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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-1"> ¤ Le géant des réseaux sociaux et des médias prépare l’entrée en Bourse de sa section musicale en 2018.
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En Chine, Tencent domine le streaming musical

Le géant des réseaux sociaux et des médias prépare l’entrée en Bourse de sa section musicale en 2018.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h00
    |

            Simon Leplâtre (Shanghaï, correspondance)








                        



                                


                            

Tencent Music, le partenaire de Spotify, en Chine, depuis décembre 2017, devrait lui aussi entrer en Bourse en 2018. Les investisseurs se pressent pour prendre une part du gâteau en amont. D’après le Wall Street Journal, la branche musicale du géant chinois du Net, 5e entreprise mondiale en valeur, serait évaluée à 25 milliards de dollars, soit 20 milliards d’euros (deux fois sa valeur déclarée lors de l’accord avec Spotify, il y a quatre mois), à la suite de l’arrivée de nouveaux investisseurs en prévision d’une cotation.
Si le marché du streaming musical rassemble les mêmes acteurs que la plupart des secteurs de l’Internet, à savoir Tencent, Alibaba, Baidu, et NetEase, le premier s’est taillé la part du lion. Grâce à trois plates-formes différentes, Tencent Music contrôle environ 70 % du marché du streaming musical en Chine, selon la Fédération internationale de l’industrie phonographique. Son propre service, QQ Music, est une plate-forme classique permettant l’écoute de chansons et le visionnage de vidéos musicales.
Mais Tencent a assis sa domination en rachetant, en juillet 2016, China Music Corp, le leadeur du marché à l’époque grâce à deux plates-formes, KuGou et KuWo. KuGou (« chien cool »), qui reste la première plate-forme en termes de trafic, doit son succès à la Chine des petites villes et des campagnes, avec des chansons populaires qui font chanter dans les karaokés et danser sur les places publiques. KuWo (« moi cool ») connaît aussi un succès dans les karaokés, mais se démarque sur le streaming en direct de vidéos musicales. Grâce à son réseau social ultradominant, WeChat, qui a passé le cap du milliard d’utilisateurs le 5 mars, Tencent peut assurer du trafic vers ses différentes plates-formes.
Contrôle des droits

Autre atout de Tencent, le contrôle des droits de la plupart des titres occidentaux. Tencent a signé des accords avec plus de 200 labels chinois et étrangers ces dernières années, dont...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-2"> ¤ Facturé 1 300 euros, le Viewsonic PX727, le moins cher de tous, produit-il vraiment les images nettes, profondes et naturelles qui rendraient vraiment justice à la 4K ?
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On a testé… un projecteur 4K à prix mesuré pour cinéphiles

Facturé 1 300 euros, le Viewsonic PX727, le moins cher de tous, produit-il vraiment les images nettes, profondes et naturelles qui rendraient vraiment justice à la 4K ?





Le Monde
 |    03.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 11h40
    |

                            Nicolas Six





Cela fait maintenant six ans que les publicitaires nous vendent la résolution 4K UHD comme un saut qualitatif vers plus de finesse et de naturel. Mais les vidéos 4K ont beau être objectivement truffées de pixels – quatre fois plus que les vidéos classiques – la différence n’est perceptible que sur des téléviseurs énormes aux tarifs effrayants… ou sur d’immenses écrans de projection. Les vidéoprojecteurs 4K les moins chers coûtaient encore 5 000 euros en 2015, mais récemment, dix modèles sont passés sous la barre des 2 000 euros. Une aubaine pour les cinéphiles.
Nous avons choisi de tester le nouveau Viewsonic PX727-4k parce qu’à 1 300 euros, il s’agit du moins cher de tous.
Un réalisme troublant

   


Lorsqu’on est habitué aux images des vidéoprojecteurs, le Viewsonic frappe d’emblée par sa finesse. Les décors soignés du film Blade Runner 2049 sont restitués avec une précision étonnante. Branché à côté d’un projecteur Full HD de bonne qualité, les images du Viewsonic sont frappantes de profondeur. Les deux vidéoprojecteurs sont pourtant branchés sur le même lecteur.

   


Les images du Viewsonic paraissent plus naturelles. L’avalanche de pixels donne vie aux habits, les textiles et les cuirs deviennent palpables. Les visages paraissent plus marqués, la texture de la peau est reproduite de façon impitoyable, soulignant la moindre petite cerne, la moindre ridule autour des yeux. La finesse des images est telle que parfois, au détour d’une image, l’envers du décor apparaît crûment. Un panneau en bois peint cherchant à passer pour du métal fait illusion en Full HD, pas toujours en 4K.

   


Les matières sont-elles plus palpables qu’au cinéma ? Difficile de le vérifier, mais seuls 10 % des cinémas français sont dotés d’un projecteur 4K. Les autres se contentent d’un simple projecteur 2K dont la résolution avoisine celle des modèles grand public Full HD.
C’est avec brio que le vidéoprojecteur 4K de Viewsonic passe notre test visuel. Mais pour en tirer le meilleur, les cinéphiles devront être déterminés et persévérants.
Les vidéos 4K digne de ce nom sont rares
Nos tests ont été menés avec les meilleures images 4K possibles, celles d’un lecteur Blu-ray de nouvelle génération estampillé « 4K UHD », une platine disque de bonne qualité fabriquée par Panasonic et vendue 400 euros. Les platines Blu-ray 4K UHD premier prix démarrent à 180 euros. Le ticket d’entrée de projection 4K monte donc à 1 500 euros, câble HDMI 2.0 compris.

   


Encore faut-il dénicher quelques Blu-ray 4K UHD d’excellente qualité. Avouons-le, les films qui rendent justice à la 4K sont suffisamment rares pour refroidir l’enthousiasme des cinéphiles. Certains n’ont tout simplement pas vocation à être réalistes et naturels : leur réalisateur s’est bien gardé de soigner leur netteté. D’autres souffrent de leur budget trop modeste qui nuit à la qualité des images. Beaucoup sont tout simplement décevants : même tournés en 4K, ils sont ensuite convertis en résolution inférieure pour être embellis, et le cas échéant, enrichis d’effets spéciaux. Une fois reconvertis en 4K, leur finesse a beaucoup souffert.
Dénicher les meilleurs films 4K UHD est un véritable travail d’enquêteur qui impose la visite de sites spécialisés comme hdnumerique.com ou ultrahd.highdefdigest.com. Il existe heureusement quelques titres hautement recommandables comme Blade Runner 2049 ou The Revenant. Mais dans les prochaines années, les sorties de titres 4K recommandables devraient se banaliser.
On trouve également des films et séries 4K sur divers services de VOD : Orange, Apple, Google, Netflix notamment, à condition de disposer d’un lecteur 4K compatible, ce qui est rare. Notre lecteur Blu-ray Panasonic UB700 étant certifié Netflix, nous avons pu vérifier la qualité des images 4K du service de VOD américain. Elles sont clairement plus nettes.

   


Leur qualité n’équivaut cependant pas celle d’un Blu-ray 4K UHD. Pour passer à travers les tuyaux d’Internet, ces vidéos sont rapetissées, et cela nuit à leur qualité.
Vraie ou fausse 4K ?
Le projecteur PX727 mérite-t-il l’étiquette 4K ? Celui-ci triche notoirement pour fabriquer ses images en 4K. Comme tous les projecteurs à moins de 4 000 euros, il emploie une mystérieuse technique de « wobulation » pour inventer des pixels qui n’existent pas.
Dans ses entrailles se cache en effet une puce de projection « DLP » ressemblant énormément à un banal modèle Full HD. Cette puce n’est équipée que de deux millions de miroirs, dont le rôle est de masquer la lumière, ou de la réfléchir, en changeant de position plusieurs dizaines de fois par seconde.
Les micro-miroirs du PX727 ont cependant une faculté étonnante. Lorsqu’ils laissent passer la lumière, ils sont capables de modifier leur orientation très légèrement, et à très haute vitesse, pour afficher sur l’écran quatre images distinctes, très légèrement décalées d’une fraction de millimètre. C’est là le secret de la mystérieuse « wobulation ». Grâce à ce tour de passe-passe, ces projecteurs sont capables d’afficher 8 millions de pixels, exactement comme un modèle doté d’une vraie puce 4K. Le compte y est, mais la séparation entre ces pixels n’est pas parfaitement claire. Les projecteurs dotés de huit millions de micro-miroirs font mieux mais coûtent quatre fois plus cher.
Quelle taille d’image viser ?
A partir de quelle largeur la 4K révèle-t-elle son plein potentiel ? Tout dépend de la distance à laquelle on s’assoit. Installé à trois mètres de l’écran, l’image doit mesurer deux mètres de large au minimum pour que la 4K fasse une vraie différence. C’est justement la taille d’image qu’on obtient lorsqu’on place le projecteur au plafond, juste au-dessus du canapé placé à cette distance.
L’installation est beaucoup plus compliquée lorsqu’on souhaite projeter une image de trois mètres de large. Il faut placer le projecteur deux mètres derrière le canapé. Quand le canapé est collé au mur, ça n’est pas possible, et c’est particulièrement dommage, car c’est cette largeur d’image qui révèle le plein potentiel de la 4K.
Plusieurs projecteurs 4K à moins de 2 000 euros offrent une image un peu plus large que le Viewsonic. Mais aucun ne produit une image de trois mètres de large quand on le place à trois mètres du mur. Il faudra attendre l’émergence de projecteurs 4K courte distance, ou « short throw », pour diffuser des images immenses dans les pièces où le canapé est collé au mur. A noter, le calculateur sophistiqué du site Projectorcentral permet de prévoir le positionnement du projecteur sans se tromper, pour des centaines de références de projecteurs.



