<FILE-date="2018/04/03/19">

<article-nb="2018/04/03/19-1">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ La journée a été marquée par des manifestations dans de nombreuses villes. Un TGV sur sept et un train régional sur cinq devraient circuler mercredi 4 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ 
<article-nb="2018/04/03/19-2">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ L’avenir du transport ferroviaire est un sujet sensible, qui donne lieu à des échanges d’arguments parfois fallacieux.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Vrai, faux ou flou : le tour des arguments sur la grève de la SNCF

L’avenir du transport ferroviaire est un sujet sensible, qui donne lieu à des échanges d’arguments parfois fallacieux.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h56
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 18h38
    |

            Adrien Sénécat et 
Anne-Aël Durand








                        


Les cheminots ont commencé, lundi 2 avril, une grève en pointillé, qui pourrait durer trois mois, pour protester contre la réforme de la SNCF lancée par le gouvernement.
Les débats sont souvent vifs sur les questions liées au statut de cheminot, à la privatisation ou à l’avenir du réseau français, et chacun déroule ses arguments selon son point de vue. Nous avons tenté de décrypter ce qui relève des faits, de la spéculation ou des fantasmes.

        Lire aussi :
         

                Comprendre la réforme de la SNCF en neuf points



1. La SNCF va-t-elle être privatisée avec cette réforme ?
Ce qu’on entend
Le conseiller régional d’Ile-de-France Julien Dray (Parti socialiste) a accusé, dimanche 2 avril sur Europe 1, le gouvernement de préparer la privatisation de la SNCF :
« La réforme, c’est la privatisation du service public demandée par l’Europe (…). C’est une privatisation rampante. C’est le changement de statut qui va permettre à terme la privatisation. (…) Moi je vous dis [que] le gouvernement prépare la privatisation. » 
Un argument récurrent ces derniers jours, repris par Attac France, par le député de La France insoumise Eric Coquerel, ou encore par Jean Messiha, membre du bureau national du Front national.
CE N’EST PAS DANS LA RÉFORME, MAIS…
La réforme voulue par le gouvernement ne prévoit pas de privatiser la SNCF, mais d’en changer le statut. Alors qu’elle est actuellement un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), le projet prévoit d’en faire une société anonyme (SA) à capitaux publics avec des titres qui seraient incessibles. Pour faire simple, la SNCF restera une société à fonds publics, mais des opérateurs privés concurrents pourront faire circuler des trains à leur tour.
Il est donc faux, en l’état, d’affirmer que le gouvernement va privatiser la SNCF. « Personne ne parle de privatiser la SNCF », assure d’ailleurs la ministre chargée des transports, Elisabeth Borne. Mais il est vrai qu’elle ne peut pas s’engager pour les gouvernements à venir.
Par ailleurs, des directives européennes imposent aujourd’hui aux pays membres de libéraliser leur secteur ferroviaire. Ces directives ont été adoptées par les gouvernements européens, y compris français, et par les eurodéputés. Le quatrième « paquet ferroviaire », qui trace les contours de l’ouverture à la concurrence, a ainsi été adopté fin 2016 par le gouvernement socialiste de l’époque.

        Les explications :
         

          SNCF : que signifie l’ouverture à la concurrence ?



2. La réforme va-t-elle entraîner la fermeture de 9 000 km de petites lignes ?
Ce qu’on entend
La réforme de la SNCF va-t-elle conduire à la suppression des liaisons ferroviaires non rentables ? C’est en tout cas ce qu’estime Olivier Besancenot, du Nouveau Parti anticapitaliste. Face à Gérald Darmanin, le ministre de l’action et des comptes publics, dans « L’Emission politique » sur France 2 le 15 mars, l’ancien candidat à la présidentielle a critiqué les suppressions à venir de lignes régionales. Il a également publié en parallèle sur Twitter une carte des « petites lignes que la SNCF veut supprimer » qui correspondrait à « un tiers du réseau », soit environ 9 000 kilomètres.

Les petites lignes ferroviaires que la SNCF veut supprimer : 1/3 du réseau .... https://t.co/AOpH5eBlsz— olbesancenot (@Olivier Besancenot)


require(["twitter/widgets"]);

CE N’EST PAS DANS LA RÉFORME, MAIS…
D’où vient cette crainte, qui agite beaucoup les usagers ? Du rapport remis par Jean-Cyril Spinetta avant même la présentation de la réforme. Un chapitre consacré au « paradoxe des petites lignes », explique que les lignes classées en catégorie UIC 7-9, qui représentent un tiers du réseau (soit 9 252 km sur 28 772), ne voient passer que 13 trains par jour en moyenne, avec moins de 30 voyageurs par train, et que ces dessertes coûtent « 1,7 milliard d’euros pour 2 % des voyageurs ».
Le premier ministre, Edouard Philippe, a pourtant assuré lors de la présentation de sa réforme qu’il n’était pas question de supprimer des dessertes, et qu’il ne suivrait pas le rapport Spinetta sur ce point :
« La réforme de la SNCF n’est pas une réforme des petites lignes. On ne décide pas la fermeture de 9 000 km de lignes depuis Paris sur des critères administratifs et comptables. »
En réalité, le rapport lui-même ne préconise pas de supprimer toutes ces lignes : plus subtilement, il propose de concentrer les rénovations sur la partie la plus utilisée du réseau, et ensuite, si le maintien de la circulation n’est pas possible sur une ligne, et que l’investissement n’est pas économiquement justifié, de procéder à sa fermeture – ou de la transférer gratuitement aux régions concernées, qui prendraient alors la décision finale. Autre possibilité, évoquée par M. Spinetta : supprimer le train mais conserver une desserte par bus.
Le gouvernement a donc raison d’affirmer que la réforme en cours ne va pas supprimer les petites lignes. La carte reprise par Olivier Besancenot, qui a largement circulé par ailleurs, ne montre pas du tout les lignes qui vont être fermées dans les prochaines années. Rien ne garantit, en revanche, qu’au moins une partie d’entre elles disparaissent à moyen terme, après l’ouverture à la concurrence des TER, comme envisagé dans le rapport Spinetta.
3. Peut-on résumer ce débat au « coût » de la SNCF ?
Ce qu’on entend
Le « coût » de la SNCF pour les contribuables est l’un des arguments massue, repris notamment par le gouvernement ou par La République en marche (LRM), qui écrit sur son site Internet :
« C’est un service public qui coûte de plus en plus cher. Il coûte chaque année 14 milliards d’euros aux contribuables. C’est plus que le budget de la police et de la gendarmerie réunies ! »
POURQUOI C’EST CONTESTABLE
Le système ferroviaire français a reçu environ 10,5 milliards d’euros de contributions publiques en 2016. LRM ajoute à ce chiffre les 3,2 milliards d’euros de subvention d’équilibre au régime de retraite SNCF pour parvenir à une enveloppe globale d’environ « 14 milliards d’euros », ce qui est en effet un peu plus que le budget de la police et de la gendarmerie (12,8 milliards d’euros prévus en 2018). Certains calculs ajoutent également à ce chiffre les 3 milliards d’euros de déficit annuel du même régime de retraites.
Reste que ce raisonnement est assez grossier. D’abord, il faut rappeler que les difficultés du régime des retraites de la SNCF sont d’abord dues à un déséquilibre démographique : seules six personnes cotisent à ce régime pour dix bénéficiaires, selon les chiffres de la commission des finances du Sénat.
Par ailleurs, les 10,5 milliards de contributions publiques hors retraites mélangent des choses bien différentes :
5,5 milliards d’euros correspondent aux compensations versées par les autorités organisatrices des transports (TER, TET, Transilien…). Ce chiffre inclut notamment les tarifs sociaux accordés sous conditions ;3 milliards d’euros pour les subventions d’investissements d’infrastructure (1,7 milliard) et de matériel roulant (1,3 milliard) ;2 milliards d’euros pour les redevances d’accès au réseau.
Il est forcément réducteur de présenter ces dépenses simplement comme des coûts, en occultant les bénéfices économiques et sociétaux qu’elles peuvent apporter. Par exemple, les tarifs subventionnés permettent de faciliter l’accès aux transports pour des publics souvent défavorisés, comme les demandeurs d’emploi qui doivent se rendre à un entretien d’embauche.
Pour aller un peu plus loin dans ce débat, on peut également relever que toute infrastructure de transports nécessite des investissements considérables. Les routes françaises coûtent, elles, plus cher encore que les trains (15,2 milliards par an, selon Routes de France, sans compter la signalisation ou les accidents de la route).
4. Avec l’ouverture à la concurrence, le train va-t-il coûter plus cher ?
Ce qu’on entend
Les usagers s’interrogent sur les conséquences de l’ouverture à la concurrence pour leur portefeuille. Et des responsables politiques attisent leurs inquiétudes. Ainsi, pour Florian Philippot, président des Patriotes : « La libéralisation, ça veut dire augmentation des tarifs pour les usagers. Je rappelle que quand on a libéralisé le gaz et l’électricité, les gens ont payé 70 % plus cher. »
Un argument également utilisé à l’extrême gauche, par Pierre Laurent, secrétaire général du Parti communiste français : « La concurrence ne sert à rien : elle va conduire à augmenter les tarifs et à désorganiser le service public. »
Erik Meyer, porte-parole du syndicat SUD Rail, affirme également, dans Reporterre : « Partout en Europe où le ferroviaire a été ouvert à la concurrence, le prix du billet a augmenté de 15 à 20 % et la qualité de service s’est dégradée », sans donner la source de cette affirmation.
DIFFICILE À DIRE
Selon les défenseurs de l’économie de marché, la concurrence permet de faire baisser les prix et d’augmenter la qualité. Mais ce principe ne fonctionne pas toujours pour des services qui nécessitent d’énormes infrastructures et dégagent d’assez faibles marges. Ainsi, les transports ferroviaires, qui étaient au départ privés, étaient déficitaires, c’est même pour cela qu’ils ont été nationalisés.
Comme l’ont détaillé nos confrères de France Info, Florian Philippot exagère quand il affirme que l’électricité et le gaz ont augmenté de 70 % – même si ces tarifs ont en effet grimpé depuis l’ouverture à la concurrence. Mais il est difficile de comparer le marché de l’énergie (lié aux cours mondiaux du gaz et du pétrole) avec un service de transport, dépendant de l’offre et de la demande locale.
Le gouvernement lui-même ne s’aventure pas à promettre des baisses de tarifs lors de l’ouverture à la concurrence. Elisabeth Borne préfère évoquer « de nouveaux services » et une « meilleure qualité ».
Les exemples européens d’ouverture à la concurrence ne permettent pas de tirer de conclusion générale. Au Royaume-Uni, la libéralisation réalisée à marche forcée s’est traduite par une baisse de qualité des infrastructures et des conditions de transport. Le réseau a d’ailleurs dû être renationalisé, mais le service fourni par les opérateurs privés a plutôt du succès – ce qui n’a pas empêché le prix du billet de doubler en dix ans. En Allemagne, les experts s’accordent à saluer une réforme bien menée, qui a augmenté la qualité et la quantité de l’offre, mais pour un prix qui reste élevé.
En revanche, l’Italie et la Suède offrent plutôt l’exemple de réseaux où la libéralisation a fait baisser les tarifs, en augmentant la quantité de liaisons, mais au détriment de la qualité du réseau, voire de la sécurité.

        Lire aussi :
         

                SNCF : « L’ouverture à la concurrence ne garantit en rien une baisse des prix favorable au voyageur »



5. Y a-t-il des grèves chaque année à la SNCF ?
Ce qu’on entend
« Je ne sais pas s’il y a une culture de la grève à la SNCF », a déclaré Olivier Dussopt, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’action et des comptes publics, mardi sur France Info. Mais « pas une année parmi les 40-45 années précédentes n’a connu une année sans grève (…). Il y a une tradition de rapport de force, une tradition de conflit. »
POURQUOI C’EST DISCUTABLE
Selon les données compilées par la SNCF, des mouvements sociaux y ont bien été enregistrés chaque année depuis 1947. Il est donc juste de dire qu’il y a tous les ans des grèves dans le transport ferroviaire.
Mais derrière ce constat se cachent de fortes disparités : en 1981 ou en 2002, par exemple, on ne comptait qu’autour de 35 000 journées de travail « perdues » lors de mouvements sociaux à la SNCF. Alors que ce chiffre a grimpé jusqu’à 4,7 millions en 1968 (avec cependant un nombre d’agents disponibles deux fois plus grand qu’aujourd’hui) ou 1 million en 1995.


	#container_15227469847{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15227469847{
		height:500px;
	}
	#container_15227469847 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15227469847 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15227469847.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15227469847.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15227469847 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Des grèves chaque année à la SNCF, mais pas toujours très suivies
Attention : ces chiffres bruts ne sont pas ajustés en fonction du nombre d'agents disponibles, qui a nettement diminué de 1947 à nos jours.

Source : SNCF Open Data (Direction cohésion & ressources humaines)



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15227469847",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "column",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "datetime",
		 categories:null,
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value:%Y}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Journées perdues",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        -725763600000,
        3000000
      ],
      [
        -694227600000,
        900000
      ],
      [
        -662605200000,
        210000
      ],
      [
        -631069200000,
        30800
      ],
      [
        -599533200000,
        695500
      ],
      [
        -567997200000,
        11500
      ],
      [
        -536374800000,
        3000000
      ],
      [
        -504838800000,
        103000
      ],
      [
        -473302800000,
        56700
      ],
      [
        -441766800000,
        2500
      ],
      [
        -410144400000,
        590000
      ],
      [
        -378608400000,
        252000
      ],
      [
        -347072400000,
        16000
      ],
      [
        -315536400000,
        220000
      ],
      [
        -283914000000,
        1100000
      ],
      [
        -252378000000,
        450000
      ],
      [
        -220842000000,
        670000
      ],
      [
        -189306000000,
        446000
      ],
      [
        -157683600000,
        149000
      ],
      [
        -126147600000,
        480000
      ],
      [
        -94611600000,
        465000
      ],
      [
        -63075600000,
        4680000
      ],
      [
        -31453200000,
        348000
      ],
      [
        82800000,
        253000
      ],
      [
        31618800000,
        640000
      ],
      [
        63154800000,
        180000
      ],
      [
        94777200000,
        328000
      ],
      [
        126313200000,
        211100
      ],
      [
        157849200000,
        158200
      ],
      [
        189385200000,
        340000
      ],
      [
        221007600000,
        429900
      ],
      [
        252543600000,
        159200
      ],
      [
        284079600000,
        324400
      ],
      [
        315615600000,
        325000
      ],
      [
        347238000000,
        34100
      ],
      [
        378774000000,
        44000
      ],
      [
        410310000000,
        64000
      ],
      [
        441846000000,
        250816
      ],
      [
        473468400000,
        200862
      ],
      [
        505004400000,
        699895
      ],
      [
        536540400000,
        465341
      ],
      [
        568076400000,
        158343
      ],
      [
        599698800000,
        93557
      ],
      [
        631234800000,
        164395
      ],
      [
        662770800000,
        193776
      ],
      [
        694306800000,
        89160
      ],
      [
        725929200000,
        144803
      ],
      [
        757465200000,
        93815
      ],
      [
        789001200000,
        1054920
      ],
      [
        820537200000,
        94867
      ],
      [
        852159600000,
        124259
      ],
      [
        883695600000,
        180431
      ],
      [
        915231600000,
        53779
      ],
      [
        946767600000,
        85094
      ],
      [
        978390000000,
        160947
      ],
      [
        1009926000000,
        37239
      ],
      [
        1041462000000,
        395276
      ],
      [
        1072998000000,
        94580
      ],
      [
        1104620400000,
        238962
      ],
      [
        1136156400000,
        129213
      ],
      [
        1167692400000,
        425445
      ],
      [
        1199228400000,
        123529
      ],
      [
        1230850800000,
        186882
      ],
      [
        1262386800000,
        572161
      ],
      [
        1293922800000,
        72944
      ],
      [
        1325458800000,
        86121
      ],
      [
        1357081200000,
        171851
      ],
      [
        1388617200000,
        248564
      ],
      [
        1420153200000,
        97952
      ],
      [
        1451689200000,
        363985
      ],
      [
        1483311600000,
        112631.84
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Si l’on rapporte ces journées de grève aux effectifs disponibles, on s’aperçoit ainsi que sur 71 années, il y en a eu 39 avec moins d’un jour de grève. On ne compte que douze mouvements de plus de deux jours depuis 1947, notamment en 1968, en 1995 ou en 2010.


	#container_1522747949{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_1522747949{
		height:500px;
	}
	#container_1522747949 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_1522747949 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_1522747949.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_1522747949.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_1522747949 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Les agents SNCF font grève moins de deux jours par an en moyenne


Source : SNCF Open Data (Direction cohésion & ressources humaines)



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_1522747949",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "column",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ff3232",
			width: 2,
			value: 2 ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ff3232",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "datetime",
		 categories:null,
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value:%Y}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ff3232",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ff3232",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Journées perdues par agent",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        -725763600000,
        6.49
      ],
      [
        -694227600000,
        1.91
      ],
      [
        -662605200000,
        0.45
      ],
      [
        -631069200000,
        0.07
      ],
      [
        -599533200000,
        1.64
      ],
      [
        -567997200000,
        0.03
      ],
      [
        -536374800000,
        7.52
      ],
      [
        -504838800000,
        0.27
      ],
      [
        -473302800000,
        0.15
      ],
      [
        -441766800000,
        0.01
      ],
      [
        -410144400000,
        1.63
      ],
      [
        -378608400000,
        0.7
      ],
      [
        -347072400000,
        0.04
      ],
      [
        -315536400000,
        0.63
      ],
      [
        -283914000000,
        3.18
      ],
      [
        -252378000000,
        1.3
      ],
      [
        -220842000000,
        1.9
      ],
      [
        -189306000000,
        1.25
      ],
      [
        -157683600000,
        0.42
      ],
      [
        -126147600000,
        1.39
      ],
      [
        -94611600000,
        1.4
      ],
      [
        -63075600000,
        14.63
      ],
      [
        -31453200000,
        1.12
      ],
      [
        82800000,
        0.84
      ],
      [
        31618800000,
        2.17
      ],
      [
        63154800000,
        0.62
      ],
      [
        94777200000,
        1.15
      ],
      [
        126313200000,
        0.74
      ],
      [
        157849200000,
        0.56
      ],
      [
        189385200000,
        1.24
      ],
      [
        221007600000,
        1.6
      ],
      [
        252543600000,
        0.61
      ],
      [
        284079600000,
        1.25
      ],
      [
        315615600000,
        1.28
      ],
      [
        347238000000,
        0.14
      ],
      [
        378774000000,
        0.17
      ],
      [
        410310000000,
        0.25
      ],
      [
        441846000000,
        1.01
      ],
      [
        473468400000,
        0.83
      ],
      [
        505004400000,
        3
      ],
      [
        536540400000,
        2.09
      ],
      [
        568076400000,
        0.74
      ],
      [
        599698800000,
        0.45
      ],
      [
        631234800000,
        0.81
      ],
      [
        662770800000,
        0.98
      ],
      [
        694306800000,
        0.45
      ],
      [
        725929200000,
        0.75
      ],
      [
        757465200000,
        0.51
      ],
      [
        789001200000,
        5.82
      ],
      [
        820537200000,
        0.53
      ],
      [
        852159600000,
        0.71
      ],
      [
        883695600000,
        1.03
      ],
      [
        915231600000,
        0.31
      ],
      [
        946767600000,
        0.48
      ],
      [
        978390000000,
        0.9
      ],
      [
        1009926000000,
        0.21
      ],
      [
        1041462000000,
        2.26
      ],
      [
        1072998000000,
        0.55
      ],
      [
        1104620400000,
        1.44
      ],
      [
        1136156400000,
        0.79
      ],
      [
        1167692400000,
        2.63
      ],
      [
        1199228400000,
        0.78
      ],
      [
        1230850800000,
        1.19
      ],
      [
        1262386800000,
        3.78
      ],
      [
        1293922800000,
        0.49
      ],
      [
        1325458800000,
        0.56
      ],
      [
        1357081200000,
        1.21
      ],
      [
        1388617200000,
        1.75
      ],
      [
        1420153200000,
        0.69
      ],
      [
        1451689200000,
        2.48
      ],
      [
        1483311600000,
        0.78
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 1,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: "",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Ce qui est vrai, c’est que les salariés de la SNCF ont plus souvent tendance à faire usage de leur droit de grève que l’ensemble des travailleurs français. La proportion de jours de grève y est environ dix fois supérieure à la moyenne des entreprises publiques et privées, selon le ministère du travail.


