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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ La compagnie ferroviaire a annoncé « un niveau de grévistes important », avec notamment 77 % des conducteurs en grève. La direction précise que le trafic sera « très perturbé » mardi.
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Grève à la SNCF : les prévisions de trafic pour lundi et mardi

La compagnie ferroviaire a annoncé « un niveau de grévistes important », avec notamment 77 % des conducteurs en grève. La direction précise que le trafic sera « très perturbé » mardi.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 17h40
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 18h51
   





                        



   


L’essentiel :
La grève perlée à la SNCF, prévue pour durer 36 jours, débute lundi 2 avril au soir, jusqu’à mercredi 4 avril.« Le taux important de grévistes » s’élèvera à 48 % de l’ensemble du personnel pour la journée de mardi.Le trafic sera « très perturbé » à partir de mardi, avec un TGV sur huit et, en régions, un TER et un Transilien sur cinq en circulation en moyenne.
La « bataille du rail » entamée lundi 2 avril à 19 heures par les cheminots contre le projet de réforme du gouvernement s’annonce suivie. La direction de la SNCF a annoncé, dimanche 1er avril, ses prévisions de trafic en vue du mouvement de grève. Le taux de grévistes sera de 48 % dans l’ensemble du personnel, et de 77 % chez les seuls conducteurs, mardi, au premier jour de la mobilisation.
Evoquant « un niveau de grévistes important », Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la communication de la SNCF assure que le trafic sera « quasi-normal » lundi soir, mais « très perturbé » mardi et mercredi.
C’est le début de la « grève perlée » par épisodes de deux jours sur cinq, initiée par la CGT, l’UNSA et la CFDT, jusqu’au 28 juin. SUD-Rail appelle, lui, à une grève illimitée, reconductible par 24 heures, à partir de 20 heures lundi. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, a prévenu que « des lignes seront fermées ». « Cette grève sera très pénalisante pour nos clients », dit-il dans le Journal du dimanche. 

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                Grève à la SNCF : le calendrier des perturbations



Le détail des prévisions de trafic pour mardi
Un TGV sur huit :
12 % sur l’Atlantique27 % sur l’Est12 % sur le Nord11 % sur le Sud-Est
Un Transilien sur cinq :
RER A : 50 % des trains assurésRER B : 28 % des trains assurésRER C : 20 % des trains assurésRER D : 14 % des trains assurésRER E : 30 % des trains assurés
Trois trains internationaux sur quatre :
Trois Eurostar sur quatreUn trafic quasi-normal sur les ThalysPas de train sur les Lyria, tout comme entre l’Italie et la France et l’Espagne et la FranceEntre la France et l’Allemagne, les liaisons seront assurées à hauteur d’un train sur trois
Pour les TER, un train sur cinq circulera. Pour les Intercités, la proportion sera d’un train sur huit.
Le chiffre
3 000
Selon la compagnie ferroviaire, 3 000 gilets rouges seront mobilisés mardi 3 et mercredi 4 avril pour venir en aide aux voyageurs. Le mouvement « a été pensé pour avoir un maximum d’impact sur le trafic et être le plus économe possible pour les grévistes », a estimé, plus tôt dans la journée, le patron de la SNCF.

Notre sélection d’articles pour comprendre la réforme de la SNCF
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La synthèse pour tout comprendre à la réforme en 9 pointsle contenu du projet de loi sur la réforme de la SNCFles explications : que signifie l’ouverture de la SNCF à la concurrence ?les détails du calendrier des perturbationsen données : effectif, statut, rémunération, trois questions sur les cheminotsle récit : comment s’est déroulée l’harmonisation des statuts à Orange comme à La Postele panorama (en édition abonnés) : comment l’ouverture du rail à la concurrence s’est faite en Europeles explications en cinq points sur la dette de la SNCFl’état des lieux sur la retraite des cheminots, un régime spécial déficitaire





                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Rapport d’étonnement. La logique capitaliste s’empare enfin des idées écologiques, considérées naguère comme contraires à la croissance et à l’emploi.
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L’économie circulaire convainc jusqu’au Medef

Rapport d’étonnement. La logique capitaliste s’empare enfin des idées écologiques, considérées naguère comme contraires à la croissance et à l’emploi.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 12h30
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            
L’utopie écologique n’est plus une chimère, ses rêves nous rattrapent. Industries propres, retraitement des déchets, villes végétalisées, immeubles économes, agroécologie associant cultures et élevage, « économie circulaire » fonctionnant comme un écosystème, réintégrée au cœur de la nature, privilégiant la valorisation des énergies naturelles plutôt que l’extraction des matières fossiles : il y a dix ans encore, ces idées étaient considérées comme contraires à la croissance et à l’emploi, menaçant les profits des entreprises. Bref, impraticables.
Alternative crédible
Aujourd’hui, elles semblent capables d’offrir une alternative crédible à la ruineuse destruction de la biosphère par notre mode de production – à nouveau dénoncée, samedi 24 mars, par les 550 experts de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. C’est ainsi que, vendredi 30 mars, le ministère de la transition écologique et solidaire doit faire connaître sa « Feuille de route pour l’économie circulaire », la présentant comme le « nouveau paradigme » capable de détrôner notre vieille logique économique « non soutenable », et proposant de l’ériger en « objectif national ».
On dira : l’écologiste Nicolas Hulot se démène pour se faire entendre, comme bien d’autres ministres soucieux de l’environnement avant lui, qui ont tous déchanté. Mais, l’avenir s’obscurcissant, les responsabilités s’avérant de plus en plus lourdes à porter, les temps changent : l’environnement devient la frontière de la logique capitaliste.
On l’a bien vu lors de l’université d’été du Medef, en août 2017, quand le patron du groupe Suez, Jean-Louis Chaussade, a donné un exemple frappant : « Le plastique est un excellent exemple de la limite de notre modèle d’économie linéaire. Plus de 320 millions de tonnes par an aujourd’hui, plus d’un milliard de tonnes en 2050 (…), et il n’est pas biodégradable ! Résultat,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Les dirigeants d’entreprise dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population. Bien se comporter, c’est s’y adapter, explique la journaliste du « Monde » Annie Kahn, dans sa chronique bimensuelle.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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Comment « savoir être » face à des patrons déséquilibrés

