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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-1"> ¤ Les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l’ancien vice-président Xavier Cœur-Jolly ont été remplacés lors d’une AG extraordinaire samedi.
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Démission de l’équipe dirigeante d’Act Up Paris

Les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l’ancien vice-président Xavier Cœur-Jolly ont été remplacés lors d’une AG extraordinaire samedi.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 08h10
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 08h13
   





                        


L’ancienne équipe dirigeante d’Act Up Paris a quitté ses fonctions samedi, déplorant la « transition brutale » liée au succès du film 120 battements par minute.
Depuis le succès du film couronné aux Césars, l’association, en perte de vitesse et même un temps placée en redressement judiciaire en 2014, a vu « une vague de nouvelles arrivées » avec notamment « de jeunes militants déjà politisés et expérimentés dans d’autres luttes, notamment antiracistes », écrit l’équipe démissionnaire dans un communiqué.

« Où lutterons-nous maintenant contre le sida ? Certainement plus à Act-Up Paris » les deux anciens présidents d'Ac… https://t.co/bCAb1BSiYD— MikaelZenouda (@Mikael Zenouda)


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Ceux-ci « détournent et exploitent l’outil d’Act Up, en se servant de son historique, pour mettre en avant d’autres luttes », affirment les deux anciens coprésidents, Rémy Hamai et Mikaël Zenouda, et l’ancien vice-président Xavier Cœur-Jolly, en déplorant que le travail d’expertise soit « relégué au dernier plan » au profit « du commentaire permanent de la critique spectacle ».

        Lire aussi :
         

                « 120 battements par minute » : une contagion de la colère, de l’amour et du partage



Mode d’action spectaculaire
« Ecœurés au point de démissionner » par les « insultes » et les « dépréciations gratuites », les anciens responsables ont été remplacés lors d’une assemblée générale extraordinaire samedi par une nouvelle équipe élue, « dont deux personnes arrivées depuis trois semaines », ajoute leur communiqué, qui dénonce « toute forme d’entrisme politique » et de « violence revendiquée ». Les deux nouveaux vice-présidents sont Fabrice Clouzeau et Marc-Antoine Bartoli.
La décision provoquait des réactions contrastées sur les réseaux sociaux, où certains rappelaient le mode d’action spectaculaire qui était la signature d’Act Up dans les années 1990 (préservatif géant sur l’obélisque de la Concorde à Paris, jets de faux sang ou de vraies cendres de militants…)
« La lutte contre le sida a toujours été profondément politique. C’est aberrant, surtout venant d’Act Up », estimait un internaute sur Twitter, tandis qu’un autre affirmait : « Act Up Paris est une association de gauche », ce que le conseil d’administration sortant, « dépolitisé », ne « comprend pas ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-2"> ¤ Chaque premier lundi du mois, le service Pixels du « Monde » offre ses recommandations en matière de culture geek. Au programme aujourd’hui, ces œuvres qui, à l’instar du film « Ready Player One », revisitent avec beaucoup de nostalgie l’imaginaire geek des années 1980.
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Article sélectionné dans La Matinale du 01/04/2018
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Huit films, séries, livres et jeux pour replonger dans les années 1980

Chaque premier lundi du mois, le service Pixels du « Monde » offre ses recommandations en matière de culture geek. Au programme aujourd’hui, ces œuvres qui, à l’instar du film « Ready Player One », revisitent avec beaucoup de nostalgie l’imaginaire geek des années 1980.



Le Monde
 |    02.04.2018 à 06h37
 • Mis à jour le
02.04.2018 à 15h11
    |

            Corentin Lamy








                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Ready Player One, le film de Steven Spielberg adapté du roman éponyme et en salle depuis mercredi 28 mars, n’est pas qu’un film d’aventure : c’est aussi une collection de références et de clins d’œil à l’imaginaire geek et à la culture pop des années 1980, celle de Retour vers le futur et de Donkey Kong.
D’autres œuvres — films, séries, comics, jeux vidéo — ont, à leur façon, revisité cette décennie avec beaucoup de nostalgie.
Le film : « Turbo Kid »
C’est un peu le futur du passé, ou l’inverse, on ne sait plus. Situé dans un 1997 fantasmé et plongé dans un hiver nucléaire définitif, un gamin perdu adepte du fluo et de comics pop tente de s’affranchir d’un méchant borgne (Michael Ironside, Starship Troopers). Un film canadien indépendant et étrange, gore et réjouissant, sorte de Mad Max en vélo tout-terrain qui aurait percuté de plein fouet Bioman.
Disponible sur iTunes ou Google Play.

La série : « Dark »
Impossible, quand on aborde la question de la nostalgie et des années 1980, de ne pas mentionner Stranger Things. Mais « impossible » n’étant, paraît-il, pas français, c’est de Dark dont il sera ici question. Comme son homologue d’outre-Atlantique, cette série allemande fantastique nous parle d’enfants mystérieusement disparus, de passages étranges vers d’autres espace-temps et de lumières qui clignotent. Mais la réalisation plus sombre, les références moins caricaturales et un scénario autrement plus intéressant en font, aux yeux de certains, une alternative plus recommandable encore que Stranger Things.
Disponible sur Netflix.

Le jeu : « Retro City Rampage DX »
Si Ready Player One était un jeu, ce serait définitivement Retro City Rampage DX. Pas tellement pour son principe, mais plutôt pour sa volonté d’accumuler les clins d’œil à la pop culture rétro. Pas de chasse au trésor ici, pas plus que de mondes virtuels, mais plutôt une parodie tout en pixels des premiers Grand Theft Auto, avec sa ville à parcourir librement, ses courses-poursuites en voiture et ses échanges de coups de feu, ainsi que des kilos, des tonnes, de références rigolardes et appuyées à la pop culture, de Retour vers le futur aux Tortues Ninja.
Disponible sur PC, Switch, 3DS, PS4, Vita, iOS et Android.

   


Le clip : la vidéo promotionnelle des « Gardiens de la Galaxie Vol. 2 »
Quand il ne sauve pas la galaxie, Peter « Star-Lord » Quill est très occupé à écouter les plus grands tubes des années 1970 et 1980. Pour la sortie en Blu-ray du dernier volet de ses aventures, Marvel a rendu hommage à ses goûts rétro avec un clip délicieusement kitsch, dans lequel une star prestigieuse (dont on ne « divulgâchera » pas l’identité) fait une apparition remarquée.

Un jouet : THEC64 Mini
La Super Nintendo Mini ? Pas assez rétro ! La NES Mini ? En rupture de stock… Mais rassurez-vous, une alternative existe. Le THEC64 Mini est en effet une version miniature de l’antique Commodore 64, un pionnier de la micro-informatique sorti en 1982, qui se branche directement sur votre TV. Celle-ci embarque un joystick et 64 jeux. La plupart des « grosses » séries (Ultima, Pirates !, Maniac Mansion…) manquent à l’appel, mais quel joueur d’époque pourrait résister au charme suranné de jeux d’arcade comme Impossible Mission, California Games, Creatures, Monty on the Run ou, bien sûr, Boulder Dash ? Il est même possible, pour celles et ceux dont la mémoire est la moins rouillée, de convoquer ses notions de Basic et de s’essayer à la programmation.
Disponible dans les boutiques spécialisées à 80 €.

   


Le disque : « Leather Teeth », de Carpenter Brut
Elle est violente et sombre comme un film d’horreur des années 1980 : inspirée par la musique hard rock chevelue et le cinéma de John Carpenter, l’électro du Français Carpenter Brut a d’abord explosé aux oreilles des amateurs de jeux vidéo du monde entier (Hotline Miami 2, Fury) avant d’envahir les salles de concert. Mais comme les films dont elle s’inspire, son ambiance un peu glauque n’est pas à prendre au premier degré : elle dissimule d’ailleurs mal une véritable jubilation à récupérer, exploiter, déformer et sublimer ces sonorités furieusement eighties.
Leather Teeth, deuxième album de Carpenter Brut, disponible en streaming, mp3 et CD (prochainement en vinyle).

Le comics : « Paper Girls », de Brian K. Vaughan et Cliff Chiang
Au lendemain d’Halloween 1988, quatre adolescentes de l’Ohio, Mac, KJ, Tiffany et Erin, entament leur tournée de livraison de journaux. Rien que de très banal, jusqu’au moment où elles croisent un étrange groupe encapuchonné, et une mystérieuse machine qui semble venue de l’espace. Hommage aux Goonies, Paper Girls est l’œuvre pop et énergique, douce et nostalgique du scénariste Brian K. Vaughan et de Cliff Chiang, dessinateur remarqué pour son travail sur Wonder Woman.
Paper Girls, Brian K. Vaughan (scénario) et Cliff Chiang (dessin), Urban Comics, tome 1, 10 euros.

   


La vidéo YouTube : « Kung Fury », par David Sandberg
Pas tout neuf, Kung Fury : sorti il y a trois ans, ce court-métrage est peut-être même l’étincelle qui a mis le feu à la poudrière des jeux, films et séries au look rétro. Une déclaration d’amour à l’esthétique néon des années 1980, ou en tout cas, au souvenir qu’en avait David Sandberg, son réalisateur (et principal acteur) suédois. Une histoire totalement excessive de flic à Miami voyageant dans le temps et luttant, aux côtés d’une guerrière viking et à dos de T-Rex, contre un Adolf Hitler adepte du kung-fu. Rien que ça. Le court devrait connaître une suite : Michael Fassbender est déjà prévu au casting.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-3"> ¤ Le film des studios Marvel, record absolu de fréquentation, pourrait donner le goût des salles obscures à la classe moyenne de Nairobi.
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Reportage

Au Kenya, l’industrie du cinéma veut profiter du succès phénoménal de « Black Panther »

Le film des studios Marvel, record absolu de fréquentation, pourrait donner le goût des salles obscures à la classe moyenne de Nairobi.

Par                                            Marion Douet (Nairobi, correspondance)




LE MONDE
              datetime="2018-04-01T18:00:27+02:00"

        Le 01.04.2018 à 18h00






    
Projection en 3D de « Black Panther » dans un cinéma de Nairobi, le 14 février 2018.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


Des séances de cinéma complètes plusieurs jours à l’avance ? Au Kenya, on n’avait jamais vu ça. L’engouement autour de Black Panther a certes touché la planète entière, mais ici, le dernier film des studios Marvel a connu un succès particulier. Six semaines après leur sortie, les aventures des habitants du Wakanda ont attiré quelque 100 000 spectateurs dans les salles, pour des recettes d’environ 50 millions de shillings kényans (400 000 euros), selon les chiffres du groupe Century Cinemax, leader du marché.