	#container_15227494106{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15227494106{
		height:400px;
	}
	#container_15227494106 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15227494106 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15227494106.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15227494106.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15227494106 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Les grèves sont plus fréquentes à la SNCF qu'ailleurs 


Sources : Dares, SNCF Open Data



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15227494106",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "column",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#ffc832","#0386c3","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "datetime",
		 categories:null,
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: 2,
			format: "{value:%Y}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Dans les entreprises de dix salariés ou plus",
    "color": "#ffc832",
    "data": [
      [
        1104620400000,
        0.164
      ],
      [
        1136156400000,
        0.117
      ],
      [
        1167692400000,
        0.128
      ],
      [
        1199228400000,
        0.1
      ],
      [
        1230850800000,
        0.136
      ],
      [
        1262386800000,
        0.318
      ],
      [
        1293922800000,
        0.077
      ],
      [
        1325458800000,
        0.06
      ],
      [
        1357081200000,
        0.079
      ],
      [
        1388617200000,
        0.081
      ],
      [
        1420153200000,
        0.069
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "A la SNCF",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        1104620400000,
        1.44
      ],
      [
        1136156400000,
        0.79
      ],
      [
        1167692400000,
        2.63
      ],
      [
        1199228400000,
        0.78
      ],
      [
        1230850800000,
        1.19
      ],
      [
        1262386800000,
        3.78
      ],
      [
        1293922800000,
        0.49
      ],
      [
        1325458800000,
        0.56
      ],
      [
        1357081200000,
        1.21
      ],
      [
        1388617200000,
        1.75
      ],
      [
        1420153200000,
        0.69
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: 1,
		valueDecimals: 2,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " jours non travaillés par an par employé",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


6. Cette réforme signe-t-elle la « fin du statut des cheminots » ?
Ce qu’on entend
Elisabeth Borne s’élève dans un « vrai/faux » publié sur le compte Twitter de LRM contre ceux qui affirment que la réforme signerait la fin du statut des cheminots :
« [C’est] faux. Tous les cheminots qui sont aujourd’hui à la SNCF garderont leur statut. (…) Avec une ouverture à la concurrence, (…) il y aura d’autres entreprises qui feront le même métier que la SNCF, [qui] ne peut pas être la seule à continuer à recruter au statut. »
POURQUOI C’EST VRAI ET FAUX
Ici, la ministre des transports joue sur les mots. Certes, elle dit vrai lorsqu’elle rappelle que les travailleurs actuellement embauchés sous le statut de cheminots n’en seront pas privés. Cela dit, il est tout à fait juste d’affirmer que le gouvernement met fin au statut de cheminot pour les autres, c’est-à-dire les futures recrues de l’entreprise.
Il est tout à fait approprié d’évoquer une fin du statut pour les nouveaux recrutements, qui programme de fait la disparition complète du statut d’ici plusieurs dizaines d’années, lorsque les cheminots en poste aujourd’hui auront tous quitté l’entreprise.
7. Emmanuel Macron est-il resté muet sur ce sujet pendant la campagne présidentielle ?
Ce qu’on entend
Beaucoup d’opposants à la réforme voulue par le gouvernement arguent du fait que contrairement à d’autres mesures, celle-ci n’avait pas été annoncée par le chef de l’Etat pendant sa campagne présidentielle. Attac France estime ainsi qu’elle n’a « aucune légitimité démocratique » car elle n’a « jamais été soumise au vote » des Français.
POURQUOI C’EST VRAI
Le chef de l’Etat n’avait effectivement pas pris position sur le sujet pendant la campagne présidentielle. Ainsi, on ne trouvait aucune mention des expressions « train », « SNCF » ou « cheminot » dans les 32 pages de son programme présidentiel. La partie « mobilité » de son programme sur son site de campagne mentionnait simplement un « plan d’urgence pour les investissements de rénovation » du rail et de la route, sans jamais évoquer la situation de la SNCF.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-3">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ A l’occasion de la grève débutée mardi pour s’opposer à la réforme de la SNCF, « Le Monde » publie une série de portraits. Elodie Couturier est vendeuse.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Paroles de cheminots : « Je vais perdre 60 euros par jour de grève, j’ai prévenu mon banquier »

A l’occasion de la grève débutée mardi pour s’opposer à la réforme de la SNCF, « Le Monde » publie une série de portraits. Elodie Couturier est vendeuse.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 15h59
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h54
    |

            Cécile Bouanchaud








                        



   


Le matin, lorsqu’elle se rend au travail à pied, Elodie Couturier aime prendre en photo sa petite gare de Châtelaillon (Charente-Maritime), « tant que je peux encore le faire, tant qu’elle existe encore ». Une gare qui ressemble à toutes celles des petites villes de France, avec son pavillon central, son allée bordée d’arbres, sa grosse pendule analogique et sa modeste place où peuvent stationner des véhicules.
Comme toutes les petites gares, sa création, en 1873, a marqué l’essor de la ville, faisant de Châtelaillon la première station balnéaire du département. Comme toutes les petites gares, « celle-ci pourrait bien fermer un jour », craint Elodie Couturier, qui travaille dans cette station aux sonorités estivales depuis 2016, à la suite d’une création temporaire de poste.
« Je ne sais pas jusqu’à quand court mon contrat, je suis en sursis depuis un an, sans savoir de quoi sera fait l’avenir. »

        Lire :
         

          Comprendre la réforme de la SNCF en neuf points



Après quatre ans de travail de saison, c’est en temps partiel à 61 % qu’Elodie Couturier est titularisée comme vendeuse, en 2003. « Une pratique courante à la SNCF, qui peut durer trois ans maximum », détaille la cheminote, qui gagnait à l’époque 600 euros net par mois, primes comprises.
Service majoritairement externalisé
A 38 ans aujourd’hui, elle se souvient de cette époque où la vente par téléphone s’ajoutait à son travail de vente en gare. Si ce service de renseignements existe encore dans quelques gares, comme celle de Limoges, il a été majoritairement externalisé à des entreprises privées.
« Ces employés du privé n’ont pas bénéficié de notre formation spécifique, qui nous permet d’être capables de répondre aux questions, légitimes, des usagers sur l’opacité de nos tarifs », regrette la vendeuse, qui souligne que la réforme de la SNCF, prévoyant une ouverture à la concurrence, est « déjà en cours dans de nombreux services ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Des cheminots dénoncent le sempiternel débat sur leur « présumé statut de privilégiés »



Après quelques années à Rochefort, la vendeuse est allée « de l’autre côté de la ligne », à La Rochelle, où elle travaillait « en renfort militaire », c’est-à-dire en horaires de soirée, trois dimanches sur quatre. Aujourd’hui, à Châtelaillon, elle profite d’horaires de journée, sans travailler le week-end. Mais la trentenaire tient à faire sa mise au point :
« Cette réduction de mon amplitude horaire est symptomatique de la déliquescence du service public et se fait au détriment des usagers. »
« Une volonté de casser le travail des guichetiers »
La cheminote voit dans cette mutation « une volonté de casser le travail des guichetiers », en développant les services sur Internet. Si elle estime qu’il est « normal de s’adapter à son époque », elle considère que les offres Internet « entrent en concurrence » avec son travail, « au lieu d’être complémentaires ». La SNCF propose sur son site des offres spéciales qui ne peuvent être faites en boutique.
Elodie Couturier y voit « un cercle vicieux » :
« Les gens se tournent sur Internet, donc on fait moins de chiffre, la SNCF supprime des postes ou réduit nos horaires à des créneaux où tout le monde travaille, et l’on fait encore moins de chiffre, etc. »
La jeune femme déplore que le contact humain soit ainsi mis à mal. « Nous sommes souvent les premiers interlocuteurs des usagers et l’on n’est pas à la noce », résume-t-elle, seule vendeuse de la gare.
Mardi 3 avril, pour protester contre la réforme, elle n’a pas ouvert « sa petite annexe d’office de tourisme », et elle compte faire grève tous les jours qui suivront. Depuis septembre 2017, la vendeuse, dont la paye mensuelle s’élève à 1 600 euros net, perçoit 8 euros de plus par mois, en vertu de la « mesure bas salaire », voulue par Guillaume Pepy, le PDG de l’entreprise. A chaque jour de grève, elle perdra 60 euros : « J’ai prévenu mon banquier, il m’a dit de l’appeler en cas de problème. »

Retrouvez nos paroles de cheminots
Marc Ribeiro, cheminot à la SNCF : « Quand j’entends dire que notre statut est privilégié… » 
Frédéric Lafargue, cadre à la SNCF : « L’entreprise a divisé pour mieux régner »
Elodie Couturier, vendeuse à la SNCF : « Je vais perdre 60 euros par jour de grève, j’ai prévenu mon banquier »
Vingt-quatre heures dans la vie d’une contrôleuse à la SNCF





                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-4">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Dans plusieurs villes, les grévistes ont reconduit à la quasi-unanimité pour mercredi le mouvement de grève lancé par les cheminots.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

SNCF : A Paris, Lyon, Montpellier et Nantes, une journée marquée par les AG et les manifestations

Dans plusieurs villes, les grévistes ont reconduit à la quasi-unanimité pour mercredi le mouvement de grève lancé par les cheminots.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 18h18
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 18h46
    |

                            Le Monde.fr, 
                            Richard Schittly (Lyon, correspondant), 
                            Anne Devailly (Montpellier, correspondante) et 
                            Yan Gauchard (Nantes, correspondant)








                        



   


C’est parti pour trois mois de « grève perlée ». Mardi 3 avril, au premier jour du mouvement de contestation des cheminots de la SNCF, qui s’opposent au projet de réforme du gouvernement, le trafic a été particulièrement perturbé dans tout le pays. Selon la direction de l’entreprise ferroviaire, la proportion de grévistes a atteint 33,9 %, contre 35,4 % le 22 mars.

        Lire aussi :
         

                Comprendre la réforme de la SNCF en neuf points



Mais parmi les « agents indispensables à la circulation des trains » (conducteurs, contrôleurs, aiguilleurs), le taux a atteint 48 % mardi matin, contre 36 % le 22 mars. Il était notamment de 77 % chez les conducteurs et de 69 % chez les contrôleurs. A Paris, Montpellier, Lyon ou encore Toulouse, les grévistes ont reconduit à la quasi-unanimité le mouvement pour mercredi.
Dans plusieurs villes, les étudiants qui protestent contre la réforme de l’université du gouvernement se sont joints au mouvement de contestation. Retour sur cette journée de mobilisation.
A Paris, les cheminots reconduisent la grève, des universités bloquées
Dans la capitale, les cheminots se sont retrouvés mardi matin dans les différentes gares, où ils ont voté, à la quasi-unanimité, pour la reconduction du mouvement mercredi.
En début d’après-midi, ils étaient plusieurs centaines à défiler entre la gare de l’Est et la gare Saint-Lazare aux côtés d’agents hospitaliers, d’enseignants, d’étudiants ou encore de salariés d’Air France. « Cheminots en colère, on va pas se laisser faire ! », scandait SUD-Rail au micro. Le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a également rejoint le cortège en compagnie des députés Alexis Corbière, Danièle Obono et Eric Coquerel.

        Lire aussi :
         

                Paroles de cheminots : « Je vais perdre 60 euros par jour de grève, j’ai prévenu mon banquier »



Des incidents ont émaillé le parcours : vitres d’une agence bancaire et d’une supérette brisées, poubelles renversées et incendiées, de même qu’un vélo, jets de canettes, auxquels les forces de l’ordre ont répondu par des gaz lacrymogènes.
Du côté des universités parisiennes, les blocages se sont poursuivis mardi. Le site de Saint-Denis de l’université Paris-VIII était « complètement bloqué », pour « la première fois » depuis le début du mouvement, a annoncé sa présidence. Sur le campus de Paris-I à Tolbiac, 1 500 personnes, d’après les organisateurs, ont voté la poursuite du blocage débuté le 26 mars, de façon « illimitée », jusqu’au retrait de la loi « orientation et réussite des étudiants » qui réforme l’accès à l’université.
A Lyon, entre 700 et 1 000 manifestants
Dans l’après-midi à Lyon, entre 700 personnes, selon la police, et 1 000, selon les syndicats ont défilé de la gare de Perrache jusqu’au siège du conseil régional. Le rassemblement était là aussi composé entre autres de cheminots et d’étudiants.
Les cheminots ont demandé à Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, de les recevoir, mais ce dernier a refusé. « On peut le féliciter pour son esprit d’ouverture que tout le monde connaît », a ironisé un délégué lyonnais au micro devant le bâtiment du conseil régional.

        Lire aussi :
         

                « La grève à la SNCF va accompagner tout le débat politique et parlementaire »



Plus tôt dans la journée, lors de l’assemblée générale de l’intersyndicale, les cheminots ont voté à l’unanimité la reconduction du mouvement pour les 8 et 9 avril. « Macron nous déclare la guerre depuis qu’il est au pouvoir, on va lui promettre un Stalingrad », a lancé un militant de la CGT au micro sous des applaudissements nourris. « C’est une grève historique, il faut qu’on la gagne, il va falloir tenir », a aussi déclaré Jean-François Rogeon, secrétaire lyonnais de SUD Rail.
A Montpellier, manifestation réunissant personnel de santé, cheminots, étudiants…

   


Mardi matin, le trafic était complètement nul à la gare de Montpellier. Vers 11 heures, une petite centaine de personnes se sont réunies dans le restaurant d’entreprise au siège régional de la SNCF à Montpellier.

        Lire aussi :
         

                Grève à la SNCF : « Les Français seront les arbitres »



Les différents syndicats de l’intersyndicale — sauf la CFDT — ont pris la parole. Pour les grévistes, ce mouvement concerne l’ensemble des services publics, comme l’a exprimé l’un d’entre eux :
« Aujourd’hui, ils attaquent les cheminots. Demain, ce sera le reste des services publics qui seront attaqués, si nous on ne tient pas. Ils sont en train de restructurer la SNCF pour la revendre par petits morceaux. En interne, on a déjà nos blocs restructurés pour pouvoir être ouverts ou vendus à la concurrence. Et ce sera pareil dans les autres secteurs. »
Dans l’après-midi, 2 000 personnes ont défilé dans les rues de Montpellier, selon la CGT. En tête de cortège, des cheminots, suivis par des salariés du personnel de santé (hôpitaux et cliniques), des éboueurs, des étudiants, et quelques groupes plus isolés, comme la CGT-Santé de Bédarieux, à quelque 50 km de Montpellier, ou une petite délégation des organismes publics de recherche.
Les plus bruyants étaient les étudiant, qui défilaient, toutes universités confondues, les étudiants de la faculté de droit étant rejoints par ceux de lettres (Paul-Valéry) et des sciences, sans banderoles spécifiques distinguant les uns des autres. Ce sont eux qui lançaient les slogans repris par les manifestants, dans une ambiance soixante-huitarde assumée :
« Tout est à nous, rien n’est à eux, tout ce qu’ils ont, ils l’ont volé. Ça va péter. »
A Nantes, la grève reconduite à une écrasante majorité
La reconduction de la grève de la SNCF a été adoptée à Nantes à une écrasante majorité (267 votants, une abstention) jusqu’à demain 11 heures : « Côté circulation des trains, ce sera un copier-coller de la journée de ce mardi », assure un syndicaliste.
La gare était quasi déserte mardi matin, et la circulation sérieusement engorgée dans l’agglomération nantaise.

        Lire aussi :
         

                Statut, âge, salaires : qui sont les cheminots ?



Devant la voie 53, rebaptisée « place des Luttes », l’assemblée générale unitaire a débuté en présence de plus de 400 salariés. Christian Lebeaupin, 50 ans, agent au service électrique non syndiqué, « vingt-huit ans de boîte », a dit faire grève « pour défendre le boulot des copains » :
« La fin du statut de cheminot, on voit déjà ce que ça donne puisque certains collègues qui entrent à la SNCF ne bénéficient pas de ce statut, du fait de leur âge. A travail égal, ils n’ont pas le même traitement salarial, le même déroulement de carrière, ni droit aux mêmes primes. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-5">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Si le secteur des transports est très impacté par la colère sociale – un TGV sur huit en moyenne mardi –, le mécontentement monte aussi du côté des facultés et des lycées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Transports, déchets, énergie, étudiants : un large mouvement de grèves perturbe plusieurs secteurs

Si le secteur des transports est très impacté par la colère sociale – un TGV sur huit en moyenne mardi –, le mécontentement monte aussi du côté des facultés et des lycées.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h08
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 18h01
   





                        



   


Sur les rails, dans les airs, la collecte des déchets ou l’énergie, mardi 3 avril sonne le coup d’envoi d’un mouvement social qui touche plusieurs secteurs en France. Celui des transports est très impacté, mais la colère monte également du côté des facultés et des lycées.