En conclusion
Avec sa remarquable qualité d’image et son tarif mesuré, ce projecteur Viewsonic fera date dans l’histoire du cinéma à domicile. Son image relègue aux oubliettes celles des projecteurs Full HD, floues, plates, empêchant de rentrer complètement dans le film. Avec un projecteur 4K, on a enfin l’impression d’ouvrir une immense fenêtre sur une autre réalité, au beau milieu du salon.
Un vidéoprojecteur est hélas beaucoup moins pratique qu’une TV. La première installation est complexe : il faut fixer l’appareil au plafond en l’alignant parfaitement face au mur. A chaque lancement de film, il faut plonger la pièce dans le noir complet. La 4K ajoute une nouvelle contrariété : il faut dénicher les films et séries pas si courants qui font honneur à ses huit millions de pixels. Pour un cinéphile exigeant, ces contraintes s’effacent devant la récompense d’une image totalement immersive.
C’est plutôt pour vous si…
Vous rêvez de plonger au cœur des filmsVous avez de bons yeux ou de bonnes lunettesVous avez deux mètres de dégagement derrière votre canapé
Ce n’est plutôt pas pour vous si…
Vous fuyez les grosses productions aux images léchéesLe tournevis vous fait des cales aux mains et vos volets sont cassésVous ne voulez pas vous endetter pour un vidéoprojecteur

        Lire aussi :
         

                Comment choisir son vidéoprojecteur ?







                     require(["lmd/core/ux/longform"], function (advertLongform) {
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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-3"> ¤ En 2014, Serge Loubet crée Avis73, un site sur lequel il invite les consommateurs à donner une appréciation des enseignes qu’ils ont fréquentées. Plusieurs personnes postent des avis négatifs sur la société CarréSol qui vend du parquet. Elle assigne les auteurs des avis et l’hébergeur.
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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-4"> ¤ Face à la concurrence d’Amazon, les enseignes élargissent leur offre de services.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

La livraison en zone urbaine, nouveau terrain de jeu des distributeurs

Face à la concurrence d’Amazon, les enseignes élargissent leur offre de services.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
26.03.2018 à 19h25
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


Après la guerre des prix, la livraison à domicile alimentaire en zone urbaine est devenue le nouveau terrain de jeu des enseignes de la grande distribution alimentaire. Leclerc entre dans la danse à Paris, le 26 mars, après avoir effectué une phase de test pendant quinze jours auprès de ses salariés.
Son nouveau service à domicile, « Leclerc chez moi », sera d’abord lancé dans le nord de Paris, puis dans le sud de la capitale, à partir du 15 mai. Il promet des tarifs inférieurs de 15 % à 20 % à la concurrence, pour des courses alimentaires livrées en vingt-quatre heures, et compte générer le chiffre d’affaires d’un grand hypermarché dès la première année. 

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                Leclerc ouvrira en 2020 un supermarché en plein Paris



Les commandes seront livrées depuis un nouveau site logistique de 6 000 m2, situé à Pantin (Seine-Saint-Denis). Mais Leclerc a aussi l’ambition d’ouvrir des magasins dans la capitale. Après un premier point de vente ouvert en 2016 dans le 19e arrondissement, un deuxième sera inauguré en avril 2020 dans le centre commercial du quartier de la Gaîté-Montparnasse, à deux pas de la gare.
Montant des frais de livraison, critère le plus important
Après avoir adopté le système du drive, où les consommateurs viennent récupérer eux-mêmes les courses commandées par Internet, les enseignes cherchent à compléter l’éventail de leurs services, avant que le géant américain Amazon ne se développe massivement. Pour le moment, ce dernier propose, depuis juin 2016, un service de livraison express de courses alimentaires sur Paris, baptisé Prime Now, qui repose sur un entrepôt situé dans le nord de Paris.
« Leclerc chez moi », sera lancé dans le nord de Paris, puis dans le sud de la capitale, à partir du 15 mai. Il promet des tarifs inférieurs de 15 % à 20 % à la concurrence
Mais, en plus de construire une nouvelle offre, les distributeurs doivent rivaliser avec l’image d’Amazon. Dans une étude pour Generix parue mi-février, 52 % des Français interrogés par OpinionWay estiment que le champion de l’e-commerce tient mieux ses engagements que les distributeurs français dans la ponctualité des délais de livraison. Et 48 % d’entre eux jugent le montant des frais de livraison comme étant le critère le plus important. D’ailleurs, 64 % des Français ont déjà abandonné un achat sur Internet en raison du coût de la livraison, d’après un baromètre de GS1 France et Sprint project, paru mi-mars.

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                E-commerce alimentaire : les distributeurs s’engagent dans une course à l’innovation



Le créneau attire les enseignes
Habitués à la gratuité par le géant américain, les consommateurs veulent de moins en moins payer la livraison, ce qui rend le service difficile à rentabiliser pour les distributeurs traditionnels. Ils évoquent un coût compris entre 15 et 18 euros pour livrer dans Paris à partir d’un entrepôt situé en périphérie. L’un des prestataires d’Amazon facturerait ainsi 15 euros le service. Une course qu’Amazon fait payer 5,90 euros à ses clients abonnés à son programme de fidélisation Amazon Premium, s’ils veulent être livrés en une heure, et qui est gratuite pour une livraison en deux heures.
Pourtant, le créneau attire les enseignes. Franprix livre, depuis novembre 2017, à Paris et en région parisienne, en trente minutes, avec les coursiers de Stuart, les commandes faites à partir d’une application sur téléphone mobile, et prélevées dans les magasins. Le service, gratuit au-delà de 30 euros d’achats, est aujourd’hui rentable, assure-t-on chez Franprix, dont l’application a été téléchargée 600 000 fois.
Occuper le terrain de la communication
Carrefour a, de son côté, lancé, il y a un an et demi, Carrefour Express dans 15 villes de France, également avec Stuart. Monoprix (groupe Casino) s’est rapproché, en décembre 2017, de la start-up Epicery, qui livre dans l’heure des produits issus de commerces de bouche de proximité. D’ici dix-huit à vingt-quatre mois, le groupe livrera ses commandes à partir d’un nouvel entrepôt automatisé, avec la technologie du distributeur alimentaire sur Internet Ocado. En attendant ce nouveau site logistique, Monoprix serait, selon le magasine LSA, sur le point de s’allier avec Amazon pour utiliser son service Prime Now de livraison express.
Chez Casino, on relativise l’arrivée de Leclerc, estimant que si celui-ci parvenait à récupérer 10 % du marché parisien, cela ne toucherait pas plus que 1 % du chiffre d’affaires de Monoprix et de Franprix. S’ils se disent sereins, les distributeurs cherchent néanmoins à occuper le terrain de la communication, à l’image de Carrefour et sa vaste campagne de publicité rappelant sa présence auprès des habitants de la capitale.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-5"> ¤ Pour sauver son indépendance, Ubisoft a mis le doigt dans la gueule d’un dragon bien plus puissant que Vivendi, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.
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« Tencent, un ami chinois qui vous veut du bien »

Pour sauver son indépendance, Ubisoft a mis le doigt dans la gueule d’un dragon bien plus puissant que Vivendi, observe l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande.



Le Monde
 |    21.03.2018 à 12h24
 • Mis à jour le
21.03.2018 à 12h25
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Il est parfois plus confortable de mettre un peu de distance entre soi et ses amis. Surtout s’ils sont un peu trop envahissants. Il faut moins de deux heures en voiture pour parcourir les 170 kilomètres qui séparent Carentoir, le berceau de la famille Guillemot dans le Morbihan, à Ergué-Gabéric, le fief de Vincent Bolloré dans le Finistère. Trop près. Pour les frères fondateurs d’Ubisoft, les 9 935 kilomètres qui séparent leur demeure morbihannaise du siège de Tencent à Shenzhen, dans le sud de la Chine, sont une distance bien plus confortable. A Carentoir, on se félicite donc d’avoir troqué un rival breton contre un ami chinois. Le groupe Vivendi a en effet annoncé, ce mardi 20 mars, la vente de la totalité de sa participation à un groupe d’investisseurs, dont l’incontournable Tencent.

Avec juste 5 % du capital et des intentions pacifiques, ce dernier est, pour l’instant, le partenaire rêvé. Il va ouvrir au groupe français l’immense marché chinois et ses 800 millions d’internautes avides de nouveaux jeux. Mais les obstinés bretons savent que pour sauver leur indépendance, ils ont mis le petit doigt dans la gueule d’un dragon bien plus puissant que Vivendi. Sa capitalisation boursière dépasse désormais celle de Facebook, avec plus de 560 milliards de dollars (456 milliards d’euros).
Investisseur frénétique
Comme son homologue américain, propriétaire de WhatsApp, il a construit sa puissance sur un réseau social, une messagerie appelée WeChat. Cette dernière revendique aujourd’hui plus d’un milliard de comptes ouverts. Mais à la différence de la société de Mark Zuckerberg, il a déployé son activité, et donc ses sources de revenus, bien au-delà. Dans la musique, le cinéma, la vidéo, mais aussi dans le commerce, la finance, les transports et même l’informatique. On dit en Chine que Tencent est devenu un vrai service public… privé.
Il est aussi un investisseur frénétique, semant ses milliards dans le monde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-6"> ¤ Grâce à la nouvelle fonctionnalité Shopping, les aficionados du réseau social peuvent désormais, en un clic, acheter les produits qu’ils ont repérés.
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Instagram cède à la mode du e-commerce

Grâce à la nouvelle fonctionnalité Shopping, les aficionados du réseau social peuvent désormais, en un clic, acheter les produits qu’ils ont repérés.



