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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : « L’Europe a besoin d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand »

L’initiative politique du président Macron sur l’IA pourrait trouver un relais dans la puissance technologique de l’industrie allemande, si celle-ci s’éveille enfin à cet enjeu stratégique, observe Stefan Heumann, codirecteur d’un think tank, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
    |

Stefan Heumann (Codirecteur de la Stiftung Neue Verantwortung (Fondation nouvelle responsabilité)







                        



                                


                            
Tribune. Après avoir assisté à un forum sur l’intelligence artificielle (IA), à Pékin, en janvier, le président français, Emmanuel Macron, a annoncé que l’Europe avait besoin d’une stratégie nationale en matière de big data et d’IA, afin d’être en mesure de rivaliser avec la Chine et les Etats-Unis, et de façonner l’avenir des marchés de la technologie autour des valeurs européennes. Il a réaffirmé cet objectif lors de la présentation, le 29 mars, du rapport du mathématicien et député (LRM) Cédric Villani sur l’intelligence artificielle.
e siècle
Mais pour y parvenir, il va devoir convaincre l’Allemagne d’opérer un virage stratégique radical dans son approche traditionnellement « lente et prudente » des enjeux de la transition technologique. Ce dont l’Europe a besoin en matière d’IA, c’est d’une ambition française soutenue par le moteur économique allemand.
Il ne fait plus aucun doute que la donnée sera le vecteur central de l’économie du XXIe siècle et que l’IA en sera la technologie-clé. La question est de savoir quels pays et quelles entreprises y parviendront les premiers, et quelles règles gouverneront à l’avenir ces nouveaux marchés. Les grands groupes technologiques de la Silicon Valley et de la Chine ont compris l’importance stratégique de cette innovation. Selon un rapport de McKinsey, ces groupes ont investi sur la seule année 2016 un montant compris entre 20 et 30 milliards de dollars (entre 16,3 et 24,4 milliards d’euros) en recherche et développement (R&D) dans l’IA.
L’Europe à la traîne
En 2017, les start-up chinoises ont capté pour la première fois davantage d’investissements en capital-risque que leurs rivales américaines. Mais contrairement à ce qui se passe aux Etats-Unis, où ce sont les grands groupes technologiques qui mobilisent la majeure partie des ressources, en Chine, le gouvernement n’abandonne...




                        

                        


<article-nb="2018/04/04/19-2">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Pour Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la France cherche à adapter ses filières de production au lieu d’explorer les voies de l’économie de l’usage.
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Intelligence artificielle : « Le concept d’industrie 4.0 propose de numériser le passé quand il faut imaginer l’industrie de demain »

Pour Bernard Charlès, directeur général de Dassault Systèmes qui s’exprime dans une tribune au « Monde », la France cherche à adapter ses filières de production au lieu d’explorer les voies de l’économie de l’usage.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
    |

Bernard Charlès (Vice-président du conseil d’administration et directeur général de Dassault Systèmes.)







                        



                                


                            
Tribune. A l’issue de la semaine de l’industrie (26 mars-1er avril) et du salon Global Industrie (27-30 mars), après l’annonce, le 26 février, d’une nouvelle nomenclature des filières industrielles par le Conseil national de l’industrie (CNI) sous l’impulsion du ministre de l’économie, il faut hélas constater que la pensée industrielle française est visionnaire… pour le XXe siècle, mais pas pour le XXIe.
La valeur, ce n’est plus le produit, mais son usage : nous sommes dans une économie d’expérience, où sujet et objet sont tenus solidairement
Les dix filières du CNI (automobile, aéronautique, ferroviaire, chimie et matériaux, alimentaire, etc.) sont l’inventaire d’une économie passée. La valeur, ce n’est plus le produit, mais son usage : nous sommes dans une économie d’expérience, où sujet et objet sont tenus solidairement. L’industrie du XXIe siècle est un réseau de création, de production et d’échange d’expériences. Bien au-delà de la filière automobile, par exemple, nos clients les plus avancés pensent « mobilité ».
Leurs écosystèmes innovants imaginent de nouveaux usages de transport en collaboration avec les villes, les commerçants, les citoyens. Pourquoi n’y a-t-il pas de filière ville intégrant services, gestion des ressources et urbanisme ? La notion même d’un découpage par filière est obsolète. Les filières du XXIe siècle dépassent les flux des pièces au profit de flux d’usages et de modèles virtuels, dans une économie des données.
Instaurer un patrimoine de savoir
L’industrie dite « 4.0 », qui visait initialement à promouvoir l’industrie d’un pays, n’est pas le modèle adopté en Chine, où les programmes Internet+ et Made in China 2025 visent à transformer « l’atelier du monde » en studio de design ; pas plus qu’en Corée du Sud, où le programme Creative Economy vise à faire converger science, technologie et culture ; ni même aux Etats-Unis, où l’on investit dans des...




                        

                        


<article-nb="2018/04/04/19-3">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel rappelle que les mesures susceptibles d’augmenter structurellement le rythme de croisière de la croissance sont entre les mains des gouvernements. A eux d’agir avant la prochaine crise.
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Croissance européenne : « Les abonnés au pessimisme économique donnent à nouveau de la voix »