        Lire notre live :
         

          Grève à la SNCF : posez vos questions en direct à une cheminote de l’UNSA



Trafic très perturbé à la SNCF
Si les retours du week-end de Pâques ont été relativement épargnés par le mouvement de protestation contre la réforme de la SNCF, la grève était très suivie mardi, affectant particulièrement les usagers des TER en province, RER et Transiliens en Ile-de-France.
Le taux de participation à la grève était de 33,9 % « en milieu de matinée » sur l’ensemble des « cheminots devant travailler », a annoncé la direction du groupe public ferroviaire dans un communiqué. Lors de la grève d’une journée organisée le 22 mars, il y avait eu 35,4 % de cheminots grévistes. Parmi les « agents indispensables à la circulation des trains », le taux de grévistes atteint 48 % mardi matin, contre 36 % le 22 mars, précise la SNCF.

        Lire aussi :
         

          Statut, âge, salaires... qui sont les cheminots ?



Les quatre syndicats représentatifs à la SNCF sont opposés au projet de réforme du rail, qui « vise à détruire le service public ferroviaire par pur dogmatisme idéologique », selon eux. Malgré des modalités différentes, CGT, UNSA, SUD et CFDT sont tous lancés dans la bataille : une grève par épisode de deux jours sur cinq, soit 36 jours de grève d’ici au 28 juin pour la CGT, l’UNSA et la CFDT ; une grève illimitée reconductible par vingt-quatre heures pour SUD-Rail.

        Lire aussi :
         

          SNCF, quatre leaders syndicaux à la manœuvre



Le gouvernement dit entendre « autant les grévistes » que « ceux qui veulent aller travailler »
Douze partis de gauche, dont La France insoumise, le PCF ou Génération.s, leur ont apporté leur soutien contre « la casse de la SNCF », préfigurant selon eux celle de tout le service public.
En face, le gouvernement entend tenir bon, voyant dans ce mouvement une « posture de blocage (…) pas justifiée », selon les termes de Mme Borne.
« Cette réforme n’a pas pour objet de privatiser la SNCF, elle n’a pas pour objet de fermer des petites lignes, elle n’a pas pour objet de revenir sur le statut pour ceux qui sont au statut (de cheminot), mais elle a pour objet de sortir de ce statu quo » qui n’est « plus tenable », a pour sa part déclaré le premier ministre, Edouard Philippe, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale, mardi. Au fur et à mesure que nous augmentons l’argent qui est versé à la SNCF, la qualité du service public se dégrade. »
Le premier ministre a également dit entendre « autant les grévistes » que « ceux qui veulent aller travailler », saluant les « clients et usagers de la SNCF » qui ont « des jours difficiles devant eux, la grève ayant été organisée pour (leur) porter un impact maximal ».

Le détail des prévisions de trafic pour mardi
Un TGV sur huit :
12 % sur l’Atlantique ;27 % sur l’Est ;12 % sur le Nord ;11 % sur le Sud-Est.
Un Transilien sur cinq :
RER A : 50 % des trains assurés ;RER B : 28 % des trains assurés ;RER C : 20 % des trains assurés ;RER D : 14 % des trains assurés ;RER E : 30 % des trains assurés.
Trois trains internationaux sur quatre :
trois Eurostar sur quatre ;un trafic quasi normal sur les Thalys ;pas de train pour la Suisse, tout comme entre l’Italie et la France et l’Espagne et la France ;entre la France et l’Allemagne, les liaisons seront assurées à hauteur d’un train sur trois.
Pour les TER, un train sur cinq circulera. Pour les Intercités, la proportion sera d’un train sur huit.



SNCF : le détail des prévisions de trafic pour mercredi
Un TGV sur sept :
un TGV sur huit sur l’axe Atlantique ;un TGV sur quatre sur l’axe est ;un TGV sur quatre sur l’axe nord ;un TGV sur dix sur l’axe sud-est.
Un transilien sur cinq :
RER A : un train sur deux sur la branche Cergy-Poissy ;RER B : un train sur trois sur la ligne nord et deux trains sur trois sur la ligne sud ;RER C : un train sur cinq ;RER D : un train sur six ;RER E : un train sur trois.
Trois trains internationaux sur quatre :
trois Eurostar sur quatre ;un trafic quasi normal sur les Thalys ;pas de train pour la Suisse (Lyria), tout comme entre l’Italie et la France et l’Espagne et la France ;entre la France et l’Allemagne, les liaisons seront assurées à hauteur d’un train sur trois.
Pour les TER, un train sur cinq circulera. Pour les intercités, la proportion sera d’un train sur huit.  

        Lire aussi :
         

                En direct : posez vos questions sur la première journée de grève contre la réforme de la SNCF





Quatrième journée de grève chez Air France
Le mouvement des cheminots coïncide avec la quatrième journée de grève chez Air France depuis le 22 février. La compagnie aérienne prévoyaitt d’assurer 75 % des vols et sera touchée également par un cinquième jour de grève le 7 avril.
Onze syndicats réclament une augmentation générale des salaires de 6 %. Ils jugent insuffisante la politique salariale de l’entreprise, compte tenu des efforts passés des salariés et des bons résultats de la compagnie en 2017.
La direction a accordé une augmentation générale de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre. Elle affirme ne pas pouvoir offrir plus, sans fragiliser sa croissance.
Universités et lycées mobilisés
Une fronde contre la loi modifiant l’accès à l’université (loi ORE, orientation et réussite des étudiants), accusée d’instaurer un système de sélection, s’est emparée de plusieurs universités, notamment à Toulouse, Bordeaux, Paris, Rouen tandis que les examens approchent. Elle a pris de l’ampleur après des violences à la faculté de droit de Montpellier dans la nuit du 22 mars pour lesquelles le doyen et un professeur ont été mis en examen.
Selon la présidente de l’Union nationale des étudiants de France (UNEF), Lila Lebas, une « quinzaine d’établissements » sont d’ores et déjà touchés : « On a de plus en plus d’étudiants mobilisés, plus de 2 000 à Montpellier, plus de 2 000 à Toulouse, plus de 1 000 à Paris 1 ou à Nancy », dénombre-t-elle au micro d’Europe 1.
La faculté parisienne de Tolbiac, qui dépend de l’université de Paris I, et occupée depuis le début de la semaine dernière a voté mardi en assemblée générale le « blocage illimité ». Ce blocage a été voté à 497 voix pour, a indiqué le service de presse de l’université Panthéon-Sorbonne, alors que 407 personnes étaient contre. « On va continuer de bloquer jusqu’au retrait du projet de loi et on demande à la direction de mettre 10 sur 20 à tout le monde aux partiels », a indiqué une étudiante.
Les lycées pourraient également grossir les rangs des contestataires contre la réforme de Parcoursup. Les élèves vont bloquer une cinquantaine d’établissements cette semaine. Mardi matin, plusieurs lycées de Caen, Dax ou Mont-de-Marsan étaient touchés. L’Union nationale lycéenne assure chercher à étendre la mobilisation à Paris, Marseille ou Auxerre.
Grève dans la gestion des déchets
Les fédérations CGT des services publics sont à l’origine d’une grève illimitée qui a débuté mardi matin pour la création d’un « service public national » des déchets, avec des actions en Ile-de-France, dans l’Ouest et le Nord.
Une centaine d’eboueurs et égoutiers bloquent actuellement la déchetterie Syctom-Tiru à Ivry-sur-Seine, le plus gros incinérateur de déchets en Europe. Les éboueurs réclament la reconnaissance de la pénibilité de leur travail, et l’abaissement de leur temps de travail
Environ 80 personnes sont aussi mobilisées au centre de tri de déchets d’Issy les Moulineaux. D’autres centres de tris sont bloqués à Morlaix et Dieppe. Jawad Mahjoubi, porte-parole de la fédération CGT des services publiques, se félicite de cette « forte mobilisation ».
Mobilisation dans le secteur électrique et gazier
La fédération Mines-Energie de la CGT appelle à trois mois de mobilisation pour défendre le secteur électrique et gazier.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-6">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse le conflit entre l’exécutif, qui se pose en « modernisateur courageux », et les syndicats de l’entreprise publique, qui dénoncent un démantèlement.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Grève à la SNCF : « Les Français seront les arbitres »

Dans sa chronique, Gérard Courtois, éditorialiste au « Monde », analyse le conflit entre l’exécutif, qui se pose en « modernisateur courageux », et les syndicats de l’entreprise publique, qui dénoncent un démantèlement.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 09h32
    |

            Gérard Courtois








                        



                                


                            

Chronique. La météorologie sociale est tout sauf une science exacte. Comme les prévisions climatiques, elle est fiable à l’échéance de quelques jours, mais beaucoup plus aléatoire à l’horizon de quelques semaines. On l’avait constaté à l’automne 2017. Les prévisionnistes annonçaient alors un avis de tempête à l’occasion de la réforme du droit du travail engagée par le gouvernement. Celui-ci avait finalement essuyé quelques grains sans gravité, mais aucun des orages désirés par la gauche syndicale ou politique.
Six mois plus tard, la dépression provoquée par le projet de réforme de la SNCF semble beaucoup plus menaçante. En effet, chacun prévoit que les deux premiers jours de la grève engagée par les syndicats du transport ferroviaire, mardi 3 et mercredi 4 avril, mobiliseront massivement les salariés de l’entreprise publique, cheminots en tête. Ce ne sera que la première bourrasque, le mouvement étant programmé pour durer trois mois, à raison de deux jours d’arrêt de travail tous les cinq jours.
Une détermination à toute épreuve
C’est donc une longue bataille qui s’engage, chacun des protagonistes affichant, à ce stade, une détermination à toute épreuve. Parmi toutes les réformes qu’il a mises en chantier, il est manifeste que le gouvernement a décidé de faire de celle de la SNCF la pierre de touche de sa capacité à transformer en profondeur le pays, sans craindre d’affronter tabous et bastions syndicaux.
Martelé depuis des semaines, son argumentaire est connu. Très lourdement endettée, confrontée à la nécessité de rénover ses infrastructures vieillissantes, offrant à ses usagers un service dégradé pour un prix de transport trop élevé, handicapée par le statut social d’un autre âge de ses employés, la SNCF ne résisterait pas à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire, prévue dans moins de deux ans.

A ses yeux, une réforme s’impose donc d’urgence pour lui permettre de relever ce défi. Elle passe...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-7">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Contre la réforme de l’accès aux études supérieures, Paris VIII, Nantes, Nice et Tours font désormais partie de la petite dizaine d’universités (sur soixante-dix) touchées par un blocus.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                

Blocages dans neuf universités à l’occasion de la grève à la SNCF

Contre la réforme de l’accès aux études supérieures, Paris VIII, Nantes, Nice et Tours font désormais partie de la petite dizaine d’universités (sur soixante-dix) touchées par un blocus.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h29
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h53
   





                        



   


Alors que la Faculté de droit de Montpellier rouvrait ses portes mardi 3 avril, les étudiants d’une petite dizaine d’universités étaient fortement mobilisés à l’occasion de la journée de grève à la SNCF, pour demander le retrait de la loi « orientation et réussite des étudiants » (ORE), qui réforme l’accès à l’enseignement supérieur. L’appel a été lancé notamment par les syndicats étudiants UNEF et Solidaires Etudiant-e-s, les syndicats lycéens UNL et SGL, ainsi que par une Coordination nationale des luttes qui a réuni des représentants étudiants de plusieurs universités durant le week-end du 31 mars à Bordeaux.

        Lire aussi :
         

                « Les violences à la faculté de droit de Montpellier ont pu catalyser la mobilisation étudiante »



Dans la foulée d’une semaine qui avait vu le mouvement se durcir, après l’évacuation d’étudiants à Montpellier par des hommes cagoulés et armés, de nouveaux blocus ont débuté et d’autres ont été maintenus mardi, sans toutefois que le nombre d’universités ainsi perturbées augmente véritablement : une dizaine, sur un total de soixante-dix. A Nantes, qui avait déjà connu des perturbations la semaine dernière, les étudiants, venus plus nombreux à l’assemblée générale, ont voté en faveur d’un blocus « illimité », jusqu’au retrait de la réforme, par 800 voix pour et 500 contre, selon Ouest-France. Le site de Saint-Denis de l’université Paris VIII était de son côté « complètement bloqué », pour « la première fois » depuis le début du mouvement, rapporte sa présidence à l’AFP. Une assemblée générale organisée dans la matinée a décidé de prolonger ce blocage jusqu’à jeudi. A Tours, une assemblée générale s’est prononcée en faveur d’un blocus de trois jours, reconductible.
Sur le campus de Paris-I à Tolbiac, 1 500 personnes, d’après les organisateurs, ont voté la poursuite du blocage débuté le 26 mars, de façon « illimitée » jusqu’au retrait de la loi ORE, avant de partir rejoindre la manifestation des cheminots à 14 heures, au départ de la gare de l’Est. « Le blocage crée des tensions chez les étudiants, mais on voit que c’est une réussite, c’est jusqu’ici le meilleur moyen de se faire médiatiser », explique ainsi Ambre, une étudiante.

#AGTolbiac A l’assemblée générale à Tolbiac, des centaines d’étudiants installés dans l’amphi - Emma « Il y a pas l… https://t.co/ovi0Q48Or8— C_Stromboni (@CS)


require(["twitter/widgets"]);

Lire aussi les autres tweets de notre journaliste Camille Stromboni, depuis l’assemblée générale des étudiants à Tolbiac puis dans la manifestation à Paris.
A Limoges, un blocage a débuté à la faculté de lettres, avant une assemblée générale (AG). A Toulouse-Jean-Jaurès, la poursuite du blocus engagé depuis plus de trois semaines a été votée (693 pour, 267 contre), avant que des étudiants rejoignent le cortège des cheminots. A l’université de Nice-Sophia-Antipolis, que présidait Frédérique Vidal avant de devenir ministre de l’enseignement supérieur, l’occupation du campus de Valrose, votée vendredi, a débuté mardi matin.

#Blocage de #Valrose (fac de sciences) à Nice, ancien campus de la ministre Mme Vidal. #université #Lutte https://t.co/FMh2S9jbu0— injey06 (@Injey Robert)


require(["twitter/widgets"]);

Plusieurs centaines d’étudiants ont par ailleurs rejoint les manifestations de cheminots à Lyon, Lille, Strasbourg, Bordeaux, où le site de la Victoire est bloqué depuis le 15 mars.
Dans la matinée également a rouvert la faculté de droit de Montpellier, fermée le 23 mars après qu’une dizaine d’hommes encagoulés ont violemment expulsé d’un amphithéâtre de droit des étudiants hostiles à la loi Vidal. Le doyen de la faculté, Philippe Pétel, qui avait démissionné après les violences, ainsi qu’un professeur d’histoire du droit, ont depuis été suspendus de leurs fonctions et mis en examen – pour complicité d’intrusion, et, concernant le professeur, pour violences aggravées seulement.
A l’entrée de la faculté de droit mardi, des vigiles demandaient de présenter la carte d’étudiant, sous surveillance policière, tandis que des étudiants opposés à la réouverture réclamaient que justice soit faite. « On veut aller en cours, mais on veut y aller en sécurité et là les conditions ne sont pas réunies », confie ainsi Louise à l’AFP. La jeune étudiante en science politique souligne que « les attaques entre membres de la faculté sur les réseaux sociaux sont très violentes » et que « le climat est loin d’être apaisé ». Une nouvelle manifestation a eu lieu dans les rues de la ville.

        Lire notre reportage :
         

          Violences à l’université de Montpellier : « On a peur rien qu’à l’idée d’aller à notre propre fac »



En parallèle des blocages, des « universités ouvertes » émergent, comme à Montpellier-III-Paul-Valéry, dont les étudiants ont voté le « blocus illimité », et à Bordeaux, avec des « emplois du temps substitutifs » proposés aux étudiants. Comme l’explique au Midi Libre Claire Siegel, maître de conférence à l’université Montpellier-III-Paul-Valery, les cours « n’ont lieu que dans le cadre de l’occupation active de l’université, une réappropriation du campus par ses usagers, étudiants et enseignants mobilisés. Concrètement, on a mis en place des cycles, par exemple en arts plastiques, en philosophie ». A Bordeaux, des conférences quotidiennes sont prévues sur le campus de la Victoire, entre autres l’une d’elles sera consacrée aux différents « moyens de la lutte dans l’histoire », mercredi. 

        Lire aussi :
         

                Revendications, ampleur... où en est la mobilisation dans les universités ?



De nouvelles dates sont annoncées, notamment une « manifestation nationale » à Montpellier, le 14 avril, et une « mobilisation nationale unitaire » le 19 avril, selon un calendrier de la Coordination nationale des luttes.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-8">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Fanny Arav, qui représente le syndicat UNSA-Ferroviaire au conseil d’administration de SNCF Réseau, a répondu à vos questions sur le mouvement de grève lancé aujourd’hui contre le projet de réforme du gouvernement.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

Grève à la SNCF : « Contrairement à un mythe tenace, le statut de cheminot se réforme régulièrement »

Fanny Arav, qui représente le syndicat UNSA-Ferroviaire au conseil d’administration de SNCF Réseau, a répondu à vos questions sur le mouvement de grève lancé aujourd’hui contre le projet de réforme du gouvernement.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h28
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h55
   





                        



   



        Lire aussi :
         

                Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ?



