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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le philosophe est l’invité, de 12 heures à 13 heures, de France Inter, « Le Monde » et France Télévisions.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤                     
                                                

Radicalisation : vingt étrangers expulsés de France en 2017

Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 23h43
   





                        



   


Vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a affirmé Gérard Collomb à Ouest-France dans un entretien paru samedi 31 mars, un chiffre « jamais atteint auparavant », selon le ministre de l’intérieur.
M. Collomb était interrogé sur les expulsions d’étrangers radicalisés, à nouveau réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars. « Déjà le cas ! », a-t-il aussi répondu sur Twitter samedi, qualifiant le chiffre de vingt expulsions de « record », sans donner plus de détails notamment sur la nationalité des intéressés.

- Incarcérer les 26 000 fichés S ?
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Les attentats de l’Aude « difficilement prévisibles »
Dans son entretien à Ouest-France, le ministre de l’intérieur a aussi dit que les attaques à Trèbes et à Carcassonne étaient « difficilement prévisibles ».
Leur auteur, Radouane Lakdim, était inscrit au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) depuis novembre 2015, mais les investigations n’avaient montré « aucun signe laissant présager un passage à l’acte ».
La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait envoyé en mars une lettre de convocation pour un entretien d’évaluation :
« Elle souhaitait s’assurer qu’il ne présentait plus de signe de radicalisation avant que son dossier ne soit éventuellement mis en veille. »
Aux demandes de l’opposition de mesures plus sévères à l’encontre des individus fichés, M. Collomb a répondu que « mettre en prison les 26 000 fichés S, ou ceux qu’on jugerait dangereux » était « impossible ».

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                Fichés « S » : faut-il légiférer ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle de la ZAD après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
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Notre-Dame-des-Landes : un millier de manifestants à Nantes contre les expulsions

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle de la ZAD après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 06h37
   





                        



   


Les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD, renommée « zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se préparent à défendre leur territoire face à des menaces d’évacuation, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, prenant fin officiellement le 31 mars à minuit.
Un millier de personnes, dont des occupants de la ZAD et des migrants, ont manifesté, samedi, dans le centre de Nantes contre « toutes les expulsions ». Ils étaient plus de 1 000 selon un comptage de l’Agence France-presse (AFP), 900 selon la police, à répondre à l’appel unitaire d’associations, dont Droit au logement (DAL), de collectifs de soutien aux migrants, de syndicalistes, d’étudiants et d’occupants de la ZAD. Tous exigent l’arrêt des expulsions sans solution de relogement.
Des incidents ont éclaté quand les manifestants ont voulu passer à travers le cordon policier pour rejoindre une ancienne maison de retraite, réquisitionnée le 8 mars et occupée depuis par près de 200 migrants. Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes, arrachant leurs banderoles ainsi qu’un gigantesque pied de biche en papier mâché.

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                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir



En annonçant l’abandon du projet d’aéroport envisagé près de Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, avait demandé aux occupants illégaux de « partir d’eux-mêmes » avant le printemps, et il avait déclaré le 17 janvier :
« Nous devons, si nous voulons respecter la loi, respecter la trêve hivernale. Nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n’est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions. »
Une évacuation « à partir du 1er avril »
Le 20 mars, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, venu rencontrer les acteurs du dossier de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, avait redit qu’il y aurait bien une évacuation partielle « à partir du 1er avril », sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
Le gouvernement a instauré un dialogue avec une délégation de zadistes pour qu’une partie des personnes (entre 150 et 300, selon les estimations officielles) qui vivent dans la ZAD légalisent leur situation et présentent des projets de reprise agricole individuels pour les terres actuellement occupées collectivement.
La préfète de la région des Pays de la Loire, Nicole Klein, a assuré au début du mois de mars que les expulsions se feraient « avec discernement », en visant précisément certains lieux, parmi les 97 squats recensés sur les 1 650 hectares de la zone.
L’exécutif veut éviter de reproduire le scénario de l’opération « César », organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en octobre 2012 : une offensive des forces de l’ordre (900 militaires mobilisés) avait dû être suspendue en raison de violents affrontements avec des zadistes très déterminés.
Les autorités cherchent aussi à ne pas reproduire les erreurs qui conduisirent à la mort de Rémi Fraisse, militant de la ZAD de Sivens (Tarn), en octobre 2014, lors d’une manifestation contre un projet de barrage hydraulique.
Chantiers collectifs et appel à manifester
Résolus à défendre leur « expérience d’auto-organisation collective », les zadistes ont lancé cette semaine une série de chantiers (construction de buttes, de bâtiments, de serres…) qui devraient se terminer par une fête le 7 avril, et ils se préparent à réagir rapidement en cas d’intervention policière.

   


Mais l’unité des zadistes se fissure depuis l’abandon du projet d’aéroport. Parmi les points de crispation figurent notamment la réouverture de la route départementale 281, dégagée de ses barricades par les zadistes eux-mêmes, et l’avenir des terres agricoles. Les « durs » prônent la poursuite de la lutte, alors que d’autres opposants historiques appellent à un retour à la légalité, tout en défendant un projet collectif.
Parallèlement, vingt-cinq avocats des barreaux de Paris, de Rouen et de Nantes, représentant les occupants de la ZAD, ont contesté, par une lettre ouverte, la légalité d’une éventuelle expulsion au 1er avril, considérant qu’une procédure judiciaire contradictoire n’avait pas été menée et que les occupants n’avaient pas reçu de commandement de quitter les lieux.

