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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le juriste Thomas Clay écrit dans une tribune au « Monde » que la réforme des institutions représente une avancée démocratique. Le Sénat ne doit pas contraindre le gouvernement à en passer par la voie référendaire, au risque de surenchère démagogique.
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Réforme des institutions : il faut « surmonter les obstacles des gardiens du statu quo qui tentent d’enrayer le processus de modernisation »

Le juriste Thomas Clay écrit dans une tribune au « Monde » que la réforme des institutions représente une avancée démocratique. Le Sénat ne doit pas contraindre le gouvernement à en passer par la voie référendaire, au risque de surenchère démagogique.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h53
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 18h08
    |

Thomas Clay (Agrégé des facultés de droit et professeur à l’Ecole de droit de la Sorbonne, université Paris-1)







                        



                                


                            

Tribune. La réforme des institutions qui se profile offre une avancée démocratique incontestable. Elle correspond à ce que la plupart des partis éclairés appellent de leurs vœux depuis longtemps. Il serait dès lors incompréhensible que pour des raisons contingentes ils ne l’approuvent pas. Cela achèverait même de décrédibiliser ceux qui se livreraient à des calculs politiques qui ne sont pas à la hauteur des enjeux.
Si la position des Républicains (LR) semble irrécupérable tant ce parti dérive désormais vers les extrêmes, la position du Parti socialiste (PS) n’est pas plus rassurante. Pour le dire sans détour, le PS se déshonorerait en ne votant pas cette réforme qui correspond à ce qu’il a toujours défendu. Il est pourtant déjà tombé dans ce travers il y a dix ans lorsqu’il s’est opposé à la précédente révision constitutionnelle. La reproduction d’une telle posture constituerait une faute politique indélébile. Le PS ne doit pas se tromper de combat et doit prendre garde à la « mélenchonisation » des esprits.

Les conditions de la conquête du pouvoir par Emmanuel Macron ont percuté de plein fouet l’habitus de la Ve République. La nouvelle pratique des institutions, avec la régénération du personnel politique, aussi bien ministériel que parlementaire, la réussite de quelques ministres issus de la société civile, à l’éducation nationale ou à la justice par exemple, ou l’absence de couacs depuis près d’un an, a achevé de montrer qu’il était possible de faire autrement.
Mais il faut maintenant aller plus loin et marquer ces avancées dans le marbre constitutionnel, quitte à surmonter les obstacles des gardiens du statu quo qui tentent d’enrayer le processus de modernisation. A l’évolution proposée, ils préfèrent le maintien bien compris de leurs avantages aussi illégitimes que surannés.
Trois axes de réforme
De ce que l’on sait de la future réforme, trois axes se dégagent : d’abord, la modernisation...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le député socialiste Boris Vallaud rejette la méthode Macron dans le projet de réforme de la Constitution et des institutions et appelle à un renforcement du pouvoir du Parlement.
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Réforme des institutions : il faut « plus de moyens pour le Parlement et plus de prérogatives pour les oppositions »

Dans une tribune au « Monde », le député socialiste Boris Vallaud rejette la méthode Macron dans le projet de réforme de la Constitution et des institutions et appelle à un renforcement du pouvoir du Parlement.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 16h41
    |

Boris Vallaud (Député socialiste)







                        



                                


                            

Tribune. Notre Parlement n’est ni pléthorique ni lent, il est faible. Il l’est parce que ses moyens sont insuffisants, que son initiative est réduite à peu de chose, faible parce que l’opposition n’y a pas la place que le pluralisme exige. Un Parlement faible de l’instabilité législative, de soixante ans de pratique institutionnelle et de l’hyperconcentration du pouvoir entre les mains du président de la République.
Un Parlement faible dans une grande démocratie. Ce n’est pas le constat désenchanté d’un nouveau parlementaire, c’est celui d’un élu soucieux d’être utile au bien public. D’un député très conscient de la crise de confiance qui frappe les démocraties et qui jamais n’oublie que moins d’un électeur sur deux s’est porté aux urnes pour élire la nouvelle Assemblée nationale.

La démocratie n’est pas une chose incommode dont il faudrait pourtant s’accommoder. Le débat n’est pas une perte de temps, le désaccord un refus de regarder le monde en face, l’opposition une posture, une petite lâcheté ou un grand cynisme. L’exécutif, qui n’a de cesse de contourner le Parlement au nom de l’efficacité, n’aime pas la contradiction. Avec la force de l’évidence, il avance, sans jamais écouter, sans jamais douter. Jusqu’à l’ivresse.
Partis politiques, syndicats, collectivités locales, associations, journalistes, citoyens, ceux qui ne sont pas avec lui sont nécessairement contre la France. Le général de Gaulle voulait un président au-dessus des partis, le nouveau président fait sans. Il fait surtout seul. Mais le peuple n’a pas besoin de tuteur ni de maître, il a besoin d’une démocratie vivante.
Délibération et participation
Cela implique de répondre, sans faux-semblant, à une double aspiration, à la délibération d’une part, à la participation d’autre part. Cette double aspiration s’accommode mal d’un parlementarisme étriqué, d’un débat expéditif et frugal et de parlementaires bridés dans leurs initiatives et singulièrement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ Dans cette chronique, le chercheur en informatique Serge Abitboul, déplorant la viralité des « bobards » sur la Toile, milite pour que soit attaché à chaque information circulant sur le Web une origine.
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« Exigeons que les informations publiées soient accompagnées de métadonnées »

Dans cette chronique, le chercheur en informatique Serge Abitboul, déplorant la viralité des « bobards » sur la Toile, milite pour que soit attaché à chaque information circulant sur le Web une origine.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
    |

Serge Abiteboul (Chercheur à l’Institut national de recherche en informatique et automatique (Inria) et au département d’informatique de l’Ecole no...







                        



                                


                            
Transformations. Régulièrement, dans le monde du numérique, un nouveau terme s’impose, qui n’a souvent de nouveau que le fait d’être en anglais plutôt qu’en français. C’est ainsi que les « fake news » ont débarqué pour remplacer les fausses nouvelles, les bobards. Rien de nouveau, pourtant, dans les bobards, si ce n’est l’ampleur du phénomène : une fausse nouvelle peut être répétée des millions de fois sur Facebook en quelques heures.
Nous disposons d’un superbe exemple de plate-forme qui s’évertue à séparer le vrai du faux : Wikipédia. Parfois non sans mal
Quand on leur attribue des événements comme l’élection de Trump ou le vote en faveur du Brexit, il y aurait péril en la démocratie. Mais ces votes correspondent en fait à des tendances de fond des opinions publiques, comme l’a montré une recherche récente (« Social Media, Political Polarization, and Political Disinformation : A Review of the Scientific Literature », de Joshua Tucker, Hewlett Foundation, mars 2018, lien vers PDF en anglais). On ne sait pas mesurer l’effet réel des bobards.
Arrêtons, cependant, de prétendre que tout se vaut. Il est des vérités historiques, scientifiques, personnelles. Nous disposons d’ailleurs déjà d’un superbe exemple de plate-forme qui s’évertue à séparer le vrai du faux : Wikipédia. Parfois non sans mal, comme avec la célèbre guerre « chicon ou endive », nous arrivons, grâce à Wikipédia, à dégager des vérités.
Attacher une provenance à chaque information
Mais des solutions de ce type, basées sur la foule, ne peuvent être les seules réponses, du fait de la quasi-instantanéité des bobards, qui se répliquent un peu comme des virus (en 2013, par exemple, un Tweet piraté de l’Associated Press avait fait plonger le Dow Jones en rapportant des explosions à la Maison Blanche).
Bien sûr, rien n’empêche de publier anonymement des informations, parfois pour éviter de mettre sa vie en péril
Ce qui pourrait peut-être jouer en notre faveur, c’est...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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« Fake news » : « Appliquer au Web les bonnes pratiques éditoriales des journaux »