Dans cette chronique, la journaliste Marie Charrel rappelle que les mesures susceptibles d’augmenter structurellement le rythme de croisière de la croissance sont entre les mains des gouvernements. A eux d’agir avant la prochaine crise.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 14h00
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Vu d’ailleurs. Le vent est-il sur le point de tourner en zone euro ? Peut-être bien, murmurent les abonnés au pessimisme économique, qui donnent de nouveau de la voix ces jours-ci. On ne les avait guère entendus depuis fin 2017, lorsqu’une brise euphorique se leva soudain sur l’union monétaire. Cédant à un optimisme auquel ils n’avaient pas goûté depuis dix ans, les grands instituts de conjoncture célébraient alors le retour d’une croissance solide, équilibrée et saine sur le Vieux Continent. Terminé, la crise et son pain noir !
Si l’activité se stabilise à un niveau trop faible, il sera plus difficile de réduire le chômage de longue durée, d’apurer les dettes, de financer nos systèmes sociaux et les investissements d’avenir
Depuis quelques semaines, pourtant, des nuages assombrissent de nouveau l’horizon conjoncturel. Il y a bien sûr les doutes entourant la fièvre protectionniste américaine et l’issue préoccupante des législatives italiennes. Mais ce n’est pas tout : les indicateurs avancés, censés annoncer les fluctuations à venir de l’activité, donnent désormais des signes de ralentissement. La dernière enquête de la Commission européenne, publiée le 27 mars, comme celle du cabinet IHS Markit, du 3 avril, dressent le même constat en demi-teinte. Le moral des entrepreneurs européens est un peu moins bon qu’il y a trois mois. La confiance des consommateurs fléchit.
Disons-le tout net : cela ne signifie pas que l’union monétaire est sur le point de replonger. Mais plutôt, que sa croissance a déjà atteint son pic. Passé l’effet rattrapage, elle va peu à peu retrouver son rythme de croisière. Et cela angoisse les économistes, car aucun n’est capable d’évaluer précisément ce dernier : 2 % par an ? 1,8 % ? Moins ? La question n’est pas seulement théorique. Si l’activité se stabilise à un niveau trop faible, il sera plus difficile de réduire le chômage de longue durée, d’apurer les dettes, de financer nos systèmes sociaux et les investissements...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Dans leur dernier essai, le chef économiste de la banque Natixis Patrick Artus et la journaliste Marie-Paule Virard dressent un réquisitoire bien révolutionnaire contre une finance mondiale qui semble n’avoir rien retenu de la crise de 2008.
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En finir avec le capitalisme (anglo-saxon)

Dans leur dernier essai, le chef économiste de la banque Natixis Patrick Artus et la journaliste Marie-Paule Virard dressent un réquisitoire bien révolutionnaire contre une finance mondiale qui semble n’avoir rien retenu de la crise de 2008.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 13h41
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Livre. Marx avait raison ! Cri du cœur étrange pour l’un des économistes les plus médiatiques de l’establishment français, Patrick Artus, chef économiste de la banque Natixis. Il est vrai que depuis plus de dix ans, ses ouvrages, écrits avec la journaliste Marie-Paule Virard, nous ont avertis successivement que le capitalisme allait s’autodétruire (2007), que la liquidité était incontrôlable (2010), que le monde allait au chaos (2015) et que les banques centrales étaient folles (2016). Pour son nouvel opus, toujours aussi optimiste, le duo se demande si les salariés, devant le sort qui leur est fait, n’allaient pas se révolter.
Pas d’augmentation, ni de hausse des prix : bienvenue dans le monde étrange de l’inflation zéro. Sauf pour les profits et les rémunérations des actionnaires et des PDG
Sans appeler ouvertement le peuple à sortir dans la rue les fourches à la main, les auteurs dressent un réquisitoire bien révolutionnaire contre la finance mondiale qui, au lieu de s’assagir après le coup de bambou phénoménal de la crise de 2008, est repartie de plus belle. Et bien pire même puisque la stagnation économique a révélé que le capitalisme financier, poussé par les grands investisseurs anglo-saxons, a gardé les mêmes critères de rendement sur capitaux investis alors que les taux d’intérêts s’étaient effondrés. Résultat, pour maintenir de telles rétributions aux actionnaires dans une économie atone, sous forme de dividendes ou de rachats d’actions, les entreprises ont fait porter aux salariés la charge de l’ajustement. D’abord en comprimant les salaires, puis en licenciant.
Mais ce n’est que la moitié, la plus connue, de l’histoire. L’autre, plus mystérieuse, est qu’avec la reprise, ancienne aux Etats-Unis, plus récente en Europe, un phénomène nouveau est apparu. Les entreprises ont engrangé les profits, acheté des concurrents mais n’ont pas investi, ni augmenté les salaires comme elles le faisaient dans les précédentes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ La politique d’accueil part d’un principe : le réfugié ment. Cette présomption rend encore plus difficiles ses démarches administratives et ajoute de nouveaux symptômes aux traumatismes liés à l’exil témoigne un collectif de psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes, dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Demandeurs d’asile : « Partout autour de nous, nous observons la récurrence de la suspicion »

La politique d’accueil part d’un principe : le réfugié ment. Cette présomption rend encore plus difficiles ses démarches administratives et ajoute de nouveaux symptômes aux traumatismes liés à l’exil témoigne un collectif de psychiatres, psychologues, psychothérapeutes et psychanalystes, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 12h38
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h51
    |

                            Collectif








                        



                                


                            

Tribune. Au quotidien, nous soignons des patients réfugiés. Ce sont des adultes seuls, en couple ou en famille, ce sont des mineurs isolés et des enfants. Ils sont originaires des Balkans ou du Caucase, d’Afrique, d’Asie du Sud-Est, du Maghreb ou du Proche-Orient. Ils sont tous demandeurs d’asile, déboutés de cette protection, des sans-papiers ou bénéficiaires de certains titres de séjour.
Ils souffrent de psychotraumatismes, voire de traumatismes physiques, à la suite des violences subies ou des menaces encourues : arrestations arbitraires, emprisonnements, tortures, viols, harcèlements, humiliations. Sans avoir pu bénéficier de la protection des autorités de leur pays.
S’ils se considèrent « chanceux » d’avoir pu partir et pour certains « d’être arrivés », quelquefois après un parcours migratoire à lui seul traumatisant, ils découvrent vite l’accueil indigne qui leur est réservé.
Ce que notre expérience professionnelle auprès de ces personnes nous apprend, c’est que cet accueil n’est pas respectueux de la dignité humaine. Cet accueil reste indigne en raison d’un paradigme qui domine, influence et conditionne toute la politique d’accueil : la présomption de mensonge, qui repose sur tout demandeur d’asile et le place d’emblée dans une position d’imposteur et non de victime potentielle.
Parcours du combattant
Sous ce prisme, de nombreuses demandes d’asile sont rejetées au motif que les menaces et persécutions alléguées sont « improbables », voire falsifiées. Mais surtout, c’est sur ce paradigme que repose toute une machinerie juridico-administrative qui fait de la demande d’asile un véritable parcours du combattant, avec un impact négatif et destructeur sur la santé psychique de nos patients.

Et parce qu’il repose sur cette présomption de mensonge, le projet de loi sur un « droit d’asile effectif » [projet de loi Collomb « pour une immigration maîtrisée et un droit d’asile effectif », présenté...