FX : Pourquoi choisir encore la grève comme moyen de pression ? Pourquoi, par exemple, ne pas uniquement arrêter de contrôler, ce qui embêterait beaucoup plus la direction, alors que là, ce sont les usagers que vous prenez au piège ?
Fanny Arav : Laisser passer les personnes sans contrôle et sans payer est parfaitement illégal et passible de sanctions pour faute lourde pour les employés. Nous regrettons aussi que la France ne soit pas plus favorable à un vrai dialogue social sur le modèle de l’Allemagne, où les décisions sont plus collectives.
Tom GL : Le statut de cheminot est-il responsable de la dette du ferroviaire ?
Fanny Arav : Pas du tout. La dette ferroviaire résulte des investissements passés, principalement dans les LGV, les lignes à grande vitesse, et certains projets régionaux non rentables, et d’un déficit d’exploitation structurelle sur plusieurs dizaines d’années par manque de subventions publiques. C’est donc l’ex-RFF [Réseau ferré de France], maintenant SNCF Réseau, qui a porté ce financement par la dette.
Kate : Jusqu’à quand pensez-vous que l’unité syndicale actuelle – tout du moins en façade – tiendra-t-elle ?
Fanny Arav : Tant que nous n’aurons pas de réponse satisfaisante sur un vrai projet industriel et financier pour le ferroviaire et de vraies négociations, nous resterons unis dans nos revendications. Nous exprimons tous les mêmes craintes sur l’avenir du réseau, ou l’ouverture à la concurrence sur le réseau existant.
Rosy : Pour l’UNSA, quelles sont les concessions que pourrait faire le gouvernement qui vous feraient dire « on arrête la grève » ?
Fanny Arav : Un vrai plan de financement du réseau, la reprise de la dette par l’Etat, mais aussi des garanties sur le service public – tarifs et dessertes pour les voyageurs – et un modèle social s’inspirant de ce qui a été fait pour les IEG, les industries énergétiques et gazières : un quasi-statut, étendu à toutes les entreprises du secteur.
Vincent : Pourquoi une grève perlée et non complète ?
Fanny Arav : Ce n’est pas une grève perlée, qui est illégale, mais dix-huit mouvements de grève, qui correspondent chacun à un préavis propre. Ceci nous permet de nous inscrire dans la durée, mais en structurant la démarche, pour que cheminots, mais aussi voyageurs, puissent anticiper et prendre leurs dispositions. Cela correspond aussi au cycle de négociations et de consultations parlementaires sur la réforme et la loi d’orientation de la mobilité. L’idée est de fixer des points de rendez-vous. Comme quoi nous sommes ouverts à la négociation !
CB : L’ouverture à la concurrence n’est-elle pas inévitable en raison de l’appartenance de la France à l’UE ? Quelles sont les propositions des cheminots pour la moduler/éviter ?
Fanny Arav : La France a fait le choix d’une transcription complète du quatrième paquet ferroviaire de l’Union européenne. D’autres pays ont su trouver des modulations, comme l’Autriche, par exemple. Même l’Allemagne l’a fait, par des régulations techniques.
Notre réseau a une structure en étoile, qui connaît de gros problèmes de capacités dans certaines zones et de grandes différences de rentabilité. La mise en place de l’ouverture à la concurrence est donc économiquement et techniquement difficile. Elle nécessite une forte régulation par les pouvoirs publics, afin que les voyageurs, mais aussi les contribuables, s’y retrouvent.
Etienne : Vu que la concurrence est inévitable, que le statut de cheminot n’est pas remis en cause pour ceux qui en bénéficient (à mon grand regret), que la dette va être reprise, que les investissements vont continuer, que les « petites lignes » (qui pourraient pourtant avantageusement être remplacées par des bus) ne seront pas fermées… contre quoi faites-vous grève très exactement ?
Fanny Arav : Aujourd’hui, c’est plus une réforme institutionnelle qu’une vraie réforme des transports : économie, services, dimensionnement du réseau. Il n’y a rien sur la dette, rien de concret sur le financement des petites lignes, car leur financement est rebasculé sur les régions, qui n’en ont pas les moyens. La question du statut est un faux débat. J’attends celui qui me démontre précisément que le statut coûte plus cher car dérogatoire au code du travail. A ce jour, il n’y a pas encore de convention collective du secteur ; elle est en cours d’élaboration. C’est attaquer profondément l’identité d’une entreprise et le sens donné au travail de chacun pour le service public.
E.G. : Pourquoi changer le statut juridique de l’entreprise ?
Fanny Arav : Bonne question ! Nous nous la posons aussi. Il nous a été avancé que le passage en SA (société anonyme) à capitaux publics nous préserverait de demandes intempestives et irraisonnables de la puissance publique. Or, il existe déjà une règle d’or qu’il suffit de respecter et le statut de SA n’a pas empêché des requêtes inconsidérées auprès d’EDF et d’autres entreprises. Cela signifie surtout la fin progressive du service public et des missions de service public. Par ailleurs, il faudrait que l’Etat reprenne la dette, car sinon, la fin de la garantie implicite de l’Etat ferait exploser les taux d’intérêt financiers, absorbant tout effort de productivité.
Jean : Êtes-vous favorable à un alignement du régime des retraites à la SNCF sur celui du privé ?
Fanny Arav : Contrairement à un mythe tenace, le statut se réforme régulièrement. En 2008, une réforme des retraites a aligné le régime spécial des cheminots sur le régime général, soit 42 ans de cotisations pour une pension complète. Certains ont des droits à un départ à la retraite ouvert plus tôt compte tenu de la pénibilité de leur travail, mais au prorata de leur durée de cotisation, et donc avec une pension incomplète.
Par ailleurs, l’assiette de cotisations est beaucoup plus restreinte que dans le privé. Ainsi, les compensations pour le travail de nuit, les jours fériés, etc., sont versées sous forme de primes, donc non prises en compte dans le calcul de la pension.
Dan : Comment expliquez-vous qu’il ait été possible de réformer le statut des cheminots en Allemagne et en Italie, et que ce ne soit pas possible en France ?
Fanny Arav : L’Allemagne a effectué une réforme globale à la suite de la réunification de 1990 : intégration des deux réseaux, investissements très élevés pour la remise à niveau, reprise de la dette – qui était de 35 milliards et qui est aujourd’hui de 20 milliards –, avec l’établissement d’une caisse de compensation qui prend également en compte les différences salariales entre les cheminots issus de secteurs différents et une convention collective de bon niveau. Il y a donc une vraie vision globale qui a intégré l’ensemble des parties prenantes, régions, usagers, salariés, contribuables, et avec un financement adapté, favorable au transport modal, de la route sur le ferroviaire.
En Italie, la baisse de 40 % au niveau des tarifs est directement liée à celle de 40 % des redevances d’infrastructures. On a donc juste transféré la charge des voyageurs aux contribuables.
Melchior : Combien de temps les usagers vont-ils supporter cette grève extrêmement dure pour eux, à votre avis ?
Fanny Arav : Nous savons que cette grève est pénalisante pour les voyageurs, et nous sommes conscients de nos responsabilités. C’est parce que, depuis des années, cheminots et voyageurs demandent une vraie politique d’investissement dans le train du quotidien afin de limiter les pannes, notamment d’infrastructures mais aussi de matériel, qui nous pénalisent tous, que nous sommes aujourd’hui exaspérés par l’inadéquation de la réforme par rapport aux vrais enjeux. Nous avons tous envie et besoin d’un réseau qui fonctionne.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
Retrouvez les publications du Monde.fr concernant le « projet de loi pour un nouveau pacte ferroviaire » présenté par le gouvernement, et ses conséquences :
La synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsle contenu du projet de loi sur la réforme de la SNCFles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?les détails du calendrier des perturbationsen données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle récit : comment s’est déroulée l’harmonisation des statuts à Orange comme à La Postele panorama (en édition abonnés) : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaire





                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-9">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Blablacar, covoiturage du quotidien, cars Macron… Cette nouvelle forme de concurrence du rail pourrait changer la donne de la grève des cheminots.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Les transports alternatifs, grands gagnants de la grève à la SNCF

Blablacar, covoiturage du quotidien, cars Macron… Cette nouvelle forme de concurrence du rail pourrait changer la donne de la grève des cheminots.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h16
    |

                            Éric Béziat








                        



   


France, novembre 1995. Un pays bloqué par la grande grève des transports. Des embouteillages monstres autour des villes. Des milliers de personnes privées de déplacements… Le scénario de la thrombose pourrait-il se répéter cette année, à compter des 3 et 4 avril, coup d’envoi d’une grève majeure de la SNCF destinée à lutter contre la réforme ferroviaire lancée fin février par le gouvernement ?
Peut-être. Mais 2018 n’est pas 1995. Entre-temps, la révolution des plates-formes numériques et des « applis » a bouleversé le monde des transports. Blablacar, covoiturage du quotidien, cars Macron, économie du partage… Une forme de concurrence au rail – passant à la fois par la route et par le smartphone – existe déjà. Et elle pourrait changer la donne de la grève des cheminots.
Le président de la SNCF, Guillaume Pepy en a d’ailleurs pris la mesure depuis longtemps. Et en a fait la promotion dès le lancement du mouvement. L’entreprise ferroviaire a ainsi créé ces dernières années de nombreuses filiales spécialisées : Ouibus pour le car longue distance, IDVroom pour le covoiturage, Ouicar pour la location de véhicules entre particuliers. « La solution alternative, maintenant, c’est le covoiturage », a-t-il lancé fin mars sur France Inter. La SNCF a d’ailleurs rendu gratuit son service IDVroom pour les passagers pendant la durée des grèves.

        Lire aussi :
         

                Grève à la SNCF : le gouvernement et les cheminots engagent la bataille de l’opinion



« Deux fois plus de réservations »
Reste que le grand atout du train, c’est sa capacité à transporter en masse des personnes. Près de 5 millions de voyageurs se déplacent chaque jour avec la SNCF, dont 80 % pour des trajets quotidiens en Ile-de-France. A côté, les autres modes font figure de nains. Sur toute l’année 2017, sept millions de passagers ont emprunté les autocars longue distance dits « cars Macron » en France.
L’enjeu est donc de taille pour ces nouveaux acteurs, en particulier pour les pionniers du covoiturage domicile-travail qui ne s’est par réellement imposé pour le moment. « Cela permet de faire connaître le service », se réjouit Julien Honnart, président et fondateur de Klaxit. Le 3 avril, par rapport à un mardi classique, on va faire deux fois plus de réservations. » Sa start-up fait partie des huit plates-formes mises en avant par Ile-de-France Mobilités sur son site Internet vianavigo.com. Outre Klaxit et IDVroom, on y retrouve Blablalines, Clem’, Covoit’ici, Karos, OuiHop et Roulez Malin.
A l’instar de M. Pepy, Valérie Pécresse, présidente d’Ile-de-France Mobilités et patronne de la région, a mis en avant la gratuité du covoiturage en Ile-de-France pendant les grèves. Consciente des risques de paralysie économique si la grève dure, Mme Pécresse a lancé un appel aux conducteurs. « Tous ceux qui prennent leur voiture les jours de grève, s’il vous plaît, solidarité civique, inscrivez-vous sur des plates-formes (…), prenez des passagers avec vous », a-t-elle demandé.

        Lire aussi :
         

                Grève à la SNCF : mais où est passé le service minimum ?



Isilines a vu ses réservations « tripler par rapport à la normale »
Dernière initiative, soutenue par la Ville de Paris, Waze, Facebook et la SNCF : le lancement fin mars d’Autostop-Citoyen. Il s’agit du toilettage du bon vieil autostop non rémunéré à l’âge des réseaux sociaux. Pas besoin d’appli dans ce cas. Il suffit d’imprimer un macaron depuis le site Internet autostop-citoyen.fr ou par sa page Facebook, puis de le mettre bien en vue sur son pare-brise pour signaler qu’on est prêt à prendre des auto-stoppeurs.
Même branle-bas de combat du côté des longs trajets. Blablacar, le leadeur du covoiturage longue distance, qui a ajouté un petit logo rouge « grève » sur la page d’accueil de son site Internet, annonçait, lundi, que son niveau de réservations en avril avait doublé par rapport à un mois normal.
Et les cars Macron ne sont pas en reste. Isilines, filiale du groupe Transdev, a vu ses réservations « tripler par rapport à la normale, sur l’ensemble des lignes, tant pour les courtes distances que pour les Paris-Lyon ou Paris-Marseille », selon son directeur général, Hugo Roncal.
Effets du « yield management »
« Le niveau de réservations pour le 3 avril est en hausse de 80 % par rapport à un mardi classique, se félicite Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France, leadeur du secteur avec Ouibus. Le mois d’avril s’annonce très fort, d’autant que s’ajoutent les vacances scolaires au phénomène des grèves. Nous avons davantage de réservations [environ + 30 %] et beaucoup plus à l’avance que d’habitude. » 
Les lignes d’autocars similaires à celles des TGV sont les plus touchées par le phénomène. Cas exceptionnel : tous les FlixBus Paris-Lyon pour le mardi 3 avril étaient pleins le lundi soir. Pour faire face à cet afflux inédit, la société a décidé de mettre 300 cars en circulation le premier jour de la grève, soit 50 de plus qu’en temps ordinaire.
Du coup, les passagers risquent d’expérimenter dans les cars Macron ce qu’ils reprochent souvent à la SNCF : les effets du « yield management », cette méthode consistant à moduler le prix selon le taux et la vitesse de remplissage. On pouvait ainsi trouver dernièrement, pour le lundi 9 avril, autre jour programmé de grève, des allers Lyon-Paris en autocar à plus de 70 euros, soit le prix d’un billet TGV pour un trajet de plus de six heures.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-10">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq pendant trois mois, d’avril à juin. Le point sur les dates concernées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Grève à la SNCF : le calendrier des perturbations

Les cheminots ont annoncé une grève deux jours sur cinq pendant trois mois, d’avril à juin. Le point sur les dates concernées.



Le Monde
 |    16.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 10h15
   





                        


Les 4,5 millions de Français qui prennent le train chaque jour doivent s’y préparer. L’intersyndicale des cheminots, opposée à la réforme de la SNCF, a opté jeudi 15 mars pour un mouvement dur, une grève au rythme de « deux jours sur cinq » pendant trois mois à partir d’avril. Le premier préavis de grève déposé court précisément du 2 avril à 19 heures au 5 avril à 8 heures.
Voici le point sur les perturbations à venir :

   


Après la mobilisation du 22 mars, qui avait réuni 35,4 % de grévistes à la SNCF, les cheminots prévoient une grève de longue haleine selon un mode « innovant », à raison de deux jours sur cinq. La mobilisation doit courir du 3 avril au 28 juin, ce qui inclut les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève voulue par la CGT, l’UNSA et la CFDT s’étalera sur trente-six jours.

De son côté, SUD-Rail a précisé qu’il souhaitait que les salariés grévistes décident eux-mêmes en assemblée générale, le 4 avril, s’ils veulent une grève reconductible tous les jours ou « s’ils s’inscrivent dans ce calendrier ». Le syndicat « posera un préavis de grève reconductible pour permettre aux salariés de décider », a dit son porte-parole, Erik Meyer.

        Lire aussi :
         

                Réforme de la SNCF : l’Etat veut réduire les prérogatives du « gendarme » du rail






                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-11">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ L’ex-numéro un européen du poulet devrait être placé en liquidation, mercredi, par le tribunal de commerce de Rennes. La « solidarité vendéenne » se met en place pour les 376 salariés et 75 éleveurs menacés.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

La Vendée s’organise pour « éviter la casse » après la fermeture annoncée des sites de Doux

L’ex-numéro un européen du poulet devrait être placé en liquidation, mercredi, par le tribunal de commerce de Rennes. La « solidarité vendéenne » se met en place pour les 376 salariés et 75 éleveurs menacés.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h40
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 16h55
    |

            Charlotte Chabas (envoyée spéciale à Chantonnay, Vendée)








                        



   


Entre deux averses, Marie Lebeau, 78 ans, s’est rendue à l’église, malgré sa sciatique qui la fait plus souffrir les jours d’humidité. Elle « y tenait », à déposer un cierge pour ses voisins, dont le père travaille depuis dix-huit ans à l’abattoir Doux de Chantonnay (Vendée). « Des gens bien, simples, honnêtes », résume l’agricultrice à la retraite, qui espérait encore « un miracle de la semaine pascale » pour sauver les 291 emplois du site, dont 122 intérimaires. En vain.
Les deux offres de reprise du volailler breton, celle du groupe ukrainien MHP et celle de dernière minute du français LDC, s’accordent sur ce point : il n’y a pas d’avenir pour l’abattoir vendéen. Pas plus que dans le couvoir voisin de Ballis, à L’Oie, qui compte 85 salariés. L’ancien numéro un européen du poulet devrait être placé en liquidation, mercredi 4 avril, par le tribunal de commerce de Rennes.

        Lire :
         

          Le propriétaire des poulets Loué favori pour la reprise de Doux



« Sentiment de gâchis »
Depuis plusieurs semaines déjà, le site vendéen, où sont abattus et congelés chaque jour 200 000 poulets destinés à être exportés au Moyen-Orient, bruissait de cette fermeture annoncée. Si le ballet des transporteurs venus décharger les caisses de volailles vivantes se poursuit devant l’usine, « à l’intérieur, le cœur n’y est plus », résume un des rares salariés qui prennent le temps de s’épancher à la sortie de l’équipe matinale. A côté, un petit groupe de Roumains, arrivés l’an passé en intérim sur le site, acquiesce. « C’est fini », ose l’un d’entre eux dans un français hésitant.
« Ici, il y avait du savoir-faire (…), un vrai esprit de famille »
« On a un sentiment de gâchis », résume Pierre Thiébaut, 29 ans, intérimaire depuis septembre à l’accrochage des poulets. « Ici, il y avait du savoir-faire, des gens qui aiment leur métier, un vrai esprit de famille », dit le jeune homme, originaire de Bordeaux. Il en sait quelque chose, lui qui a accumulé les contrats et les boîtes ces dernières années. De l’abattoir Charal de la Châtaigneraie, à 30 kilomètres de là, il était parti avec fracas parce que « les conditions de travail étaient inhumaines, sans horaires fixes ».
Malgré les polémiques, et notamment une vidéo diffusée en 2017 par les militants de l’association écologiste L214 dénonçant les conditions d’élevage des poulets Doux en Vendée, « il y avait ici un grand respect ». C’est d’autant plus difficile de « se sentir la dernière roue du carrosse », dit-il, alors que Chantonnay est le seul abattoir condamné. Lui a décidé : il restera jusqu’au bout, bien que beaucoup d’intérimaires commencent déjà à chercher de nouvelles missions, promettant d’ultimes semaines de fonctionnement en sous-effectifs pour les salariés du site, qui devraient tous être reclassés.
« Solidarité vendéenne »
« On a la chance d’être dans une région où il y a du travail », se rassure le maire de Chantonnay, M. Villette. « Bien sûr, que c’est un coup dur pour la ville, mais la solidarité vendéenne fonctionne déjà à plein pour éviter la casse », affirme le premier magistrat de cette commune de 8 687 habitants. La coopérative Terrena, actuel propriétaire de Doux, a fait appel au cabinet de ressources humaines Altedia. Une cellule d’écoute fonctionne depuis le 19 mars.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Doux, Tilly-Sabco : le poulet français de nouveau en pleine crise



« Dans le bocage, on se connaît tous et on se débrouille entre nous », confirme la députée de la 4e circonscription de la Vendée, Martine Leguille-Balloy. Ancienne avocate dans l’industrie agroalimentaire, la nouvelle élue La République en marche rappelle que « plusieurs fleurons régionaux ont dit qu’ils seraient là pour reprendre les salariés ». Parmi eux, La Boulangère, aux Herbiers, Maître Coq, à Saint-Fulgent, ou encore Ernest Soulard, à L’Oie. Tous dans un périmètre d’une trentaine de kilomètres, ce qui « devrait permettre aux salariés de ne pas trop subir », dit la députée.
« Personne ne sera laissé au bord de la route »
Dans l’usine, la semaine passée, le directeur l’a d’ailleurs répété au « Coq info », la pause quotidienne de 7 h 30 où sont listés les objectifs de la journée. « Quoi qu’il arrive, personne ne sera laissé au bord de la route », a-t-il promis. « Ici, c’est simple : tant qu’on est prêt à se remonter les manches, il y aura du travail pour vous », résume le maire, Gérard Villette.
Le « traumatisme » de 2012
L’avenir semble pourtant plus difficile pour ceux dont le sort est lié à l’avenir de la seule filière avicole dans la région. Soixante-quinze éleveurs travaillaient exclusivement pour Doux, dans un système intégré qui leur fournissait poussins et nourriture.
« Le pire scénario, c’est d’avoir les poulaillers vides, et de voir les charges s’accumuler », confirme un éleveur voisin de l’usine, qui préfère taire son nom pour « éviter de se porter la poisse ». C’est qu’il est « encore traumatisé » par le dernier redressement judiciaire de Doux (et la liquidation de son pôle frais), qui date de 2012. A l’époque, le tribunal avait validé un plan de créances sur dix ans pour rembourser les impayés des éleveurs. « On me doit encore 18 000 euros, je peux pas faire sans », dit-il, lui qui a dû faire des investissements pour adapter ses bâtiments aux nouvelles demandes de Doux. « On va crever ici, si rien n’est fait », lance-t-il, amer.
« [En 2012], la continuité s’était faite sur le dos des éleveurs »
« Hors de question que le scénario de 2012 se reproduise », prévient avec véhémence Joël Limouzin, président de la chambre d’agriculture de Vendée. « La continuité de Doux s’était faite sur le dos des éleveurs », rappelle l’ancien administrateur à la FNSEA. « Sur le pied de guerre », il négocie depuis plusieurs semaines avec tous les acteurs locaux « une enveloppe spécifique pour accompagner les éleveurs », alors que Terrena, qui se réorienterait vers la filière frais en s’associant avec le groupe français LDC, a déjà évoqué des besoins en poulets, dindes et canards. « Cela veut dire de nouveaux investissements pour les éleveurs qui devront adapter leurs bâtiments », prévient Joël Limouzin.
« Ce serait le renard dans le poulailler »
Prise en charge du vide sanitaire, remboursement des prêts, négociations avec les banques : « il faudra rentrer dans le détail et le concret des situations individuelles », reconnaît la députée Martine Leguille-Balloy, qui veut « faire le maximum pour qu’il n’y ait pas d’arrêt de la production ».

