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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Bien que contesté par certains au sein de l’établissement, le président du musée parisien a pu s’appuyer sur son bilan.
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Jean-Luc Martinez reconduit à la tête du Louvre jusqu’en 2023

Bien que contesté par certains au sein de l’établissement, le président du musée parisien a pu s’appuyer sur son bilan.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 18h03
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 18h19
    |

            Harry Bellet








                        



   


Jean-Luc Martinez, 54 ans, ­président-directeur depuis avril 2013 de l’Etablissement public du Musée du Louvre, a été reconduit en conseil des ministres, mercredi 4 avril, pour un second mandat de cinq ans. Même s’il est contesté par certains, y compris au sein de son établissement, M. Martinez peut se targuer d’un beau bilan.

        Lire l’entretien avec Jean-Luc Martinez (en 2014) :
         

          « Favoriser les rencontres entre les œuvres d'art et le public »



En tout cas l’a-t-il fait savoir lors de la cérémonie des vœux au personnel du musée, le 30 janvier : l’inauguration du Louvre Abou Dhabi, le développement du Louvre Lens, des expositions comme celles consacrées à Vermeer (325 000 visiteurs, et, dit-il avec un joli sens de la litote, « quelques difficultés à être à la hauteur des attentes d’un public si nombreux »), à Valentin de Boulogne ou à François Ier. Si elles étaient, dans deux cas au moins, sacrément mal organisées, ces expositions ont connu un réel succès. D’où une hausse revendiquée de 14 % de la fréquentation, soit 8,1 millions d’entrées : le Louvre est l’un des musées dont les salles sont les plus visitées au monde.

        Lire l’éclairage (en 2014) :
         

          Le Musée du Louvre fait sa mue



La feuille de route publiée par le ministère de la culture précise qu’il est demandé au président d’inscrire « plus que jamais le ­Louvre dans une perspective de rayonnement international par la poursuite de l’action auprès de l’Agence France Muséums dans le cadre de l’accord intergouvernemental avec les Emirats arabes unis ; la formation des personnels du Louvre et leur équipement numérique pour répondre au défi linguistique de la diversité de nationalités des visiteurs ; l’affirmation de la place du Louvre comme premier musée du monde, en développant les projets d’expositions internationales et de partenariats scientifiques à travers le monde, en particulier en Asie, et l’amplification des échanges scientifiques ».

        Lire le compte-rendu :
         

          Le patron du Louvre mobilise le G7 pour sauver le patrimoine en péril



Jean-Luc Martinez, lui, estime avoir attiré un public « plus international, plus jeune et connecté, mais aussi moins familier des musées », et entrepris des travaux « structurants » : 22 800 m2 de salles rénovées, tant dans les espaces d’accueil sous la pyramide qu’au sein des collections (objets d’art, peintures françaises des XVIIIe et XIXe siècles, peintures françaises du XVIIe siècle, peintures des écoles du Nord, sculptures françaises des XVIIIe et XIXe siècles, etc.).
« 816 nouvelles œuvres sont entrées dans les collections du Louvre depuis 2013, dont 12 trésors nationaux »
La feuille de route l’encourage à persévérer dans ce sens : « Innover pour aller au-devant des citoyens par des actions renforcées pour les publics scolaires, moins nombreux depuis les attentats en Ile-de-France ; pour faire du musée un lieu où se tissent des liens intergénérationnels ; pour que les visiteurs soient davantage acteurs de leur parcours et, enfin, en poursuivant l’amélioration de l’accueil et de la qualité de visite au Louvre et le travail entrepris sur la médiation ».
Ceux qui critiquent l’action de M. Martinez déplorent la fermeture de trop nombreuses salles. A quoi le Louvre répond qu’« un établissement de 360 000 m² de plancher ne peut être raisonnablement entretenu sur le seul mardi [jour de fermeture au public]. » A donc été élaboré un « Plan d’ouvertures ­garanties », qui doit permettre d’« étaler l’entretien du musée sur toute la semaine, faciliter un équilibre entre rénovation des espaces muséographiques et entretien courant, tout en maintenant un taux optimal d’ouverture des salles (90 % et 100 % des salles ouvertes le week-end, hors espaces en rénovation) quand le public est le plus nombreux ». La politique d’acquisition est elle aussi active : « 816 nouvelles œuvres sont entrées dans les collections du Louvre depuis 2013, dont 12 trésors nationaux. »
« Envergure internationale »
Mis en cause aussi : le déménagement des réserves non loin du Louvre Lens (lequel a accueilli 2,8 millions de visiteurs en cinq ans, ce qui en fait le troisième musée de France, hors Paris), à Liévin (16 millions d’euros prévus pour les chantiers des collections, 60 millions d’euros pour la construction du bâtiment). Les conservateurs du musée et les chercheurs étrangers s’inquiètent des déplacements nécessaires à leurs recherches.
Enfin, la ministre de la culture, Françoise Nyssen, souhaite que le Louvre se situe « au cœur d’un réseau muséal plus large, à la fois en redéfinissant une coopération pleine et entière avec la Réunion des musées nationaux – Grand Palais, dans la perspective de la réouverture du Grand Palais, avec la programmation d’expositions temporaires transversales et innovantes, à envergure internationale, et par une action renforcée de coopération avec les musées territoriaux ou d’autres institutions afin de rendre les collections accessibles à tous les publics au Louvre comme sur l’ensemble du territoire ».
Toutefois, pas à n’importe quel prix : alors que Mme Nyssen semble vouloir promener La Joconde de ci, de là, le directeur du Louvre lui a rappelé qu’elle était très fragile, voire intransportable. Il a même été jusqu’à faire chiffrer le coût d’un éventuel déplacement, révélé par Le Parisien : 30 millions d’euros. Une somme dissuasive.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. L’ultime saison de l’excellente série d’espionnage se déroule en 1987, alors que se profile la fin de l’Union soviétique (sur Canal+ Séries à 23 h 35).
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TV – « The Americans » à l’heure de la chute

Notre choix du soir. L’ultime saison de l’excellente série d’espionnage se déroule en 1987, alors que se profile la fin de l’Union soviétique (sur Canal+ Séries à 23 h 35).



Le Monde
 |    04.04.2018 à 17h45
    |

                            Martine Delahaye








                        


Série sur Canal+Séries à 23 h 35

On était en 1984 lorsque l’on a eu vent, pour la dernière fois, de la crise soviéto-américaine due à la guerre froide et de celle du couple Jennings, ces espions installés de très longue date par le KGB aux Etats-Unis. A cette époque, en toute fin de saison 5 de The Americans, Philip Jennings (Matthew Rhys) se sentait rongé par le doute – les dirigeants soviétiques faisaient-ils toujours les bons choix ? Frôlant le burn-out, il envisageait de se replier sur la seule gestion de l’agence de voyage qui servait de couverture officielle au couple.
A l’opposé, sa femme, Elizabeth (Keri Russell), se montrait non seulement prête à poursuivre le combat contre l’ignoble ennemi ­capitaliste, mais songeait même à accepter l’intégration de sa fille Paige (Holly Taylor) au programme du KGB appelé « Illégaux de deuxième génération ». A la demande de Paige, elle la formait d’ailleurs à l’autodéfense, approuvant que l’adolescente, née sur le sol américain, veuille, elle aussi, devenir une espionne.

   


Quand débute cette saison 6, trois ans ont passé, et les failles entrevues jusqu’ici deviennent béances. Sur le plan géopolitique d’abord. En cette fin d’année 1987, Mikhaïl Gorbatchev, à la tête de l’Union soviétique, engage son pays sur une voie nouvelle et vers des négociations imminentes avec les Etats-Unis : dans neuf semaines, les deux superpuissances doivent se retrouver à Washington dans le but de s’accorder sur la limitation des armements. Ce qui déplaît et divise jusqu’au sein du KGB, certains se montrant prêts à éliminer M. Gorbatchev s’il le faut, tandis que d’autres appuient souverainement le changement de cap qu’il veut lancer.
Tandis que se profilent la fin de la guerre froide et celle de l’URSS elle-même, la famille Jennings a d’ores et déjà connu une défection, le père, Philip, ayant en effet cessé toute activité d’espionnage depuis deux ou trois ans. Il a retrouvé sa sérénité, sa fille et sa femme poursuivant, de leur côté, leur travail patriotique aux ordres du KGB. Mais au vu du pilote, seul épisode que nous ayons vu de cette dernière saison, le nœud familial des Jennings, à l’image de l’ordre mondial, est sur le point de perdre son point d’équilibre.