                        

                        


<article-nb="2018/04/04/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.
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« L’hôpital public est à l’agonie »

Le professeur Rémy Nizard constate, dans une tribune au « Monde », que l’hôpital public est à bout de souffle. Il identifie six pistes à suivre afin de sortir de la situation actuelle, parmi lesquelles la remise en cause des 35 heures pour les médecins salariés moyennant des compensations.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 12h18
    |

Rémy Nizard (Chef du service de chirurgie orthopédique et traumatologie, hôpital Lariboisière)







                        



                                


                            

Tribune. L’hôpital public est une cocotte-minute prête à exploser. Après trente-quatre ans d’observation de tous les changements, parfois voulus mais le plus souvent subis, il convient de dresser un bilan très préoccupant.
Je dois constater que le système est à l’agonie, il s’est épuisé, s’est échoué maintenant, sur la tarification à l’activité qui a constitué l’estocade. Ce mode de financement a eu la vertu de remettre un sens économiquement pertinent à l’activité hospitalière, il a permis un gain de productivité nécessaire à l’époque où il a été initié. Mais aujourd’hui à force de pression et d’injonctions paradoxales, il mène à l’épuisement des soignants et au désengagement qui s’y associe.
Les tragiques événements dans différents hôpitaux en France, même s’ils ne peuvent être analysés à la seule aune du travail hospitalier intense, sont des signaux d’alarme à prendre en compte. Comme responsable élu d’une communauté médicale, je vois tous les jours les conséquences de cette course sans fin vers un idéal inaccessible : faire parfait pour tout avec des moyens qui, par la force de l’objectif national de dépenses d’assurance-maladie (Ondam), diminuent.
Le royaume de l’injonction paradoxale
La catastrophe de l’application des 35 heures a désorganisé un équilibre fragile en limitant les nécessaires temps d’échanges et de lien social. L’hôpital est devenu le royaume de l’injonction paradoxale. Ceci s’exprime à tous les niveaux dans tous les métiers. Les cadres, tout d’abord, pris entre le marteau d’une direction exigeante et l’enclume d’infirmiers coincés par un travail lourd physiquement et émotionnellement qui leur font remonter leurs difficultés.
Les infirmiers et infirmières, eux aussi pris entre des patients dont l’exigence est légitimement montée, des cadences accélérées liées aux progrès médicaux qui diminuent le temps passé par les patients à l’hôpital au profit d’une rotation plus rapide, des moyens humains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. La loi pour l’« évolution du logement, de l’aménagement et du numérique », dite loi ELAN, est présentée mercredi 4 avril en conseil des ministres. Ambitieux, ce texte reste cependant imprécis, ce qui laisse craindre une efficacité limitée.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Réforme du logement : un chantier inachevé

Editorial. La loi pour l’« évolution du logement, de l’aménagement et du numérique », dite loi ELAN, est présentée mercredi 4 avril en conseil des ministres. Ambitieux, ce texte reste cependant imprécis, ce qui laisse craindre une efficacité limitée.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h25
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 16h32
   





                        



   


Editorial du « Monde ». L’intitulé du projet de loi sur le logement, présenté mercredi 4 avril en conseil des ministres, a le mérite d’être évocateur : « ELAN » pour « évolution du logement, de l’aménagement et du numérique ». De l’« élan », le gouvernement en aura effectivement besoin pour être à la hauteur de son ambition, qui consiste à créer « un choc de l’offre » en construisant « plus, mieux et moins cher », tout en protégeant les plus vulnérables.
La politique du logement en France a incontestablement besoin d’un ravalement important. Chaque année, l’Etat y consacre 40 milliards d’euros, sous la forme d’aides publiques, sans que la situation s’améliore en proportion de cet effort. Malgré les soutiens à la construction, le nombre de permis n’arrive pas à suivre le rythme de l’évolution démographique. Par ailleurs, la France a beau compter deux fois plus de logements sociaux que la moyenne européenne, on compte plus de 4 millions de mal-logés. L’offre d’habitations à loyer modéré (HLM) est à la fois mal répartie sur le territoire et mal utilisée. Ainsi, en zone urbaine, les locataires les plus pauvres sont majoritairement logés dans le parc privé, alors que, dans le même temps, un quart des occupants des logements sociaux appartiennent à la moitié la plus aisée de la population.
Soixante-six articles
La loi ELAN ne manque pas d’ambition au travers de ses soixante-six articles. Il s’agit à la fois de simplifier le code de la construction pour faciliter l’obtention des permis et accélérer les mises en chantier, rationaliser un secteur des HLM trop éclaté, faciliter l’accès au logement pour les étudiants ou les actifs en contrat à durée déterminée ou encore durcir la législation pour lutter contre les marchands de sommeil.
Mais, à vouloir s’attaquer à autant de sujets en même temps, le texte a comme un parfum d’inabouti, dans la mesure où la plupart des sujets sont renvoyés à des ordonnances, dont le contenu est encore à préciser. C’est le cas, notamment, de la réforme du code de la construction. Le toilettage consiste à limiter les concours d’architecture, à accélérer les jugements en cas de recours abusif, à alléger les règles d’accessibilité des handicapés, à rendre consultatif et non obligatoire l’avis des architectes des bâtiments de France et à promouvoir la construction préfabriquée. Voilà pour les objectifs. Le mode d’emploi, lui, reste à écrire. Or, dans ce domaine comme dans tant d’autres, le diable se cache dans les détails.
Bond ou saut de puce ?
La réforme des HLM semble plus mûre. Le gouvernement veut rendre le système plus équitable en réexaminant tous les six ans la situation des locataires pour voir si elle correspond à leurs droits et à leurs besoins. De leur côté, les bailleurs ­sociaux sont appelés à se regrouper pour gagner en efficacité. Enfin, il s’agit de ­dynamiser le parc en accélérant les ventes de logements sociaux pour en financer de nouveaux. Un pari, alors que la loi de finances vient d’amputer les recettes du secteur de 1,5 milliard d’euros.