Une étude comparant l’attrait des vraies et des fausses informations indique qu’il vaut mieux agir sur le pouvoir de séduction des secondes que les interdire, rapporte, dans une tribune au « Monde », le chercheur en communication Charles Cuvelliez.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h00
    |

                            Charles Cuvelliez (Professeur à l’Ecole polytechnique de l'Université libre de Bruxelles, ULB)








                        



                                


                            
Tribune. Alors qu’en France les autorités veulent régler le problème des « fake news » par une loi dont le projet a été publié le 21 mars, un groupe d’experts de haut niveau mis en place par la Commission européenne préconise de ne pas légiférer, selon le rapport sur les « fausses informations et la désinformation » qu’il a remis le 12 mars à la commissaire européenne chargée du numérique, ­Mariya Gabriel.
comprendre comment et pourquoi les « fake news » se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement
Qui a raison, qui a tort ? Interroger notre cerveau primaire sur notre attirance pour les « fake news », leur lecture et leur diffusion, aiderait à répondre à la question. Les études qui se penchent sur le phénomène des fausses informations s’attachent à comprendre « pourquoi » telle « fake news » s’est répandue : est-ce délibéré ? Est-ce une simple rumeur qui s’est emballée sans que personne pense à mal ? Y a-t-il une arrière-pensée politique derrière cette rumeur ? Des activistes, un gouvernement ou des robots ont-ils été à la manœuvre ?

Mais comprendre comment et pourquoi elles se diffusent fournirait une arme à laquelle on songe ­rarement. Une étude des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (« The spread of true and false news on line », par Soroush Vosoughi, Deb Roy et Sinan Aral, Science n° 359, 9 mars 2018, lien vers PDF en anglais) a justement mesuré, à partir de l’observation des flux sur Twitter et des sites de vérification des faits (fact checking) qui recueillent et classent les fausses nouvelles, les différences entre les modèles de diffusion des « fake news » et ceux des vraies.
« Cascades » de tweets
Une rumeur démarre sur Twitter quand un utilisateur lance un Tweet en la reprenant. On parle de « cascade » lorsqu’un Tweet est repris (« retweeté », RT). Le nombre de cascades est le nombre de Tweet indépendants que génère une rumeur ; la taille d’une cascade...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ Il ne faudrait pas que les taux de crédit se mettent à remonter trop vite. Le marché immobilier, qui reste euphorique, pourrait se gripper, à l’heure où le gouvernement veut réorienter l’épargne vers les entreprises.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
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Pierre contre actions

Il ne faudrait pas que les taux de crédit se mettent à remonter trop vite. Le marché immobilier, qui reste euphorique, pourrait se gripper, à l’heure où le gouvernement veut réorienter l’épargne vers les entreprises.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 13h41
    |

            Joël Morio








                        



                                


                            

« Les arbres ne montent pas au ciel », ont coutume de dire les boursiers après une longue période de hausse des indices. Cet adage ne semble pas s’appliquer à l’immobilier. Dans certaines régions, la progression des prix paraît irrésistible. Les experts qui prévoyaient régulièrement un retournement du marché sont désormais plus prudents. Sans être exceptionnelle, l’année 2018 devrait être dans le prolongement de 2017.

Il faut pourtant relativiser la hausse observée ces dernières années. Paris n’est pas la France. Si, dans la capitale, il n’est possible de s’offrir, avec deux smic pour un couple, que 21 m2, avec les mêmes revenus on peut acquérir 143 m² à Saint-Etienne ou 69 m² à Marseille, a calculé Meilleurtaux.com.
Des nuages pour 2019
Ce pouvoir d’achat s’explique essentiellement par la faiblesse des taux de crédit, et l’on peut se demander ce qui se passera lorsqu’ils progresseront. Tout dépendra de la vitesse de cette remontée. Si elle se fait trop rapidement, le marché immobilier pourrait tout aussi vite se gripper. Déjà, les volumes de crédits se tassent, les primo-accédants sont moins nombreux à se lancer, et les observateurs prédisent un volume de transactions moins élevé en 2018. Et d’autres nuages commencent à s’amonceler pour 2019.
L’immobilier n’est plus la priorité du gouvernement, qui souhaite désormais orienter l’épargne des Français vers le développement des entreprises.
L’instauration de l’impôt sur la fortune immobilière pourrait avoir des effets négatifs sur le secteur qui n’est plus la priorité du gouvernement. Ce dernier souhaite désormais orienter l’épargne des Français vers le développement des entreprises. La loi Pacte présentée le 28 mars par Bruno Le Maire, le ministre de l’économie, a pour ambition de diriger l’épargne des ménages vers le financement en fonds propres des entreprises, particulièrement les plus petites. Reste à savoir si cette énième tentative sera couronnée de succès....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.
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Streaming musical : l’outsider Deezer vise l’international pour rattraper son retard

Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Hans-Holger Albrecht, PDG de Deezer, en convient : « Il est vrai que certains de nos compétiteurs ont les poches très profondes », dit-il, dans une allusion à Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA). « Mais, à la fin de la journée, ça [l’argent] ne fait pas tout. Et une forte compétition n’est pas quelque chose de nouveau » dans le streaming musical. Malgré le démarrage en flèche d’Amazon Music, Deezer a « continué à afficher une forte croissance de [son] chiffre d’affaires », affirme M. Albrecht au Monde. « De 25 % entre 2016 et 2017 », précise-t-il, sans confirmer l’estimation des analystes de 300 millions d’euros pour 2017.
Employant 500 salariés, la plate-forme est présente dans 180 pays. « La France représente notre principal marché », affirme le PDG, devant l’Allemagne et le Brésil. Il assure poursuivre son développement en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique, grâce à une forte mise en avant de catalogues et d’artistes locaux.