Le Monde
 |    20.03.2018 à 07h15
    |

                            Juliette Garnier








                        



   


Instagram franchit le Rubicon. Le réseau de partage de photos né en 2010 et racheté par Facebook deux ans plus tard, lance en France, mardi 20 mars, Shopping, une nouvelle fonctionnalité destinée à la vente en ligne de produits de mode et de cosmétiques.
« Les Américains sont déjà familiers de cette fonction, qui leur permet d’acheter en un clic les produits qu’ils ont repérés sur le réseau social », explique Julie Pellet, responsable du développement de la marque Instagram en France et dans le sud de l’Europe.
La filiale du groupe Facebook avait déjà installé cette fonctionnalité outre-Atlantique en novembre. Elle participe d’une offensive lancée en 2016 pour mieux séduire les entreprises. A en croire les équipes d’Instagram, le bilan de ce test serait concluant. Les sociétés qui ont fait appel à cette fonction auraient largement renforcé l’audience de leur site de ventes en ligne et augmenté leurs ventes.
Le réseau que fréquentent 800 millions de personnes par mois ouvre désormais cette fonction à huit autres pays : le Canada, la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, le Brésil et l’Australie. Le reste du monde devrait en bénéficier au cours de l’année.
Toucher jeunes adultes et adolescents
Instagram aurait aussi comme projet de lancer une fonctionnalité analogue pour les entreprises de services. Les restaurants et bars pourraient ainsi offrir à leurs abonnés la possibilité de réserver une table. Le développement du bouton Shopping semble infini.
Les tour-opérateurs, compagnies aériennes et autres professionnels du tourisme pourraient aussi devenir accros, tant Instagram joue un rôle de premier plan pour inspirer les candidats aux voyages, que ce soit en matière de destinations, d’adresses et de modes de transport.

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                J’Instagram donc tu achètes



Désormais, 72 % des utilisateurs d’Instagram se décident à acheter un produit après l’avoir vu sur le réseau social, d’après une étude menée par L2 Inc, en octobre 2017. Et 80 % des membres de la communauté Instagram suivent au moins une marque.
Dès lors, toutes les marques cèdent à ce social marketing, notamment pour toucher les jeunes adultes et les adolescents qui délaissent les magazines féminins, boudent la télévision et bousculent l’économie des médias traditionnels.
Générer des revenus pour les marques
La nouvelle fonction Shopping pourrait inciter les adolescents à acheter un produit avec leur téléphone, sans attendre ni avoir à saisir l’URL de la boutique en ligne concernée – au grand désarroi de leurs parents.
Dans l’Hexagone, cinq entreprises – Sephora, Clarins, Birchbox, La Redoute et Le Slip français, ont d’ores et déjà entrepris d’installer la fonctionnalité Shopping sur leurs comptes. Pourquoi ? « Sur une story Instagram vue par 20 000 personnes, un lien direct pourrait nous apporter 400 à 500 clics sur notre boutique en ligne. Si vous ramenez ce chiffre à la fréquentation d’un point de vente physique, vous imaginez l’intérêt !», s’enthousiasme Guillaume Gibault, fondateur et président du Slip français. La marque de sous-vêtements est très présente sur les réseaux sociaux depuis ses débuts. Son compte est suivi par 93 000 personnes.
Instagram tente ainsi de tirer davantage de recettes de son audience record. « Avec 25 millions de comptes entreprises actifs, Instagram poursuit son ambition d’être une plate-forme qui génère des revenus pour les marques et qui leur permet de se développer », explique le réseau dans un communiqué.

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                Instagram franchit la barre des deux millions d’annonceurs par mois



Le lancement de cette nouvelle fonctionnalité s’accompagne de celui d’un service de publicité qui permet aux entreprises de vanter les mérites de leurs produits. En mars, Instagram a franchi la barre des deux millions d’annonceurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-7"> ¤ Le distributeur acquiert la start-up spécialisée dans la livraison de paniers-repas.
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« Foodtech » : Carrefour croque Quitoque

Le distributeur acquiert la start-up spécialisée dans la livraison de paniers-repas.



Le Monde
 |    15.03.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
15.03.2018 à 18h11
    |

            Cécile Prudhomme








                        


Après avoir développé des modèles de livraison express à domicile dans les grandes villes, la grande distribution s’intéresse à la « foodtech », cette filière de jeunes entreprises qui s’est développée sur le créneau de la livraison à domicile de repas ou de composants de repas, à destination d’une clientèle urbaine et active.
Le groupe Carrefour a annoncé, jeudi 15 mars, l’acquisition de la société Quitoque, une start-up fondée en 2014 à Paris, championne en France de la livraison de paniers-repas avec 3 millions de repas livrés en 2017. Lancée par Etienne Boix, Céline Nguyen et Grégoire Roty, trois trentenaires ambitieux, elle s’est positionnée sur la vague du manger sain et propose chaque semaine un panier contenant les ingrédients ainsi que les recettes pour réaliser jusqu’à 5 plats prêts en 30 minutes.
Le montant de cette opération n’a pas été dévoilé, ni les pourcentages de détention. Mais Carrefour acquiert plus de 70 % du capital, le reste étant entre les mains des fondateurs qui resteront aux commandes de la société. Elle compte 60 employés environ.
Pour Carrefour, l’opération est stratégique, car elle permet de renforcer son offre numérique, avec des synergies en matière d’approvisionnement ou de logistique, mais aussi d’acquérir une meilleure connaissance des habitudes des consommateurs et des fichiers clients plus précis. Le distributeur complète aussi son offre de services dans la livraison de courses à domicile, de la commande de paniers entiers de courses sur son site Internet Ooshoop.fr – prochainement rebaptisé Carrefour.fr –, à la livraison en une heure de produits alimentaires et non alimentaires de dépannage au travers de son service Carrefour Express, présent dans 15 villes de France, et pour lequel elle s’est associée avec la société de coursiers Stuart.
Une consolidation du secteur
Le secteur de la foodtech est en pleine ébullition. Selon les prévisions de Xerfi en novembre 2017, le chiffre d’affaires du marché français devrait quintupler pour passer de 200 millions d’euros en 2016 à 1 milliard en 2020. « Pour autant, les acteurs peinent à être rentables, affichant des pertes colossales pour certains d’entre eux, relève Xerfi. Et avec un taux de défaillance de 28 % des entreprises de foodtech entre 2016 et 2017, la viabilité des business models reste à démontrer. Take Eat Easy et Tok Tok Tok ont été contraints de mettre la clef sous la porte en 2016. Une situation qui permet d’anticiper la consolidation, inéluctable à terme, des sociétés de livraison de repas autour de 2 à 3 leadeurs maximum ».
Frichti, qui livre des plats préparés dans ses cuisines à domicile, était parvenu à lever 30 millions d’euros en mai 2017. Tandis que le groupe Sodexo s’est offert, au mois de janvier, une participation majoritaire dans FoodChéri, lancée en avril 2015 et spécialisée dans les livraisons de repas.

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                La livraison de repas suscite l’appétit des investisseurs



Pour les distributeurs, la préparation de repas constitue un prolongement naturel de l’activité. Aux Etats-Unis, le géant Walmart a annoncé début mars qu’il se lançait dans la commercialisation de ses propres kits repas, en ligne et dans 250 de ses magasins américains. Et en Chine, le géant du commerce en ligne Alibaba serait en discussion pour racheter la plate-forme de livraison de repas Ele.me, qui signifie « tu as faim ? » en mandarin.



                            


                        

                        


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Broadcom-Qualcomm : Washington et le péril jaune des télécoms

Le rachat par la dette de Qualcomm par Broadcom inquiète les autorités américaines, qui redoutent un affablissement de leur industrie électronique face à la menace chinoise.



Le Monde
 |    07.03.2018 à 11h20
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. En 1897, le sociologue Jacques Novicow analysait avec ironie l’une des grandes peurs de l’époque, Le Péril Jaune. « Les Chinois sont quatre cents millions, écrit-il. Théoriquement, ils peuvent mettre trente millions d’hommes sur pied de guerre. Un beau matin, ils devraient envahir l’Europe, massacrer ses habitants et mettre fin à la civilisation occidentale. » 
Aujourd’hui, c’est Washington qui porte l’étendard de la lutte contre l’invasion chinoise. Dernier épisode en date, l’intervention du Comité sur les investissements étrangers aux Etats-Unis (CFIUS), qui est s’est invité par surprise dans la plus importante fusion de l’histoire du high-tech mondial, celle entre Broadcom et Qualcomm, deux fabricants de puces électroniques pour les télécoms. L’administration américaine demande instamment à Qualcomm de reporter d’un mois son assemblée générale, qui doit se prononcer sur l’acquisition, afin d’examiner en détail cette opération qui, à ses yeux, menace la sécurité américaine.