C’est en cela que le créateur de The Americans, Joe Weisberg – un ancien membre de la CIA –, avec son scénariste principal, Joel Fields, a brillamment manœu­vré tout au long de cette série trop méconnue : non seulement les prémices du mariage de ce couple d’espions venus d’URSS auront été passionnantes à découvrir, mais au-delà de la guerre froide et de leurs activités au service d’une idéologie opposée à celle de leur pays d’accueil, c’est la naissance et la survie d’un couple, puis d’une famille (avec deux enfants nés américains), qui auront été au cœur de The Americans. D’autant que certaines de leurs missions les auront amenés à mener une vie de couple parallèle, ou à engager des liaisons risquées au vu et au su de l’autre.
Il est beaucoup plus ardu de bien finir une série que de l’ouvrir avec éclat. Mais quel que soit son point final, The Americans restera certainement comme l’une des excellentes ­séries de la décennie.
The Americans, saison 6, série créée par Joe Weisberg. Avec Keri Russell, Matthew Rhys, Holly Taylor, Noah Emmerich, Costa Ronin (EU, 2018, 10 × 42 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ L’espion George Smiley, double de l’auteur, reprend du service. L’occasion d’une vertigineuse introspection.
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John le Carré, hier ne meurt jamais

L’espion George Smiley, double de l’auteur, reprend du service. L’occasion d’une vertigineuse introspection.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 17h34
    |

                            Florence Noiville








                        



                                


                            

Octobre 1961. En cette année glaciale de la guerre froide – celle de l’édification du mur de Berlin –, John le Carré a tout juste 30 ans. Il sort d’un camp d’entraînement pour espions et, comme couverture, vient d’être affecté par le MI6 à un poste de second secrétaire à l’ambassade de Grande-Bretagne, à Bonn. Il assiste aux meetings politiques et chante les louanges de la Communauté économique européenne – « Si l’on savait ça aujourd’hui, à l’heure du Brexit, on me pendrait au réverbère le plus proche », plaisante-t-il dans le superbe volume que lui consacrent les Cahiers de l’Herne (272 p., 33 €).
Ferme bretonne
Mais il n’espionne et ne milite pas seulement. Cette année-là, avant tout, il écrit. Frénétiquement. Dans une chambre minuscule donnant sur le Rhin, et en pleine crise des missiles de Cuba (1962), il termine son futur best-seller, L’Espion qui venait du froid (1963). Il y imagine une entreprise ultra-sophistiquée de désinformation à l’encontre de la Stasi, le service de renseignement est-allemand. Une idée qui a germé dans le cerveau de son personnage principal – son héros, son double –, devenu l’un des espions les plus célèbres de la littérature contemporaine, George Smiley.
C’est sur cette opération – baptisée « Windfall » – que le Carré revient dans L’Héritage des espions. Plus d’un demi-siècle s’est écoulé. Mais l’histoire ne dort que d’un œil. Au moment où Smiley et Peter Guillam, son fidèle second, coulent une retraite tranquille – l’un dans un endroit mystérieux que l’on ne connaîtra qu’à la fin, l’autre entre ses vaches dans une ferme bretonne –, voilà qu’elle les rattrape. Car si « Windfall » a été pour l’Occident « une manne de renseignements en or », elle s’est aussi soldée par de lourds « dommages collatéraux ». Deux morts au pied du mur de Berlin, un excellent agent britannique et une jeune femme innocente. Pour quoi ?
Héros ou assassin
Au moment où s’ouvre le roman, Guillam...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A voir aussi ce soir. Frédéric Bonnaud analyse comment la politique est portée sur grand et petit écran (sur Arte à 22 h 35).
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TV – « Histoires de cinéma : L’exercice du pouvoir »

A voir aussi ce soir. Frédéric Bonnaud analyse comment la politique est portée sur grand et petit écran (sur Arte à 22 h 35).



Le Monde
 |    04.04.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 35

   


« La politique est un puissant réservoir de fiction », dit en entrée de jeu Frédéric Bonneau, directeur de la Cinémathèque française, auteur d’une formidable série « Histoires de cinéma » dont ce quatrième épisode s’attache aux représentations de l’exercice du pouvoir au grand écran.
Il interroge Roman Polanski (The Ghost Writer), Armando Iannucci (In the Loop, Veep), Robert Guédiguian (Le Promeneur du Champ-de-Mars), Bertrand Tavernier (Quai d’Orsay), Pierre Schoeller (L’Exercice de l’Etat) et Adam Price (Borgen). Chacun fournit un éclairage sur les rouages qu’il a empruntés pour représenter le fait politique.
Le grand intérêt de ce numéro très creusé est qu’il fait aussi intervenir ces cinéastes sur le travail de leurs collègues – notamment Bertrand Tavernier dont le recours à l’immense cinéphilie est une fois de plus un précieux (et souvent amusant) apport.
Les séries télévisées sont elles aussi nombreuses à être infusées par l’actualité politique et il est heureux qu’une grande partie de ce documentaire leur soit consacrée, à travers l’évocation des incontournables House of Cards, Veep ou Borgen.
Synchrone avec l’actualité
Manque à la galerie Donald Trump. Probablement en raison de l’époque à laquelle ce documentaire a été réalisé, Frédéric Bonnaud n’avait sûrement pas pu encore apprécier à quel point le personnage le plus irréel, le plus fictionnel de la politique internationale allait s’immiscer dans le propos de nombreuses séries.
Il cite The Good Wife, où il est souvent fait allusion, dans la saison 7, à Hillary Clinton. Tandis que la suite, The Good Fight, fera, elle, apparaître celui qui la battit aux dernières élections, comme un personnage en creux mais omniprésent, et d’une manière quasi synchrone avec l’actualité.
Trump figure aussi, et entre autres exemples, dans la dernière saison de American Horror Story tel un vecteur d’horreur, et aussi, de manière plus diffuse et amusante, dans High Maintenance.
Mais le cas Trump, dont Julia Louis-Dreyfus, l’interprète principale de Veep, a dit qu’il dépassait les représentations les plus débridées du réel, pourrait sûrement être le sujet d’un prochain numéro d’« Histoires de cinéma ».
Histoires de cinéma : L’exercice du pouvoir, de Frédéric Bonnaud réalisé par Florence Platarets (France, 2017, 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Le groupe a noué un partenariat avec le coréen CJ pour équiper 50 de ses salles en France en 4DX, d’ici à fin 2020.
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Cinéma et sensations fortes : Pathé parie sur les innovations technologiques