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                A Abidjan, l’acteur Isaach de Bankolé en VRP de « Black Panther »



Le chiffre peut sembler modeste, mais il s’agit au Kenya d’un record absolu. Avengers : l’Ere d’Ultron, qui occupait jusqu’ici la première place, avait rassemblé en 2015 moins de 30 000 spectateurs et amassé une dizaine de millions de shillings. Au-delà du Kenya, la performance de Black Panther est similaire dans toute l’Afrique de l’Est, souligne Century Cinemax.
« C’est le film parfait ici »
Au pimpant centre commercial Junction Mall, qui accueille l’un des plus grands cinémas de Nairobi (la capitale en compte neuf), Simone sort ravi, avec son fils, de la projection du début d’après-midi. Si le garçon, un soda en main, est encore exalté par « les scènes d’action et les combats », son père a surtout apprécié la symbolique. « C’est très différent des “black movies” américains habituels, où il y a toujours cette séparation, plus ou moins marquée, entre les Noirs et les Blancs », salue-t-il, évoquant aussi l’univers africain et « la logique d’indépendance ».
Un bon résumé, selon Jotham Micah, directeur du marketing de Century Cinemax, de ce qui a fait le succès du film au Kenya. « Black Panther, c’est le film parfait ici, se félicite-t-il en dégustant un cappuccino à la terrasse du Java House voisin. D’abord parce que les gens adorent les films de superhéros, ensuite parce qu’il y a une dimension africaine… et aussi parce qu’il y a Lupita. » 

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                Comment le film « Black Panther » rebâtit l’Afrique



L’actrice Lupita Nyong’o, oscarisée pour son rôle dans Twelve Years a Slave et fille du gouverneur du comté de Kisumu, dans l’ouest du Kenya, a permis de braquer l’attention sur Black Panther avant sa sortie. Pour la première projection mondiale du film de l’Américain Ryan Coogler, le 13 février, elle était d’ailleurs attendue dans cette ville modeste des abords du lac Victoria. Si tout le gratin politique était présent, Lupita Nyong’o n’est finalement pas apparue, mais le buzz était là.
Séance en 3D
Le scénario a fait le reste. Le royaume du Wakanda, situé en Afrique, dépeint un pays technologiquement en avance sur le reste de l’humanité grâce à la possession et à la mise en valeur d’un métal aux propriétés multiples, le vibranium. Une civilisation africaine symbolique dont les influences culturelles ont été empruntées, par petites touches, à l’ensemble du continent. Dans les costumes, on aperçoit notamment des shukas, tissus traditionnels masaï, et d’épaisses couvertures inspirées de celles que portent les habitants des montagnes du Lesotho. Le Wakanda entend également représenter une société égalitaire où les femmes, cheffes de tribus, guerrières ou espionnes, tiennent des rôles de premier plan.

    
Lors de la première projection mondiale de « Black Panther », à Kisumu, au Kenya, le 13 février 2018.
Crédits : YASUYOSHI CHIBA / AFP


« C’est ce qui m’a le plus plu, toutes ces femmes noires et fortes qui portent leurs cheveux au naturel », s’enthousiasme Mariam Hiba Maluk en sortant de la séance en 3D à Junction Mall. Enfin délivrée des examens de fin du premier trimestre, cette étudiante de 20 ans s’est ruée, avec son amie Sharon Ndunge Muoki, pour découvrir ce royaume africain « exemplaire » et tant salué par la critique. Elles y ont aussi trouvé des limites. « Qu’est-ce qu’ils ont fait avec ces accents ? D’où ça vient ? C’est exagéré et un peu ridicule », se moque ainsi Sharon.

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                « Le royaume de Wakanda, une Afrique du futur en miniature ? »



Sur ce point comme sur d’autres, Black Panther n’a pas suscité que des louanges. « Au fond, c’est un film à propos d’un continent divisé, tribalisé, découvert par un homme blanc qui ne vise rien d’autre que ses ressources naturelles ; dirigé par une élite riche, avide de pouvoir, belliqueuse et féodale ; une nation qui, avec les meilleures armes et technologies au monde, n’a pas réussi à développer d’autres moyens de transfert des pouvoirs que les combats à mort et les coups d’Etat », a déploré le caricaturiste kényan Patrick Gathara dans une tribune au Washington Post. Le film, « fantastiquement bien fait », ne peut avoir germé selon lui que dans un esprit « néocolonialiste » et n’a d’ailleurs, ironise-t-il, pas manqué de répondre « au cliché du magnifique coucher de soleil africain ».
Un divertissement d’avenir
Loin de ces critiques, Century Cinemax se frotte les mains. Le succès de Black Panther pourrait bien marquer l’envol du secteur, selon le directeur marketing. « Une partie des spectateurs qui sont venus ces dernières semaines n’avaient jamais mis les pieds dans un cinéma, ils reviendront sûrement », souligne Jotham Micah. Son groupe, qui envisage d’ouvrir de nouvelles salles, voit dans le cinéma un divertissement d’avenir au Kenya, et plus particulièrement à Nairobi, où se concentre la classe moyenne de la première économie d’Afrique de l’Est. A 600 shillings (moins de 5 euros) la place – pop-corn offert –, l’activité vise avant tout cette frange minoritaire de la population.

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                « Black Panther » prend le pouvoir sur Twitter



L’effet domino ira-t-il jusqu’à la production cinématographique, une industrie encore confidentielle au Kenya ? Rien n’est moins sûr. Car les 17-25 ans, principaux clients des salles obscures, ne jurent que par les films d’action, note Jotham Micah. Outre Black Panther et Avengers, les principaux succès commerciaux ont été enregistrés par Wonder Woman, Captain America et Fast and Furious. Or cette demande est bien éloignée de l’offre locale : des films à petit budget, très « art et essai ».
« Nous les cinéastes kényans, nous aimons raconter des histoires sombres de vies difficiles, de slums [bidonvilles], parce que c’est ce qui nous touche », confesse le réalisateur et producteur Reuben Odanga, admettant que ses compatriotes viennent au cinéma pour se relaxer et passer un bon moment, loin de leurs soucis quotidiens. Lui qui ambitionne de tourner cette année son premier long-métrage – « une romance qui visera un public féminin » – reconnaît d’ailleurs avoir « a-do-ré » Black Panther.


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-4"> ¤ Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si... », le compositeur de musiques de film Alexandre Desplat fait l’éloge de sa femme violoniste.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/03/2018
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Alexandre Desplat : « J’avais une fascination pour la Californie »

Cette semaine, dans la série « Je ne serais pas arrivé là si... », le compositeur de musiques de film Alexandre Desplat fait l’éloge de sa femme violoniste.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h25
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 22h16
    |

            Sandrine Blanchard








                        



                                


                            

Compositeur français prolifique, Alexandre Desplat a remporté, le 4 mars, son deuxième Oscar de la meilleure musique de film pour La Forme de l’eau, de Guillermo del Toro. Récompensé plus de soixante fois et auteur de plus d’une centaine de bandes originales, il a travaillé pour de nombreux réalisateurs tels que Jacques Audiard, Wes Anderson, Roman Polanski, Stephen Frears ou George Clooney.
Je ne serais pas arrivé là si…
Si je n’avais pas eu cette passion, très jeune, du cinéma américain et des compositeurs hollywoodiens et si je n’avais pas rencontré, à 24 ans, la personne qui m’a musicalement le plus influencé : la femme avec laquelle je vis. Solré est violoniste. Je l’ai connue lors de ma première séance d’enregistrement en tant que compositeur. Et cette rencontre a été inoubliable.
Pourquoi ?
Parce qu’avant elle, je ne savais pas comment réinventer l’utilisation des cordes dans mes compositions. J’avais un assez fort rejet de tout ce qui était interprété par des cordes de manière romantique, avec beaucoup d’affect, de vibrations. Je trouvais que cela empêchait la musique de film de se plonger vers l’avant. Solré jouait différemment. C’est grâce à elle que j’ai vraiment commencé à écrire pour les cordes. Il y a très peu de musiques de films que j’ai composées où il n’y ait pas un orchestre à cordes.
Dès l’adolescence, vous rêviez de suivre le parcours des compositeurs Maurice Jarre ou Georges Delerue. C’est quand même étonnant d’avoir si jeune une envie si précise…
C’est vrai. Mais cela correspond vraiment à la conjonction de ma passion du cinéma et de la musique de film. Etant français, je pouvais m’identifier à ces deux compositeurs très lyriques, qui avaient écrit la musique de films majeurs pour de grands metteurs en scène, et qui étaient partis à Hollywood. J’avais une fascination pour la Californie. Ils réunissaient tous les rêves que je pouvais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-5"> ¤ Un demi-siècle plus tard, la Cinémathèque reprend la première Quinzaine des réalisateurs (1969).
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Rétrospective : tourne camarade, le vieux monde est derrière toi !

Un demi-siècle plus tard, la Cinémathèque reprend la première Quinzaine des réalisateurs (1969).



Le Monde
 |    30.03.2018 à 18h47
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            
Pour se réveiller un demi-siècle plus tôt dans le tumulte des combats de rue, dans l’ivresse d’une liberté nouvellement conquise, dans le ridicule de transgressions qui sont déjà devenues des lieux communs, il existe un sortilège infaillible : s’immerger dans le « fac-similé » de la première édition de la Quinzaine des réalisateurs que programme la Cinémathèque jusqu’au 3 mai. C’était en 1969, l’année de la démission du général de Gaulle, de l’élection de Georges Pompidou, de Woodstock et du premier homme sur la Lune, l’année où un soir, dans une sous-préfecture des Alpes-Maritimes, la police interdit l’accès à une salle de cinéma aux jeunes gens qui étaient pieds nus.
En guise de manuel de l’utilisateur, on aura recours au récit de l’élaboration et de l’exécution de cette expérience qui devait devenir un rituel, Quinzaine des réalisateurs, les jeunes années 1967-1975, par Bruno Icher. Il faut, comme l’auteur le fait avec agilité et esprit, remonter de quelques mois en arrière pour comprendre le processus qui a abouti à la création de cette section parallèle. On commencera début 1968 par la mobilisation autour de la Cinémathèque, dont le ministre de la culture André Malraux avait démis le directeur Henri Langlois, avant de redescendre le cours d’un fleuve que l’on croyait alors révolutionnaire, de l’interruption du Festival de Cannes en mai aux « états généraux du cinéma », jusqu’à la création de la Société des réalisateurs de films (SRF).
A la Cinémathèque, on verra 57 des 65 longs-métrages projetés gratuitement à Cannes entre le 9 et le 23 mai 1969
Cette organisation qui fédérait les cinéastes français contre les règles corporatistes qui régissaient leur industrie, contre la censure qui régentait leur art, avait engagé des pourparlers avec le Festival officiel pour en obtenir la réforme. Face à l’incompréhension de l’establishment cinématographique, incarné à l’époque par le délégué général du Festival de Cannes, Robert Favre Le Bret, la SRF...