Une agitation a priori étrange. Les deux entreprises sont californiennes depuis leur origine. Pas de quoi faire faire trembler le centre du monde du high-tech. Sauf qu’à l’occasion du rachat, en 2015, de Broadcom par son concurrent Avago, lui aussi natif de la Silicon Valley, le siège social de l’ensemble, piloté par l’homme d’affaires américain d’origine malaise, Hock Tan, a été transféré à Singapour. Le CFIUS s’estime donc légitime à se pencher sur le sujet.
L’épouvantail Huawei
L’examen de son argumentaire éclaire la peur du péril jaune qui s’est installée à Washington. Selon la lettre de l’autorité, dévoilée mardi 6 mars, l’acquisition de Qualcomm, au moyen d’une dette colossale de plus de 100 milliards de dollars (80,5 milliards d’euros), va exagérément fragiliser la cible. A tel point que, pour satisfaire les besoins financiers de son nouvel actionnaire, elle devra couper dans ses frais de recherche.

Ce...




                        

                        


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Avec Ring et ses sonnettes connectées, Amazon accélère dans la sécurité domestique

Le géant du commerce en ligne, qui vient de racheter la start-up américaine, cherche à développer les livraisons à l’intérieur des maisons.



Le Monde
 |    01.03.2018 à 11h27
 • Mis à jour le
01.03.2018 à 11h42
    |

                            Jérôme Marin (San Francisco, correspondance)








                        



   


Amazon passe à la vitesse supérieure sur le marché de la sécurité domestique. Mardi 27 février, le géant américain du commerce en ligne a officialisé le rachat de Ring, une start-up américaine fabriquant des sonnettes et des caméras de surveillance connectées. Une gamme de produits qu’il pourrait mettre à profit pour livrer les achats de ses clients à l’intérieur de leur domicile. Et ainsi éviter les vols, fréquents, de colis laissés sur le palier.
Le montant de cette opération n’a pas été précisé. Mais, selon le New York Times, Amazon versera 1,1 milliard de dollars (901 millions d’euros). Il s’agirait alors de la troisième plus importante acquisition de son histoire, derrière les 13,7 milliards dépensés en 2017 pour la chaîne de supermarchés Whole Foods et le chèque de 1,2 milliard signé en 2009 pour le site Internet de vente de chaussures Zappos.
Une forte croissance
Lancée en 2012 sous le nom de Doorbot, Ring est surtout connue pour ses sonnettes équipées d’une caméra. Grâce à une application mobile, les utilisateurs sont avertis lorsqu’une personne sonne à leur porte et ils peuvent discuter avec elle. La start-up a depuis diversifié son activité, commercialisant des caméras de sécurité, des capteurs de mouvement et des détecteurs de fumée. Elle propose aussi deux abonnements, de 30 et 100 dollars par an, pour pouvoir enregistrer les flux vidéo.
En 2016, Amazon avait investi dans Ring par l’intermédiaire de son fonds Alexa Fund, qui apporte des capitaux aux entreprises intégrant son assistant vocal Alexa dans leurs produits. Avec cette acquisition, l’e-marchand espère désormais devenir un acteur majeur du marché de la sécurité domestique. Il y a deux mois, il avait déjà mis la main sur Blink, une jeune pousse concurrente de Ring.
Le cabinet Research and Markets estime que ce marché va croître de 9 % en moyenne par an au niveau mondial jusqu’en 2020, pour atteindre 51,5 milliards de dollars (42,2 milliards d’euros). Mais cette croissance devrait être beaucoup plus élevée pour les systèmes à installer soi-même, associés à des applications mobiles, qui gagnent en popularité au détriment des alarmes traditionnelles, notamment en raison de leur prix plus abordable.
Un tiers des Américains déjà victimes de vols de colis
Sous l’égide d’Amazon, Ring bénéficiera des moyens financiers et de la plate-forme de distribution pour gagner des parts de marché. A Wall Street, l’action d’ADT, le leadeur du secteur aux Etats-Unis, a chuté de 13 % mardi et mercredi. Elle sera aussi davantage en mesure d’affronter de grands groupes télécoms, comme Comcast et AT&T, qui couplent des offres de sécurité à leurs abonnements Internet, ou Nest, la filiale de Google, qui s’est lancée fin 2017 sur ce segment.
En investissant dans les sonnettes et les caméras de sécurité, Amazon cherche aussi à imposer la livraison à l’intérieur du domicile. Aux Etats-Unis, les vols de colis sont nombreux. Selon une enquête commandée par Comcast, un tiers des Américains en ont déjà été victimes. Ce type de livraisons pourrait jouer un rôle important dans l’alimentaire, où le groupe affiche de grandes ambitions.
« A terme, on imagine que les clients d’Amazon commanderont à leur enceinte Echo leurs courses, qui seront traitées chez Whole Foods puis déballées au domicile par les livreurs grâce à Ring », prédit l’analyste Colin Sebastian.
« A long terme, on peut imaginer que les clients d’Amazon pourront parler à leur enceinte Echo pour commander leurs courses, qui seront traitées chez Whole Foods puis déballées au domicile par les livreurs grâce à Ring », prédit Colin Sebastian, analyste chez le courtier Baird. « La capacité de livrer ou d’installer sans la présence du client pourrait aussi permettre à Amazon de gagner des parts de marché dans l’ameublement ou l’électroménager », ajoute-t-il.
En octobre 2017, la société de Seattle a fait un premier pas dans cette direction, en présentant le système Key, composé d’une serrure connectée et d’une caméra de sécurité, qui permet à ses livreurs d’ouvrir la porte d’entrée pour déposer un paquet. Le client peut regarder l’opération en direct sur son smartphone. Ce dispositif n’est pour le moment disponible que dans 37 villes aux Etats-Unis.
« Un écosystème de produits dans la maison connectée »
Le rachat de Ring s’inscrit également dans une stratégie plus globale. « Par une série de petites acquisitions et d’initiatives internes, Amazon forme un écosystème de produits dans la maison connectée pour être le leadeur du marché et le leadeur dans l’esprit des consommateurs », souligne Daniel Ives, de GBH Insights. L’entreprise a déjà pris une longueur d’avance avec sa gamme d’enceintes connectées Echo, qui capte environ 70 % du marché aux Etats-Unis.
Si Ring va conserver son indépendance, ses futurs produits seront certainement bâtis autour de l’assistant vocal Alexa. Et les interactions avec les enceintes Echo seront renforcées. Pour Amazon, l’objectif n’est pas tant de générer des recettes par la vente de ces appareils que « d’ouvrir de nouveaux relais de croissance pour le commerce en ligne, la recherche et la publicité », souligne M. Ives.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-10"> ¤ A partir du 1er mars, la marque PriceMinister, créée en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet, et rachetée en 2011 par Rakuten, le géant japonais de l’e-commerce, va progressivement disparaître.
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Rakuten abandonne la marque PriceMinister

A partir du 1er mars, la marque PriceMinister, créée en 2000 par Pierre Kosciusko-Morizet, et rachetée en 2011 par Rakuten, le géant japonais de l’e-commerce, va progressivement disparaître.



Le Monde
 |    27.02.2018 à 17h50
 • Mis à jour le
27.02.2018 à 18h03
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


C’est un symbole du numérique français qui va disparaître. A partir du 1er mars, la marque PriceMinister va laisser la place à Rakuten. Le groupe japonais avait, en 2011, racheté pour 200 millions d’euros la plate-forme d’e-commerce créée par Pierre Kosciusko-Morizet en 2000. « C’est un énorme défi pour nous. Mais nous voulons créer un écosystème autour de Rakuten. Nous avons déjà les liseuses Rakuten Kobo, notre service de vidéo Rakuten TV et la messagerie Rakuten Viber. Nos 20 millions de membres PriceMinister pourront accéder à l’ensemble de nos services, qui seront intégrés », explique au Monde Hiroshi Mikitani, le fondateur du géant nippon de l’e-commerce. Pour mémoire, Rakuten avait racheté les liseuses canadiennes Kobo en 2012 pour 315 millions de dollars (257 millions d’euros), et la messagerie instantanée Viber pour 900 millions de dollars, en 2014.
Une grande campagne de communication accompagnera le passage de témoin entre PriceMinister et Rakuten. Il sera progressif, compte tenu de la notoriété de PriceMinister. Dans un premier temps, l’ancien nom de l’entreprise continuera à être présent en petit format au côté de Rakuten. Afin de ne pas perdre l’internaute, le nom de domaine sera conservé.
Dans le passé, Rakuten avait déjà songé à abandonner la marque française, mais n’avait pas osé franchir le pas. « J’avais peur, à l’époque. Cela nous a pris du temps de tout intégrer. Mais, cette fois, nous sommes prêts à y aller », justifie le patron.