Le groupe a noué un partenariat avec le coréen CJ pour équiper 50 de ses salles en France en 4DX, d’ici à fin 2020.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 12h29
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 14h38
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Il en coûte désormais 6 euros de plus, soit 21,20 euros la place au plein tarif, aux spectateurs désireux de découvrir le dernier Steven Spielberg, Ready Player One dans la salle Pathé du centre commercial Belle Epine de Thiais (Val-de-Marne), équipée en technologie 4DX. Les amateurs de sensations fortes sont servis : doté d’un dossier vibrant, le siège du spectateur bouge dans tous les sens à chaque choc montré à l’écran, une soufflerie permet d’envoyer des bourrasques de vent, plus ou moins violentes, selon le scénario, des brumisateurs sont programmés avec l’image pour lancer au visage de l’eau, de la pluie, de la neige, voire des bulles ou parfois même du parfum… Certains films ajoutent aussi les lunettes 3D à ce tableau.
Un gadget pour adolescents en mal d’émotions ou adeptes des frissons du grand huit ? Byung-Hwan Choi, directeur général du groupe coréen CJ CGV, propriétaire de la technologie 4DX, inaugurait, mardi 3 avril, avec Jérôme Seydoux, coprésident de Pathé, et Martine Odillard, présidente des Cinémas Gaumont Pathé, sa 500e salle équipée de cette façon dans le monde. « Un engouement », se félicite le patron coréen, qui a démarré l’implantation « de cette expérience de cinéma sensoriel synchronisé » en Corée du Sud, avant d’essaimer dans d’autres pays.
Un taux de remplissage « très important »
Le partenariat conclu entre Pathé et la maison mère coréenne CJ – également présente dans le divertissement, la production cinématographique, la distribution, les chaînes câblées et surtout, les salles de cinéma (3 419 écrans) – prévoit l’équipement de cinquante salles du groupe français d’ici à fin 2020. Jérôme Seydoux s’est toujours montré convaincu que l’avenir du cinéma passait par l’innovation et les nouvelles technologies. Persuadé que le public continuerait d’aller voir les films en salle uniquement si les conditions y étaient bien meilleures que celles offertes depuis un canapé. Cette foi dans le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.
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Spotify : le leader mondial du streaming musical en chiffres

Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h07
    |

            Philippe Da Silva et 
                                Maxime Mainguet








                        


Le leader du streaming musical payant
La firme suédoise dirigée par Daniel Ek est pour l’instant l’intouchable leader du streaming musical payant. Au 31 décembre 2017, Spotify comptait 71 millions d’abonnés, soit presque le double d’Apple Music. Mais il est vrai que le service de la marque à la pomme a été lancé plus récemment - en 2015 - alors que son rival scandinave a démarré en 2008.

   



        Lire aussi :
         

                Spotify : Daniel Ek, le roi du streaming qui a révolutionné la musique



 
Une croissance soutenue
Spotify est le leader d’un secteur en forte croissance. Le marché du streaming a progressé de 60 % entre 2015 et 2016, selon l’IFPI (International Federation of the phonographic industry).

   


Une grande part de cette croissance a été captée par Spotify. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi passé de 700 millions d’euros en 2013 à 4 milliards en 2017. Ces résultats sont portés par un nombre grandissant d’abonnés payants.
 
L’entreprise essuie toujours des pertes, notamment du fait d’opérations de financement
 
Pour autant, ce succès auprès des fans de musique ne permet pas à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Elle a ainsi accusé 1,2 milliard d’euros de pertes en 2017, dont 378 millions directement liés à l’exploitation.

   



        Lire aussi :
         

                Les débuts réussis de Spotify, le numéro 1 du streaming musical, en Bourse



L’autre partie de cette perte est d’origine financière. Elle est consécutive à l’émission au printemps 2016 d’un milliard d’euros de dettes convertibles. Il était prévu que le taux de cette dette, fixé initialement à 5 %, grimperait d’un point tous les six mois si l’introduction en Bourse de la société intervenait plus de 12 mois après l’émission, ce qui a été le cas. De quoi expliquer une partie non-négligeable des pertes de l’entreprise, et son intérêt à entrer en Bourse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le Musée Tomi Ungerer revient sur le choc créé par le dessin animé de Jacques Rouxel, avec son trait minimaliste et ses volatiles.
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Exposition : les Shadoks, l’autre révolution de mai 68

Le Musée Tomi Ungerer revient sur le choc créé par le dessin animé de Jacques Rouxel, avec son trait minimaliste et ses volatiles.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 17h05
    |

            Frédéric Potet (Strasbourg, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Il paraît que les Shadoks pompaient, pompaient, pompaient soir et matin. N’allez pas à Strasbourg pour le vérifier, vous serez déçu. L’exposition que le Musée Tomi Ungerer propose à l’occasion du 50e anniversaire de la série d’animation évoque en effet à peine cette action, hautement métaphysique, d’extraction des fluides, qui valut pourtant leur renommée aux oiseaux nigauds créés par Jacques Rouxel.
L’accrochage – 250 pièces, issues de l’Institut national de l’audiovisuel (INA) et du studio aaa (animation art graphique audiovisuel), fondé par Rouxel et son épouse, Marcelle Ponti – accorde tout aussi peu de place, d’ailleurs, à Claude Piéplu, la « voix » des Shadoks, qui contribua grandement au succès des volatiles. Alors que se profile un autre cinquantenaire, celui de Mai 68, l’idée est plutôt, ici, de montrer en quoi la révolution shadokienne bouscula les codes et l’esthétique du dessin animé, secteur jusqu’alors dominé par Disney.
C’est la première fois que les Shadoks ont l’honneur d’une ­exposition dans une structure ­labellisée « Musée de France ». Qui aurait imaginé cela, ce 29 avril 1968, quand apparurent pour la première fois à l’écran ces échassiers aussi bêtes que méchants dont le vocabulaire se limitait à quatre syllabes : « Ga, Bu, Zo, Meu » ? Très vite interrompue en raison des événements parisiens, la série retrouvera son rythme quotidien en septembre de la même année, scindant, en deux camps, ce que la France comptait de téléspectateurs.
Une inspiration féconde
Le schisme fut tel que Jacques Martin, dans son émission Midi Magazine, organisa un référendum en demandant aux pro et aux anti-Shadoks de lui écrire. L’abondant courrier reçu donna alors lieu à une deuxième émission, visible à Strasbourg, dans laquelle Daniel Prévost et Jean Yanne se renvoient des extraits de lettres. « Massacre télévisuel flagrant », « apothéose de la crétinerie », « économie de somnifères », lance le premier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le bassiste organise des rencontres entre célébrités et talents émergents.
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Festival Rares Talents : Hilaire Penda, catalyseur d’émulsions créatives

Le bassiste organise des rencontres entre célébrités et talents émergents.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 10h29
    |

                            Patrick Labesse








                        



                                


                            

Créateur et directeur artistique du festival francilien Rares Talents, dont la 7e édition a lieu jusqu’au 14 avril, le bassiste Hilaire Penda en fait l’ouverture, mercredi 4 avril, au club Le Chinois, place du Marché, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), en compagnie du flûtiste Magic Malik et des élèves de la section jazz du conservatoire de Montreuil, dirigés par le saxophoniste Stéphane Payen.
Hilaire Penda est au four et au moulin. Il jouera aussi le 12 avril, cette fois au centre musical Fleury-Goutte-d’Or-Barbara, dans le 18e arrondissement à Paris, pour « Plateforme-XP-AfroBeat », une proposition de Magic Malik, réunissant une douzaine de musiciens. Après « Hâl », le 6, au théâtre municipal Berthelot, à Montreuil, associant Keyvan, Bijan et Maryam Chemirani, ainsi que le flûtiste Sylvain Barou, « Plateforme-XP-AfroBeat » sera la seconde des deux créations présentées cette année à Rares Talents.
Vincent Segal, violoncelliste : « Hilaire Penda a réussi à devenir une figure incontournable de la vie parisienne grâce à ses Warm Up et ­à Rares Talents »
Ce festival repose sur l’idée de « rencontres entre les artistes de renommée internationale et des talents émergents », commente Hilaire Penda. Ce besoin de fédérer les tribus, d’être un catalyseur révélateur d’affinités, c’est un peu sa signature. Avant Rares Talents, il avait déjà inventé des « émulsions créatives » sur scène, en ­organisant les Warm Up Shows, des jam-sessions où il invitait des musiciens, inconnus ou célèbres, à venir jouer avec lui.
« Il a réussi à devenir une figure incontournable de la vie parisienne grâce à ses Warm Up et ­Rares Talents », résume le violoncelliste Vincent Segal. Et d’ajouter : « Hilaire est un musicien ­prodigieux que je connais depuis 1991. Nous avons joué ensemble sur de nombreux projets, dont Salt Rain [2001] de Susheela Raman, avec Salif [Keita], etc....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Une exposition d’envergure réunit 250 œuvres de l’école populaire d’art (1918-1922), fondée par Marc Chagall, à Paris, jusqu’au 16 juillet.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Cette réédition permet enfin de revoir le film de renaissance de Jacques Rivette, sorti en 1981.
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DVD : « Le Pont du Nord », une ode à la ville et à la vie