        Lire (en édition abonnés) :
         

          Les éleveurs lassés de la guerre des prix



Vigilant, Jean-Paul Bénaiteau, président de l’association des producteurs Doux de Chantonnay, sera là pour « veiller au grain ». « Quand votre exploitation, c’est toute votre vie, vous ne vous contentez pas de belles promesses », dit-il au sortir d’une réunion avec les représentants de la région Pays de la Loire. « Il ne faut pas que les éleveurs se retrouvent isolés, à devoir négocier des contrats tirés à la baisse parce qu’ils ont la corde au cou », prévient-il.
Difficile pourtant d’anticiper avant le jugement du tribunal rennais, mercredi. Si Jean-Paul Bénaiteau se félicite de l’offre de reprise française du groupe LDC, il craint toujours que l’arbitrage se fasse en faveur de l’ukrainien MHP, dont l’offre de reprise ne concerne dans l’immédiat que 285 des 1 172 emplois en CDI. Ce serait aussi « un scénario catastrophe pour les éleveurs », prévient le président de l’association des producteurs Doux, craignant que « dans deux ans, toute la production soit rapatriée en Ukraine ». Et de résumer : « Ce serait laisser le renard entrer dans le poulailler. » 

        Lire (en édition abonnés) :
         

          L’Ukrainien MHP en lice pour la reprise du volailler breton Doux




Doux en quelques chiffres
1 172
C’est le nombre de salariés travaillant chez Doux en contrat à durée indéterminée, à fin février, dont 922 en Bretagne et 250 en Vendée. La société employait également à cette date 67 personnes en CDD, et plusieurs centaines d’intérimaires.
424
Tel est le nombre d’éleveurs travaillant avec Doux. Sur ce total, 247 sont en contrat uniquement avec l’entreprise bretonne.
8
C’est le nombre actuel de sites du groupe. A Châteaulin se trouvent à la fois le siège et l’usine la plus importante. Les autres usines se trouvent à Quimper, Plouray, Bannalec, Chantonnay, et Essarts en Bocage. L’entreprise dispose aussi d’un couvoir et de fermes d’élevage à La Harmoye et L’Oie.
3
Tel est le nombre d’actionnaires actuels de Doux. La société est contrôlée par la coopérative agricole française Terrena, qui détient indirectement 57 % du capital. Les autres associés sont le groupe français Sofiprotéol (8 %) et le saoudien Al Munajem (35 %).





                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-12">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Editorial. La manifestation de Palestiniens dans la bande de Gaza, le 30 mars, a été durement réprimée : dix-huit morts et plus de mille blessés. Alors même que la grande majorité des manifestants ne représentaient pas de menace sérieuse pour Tsahal.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Les méthodes disproportionnées d’Israël à Gaza

Editorial. La manifestation de Palestiniens dans la bande de Gaza, le 30 mars, a été durement réprimée : dix-huit morts et plus de mille blessés. Alors même que la grande majorité des manifestants ne représentaient pas de menace sérieuse pour Tsahal.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h48
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h02
   





                        


Editorial du « Monde ». « Usage disproportionné de la force. » Cette formule est devenue un classique quant au comportement de l’armée israélienne, qu’il s’agisse d’opérations de guerre à Gaza ou de la gestion de l’occupation au quotidien, en Cisjordanie. Le bilan sanglant de la journée du 30 mars le long de la frontière de la bande de Gaza – 18 morts, près de 1 400 blessés, dont des centaines par des balles réelles – a placé une nouvelle fois Israël sur la défensive.

        Lire aussi :
         

                Dix-huit Palestiniens tués vendredi par l’armée israélienne : autopsie d’une répression meurtrière à Gaza



Dans une communication souvent très éloignée de la réalité constatée sur le terrain, l’armée a essayé de justifier son comportement face à des dizaines de milliers de Palestiniens venus protester dans le cadre de la « grande marche du retour », qui devrait durer six semaines. Mais elle ne convainc guère.
Les manifestants n’ont pas essayé de franchir la clôture frontalière. Dans leur écrasante majorité, ils étaient venus avec des intentions pacifiques. Quelques centaines de jeunes se sont approchés de façon téméraire de la clôture et ont jeté des pierres, brûlé des pneus. Rien qui puisse justifier le feu en retour, et les morts. Seuls deux Palestiniens armés ont été signalés par l’armée israélienne elle-même.
Refusant d’envisager que ces règles d’engagement israéliennes soient condamnables d’un point de vue éthique, l’envoyé spécial de Donald Trump au Proche-Orient, l’avocat Jason Greenblatt, a qualifié la marche d’« hostile ». Comme si les Palestiniens n’étaient pas autorisés à se retourner contre l’occupant israélien. Cette lecture biaisée des événements a confirmé les Etats-Unis comme avocat ardent d’Israël, et Washington a bloqué une déclaration du Conseil de sécurité de l’ONU réclamant une enquête.
Plus largement, l’administration Trump n’emploie jamais le terme de « droits » ni celui d’« Etat » pour les Palestiniens. Elle ne condamne pas la colonisation, contrairement à toutes les administrations précédentes, républicaines ou démocrates. Elle a prétendu « retirer de la table » la question de Jérusalem, en reconnaissant la ville début décembre 2017 comme capitale d’Israël.
Etrange schizophrénie
Cette décision a été un électrochoc pour les Palestiniens, au-delà du président Mahmoud Abbas. Elle a confirmé l’idée que les négociations de paix classiques, mises en œuvre depuis vingt-cinq ans, ne produisaient aucun résultat. La « grande marche » est une tentative de renouer avec une forme d’opposition à Israël, populaire et pacifique, que le logiciel militaro-sécuritaire a du mal à gérer. Mais personne ne peut prédire les étapes futures de cette mobilisation, si de nouveaux Palestiniens tombent en grand nombre.

        Lire aussi :
         

                Dans la bande de Gaza, la marche du désespoir des Palestiniens



L’Etat hébreu s’accommode depuis longtemps d’une étrange schizophrénie au sujet de Gaza. D’un côté, ses plus hauts gradés n’ont cessé d’alerter sur la dégradation humanitaire dans le territoire palestinien, insalubre, économiquement sinistré, étouffé par le double blocus israélien et égyptien. De l’autre, la droite israélienne refuse d’alléger ce blocus, maintenant par exemple une longue liste de produits interdits ou limités, parce qu’ils pourraient servir à des fins militaires pour le Hamas. La punition infligée à une population de deux millions de personnes est tacitement justifiée par une idée : elle ne s’est pas débarrassée du joug du mouvement islamiste. Mais il est vain et absurde d’imaginer qu’une répression sanglante et une vie carcérale produiront des résultats positifs pour la sécurité d’Israël. Sans même parler de dignité humaine.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-13">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Exigeant mais apprécié des joueurs, Antonio Pintus, préparateur physique du Real, a entraîné « Zizou » à la Juve. Les deux hommes retournent à Turin pour un quart de finale de Ligue des champions, mardi 3 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

De la Juventus au Real Madrid, l’histoire d’amour continue entre Zidane et Antonio Pintus

Apprécié des joueurs, Antonio Pintus, préparateur physique du Real, a entraîné « Zizou » à la Juve. Les deux hommes retournent à Turin pour un quart de finale de Ligue des champions, mardi 3 avril.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h09
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 18h54
    |

            Clément Guillou








                        



   


Des crânes chauves du Real Madrid, il est le moins célèbre, celui qui n’a pas marqué deux buts en finale de la Coupe du monde 1998 ni envoyé Marco Materrazzi au sol huit ans plus tard. Mais Antonio Pintus a toute sa place dans les succès du Real de Zinédine Zidane, qui poursuit sa marche vers une troisième Ligue des champions d’affilée en défiant, mardi 3 avril, la Juventus Turin en quart de finale aller.
Comme l’entraîneur français, Pintus revient dans la ville qui l’a consacré comme l’un des grands de sa profession, celle de préparateur physique d’une équipe de football. De 1996 à 1998, Antonio Pintus a fait suer Zinédine Zidane (pas réputé pour sa capacité à répéter les efforts lorsqu’il évoluait à Bordeaux), sang et eau sous le maillot bianconero. Zidane s’installait au sommet du football européen. Pintus était chez lui – c’est à Settimo Torrinese, banlieue nord de Turin bordée par le Pô, qu’il a commencé à courir, puis à comprendre comment faire courir les autres, plus vite et plus longtemps.
Le CV du Turinois – mais supporteur des Sardes de Cagliari – raconte que l’on peut s’attacher à celui qui vous fait souffrir : après 1998, il a suivi ses anciens joueurs devenus techniciens, et la Juve de Marcello Lippi en a produit plusieurs. Gianluca Vialli, à Chelsea ; Didier Deschamps, à Monaco, la Juve et Marseille ; Zidane, enfin. Installé au Real en janvier 2016, « Zizou » a réclamé une chose à son président, Florentino Perez, l’été suivant : plus qu’un joueur, un nouveau préparateur physique. Son critère de recrutement évitait les longs entretiens d’embauche : il fallait que ce soit Antonio Pintus.

        Lire aussi :
         

                Ligue des champions : Zinédine Zidane, le grand frère du Real Madrid



« Le sergent de fer »
Le Real avait alors, à la hussarde, contacté ce petit Italien au crâne lisse qui venait de prendre en charge Lyon, retrouvant à l’occasion la ville de ses études. L’Olympique lyonnais s’était insurgé mais Pintus avait quitté Jean-Michel Aulas en moins d’un mois avec cet argument : le Real lui offrait un CDI, tandis qu’il n’était lié que par un contrat de trois ans avec l’OL.
Pintus, 55 ans, conserve les méthodes expérimentées dans ses jeunes années à la Juve, où il fit ses débuts, en 1991. Le « Sergent de fer », comme il est surnommé, goûte peu la « périodisation tactique » vantée par Pep Guardiola et José Mourinho, lesquels refusent selon ce dogme tout entraînement sans ballon. « C’est la technique qui fait la différence dans le football, mais à niveau technique égal, c’est le champion qui court le plus vite qui sera le meilleur footballeur », estime Pintus, arrivé au football après un court passage dans le judo et surtout dans l’athlétisme.
A la Juve, il avait sous ses ordres des joueurs qui couraient, et pour cause : les perquisitions de la justice italienne à la Juventus avaient révélé un stock de médicaments digne « d’un petit hôpital » et les carnets de suivi des joueurs révélaient des évolutions d’hématocrite stupéfiantes, synonymes de dopage sanguin selon les experts.
Pintus était à l’époque l’assistant de Giampiero Ventrone, dont le passage à l’AC Ajaccio, en 2013, fut bref et marqué par un afflux de pilules. Rien ne suggère, toutefois, qu’il était impliqué d’une manière ou d’une autre dans les pratiques du médecin-chef Riccardo Agricola.
« A la fois exigeant et en empathie »

   


Salué pour sa capacité à s’adapter aux groupes dont il dispose, Pintus est partisan de la « course continue » pour construire une base aérobique. A commencer par lui, qui ne se rend à l’entraînement qu’en footing. A Marseille, il courait ainsi plus d’un semi-marathon par jour. « Peut-être que les joueurs me prennent pour un fou mais j’aime ça, disait-il alors à 20 Minutes. C’est un petit message que je leur fais passer. J’ai 48 ans et je m’engage physiquement à fond dans ce que je fais. C’est bien qu’eux le fassent aussi. »
Pour lui, une saison réussie repose sur deux moments-clés : un travail physique intense l’été et une mini-préparation à la trêve hivernale, pour tenir jusqu’en mai.

        Lire aussi :
         

                Ligue des champions : Ronaldo et Zidane entrent (encore) dans l’histoire



C’est à ces deux moments de souffrance que les succès printaniers du Real, ces deux dernières saisons, sont attribués, ainsi qu’au turnover imposé par Zidane. Le diagnostic a été posé par les joueurs eux-mêmes. Les piliers du vestiaire madrilène, Cristiano Ronaldo en tête, constatent leur supériorité physique vis-à-vis de leurs adversaires, concrétisée par un important ratio de buts marqués dans les dix dernières minutes de jeu.
S’il traîne une réputation de Père fouettard, l’Italien est pourtant décrit comme un bourreau apprécié de ses victimes. « C’est le seul préparateur physique avec lequel faire du physique m’éclatait, expliquait l’ancien de Chelsea Franck Lebœuf sur RMC. C’est ce côté psychologique qu’il a. Tu vas te battre pour lui. (…) Tu as envie de te défoncer pour le mec. Il est totalement investi dans ce qu’il fait. » 
Fernando Morientes, en août 2017, faisait son dithyrambe dans les colonnes d’El Mundo :
« Je ne me suis jamais senti aussi fort que la saison que j’ai passée avec lui à Monaco. Il était à la fois exigeant et en empathie avec le joueur, il tenait ses promesses. On voit les résultats. Il sait communiquer. Il est une partie importante du succès de cet effectif inoubliable. »
La lune de miel entre l’Espagne et Fernando Pintus a connu de premiers soubresauts depuis le début de saison, au gré des défaites à répétition du Real Madrid, surtout survenues en deuxième période. Mais il est peu probable que Zidane se défausse un jour, comme les entraîneurs le font parfois, sur son préparateur physique. Le couple semble lié par autre chose qu’un maillot commun. C’est aussi le cas chez son adversaire du soir, où le duo Massimiliano Allegri (entraîneur) - Simone Folleti (préparateur physique), associé à la Juventus, travaille depuis 2004.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-14">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des professionnels de santé ont récemment dénoncé l’inefficacité des médecines non conventionnelles. Dans un entretien croisé, les médecins Bruno Falissard et Vincent Renard reviennent sur ce sujet explosif.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 01/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Les médecines alternatives doivent-elles être disqualifiées  ?

Des professionnels de santé ont récemment dénoncé l’inefficacité des médecines non conventionnelles. Dans un entretien croisé, les médecins Bruno Falissard et Vincent Renard reviennent sur ce sujet explosif.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 18h00
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 10h13
    |

            Pascale Santi et 
Sandrine Cabut








                        



                                


                            

Une nouvelle fois, les médecines dites alternatives ou complémentaires, et en particulier l’homéopathie, reviennent dans le débat public. A l’origine de cet épisode, un texte signé par 124 professionnels de santé, publié dans Le Figaro du 19 mars.
Jugeant ces pratiques inefficaces, dangereuses et coûteuses pour les finances publiques, les signataires demandent au conseil de l’ordre des médecins et aux pouvoirs publics de « ne plus autoriser à faire état de leur titre les médecins ou professionnels de santé qui continuent à les promouvoir ». Ils appellent aussi à ne plus rembourser les soins et médicaments de ces disciplines, et à ne plus reconnaître comme qualifications médicales les diplômes d’homéopathie, de mésothérapie ou d’acupuncture.
Retour sur un sujet explosif avec Vincent Renard, professeur de médecine générale et président du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), et Bruno Falissard, psychiatre et professeur de santé publique et de biostatistiques, qui a conduit plusieurs rapports d’expertise de soins non conventionnels.
Que vous inspire ce texte ?
Bruno Falissard : De la tristesse, parce qu’il y a de l’agressivité, du discrédit dans cette tribune même si elle est sociologiquement intéressante. D’autant que c’est un sujet compliqué sur lequel nous-mêmes scientifiques ne sommes pas à l’aise. La médecine est complexe, elle fait appel à la science, mais aussi à l’humain, et doit prendre en compte la souffrance, la mort…
Vincent Renard : Je suis partagé. En effet, les cliniciens, notamment en médecine générale, sont face à un paysage très complexifié avec la coexistence dans une même reconnaissance de professionnels qui ont des visions radicalement différentes. Il n’y a pas un jour où ça ne complexifie pas votre exercice quand vous ­essayez d’avoir une démarche rigoureuse. Les patients se tournent de plus en plus vers ces médecines...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-15">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Une enquête préliminaire visant un entraîneur phare du club de l’US Créteil a été ouverte pour « viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel » et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Athlétisme : le parquet ouvre une enquête sur Giscard Samba, un entraîneur accusé de viol par une sprinteuse

Une enquête préliminaire visant un entraîneur phare du club de l’US Créteil a été ouverte pour « viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel » et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h13
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 17h42
   





                        


Une enquête a été ouverte sur l’entraîneur d’athlétisme de renom Giscard Samba, accusé de viol par une de ses anciennes sprinteuses, a fait savoir le parquet de Créteil, mardi 3 avril.
Cette enquête préliminaire vise l’entraîneur phare du club de l’US Créteil, spécialiste des courses de haies. Elle a été ouverte pour « viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel » et confiée à la police judiciaire du Val-de-Marne, a précisé le parquet.
C’est une fonctionnaire de la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale qui a recueilli différents témoignages, puis qui a signalé l’affaire à la justice, le 19 mars, comme l’a révélé Le Monde dans une enquête publiée dimanche 1er avril. L’athlète qui accuse Giscard Samba avait, elle, déjà déposé plainte au commissariat de Créteil en 2017.