        Lire aussi :
         

                Logement : un projet de loi « touche à tout » pour favoriser la mixité sociale



Toute la question consiste à savoir si la loi ELAN n’est qu’une loi de plus qui connaîtra le même sort que les précédentes, qu’elles se nomment ALUR, Molle, ENL ou « égalité et citoyenneté ». Chacune avait son lot de bonnes intentions, mais leur application laisse à désirer, certaines mesures phares n’étant toujours pas entrées dans les faits. Cette fois-ci, le gouvernement propose de faire un bond. En l’absence d’objectifs chiffrés et de calendrier précis toutefois, celui-ci risque de se transformer en saut de puce.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.
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Spotify : le leader mondial du streaming musical en chiffres

Le leader mondial du streaming musical a fait ses premiers pas en Bourse mardi 3 avril à New York. A Wall Street, l’action a terminé à 149,01 dollars, en recul de 10,18% par rapport au prix d’introduction fixé à 165,90 dollars. Malgré ce repli, le cours de clôture valorisait Spotify à 26,5 milliards de dollars.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h07
    |

            Philippe Da Silva et 
                                Maxime Mainguet








                        


Le leader du streaming musical payant
La firme suédoise dirigée par Daniel Ek est pour l’instant l’intouchable leader du streaming musical payant. Au 31 décembre 2017, Spotify comptait 71 millions d’abonnés, soit presque le double d’Apple Music. Mais il est vrai que le service de la marque à la pomme a été lancé plus récemment - en 2015 - alors que son rival scandinave a démarré en 2008.

   



        Lire aussi :
         

                Spotify : Daniel Ek, le roi du streaming qui a révolutionné la musique



 
Une croissance soutenue
Spotify est le leader d’un secteur en forte croissance. Le marché du streaming a progressé de 60 % entre 2015 et 2016, selon l’IFPI (International Federation of the phonographic industry).

   


Une grande part de cette croissance a été captée par Spotify. Le chiffre d’affaires de l’entreprise est ainsi passé de 700 millions d’euros en 2013 à 4 milliards en 2017. Ces résultats sont portés par un nombre grandissant d’abonnés payants.
 
L’entreprise essuie toujours des pertes, notamment du fait d’opérations de financement
 
Pour autant, ce succès auprès des fans de musique ne permet pas à l’entreprise d’équilibrer ses comptes. Elle a ainsi accusé 1,2 milliard d’euros de pertes en 2017, dont 378 millions directement liés à l’exploitation.

   



        Lire aussi :
         

                Les débuts réussis de Spotify, le numéro 1 du streaming musical, en Bourse



L’autre partie de cette perte est d’origine financière. Elle est consécutive à l’émission au printemps 2016 d’un milliard d’euros de dettes convertibles. Il était prévu que le taux de cette dette, fixé initialement à 5 %, grimperait d’un point tous les six mois si l’introduction en Bourse de la société intervenait plus de 12 mois après l’émission, ce qui a été le cas. De quoi expliquer une partie non-négligeable des pertes de l’entreprise, et son intérêt à entrer en Bourse.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans « Hôpitaux en détresse, patients en danger », Philippe Halimi et Christian Marescaux rassemblent des témoignages de médecins sur le malaise au sein des hôpitaux qui s’est intensifié, selon eux, depuis la loi Bachelot de 2009.
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Des médecins de l’hôpital public contre la « gouvernance toxique »

Dans « Hôpitaux en détresse, patients en danger », Philippe Halimi et Christian Marescaux rassemblent des témoignages de médecins sur le malaise au sein des hôpitaux qui s’est intensifié, selon eux, depuis la loi Bachelot de 2009.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h06
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 11h48
    |

            François Béguin








                        



                                


                            

Livre. Sur la couverture, trois mots en forme de supplique : « Arrêtez le massacre ! » Le ton est donné. Ici, pas de constat froid et distancié de la situation de l’hôpital public, mais un cri d’alarme lancé par des médecins en colère. L’ouvrage se présente comme un sévère réquisitoire contre la loi Bachelot de 2009, qui a donné les clés de l’hôpital à des directeurs et des manageurs, « avec pour seule ambition l’équilibre financier ». Cette loi n’aurait, selon les auteurs, entraîné que « souffrance, incompréhension et une prise en charge du patient dégradée. »
Parmi les victimes de cette « recherche du profit », les praticiens hospitaliers. Ou du moins certains d’entre eux, pour qui l’hôpital, leur outil de travail, est devenu un lieu de souffrance, parfois jusqu’à s’en donner la mort. De Paris à Grenoble, de Toulouse à Besançon, l’ouvrage ébauche une carte de France des situations où, ces dernières années, des médecins ont perdu pied face aux injonctions de l’administration, victimes de « harcèlement moral ».
Une « maltraitance institutionnelle »
« Dans le milieu hospitalier, le harcèlement a été utilisé, consciemment ou non, comme technique de management », dénoncent les auteurs. Pour eux, les règles instaurées il y a une dizaine d’années, dans la foulée de la tarification à l’activité, ont contribué à mettre en place dans cet univers consacré au soin une « maltraitance institutionnelle » qui a longtemps été passée sous silence.

Le suicide par défenestration du professeur Jean-Louis Mégnien à l’hôpital Georges-Pompidou, à Paris, le 17 décembre 2015, en serait un exemple. Son geste de désespoir, le cardiologue le commet à l’issue d’une douloureuse « descente aux enfers » de trois années au cours de laquelle il s’est progressivement vu « placardisé » et mis à l’écart.
Sa mort constitue un « puissant électrochoc », écrit...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Analyse. Pour notre correspondante à Bruxelles Cécile Ducourtieux, la nomination par le président de la Commission européenne de son bras droit l’Allemand Martin Selmayr comme secrétaire général de l’institution est du pain bénit pour les europhobes.
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Les travers de la gestion Juncker

Analyse. Pour notre correspondante à Bruxelles Cécile Ducourtieux, la nomination par le président de la Commission européenne de son bras droit l’Allemand Martin Selmayr comme secrétaire général de l’institution est du pain bénit pour les europhobes.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 11h00
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



                                


                            
Analyse. L’affaire Selmayr, qui défraye depuis plusieurs semaines la chronique de la « bulle » bruxelloise, agit comme un véritable révélateur des failles de la commission Juncker. Une commission tellement politique qu’elle semble avoir oublié qu’en tant que gardienne des traités elle doit s’en tenir à la lettre mais aussi à l’esprit des règles européennes. Et une institution dont le président, Jean-Claude Juncker, a développé à l’égard de son bras droit, Martin Selmayr, une si grande dépendance que ce dernier, un Allemand de 47 ans, concentre des pouvoirs inédits et jugés problématiques.
le correspondant de « Libération » est le premier à dénoncer un « coup d’état »
Résumons les faits : le 21 février, M. Juncker débarque dans la salle de presse de la Commission, à Bruxelles, pour annoncer la nomination surprise de son directeur de cabinet, M. Selmayr, au poste de secrétaire général de l’institution, la plus haute fonction de cette administration de trente-trois mille fonctionnaires. Les commissaires, réunis quelques instants plus tôt en collège, ont été mis devant le fait accompli mais n’ont pas protesté.