Selon M. Albrecht, Deezer compte aujourd’hui 14 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Fin novembre 2017, il en déclarait plus de 6 millions payants. Déjà allié d’Orange, qui lui fournit un contingent d’utilisateurs, Deezer a lancé, fin 2017, un partenariat avec la Fnac pour tenter de doper ses abonnements.
Cette plate-forme musicale née en France en 2007, pionnière dans l’aventure du streaming et cofondée par Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, s’est largement fait distancer par Spotify – le suédois, né un an après Deezer, compte désormais 71 millions d’abonnés payants – et doit se livrer à une compétition inégale face aux GAFA. D’ailleurs, sous sa casquette de président du lobby du streaming européen, le Digital Music Europe, le PDG de Deezer avait, en novembre 2017, demandé aux autorités européennes « de faire en sorte que la concurrence soit équitable dans la musique au niveau des régulations et de la...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-7">
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ Editorial. La manifestation de Palestiniens dans la bande de Gaza, le 30 mars, a été durement réprimée : dix-huit morts et plus de mille blessés. Alors même que la grande majorité des manifestants ne représentaient pas de menace sérieuse pour Tsahal.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Les méthodes disproportionnées d’Israël à Gaza

Editorial. La manifestation de Palestiniens dans la bande de Gaza, le 30 mars, a été durement réprimée : dix-huit morts et plus de mille blessés. Alors même que la grande majorité des manifestants ne représentaient pas de menace sérieuse pour Tsahal.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h02
   





                        


Editorial du « Monde ». « Usage disproportionné de la force. » Cette formule est devenue un classique quant au comportement de l’armée israélienne, qu’il s’agisse d’opérations de guerre à Gaza ou de la gestion de l’occupation au quotidien, en Cisjordanie. Le bilan sanglant de la journée du 30 mars le long de la frontière de la bande de Gaza – 18 morts, près de 1 400 blessés, dont des centaines par des balles réelles – a placé une nouvelle fois Israël sur la défensive.

        Lire aussi :
         

                Dix-huit Palestiniens tués vendredi par l’armée israélienne : autopsie d’une répression meurtrière à Gaza



Dans une communication souvent très éloignée de la réalité constatée sur le terrain, l’armée a essayé de justifier son comportement face à des dizaines de milliers de Palestiniens venus protester dans le cadre de la « grande marche du retour », qui devrait durer six semaines. Mais elle ne convainc guère.
Les manifestants n’ont pas essayé de franchir la clôture frontalière. Dans leur écrasante majorité, ils étaient venus avec des intentions pacifiques. Quelques centaines de jeunes se sont approchés de façon téméraire de la clôture et ont jeté des pierres, brûlé des pneus. Rien qui puisse justifier le feu en retour, et les morts. Seuls deux Palestiniens armés ont été signalés par l’armée israélienne elle-même.
Refusant d’envisager que ces règles d’engagement israéliennes soient condamnables d’un point de vue éthique, l’envoyé spécial de Donald Trump au Proche-Orient, l’avocat Jason Greenblatt, a qualifié la marche d’« hostile ». Comme si les Palestiniens n’étaient pas autorisés à se retourner contre l’occupant israélien. Cette lecture biaisée des événements a confirmé les Etats-Unis comme avocat ardent d’Israël, et Washington a bloqué une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant une enquête.
Plus largement, l’administration Trump n’emploie jamais le terme de « droits » ni celui d’« Etat » pour les Palestiniens. Elle ne condamne pas la colonisation, contrairement à toutes les administrations précédentes, républicaines ou démocrates. Elle a prétendu « retirer de la table » la question de Jérusalem, en reconnaissant la ville début décembre 2017 comme capitale d’Israël.
Etrange schizophrénie
Cette décision a été un électrochoc pour les Palestiniens, au-delà du président Mahmoud Abbas. Elle a confirmé l’idée que les négociations de paix classiques, mises en œuvre depuis vingt-cinq ans, ne produisaient aucun résultat. La « grande marche » est une tentative de renouer avec une forme d’opposition à Israël, populaire et pacifique, que le logiciel militaro-sécuritaire a du mal à gérer. Mais personne ne peut prédire les étapes futures de cette mobilisation, si de nouveaux Palestiniens tombent en grand nombre.

        Lire aussi :
         

                Dans la bande de Gaza, la marche du désespoir des Palestiniens



L’Etat hébreu s’accommode depuis longtemps d’une étrange schizophrénie au sujet de Gaza. D’un côté, ses plus hauts gradés n’ont cessé d’alerter sur la dégradation humanitaire dans le territoire palestinien, insalubre, économiquement sinistré, étouffé par le double blocus israélien et égyptien. De l’autre, la droite israélienne refuse d’alléger ce blocus, maintenant par exemple une longue liste de produits interdits ou limités, parce qu’ils pourraient servir à des fins militaires pour le Hamas. La punition infligée à une population de deux millions de personnes est tacitement justifiée par une idée : elle ne s’est pas débarrassée du joug du mouvement islamiste. Mais il est vain et absurde d’imaginer qu’une répression sanglante et une vie carcérale produiront des résultats positifs pour la sécurité d’Israël. Sans même parler de dignité humaine.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Pour la juriste Farah Hached qui s’exprime dans une tribune au « Monde », le refus des députés de prolonger le mandat de l’Instance vérité et dignité traduit le rejet d’un débat salutaire pour toute la société.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤         

Point de vue

« En Tunisie, les fossoyeurs de la justice transitionnelle font fi des victimes de la dictature »

Pour la juriste Farah Hached qui s’exprime dans une tribune au « Monde », le refus des députés de prolonger le mandat de l’Instance vérité et dignité traduit le rejet d’un débat salutaire pour toute la société.

Par                Farah Hached



LE MONDE
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        Le 03.04.2018 à 10h44

     •
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        Mis à jour le 03.04.2018 à 14h04






    
Des hommes regardent la retransmission à la télévision des témoignages de victimes d’abus devant la Commission vérité et dignité, à Tunis, le 16 décembre 2016.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Tribune. Environ 63 000 dossiers ont été déposés auprès de l’Instance vérité et dignité (IVD), l’institution chargée de la justice transitionnelle en Tunisie, à propos de violations présumées perpétrées dans le pays entre juin 1955 et décembre 2013. Certains, dont l’instruction est terminée, ont même commencé à être transférés à la justice et le rapport final de l’IVD est en cours de rédaction.
Mais alors que le processus de justice transitionnelle entre dans sa dernière ligne droite, 68 députés de l’Assemblée des représentants du peuple, instigateurs d’une véritable mascarade juridique, prétendent empêcher l’IVD de prolonger son mandat initial de quatre ans jusqu’au 31 décembre 2018 – soit de sept mois supplémentaires –, comme l’y autorise la loi.