        Lire notre enquête :
         

          Violences sexuelles : la justice saisie des cas de deux entraîneurs d’athlétisme



Giscard Samba est un entraîneur de premier plan sur la scène française de l’athlétisme. Il a notamment conduit Dimitri Bascou à une médaille de bronze sur 110 m haies aux derniers JO, à Rio, en 2016 et s’est également occupé jusqu’en 2014 de Cindy Billaud et de Pascal Martinot-Lagarde, détenteurs des records de France du 100 m haies et du 110 m haies.
Il avait été nommé technicien de l’année en 2013 par la Fédération française d’athlétisme (FFA). Celle-ci a expliqué lundi avoir saisi « sans délai » sa commission de discipline, pour examiner son cas en mai.
De son côté, la direction du club de l’US Créteil dit qu’elle « tirera toutes les conséquences disciplinaires de cette affaire, si les faits s’avèrent exacts ».
L’athlétisme français est secoué depuis dimanche par une autre affaire de violences sexuelles. Un autre entraîneur, Pascal Machat, est visé selon Le Monde par une plainte pour agression sexuelle d’une spécialiste de demi-fond, plusieurs fois sélectionnée en équipe de France, Emma Oudiou. Son cas doit être examiné en avril par la commission de discipline de la FFA.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-16">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ Avec Bernard Plattner, l’Italien a conçu le nouveau Palais de justice de Paris, lumineux et proche de la banlieue. Celle-ci sera, dit-il, « le défi des prochaines années ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Renzo Piano : « L’architecte allume les consciences »

Avec Bernard Plattner, l’Italien a conçu le nouveau Palais de justice de Paris, lumineux et proche de la banlieue. Celle-ci sera, dit-il, « le défi des prochaines années ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h21
    |

            Isabelle Regnier et 
                                Frédéric Edelmann








                        



                                


                            

En 1977, l’architecte Renzo Piano, en partenariat avec Richard Rogers, faisait basculer le cœur de Paris dans l’ère de la modernité pop en greffant sur les vieilles pierres l’extravagance tubulaire du Centre Pompidou. Quarante ans plus tard, le voilà une nouvelle fois aux avant-postes des grandes mutations de la capitale.
Situé dans le nouveau quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement, en lisière du boulevard périphérique, le nouveau Palais de justice – dont il a, avec son associé Bernard Plattner, conçu les plans et supervisé le chantier pendant sept ans – s’apprête à accueillir près de 10 000 personnes chaque jour.
Pour évoquer ce grand projet, l’Italien, qui a récemment soufflé ses 80 bougies, nous a reçus dans les locaux de son agence RPBW, dans le Marais, où il est apparu alerte, élégant comme toujours, heureux comme un homme que l’existence a comblé.

Et il a lui-même lancé l’entretien : « Le temps passe avec une lenteur incroyable… Mais une fois qu’il est passé, tout est derrière vous. D’un coup. Paf ! Cela n’empêche pas qu’à l’agence, il se passe plein de choses. Quand j’arrive le matin, je ne sais pas de quoi je vais m’occuper. Mais ça commence. Et on ne me demande que des choses intéressantes. Impossible de dire non ! A partir d’un certain âge, on ne s’occupe plus que de choses intéressantes, n’est-ce pas ? »

Cela dépend des gens, sans doute…
Si on me demandait ce qu’on demande aux architectes aujourd’hui, je refuserais certainement…
Vous accepteriez de construire une prison, par exemple ?
Ah, je ne sais pas… Mais un hôpital… La fondation Stravros Niarchos, pour qui nous avons construit la bibliothèque d’Athènes, veut offrir trois hôpitaux à l’Etat grec. Elle s’est adressée à nous. Alors, tu te dis : « Mais non, j’ai 80 ans, je ne vais pas faire ça. » Et tu as honte, et tu te rends à Athènes. Tu ne fais pas trois hôpitaux...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-17">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Icône populaire de la lutte anti-apartheid, Winnie Mandela, deuxième épouse du premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela, est morte le 2 avril.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤         

Winnie Mandela, une icône de la lutte anti-apartheid



Le Monde.fr avec Reuters
              datetime="2018-04-03T15:57:55+02:00"

        Le 03.04.2018 à 15h57






Durée : 02:25 | 

Winnie Mandela a consacré sa vie à la lutte pour les droits des Noirs d’Afrique du Sud. Son existence n’a pas été un conte de fée, mais l’Afrique du Sud pleure aujourd’hui sa disparition. Cette égérie populaire a été la deuxième épouse de Nelson Mandela avant de divorcer en 1996. Cependant, la radicalité de son engagement fait d’elle une figure controversée. En 1976, elle appelle les lycéens de Soweto révoltés à « se battre jusqu’au bout ». Dans un discours critiqué, elle déclare que les Sud-Africains doivent se libérer avec des « boîtes d’allumettes » alors que les traîtres présumés à la cause anti-apartheid sont brûlés vifs, avec un pneu passé autour du cou. Des propos considérés comme un véritable appel au meurtre. La vie de Winnie Mandela aura été à l’image de l’histoire de l’Afrique du Sud, complexe et tourmentée.


                

                     Que vont devenir les 38 000 migrants africains en Israël ?

                

                     Burkina Faso : François Compaoré devant la justice française

                

                     En Sierra Leone, le rappeur qui défie les politiciens


<article-nb="2018/04/03/19-18">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes ayant fui le groupe terroriste peinent, faute de papiers, à faire reconnaître leur nationalité.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤         

Reportage

Au Cameroun, des déplacés de la guerre contre Boko Haram craignent de devenir apatrides

Dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes ayant fui le groupe terroriste peinent, faute de papiers, à faire reconnaître leur nationalité.

Par                                            Josiane Kouagheu (Zamaï, envoyée spéciale)




LE MONDE
              datetime="2018-04-03T15:55:29+02:00"

        Le 03.04.2018 à 15h55

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-04-03T16:34:35+02:00"

        Mis à jour le 03.04.2018 à 16h34






    
Fadimata Djibril, 60 ans, dans le camp de déplacés de Zamaï, au Cameroun, le 25 janvier 2018.
Crédits : Sylvain Cherkaoui/Cosmos


Modou a toujours espéré que ses six enfants « fassent de grandes études et deviennent des gens importants ». Mais il y a trois ans, le rêve de cette agricultrice camerounaise de 28 ans s’est brisé. « Des membres de Boko Haram sont venus une nuit à Chérif-Moussary, mon village. Ils ont brûlé des maisons, tué des personnes et volé nos chèvres et nos bœufs. J’ai fui avec ma famille », raconte-t-elle. Modou est partie sans rien prendre, pas même sa carte d’identité et les actes de naissance de ses enfants.
Aujourd’hui sans documents prouvant sa nationalité, la jeune femme se sent invisible : « Je ne suis personne », dit-elle. Comme elle, dans la région de l’Extrême-Nord, de nombreuses personnes, parmi les 100 000 déplacés ayant fui les attaques des djihadistes, sont menacées de se retrouver en situation d’apatridie. C’est notamment le cas pour la moitié des quelque 400 déplacés qui vivent dans le camp de Zamaï. Sans carte identité ni acte de naissance, ils ne peuvent revendiquer leur nationalité camerounaise.

        Lire aussi :
         

                Le Cameroun accusé d’avoir expulsé 100 000 réfugiés nigérians fuyant Boko Haram



« Quand Boko Haram est venu, chacun voulait fuir, sortir du village, sauver sa vie. Comment pouvais-je penser à ces pièces d’identité à ce moment-là ? », jure Modou, assise devant sa petite case en paille. A quelques pas d’elle, les autres tiennent le même discours et revendiquent leur nationalité camerounaise.
Frontière poreuse avec le Nigeria
Originaire du Mayo-Sava, l’un des départements frappés par Boko Haram, Fadimata Djibril, 60 ans et quatre enfants, a été surprise dans son sommeil par « des cris atroces » en 2015. « J’avais le choix : prendre le temps de chercher ma carte d’identité et me faire surprendre par ces gens de Boko Haram ou m’enfuir. Qu’auriez-vous fait ? », interpelle la vielle dame.
Du fait de la porosité des frontières avec le Nigeria, les autorités camerounaises ont dans un premier temps pensé qu’une partie des déplacés étaient des Nigérians et les ont expulsés. Au Nigeria, ils n’ont pas été reconnus et ont été refoulés au Cameroun, où certains ont trouvé refuge à Zamaï dans l’attente d’être enfin reconnus comme camerounais. D’après divers témoignages, des chefs de différents villages sont venus reconnaître physiquement d’anciens habitants. Mais sans pièces justificatives, les doutes persistent. « Il me manque des documents et, apparemment, c’est important », soupire Moussa, en discussion avec d’autres déplacés sur le sujet.
Pour les enfants aussi, l’intégration est difficile. A l’école publique de Zamaï, à quelques mètres du camp, de nombreux déplacés sont scolarisés grâce au soutien de l’Unicef et du HCR. Les instituteurs sont inquiets. « Cela va devenir problématique lorsqu’ils arriveront en CM2, car pour passer le certificat d’études primaires, il faut obligatoirement avoir un acte de naissance », déplore un enseignant.

        Lire aussi :
         

                Boko Haram au Cameroun : Yaoundé qualifie les accusations de Human Rights Watch d’« allégations hystériques »



Par ailleurs, leur situation légale, incertaine, les expose aux moqueries de leurs camarades. « Ces enfants sont frustrés. On essaie de les intégrer, mais c’est difficile. Ils nous donnent un nom différent chaque jour parce qu’ils ne savent pas réellement comment ils s’appellent. On se retrouve dans le registre avec plusieurs noms, ce qui suscite parfois les railleries de leurs amis », explique Emilienne Fouda, enseignante en cours préparatoire.
Oubliés des distributions alimentaires
Pour trouver une issue à cette situation, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) insiste auprès des autorités camerounaises pour qu’elles prennent leurs responsabilités et fournissent une pièce d’identité à ces personnes. « Nous faisons en sorte que la naissance des enfants issus de ces familles soit enregistrée à l’état civil de la région », souligne Mylène Ahounou, administratrice principale chargée de la protection au bureau national du HCR. Et d’expliquer que les organisations internationales et les ONG, du fait de leurs obligations vis-à-vis des bailleurs de fonds, ne délivrent leur assistance qu’aux personnes pouvant prouver leur identité.
« Avant, on était de grands agriculteurs, commerçants et éleveurs. Ici on mendie, déplore Fadimata Djibril. Parfois on nous refuse même la ration alimentaire. » Selon de nombreux déplacés, ils sont régulièrement « oubliés » lors de la distribution des aliments, tout simplement parce qu’ils sont des « fantômes ».


<article-nb="2018/04/03/19-19">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ L’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne a annoncé mardi que la défaillance avait été identifiée et qu’elle « devrait être réglée ce soir ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Trafic aérien : la moitié des vols européens risquent d’être retardés à cause d’une « défaillance »

L’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne a annoncé mardi que la défaillance avait été identifiée et qu’elle « devrait être réglée ce soir ».



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h16
   





                        


Une « défaillance » technique pourrait provoquer des retards pour la moitié environ des près de 30 000 vols prévus mardi 3 avril dans l’espace aérien européen, a annoncé Eurocontrol, l’organisation européenne pour la sécurité de la navigation aérienne, dans un communiqué.
Près de 15 000 vols concernés
« Aujourd’hui, 29 500 vols étaient attendus sur le réseau européen. Environ la moitié d’entre eux pourraient enregistrer un retard en raison de la panne du système », a indiqué dans un communiqué l’organisation, qui avait fait état plus tôt d’une « défaillance du système amélioré de gestion tactique des flux ».
« Le problème avec le système ETFMS a été identifié et des mesures sont en cours pour permettre un retour à la normale », a assuré Eurocontrol, qui s’attend à ce que la situation soit pleinement rétablie « d’ici tard dans la soirée ».
« Mais les plans de vol déposés avant 10 h 26 UTC (12 h 26 heure de Paris) ont été perdus et il a été demandé aux opérateurs aériens de déposer à nouveau des plans de vol pour tous les appareils n’ayant pas encore décollé », ajoute l’organisme.
Amsterdam, Bruxelles et Helsinki touchés
Plusieurs aéroports européens, dont ceux d’Amsterdam-Schipol, d’Helsinki et de Bruxelles, avaient signalé mardi des perturbations du trafic aérien. L’aéroport d’Amsterdam-Schipol a invité les voyageurs à consulter les informations sur les vols sur son site internet à la suite de l’incident à Eurocontrol, faisant état de « possibles conséquences sur les procédures de départ ».
L’aéroport de Bruxelles a quant à lui indiqué que les départs « sont désormais limités à dix par heure ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-20">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ La décision finale doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

La demande d’extradition de Carles Puigdemont jugée recevable par le parquet allemand

La décision finale doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h47
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h09
   





                        



   


Le parquet du Schleswig-Holstein a jugé recevable, mardi 3 avril, la demande d’extradition de l’ancien président catalan Carles Puigdemont. Arrêté le 25 mars dans ce Land du nord de l’Allemagne, alors qu’il rentrait à Bruxelles après une visite en Finlande, il est détenu depuis à la prison Neumünster.
Le procureur général de l’Etat régional de Schleswig-Holstein a reconnu dans un communiqué la validité en droit allemand des deux chefs d’accusation de la justice espagnole – « rébellion » et « détournement de fonds » – et demandé son maintien en détention en vue de l’extradition.
Maintien en détention
Le parquet a considéré que le chef d’accusation de rébellion, qui stricto sensu n’existe pas dans le droit allemand, se rapprochait de la « haute trahison » figurant dans le code pénal national et qu’une équivalence exacte n’était pas nécessaire.
Jugeant que le dirigeant indépendantiste pourrait chercher à quitter le pays, il demande en outre à la haute cour régionale du Schleswig-Holstein, qui devra se prononcer sur l’extradition elle-même, de le maintenir en détention pendant la durée des procédures.
La décision finale quant à son extradition doit encore être prise par un tribunal de la région. Aucun calendrier n’a été annoncé à ce sujet, la justice allemande disposant de soixante jours pour statuer.
Neuf indépendantistes sont actuellement en détention provisoire en Espagne, dont six membres de son exécutif et l’ancienne présidente du Parlement catalan. Une autre indépendantiste, Clara Ponsati, ex-« ministre » régionale de l’éducation, est en Ecosse et attend également une décision des autorités locales sur son extradition.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-21">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ L’ancien président brésilien, condamné à douze ans de prison pour corruption, doit être fixé mercredi sur sa demande de ne pas être emprisonné tant qu’il n’a pas épuisé tous les recours judiciaires.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤                     
                                                

Au Brésil, le sort de Lula entre les mains de Rosa Weber, juge de la Cour suprême

L’ancien président brésilien, condamné à douze ans de prison pour corruption, doit être fixé mercredi sur sa demande de ne pas être emprisonné tant qu’il n’a pas épuisé tous les recours judiciaires.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 14h21
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h15
    |

            Claire Gatinois (Sao Paulo, correspondante)








                        



   


A Brasilia, ses confrères ont surnommé son bureau « la Corée du Nord ». Non que la magistrate ait un penchant pour les régimes dictatoriaux, mais plutôt un goût pour le secret qui les entoure. Cadenassée dans son devoir de réserve, Rosa Weber fait partie des onze juges de la Cour suprême qui, mercredi 4 avril, décideront d’accorder, ou pas, un habeas corpus – le droit de ne pas être emprisonné sans jugement – à l’ancien président de la République Luiz Inacio Lula da Silva.
Condamné en deuxième instance à douze ans et un mois de prison pour « corruption passive » et « blanchiment d’argent », Lula joue sa dernière carte. Si sa demande était refusée, l’idole de la gauche brésilienne, favori du scrutin présidentiel prévu en octobre, n’aurait d’autre option que de rejoindre l’un des pénitenciers du pays.

        Lire aussi :
         

                Au Brésil, Lula en campagne malgré la menace de la prison



Le vote de Rosa Weber, 69 ans, allure stricte, parole rare et sens du devoir chevillé au corps, sera décisif. Quand les autres juges de la Cour suprême, bavards ou convaincus, ont donné des indices de leur vote – cinq seraient en faveur de l’habeas corpus, cinq contre – le sien reste mystérieux. Fuyant les interviews quand d’autres cherchent la lumière, elle maintient le doute, répondant à toute sollicitation par un sourire énigmatique. « Sa décision est une inconnue totale », atteste Roberto Dias, professeur de droit constitutionnel à la fondation Getulio Vargas de Sao Paulo.
Voudra-t-elle accorder un traitement de faveur à un ex-président qui a sorti de la misère des dizaines de millions de Brésiliens indigents ? Sera-t-elle au contraire soucieuse de montrer que la justice est la même pour l’homme de la rue et le puissant ? L’avis de Rosa Weber est d’autant plus attendu qu’elle assumera en août la présidence du Tribunal supérieur électoral, chargé de valider, ou non, la candidature de Lula à l’élection présidentielle.
« Ne nous décevez pas », enjoint le Movimento Brasil Livre (MBL), organisation représentant la droite dure qui nourrit une profonde détestation pour l’ex-métallo et sa politique. « Le peuple veut Lula libre », répond le parti des travailleurs (PT, gauche) de Lula, qui jure de son innocence.
Conséquences sur des milliers de politiciens
Le passé et le présent du Brésil pèseront sur les épaules de la magistrate. Sa décision pourrait avoir des conséquences sur le sort de milliers de politiciens en délicatesse avec la justice et sur l’avenir de l’opération anti-corruption « Lava Jato » : accorder l’habeas corpus à Lula signifierait remettre en question une loi de 2016, décrétant l’exécution des peines de prison après le jugement en deuxième instance et avant l’épuisement de tous les recours.

