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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Des centaines de documents ayant survécu aux années de guerre civile sont numérisés chaque jour afin de témoigner du passé du pays et construire son avenir.
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Reportage

A Juba, des archivistes au chevet de l’histoire du Soudan du Sud

Des centaines de documents ayant survécu aux années de guerre civile sont numérisés chaque jour afin de témoigner du passé du pays et construire son avenir.

Par                Florence Miettaux (Juba, Soudan du Sud)



LE MONDE
              datetime="2018-04-03T18:10:59+02:00"

        Le 03.04.2018 à 18h10






    
Youssef Onyala, le directeur des archives nationales, à Juba, au Soudan du Sud, en novembre 2017.
Crédits : Florence Miettaux


C’était l’un des projets emblématiques lors de l’indépendance du Soudan du Sud, déclarée dans l’euphorie en juillet 2011 : établir au cœur de la capitale, Juba, les archives nationales du nouveau pays afin de préserver et célébrer son histoire. Mais comme d’autres projets de la jeune nation, celui-ci a flanché sous le poids de la guerre civile qui a éclaté en décembre 2013. Depuis, c’est avec des moyens réduits et grâce au dévouement de quelques archivistes passionnés que des progrès ont pu être accomplis.
« Nous ne pouvons pas abandonner, car ces documents, c’est l’histoire du Soudan du Sud, assure Youssef Onyalla, directeur des archives nationales. Il faut les préserver pour les générations à venir. » Il se rappelle des différentes phases de la sauvegarde des registres, depuis leur redécouverte à la fin de la guerre avec le Soudan, en 2005, jusqu’à aujourd’hui. « Ce n’est pas parfait, mais c’est quand même bien mieux qu’avant », sourit-il.

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Et pour cause : les archives ont passé toute la période de la seconde guerre civile soudanaise (1983-2005) dans des locaux de fortune – la cave du bureau du gouverneur ainsi que la cuisine d’un collège de Juba. « Elles ont été mangées par les termites, inondées par la pluie, stockées sans aucune ventilation », raconte Becu Thomas, responsable de programme culturel à l’Unesco, qui a participé à la collecte des documents dès 2009. « Ils étaient en très mauvais état. Depuis dix ans, beaucoup a été accompli, mais beaucoup reste à accomplir », résume-t-il.
Plus de cent ans d’histoire
Les documents ont d’abord été transférés dans une tente, où le catalogage a commencé. Puis, en 2011, l’ensemble du fonds a été déménagé dans une maison du quartier de Munuki louée par le ministère de la culture. C’est là qu’elles sont pour l’instant conservées, dans des centaines de boîtes en carton disposées sur des étagères métalliques. Une atmosphère calme et solennelle règne dans ces rayons à travers lesquels la lumière filtre, stimulant la curiosité et l’imagination du visiteur.
Plus de cent ans d’histoire sont contenus dans ces cartons : les documents les plus anciens datent de la fin du XIXe siècle, quand l’administration coloniale anglo-égyptienne s’est installée au Soudan. Ce sont principalement des correspondances officielles, classifiées et numérotées en fonction de leur objet : la catégorie 58 contient des échanges à propos des « routes et communications », la catégorie 16 concerne les « frontières des districts », la catégorie 66 évoque les rapports entre groupes ethniques…

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« C’est une source de savoir, quelque chose dont nous pouvons apprendre beaucoup, par exemple sur la façon dont les gouvernements précédents résolvaient les conflits », explique Opoka Musa, le doyen des archivistes. En poste depuis 1992, c’est un fin connaisseur de la collection, qu’il a commencé à lire « quand personne ne prêtait attention aux archives ».
Dans la pièce consacrée à la numérisation, des archivistes accompagnés de stagiaires de l’Université catholique de Juba scannent chaque jour, une à une, des centaines de pages jaunies, fragiles, parfois translucides, abîmées voire déchirées. L’état de certains documents atteste de l’urgence de la numérisation. Pourtant, selon Anna Rowett, du Rift Valley Institute, une organisation qui soutient depuis 2010 ces opérations, « seul un quart de la collection a été numérisé ». Elle estime qu’au rythme actuel, il faudrait « environ trois ans » pour venir à bout des centaines de milliers de pages restantes si le travail n’est pas de nouveau interrompu, comme en 2017 où aucune page n’a été scannée.
Un soutien extérieur primordial
Edward Jubara, directeur général des archives et antiquités au ministère de la culture, explique que son budget ne permet de payer que les salaires et le loyer. Le reste est financé grâce aux « partenaires » : les Etats-Unis ont payé les scanners en 2014, la Suisse finance la reprise de la numérisation, depuis début mars, et c’est la Norvège qui a payé, via l’Unesco, l’achat d’un groupe électrogène et d’une réserve de carburant d’un an, ainsi qu’une exposition et des programmes à destination du public organisés à Juba en novembre 2017.
C’est un fait : sans soutien extérieur, les archives n’en seraient pas là. Mais dépendre de pays donateurs les rend aussi vulnérables aux changements de priorités. Ainsi, le grand projet de construction d’un bâtiment consacré aux archives a été planifié dès 2011, avant d’être suspendu en 2014 au profit d’opérations d’urgence humanitaire. Au fil des ans, les archivistes ont tâché de continuer leur travail méticuleux « dans des conditions parfois difficiles », reconnaît pudiquement Edward Jubara.

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« Les archives sont une institution fondamentale », affirme Jok Madut Jok, directeur du Sudd Institute, une organisation de recherche indépendante. Sous-secrétaire du ministère de la culture après l’accession à l’indépendance, il a conçu à l’époque d’ambitieux programmes de construction de la nation à travers les arts, la culture et la préservation du patrimoine. Promouvoir les archives était sa priorité. « Mais tout est parti en fumée », déplore-t-il en se remémorant l’explosion de violence de décembre 2013. Il reste convaincu que les archives contribueront à « construire la paix » en établissant « une histoire commune », « celle qui nous a conduits à lutter pour l’indépendance et a donné naissance à notre pays ».
Pour l’instant, il faut « assurer les activités d’urgence », indique Becu Thomas, qui espère voir un jour les archives conservées « conformément aux normes internationales ». Un horizon cher à Youssef Onyalla, qui insiste sur le besoin d’un « programme de conservation des documents les plus fragiles ». « Ce qui manque, c’est une loi pour réguler les droits d’accès aux archives et leur donner un meilleur statut », dit Edward Jubara. Il précise que la collection actuelle est incomplète : manquent tous les documents postérieurs à 1983. « Nous voulons tout archiver, y compris ce qui se passe actuellement, pour les chercheurs du futur », conclut-il.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ A Paris, trois opposants vénézuéliens exposent les raisons de boycotter la présidentielle prévue le 20 mai et assurent représenter « une alternative large et pluraliste ».
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« Pour reconstruire le Venezuela, nous aurons besoin de la communauté internationale »

A Paris, trois opposants vénézuéliens exposent les raisons de boycotter la présidentielle prévue le 20 mai et assurent représenter « une alternative large et pluraliste ».



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h53
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            

Ils sont venus à trois pour plaider la cause de l’opposition vénézuélienne à Paris, mardi 3 avril, où ils ont été reçus à l’Elysée avant de tenir une réunion publique à Sciences Po. Ils devaient également se rendre mercredi au Sénat et à l’Assemblée. Le premier souci d’Antonio Ledezma, Julio Borges et Carlos Vecchio est de montrer l’unité des opposants.
Pourtant, encore récemment, l’aîné des trois, M. Ledezma, ancien maire métropolitain de Caracas, critiquait sans retenue le leadership de l’opposition et enterrait sa coalition, la Table de l’unité démocratique (MUD).
Dissident de la vieille social-démocratie vénézuélienne, M. Ledezma voyage en compagnie du député Julio Borges, ancien président du Parlement, et de l’exilé Carlos Vecchio. Ces derniers représentent deux des principaux partis de l’opposition : Primero Justicia, la formation de l’ancien candidat présidentiel Henrique Capriles Radonski, et Voluntad Popular, le parti de Leopoldo Lopez, le détenu politique le plus réputé du Venezuela.
A eux trois, ils résument les principales sensibilités de l’opposition, du centre gauche au centre droit. Pourtant, ils nient le clivage droite-gauche invoqué par le président Nicolas Maduro, le successeur du charismatique Hugo Chavez (1999-2013), pour expliquer le conflit entre les Vénézuéliens. A les entendre, la dispute oppose la démocratie et la dictature, la transparence et la corruption, « la liberté et la domination d’un modèle étranger, qui prétend régenter la vie des Vénézuéliens ».
« La division et la haine »
« Le problème n’est pas idéologique : l’Etat est entre les mains d’une mafia criminelle, assure Julio Borges. En outre, Caracas est colonisé par La Havane, le Venezuela est pris en otage par Cuba. Les militaires emprisonnés récemment pour leurs critiques envers Nicolas Maduro sont surveillés, poursuivis et interrogés par des officiers cubains. »

