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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Deux techniciens français de haut niveau sont visés par des plaintes de sportives pour des violences sexuelles. L’un d’eux est accusé d’un viol en janvier 2017.
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Violences sexuelles : la justice saisie des cas de deux entraîneurs d’athlétisme

Deux techniciens français de haut niveau sont visés par des plaintes de sportives pour des violences sexuelles. L’un d’eux est accusé d’un viol en janvier 2017.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 16h15
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 16h54
    |

            Yann Bouchez








                        



                                


                            

Une soirée hivernale en banlieue parisienne. De celles où le froid donne aux coureurs essoufflés des airs de fumeurs. Dans les tribunes vides du stade Duvauchelle, à Créteil, dans le Val-de-Marne, ne résonne que sa voix. Sous sa casquette, l’entraîneur d’athlétisme distille ses conseils à de jeunes sportifs. Il rectifie un geste mal effectué, multiplie les consignes. Sur la piste ou en dehors, Giscard Samba parle beaucoup, à l’image des conférences de presse où il se montre intarissable au moment de commenter les performances de ses protégés.
Aux sollicitations du Monde, le quadra au physique musculeux a toutefois opposé un silence constant depuis quatre mois. Il est accusé d’un viol, en janvier 2017, par l’une de ses ex-athlètes, aujourd’hui âgée de 21 ans. Elle a porté plainte au commissariat de Créteil, quelques mois plus tard. Après avoir recueilli plusieurs témoignages, dont celui de la principale accusatrice du coach, une fonctionnaire de la direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) d’Ile-de-France, alertée de l’affaire à l’été 2017, a saisi, lundi 19 mars, la procureure de Créteil, qui devra décider de l’opportunité de poursuites judiciaires. L’article 40 du code de procédure pénale oblige en effet tout fonctionnaire à informer la justice de tout crime ou délit dont il aurait eu connaissance dans le cadre de ses fonctions. Carole — le prénom a été modifié — n’a pas souhaité évoquer les faits dont elle accuse son ex-entraîneur.

La parole semble toutefois en passe de se libérer dans le sport français, où l’affaire Weinstein n’avait jusqu’à présent connu aucune répercussion notable. Avant le signalement de la DRJSCS d’Ile-de-France, le parquet de Fontainebleau a reçu, au début de mars, une plainte pour agression sexuelle. Dans cette lettre datée du 22 février, une spécialiste des courses de demi-fond comptant plusieurs sélections en équipe de France, Emma Oudiou, dénonce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Un manège à nacelles d’une fête foraine à Neuville-sur-Saône s’est effondré samedi. L’exploitant a été placé en garde à vue et une information judiciaire va être ouverte.
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Un quadragénaire tué dans un accident de manège près de Lyon

Un manège à nacelles d’une fête foraine à Neuville-sur-Saône s’est effondré samedi. L’exploitant a été placé en garde à vue et une information judiciaire va être ouverte.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 09h01
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 12h36
   





                        



   


Un père de famille est mort, samedi 31 mars, dans un accident de manège lors d’une petite fête foraine à Neuville-sur-Saône, à une quinzaine de kilomètres au nord de Lyon. Vers 16 h 30, un manège composé de quatorze nacelles accrochées à une structure tournante s’est affaissé d’un coup. Il aurait touché le sol et éjecté la victime, selon Laurent Buffard, adjoint au maire de la commune.
L’homme, âgé d’une quarantaine d’années, est mort peu après. Il était accompagné de deux de ses enfants. Un enfant de 8 ans a été hospitalisé, mais ses jours ne sont pas en danger, selon la préfecture. Douze personnes choquées (un adulte, sept adolescents et quatre enfants, selon la préfecture) ont été prises en charge sur place.
« Un expert a été commis dès samedi soir pour rechercher les circonstances exactes du drame, et l’exploitant du manège a été placé en garde à vue », a fait savoir dimanche le parquet de Lyon.
Témoins auditionnés
L’enquête menée par la gendarmerie devra déterminer les circonstances exactes de l’accident et les éventuelles responsabilités. Pour l’heure, il n’a pas été établi si la victime se trouvait sur le manège ou s’il a été touché alors qu’il était à proximité.
« Plus d’une dizaine de témoins, qui assistaient à la fête ou se trouvaient sur le manège accidenté, ont été auditionnés mais les témoignages de ces personnes ne sont pas concordants et ne permettent pas pour l’instant d’établir le déroulement précis des faits », a ajouté le parquet. Tous les documents concernant le manège ont été recueillis et sont toujours en cours d’examen. Le patron du manège « assure que tout est en règle », selon le parquet.
La mairie organise cette fête foraine chaque année au moment de Pâques avec les mêmes forains, sans avoir connu aucun incident jusqu’ici, selon l’adjoint au maire. Après le drame, qui a suscité une forte émotion dans cette commune d’environ 7 000 habitants, la mairie a pris un arrêté pour fermer les attractions.
Une loi sur la sécurité des manèges en 2008
Les accidents mortels sur des manèges sont rares en France mais, à chaque fois, ils relancent la question de la sécurité de ces structures.
Le 4 août 2007, un père et son fils furent tués à la fête des Loges, à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), lorsqu’une nacelle de manège de type « booster » s’écrasa au sol. A la suite de cet accident, une loi destinée à renforcer la sécurité des manèges fut votée en février 2008. Le texte exige notamment un contrôle technique initial et périodique effectué par un organisme agréé par l’Etat.
Le dernier accident mortel en France remonte à septembre 2014, à Flins-sur-Seine (Yvelines). Deux adolescentes furent éjectées de la voiture d’une chenille tournant à pleine vitesse. L’une des jeunes filles avait heurté l’attraction avant de tomber sous le manège. Elle succomba à ses blessures. L’enquête avait établi que le manège avait été mis en service en 1965, et que le contrôle technique était périmé.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Le 31 mars marque le dernier jour de la trêve hivernale, enclenchée le 1er novembre. Les expulsions locatives, qui ont fortement augmenté ces quinze dernières années, vont reprendre le 1er avril.
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Avec le printemps, la fin de la trêve hivernale et le retour des expulsions de locataires