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                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir



Une dizaine de référés devaient être déposés en fin de semaine à l’encontre de la préfecture de la Loire-Atlantique pour confirmer ou infirmer l’existence de procédure d’expulsion. Une démarche similaire avait été entreprise à la fin de 2016 devant le tribunal de grande instance de Nantes, mais les zadistes avaient alors été déboutés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤                     
                                                   
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Les métamorphoses du cheminot

Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Jean Gabin, le visage couvert de suie, concentré sur sa manœuvre, penché à extérieur de la ­ « Lison » – comme il appelle amoureusement sa locomotive à vapeur, une Pacifix 231 de l’époque : cette image du film La Bête humaine (1938), de Jean ­Renoir, a longtemps inspiré, et influence encore, toute une iconographie sur les cheminots. Elle montre l’alliance d’un employé du chemin de fer au savoir-faire précieux et d’une machine puissante, capricieuse, sorte de « monstre mécanique » décrit par Zola dans son roman éponyme publié en 1890.
« On retrouve cette imagerie du conducteur responsable, à l’air grave, sur les affiches de La Bataille du rail, le film de René Clément [1946], comme sur la plupart des ouvrages qui retracent l’histoire de la résistance des cheminots pendant l’occupation allemande » – la fameuse « Résistance-fer » –, rappelle le photographe Jean-Jacques d’Angelo, responsable de la valorisation de l’image à la Cité du train, à Mulhouse. Cette iconographie héroïque du cheminot dévoué et courageux remonte à la guerre de 1914-1918 : dans L’Usine nouvelle du 10 mars, le sociologue Georges ­Ribeill, membre fondateur de l’association Rails et Histoire, rappelle que le fameux « statut des cheminots », remis en cause aujourd’hui, « a été fabriqué en 1920 pour remercier les cheminots de leur engagement pendant la Grande Guerre ».
Savoir-faire technique
Dans les années 1950-1960, l’électrification fait évoluer les technologies et les métiers du rail, tout comme l’imagerie des cheminots – qu’ils soient conducteurs, ingénieurs ou ouvriers de maintenance. « En mars 1955, ils deviennent les maîtres de la vitesse en établissant le record du monde sur rail à 331 km/h avec deux locomotives, ­l’Alsthom CC 7107 et la BB 9004 Jeumot-Schneider », précise Jean-Jacques ­d’Angelo. La SNCF y consacre un documentaire (visible sur YouTube) dans lequel les conducteurs sont montrés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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Réformes Macron : « La concurrence ne conduit pas toujours à une harmonie optimale »

La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h27
    |

Gérard Fonouni (Professeur agrégé d’économie et gestion)







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Au cœur de l’analyse économique, se trouve désormais le concept de l’efficacité, servant de fondement à toutes les politiques économiques. De simple moyen, il est devenu aujourd’hui une fin.
L’efficacité, mesurée par l’adéquation des moyens aux objectifs, est aussi recherchée par toutes les entreprises produisant dans un environnement concurrentiel. Dans cet environnement, les firmes parvenant à optimiser leurs ressources c’est-à-dire à maximiser leurs profits sous contrainte de coûts tout en recherchant à satisfaire les besoins de leurs clients, peuvent se développer, conquérir de nouveaux marchés ou encore se différencier des concurrents et donc créer des emplois. Alors que celles qui n’y parviennent pas, à défaut d’efficacité, sont éliminées par la concurrence. Telle est la loi du marché, celle du plus fort, à partir de laquelle se sont tissées les relations économiques entre les acteurs économiques et entre les pays.
La libre concurrence entre les entreprises privées permet, en théorie, de concilier les intérêts divergents des producteurs et des consommateurs grâce aux prix fixés librement en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset
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Réformes Macron : « Faire face à la crise écologique appelle une réflexion combinant les hommes et la nature »

Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h30
    |

Lauriane Mouysset (Chercheuse CNRS à l’université de Bordeaux) et Cécile Aubert (Chercheuse à l’Ecole d’économie de Toulouse et à l’université de B...







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. De la disparition du dodo de l’île Maurice à la fin du XVIIe siècle à la réduction alarmante des oiseaux communs, l’érosion de la biodiversité par l’humain n’a de cesse de s’accélérer. Nous savons pourtant que cette biodiversité est essentielle à notre épanouissement. Régulation du climat, formation des sols, contrôle des ravageurs de culture, émotions procurées par le chant des oiseaux, sont autant de bienfaits fournis par la nature que nous avons intérêt à préserver. Alors, pourquoi ne change-t-on pas de comportement ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à trouver de solution pour stopper ce déclin ?
La réponse à cette question est complexe. Une première difficulté émane du fait que la crise de la biodiversité ne peut plus se cantonner à une réflexion strictement écologique. Notre société est influencée par cet environnement tout autant qu’elle l’impacte. Faire face à la crise écologique appelle inévitablement une réflexion combinant les hommes et la nature.
C’est en intégrant des modèles de décisions économiques avec des modèles de prédiction de leurs conséquences écologiques sur les paysages et les écosystèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « Le modèle de l’homo œconomicus » est devenu « une croyance autoréalisatrice »

La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h29
    |

Bernard Walliser (directeur d’études en économie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Pendant des décennies, la théorie économique néoclassique a analysé l’agent économique comme un homo œconomicus, qui optimise ses objectifs sous des contraintes imposées. S’appuyant sur des préférences et des croyances très générales, la version faible de cette théorie se révèle assez souple pour intégrer nombre de comportements usuels. Mais sa version forte appliquée aux agents économiques est bien plus restrictive : le consommateur se cantonnerait à maximiser l’utilité des biens qu’il achète, et le producteur le profit issu des biens qu’il transforme. En revanche, les motivations symboliques ou éthiques, si elles demeurent bien présentes, seraient cantonnées à des choix extérieurs au champ économique.
Certes, ce modèle se veut une abstraction de la réalité qui ne saurait être acceptée qu’en première approximation. Les économistes mettent en avant sa simplicité, qui permet d’en déduire nombre de conséquences quant au fonctionnement des marchés. Pourtant, ils ne se privent pas d’ironiser à son propos en se l’appliquant à eux-mêmes, en l’occurrence des savants à la seule recherche de prestige personnel… Par ailleurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤                     
                                                   
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« L’allocution du 24 mars d’Emmanuel Macron a inscrit la biodiversité dans la parole présidentielle »

A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h06
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. « Imaginez. Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus le chant des oiseaux. Vous regardez par la fenêtre : les paysages que vous avez jadis chéris sont désormais desséchés et toute vie en a disparu. L’air et l’eau, tout ce que vous respirez et qui permet la vie, est altéré. Ce n’est pas un cauchemar et encore moins une illusion. Vous le savez. Vous le savez parce que nous en constatons les premiers effets. Le temps du déni est révolu. Nous ne sommes pas seulement en train de perdre la bataille contre le changement climatique, nous sommes en train de perdre notre bataille contre l’effondrement de la biodiversité. »

