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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ Notre choix du soir. La journaliste a suivi pendant un an des adolescents dits «  surdoués » au sein d’une école spécialisée (mardi 3 avril, sur France 2, à 22 h 45).
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« Le courage de grandir » des enfants précoces

Notre choix du soir. La journaliste a suivi pendant un an des adolescents dits «  surdoués » au sein d’une école spécialisée (mardi 3 avril, sur France 2, à 22 h 45).



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h45
    |

            Christine Rousseau








                        


Documentaire sur France 2, mardi 3 avril, à 22 h 45



Un an après Détenues, ­remarquable documentaire sur des femmes condamnées à de longues peines, pour son deuxième film en tant que réalisatrice, Marie Drucker a choisi d’explorer cette fois ­l’enfance à travers une nouvelle plongée, tout aussi sensible et ­délicate, dans l’univers d’ado­lescents ­précoces. Si les sujets et les lieux de ces immersions dif­fèrent, on retrouve la même ­volonté d’éclairer un processus de ­construction en démontant les préjugés, les idées reçues et autres clichés.
De fait, avec Alice (11 ans), Joséphine (15 ans), Ellie (12 ans), Héloïse (15 ans) ou encore Octave (12 ans), tous élèves au sein de l’école Georges-Gusdorf – un établissement pour les enfants précoces à Paris, où Marie Drucker les a suivis pendant un an –, nous sommes loin de l’image de fillettes ou de garçons hautains, sûrs d’eux-mêmes et de leurs capacités ; ou encore de l’image, parfois véhiculée dans certains reportages, de petits génies jonglant avec les chiffres ou les concepts philo­sophiques. Bien au contraire.

   


Dans ce documentaire singulier, filmé et construit à hauteur d’enfance, Marie Drucker s’attache à mettre en évidence leur fragilité, leur sensibilité extrême, leur ­détresse à maîtriser la complexité de leur pensée, les interrogations qui se bousculent dans leur tête (« Quand on est précoce, on a toujours envie de se poser la question “pourquoi la vie est faite comme ça ?” », confie Alice). Mais aussi leur rapport aux autres enfants, à leurs parents, à une quête de ­ perfection, d’absolu, qui les écrase.
S’affranchissant de toute linéarité, en bousculant la chronologie, en se passant de tout commentaire, Le Courage de grandir s’offre, à l’image de ces enfants et de leur pensée foisonnante, comme une arborescence de ­scènes savoureuses, d’instants à fleur d’émotion, de silences, de ­regards égarés en soi, de paroles poignantes. Celles des adolescents bien sûr, mais aussi de leurs ­parents, parfois démunis. Ou du corps enseignant, dont la directrice de l’école Georges-Gusdorf résume la délicate mission : « On est là pour ne pas couper leur élan (…), pour les aider à réussir à être eux-mêmes sans souffrance, sans se renier, et à prendre place dans la société en douceur. » Avec ce film, Marie Drucker ­confirme son talent de réalisatrice, ainsi que la force et la per­tinence de son regard.
Le Courage de grandir, de Marie Drucker (France, 2017, 65 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le film de Steven Spielberg, sorti ce week-end aux Etats-Unis, a convaincu par son imagerie mais refroidi par son message.
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La presse jeu vidéo partagée sur le film « Ready Player One »

Le film de Steven Spielberg, sorti ce week-end aux Etats-Unis, a convaincu par son imagerie mais refroidi par son message.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h25
    |

            William Audureau








                        



   


Nota bene : cet article aborde certains aspects de l’intrigue du film.
Il ne suffit pas d’aligner des références à Street Fighter, Megaman ou encore Overwatch pour séduire les joueurs, si l’on en croit les retours divisés de la presse jeu vidéo depuis la sortie de Ready Player One le 28 mars. Le dernier long-métrage en date de Steven Spielberg met en scène l’Oasis, un système ludique virtuel dans lequel s’échappent les habitants d’un monde dystopique, l’Ohio de 2048. Truffé de clins d’œil au jeu vidéo comme au septième art, le film est unanimement salué comme un excellent moment de divertissement, mais sa vision parcellaire et moraliste inquiète.
« Honnêtement, les images de synthèse étaient incroyables. Spielberg est fondamentalement un grand réalisateur, il sait faire un film », relève ainsi Gita Jackson, du site américain Kotaku. « Avec ses courses-poursuites explosives et ses fusillades dantesques, certaines scènes d’action de Ready Player One paraissent déjà inoubliables, et sont l’une des meilleures excuses que j’aie vues pour devenir dingue d’effets visuels, abonde Alanah Pierce, sur IGN. Il joue avec les échelles, le mouvement, la gravité et le temps de manière fluide ; Spielberg utilise à plein la créativité sans pareille que seuls permettent les films composés en grande partie d’animation. »
Jeuxvideo.com se désole quant à lui qu’en choisissant de condenser 600 pages du roman original en deux heures de film, Steven Spielberg ait éludé toute la dimension sociale de l’Oasis, pour n’en garder qu’une impressionnante machine à divertissement – et flatter le public joueur. Street Fighter, Overwatch, Halo, Mortal Kombat, Alien… On ne compte plus les innombrables références et clins d’œil disséminés dans le film, souvent de manière évidente, parfois moins. IGN est arrivé au chiffre de 138 références.
Un catalogue de placements produits
Côté pile, Ready Player One donne l’impression d’un long-métrage renseigné sur son sujet et généreux pour les amateurs de culture geek. « On peut bien critiquer des éléments de l’intrigue ou les motivations des personnages autant qu’on veut, mais au bout du compte, reconnaît Seung Park, community manager de Kotaku, j’ai littéralement bondi de joie de mon siège quand [le robot géant pilotable] Gundam a décollé pour affronter Mecha Godzilla au côté du Géant de fer ».
Côté face, il s’agit d’un catalogue sans fin de placements produits, qui ferait passer le moindre James Bond pour un modèle de pudeur en la matière, et donne l’impression d’un film qui tourne en boucle sur des références que Steven Spielberg a lui-même inspirées – à l’image de ce dinosaure de Jurassic Park en plein monde virtuel. « Dire que Ready Player One (…) est autoréférentiel serait un euphémisme. C’est un nœud de Mœbius qui met le cerveau à l’envers, une entité monodimensionnelle sans fin ni début, en permanence en train de se tordre sur lui-même », épingle Odi Welsh, sur le site anglais Eurogamer.
Ce dernier relève qu’au contraire d’un autre cinéaste célèbre pour sa culture de la citation, Quentin Tarantino, Steven Spielberg accumule les références sans vraiment chercher à les ingérer. IGN, dont la critique est pourtant l’une des plus enthousiastes, reconnaît ainsi que le film « tombe de temps en temps dans le ringard, comme avec ce personnage déclamant au premier degré “un fanboy sait reconnaître un hater” » – deux termes de la culture geek employés dans le film à mauvais escient.
Plusieurs médias relèvent d’ailleurs que derrière l’apparente flatterie de la culture geek, le film délivre finalement un message très conservateur, à l’image de sa dernière phrase, « la réalité est la seule chose qui soit réelle », éternelle critique de joueurs qui ignoreraient la nature imaginaire de leur loisir. Jeuxvidéo.com évoque un message « par moment grossier et assez naïf », « parfois cliché et peu subtil (on se serait bien passé de cette morale un brin condescendante) ». D’autant que le livre se conclut sur une phrase différente, moins moraliste : le héros, amoureux, constate juste que pour la première fois depuis longtemps il n’a pas envie de se reconnecter à l’Oasis. Polygon résume ainsi le long-métrage à « un excellent film gâché par un dernier dialogue catastrophique », « à la fois meilleur et pire qu’espéré ». 