Les dirigeants d’entreprise dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population. Bien se comporter, c’est s’y adapter, explique la journaliste du « Monde » Annie Kahn, dans sa chronique bimensuelle.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 07h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Ma vie en boîte. Le chercheur d’emploi lambda, ou toute personne soucieuse de conserver son poste ou d’évoluer professionnellement, se doit aujourd’hui d’améliorer son « savoir-être », entend-on de tous côtés. Savoir-être, on l’aura compris, signifie apprécier le travail collaboratif quand cela s’avère nécessaire. Mais aussi être très autonome quand les conditions l’exigent. Se comporter intelligemment avec ses collègues, clients et dirigeants. Pour des relations apaisées, empathiques, basées sur la compréhension de l’autre, l’écoute.
On comprend aisément que dans un tel univers paradisiaque, sans perte de temps en conflits inutiles, la productivité s’améliore. En ce début de week-end prolongé, on vous épargnera la longue liste des études universitaires établissant corrélation et causalité entre savoir-être et productivité.
En haut de la pyramide, en revanche, il semble que le savoir-être ne soit plus du tout essentiel. A moins qu’il ne se définisse tout à fait autrement. Car, dans les entreprises, les dirigeants dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population, affirment Manfred Kets de Vries, professeur en développement du leadership et changement des organisations à l’Insead, et Caroline Rook, assistante à la Henley Business School, dans la lettre Insead Knowledge du 19 mars.
Comportements toxiques
En effet, si, en moyenne, la moitié des adultes américains souffrent de troubles psychiatriques à un moment ou l’autre de leur vie, selon une étude de la Harvard Medical School, les responsabilités des dirigeants sont tellement stressantes qu’elles stimulent ou aggravent des troubles psychologiques préexistants à leur nomination, estiment M. Kets de Vries et Mme Rook. On considérera qu’il doit en être de même en Europe.
Or, les comportements toxiques les plus répandus chez les dirigeants vont tout à fait à l’encontre de ce qui est attendu du fameux « savoir-être »....




                        

                        


<article-nb="2018/04/01/18-4">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ L’enjeu est dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base, explique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.
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Retraite complémentaire des salariés : quel est l’intérêt d’un rachat de points ?

L’enjeu est dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base, explique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 07h00
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Question à un expert. Comme pour le régime de base de la Sécurité sociale, les régimes complémentaires de retraite des salariés les autorisent à racheter des points des caisses Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés non-cadres) ou Agirc (Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) au titre des années d’études supérieures.
Trois conditions sont nécessaires : ne pas avoir liquidé ses droits à la retraite, avoir moins de 67 ans et avoir racheté au préalable des trimestres pour ces mêmes périodes dans le régime de base de la Sécurité sociale. Une année rachetée, soit quatre trimestres, ouvre droit à un rachat de 70 points Arrco ou Agirc. Dans chaque régime, 210 points peuvent donc être rachetés au maximum.

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Compte tenu de la valeur des points de ces deux régimes, l’enjeu maximum, en gain annuel de retraite brute, est donc de 263 euros à l’Arrco et de 91 euros à l’Agirc. A ces montants, il convient d’ôter les prélèvements sociaux (maximum 10,1 %) et l’impôt sur le revenu. Au total, l’enjeu est finalement dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base.
Déductible du revenu imposable
Pour les régimes de l’Arrco et de l’Agirc, le coût de l’opération est obtenu en multipliant le nombre de points à racheter par la valeur du point dans le régime, puis par un coefficient d’âge, fixé en fonction des tables de mortalité. Il est donc lié à l’espérance de vie de l’assuré.

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                Le rachat de trimestres, une aubaine pour les cadres



De ce fait, le rachat n’a statistiquement aucun intérêt financier. En revanche, ce rachat étant intégralement déductible du revenu imposable, le gain se fera principalement sur l’éventuelle économie d’impôt générée.
Si un rachat de trimestre doit être étudié, c’est plutôt dans le cadre du régime de base. Contrairement au rachat de trimestre auprès de l’Arrco ou de l’Agirc, il peut avoir un réel intérêt économique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève. Les syndicats dénoncent une tentative de déstabilisation.
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SNCF : avant le début de la grève, la direction prévient que « des lignes seront fermées »

La direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève. Les syndicats dénoncent une tentative de déstabilisation.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 00h48
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 14h35
   





                        


La « bataille du rail » engagée à partir de lundi 2 avril au soir contre le projet de réforme du gouvernement risque d’avoir de nombreuses répercussions, en dépit des mesures prises par la direction pour réduire son impact. Le président du directoire de la SNCF, Guillaume Pepy, a déclaré dimanche 1er avril dans une interview au Journal du dimanche que des « petites lignes seront fermées » faute de personnel pendant les jours de grève.
« S’il manque des aiguilleurs, la loi ne nous permettant pas d’en réquisitionner, il y aura des lignes fermées. »
« Sur les grandes lignes, les trains annoncés la veille à 17 heures seront garantis. Nous enverrons un mail ou un SMS à toutes les personnes qui ont une réservation pour confirmer ou infirmer la circulation de leur train », a expliqué M. Pepy.
Le PDG de la compagnie ferroviaire ajoute que « les Français doivent être lucides. Nous avons dit et répété qu’il y aurait très peu de trains du lundi 2 avril au soir au jeudi 5 avril au matin. Il ne serait donc pas raisonnable de venir dans une gare si votre train n’est pas confirmé. C’est pour cela que l’on a fermé les réservations pour les jours de grève. Lorsque l’on y verra plus clair, on pourra en rouvrir certaines. »

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                Grève à la SNCF : le calendrier des perturbations