Ces mots d’alarme ne sont pas ceux d’un militant écologiste : ce sont ceux du président de la République française, prononcés (en anglais) dans une brève vidéo postée le 24 mars à 20 h 35 sur son compte Twitter. L’adresse d’Emmanuel Macron s’achève en enjoignant aux citoyens d’accomplir le geste symbolique institué un samedi de la fin du mois de mars depuis une dizaine ­d’années par le WWF, avec l’Earth Hour : éteindre la lumière pendant une heure, en signe d’adhésion aux politiques de protection de l’environnement. En clôture de la courte séquence, un dernier plan montre, en exemple, l’extinction des feux au palais de l’Elysée.
Un terme vague et technique
L’allocution présidentielle a été visionnée un peu plus de 200 000 fois sur le réseau social, mais est passée à peu près inaperçue des grands médias. Poliment ignorée, ou presque. Cette relative indifférence ne tient sans doute pas uniquement à l’encombrement de l’actualité, marquée par l’émotion qui a suivi l’attentat de Trèbes (Aude) et l’assassinat de Mireille Knoll. Il y a aussi, plus probablement, la difficulté à installer la question de la biodiversité au cœur du débat public. « Biodiversité » : le terme est vague, technique, n’évoque pas grand-chose en lui-même. Sans incarnation forte autour d’une espèce ou d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que ce cercle vertueux vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/03/2018
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« Face à l’accroissement des inégalités, il est difficile de parler de ruissellement de la richesse »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que ce cercle vertueux vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 11h15
    |

Jean-Luc Gaffard (professeur à l’Université Côte d’Azur et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville (1670-1733), est le plaidoyer le plus connu en faveur du ruissellement : elle entend nous convaincre que la consommation des riches, fût-elle ostentatoire, assure aux pauvres emplois et revenus. John M. Keynes, dans sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie, s’en empare pour dénoncer les méfaits d’une épargne qui ne serait pas investie.
L’autre plaidoyer en faveur du ruissellement encense justement l’épargne, une épargne d’autant plus élevée que la répartition est inégalitaire, en invoquant le fait qu’en étant investie elle permet de développer l’entrepreneuriat. Les inégalités apparaissent ainsi comme le moteur de l’innovation et d’une croissance finalement bénéfique à tous. Dans cette perspective, les nouveaux biens voient le jour parce qu’ils sont demandés par les individus les plus riches, lesquels sont disposés à payer des prix très élevés autorisant les entreprises à avoir des taux de marge élevés leur permettant de financer des dépenses de recherche et développement (R&D) très coûteuses. Ces mêmes biens se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.
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Mayotte et les Comores, un archipel aux multiples contentieux

Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h35
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Sur les barrages et dans les manifestations qui ébranlent Mayotte depuis six semaines, flotte un même symbole : le drapeau tricolore. Les Mahorais revendiquent haut et fort leur appartenance à la République française, qu’ils ont scellée en se prononçant majoritairement, lors de la consultation du 22 décembre 1974, contre l’indépendance. A l’inverse des populations des trois autres îles des Comores, Anjouan, Grande Comore et Mohéli.
Depuis, les gouvernements de l’Union des Comores n’ont eu de cesse de contester ce résultat, au nom du principe de « l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores ». Comme en témoigne le refus récent des autorités de laisser débarquer sur leur territoire leurs ressortissants en situation irrégulière expulsés de Mayotte. Le conflit dure depuis plus de quarante ans et a été porté à maintes reprises devant l’assemblée générale des Nations unies.
Pour tenter de démêler ce contentieux juridique et diplomatique sur le statut de Mayotte, un bref détour historique s’impose. Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsouli cède Mayotte à la France, moyennant une rente viagère annuelle et la prise en charge financière de ses deux enfants. Le traité de cession est ratifié par Louis-Philippe le 10 février 1843 et, le 13 juin, Mayotte devient française. Avant Nice et la Savoie, aiment à rappeler les Mahorais.
Grande confusion
Entre 1886 et 1892, les trois autres îles de l’archipel deviennent des protectorats français. Alors que l’esclavage a été aboli à Mayotte dès 1846, deux ans avant le décret Schœlcher, il est maintenu dans les trois îles jusqu’en 1902. En 1912, Anjouan, Grande Comore et Mohéli sont transformées en colonies françaises. En 1946, du fait du nouvel ordre institué à l’issue de la seconde guerre mondiale, les Comores forment un territoire d’outre-mer disposant d’une autonomie administrative et financière. Mais, dès 1958, après avoir approuvé massivement la Constitution de la Ve République,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.
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Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »

Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h36
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Mayotte s’embrase et le gouvernement regarde ailleurs. Voilà six semaines que le département est en proie à un mouvement de grèves et de blocages contre l’insécurité. Six longues semaines au cours desquelles l’île n’a fait que s’enfoncer dans une crise désespérante, sans que l’Etat en prenne la mesure. Les Mahorais attendent des réponses fortes, que l’Etat s’avère incapable de leur apporter. Récit fragmenté d’une île en souffrance.
« Qu’est-ce que je fais de la clé ? »
La scène se passe sur le front de mer de Mamoudzou, jeudi 15 mars. Attablé devant un food truck, baptisé Le Camion blanc, sur le parking du port de plaisance, un client inhabituel. Le préfet Frédéric Veau patiente depuis près de cinq heures. A ses côtés, une flopée de hauts fonctionnaires, parmi lesquels l’ancien préfet de Mayotte Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial, le général de gendarmerie Lambert Lucas, le contrôleur général de la police nationale, Yves Jobic, ou encore Brice Blondel, le directeur adjoint du cabinet de la ministre des outre-mer Annick Girardin.
Les officiels n’en sont pas à leur premier rendez-vous compliqué. Deux jours auparavant, la ministre elle-même s’est cassé les dents. Mme Girardin croyait pourtant avoir fait un grand pas en rencontrant des représentants des élus, de l’intersyndicale et du collectif des citoyens à la Case Rocher, la résidence du préfet, à Petite-Terre. Le dialogue, fragile, avait débouché sur un communiqué du ministère, pour le moins prématuré, qui saluait « un accord mettant un terme à la crise de Mayotte ». Mme Girardin était déjà dans l’avion. Las. Le lendemain, les représentants du mouvement, heurtés par la méthode, réunis à Tsingoni, démentaient tout accord, et annonçaient la poursuite des grèves et des barrages. Retour à la case départ.
Tous les liens, cependant, n’ont pas été rompus. De discrets contacts ont été établis pour rendre possible une nouvelle...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Pour relancer la droite, le président du parti Les Républicains a critiqué fortement Emmanuel Macron sur l’antiterrorisme. Au point de créer un malaise au sein de son parti.
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Wauquiez monte au créneau sous l’œil critique de ses opposants