Le 31 mars marque le dernier jour de la trêve hivernale, enclenchée le 1er novembre. Les expulsions locatives, qui ont fortement augmenté ces quinze dernières années, vont reprendre le 1er avril.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 07h24
    |

                            Xemartin Laborde et 
                            Mathilde Costil








                        



   



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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Les dirigeants d’entreprise dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population. Bien se comporter, c’est s’y adapter, explique la journaliste du « Monde » Annie Kahn, dans sa chronique bimensuelle.
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Comment « savoir être » face à des patrons déséquilibrés

Les dirigeants d’entreprise dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population. Bien se comporter, c’est s’y adapter, explique la journaliste du « Monde » Annie Kahn, dans sa chronique bimensuelle.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 07h00
    |

            Annie Kahn








                        



                                


                            

Ma vie en boîte. Le chercheur d’emploi lambda, ou toute personne soucieuse de conserver son poste ou d’évoluer professionnellement, se doit aujourd’hui d’améliorer son « savoir-être », entend-on de tous côtés. Savoir-être, on l’aura compris, signifie apprécier le travail collaboratif quand cela s’avère nécessaire. Mais aussi être très autonome quand les conditions l’exigent. Se comporter intelligemment avec ses collègues, clients et dirigeants. Pour des relations apaisées, empathiques, basées sur la compréhension de l’autre, l’écoute.
On comprend aisément que dans un tel univers paradisiaque, sans perte de temps en conflits inutiles, la productivité s’améliore. En ce début de week-end prolongé, on vous épargnera la longue liste des études universitaires établissant corrélation et causalité entre savoir-être et productivité.
En haut de la pyramide, en revanche, il semble que le savoir-être ne soit plus du tout essentiel. A moins qu’il ne se définisse tout à fait autrement. Car, dans les entreprises, les dirigeants dysfonctionnent psychologiquement plus souvent que la moyenne de la population, affirment Manfred Kets de Vries, professeur en développement du leadership et changement des organisations à l’Insead, et Caroline Rook, assistante à la Henley Business School, dans la lettre Insead Knowledge du 19 mars.
Comportements toxiques
En effet, si, en moyenne, la moitié des adultes américains souffrent de troubles psychiatriques à un moment ou l’autre de leur vie, selon une étude de la Harvard Medical School, les responsabilités des dirigeants sont tellement stressantes qu’elles stimulent ou aggravent des troubles psychologiques préexistants à leur nomination, estiment M. Kets de Vries et Mme Rook. On considérera qu’il doit en être de même en Europe.
Or, les comportements toxiques les plus répandus chez les dirigeants vont tout à fait à l’encontre de ce qui est attendu du fameux « savoir-être »....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ L’enjeu est dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base, explique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.
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Retraite complémentaire des salariés : quel est l’intérêt d’un rachat de points ?

L’enjeu est dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base, explique Marc Darnault, associé chez Optimaretraite.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 07h00
    |

                            Marc Darnault (Associé chez Optimaretraite)








                        



   


Question à un expert. Comme pour le régime de base de la Sécurité sociale, les régimes complémentaires de retraite des salariés les autorisent à racheter des points des caisses Arrco (Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés non-cadres) ou Agirc (Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres) au titre des années d’études supérieures.
Trois conditions sont nécessaires : ne pas avoir liquidé ses droits à la retraite, avoir moins de 67 ans et avoir racheté au préalable des trimestres pour ces mêmes périodes dans le régime de base de la Sécurité sociale. Une année rachetée, soit quatre trimestres, ouvre droit à un rachat de 70 points Arrco ou Agirc. Dans chaque régime, 210 points peuvent donc être rachetés au maximum.

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                Retraite: quel est l’intérêt d’un rachat de trimestres ?



Compte tenu de la valeur des points de ces deux régimes, l’enjeu maximum, en gain annuel de retraite brute, est donc de 263 euros à l’Arrco et de 91 euros à l’Agirc. A ces montants, il convient d’ôter les prélèvements sociaux (maximum 10,1 %) et l’impôt sur le revenu. Au total, l’enjeu est finalement dérisoire par rapport aux sommes à dépenser pour le rachat de trimestres dans le régime de base.
Déductible du revenu imposable
Pour les régimes de l’Arrco et de l’Agirc, le coût de l’opération est obtenu en multipliant le nombre de points à racheter par la valeur du point dans le régime, puis par un coefficient d’âge, fixé en fonction des tables de mortalité. Il est donc lié à l’espérance de vie de l’assuré.