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Avec The Cambodian Space Project, Kak Channthy avait réveillé la scène rock au Cambodge. Sa mort dans un accident de la route le 20 mars, à l’âge de 38 ans, a bouleversé ses fans.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                
                                    

La vie amère de la petite princesse du rock khmer


                      Avec The Cambodian Space Project, Kak Channthy avait réveillé la scène rock au Cambodge. Sa mort dans un accident de la route le 20 mars, à l’âge de 38 ans, a bouleversé ses fans.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 12h35
   





   


L’annonce de sa disparition, la semaine dernière, a créé une onde de choc. Alors qu’elle sortait d’une soirée sur un roof top de la capitale, son tuk-tuk a été percuté par un SUV lancé à vive allure. Morte sur le coup, Kak Channthy, 38 ans, laisse un fils de 13 ans qu’elle élevait seule. Les accidents de la route sont un fléau au Cambodge, où il est encore possible de monnayer son permis de conduire, mais l’émoi est toujours plus fort lorsqu’il s’agit de personnes à la fois connues et accessibles, comme l’était celle qu’on surnommait Srey Thy. « Pas de mots », « Injustice », « Partie trop vite », les hommages de ses fans se sont répandus comme une pluie de mousson sur les réseaux sociaux.
Channthy était la voix et l’âme de The Cambodian Space Project, un groupe mixte formé en 2009 à Phnom Penh, qui s’inspirait du rock khmer des années 1960-1970. A l’époque, le roi-artiste Norodom Sihanouk avait favorisé l’émergence d’une scène musicale influencée par le rock psychédélique des GI américains au Vietnam. Mais, en 1975, l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges sonna le glas de cet âge d’or. Des stars comme le crooneur Sinn Sisamouth et les divas Ros Serey Sothea et Pan Ron, considérées comme des symboles de l’impérialisme décadent honni par les hommes en noir, furent exécutées dans les killing fields, aux côtés de 1,7 million d’autres victimes.
« Srey Thy était un modèle de talent et de force pour toute une génération d’artistes et de femmes. » Lisha, rappeuse
à l’image de Pan Ron, la plus sulfureuse, dont elle avait repris le tube Khnom min sok chet te (« Je suis insatisfaite »), Channthy enflammait la scène dans des twists du diable, moulée dans ses robes sexy et claquant des talons, défiant ainsi les règles du Chbab Srey, le code de conduite féminin traditionnel. Mais, derrière ses paillettes et son sourire, Channthy masquait une réalité plus âpre. Originaire d’un village de Prey Veng, dans le sud-est du pays, l’aînée d’une fratrie de trois enfants avait grandi dans une famille pauvre comme il y en a tant dans les campagnes. Contrainte d’arrêter l’école en primaire pour aider son père aux champs, elle avait pratiqué tous les petits jobs du bas de l’échelle sociale ; ouvrière dans une plantation d’hévéas, dans une usine textile et sur un chantier de construction. Comme nombre de filles, une fois montée à la capitale, elle avait atterri dans l’industrie du karaoké, qui offre bières, chansons et sexe tarifé.

C’est là qu’elle avait fait la connaissance de Julien Poulsen, un guitariste australien qui avait vu en elle une « Amy Winehouse d’Asie du Sud-Est » et lui avait proposé de fonder un goupe. A travers leurs reprises et leurs clips à l’esthétique déjantée, The Cambodian Space Project a remis au goût du jour les joyaux de la musique khmère, aussi bien auprès de la jeunesse cambodgienne qu’à l’étranger. Channthy a aussi écrit ses propres chansons, telles que Whisky Cambodia, une mélopée sur sa rencontre avec ce barang (« blanc »), ou encore Have Visa No Have Rice, où elle s’amusait de son incapacité à apprécier la cuisine française lors d’une tournée à Paris. Le couple s’était marié avant de divorcer quatre ans plus tard, sans cesser de collaborer. Une aventure racontée dans le documentaire Not Easy Rock’n’Roll, du réalisateur allemand Marc Eberle, en 2015.
Lire aussi : Le Cambodge fait revivre ses voix d’or
En attendant sa crémation, Channthy a été enterrée dans son village natal avec une bouteille de vin rouge qu’elle affectionnait, à l’ombre d’un palmier, à côté de ses parents décédés il y a quelques années. « Srey Thy était un modèle de talent et de force pour toute une génération d’artistes et de femmes », a déclaré son amie la rappeuse Lisha, samedi soir, lors d’une soirée hommage destinée à lever des fonds pour l’éducation de son fils.
Eléonore Sok-Halkovich



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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ Rémy Barché met en scène, au Théâtre Ouvert à Paris, « La Truite » de Baptiste Amann, un déjeûner familial où s’expriment sentiments réels et non-dits.
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Le poisson de la discorde

Rémy Barché met en scène, au Théâtre Ouvert à Paris, « La Truite » de Baptiste Amann, un déjeûner familial où s’expriment sentiments réels et non-dits.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h22
    |

            Brigitte Salino








                        



                                


                            

Un déjeuner de famille. Un de plus dans le théâtre d’aujourd’hui qui aime mettre les problèmes sur la table. Mais celui-ci est particulier, parce que son auteur l’est. Il s’agit de Baptiste Amann, déjà repéré pour les deux premiers volets d’une trilogie, Des territoires (Nous sifflerons La Marseillaise…) et Des territoires (…D’une prison l’autre…). Il a un regard, une écriture et une jeunesse (31 ans) qui laissent espérer. Son déjeuner s’appelle La Truite, poisson sur lequel on apprend beaucoup en voyant le spectacle présenté au Théâtre Ouvert à Paris, dans une mise en scène de Rémy Barché. La première fois qu’il en est question, c’est quand Suzanne arrive chez ses parents, avec son compagnon, Samuel, sa petite fille, et une truite, qu’elle a prévue pour son repas.

Ce jour-là, toute la famille se retrouve pour fêter les 60 ans du père. Une famille de filles : Suzanne a deux sœurs, Marion, qui elle aussi a un compagnon (Tom) et une petite fille, et Blanche, celle qui est toujours à l’autre bout du monde et revient parfois, sans prévenir, avec une fille, une nouvelle amoureuse. Blanche arrive au débotté et en retard, il ne reste plus de blanquette de veau, mais la question n’est pas là. Ce qui compte, dans la pièce, tient moins au rituel qu’à l’assemblée : des gens qui vivent leur vie de Français sans faire de bruit, ouvrent une boulangerie bio à la campagne, travaillent dans l’informatique, une pharmacie ou un lieu culturel. Une classe moyenne avec ses espoirs et ses désillusions, la menace du chômage, un brin d’usure.
Monologues intérieurs
Baptiste Amann les observe avec une attention qui ne se contente pas de rendre compte de leur façon d’être et de parler. Il entre dans leurs têtes et livre leurs monologues intérieurs, qui recadrent ce qui est exprimé. Ainsi s’enlacent et se déchirent la réalité et sa perception, comme le font les personnages entre eux au cours du déjeuner où le père tarde...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.
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Streaming musical : l’outsider Deezer vise l’international pour rattraper son retard

Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Hans-Holger Albrecht, PDG de Deezer, en convient : « Il est vrai que certains de nos compétiteurs ont les poches très profondes », dit-il, dans une allusion à Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA). « Mais, à la fin de la journée, ça [l’argent] ne fait pas tout. Et une forte compétition n’est pas quelque chose de nouveau » dans le streaming musical. Malgré le démarrage en flèche d’Amazon Music, Deezer a « continué à afficher une forte croissance de [son] chiffre d’affaires », affirme M. Albrecht au Monde. « De 25 % entre 2016 et 2017 », précise-t-il, sans confirmer l’estimation des analystes de 300 millions d’euros pour 2017.
Employant 500 salariés, la plate-forme est présente dans 180 pays. « La France représente notre principal marché », affirme le PDG, devant l’Allemagne et le Brésil. Il assure poursuivre son développement en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique, grâce à une forte mise en avant de catalogues et d’artistes locaux.

Selon M. Albrecht, Deezer compte aujourd’hui 14 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Fin novembre 2017, il en déclarait plus de 6 millions payants. Déjà allié d’Orange, qui lui fournit un contingent d’utilisateurs, Deezer a lancé, fin 2017, un partenariat avec la Fnac pour tenter de doper ses abonnements.
Cette plate-forme musicale née en France en 2007, pionnière dans l’aventure du streaming et cofondée par Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, s’est largement fait distancer par Spotify – le suédois, né un an après Deezer, compte désormais 71 millions d’abonnés payants – et doit se livrer à une compétition inégale face aux GAFA. D’ailleurs, sous sa casquette de président du lobby du streaming européen, le Digital Music Europe, le PDG de Deezer avait, en novembre 2017, demandé aux autorités européennes « de faire en sorte que la concurrence soit équitable dans la musique au niveau des régulations et de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La création de sept mètres de haut représente Mary Thomas, leadeuse d’une révolte contre l’esclavage du XIXe siècle dans les îles Vierges.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ 
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Le cinéaste britannique cultive son penchant pour la satire avec son nouveau film, consacré au dictateur soviétique.
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Armando Iannucci, à l’ombre de Staline

Le cinéaste britannique cultive son penchant pour la satire avec son nouveau film, consacré au dictateur soviétique.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h59
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