                        

                        


<article-nb="2018/04/02/19-6">
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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤ L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Christiane Taubira : « Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov »

L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 07h26
    |

                            Christiane Taubira (Ancienne garde des sceaux, ministre de la justice (2012-2016)








                        



                                


                            
[Opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov a été ­arrêté en mai 2014 par le Service fédéral de sécurité de la ­Fédération de Russie et condamné en août 2015 à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation d’un groupe terroriste ». Christiane Taubira est la marraine du mouvement demandant sa libération immédiate, qui a mis en ligne une pétition en ce sens sur le site Change.org]
Tribune. Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés.
« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre. Nous vivons depuis des années. Nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Je vous écris de la cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. ­Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise, et nous attendons encore le moment qui ­repasse le mur. »
C’est du poète Henri Michaux et cela sonne comme un manifeste pour prisonniers injustement détenus.
Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov.
Au nom d’un procès juste et équitable. Au nom du respect des droits de la ­défense. Au nom du refus de la torture, de tous traitements cruels, inhumains et ­dégradants. Au nom de la liberté ­d’expression et de la liberté artistique. Au nom du droit de se réclamer d’accords ­internationaux dûment conclus, ainsi des accords et protocoles de Minsk. Au nom tout simplement des principes d’un Etat de droit, ce qu’est censé être tout pays membre du Conseil de l’Europe. La Russie en est.
Nous demandons qu’Oleg Sentsov puisse revenir dans son pays, l’Ukraine.
Nous savons que nous vivons dans un monde de fracas. Les bombardements en Syrie, dans la Ghouta orientale ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-7"> ¤ Face à la révolution numérique imposée par Netflix et YouTube, les studios hollywoodiens doivent changer de modèle économique ou disparaître, analyse dans une tribune au « Monde » l’économiste Erwann Tison.
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« L’exclusivité doit redevenir le cœur même de toute expérience cinématographique »

Face à la révolution numérique imposée par Netflix et YouTube, les studios hollywoodiens doivent changer de modèle économique ou disparaître, analyse dans une tribune au « Monde » l’économiste Erwann Tison.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h00
    |

Erwann Tison (Economiste à l’Institut Sapiens, groupe de réflexion économique et social)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis 1930, date à partir de laquelle le cinéma a ­commencé à représenter la majorité des recettes du monde du spectacle à ­travers le monde, le 7e art a connu une progression presque linéaire de ses recettes. En France, l’année 2017 n’a pas dérogé à la règle, enregistrant près de 210 millions d’entrées, soit la troisième meilleure année depuis cinquante ans, ­selon le Centre national du cinéma (CNC).
Néanmoins, si la quantité semble être au rendez-vous, ce n’est pas forcément le cas de la qualité, du moins en ce qui concerne ­l’originalité des programmes. Selon le box-office Mojo, les vingt-cinq plus gros succès mondiaux ont rapporté 16 milliards de dollars (12,90 milliards d’euros) à travers le monde. Or, dans ce classement, seul un film, ­Dunkerque, de Christopher Nolan, est une création originale. Les autres films sont des remakes, des spin-off, des préquelles ou des suites (sequels), c’est-à-dire des dérivés d’une œuvre originale.
le public a une appétence pour les histoires qu’il connaît
Ce classement révèle que le public a une appétence pour les histoires qu’il connaît. On l’explique soit par une nostalgie latente chez les spectateurs, soit par une volonté de ne pas prendre le risque d’être déçu en allant visionner une œuvre que l’on ­connaît déjà et que l’on est sûr d’apprécier. Un choix motivé aussi par le prix relativement élevé d’une place de cinéma… Jean de La Bruyère disait : « Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent. »
Tout serait donc écrit depuis qu’il y a des hommes, et ce constat devrait enterrer l’originalité dans toute création artistique. Une intuition déjà affirmée par l’écrivain américain Kurt Vonnegut, qui en 1995 était persuadé qu’il n’existait que six formes différentes du récit. Ce qu’a confirmé en 2015 Matthew Jockers, professeur à l’université du Nebraska, qui a fait analyser plus de quarante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-8"> ¤ Le nouveau long-métrage de Steven Spielberg se déroule en 2045, mais puise abondamment dans le passé ou l’actualité du jeu vidéo.
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« Ready Player One », un film sur le jeu vidéo plus proche de la réalité que de la science-fiction

Le nouveau long-métrage de Steven Spielberg se déroule en 2045, mais puise abondamment dans le passé ou l’actualité du jeu vidéo.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h16
    |

            William Audureau








                        



   


La science-fiction a parfois un fort goût d’années 1990 et 2000. C’est le cas du nouveau long-métrage de Steven Spielberg, Ready Player One, sorti mercredi 28 mars en salles. 
A l’image de son titre, référence à une manière désuète de qualifier les joueurs, le film projette dans un futur dystopique de nombreuses idées de jeu vidéo qui existent depuis longtemps.
Le virtuel, techno actuelle mais vieux fantasme
Les mondes fictifs persistants
C’est le cœur du film, un univers parallèle baptisé L’Oasis, où les joueurs peuvent se retrouver et échanger tout en pouvant en sortir à tout instant. L’idée qu’un monde virtuel en trois dimensions continue d’exister date des débuts des jeux de rôle en ligne massivement multijoueur (ou MMORPG), un genre qui remonte au XXe siècle. Meridian 59, dès 1996, proposait déjà un univers en 3D où les joueurs se rencontraient.

Avant lui, plusieurs autres titres avaient proposé à ses participants de vivre une aventure virtuelle dans des mondes en 2D, comme Neverwinter Nights (1991) et même Habitat (1985). Au milieu des années 2000, des expériences comme Second Life et le PlayStation Home ont tenté une approche 3D plus communautaire, avec un succès relatif mais non nul. Mais World of Warcraft, sorti en 2004, demeure à ce jour le plus célèbre et le plus populaire.
Le tout premier MMORPG pour casque de réalité virtuelle, Orbus VR, a tout juste été lancé en accès anticipé en décembre 2017. Mais contrairement à ce que dépeint le film, cette technologie n’a pour l’instant connu qu’un succès confidentiel. Aucun ne propose le niveau d’immersion et de réalisme visuel de L’Oasis.

Les combinaisons sensorielles
S’il y a bien une technologie que le grand public a peu de chance d’avoir déjà goutée, c’est celle-ci : les combinaisons haptiques mises en scène dans le long-métrage, qui permettent au joueur d’avoir un ressenti physique quand il est touché. Sauf que là encore, Ready Player One nage dans un fantasme très années 1990 : l’Aura Interactor, la première du genre, date de 1994, et était compatible avec… la Mega Drive et la Super Nintendo.

Depuis les années 2010 et le regain d’intérêt pour la réalité virtuelle, plusieurs produits de ce type ont été lancés, chaque fois de manière confidentielle. Elles n’en sont toutefois qu’à un stade de commercialisation précoce : la Hardlight VR Suit a réussi sa campagne de financement participatif sur Kickstarter en 2017, et la Teslasuit est en précommande depuis le mois de mars.
Un long passif de créateurs farceurs
La figure du concepteur-démiurge
Toute l’intrigue du long-métrage consiste à remonter la psyché de James Halliday, créateur génial de L’Oasis, et lui-même présent dans le jeu sous la forme d’un avatar prestigieux. Une référence à peine voilée à Richard Garriott, créateur en 1981 de la série de jeux de rôle se déroulant dans un univers médiéval-fantastique Ultima, et depuis présent dans chacun de ses épisodes sous sa persona virtuelle de Lord British. Il sert dans le jeu à régénérer la vie de l’Avatar, le personnage du joueur. Il est par ailleurs censé être invincible.

De nombreux autres créateurs se sont directement mis en scène dans leur jeu vidéo, sans qu’il s’agisse de MMORPG. Parfois en leur nom propre – ainsi du français David Cage, qui s’est modélisé en 3D dans Farenheit (Indigo Prophecy en version américaine) en 2005 et guide le joueur lors du tutoriel. Le Japonais Hideo Kojima s’est lui mué en personnage secondaire d’agent secret baptisé Hideo, et surnommé « God », dans plusieurs épisodes de la série qui l’a rendu célèbre, Metal Gear Solid. Plus récemment, dans un registre proche du film, la voix off du jeu indépendant A Beginner’s Guide (2015) est celle de l’ami de son créateur.

Les easters eggs
Les easter eggs  (« œufs de Pâques », en anglais) datent, comme le film l’explique, du jeu vidéo Adventure en 1979. Il s’agit d’un texte ou d’une fonctionnalité cachés par le ou les programmeurs. Contrairement à ce que suggère Ready Player One, il ne s’agit pas de bonus ou d’épreuves secrètes, mais plutôt de clins d’œil à la réalité, comme le nom d’un programmeur, l’ancien logo d’une entreprise, ou une blague adressée au joueur. Ils jouent surtout sur le quatrième mur, qui différencie la fiction de la réalité. Citons le délicieux « Il n’y a pas d’easter egg ici, allez-vous-en » caché au sommet d’un pont dans GTA San Andreas. Et qui est… un easter egg.

L’amour, la monnaie et le travail virtuels existent déjà
L’amour en ligne
Pour les amateurs de jeux en ligne, et notamment du célèbre World of Warcraft, la question fera sourire : s’il n’existe pas de chiffres officiels ou d’étude à ce sujet, les témoignages de couples qui se sont rencontrés d’abord dans Azeroth, le territoire virtuel que l’on y explore, sont nombreux et ont déjà fait l’objet de nombreux articles, comme dans L’Obs en 2015. De la même façon que dans le film, les participants ne rencontrent d’abord que des avatars et des pseudonymes, mais peuvent rejoindre une guilde commune, apprendre à se connaître par le tchat vocal ou textuel, pour, s’ils le souhaitent, finir par se rencontrer « IRL » (in real life, dans la vraie vie).
L’économie virtuelle
Dans Ready Player One, les personnages passent leur temps à acheter des objets virtuels, ainsi qu’à collecter ou perdre des pièces. Il s’agit de fonctionnalités très répandues dans les jeux vidéo modernes. Qu’il prenne la forme de faux dollars, de cristaux ou encore de rubis, l’argent virtuel permet de rythmer la progression du joueur, en fixant par exemple des prix plus élevés pour les équipements réservés aux niveaux les plus durs, comme dans The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Il sert également de monnaie d’échange avec de l’argent réel, par exemple pour acheter des crédits supplémentaires ou des bonus dans Candy Crush Saga.