La CGT (premier syndicat à la SNCF), l’UNSA (deuxième organisation représentative) et la CFDT (quatrième) ont appelé les cheminots à faire grève le mardi 3 et le mercredi 4 avril (les perturbations commenceront dès lundi à 19 heures). C’est le premier des préavis de deux jours de grève sur cinq qu’ils pourraient déposer jusqu’à la fin du mois de juin pour contrer la réforme de la SNCF voulue par le gouvernement. SUD-Rail (troisième syndicat dans l’entreprise) a déposé de son côté un préavis de grève illimitée, reconductible par vingt-quatre heures, qui débutera à 20 heures lundi.
M. Pepy a évoqué les difficultés nées de la succession des arrêts de travail. « Trois jours après la reprise du trafic, une nouvelle séquence de grève démarrera. Cela va désorganiser complètement la production. Exemple : si l’entretien technique d’un train ne peut être fait, il ne pourra plus rouler. Et nous finirons par manquer de matériel », craint-il.
Inciter des cadres à conduire
Pour limiter les impacts de la grève, la direction a proposé une prime à des cadres pour les inciter à conduire des trains pendant la grève, a-t-on appris dimanche de sources syndicales, qui dénoncent une tentative de déstabilisation du mouvement.
« Depuis la semaine dernière », la direction « propose une prime de conducteur occasionnel » à des « cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu’à présent », a fait savoir Erik Meyer (SUD-Rail), confirmant une information de franceinfo.
Cette prime mensuelle, d’un montant de « 150 euros », était jusqu’alors versée à des « cadres de direction issus de la conduite » amenés à conduire un train de temps en temps, « une fois par trimestre », a expliqué M. Meyer. La direction « a commencé à étendre ce dispositif » aux « cadres traction », les « chefs d’équipe » des agents de la conduite, leur proposant cette prime « de manière pérenne », a-t-il précisé.
Il s’agit d’« une prime qui existait déjà » et qui serait rendue « plus incitative », a aussi dit Bernard Aubin, de la Fédération indépendante du rail et des syndicats des transports (First, non représentatif), dénonçant des « pressions exercées sur l’encadrement pour remplacer les grévistes ». La direction de la SNCF a confirmé l’existence de cette prime, qui « a pris effet au 1er janvier 2018 », et a dénoncé « un faux procès », les discussions à ce sujet « remontant à 2017 ».
« Posture de blocage »
De son côté, la ministre chargée des transports, Elisabeth Borne, a haussé le ton dans une interview accordée au Parisien dimanche : « Je le dis clairement, personne ne peut comprendre que les syndicats de cheminots engagent une grève longue et pénalisante alors que le gouvernement est dans le dialogue. »
« Il est incompréhensible que les syndicats restent dans une posture de blocage qui n’est pas justifiée alors que nous apportons des réponses aux cheminots. »
La ministre rappelle par ailleurs qu’« il n’a jamais été question de passer en force » sur ce dossier, soulignant que les concertations ne sont qu’à « mi-chemin et que nous démarrons la semaine prochaine le débat parlementaire ».
Mobilisations attendues sur d’autres fronts
Energie. Dans le même temps, l’exécutif devra être attentif à la mobilisation annoncée dans l’énergie, à partir de dimanche et « jusqu’au 28 juin », par la première organisation du secteur, la FNME-CGT, qui a calqué son calendrier sur celui des cheminots. Un préavis de grève couvrira toute la période, mais le mouvement pour « un nouveau service public de l’électricité et du gaz » ne devrait se traduire que ponctuellement, à travers des baisses de production par exemple.
Déchets. Les fédérations CGT des transports et des services publics lancent un appel à la grève dans l’ensemble de la filière déchets à partir de mardi. Elle devrait toucher notamment Paris et sa région, celle de Marseille, Montpellier, ainsi que l’Est et le Nord, selon la CGT, qui réclame la création d’un « service public national » des déchets, ainsi que la « reconnaissance de la pénibilité » du travail.
Air France. La compagnie aérienne Air France, enfin, sera touchée mardi puis samedi par ses quatrième et cinquième journées de grève en un mois et demi. Onze syndicats de tous métiers exigent une augmentation générale des salaires de 6 %, jugeant trop faible celle programmée dans l’année (de 0,6 % au 1er avril et de 0,4 % au 1er octobre). La direction juge la revendication déraisonnable et vante les « 200 millions d’euros » redistribués au total, augmentations individuelles et intéressement compris.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Tour d’horizon des revalorisations, baisses et nouvelles règles en vigueur.
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Minimum vieillesse, allocations familiales, énergie… ce qui change au 1er avril

Tour d’horizon des revalorisations, baisses et nouvelles règles en vigueur.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h37
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 08h49
   





                        


Hausse du minimum vieillesse, de la prime à la naissance et des allocations aux familles monoparentales ou nombreuses et modestes, baisse de l’allocation aux parents de jeunes enfants… Voici les principaux changements à compter du 1er avril :

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30 euros de plus pour le minimum vieillesse
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) augmente de 30 euros, à 833 euros par mois pour une personne seule. Deux autres hausses, de 35 euros chacune, sont prévues au 1er janvier 2019 et au 1er janvier 2020.

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1 % de revalorisation des prestations sociales
Cette augmentation est liée à l’inflation :
le revenu de solidarité active (RSA) passe à 550,93 euros par mois pour une personne seule en métropole ;la prime d’activité atteint 531,51 euros ;l’allocation aux adultes handicapés (AAH) passe à 819 euros ;l’allocation de base d’éducation d’enfant handicapé augmente de 1 %, à 131,81 euros ;les allocations familiales, versées aux familles avec deux enfants, s’élèvent désormais à 131,16 euros, pour la tranche de revenus la plus basse, et au minimum à 32,79 euros pour les revenus les plus élevés ;le complément familial (pour les familles nombreuses) atteint 170,71 euros ;le complément de libre choix du mode de garde (CMG), pour l’emploi d’un assistant maternel ou pour une garde à domicile, s’échelonne entre 176,82 euros et 467,41 euros ;le congé parental est rémunéré à 396,01 euros pour un taux plein ;l’allocation de rentrée scolaire (ARS), qui sera versée en août, passera à 367,73 euros pour les enfants de 6 à 10 ans, à 388,02 euros pour les 11-14 ans et à 401,47 euros pour les 15-18 ans.
Allocations familiales recentrées sur les plus modestes
Outre les revalorisations modiques liées à l’inflation, le gouvernement d’Edouard Philippe a choisi d’augmenter les prestations versées aux familles les plus pauvres, en réduisant l’allocation de base pour les autres :
le montant majoré du complément familial, versé aux familles nombreuses modestes, augmente de 8,2 %, à 256,09 euros par mois ;l’allocation de soutien familial, qui complète le revenu des parents isolés ne percevant pas de pension alimentaire, augmente de 5,2 %, à 153,70 euros pour un taux plein et 115,30 euros pour un taux partiel ;la prime à la naissance, qui n’avait pas été revalorisée depuis 2013, va augmenter de 2 % par rapport à celle versée pour les enfants nés avant cette date, à 941,66 euros ;en revanche, l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) diminue de 7,5 %, à 170,71 euros pour un taux plein (soit une baisse de 13,90 euros par mois), et à 85,36 euros pour un taux partiel.Réductions dans le secteur de l’énergieLes tarifs réglementés du gaz naturel, appliqués par Engie à plusieurs millions de clients en France, baisseront de 1,1 % avec le recul des prix sur le marché du gros. Cette diminution est de 0,4 % pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 0,7 % pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude et de 1,2 % pour les foyers qui se chauffent au gaz.Un chèque énergie, qui remplace les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz, est distribué à quatre millions de foyers modestes. Le montant s’échelonne de 48 euros à 277 euros, selon les revenus et la composition des ménages, avec une moyenne de 150 euros par foyer. Il devrait augmenter de 50 euros en 2019.les primes pour le changement de chaudière au fioul, accordées sous condition de ressources, vont augmenter nettement et atteindront entre 2 000 euros et 3 000 euros contre 800 euros à 1 300 euros jusqu’à présent.
De nouveautés pour les consommateurs
Les abonnements à des contenus en ligne (comme Netflix, Canal+ ou Deezer) seront désormais accessibles dans tous les pays de l’Union européenne.Les nouvelles voitures doivent être équipées d’un bouton d’appel d’urgence (système eCall).Les secteurs des banques et des assurances pourront dématérialiser davantage certaines formalités comme les envois recommandés électroniques ou les signatures électroniques.
Et aussi
Un nouveau carnet de santé est distribué aux nouveau-nés. Il intègre les onze vaccins obligatoires, ainsi que de nouvelles courbes de taille et de poids.Un service gratuit de caution pour loyers impayés, Visale, est proposé à toutes les personnes de moins de 30 ans sous conditions de ressources et de statut (étudiants, contrats précaires) pour des loyers n’excédant pas 1 300 euros (1 500 euros à Paris).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ La CFDT a annoncé près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoquait une trentaine de pas-de-porte bloqués dans la matinée de samedi.
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Grève à Carrefour : forte mobilisation des salariés pour l’emploi et le pouvoir d’achat