   


Un texte contraire aux principes fondamentaux des droits de l’homme et de la présomption d’innocence, pour certains juristes, arguant, à l’instar de l’Organisation des Nations unies, que « toute personne accusée d’un acte délictueux est présumée innocente jusqu’à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d’un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées ».
Pour d’autres, elle met fin au sentiment d’impunité qui règne au sein d’une classe politique protégée par la lenteur d’une justice débordée. Au Brésil, la plupart des responsables politiques en exercice bénéficient du statut dit de « foro privilegiado » (citoyen privilégié), qui leur permet de n’être redevables que devant la Cour suprême. Or, celle-ci reçoit plus de 7 000 dossiers par an. Ainsi, quand les faits ne sont pas prescrits, ils sont jugés avec des décennies de retard. En témoigne le cas du député Paulo Maluf, 86 ans, ancien gouverneur et maire de Sao Paulo, symbole de la corruption politique assumée, incarcéré en 2017 pour des faits datant des années 1990…

        Lire aussi :
         

                L’ancien maire de Sao Paulo, Paulo Maluf, incarcéré pour blanchiment d’argent



« L’exécution des peines de prison dès la deuxième instance a donné beaucoup de force à Lava Jato, souligne Roberto Dias. Elle a forcé les prévenus apeurés à passer aux aveux. »
« Un échec signifiera que tous les corrompus de tous les partis ne seraient jamais rendus responsables de leurs actes, pour Lava-Jato et au-delà », a tweeté le procureur Deltan Dallagnol, qui a qualifié Lula de « chef suprême » du système de corruption au Brésil, et qui a promis de jeûner et de prier mercredi pour son incarcération.
« Si la Cour suprême accorde l’habeas corpus le 4, des milliers d’assassins, de violeurs et de corrompus seront libérés », écrivent plus de 5 000 juristes et procureurs signataires d’un manifeste remis à la Cour suprême.
Alors que des manifestations étaient prévues, mardi, dans 50 villes d’un Brésil déchiré entre les pro et les anti-Lula, la présidente de la Cour suprême, Carmen Lucia, a appelé au calme réclamant « la sérénité pour que les différences idéologiques ne soient source de désordre social ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-22">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤ Après quatre jours de grève, « la mobilisation ne faiblit pas », mardi, selon le Syndicat des pilotes de ligne. La direction lie tout accord à des avancées sur les dossiers de ses filiales Transavia et Hop.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-22"> ¤                     
                                                

Deux jours de grève supplémentaires chez Air France, les 10 et 11 avril

Après quatre jours de grève, « la mobilisation ne faiblit pas », mardi, selon le Syndicat des pilotes de ligne. La direction lie tout accord à des avancées sur les dossiers de ses filiales Transavia et Hop.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 17h22
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Au quatrième jour de grève des personnels d’Air France, mardi 3 avril, il n’y a toujours aucun espoir de sortie de crise. Toujours aussi déterminée, l’intersyndicale, qui regroupe dix organisations de la compagnie aérienne, a même ajouté deux préavis de grève supplémentaires, fixés aux 10 et 11 avril. Les syndicats réclament toujours une augmentation générale de 6 %. Un « simple rattrapage de l’inflation », soulignent-ils, après six années de blocage des salaires.
Mardi, selon la direction de la compagnie, « 75 % des vols étaient assurés ». Faux, répondent les pilotes. A les en croire, « Air France triche sur les chiffres, car beaucoup de vols seraient annulés ».
« Pas de fléchissement à attendre »
Sur le tarmac, « la mobilisation ne faiblit pas », constate Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Il prévient la direction « qu’il n’y a pas de fléchissement à attendre » et rappelle le précédent de septembre 2014 : « Lors de la grève des pilotes d’Air France, la mobilisation n’avait jamais fléchi. » Le conflit semble donc parti pour durer. « Tant que nous n’avons pas trouvé d’accord, les pilotes ne changeront pas d’avis », affirme le président du SNPL.
De son côté, la direction ne semble pas encline à ouvrir largement son porte-monnaie. Selon ses calculs, la facture des revendications salariales de l’intersyndicale se monterait à 240 millions d’euros. Cette enveloppe viendrait s’ajouter aux 200 millions d’euros déjà accordés sous forme d’augmentation des rémunérations, de promotions et d’intéressement. Et absorberait une large part du bénéfice 2017 d’Air France qui a atteint à 590 millions d’euros.

        Lire aussi :
         

                «  Air France-KLM reste moins rentable que ses concurrents  »



Après quatre jours de grève, la détermination des syndicats comme de la direction reste très forte. Toutefois, le dialogue n’est pas rompu. L’intersyndicale doit rencontrer la direction mercredi 4 avril, tandis que les pilotes ont de nouveau rendez-vous avec le directeur général d’Air France, Franck Terner, jeudi 5 avril.
Une entrevue « intéressée », observe M. Evain, « ils ont des choses à nous demander ». Selon le patron des pilotes, Air France serait d’accord pour augmenter les salaires des navigants en échange d’avancées sur certains dossiers. « Il faut que vous nous donniez l’argent pour vous augmenter », aurait proposé M. Terner aux représentants des pilotes lors d’une précédente rencontre.
Une facture de 100 millions d’euros
Air France voudrait ainsi obtenir le feu vert du SNPL pour augmenter le nombre d’avions de sa filiale à bas coûts Transavia. Alors que sa flotte est limitée à 30 appareils, Air France voudrait la faire passer à 40. De même, la compagnie voudrait faire sauter la clause qui interdit à Hop, filiale court-courrier d’Air France, de faire voler des avions de plus de 110 sièges. « Nous ne sommes pas à vendre », rétorque par avance M. Evain. Pour le président du SNPL, « ces sujets ne pourront être discutés qu’après le réglement de la question des salaires ».

        Lire aussi :
         

                Aux Assises du transport aérien, les compagnies réclament une baisse des charges



Au terme de quatre jours de conflit, le coût de la grève commence à peser lourd sur les comptes d’Air France. La facture flirte déjà avec les 100 millions d’euros. Le refus d’Air France d’accéder aux revendications salariales de ses salariés « n’a aucun sens », estime M. Evain qui l’impute au manque « d’expérience de la direction de ce genre de situation ». Air France, ajoute-t-il, devra tôt ou tard mettre la main à la poche « car les salaires ne vont pas rester bloqués ad vitam aeternam ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-23">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤ Spotify débarque en bourse mardi 3 avril. Une consécration pour son jeune PDG, qui a réussi à imposer son modèle aux majors et à bouleverser notre façon d’écouter de la musique.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-23"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Spotify : Daniel Ek, le roi du streaming qui a révolutionné la musique

Spotify débarque en bourse mardi 3 avril. Une consécration pour son jeune PDG, qui a réussi à imposer son modèle aux majors et à bouleverser notre façon d’écouter de la musique.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h55
    |

                            Anne-Françoise Hivert (Malmö (Suède), correspondante régionale)








                        



                                


                            

Pour les uns, il est le sauveur d’une industrie musicale moribonde. Pour les autres, celui qui a fini de l’achever, avec son service de streaming musical créé en 2006 et désormais leader mondial. Daniel Ek, 35 ans, le patron de Spotify, reste au-dessus de la mêlée : « Nous croyons vraiment que nous pouvons améliorer le monde, une chanson à la fois », écrit-il dans le document remis à la Securities and Exchange Commission (SEC), le gendarme boursier américain, à l’occasion de l’entrée en Bourse de sa compagnie, prévue mardi 3 avril. 
Cette déclaration d’intention peut prêter à sourire. Mais en une décennie, Daniel Ek n’a pas seulement réussi à bâtir une entreprise de près de 3 000 salariés, réalisant un peu plus de 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le très discret Suédois, qui détient 9,2 % du capital d’un groupe valorisé à plus de 20 milliards de dollars, a complètement transformé notre façon de consommer la musique. Avec des revenus en hausse de 60,4 % en 2017, le streaming – l’écoute en direct sans téléchargement – compte désormais pour la moitié du chiffre d’affaires de l’industrie musicale, dont les ventes progressent de nouveau, après des années de disette.
Son modèle « freemium », combinant un service d’écoute de musique gratuit – qui oblige à entendre des publicités, mais est un bon moyen d’attirer de nouveaux utilisateurs – et un abonnement payant, a fait ses preuves. La plate-forme affiche le taux de conversion le plus élevé du secteur : 71 de ses 159 millions d’utilisateurs ont souscrit à une offre payante. Insuffisant toutefois pour être rentable. Malgré sa domination, Spotify est toujours déficitaire, avec 378 millions d’euros de pertes opérationnelles en 2017. En cause : les offres à prix cassés afin de convertir toujours plus d’adeptes, les accords de licence noués avec les labels et les droits d’auteur. Depuis sa création, le groupe affirme ainsi avoir...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-24">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤ L’homme d’affaires breton a déposé plainte après la diffusion en 2016 d’un portrait-enquête réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-24"> ¤                     
                                                

France Télévisions jugé pour diffamation après une enquête sur Bolloré

L’homme d’affaires breton a déposé plainte après la diffusion en 2016 d’un portrait-enquête réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 15h14
   





                        


Le reportage de « Complément d’enquête » « Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ? » était-il diffamatoire ? France Télévisions, qui l’a diffusé en 2016, ainsi que son auteur en répondent devant le tribunal correctionnel de Nanterre mardi 3 avril. La plainte de l’homme d’affaires, lancée contre X, avait été déposée le 6 juillet 2016 et une information judiciaire ouverte en octobre de la même année.
En cause un portrait-enquête de 72 minutes réalisé par Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo, diffusé en avril et juillet 2016 sur France 2. Dans ce reportage, qui a reçu le prix Albert Londres en 2017, les journalistes retracent le parcours de l’industriel breton, de la reprise de la fabrique familiale de papier à cigarettes OCB en Bretagne, à la construction de son empire diversifié, en passant par la reprise en main de Canal+ et sa présence en Afrique.
Ils évoquent notamment les activités de la Socapalm, société qui produit de l’huile de palme au Cameroun et dont Vincent Bolloré est actionnaire minoritaire. Des sous-traitants, pour certains présentés comme mineurs, payés à la tâche, travaillant sans vêtements de protection et logeant dans des conditions insalubres, y témoignent face à la caméra.
« Mauvaise foi »
« Il ne faut pas imputer à Bolloré ce qui lui est étranger », estime Olivier Baratelli, l’avocat de l’entrepreneur. « Traiter un groupe de 59 000 salariés présent dans 143 pays par le prisme déformant de plantations qui appartiennent en réalité à la Socapalm, société dont l’Etat camerounais est actionnaire (majoritaire), c’est faire une présentation tronquée, falsifiée » de la réalité, martèle le conseil, joint par l’AFP.
« On est en droit d’attendre d’un service public autre chose qu’une mise en scène et une dramatisation », estime encore l’avocat, espérant « une condamnation ferme de ce travail journalistique indigne du code de déontologie des journalistes », « volontairement commis de mauvaise foi », selon lui. L’enquête-portrait faisait également mention d’une « prétendue corruption pour l’attribution d’une concession portuaire à Kribi en 2015. (...) De tels propos sont parfaitement inadmissibles », estime M. Baratelli.

        Lire aussi :
         

                Bolloré poursuit France Télévisions en diffamation pour une émission à son sujet



Me Juliette Félix, qui défend les intérêts de France Télévisions, vante au contraire « la très grande qualité de l’enquête de Tristan Waleckx », dénonçant « une procédure-bâillon ». « En témoigne le montant des dommages et intérêts réclamés » par Vincent Bolloré, soit « 450 000 euros ». Devant le tribunal de commerce de Paris, ce sont 50 millions que l’homme d’affaires a réclamés la semaine dernière dans une procédure connexe pour atteinte à ses intérêts commerciaux. La décision est attendue le 12 juin dans ce volet.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-25">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤ Reporters sans frontières et ses partenaires lancent un dispositif d’autorégulation pour lutter contre la désinformation et mettre en valeur les médias qui produisent des informations fiables.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-25"> ¤                     
                                                

Un label pour redonner confiance dans le journalisme

Reporters sans frontières et ses partenaires lancent un dispositif d’autorégulation pour lutter contre la désinformation et mettre en valeur les médias qui produisent des informations fiables.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 13h27
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 14h21
    |

            François Bougon








                        


Dans ses vœux aux journalistes le 3 janvier, au cours desquels avait été annoncée une loi contre les « fake news », Emmanuel Macron avait évoqué une initiative de Reporters sans frontières (RSF) sur une « forme de certification des organes de presse respectant la déontologie du métier ». Régulation de la part des autorités, d’un côté, autorégulation venant d’une association engagée dans le combat pour la liberté de la presse, de l’autre : à l’époque, l’organisation avait été prise au dépourvu par cette mention présidentielle, car la démarche, initiée à Bruxelles en septembre 2017 par la réunion d’une trentaine de médias européens, était encore en cours, non officielle.
Trois mois plus tard, mardi 3 avril, la « Journalism Trust Initiative » (JTI) – l’initiative pour la confiance dans le journalisme – est portée sur les fonts baptismaux par RSF, avec ses partenaires : l’agence France-Presse (AFP), l’Union européenne de radio-télévision (UER) et le Global Editors Network (GEN), une association regroupant des rédacteurs en chef de médias du monde entier.
« Renverser la logique »
Ce projet part d’un constat : « dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies », s’inquiète Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
« Dans le nouveau système de l’espace public, les informations fausses circulent plus vite que les vraies », constate Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.
D’où l’idée, pour distinguer le travail journalistique et renforcer les « tiers de confiance », de « renverser la logique en donnant un avantage réel à tous ceux qui produisent des informations fiables, quel que soit leur statut », poursuit M. Deloire. Et plutôt que de se voir imposer des lois, pourquoi ne pas imaginer un dispositif avec des normes permettant de décerner un label à des médias de qualité, en s’appuyant sur des données telles que la transparence, l’indépendance éditoriale ou la déontologie ? Vaste travail qui promet des débats passionnés et houleux.
Certifier le processus journalistique
Dans un premier temps, RSF lance, à partir de mardi, un processus ouvert à tous ceux qui sont concernés dans le secteur sous l’égide du Comité européen de normalisation (CEN) : médias, associations et syndicats professionnels, instances d’autorégulation, plates-formes numériques, annonceurs et représentants des intérêts des consommateurs. Il ne s’agira pas, souligne RSF, de certifier la production mais le processus journalistique.

        Lire aussi :
         

                Franceinfo et France Culture s’allient contre les « fake news »



Les premiers travaux devraient commencer vers la mi-mai et durer de 12 à 18 mois, pour élaborer les indicateurs sous l’égide de l’organisme français de normalisation, l’AFNOR, et de son équivalent allemand, le DIN. Le groupe de travail du CEN sera présidé par Claudio Cappon, ancien directeur général du radiodiffuseur public italien RAI.
Une plus grande visibilité
L’objectif à terme est de faire en sorte que les médias certifiés, sur la base du volontariat, puissent bénéficier d’« avantages concrets », espère M. Deloire. On pourrait imaginer, par exemple, un traitement privilégié par les algorithmes des moteurs de recherche et des réseaux sociaux, permettant une plus grande visibilité et donc des recettes publicitaires plus importantes. Des contacts ont été établis avec Google et Facebook pour leur présenter la démarche. Les annonceurs pourraient également être intéressés.

        Lire aussi :
         

                Reporters sans frontières : « Nous réclamons plus de transparence à Facebook »



RSF souhaite « apporter un outil pertinent ». Et indépendant : « Nous ne sommes à la solde de personne. » On peut également imaginer que le dispositif soit utilisé par les pouvoirs publics pour le système des aides à la presse.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-26">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤ Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-26"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 02/04/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Pédaler permet de retrouver l’immunité de sa jeunesse

Une étude britannique vient de montrer que des cyclistes âgés de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 06h42
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 13h38
    |

            Pascale Santi








                        



                                


                            
Faire du vélo n’est pas bon que pour le moral, le cœur, les muscles… mais permet aussi de doper l’immunité. Une étude britannique ­publiée dans la revue Aging Cell vient d’en apporter la démonstration, en montrant que des cyclistes de 75 ans avaient un profil immunitaire de personnes de 20 ans. « Si le sport était un médicament, tout le monde en prendrait », indique même le professeur Norman Lazarus (King’s College de Londres), l’un des coauteurs.
Les chercheurs ont étudié un groupe de 125 adultes – deux tiers étaient des hommes – de 55 à 79 ans qui ont fait du vélo pendant une grande partie de leur vie et le pratiquent encore à raison de deux heures et demie par semaine, avec une intensité modérée mais de façon constante. Ils étaient capables de parcourir 100 km en six heures et demie. Aucun d’entre eux n’était fumeur, gros consommateur d’alcool ou ­atteint d’hypertension. Ce groupe de cyclistes a été comparé à deux autres, l’un ­d’adultes d’âge voisin, et un autre de jeunes adultes (de 20 à 36 ans), en bonne santé mais non sportifs.

Les chercheurs se sont focalisés sur le thymus, cette glande dont la fonction est d’assurer la ­ maturation des lymphocytes T (types de globules blancs ayant un rôle essentiel dans la fonction ­immunitaire) et qui s’atrophie avec l’âge et entraîne une immunosénescence (un déclin du fonctionnement normal du système immunitaire). « Le système immunitaire ­ s’affaiblit à partir de la vingtaine, ce qui explique ­pourquoi les personnes âgées sont plus sensibles aux maladies comme la polyarthrite rhumatoïde et, ­potentiellement, le cancer, explique la professeure ­Janet Lord, directrice de l’Institut de l’inflammation et du vieillissement de l’université de Birmingham (Grande-Bretagne), et coauteure de cette recherche. Cela signifie que ces cyclistes ont une protection supplémentaire contre tous ces problèmes. »
Des lymphocytes plus nombreux
Concrètement, les lymphocytes T étaient...