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                PriceMinister : la greffe japonaise n’a pas pris



Concurrencé par Amazon et Leboncoin
En sept ans, PriceMinister, plate-forme intermédiaire entre les commerçants et les particuliers, affirme avoir multiplié par cinq le volume de transactions en France. Le site ne dévoile toutefois pas son chiffre d’affaires dans l’Hexagone. Tout juste sait-on qu’en 2009, la jeune pousse avait réalisé 40 millions de revenus et n’était pas rentable.
Pour l’avenir, Rakuten a encore du pain sur la planche face à Amazon ou au site Leboncoin, qui raflent une grosse part de l’e-commerce en France. « Ce que nous apportons, c’est le lien entre le vendeur et le consommateur. Sur Amazon Seller [le service d’Amazon destiné aux vendeurs], vous n’avez aucun contact, même pas un courriel. Là, nous créons ce lien, c’est ce qui nous permet d’avoir une grosse communauté de vendeurs », affirme Hiroshi Mikitani.
Du côté du consommateur, PriceMinister, également concurrencé par les grands noms de la distribution, comme Fnac-Darty, a lancé, en 2016, un programme de fidélité pour ses utilisateurs, qui compte 1 million de membres. En un an et demi, le site leur a reversé l’équivalent de 10 millions d’euros. « C’est cher, mais c’est un programme unique, qui n’existe pas sur Leboncoin ou sur Amazon », poursuit M. Mikitani, qui précise qu’un système de fidélisation équivalent, de grande ampleur, existe déjà au Japon.
L’Europe reste un territoire modeste
Pour l’avenir, Rakuten réfléchit aussi à ouvrir en France des entrepôts à destination de ses vendeurs. Il en possède déjà trois au Japon et prévoit de se doter de sept espaces de stockage supplémentaires. Rakuten se met ainsi dans les pas d’Amazon, qui met, depuis des années, sa logistique à la disposition des commerçants qui le souhaitent. En parallèle, le japonais songe aussi à décliner dans l’Hexagone ses services de paiements, très développés sur son marché domestique. « Nous avons une licence bancaire au Luxembourg. La prochaine étape est de proposer des services de paiement et de crédit », précise de son côté Olivier Mathiot, le PDG français de la filiale.
Reste que l’Europe reste un territoire modeste pour Rakuten, toujours très puissant au Japon. A son arrivée, Hiroshi Mikitani se montrait ambitieux et souhaitait se développer tous azimuts. Finalement, dans le commerce en ligne, il n’est présent qu’en France et en Allemagne. « Nous songeons à nous lancer en Espagne », assure le dirigeant. Rakuten sponsorise déjà le FC Barcelone, le club de foot de la ville, dont Hiroshi Mikitani affirme partager « la philosophie ».
En Europe, le patron du groupe japonais préfère mettre en avant la place de Rakuten TV « disponible dans douze pays », et de sa messagerie Viber, dont il affirme qu’elle connaît un beau succès en Europe de l’Est. Il souligne également les performances de ses liseuses. « Les Rakuten Kobo se vendent très bien en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne », dit-il. Encore peu connu, Rakuten est un groupe puissant du numérique. En 2017, il a généré un chiffre d’affaires de 944 milliards de yens (7,1 milliards d’euros), en hausse de 20,8 % sur un an, pour un bénéfice net de 830 millions d’euros. Malgré la concurrence d’Amazon, la société, qui a également investi dans Lyft, le concurrent d’Uber, prévoit encore une croissance à deux chiffres cette année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-11"> ¤ Conjuguer « e-sport » et « VR », le défi est de taille. La société française SmartVR tente pourtant de le relever avec son nouveau jeu.
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Réalité virtuelle : « After-H » tente de tracer sa voie dans l’e-sport

Conjuguer « e-sport » et « VR », le défi est de taille. La société française SmartVR tente pourtant de le relever avec son nouveau jeu.



Le Monde
 |    24.02.2018 à 11h00
    |

            Corentin Lamy








                        



   


L’e-sport est-il un avenir possible pour la VR ? Deux ans après la sortie des principaux casques de réalité virtuelle, le taux d’équipement des foyers reste désespérément bas, et l’avenir commercial immédiat de la technologie semble plutôt se trouver dans les domaines médicaux ou culturels, ou du côté des salles d’arcade spécialisées.
Pourtant, certains continuent à croire en un succès de masse des jeux vidéo en réalité virtuelle. Et commencent à placer leurs billes en prévision d’une future évolution des usages. Il y a du travail : encore aujourd’hui, la plupart des jeux pour les casques de VR sont de courtes expériences ludiques, destinées à amuser quelques minutes. SmartVR en sait quelque chose : jusqu’ici, la société française a travaillé sur des projets de commande pour des entreprises, ou sur des expériences aux ambitions raisonnables, à l’image de Top Floor, pastille vertigineuse dans laquelle il s’agit de marcher en fragile équilibre sur une poutre de métal.
Fusils futuristes en plastique
Avec After-H, disponible depuis le 8 février sur la boutique en ligne de SmartVR et dans certaines salles d’arcade, l’entreprise entend passer la seconde et proposer « un des premiers FPS [first-person shooter, jeu de tir à la première personne] en VR ». Un numéro d’équilibriste qui n’a rien à envier à celui du héros de Top Floor.
Aujourd’hui, la réalité virtuelle pratiquée comme un sport, c’est simple : cela n’existe pas. Pour voir à quoi cela pourrait ressembler, il fallait se rendre au Salon Virtuality, qui se tenait du 8 au 10 février à Paris. Là, dans les travées d’un Salon plus souvent réservées aux conversations feutrées entre professionnels, le stand de SmartVR détonnait.
Voir des joueurs coiffés de casques de réalité virtuelle, sanglés de PC dans le dos, ne surprenait ici personne. Il était en revanche plus inhabituel, même à Virtuality, d’en croiser quatre d’un coup, répartis sur une scène de 10 mètres carrés, tenant fermement des fusils futuristes en plastique. Au mur, des écrans retransmettaient ce que les joueurs voyaient dans leur casque. Sur le côté de la scène, deux « casters », des commentateurs, expliquaient, enthousiastes, les enjeux et l’avancée de la partie en cours.

Faire un jeu équilibré
Dans les faits, After-H est un jeu assez classique, sorte d’équivalent futuriste de Counter-Strike. Deux équipes de quatre joueurs s’opposent dans les ruines d’une base martienne. Quelques fonctionnalités viennent apporter une touche d’originalité, comme la présence d’un radar, la gestion des munitions, ou encore une aide à la visée, mais c’est bien l’immersion au sein de cette arène de réalité virtuelle qui différencie le jeu de ses concurrents.
Jean Mariotte, cofondateur de SmartVR, énonce les trois piliers qui, selon lui, permettent à un jeu de prétendre au statut de titre e-sportif : l’équilibre, l’absence de facteur chance, et un mode spectateur.
Concernant l’équilibre, il estime même que la VR « apportera une dimension nouvelle ». Pour lui, ce ne sont plus simplement les réflexes ou la lecture du jeu qui fera la différence, mais également la dimension physique. Dans After-H, pour s’accroupir, se pencher, ou se retourner rapidement et précisément, il ne faut pas seulement être habile de la souris : il faut surtout avoir une parfaite maîtrise de son corps : « Je pense que les joueurs VR e-sport vont devoir avoir un entraînement physique plus poussé que sur un Counter-Strike ou un Call of Duty. »
Pour le mode spectateur, qui permet à tout un chacun de suivre les performances des « athlètes », il y a encore des pistes d’amélioration possibles :
« La difficulté, c’est de faire un rendu 2D d’une expérience 3D immersive… Forcément, quand on suit le match, un écran, ça n’a rien à voir avec ce que vous pouvez vivre avec un casque. Peut-être qu’à terme on pourra faire un mode spectateur qu’on pourra suivre avec un casque VR, pour être au cœur de l’expérience. »
Un objectif qui n’est pas pour tout de suite, la faible diffusion des casques de réalité virtuelle n’en faisant pas vraiment une priorité pour l’entreprise.
Fédérer une communauté
Et c’est là que le bât blesse. Il ne suffit pas de s’autoproclamer « jeu e-sport » pour le devenir. Il faut d’abord fédérer une communauté suffisamment importante et engagée pour qu’en émergent des champions – et, surtout, pour attirer des sponsors. Deux préalables avant d’atteindre une vraie popularité, à même de remplir des salles.
Sauf que le casque de réalité virtuelle est encore très loin d’être populaire. Avec deux petits millions d’exemplaires vendus en décembre 2017, un an après sa sortie, celui de Sony (qui ne fonctionne du reste pas sur PC, donc pas avec After-H) fait figure de leadeur du secteur. Les concurrents sont encore plus à la traîne.
Mais pour Jean Mariotte, pas besoin de remplir des stades. L’objectif à court terme est d’atteindre, « rapidement », 10 000 joueurs par semaine, notamment grâce à la version Steam du jeu, qui devrait être disponible avant la fin de l’année sur la boutique en ligne. Un nombre, selon lui, suffisant pour pouvoir prétendre à faire naître une scène e-sport. Pour l’heure, le jeu n’est disponible que sur la plate-forme du développeur, avec une offre que son tarif (200 euros hors taxe par mois pour accéder à l’intégralité du catalogue) réserve de facto aux professionnels.
Le marché des salles d’arcade
Il le reconnaît toutefois : ce n’est pas sur les ordinateurs que va se jouer le succès d’After-H. Ou, en tout cas, pas avant 2020. D’ici là, c’est le marché des salles d’arcade que vise SmartVR. « C’est une première étape : il y a une centaine de salles dans le monde entier avec lesquelles on travaille. » Certaines ont déjà adopté le jeu, à l’image de MindOut, dans le 3e arrondissement de Paris.
Jean Mariotte garde à l’esprit un espoir un peu fou : celui de voir ouvrir des salles free roam (« libre exploration ») de plusieurs centaines de mètres carrés, qui reproduiront en taille réelle les obstacles des arènes du jeu. Là, les joueurs ne seront plus confinés à leur salon ni au booth (« cabine ») d’une salle d’arcade, mais pourront courir réellement sur le champ de bataille, à l’image de ce que permettent déjà les « laser games ».
Jean Mariotte l’envisage comme un mode « premium », dans lequel les joueurs les plus engagés iront se confronter aux autres champions, entre deux entraînements dans leur salon. Même s’il ne peut « malheureusement » pas pour le moment annoncer où se trouveront ces salles, les premières pourraient, c’est en tout cas son souhait, ouvrir d’ici à la fin de l’année.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-12"> ¤ Le classique de la PlayStation 2 revient ce mercredi dans une version remasterisée. L’aventure, elle, distille toujours le même charme épique et éthéré.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Le retour de « Shadow of the Colossus », monument du jeu vidéo

Le classique de la PlayStation 2 revient ce mercredi dans une version remasterisée. L’aventure, elle, distille toujours le même charme épique et éthéré.