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                Le rachat de trimestres, une aubaine pour les cadres



De ce fait, le rachat n’a statistiquement aucun intérêt financier. En revanche, ce rachat étant intégralement déductible du revenu imposable, le gain se fera principalement sur l’éventuelle économie d’impôt générée.
Si un rachat de trimestre doit être étudié, c’est plutôt dans le cadre du régime de base. Contrairement au rachat de trimestre auprès de l’Arrco ou de l’Agirc, il peut avoir un réel intérêt économique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Commercialisée depuis vingt ans, la plus célèbre des petites pilules bleues a révolutionné la sexualité masculine, selon l’urologue Nicolas Thiounn.
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Article sélectionné dans La Matinale du 31/03/2018
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« La découverte du Viagra est un grand coup de chance »

Commercialisée depuis vingt ans, la plus célèbre des petites pilules bleues a révolutionné la sexualité masculine, selon l’urologue Nicolas Thiounn.



Le Monde
 |    01.04.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 09h36
    |

            Charlotte Chabas








                        



   


Elle est la pilule bleue la plus célèbre au monde. Le 1er avril 1998, le Viagra apparaissait pour la première fois dans des pharmacies américaines. Vingt ans plus tard, le traitement commercialisé par le laboratoire Pfizer est délivré dans plus de 120 pays, et a été prescrit plus de 65 millions de fois. Rançon du succès, il est l’un des traitements les plus contrefaits au monde, avec plusieurs millions de fausses pilules vendues sur Internet chaque année.
Retour sur l’histoire d’une pilule qui a révolutionné la sexualité masculine avec Nicolas Thiounn, urologue à l’hôpital européen Georges-Pompidou et professeur d’urologie à l’université Paris-Descartes.
Vingt ans, cela semble relativement récent pour un traitement aussi mondialement connu. Pourquoi le Viagra est-il apparu aussi tardivement ?
De tout temps, l’homme a tenté de maintenir ses érections. Déjà dans l’Egypte ancienne, on a retrouvé dans les tombeaux des anneaux à mettre autour du pénis qui agissaient comme des garrots.
Mais le sujet a pourtant longtemps été un tabou de société, comme tout ce qui est relatif au sexe. Ce n’est qu’en 1974 que l’OMS [Organisation mondiale de la santé] a reconnu que la « santé sexuelle faisait partie intégrante du bien-être et de la qualité de vie ». Toutes les recherches dans ce domaine sont donc très récentes.
Le Viagra a d’ailleurs été découvert par accident : la molécule, le sildénafil, était d’abord testée pour soigner les angines de poitrine. Cela a été un échec, mais en revanche les cobayes ont signalé comme effet secondaire une vie sexuelle plus épanouie. Dans les notes de laboratoire, on voit combien la découverte du Viagra est un grand coup de chance.
Comment cette pilule bleue a-t-elle été accueillie par le public ?
Son arrivée sur le marché a été assez controversée. D’abord parce que c’était un produit de luxe, à près de 20 euros le comprimé. Il y avait aussi beaucoup de rumeurs à son sujet, on entendait que cela pouvait tuer les patients. En 1998, c’était encore trop sulfureux de parler d’améliorer la qualité des rapports sexuels.
Comment fonctionne le Viagra ?
Le Viagra n’est pas curatif, il ne guérit pas les dysfonctions érectiles. Il ne résout pas non plus les problèmes de libido puisqu’il n’est en aucun cas déclencheur de l’érection.
La molécule bloque l’enzyme responsable de la dégradation du médiateur qui permet l’érection. En clair, il prolonge la qualité de l’érection en permettant un meilleur contrôle du temps qui précède l’orgasme masculin. Mais si le Viagra a un effet de quatre à huit heures, cela ne veut pas dire qu’il maintient une érection aussi longue. Elle sera juste facilitée durant ce laps de temps.

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                L’intérêt des labos pour la libido



On peut dire que le Viagra ne fait que rendre plus apte au rapport sexuel. Il est un facilitateur. Jamais il ne se substitue au désir, contrairement à ce qui est souvent dit. Si vous n’êtes pas excité par votre partenaire, le Viagra ne vous aidera pas.
Peut-on dire que le Viagra a révolutionné la sexualité ?
Avant le Viagra, les seules possibilités pour les personnes atteintes de dysfonctions érectiles, c’étaient, en gros, la piqûre, la prothèse d’érection ou la pompe. Il est donc miraculeux d’avoir une pilule pour remplacer cet attirail.
Surtout, le Viagra a permis de dépasser l’idée que la baisse de la qualité de la sexualité, notamment du fait de l’âge, était une fatalité. L’érection est souvent liée à la confiance en soi. Il y a une intellectualisation et une dramatisation de l’enjeu. Le Viagra permet de dépasser ça et de déculpabiliser les hommes et les couples. Il permet de renouer avec une sexualité plus épanouie.
Ces changements dans les mentalités ont notamment été rendus possibles par la révolution d’Internet, qui a changé la manière de parler du sexe. Le Viagra est devenu quelque chose de relativement courant, même s’il y a évidemment toujours des difficultés à parler de sa vie sexuelle, y compris avec le monde médical.
Qui prend du Viagra aujourd’hui ?
Selon les études, on sait qu’environ 40 % des usages sont d’ordre récréatif. C’est-à-dire pris par des gens qui n’ont pas de dysfonctions érectiles, mais qui veulent améliorer la qualité de leurs rapports. Ce sont souvent des hommes entre 30 et 50 ans, en recherche d’une meilleure sexualité, qui prennent cette pilule comme un petit « extra ».