Cette dimension va parfois très loin. Le jeu vidéo communautaire islandais Eve Online est même connu pour son économie parallèle particulièrement complexe, tandis que l’économiste et ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis a même étudié la théorie du libre-échange du point de vue de la monnaie virtuelle dans des jeux vidéo.
Les joueurs-esclaves
Le film semble donner de l’économie du jeu vidéo une vision dystopique, celle d’un futur dans lequel des personnes en difficultés financières seraient détenues contre leur gré et contraintes à jouer pour rembourser leurs dettes, sous la forme d’un travail imposé.
Cette réalité n’a rien de fictionnelle : elle a déjà été documentée par une enquête du Guardian en 2011, sur des prisonniers chinois obligés à jouer pour créer des richesses virtuelles dans World of Warcraft (des gold farmers, dans le jargon), richesses ensuite revendues contre de l’argent réel.
Comme dans le film, ils portent souvent des suites de chiffres ou de symboles en guise de pseudonyme. Si la pratique a été officiellement interdite en Chine en 2009, le « métier » de gold farmer existe encore, et paye mal. En 2016, un Canadien gagnant sa vie en tapant sur des monstres virtuels témoignait travailler 72 heures par semaine pour un salaire non déclaré équivalent à environ 20 000 euros par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-9"> ¤ Le premier film de Jérémie et Yannick Renier comme réalisateurs manque totalement de maîtrise.
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« Carnivores » : deux sœurs devant la caméra de deux frères

Le premier film de Jérémie et Yannick Renier comme réalisateurs manque totalement de maîtrise.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Deux sœurs, actrices toutes les deux. A l’une la lumière, à l’autre l’ombre. Samia (Zita Hanrot), la plus expansive, a un enfant, un amoureux, et une carrière qui démarre bien. Le rôle de Justine qu’elle décroche dans un thriller aux accents sadiens, dirigé par un réalisateur belge tyrannique mais célèbre, lui promet une célébrité immédiate. Mona (Leïla Bekhti), plus réservée, est célibataire. A force d’écumer les castings sans succès, elle se fond dans l’ombre de sa sœur, devient à la fois la super baby-sitter de son fils et sa répétitrice sur le tournage. Un beau jour, Samia disparaît. Et Mona, insensiblement, se glisse dans ses souliers.
Etrange projet que ce film dont la situation de départ est celle des auteurs, les frères Jérémie et Yannick Renier. Acteurs belges tous les deux, le premier a vu sa carrière décoller après son premier rôle chez les frères Dardenne dans La Promesse, en 1995, tandis que son aîné restait cantonné à des rôles secondaires. Les voilà donc, à 37 et 42 ans respectivement, qui imaginent un thriller à partir de leur propre histoire et décident de la mettre en scène. Ce passage derrière la caméra est une première pour les deux, et c’est complètement raté.

        Lire la rencontre dans « M » :
         

          Les frères Renier à la même table pour « Carnivores »



Titre incongru
Intrigue cousue de fil blanc, ressorts dramatiques arbitraires, décors chaleureux comme un appartement témoin, caméra posée n’importe où pourvu qu’elle filme les visages des acteurs en train de parler, atmosphère aussi vibrante qu’une cantine d’entreprise à 11 heures du matin, montage bancal, focalisé sur les dialogues faute de susciter le frisson… Sans oublier ce titre incongru dont on se demande jusqu’à la fin quelle signification il est censé porter. Le film a beau durer moins d’une heure trente, il en pèse le triple.

Film français de Jérémie et Yannick Renier. Avec Leïla Bekhti, Zita Hanrot, Bastien Bouillon, Hiam Abbas (1 h 26). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/carnivores



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-10"> ¤ Dans « Porn Valley », la journaliste Laureen Ortiz brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie ».
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Bienvenue à Pornoland

Dans « Porn Valley », la journaliste Laureen Ortiz brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h42
    |

            Hélène Bekmezian








                        



   


Livre. Assise sur un canapé posé dans un garage quelque part sous le soleil de Los Angeles, Laureen Ortiz préfère, à ce moment précis, « se concentrer sur le petit chien qui se dandine autour [d’elle], une espèce de caniche blanc minuscule respirant l’innocence ». La journaliste, en pleine enquête de terrain, est allée au plus près de son sujet, et l’animal n’est pas de trop pour apaiser son malaise : « J’imagine que lui aussi ne comprend pas tout ce qui se passe ici. A ses yeux, une scène de sodomie est sans doute une bagatelle. Pour moi, c’est plus difficile, comme ça, en direct. Les gouttes de transpiration se transforment en sueur froide. » Bienvenue dans la réalité des films pornographiques.
Dès les premières pages de Porn Valley, cette journaliste indépendante basée à Los Angeles brise tout fantasme ou apparence de glamour qui pourrait encore exister autour de l’industrie du X, « la plus décriée de Californie », comme l’annonce le sous-titre.
Recul des limites de l’acceptable
Plus de cent vingt ans après le premier film à caractère pornographique, sorti en 1896 en France, les protagonistes du secteur eux-mêmes affichent un certain écœurement. Il suffit pour s’en convaincre de faire un tour sur le compte Twitter du réalisateur Mike Quasar, cité à de nombreuses reprises par l’auteure du livre. Dans ses messages, le cynisme le dispute au dégoût, comme lorsqu’il se plaint d’être obligé de devoir rester, pour le montage d’un film, devant son ordinateur pendant son jour de congé « jusqu’à ce que [ses] yeux saignent ».

When you're "day off" requires you to sit in front of a computer until your eyes bleed. https://t.co/B6nQsTbDOk— mikequasar (@Mike Quasar)


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Après un énième tournage mettant en scène une femme et son supposé demi-frère, il écrit avoir perdu toute « dignité ». Car ce que raconte surtout Laureen Ortiz dans cette passionnante enquête narrée à la première personne, c’est le virage inquiétant qu’a pris le milieu depuis quelques années, avec le développement des sites de diffusion de vidéos X gratuites et le recul toujours plus loin des limites de l’acceptable. Un membre de l’industrie raconte : « Dans les années 1980, on a inventé le porno dit “tabou”. Ça a donné une flopée de scénarios du genre “infirmière et patient”, “prêtre et bonne sœur”, “élève et professeur”, bon. Maintenant, c’est “père et fille”, “frère et demi-sœur”, tu vois le genre. » « Plus c’est déviant, mieux c’est », appuie un autre.
MindGeek, détentrice de tous les gros « tubes »
Désormais, une entreprise tentaculaire, dont le nom pourrait la faire passer pour une sympathique start-up, fait la pluie et le beau temps sur l’industrie et sur les scénarios de ces films : MindGeek. Détentrice de tous les gros « tubes » (ces sites qui diffusent du porno gratuitement), la boîte a racheté un à un la plupart des studios de la vallée de San Fernando, surnommée « Porn Valley ».
Début 2017, la réalisatrice française et ex-actrice X Ovidie avait déjà dénoncé, dans son documentaire Pornocratie, les pratiques de cette société que tout le monde connaît dans l’industrie du X mais que personne n’a jamais vue. « Barricadés à Montréal, en Floride, à Chypre, ainsi que dans divers paradis fiscaux », les dirigeants de MindGeek se sont imposés par la force et à distance. « Ils se sont construits sur le piratage, sur le vol de nos œuvres, puis ils sont devenus si gros qu’on a dû apprendre à travailler avec eux », résume l’actrice X Tasha Reign.
Les filles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant
« Tout vient du Canada. Ils nous envoient le script, le choix des filles, la catégorie, etc. Nous, on tourne, c’est tout », raconte un chef opérateur ayant requis l’anonymat. Les yeux rivés sur les algorithmes et l’analyse des données de leurs sites – davantage que sur la plastique des acteurs –, ces financiers avisés ont changé la donne dans la Porn Valley.
Sur les tournages, « les filles paraissent isolées. Elles arrivent, se préparent, se déshabillent, exécutent des figures relevant du sport de combat extrême, puis se barrent, le corps en lambeaux. Les bleus apparaissent les jours suivant », raconte Laureen Ortiz, que l’on suit dans ses doutes, ses impasses, ses questionnements.
Industrie sordide et impitoyable
Pour autant, l’industrie n’a pas attendu MindGeek pour être sordide et impitoyable, surtout avec les filles. Comme le dit une autre actrice, Nina Hartley, « faire du porno, ce n’est pas une question de morale, mais de classe sociale ». Les biographies des filles sont truffées de pères alcooliques, de mères toxicomanes, de violences sexuelles et, très souvent, nourries d’une éducation catholique très stricte.
Sur elles, le piège du X se referme très vite. « Au départ, tu ne comprends pas bien dans quoi tu tombes. Puis une fois que tu y es, tu ne peux plus en sortir », témoigne Phyllisha, ex-actrice et fil rouge du livre. Rob Spallone, réalisateur et « encyclopédie ambulante du porno », sort, lui, de ses vieux souvenirs l’histoire d’« une fille, très belle » : « Elle débarque et me dit qu’elle veut faire que du fille-fille. Tu parles ! Quatre mois plus tard, elle était au milieu d’un gang bang ! Sinon, tu dures pas et tu gagnes pas ta vie. »
Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré
La santé est un enjeu majeur de l’industrie, et ce n’est pas (que) à cause de MindGeek que les producteurs se sont élevés contre le port du préservatif. Quand celui-ci est devenu obligatoire, en 2012, les studios se sont simplement mis à filmer sans autorisation (entre 2012 et 2015, les demandes de permis de tourner des films X à Los Angeles ont chuté de 95 %).
Outre le VIH, « les staphylocoques sont monnaie courante », rapporte Phyllisha, qui pense être « protégée par une bonne étoile », puisqu’elle n’a attrapé « que » une chlamydiose. Les morts par overdose ou les suicides de filles du X ne datent pas non plus de l’arrivée d’Internet, mais depuis quelques mois, leur rythme semble s’être tristement accéléré : entre novembre et janvier, cinq jeunes actrices sont mortes dans des circonstances dramatiques. Une liste qui n’est sûrement pas exhaustive.
« Porn Valley. Une saison dans l’industrie la plus décriée de Californie », de Laureen Ortiz. Premier Parallèle, 320 pages, 19,90 euros



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-11"> ¤ La réalisatrice Chloé Zhao chronique la vie d’une famille indienne inscrite dans la tradition du western.
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« The Rider » : chevauchée à travers le mythe

La réalisatrice Chloé Zhao chronique la vie d’une famille indienne inscrite dans la tradition du western.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h37
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Puisque la réalisatrice, Chloé Zhao, malade, n’a pu venir à Paris, on ne saura pas le détail de l’étonnant voyage qui a amené une cinéaste née à Pékin à se faire la chroniqueuse de la vie quotidienne du Far West, le vrai, celui du XXIe siècle. Comme son premier long-métrage, Les Chansons que mes frères m’ont apprises (2015), The Rider a été tourné sur une réserve sioux du Dakota du Sud. On y retrouve les mêmes espaces sublimes et désolés des Badlands, le même tissu social fragile qui entrecroise la mémoire du destin des premières nations et la précarité, économique et sanitaire.