L’arrestation de l’ancien ministre de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Le ministre de la défense a qualifié de « terroristes » et d’« activistes de la branche militaire du Hamas » les dix-huit manifestants tués par l’armée israélienne vendredi.
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Israël menace à nouveau les Palestiniens qui s’approcheraient de sa frontière

Le ministre de la défense a qualifié de « terroristes » et d’« activistes de la branche militaire du Hamas » les dix-huit manifestants tués par l’armée israélienne vendredi.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h19
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h55
   





                        



   


Le ministre de la défense israélien, Avigdor Lieberman, a prévenu de nouveau, mardi 3 avril, que les Palestiniens de la bande de Gaza qui s’approcheraient de la frontière israélienne mettraient « leur vie en danger ».
Il a lancé cet avertissement lors d’une tournée d’inspection dans des localités du sud d’Israël, près de la bande de Gaza, quatre jours après que dix-huit Palestiniens ont été tués par balle et des centaines d’autres blessés par l’armée israélienne, vendredi.
Des dizaines de milliers de Palestiniens avaient afflué ce jour-là vers la barrière séparant Israël de la bande Gaza, lors de la première journée de la marche du retour. Cette protestation, censée durer six semaines, vise à réclamer « le droit au retour » de quelque 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres ou ayant fui lors de la guerre qui suivit la création d’Israël, en 1948.

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M. Lieberman a réaffirmé vendredi que « la majorité des tués [étaient] des terroristes que nous connaissions très bien, des activistes de la branche militaire du Hamas, du Jihad islamique. Ce n’étaient pas des citoyens innocents venus participer à une manifestation pacifique ». Ces derniers jours, il avait déjà rejeté l’idée d’une commission d’enquête demandée par l’Union européenne et par le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU).
Fortes tensions
Mais selon les organisateurs de la manifestation, les manifestants palestiniens ont été touchés alors qu’ils ne représentaient pas de menace immédiate. Ils dénoncent l’usage disproportionné de la force par Israël, et plusieurs organisations de défense des droits humains s’interrogent sur ces tirs à balles réelles.
Mardi, un autre Gazaoui est mort lors de nouveaux affrontements avec l’armée israélienne près de la frontière, à l’est de Bureij, a annoncé le ministère de la santé palestinien.

        Notre édito :
         

          Les méthodes disproportionnées d’Israël à Gaza



Parmi les futures périodes à hauts risques figurent les prochains vendredis, après la prière musulmane, et surtout la mi-mai, avec le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.
Ce déménagement, annoncé le 6 décembre par le président Donald Trump, qui coïncidera avec le 70e anniversaire de la création d’Israël, a ulcéré les Palestiniens. Ces derniers veulent faire de Jérusalem-Est, annexée par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.
La période est d’autant forte de tensions que le 15 mai marque aussi le début du jeûne du ramadan et la commémoration de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création de l’Etat d’Israël).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ Icône populaire de la lutte anti-apartheid, Winnie Mandela, deuxième épouse du premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, est morte le 2 avril.
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Winnie Mandela, une icône de la lutte anti-apartheid



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-04-03T15:57:55+02:00"

        Le 03.04.2018 à 15h57






Durée : 02:25 | 

Winnie Mandela a consacré sa vie à la lutte pour les droits des Noirs d’Afrique du Sud. Son existence n’a pas été un conte de fée, mais l’Afrique du Sud pleure aujourd’hui sa disparition. Cette égérie populaire a été la deuxième épouse de Nelson Mandela avant de divorcer en 1996. Cependant, la radicalité de son engagement fait d’elle une figure controversée. En 1976, elle appelle les lycéens de Soweto révoltés à « se battre jusqu’au bout ». Dans un discours critiqué, elle déclare que les Sud-Africains doivent se libérer avec des « boîtes d’allumettes » alors que les traîtres présumés à la cause anti-apartheid sont brûlés vifs, avec un pneu passé autour du cou. Des propos considérés comme un véritable appel au meurtre. La vie de Winnie Mandela aura été à l’image de l’histoire de l’Afrique du Sud, complexe et tourmentée.


                

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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes ayant fui le groupe terroriste peinent, faute de papiers, à faire reconnaître leur nationalité.
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Reportage

Au Cameroun, des déplacés de la guerre contre Boko Haram craignent de devenir apatrides

Dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes ayant fui le groupe terroriste peinent, faute de papiers, à faire reconnaître leur nationalité.

Par                                            Josiane Kouagheu (Zamaï, envoyée spéciale)




LE MONDE
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        Le 03.04.2018 à 15h55

     •
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        Mis à jour le 03.04.2018 à 16h34






    
Fadimata Djibril, 60 ans, dans le camp de déplacés de Zamaï, au Cameroun, le 25 janvier 2018.
Crédits : Sylvain Cherkaoui/Cosmos


Modou a toujours espéré que ses six enfants « fassent de grandes études et deviennent des gens importants ». Mais il y a trois ans, le rêve de cette agricultrice camerounaise de 28 ans s’est brisé. « Des membres de Boko Haram sont venus une nuit à Chérif-Moussary, mon village. Ils ont brûlé des maisons, tué des personnes et volé nos chèvres et nos bœufs. J’ai fui avec ma famille », raconte-t-elle. Modou est partie sans rien prendre, pas même sa carte d’identité et les actes de naissance de ses enfants.
Aujourd’hui sans documents prouvant sa nationalité, la jeune femme se sent invisible : « Je ne suis personne », dit-elle. Comme elle, dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes, parmi les 100 000 déplacés ayant fui les attaques des djihadistes, sont menacées de se retrouver en situation d’apatridie. C’est notamment le cas pour la moitié des quelque 400 déplacés qui vivent dans le camp de Zamaï. Sans carte identité ni acte de naissance, ils ne peuvent revendiquer leur nationalité camerounaise.

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« Quand Boko Haram est venu, chacun voulait fuir, sortir du village, sauver sa vie. Comment pouvais-je penser à ces pièces d’identité à ce moment-là ? », jure Modou, assise devant sa petite case en paille. A quelques pas d’elle, les autres tiennent le même discours et revendiquent leur nationalité camerounaise.
Frontière poreuse avec le Nigeria
Originaire du Mayo-Sava, l’un des départements frappés par Boko Haram, Fadimata Djibril, 60 ans et quatre enfants, a été surprise dans son sommeil par « des cris atroces » en 2015. « J’avais le choix : prendre le temps de chercher ma carte d’identité et me faire surprendre par ces gens de Boko Haram ou m’enfuir. Qu’auriez-vous fait ? », interpelle la vielle dame.
Du fait de la porosité des frontières avec le Nigeria, les autorités camerounaises ont dans un premier temps pensé qu’une partie des déplacés étaient des Nigérians et les ont expulsés. Au Nigeria, ils n’ont pas été reconnus et ont été refoulés au Cameroun, où certains ont trouvé refuge à Zamaï dans l’attente d’être enfin reconnus comme camerounais. D’après divers témoignages, des chefs de différents villages sont venus reconnaître physiquement d’anciens habitants. Mais sans pièces justificatives, les doutes persistent. « Il me manque des documents et, apparemment, c’est important », soupire Moussa, en discussion avec d’autres déplacés sur le sujet.
Pour les enfants aussi, l’intégration est difficile. A l’école publique de Zamaï, à quelques mètres du camp, de nombreux déplacés sont scolarisés grâce au soutien de l’Unicef et du HCR. Les instituteurs sont inquiets. « Cela va devenir problématique lorsqu’ils arriveront en CM2, car pour passer le certificat d’études primaires, il faut obligatoirement avoir un acte de naissance », déplore un enseignant.