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Pour ma part, je la prescris surtout à des hommes d’un certain âge, qui parviennent à m’exprimer que leur sexualité « était mieux avant ». A 70 ans, il faut savoir que 70 % des hommes ont des dysfonctions érectiles. Cela n’a pourtant rien d’une condamnation, et on peut garder une vie sexuelle épanouie, même à des âges avancés.
Tous les hommes peuvent-ils prendre du Viagra ?
Il y a quelques contre-indications, notamment pour les personnes atteintes d’insuffisance cardiaque et d’insuffisance coronarienne. C’est aussi contre-indiqué aux personnes qui prennent des dérivés nitrés. Enfin, du côté des médecins, il faut être vigilant à ne pas prescrire le Viagra à une personne qui peut être un délinquant sexuel.
Il ne faut pas oublier non plus qu’une dysfonction érectile, c’est aussi une vigie du reste du corps. Quand il y a un problème à ce niveau-là, on peut craindre des problèmes cardiaques notamment. C’est d’autant plus important d’en parler à son médecin, et de prescrire des tests complémentaires.
Peut-on devenir accro au Viagra ?
La seule accoutumance connue est d’ordre psychologique. Certains perdent leur confiance en eux au point de se croire incapable de donner ou de prendre du plaisir sans prendre leur pilule.
Pourquoi n’existe-t-il pas d’équivalent féminin ?
Chez les femmes, plusieurs tests ont été réalisés mais aucun ne s’est avéré satisfaisant. Pour l’heure, la sexualité féminine n’est pas du tout paramétrable, cela reste la grande inconnue. On a des indices tels que la lubrification, mais le plaisir féminin est plus mystérieux que la sexualité de l’homme, et il y a beaucoup à faire pour comprendre ce qui reste un Atlantide. On peut déplorer qu’il n’y ait pas plus de laboratoires qui travaillent sur le sujet.
Y a-t-il des limites à l’usage du Viagra ?
Pourquoi mettre une limite ? Un jour peut-être, on pourra proposer une pilule qui booste pour douze heures les capacités intellectuelles… Pourquoi ne pas la prendre le jour où vous savez que vous avez plusieurs réunions ou un gros dossier à présenter ? C’est pareil pour le Viagra.

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                Les fantasmes autour du « Viagra féminin »



Tant que c’est entre adultes consentants, pourquoi se priver de quelque chose qui peut permettre d’augmenter la qualité des rapports sexuels et permettre aux protagonistes d’en éprouver plus de plaisir ?
Toute la difficulté est de faire accepter socialement que l’épanouissement sexuel est une composante du bonheur individuel. Aujourd’hui, la santé sexuelle est de plus en plus reconnue comme un enjeu de santé publique, mais il y a encore beaucoup à faire.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ La fréquentation est en baisse au parc des expositions du Bourget, en l’absence de l’islamologue, qui est en détention provisoire depuis sa mise en examen pour viols.
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L’ombre de Tariq Ramadan au salon musulman du Bourget

La fréquentation est en baisse au parc des expositions du Bourget, en l’absence de l’islamologue, qui est en détention provisoire depuis sa mise en examen pour viols.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 19h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 19h51
    |

            Cécile Chambraud








                        



   


Les allées sont un peu moins peuplées, les espaces un peu moins vastes, les orateurs un peu moins variés : les 35e rencontres annuelles des musulmans de France, organisées comme chaque année le week-end de Pâques au Bourget (Seine-Saint-Denis) par l’ex-Union des organisations islamiques de France (UOIF), ne resteront pas dans les mémoires comme les plus mobilisatrices, ce samedi 31 mars. « La fréquentation baisse déjà depuis quelques années, mais en plus, cette fois, les gens savaient que Tariq Ramadan ne serait pas présent. Or, c’était le seul à pouvoir remplir la grande salle de conférence », observe Mourad Latrech, cofondateur de SaphirNews et SalamNews, des médias d’informations musulmans.
Dans le hall d’entrée, le comité de soutien du conférencier, en détention provisoire depuis sa mise en examen pour viols, le 2 février, a installé un stand. Il est à l’origine de la campagne « Free Tariq Ramadan » organisée sur les réseaux sociaux. Les « bénévoles » qui le tiennent ne sont « pas habilités à répondre aux questions » des journalistes. En revanche, ils accueillent les visiteurs qui s’y arrêtent et les invitent à signer une lettre type, adressée soit au président Emmanuel Macron, soit à Nicole Belloubet, la ministre de la justice. La missive dénonce des « impairs » qui conduisent les partisans de l’islamologue à se « demander si la machine judiciaire n’est pas entachée par un racisme latent et pernicieux » et exige la libération « au plus vite » de Tariq Ramadan. L’enveloppe est fournie, les dons sont bienvenus.

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« Sa pensée reste intacte »
On ne se bouscule pas au stand, mais des visiteurs s’y arrêtent régulièrement. Amel, 25 ans, venue du Nord en famille pour ces rencontres, en fait partie, ce samedi matin. « On est consternés par la situation de Tariq Ramadan, qui n’est pas jugé comme le serait un autre, explique la jeune femme. Il est incarcéré, il n’a pas le droit de visite, pas de soins médicaux appropriés. Récemment, d’autres personnalités mises en cause n’ont pas été traitées de cette façon, comme [Gérald] Darmanin, [Nicolas] Hulot ou [Nicolas] Sarkozy. Même Nordhal Lelandais a été hospitalisé. » Les soutiens de l’islamologue mettent en avant sa santé. Ils affirment qu’il souffre d’une sclérose en plaque et d’une autre neuropathie et que l’incarcération n’est pas compatible avec son état. Le juge d’instruction a demandé une expertise médicale, qui doit être faite d’ici le 15 avril. Une première avait conclu que son maintien en détention était compatible avec son état.