La CFDT a annoncé près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoquait une trentaine de pas-de-porte bloqués dans la matinée de samedi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 06h39
   





                        



   


Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots : faire ses courses de Pâques dans certains magasins Carrefour, samedi 31 mars, tenait de la gageure au vu de la forte mobilisation des salariés décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat. Au moins 300 magasins intégrés étaient touchés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d’une mobilisation dans les entrepôts.
Le mouvement « a démarré très tôt avec beaucoup de force et d’envergure, il est très fort », s’est félicité Michel Enguelz, représentant de Force ouvrière (FO), premier syndicat du groupe de grande distribution. Selon Sylvain Macé (CFDT), le taux de grévistes avoisinait 50 %, avec 170 hypermarchés mobilisés sur 220 et 130 supermarchés sur environ 470.
Il y en a « peut-être même plus », a estimé M. Enguelz (FO), qui s’est félicité d’un mouvement « d’envergure ». « Du jamais-vu », selon Philippe Allard (CGT).
Une « trentaine » d’hypermarchés entièrement bloqués
Partout, la mobilisation se traduisait par des rassemblements devant les magasins, avec du « filtrage » aux entrées. Certains hypermarchés étaient complètement bloqués, comme à Antibes (Alpes-Maritimes), Ollioules (Var), Toulon Grand Var, Nice Lingostière (Alpes-Maritimes) ou Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône), Vénissieux (Rhône), Chambéry (Savoie) ou encore Toulouse-Labège (Haute-Garonne) et Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), selon les syndicats CFDT, FO et CGT. A Marseille Grand Littoral, une journaliste a constaté que l’entrée était barrée par des chariots et un rassemblement de 150 salariés.

        Les explications :
         

          Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi



La direction du groupe Carrefour a compté « une trentaine » d’hypermarchés bloqués, sur 220, à 10 h 30, mais elle a affirmé qu’« aucun supermarché, aucun magasin de proximité ni aucun entrepôt n’était bloqué » en milieu de matinée. A midi, « 80 % de nos hypermarchés [étaient] ouverts » et « 100 % de nos supermarchés », a-t-elle souligné. Une source syndicale a estimé que 30 % des hypermarchés resteraient fermés toute la journée.
356 millions d’euros de dividendes
Cette mobilisation est le point d’orgue de l’inquiétude et de la colère qui montent depuis l’annonce, le 23 janvier, par Alexandre Bompard, PDG du groupe depuis l’été 2017, de son « plan de transformation » s’accompagnant de la suppression de milliers d’emplois.
L’appel à la grève, lancé par FO et la CFDT, relayé séparément par la CGT, répond à l’annonce en janvier de la suppression de milliers d’emplois. Les syndicats protestent aussi contre le projet de passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés. L’annonce, récemment, d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 en 2017, a achevé de mettre le feu aux poudres.
Ils s’inquiètent aussi de l’impact sur l’emploi d’autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés).

        Lire aussi :
         

                Carrefour : les salariés inquiets face au plan Bompard



« Nous comprenons que les projets de transformation puissent susciter de l’inquiétude chez certains de nos salariés », a admis Pascal Clouzard, directeur exécutif France Carrefour. Mais, « si nous souhaitons pérenniser et développer notre activité économique, et donc nos emplois, nous devons impérativement nous transformer », a-t-il ajouté.
Chez les salariés, l’annonce récente d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, vue comme une « aumône » ou un « pourboire », a aussi alimenté la colère. « Bien consciente de l’impact sur le pouvoir d’achat » de cette baisse, la direction a proposé à la mi-mars de relever ce montant à 407 euros, sous forme d’un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde.
Les actionnaires toucheront, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats, qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.
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En Birmanie, l’échec socio-économique d’Aung San Suu Kyi suscite la déception

Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h16
    |

                            Antoine Clapik (Rangoun, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Je suis un partisan de longue date de la “Lady”, et je l’aime encore. Mais la NLD [Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi] n’a pas tenu ses promesses électorales. Franchement, je suis déçu. »
Ainsi parle Than Shein, 68 ans, ancien conducteur de cyclo-pousse, homme à tout faire, menuisier de circonstance et résident à plein temps d’un bidonville situé dans le quartier industriel de Hlaing Thar Yar, en périphérie de Rangoun.
Ce sexagénaire, qui ne possède pas de téléphone, pas de page Facebook et, naturellement, pas d’ordinateur, est remarquablement bien informé : sur le terrain politique et social, il n’est jamais avare de sa parole. Pourtant, il habite dans ces marges de la grande ville où des dizaines de milliers de personnes comme lui vivent dans des conditions misérables depuis qu’en 2008, le cyclone Nargis les a chassées de leurs villages du delta du grand fleuve Irrawaddy. La catastrophe fit près de 140 000 morts. « On a tout perdu », dit Than Shein.
« Vous savez quoi ? La NLD n’en a rien à faire des pauvres… ».
Sa bicoque de bambous tressés et de bâches en plastique est dans un tel état qu’elle paraît avoir, elle aussi, connu un désastre naturel : la masure est un capharnaüm où s’empilent au petit malheur la chance divers objets, de la casserole au tas de hardes empoussiérées, de la pendule antique à l’armoire en planches disjointes.
« Durant le scrutin de 2015 [les premières élections libres en vingt-cinq ans qui virent la NLD remporter une écrasante victoire], j’ai emmené des gens gratuitement sur mon cyclo-pousse dans les bureaux de vote pour qu’ils puissent apporter leurs voix au parti de la “Dame”, explique Than Shein en un sourire navré qui découvre une dentition rare. Et qu’est-ce que je vois aujourd’hui ? Des voisins d’un autre bidonville éjectés de leurs squats sous prétexte qu’ils n’ont pas de permis de résidence ! Vous savez quoi ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le plus gros acheteur de raisin du Languedoc produit cent quarante cuvées qu’il exporte dans une soixantaine de pays. Avec la certitude d’offrir « le meilleur vin du monde » à moindre coût.
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Vins : Jean-Claude Mas, l’esprit de conquête