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Par ailleurs, leur situation légale, incertaine, les expose aux moqueries de leurs camarades. « Ces enfants sont frustrés. On essaie de les intégrer, mais c’est difficile. Ils nous donnent un nom différent chaque jour parce qu’ils ne savent pas réellement comment ils s’appellent. On se retrouve dans le registre avec plusieurs noms, ce qui suscite parfois les railleries de leurs amis », explique Emilienne Fouda, enseignante en cours préparatoire.
Oubliés des distributions alimentaires
Pour trouver une issue à cette situation, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) insiste auprès des autorités camerounaises pour qu’elles prennent leurs responsabilités et fournissent une pièce d’identité à ces personnes. « Nous faisons en sorte que la naissance des enfants issus de ces familles soit enregistrée à l’état civil de la région », souligne Mylène Ahounou, administratrice principale chargée de la protection au bureau national du HCR. Et d’expliquer que les organisations internationales et les ONG, du fait de leurs obligations vis-à-vis des bailleurs de fonds, ne délivrent leur assistance qu’aux personnes pouvant prouver leur identité.
« Avant, on était de grands agriculteurs, commerçants et éleveurs. Ici on mendie, déplore Fadimata Djibril. Parfois on nous refuse même la ration alimentaire. » Selon de nombreux déplacés, ils sont régulièrement « oubliés » lors de la distribution des aliments, tout simplement parce qu’ils sont des « fantômes ».


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ L’ancien président brésilien, condamné à douze ans de prison pour corruption, doit être fixé mercredi sur sa demande de ne pas être emprisonné tant qu’il n’a pas épuisé tous les recours judiciaires.
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Au Brésil, le sort de Lula entre les mains de Rosa Weber, juge de la Cour suprême

L’ancien président brésilien, condamné à douze ans de prison pour corruption, doit être fixé mercredi sur sa demande de ne pas être emprisonné tant qu’il n’a pas épuisé tous les recours judiciaires.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h15
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


A Brasilia, ses confrères ont surnommé son bureau « la Corée du Nord ». Non que la magistrate ait un penchant pour les régimes dictatoriaux, mais plutôt un goût pour le secret qui les entoure. Cadenassée dans son devoir de réserve, Rosa Weber fait partie des onze juges de la Cour suprême qui, mercredi 4 avril, décideront d’accorder, ou pas, un habeas corpus – le droit de ne pas être emprisonné sans jugement – à l’ancien président de la République Luiz Inacio Lula da Silva.
Condamné en deuxième instance à douze ans et un mois de prison pour « corruption passive » et « blanchiment d’argent », Lula joue sa dernière carte. Si sa demande était refusée, l’idole de la gauche brésilienne, favori du scrutin présidentiel prévu en octobre, n’aurait d’autre option que de rejoindre l’un des pénitenciers du pays.

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Le vote de Rosa Weber, 69 ans, allure stricte, parole rare et sens du devoir chevillé au corps, sera décisif. Quand les autres juges de la Cour suprême, bavards ou convaincus, ont donné des indices de leur vote – cinq seraient en faveur de l’habeas corpus, cinq contre – le sien reste mystérieux. Fuyant les interviews quand d’autres cherchent la lumière, elle maintient le doute, répondant à toute sollicitation par un sourire énigmatique. « Sa décision est une inconnue totale », atteste Roberto Dias, professeur de droit constitutionnel à la fondation Getulio Vargas de Sao Paulo.
Voudra-t-elle accorder un traitement de faveur à un ex-président qui a sorti de la misère des dizaines de millions de Brésiliens indigents ? Sera-t-elle au contraire soucieuse de montrer que la justice est la même pour l’homme de la rue et le puissant ? L’avis de Rosa Weber est d’autant plus attendu qu’elle assumera en août la présidence du Tribunal supérieur électoral, chargé de valider, ou non, la candidature de Lula à l’élection présidentielle.
« Ne nous décevez pas », enjoint le Movimento Brasil Livre (MBL), organisation représentant la droite dure qui nourrit une profonde détestation pour l’ex-métallo et sa politique. « Le peuple veut Lula libre », répond le parti des travailleurs (PT, gauche) de Lula, qui jure de son innocence.
Conséquences sur des milliers de politiciens
Le passé et le présent du Brésil pèseront sur les épaules de la magistrate. Sa décision pourrait avoir des conséquences sur le sort de milliers de politiciens en délicatesse avec la justice et sur l’avenir de l’opération anti-corruption « Lava Jato » : accorder l’habeas corpus à Lula signifierait remettre en question une loi de 2016, décrétant l’exécution des peines de prison après le jugement en deuxième instance et avant l’épuisement de tous les recours.

   


Un texte contraire aux principes fondamentaux des droits de l’homme et de la présomption d’innocence, pour certains juristes, arguant, à l’instar de l’Organisation des Nations unies, que « toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ».
Pour d’autres, elle met fin au sentiment d’impunité qui règne au sein d’une classe politique protégée par la lenteur d’une justice débordée. Au Brésil, la plupart des responsables politiques en exercice bénéficient du statut dit de « foro privilegiado » (citoyen privilégié), qui leur permet de n’être redevables que devant la Cour suprême. Or, celle-ci reçoit plus de 7 000 dossiers par an. Ainsi, quand les faits ne sont pas prescrits, ils sont jugés avec des décennies de retard. En témoigne le cas du député Paulo Maluf, 86 ans, ancien gouverneur et maire de Sao Paulo, symbole de la corruption politique assumée, incarcéré en 2017 pour des faits datant des années 1990…

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« L’exécution des peines de prison dès la deuxième instance a donné beaucoup de force à Lava Jato, souligne Roberto Dias. Elle a forcé les prévenus apeurés à passer aux aveux. »
« Un échec signifiera que tous les corrompus de tous les partis ne seraient jamais rendus responsables de leurs actes, pour Lava-Jato et au-delà », a tweeté le procureur Deltan Dallagnol, qui a qualifié Lula de « chef suprême » du système de corruption au Brésil, et qui a promis de jeûner et de prier mercredi pour son incarcération.
« Si la Cour suprême accorde l’habeas corpus le 4, des milliers d’assassins, de violeurs et de corrompus seront libérés », écrivent plus de 5 000 juristes et procureurs signataires d’un manifeste remis à la Cour suprême.
Alors que des manifestations étaient prévues, mardi, dans 50 villes d’un Brésil déchiré entre les pro et les anti-Lula, la présidente de la Cour suprême, Carmen Lucia, a appelé au calme réclamant « la sérénité pour que les différences idéologiques ne soient source de désordre social ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ La décision finale doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.
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La demande d’extradition de Carles Puigdemont jugée recevable par le parquet allemand

La décision finale doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h09
   





                        



   


Le parquet du Schleswig-Holstein a jugé recevable, mardi 3 avril, la demande d’extradition de l’ancien président catalan Carles Puigdemont. Arrêté le 25 mars dans ce Land du nord de l’Allemagne, alors qu’il rentrait à Bruxelles après une visite en Finlande, il est détenu depuis à la prison Neumünster.
Le procureur général de l’Etat régional de Schleswig-Holstein a reconnu dans un communiqué la validité en droit allemand des deux chefs d’accusation de la justice espagnole – « rébellion » et « détournement de fonds » – et demandé son maintien en détention en vue de l’extradition.
Maintien en détention
Le parquet a considéré que le chef d’accusation de rébellion, qui stricto sensu n’existe pas dans le droit allemand, se rapprochait de la « haute trahison » figurant dans le code pénal national et qu’une équivalence exacte n’était pas nécessaire.
Jugeant que le dirigeant indépendantiste pourrait chercher à quitter le pays, il demande en outre à la haute cour régionale du Schleswig-Holstein, qui devra se prononcer sur l’extradition elle-même, de le maintenir en détention pendant la durée des procédures.
La décision finale quant à son extradition doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.
Neuf indépendantistes sont actuellement en détention provisoire en Espagne, dont six membres de son exécutif et l’ancienne présidente du Parlement catalan. Une autre indépendantiste, Clara Ponsati, ex-« ministre » régionale de l’éducation, est en Ecosse et attend également une décision des autorités locales sur son extradition.



                            


                        

                        


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Compte rendu

« Des Figues en avril », une histoire intime de l’immigration algérienne

Le journaliste Nadir Dendoune dresse le portrait tendre de sa mère, Messaouda, 82 ans, dont cinquante-huit passés en France dans une cité de Seine-Saint-Denis.