        Lire le reportage :
         

          A Telluride, trois films sur la ligne de départ pour les Oscars



Cette fois, le traitement impressionniste d’une société enfermée dans un cul-de-sac de l’histoire fait place à l’épopée intime, qui suit les traces d’un héros comme on n’en avait pas vu depuis longtemps, cavalier émérite coiffé d’un Stetson, un jeune ambitieux qui veut être respecté et adulé dans tout l’Ouest, à qui le destin joue de sales tours. On y retrouvera une bonne part de ce qui a fait, depuis un siècle, la grandeur du western – l’ampleur des chevauchées, la lutte pour l’espace, l’affrontement entre les cultures et les modes de vie –, modelé par un souci constant de faire sa place au réel. La tentative n’est pas inédite, mais Chloé Zhao la mène à bien comme peu de cinéastes ont su le faire, vigoureusement, délicatement

        Lire le post de blog :
         

          A Telluride, le Cambodge d’Angelina Jolie et le western de Chloé Zhao



Quand on découvre Brady Blackburn (Brady Jandreau), face à un miroir, sa chevelure à moitié rasée lui donne l’air d’un Iroquois asymétrique, sa mine angoissée et butée en fait un lointain cousin du Travis Bickle de Taxi Driver. Précautionneusement, le jeune homme se défait du pansement qui recouvre une terrible plaie. Grand espoir du circuit des rodéos, le jeune homme a été jeté à bas par sa monture qui lui a fracassé le crâne. Cet accident, dont les circonstances ont été empruntées à la biographie de Brady Jandreau mais dont les séquelles ont été, dans la réalité, moins lourdes, interdit en théorie à Blackburn de remonter à cheval, de vivre des deux métiers qui sont les siens, cavalier de rodéo et dresseur de chevaux.

        Lire le portrait :
         

          Brady Jandreau, Amérindien, cow-boy et acteur



En une succession de séquences qui semblent toutes arrachées à la vie quotidienne sur une réserve, Chloé Zhao construit le récit de la tempête qui fait rage sous le crâne fracturé de Brady. Le jeune homme vit dans un mobile-home avec son père, Wayne, et sa sœur, Lilly, handicapée (les deux rôles sont tenus par le père et la sœur de l’acteur). La mère et épouse gît tout près, dans un petit cimetière battu par le vent.
Révolte face à la fatalité
Comme son fils, Wayne vit – ou plutôt vivote – de sa science équestre. Lorsqu’il comprend que Brady est résolu à ne pas tenir compte de l’avis des médecins et à remonter en selle, ce père peu fiable (il oublie de payer le loyer, passe beaucoup de temps dans les casinos de la réserve) tente de l’en dissuader. Brady rend aussi visite à Lane, son ami et modèle, un type qui « a gagné 15 000 dollars en un été », en montant des taureaux. Victime d’un accident de voiture, Lane est resté tétraplégique, communique difficilement. Comme Brady qui regarde sur son téléphone la vidéo de son accident, le chevaucheur de taureaux contemple ses exploits passés sur un petit écran.
D’un côté, il y a la révolte face à la fatalité, le rappel incessant de la vocation par les voisins, par les clients qui voudraient que Brady débourre un cheval, en corrige un autre, de l’autre il y a les avertissements des médecins, les tentatives maladroites du père, les appels plus directs de la sœur, atteinte d’une forme d’autisme, pour ramener le jeune homme à la prudence, à la survie.
Chloé Zhao joue avec beaucoup de finesse de la contraction et de l’expansion de l’espace
Chloé Zhao joue avec beaucoup de finesse de la contraction et de l’expansion de l’espace. L’espace intérieur de Brady, tiraillé entre son rêve de grandeur et le lien très fort qui l’unit aux siens. L’espace de la réserve, fait d’intérieurs médiocres (le mobile-home, le supermarché dans lequel le jeune homme tient un emploi qu’il voudrait croire provisoire, le salon de tatouage improvisé de l’un de ses amis) et d’extérieurs dont les horizons semblent aussi lointains que ceux de l’océan.
L’image de Joshua James Richards passe au même rythme d’un réalisme documentaire au lyrisme. Dans ces moments, lorsque le film traverse un instant l’iconographie du western classique – un homme coiffé d’un grand chapeau qui traverse une plaine à cheval –, le genre prend alors une vigueur nouvelle, faite du deuil de ce que la conquête de l’Ouest a détruit et de la vitalité de ceux qui y ont survécu.

Film américain de Chloé Zhao. Avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau, Lane Scott (1 h 44). Sur le Web : www.filmsdulosange.fr/fr/film/243/the-rider



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-12"> ¤ A 23 ans, l’acteur néophyte a reconnu sa vie et celle des siens dans le film de Chloé Zhao, « The Rider ».
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Brady Jandreau, Amérindien, cow-boy et acteur

A 23 ans, l’acteur néophyte a reconnu sa vie et celle des siens dans le film de Chloé Zhao, « The Rider ».



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h36
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 07h38
    |

                            Thomas Sotinel








                        



                                


                            

En septembre 2017, tous les cow-boys étaient là, dans ce petit théâtre de Telluride (Colorado), qui aurait pu servir de décor à un western de Raoul Walsh. Après sa première à la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, le Festival de Telluride présentait The Rider, de Chloé Zhao. Les interprètes n’avaient pas pu faire le voyage à Cannes, mais il y a moins loin du Dakota du Sud au Colorado. Autour de Brady Jandreau, il y avait son père, Tim, sa sœur Lilly et son ami Lane Scott dans son fauteuil roulant. The Rider a beau être un film grave et souvent mélancolique, la projection s’est terminée dans une ambiance de saloon, comme si Belle Starr venait de se produire sur scène. Il ne manquait que les coups de pistolet tirés en l’air.

Depuis, Brady Jandreau n’a pas beaucoup vu les chevaux qu’il élève, occupé par la promotion du film, qui fait la tournée des festivals (après Telluride, New York, Sundance et Austin, pour ne parler que des Etats-Unis) en attendant la sortie en salle aux Etats-Unis, le 13 avril, qui sera précédée d’une avant-première dans le cadre du grand rodéo d’Albuquerque (Nouveau-Mexique).
En attendant, Brady Jandreau, 23 ans, a traversé l’Atlantique avec son épouse et leur nouveau-né. Sa veste frappée du logo « Brady Jandreau Performance Horses » le distingue nettement du reste de la clientèle du petit hôtel chic de la rive gauche où ils sont descendus.
« C’est la première fois que je reste aussi longtemps sans monter », remarque-t-il. Sur la réserve de Lower Brule, dans le Dakota du Sud, pas très loin de celle de Pine Ridge où le film a été tourné, il développe son élevage de broncos, destinés à la monte ou au rodéo. « Je suis un quart sioux lakota, explique-t-il, j’ai toujours été inscrit dans une réserve. » Il a aussi toujours monté à cheval.
« Je suis resté cinq jours dans le coma »
En 2015, Brady Jandreau travaillait sur un ranch de Pine Ridge quand Chloé...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-13"> ¤ De Vilnius au conflit du Donbass, le cinéaste lituanien Sharunas Bartas retrouve la grâce.
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« Frost » : les amants du dégel

De Vilnius au conflit du Donbass, le cinéaste lituanien Sharunas Bartas retrouve la grâce.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h34
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 20h25
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Il fut un temps, à la fin des années 1990, où la seule évocation du nom Sharunas Bartas suscitait chez certains cinéphiles une ferveur quasi religieuse. Peu vus mais largement commentés, les cinq longs-métrages qu’il avait réalisés dans les décombres de l’empire soviétique (Trois jours, 1991, Corridor, 1994, Few of Us, 1996, The House, 1997, Freedom, 2000) lui avaient valu la reconnaissance de ses pairs – Jean-Luc Godard et Leos Carax en tête – et de la critique la plus avertie.
Hiératiques et désespérés, émotionnellement intenses, plastiquement renversants, ces films désignaient cet enfant du « dégel », né à Vilnius en 1964, comme le dernier dépositaire de la grande tradition du cinéma soviétique – et comme le fils spirituel d’Andreï Tarkovski. Un poète prophète dont le regard de glace annonçait des heures sombres, et dont on racontait qu’il fédérait autour de lui, dans un studio artisanal niché dans la forêt, un clan de collaborateurs dévoués prêts à le suivre au bout du monde. Les années 2000 furent plus erratiques. Coproduit par des Européens, en prise avec les formes plus conventionnelles du polar et du road-movie, Seven Invisible Men (2005) et Indigènes d’Eurasie (2010) sont des films moins pleins, plus heurtés. Ponctués de moments de grâce, ils témoignent d’une difficulté de l’auteur à fondre sa vision dans la linéarité de ces canevas exogènes.
Road-movie sur fond de guerre
Si l’on a pu douter du bien-fondé de ce changement de cap, Bartas, lui, s’est obstiné, et Frost lui donne enfin raison. Présenté en 2017, à Cannes, à la Quinzaine des réalisateurs, ce road-movie sur fond de guerre du Donbass vous saisit dès le début pour ne plus vous lâcher. Il vous aimante aux visages bouleversants de ses personnages, aux formes abstraites de la route qui défile, aux traces des néons rouges et bleus, des arbres morts dans les paysages enneigés.
Que ce film arrive après Peace to Us in Our Dreams (2015), fragile écrin dédié à la mémoire de l’ancienne compagne et muse de l’auteur, l’actrice et poétesse Katerina Golubeva (morte en 2011), n’est sans doute pas un hasard. Malgré son titre givré, malgré un pessimisme sans concession que l’état du monde en général, et le postsoviétique en particulier, offrent peu de raison de railler, Frost a des airs de retour à la vie. Illuminé par la beauté de ses acteurs, Andrzej Chyra et Lyja Maknaviciute, il suit le périple des deux ­jeunes amants qu’ils interprètent, dont les sentiments sont mis à l’épreuve du chaos du monde.
D’Andreï et Inga, on ne sait rien sinon qu’ils vivent ensemble à Vilnius dans un petit appartement, partageant ce qui ressemble à une forme très contemporaine de précarité. Et qu’un soir, Andreï se voit proposer de transporter un chargement d’aide humanitaire jusqu’en Ukraine, où la guerre civile fait rage entre nationalistes et ­séparatistes prorusses. Le jeune homme pose quelques questions sur les risques de l’opération, la nature du chargement, les enjeux du conflit, n’obtient que des ­réponses évasives, puis accepte. Ses motivations restent opaques pour le spectateur autant que pour Inga, qu’il embarque avec lui dès le lendemain.
Vivre l’instant présent
A mesure qu’ils passent les frontières de Pologne, les checkpoints d’Ukraine, que les nouvelles du front remettent en cause les directives qu’ils ont reçues au départ, qu’ils perdent leurs repères dans ce pays inconnu, l’horizon de leur périple se fait plus lointain, plus incertain. De détours en escale, cette guerre à laquelle ­Andreï ne comprend rien, dont il n’a vu qu’une vidéo sur Internet la veille du départ, dont tous ceux qu’il rencontre lui racontent le parfum de mort, devient une obsession. Un fantasme d’autant plus excitant qu’il paraît de plus en plus dangereux.
En attendant, il faut vivre l’instant présent qui, en temps de guerre, est toujours plus intense. C’est ainsi qu’au détour d’une nuit passée dans un hôtel de luxe Inga disparaît dans la chambre de leur fixeur, abandonnant Andreï dans la suite d’une Française solitaire et déracinée, souverainement interprétée par Vanessa Paradis.
Point de rupture du film, cette brèche dans le récit voit culminer la crise qui couvait au sein du couple, et l’amour, libéré in extremis de l’ankylose du quotidien, reprendre ses droits. Rivé au trajet du camion, le film avance plus que jamais, dès lors, comme un bateau ivre, tendu entre l’attrait morbide d’Andreï pour le front, pour cette guerre absurde, aveugle, dont il veut sentir le frisson, et la pulsation chaude, intense, galvanisante, du sentiment amoureux à vif qui le lie à Inga. La foi dans l’humain, dans l’amour, dont il témoigne, n’a jamais été si vive chez le cinéaste lituanien. En magnifiant ainsi ces amants romantiques, lointains cousins des héros tragiques de Badlands, de Terrence Malick, ou de Panique à Needle Park, de Jerry Schatzberg, Sharunas Bartas signe un des plus beaux films de sa carrière.