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Mohamed Bentefrit, 38 ans, du Nord lui aussi, a côtoyé Tariq Ramadan au sein de l’association Présence musulmane. Il tient à dire que c’est « une personne intègre, à l’égard des hommes comme des femmes ». Il s’indigne qu’à l’occasion des accusations de viols formulées par trois femmes, « on s’est attaqué à l’homme religieux, à sa pensée, sans aucun rapport avec les faits qui lui sont reprochés » et que l’on reproche à certains de l’avoir fréquenté : « A-t-on reproché à qui que ce soit d’avoir fréquenté Dominique Strauss-Kahn ? » En ce qui le concerne, le président de Musulmans de France (le nouveau nom de l’UOIF), Amar Lasfar, ne regrette pas d’en avoir fait pendant des années l’attraction principale de ces rencontres. « Même s’il était condamné, sa pensée reste intacte », a-t-il affirmé samedi.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ L’autopsie pratiquée vendredi a confirmé que l’enfant était mort d’un choc anaphylactique, une réaction allergique immédiate.
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Un enfant allergique meurt après avoir mangé une crêpe à l’école

L’autopsie pratiquée vendredi a confirmé que l’enfant était mort d’un choc anaphylactique, une réaction allergique immédiate.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 17h18
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 11h42
   





                        



   


Un enfant de 6 ans allergique aux produits lactés est mort jeudi 29 mars dans le Beaujolais après avoir mangé une crêpe à l’école, a-t-on appris samedi, auprès du parquet de Villefranche-sur-Saône.
Le garçonnet, en grande section de maternelle dans une école de Limas, fêtait le carnaval avec ses camarades. Après les festivités, le personnel a fait et proposé des crêpes aux élèves. Selon Le Progrès, l’enfant avait l’habitude de manger des crêpes à l’eau chez lui, il en a donc accepté.
L’autopsie pratiquée vendredi a confirmé que l’enfant était mort d’un choc anaphylactique, une réaction allergique immédiate, a fait savoir le procureur de Villefranche-sur-Saône, Sylvain Cordesse, confirmant une information de la presse régionale. Il ressort que « c’est la maîtresse qui a proposé la crêpe à l’enfant », alors que « son régime alimentaire était connu » du personnel de l’école, ajoute le procureur.
Après avoir ouvert une enquête sur les causes de la mort, le parquet entre désormais dans une autre phase visant à déterminer les responsabilités personnelles, et notamment celle de l’enseignante, qui a déjà été entendue.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
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Radicalisation : vingt étrangers expulsés de France en 2017

Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 23h43
   





                        



   


Vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a affirmé Gérard Collomb à Ouest-France dans un entretien paru samedi 31 mars, un chiffre « jamais atteint auparavant », selon le ministre de l’intérieur.
M. Collomb était interrogé sur les expulsions d’étrangers radicalisés, à nouveau réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars. « Déjà le cas ! », a-t-il aussi répondu sur Twitter samedi, qualifiant le chiffre de vingt expulsions de « record », sans donner plus de détails notamment sur la nationalité des intéressés.

- Incarcérer les 26 000 fichés S ?
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


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Les attentats de l’Aude « difficilement prévisibles »
Dans son entretien à Ouest-France, le ministre de l’intérieur a aussi dit que les attaques à Trèbes et à Carcassonne étaient « difficilement prévisibles ».
Leur auteur, Radouane Lakdim, était inscrit au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) depuis novembre 2015, mais les investigations n’avaient montré « aucun signe laissant présager un passage à l’acte ».
La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait envoyé en mars une lettre de convocation pour un entretien d’évaluation :
« Elle souhaitait s’assurer qu’il ne présentait plus de signe de radicalisation avant que son dossier ne soit éventuellement mis en veille. »
Aux demandes de l’opposition de mesures plus sévères à l’encontre des individus fichés, M. Collomb a répondu que « mettre en prison les 26 000 fichés S, ou ceux qu’on jugerait dangereux » était « impossible ».

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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle de la ZAD après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
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Notre-Dame-des-Landes : un millier de manifestants à Nantes contre les expulsions

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle de la ZAD après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h17
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 06h37
   





                        



   


Les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD, renommée « zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) se préparent à défendre leur territoire face à des menaces d’évacuation, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, prenant fin officiellement le 31 mars à minuit.
Un millier de personnes, dont des occupants de la ZAD et des migrants, ont manifesté, samedi, dans le centre de Nantes contre « toutes les expulsions ». Ils étaient plus de 1 000 selon un comptage de l’Agence France-presse (AFP), 900 selon la police, à répondre à l’appel unitaire d’associations, dont Droit au logement (DAL), de collectifs de soutien aux migrants, de syndicalistes, d’étudiants et d’occupants de la ZAD. Tous exigent l’arrêt des expulsions sans solution de relogement.
Des incidents ont éclaté quand les manifestants ont voulu passer à travers le cordon policier pour rejoindre une ancienne maison de retraite, réquisitionnée le 8 mars et occupée depuis par près de 200 migrants. Les forces de l’ordre ont repoussé les manifestants à l’aide de grenades lacrymogènes, arrachant leurs banderoles ainsi qu’un gigantesque pied de biche en papier mâché.