Charlotte Bozonnet
    



LE MONDE
              datetime="2018-04-03T12:31:11+02:00"

        Le 03.04.2018 à 12h31

     •
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        Mis à jour le 03.04.2018 à 14h14






    
Messaouda Dendoune.
Crédits : CAMILLE MILLERAND


Nadir Dendoune l’avoue : « Je pensais que je n’avais pas le droit d’écrire. Lire, écrire, faire des films, c’était pas pour moi. Les pauvres n’écrivent pas ». A 45 ans, le journaliste, écrivain, voyageur et grande gueule, a tordu le cou à ces pronostics. Après plusieurs livres – dont Nos Rêves de pauvres paru en 2017 (éd. J.-C. Lattès) –, il a réalisé un documentaire sur sa mère, Des Figues en avril, qui sort en salle ce 4 avril. 57 minutes qui sont à elles seules une part de l’histoire franco-algérienne, des banlieues, de l’immigration. « C’est un film qui ne revendique rien, prévient Nadir Dendoune, mais il vient combler un vide. On a toujours raconté cette immigration à travers des histoires d’hommes, à travers le travail. Nos mères ont été les invisibles. »

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Le réalisateur filme la sienne avec une infinie tendresse. Messaouda Dendoune, 82 ans, petite femme aux yeux malicieux rehaussés de khôl qui parle un savoureux mélange de kabyle et de français. Née en 1936, probablement en juin – « Tu es née quand mûrissent les fèves », lui avait dit sa propre mère –, cette « Kabyle des montagnes » a passé l’essentiel de sa vie en France. Dans son deux-pièces de l’Ile-Saint-Denis, les photos accrochées sur un papier peint fatigué racontent une vie dans l’ombre et la fierté d’avoir élevé, en dépit des difficultés, une génération de petits Français, aujourd’hui assistante sociale, couturière, fonctionnaire… devenus à leur tour parents.
L’exil, le déracinement, l’absence
L’histoire des Dendoune a été celle de nombreuses familles algériennes, du temps de la colonisation française. Le père, Mohand, arrive en 1950 pour travailler à l’usine Citroën. Il vit alors à Saint-Denis dans un cabanon, un « mini-bidonville » peuplé de travailleurs immigrés. En 1952, il se marie en Algérie avec Messaouda. Ils vivront huit ans régulièrement séparés, elle en Algérie, lui en banlieue parisienne, au gré des contrats de travail. Lorsqu’elle le rejoint en France, en 1960, elle a 25 ans, et est déjà mère de quatre filles. Dans la cité Maurice-Thorez, elle découvre le confort d’un appartement moderne, la salle de bain, l’eau courante. Elle découvre aussi l’exil, le déracinement, l’absence. Messaouda ne sait ni lire ni écrire. C’est donc l’aînée, Mériama, qui lui servira souvent de guide.

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Le couple aura neuf enfants. Toute la vie de Messaouda sera consacrée à les élever, à leur offrir des vêtements propres, à les nourrir. Elle va chez Tati pour les habiller, tandis qu’au marché, chaque franc compte. La propreté étant souvent l’honneur de ceux qui ont peu, elle tient son logement impeccable : elle passe la serpillière chaque jour dans le deux-pièces. La cuisine est aussi un marqueur important. Couscous, crêpes, boulettes de viande : les gestes de leur préparation sont un peu du pays que l’on retrouve et que l’on offre à ses enfants.
Pendant ces années, elle ne leur parle pas kabyle. « Je crois qu’ils ne voulaient pas nous perturber, explique Nadir Dendoune. Ils souhaitaient que ça se passe bien, qu’on soit des Français comme les autres. Ils n’ont jamais mal parlé de la France. Ma colère est apparue plus tard, lorsque j’ai découvert ce qu’il y avait derrière les non-dits et les silences ». Les parents ne disent rien de la colonisation française, de la chasse aux « fellaghas », des villages déplacés par la guerre. Mais le film raconte bien plus que l’Algérie, il parle de tous ces exilés réunis dans les banlieues françaises : Maliens, pieds-noirs, Portugais… « Il y avait à l’époque une vraie solidarité dans les cités, rappelle le réalisateur. On parle tout le temps d’identité, mais en réalité, il s’agit d’une question sociale. Tous avaient en commun la pauvreté, le fait d’habiter dans des quartiers populaires. »
« On a tout laissé »
Les souvenirs de Messaouda et de son fils se font souvent drôles, aussi, comme ces soirées télé devant les films de Louis de Funès qui faisaient tant rire les enfants, ou lorsque leur père, Mohand, décida d’apprendre à lire le français avec leur aide. « Vous vous moquiez de lui », en plaisante encore sa femme.

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Cinquante-huit ans après son arrivée, la mère de famille reproduit les mêmes gestes qui la relient à son pays d’origine : brosser ses longs cheveux colorés au henné, les nouer en nattes avant de les enrouler autour de sa tête et de les couvrir d’un foulard coloré, pétrir la semoule du couscous, s’asseoir sur son petit balcon et regarder au loin comme elle le ferait face à la baie d’Alger. « On a tout laissé », dit-elle, les larmes aux yeux en écoutant une chanson sur l’exil de Slimane Azem. « Jamais on aurait imaginé finir ici, on aurait voulu vivre sur notre terre, mais on a eu peur car nos dirigeants sont incompétents et ne nous respectent pas ». Mohand, lui, ne vit plus à la maison. A 90 ans, atteint de la maladie d’Alzheimer, il a été placé dans une maison médicalisée. Messaouda s’y rend chaque jour : « Jamais je ne l’abandonnerai. »
Dans la même veine que le roman d’Alice Zeniter, L’Art de perdre, Des Figues en avril ne raconte plus la grande histoire franco-algérienne, mais la petite, celle de l’intimité qui a forgé les individus, leur colère, et qui permet de comprendre l’attachement à deux pays, loin des clichés. « Au départ, je n’étais pas parti pour le sortir en salle, mais je me suis dit que c’était une histoire française », explique Nadir Dendoune. Il a eu raison. En témoignent les nombreuses avant-premières organisées en banlieue qui ont fait salle comble.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Depuis son arrivée à la tête du Labour, en septembre 2015, plusieurs membres du Parti travailliste ont été suspendus, expulsés ou forcés de démissionner après des déclarations antisémites. Corbyn et ses soutiens restent accusés de complaisance.
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Parti travailliste britannique : Jeremy Corbyn à la peine face aux accusations d’antisémitisme

Depuis son arrivée à la tête du Labour, en septembre 2015, plusieurs membres du Parti travailliste ont été suspendus, expulsés ou forcés de démissionner après des déclarations antisémites. Corbyn et ses soutiens restent accusés de complaisance.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 12h15
   





                        



   


Quelque chose ne va pas dans le Labour de Jeremy Corbyn. Le Parti travailliste, principal parti d’opposition au Royaume-Uni, est critiqué pour ne pas combattre assez vigoureusement l’antisémitisme en son sein, une accusation qui poursuit Jeremy Corbyn depuis qu’il est devenu chef du parti, en septembre 2015, et qu’il peine à réfuter.
Mardi 3 avril, les médias britanniques s’interrogeaient [le Guardian, le Times, The Independent, la BBC, ou Skynews] sur les raisons qui ont poussé M. Corbyn à participer, la veille, à Islington, dans sa circonscription, à un dîner organisé par les Jewdas, un groupe d’extrême gauche, très critique de la politique israélienne envers les Palestiniens, et considéré à ce titre comme peu représentatif. Les Jewdas ont récemment qualifié le mouvement Enough is Enough de « travail des manipulations cyniques par des gens dont la loyauté expresse va au Parti conservateur et la droite du Parti travailliste ».
Pages Facebook et messages antisémites
Dimanche, la presse britannique rapportait que le chef des travaillistes avait supprimé sa page personnelle sur Facebook, conservant toutefois sa page professionnelle sur laquelle il a diffusé vendredi un message pascal. « Il est facile de dénoncer l’antisémitisme quand on l’observe dans d’autres pays, dans d’autres mouvements politiques. Il est parfois plus difficile de le voir quand il est plus proche de soi », a-t-il reconnu dans la vidéo. « Nous devons tous faire mieux. Je m’engage à faire en sorte que le Parti travailliste soit un endroit accueillant et sûr pour les juifs », a-t-il ajouté.
Dimanche, The Times affirmait avoir découvert plus de 2 000 messages antisémites, racistes, misogynes et violents sur vingt des plus importants groupes de soutien à Jeremy Corbyn sur Facebook. Un porte-parole du Labour a indiqué que « ces groupes ne sont pas liés au Labour ou officiellement liés au parti ».
Eradiquer l’antisémitisme
Certains, au sein du Parti ont pris le problème à bras-le-corps : l’humoriste travesti Eddie Izzard, nommé samedi au sein de l’instance dirigeante du parti, le Comité exécutif national (NEC) s’est engagé, lundi, dans une croisade pour éradiquer l’antisémitisme : « Nous devons complètement éliminer la tache de l’antisémitisme provenant d’une minorité de membres. Il n’a aucune place au sein de notre parti », a écrit, lundi 1er avril, Eddie Izzard dans le tabloïd de gauche Daily Mirror. « Nous devons faire amende honorable et réparer les dommages causés à la communauté juive », a-t-il ajouté.
Le comédien a été nommé à ce poste en remplacement de Christine Shawcroft, critiquée pour avoir demandé la réintégration d’un membre accusé de négationnisme. « Je travaillerai avec mes collègues du NEC pour assurer que nous avons un plan fort, avec des actions concrètes pour éradiquer cela », a-t-il insisté.
Démissions et défections
Depuis l’arrivée de Jeremy Corbyn à la tête du Labour, plusieurs membres du parti ont été suspendus, expulsés ou forcés de démissionner pour avoir fait des déclarations antisémites, mais le chef des travaillistes et ses soutiens sont accusés de ne pas en faire assez et de laisser l’antisémitisme se diffuser au sein de la formation. M. Corbyn a précisé, dans une interview au site d’information Jewish News, que 300 faits antisémites avaient été rapportés en interne depuis 2015, dont environ la moitié avaient débouché sur une démission ou une expulsion du parti.
Lundi, The Times relevait que le Labour avait perdu plus de 17 000 de ses quelque 570 000 membres depuis le début de l’année, en raison des allégations d’antisémitisme et du refus de Jeremy Corbyn de rendre la Russie responsable de l’empoisonnement d’un ex-agent double russe et de sa fille début mars en Angleterre.