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63 000 dossiers. C’est-à-dire 63 000 personnes directement concernées. En réalité le double ou même bien plus, car il s’agit souvent de familles. On peut estimer que 150 000 à 200 000 personnes considèrent le processus de justice transitionnelle comme essentiel pour elles.
Ces personnes sont directement touchées. Elles sont des conjointes et des conjoints, des filles et des fils, des mères et des pères. Leurs proches sont tout autant touchés. Toutes ces personnes ne sont pas des personnages de roman ou de film. Il s’agit de vraies personnes, tuées, torturées, violées, piétinées, spoliées, écrasées, exilées, dépossédées… De vraies personnes, nos concitoyens, qui ont le droit à la vérité et à la justice après plus de sept années écoulées depuis la chute de l’ancien régime.
Un système non transparent d’amnistie
En Tunisie, nous ne vivons pas (encore) en démocratie. La démocratie suppose un véritable Etat de droit et des institutions faisant l’objet de contrôles adéquats, permettant une confiance retrouvée. Nous sommes en train de construire notre démocratie et cela passe nécessairement par la révélation de la vérité sur les abus et les exactions du passé, par la justice pour les victimes et par la mise en œuvre des réformes nécessaires, garde-fous contre le retour de la dictature.
Mais certains de ceux qui sont censés être des acteurs majeurs d’une démocratie en construction apparaissent aujourd’hui comme ses premiers fossoyeurs. Se considérant au-dessus de la Constitution et de la loi, ils font fi des victimes, de leurs attentes, de leurs besoins en matière de vérité et de justice.

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L’IVD a commis des fautes. Personne au sein de la société civile ne le conteste. Nous avons critiqué l’IVD lorsque cela était nécessaire. Mais une grande partie des erreurs de l’IVD est la conséquence des fautes des pouvoirs législatif et exécutif. Le pouvoir législatif n’a par exemple pas remplacé les membres démissionnaires de l’IVD, rendant son travail très difficile, et le pouvoir exécutif a bloqué l’accès à un nombre important d’archives, empêchant certaines investigations.
La loi sur la justice transitionnelle est loin d’être parfaite. Nous avons demandé à plusieurs reprises son amendement en vue d’une plus grande transparence. Mais le pouvoir législatif a préféré adopter une loi dite de « réconciliation administrative », qui met en place un système non transparent d’amnistie pour les fonctionnaires ayant participé aux crimes et délits financiers sans en tirer un enrichissement personnel.
Une véritable guerre d’usure
Des améliorations du processus de justice transitionnelle auraient pu être entreprises si les victimes avaient vraiment été au centre des préoccupations. Mais ces dernières années, tout a été fait pour que le processus s’enraye. Ce fut une véritable guerre d’usure. Ce furent des attaques systématiques et régulières pour décrédibiliser l’IVD et son travail. Les ennemis de la justice transitionnelle n’ont pas réussi à mettre fin au processus, mais ils sont parvenus à le discréditer, du moins aux yeux d’une partie de l’opinion publique.
Et ils se basent aujourd’hui sur ce prétendu manque de crédibilité pour demander l’arrêt du processus, alors que l’IVD n’aurait besoin, selon ses représentants, que de sept mois supplémentaires, ni plus ni moins, pour terminer le travail commencé, notamment transférer les dossiers instruits à la justice et finaliser son rapport. Cela sans budget additionnel.

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Pourquoi ces sept mois sont-ils devenus un enjeu si important pour certains députés ? Pourquoi ce refus alors qu’eux-mêmes n’ont pas été capables de mettre en place une Cour constitutionnelle dans les délais prescrits par la Constitution ? Depuis les élections, ils n’ont pas non plus réformé le Code pénal hérité de l’ancien régime, qui contient des dispositions peu conformes à un vrai Etat de droit et notamment des peines d’emprisonnement pour les homosexuels. Ils ont maintenu la compétence de la justice militaire pour juger les affaires concernant les civiles victimes des forces de police. Ne parlons même pas de la réforme inexistante du secteur de la sécurité.
S’agissant de ceux parmi ces députés qui prétendent se soucier du processus de justice transitionnelle, pourquoi ne donnent-ils pas à l’IVD une chance de démontrer qu’elle peut terminer ses missions ? Quant à ceux qui la honnissent, ils verraient leur position confirmée dans l’hypothèse où l’IVD échouerait dans sa mission. Elle en serait seule responsable et seule comptable devant les victimes.
Mémoire nationale confisquée
Alors pourquoi ces sept malheureux mois sont-ils devenus un enjeu majeur ?
La réalité est que les ennemis de la justice transitionnelle ont probablement peur que l’IVD réussisse. Ils ne sont absolument pas sûrs de son échec. Ils craignent que son travail vienne déranger leur campagne électorale, qui débutera en 2019, c’est-à-dire au moment où le rapport de l’IVD est censé être publié.
Les ennemis de la justice transitionnelle souhaitent la destruction définitive du processus et renvoyer aux calendes grecques un débat salutaire sur une mémoire nationale jusque-là confisquée. Il ne leur manquera plus que de répandre le sel, comme Rome l’a fait à Carthage, pour que la démocratie, l’Etat de droit, la justice ne refleurissent jamais.

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Tant d’énergie dépensée, tant d’attentes, tant d’aspirations… et face à cela ? Indifférence et mépris.
Certains disent que c’est l’occasion de démarrer un nouveau processus de justice transitionnelle, sur de meilleures bases, avec les bonnes personnes – entendre sans Sihem Ben Sedrine, la présidente actuelle de l’IVD.
Cette démarche serait conforme au droit si elle était validée par une majorité absolue des députés. Pour certains, une telle démarche est légitime ; pour d’autres, elle signe une dernière oraison funèbre pour la justice transitionnelle. Quelle conséquence en effet sur les dossiers des victimes ? Les pouvoirs législatif et exécutif vont-ils, comme par magie, se mettre à collaborer avec une nouvelle instance ? Il est permis d’en douter.
Farah Hached est juriste et membre de la société civile tunisienne, co-auteure de Révolution tunisienne et Défis sécuritaires (Le Labo’Démocratique, IRMC et MedAli Editions, Tunis, 2014).


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », le socio-démographe Patrick Simon estime que l’enquête dirigée par Olivier Galland et Anne Muxel minore les discriminations dont sont victimes certains lycéens.
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« “La Tentation radicale” construit un dossier à charge contre l’islam »

Dans une tribune au « Monde », le socio-démographe Patrick Simon estime que l’enquête dirigée par Olivier Galland et Anne Muxel minore les discriminations dont sont victimes certains lycéens.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h34
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h30
    |

Patrick Simon (Directeur de recherche à l’Ined)







                        



                                


                            

La radicalisation religieuse est au cœur des débats politiques. Les départs de candidats au djihad en Syrie et en Irak, et surtout les attaques terroristes qui se répètent, ont dramatisé une question à laquelle les sciences sociales apportent des réponses contradictoires : selon quels processus de jeunes Français se réclamant de l’islam en sont-ils arrivés à tuer au nom de leurs idées ? Les mécanismes qui déterminent l’entrée dans l’action violente à fondement religieux restent difficiles à démêler.