Sans Staline, Armando Iannucci serait peut-être resté caché aux yeux du monde non anglophone. Au Royaume-Uni, sa patrie (il est né à Glasgow il y a cinquante-quatre ans), et depuis peu aux Etats-Unis, il est considéré comme un humoriste de talent et un analyste politique pertinent. Mais sa spécialité, la satire politique, s’exporte difficilement.
The Thick of It, série qui mettait en scène le personnel parlementaire et ministériel britannique, et In the Loop, long-métrage moquant les tractations qui précédèrent l’entrée du Royaume-Uni dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis, sont passés inaperçus en France. Veep, autre satire politique dont la cible est, cette fois, la vice-présidente des Etats-Unis, est diffusée sur OCS, mais reste un plaisir pour initiés.
Et voilà qu’en 2014, alors qu’il travaillait sur la troisième saison de Veep, Armando Iannucci a reçu une bande dessinée, envoyée par des producteurs français dont il n’avait jamais entendu parler. Quad, la société qui a produit les films d’Olivier Nakache et Eric Toledano, venait d’acheter les droits de La Mort de Staline, roman graphique de Thierry Robin et Fabien Nury (Dargaud, 2010). « Je pensais déjà faire un film sur un dictateur, mais un dictateur contemporain et fictif, se souvient le metteur en scène et showrunner, de passage à Paris. J’ai lu l’album et je me suis retrouvé au téléphone avec Yann (Zenou) et Laurent (Zeitoun), les producteurs de Quad, à leur dire “on y va”. J’ai quand même ajouté que je ne pouvais pas m’y mettre avant dix-huit mois, le temps d’en finir avec Veep. »
Dimension tragique
Armando Iannucci a abandonné la direction de la série américaine, produite par HBO, au bout de quatre saisons. Il a tourné La Mort de Staline à l’été 2016, entre le vote du Brexit et l’élection de Donald Trump, deux événements qui ont conforté les raisons qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ C’est l’Arlésienne du septième art. « L’Homme qui tua Don Quichotte », fantasmé depuis un quart de siècle par le réalisateur Terry Gilliam, est enfin prêt à sortir en salles. Mais reste bloqué en raison d’un conflit avec le producteur Paulo Branco.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
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Pour « Don Quichotte », la malédiction continue

C’est l’Arlésienne du septième art. « L’Homme qui tua Don Quichotte », fantasmé depuis un quart de siècle par le réalisateur Terry Gilliam, est enfin prêt à sortir en salles. Mais reste bloqué en raison d’un conflit avec le producteur Paulo Branco.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h56
    |

            Gérard Davet et 
Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Il faudrait toujours se fier à Sancho Pança, le fidèle serviteur du fantasque chevalier Don Quichotte, les deux ­héros de l’œuvre de Miguel de Cervantes. « Chacun est comme Dieu l’a fait, et bien souvent pire », observait ainsi le valet, pragmatique en diable.
Pour avoir négligé cette sentence, voilà que deux figures majeures du septième art en sont à s’étriper. D’un côté, le mythique producteur Paulo Branco, 67 ans, près de 300 films d’auteur à son actif. De l’autre, le légendaire réalisateur Terry Gilliam, 77 ans, créateur inspiré de Brazil et de ­L’Armée des douze singes, et génial démiurge des Monty Python. Le dernier épisode de leur duel se jouera mercredi 4 avril devant la cour d’appel de Paris.

Aux pieds de ces deux ogres du cinéma mondial, une seule victime : un film, L’Homme qui tua Don Quichotte, ce projet fou caressé par Terry Gilliam depuis un quart de siècle, mille fois enterré et autant de fois ressuscité. Il fit même l’objet d’un documentaire, Lost in La Mancha (2002), retraçant un premier essai – calamiteux – de tournage en 2000, avec Jean Rochefort et Johnny Depp. Tout s’était alors ligué contre Terry Gilliam, y compris sa propre négligence : pluies diluviennes, Rochefort malade, survol constant du plateau de tournage par des avions militaires… Sans compter ces chevaux aussi ­faméliques que Rossinante, la monture du « vrai » Don Quichotte…
Et le sort continue de s’acharner aujourd’hui : finalement tourné et monté pour de bon en 2017, prêt à être distribué, L’Homme qui tua Don Quichotte est maintenant interdit de sortie, en raison du violent conflit entre Branco et Gilliam. Le Festival de Cannes est prêt à dégainer le film, mais la justice lui en laissera-t-elle l’opportunité ?
« Je ne suis pas un saint »
Pourtant, tout semblait réglé, enfin… C’était au Festival de Berlin, en février 2016 : Paulo Branco, allure de pirate fatigué, qui aime à ­fureter un...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à découvrir ou à revoir.
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Haute finance, mort de Versace et Amérique de Trump : votre semaine en séries

Chaque mardi, « La Matinale du Monde » propose un choix de séries à découvrir ou à revoir.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 09h39
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Au programme cette semaine, le retour de Billions, du bling-bling et un meurtre à Miami, et la suite de The Good Wife, au plus près de l’actualité politique américaine.
« Billions » : duel et jeux de pouvoir dans la haute finance

Au vu du seul épisode de la saison 3 sorti à ce jour, Billions reprend son jeu du chat et de la souris exactement là il s’était arrêté en saison 2. Seulement voilà, ceux qui connaissent déjà Billions – série disponible sur MyCanal – savent d’ores et déjà une chose : impossible de dire qui, du millionnaire Robert Axelrod et du procureur Chuck Rhoades, accepte d’être pris pour la souris… Disons qu’ils jouent depuis le début une interminable partie d’échecs dont le gagnant, toujours provisoire, devient un temps la souris de l’autre. Or, à suivre ce combat, pourtant répétitif, on ne s’ennuie étonnamment jamais.
En ce début de saison 3, le loup de Wall Street, Axelrod (Damian Lewis), a un genou à terre. Son ennemi personnel, Rhoades (Paul Giamatti), ambitieux procureur fédéral, l’avait prévenu : « Le seul ennemi plus dangereux qu’un homme avec des moyens financiers illimités est celui qui n’a littéralement rien à perdre. C’est ce type d’homme qui se tient devant vous. » Voilà en tout cas une intrigante histoire de domination mentale, très largement enrichie par la qualité et la diversité des personnages faisant équipe autour des deux monstres qui s’affrontent. Martine Delahaye
Billions, saison 3, série créée par Andrew Ross Sorkin, Brian Koppelman et David Levien. Avec Damian Lewis, Paul Giamatti, Maggie Siff, Asia Kate Dillon, David Constable (EU, 2018, 12 x 42 min). Un épisode chaque mardi à 21 h 45 sur Canal+ Séries depuis le 27 mars.
« The Assassination of Gianni Versace » : esthétique du toc

Pour la longue scène d’ouverture du premier épisode de The Assassination of Gianni Versace, deuxième saison de la série anthologique American Crime Story, Ryan Murphy, son créateur, et les imaginatifs musiciens qui l’entourent, ont choisi la musique de l’Adagio d’Albinoni. Or, on le sait peu en dehors des cercles musicaux informés, cette scie musicale, attribuée à un compositeur italien du XVIIIe siècle, est en vérité un faux dû à la plume d’un musicologue, Remo Giazotto, qui le composa à partir de vagues ébauches et le publia en 1958. Ce choix n’illustre pas le propos par hasard : cette esthétique du faux et du toc est aussi celle de Versace, de ses maisons au décor ancien recomposé – dont celui, effroyablement bling-bling, de sa demeure de Miami Beach, devant laquelle il fut assassiné le 15 juillet 1997. On a dit combien cette nouvelle saison était en fait consacrée pour l’essentiel à la figure de l’assassin, Andrew Cunanan (incarné formidablement par Darren Criss). Malgré les dangers d’une suresthétisation de l’acte criminel, The Assassination of Gianni Versace captive de bout en bout. Renaud Machart
American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace, série créée par Ryan Murphy. Avec Edgar Ramirez, Darren Criss, Penélope Cruz (EU, 2018, 9 × 52 min). Canal + à la demande.
« The Good Fight » : l’Amérique de Trump à la barre