   


Le 26 mars, quelque 500 personnes avaient dénoncé l’inaction de Jeremy Corbyn en manifestant devant le Parlement britannique à l’appel d’organisations représentatives de la communauté juive. « Jeremy Corbyn n’a pas su prendre de mesures significatives et a laissé un espace aux racistes ! », a affirmé devant environ 500 manifestants Jonathan Arkush, président d’une organisation représentative de la communauté juive, le Board of Deputies of British Jews. « Trop c’est trop ! », a-t-il entonné, avertissant que les juifs « désertaient » le Parti travailliste.
L’organisation avait au préalable, avec une autre organisation juive, le Jewish Leadership Council, publié une lettre ouverte au ton exceptionnellement critique, dans laquelle ils accusaient Jeremy Corbyn de se trouver régulièrement « du côté des antisémites ».

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                Manifestations à Londres contre Jeremy Corbyn, accusé d’antisémitisme



La polémique a été ravivée durant le week-end avec l’annonce dimanche par un important donateur privé du Labour qu’il avait claqué la porte du parti. « J’ai observé avec consternation et inquiétude la manière dont la direction s’est conduite, selon moi, au cours des deux dernières années », confiait dimanche à The Observer l’homme d’affaires David Garrard, qui a versé 1,5 million de livres (1,7 million d’euros) au Labour depuis 2003. « Je considère qu’elle a soutenu et appuyé les actes antisémites les plus flagrants. »



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Un éléphant de cirque est mort le 2 avril dans un accident de la route, à Pozo Canada, en Espagne.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Six corps ont été retrouvés dans une fosse commune dans le centre du pays. Ils seraient ceux de personnes arrêtées par l’armée quelques jours plus tôt.
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Compte rendu

Amnesty demande une enquête sur des exécutions extrajudiciaires au Mali

Six corps ont été retrouvés dans une fosse commune dans le centre du pays. Ils seraient ceux de personnes arrêtées par l’armée quelques jours plus tôt.


Le Monde.fr avec AFP
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        Le 03.04.2018 à 11h33






    
Des éléments de l’armée malienne dans le centre du pays, en novembre 2017.
Crédits : DAPHNE BENOIT / AFP


Amnesty International a appelé, mardi 3 avril, les autorités maliennes à faire la lumière sur des exécutions extrajudiciaires dans le centre du Mali, où six corps ont été retrouvés dans une fosse commune la semaine dernière. Des associations peules et de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, avaient réclamé l’ouverture d’une enquête après la découverte à Dogo des dépouilles de six personnes, arrêtées quelques jours plus tôt, selon elles, par l’armée.

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Dans un communiqué, Amnesty a indiqué avoir recueilli des témoignages selon lesquels ces six corps « découverts dans une fosse commune le 25 mars étaient ceux de personnes arrêtées trois jours auparavant par l’armée dans le village de Dogo et emmenées vers une destination inconnue ». « Cette découverte macabre intervient après des semaines d’une violence croissante qui a placé les civils du centre du Mali entre deux feux, exposés aux disparitions forcées et aux exécutions illégales de l’armée d’un côté, et de l’autre aux bombes au bord de la route et aux enlèvements par les groupes armés », souligne l’ONG.
« Vive préoccupation » de la Minusma
En conséquence, Amnesty « exhorte les autorités maliennes à enquêter » sur les agissements imputés à leurs forces et à « traduire en justice tous les responsables de crimes présumés, devant des tribunaux civils ordinaires ». La mission de l’ONU au Mali, la Minusma, a exprimé le 29 mars dans un communiqué sa « vive préoccupation » face à l’accroissement des « violations et abus graves des droits de l’homme à l’encontre de civils, dont des cas d’exécutions sommaires » dans le centre du pays, où les groupes djihadistes sont particulièrement actifs.
La Minusma y a recensé depuis le début de l’année « au moins 85 incidents majeurs violents et confrontations armées ayant occasionné au moins 180 victimes civiles, dont 15 femmes et 17 enfants ». Elle se dit « également préoccupée par l’ampleur des violences intercommunautaires dans les régions du centre, lesquelles ont fait au moins une cinquantaine de morts ».

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« Certains cas sont imputables aux groupes d’autodéfense communautaires », souligne la Minusma, qui salue la visite fin mars du premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga, et les engagements du gouvernement à « faire toute la lumière sur les violations et abus graves des droits de l’homme et à traduire en justice leurs auteurs ». « Nous allons désarmer de gré ou de force les milices. L’Etat ne sous-traite pas sa sécurité », avait assuré M. Maïga le 25 mars à Koro (centre).
La communauté peule accuse régulièrement les autorités de tolérer, voire d’encourager les exactions de groupes de chasseurs traditionnels à son encontre, au nom de la lutte contre les djihadistes, ce que démentent catégoriquement les représentants de l’Etat.


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.
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Streaming musical : l’outsider Deezer vise l’international pour rattraper son retard

Après Orange, la plate-forme musicale, née en France en 2007, a passé un accord avec la Fnac, fin 2017.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h00
    |

            Nicole Vulser








                        



                                


                            

Hans-Holger Albrecht, PDG de Deezer, en convient : « Il est vrai que certains de nos compétiteurs ont les poches très profondes », dit-il, dans une allusion à Google, Amazon, Facebook et Apple (GAFA). « Mais, à la fin de la journée, ça [l’argent] ne fait pas tout. Et une forte compétition n’est pas quelque chose de nouveau » dans le streaming musical. Malgré le démarrage en flèche d’Amazon Music, Deezer a « continué à afficher une forte croissance de [son] chiffre d’affaires », affirme M. Albrecht au Monde. « De 25 % entre 2016 et 2017 », précise-t-il, sans confirmer l’estimation des analystes de 300 millions d’euros pour 2017.
Employant 500 salariés, la plate-forme est présente dans 180 pays. « La France représente notre principal marché », affirme le PDG, devant l’Allemagne et le Brésil. Il assure poursuivre son développement en Amérique latine et dans la région Asie-Pacifique, grâce à une forte mise en avant de catalogues et d’artistes locaux.