Jean Quatremer, le correspondant de Libération, est le premier à dénoncer un « coup d’Etat ». La Commission commence à traiter l’affaire par le mépris, s’enferre dans ses explications, prétendant, par exemple, qu’il y a d’abord eu « plusieurs candidats » pour le poste de secrétaire général adjoint – auquel avait initialement postulé M. Selmayr et qui lui a ouvert la voie à celui de secrétaire général –, avant de reconnaître qu’ils n’étaient que deux. Et encore : la deuxième postulante s’est retirée avant d’être auditionnée par le DRH de la Commission, le commissaire Günther Oettinger.
Un respect « religieux » des règles
Les qualités de M. Selmayr, connu pour ses fulgurances et sa capacité de travail, ne sont pas en cause, répètent les journalistes et les eurodéputés, qui se saisissent rapidement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Troisième volet de la collection « Génie des mathématiques », Leonhard Euler, pionnier dont les idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens.
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Euler, le grand architecte des mathématiques

Troisième volet de la collection « Génie des mathématiques », Leonhard Euler, pionnier dont les idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h46
    |

                            Francis Clarke (Mathématicien, professeur de l’université de Lyon à l’Institut Camille Jordan)








                        



                                


                            
« Génie des mathématiques ». Leonhard Euler : le plus grand ­mathématicien de tous les temps ? Nous sommes nombreux à le penser. Né à Bâle (Suisse) en 1707, Euler se ­destine d’abord à l’Eglise, avant que des ­leçons privées avec le mathématicien Jean Bernoulli lui fassent découvrir sa passion pour les mathématiques. Il reste toutefois pieux et son nom est même inscrit dans le calendrier des saints luthériens !
A l’âge de 19 ans, Euler est nommé à l’Académie de Saint-Pétersbourg. Quatorze ans plus tard il est recruté, par Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, par celle de Berlin. Mais Euler et Frédéric le Grand ne s’apprécient guère, et le savant retourne déﬁnitivement en 1766 à Saint-Pétersbourg. Le grand institut de mathématiques qui s’y trouve aujourd’hui porte son nom et il est considéré comme étant le fondateur de l’école mathématique russe.
Euler est productif jusqu’à son tout ­dernier jour sur Terre ; on estime qu’il est responsable à lui seul d’un tiers de la production mathématique de son époque. En 1775, pourtant déjà complètement aveugle, il publie en moyenne un article par semaine ! Il est appuyé par ses scribes, sa mémoire eidétique et son prodigieux talent de calcul mental.
Pionnier dans tous les domaines
Euler est un pionnier dans tous les grands domaines des mathématiques ­pures : analyse et algèbre, théorie des nombres, séries, variables complexes, ­calcul différentiel et intégral, géométrie, topologie, probabilités, combinatoire… Mais il est aussi un grand mathématicien appliqué : il a non seulement introduit des concepts et développé des méthodes, mais il sait aussi les rendre utiles et ­pratiques.
Ses contributions en hydrodynamique, mécanique céleste et astronomie, science navale, optique, élasticité, champs électriques, acoustique, musique sont marquantes. Ses idées ont servi à des générations d’ingénieurs et de physiciens. Leurs versions modernes sont ­omniprésentes, par exemple en relativité, en mécanique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Les récentes attaques contre des étudiants mobilisés font suite à l’implantation, depuis une dizaine d’années, de locaux d’organisations nationalistes dans plusieurs villes, expliquent deux universitaires dans une tribune au « Monde ».
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« L’ouverture de nouveaux locaux identitaires n’arrive pas par hasard »

Les récentes attaques contre des étudiants mobilisés font suite à l’implantation, depuis une dizaine d’années, de locaux d’organisations nationalistes dans plusieurs villes, expliquent deux universitaires dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    04.04.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h34
    |

Samuel Bouron (Maître de conférences en sociologie à l'université Paris-Dauphine) et Caterina Froio (Enseignante-chercheuse en science politique à ...







                        



                                


                            
Tribune. A Lille, Strasbourg, à Nantes et encore ailleurs, des groupes d’extrême droite se sont récemment livrés à des agressions contre des étudiants mobilisés. Ces attaques ne constituent pas une nouveauté historique et l’on se souvient d’actions similaires du Groupe union défense (GUD), par exemple à Nanterre dans les années 1980, qui consistaient à s’en prendre à leurs ennemis politiques sur leur propre territoire.
Il n’empêche que l’on pouvait jusqu’ici penser que l’existence de ces groupuscules d’extrême droite appartenait à un autre temps. Pourtant, ces agissements n’ont rien de surprenant, dans la mesure où l’on observe depuis presque une dizaine d’années l’éclosion de plusieurs locaux identitaires et nationalistes dans les plus grandes villes de France, comme à Paris, Lyon, Marseille, Nice, Lille ou encore Strasbourg.
Ces lieux ne ressemblent en aucune façon aux salles impersonnelles où pourraient se tenir la plupart des réunions visant à organiser la répartition des tâches militantes. Ils proposent aux militants et sympathisants une communauté tenue ensemble par une offre culturelle, artistique, sportive et politique. Vous pouvez venir y faire votre séance de boxe ou d’arts martiaux mixtes (MMA), participer à un repas composé de produits locaux, assister à un concert, boire de la bière artisanale produite par les militants eux-mêmes, profiter d’une exposition ou d’une conférence, regarder un film, emprunter un livre ou encore discuter des thèmes d’actualité.
« Ces bases arrière sont aussi des lieux de sociabilité, qui peuvent conduire vers le militantisme par des voies différentes »
Ces bases arrière militantes sont le lieu d’élaboration des stratégies politiques de ces mouvements, en même temps que des lieux de sociabilité, qui peuvent conduire vers le militantisme par des voies différentes. A certaines occasions, les militants peuvent venir avec des collègues, des amis, des camarades de kops de supporteurs, dont certains...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ L’historien français Pap Ndiaye analyse la réalité de la ségrégation raciale aux Etats-Unis aujourd’hui malgré les avancées du mouvement pour les droits civiques.
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50 ans après sa mort, « il n’y aura jamais de victoire pour Martin Luther King »