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En annonçant l’abandon du projet d’aéroport envisagé près de Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, avait demandé aux occupants illégaux de « partir d’eux-mêmes » avant le printemps, et il avait déclaré le 17 janvier :
« Nous devons, si nous voulons respecter la loi, respecter la trêve hivernale. Nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n’est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions. »
Une évacuation « à partir du 1er avril »
Le 20 mars, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, venu rencontrer les acteurs du dossier de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, avait redit qu’il y aurait bien une évacuation partielle « à partir du 1er avril », sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
Le gouvernement a instauré un dialogue avec une délégation de zadistes pour qu’une partie des personnes (entre 150 et 300, selon les estimations officielles) qui vivent dans la ZAD légalisent leur situation et présentent des projets de reprise agricole individuels pour les terres actuellement occupées collectivement.
La préfète de la région des Pays de la Loire, Nicole Klein, a assuré au début du mois de mars que les expulsions se feraient « avec discernement », en visant précisément certains lieux, parmi les 97 squats recensés sur les 1 650 hectares de la zone.
L’exécutif veut éviter de reproduire le scénario de l’opération « César », organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en octobre 2012 : une offensive des forces de l’ordre (900 militaires mobilisés) avait dû être suspendue en raison de violents affrontements avec des zadistes très déterminés.
Les autorités cherchent aussi à ne pas reproduire les erreurs qui conduisirent à la mort de Rémi Fraisse, militant de la ZAD de Sivens (Tarn), en octobre 2014, lors d’une manifestation contre un projet de barrage hydraulique.
Chantiers collectifs et appel à manifester
Résolus à défendre leur « expérience d’auto-organisation collective », les zadistes ont lancé cette semaine une série de chantiers (construction de buttes, de bâtiments, de serres…) qui devraient se terminer par une fête le 7 avril, et ils se préparent à réagir rapidement en cas d’intervention policière.

   


Mais l’unité des zadistes se fissure depuis l’abandon du projet d’aéroport. Parmi les points de crispation figurent notamment la réouverture de la route départementale 281, dégagée de ses barricades par les zadistes eux-mêmes, et l’avenir des terres agricoles. Les « durs » prônent la poursuite de la lutte, alors que d’autres opposants historiques appellent à un retour à la légalité, tout en défendant un projet collectif.
Parallèlement, vingt-cinq avocats des barreaux de Paris, de Rouen et de Nantes, représentant les occupants de la ZAD, ont contesté, par une lettre ouverte, la légalité d’une éventuelle expulsion au 1er avril, considérant qu’une procédure judiciaire contradictoire n’avait pas été menée et que les occupants n’avaient pas reçu de commandement de quitter les lieux.

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Une dizaine de référés devaient être déposés en fin de semaine à l’encontre de la préfecture de la Loire-Atlantique pour confirmer ou infirmer l’existence de procédure d’expulsion. Une démarche similaire avait été entreprise à la fin de 2016 devant le tribunal de grande instance de Nantes, mais les zadistes avaient alors été déboutés.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Cette mesure phare en réponse aux revendications des policiers vise à « assurer une meilleure protection » des fonctionnaires, notamment hors de leur service.
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L’anonymat des policiers dans les procédures sensibles entre en vigueur

Cette mesure phare en réponse aux revendications des policiers vise à « assurer une meilleure protection » des fonctionnaires, notamment hors de leur service.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h13
   





                        



   


C’était une des mesures phares en réponse aux revendications des policiers : l’anonymisation des policiers et des gendarmes dans les procédures judiciaires sensibles est entrée en vigueur, selon un décret paru au Journal officiel, samedi 31 mars. Cette mesure fait partie de la loi relative à la sécurité publique votée en février 2017, et qui révise les règles de la légitime défense pour les policiers.
Les policiers et gendarmes pourront dorénavant être identifiés par leur numéro de matricule administratif plutôt que par leurs noms et prénoms dans les actes de procédures judiciaires, « lorsque la révélation de leur identité est susceptible de mettre en danger leur vie ou leur intégrité physique, ou celles de leurs proches », dit un communiqué du ministère de l’intérieur. La mesure vise à « assurer une meilleure protection » de forces de l’ordre, notamment hors de leur service, précise le communiqué.

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Loi de sécurité
L’anonymisation des procédures avait été réclamée par les syndicats en juin 2016, après l’attentat de Magnanville, au cours duquel un policier et sa compagne furent tués chez eux, puis lors d’un mouvement de contestation inédit des policiers déclenché en octobre 2016 par une attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne), qui avait grièvement blessé deux policiers.
Quelques mois plus tard, le projet de loi de sécurité publique avait été présenté comme une réponse aux manifestations policières de l’automne, tout en suscitant la désaprobation des avocats et des magistrats qui le jugent inutile, voire dangereux. Ce texte assouplit les règles de légitime défense pour les policiers, durcit les peines pour outrage aux forces de l’ordre et autorise l’anonymat des enquêteurs.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Henri-Bergson, à Paris, avaient été largement diffusées sur Internet.
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Un policier jugé pour des violences envers des lycéens

Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Henri-Bergson, à Paris, avaient été largement diffusées sur Internet.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h04
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 06h41
    |

            Julia Pascual








                        



   