Cette réédition permet enfin de revoir le film de renaissance de Jacques Rivette, sorti en 1981.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 09h32
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Il faut d’abord dire l’émotion qu’il y a à voir reparaître Le Pont du Nord (1981), sans doute le plus beau film du regretté Jacques Rivette (1928-2016) et grand absent du marché de l’édition DVD, avant que ­Potemkine ne vienne enfin ­compenser cet inexplicable manque. Déambulation libre et ­anxieuse dans les interstices d’un Paris en mutation, captant un moment de bascule entre deux époques, Le Pont du Nord est précisément un film de renaissance. Il marque, tout du moins, le retour inespéré de Rivette après une inquiétante série noire (deux films non distribués, un tournage abandonné, une mystérieuse disparition) ayant soldé une décennie d’expérimentations à tous crins et, surtout, laissé inachevé son ambitieux projet tétralogique des « Scènes de la vie parallèles » (dont les trois volets existants, Duelle, Noroît et Merry-go-round, sont exhumés sur les écrans ­depuis le 14 mars).

        Lire sur le blog de Thomas Sotinel :
         

          Paris 1980 vu du Pont du Nord



Le Pont du Nord apparaît aujourd’hui, sans doute, comme le dernier film resté invariablement fidèle à un certain esprit ou idéal de la Nouvelle Vague, à ­savoir celui d’un cinéma « descendu » dans la rue, rendu disponible aux hasards et à l’aventure qui, dit-on, guettent à chacun de ses coins. Mieux encore : la rue donne sa forme, à la fois réelle et secrète, à ce film intégralement tourné en extérieurs, avec une équipe et du matériel légers. Reste inscrit au fronton de sa légende d’avoir également rassemblé en un duo merveilleux Bulle et Pascale Ogier, mère et fille à la ville, comédiennes uniques et prodigieuses, la première dans son ­registre lunaire d’absence à elle-même, la seconde (comète du ­cinéma français du début 1980, morte à 25 ans en 1984) pour son invention d’un jeu « hors-sol » et quasi extraterrestre.
Terrain glissant
Bulle, c’est Marie Lafée, débarquant à dos de camion place Denfert-Rochereau, fraîchement sortie de prison et flanquée depuis d’une claustrophobie tenace – si le film reste dehors, c’est évidemment parce que le personnage ne tient pas entre quatre murs. Elle traîne derrière elle des histoires de groupuscules armés, de ­clandestinité et d’attentats, en somme toute la dérive d’une ­certaine gauche vers le terrorisme. Marie veut retrouver Julien (Pierre Clémenti), son amant et ancien partenaire, toujours mêlé à d’obscurs complots et de louches affaires d’argent. Mais par trois fois, elle tombe sur une drôle d’hurluberlue nommée Baptiste (Pascale Ogier), bardée d’un attirail futuriste (perfecto et écouteurs géants) et lancée à mobylette dans une croisade donquichottesque contre les « monstres » de la capitale – les lions sculptés qui ornent place et bâtiments, mais aussi les yeux scrutateurs des affiches ­publicitaires. Les deux s’allient, vagabondent, baguenaudent et dessinent, côte à côte, comme une sorte de relais historique et générationnel : les années 1970 se brisant contre le récif émergeant des années 1980.
Ce basculement se retrouve aussi dans l’état transitoire d’un Paris strié de grues et de grands travaux, creusé de terrains ­vagues et d’étranges perspectives, comme en train de changer de peau. Rivette situe toujours précisément les silhouettes de ses personnages dans les différents ­espaces, ouverts ou confinés, de la ville, mais recompose entre les quartiers une géographie fan­tasque, opérant ainsi un alliage saisissant entre l’enregistrement ­documentaire et l’affabulation ludique. La marche des héroïnes ­impulse son rythme fluctuant au récit, mais trace surtout un iti­néraire de passages dérobés, de voies de traverse et d’escaliers transversaux, dans une capitale escarpée (beaucoup de montées et de descentes) dont on arpente le versant secret, dans les plis de laquelle on se glisse (dormir sur les bancs ou dans les voitures laissées ouvertes).
Quadrillé comme les ­cases d’un jeu de l’oie, Paris se dévoile alors sous un jour fantomatique et fantasmatique
Poème de la ville réinventée, dans la lignée lointaine des escapades de Louis Feuillade (Les Vampires, Fantômas), Le Pont du Nord superpose bientôt la carte au territoire : Marie et Baptiste, en découvrant un mystérieux plan, quadrillent la ville selon les ­cases d’un jeu de l’oie. Paris se dévoile alors sous un jour fantomatique et fantasmatique, comme la survivance de formes en sursis ou d’imaginaires révolus – les entrepôts du port de Bercy, les abattoirs en lambeaux de La Villette, un « phare » perdu au milieu d’un chantier de construction –, qui donnent à la ville des allures d’apocalypse.
Les héroïnes sautent ainsi à cloche-pied dans les cases les plus dangereuses du jeu (le labyrinthe, le puits, l’auberge, etc.), car la ville apparaît également comme un terrain glissant où grouillent les trafics opaques, les bandes rivales et les hommes de main (dont Jean-François ­Stévenin). Le Pont du Nord caresse ainsi un ima­ginaire paranoïaque de surveillance, où le réseau ­urbain n’est pas seulement une ­ligne de fuite, mais aussi une forme d’omniscience autoritaire qui enserre de plus en plus les existences vagabondes et marginales.
Strié de scènes éblouissantes (dont une mémorable virée dans le métro aérien), Le Pont du Nord se traverse comme un formidable traité de résistance et de défi : à la mélancolie de Marie (donc des ­années 1970), Baptiste (l’avenir hirsute) oppose sa quête solitaire et chevaleresque, celle d’affronter les dragons métaphoriques qui se cachent sous l’apparence trompeuse du mobilier urbain. Et c’est en surprenant le rire incontrôlé de son actrice Pascale Ogier, lors de son grand combat final (au ­karaté) contre Jean-François Stévenin, que Rivette déniche à terme, dans un moment d’une grâce infinie, la case « trésor » de son formidable jeu de l’oie : la vérité du geste et le secret du cœur.

Film français de Jacques Rivette (1981), 1 Blu-ray + 1 DVD, Potemkine, 19,90 €. Sur le Web : www.potemkine.fr et www.facebook.com/boutiquepotemkine



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le film d’animation (1946) réunit trois récits sur les décombres de la guerre.
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« La Révolte des jouets » : la revanche des marionnettes tchèques