L’ouvrage La Tentation radicale, dirigé par Olivier Galland et Anne Muxel, tente d’apporter des éléments de réponse. A partir d’une enquête quantitative menée auprès de lycéens de 15 à 17 ans et d’entretiens individuels et collectifs, il cherche à mesurer l’impact des idées radicales et les facteurs de leur appropriation.
Les lycéens interrogés viennent d’établissements pour partie avec une nette surreprésentation d’élèves d’origine immigrée (Maghrébins et Sub-Sahariens), aussi ne faut-il pas chercher dans leurs analyses une représentativité des attitudes, opinions et valeurs des lycéens dans la France de 2016, mais un éclairage sur des logiques présidant à la radicalité. Pour ce faire, les auteurs construisent des indicateurs à partir de variables d’opinion.
Parmi les indicateurs construits, c’est celui d’« absolutisme religieux » qui sert principalement à analyser les inclinations à la radicalité religieuse dans le chapitre rédigé par Olivier Galland. Sa conclusion est sans appel : l’enquête valide « l’effet très net de l’appartenance à l’islam sur l’adhésion à des idées absolutistes en matière religieuse, comme sur la justification de la guerre religieuse ».
Indicateur équivoque
Qu’est-ce que « l’effet islam », qui détermine ainsi des orientations – et non pas des comportements – sinon radicales et violentes, du moins relativement sectaires et compréhensives à l’égard de la violence religieuse ? Pour Olivier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse le conflit entre l’exécutif, qui se pose en « modernisateur courageux », et les syndicats de l’entreprise publique, qui dénoncent un démantèlement.
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Grève à la SNCF : « Les Français seront les arbitres »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse le conflit entre l’exécutif, qui se pose en « modernisateur courageux », et les syndicats de l’entreprise publique, qui dénoncent un démantèlement.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h32
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. La météorologie sociale est tout sauf une science exacte. Comme les prévisions climatiques, elle est fiable à l’échéance de quelques jours, mais beaucoup plus aléatoire à l’horizon de quelques semaines. On l’avait constaté à l’automne 2017. Les prévisionnistes annonçaient alors un avis de tempête à l’occasion de la réforme du droit du travail engagée par le gouvernement. Celui-ci avait finalement essuyé quelques grains sans gravité, mais aucun des orages désirés par la gauche syndicale ou politique.
Six mois plus tard, la dépression provoquée par le projet de réforme de la SNCF semble beaucoup plus menaçante. En effet, chacun prévoit que les deux premiers jours de la grève engagée par les syndicats du transport ferroviaire, mardi 3 et mercredi 4 avril, mobiliseront massivement les salariés de l’entreprise publique, cheminots en tête. Ce ne sera que la première bourrasque, le mouvement étant programmé pour durer trois mois, à raison de deux jours d’arrêt de travail tous les cinq jours.
Une détermination à toute épreuve
C’est donc une longue bataille qui s’engage, chacun des protagonistes affichant, à ce stade, une détermination à toute épreuve. Parmi toutes les réformes qu’il a mises en chantier, il est manifeste que le gouvernement a décidé de faire de celle de la SNCF la pierre de touche de sa capacité à transformer en profondeur le pays, sans craindre d’affronter tabous et bastions syndicaux.
Martelé depuis des semaines, son argumentaire est connu. Très lourdement endettée, confrontée à la nécessité de rénover ses infrastructures vieillissantes, offrant à ses usagers un service dégradé pour un prix de transport trop élevé, handicapée par le statut social d’un autre âge de ses employés, la SNCF ne résisterait pas à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, prévue dans moins de deux ans.

A ses yeux, une réforme s’impose donc d’urgence pour lui permettre de relever ce défi. Elle passe...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.
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Article sélectionné dans La Matinale du 02/04/2018
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Pédaler permet de retrouver l’immunité de sa jeunesse

Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 13h38
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Faire du vélo n’est pas bon que pour le moral, le cœur, les muscles… mais permet aussi de doper l’immunité. Une étude britannique ­publiée dans la revue Aging Cell vient d’en apporter la démonstration, en montrant que des cyclistes de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans. « Si le sport était un médicament, tout le monde en prendrait », indique même le professeur Norman Lazarus (King’s College de Londres), l’un des coauteurs.
Les chercheurs ont étudié un groupe de 125 adultes – deux tiers étaient des hommes – de 55 à 79 ans qui ont fait du vélo pendant une grande partie de leur vie et le pratiquent encore à raison de deux heures et demie par semaine, avec une intensité modérée mais de façon constante. Ils étaient capables de parcourir 100 km en six heures et demie. Aucun d’entre eux n’était fumeur, gros consommateur d’alcool ou ­atteint d’hypertension. Ce groupe de cyclistes a été comparé à deux autres, l’un ­d’adultes d’âge voisin, et un autre de jeunes adultes (de 20 à 36 ans), en bonne santé mais non sportifs.

Les chercheurs se sont focalisés sur le thymus, cette glande dont la fonction est d’assurer la ­ maturation des lymphocytes T (types de globules blancs ayant un rôle essentiel dans la fonction ­immunitaire) et qui s’atrophie avec l’âge et entraîne une immunosénescence (un déclin du fonctionnement normal du système immunitaire). « Le système immunitaire ­ s’affaiblit à partir de la vingtaine, ce qui explique ­pourquoi les personnes âgées sont plus sensibles aux maladies comme la polyarthrite rhumatoïde et, ­potentiellement, le cancer, explique la professeure ­Janet Lord, directrice de l’Institut de l’inflammation et du vieillissement de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), et coauteure de cette recherche. Cela signifie que ces cyclistes ont une protection supplémentaire contre tous ces problèmes. »
Des lymphocytes plus nombreux
Concrètement, les lymphocytes T étaient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Contrairement aux idées reçues, l’historien Clive Lamming rappelle, dans une tribune au « Monde », que le statut des cheminots, la concurrence et la privatisation, remontent au XIXe siècle.
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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ « Le Monde » publie des extraits de « La Tentation radicale. Enquête auprès des lycéens », d’Olivier Galland et Anne Muxel.
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« “Charlie Hebdo”, ils l’ont un peu cherché »

« Le Monde » publie des extraits de « La Tentation radicale. Enquête auprès des lycéens », d’Olivier Galland et Anne Muxel.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h25
   





                        



                                


                            
Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland sont les auteurs d’une enquête inédite sur la radicalité chez les jeunes menée auprès de 7 000 lycéens. Les conclusions de leur travail révèlent « un clivage culturel entre les jeunes musulmans et les non-musulmans ».