L’historien français Pap Ndiaye analyse la réalité de la ségrégation raciale aux Etats-Unis aujourd’hui malgré les avancées du mouvement pour les droits civiques.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h05
    |

            Nicolas Bourcier








                        



                                


                            

Historien, spécialiste des Etats-Unis, Pap Ndiaye est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris et professeur invité à Northwestern University. Auteur de La Condition noire (Calmann-Lévy, 2008) et des Noirs américains. En marche pour l’égalité (Gallimard, 2009), il a coécrit avec Andrew Diamond Histoire de Chicago (Fayard, 2013). Il analyse depuis la présidentielle l’état des forces des composantes de la société civile qui ­résistent à Donald Trump.
Cinquante ans après, que reste-t-il de la parole de King ? En quoi la société ­américaine a changé ­depuis sa mort ?
L’engagement religieux et politique de Martin Luther King consistait en un projet de portée historique : faire reculer les injustices immenses subies par les Noirs américains, faire qu’aucune personne ne soit plus jugée en fonction de la couleur de sa peau, abattre les murs d’hostilité et de méfiance entre Noirs et Blancs. Ce projet avait pour ambition de donner son plein accomplissement à la victoire de l’Union lors de la guerre de Sécession, qui avait certes abouti à l’abolition de l’esclavage en 1865, mais qui n’avait pas mené à une véritable libération pour les Noirs.
En effet, après un bref printemps démocratique (1865-1877), la ségrégation, la privation des droits civiques et les lynchages avaient remplacé l’esclavage, de telle sorte que les Noirs n’étaient libres que sur le papier glacé de la Constitution. La vérité est que, comme le disait si éloquemment King, ils étaient « relégués dans les coins de la société américaine et se trouvaient en exil dans leur propre pays ». Un siècle après la guerre de Sécession, c’est pour changer cela que King s’est battu.

Grâce au mouvement pour les droits civiques, la situation générale des Noirs a connu des progrès sidérants. Si King revenait dans ce monde, il serait sans doute stupéfait de ­constater l’existence d’une classe moyenne ­supérieure noire prospère,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que la trajectoire de la révolution européenne de 1989 a dévié de son cap initial.
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« La droite identitaire devient mainstream. Elle évince la droite classique, et pas seulement en Europe centrale »

Dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde », observe que la trajectoire de la révolution européenne de 1989 a dévié de son cap initial.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h41
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            Sylvie Kauffmann (éditorialiste au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. A ce niveau-là d’intensité sémantique, ce n’est plus une élection, c’est la guerre. Ecouter ou lire ces temps-ci Viktor Orban, le premier ministre hongrois qui mène la campagne de son parti, Fidesz, au scrutin législatif du dimanche 8 avril, c’est s’imaginer électeur à la veille du troisième conflit mondial.
La rhétorique est délibérément militaire. L’envahisseur est aux portes de l’Europe, dont la capitale, Bruxelles, a déjà été « infiltrée » par « l’ennemi qui se cache ». L’Europe entière est menacée « d’occupation », voire de « dissolution ». L’offensive à laquelle résiste M. Orban vise à « remplacer la population actuelle de l’Europe », à en « changer les fondations humaines ». Ces « attaques » sont menées par une « armée », composée d’« officiers » et de « mercenaires ».
Si ce vocabulaire n’était accompagné d’allusions antisémites, on serait presque soulagé d’apprendre que le général en chef de cette « armée » ennemie n’est autre que George Soros, 87 ans, le milliardaire américain d’origine hongroise qui finance la fondation Open Society et de nombreux projets à travers le monde destinés à renforcer la démocratie et la société civile.
Que le premier ministre hongrois ait réussi à ériger M. Soros – grâce aux largesses duquel, incidemment, il a pu autrefois aller étudier à Oxford – en maître d’œuvre d’un plan secret visant à introduire des millions de migrants musulmans en Europe pour procéder à ce fameux « remplacement » montre, pourtant, à quel point la trajectoire de la grande révolution européenne de 1989 a dévié de son cap initial.
« Europe européenne »
En contribuant à financer la préparation des futures élites des pays d’Europe centrale à la transition vers la démocratie et l’économie de marché, George Soros a joué un rôle-clé dans l’immédiat postcommunisme.
A l’époque, un large consensus...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire général de la CGT, estime que la réforme voulue par le gouvernement risque d’être néfaste à l’ensemble des Français.
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Bernard Thibault, ex-numéro 1 de la CGT : « La grève des cheminots porte l’intérêt général »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien secrétaire général de la CGT, estime que la réforme voulue par le gouvernement risque d’être néfaste à l’ensemble des Français.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 09h26
    |

Bernard Thibault (Ancien secrétaire général de la Fédération CGT des cheminots, ancien secrétaire général de la CGT (1999-2013))







                        



                                


                            
Tribune. Quoi qu’en pensent nombre de technocrates, la mobilisation des cheminots porte l’intérêt général. Comme d’autres générations avant eux, ils s’indignent à juste titre de l’humiliation dont ils sont victimes pour tenter de mieux masquer des perspectives lourdes de conséquence pour le pays et sa population. Ils veulent défendre la conception du service public qui fait l’identité de la SNCF et résister à l’essorage des droits sociaux.