Film lituanien, français, ukrainien et polonais de Sharunas Bartas. Avec Andrzej Chyra, Lyja Maknaviciute, Vanessa Paradis (2 h 12). Sur le Web : www.rezofilms.com/distribution/frost



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-14"> ¤ Le réalisateur signe un film d’aventures à grand spectacle, qui se déroule en 2045, entre monde virtuel et réel.
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« Ready Player One » : Spielberg renoue avec son âme d’enfant

Le réalisateur signe un film d’aventures à grand spectacle, qui se déroule en 2045, entre monde virtuel et réel.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 21h25
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – à ne pas manquer
Entre Cheval de guerre, Lincoln, Le Pont des espions et Pentagon Papers, la filmographie de Steven Spielberg a pris, au cours des années 2010, un tour très sérieux. Cette série de fresques historiques trempées dans des bains de couleurs désaturées pouvait laisser croire que l’inventeur du block­buster, après trois décennies passées à enchanter la jeunesse du monde entier, avait tourné la page de l’entertainment pur jus. Loin de contredire cette idée, le ratage du Bon Gros Géant, adaptation emplâtrée du roman éponyme de Roald Dahl sortie en 2016, pouvait suggérer qu’il avait perdu contact avec son premier public.
Le tsunami Ready Player One remet brutalement les pendules à l’heure. Renouant avec les plaisirs du film d’aventures à très grand spectacle, déployant une inventivité atomique, totalement jubilatoire, le cinéaste américain s’apprête non seulement à sidérer les gamins du monde entier, mais à réveiller chez les adultes les enfants qu’ils ont jadis été.

        Lire l’entretien avec David Peyron, auteur de « Culture geek » :
         

          « “Ready Player One”, c’est la nostalgie réinventée en permanence »



Inspiré d’un roman à succès d’Ernest Cline, le film se déroule en 2045 entre les bidonvilles saturés d’échafaudages de la ville dépotoir qu’est devenue Columbus (Ohio) et les décors bariolés, perpétuellement mutants, du paradis virtuel de l’Oasis. Imaginé vingt ans plus tôt par le bien nommé James Halliday, ce monde qui se développe au gré de l’imagination des joueurs est devenu l’ultime refuge pour les habitants d’une planète surpeuplée, sururbanisée, surexploitée, où l’air est devenu irrespirable.

        Lire le portrait dans « M » :
         

          Ernest Cline, un fan de Spielberg adapté par son idole



Déployant une inventivité atomique, totalement jubilatoire, le cinéaste américain s’apprête à sidérer les gamins du monde entier
Dans l’enveloppe de son avatar Parzival qu’il endosse en allumant son casque de réalité virtuelle, le jeune Wade Watts (Tye Sheridan, remarqué il y a quelques années dans Tree of Life, de Terrence Malick, et dans Mud, de Jeff Nichols) passe le plus clair de son temps, obsédé par l’idée de trouver un « Easter Egg » (« œuf de Pâques ») caché dans le système par son créateur. L’existence de cet artefact a été révélée dans une vidéo mise en ligne après sa mort, dans laquelle James Halliday annonçait qu’il ferait de celui qui le trouve son légataire universel, et énonçait trois énigmes qu’il fallait résoudre pour y arriver.

        Lire l’entretien avec Ernest Cline, auteur de « Ready Player One » :
         

          « J’ai grandi à l’époque parfaite »



Le jeu est virtuel, mais l’enjeu tout ce qu’il y a de plus réel : 500 milliards de dollars (403 milliards d’euros), et le contrôle de l’entreprise qui gère l’Oasis. Autant dire que les jeunes geeks passionnés ne sont pas seuls dans la course. Des escouades de joueurs financés par des entreprises se démènent depuis des années dans ce monde parallèle pour résoudre la première énigme, se relançant ad nauseam dans une course de voitures défiant les lois de la gravité pour finir balayés par un gigantesque Donkey Kong.
Réel contaminé par le virtuel
Espérant y trouver la clé des énigmes, Wade Watts passe des heures dans la grande bibliothèque de l’Oasis où la mémoire d’Halliday est entièrement stockée sous forme de fichiers vidéo. Il a par ailleurs des amis – Art3mis, la guerrière sexy et solitaire, Aech, le forgeron, garagiste et bricoleur géant, Sho le ninja et Daïto le guerrier samouraï – qui l’aident à avancer, et leurs premiers succès les désignent comme cibles à abattre par la puissante multinationale IOI. Jusqu’à quel point peut-on faire confiance à un avatar ? Cette question, qui empêche d’abord le groupe de se souder, se résoudra dans le monde réel où, traqué par les dirigeants de la firme, chacun se présentera sous son vrai visage.
De la réalité de Columbus au rêve de l’Oasis, l’action circule sans donner la moindre sensation de rupture, exprimant un état de la post-humanité où le virtuel a contaminé le réel. Cette fluidité, traduite à l’écran par une succession de décors qui s’autogénèrent les uns les autres à la vitesse de la pensée, est à l’œuvre depuis le scénario, dont la complexité est à peine perceptible : l’enquête dans la psyché de James Halliday, la guerre entre les jeunes héros et les dirigeants sans foi ni loi de la multinationale, la résolution des énigmes du jeu, la vie sociale dans l’Oasis, le roman d’apprentissage de Wade, son histoire d’amour avec la vraie jeune fille qui se cache derrière Art3mis… Ces multiples niveaux de récits s’imbriquent aussi organiquement que les flux d’information dans les tuyaux du Web.
Feu d’artifice citationnel
Dans le rôle du lubrifiant : la banque de pop culture qu’enferme la mémoire de James Halliday, à partir de laquelle il a élaboré son monde. Les références au cinéma et à la musique des années 1970 et 1980 et aux jeux vidéo de plus ou moins toutes les époques saturent les plans d’une profusion anarchique de signes qui donnent à ce récit futuriste la forme étrangement anachronique qui en fait le charme. Quand les personnages ne se battent pas contre des zombies dans l’hôtel de Shining, quand leurs voitures ne s’envole pas dans les airs au son de Jump de Van Halen, ils lévitent au-dessus du vide sur le dancefloor de La Fièvre du samedi soir, font jaillir des Aliens de leur ventre pour rigoler, convertissent leur connaissance encyclopédique de la filmographie de John Hughes en arme de guerre psychologique… Ce feu d’artifice citationnel n’a rien de gratuit : il célèbre cette culture de l’entertainment dont Spielberg est incontestablement le parrain (Ernest Cline, l’auteur du livre, revendique l’influence que ses films ont eue sur lui), qui a fertilisé l’imaginaire de générations de jeunes gens en leur fournissant une langue commune et un fil précieux qui les rattache à l’enfance.
Le monde ravagé de Ready Player One rappelle celui de A.I. Intelligence artificielle. Face à ses jeunes héros qui apprennent ensemble à développer des sentiments, des liens de solidarité, un sens de la responsabilité, on pense parfois à David, l’enfant robot sensible que rejetaient des humains incapables d’aimer. Si séduisante que soit l’Oasis, elle n’est qu’une prison pour ceux qui cherchent à fuir leur condition humaine : c’est là le véritable héritage de James Halliday, à qui il aura fallu une vie entière pour comprendre qu’il était passé à côté de la sienne. Cette veine mélancolique dont la charge émotionnelle explose dans une scène finale magnifique traduit ce conflit jamais résolu chez le cinéaste entre un optimisme enfantin vis-à-vis du progrès technologique et une angoisse profonde quant à ses effets sur des adultes dangereusement irresponsables.