C’est un épilogue tardif. Deux ans presque jour pour jour après le blocus du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, émaillé d’incidents entre adolescents et forces de l’ordre, un policier était jugé, vendredi 30 mars, pour des violences envers plusieurs mineurs. En plein mouvement contre la « loi travail », la diffusion sur les réseaux sociaux d’images du gardien de la paix avait eu un retentissement viral et avait amené le parquet de Paris à saisir l’inspection générale de la police nationale (IGPN) d’une enquête préliminaire. Des vidéos montraient le policier, en civil, le visage dissimulé sous une capuche et un passe-montagne, assénant des coups de matraque à plusieurs personnes, dont le comportement semblait pourtant peu virulent, voire inoffensif.
Des extraits de ces vidéos ont été diffusés à l’audience, vendredi, à propos desquels le prévenu de 40 ans — dont dix-huit passés au commissariat du 19e arrondissement — a eu du mal à s’expliquer. On le voit notamment, le 24 mars 2016, marcher derrière un groupe de lycéens qui s’éloignent et asséner plusieurs coups de matraque à trois d’entre eux, dont Thomas A., présent à l’audience, mineur au moment des faits. Le lycéen est de dos et s’éloigne sans protester lorsqu’il essuie un coup sur la jambe et un autre au niveau de l’épaule.

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Les vidéos montrent aussi le policier faisant une balayette à Sérénic S., un élève du lycée Diderot voisin, alors qu’il ne se débat pas. Il est soulevé par ce geste et projeté au sol. A l’audience, Sérénic S. explique que le policier l’aurait également frappé avec sa matraque et menacé de le « violer » s’il revenait devant le lycée Bergson. D’autres images enfin montrent le policier saisissant par le cou et traînant sur plusieurs mètres un troisième lycéen, Ashraf H., qui reçoit lui aussi plusieurs coups de matraque, notamment alors qu’il est maintenu assis sur un trottoir. A l’audience, Ashraf H. a expliqué que le fonctionnaire voulait qu’il efface les vidéos qu’il avait prises avec son téléphone. « A chaque fois que je disais non, il me mettait un coup de matraque, a-t-il rapporté. Il m’a dit qu’il allait me violer. Il a fini par supprimer les vidéos. »
Des violences ni « légitimes » ni « justifiées »
La présidente du tribunal, Caroline Viguier, a constaté à l’audience que plusieurs témoins entendus par l’IGPN avaient décrit le policier comme « très agressif », allant « au contact » des jeunes pour « se défouler », alors que l’ambiance générale était plutôt « bon enfant », dit-elle. Entre cent et deux cents personnes sont présentes aux abords du lycée Bergson ce jour-là. Des jets d’œufs sont constatés ainsi que des incendies de poubelle, ce qui explique que la situation se tende et que des policiers interviennent.
A la barre, le prévenu, Baris E., a reconnu « un mauvais geste », des « mouvements désordonnés » effectués avec sa matraque en direction des lycéens pour « leur faire peur » et « qu’ils avancent plus vite ». « Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas vraiment été formé pour », dit-il à la présidente. Baris E. appartient à une unité de police administrative du commissariat du 19e et n’est pas censé d’ordinaire faire du maintien de l’ordre. Le fonctionnaire intervient dans les manifestations « en surveillance », comme « physionomiste ». Le 24 mars 2016, toutefois, il prête main-forte à ses collègues. Tour à tour, il explique qu’Ashraf H. s’est montré « insultant », « menaçant » ou que Sérénic S. est tout simplement « arrogant ». « On n’est pas pris en considération, on n’est pas écouté », justifie-t-il encore. Surtout, il assure qu’il n’a « pas touché » les adolescents avec son arme. « Il n’y a pas de contact direct », répète-t-il, sauf pour la balayette, qu’il dit « regretter ». Des explications qui contredisent les déclarations du policier lors de sa garde à vue, pendant laquelle il avait reconnu les coups portés.

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En dépit des vidéos, mais aussi des relances des magistrats du siège et de l’avocat de deux lycéens, Arié Alimi, le policier s’est enferré dans ces contradictions. « La garde à vue a été très difficile, j’étais déstabilisé, je me suis mal exprimé », a-t-il avancé. C’est la première fois que ce fonctionnaire est mis en cause par la justice. Sa hiérarchie n’a, au demeurant, pas engagé de procédure disciplinaire à son encontre.
« Craintes » et « étrange malaise »
« On a quelqu’un qui ne s’interroge pas sur l’opportunité de son attitude. Il est dans un déni quasi systématique », a regretté Sylvie Boitel, l’avocate de la Ligue des droits de l’homme, partie civile au procès. Le conseil du prévenu, Léonel de Menou, a plaidé la relaxe, tandis que le parquet a requis neuf mois de prison avec sursis. La procureure Aude Duret a estimé que les violences n’étaient ni « légitimes » ni « justifiées ». Elle s’est, en outre, étonnée de la difficulté qu’avait eue l’IGPN à identifier les victimes et à recueillir leurs plaintes, du fait de « craintes » et d’un « étrange malaise ». La présidente du tribunal elle-même a interrogé les adolescents sur ces réticences, qu’ils ont eu du mal à expliquer. Entre la peur d’être réprimandés par leurs parents, la volonté de se concentrer sur leurs études, c’est aussi un sentiment confus d’intimidation face à la police et à l’univers, lointain et méconnu, de la justice, qui est ressorti. Le jugement a été mis en délibéré au 24 mai.

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Un autre policier, âgé de 26 ans, a déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir asséné un violent coup de poing à un autre élève du lycée Bergson à Paris le même jour, le 24 mars. Dans une vidéo de la scène, largement diffusée, on peut voir le lycéen à terre, entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui prendre les bras pour le remettre debout. C’est alors qu’un policier casqué lui porte un violent coup de poing au visage, qui fait basculer et tomber l’adolescent. La victime a eu le nez cassé, et s’est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de six jours.