Pour relancer la droite, le président du parti Les Républicains a critiqué fortement Emmanuel Macron sur l’antiterrorisme. Au point de créer un malaise au sein de son parti.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h19
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
« Cranter (verbe transitif) : pratiquer des crans sur quelque chose », nous dit le Larousse. « Entailler d’un ou de plusieurs crans », détaille l’Académie française, qui rappelle que l’on peut « cranter » le pignon d’un vélo comme le bord d’un tissu (avec des ciseaux… à cranter). En politique, le verbe s’applique à la stratégie d’opposition du parti Les Républicains, dont les dirigeants racontent régulièrement qu’ils « crantent » des sujets, c’est-à-dire qu’ils montent au créneau, au gré de l’actualité, pour tenter de mettre en difficulté le gouvernement.
Cette semaine, donc, Laurent Wauquiez a « cranté » très fort sur le terrain du terrorisme et de la sécurité, en réponse aux attentats de l’Aude, dénonçant la « coupable naïveté », les « paroles creuses » et l’« absence d’action » d’Emmanuel Macron dans ce domaine. Rompant avec le deuil national, le président de LR a prôné une série de mesures – rétablissement de l’état d’urgence, internement administratif des « islamistes radicalisés les plus dangereux », expulsion des fichés « S » étrangers – qui ont été rejetées par l’exécutif, mais aussi par une partie de son propre camp.
Avant de se présenter à la presse, lundi 26 mars, pour son allocution, M. Wauquiez avait pourtant fait le tour des spécialistes maison sur le sujet. « Macron s’expose en première ligne, tu dois y être toi aussi », lui a notamment conseillé le député de l’Yonne Guillaume Larrivé, qui défend sans peine les mesures prônées par le président d’Auvergne-Rhône-Alpes.

« Ses propositions sont nos propositions. Elles n’ont pas été improvisées sur un coin de table, elles sont construites depuis l’affaire Merah, argue-t-il avant de critiquer la politique de l’exécutif, pas assez ferme à ses yeux. Notre président de la République n’a pas réarmé l’Etat-nation. Or l’uberisation du djihadisme nous rappelle que l’histoire est tragique. Sur les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Le premier ministre, Edouard Philippe, fera des annonces en milieu de semaine prochaine.
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L’exécutif va abattre ses cartes sur la réforme des institutions

Le premier ministre, Edouard Philippe, fera des annonces en milieu de semaine prochaine.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h07
    |

            Bastien Bonnefous et 
Alexandre Lemarié








                        



   


La fin du suspense approche, mais pas forcément celle du bras de fer. La réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron sera présentée en milieu de semaine prochaine, a fait savoir l’Elysée vendredi 30 mars. Les annonces seront faites par le premier ministre, Edouard Philippe, vraisemblablement mercredi 4 avril. Avant ce rendez-vous, la présidence de la République prévient : les « engagements » pris par le candidat Macron durant la campagne présidentielle – la réduction du nombre de parlementaires, l’introduction d’une dose de proportionnelle et la limitation des mandats à trois consécutifs – seront « respectés ».
Reste à trouver le juste curseur et la bonne méthode pour faire adopter ces changements. Vendredi matin, le chef de l’Etat a reçu une dernière fois, avec M. Philippe, les présidents de l’Assemblée nationale, François de Rugy (LRM), et du Sénat, Gérard Larcher (LR). Et malgré le discours officiel de l’Elysée d’un « travail convergent », les difficultés demeurent.

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Pour preuve, alors que l’entourage présidentiel a avancé vendredi qu’un « accord » était en passe d’être trouvé sur une baisse de 30 % du nombre de députés et de sénateurs, le président du Sénat a immédiatement démenti. « Aucun accord [n’a été trouvé] sur la réduction de 30 % du nombre de parlementaires », a-t-il assuré sur Twitter, en précisant que ce point « reste en discussion ». M. Larcher a toutefois salué des « avancées significatives », lors de cette réunion qu’il a jugé « utile ». Il a également annoncé qu’il ferait un point mardi avec le groupe de travail du Sénat chargé de travailler sur la réforme.
Des blocages persistent
L’annonce unilatérale de l’Elysée sur un supposé accord n’a pas été appréciée au Palais du Luxembourg. « Cela n’a aucun sens car c’est une négociation globale et c’est faux. Pour Gérard Larcher, une baisse de 30 % de parlementaires, c’est trop », tranche l’entourage de ce dernier, manifestement agacé par l’empressement de l’équipe Macron. Le signe que des tensions existent toujours dans cette négociation entre l’exécutif et le Sénat, dominé par la droite. Des tractations qui s’apparentent parfois à une partie de poker menteur.
Si la négociation paraît avancer sur certains points, des blocages persistent sur certains axes de la réforme, notamment sur la dose de proportionnelle à introduire aux élections législatives. « Le diable se niche dans les détails », observe un ministre. La rencontre n’a ainsi pas été « conclusive » sur ce sujet, reconnaît l’Elysée qui dit toujours « travailler à une voie de passage ».
Dans ses pistes présentées début mars aux principaux responsables parlementaires, le premier ministre avait proposé 10 % à 25 % de proportionnelle. Depuis, ce sujet précis est devenu un point dur de la négociation car l’exécutif doit trouver un compromis entre des exigences profondément divergentes. Alors que M. Larcher milite pour un taux bas, autour de 10 %, M. de Rugy demande, lui, 25 %. Allié de M. Macron, le président du MoDem, François Bayrou, fait pression en coulisses auprès du chef de l’Etat pour que la dose de proportionnelle s’établisse « entre 20 % et 25 % minimum ». « Autrement, cela veut dire que l’on ne changerait rien », avait-il averti dans Le Monde.
Donner des gages à Gérard Larcher
La dose retenue par le gouvernement pourrait se situer au final autour de 15 %. D’après une source gouvernementale, le plan de l’exécutif serait de faire passer le nombre de députés de 577 à 404, et les sénateurs de 348 à 244. Avec, au final, 64 députés élus à la proportionnelle. Et peu importe si cela ne convient pas au président du MoDem.
« On ne va pas détricoter la Ve République et créer de l’instabilité institutionnelle pour les beaux yeux de Bayrou », tranche un député LRM.
Le non-cumul des mandats dans le temps, en revanche, ne semble plus un motif de blocage majeur. Après en avoir fait un point non négociable, M. Larcher pourrait adoucir sa position. « Il en fait une affaire de principe mais s’il y a des avancées sur l’ensemble de la réforme, on peut travailler sur ce point », explique son entourage.