Le Monde
 |    07.02.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
14.03.2018 à 13h59
    |

            William Audureau








                        



   


Dans Shadow of the Colossus, en pressant les touches triangle et R1 en même temps, Wander, le héros, chevauche sa monture, épée brandie vers le zénith. Dans n’importe quel jeu d’heroic fantasy, un tel geste annoncerait un violent coup de lame contre un gobelin des bois ou un elfe de sang un peu trop bougon. Pas ici, pas dans un jeu de Fumito Uedo, créateur d’Ico (2001) et de The Last Guardian (2016), chantre du jeu vidéo éthéré.
Cette arme blanche que soulève le personnage a pour fonction de refléter la lumière du soleil. Et d’aiguiller le chevalier maudit dans le vaste paysage qu’il arpente. Son épée, c’est une boussole dans un vaste monde désolé. Une des nombreuses particularités de Shadow of the Colossus, un des jeux les plus marquants de l’histoire du jeu vidéo, sorti sur PlayStation 2 en 2005 et réédité sur PlayStation 4 mercredi 7 février.
Cette version ravalée et mise aux standards visuels actuels – 1080 p, 30 images/seconde et 4K et 60 images/seconde sur PlayStation 4 Pro – ne trahit rien du chef-d’œuvre d’origine, mais se contente juste de l’embellir. La nature est plus généreuse encore, les différentes séquences se rapprochent davantage d’un film d’animation, l’univers gagne un peu plus encore en immersion, sans rien oublier de son identité. Offrant une occasion idéale pour le redécouvrir.

        Lire le portrait :
         

          Fumito Ueda, l’homme qui insuffle de la vie au jeu vidéo



Ruines majestueuses
A l’image de cette simple séquence, Shadow of the Colossus échappe au contrat classique des jeux d’aventure à l’univers médiéval-fantastique. Ici, la majesté s’accompagne de solitude et l’épopée d’errance. Si ce n’est son fidèle destrier, quelques rares silhouettes spectrales et une voix divine autoritaire susurrant une langue inconnue, le monde dans lequel évolue Wander est vide et inhabité.

C’est un tombeau à ciel ouvert, verdoyant et malade, aux falaises griffées par le temps et aux ruines sablées par le vent, qui diffuse dans son silence majestueux la beauté mélancolique des paysages désertés. Peu de jeux avant lui ont su évoquer avec tant de force ce sentiment d’une nature immensément belle, folle, écrasante.
Tauromachie fantastique
Et puis, il y a les colosses. Seize colosses, lents, gigantesques, gardiens assoupis d’un monde sans vie ni menace. C’est eux, qu’arc et épée à la main, Wander doit escalader et mettre à mort, au nom d’une promesse divine, celle de ressusciter sa princesse en échange de la démolition des géants. Seize créatures opiniâtres, tantôt bipèdes ou animales, faites de cuir, de touffes et de granit, qu’il va s’agir de traquer, d’escalader, puis enfin d’abattre, l’épée plantée au sommet de leur crâne.
Dans la plupart des jeux d’aventure, les boss sont des antagonistes haïssables, et leur combat, des rites initiatiques se traduisant par une porte qui s’ouvre, ou un nouveau pouvoir. Ici, rien de tout cela. La rencontre avec chaque colosse s’apparente à une séquence de tauromachie fantastique.
Wander n’est pas un chevalier héroïque ; c’est un insecte qui approche sa proie, l’arpente, la harcèle de son dard, avant de l’achever, non par justice, mais par contrat. Il faut voir ces géants se débattre sous les coups d’épée, molosses végétaux perclus de douleur et d’énervement, et le héros valser au vent, à peine retenu à sa proie par un poignet farouchement agrippé à sa crinière.
Ici, nulle escrime, nulle grâce, mais un mano a mano sauvage et cruel où s’opposent les grands gestes incontrôlés de bêtes géantes blessées, et l’obstination d’un chevalier devenu pou, devenu tique, avant de se faire matador. Shadow of the Colossus n’est pas un jeu d’heroic fantasy glorifiant la beauté romantique de l’arme blanche, mais une corrida faustienne dans un monde mélancolique.
« Gambaru »
Au plus fort de l’action, menacé par le gigantisme de sa proie, Wander se fait acrobate. Une des idées fortes du jeu, celle de transformer les quelques ennemis en échafaudages vivants à escalader, l’amène régulièrement à peser les distances, se suspendre aux corniches, s’accrocher à la fourrure de sa cible. Le doigt crispé sur la gâchette R2, l’œil inquiet rivé à la jauge d’endurance, le joueur cherche à tenir, se tenir, jusqu’aux crampes, puis jusqu’à lâcher prise, tomber et remonter, Sisyphe au pied d’un colosse, l’index tout crispé.

        Critique :
         

          « The Last Guardian », 10 ans d’attente pour un classique



Une astuce de game design qui réussit à traduire une des notions les plus constitutives de la culture japonaise, le gambaru – éloge de la persévérance, de l’acharnement, de la victoire dans l’effort et la souffrance. Peu de jeux traduisent ainsi avec autant de force l’opiniâtreté d’un affrontement, et l’obstination maladive d’un héros, autant que ce contact physique aussi permanent qu’ambigu – survivre, c’est s’accrocher à sa proie.
C’est peu dire que le second titre dirigé par Fumito Ueda a durablement marqué l’industrie du jeu vidéo. Il est à l’origine de toute une lignée, qui de Journey à The Witness, partagent avec lui sa philosophie de la conception par la soustraction : alléger le jeu de tout superflu, le désosser de ses interfaces encombrantes et de ses explications bavardes, pour atteindre une forme d’immersion et d’expressivité pures. C’est aussi à Shadow of the Colossus que l’on doit le renouveau des jeux d’escalade - d’Uncharted qui fera des corniches l’une des ponctuations les plus récurrentes de son aventure, à The Legend of Zelda : Breath of the Wild, qui prolongera le gigantisme de ses reliefs et lui empruntera ouvertement son système d’endurance.
En bref
On a aimé :
Le jeu vidéo façon grand maître de l’animationDes colosses tous mémorablesL’audace de ce monde dépeupléEcrire un texte super pompeux
On n’a pas aimé :
Aucune version sur console OuyaLa caméra abuse parfois du chouchen
C’est plutôt pour vous si :
Vous aimez Zelda, Miyazaki, Moebius et Prince of PersiaVous voulez goûter à l’un des jeux vidéo les plus influents de la PlayStation 2Vous avez fini The Legend of Zelda : Breath of the Wild et tenteriez bien son grand cousinVous n’avez rien contre les aventures assez courtes – 6-7 heures.
C’est plutôt pas pour vous si :
Vous aimez dézinguer du gobelin et de l’elfe de sang... et mettre des frappes en lucarneVous êtes un colosse
La note de Pixels Colossal/10




                            


                        

                        


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Avec My Little Paris, TF1 se rapproche des millennials

Les moins de 35 ans sont l’avenir des marques mais, avec eux, la pub de grand-papa ne passe pas.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h59
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Un audimat en baisse et des téléspectateurs aux cheveux de plus en plus blancs : c’est le destin que connaissent tous les dinosaures de la télé. Depuis son arrivée comme PDG de TF1, début 2016, Gilles Pélisson cherche à rajeunir l’offre commerciale. Après s’être associé à Studio71, vivier de youtubeurs et d’« influenceurs digitaux », son groupe fait un pas de plus en direction des millennials. Avec le rachat du groupe Aufeminin.com en décembre 2017, pour 365 millions d’euros, la filiale My Little Paris et ses jeunes abonnées tombent dans ses bras.
Les moins de 35 ans sont l’avenir des marques mais, avec eux, la pub de grand-papa ne passe pas. Il faut savoir s’y prendre. « C’est la génération “anti-bullshit”, on ne peut pas leur raconter n’importe quoi », résume crûment Anaïs Peignier, la directrice de la publicité de My Little Paris. Face à ce public averti et armé de smartphones, « la pub telle qu’on la connaît est morte. Il faut savoir créer des liens, être dans l’action et non dans le discours », poursuit-elle. La jeune pousse parisienne, installée dans un grand loft à deux pas de Pigalle, tire ces leçons de ses propres échecs, mais surtout de ses succès.

En 2008, Fany Péchiodat commence à partager par courriel ses « adresses secrètes et idées insolites » dans la capitale avec une cinquantaine de copines. Dix ans plus tard, la petite entreprise revendique de 4 millions de fans, nés à partir de 1980 pour une majorité d’entre eux. Des filles, surtout, mais aussi quelques garçons (450 000).
Des communautés (My Little Paris, Merci Alfred, Mona, mais aussi Tapage, pour les plus jeunes) gravitent autour de newsletters, d’applications mobiles et de lieux plus ou moins éphémères mais toujours photogéniques et « instagrammables ». « On branche, on débranche et on voit ce qui marche », résume Anaïs Peignier, arrivée en 2011, un an après le lancement des opérations avec les marques.
Approche « bon...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-14"> ¤ Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.
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Réseaux sociaux, data... la publicité à l’ère du numérique

Avec la déferlante numérique, les frontières entre annonces, contenus et transactions publicitaires s’estompent. Les groupes de publicité traditionnels accusent le coup.