Film américain de Steven Spielberg. Avec Tye Sheridan, Olivia Cooke, Ben Mendelsohn, Lena Waithe (2 h 20). Sur le Web : www.facebook.com/ReadyPlayerOneFr, readyplayeronemovie.com et www.warnerbros.com/ready-player-one



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-15"> ¤ Jérémie et Yannick ont écrit et réalisé ensemble ce thriller psychologique en salle le 28 mars. L’occasion de sublimer leur « rivalité fraternelle » et de confronter leurs expériences comme leur « différence de notoriété »…
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Les frères Renier à la même table pour « Carnivores »


                      Jérémie et Yannick ont écrit et réalisé ensemble ce thriller psychologique en salle le 28 mars. L’occasion de sublimer leur « rivalité fraternelle » et de confronter leurs expériences comme leur « différence de notoriété »…



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 08h11
    |

                            Emilie Grangeray








   


C’est une histoire vieille comme celle d’Abel et de Caïn. Dans Carnivores, Mona (jouée par Leïla Bekhti) est une jeune femme promise à un avenir de comédienne, qui se voit ravir le rôle par Sam, sa petite sœur (Zita Hanrot). Au scénario comme à la réalisation, deux demi-frères : Yannick (42 ans, comédien de théâtre et de cinéma) et Jérémie Renier (37 ans, chouchou des frères Dardenne et de François Ozon).
Ce n’est pas la première fois que le brun et le blond se retrouvent sur un plateau : en 2006, dans Nue propriété, de Joachim Lafosse, ils jouaient les fils d’Isabelle Huppert. Et c’est sur ce film qu’est née l’envie de travailler ensemble. « Nous faisons le même métier et avions envie de mettre en commun la richesse de nos expériences, de les confronter aussi. D’autant que notre différence de notoriété a pu à la fois porter à rire et être cruelle », explique Yannick Renier, davantage dans l’ombre que son cadet, quelque quarante-cinq longs-métrages au compteur, dont Saint Laurent et Cloclo.

« Heureusement pour nous, et contrairement aux personnages de notre film, nous en avons toujours parlé, précise Jérémie. Nous avons donc eu envie de projeter cette rivalité fraternelle, légendaire, mythique, dans un thriller psychologique et de voir, en poussant la machine jusqu’au bout, ce que cela peut donner quand les non-dits subsistent. » 
Plaisir partagé
C’est à quatre mains qu’ils écrivent, jouant parfois eux-mêmes les scènes, et se faisant aider par deux coscénaristes. Ensemble qu’ils tournent, partageant, pendant huit semaines, le même appartement. « Tout s’est fait en confiance totale et en totale concertation », affirme ce monstre à deux têtes.
Si les deux frères ont pris énormément de plaisir à tourner ce film, Yannick tempère, dans l’immédiat, son désir de réalisateur : « En tant qu’acteur, on peut se reposer sur les autres, on est protégé. Vu l’investissement et la concentration que nécessite la réalisation, il faut que cela soit absolument vital pour se lancer. » Jérémie, lui, a plus qu’envie d’y retourner : « La création a été jouissive. Je me suis vraiment senti à ma place. » 

        Lire aussi :
         

                Cannes 2017 : Jérémie Renier joue les jumeaux



« Jérémie a toujours rêvé d’être réalisateur. Déjà, tout petit, il avait une caméra à la main », se souvient son frère. Et d’ajouter, après l’avoir vu à l’œuvre : « Il peut voir ou entendre ce que personne ne remarque : le chant des oiseaux, un point de couleur qui a changé entre deux prises. Il a un sens et une mémoire du détail qui sont ceux d’un réalisateur. » Un hommage très fraternel.
« Carnivores », de Jérémie et Yannick Renier, avec Leïla Bekhti et Zita Hanrot. En salle le 28 mars.



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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤ Dans un documentaire apaisé, Christian Sonderegger retrace, en mêlant séquences filmées et archives, la transition de sa demi-sœur Suzanna en homme.
<filname="PROF-0,2-3476,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

« Coby » : parcours intime d’un transgenre

Dans un documentaire apaisé, Christian Sonderegger retrace, en mêlant séquences filmées et archives, la transition de sa demi-sœur Suzanna en homme.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h29
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h59
    |

            Jacques Mandelbaum








                        



L’avis du « Monde » – à voir
Révélé durant le Festival de Cannes 2017 dans la petite mais vigoureuse section de l’ACID, ce remarquable documentaire consacré à la transformation de longue haleine d’une fille du Midwest en garçon passablement testostéroné sort, par les hasards de la programmation, un mois après Finding Phong, de Tran Phuong Thao et Swann Dubus, qui relatait quant à lui la délicate métamorphose d’un garçon vietnamien en jeune fille. Nonobstant le sens du changement et ses implications différentes, ces deux documentaires ont en partage ce qui les rend si intéressants : le respect absolu de leur sujet, l’intérêt pour le mouvement psychologique accompagnant le processus, l’inclusion dans le film d’une chronique filmée au long cours, réalisée par l’intéressé(e).

        Lire le récit :
         

          De Suzanna à Coby, une opération à œil ouvert



Christian Sonderegger, qui n’est autre que le demi-frère français de Coby (lien apparemment complexe qu’il n’a pas souhaité évoquer dans le film), arrive dans l’après-coup, alors que le jeune homme de 29 ans est déjà un solide ambulancier de nuit, vivant avec son amie Sara. Son film enregistre cet état de fait, en s’ouvrant sur des scènes de la vie quotidienne dont le spectateur est à mille lieues d’imaginer qu’elles se rapporteront à ce type de sujet. Puis le film redéploie lentement le modus operandi de la métamorphose qui a mené sa jeune demi-sœur Suzanna, à l’âge de 23 ans, à décider de changer de sexe, à se prénommer Coby, à vivre en couple avec Sara et à faire accepter ces modestes bouleversements.

Humour distancié et acide
Etonnamment apaisé, marqué par l’humour distancié et acide qu’instille Coby dans le récit de sa propre histoire, le film n’en porte pas moins les ondes du plus grand tremblement de terre intime que peuvent vivre tant un individu qu’une famille. Les parents, le frère, la petite amie, le médecin, tous ici se révèlent formidables, quand bien même un trouble très profond et des pointes de dépit – et comment ne pas le comprendre ? – s’entendent du côté du père et de la mère. Le film donne à voir à quel point cet environnement, passé les orages évoqués d’une jeunesse terriblement insatisfaite puis du coming out, a même pu protéger Suzanna dans un processus dont le film ne nous cache pas, par ailleurs, la lourdeur. Prise de testostérone, ablation des seins et de l’utérus, utilisation d’une prothèse et d’un « pisse-debout », questionnements sur l’incompatibilité entre la pose chirurgicale d’un pénis et la gestation d’un enfant : autant d’étapes que seule l’exigence impérative d’une libération peut permettre de tolérer.
Il y a enfin ce sentiment de fantastique que distille le film, qui naît du contraste entre la trivialité d’une petite ville américaine et le caractère exceptionnel de la situation des personnages (cette conversation à l’épicerie entre Coby et Sara, dans laquelle elle lui dit, à proximité du caramel corn et des lollipops, qu’elle rêve toujours de lui avec un pénis !). Sentiment qui provient aussi du brassage continu entre les scènes tournées par le réalisateur et les nombreux extraits d’archives vidéo qui nous font découvrir par étapes l’insensible et pourtant spectaculaire transformation de Suzanna. On peut dire alors que quelque chose de l’ordre du mystère s’opère sous nos yeux.

Documentaire français de Christian Sonderegger (1 h 17). Sur le Web : www.epicentrefilms.com/Coby-Christian-Sonderegger



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-17"> ¤ Garth Davis propose une spéculation féministe autour du personnage de Marie de Magdala, extrapolant à partir des évangiles canoniques.
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« Marie Madeleine » : un apocryphe du XXIe siècle

Garth Davis propose une spéculation féministe autour du personnage de Marie de Magdala, extrapolant à partir des évangiles canoniques.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h27
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – pourquoi pas
Spéculation féministe autour des évangiles, Marie Madeleine est pour l’instant privée de sortie en salle aux Etats-Unis, où le film devait être distribué par la Weinstein Company, aujourd’hui en faillite. La sainte paie ainsi pour les péchés d’Harvey, preuve, s’il en fallait encore une, que « le royaume n’est pas de ce monde ». Cette circonstance ajoute encore à l’étrangeté de ce projet, dans lequel on retrouve aussi bien les traces des efforts de Pasolini pour donner un visage cinématographique aux textes sacrés que les figures les plus sulpiciennes de la tradition hollywoodienne. Ces aspirations contradictoires – la rigueur et le pathos – empêchent le film de s’élever jusqu’aux hauteurs auxquelles il aspire.
Selon Helen Edmundson et Philippa Goslett, les scénaristes, Marie de Magdala (Rooney Mara) était sur le point de fâcher son père (Tchéky Karyo) et son frère (Denis Ménochet) tant elle mettait de mauvaise volonté à choisir un époux, au moment où Jésus de Nazareth (Joaquin Phoenix) fit un détour par son village des bords du lac de Tibériade, accompagné des apôtres Pierre (Chiwetel Ejiofor) et Judas (Tahar Rahim). Le récit fait des efforts presque surhumains pour concilier les éléments présents dans les évangiles (l’exorcisme de Marie Madeleine par le Christ, son compagnonnage avec Marie) et la thèse ici avancée, qui se fonde en partie sur certains textes apocryphes : le christianisme primitif était une affaire de femmes qui fut confisquée par des mâles, au premier rang desquels Pierre.
On laissera le fond de l’affaire aux théologiens, mais on est forcé – en tant que spectateur – de constater que cette position enferme Garth Davis dans un dilemme insoluble, l’imagination étant toujours contrainte par le respect témoigné, en dernière instance, aux textes canoniques, ce respect devant lui-même s’accommoder des lois du spectacle. Ce qui a pour effet d’entraver le développement des personnages, quels que soient les efforts des acteurs (de ce point de vue, Tahar Rahim et son Judas bipolaire, qui passe de l’exaltation révolutionnaire au défaitisme abject, s’en tire mieux que d’autres).
Hétérogénéité de la distribution
On aura remarqué l’hétérogénéité de la distribution, qui parle anglais avec une belle diversité d’accents, à l’exception des deux rôles principaux. Rooney Mara, incisive, opaque, comme à son habitude, se permet de suggérer toutes les dimensions de l’attraction qu’exerce Jésus sur Marie Madeleine. Le messie de Joaquin Phoenix est à mi-chemin entre la star du rock alternatif (quel fardeau que la popularité) et le mutant qui n’est pas seulement humain, une combinaison qui ne trouve pas toujours de sens. La diversité des origines des acteurs qui interprètent les apôtres n’est jamais mise en œuvre, apparaissant comme un parti pris sympathique dont le metteur en scène n’a su que faire.
Le scénario situe la rencontre entre la sainte et le messie quelques semaines avant la passion. Celle-ci prend possession du film (qui évite heureusement les excès sanguinolents de la lecture qu’en fit Mel Gibson), révélant ainsi ses faiblesses. Malgré les efforts des costumiers et des décorateurs (lin tissé grossièrement et paysages de la Basilicate, comme dans L’Evangile selon saint Mathieu, de Pasolini), il ne s’agit plus que de réciter une histoire qui a déjà défait la plupart des réalisateurs qui l’ont affrontée.