En quelques jours, le président de la République s’appuie sur un rapport rédigé sur commande pour lancer une révolution dans l’organisation du transport ferroviaire et du statut de son personnel. Processus qui sera assuré par des ordonnances privant le citoyen du temps et des arguments pour se forger sa propre opinion.
Peu importe qu’Emmanuel Macron n’ait pas dit un mot à ce propos lors de sa campagne électorale. L’urgence est là ! La SNCF « coûte de plus en plus cher  » pour un service « qui se dégrade », a précisé le premier ministre Edouard Philippe.
Endettement massif et historique
Principaux remèdes préconisés par le chirurgien en chef : changement de statut de l’entreprise, ouverture du transport de voyageurs à la concurrence, fin des recrutements du personnel au statut. Voilà des annonces qui se présentent comme un remède de cheval mais qui plutôt que de soigner le malade risque fort de le condamner rapidement. Délibérément le diagnostic est tronqué, il ne faut donc pas s’étonner que la prescription soit dangereuse.
Cela étant la SNCF appartient à la nation, et il est légitime que les citoyens aient connaissance des enjeux et des options possibles.
La SNCF est curieusement la seule entreprise où l’on demande aux responsables à l’origine des échecs de définir les mesures pour en sortir. La ministre des transports Elisabeth Borne, pendant des années à la direction de la stratégie de la SNCF, au côté de son PDG, a assurément...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’historienne Sonia Combe dit qu’il faut se garder de toute lecture hâtive des documents faisant de l’intellectuelle une agente des services secrets bulgares.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤                     


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Affaire Kristeva : « L’aura de l’archive policière est telle qu’on en oublie qu’elle peut être aussi source de désinformation »

Dans une tribune au « Monde », l’historienne Sonia Combe dit qu’il faut se garder de toute lecture hâtive des documents faisant de l’intellectuelle une agente des services secrets bulgares.



Le Monde
 |    04.04.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 14h40
    |

Sonia Combe (Historienne, Centre Marc Bloch, Berlin)







                        



                                


                            

Tribune. L’accusation de collaboration avec les services de renseignement bulgares sous le communisme portée contre Julia Kristeva devrait nous remettre en mémoire les difficultés que présente l’interprétation d’un dossier de police, qui plus est quand il émane d’une police politique. Elle nécessite une familiarité avec le vocabulaire de tels services, la connaissance de leurs buts et de leurs méthodes – autant de clés de lecture qui font souvent défaut aux annonces de « révélations ».

On se souvient qu’à l’ouverture des archives de la Stasi, dans l’ex-RDA, plusieurs personnes furent dénoncées par des accusateurs zélés parce que leur dossier commençait par la phrase « X nous a reçus poliment », jusqu’à ce qu’on s’aperçoive qu’il s’agissait d’une phrase rituelle qu’on trouvait au début de la plupart des rapports concernant une tentative de recrutement.
On pouvait d’ailleurs imaginer que c’était la vérité, car à considérer que les services de renseignement se soient présentés comme tels – ce qui n’était pas toujours le cas –, la personne contactée n’allait probablement pas les mettre à la porte. L’eût-elle fait que cela n’aurait sans doute pas été consigné dans le rapport. Les refus de collaboration n’étaient généralement pas mentionnés dans les dossiers de la Stasi. A quoi bon ? La police politique ne fabriquait pas de la documentation pour l’historien de demain, mais pour ses propres besoins. Elle se contentait de clôturer le dossier sans préciser ses échecs.
Avant d’interpréter tout dossier, il convient de vérifier certains points, dont les principaux : dans quelles conditions l’« informateur » informait-il ? Savait-il à qui il s’adressait ? Avait-il compris qu’il était une « source » pour la police politique ? Etait-il l’objet de chantage ?
Le lynchage médiatique de Christa Wolf
Attribuer un pseudonyme à la « source » n’est pas la preuve qu’elle ait accepté de devenir un agent. C’est seulement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Le juriste Thomas Clay écrit dans une tribune au « Monde » que la réforme des institutions représente une avancée démocratique. Le Sénat ne doit pas contraindre le gouvernement à en passer par la voie référendaire, au risque de surenchère démagogique.
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Réforme des institutions : il faut « surmonter les obstacles des gardiens du statu quo qui tentent d’enrayer le processus de modernisation »

Le juriste Thomas Clay écrit dans une tribune au « Monde » que la réforme des institutions représente une avancée démocratique. Le Sénat ne doit pas contraindre le gouvernement à en passer par la voie référendaire, au risque de surenchère démagogique.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 16h49
    |

Thomas Clay (Agrégé des facultés de droit et professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne, université Paris-1)







                        



                                


                            

Tribune. La réforme des institutions qui se profile offre une avancée démocratique incontestable. Elle correspond à ce que la plupart des partis éclairés appellent de leurs vœux depuis longtemps. Il serait dès lors incompréhensible que pour des raisons contingentes ils ne l’approuvent pas. Cela achèverait même de décrédibiliser ceux qui se livreraient à des calculs politiques qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Si la position des Républicains (LR) semble irrécupérable tant ce parti dérive désormais vers les extrêmes, la position du Parti socialiste (PS) n’est pas plus rassurante. Pour le dire sans détour, le PS se déshonorerait en ne votant pas cette réforme qui correspond à ce qu’il a toujours défendu. Il est pourtant déjà tombé dans ce travers il y a dix ans lorsqu’il s’est opposé à la précédente révision constitutionnelle. La reproduction d’une telle posture constituerait une faute politique indélébile. Le PS ne doit pas se tromper de combat et doit prendre garde à la « mélenchonisation » des esprits.

Les conditions de la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron ont percuté de plein fouet l’habitus de la Ve République. La nouvelle pratique des institutions, avec la régénération du personnel politique, aussi bien ministériel que parlementaire, la réussite de quelques ministres issus de la société civile, à l’éducation nationale ou à la justice par exemple, ou l’absence de couacs depuis près d’un an, a achevé de montrer qu’il était possible de faire autrement.
Mais il faut maintenant aller plus loin et marquer ces avancées dans le marbre constitutionnel, quitte à surmonter les obstacles des gardiens du statu quo qui tentent d’enrayer le processus de modernisation. A l’évolution proposée, ils préfèrent le maintien bien compris de leurs avantages aussi illégitimes que surannés.
Trois axes de réforme
De ce que l’on sait de la future réforme, trois axes se dégagent : d’abord, la modernisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député socialiste Boris Vallaud rejette la méthode Macron dans le projet de réforme de la Constitution et des institutions et appelle à un renforcement du pouvoir du Parlement.
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Réforme des institutions : il faut « plus de moyens pour le Parlement et plus de prérogatives pour les oppositions »

Dans une tribune au « Monde », le député socialiste Boris Vallaud rejette la méthode Macron dans le projet de réforme de la Constitution et des institutions et appelle à un renforcement du pouvoir du Parlement.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
04.04.2018 à 16h48
    |

Boris Vallaud (Député socialiste)







                        



                                


                            

Tribune. Notre Parlement n’est ni pléthorique ni lent, il est faible. Il l’est parce que ses moyens sont insuffisants, que son initiative est réduite à peu de chose, faible parce que l’opposition n’y a pas la place que le pluralisme exige. Un Parlement faible de l’instabilité législative, de soixante ans de pratique institutionnelle et de l’hyperconcentration du pouvoir entre les mains du président de la République.
Un Parlement faible dans une grande démocratie. Ce n’est pas le constat désenchanté d’un nouveau parlementaire, c’est celui d’un élu soucieux d’être utile au bien public. D’un député très conscient de la crise de confiance qui frappe les démocraties et qui jamais n’oublie que moins d’un électeur sur deux s’est porté aux urnes pour élire la nouvelle Assemblée nationale.