Le Monde
 |    29.01.2018 à 07h13
 • Mis à jour le
29.01.2018 à 07h20
    |

                            Nadine Bayle








                        



                                


                            

Pas d’affiches dans les rues, aucun encart dans la presse, zéro spot télé. La marque automobile de luxe Alpine « mise tout sur les réseaux sociaux et la compétition » pour se remettre en piste. Un véritable symbole au moment où la télévision tombe définitivement de son piédestal, détrônée par le numérique de la place de premier média publicitaire mondial en 2017.
Finie la toute-puissance du « petit écran », place à la communication directe sur le Net, aux réseaux sociaux et à l’analyse de données. La pub change d’ère, les anciens équilibres vacillent. Les marques ne s’adresseront jamais plus aux individus à la façon d’un Marcel Bleustein-Blanchet, qui créait Publicis – il y a de cela quatre-vingt-dix ans – pour promouvoir, à coup d’affichage puis de spots, « m’sieur Lévitan » ou André, le « chausseur sachant chausser ».
La fin de l’âge d’or de la télé est « un moment historique mais c’est bien l’arbre qui cache la forêt, confirme Maria Mercanti-Guérin, coauteure, avec Michèle Vincent, de Publicité digitale (Dunod, 2016). La numérisation des grands médias historiques est telle que rien, ou presque, ne permet plus de distinguer les deux mondes. » La télé se fond dans le Web et, à l’horizon 2020, la bascule vers les écrans des ordinateurs, et surtout des téléphones mobiles, sera totale : l’Internet représentera plus de la moitié des investissements à l’échelle planétaire.
Cinq plates-formes dominent au niveau mondial
En France, l’e-publicité domine déjà, avec 34,4 % du marché publicitaire dans son ensemble en 2017. Ses recettes ont progressé de 12 % en un an, à 4,1 milliards d’euros, et l’écart avec les autres canaux se creuse, comme le montre le baromètre publié le 25 janvier par les Régies Internet (SRI), PwC et les agences médias de l’Udecam (Union des entreprises de conseil et achat média). Le mobile tire cette croissance.

Ces basculements sont logiques. « Les investissements des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-15"> ¤ Le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des puces électroniques en 2017, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel.
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Samsung nouveau numéro un des semi-conducteurs, devant Intel

Le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des puces électroniques en 2017, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel.



Le Monde
 |    04.01.2018 à 14h02
 • Mis à jour le
04.01.2018 à 15h38
   





                        



   


Après des années en haut du podium sur le marché des semi-conducteurs, Intel perd sa place de leadeur mondial. Le grand groupe sud-coréen Samsung est devenu en 2017 le nouveau numéro un mondial du marché de ces puces qui sont dans nos appareils high-tech. Le constructeur dépasse, par son chiffre d’affaires dans le secteur, son concurrent américain Intel, selon une étude réalisée par le cabinet Gartner publiée jeudi 4 janvier.
Selon les chiffres publiés par le cabinet américain, le groupe sud-coréen a réalisé un chiffre d’affaires de 61,2 milliards de dollars sur le marché des semi-conducteurs en 2017. Un chiffre en hausse de 52,6 %, contre 57,7 milliards de dollars pour Intel, qui réalise « seulement » une hausse de 6,7 %. Le sud-coréen détient désormais 14,6 % de parts de marché, contre 13,8 % pour Intel.

        Lire aussi :
         

                Taïwan, berceau de l’industrie des semi-conducteurs



Marché en progression
Dans le sillage de Samsung, un autre groupe coréen, SK Hynix, monte sur le podium, en lieu et place de l’américain Qualcomm, avec des ventes qui s’établissent à 26,3 milliards de dollars, en croissance de 79 % sur un an. Qualcomm se fait aussi dépasser par son compatriote Micron Technology, qui profite d’une croissance de 78,1 % pour atteindre un chiffre d’affaires annuel de 23 milliards de dollars.
Seule l’entreprise néerlandaise NXP, parmi les dix principaux constructeurs, a vu ses ventes se contracter durant l’année, de 7 %, à 8,6 milliards de dollars. En un an, le marché mondial du semi-conducteur a progressé de 22,2 % pour s’établir à 419,7 milliards de dollars.

        Lire aussi :
         

                La microélectronique réclame un milliard d’euros de subventions à l’Etat



Selon Gartner, le marché a principalement profité d’une hausse des prix du fait de chaînes d’approvisionnement sous tension, qui ont provoqué une hausse globale des prix des ordinateurs et des smartphones auprès du grand public.
Baisse des prix attendue
Le classement pourrait cependant être de nouveau bouleversé en 2018, prévient Gartner, avec une baisse des prix attendue sur les composants de mémoire flash NAND et des mémoires RAM, que l’on retrouve dans tous les équipements électroniques. Ce recul des prix devrait provoquer une perte d’une bonne partie de la croissance de cette année pour Samsung.
Le groupe sud-coréen pourrait même passer troisième en cas de succès dans le rachat de Qualcomm par son concurrent américain Broadcom, dont la tentative d’offre amicale a été rejetée à la mi-novembre. Broadcom a annoncé depuis vouloir tenter de prendre le contrôle du conseil d’administration de sa cible afin de parvenir à ses fins.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-16"> ¤ Le sociologue Vincent Chabault estime, dans une tribune au « Monde », que les débordements violents dans les magasins observés lors du Black Friday traduisent l’avènement d’une culture marchande combinant la rivalité matérielle et le divertissement sans limites.
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Black Friday : « A la compétition sociale par la consommation s’ajoute la violence physique »

Le sociologue Vincent Chabault estime, dans une tribune au « Monde », que les débordements violents dans les magasins observés lors du Black Friday traduisent l’avènement d’une culture marchande combinant la rivalité matérielle et le divertissement sans limites.



Le Monde
 |    21.11.2017 à 17h58
 • Mis à jour le
22.11.2017 à 09h45
    |

Vincent Chabault (Sociologue, université Paris-Descartes)







                        



                                


                            

Tribune. Le Black Friday marque aux Etats-Unis le coup d’envoi des achats de fin d’année au lendemain de Thanksgiving, célébrée le quatrième jeudi du mois de novembre. Des soldes importantes sont organisées par des distributeurs très investis – l’expression « Black Friday » se réfère d’ailleurs au premier jour de l’année à partir duquel ils font du bénéfice (la comptabilité passant du rouge au noir).
Au moment où les détaillants tentent d’importer cette journée sur le territoire français, en magasin mais surtout sur les sites en ligne, le Journal of Consumer Culture publie un article de deux chercheurs britanniques en criminologie sur les pratiques d’achat lors du Black Friday en Angleterre depuis 2014, mais surtout sur les débordements occasionnés (Oliver Smith and Thomas Raymen, « Shopping with violence : Black Friday sales in the british context », Journal of Consumer Culture, vol. 17, nº 3, 2017, p. 677-694, voir lien PDF), comme le montre, aux Etats-Unis, un reportage de CNN dans un magasin Walmart de Floride en 2012.

Que symbolisent les injures, bousculades, piétinements, bagarres entre les clients lors de cette journée, occasionnant parfois des arrestations policières et des hospitalisations ? Quelles sont les motivations des consommateurs à participer à un tel événement commercial ? En interrogeant une trentaine d’individus et en assistant à plusieurs de ces journées, les deux chercheurs livrent une série de réponses.
Pour les auteurs, ces manifestations de violence annoncent le triomphe du capitalisme libéral et de l’individualisme. A la compétition sociale que traduit souvent la consommation (Veblen, Baudrillard, Bourdieu) s’ajoute dans ce cas une rivalité physique pour l’accès aux biens.

Du côté des motivations, la participation à cette journée joue un rôle de rattrapage économique : il s’agit d’acquérir des biens électroménagers ou des vêtements habituellement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-17"> ¤ Et si les poids lourds du numérique, loin d’avoir rompu avec « le vieux monde industriel », en avaient tout simplement adopté les recettes, se demande Guillaume Degroisse, responsable marketing de l’Atelier BNP Paribas, dans une tribune au « Monde ».
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De Henry Ford à Jeff Bezos : « Les géants d’Internet ne seraient-ils pas les héritiers naturels des premiers industriels ? »

Et si les poids lourds du numérique, loin d’avoir rompu avec « le vieux monde industriel », en avaient tout simplement adopté les recettes, se demande Guillaume Degroisse, responsable marketing de l’Atelier BNP Paribas, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    16.11.2017 à 11h17
    |

Guillaume Degroisse (Responsable des contenus et du marketing à L’Atelier BNP Paribas)







                        



                                


                            

Tribune. Les pure players du numérique d’hier ne se contentent plus de titiller les acteurs traditionnels de l’économie, ils en ébranlent le leadership. En un été, Amazon est devenu un poids lourd de la distribution commerciale de produits physiques outre-Atlantique, et aurait des velléités de faire de même en France. En quelques années Airbnb, Booking et TripAdvisor ont fait vaciller le secteur de l’hôtellerie, au point de provoquer une baisse des prix hôteliers dans les grandes capitales mondiales.
Dans le transport – au-delà de ses démêlés avec l’édile de Londres et la justice indienne –, Uber a remis en cause le monopole des chauffeurs de taxi ; et Tesla, celui des constructeurs et des concessionnaires automobiles. Il n’en fallait pas plus pour que certains observateurs y voient un changement de « code » ou une nouvelle ère, celle des géants du numérique face à l’ancien monde.