Le film d’animation (1946) réunit trois récits sur les décombres de la guerre.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 10h00
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Hermina Tyrlova (1900-1993), pionnière du cinéma d’animation tchèque et spécialiste de l’animation en volume à qui l’on doit notamment Ferda la fourmi (1944), n’aura pas attendu Toy Story pour imaginer que les jouets pouvaient prendre vie au cinéma. Dès 1946, elle signe ce petit joyau intitulé La Révolte des jouets, hymne à la résistance composé sur les décombres de la seconde guerre mondiale. Comme on s’en rendra compte, Hermina n’a pas davantage attendu Qui veut la peau de Roger Rabbit pour organiser la rencontre saugrenue de l’animation en volume et de la prise de vue réelle.
A la porte d’une ruelle sombre qui pourrait être celle du vieux Prague, un louche gestapiste observe par la fenêtre un honnête fabriquant de marionnettes tchèque qui est, précisément, en train de s’amuser avec une figurine à moustache carrée qui lève mécaniquement le bras, résumant sous la forme d’un distributeur de Pez le grotesque Adolf. Quand le nazillon force l’entrée de la masure, le brave homme s’enfuit par la fenêtre, jetant au passage le Führer dans un poêle, geste comique non dénué de profondeur tragique pour peu qu’on pense ici – et comment ne pas y penser – aux innombrables victimes d’Hitler anéanties dans les fours crématoires.
Un hommage à Skupa
Comment ne pas penser non plus, en l’occurrence, au terme par lequel les nazis, dans la métalangue euphémistique qui était la leur, désignaient leurs victimes dans les camps, par ce mot de « figuren » qui désigne, justement, des marionnettes, des figurines. On assistera donc ici à la revanche des marionnettes, spectacle qu’il est néanmoins permis aux tout-petits de savourer dans la pleine innocence de leur âge et du contexte historique où baigne ce récit faussement naïf, soutenu par la composition joyeusement dissonante de Julius Kalas. L’étrange ballet commence à l’entrée du gestapiste, au demeurant interprété par un acteur juif autrichien, Eduard Linkers, qu’on retrouvera notamment, bien plus tard, dans La Marquise d’O, d’Eric Rohmer. Inspectant rageusement la boutique, renversant meubles et figurines, tirant sur tout ce qui bouge, l’homme finit par s’estourbir lui-même avec le couvercle d’un coffre, moment judicieusement choisi par les marionnettes pour passer à la contre-attaque.
Un cinéma d’animation dont la riche histoire s’est souvent écrite avec des marionnettes et des poupées
Singes, chevaux, chiens, canards, éléphants, marins, coucous, pompiers, soldats d’infanterie et artilleurs se liguent contre le géant pour le faire déguerpir, à grands coups de canon dont l’obus d’honneur sera Adolf Hitler en personne, tiré intact du poêle qui était éteint, et propulsé, sauf votre respect, directement et profondément, dans le fondement de son subordonné en train de prendre la poudre d’escampette sous la mitraille. Deux autres films complètent ce clou du programme. De la même réalisatrice, construit sur le même mélange de prises de vue réelles et d’animation, La Berceuse (1947) montre deux jouets en bois charmant à un bébé en chair et en os pour l’endormir, une fois la porte de la chambre fermée. L’Aventure de minuit, signé de Bretislav Pojar en 1960, est quant à lui de la pure animation d’objets, mais joue sur le même motif de l’éveil nocturne des jouets, en l’occurrence un petit train de bois en rivalité avec un rutilant train électrique.

        Lire la critique des « Nouvelles Aventures de Ferda la fourmi » :
         

          La saga d’un petit insecte tchèque



Ce programme très recommandable révèle donc quelques films oubliés ou méconnus d’un cinéma d’animation dont la riche histoire s’est souvent écrite avec des marionnettes et des poupées (Karel Dodal, Karel Zeman, Jiri Trnka, Jan Svankmajer, pour ne citer que quelques éminents représentants du genre). L’attrait de l’animation tchèque pour cette technique particulière s’enracine sans doute dans l’histoire non moins brillante du théâtre tchèque de marionnettes, dont Josef Skupa fut la figure tutélaire. Il n’est à cet égard pas interdit de voir dans La Révolte des jouets un hommage à Skupa, dont le théâtre fut fermé en 1944 par la Gestapo et l’auteur jeté dans la prison de Dresde, dont il se libérera à la faveur des bombardements alliés. L’art libératoire de la marionnette tchèque pourra dès lors défier le stalinisme.

Film d’animation tchèque d’Hermina Tyrlova et Bretislav Pojar (33 minutes). Sur le Web : www.facebook.com/malavidafilms et www.malavidafilms.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le réalisateur Jhonny Hendrix Hinestroza évoque un vieux couple pendant la période de restrictions qu’a connue l’île.
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« Candelaria » : à Cuba, d’amour et d’eau fraîche

Le réalisateur Jhonny Hendrix Hinestroza évoque un vieux couple pendant la période de restrictions qu’a connue l’île.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 09h19
   





                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Les autorités castristes, qui ont toujours su passer sans effort du lyrisme à la nov­langue, ont appelé cette époque « période spéciale en temps de paix ». C’était après la chute du mur de Berlin, lorsque Cuba se trouva privée du salami hongrois et du fromage bulgare, qui complétaient l’ordinaire, et de bien d’autres choses encore, au point qu’une bonne partie de la population fut frappée de malnutrition.
Le réalisateur colombien Jhonny Hendrix Hinestroza a voulu ressusciter ce moment cruel de l’histoire de l’île et en faire l’écrin d’un amour finissant. C’est un projet étrange, qui trouve son sens grâce à la présence à l’écran de deux acteurs de l’île, Alden Knight et Veronica Lynn. Ils donnent une chair lasse et frémissante à ces vieux amants, qui se débattent entre la pénurie et l’approche de la fin.
Victor Hugo (c’est son prénom) traîne son emphysème dans une fabrique de cigares où sa tâche consiste à lire la presse gouvernementale à ses collègues plus jeunes. Candelaria est lingère dans un de ces grands hôtels qui commençaient alors à accueillir un tourisme de masse, et parfois chanteuse dans une boîte de nuit. Ils ont tous deux passé les 70 ans depuis longtemps.
Erosion de tous les désirs
Hinestroza filme avec attention leur intérieur décati, où la vieille dame élève des poussins, plus pour la compagnie que dans l’intention de les faire cuire quand ils seront poulets. C’est un appartement mal éclairé, sur lequel l’obscurité s’abat au rythme des coupures de courant. Victor Hugo rapporte parfois une boîte de cigares soustraite à l’attention de l’encadrement et la revend à un ami plus jeune, qui traficote afin de financer son futur exil en Floride.
En insistant sur ces détails matériels, sur l’érosion de tous les désirs qu’entraîne la lutte quotidienne contre la pénurie, le cinéaste colombien trouve un rythme à la fois modeste et implacable, adouci par l’attention qu’il porte à ses personnages. Il montre ce qui tient : le système de santé, une culture faite de musique et de base-ball, et ce qui se défait : l’adhésion à un idéal politique, la foi dans l’avenir. Poussins et cigares font vivre le couple dans la crainte perpétuelle d’une descente des comités de défense de la révolution (CDR). Cette crainte abîme leur vie bien plus que des CDR qu’on ne verra jamais.
Les deux vieillards se mettent à se filmer, réveillant une passion qu’ils croyaient éteinte
Mais un jour, Candelaria trouve une caméra vidéo dans le panier à linge de l’hôtel. Au lieu de la rendre, ou de la revendre, elle la rapporte et les deux vieillards se mettent à se filmer, réveillant une passion qu’ils croyaient éteinte.
Cette audace bienvenue dans le scénario est un piège dont Jhonny Hendrix Hinestroza ne sait comment se sortir. L’intervention d’un vrai méchant, qui veut – et on peine à le croire – faire du couple des stars du porno amateur, et une succession de malheurs déportent le film du côté du mélodrame. Il ne s’en remet pas tout à fait, mais la conviction douce et ferme des acteurs et le plaisir manifeste que prend le cinéaste à filmer La Havane dans toute sa splendeur défaite permettent de ne pas sortir de la douceur ambiante du film.