Film britannique et américain de Garth Davis. Avec Rooney Mara, Joaquin Phoenix, Chiwetel Ejiofor, Tahar Rahim (2 heures). Sur le Web : fr.universalpictures.ch/mary-magdalene et www.marymagdalenefilm.co.uk



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-18"> ¤ Le film de Mauro Bolognini, avec Mastroianni et Claudia Cardinale, ressort en salle en version restaurée.
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Reprise : avec Antonio, Marcello déchirait son image de « latin lover »

Le film de Mauro Bolognini, avec Mastroianni et Claudia Cardinale, ressort en salle en version restaurée.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h26
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 08h06
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


De retour dans sa ville natale de Catane en Sicile, Antonio Magnano (Marcello Mastroianni) jouit d’une solide réputation d’homme à femmes. Ses parents, qui ont contribué à nourrir cette image de coureur de jupons, ont arrangé un mariage entre leur fils et la belle et sage Barbara Puglisi (Claudia Cardinale), la fille du notaire. Les deux tourtereaux fraîchement mariés s’installent à la campagne, mais c’est alors que la rumeur se propage : le mariage n’aurait pas été consommé, et la famille de Barbara menace d’annuler cette union.
Le Bel Antonio, dont le scénario, coécrit par Pier Paolo Pasolini, est tiré d’un roman de Vitaliano Brancati, accomplit l’étonnante et comique prouesse de ne parler, pendant une heure quarante-cinq, que de sexualité, tout en reconduisant la formule qui dit que ceux qui en parlent le plus sont ceux qui le font le moins.
Prisonnier de sa réputation
Et c’est surtout la vie sexuelle d’Antonio qui est au cœur des conversations, mâle dominant salué sur son passage par tous les habitants de Catane. A travers lui s’exalte une certaine idée de la masculinité : être un homme, c’est être fertile, volage, viril.
Antonio est à ce point célébré qu’une inquiétude finit par poindre : serait-il autre chose qu’un coq dans une basse-cour ? Là où il passe, l’homme fait l’objet de commentaires élogieux et de compliments, comme si sa vie sexuelle, dont il est absolument dépossédé, était semblable à un match de foot que tout le monde aurait regardé la veille. Par cette invraisemblable logorrhée collective aussi comique qu’effrayante, le brûlot ne se fait pas attendre. Car à travers cette caricature, c’est la société italienne qui est visée : l’Eglise catholique, l’asphyxiante cellule familiale et le voile d’hypocrisie qui crée un profond déséquilibre entre l’expérience des hommes et l’immaturité sexuelle des femmes.
« Le Bel Antonio » fait remonter à la surface ces forces contraires qui hantent un homme au point qu’il ne puisse plus jouir
Celles-ci, victimes d’une vision puritaine, se divisent d’ailleurs en deux catégories : il y a celles avec lesquelles on prend du plaisir, et celles, sacralisées, avec lesquelles on se marie ; la vision puritaine et dissociée de la femme entre la maman et la putain.
C’est de cette impossible réconciliation entre deux images que souffre Antonio. Un détail en rend compte : l’homme tombe amoureux de sa future femme sans l’avoir jamais vue, si ce n’est en photo. Barbara est une icône, un « ange », comme Antonio aime à l’appeler, elle est donc intouchable. Et c’est pourtant elle qui se plaint de ne pas être « honorée » par son mari. Si bien qu’on ne sait plus ce que signifie respecter une femme : la toucher ou la tenir à distance.
Très habilement, et sous les atours d’une fable qui évoque à beaucoup d’égards le cinéma de Luis Buñuel et une version inversée de Cet obscur objet du désir, Le Bel Antonio parvient à faire remonter à la surface tout cet arrière-fond de forces contraires qui hante un homme au point qu’il ne puisse plus jouir.
Etonnante actualité
Antonio, prisonnier de sa réputation, c’est aussi Marcello Mastroianni qui, de concert avec Mauro Bolognini, s’amuse à déchirer l’image de latin lover qui lui a toujours collé à la peau, à la manière d’un Cary Grant qui aimait à mettre en scène sa part féminine et bisexuelle dans les films de Howard Hawks – Le Bel Antonio sort quelques mois après La Dolce Vita.
D’une étonnante actualité, le film raconte de manière très limpide que la sphère la plus intime, la sexualité, n’est pas un monde hors-sol. Elle est soumise à l’air du temps. Peut-être est-ce là une des constantes du cinéma italien de l’époque, qui n’a cessé de mettre en scène cette bataille entre l’individu et le collectif, tentant de faire reculer la famille, la société et la religion, pour qu’enfin puissent triompher l’intimité, l’imaginaire, le fantasme.

Film italien de Mauro Bolognini (1961). Avec Marcello Mastroianni, Claudia Cardinale, Pierre Brasseur, Tomas Milian (1 h 45). Sur le Web :



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-19"> ¤ La réalisatrice Stéphane Mercurio a recueilli les témoignages d’anciens prisonniers qui racontent une vie brutale et déshumanisante.
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« Après l’ombre » : retour sur la vie en détention

La réalisatrice Stéphane Mercurio a recueilli les témoignages d’anciens prisonniers qui racontent une vie brutale et déshumanisante.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h24
    |

                            Murielle Joudet








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Après avoir consacré son premier long-métrage (A côté, 2007) aux témoignages de compagnes de détenus qui attendaient l’heure du parloir, Stéphane Mercurio poursuit sa réflexion sur le système pénitentiaire français raconté par ceux qui le subissent. Dans Après l’ombre, la documentariste suit le metteur en scène Didier Ruiz alors en pleine répétition de sa pièce où d’anciens détenus de longue peine et la compagne d’un ancien prisonnier reviennent sur leur quotidien en prison ou auprès d’un détenu.
A travers leurs témoignages, c’est l’histoire d’un système pénitencier brutal et déshumanisant qui se raconte et qui affecte chaque strate de l’intimité : la vie de famille, la sexualité, la santé physique et mentale. Sans jamais tomber dans le misérabilisme, Après l’ombre, et avec lui, la pièce de Didier Ruiz, est là comme un écrin venant recueillir les souvenirs de ces hommes meurtris mais toujours infiniment dignes.
Une évidente portée politique
Emouvant, le film n’en est pas moins aussi un document précieux sur les conditions de détention des prisonniers de longue peine. On apprend ainsi comment un détenu se débrouillait pour pouvoir mener un semblant de vie sexuelle en passant par les petites annonces d’un journal, ou comment beaucoup d’entre eux se sont vus refuser une permission pour assister aux obsèques de leurs proches.
Lors d’une séquence où les anciens détenus travaillent avec une chorégraphe, l’un d’eux s’arrête et avoue ne pas pouvoir supporter d’être touché depuis trente ans, trop habitué à l’être « pour et par la violence ». D’un dispositif simple et ténu, Stéphane Mercurio tire un film juste et d’une évidente portée politique.

Documentaire français de Stéphane Mercurio (1 h 33). Sur le Web : www.docks66.com/distribution/apres-lombre



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3476,1-0,0-20"> ¤ Première adaptation animée du classique de l’écrivain américain, le film d’Alexandre Espigares se distingue par son exigence plastique et son scénario habile.
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« Croc-Blanc » : Jack London reprend des couleurs

Première adaptation animée du classique de l’écrivain américain, le film d’Alexandre Espigares se distingue par son exigence plastique et son scénario habile.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h23
    |

                            Thomas Sotinel








                        



   


L’avis du « Monde » – à voir
Les animaux ne parlent pas, n’ont pas la texture d’un artefact signé Jeff Koons, et les paysages – plutôt que d’avoir été générés par des algorithmes diaboliques – donnent l’impression d’avoir été dessinés puis peints. Bref, cette adaptation de Croc-Blanc, la première à recourir à l’animation, se distingue aussi nettement de la meute des produits destinés à la jeunesse que le bâtard de loup et de chienne imaginé par Jack London du reste des chiens de traîneau.
La texture des images renvoie sans cesse à l’acte de peindre
La première partie de ce premier long-métrage d’Alexandre Espigares (Oscar du court-métrage d’animation en 2013 pour le remarquable M. Hublot) procure un perpétuel étonnement. La situation n’a pourtant rien d’exceptionnel : une femelle élève son petit dans une nature sauvage. Mais le parti pris de ne pas infliger le langage des humains aux animaux, la palette étonnamment nuancée et la texture des images qui renvoie sans cesse à l’acte de peindre – quand bien même certaines d’entre elles sont d’origine numérique –, donne à cette succession de saynètes une fraîcheur que l’on croyait morte avec la maman de Bambi.
Le prologue, qui montre Croc-Blanc, adulte, aux mains d’un sinistre individu qui le force à affronter d’autres chiens, a pourtant averti. Jack London s’intéressait d’abord à la capacité de corruption de la société humaine sur ses membres et sur les espèces qui l’entourent. Le film peut se lire aussi comme une descente aux enfers. Après avoir quitté son eden boréal (l’histoire est située pendant la ruée vers l’or du Klondike, dans les dernières années du XIXe siècle), Croc-Blanc est d’abord domestiqué par des Amérindiens avant de tomber sous la coupe de Beauty Smith, organisateur de combats canins.
Plaisir rare
Le volet humain du récit emporte moins l’adhésion. Si les méchants prennent des allures cauchemardesques (et l’on pourra se demander, au sujet de Beauty Smith, s’il est bien convenable d’enseigner aux enfants que difformité physique et perversité morale vont de pair), les gentils, nobles sauvages et pionniers vertueux ont le physique insipide de tous leurs prédécesseurs du cinéma d’animation, du prince charmant de Blanche Neige à Pocahontas.
Ces défauts restent véniels si on les met en rapport avec le plaisir rare que procure Croc-Blanc. Il offre l’occasion d’aller au cinéma avec un(e) très jeune spectateur/trice en sortant de l’habituel dilemme qui oblige à choisir entre les films à deux niveaux, l’un naïf pour les enfants, l’autre plein de références humoristiques à l’usage des parents, ou des productions qui prennent les enfants pour de parfaits benêts. Cette fois, quel que soit le tarif dont on bénéficie, d’enfant à senior, on aura vu le même film.

Film d’animation français et luxembourgeois d’Alexandre Espigares (1 h 25). Sur le Web : crocblanc-lefilm.com



                            


                        

                        