Selon M. Albrecht, Deezer compte aujourd’hui 14 millions d’utilisateurs actifs chaque mois. Fin novembre 2017, il en déclarait plus de 6 millions payants. Déjà allié d’Orange, qui lui fournit un contingent d’utilisateurs, Deezer a lancé, fin 2017, un partenariat avec la Fnac pour tenter de doper ses abonnements.
Cette plate-forme musicale née en France en 2007, pionnière dans l’aventure du streaming et cofondée par Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, s’est largement fait distancer par Spotify – le suédois, né un an après Deezer, compte désormais 71 millions d’abonnés payants – et doit se livrer à une compétition inégale face aux GAFA. D’ailleurs, sous sa casquette de président du lobby du streaming européen, le Digital Music Europe, le PDG de Deezer avait, en novembre 2017, demandé aux autorités européennes « de faire en sorte que la concurrence soit équitable dans la musique au niveau des régulations et de la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ La création de sept mètres de haut représente Mary Thomas, leadeuse d’une révolte contre l’esclavage du XIXe siècle dans les îles Vierges.
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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Après avoir suspendu l’application de l’accord lundi soir, quelques heures seulement après son annonce, le premier ministre l’a gelé quelques heures plus tard.
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Israël : Nétanyahou annule l’accord avec l’ONU au sujet des migrants africains

Après avoir suspendu l’application de l’accord lundi soir, quelques heures seulement après son annonce, le premier ministre l’a gelé quelques heures plus tard.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 12h16
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Ce n’est plus de la fébrilité, mais de la panique. Quelques heures après avoir annoncé un accord spectaculaire avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), lundi 2 avril, sur le sort des migrants africains en Israël, Benyamin Nétanyahou a fait marche arrière de manière tout aussi imprévue. Succombant au mécontentement de la droite nationaliste, qui le tient en joue, le premier ministre avait décidé dans un premier temps de suspendre cet accord lundi soir, le temps de consultations supplémentaires, puis l’a finalement annulé mardi matin.
Ce texte prévoyait qu’en cinq ans, 16 000 Erythréens et Soudanais – sur les 39 000 vivant en Israël – seraient autorisés à s’installer dans des pays occidentaux dits développés. Les autres resteraient en Israël. Cette perspective, qui marque en creux l’échec de la politique précédente du gouvernement, a été jugée inacceptable par la droite dure, à commencer par le ministre de l’éducation, Naftali Bennett. Autre souci : M. Nétanyahou avait cité, parmi les pays susceptibles d’accueillir les migrants africains, « le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ». Or, les deux derniers ont fait savoir qu’ils n’avaient pour l’heure reçu aucune demande formelle.
Politique coercitive
L’accord avec le HCR prévoyait aussi que la moitié des migrants restant en Israël recevraient un vrai statut. Des formations professionnelles seraient développées à leur attention, dans le secteur de l’énergie solaire, de l’agriculture et de l’irrigation. Depuis l’arrivée massive de ces migrants africains via le Sinaï égyptien, à compter de 2005, les gouvernements israéliens successifs ont refusé de leur reconnaître le statut de réfugié politique. Le HCR avait précisé dans un communiqué que des programmes seraient mis en place pour encourager ces migrants à déménager des quartiers sud de Tel-Aviv. Leur concentration dans cette zone paupérisée a provoqué des tensions avec les habitants israéliens. Le gouvernement avait précisé qu’une administration spéciale serait formée pour gérer la réhabilitation de ces quartiers.
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        Le gouvernement israélien a finalement annulé sa décision d’expulser les quelque 42 000 migrants africains et a annoncé avoir trouvé une solution prévoyant le départ d’au moins 16 250 d’entre eux vers des pays occidentaux. La photographe Sarah Caron avait photographié ces Érythréens et ces Soudanais qui vivent en marge de la société. Sans plan B ni désir de partir."
            data-slide-description="Comme beaucoup d’Erythréens en Israël, Gorgio est homme de ménage dans un hôtel. Le soir, avant de rejoindre sa banlieue, il se repose dans une avenue ombragée des beaux quartiers."
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            data-slide-description="Siraj a attendu deux ans avant d’obtenir l’autorisation de rejoindre sa famille. Il vit désormais en Angleterre."
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            data-slide-description="Efrana, elle, est apatride."
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        La photographe Sarah Caron a documenté le quotidien des clandestins africains qui vivent à Tel-Aviv dans la plus grande précarité. A la marge. Sans plan B ni désir de partir."
            data-slide-description="Aux abords de Banana Beach, à Tel-Aviv, cet Erythréen attend la fin de la journée pour se faire un peu d’argent en rangeant le matériel de plage loué aux touristes."
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            data-slide-description="Office chrétien orthodoxe dans un appartement loué dans le sud de Tel-Aviv et transformé en église par la communauté érythréenne."
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            data-slide-description="Les secteurs de l’hôtellerie-restauration et du bâtiment embauchent nombre de réfugiés, à condition qu’ils aient un titre de séjour."
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            data-slide-description="Le gouvernement envoie les demandeurs d’asile déboutés dans le camp de rétention d’Holot, au cœur du désert du Néguev. Ceux qui refusent de quitter Israël ont commencé à être transférés vers la prison de Saharonim, non loin."
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            data-slide-description="Les adolescents, eux, sont nombreux à errer dans la ville."
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            data-slide-description="Au centre commercial comme ailleurs, Africains et Israéliens se croisent sans se mêler."
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            data-slide-description="Ces jeunes Erythréens ont perdu leur logement après l’expiration de leur permis de séjour. Jetés à la rue, ils sont dans l’angoisse d’être envoyés au centre de détention d’Holot."
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Le gouvernement israélien a finalement annulé sa décision d’expulser les quelque 42 000 migrants africains et a annoncé avoir trouvé une solution prévoyant le départ d’au moins 16 250 d’entre eux vers des pays occidentaux. La photographe Sarah Caron avait photographié ces Érythréens et ces Soudanais qui vivent en marge de la société. Sans plan B ni désir de partir.            
Comme beaucoup d’Erythréens en Israël, Gorgio est homme de ménage dans un hôtel. Le soir, avant de rejoindre sa banlieue, il se repose dans une avenue ombragée des beaux quartiers.

Sarah Caron
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En janvier, le gouvernement avait annoncé que les migrants africains seraient reconduits vers des pays tiers (Rwanda, Ouganda) ou emprisonnés. Cette politique coercitive a provoqué de vives réactions au sein de la société civile. L’annonce d’un accord avec le HCR représentait pour elle une victoire inespérée. Las, M. Nétanyahou a semblé mesurer soudain la menace que ce programme négocié avec l’ONU, organisation agonie par la droite israélienne, pourrait faire peser sur son propre avenir politique. Sur Facebook, le premier ministre a accusé l’organisation New Israel Fund et l’Union européenne d’avoir exercé « une énorme pression » sur le Rwanda pour qu’il refuse d’« absorber les infiltrés d’Israël » après leur expulsion.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Les Etats-Unis ont bloqué à l’ONU un projet de déclaration demandant des investigations.
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Israël refuse catégoriquement toute enquête indépendante

Les Etats-Unis ont bloqué à l’ONU un projet de déclaration demandant des investigations.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h49
    |

            Marc Semo








                        



                                


                            

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, ainsi que la représentante de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, ont réclamé « une enquête indépendante et transparente » sur la répression du vendredi 30 mars qui a causé la mort de dix-huit Palestiniens, tués par l’armée israélienne au cours des manifestations le long de la frontière entre Gaza et l’Etat hébreu. L’usage de balles réelles par Tsahal est au cœur des interrogations de la communauté internationale, des organisations de défense des droits de l’homme, comme Amnesty International, mais aussi d’une partie de la gauche israélienne, dont le parti Meretz. « Même si Israël a le droit de protéger ses frontières, l’usage de la force doit toujours être proportionné », a rappelé la chef de la diplomatie européenne dans un communiqué.
Les autorités de l’Etat hébreu ont rejeté catégoriquement ces appels. « Les soldats israéliens ont fait ce qui était nécessaire et je pense qu’ils méritent une médaille », a déclaré, à la radio militaire israélienne, le ministre de la défense, Avigdor Lieberman. Qualifiant d’« hypocrites » ces injonctions, il a assuré que « pour ce qui est d’une commission d’enquête, il n’y en aura pas ». Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a également rejeté toutes les critiques, félicitant même l’armée, « la plus éthique du monde ».
Les dirigeants israéliens sont d’autant plus intransigeants que pour le moment, les réactions internationales restent très limitées. Un projet de déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU, présenté par le Koweït, a été bloqué samedi 31 mars par les Etats-Unis : Washington a regretté notamment le calendrier de la réunion et le fait qu’à cause de la Pâque juive, les Israéliens ne puissent être là. Le projet appelait notamment « toutes les parties à la retenue et à prévenir toute escalade supplémentaire », demandait une « commission...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ En misant sur une marche populaire et pacifique, le mouvement islamiste renoue avec la première Intifada et redore son blason à Gaza. Le processus de réconciliation avec le Fatah pourrait être relancé.
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La « marche du retour » dans la bande de Gaza, un tournant stratégique pour le Hamas