                      Le plus gros acheteur de raisin du Languedoc produit cent quarante cuvées qu’il exporte dans une soixantaine de pays. Avec la certitude d’offrir « le meilleur vin du monde » à moindre coût.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h15
    |

            Michel Guerrin








   


Jean-Claude Mas, c’est l’insolente réussite avec un vin pas cher vendu à l’étranger. Pas moins de 22 millions de bouteilles écoulées sous la bannière Paul Mas, le nom de son père. Un hommage ? Pas seulement. « Sur l’étiquette, Paul est plus facile à lire que Jean-Claude. » Et puis il s’est fait seul. S’il baigne dans le raisin depuis tout petit, il se souvient qu’à la table familiale, près de Pézenas, on coupait le vin avec de l’eau. Son père, son grand-père, son arrière-grand-père étaient des viticulteurs, alors que lui est le premier vigneron. « Vigneron de père en filles », dit-il. Il en a quatre.
Cet amateur de motos et de voitures a aussi tâté d’autres métiers, après une école de commerce et un MBA marketing. Il fait ses gammes dans le vin de 1992 à 1995, chez Bernard Magrez, patron réputé de domaines bordelais ; apprend la vinification avec l’œnologue italien Giorgio Grai. Le grand saut est en 2000, quand, tout en reprenant les dix-sept hectares de la propriété familiale, il crée sa société de négoce à Montagnac (Hérault), à côté de ­Pézenas, qui a pour nom Côté Mas. Il achète du vin, le met en bouteille, dessine les étiquettes, le commercialise. « Je vends du vin qui n’arrive pas à se vendre. »
Un chiffre d’affaires en hausse
Il tire cette conviction d’un sévère état des lieux. D’abord, sur le Languedoc. Il constate alors que sa région a fortement progressé en vins de qualité mais sans le faire savoir. « On a communiqué sur les producteurs, qui ont mis la région dans le trou, alors qu’il fallait communiquer sur les marchés à conquérir. » Ensuite sur la France. Il juge la production stagnante, trop concurrentielle et conservatrice. Les places sont prises. La solution ? Voir l’étranger comme un eldorado.
Les experts lui prédisaient un fiasco. Aujourd’hui, à 58 ans, Jean-Claude Mas savoure son bilan : il possède douze domaines, 720 hectares, en a aussi 1 400 en contrat (il est le plus gros acheteur de raisins de la région), emploie 190 salariés, produit 140 cuvées qu’il vend dans 61 pays, réalise un chiffre d’affaires de 55 millions, en hausse de 7 % en 2017. Le chiffre-clé ? Il exporte 90 % de ses vins, un chiffre fou, qui dit le succès.
Il vend au Japon, où il se rend régulièrement depuis vingt ans, en Allemagne, en Italie, au Canada, en Chine, en Russie, en Inde, au Brésil, en Grande-Bretagne… Il peut parler avec des trémolos dans la voix de ses commerciaux à Hongkong, à Londres ou à New York, ou d’importateurs devenus des amis. Ses concurrents ne sont pas français, mais des poids lourds étrangers, comme Torres, en Espagne, ou Antinori, en Italie. Jean-Claude Mas passe cent jours par an en dehors de l’Hexagone.
Coller au consommateur
Pour s’imposer à l’étranger, dit-il, il faut un vin à 5 euros meilleur que les autres. C’est la base. Elle est fragile. « Il est impossible de faire un languedoc correct sous 3 euros, et même sous 5 euros, à cause du trop faible rendement dans notre région. On est à 7 tonnes de raisin par hectare alors que l’Australie ou le Chili tournent à 11 tonnes et certains vins italiens à 18-20 tonnes. En revanche, à 5 ou 6 euros, je prétends qu’on peut produire en Languedoc les meilleurs vins du monde. » Ce qui se confirme dans ses ventes : 5 millions de bouteilles entre 4 et 5 euros, 12 millions de 5 à 7 euros, 5 millions entre 7 et 19 euros.
Jean-Claude Mas vous lance alors une formule. « Il y a des gens qui font du vin avec de l’argent, moi je fais du vin pour faire de l’argent. » Il précise : « J’ai acheté six domaines à des gens qui ont fait du vin avec de l’argent sans y comprendre grand-chose. » Ce qui veut dire qu’il cerne d’abord un marché viable, puis construit un vin qui lui correspond. Il a ainsi produit un merlot qui titille le merlot américain, mais moins cher. Un goût boisé. Il nous montre comment il introduit des lattes de chêne dans les cuves pendant la fermentation. « Peu de vignerons vous le montreront ! » Il ajoute : « Je serais en Bourgogne, je ne penserais pas à faire ça. »
Derrière une dose de provocation, Jean-Claude Mas fait des vins proprement. Cent vingt hectares sont en bio, et le glyphosate est banni de quasiment toutes ses terres. C’est le cas de son vin mascotte, qui a pour nom « Arrogant Frog ». « Grenouille arrogante ». Quatre cuvées, de 4 à 20 euros, issues de vignes en grand cru limoux, pour beaucoup en bio. Des cuvées fort agréables, pas toujours excellentes, mais qui s’exportent si bien, et disent le succès de Jean-Claude Mas.
« On juge la réussite suspecte. Surtout quand elle est rapide. Alors que j’ai accompagné la reconnaissance du languedoc ! »
L’arrogance, c’est un terme que certains lui collent à la peau. Lui renverse le problème. Il a entendu l’arrogance dans la bouche de pas mal d’interlocuteurs quand il a débuté : « Apprenez d’abord le vin avant d’en faire… » Depuis, il a cette conviction : « On juge la réussite suspecte. Surtout quand elle est rapide. Alors que j’ai accompagné la reconnaissance du languedoc ! »
Même quand il évoque le goût, il joue le fort en gueule. Nous goûtons un de ses vins à 5 euros, un « Paul Mas » destiné à une compagnie aérienne. Pas mal. Il sourit. « La réputation d’un vin se fait sur l’étiquette, le marketing et le prix. Goûtez une mauvaise bouteille à 50 euros, vous lui trouverez toutes les excuses. Une bonne bouteille à 6 euros, vous ne lui en trouverez pas. Cela s’appelle le snobisme. »
Il n’empêche, Jean-Claude Mas s’est lancé récemment un deuxième défi : produire quelques vins de grande qualité de 30 à 50 euros. Là encore, il colle au consommateur, nouveau, français surtout, qui boit moins et mieux, sait ce qu’il veut, juge en se fiant moins à l’étiquette. Et qui boit plus cher. Résultat positif : ses ventes en France suivent une tendance de + 30 %.
Quand on voit et écoute ce prince du vin à Pézenas, on croit parfois entendre son confrère Gérard Bertrand, le roi de Narbonne (Aude). Même caractère de l’autocrate.
Le consommateur change, Mas aussi. « En étant obsédé par le rapport qualité-prix, j’oubliais la part de rêve que procure le vin. » Son slogan, affiché partout, notamment sur son site Internet, est « Le luxe rural depuis 1892 » (date d’achat des premières vignes par son arrière-grand-père). Sans doute aussi son ego, imposant, le pousse à prendre la piste des vins de garde. Il y a d’autres signes. Dans son fief de Montagnac, il a ouvert un restaurant qui vise une étoile au ­Michelin, un bar à vins, deux suites à 200 euros environ la nuit (il en veut dix), une boutique. Il est aussi mécène du festival de théâtre de Pézenas.
Un nom condense cette nouvelle vie. Astelia. C’est le nom de sa maison, qu’il a construite au milieu des vignes, pas loin de Montagnac, et qu’il a dessinée lui-même, comme un geste d’architecte. ­Astelia condense les prénoms de ses filles – Astrid, Elisa, Apolline, Estelle. « Citroën a fait DS et moi, Astelia. » Astelia est aussi une gamme de vins de prestige : 50 000 bouteilles pour le moment.
Est-il conseillé par un œnologue ? « Non. Si j’en prends un, il me dirait que je suis juste un commercial. » Du reste, à l’écouter, on sent bien qu’il sait ce qu’il veut pour chaque cuvée. Mais il donne un modèle : le Domaine Peyre Rose, au cœur de l’Hérault, une sacrée référence, avec de toutes petites quantités.
Quand on voit et écoute ce prince du vin à Pézenas, on croit parfois entendre son confrère Gérard Bertrand, le roi de Narbonne (Aude). Même caractère de l’autocrate. Stratégies proches, même souci du consommateur, des ventes phénoménales. Tous deux sont jalousés. La ressemblance physique est troublante. Sauf que Jean-Claude Mas est plus petit. Sont-ils concurrents ? Pas tant que ça.
Bertrand vend des vins plus prestigieux, plus chers et beaucoup en France, alors que Mas achète plus de raisin et vend essentiellement à l’étranger. Sur l’exportation, le terrain de jeu est assez vaste pour qu’ils ne se marchent pas sur les pieds. Tous deux sont convaincus que le meilleur est à venir. Mas achètera d’autres domaines, veut conquérir d’autres territoires, entend gagner le haut de gamme. Avec ses filles ? « Je ne cherche pas des héritiers. »