Pourtant, la dialectique de l’inédit manque de pertinence quand il s’agit d’analyser ce chamboulement. Ceux que l’on continue d’appeler les géants d’Internet ne sont-ils que cela ? Est-ce qu’ils ne seraient pas plutôt les héritiers naturels des premiers industriels, dans la continuité d’un processus historique qui trouve ses racines au XVIIIe siècle ?
C’est en effet entre 1770 et 1780 que le « code » a fondamentalement changé. Favorisée par un contexte socio-économique et idéologique favorable, la révolution industrielle a suscité un nouveau paradigme en Europe. A la suite de la Grande-Bretagne, les nations du continent européen, puis l’Amérique du Nord, ont rompu avec l’agriculture et l’artisanat pour embrasser le commerce et l’industrie.
Processus industriels efficaces
La mécanisation, le recours à la vapeur et l’essor de la métallurgie ont favorisé la production en grandes séries. Outre la rupture qu’il a provoquée, cet âge a ceci de singulier : il a enfanté de grandes figures industrielles dont le talent ne réside...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-18"> ¤ La hausse des prix qui n’a cessé de se tasser n’a pas totalement disparu. Elle s’est en partie déplacée vers les Bourses et l’immobilier des grandes villes…
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Article sélectionné dans La Matinale du 12/11/2017
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Indice des prix : mais où est passée l’inflation ?

La hausse des prix qui n’a cessé de se tasser n’a pas totalement disparu. Elle s’est en partie déplacée vers les Bourses et l’immobilier des grandes villes…



Le Monde
 |    12.11.2017 à 17h07
 • Mis à jour le
14.11.2017 à 00h24
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            

On avait presque oublié qu’ils ne sont que des hommes. Ces dix dernières années, les banquiers centraux ont déployé une énergie herculéenne pour tirer l’économie de la crise. Seuls aux commandes face à des gouvernements tétanisés, ils ont baissé leur taux, conçu des programmes inédits pour sauver les marchés du naufrage, déployé des trésors d’inventivité pour réanimer l’activité. Et ils ont réussi : la croissance mondiale est de nouveau dynamique, et le chômage reflue.
Depuis quelques mois, pourtant, la Banque centrale européenne (BCE), la Réserve fédérale américaine (Fed) ou encore la Banque du Japon (BoJ) vacillent. En dépit de la reprise, certains observateurs mettent en doute l’efficacité de leur action. On se rappelle soudain qu’elles ne sont pas toutes puissantes dans le grand théâtre mondial et qu’il manque un personnage indispensable à la pièce. Elles ressemblent désormais aux personnages de Beckett, piégés dans l’attente d’un convive qui, malgré leurs efforts, ignore superbement leur invitation : l’inflation.
Entre 1980 et 1990, l’indice des prix à la consommation progressait au rythme de 16,6 % par an en moyenne dans le monde et de 6,4 % dans les économies avancées, selon le Fonds monétaire international (FMI). Entre 1990 et 2007, il augmentait encore respectivement de 12,9 % et 2,5 % par an. Entre 2007 et 2016, il est tombé à 3,8 % et 1,5 %.

Las, si l’on exclut les prix de l’énergie et des matières premières, l’inflation ne dépasse aujourd’hui guère 1 % dans la zone euro comme aux Etats-Unis. « Malgré le stimulus monétaire massif, l’inflation, en déclin depuis les années 1990, est anormalement faible depuis la crise, résume Isabelle Job-Bazille, directrice des études économiques du groupe Crédit agricole. Surtout dans les pays industrialisés. Et personne ne comprend vraiment pourquoi. »
Ce baromètre est cassé
Les banquiers centraux en ont la migraine, car leur grande mission est justement de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-19"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Edouard Dumortier (AlloVoisins), François-Michel Lambert (député LREM) et Emile Meunier (avocat) proposent que la loi de finance 2018 fixe un seuil de 7 000 euros par an en deçà duquel l’échange de biens et services sur les plates-formes collaboratives ne serait pas considéré comme une activité professionnelle.
<filname="PROF-0,2-651865,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« Le cadre juridique incertain entrave la croissance des plates-formes numériques françaises »

Dans une tribune au « Monde », Edouard Dumortier (AlloVoisins), François-Michel Lambert (député LREM) et Emile Meunier (avocat) proposent que la loi de finance 2018 fixe un seuil de 7 000 euros par an en deçà duquel l’échange de biens et services sur les plates-formes collaboratives ne serait pas considéré comme une activité professionnelle.



Le Monde
 |    16.10.2017 à 17h30
 • Mis à jour le
16.10.2017 à 22h23
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Le marché mondial de l’économie collaborative, ou économie des plates-formes numériques, va être multiplié au moins par vingt en dix ans, pour atteindre en 2025 entre 302 milliards et 572 milliards d’euros. En Europe, elle a représenté 28 milliards d’euros de transactions en 2016.
En France, neuf personnes sur dix déclarent avoir déjà réalisé au moins une fois une pratique d’économie collaborative. Elle augmente le pouvoir d’achat des Français qui achètent « l’usage » des biens en fonction de leur besoin, ne payant que ce qu’ils consomment effectivement. L’économie collaborative est également vertueuse pour l’environnement. En partageant l’usage d’un même objet, on optimise l’utilisation de la matière première qui le compose, donc on consomme moins de ressources.

En même temps, l’économie collaborative brouille les frontières entre particuliers et professionnels, entre activité régulière et activité occasionnelle, et bouscule les opérateurs historiques et notre système fiscal et social. De ce fait, les plates-formes numériques françaises opèrent dans un cadre juridique incertain qui entrave leur croissance et risque de leur faire perdre la compétition mondiale.
Comment distinguer « particuliers » et « professionnels »
A la fin du précédent quinquennat, ces difficultés ont tout juste été abordées, sans qu’il y soit apporté de réponses pérennes. Nombre d’entrepreneurs espéraient que la nouvelle majorité se saisirait du problème dès la première loi de finance, actuellement en examen à l’Assemblée nationale.
Ce n’est pas le cas, mais il n’est pas trop tard.
En effet, il existe en matière de protection sociale une « zone grise », du fait de l’absence de critère simple et objectif permettant de distinguer « particuliers » et « professionnels ».

En principe, toute activité habituelle et rémunérée constitue une activité professionnelle. Selon la jurisprudence, quelques heures de jardinage,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-651865,1-0,0-20"> ¤ Pour les géants mondiaux du colis express et de la logistique, il est vital d’investir sans cesse dans des capacités accrues de traitement automatique et dans l’agrandissement des plates-formes d’expédition.
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Dans les coulisses du « méga hub » d’UPS à Cologne

Pour les géants mondiaux du colis express et de la logistique, il est vital d’investir sans cesse dans des capacités accrues de traitement automatique et dans l’agrandissement des plates-formes d’expédition.



Le Monde
 |    16.10.2017 à 15h27
    |

                            Éric Béziat (Cologne)








                        



                                


                            

Vu du dernier étage, c’est vertigineux. Plus de quinze niveaux de tapis roulants qui se croisent et s’entrecroisent. Les colis, des cartons de toutes tailles, se succèdent tous les vingt centimètres sous l’œil des scanners laser et des caméras qui lisent les étiquettes. De temps à autre, un système d’aiguillage envoie le paquet sur un tapis voisin ou le fait atterrir dans l’un de ces grands sacs postaux – il y en a des dizaines – placés le long du convoyage. Sur les feuilles de route agrafées aux sacs, un catalogue de destinations à la Tintin : Chicago, Buenos Aires, Marseille, Naples, Berlin, Istanbul, Bombay, Shanghaï…
Il faut acheminer en quelques jours des objets conçus sur un continent, fabriqués sur un autre et vendus dans un troisième
Cologne est la principale plate-forme (ou « hub ») d’UPS (United Parcel Service) en Europe. Une authentique gare aérienne et routière au cœur de l’aéroport rhénan. Une miniville aussi, avec ses 3 000 employés et ses chiffres extraordinaires : 100 000 mètres carrés, une capacité de traitement de 190 000 colis à l’heure (jusqu’à 52 par seconde !), 20 kilomètres de tapis roulant, 70 caméras dernier cri. Le « méga hub » vit sa vie à un rythme décalé. Il se réveille à 23 heures et l’activité y bat son plein au beau milieu de la nuit. Vers 4 heures du matin, quand le transport de voyageurs reprend ses droits, UPS-Cologne se rendort.

Pour l’américain UPS, un des géants mondiaux du colis express et de la logistique avec son compatriote Fedex (Federal Express) et l’allemand DHL, ces plates-formes sont des carrefours vitaux. Cologne est l’un de ses trois centres principaux, avec Shenzhen, en Chine, et le centre géant de Louisville (Kentucky), six fois plus gros. Ces points névralgiques, inventés par Fedex à Memphis (Tennessee), sont devenus stratégiques à l’heure du commerce en ligne globalisé.
Amazon, le premier grand compte d’UPS
Il faut acheminer en quelques jours, en quelques heures parfois, des...




                        

                        