En misant sur une marche populaire et pacifique, le mouvement islamiste renoue avec la première Intifada et redore son blason à Gaza. Le processus de réconciliation avec le Fatah pourrait être relancé.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h47
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



                                


                            

En tirant sur des manifestants, les soldats israéliens ont-ils contribué à remettre en selle le processus de réconciliation agonisant entre le Fatah du président Mahmoud Abbas et le Hamas ? Avant la marche du 30 mars, l’Autorité palestinienne envisageait d’employer l’arme ultime, en déclarant Gaza « entité rebelle ». Aujourd’hui, un vernis d’unité nationale apparaît à la surface, en solidarité avec les morts et les blessés.
La vraie nouveauté tient à l’évolution du Hamas. Le mouvement islamiste découvre les mérites de la première Intifada. Celle qui fut, à la fin des années 1980, un mouvement populaire, et a permis de diffuser dans le monde l’image d’un David – palestinien – en keffieh contre Goliath – israélien – en treillis. « Les faiblesses de toutes les factions et l’indifférence de la région, en prise à des conflits internes, font qu’on ne peut compter que sur nous-mêmes pour sensibiliser le monde à notre cause, sans la voie armée déjà explorée, souligne Ahmed Youssef, figure modérée du Hamas. Il faut remercier la jeunesse. L’idée de la marche ne vient pas d’en haut, mais d’eux. »
En onze ans de mainmise sur la bande de Gaza, le bilan du mouvement islamiste armé est catastrophique. Le double blocus israélien et égyptien a mis l’économie locale en pièces. Les Gazaouis ont plongé dans la dépendance à l’aide étrangère. Le Hamas, lui, a prouvé son incompétence comme gestionnaire des affaires civiles. Ce fut d’ailleurs l’une de ses motivations assumées, à l’automne 2017, pour tenter le pari d’une réconciliation avec les frères ennemis du Fatah.

Trois guerres en dix ans
Mais le bilan du Hamas est aussi un échec existentiel, celui de la lutte armée. En dix ans, les familles ont été endeuillées par trois guerres contre Israël (2008, 2012, 2014). Soit des milliers de morts, et tant de destructions matérielles, de traumatismes physiques et psychologiques. Pendant ce temps, l’armée israélienne n’a cessé de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-17"> ¤ Pour la juriste Farah Hached qui s’exprime dans une tribune au « Monde », le refus des députés de prolonger le mandat de l’Instance vérité et dignité traduit le rejet d’un débat salutaire pour toute la société.
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Point de vue

« En Tunisie, les fossoyeurs de la justice transitionnelle font fi des victimes de la dictature »

Pour la juriste Farah Hached qui s’exprime dans une tribune au « Monde », le refus des députés de prolonger le mandat de l’Instance vérité et dignité traduit le rejet d’un débat salutaire pour toute la société.

Par                Farah Hached



LE MONDE
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        Le 03.04.2018 à 10h44

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        Mis à jour le 03.04.2018 à 14h04






    
Des hommes regardent la retransmission à la télévision des témoignages de victimes d’abus devant la Commission vérité et dignité, à Tunis, le 16 décembre 2016.
Crédits : FETHI BELAID / AFP


Tribune. Environ 63 000 dossiers ont été déposés auprès de l’Instance vérité et dignité (IVD), l’institution chargée de la justice transitionnelle en Tunisie, à propos de violations présumées perpétrées dans le pays entre juin 1955 et décembre 2013. Certains, dont l’instruction est terminée, ont même commencé à être transférés à la justice et le rapport final de l’IVD est en cours de rédaction.
Mais alors que le processus de justice transitionnelle entre dans sa dernière ligne droite, 68 députés de l’Assemblée des représentants du peuple, instigateurs d’une véritable mascarade juridique, prétendent empêcher l’IVD de prolonger son mandat initial de quatre ans jusqu’au 31 décembre 2018 – soit de sept mois supplémentaires –, comme l’y autorise la loi.

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63 000 dossiers. C’est-à-dire 63 000 personnes directement concernées. En réalité le double ou même bien plus, car il s’agit souvent de familles. On peut estimer que 150 000 à 200 000 personnes considèrent le processus de justice transitionnelle comme essentiel pour elles.
Ces personnes sont directement touchées. Elles sont des conjointes et des conjoints, des filles et des fils, des mères et des pères. Leurs proches sont tout autant touchés. Toutes ces personnes ne sont pas des personnages de roman ou de film. Il s’agit de vraies personnes, tuées, torturées, violées, piétinées, spoliées, écrasées, exilées, dépossédées… De vraies personnes, nos concitoyens, qui ont le droit à la vérité et à la justice après plus de sept années écoulées depuis la chute de l’ancien régime.
Un système non transparent d’amnistie
En Tunisie, nous ne vivons pas (encore) en démocratie. La démocratie suppose un véritable Etat de droit et des institutions faisant l’objet de contrôles adéquats, permettant une confiance retrouvée. Nous sommes en train de construire notre démocratie et cela passe nécessairement par la révélation de la vérité sur les abus et les exactions du passé, par la justice pour les victimes et par la mise en œuvre des réformes nécessaires, garde-fous contre le retour de la dictature.
Mais certains de ceux qui sont censés être des acteurs majeurs d’une démocratie en construction apparaissent aujourd’hui comme ses premiers fossoyeurs. Se considérant au-dessus de la Constitution et de la loi, ils font fi des victimes, de leurs attentes, de leurs besoins en matière de vérité et de justice.

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L’IVD a commis des fautes. Personne au sein de la société civile ne le conteste. Nous avons critiqué l’IVD lorsque cela était nécessaire. Mais une grande partie des erreurs de l’IVD est la conséquence des fautes des pouvoirs législatif et exécutif. Le pouvoir législatif n’a par exemple pas remplacé les membres démissionnaires de l’IVD, rendant son travail très difficile, et le pouvoir exécutif a bloqué l’accès à un nombre important d’archives, empêchant certaines investigations.
La loi sur la justice transitionnelle est loin d’être parfaite. Nous avons demandé à plusieurs reprises son amendement en vue d’une plus grande transparence. Mais le pouvoir législatif a préféré adopter une loi dite de « réconciliation administrative », qui met en place un système non transparent d’amnistie pour les fonctionnaires ayant participé aux crimes et délits financiers sans en tirer un enrichissement personnel.
Une véritable guerre d’usure
Des améliorations du processus de justice transitionnelle auraient pu être entreprises si les victimes avaient vraiment été au centre des préoccupations. Mais ces dernières années, tout a été fait pour que le processus s’enraye. Ce fut une véritable guerre d’usure. Ce furent des attaques systématiques et régulières pour décrédibiliser l’IVD et son travail. Les ennemis de la justice transitionnelle n’ont pas réussi à mettre fin au processus, mais ils sont parvenus à le discréditer, du moins aux yeux d’une partie de l’opinion publique.
Et ils se basent aujourd’hui sur ce prétendu manque de crédibilité pour demander l’arrêt du processus, alors que l’IVD n’aurait besoin, selon ses représentants, que de sept mois supplémentaires, ni plus ni moins, pour terminer le travail commencé, notamment transférer les dossiers instruits à la justice et finaliser son rapport. Cela sans budget additionnel.

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Pourquoi ces sept mois sont-ils devenus un enjeu si important pour certains députés ? Pourquoi ce refus alors qu’eux-mêmes n’ont pas été capables de mettre en place une Cour constitutionnelle dans les délais prescrits par la Constitution ? Depuis les élections, ils n’ont pas non plus réformé le Code pénal hérité de l’ancien régime, qui contient des dispositions peu conformes à un vrai Etat de droit et notamment des peines d’emprisonnement pour les homosexuels. Ils ont maintenu la compétence de la justice militaire pour juger les affaires concernant les civiles victimes des forces de police. Ne parlons même pas de la réforme inexistante du secteur de la sécurité.
S’agissant de ceux parmi ces députés qui prétendent se soucier du processus de justice transitionnelle, pourquoi ne donnent-ils pas à l’IVD une chance de démontrer qu’elle peut terminer ses missions ? Quant à ceux qui la honnissent, ils verraient leur position confirmée dans l’hypothèse où l’IVD échouerait dans sa mission. Elle en serait seule responsable et seule comptable devant les victimes.
Mémoire nationale confisquée
Alors pourquoi ces sept malheureux mois sont-ils devenus un enjeu majeur ?
La réalité est que les ennemis de la justice transitionnelle ont probablement peur que l’IVD réussisse. Ils ne sont absolument pas sûrs de son échec. Ils craignent que son travail vienne déranger leur campagne électorale, qui débutera en 2019, c’est-à-dire au moment où le rapport de l’IVD est censé être publié.
Les ennemis de la justice transitionnelle souhaitent la destruction définitive du processus et renvoyer aux calendes grecques un débat salutaire sur une mémoire nationale jusque-là confisquée. Il ne leur manquera plus que de répandre le sel, comme Rome l’a fait à Carthage, pour que la démocratie, l’Etat de droit, la justice ne refleurissent jamais.