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Conséquence de la réduction du nombre de parlementaires, la nécessité de maintenir au moins un sénateur par département constitue en revanche un véritable casus belli. Pas question, à ses yeux, d’aboutir à la sous-représentation des territoires ruraux. L’Elysée en serait conscient et veillerait à donner des gages à M. Larcher. « Maintenir un député et un sénateur par département est une idée simple que chacun partage au gouvernement », assure un ministre.
L’exécutif semble donc toujours privilégier la voie parlementaire pour faire adopter sa réforme constitutionnelle. Les projets de loi constitutionnelle, organique et ordinaire qui seront présentés par le premier ministre auront « vocation à progresser lors de leur examen à l’Assemblée nationale et au Sénat », précise l’Elysée.
A ce stade, M. Macron, qui devrait de nouveau s’exprimer devant le Parlement réuni en congrès à Versailles en juillet, un an après sa première intervention devant les parlementaires, n’envisagerait pas de recourir au référendum. Une arme politique redoutable mais qui peut parfois se retourner contre le pouvoir en place.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ La journaliste du « Monde » Astrid de Villaines a répondu à vos questions sur les défis qui attendent le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤                     
                                                

« Olivier Faure a refusé de se positionner sur la ligne politique à adopter par le PS »

La journaliste du « Monde » Astrid de Villaines a répondu à vos questions sur les défis qui attendent le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 17h14
   





                        



   


Jusque-là chef du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Olivier Faure a été formellement élu premier secrétaire du Parti socialiste (PS) dans la soirée du jeudi 29 mars, lors d’un second tour où il était seul à concourir. L’élu de Seine-et-Marne va devoir remettre sur pied le parti, juguler l’hémorragie des militants et préparer les futures élections, explique la journaliste du « Monde » Astrid de Villaines lors d’un tchat avec nos lecteurs.

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                Parti socialiste : Olivier Faure officiellement élu premier secrétaire



Gregory : Combien de personne ont-elles voté lors de cette élection ? Et ce nombre constitue-t-il une base solide de militants pour reconstruire ?
Selon les chiffres officiels transmis par le PS, ils étaient 37 014 militants à prendre part au vote lors du premier tour le 15 mars et 35 118 militants jeudi soir pour le second tour. La base électorale était de 102 000 adhérents, en comptant ceux qui ont eu une carte depuis 2015 et qui se mettaient à jour de cotisation en 2018. C’est le plus faible taux de participation de l’histoire des congrès du PS.
Loïc : Le PS a-t-il encore des valeurs communes et partagées par ses adhérents ?
C’est tout le problème. Pendant la campagne, Olivier Faure a refusé de se positionner clairement sur la ligne politique à adopter. Il estime que l’heure est d’abord à la refondation du parti et a proposé une « méthode de rénovation ». Les électeurs d’Emmanuel Maurel (18,98 % au premier tour) attendent en revanche un positionnement très clairement à gauche.
Louis : De quel espace politique peut encore disposer le PS ? La ligne écologiste est préemptée par Hamon, la gauche radicale par Mélenchon et le social-libéralisme par Macron…
En effet, c’est le défi politique auquel est confronté le PS actuellement : réussir à trouver une place entre La France insoumise (LFI) et La République en marche (LRM). Un espace encore réduit avec le départ de Benoît Hamon – et son mouvement Génération·s, qui fera concurrence au PS s’ils n’arrivent pas à s’entendre. Olivier Faure récuse le terme d’« espace politique » et entend « fédérer la gauche et le centre gauche ».
Banquier : Comment vont les finances du parti ?
Les finances du parti vont mal. Le PS a été obligé de vendre son siège parisien historique de la rue de Solférino, pour 45,55 millions d’euros. Par rapport au quinquennat de François Hollande, le parti a perdu les deux tiers de ses revenus. Il dispose d’un budget de 8 millions d’euros par an, contre 28 millions précédemment.
Benoît : La fin du PS est-elle envisageable ?
Avec 6,36 % des voix à l’élection présidentielle de 2017 et une élimination dès le premier tour, le PS est tombé à un niveau historiquement bas. Difficile de dire s’il peut « disparaître ». Le Parti radical de gauche par exemple était très puissant sous la IIIe République, et encore présent sous la IVe République. Aujourd’hui, il n’est plus présent dans le débat public, mais il n’a pas « disparu ».
Guillaume : Un changement de nom du parti est-il envisageable ?
Olivier Faure ne le souhaite pas, mais le débat pourrait être ouvert en interne. Sur le terrain, les militants sont partagés. En général, les plus âgés tiennent au nom « Parti socialiste » pour son histoire, d’autres, souvent les plus jeunes, assurent que c’est un « repoussoir » pendant les campagnes électorales.
Antoine : Olivier Faure peut-il faire revenir des électeurs et personnalités qui s’étaient détournés du PS l’an dernier pour suivre Emmanuel Macron ?
Pour les personnalités, cela semble pour l’instant compliqué : Jean-Yves Le Drian, le ministre des affaires étrangères, a annoncé le 8 mars qu’il quittait le PS et Olivier Dussopt, ancien député socialiste, a rejoint le gouvernement au mois de novembre 2017.
En ce qui concerne les électeurs, certains se disent déçus par la politique menée par Emmanuel Macron. L’élection législative partielle en Haute-Garonne a montré en mars que le PS pouvait avoir des réserves de voix chez les électeurs de LRM, mais c’est un cas particulier.