Alors que les cinq premiers épisodes de sa deuxième saison ont été diffusés par CBS, aux Etats-Unis, Amazon Video a ajouté à son catalogue la saison 1 de The Good Fight, qui constitue la suite de The Good Wife, des mêmes créateurs, Robert et Michelle King. Beaucoup des personnages de cette dernière série ont disparu, notamment l’héroïne principale, Alicia Florrick (Julianna Margulies). Celle-ci laisse la primeur à la formidable Christine Baranski, dont le personnage, Diane Lockhart, quitte le cabinet d’avocats de The Good Wife pour un concurrent afro-américain. On retrouve Marissa (Sarah Steele), la pétulante fille d’Eli Gold, et Luca Quinn (Cush Jumbo), entre autres visages familiers. On notera aussi l’arrivée de Bernadette Peters (délicieuse de fausseté) et de l’actrice britannique Rose Leslie (Downton Abbey, Game of Thrones), qui joue la fille d’un arnaqueur (dont est victime Diane) avec une finesse de jeu extrêmement attachante. Collant au fait politique, The Good Fight débute par l’annonce de l’élection de Donald Trump, qui laisse défaite Diane Lockhart devant son écran de télévision. Au fil de cette vive saison, le président en devient un insistant personnage en creux. R. Ma
The Good Fight, saison 1, série créée par Robert King et Michelle King. Avec Christine Baranski, Bernadette Peters, Rose Leslie (EU, 2017, 10 x 50 min). Amazon Video à la demande.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le documentariste Dominique Marchais a parcouru l’Italie, l’Autriche et la Suisse en quête d’initiatives privilégiant le bien commun.
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« Nul homme n’est une île » : au pays des poules heureuses

Le documentariste Dominique Marchais a parcouru l’Italie, l’Autriche et la Suisse en quête d’initiatives privilégiant le bien commun.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h43
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 10h02
    |

                            Mathieu Macheret








                        



   


Le troisième long-métrage documentaire de Dominique Marchais (Le Temps des grâces, La Ligne de partage des eaux) s’ouvre sur une fresque murale d’Ambrogio Lorenzetti (XIVe siècle), dite « du Bon et du Mauvais Gouvernement », ornant les quatre pans d’une salle du palais communal de Sienne, en Italie. Sur les commentaires de l’historienne médiéviste Chiara Frugoni, la caméra balaie l’ouvrage, où sont exposés les principes régissant l’harmonie des cités humaines et, à l’opposé, ceux menant au déséquilibre et à la discorde, au-dessus desquels trône une allégorie du « bien commun ». Ouverture programmatique, en ce qu’elle établit le cap du film, en quête des formes contemporaines d’une reconquête du « bien commun », mais prenant surtout soin d’enraciner son questionnement politique dans une œuvre d’art, comme pour rappeler que l’une ne saurait aller sans l’autre.
Le film part ensuite, entre la Sicile et les Alpes, à la rencontre d’acteurs de terrain œuvrant à contre-courant des modèles économiques dominants (libre concurrence, course au profit) pour inventer des espaces d’entraide et de sauvegarde des territoires. Comme les agriculteurs de la coopérative Le Galline Felici (« les poules heureuses »), à Catane, en Sicile, qui réimplantent des circuits courts entre cultivateurs bio et points de vente, dégageant une juste rétribution pour les producteurs. Et, dans les Grisons, en Suisse, l’architecte et enseignant Gion Caminada, qui a contribué à freiner le dépeuplement du village de Vrin en réinvestissant les matériaux et les savoir-faire locaux dans l’habitat, garantissant la pérennité des filières artisanales.
Tisser une continuité de pensée
Vient enfin le cas étonnant du Vorarlberg, en Autriche occidentale, où l’usage étendu de la démocratie participative et certaines officines publiques innovantes (comme ce « bureau des questions du futur ») sont parvenus à intégrer un urbanisme moderne à la beauté des paysages montagneux.
A chaque fois, la « vertu » de l’initiative tient à une forme de recentrement sur de plus petites échelles, de plus petits circuits, que ceux du commerce mondialisé : il s’agit de jouer l’écologie contre l’économie, l’adéquation spécifique de l’homme et de son environnement contre la loi de l’offre et de la demande. Dominique Marchais recueille la parole des différents intervenants, non parce qu’ils seraient exemplaires ou représentatifs de quelque chose (le documentaire se reposant trop souvent sur de tels « cas »), mais pour tisser de l’un à l’autre une continuité de pensée, confronter leurs démarches, ouvrir le champ d’une réflexion commune. A ce titre, il n’oublie jamais de filmer ses interlocuteurs dans leur environnement, de les situer dans ces lieux qu’ils tentent, chacun à sa façon, de préserver de l’emprise du marché. Car l’enjeu de ces démarches ne réside pas en un simple « retour au village » ni ne consiste à générer de micro-économies locales. Cet enjeu n’est autre que la beauté menacée du monde que nous avons en partage.
Clarté de pensée
Marchais filme les paysages parcourus et, à travers eux, l’expansion des zones commerciales, des autoroutes, la laideur et la normativité qu’elles implantent partout. Cette laideur trouve, par ailleurs, un cinglant démenti dans les bâtiments, à la fois humbles et élégants, qu’inventent les architectes des Grisons (Caminada et ses élèves) ou du Vorarlberg (Bernardo Bader). La mise en scène de Dominique Marchais consiste à mettre tous ces éléments « à plat », et il ne faudrait pas trop vite en conclure à une « platitude » de son cinéma. Si la beauté du monde est son seul sujet – car sujet d’inquiétude –, il ne se permet pas pour autant d’enchérir sur elle, pour mieux restituer les idées, les propos de chacun, la frontalité des lieux, dans toute leur clarté. Cette clarté de pensée qui est le gage de tout « bon gouvernement », y compris celui des images.

Documentaire français de Dominique Marchais (1 h 36). Sur le web : www.meteore-films.fr, www.facebook.com/meteorefilms



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ En dépit d’une riche illustration biographique, Virginie Linhardt ne retrace qu’incomplètement le legs de cette icône (sur Arte à 22 h 25).
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TV – « Jeanne Moreau, l’affranchie »

En dépit d’une riche illustration biographique, Virginie Linhardt ne retrace qu’incomplètement le legs de cette icône (sur Arte à 22 h 25).



Le Monde
 |    02.04.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Documentaire sur Arte à 22 h 25

Grande bourgeoise à la dérive », « actrice transgressive », étonnante par la variété de ses rôles et « l’étrangeté de son jeu », Jeanne Moreau ne fut peut-être pas, comme l’affirme aussi le documentaire qui lui est consacré, « la dernière grande star du XXe siècle ». Mais elle reste, par ses rôles au théâtre – où elle commença – et au cinéma, une éblouissante icône.
Pour ce qui est de son physique, Julien Duvivier disait : « Zéro ! » Elle l’entendit, mais pas de cette oreille. Et se vengea de la manière la plus flamboyante en faisant un atout royalement distinctif de cette « bouche tombante » et de cette mine de trois pieds de long qu’elle arborait si souvent avant que François Truffaut ne la rende légère dans Jules et Jim (1962).
Le récit de Virginie Linhardt, dans son documentaire Jeanne Moreau, l’affranchie (2017), est essentiellement biographique et linéaire – même s’il ne commence pas par l’évocation de la jeunesse difficile de l’actrice, qui se crut longtemps responsable de l’échec du mariage de ses parents. Il est aussi un peu lisse et manque d’enquête, de témoignages autres que ceux trouvés dans des archives de la télévision. Ses ­proches ont-ils refusé de témoigner ? Le leur a-t-on demandé ?
Nombreuses omissions
Beaucoup de trous aussi dans ce récit qui se concentre sûrement trop sur ses débuts et ne parle pas assez du dernier tiers de sa carrière et de son extraordinaire variété d’emplois (Moreau dit oui à Jean-Pierre Mocky comme à Wim Wenders, à Fassbinder comme à l’humoriste Alex Lutz, avec lequel elle tourne son dernier long-métrage, Le Talent de mes amis (2015).
Il n’est dit mot de son travail de documentariste et de réalisatrice de films, Lumière (1975) notamment, dont Jacques de Baroncelli, dans Le Monde, faisait un compte -rendu mitigé – au moment de sa sortie au Festival de Cannes. Avait-on peur d’évoquer des réalisations qui n’étaient peut-être pas des réussites ? Mais on eût aimé connaître le regard d’une réalisatrice sur une autre réalisatrice et un retour critique sur cette part un peu oubliée de sa carrière.
Si sa relation amicale avec Marguerite Duras est évoquée (ainsi que l’incarnation stupéfiante qu’elle fit de cette dernière dans le film Cet amour-là, de Josée Dayan, en 2002), il n’est pas raconté à quel point cette femme intelligente et cultivée, à qui son père interdisait de lire, avait une passion pour la littérature et les auteurs.