Face aux attentats
Extraits. « L’enquête qualitative nous a permis de recueillir les propos des lycéens et de mieux connaître la diversité de leurs réactions face aux attentats. Plusieurs thèmes récurrents sont apparus, notamment lorsque nous leur avons proposé de comparer les attentats de novembre 2015 et ceux de janvier 2015. Un élève indique : “Moi, pour moi, c’est pareil parce que dans les deux, il y a eu des morts, dans les deux, il y a eu des victimes. Et une victime, quoiqu’elle ait fait, ça reste une victime.” Pour un autre, “il y a eu plus de morts pour… le Bataclan que pour Charlie Hebdo. Donc c’est pour ça que c’est plus choquant.” Mais l’expression qui, dans la bouche des élèves, est revenue le plus souvent est que, par contraste avec les victimes des attentats de novembre, les dessinateurs de Charlie Hebdo “l’ont cherché” ou “ont provoqué”. Par ces expressions, les élèves semblent pouvoir soutenir au moins deux thèses distinctes.
Comme l’indiquent les extraits ci-dessous (…), les lycéens évoquent une différence objective entre certaines des victimes de janvier et celles de novembre : seuls les dessinateurs ont délibérément entrepris une action – la publication de dessins de Mahomet – dont ils savaient qu’elle pourrait les mettre en danger. Ces élèves semblent dire : si aucun attentat n’est acceptable, celui contre Charlie Hebdo semble cibler des victimes contre lesquelles on peut concevoir un grief spécifique, alors que ceux de novembre prennent pour cible des victimes choisies au hasard.
Extrait 1, académie de Dijon
Lycéen : Charlie Hebdo,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Le retour à la religion des musulmans est à contre-courant de la forte sécularisation des autres jeunes, expliquent les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland.
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« La radicalité religieuse concerne principalement les jeunes de confession musulmane »

Le retour à la religion des musulmans est à contre-courant de la forte sécularisation des autres jeunes, expliquent les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 05h00
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h21
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland, auteurs d’une enquête inédite sur la radicalité chez les jeunes menée auprès de 7 000 lycéens, reviennent sur leur démarche et les conclusions de leur travail qui révèle « un clivage culturel entre les jeunes musulmans et les non-musulmans ».

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à la radicalité, et quelle définition en donnez-vous ?
Anne Muxel La radicalité peut tenter la jeunesse dans toute sa diversité. Certains phénomènes en sont visibles : violence contre les forces de l’ordre, blocage de lycées, extrémisme électoral, sans oublier la question du djihad. Telle que nous la définissons, la radicalité est constituée par un ensemble d’attitudes et d’actes exprimant a minima une protestation et pouvant aller jusqu’à la contestation frontale du système politique ainsi que des normes sociales et culturelles dominantes. Elle peut être arrimée à une idéologie, à une religion, ou ni à l’une ni à l’autre ; elle peut mener à un passage à l’acte violent dans certains cas.
Quelle est l’ampleur du phénomène ?
Olivier Galland Nous avons pris en compte trois types de radicalité : religieuse, politique et culturelle. Pour donner un ordre de grandeur, la radicalité religieuse concerne principalement les jeunes de confession musulmane. La radicalité politique touche un spectre plus large, notamment au travers de la diffusion d’une culture protestataire, et la radicalité culturelle, notamment dans le rapport à l’information, et la séduction pour les thèses du complot, concerne beaucoup de jeunes.
Votre enquête révèle l’existence d’une « radicalité du quotidien », non seulement sur des questions religieuses mais aussi sur des questions de mœurs. Comment l’expliquer ?
O. G. Cette enquête révèle en effet un clivage culturel entre les jeunes musulmans et les non-musulmans. Les musulmans...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland ont mené une enquête inédite auprès de 7 000 lycéens, qui conclut à un « effet islam », dans l’adhésion de certains jeunes Français aux idées radicales et absolutistes.
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L’inquiétante radicalité d’une minorité de jeunes

Les sociologues Anne Muxel et Olivier Galland ont mené une enquête inédite auprès de 7 000 lycéens, qui conclut à un « effet islam », dans l’adhésion de certains jeunes Français aux idées radicales et absolutistes.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 04h30
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h19
    |

            Violaine Morin








                        



                                


                            
Livre. Un quart des lycéens interrogés ne condamnent pas totalement les attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan, 80 % considèrent qu’on ne peut pas se moquer des religions, 68 % pensent que les médias n’ont pas dit toute la vérité sur les attentats de 2015, un tiers pense qu’il est « acceptable dans certains cas de participer à une action violente pour défendre ses idées »…
Mettre des chiffres et des mots sur un sentiment diffus, celui de la « tentation radicale » chez les jeunes : voilà l’ambition de cet ouvrage, issu d’une enquête menée auprès de 7 000 lycéens de classe de seconde, âgés de 14 à 16 ans, par une équipe de sociologues sous l’égide du CNRS.

Trois ans ont passé depuis ce moment d’effarement collectif devant l’évidente rupture culturelle exprimée par une partie de la jeunesse après l’attentat du 7 janvier 2015. Pour la première fois, La Tentation radicale offre un panorama de ce problème, en évaluant l’adhésion à l’absolutisme religieux, à la violence religieuse, à la radicalité politique en opinion ou en acte, et à cette nouvelle « radicalité informationnelle » de ceux qui ne font plus confiance aux médias et adhèrent aux théories du complot.
Les chercheurs ont adressé des questionnaires à 7 000 lycéens de quatre territoires où « des manifestations de radicalité » ont été constatées ces quinze dernières années (émeutes urbaines, blocages de lycées, affrontements avec la police) : la région lilloise, l’Ile-de-France et l’académie d’Aix-Marseille. Auxquelles a été ajoutée l’académie de Dijon pour assurer une diversité.
Dans le groupe d’élèves interrogés, 26 % se déclarent musulmans et 39 % sont scolarisés dans des lycées populaires ou très populaires. C’est bien plus que dans un groupe représentatif des lycéens français, mais à dessein, puisque l’ambition était de montrer la prévalence des idées radicales, y compris chez les jeunes musulmans – qui auraient...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Dans une tribune au « Monde », Olivier Lafourcade et Serge Michailof se félicitent de la décision de Paris de favoriser les dons directs aux Etats.
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Point de vue

« Le président Macron met enfin l’aide au développement au service des pays les plus pauvres »

Dans une tribune au « Monde », Olivier Lafourcade et Serge Michailof se félicitent de la décision de Paris de favoriser les dons directs aux Etats.

Par                Olivier Lafourcade et Serge Michailof



LE MONDE
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        Le 02.04.2018 à 16h28

     •
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        Mis à jour le 02.04.2018 à 19h35






    
Le président français, Emmanuel Macron (droite), et le ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, lors de la Conférence internationale de haut niveau sur le Sahel, à Bruxelles, le 23 février 2018.
Crédits : POOL New / REUTERS


Tribune. Après tant de promesses, la main sur le cœur, de présidents français successifs, nous ne parvenions plus à croire à une reprise du contrôle de notre aide publique au développement (APD), condition essentielle, selon nous, de son efficacité. A chaque fois, Bercy, la main sur le portefeuille, s’empressait « d’oublier » les promesses présidentielles.
Ne jetons pas la pierre à nos hauts fonctionnaires, qui ont le souci du bon emploi de nos impôts. Ils se débrouillaient année après année pour maximiser les chiffres de notre APD, soit en gros 10 milliards d’euros, tout en veillant à en minimiser le coût pour le contribuable. Notre effort budgétaire effectif est ainsi inférieur au quart des 10 milliards annoncés.