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Tant d’énergie dépensée, tant d’attentes, tant d’aspirations… et face à cela ? Indifférence et mépris.
Certains disent que c’est l’occasion de démarrer un nouveau processus de justice transitionnelle, sur de meilleures bases, avec les bonnes personnes – entendre sans Sihem Ben Sedrine, la présidente actuelle de l’IVD.
Cette démarche serait conforme au droit si elle était validée par une majorité absolue des députés. Pour certains, une telle démarche est légitime ; pour d’autres, elle signe une dernière oraison funèbre pour la justice transitionnelle. Quelle conséquence en effet sur les dossiers des victimes ? Les pouvoirs législatif et exécutif vont-ils, comme par magie, se mettre à collaborer avec une nouvelle instance ? Il est permis d’en douter.
Farah Hached est juriste et membre de la société civile tunisienne, co-auteure de Révolution tunisienne et Défis sécuritaires (Le Labo’Démocratique, IRMC et MedAli Editions, Tunis, 2014).


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ L’utilisation d’un centre de migrants italien par des douaniers français a provoqué l’ire de l’Italie.
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Incident diplomatique entre Paris et Rome

L’utilisation d’un centre de migrants italien par des douaniers français a provoqué l’ire de l’Italie.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h42
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 14h35
    |

            Jérôme Gautheret (Rome, correspondant)








                        



                                


                            

C’est un rituel qui d’ordinaire ne souffre aucune exception : durant les fêtes de Pâques, le monde politique italien se fige. Même les tractations pour donner au pays un gouvernement, au sortir des élections du 4 mars, ont été suspendues il y a quelques jours, pour cause de trêve pascale. Pourtant, cette année, il n’en a rien été, et le week-end a été marqué par une véritable tempête diplomatique franco-italienne, en même temps qu’une avalanche de réactions politiques courroucées.
Tout est parti de l’annonce d’une opération menée vendredi 30 mars après-midi par des agents français armés, en violation de la souveraineté nationale italienne, dans un centre d’accueil pour migrants situé dans la gare de Bardonnèche (Piémont), à quelques kilomètres de la frontière, provoquant la colère des bénévoles et des élus locaux. Samedi matin, le gouvernement italien a demandé des explications à Paris, tandis que les magistrats de Turin annoncent l’ouverture d’une enquête pour « abus de pouvoir et violation de domicile ».

Dans le même temps, sur Twitter, les réactions politiques se multipliaient. Le secrétaire par intérim du Parti démocrate (PD, centre gauche), Maurizio Martina, déclare que « les événements de Bardonnèche sont graves. Ce n’est sûrement pas comme ça que se fera la nouvelle Europe » et le chef de file du Mouvement 5 étoiles (M5S), Luigi Di Maio, réclame des « explications », tandis que les autres responsables politiques se font nettement moins diplomates. Dans un communiqué, la nouvelle chef de groupe Forza Italia (droite) à la Chambre des députés, Mariastella Gelmini, parle d’« atteinte à la souveraineté nationale » qui « en dit long sur la perte de crédibilité de notre pays », avant de lancer qu’« il doit être clair que chez nous, l’autorité doit être seulement italienne ».
Quant au dirigeant de la Ligue, le très droitier Matteo Salvini, il va encore plus loin : « Plutôt...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ La réforme du code minier lancée par la République démocratique du Congo (RDC) est observée avec attention par les groupes de matières premières mais aussi par les pays voisins.
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En Afrique, la RDC fait trembler les géants miniers

La réforme du code minier lancée par la République démocratique du Congo (RDC) est observée avec attention par les groupes de matières premières mais aussi par les pays voisins.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h10
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            Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)








                        



                                


                            

Dans l’esprit de la réforme minière venue de République démocratique du Congo (RDC), il flotte un petit parfum de nationalisme économique. L’idée de base : augmenter les royalties (redevances) payées par les opérateurs du secteur extractif. Fixé jusqu’ici à 2 %, le taux de cette redevance devrait prochainement monter à 10 % pour les minerais « stratégiques », (dont la liste reste à déterminer) et à 3,5 % pour les ressources dites « classiques » (tous les autres). Une taxe sur les « super bénéfices » semble pour l’heure difficilement applicable, et suscite bien moins de craintes que le relèvement de la taxation. Selon des sources congolaises, le cobalt (plus de la moitié de la production mondiale), mais aussi le coltan devraient être classés dans la catégorie « stratégiques » et donc voir leurs royalties multipliées par cinq.
Et ce n’est pas tout. Au Mining Indaba – la grand-messe annuelle du secteur minier africain – qui se tenait au Cap, en Afrique du Sud, début février, le ministre congolais des mines, Martin Kabwelulu, avait promis lors d’un dîner, un « feu de brousse » dans le secteur, selon une source présente. Albert Yuma, le patron de la société nationale minière, la Gécamines, prépare pour le second semestre 2018 une nouvelle salve de réformes avec un passage en revue des accords qui permettent aux compagnies minières étrangères d’opérer. « Les concessions [minières] avaient été vendues à vil prix », estime John Kanyoni, vice-président de la chambre des mines au sein de la FEC (Fédération des entreprises du Congo), qui voit à présent émerger « une forme de nationalisme fiscal ». 
D’autres pays du continent, riches en matières premières, observent l’évolution de la situation avec attention. Un cas d’école se joue en RDC avec, à la clé, un retournement du rapport de forces entre les Etats et les opérateurs de l’industrie extractive. Une scène, à cet égard, est restée...




                        

                        


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Pour la première fois, Londres a enregistré plus de meurtres que New York

Les agressions sont en général le fait d’individus isolés. Le phénomène touche particulièrement les mineurs, de plus en plus nombreux à porter un couteau.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 11h31
   





                        


Une adolescente de 17 ans mortellement blessée sur Chalgrove Road, à Tottenham, dans le nord de Londres ; un adolescent de 16 ans grièvement blessé par balle à Walthamstow, dans l’est de la capitale ; un autre poignardé, toujours dans l’est de Londres. Tous ces faits divers qui se sont déroulés lundi 2 avril sont rapportés par la BBC.
Ces attaques illustrent le climat d’insécurité qui règne à Londres, au point que pour la première fois de son histoire, la capitale britannique a enregistré, en février 2018, plus de meurtres que New York, en raison de l’augmentation des attaques au couteau dans la capitale britannique, selon le Sunday Times. Quinze personnes ont été tuées à Londres en février, contre 14 à New York, selon les chiffres de la police. En mars, 22 meurtres ont été commis à Londres, soit un de plus qu’à New York. Mais en comparant les deux villes depuis le début de l’année, New York arrive en tête.
Selon la police londonienne, sur les 46 meurtres commis dans la capitale britannique depuis le début de l’année, 31 sont attribuables à des agressions à l’arme blanche contre laquelle la ville tente de lutter. Durant la même période, New York a enregistré 55 meurtres, mais l’écart se réduit.
134 personnes ont été tuées à Londres en 2017
En 2017, 134 personnes ont été tuées à Londres – en incluant les victimes d’attentats –, dont 80 poignardées. Le nombre d’homicides a cru de 40 % dans la capitale britannique au cours des trois dernières années. A New York, il a chuté de 87 % depuis 1990.
Entre avril 2016 et mars 2017, la police a dénombré près de 12 100 agressions au couteau dans la ville, qui ont fait plus de 4 400 blessés. Des statistiques au plus haut depuis cinq ans.
Dans la plupart des cas, les agressions ne sont pas liées à la criminalité organisée mais à des individus isolés, qui portent une arme pour se sentir en sécurité ou se donner une allure. Le phénomène touche particulièrement les mineurs, de plus en plus nombreux à porter un couteau.
Dans The Times, la chef de la Metropolitan Police, Cressida Dick, avait accusé samedi les médias sociaux de normaliser la violence auprès des jeunes.



                            


                        

                        