   


Une séquence moins longue à propos de sa relation avec le couturier « notoirement homosexuel » Pierre Cardin aurait peut-être permis de rappeler que Jeanne Moreau fut très liée à Paul Léautaud, André Gide, Jean Genet, Blaise Cendrars, Tennessee Williams et Henry Miller. Le film n’évoque pas non plus la fin de vie pénible de l’actrice. Jusqu’à un âge avancé, elle parut fréquemment sur les plateaux de télévision, son visage affichant crânement les signes de l’âge. Et puis on ne la vit plus du tout. Puis elle mourut, très affaiblie et « se sentant abandonnée », ainsi qu’en témoignera Jean-Pierre Mocky, le 31 juillet 2017.
Ce dévidage des épisodes d’une vie finit par ressembler à une fiche Wikipedia, très lacunaire, abondamment illustrée de documents d’archives. Une tendance à la facilité qu’on voit de plus en plus hélas ! – et pas seulement dans le domaine du documentaire – sur une chaîne dont l’exigence présumée baisse trop souvent la garde.
Jeanne Moreau, l’affranchie, écrit et réalisé par Virginie Linhardt (Fr., 2017, 54 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le chanteur français, qui s’est éteint à 91 ans, aura campé tous les types de personnages, émouvants comme ridicules.
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édition abonné


Le ténor Michel Sénéchal est mort

Le chanteur français, qui s’est éteint à 91 ans, aura campé tous les types de personnages, émouvants comme ridicules.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 17h03
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h55
    |

                            Marie-Aude Roux








                        



                                


                            

« How’s your mug ? » Un simple tour de voix et c’est le rire assuré dans le public : la « Théière anglaise » Michel Sénéchal vient de s’adresser, le 29 février 2004, à la Tasse chinoise dans L’Enfant et les sortilèges de Ravel au Théâtre des Champs-Elysées. Le ténor français, que sa voix aux aigus faciles et bien projetés, son sens de la comédie et son irrésistible charisme avaient destiné aux « rôles » de caractère, cette aptitude à camper des personnages à la fois émouvants et ridicules, s’est éteint le 1er avril à l’âge de 91 ans à l’hôpital d’Eaubonne, dans le Val-d’Oise.
Né à Paris le 11 février 1927, l’enfant musicien chante à la chorale du collège des maristes puis à l’église de Taverny (Val-d’Oise), où il aura passé toute sa vie. En 1950, il obtient un premier prix au conservatoire de Paris et entre pour trois saisons au Théâtre royal de La Monnaie, à Bruxelles. En 1952, il est le premier chanteur français à obtenir le prix au concours de chant de Genève.
Mais c’est la rencontre avec Gabriel Dussurget qui lui ouvre les portes du Festival d’Aix-en-Provence, dont il sera l’un des piliers vingt-trois ans durant. D’abord en second couteau chez Mozart – Pedrillo (L’Enlèvement au sérail), Basilio (Les Noces de Figaro) –, mais aussi dans des rôles de premier plan – Ferrando (Cosi fan tutte), Ottavio (Don Giovanni) ou Tamino (La Flûte enchantée).
Toujours à Aix, c’est dans le rôle-titre de Platée, la grenouille narcissique de Rameau, séduite puis moquée par Jupiter, qu’il explose en 1956 (disque Pathé sous la direction de Hans Rosbaud). La nymphe des marais migrera en vingt ans de Lyon à Versailles, en passant par Nancy et Strasbourg, avant Paris et l’Opéra-Comique en 1977, sous la direction de Michel Plasson, dont il reste un témoignage filmé.
Une faconde irrésistible
Séducteur à la faconde irrésistible dans Le Barbier de Séville ou Le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Les deux coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et le vice-président, Xavier Cœur-Jolly, ont été remplacés lors d’une AG extraordinaire samedi.
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Démission de l’équipe dirigeante d’Act Up Paris

Les deux coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et le vice-président, Xavier Cœur-Jolly, ont été remplacés lors d’une AG extraordinaire samedi.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 08h10
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 06h40
   





                        



   


L’ancienne équipe dirigeante d’Act Up Paris a quitté ses fonctions samedi 31 mars, déplorant la « transition brutale » liée au succès du film 120 battements par minute.
Depuis le succès du film couronné aux Césars, l’association, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a vu « une vague de nouvelles arrivées », avec notamment « de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d’autres luttes, notamment antiracistes », écrit l’équipe démissionnaire dans un communiqué.

« Où lutterons-nous maintenant contre le sida ? Certainement plus à Act-Up Paris » les deux anciens présidents d'Ac… https://t.co/bCAb1BSiYD— MikaelZenouda (@Mikael Zenouda)


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Ceux-ci « détournent et exploitent l’outil d’Act Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d’autres luttes », affirment les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l’ancien vice-président Xavier Cœur-Jolly, en déplorant que le travail d’expertise soit « relégué au dernier plan » au profit « du commentaire permanent de la critique spectacle ».
Mode d’action spectaculaire
« Ecœurés au point de démissionner » par les « insultes » et les « dépréciations gratuites », les anciens responsables ont été remplacés lors d’une assemblée générale extraordinaire, samedi, par une nouvelle équipe élue, « dont deux personnes arrivées depuis trois semaines », ajoute leur communiqué, qui dénonce « toute forme d’entrisme politique » et de « violence revendiquée ». Les deux nouveaux vice-présidents sont Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli.

        Lire aussi :
         

                « 120 battements par minute » : une contagion de la colère, de l’amour et du partage



La décision provoquait des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains rappelaient le mode d’action spectaculaire qui était la signature d’Act Up dans les années 1990 (préservatif géant sur l’obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants…)
« La lutte contre le sida a toujours été profondément politique. C’est aberrant, surtout venant d’Act Up », estimait un internaute sur Twitter, tandis qu’un autre affirmait : « Act Up Paris est une association de gauche », ce que le conseil d’administration sortant, « dépolitisé », ne « comprend pas ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Chaque premier lundi du mois, le service Pixels du « Monde » offre ses recommandations en matière de culture geek. Au programme aujourd’hui, ces œuvres qui, à l’instar du film « Ready Player One », revisitent avec beaucoup de nostalgie l’imaginaire geek des années 1980.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/04/2018
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Huit films, séries, livres et jeux pour replonger dans les années 1980

Chaque premier lundi du mois, le service Pixels du « Monde » offre ses recommandations en matière de culture geek. Au programme aujourd’hui, ces œuvres qui, à l’instar du film « Ready Player One », revisitent avec beaucoup de nostalgie l’imaginaire geek des années 1980.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 15h11
    |

            Corentin Lamy








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Ready Player One, le film de Steven Spielberg adapté du roman éponyme et en salle depuis mercredi 28 mars, n’est pas qu’un film d’aventure : c’est aussi une collection de références et de clins d’œil à l’imaginaire geek et à la culture pop des années 1980, celle de Retour vers le futur et de Donkey Kong.
D’autres œuvres — films, séries, comics, jeux vidéo — ont, à leur façon, revisité cette décennie avec beaucoup de nostalgie.
Le film : « Turbo Kid »
C’est un peu le futur du passé, ou l’inverse, on ne sait plus. Situé dans un 1997 fantasmé et plongé dans un hiver nucléaire définitif, un gamin perdu adepte du fluo et de comics pop tente de s’affranchir d’un méchant borgne (Michael Ironside, Starship Troopers). Un film canadien indépendant et étrange, gore et réjouissant, sorte de Mad Max en vélo tout-terrain qui aurait percuté de plein fouet Bioman.
Disponible sur iTunes ou Google Play.

La série : « Dark »
Impossible, quand on aborde la question de la nostalgie et des années 1980, de ne pas mentionner Stranger Things. Mais « impossible » n’étant, paraît-il, pas français, c’est de Dark dont il sera ici question. Comme son homologue d’outre-Atlantique, cette série allemande fantastique nous parle d’enfants mystérieusement disparus, de passages étranges vers d’autres espace-temps et de lumières qui clignotent. Mais la réalisation plus sombre, les références moins caricaturales et un scénario autrement plus intéressant en font, aux yeux de certains, une alternative plus recommandable encore que Stranger Things.
Disponible sur Netflix.

Le jeu : « Retro City Rampage DX »
Si Ready Player One était un jeu, ce serait définitivement Retro City Rampage DX. Pas tellement pour son principe, mais plutôt pour sa volonté d’accumuler les clins d’œil à la pop culture rétro. Pas de chasse au trésor ici, pas plus que de mondes virtuels, mais plutôt une parodie tout en pixels des premiers Grand Theft Auto, avec sa ville à parcourir librement, ses courses-poursuites en voiture et ses échanges de coups de feu, ainsi que des kilos, des tonnes, de références rigolardes et appuyées à la pop culture, de Retour vers le futur aux Tortues Ninja.
Disponible sur PC, Switch, 3DS, PS4, Vita, iOS et Android.