                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-27">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤ Il était jugé, aux côtés d’un autre parent d’élève, à la suite du blocage en septembre 2017 de l’accès d’une usine au cœur de Montreuil, accusée de polluer la ville.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-27"> ¤                     
                                                

Après les affrontements autour d’une usine de Montreuil, un parent d’élève condamné pour rébellion

Il était jugé, aux côtés d’un autre parent d’élève, à la suite du blocage en septembre 2017 de l’accès d’une usine au cœur de Montreuil, accusée de polluer la ville.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 18h06
   





                        



   


Un parent d’élève qui avait participé à une manifestation contre la présence d’une usine chimique près d’un groupe scolaire à Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été condamné mardi 3 avril à Bobigny à deux mois de prison avec sursis pour rébellion.
Préférant rester anonyme, le parent d’élève condamné a qualifié auprès de l’AFP la décision d’« aberrante » et « injuste », évoquant un « coup de massue ». Il affirme ne s’être jamais rebellé lors de son arrestation.
« Depuis le début, j’estime que nos actions sont proportionnées aux enjeux », a-t-il ajouté.
Il a, en revanche, été relaxé des faits de violences contre un policier pour lesquels il avait également comparu le 6 mars.
Un second parent d’élève, qui était jugé à ses côtés pour violences, a quant à lui été relaxé. Le parquet avait demandé l’abandon des poursuites.
Une usine au cœur de la ville
Le 27 septembre 2017, une petite centaine de parents d’élèves et de riverains avaient manifesté pour réclamer la fermeture « immédiate et définitive » de l’usine, qu’ils jugent « toxique ». Les manifestants avaient tenté de bloquer l’accès de l’usine, avant d’être délogés par les forces de l’ordre. Un policier avait été légèrement blessé, selon une source policière, ainsi que six manifestants. Deux parents avaient été placés en garde à vue.
Entreprise spécialisée dans le traitement chimique de pièces pour l’industrie aéronautique, la SNEM est située au cœur d’un quartier résidentiel et à proximité de plusieurs écoles.
La mobilisation contre l’usine a pris une nouvelle tournure après qu’une leucémie a été diagnostiquée chez un écolier du quartier en juin 2017.
Plusieurs séries d’analyses conduites depuis, sous l’égide de la préfecture de Seine-Saint-Denis, ont conclu à « l’absence de risque pour les populations avoisinantes » sans convaincre ces opposants.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-28">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤ Après avoir suspendu l’application de l’accord lundi soir, quelques heures seulement après son annonce, le premier ministre l’a gelé quelques heures plus tard.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-28"> ¤                     
                                                

Israël : Nétanyahou annule l’accord avec l’ONU au sujet des migrants africains

Après avoir suspendu l’application de l’accord lundi soir, quelques heures seulement après son annonce, le premier ministre l’a gelé quelques heures plus tard.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 10h58
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 12h16
    |

            Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)








                        



   


Ce n’est plus de la fébrilité, mais de la panique. Quelques heures après avoir annoncé un accord spectaculaire avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), lundi 2 avril, sur le sort des migrants africains en Israël, Benyamin Nétanyahou a fait marche arrière de manière tout aussi imprévue. Succombant au mécontentement de la droite nationaliste, qui le tient en joue, le premier ministre avait décidé dans un premier temps de suspendre cet accord lundi soir, le temps de consultations supplémentaires, puis l’a finalement annulé mardi matin.
Ce texte prévoyait qu’en cinq ans, 16 000 Erythréens et Soudanais – sur les 39 000 vivant en Israël – seraient autorisés à s’installer dans des pays occidentaux dits développés. Les autres resteraient en Israël. Cette perspective, qui marque en creux l’échec de la politique précédente du gouvernement, a été jugée inacceptable par la droite dure, à commencer par le ministre de l’éducation, Naftali Bennett. Autre souci : M. Nétanyahou avait cité, parmi les pays susceptibles d’accueillir les migrants africains, « le Canada, l’Allemagne ou l’Italie ». Or, les deux derniers ont fait savoir qu’ils n’avaient pour l’heure reçu aucune demande formelle.
Politique coercitive
L’accord avec le HCR prévoyait aussi que la moitié des migrants restant en Israël recevraient un vrai statut. Des formations professionnelles seraient développées à leur attention, dans le secteur de l’énergie solaire, de l’agriculture et de l’irrigation. Depuis l’arrivée massive de ces migrants africains via le Sinaï égyptien, à compter de 2005, les gouvernements israéliens successifs ont refusé de leur reconnaître le statut de réfugié politique. Le HCR avait précisé dans un communiqué que des programmes seraient mis en place pour encourager ces migrants à déménager des quartiers sud de Tel-Aviv. Leur concentration dans cette zone paupérisée a provoqué des tensions avec les habitants israéliens. Le gouvernement avait précisé qu’une administration spéciale serait formée pour gérer la réhabilitation de ces quartiers.
         data-ui="carousel"
         data-module="portfolio"
         data-wrapper=".gallery"
         data-interval="false"
         data-is-atom
         tabindex="10"
>


        Le gouvernement israélien a finalement annulé sa décision d’expulser les quelque 42 000 migrants africains et a annoncé avoir trouvé une solution prévoyant le départ d’au moins 16 250 d’entre eux vers des pays occidentaux. La photographe Sarah Caron avait photographié ces Érythréens et ces Soudanais qui vivent en marge de la société. Sans plan B ni désir de partir."
            data-slide-description="Comme beaucoup d’Erythréens en Israël, Gorgio est homme de ménage dans un hôtel. Le soir, avant de rejoindre sa banlieue, il se repose dans une avenue ombragée des beaux quartiers."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Siraj a attendu deux ans avant d’obtenir l’autorisation de rejoindre sa famille. Il vit désormais en Angleterre."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Efrana, elle, est apatride."
            data-slide-item-lie=""

        
        La photographe Sarah Caron a documenté le quotidien des clandestins africains qui vivent à Tel-Aviv dans la plus grande précarité. A la marge. Sans plan B ni désir de partir."
            data-slide-description="Aux abords de Banana Beach, à Tel-Aviv, cet Erythréen attend la fin de la journée pour se faire un peu d’argent en rangeant le matériel de plage loué aux touristes."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Office chrétien orthodoxe dans un appartement loué dans le sud de Tel-Aviv et transformé en église par la communauté érythréenne."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les secteurs de l’hôtellerie-restauration et du bâtiment embauchent nombre de réfugiés, à condition qu’ils aient un titre de séjour."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Le gouvernement envoie les demandeurs d’asile déboutés dans le camp de rétention d’Holot, au cœur du désert du Néguev. Ceux qui refusent de quitter Israël ont commencé à être transférés vers la prison de Saharonim, non loin."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Les adolescents, eux, sont nombreux à errer dans la ville."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Au centre commercial comme ailleurs, Africains et Israéliens se croisent sans se mêler."
            data-slide-item-lie=""

        
                    data-slide-title=""
            data-slide-description="Ces jeunes Erythréens ont perdu leur logement après l’expiration de leur permis de séjour. Jetés à la rue, ils sont dans l’angoisse d’être envoyés au centre de détention d’Holot."
            data-slide-item-lie=""

        


Précedent

1/10

Suivant






Le gouvernement israélien a finalement annulé sa décision d’expulser les quelque 42 000 migrants africains et a annoncé avoir trouvé une solution prévoyant le départ d’au moins 16 250 d’entre eux vers des pays occidentaux. La photographe Sarah Caron avait photographié ces Érythréens et ces Soudanais qui vivent en marge de la société. Sans plan B ni désir de partir.            
Comme beaucoup d’Erythréens en Israël, Gorgio est homme de ménage dans un hôtel. Le soir, avant de rejoindre sa banlieue, il se repose dans une avenue ombragée des beaux quartiers.

Sarah Caron
› Accéder au portfolio



require(['lmd/ui/carousel', 'lmd/module/portfolio']);


En janvier, le gouvernement avait annoncé que les migrants africains seraient reconduits vers des pays tiers (Rwanda, Ouganda) ou emprisonnés. Cette politique coercitive a provoqué de vives réactions au sein de la société civile. L’annonce d’un accord avec le HCR représentait pour elle une victoire inespérée. Las, M. Nétanyahou a semblé mesurer soudain la menace que ce programme négocié avec l’ONU, organisation agonie par la droite israélienne, pourrait faire peser sur son propre avenir politique. Sur Facebook, le premier ministre a accusé l’organisation New Israel Fund et l’Union européenne d’avoir exercé « une énorme pression » sur le Rwanda pour qu’il refuse d’« absorber les infiltrés d’Israël » après leur expulsion.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-29">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤ Les deux groupes ont annoncé mardi l’ouverture de discussions pour former cette alliance – intégrant Système U – qui leur permettra de mieux négocier les prix.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-29"> ¤                     
                                                

Auchan et Casino cherchent à créer une centrale d’achats géante

Les deux groupes ont annoncé mardi l’ouverture de discussions pour former cette alliance – intégrant Système U – qui leur permettra de mieux négocier les prix.



Le Monde
 |    03.04.2018 à 11h34
 • Mis à jour le
03.04.2018 à 15h38
    |

            Cécile Prudhomme








                        



   


La nouvelle risque encore de raviver les tensions entre industriels et distributeurs. Les groupes Casino et Auchan ont annoncé, mardi 3 avril, l’ouverture de discussions pour construire un « partenariat stratégique mondial pour leurs achats », afin de mieux négocier les prix. Elle permettrait de négocier pour le compte des enseignes participantes les termes de leurs approvisionnements auprès des grandes marques internationales.
Les deux groupes se sont donné trois mois pour aboutir à un résultat, qui placerait cette centrale d’achats – dont le nom n’a pas encore été défini – au deuxième rang mondial derrière l’américain Walmart, en matière de puissance d’achat. Ils déposeront prochainement un dossier auprès de l’Autorité de la concurrence. Le volume d’achats concerné n’a pas été dévoilé.
Depuis 2014, les grands distributeurs ont noué les uns après les autres des accords de partenariat à l’achat, dans le domaine alimentaire et non-alimentaire pour pouvoir bénéficier d’un effet de volume lorsqu’ils négocient leurs conditions d’achats avec les fournisseurs.
La fin de l’alliance avec Intermarché
Auchan et Casino projettent de créer trois centrales (alimentaire, non-alimentaire, services), qui incluront – s’ils le souhaitent – leurs anciens partenaires à l’achat. Intermarché, allié de Casino depuis novembre 2014, n’en fera pas partie : il a annoncé, mardi, dans un communiqué avoir « décidé, d’un commun accord [avec Casino] de mettre fin à leur alliance à l’achat en France, INCA-Achats. Intermarché souhaite redéfinir ses objectifs en termes de stratégie d’achat ». Depuis les Etats généraux de l’alimentation en 2017, Intermarché et Casino ne paraissaient plus sur la même longueur d’onde concernant l’équilibre à donner entre, d’un côté, le partage de la valeur ajoutée sur toute la chaîne de valeur du producteur au distributeur, et la surenchère de la guerre des prix.
La promotion sur le Nutella d’Intermarché, avec ses émeutes populaires médiatisées, a probablement scellé cette divergence. L’opération a été d’ailleurs considérée comme de la revente à perte, interdite par le Code du commerce, par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). Par ailleurs, à la suite d’une enquête de 2016, la DGCCRF avait assigné en 2017, les sociétés INCA Achats, Intermarché et Casino devant le tribunal de commerce de Paris pour des pratiques commerciales abusives.
En unissant leurs forces, Auchan et Casino souhaitent créer une première centrale, portant sur les produits alimentaires et limitée à un nombre de grands fournisseurs internationaux restreint (par exemple, Coca-Cola, Nestlé..). Elle se substituera aux actuelles centrales des deux groupes – l’Alliance à laquelle participent Auchan et Système U et Metro à l’international, et INCA qui nouait Casino à Intermarché. Système U a confirmé mardi sa participation à la future alliance : « Nous voyons cette évolution comme une réelle opportunité », explique-t-on au sein du groupe.
Cette centrale d’achats géante représenterait, avec Système U, 32 % du marché des produits alimentaires en France, contre 26 % pour l’ancienne alliance INCA, et 21 % pour l’ex-partenariat Auchan-Système U. Selon les données de Kantar World Panel, Carrefour, allié à Cora, détient 23,8 % du marché français, et Leclerc, 21,2 %.
Gérer les promotions
La deuxième entité concernera les biens non-alimentaires, et sera également limitée à un nombre restreint de fournisseurs internationaux. L’objectif des deux groupes est qu’elle rassemble Auchan Retail, Casino et, s’ils le souhaitent, leurs partenaires actuels comme Système U et Boulanger (alliés à Auchan) ou Conforama (l’allié de Casino depuis 2016).
Enfin, devrait être créée une centrale de services internationaux permettant de gérer, notamment, les promotions, qui sera limitée à un nombre restreint de fournisseurs internationaux. L’objectif est qu’elle rassemble, autour d’Auchan Retail et Casino, les alliés actuels des deux groupes dans ce domaine, comme Système U, Métro ou Dia.

        Lire aussi :
         

                Carrefour et Fnac Darty discutent d’une alliance pour mutualiser leurs achats



« Ce partenariat ambitieux donnera toute sa place aux contrats de filières (fournisseurs/producteurs/distributeurs) tout en permettant d’accompagner le développement de certains fournisseurs français dans les pays couverts par les deux distributeurs (Europe de l’Ouest, Europe de l’Est, Amérique latine, Asie), ont tenu à préciser Auchan et Casino dans un communiqué. Ce partenariat sera en parfaite cohérence avec les engagements pris par les deux groupes dans le cadre des récents Etats généraux de l’alimentation. Il ne portera notamment pas sur les produits frais traditionnels agricoles ou de la pêche, ni sur les produits de marque nationale des PME ou des entreprises de taille intermédiaire (ETI) ».
Les géants du commerce électronique, avec lesquels se sont alliés Auchan et Casino, ne seront pas associés directement dans cette centrale. Alibaba a pris en novembre 2017, 36,16 % du capital de Sun Art, la coentreprise chinoise créée en 2000 par Auchan et le taïwanais Ruentex. Et Monoprix, l’enseigne de supermarchés du groupe Casino, et Amazon ont annoncé le 26 mars « un partenariat commercial », qui se concrétisera au second semestre par la vente de produits alimentaires de Monoprix aux clients du service Amazon Prime Now à Paris et dans sa proche banlieue. Si les discussions aboutissent, Amazon bénéficiera, en revanche, des prix négociés par cette future centrale d’achat au sein de la boutique virtuelle de Monoprix.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/04/03/19-30">
<filnamedate="20180403"><AAMM="201804"><AAMMJJ="20180403"><AAMMJJHH="2018040319">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤ A Washington, d’anciens détenus se sont lancés dans l’agriculture communautaire pour retrouver autonomie et bien-être, nous raconte notre chroniqueur.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-30"> ¤         

Chronique

Comment des Afro-Américains reconquièrent leur dignité en cultivant des jardins urbains

A Washington, d’anciens détenus se sont lancés dans l’agriculture communautaire pour retrouver autonomie et bien-être, nous raconte notre chroniqueur.

Par                                            Abdourahman Waberi (chroniqueur Le Monde Afrique)




LE MONDE
              datetime="2018-04-03T09:40:26+02:00"

        Le 03.04.2018 à 09h40

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-04-03T10:38:23+02:00"

        Mis à jour le 03.04.2018 à 10h38






    
Xavier Brown (à droite), le fondateur de Soilful City, à Washington.
Crédits : SOILFUL CITY


Chronique. Seul un Américain sur dix mange chaque jour la quantité de fruits et légumes recommandée par les autorités sanitaires, et ce sont les plus pauvres qui en consomment le moins. A Washington, par exemple, les habitants du quartier de Clay Terrace n’ont pas accès aux produits frais, et rares sont les supermarchés qui viennent s’implanter dans cette zone mal famée qui compte près de 70 000 habitants, pour l’essentiel des Africains-Américains. Au milieu des tours d’immeubles, un jardin communautaire a vu le jour entre un bras de fleuve et un nœud d’autoroutes.

        Lire aussi :
         

                « Dans la famille Coates, après le fils néolibéral, je demande le père humaniste »



Natif de Washington et diplômé en agronomie, Xavier Brown est un quadragénaire barbu au physique de lutteur sereer. Les pieds dans la boue, il enseigne aux habitants le travail de la terre, les variétés de semences, le cycle des saisons. Ce retour à la terre est aussi une plongée dans l’histoire africaine-américaine, qui s’est sédimentée dans les champs de coton. L’agriculture urbaine prônée par Xavier Brown est une manière de prendre le contrôle de sa vie, en commençant par regagner son autonomie alimentaire, synonyme de dignité et de respect retrouvés. Dans ce jardin, les soucis sont mis en suspens. Oubliés le stress du quotidien, la violence urbaine et les traumas de l’incarcération de masse !
Des haricots venus d’Afrique centrale
Xavier Brown a étudié les pratiques agricoles des peuples autochtones amérindiens et a recueilli le legs d’anciens esclaves pour mettre au point son projet, baptisé Soilful City. A la tête d’une équipe de six anciens détenus, il a construit un gigantesque silo à compost en bois, qui fournit près de 550 kg par mois d’« or noir » à partir de déchets alimentaires. Ce compost va nourrir 32 parcelles plantées de divers fruits et légumes. Chaque parcelle est hérissée de tuteurs pour les plants et munie d’un grillage qui la protège des petits rongeurs.
L’équipe de Xavier Brown reçoit parfois le renfort de Boe Luther et Wallace Kirby, deux pionniers qui avaient démarré un projet similaire, d’abord pour sortir des détenus de la pauvreté, ensuite pour leur permettre de devenir maraîchers. Les trois hommes sont convaincus que les produits de ces jardins urbains peuvent satisfaire les besoins des plus démunis en fruits et légumes frais.

        Lire aussi :
         

                Qui avait peur de Fred Hampton ?



Ils savent que les produits naturels venus d’Afrique que consommaient leurs ancêtres leur permettaient de se maintenir en bonne santé physique et mentale. Brown, Kirby et Luther ont déjà marqué le paysage culinaire de la capitale en remettant dans les assiettes une variété de haricot vert originaire d’Afrique centrale, riche en fibres et en vitamines, si rares dans le régime alimentaire des Américains.
« Nous ne plantons pas seulement des légumes, nous remettons la communauté sur de nouvelles bases », dit Xavier Brown. « Les Noirs doivent retourner à la terre pour devenir des cultivateurs, des bâtisseurs et des producteurs, renchérit Wallace Kirby. En nous nous nourrissant les uns les autres, nous contribuons à notre libération. » Planter, sarcler, arroser et semer, c’est refaire communauté, reprendre pied et corps, guérir des maux d’hier et d’aujourd’hui, de l’esclavage à la ségrégation, de l’expropriation à la malbouffe et au mal-logement, que les Noirs ont endurés et endurent encore.
La culture paysanne s’est évanouie
« Nous avons affaire à une génération qui a perdu tout contact avec la terre, note Wallace Kirby. Et pourtant, dans le quartier de mon enfance, les allées étaient fleuries et les poules couraient partout. Les familles avaient implanté en ville le mode de vie rural qu’elles avaient connu dans le Sud. » Toute cette culture paysanne s’est évanouie avec les émeutes urbaines qui ont secoué Washington à la suite de l’assassinat de Martin Luther King, en 1968. Tout est parti en fumée, les petits commerces comme les jardins mitoyens.

        Lire aussi :
         

                « Des Nègres marrons aux Black Panthers, l’histoire de l’autodéfense peut inspirer l’Afrique »



Xavier Brown, qui se donne pour mission de réconcilier les habitants avec leurs racines africaines, s’inspire des travaux de Blain Snipstal, le précurseur de l’afro-écologie : cet agriculteur exploite une petite ferme dans l’Etat du Maryland, au sein d’une coopérative de producteurs de légumes et de semences biologiques appelée Black Dirt Farm. Une initiative qui a fait des émules non seulement à Washington mais aussi à New York, Baltimore et Detroit, où les nouveaux militants antiracistes mettent à leur tour les mains dans le compost.
Abdourahman A. Waberi est un écrivain franco-djiboutien, professeur à la George-Washington University et auteur, entre autres, de Moisson de crânes (2000), d’Aux Etats-Unis d’Afrique (2006) et de La Divine Chanson (2015).