Film colombien et cubain de Jhonny Hendrix Hinestroza. Avec Alden Knight, Veronica Lynn, Manuel Viveros (1 h 27). Sur le Web : www.sddistribution.fr/film/candelaria et www.facebook.com/sophiedulacdistribution



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Dans le rôle d’un vieillard confronté à un passé pas toujours reluisant, Jim Broadbent fait sortir cette production britannique des clichés du genre.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

« A l’heure des souvenirs » : la recherche des sixties perdues

Dans le rôle d’un vieillard confronté à un passé pas toujours reluisant, Jim Broadbent fait sortir cette production britannique des clichés du genre.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h57
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Les autorités du Royaume pourraient décerner un label « British Quality » à la catégorie de films dont relève A l’heure des souvenirs. Destinés – comme Indian Palace, The Lady in the Van ou Confident Royal – à un public qui peut faire valoir sa réduction senior, employant des acteurs nés, comme ces spectateurs, pendant le baby boom, ces longs-métrages se caractérisent par une mise en scène qui peut être délicate (dans le meilleur des cas) ou précautionneuse, par fascination bien tempérée pour les maux de la vieillesse, au premier rang desquels la nostalgie.
Adapté d’un roman de Julian Barnes – qui pourrait obtenir le prix Nobel du temps qui passe, s’il existait – A l’heure des souvenirs se classe, de justesse, parmi les réussites du genre. Comme dans 45 ans, d’Andrew Haigh, ce qui reste – à force de privatisations et de rationalisations – du Royal Post Office joue ici le rôle de deus ex machina. Par un beau matin d’une retraite déjà bien entamée, Tony Webster (Jim Broadbent) reçoit une lettre à en-tête d’un cabinet d’avocat lui annonçant qu’il a hérité du journal intime d’Adrian Finn, qui fut, un demi-siècle plus tôt, son camarade de pensionnat et d’université. Le vieillard, qui occupe ses journées en vendant des Leica de collection hors de prix, est forcé de revenir sur un passé dont il n’avait conservé qu’un souvenir vague et idyllique.

        Lire la critique de « 45 ans » :
         

          Les pièges de l’amour et du temps



Une forme de vérité peu commune au cinéma
Le metteur en scène manie avec dextérité le matériau que requiert ce type d’ouvrage : les allers-retours entre le XXIe siècle et les années 1960, les transitions qui doivent arrimer des acteurs très différents aux mêmes personnages. Freya Mavor, par exemple, ne ressemble en rien à Charlotte Rampling dont elle est censée être l’incarnation juvénile.
Mais cet appareil n’est pas au centre des préoccupations de Ritesh Batra. Le réalisateur de The Lunchbox, trace très attentivement le parcours du vieillard qu’est devenu Tony Webster, forcé d’entrer dans les détails pas très reluisants de sa biographie. Plus qu’en Charlotte Rampling – qui reste une présence périphérique, quoique impressionnante – c’est avec Harriet Walter, qui incarne avec vigueur son ex-épouse, que Jim Broadbent peut développer son personnage, en effeuiller les strates : du boutiquier ronchon, presque dickensien qui forme la couche extérieure à l’adolescent pusillanime qui survit tout au fond de lui-même. Grâce à ses interprètes, A l’heure des souvenirs parvient à une forme de vérité peu commune au cinéma.

Film britannique de Ritesh Batra. Avec Jim Broadbent, Charlotte Rampling, Harriet Walter (1 h 48). Sur le Web : www.alheuredessouvenirs-lefilm.com et www.facebook.com/alheuredessouvenirs



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Francis Lawrence retrouve son actrice d’« Hunger Games » dans un film d’espionnage mêlant violence et érotisme.
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« Red Sparrow » : Jennifer au pays de Vladimir

Francis Lawrence retrouve son actrice d’« Hunger Games » dans un film d’espionnage mêlant violence et érotisme.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h42
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 10h46
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
En ce moment si délicat des relations de la Russie avec le reste du monde, baigné de relents de Novitchok, voici l’équivalent cinématographique et contemporain de Tintin au pays des Soviets : Red Sparrow puise dans un inépuisable réservoir de cruauté et de duplicité, la Russie contemporaine. Dans ce pays où l’on parle anglais avec l’accent slave, il n’est pas un domaine qui échappe à la malévolence de l’Etat, du système de santé au corps de ballet, en passant par (et en insistant longuement sur) les services de renseignement.
De cet enfer émerge Dominika Egorova, héroïne malgré elle, qui parvient à peine à préserver son intégrité physique et morale face aux assauts de l’impérialisme grand-russe qui veut faire d’elle une marionnette au service de ses visées maléfiques. Elle ne trouvera de salut qu’en se réfugiant dans les bras (armés) des Etats-Unis d’Amérique.
Si l’on fait abstraction du ton belliqueux du film de Francis Lawrence et ses prétentions à l’exactitude géopolitique, le mélange d’érotisme bon marché, de violence et de perversité du film exerce une certaine fascination. Elle doit beaucoup à la présence de Jennifer Lawrence au centre du film. Pour interpréter Dominika Egorova, la jeune star a suivi le réalisateur des trois derniers épisodes d’Hunger Games sur le permafrost glissant de ce scénario emprunté à l’auteur de romans d’espionnage (et ex-agent de la CIA) Jason Matthews.

        Lire la critique d’« Hunger Games. La Révolte (partie 2) » :
         

          Jeux efficaces



Au début du film, Dominika est danseuse étoile au Bolchoï, ce qui lui permet de subvenir aux besoins de sa pauvre maman, qui est bien malade. Un soir de représentation, son partenaire de pas de deux tombe sur elle si lourdement qu’il lui brise net le tibia. Dominika ne pourra plus jamais danser, et le Bolchoï ne paiera plus les soins dont sa mère a besoin. Heureusement, son oncle Vania (on n’est pas chez les incultes) Egorov (Matthias Schoenaerts) travaille au SVR, le service de renseignement extérieur qui a succédé à la première direction du KGB. Oncle Vania lui propose de s’inscrire dans l’école des moineaux (en anglais sparrows), où de jolis jeunes gens apprennent à utiliser leurs charmes pour compromettre et obtenir des renseignements sur les ennemis de mère Russie. La directrice a toute l’autorité et la perversité que Charlotte Rampling aime conférer à certains de ses personnages.

        Lire la critique d’« Hunger Games. La Révolte (partie 1) » :
         

          Fin d’un monde, première mi-temps



Dominika a un bon fond (c’est Jennifer Lawrence, quand même, celle qui a affranchi les adolescents du joug des jeux), et elle ne se fait guère d’illusions sur les buts de guerre froide de ses employeurs. Si bien que, quand sa route (en fait de route, il s’agit d’un couloir de piscine, à Budapest) croise celle d’un agent de la CIA à l’impressionnante musculature et au regard de chien battu (Joel Edgerton), l’amour et la défection ne sont pas loin.
Bon petit soldat
Pas loin, mais le film dure bien plus de deux heures, il faut additionner les retournements de situations, les dévoilements (que la pratique des bons auteurs du genre, John le Carré ou Robert Littell, rend prévisibles) et les morceaux de bravoure. On peut regretter qu’à ce rayon Francis Lawrence confonde souvent exposition de la souffrance des corps et mise en scène. On parle ici non seulement du sort de nombre de personnages secondaires (la colocataire et collègue de Dominika à Budapest, que joue Thekla Reuten, ou l’assistante parlementaire américaine incarnée par Mary Louise Parker, entre autres), mais surtout de l’usage que le cinéaste fait de Jennifer Lawrence.
On peut regretter que Francis Lawrence confonde souvent exposition de la souffrance des corps et mise en scène
On dirait que l’insolente santé dont fait preuve l’actrice doit être systématiquement ravagée, par l’accident qui l’éloigne de la scène, l’entraînement à la perversion qu’elle reçoit à l’école, les affrontements physiques avec les agents de tout bord, dont elle sort victorieuse mais pas indemne, auxquels il faut ajouter l’épreuve qui l’attend à la fin du film.
Autour de ce bon petit soldat, le réalisateur aligne une armée de méchants grand-guignolesques, qui forment la hiérarchie du SVR. Jeremy Irons ronronne comme le plus retors des matous, Ciaran Hinds fait un sympathique boucher (de toute la distribution, c’est bien le seul qui aurait pu trouver une place dans La Mort de Staline) et Matthias Schoenaerts incarne avec une froideur terrifiante la modernité poutinienne. L’air de famille qu’il se trouve avec l’actuel président de la Fédération pourrait lui valoir le rôle-titre dans un éventuel biopic, mais il mesure 20 centimètres de plus que son éventuel modèle. Ce genre de détail n’arrête pas Hollywood, comme le prouve Red Sparrow.