   


Le clip : la vidéo promotionnelle des « Gardiens de la Galaxie Vol. 2 »
Quand il ne sauve pas la galaxie, Peter « Star-Lord » Quill est très occupé à écouter les plus grands tubes des années 1970 et 1980. Pour la sortie en Blu-ray du dernier volet de ses aventures, Marvel a rendu hommage à ses goûts rétro avec un clip délicieusement kitsch, dans lequel une star prestigieuse (dont on ne « divulgâchera » pas l’identité) fait une apparition remarquée.

Un jouet : THEC64 Mini
La Super Nintendo Mini ? Pas assez rétro ! La NES Mini ? En rupture de stock… Mais rassurez-vous, une alternative existe. Le THEC64 Mini est en effet une version miniature de l’antique Commodore 64, un pionnier de la micro-informatique sorti en 1982, qui se branche directement sur votre TV. Celle-ci embarque un joystick et 64 jeux. La plupart des « grosses » séries (Ultima, Pirates !, Maniac Mansion…) manquent à l’appel, mais quel joueur d’époque pourrait résister au charme suranné de jeux d’arcade comme Impossible Mission, California Games, Creatures, Monty on the Run ou, bien sûr, Boulder Dash ? Il est même possible, pour celles et ceux dont la mémoire est la moins rouillée, de convoquer ses notions de Basic et de s’essayer à la programmation.
Disponible dans les boutiques spécialisées à 80 €.

   


Le disque : « Leather Teeth », de Carpenter Brut
Elle est violente et sombre comme un film d’horreur des années 1980 : inspirée par la musique hard rock chevelue et le cinéma de John Carpenter, l’électro du Français Carpenter Brut a d’abord explosé aux oreilles des amateurs de jeux vidéo du monde entier (Hotline Miami 2, Fury) avant d’envahir les salles de concert. Mais comme les films dont elle s’inspire, son ambiance un peu glauque n’est pas à prendre au premier degré : elle dissimule d’ailleurs mal une véritable jubilation à récupérer, exploiter, déformer et sublimer ces sonorités furieusement eighties.
Leather Teeth, deuxième album de Carpenter Brut, disponible en streaming, mp3 et CD (prochainement en vinyle).

Le comics : « Paper Girls », de Brian K. Vaughan et Cliff Chiang
Au lendemain d’Halloween 1988, quatre adolescentes de l’Ohio, Mac, KJ, Tiffany et Erin, entament leur tournée de livraison de journaux. Rien que de très banal, jusqu’au moment où elles croisent un étrange groupe encapuchonné, et une mystérieuse machine qui semble venue de l’espace. Hommage aux Goonies, Paper Girls est l’œuvre pop et énergique, douce et nostalgique du scénariste Brian K. Vaughan et de Cliff Chiang, dessinateur remarqué pour son travail sur Wonder Woman.
Paper Girls, Brian K. Vaughan (scénario) et Cliff Chiang (dessin), Urban Comics, tome 1, 10 euros.

   


La vidéo YouTube : « Kung Fury », par David Sandberg
Pas tout neuf, Kung Fury : sorti il y a trois ans, ce court-métrage est peut-être même l’étincelle qui a mis le feu à la poudrière des jeux, films et séries au look rétro. Une déclaration d’amour à l’esthétique néon des années 1980, ou en tout cas, au souvenir qu’en avait David Sandberg, son réalisateur (et principal acteur) suédois. Une histoire totalement excessive de flic à Miami voyageant dans le temps et luttant, aux côtés d’une guerrière viking et à dos de T-Rex, contre un Adolf Hitler adepte du kung-fu. Rien que ça. Le court devrait connaître une suite : Michael Fassbender est déjà prévu au casting.




                            


                        

                        


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Article sélectionné dans La Matinale du 01/04/2018
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Steven Bochco, le créateur de la série « New York Police Blues » est mort

Le producteur et scénariste américain fut à l’origine de feuilletons à succès comme « La Loi de Los Angeles » et « Hill Street Blues ».



Le Monde
 |    02.04.2018 à 06h24
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 09h07
   





                        



   


Steven Bochco, le scénariste et producteur de séries américaines, est mort dimanche 1er avril à l’âge de 74 ans. « Steven a combattu son cancer avec force, courage, grâce, et un incomparable sens de l’humour », a déclaré son porte-parole Phillip Arnold. « Il est mort paisiblement durant son sommeil [à la maison] entouré de sa famille. » Atteint d’une leucémie, il avait reçu une transplantation de cellules souches en 2014, rappelle The Hollywood Reporter.

Steven Bochco, boundary-pushing TV creator behind "NYPD Blue" and "Hill Street Blues," dies at 74… https://t.co/BPQIEVOlU2— latimes (@Los Angeles Times)


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Nombreux Emmy Awards
Vainqueur de nombreux Emmy Awards (les Oscars du petit écran), il est à l’origine de séries télévisées à succès, telles que L. A. Law (La Loi de Los Angeles), NYPD Blue (New York Police Blues) et Doogie Howser, M.D. (Docteur Doogie).
Le new-yorkais Steven Bochco a toujours refusé de se plier aux standards de la télévision, conservant la direction artistique de ses œuvres. La plus connue de ses séries aux Etats-Unis reste Hill Street Blues (Capitaine Furillo en France) qui met en scène la vie d’un commissariat de quartier dans une grande ville des Etats-Unis qui ne sera jamais clairement nommée.
Dans son autobiographie intitulée Truth Is a Total Defense : My Fifty Years in Television, il retrace sa carrière qui a démarré à l’âge de 22 ans comme chef scénariste de The Name of the Game, et s’est terminée avec la série Murder in the First (sur les écrans de 2014 à 2016).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Avant de prendre sa retraite auprès de cette institution parisienne, la danseuse de 42 ans a interprété l’opéra « Orphée et Eurydice », samedi soir.
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Dernière danse à l’Opéra de Paris pour l’étoile Marie-Agnès Gillot

Avant de prendre sa retraite auprès de cette institution parisienne, la danseuse de 42 ans a interprété l’opéra « Orphée et Eurydice », samedi soir.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 01h19
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 09h46
    |

                            Rosita Boisseau








                        



   


Assise en bord de scène, ses jambes nues se balançant dans la fosse d’orchestre, rieuse, Marie-Agnès Gillot a une fois de plus cueilli son public, lors de ses adieux, samedi 31 mars, au Palais Garnier. Agée de 42 ans, la danseuse étoile de l’Opéra national de Paris a pris sa retraite comme le veut le règlement de l’institution parisienne. Trois semaines après avoir dansé Boléro, de Maurice Béjart, elle interprétait Orphée et Eurydice, opéra créé en 1975 par Pina Bausch sur la musique de Gluck. « Je meurs dans les deux ballets, déclarait-elle tout de go, le 7 mars, en pleine répétition de la pièce de la chorégraphe allemande. Ouf ! La voilà ressuscitée sous des rafales d’applaudissements durant vingt minutes, en compagnie de son fils Paul et de sa chienne Goldy, sur fond de jets de roses rouges et blanches, en harmonie avec les couleurs du spectacle de Pina Bausch.

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                La danseuse étoile Marie-Agnès Gillot tire sa révérence



Comme Béjart avait voulu Gillot pour Boléro, Pina Bausch l’avait choisie pour Eurydice en 2005. Cette intense lamentation, qui s’enroule autour d’une Eurydice statufiée, perchée, le voile blanc épinglé, immobile pendant vingt-cinq minutes, a fait rayonner le tempérament subtilement tragique de Gillot qui sait contenir sans retenir. Epaulée par le danseur étoile Stéphane Bullion, plus que parfait dans Orphée, ainsi que par les chanteuses Maria Riccarda Wesseling et Yun Jung Choi – les héros sont dédoublés et les partitions chorégraphiques et vocales entrelacées dans la version de Pina Bausch –, elle a tiré sur l’écheveau des gestes et des diagonales dans l’espace de ces retrouvailles amoureuses sans cesse empêchées.