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          Avec Olivier Faure, les militants du PS « n’attendent pas un candidat pour 2022 »



Ibou : Hormis Stéphane Le Foll, où sont les personnages susceptibles de porter la parole socialiste ? Quel défaut d’incarnation !
Après le quinquennat de François Hollande, au cours duquel le PS s’est entre-déchiré, la primaire de gauche qui a vu ses deux finalistes, Manuel Valls et Benoît Hamon, quitter le parti, et les ralliements plus ou moins explicites à Emmanuel Macron, la plupart des « ténors » ont en effet pris du champ. Najat Vallaud-Belkacem, pressentie un temps pour être candidate au poste de première secrétaire, a préféré rejoindre l’institut de sondages Ipsos. Cela ne veut pas dire qu’ils ne reviendront pas…
Matt. hardoy : Le départ du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) vers le mouvement Génération·s de Benoît Hamon est-il un coup dur, une surprise ?
C’est forcément un coup dur, puisque la décision de la direction du MJS (ce n’est pas l’ensemble du mouvement des jeunes socialistes qui part, mais une partie) intervient en plein congrès du PS, avant même l’investiture officielle d’Olivier Faure à Aubervilliers les 7 et 8 avril. Pour autant, ce n’est pas une « surprise », puisque la direction du MJS était très proche de Benoît Hamon et que celui-ci a toujours gardé un œil sur cette association qu’il a dirigée en 1993 et auquel il a donné son autonomie à l’époque où Michel Rocard était premier secrétaire du PS.

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K.G : Le mouvement de Benoît Hamon n’est-il pas surévalué ? Ne s’agit-il pas de bruit médiatique plus que de politique ?
Benoît Hamon revendique 53 000 partisans derrière son mouvement Génération·s. En effet, c’est un chiffre à prendre avec précaution puisque ce ne sont pas des « adhérents » qui auraient payé une cotisation mais des sympathisants qui se sont inscrits sur son site internet, gratuitement.
Adinaieros : Les élections européennes de 2019 ne risquent-elles pas d’être une nouvelle défaite massive pour le PS ?
En effet. Historiquement, les élections européennes sont très compliquées pour le PS, qui n’a jamais vraiment tranché le débat de 2005 sur la Constitution européenne, qui a profondément divisé le parti.
Par ailleurs, ce scrutin à la proportionnelle incite de nombreuses formations à partir de manière indépendante, comme Europe Ecologie-Les Verts, qui a souvent réalisé de bons scores lors de ces élections. Par ailleurs, LRM affiche de grandes ambitions pour ce scrutin en se donnant pour objectif d’aller frapper à 100 000 portes, sur le modèle de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron. Tout dépendra également de la tête de liste que le parti se choisira. Il ou elle sera désigné·e « dans le courant du mois de septembre », selon Olivier Faure.
Guillaume : Comment voyez vous les prochaines échéances, notamment les municipales de 2020 ?
Les municipales vont en effet être le véritable test pour le parti d’Olivier Faure, puisque les européennes sont des élections difficiles pour le parti. Localement, des majorités sortantes pourraient être tentées de s’allier avec LRM, qui doit se construire un réseau d’élus et qui fera tout pour nouer des alliances. Ce sera le défi pour le PS : réussir à garder des villes voire à en remporter tout en conservant son identité. Sans compter que Génération·s prépare également cette échéance et que La France insoumise entend bien continuer sur sa lancée après les législatives de 2017.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La maire de la capitale veut traiter d’ici à l’été tous les nids-de-poule que les conditions météorologiques des dernières semaines ont engendrés.
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A Paris, Anne Hidalgo demande à la directrice de la voirie de s’attaquer aux nids-de-poule

La maire de la capitale veut traiter d’ici à l’été tous les nids-de-poule que les conditions météorologiques des dernières semaines ont engendrés.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h40
   





                        


Ils pestaient depuis des semaines en voyant l’état des routes. Les conducteurs de deux-roues qui slaloment entre les nids-de-poule qui jonchent leur trajet semblent avoir été entendus. Dans un courrier du 6 mars, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a en effet appelé la directrice de la voirie et des déplacements Caroline Grandjean, à « mettre en place une action en vue de traiter au plus vite les désordres ».

   Courrier d'Anne Hidalgo by Le Monde on Scribd

Dans cette lettre, elle souligne la dangerosité de ces trous qui font « peser un risque accru d’accident, en particulier pour les vélos et les deux-roues motorisés ». D’après le calendrier décrit par la maire de Paris, la section de maintenance de l’espace public et des sections territoriales de voirie devraient traiter d’ici à l’été les trous les plus dangereux, avant d’engager pendant le mois d’août « les actions de fond pour les chaussées les plus abîmées ».
Depuis plusieurs semaines, les utilisateurs parisiens de Twitter dénonçaient la formation de ces trous, critiquant un manque d’entretien de la chaussée.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le journaliste du « Monde » Fabrice Lhomme a répondu à vos questions sur le renvoi en correctionnelle de l’ancien chef de l’Etat.
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« S’il devait être jugé, Nicolas Sarkozy serait traité comme n’importe quel citoyen »

Le journaliste du « Monde » Fabrice Lhomme a répondu à vos questions sur le renvoi en correctionnelle de l’ancien chef de l’Etat.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h32
    |

            Fabrice Lhomme








                        


Les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy se multiplient : quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien président de la République est rattrapé par l’affaire de corruption à la Cour de cassation. Fabrice Lhomme, journaliste au Monde, a répondu à vos questions au cours d’un tchat sur Le Monde.fr.