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                « Les pays les plus pauvres sont les grands oubliés de l’aide française au développement »



Et puis, considérant sans doute que notre aide bilatérale, faite directement aux Etats, était suspecte, ce qui autrefois n’a pas toujours été faux – le spectre de la Françafrique n’a-t-il pas longtemps plané au-dessus de l’Elysée ? –, le ministère des finances faisait transiter les deux tiers de cet effort budgétaire par les grandes institutions internationales multilatérales : le Fonds européen de développement (FED), la Banque mondiale, les institutions des Nations unies. Notre argent n’était-il pas ainsi en de bonnes mains ?
Fourre-tout et martingale
Mais voilà, la notion même d’aide au développement prête à confusion. L’APD ne correspond pas à des transferts réels vers les pays pauvres, mais aux dépenses qui, dans notre budget, peuvent être imputées à l’aide aux pays en développement. On y trouve un fourre-tout incluant aussi bien le financement de projets concrets que des annulations de dette, des frais de scolarité d’étudiants étrangers – faisant de la Chine, gros pourvoyeur de jeunes dans nos universités, l’un des grands bénéficiaires de notre aide – ou encore de mystérieux frais administratifs. Nous respections après tout à la lettre les définitions de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
Nous avions aussi découvert une martingale gagnante : en confiant un euro à l’Agence française de développement (AFD, partenaire du Monde Afrique), on arrivait, par le biais de prêts, à faire figurer un montant de 16 euros dans notre APD. Cette belle mécanique financière ignorait au passage les multiples rapports parlementaires et plaidoyers d’experts et d’ONG dénonçant depuis des décennies le paradoxe de cette approche.
En se focalisant sur l’instrument prêt, qui « produisait » seize fois plus d’APD que les dons, notre aide bilatérale avait ainsi abandonné les pays les plus pauvres ! Pour ces pays, qui ne parviennent même plus à payer leurs fonctionnaires, il faut faire des dons, comme le font tous les autres pays de l’OCDE, en veillant à la bonne utilisation de ces fonds.

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Et puis, à confier l’essentiel de nos ressources à des bailleurs de fonds internationaux, nous avions aussi perdu le contrôle de ce qu’ils faisaient de notre argent. Nous ne pouvions intervenir ni sur le choix des pays récipiendaires, ni sur le type de projets mis en œuvre. Enfin, en termes d’efficacité, la croyance en l’expertise supérieure des grandes institutions multilatérales est à relativiser.
Le FED, grand gestionnaire de nos ressources, est une impossible bureaucratie. La Banque mondiale dispose d’une expertise exceptionnelle dans bien des domaines, mais elle connaît mal le Sahel, et il est peu avisé de demander à un expert pakistanais ou brésilien de s’occuper d’institutions construites sur le modèle français.
La grande incohérence était que, au moment où, au Sahel, nos militaires étaient les premiers à expliquer que le problème relevait d’abord du développement et de la gouvernance, nous n’avions plus d’instrument pertinent à notre disposition. Sur nos 10 milliards d’APD, l’AFD ne disposait que de 200 millions d’euros pour faire des dons à partager entre 19 pays. Les bonnes années, le Sahel recevait moins de la moitié de ce montant, soit 1 % de notre APD et 4 % de notre effort budgétaire. Absurde !
Renforcement de l’AFD
Malgré des annonces présidentielles encourageantes, le projet de loi de finances 2018 suivait encore largement cette logique, prévoyant toujours que deux tiers de notre effort budgétaire transitent par les grandes agences multilatérales, contre un tiers d’aide bilatérale. Le montant des dons transformés en projets par l’AFD était toujours de l’ordre de 200 millions d’euros. On avait l’impression que l’engagement du président Emmanuel Macron de porter à 0,55 % de notre revenu national brut le montant de notre APD risquait d’être reporté à la fin du quinquennat. Les mots « Sahel » ou « Mali » ne figuraient même pas dans les 89 pages d’annexe de la loi de finances consacrée à l’aide au développement.

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Et puis, le 8 février, discrètement, le comité interministériel de la coopération internationale et du développement a démenti les orientations de la loi de finances. Derrière des décisions apparemment très techniques, dont un renforcement important des capacités de l’AFD, un virage majeur : le rapport bilatéral-multilatéral sera progressivement inversé et le montant des dons-projets confiés à l’AFD porté à 1 milliard d’euros en 2019.
Nous attendions depuis dix ans cette réforme fondamentale qui va enfin permettre à notre pays d’avoir une aide au développement au service à la fois des pays les plus pauvres et de sa politique étrangère. Espérons aussi qu’en lui permettant de reprendre en partie le contrôle de l’aide internationale au Sahel, elle pourra limiter la pagaille qui, en Afghanistan, a conduit au naufrage. Le temps presse et les mesures prises récemment doivent être suivies sans tarder d’actions concrètes.
Olivier Lafourcade est président d’Investisseurs et Partenaires pour le développement. Serge Michailof est chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et auteur d’Africanistan (Fayard).


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans un rapport remis aux ministres de la recherche et de l’éducation nationale, ainsi qu’au président de la République, des universitaires recommandent de « renforcer les savoirs et les projets scientifiques » sur les génocides et les crimes de masse.
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La recherche française comble son retard sur les génocides

Dans un rapport remis aux ministres de la recherche et de l’éducation nationale, ainsi qu’au président de la République, des universitaires recommandent de « renforcer les savoirs et les projets scientifiques » sur les génocides et les crimes de masse.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 12h57
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 16h25
    |

                            Antoine Flandrin








                        



                                


                            
Il est des chercheurs en sciences humaines qui considèrent que la lutte vaut d’être menée collectivement pour défendre leur discipline. C’est ainsi que soixante-quatre spécialistes français et étrangers (sociologues, philosophes, historiens, politistes, anthropologues et juristes) ont rejoint, en 2016, la Mission d’étude en France sur la recherche et l’enseignement des génocides et des crimes de masse. Leur objectif : valoriser les recherches comparatives développées en France depuis une vingtaine d’années. Présidée par l’historien Vincent Duclert, auteur de La France face aux génocides des Arméniens (Fayard, 2015), cette équipe a rendu, le 15 février, un rapport aux ministres de la recherche et de l’éducation nationale, ainsi qu’au président de la République.
Refus d’une parole publique
Le rapport, que Le Monde a pu consulter, recommande de « renforcer les savoirs et les projets scientifiques ». De fait, pendant longtemps, la France s’est tenue à l’écart des genocide studies, ce courant de recherches interdisciplinaires né aux Etats-Unis et en Israël dans les années 1970-1980. « Les chercheurs français ne se reconnaissaient pas complètement dans ce mouvement au sein duquel il y avait une forte propension à considérer que, dès lors qu’on étudiait les génocides, on pouvait les prévenir », analyse Vincent Duclert. « L’idée, voire parfois l’idéologie, d’une “singularité radicale” ou d’une “unicité” de la Shoah a longtemps freiné les recherches comparées, soupçonnées a priori de vouloir “banaliser” l’événement », explique, dans le rapport, l’historien Henry Rousso, vice-président de la mission.
Si la France a pris du retard dans le domaine de l’étude des génocides, c’est aussi parce que l’Etat a longtemps occulté son rôle dans les différents génocides, notamment la Shoah. « En dépit des travaux de l’Institut d’histoire du temps présent, les possibilités d’étendre les recherches étaient restreintes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ Des professionnels de santé ont récemment dénoncé l’inefficacité des médecines non conventionnelles. Dans un entretien croisé, les médecins Bruno Falissard et Vincent Renard reviennent sur ce sujet explosif.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/04/2018
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Les médecines alternatives doivent-elles être disqualifiées  ?