Film américain de Francis Lawrence. Avec Jennifer Lawrence, Joel Edgerton, Matthias Schoenaerts (2 h 21). Sur le Web : www.foxfrance.com et www.facebook.com/RedSparrowLeFilm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ L’auteur de « Blancanieves » tente de transposer la fantaisie de son succès de 2012 dans la capitale espagnole, de nos jours. L’expérience s’avère décevante.
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« Abracadabra » : à Madrid, la magie de Pablo Berger n’opère plus

L’auteur de « Blancanieves » tente de transposer la fantaisie de son succès de 2012 dans la capitale espagnole, de nos jours. L’expérience s’avère décevante.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h36
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Avec Blancanieves, sorti en 2012, Pablo Berger avait touché la zone érogène entre pastiche et invention poétique. Sa réinterprétation du mythe de Blanche-Neige dans une Séville pré-franquiste avait séduit bien au-delà des Pyrénées. Abracadabra tente de rééditer l’exploit, remplaçant la cité andalouse par Madrid, les années 1920 par le XXIe siècle. Mais la greffe magique ne prend pas sur l’âge numérique.
Carmen (Maribel Verdu, qui était Blanche-Neige dans le film précédent) est une femme au foyer affligée d’un mari d’un machisme imbécile (Antonio Torres). Au hasard d’une fête de mariage, celui-ci est hypnotisé par un amateur et sort de sa transe habité par un mystérieux esprit, à la fois plus prévenant, mais aussi bien plus inquiétant que celui du légitime propriétaire du corps.
Surenchère dans l’invraisemblable
Recourant à des gags qui avaient pris leur retraite en même temps qu’Abbott et Costello, Pablo Berger tente de sauver son film en surenchérissant dans l’invraisemblable. On verra un singe sur une grue, un serial killer produit d’un Œdipe mal liquidé (figure récurrente du cinéma espagnol), un mage minable qui s’est fait la tête de Raspoutine.
Cette accumulation devrait constituer une masse critique pour faire basculer le film du côté de la fantaisie. Il n’en est rien, et Abracadabra ne se départ jamais de son rythme pépère. Si l’on y trouve de l’intérêt, c’est dans ce qu’il montre de la vie quotidienne à Madrid, de cette persistance de gestes et d’habitudes pré-industriels au temps des portables et d’Internet. Cette désuétude s’accorde bien avec l’humour un peu fatigué du film.

Film espagnol de Pablo Berger. Avec Maribel Verdu, Antonio Torres, Javier Anton (1 h 33). Sur le Web : www.condor-entertainment.com/abracadabra-la-salle



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Biographie du dessinateur tétraplégique et alcoolique John Callahan, le nouveau film de Gus Van Sant est une production conventionnelle.
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« Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot » : le sevrage de John

Biographie du dessinateur tétraplégique et alcoolique John Callahan, le nouveau film de Gus Van Sant est une production conventionnelle.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h24
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h09
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Le seizième long-métrage de Gus Van Sant, Nos Souvenirs, présenté en 2015 à Cannes, était si raté qu’une amélioration était inévitable. Et de fait, le dix-septième marque un net progrès. Dans la veine des productions les plus conventionnelles du réalisateur (Will Hunting, A la rencontre de Forrester), Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot a au moins le mérite de la cohérence, et le secours d’interprètes qui semblent croire à ce qu’ils font. Manque l’acuité qui semblait pourtant inhérente au matériau sur lequel Van Sant a écrit son scénario. Il s’agit de l’autobiographie de John Callahan, dessinateur humoristique qui se distinguait par un sens de l’humour dépourvu de toute bienséance et par la paralysie de ses quatre membres, qui lui laissait à peine la liberté de croquer ses petits personnages – parmi lesquels le paralytique dont ses poursuivants disent, après avoir retrouvé sa chaise roulante dans le désert, « Ne vous inquiétez pas, il n’ira pas loin à pied » (en anglais, « Don’t Worry, He Won’t Get Far on Foot »).
Si Callahan était paralysé, c’était qu’il avait pris une voiture un soir de beuverie. Et s’il a surmonté son handicap au point de devenir artiste à plein temps, c’est qu’il a rejoint les Alcooliques anonymes. Et c’est cette rédemption qui intéresse Gus Van Sant, le rituel des réunions, la dynamique qui anime les groupes, les progrès et les rechutes. Il y a la le matériau d’un chef-d’œuvre, comme le prouvera la lecture de L’Infinie Comédie, de David Foster Wallace.
Inquiétante intensité
Mais pas ici. Comme il lui arrive parfois, Gus Van Sant est très littéral. Il demande à – et obtient de – Joaquin Phoenix qu’il se glisse dans la peau d’un modèle pour tous les addicts, faisant dans le même mouvement œuvre de propagandiste pour l’organisation. L’acteur le fait avec l’inquiétante intensité qui le caractérise. Et au gré de son sevrage, son chemin croisera le personnage le plus intéressant du film, Donnie (Jonah Hill), riche héritier qui a échappé à la toxicomanie, mais pas au sida (l’action se déroule pour l’essentiel dans les années 1980). Hill compose avec beaucoup d’inventivité son personnage d’hédoniste à qui sa guérison de l’alcoolisme et la maladie interdisent le plaisir.
Reste tout ce que le film ne veut pas vraiment mettre en scène, se contentant de le montrer comme ça, en passant : le racisme et le sexisme des dessins de Callahan, la souffrance permanente des survivants, l’absurdité d’une discipline qui mène de toute façon à la même issue que la maladie. On aurait aimé que l’auteur de Prête à tout et d’Elephant se soucie moins de remplir des salles de cinéma (le film semble destiné à une belle carrière commerciale aux Etats-Unis) et plus d’accompagner ses personnages dans les recoins de leurs âmes tourmentées.

Film américain de Gus Van Sant. Avec Joaquin Phoenix, Jonah Hill, Jack Black, Rooney Mara (1 h 53). Sur le Web : www.metrofilms.com/films/dont-worry-he-wont-get-far-on-foot et www.facebook.com/DontWorryMovie



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Ce film historique sur le dilemme intime d’une pianiste prodige a tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible.
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« Mademoiselle Paradis » : mieux vaut croire que voir

Ce film historique sur le dilemme intime d’une pianiste prodige a tendance à tirer un peu trop sur la corde sensible.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h03
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 08h04
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Cinquième long-métrage de la réalisatrice autrichienne Barbara Albert, Mademoiselle Paradis s’inspire de l’histoire vraie de Maria Theresia Paradis, jeune pianiste prodige, aveugle depuis sa petite enfance, que ses parents, des aristocrates rigides et peu aimants, produisaient à la fin du XVIIIe siècle dans les salons de la haute société viennoise. Dans l’espoir de lui voir recouvrer la vue, ceux-ci la conduisent, alors qu’elle a 18 ans, chez le docteur Franz Anton Mesmer, médecin controversé versé dans des pratiques peu orthodoxes qui l’accueille comme pensionnaire dans son grand établissement rococo. À son contact, la jeune fille retrouve l’usage de ses yeux et, de là, une autonomie de mouvement et de pensée nouvelle, et un pouvoir de séduction dont elle était jusqu’alors totalement dépourvue.
Dilemme intime
Dans le même temps, à son grand désarroi, sa sensibilité musicale se dégrade. Ce dilemme intime s’inscrit dans un conflit plus vaste entre l’affirmation nouvelle de ses désirs et de sa personnalité et un ordre social, incarné au premier chef par ses affreux parents, qui n’aspire qu’à la soumettre à ses diktats. On est vite mis à distance par le traitement caricatural des personnages – plus bêtes et sadiques les uns que les autres à l’exception du médecin et de sa patiente –, symptôme d’une mise en scène globalement phagocytée par le travail de reconstitution historique. L’interprétation à fleur de peau que livre la jeune Maria-Victoria Dragus produit toutefois une forme d’émoi, qui persiste tout au long du film.