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Olivier : Dans les affaires dans lesquelles il est poursuivi, notamment l’affaire libyenne et celle de corruption, que risque au maximum M. Sarkozy ?
Fabrice Lhomme : Vous êtes nombreux à souhaiter savoir ce que risquerait l’ancien chef de l’Etat en cas de condamnation. Il est à vrai dire délicat voire déplacé de répondre précisément. D’abord parce qu’anticiper sur une condamnation, c’est tout de même passer par pertes et profits la présomption d’innocence à laquelle chacun a droit. S’agissant de M. Sarkozy, il est poursuivi de nombreux chefs de mise en examen : corruption, trafic d’influence, financement illégal de campagne électorale, et j’en oublie… Or à chaque incrimination correspond une peine spécifique, bien entendu. Enfin, il y a un écart considérable entre les peines maximales prévues par les textes et la réalité des sanctions, presque toujours plus douces… Ce que l’on peut dire malgré tout s’agissant des faits reprochés à M. Sarkozy, c’est qu’il risquerait sans doute, en cas de condamnation, des peines de prison avec sursis, de fortes amendes, et par ailleurs, en vertu d’une récente disposition, une peine automatique d’inéligibilité en cas de condamnation pour corruption (charge retenue par les juges de l’affaire Azibert-Bismuth)…
Jean : Est-ce qu’il sera jugé comme un citoyen lambda ou est-ce que son statut d’ancien président pourrait le protéger ?
Fabrice Lhomme : S’il devait être jugé, M. Sarkozy serait traité comme n’importe quel citoyen. En effet, l’immunité attachée à sa fonction ne s’applique que pour les actes commis en tant que président (ce n’est pas le cas dans le dossier Bygmalion, et encore moins dans l’affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation), et disparaît une fois que le mandat du président concerné s’achève.

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Mezou : Sachant que j’ai 70 ans, quelles sont mes chances de connaître les épilogues des diverses affaires Sarkozy en tenant compte de toutes les ficelles et manœuvres dilatoires des excellents avocats qui le défendront en première instance, appel, cassation et pourquoi pas Cour européenne des droits de l’homme…
Fabrice Lhomme : Bonne question cher(e) Mezou ! De fait, les procédures, surtout lorsqu’elles concernent des hommes politiques, sont particulièrement longues. Sans doute parce qu’ils disposent d’excellents avocats — chèrement payés — qui savent utiliser toutes les armes du droit pour faire traîner les dossiers. Il est intéressant de noter que ce sont les mêmes qui, dans d’autres cas de figure, dénoncent « les lenteurs de la justice »… Ainsi, s’agissant de M. Sarkozy, le dossier Azibert-Bismuth (l’affaire du trafic d’influence à la Cour de cassation), très simple à instruire, est totalement à l’arrêt depuis deux ans du fait des multiples recours qui ont, de l’avis même du parquet dans son réquisitoire révélé par Le Monde en octobre 2017, « paralysé la procédure »… Cela dit, même les meilleurs recours ont une fin, et au moins deux dossiers devraient pouvoir être jugés dans les mois qui viennent, voire en 2019 : l’affaire Bygmalion et donc l’affaire Azibert-Bismuth.

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Paul Bismuth : Bonjour, nous avons peu d’informations sur les conversations des téléphones souscrits avec des noms d’emprunt mais on comprend que c’est ce qui a motivé leur renvoi, pouvez-vous confirmer ?
Fabrice Lhomme : Bonjour cher Paul Bismuth ! En effet, le renvoi devant le tribunal de M. Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert, est fondé quasi exclusivement sur une série d’écoutes judiciaires concernant les trois hommes, écoutes largement documentées en 2014 par Le Monde, qui avait révélé l’affaire. Il faut préciser que ces interceptions téléphoniques avaient été déclenchées par le juge chargé du dossier libyen, Serge Tournaire, d’où les accusations des proches de M. Sarkozy qui soupçonnent ce magistrat d’avoir mis en œuvre la technique dite des « filets dérivants » (déclencher des écoutes dans une procédure en espérant découvrir quelque chose dans une autre affaire).
Papadimb : Bonjour. Le fait qu’il n’ait pas nommé le magistrat à ce poste monégasque prestigieux ne réduit-il pas la portée des reproches formulés ? Sans preuve, comment établir la corruption ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Papadimb. Réflexion de bon sens, mais il faut savoir qu’en matière de corruption, c’est l’intention qui compte, et non sa réalisation. Si, par exemple, vous me promettez de l’argent en échange d’articles favorables à telle ou telle société ou personnalité, et que j’accepte votre proposition, je serais coupable aux yeux de la loi, même si finalement je ne rédigeais aucun article dans le sens voulu. Je serais alors poursuivi pour « corruption passive » (comme Gilbert Azibert dans l’affaire Bismuth), et vous pour « corruption active », comme MM. Sarkozy et Herzog dans la même affaire.
 Clément : Pourquoi N. Sarkozy est-il renvoyé en correctionnelle alors que sa requête en nullité n’a toujours pas été examinée par la chambre d’instruction ? Pourquoi, lorsqu’il s’agit de N. Sarkozy, le secret de l’instruction est-il constamment violé et bafoué au mépris de toutes les règles de droit ? Pourquoi la présomption d’innocence qui fait la différence entre un système judiciaire moderne et les anciens temps où il appartenait à quelques personnes de décider de la culpabilité ou non d’un homme ? Pourquoi aucun journaliste n’est capable de la moindre objectivité quand il s’agit de se poser ne serait-ce qu’une légère question quand on voit que c’est une juge du syndicat de la magistrature connue pour son incapacité à l’impartialité surtout envers l’ancien président ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Clément. Cela fait beaucoup de questions — et de récriminations — en une seule ! Je dirais, pour résumer, que les journalistes essaient de faire preuve du maximum d’objectivité, et je ne doute pas que cela soit également le cas des magistrats. Vous parlez du Syndicat de la magistrature, très marqué à gauche en effet, mais il est très minoritaire dans la magistrature. A l’inverse, le juge Gentil, qu’en son temps les sarkozystes poursuivirent de leur vindicte parce qu’il avait eu le malheur de mettre M. Sarkozy en examen dans le scandale Bettencourt, était lui plutôt réputé… de droite ! A son sujet, on peut noter que les proches de MM. Sarkozy, Guaino notamment, qui le mirent plus bas que terre, jusqu’à l’accuser de « déshonorer la magistrature », ne critiquèrent plus jamais le juge Gentil une fois que celui-ci rendit un non-lieu à l’ancien président… Enfin, je rappelle une énième fois que, contrairement à une légende tenace, colportée par beaucoup d’hommes politiques, les journalistes ne sont absolument pas tenus au secret de l’instruction…
Martin : Savons-nous qui a informé M. Bismuth que son téléphone était sous écoute ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Martin. Sur ce plan, l’information judiciaire a échoué : policiers et magistrats ont la certitude que M. Sarkozy a été prévenu en 2014 que la justice l’avait placé sur écoute, mais ils n’ont pas réussi à déterminer qui était le ou les informateurs de l’ancien président. De ce fait, son avocat et lui, mis en examen pour « recel de violation du secret de l’instruction », ont été blanchis sur ce point. Ils comparaîtront uniquement pour corruption active et trafic d’influence.
Un apprenti juriste : M. Sarkozy sera-t-il jugé devant le tribunal correctionnel de droit commun ou sera t-il jugé devant une juridiction d’exception du fait de son statut de membre du Conseil Constitutionnel ?
Fabrice Lhomme : Bonjour, qu’il s’agisse de l’affaire Bygmalion ou du dossier Azibert-Bismuth, M. Sarkozy relève du tribunal correctionnel comme tout citoyen. Son statut de membre du Conseil constitutionnel ne lui permet de bénéficier d’aucune immunité, au contraire de celle dévolue à tout président de la République en fonctions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ Jean-Marc Nicolle est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.
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Le maire du Kremlin-Bicêtre mis en examen pour avoir détourné des fonds afin de jouer au PMU