        Lire aussi :
         

                Vins du Languedoc : la sélection du « Monde »






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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « La concurrence ne conduit pas toujours à une harmonie optimale »

La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h10
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31.03.2018 à 11h27
    |

Gérard Fonouni (Professeur agrégé d’économie et gestion)







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Au cœur de l’analyse économique, se trouve désormais le concept de l’efficacité, servant de fondement à toutes les politiques économiques. De simple moyen, il est devenu aujourd’hui une fin.
L’efficacité, mesurée par l’adéquation des moyens aux objectifs, est aussi recherchée par toutes les entreprises produisant dans un environnement concurrentiel. Dans cet environnement, les firmes parvenant à optimiser leurs ressources c’est-à-dire à maximiser leurs profits sous contrainte de coûts tout en recherchant à satisfaire les besoins de leurs clients, peuvent se développer, conquérir de nouveaux marchés ou encore se différencier des concurrents et donc créer des emplois. Alors que celles qui n’y parviennent pas, à défaut d’efficacité, sont éliminées par la concurrence. Telle est la loi du marché, celle du plus fort, à partir de laquelle se sont tissées les relations économiques entre les acteurs économiques et entre les pays.
La libre concurrence entre les entreprises privées permet, en théorie, de concilier les intérêts divergents des producteurs et des consommateurs grâce aux prix fixés librement en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.
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Dans les coulisses de la Pharmacie des armées

Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h00
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            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

L’affaire de l’agent russe, Sergueï Skripal, empoisonné dimanche 4 mars dans la petite ville britannique de Salisbury, semble tout droit sortie d’un roman d’espionnage. La détection d’une substance neurotoxique, baptisée Novitchok, souligne cependant que l’utilisation d’armes chimiques représente une menace bien concrète. Bien plus puissant que d’autres poisons comme le gaz sarin, ou l’agent VX – qui aurait été utilisé pour assassiner le demi-frère du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un le 13 février 2017 à l’aéroport de Kuala Lumpur – le Novitchok a été mis au point par les Russes en pleine guerre froide. Une quantité infime de poudre suffit à intoxiquer la cible, avec l’apparition des premiers symptômes – ralentissement du rythme cardiaque, asphyxie – trente secondes à deux minutes seulement après l’exposition. Il n’existe aucun antidote connu à ce jour.

L’histoire ne préoccupe pas que les diplomates russes et britanniques. « Avec ces neurotoxiques, on peut tuer un groupe de soldats en quelques minutes », souligne le commandant François Caire-Maurisier qui dirige la Pharmacie centrale des armées (PCA). Situé en pleine campagne, à Chanteau (Loiret), près d’Orléans, cet établissement unique en Europe développe et fabrique des médicaments destinés à protéger militaires et civils contre les risques nucléaires, radiologiques, biologiques, et chimiques (NBRC). Chaque année, en moyenne 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables y sont fabriquées sur dix lignes de production pour le compte de l’armée et du ministère de la santé.
Des antidotes aux armes chimiques
Délivrée à tous les soldats, la  trousse du combattant  est à l’image des dangers qui les guettent : on y trouve un garrot tourniquet, que l’on peut poser d’une seule main, une poche de chlorure de sodium à utiliser en cas d’hémorragie, une seringue de morphine et un antidote que l’on peut s’autoinjecter en cas d’exposition à une substance neurotoxique. « Chaque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset
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Réformes Macron : « Faire face à la crise écologique appelle une réflexion combinant les hommes et la nature »

Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h30
    |

Lauriane Mouysset (Chercheuse CNRS à l’université de Bordeaux) et Cécile Aubert (Chercheuse à l’Ecole d’économie de Toulouse et à l’université de B...