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                Seize minutes de danse et de transe pour le « Boléro »



Des excuses pour son caractère trempé et sa « bosse »
Après cette grande vague lyrique, le retour sur terre s’est révélé très joyeux. Les discours ont fusé. Aurélie Dupont, directrice de la danse, s’est souvenue d’une tournée à Hong Kong avec Gillot et d’une « baston dans un bar » où elles s’étaient planquées sous une table… Stéphane Lissner, directeur général de l’Opéra national de Paris, a rappelé les grandes étapes de son parcours jusqu’à sa nomination d’étoile en 2004 à l’issue d’une représentation de Signes, dans la chorégraphie de Carolyn Carlson, présente pour ces adieux. Il a pointé au passage que Gillot a été la première danseuse de la maison à accéder au grade ultime sur un spectacle contemporain et non classique.
Quant à Gillot elle-même, qui a vite ôté ses chaussures à talons pour être plus à l’aise, son discours ciselé et joliment envoyé façon slam sur fond de violoncelle live, a fait mouche. Elle a évoqué « la retraite, ce drôle de mot », ses « deux maîtresses de l’espace que sont Carlson et Bausch », remercié les trois générations de partenaires masculins qui l’ont aidé à vaincre « la peur du médiocre ». Elle s’est excusée, auprès de ses directrices et directeurs « d’avoir un peu de caractère » et auprès de tous les photographes qui l’ont régulièrement photoshopée, en particulier à cause de sa « bosse » dorsale – elle souffre depuis l’enfance d’une double scoliose. Elle a ensuite proposé à Aurélie Dupont de se lancer dans un duo. Filmée par une armée de smartphones brandis à bout de bras pour tenter de la saisir au milieu de la foule, Gillot était plus visible sur les écrans qu’en réalité. « A demain ! », a-t-elle conclu avant d’aller discuter avec tout le monde. Vivement demain !



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Le film des studios Marvel, record absolu de fréquentation, pourrait donner le goût des salles obscures à la classe moyenne de Nairobi.
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Reportage

Au Kenya, l’industrie du cinéma veut profiter du succès phénoménal de « Black Panther »

Le film des studios Marvel, record absolu de fréquentation, pourrait donner le goût des salles obscures à la classe moyenne de Nairobi.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-04-01T18:00:27+02:00"

        Le 01.04.2018 à 18h00






    
Projection en 3D de « Black Panther » dans un cinéma de Nairobi, le 14 février 2018.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


Des séances de cinéma complètes plusieurs jours à l’avance ? Au Kenya, on n’avait jamais vu ça. L’engouement autour de Black Panther a certes touché la planète entière, mais ici, le dernier film des studios Marvel a connu un succès particulier. Six semaines après leur sortie, les aventures des habitants du Wakanda ont attiré quelque 100 000 spectateurs dans les salles, pour des recettes d’environ 50 millions de shillings kényans (400 000 euros), selon les chiffres du groupe Century Cinemax, leader du marché.

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                A Abidjan, l’acteur Isaach de Bankolé en VRP de « Black Panther »



Le chiffre peut sembler modeste, mais il s’agit au Kenya d’un record absolu. Avengers : l’Ere d’Ultron, qui occupait jusqu’ici la première place, avait rassemblé en 2015 moins de 30 000 spectateurs et amassé une dizaine de millions de shillings. Au-delà du Kenya, la performance de Black Panther est similaire dans toute l’Afrique de l’Est, souligne Century Cinemax.
« C’est le film parfait ici »
Au pimpant centre commercial Junction Mall, qui accueille l’un des plus grands cinémas de Nairobi (la capitale en compte neuf), Simone sort ravi, avec son fils, de la projection du début d’après-midi. Si le garçon, un soda en main, est encore exalté par « les scènes d’action et les combats », son père a surtout apprécié la symbolique. « C’est très différent des “black movies” américains habituels, où il y a toujours cette séparation, plus ou moins marquée, entre les Noirs et les Blancs », salue-t-il, évoquant aussi l’univers africain et « la logique d’indépendance ».
Un bon résumé, selon Jotham Micah, directeur du marketing de Century Cinemax, de ce qui a fait le succès du film au Kenya. « Black Panther, c’est le film parfait ici, se félicite-t-il en dégustant un cappuccino à la terrasse du Java House voisin. D’abord parce que les gens adorent les films de superhéros, ensuite parce qu’il y a une dimension africaine… et aussi parce qu’il y a Lupita. » 

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                Comment le film « Black Panther » rebâtit l’Afrique



L’actrice Lupita Nyong’o, oscarisée pour son rôle dans Twelve Years a Slave et fille du gouverneur du comté de Kisumu, dans l’ouest du Kenya, a permis de braquer l’attention sur Black Panther avant sa sortie. Pour la première projection mondiale du film de l’Américain Ryan Coogler, le 13 février, elle était d’ailleurs attendue dans cette ville modeste des abords du lac Victoria. Si tout le gratin politique était présent, Lupita Nyong’o n’est finalement pas apparue, mais le buzz était là.
Séance en 3D
Le scénario a fait le reste. Le royaume du Wakanda, situé en Afrique, dépeint un pays technologiquement en avance sur le reste de l’humanité grâce à la possession et à la mise en valeur d’un métal aux propriétés multiples, le vibranium. Une civilisation africaine symbolique dont les influences culturelles ont été empruntées, par petites touches, à l’ensemble du continent. Dans les costumes, on aperçoit notamment des shukas, tissus traditionnels masaï, et d’épaisses couvertures inspirées de celles que portent les habitants des montagnes du Lesotho. Le Wakanda entend également représenter une société égalitaire où les femmes, cheffes de tribus, guerrières ou espionnes, tiennent des rôles de premier plan.

    
Lors de la première projection mondiale de « Black Panther », à Kisumu, au Kenya, le 13 février 2018.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


« C’est ce qui m’a le plus plu, toutes ces femmes noires et fortes qui portent leurs cheveux au naturel », s’enthousiasme Mariam Hiba Maluk en sortant de la séance en 3D à Junction Mall. Enfin délivrée des examens de fin du premier trimestre, cette étudiante de 20 ans s’est ruée, avec son amie Sharon Ndunge Muoki, pour découvrir ce royaume africain « exemplaire » et tant salué par la critique. Elles y ont aussi trouvé des limites. « Qu’est-ce qu’ils ont fait avec ces accents ? D’où ça vient ? C’est exagéré et un peu ridicule », se moque ainsi Sharon.

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                « Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ? »



Sur ce point comme sur d’autres, Black Panther n’a pas suscité que des louanges. « Au fond, c’est un film à propos d’un continent divisé, tribalisé, découvert par un homme blanc qui ne vise rien d’autre que ses ressources naturelles ; dirigé par une élite riche, avide de pouvoir, belliqueuse et féodale ; une nation qui, avec les meilleures armes et technologies au monde, n’a pas réussi à développer d’autres moyens de transfert des pouvoirs que les combats à mort et les coups d’Etat », a déploré le caricaturiste kényan Patrick Gathara dans une tribune au Washington Post. Le film, « fantastiquement bien fait », ne peut avoir germé selon lui que dans un esprit « néocolonialiste » et n’a d’ailleurs, ironise-t-il, pas manqué de répondre « au cliché du magnifique coucher de soleil africain ».
Un divertissement d’avenir
Loin de ces critiques, Century Cinemax se frotte les mains. Le succès de Black Panther pourrait bien marquer l’envol du secteur, selon le directeur marketing. « Une partie des spectateurs qui sont venus ces dernières semaines n’avaient jamais mis les pieds dans un cinéma, ils reviendront sûrement », souligne Jotham Micah. Son groupe, qui envisage d’ouvrir de nouvelles salles, voit dans le cinéma un divertissement d’avenir au Kenya, et plus particulièrement à Nairobi, où se concentre la classe moyenne de la première économie d’Afrique de l’Est. A 600 shillings (moins de 5 euros) la place – pop-corn offert –, l’activité vise avant tout cette frange minoritaire de la population.

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L’effet domino ira-t-il jusqu’à la production cinématographique, une industrie encore confidentielle au Kenya ? Rien n’est moins sûr. Car les 17-25 ans, principaux clients des salles obscures, ne jurent que par les films d’action, note Jotham Micah. Outre Black Panther et Avengers, les principaux succès commerciaux ont été enregistrés par Wonder Woman, Captain America et Fast and Furious. Or cette demande est bien éloignée de l’offre locale : des films à petit budget, très « art et essai ».
« Nous les cinéastes kényans, nous aimons raconter des histoires sombres de vies difficiles, de slums [bidonvilles], parce que c’est ce qui nous touche », confesse le réalisateur et producteur Reuben Odanga, admettant que ses compatriotes viennent au cinéma pour se relaxer et passer un bon moment, loin de leurs soucis quotidiens. Lui qui ambitionne de tourner cette année son premier long-métrage – « une romance qui visera un public féminin » – reconnaît d’ailleurs avoir « a-do-ré » Black Panther.