Jean-Marc Nicolle est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h16
   





                        


Jean-Marc Nicolle, le maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), a été mis en examen vendredi 30 mars par le parquet de Créteil, notamment pour des faits de « corruption active et passive », de « blanchiment » et de « trafic d’influence ». Il est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.
L’élu du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui dirige cette ville de proche banlieue parisienne depuis 2016, finançait sa passion du PMU en détournant les règles d’attribution du marché public, selon une source proche du dossier : les entreprises intéressées devaient, pour obtenir un marché, verser une commission à un club d’œnologie qu’il dirigeait, et M. Nicolle piochait ensuite dans la caisse.
Contrôle judiciaire
Accro aux paris hippiques, l’élu y consacrait jusqu’à 3 000 euros par jour. Sur une période de sept ans, les enquêteurs ont recensé 45 000 paris, pour un montant total de 900 000 euros.
Les versements des entreprises au club d’œnologie pourraient eux se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Reste pour les enquêteurs à éclaircir depuis combien de temps la combine durait, et à quel point les entreprises concernées étaient au courant des pratiques du maire.
Placé sous contrôle judiciaire, M. Nicolle avait été interpellé mercredi en même temps que sa directrice de cabinet. Cette dernière, qui s’occupait de relancer les entreprises et d’établir les chèques pour M. Nicolle, selon la même source, a également été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire vendredi.
La police judiciaire du Val-de-Marne avait déjà effectué des perquisitions en mairie et au domicile de M. Nicolle en mai. Ces investigations avaient provoqué l’ouverture d’une information judiciaire en novembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-19"> ¤ Depuis 1976, l’ex-ministre voue une admiration sans bornes à son mentor mis en examen pour un présumé financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007.
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édition abonné


Hortefeux et Sarkozy, une amitié sur le gril de l’affaire libyenne


                      Depuis 1976, l’ex-ministre voue une admiration sans bornes à son mentor mis en examen pour un présumé financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h45
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h46
    |

            Olivier Faye








                              

                        

Il arrive plus souvent qu’on ne le croit de prendre des hommes politiques en flagrant délit de constance. Nicolas Sarkozy, par exemple. « Il a un principe, expliquait Brice Hortefeux, en 2005, à propos de leur relation : “Je te laisse faire, mais, si tu te plantes, tu assumes.” » C’est à peu de chose près ce que l’ancien président de la République a signifié à son vieux compagnon, treize ans plus tard, sur le plateau du « 20 heures » de TF1. Ce soir du jeudi 22 mars, Nicolas Sarkozy est venu se défendre dans le cadre de l’affaire libyenne, cette enquête sur un présumé financement illégal par le régime de Kadhafi de son épopée victorieuse lors de la présidentielle de 2007. « Brice Hortefeux est mon ami depuis tant d’années, je l’aime tendrement », a d’abord assuré l’ex-chef de l’Etat, mis en examen dans ce dossier pour « corruption passive », « financement illicite de campagne électorale » et « recel de détournements de fonds publics libyens ».
Le premier disciple du sarkozysme
Mais l’amour, a-t-on compris, n’est pas un blanc-seing, lorsque la justice frappe à la porte. « S’il a eu des rapports avec tel ou tel, il s’en expliquera, et je lui fais confiance. Mais je ne peux pas être moi-même accusé au titre des liens que j’ai avec tel ou tel, et de ce qu’aurait pu, ou pas, faire tel ou tel », a ajouté l’ancien chef de l’Etat. En clair, si son ami de quarante ans s’est « planté », notamment en fréquentant de trop près Ziad Takieddine, cet « intermédiaire sulfureux », ce « sinistre individu », cet « escroc », ce « déséquilibré », comme l’a agoni Nicolas Sarkozy sur TF1, ou en rencontrant des officiels libyens dans de mauvaises circonstances, il devra assumer. Seul.

Beaucoup de téléspectateurs en ont tiré cette conclusion : il y avait du lâchage dans l’air. Brice Hortefeux, pourtant, assure qu’il n’en est rien. « Non. C’était un complément logique, étant moi-même...




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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-20"> ¤ L’élu de Seine-et-Marne va devoir remettre sur pied le parti, juguler l’hémorragie des militants et préparer les futures élections. La journaliste du « Monde » Astrid de Villaines répond à vos questions.
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