Film allemand et autrichien de Barbara Albert. Avec Maria-Victoria Dragus, Devid Striesow (1 h 37). Sur le Web : mademoiselle-paradis.com et ascdistribution.com



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Cette version numérique et frénétique du léporidé n’a qu’un lointain rapport avec le personnage bucolique imaginé il y a plus d’un siècle par l’Anglaise Beatrix Potter.
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« Pierre Lapin » : « power rongeur »

Cette version numérique et frénétique du léporidé n’a qu’un lointain rapport avec le personnage bucolique imaginé il y a plus d’un siècle par l’Anglaise Beatrix Potter.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 08h00
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h40
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Dans un jardin anglais, un vieillard tout dévoué à son potager succombe à une crise cardiaque. Pour célébrer ce décès, une bande envahit le joli cottage du défunt et le saccage. Ce n’est pas Les Chiens de paille, mais cette version de Pierre Lapin n’a qu’un lointain rapport avec l’univers bucolique de Beatrix Potter dont le film se réclame.
Gags bruyants
L’aquarelle edwardienne a cédé la place aux rongeurs de synthèse qui grouillent à l’écran autour d’acteurs de chair et de sang. Dans le premier camp, Pierre Lapin, version léporidée des sales gosses du cinéma américain des années 1980, Ferris Bueller et compagnie. Il est arrogant, téméraire et se croit drôle (il parle par la voix du comique britannique James Corden). Autour de lui, d’autres lapins, tous doublés par des stars, un cochon, un cerf (qui sera l’artisan du meilleur gag du film). Contre lui, l’héritier de feu le jardinier, un Londonien maniaque (Domnhall Gleeson), qui tombe amoureux d’une gentille peintre (Rose Byrne) alliée des lapins.
Au gré de gags bruyants destinés, dans des proportions équitables, aux tout petits auxquels le film est censé s’adresser et à leurs accompagnateurs, Pierre Lapin traverse son coin de campagne anglaise avec la délicatesse d’un train à grande vitesse.

Film d’animation britannique de Will Gluck. Avec Domnhall Gleeson, Rose Byrne (1 h 30). Sur le Web : www.pierrelapin-lefilm.com et www.facebook.com/PierreLapin.LeFilm



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Ce designer français fut moins prolifique que Pierre Paulin, mais la cote de ses créations ne s’est pas encore envolée.
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Les Puces du design rendent hommage à Olivier Mourgue

Ce designer français fut moins prolifique que Pierre Paulin, mais la cote de ses créations ne s’est pas encore envolée.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 10h58
    |

                            Clémentine Pomeau-Peyre








                        



   


Les Puces du design ne sont plus des puces ! La 38e édition de cette manifestation qui se tiendra du 5 au 8 avril, au Hall 7.1 de la Porte de Versailles, est baptisée Design Fair Paris. Une évolution expliquée par l’organisateur, Fabien Bonillo : « Avant notre installation en 2016 Porte de Versailles, nous n’exposions que des pièces vintage. L’augmentation de la surface d’exposition nous permet désormais d’accueillir des éditions actuelles de pièces design, des jeunes créateurs, des artisans d’art…  ».

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                Pierre Paulin, designer des présidents



Il rapproche sa manifestation des Design Fair existantes à l’étranger, et au sein desquelles les marchands ne craignent plus de mélanger ancien et contemporain. « Certains ne se reconnaissaient plus dans ce terme de puces, qui peut aussi avoir une connotation de brocante pour le public. » Un public de plus en plus averti d’après Fabien Bonillo, et qui apprécie les nouveaux locaux de la manifestation, plus grands et abrité des caprices météorologiques.
Jeunes loups des années 1960
Cette édition, dont le titre en anglais a également l’objectif avoué d’attirer une clientèle étrangère plus fournie, va pourtant rendre hommage à un designer bien français : Olivier Mourgue. Une exposition-vente sur 200 m² lui est entièrement consacrée, en grande partie grâce à l’enthousiasme du marchand Jean-Yves Allemand.

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Cet antiquaire du design installé à Poitiers est déjà l’auteur de l’exposition de 2015 des Puces du design sur Pierre Paulin (1927-2009). L’hommage à Olivier Mourgue (né en 1939) en est la suite logique : « Il a été moins prolifique que Paulin, qui est à l’origine de 280 assises différentes, tandis que Mourgue en compte une trentaine… Mais il faut s’y intéresser maintenant car il est encore en vie, et la cote de ses créations ne s’est pas encore envolée. Olivier Mourgue faisait partie, avec Guariche aussi, des jeunes loups des années 1960 qui ont voulu démocratiser le design. »
Le lien de proximité entre eux se retrouve sur la construction des meubles : une structure métallique, des sangles de soutien, de la mousse et du tissu. Avec pour résultat des meubles sans structure apparente, aux lignes courbes, et souvent colorés. Révolutionnaires pour l’époque ! un mobilier du futur, qui compte notamment la série Djinn, choisie par Stanley Kubrick pour figurer dans son film 2001: l’odyssée de l’espace.

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                Enchère record de plus de 2,2 millions d’euros à Nantes pour un tableau de Charles Meynier



Ces pièces restent abordables aujourd’hui, du fait de leur exploitation en grandes séries : comptez environ 3 600 euros pour une banquette avec accoudoirs ; 1 500 euros pour une chauffeuse. Idem pour le fauteuil Joker, estimé environ 1 000 euros.
En revanche, la série Montréal, beaucoup plus rare car éditée à peu d’exemplaires, n’a pas vraiment de cote. Elle a été commandée par le Mobilier national pour le pavillon français de l’Exposition universelle de Montréal, au Canada, en 1966. Le marchand estime l’ensemble (qui sera exposé à la Design Fair Paris) à environ 25 000 euros. Au total, un petit regret, à la fois du marchand et de l’organisateur : faute d’accord trouvé sur les conditions de sa venue, Olivier Mourgue ne viendra pas à l’inauguration de leur exposition.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ L’historien français Pap Ndiaye analyse la réalité de la ségrégation raciale aux Etats-Unis aujourd’hui malgré les avancées du mouvement pour les droits civiques.
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50 ans après sa mort, « il n’y aura jamais de victoire pour Martin Luther King »

L’historien français Pap Ndiaye analyse la réalité de la ségrégation raciale aux Etats-Unis aujourd’hui malgré les avancées du mouvement pour les droits civiques.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h05
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Historien, spécialiste des Etats-Unis, Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et professeur invité à Northwestern University. Auteur de La Condition noire (Calmann-Lévy, 2008) et des Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009), il a coécrit avec Andrew Diamond Histoire de Chicago (Fayard, 2013). Il analyse depuis la présidentielle l’état des forces des composantes de la société civile qui ­résistent à Donald Trump.
Cinquante ans après, que reste-t-il de la parole de King ? En quoi la société ­américaine a changé ­depuis sa mort ?
L’engagement religieux et politique de Martin Luther King consistait en un projet de portée historique : faire reculer les injustices immenses subies par les Noirs américains, faire qu’aucune personne ne soit plus jugée en fonction de la couleur de sa peau, abattre les murs d’hostilité et de méfiance entre Noirs et Blancs. Ce projet avait pour ambition de donner son plein accomplissement à la victoire de l’Union lors de la guerre de Sécession, qui avait certes abouti à l’abolition de l’esclavage en 1865, mais qui n’avait pas mené à une véritable libération pour les Noirs.
En effet, après un bref printemps démocratique (1865-1877), la ségrégation, la privation des droits civiques et les lynchages avaient remplacé l’esclavage, de telle sorte que les Noirs n’étaient libres que sur le papier glacé de la Constitution. La vérité est que, comme le disait si éloquemment King, ils étaient « relégués dans les coins de la société américaine et se trouvaient en exil dans leur propre pays ». Un siècle après la guerre de Sécession, c’est pour changer cela que King s’est battu.

Grâce au mouvement pour les droits civiques, la situation générale des Noirs a connu des progrès sidérants. Si King revenait dans ce monde, il serait sans doute stupéfait de ­constater l’existence d’une classe moyenne ­supérieure noire prospère,...




                        

                        