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Notre choix du soir. Le réalisateur américain éclaire avec mélancolie les arrière-plans humains de la bataille d’Iwo Jima, menée en 1945 (sur TCM Cinéma à 20 h 45).
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TV – « Mémoires de nos pères »

Notre choix du soir. Le réalisateur américain éclaire avec mélancolie les arrière-plans humains de la bataille d’Iwo Jima, menée en 1945 (sur TCM Cinéma à 20 h 45).



Le Monde
 |    01.04.2018 à 17h45
    |

                            Jean-François Rauger








                        


Film sur TCM Cinéma à 20 h 45

Le film de Clint Eastwood semble obéir à un programme contenu dans son titre : l’allégeance au passé, l’hommage aux anciens, la soumission respectueuse à une généalogie, dont ne fut peut-être pas mesurée la valeur profonde. Mémoires de nos pères est l’adaptation d’un récit de James Bradley, dont le père, vétéran de la bataille de l’île d’Iwo Jima, péniblement prise aux Japonais, fit partie des six soldats qui hissèrent le drapeau américain sur le mont ­Suribachi, le 23 février 1945, après ­plusieurs jours de combat. Cette action fut immortalisée par le photographe Joe Rosenthal, qui réalisa une image-emblème, une icône de la victoire, dont l’écrivain et le cinéaste avouent avoir voulu traiter les arrière-plans humains.
Trois périodes s’entrelacent dans le film : le présent (des survivants de l’époque sont interviewés par le narrateur) et deux moments du passé, celui des combats sur l’île et celui de la tournée que firent les trois survivants du cliché de Rosenthal aux Etats-Unis, acclamés comme des héros au cours d’une campagne publicitaire destinée à inciter les Américains à acheter des bons de guerre.
Une étrange épopée individuelle
Ainsi, à la rhétorique du film de guerre s’ajoutent les scènes qui montrent quelques individus sommés de sortir de leur humanité concrète afin de se transformer en symboles. C’est le premier sujet de Mémoires de nos pères : que devient une image lorsqu’elle n’est pas simplement la trace d’une réalité visible, mais qu’elle se transforme en icône ?
Cette mutation devient aussi un récit de cinéma, une étrange épopée individuelle au cours de laquelle les trois « héros » sont ballottés de cérémonies dérisoires et parfois grotesques en rencontres, forcément décevantes, avec une société civile américaine devenue étrangère. Celle-ci, tout en les ­acclamant, leur rappelle leur ­condition sociale ou ethnique : l’un des soldats est un Indien à qui l’on rappelle parfois vulgairement son origine.

   


Mémoires de nos pères rejoint la grande fiction hollywoodienne, qui a souvent interrogé les prin­cipes fondateurs de l’Amérique et la définition de la démocratie. Des films épiques de King Vidor aux comédies matrimoniales de George Cukor en passant par les méditations de John Ford, une grande partie du cinéma américain, avant qu’il ne s’adonne aux délices de la mise en abîme iro­nique ou réflexive, s’est toujours construite sur la résolution d’un paradoxe : l’homme ordinaire peut-il être aussi un héros de ­cinéma – ici de la grande histoire – sans perdre sa nature de sujet de la démocratie ? Comment être un individu parmi d’autres et être unique ? C’est la question que pose frontalement le film d’East­wood, qui vient miracu­­leu­sement illuminer le reste de sa ­filmographie.
En questionnant la nature de l’héroïsme de ses personnages, le film donne une des clés de la ­mélancolie au cœur de l’œuvre de l’auteur d’Impitoyable. Elle est aussi dans la mise en scène. Le goût du réalisateur pour les ombres et la pénombre n’expri­me-t-il pas le sentiment d’un effacement de la figure humaine comme condition de sa pétrification en statue héroïque ? Le cinéma de Clint Eastwood n’a jamais cessé de parler de cela.
Mémoires de nos pères, de Clint Eastwood. Avec Ryan Phillippe, Adam Beach, Neal McDonough (EU, 2006, 132min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ Martin Luther King. Après un été 1964 marqué par des émeutes dans des villes du nord des Etats-Unis, le reporter Jacques Amalric se rend à Harlem, quartier emblématique de la communauté noire à New York.
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Harlem entre l’« ordre » et la colère

Martin Luther King. Après un été 1964 marqué par des émeutes dans des villes du nord des Etats-Unis, le reporter Jacques Amalric se rend à Harlem, quartier emblématique de la communauté noire à New York.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 13h00
    |

                            Jacques Amalric








                        



                                


                            

« Le haut lieu de l’élégance, du bien-être, de la culture et de l’intelligence sera bientôt l’ancien et vénérable village de Harlem. » La prédiction est extraite du Harlem Monthly Magazine. Mais elle date de 1893.
« Harlem est un ghetto, une colonie économique de la ville de New York. Ses habitants forment une communauté inférieure, victime de la cupidité, de la cruauté, de la dureté de leurs maîtres coupables et apeurés. Cette communauté ­elle-même se caractérise par l’esprit de stagnation, de défaitisme, l’hostilité aveugle, l’agressivité, des tensions externes et des troubles intérieurs. » Ce jugement est plus récent. Il date du printemps dernier, avant que les émeutes noires de cet été ne concentrent les feux de l’actualité sur les ghettos des grandes villes industrielles du nord et de l’est des Etats-Unis. Il est extrait d’un volumineux rapport de six cent vingt pages ­publié, après dix-huit mois de travail assidu, par une organisation chargée de la promotion des jeunes habitants noirs de Harlem.
La rue, perpétuelle salle d’attente
Très vite la question de la peau ne suffit plus à expliquer le ­contraste. La foule est toujours dans la rue, mais ce n’est plus la même foule, et la rue est devenue autre chose qu’une simple voie de communication : c’est une ­immense pièce commune, une perpétuelle salle d’attente, où ont pris l’habitude de vivre et de ne plus ­espérer jeunes gens et ­adultes sans travail, enfants en rupture d’école.
Les immeubles qui constituent la toile de fond de cette civilisation de la rue n’ont rien de commun avec le décor géant – béton et verre – qui sert de cadre, là-bas, dans la ville basse, à la vie des autres New-Yorkais. Souvent comparables à celles des quartiers ­portoricains voisins, les maisons de Harlem gardent des proportions humaines et rappellent ce qu’on a connu autrefois, ici.
Une certaine opulence et un ­certain art de vivre : du côté de ­Lenox Avenue, il est encore...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Martin Luther King. En avril 1965, l’organisation secrète, plus que centenaire, est en plein renouveau.
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Les haines sans fin du Ku Klux Klan

Martin Luther King. En avril 1965, l’organisation secrète, plus que centenaire, est en plein renouveau.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 13h00
   





                        



                                


                            

« Les Nègres ne seront ­contents que lorsque nous aurons déclenché une guerre raciale dans ce pays. Une race doit être supérieure à l’autre. » M. Calvin Craig, « grand dragon » du Klan de Géorgie, parle. Les quelques centaines d’hommes qui l’écoutent, drapés dans leurs longues robes blanches, applaudissent. La scène se passe aux environs d’Atlanta, mais elle pourrait se dérouler dans n’importe quel autre Etat du Sud : le public serait sensiblement le même, toujours aussi fanatique pour accueillir les « vérités » du Ku Klux Klan (KKK).
Expéditions meurtrières
Depuis 1954, en effet, le Ku Klux Klan est en plein renouveau. Cette seconde jeunesse, il la doit en partie aux juges de la Cour suprême qui déclarèrent cette année-là que la ségrégation raciale dans l’enseignement public était inconstitutionnelle ; la décision réveilla la « vigilance » endormie des Klansmen, qui décidèrent de reprendre leurs activités au service de la ­supériorité de la race blanche. Dix ans plus tôt une telle renaissance n’aurait sans doute pas été possible, tant l’organisation s’était ­discréditée par des scandales ­financiers et par ses liens avec le Bund germano-américain, association ouvertement pronazie.
Les Klans – on en compte une douzaine d’importants – ont une double vie. Les meetings au clair de lune à la fin desquels on ­embrase une immense croix, les discours racistes, les défilés en ­faveur de la ségrégation, font partie de leur vie publique. De même les réunions de Klaverns – les ­sections locales d’un Klan – où aucune décision importante n’est prise : en fait, on s’y donne surtout du courage en entendant ­répéter ce que l’on a envie d’entendre, on porte ses cotisations et, à l’occasion, on graisse les ­armes du petit arsenal collectif. L’expérience a trop prouvé aux ­dirigeants des Klans combien il était facile aux agents du FBI de s’y infiltrer pour que tous les membres soient mis au courant des expéditions meurtrières.
La...




                        

                        