Des professionnels de santé ont récemment dénoncé l’inefficacité des médecines non conventionnelles. Dans un entretien croisé, les médecins Bruno Falissard et Vincent Renard reviennent sur ce sujet explosif.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 10h13
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Une nouvelle fois, les médecines dites alternatives ou complémentaires, et en particulier l’homéopathie, reviennent dans le débat public. A l’origine de cet épisode, un texte signé par 124 professionnels de santé, publié dans Le Figaro du 19 mars.
Jugeant ces pratiques inefficaces, dangereuses et coûteuses pour les finances publiques, les signataires demandent au conseil de l’ordre des médecins et aux pouvoirs publics de « ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir ». Ils appellent aussi à ne plus rembourser les soins et médicaments de ces disciplines, et à ne plus reconnaître comme qualifications médicales les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture.
Retour sur un sujet explosif avec Vincent Renard, professeur de médecine générale et président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), et Bruno Falissard, psychiatre et professeur de santé publique et de biostatistiques, qui a conduit plusieurs rapports d’expertise de soins non conventionnels.
Que vous inspire ce texte ?
Bruno Falissard : De la tristesse, parce qu’il y a de l’agressivité, du discrédit dans cette tribune même si elle est sociologiquement intéressante. D’autant que c’est un sujet compliqué sur lequel nous-mêmes scientifiques ne sommes pas à l’aise. La médecine est complexe, elle fait appel à la science, mais aussi à l’humain, et doit prendre en compte la souffrance, la mort…
Vincent Renard : Je suis partagé. En effet, les cliniciens, notamment en médecine générale, sont face à un paysage très complexifié avec la coexistence dans une même reconnaissance de professionnels qui ont des visions radicalement différentes. Il n’y a pas un jour où ça ne complexifie pas votre exercice quand vous ­essayez d’avoir une démarche rigoureuse. Les patients se tournent de plus en plus vers ces médecines...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Un an et demi après l’assassinat du pasteur noir américain, l’écrivain Claude Roy analyse les changements de fond perceptibles au sein de la communauté.
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Martin Luther King : la couleur des mots

Un an et demi après l’assassinat du pasteur noir américain, l’écrivain Claude Roy analyse les changements de fond perceptibles au sein de la communauté.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 13h00
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 09h27
    |

                            Claude Roy (écrivain, « Le Monde » du 22 novembre 1969)








                        



                                


                            

Il y a dans l’air, dans les ­regards, dans le vocabulaire un imperceptible et perceptible décalage. (…) La couleur des mots a changé. En face d’un Noir, autrefois, j’avais toujours présente à l’esprit la ligne de démarcation entre les vocables insultants et les mots convenables. Nigger c’était, comme coon, comme dark, un mot imprononçable, aussi ignoble que raton ou bicot pour désigner un Arabe, ou que youtre. Black, c’était un mot agressif, gênant, intempestif. Le mot juste et courtois, pour désigner un « non-Caucasien à peau noire », c’était : negro.
Mais même dans le champ des mots autorisés il y avait des nuances. Selon l’interlocuteur, on sentait qu’il valait mieux employer negro, ou colored people (puis, plus tard, Afro-Américain). (…) Maintenant, si j’emploie le mot negro, j’ai cette vague impression de malaise qu’on ressent devant quelqu’un qui dit israélite pour ne pas dire juif, et que sa délicatesse malhabile met au bord de la grossièreté.

Jadis à Harlem, presque tout le monde avait l’air obsédé malgré soi par la distinction entre les darkskins, les brownskins et les ­lightskins, les noir-noir, les café au lait, les peaux claires. La vieille Mrs Walker avait gagné des millions de dollars en inventant une huile à décrêper les cheveux. Aujourd’hui, dans la conversation avec des Noirs, dans les rues, les ­affiches, les chansons, le mot Black claque sur les lèvres noires comme une affirmation, une fierté, un cri. Il tend à supplanter le mot jadis « bien élevé », le mot ­negro, qui prend un air blême, malsain et cauteleux.
« Je suis né de cette couleur-là »
Vocabulaire « extrémiste » ? Black Muslims, Black Panthers, Black Power… L’idole noire du rock, ­Brother Soul Number One, James Brown, « le Frère Ame Numéro Un », n’est certes pas...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Rapport d’étonnement. La logique capitaliste s’empare enfin des idées écologiques, considérées naguère comme contraires à la croissance et à l’emploi.
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L’économie circulaire convainc jusqu’au Medef

Rapport d’étonnement. La logique capitaliste s’empare enfin des idées écologiques, considérées naguère comme contraires à la croissance et à l’emploi.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 09h23
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
L’utopie écologique n’est plus une chimère, ses rêves nous rattrapent. Industries propres, retraitement des déchets, villes végétalisées, immeubles économes, agroécologie associant cultures et élevage, « économie circulaire » fonctionnant comme un écosystème, réintégrée au cœur de la nature, privilégiant la valorisation des énergies naturelles plutôt que l’extraction des matières fossiles : il y a dix ans encore, ces idées étaient considérées comme contraires à la croissance et à l’emploi, menaçant les profits des entreprises. Bref, impraticables.
Alternative crédible
Aujourd’hui, elles semblent capables d’offrir une alternative crédible à la ruineuse destruction de la biosphère par notre mode de production – à nouveau dénoncée, samedi 24 mars, par les 550 experts de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. C’est ainsi que, vendredi 30 mars, le ministère de la transition écologique et solidaire doit faire connaître sa « Feuille de route pour l’économie circulaire », la présentant comme le « nouveau paradigme » capable de détrôner notre vieille logique économique « non soutenable », et proposant de l’ériger en « objectif national ».
On dira : l’écologiste Nicolas Hulot se démène pour se faire entendre, comme bien d’autres ministres soucieux de l’environnement avant lui, qui ont tous déchanté. Mais, l’avenir s’obscurcissant, les responsabilités s’avérant de plus en plus lourdes à porter, les temps changent : l’environnement devient la frontière de la logique capitaliste.
On l’a bien vu lors de l’université d’été du Medef, en août 2017, quand le patron du groupe Suez, Jean-Louis Chaussade, a donné un exemple frappant : « Le plastique est un excellent exemple de la limite de notre modèle d’économie linéaire. Plus de 320 millions de tonnes par an aujourd’hui, plus d’un milliard de tonnes en 2050 (…), et il n’est pas biodégradable ! Résultat,...




                        

                        