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. De la disparition du dodo de l’île Maurice à la fin du XVIIe siècle à la réduction alarmante des oiseaux communs, l’érosion de la biodiversité par l’humain n’a de cesse de s’accélérer. Nous savons pourtant que cette biodiversité est essentielle à notre épanouissement. Régulation du climat, formation des sols, contrôle des ravageurs de culture, émotions procurées par le chant des oiseaux, sont autant de bienfaits fournis par la nature que nous avons intérêt à préserver. Alors, pourquoi ne change-t-on pas de comportement ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à trouver de solution pour stopper ce déclin ?
La réponse à cette question est complexe. Une première difficulté émane du fait que la crise de la biodiversité ne peut plus se cantonner à une réflexion strictement écologique. Notre société est influencée par cet environnement tout autant qu’elle l’impacte. Faire face à la crise écologique appelle inévitablement une réflexion combinant les hommes et la nature.
C’est en intégrant des modèles de décisions économiques avec des modèles de prédiction de leurs conséquences écologiques sur les paysages et les écosystèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
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Cannabis : « Avec la dépénalisation, le taux de criminalité violente baisse »

L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h57
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Les effets de la dépénalisation de certaines drogues illicites sont complexes et difficiles à prévoir. Mais la discussion publique autour de cette perspective, elle, est toujours aussi passionnée, notamment autour de l’impact que la dépénalisation peut avoir dans plusieurs domaines : la consommation, la qualité des substances vendues, la santé des consommateurs, leurs autres habitudes de consommation, le degré de criminalité auquel le commerce est associé…
Une étude récente permet d’évaluer les effets sur la criminalité de la dépénalisation de la consommation de marijuana pour des utilisations médicales (Medical Marijuana Laws), mise en place par plusieurs Etats américains ces dernières années (« Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », Evelina Gavrilova, Takuma Kamada et Floris Zoutman, Economic Journal, 16 novembre 2017).
Il est ici important de préciser que les Medical Marijuana Laws dépénalisent non seulement la consommation, sous certaines conditions, mais aussi la production. Elles créent ainsi une concurrence aux organisations clandestines criminelles, notamment d’origine mexicaine, qui contrôlaient jusqu’ici la grande majorité de la production destinée au marché américain. Cette nouvelle concurrence réduisant les rentes associées au commerce illégal diminue-t-elle les conflits que cette course au profit provoquait ?
Comparaison « avant » - « après »
Pour répondre à cette question, les auteurs ont utilisé une méthodologie appelée « difference-in-difference » pour comparer l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
Une simple comparaison entre « avant » et « après » dans un même Etat pourrait être trompeuse, car il peut y avoir d’autres facteurs qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « Le modèle de l’homo œconomicus » est devenu « une croyance autoréalisatrice »

La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h29
    |

Bernard Walliser (directeur d’études en économie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Pendant des décennies, la théorie économique néoclassique a analysé l’agent économique comme un homo œconomicus, qui optimise ses objectifs sous des contraintes imposées. S’appuyant sur des préférences et des croyances très générales, la version faible de cette théorie se révèle assez souple pour intégrer nombre de comportements usuels. Mais sa version forte appliquée aux agents économiques est bien plus restrictive : le consommateur se cantonnerait à maximiser l’utilité des biens qu’il achète, et le producteur le profit issu des biens qu’il transforme. En revanche, les motivations symboliques ou éthiques, si elles demeurent bien présentes, seraient cantonnées à des choix extérieurs au champ économique.
Certes, ce modèle se veut une abstraction de la réalité qui ne saurait être acceptée qu’en première approximation. Les économistes mettent en avant sa simplicité, qui permet d’en déduire nombre de conséquences quant au fonctionnement des marchés. Pourtant, ils ne se privent pas d’ironiser à son propos en se l’appliquant à eux-mêmes, en l’occurrence des savants à la seule recherche de prestige personnel… Par ailleurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Les achats de chocolat, de mise en ce week-end pascal, ont un peu fondu en volume en France en 2017. Le cours des fèves, en déclin depuis l’été 2016, s’enflamme, lui, depuis début mars.
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Matières premières : le cacao marche sur des œufs

Les achats de chocolat, de mise en ce week-end pascal, ont un peu fondu en volume en France en 2017. Le cours des fèves, en déclin depuis l’été 2016, s’enflamme, lui, depuis début mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. La chasse aux œufs est ouverte ! Derrière ce mot d’ordre pascal se cachent bien des surprises pour les gourmands, tant les chocolatiers français laissent libre cours à leur imagination pour renouveler le bestiaire croquant et fondant. De l’écureuil au poisson-lune en passant par la tortue sous-marine ou le mouton noir…
Les fabricants profitent de la fête de Pâques pour sonner les cloches aux consommateurs. Il est grand temps de stimuler leur appétit. D’autant que, en 2017, leurs achats ont un peu fondu. Selon Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat du chocolat, « les Français ont consommé 378 850 tonnes de chocolat, un volume en légère baisse de 0,8 %, dont 14 500 tonnes à Pâques, en repli de 1,5 %. » A l’inverse, dans les pays limitrophes, comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, Pâques reste une poule aux œufs d’or.
Mais le client français a ses caprices. Et ses changements de comportement devant son assiette n’épargnent pas le dessert. « Le végan et le sans-gluten concernent aussi le marché du chocolat, et les fabricants doivent s’adapter », note Mme Pradier. Les amateurs de la bouchée fourrée à la crêpe dentelle de Charles Chocolatier, à Paris, en ont fait l’amère expérience. Leur friandise préférée a disparu des assortiments…
Les industriels de la confiserie se pourlèchent tout de même les babines car, en valeur, les ventes ont, elles, progressé de 1,5 % à 3,28 milliards d’euros en 2017. Quant aux marges, elles ont repris un peu de gras avec la chute du prix du cacao. Après une envolée en 2015, le cours de la poudre brune s’est cabossé depuis l’été 2016. Il a perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic.
Les planteurs ont broyé du noir. En particulier en Côte d’Ivoire, où leur rémunération a été coupée net il y a un an, passant de 1 100 à 700 francs CFA (1,60 à 1 euro) le kilo de fèves. Leurs homologues du Ghana ont, eux, maintenu leur rémunération. Mais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Le PCA fabrique, près d’Orléans, des boîtes de comprimés et des unités injectables, pour le compte de la défense et du ministère de la santé.
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que ce cercle vertueux vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/03/2018
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« Face à l’accroissement des inégalités, il est difficile de parler de ruissellement de la richesse »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que ce cercle vertueux vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 11h15
    |