La démocratie n’est pas une chose incommode dont il faudrait pourtant s’accommoder. Le débat n’est pas une perte de temps, le désaccord un refus de regarder le monde en face, l’opposition une posture, une petite lâcheté ou un grand cynisme. L’exécutif, qui n’a de cesse de contourner le Parlement au nom de l’efficacité, n’aime pas la contradiction. Avec la force de l’évidence, il avance, sans jamais écouter, sans jamais douter. Jusqu’à l’ivresse.
Partis politiques, syndicats, collectivités locales, associations, journalistes, citoyens, ceux qui ne sont pas avec lui sont nécessairement contre la France. Le général de Gaulle voulait un président au-dessus des partis, le nouveau président fait sans. Il fait surtout seul. Mais le peuple n’a pas besoin de tuteur ni de maître, il a besoin d’une démocratie vivante.
Délibération et participation
Cela implique de répondre, sans faux-semblant, à une double aspiration, à la délibération d’une part, à la participation d’autre part. Cette double aspiration s’accommode mal d’un parlementarisme étriqué, d’un débat expéditif et frugal et de parlementaires bridés dans leurs initiatives et singulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Dans cette chronique, le chercheur en informatique Serge Abitboul, déplorant la viralité des « bobards » sur la Toile, milite pour que soit attaché à chaque information circulant sur le Web une origine.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤                     
                                                   
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« Exigeons que les informations publiées soient accompagnées de métadonnées »

Dans cette chronique, le chercheur en informatique Serge Abitboul, déplorant la viralité des « bobards » sur la Toile, milite pour que soit attaché à chaque information circulant sur le Web une origine.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
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Serge Abiteboul (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) et au département d’informatique de l’Ecole no...







                        



                                


                            
Transformations. Régulièrement, dans le monde du numérique, un nouveau terme s’impose, qui n’a souvent de nouveau que le fait d’être en anglais plutôt qu’en français. C’est ainsi que les « fake news » ont débarqué pour remplacer les fausses nouvelles, les bobards. Rien de nouveau, pourtant, dans les bobards, si ce n’est l’ampleur du phénomène : une fausse nouvelle peut être répétée des millions de fois sur Facebook en quelques heures.
Nous disposons d’un superbe exemple de plate-forme qui s’évertue à séparer le vrai du faux : Wikipédia. Parfois non sans mal
Quand on leur attribue des événements comme l’élection de Trump ou le vote en faveur du Brexit, il y aurait péril en la démocratie. Mais ces votes correspondent en fait à des tendances de fond des opinions publiques, comme l’a montré une recherche récente (« Social Media, Political Polarization, and Political Disinformation : A Review of the Scientific Literature », de Joshua Tucker, Hewlett Foundation, mars 2018, lien vers PDF en anglais). On ne sait pas mesurer l’effet réel des bobards.
Arrêtons, cependant, de prétendre que tout se vaut. Il est des vérités historiques, scientifiques, personnelles. Nous disposons d’ailleurs déjà d’un superbe exemple de plate-forme qui s’évertue à séparer le vrai du faux : Wikipédia. Parfois non sans mal, comme avec la célèbre guerre « chicon ou endive », nous arrivons, grâce à Wikipédia, à dégager des vérités.
Attacher une provenance à chaque information
Mais des solutions de ce type, basées sur la foule, ne peuvent être les seules réponses, du fait de la quasi-instantanéité des bobards, qui se répliquent un peu comme des virus (en 2013, par exemple, un Tweet piraté de l’Associated Press avait fait plonger le Dow Jones en rapportant des explosions à la Maison Blanche).
Bien sûr, rien n’empêche de publier anonymement des informations, parfois pour éviter de mettre sa vie en péril
Ce qui pourrait peut-être jouer en notre faveur, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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« Fake news » : « Appliquer au Web les bonnes pratiques éditoriales des journaux »

Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'Université libre de Bruxelles, ULB)








                        



                                


                            
Tribune. Alors qu’en France les autorités veulent régler le problème des « fake news » par une loi dont le projet a été publié le 21 mars, un groupe d’experts de haut niveau mis en place par la Commission européenne préconise de ne pas légiférer, selon le rapport sur les « fausses informations et la désinformation » qu’il a remis le 12 mars à la commissaire européenne chargée du numérique, ­Mariya Gabriel.
comprendre comment et pourquoi les « fake news » se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement
Qui a raison, qui a tort ? Interroger notre cerveau primaire sur notre attirance pour les « fake news », leur lecture et leur diffusion, aiderait à répondre à la question. Les études qui se penchent sur le phénomène des fausses informations s’attachent à comprendre « pourquoi » telle « fake news » s’est répandue : est-ce délibéré ? Est-ce une simple rumeur qui s’est emballée sans que personne pense à mal ? Y a-t-il une arrière-pensée politique derrière cette rumeur ? Des activistes, un gouvernement ou des robots ont-ils été à la manœuvre ?

Mais comprendre comment et pourquoi elles se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement. Une étude des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (« The spread of true and false news on line », par Soroush Vosoughi, Deb Roy et Sinan Aral, Science n° 359, 9 mars 2018, lien vers PDF en anglais) a justement mesuré, à partir de l’observation des flux sur Twitter et des sites de vérification des faits (fact checking) qui recueillent et classent les fausses nouvelles, les différences entre les modèles de diffusion des « fake news » et ceux des vraies.
« Cascades » de tweets
Une rumeur démarre sur Twitter quand un utilisateur lance un Tweet en la reprenant. On parle de « cascade » lorsqu’un Tweet est repris (« retweeté », RT). Le nombre de cascades est le nombre de Tweet indépendants que génère une rumeur ; la taille d’une cascade...




                        

                        

