 87 personnes m’a dit, textuellement : « Lorsque je tue, pour la première fois de mon existence je ne suis plus une victime. C’est moi qui décide de la mort de telle ou telle personne, je deviens en quelque sorte l’égal de Dieu. »
Vos entretiens avec des « serial killers » vous ont-ils montré, comme l’indique l’expert psychiatre Daniel Zagury, que ces criminels ont subi des carences ou des déficiences graves dans leur toute petite enfance ?
Oui, je suis totalement en accord avec Daniel Zagury. On découvre presque toujours des familles dysfonctionnelles, des problèmes d’alcool et/ou de drogue au sein de la cellule familiale, d’abandon parental, une absence récurrente de la figure paternelle, des abus physiques, psychologiques ou sexuels. Mais comme Daniel Zagury, j’insiste aussi sur le fait que des milliers d’enfants maltraités ou abusés ne choisissent pas de devenir des délinquants, et encore moins des tueurs en série.

Les estimez-vous plus intelligents que la moyenne ?
Il s’agit d’une image véhiculée par la fiction, le plus souvent : quelqu’un d’omniscient, de manipulateur, qui calcule les choses à l’avance tel un joueur d’échec. C’est vrai d’un Ed Kemper, comme on le voit dans la série Mindhunter (on lui a trouvé un quotient intellectuel supérieur à celui d’Einstein), ou d’un Mark Twitchell, comme on s’en aperçoit au travers de son journal personnel, que je publie dans mon livre L’Homme qui rêvait d’être Dexter, mais j’en ai rencontré beaucoup de frustes.
S’ils peuvent parfois donner l’impression d’être plus intelligents que la moyenne, c’est qu’ils ont eu affaire à la police et la justice quasiment depuis leur adolescence, qu’ils savent donc comment les enquêtes sont menées, et savent user de ruse et d’intelligence vouée au mal en raison de cette longue expérience dans la délinquance. En anglais, sans qu’on ait un équivalent en français, on les qualifie à raison de « street wise », de « street smart ».
Peuvent-ils toujours expliquer ce qu’ils ont fait, ou est-ce souvent un point aveugle dont ils ne peuvent rien dire ?
Mon but, en restant de longues heures avec eux, c’est d’arriver, petit à petit, à ouvrir la porte de communication, de façon que je devienne leur confident, voire une forme d’« ami ». Or la plupart du temps, ils ont un souvenir très précis des actes qu’ils ont commis, et même de l’état dans lequel ils se sentaient.
Seuls deux ou trois, sur les soixante-dix-sept que j’ai rencontrés, n’ont rien pu me dire. En général, ils sont tout à fait capables d’une forme d’auto-analyse. Quelquefois ils l’expriment de manière très crue, parfois de façon très sophistiquée comme un Ed Kemper. Cela dit, il faut toujours se rappeler que l’on a affaire à des psychopathes, menteurs invétérés et manipulateurs.
Ed Kemper a pu passer plus de dix heures à m’évoquer un seul de ses crimes. Et cela vingt ans après les faits… J’ai mené plus de 300 heures d’entretien avec lui – vous en trouverez des extraits sur Youtube. Il est un peu un cas à part dans la profondeur de l’auto-analyse, même s’il me ment à de nombreuses reprises.
A l’opposé, certains peuvent se montrer incapables de s’exprimer par la parole. C’est le cas de Jacques Rançon, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, le 26 mars. Je ne l’ai pas rencontré, mais au vu des procès-verbaux de ses interrogatoires et des images de reconstitution de ses crimes, on s’aperçoit qu’il est très à l’aise, lors des reconstitutions : il décrit tous ses gestes dans les moindres détails (notamment comment il découpe ses victimes à la lueur du clair de lune), alors qu’il a paru tétanisé et quasi muet lorsqu’on le questionnait pendant les trois semaines de son procès à Perpignan.

        Lire aussi :
         

                Mark Twitchell, un serial killer à la « Dexter »



Etes-vous sollicité, comme conseiller, en France, pour des fictions traitant de tueurs en série ?
J’ai surtout initié, dès les années 1990, les premières émissions de télévision, documentaires ou reportages, sur les tueurs en série. De nombreux clins d’œil ont été faits à mon travail dans des fictions, ne serait-ce que dans la série La Mante de TF1, achetée par Netflix, mais sans que je participe au scénario.
Récemment, j’ai signé un contrat pour écrire, avec Jérôme Camut et Nathalie Hug, une série de fiction pour la télévision, sans doute anglo-saxonne, qui s’appellerait Serial Hunter. Si ce projet aboutit, il s’agira de la confrontation entre un enquêteur, un peu à l’image de ce que je fais, avec des tueurs en série qui aideront à l’enquête.
J’ai aussi rencontré la réalisatrice Josée Dayan qui aimerait tourner un téléfilm autour mon travail. Et d’ici à un an, je devrais de nouveau partir interroger d’autres tueurs en série à travers le monde, pour une nouvelle série documentaire.
J’ai aussi commencé à écrire un thriller, fiction, pour les éditions Grasset, et je prépare un livre sur les techniques de « profiling », d’analyse comportementale, pour lequel j’ai interrogé un grand nombre de spécialistes, policiers ou gendarmes, psy ou agents du FBI, depuis l’Amérique du sud jusqu’en Russie.



                            


                        

                        