Jean-Luc Gaffard (professeur à l’Université Côte d’Azur et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville (1670-1733), est le plaidoyer le plus connu en faveur du ruissellement : elle entend nous convaincre que la consommation des riches, fût-elle ostentatoire, assure aux pauvres emplois et revenus. John M. Keynes, dans sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie, s’en empare pour dénoncer les méfaits d’une épargne qui ne serait pas investie.
L’autre plaidoyer en faveur du ruissellement encense justement l’épargne, une épargne d’autant plus élevée que la répartition est inégalitaire, en invoquant le fait qu’en étant investie elle permet de développer l’entrepreneuriat. Les inégalités apparaissent ainsi comme le moteur de l’innovation et d’une croissance finalement bénéfique à tous. Dans cette perspective, les nouveaux biens voient le jour parce qu’ils sont demandés par les individus les plus riches, lesquels sont disposés à payer des prix très élevés autorisant les entreprises à avoir des taux de marge élevés leur permettant de financer des dépenses de recherche et développement (R&D) très coûteuses. Ces mêmes biens se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Dans le cadre d’une importante réorganisation de ses équipes, Microsoft a décidé de supprimer la division qui développait jusque-là son système d’exploitation
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En 2018, Microsoft ne rime plus avec Windows

Dans le cadre d’une importante réorganisation de ses équipes, Microsoft a décidé de supprimer la division qui développait jusque-là son système d’exploitation



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h30
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Dans un mail adressé à ses équipes, jeudi 29 mars, le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a informé ses équipes d’une vaste réorganisation de l’entreprise. Les ingénieurs de la société seront bientôt repartis dans deux branches distinctes : l’une consacrée au cloud (informatique dématérialisée) et à l’intelligence artificielle ; l’autre chargée de travailler sur les terminaux et l’expérience utilisateur. Conséquence de cette réorganisation, la division jusque-là consacrée au développement de Windows, licence historique de la marque, est supprimée, et son chef, Terry Myerson, va quitter l’entreprise.
Si cela ne signifie pas la mort du système d’exploitation – le logiciel central de l’ordinateur –, la décision témoigne en tout cas du poids déclinant de ce produit dans le modèle économique de Microsoft. Développé au milieu des années 1980, Windows s’est rapidement imposé comme le système d’exploitation équipant la très grande majorité des ordinateurs, l’éditeur en profitant pour inonder le marché de ses logiciels (la suite Office, Internet Explorer, etc.).

Trente ans plus tard, Microsoft règne toujours sans partage sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC (87 % de part de marché contre un peu moins de 10 % pour Apple et 2 % pour Linux), mais le paysage informatique a changé. Les smartphones sont venus supplanter les ordinateurs dans le cœur des consommateurs, virage que Microsoft n’a pas su anticiper. Et alors que les ventes de PC sont en baisse constante depuis six ans, l’informatique dématérialisée (le cloud, qui permet de stocker à distance d’importantes quantités de données mais aussi d’accéder à toute une gamme d’applications) affiche des taux de croissance frôlant les 50 %. Quand IBM pouvait apparaître comme le grand rival de Microsoft dans les années 1980, ses rivaux se nomment aujourd’hui Apple, Google et Amazon.
Un leader du cloud
Si l’activité « More Personal Computing » – qui regroupe les ventes de Windows, mais aussi...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.
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Sense City : une mini-ville pour tester la « smart city » durable et résiliente

A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h25
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



                                


                            

Imaginez une ville miniature truffée de capteurs et placée sous une cloche étanche capable de simuler n’importe quel événement climatique, mais aussi une pollution à grande échelle ou la propagation de microbes. Après six ans de conception et de construction sous l’égide de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), un tel équipement, digne d’un film de science-fiction, sera officiellement inauguré, le 3 avril, au cœur de la Cité Descartes, cluster de la ville durable, à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne).
Baptisée Sense City, cette plate-forme de R&D se veut un terrain d’expérimentations de la ville durable. Unique en Europe, elle permet d’étudier la performance énergétique et la qualité sanitaire des bâtiments, des nouveaux matériaux urbains, d’observer l’impact de la végétation sur son environnement, d’analyser la qualité et la durabilité des réseaux urbains, la qualité de l’air, des sols, des eaux… Jamais un programme de recherche n’avait englobé autant de dimensions urbaines.
Financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019
Née dans le cadre de la première vague d’appels à projets des investissements d’avenir lancés en 2010, Sense City s’est vu attribuer en 2011 un financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019. Outre l’Ifsttar, ce programme implique l’école d’ingénieurs ESIEE Paris, le laboratoire CNRS-Polytechnique sur les nanomatériaux (LPICM), le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEM) et I’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria).
Sense City se compose d’une halle climatique mobile – un vaste hangar haut de huit mètres reposant sur des rails – qui peut couvrir deux « mini-villes », dont l’une est déjà opérationnelle. Cette portion de quartier de 400 m2 est bardée de multiples capteurs, noyés dans les matériaux. Elle est équipée d’un sous-sol avec un système de géothermie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.
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A Hongkong, le gouvernement va redistribuer en cash une partie de l'excédent budgétaire

Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h15
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Que faire quand on a 138 milliards de dollars hong­kongais (14,3 milliards d’euros) d’excédent budgétaire annuel, ce qui porte les réserves cumulées à 175 milliards d’euros et aucune raison valable de thésauriser davantage ?
C’est, pour le ministre des finances hongkongais, un casse-tête récurrent. Chaque année, depuis bientôt quinze ans, il doit s’excuser au moment de la présentation du budget. Non seulement celui-ci est outrageusement excédentaire, mais surtout, l’excédent dépasse de très loin les prévisions…
Pour l’exercice 2017-2018, qui s’est achevé en mars, le nouveau ministre des finances, Paul Chan, a dû admettre un excédent huit fois et demie supérieur à celui prévu par son prédécesseur, John Tsang, avec, en outre, la « menace » que celui-ci atteigne même 180 milliards (18,6 milliards d’euros). L’immobilier et la Bourse sont les principales sources de recettes fiscales du gouvernement, et ces deux secteurs affichent une santé insolente.

2,8 millions d’ayants droit
Que faire de cette cagnotte ? Après s’être dit formellement opposé aux « redistributions » d’argent liquide à tous les habitants de Hongkong, comme il y en a eu par le passé, le gouvernement a finalement proposé un compromis. Cette année, un citoyen sur trois bénéficiera d’une obole de 4 000 dollars (environ 410 euros) en cash.
Les formalités de cette redistribution sont encore à l’étude, mais on sait d’ores et déjà qu’il y aura 2,8 millions d’ayants droit : les Hongkongais âgés de plus de 18 ans qui ne possèdent aucun bien immobilier, ne reçoivent aucune autre subvention du gouvernement et ne sont pas imposables.
S’acquérir le soutien de l’opposition était par ailleurs essentiel pour faire adopter le budget au Parlement. Si ces milliards ainsi distribués en petites coupures auront l’effet d’étrennes très généreuses pour leurs récipiendaires, « ce n’est pas un largage par hélicoptère de quelques milliards de dollars sur les plus déshérités qui...




                        

                        