                            


                        

                        


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Les métamorphoses du cheminot

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Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Jean Gabin, le visage couvert de suie, concentré sur sa manœuvre, penché à extérieur de la ­ « Lison » – comme il appelle amoureusement sa locomotive à vapeur, une Pacifix 231 de l’époque : cette image du film La Bête humaine (1938), de Jean ­Renoir, a longtemps inspiré, et influence encore, toute une iconographie sur les cheminots. Elle montre l’alliance d’un employé du chemin de fer au savoir-faire précieux et d’une machine puissante, capricieuse, sorte de « monstre mécanique » décrit par Zola dans son roman éponyme publié en 1890.
« On retrouve cette imagerie du conducteur responsable, à l’air grave, sur les affiches de La Bataille du rail, le film de René Clément [1946], comme sur la plupart des ouvrages qui retracent l’histoire de la résistance des cheminots pendant l’occupation allemande » – la fameuse « Résistance-fer » –, rappelle le photographe Jean-Jacques d’Angelo, responsable de la valorisation de l’image à la Cité du train, à Mulhouse. Cette iconographie héroïque du cheminot dévoué et courageux remonte à la guerre de 1914-1918 : dans L’Usine nouvelle du 10 mars, le sociologue Georges ­Ribeill, membre fondateur de l’association Rails et Histoire, rappelle que le fameux « statut des cheminots », remis en cause aujourd’hui, « a été fabriqué en 1920 pour remercier les cheminots de leur engagement pendant la Grande Guerre ».
Savoir-faire technique
Dans les années 1950-1960, l’électrification fait évoluer les technologies et les métiers du rail, tout comme l’imagerie des cheminots – qu’ils soient conducteurs, ingénieurs ou ouvriers de maintenance. « En mars 1955, ils deviennent les maîtres de la vitesse en établissant le record du monde sur rail à 331 km/h avec deux locomotives, ­l’Alsthom CC 7107 et la BB 9004 Jeumot-Schneider », précise Jean-Jacques ­d’Angelo. La SNCF y consacre un documentaire (visible sur YouTube) dans lequel les conducteurs sont montrés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.
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Et si les restes de la cantine allaient dans des frigos solidaires ?


                      Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h53
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            Pascale Krémer








                              

                        

Placer les restes de la cantine dans un gros frigo jaune et permettre aux salariés de se servir gratuitement avant de rentrer chez eux. Cette idée était portée, à travers Lefrigojaune, depuis 2016 par Laurence Kerjean, une quadragénaire qui œuvrait auparavant dans l’accompagnement du changement chez L’Oréal. Les surplus du restaurant d’entreprise étaient enregistrés dans une application grâce à laquelle les employés pouvaient se tenir informés de l’offre.
« Les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. » Laurence Kerjean, fondatrice de Lefrigojaune
Cette pratique antigaspillage entrait au bilan des actions de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Quelque 400 entreprises avaient déclaré leur intérêt pour ce « frigo jaune » dont l’entreprise fondée par Mme Kerjean assurait (pour 1 500 euros mensuels) la livraison, l’installation, la publicité interne, le nettoyage quotidien et la mesure d’impact RSE. « Dans les tests réalisés en milieu urbain, dit-elle, les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. »

Mais le projet vient d’être mis en sommeil. Aucun des grands de la restauration collective n’a accepté de jouer le jeu. Chez Sodexo France, par exemple, on salue la démarche mais on attend des ­ « solutions » concernant « la réglementation sur la manipulation des produits entre nos restaurants et les frigos ». « Les trois grands groupes qui se partagent le marché se retranchent derrière une interprétation maximaliste du principe de précaution », confie, dépitée, Laurence Kerjean. Pourquoi ce blocage ? Parce que ces repas invendus, déjà subventionnés à moitié par l’entreprise, génèrent des revenus ? Qu’ils peuvent être revendus pour méthanisation ? Quoi qu’il en soit, Mme Kerjean espère que la loi Garot (février 2016)...




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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
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Cannabis : « Avec la dépénalisation, le taux de criminalité violente baisse »

L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h57
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Les effets de la dépénalisation de certaines drogues illicites sont complexes et difficiles à prévoir. Mais la discussion publique autour de cette perspective, elle, est toujours aussi passionnée, notamment autour de l’impact que la dépénalisation peut avoir dans plusieurs domaines : la consommation, la qualité des substances vendues, la santé des consommateurs, leurs autres habitudes de consommation, le degré de criminalité auquel le commerce est associé…
Une étude récente permet d’évaluer les effets sur la criminalité de la dépénalisation de la consommation de marijuana pour des utilisations médicales (Medical Marijuana Laws), mise en place par plusieurs Etats américains ces dernières années (« Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », Evelina Gavrilova, Takuma Kamada et Floris Zoutman, Economic Journal, 16 novembre 2017).
Il est ici important de préciser que les Medical Marijuana Laws dépénalisent non seulement la consommation, sous certaines conditions, mais aussi la production. Elles créent ainsi une concurrence aux organisations clandestines criminelles, notamment d’origine mexicaine, qui contrôlaient jusqu’ici la grande majorité de la production destinée au marché américain. Cette nouvelle concurrence réduisant les rentes associées au commerce illégal diminue-t-elle les conflits que cette course au profit provoquait ?
Comparaison « avant » - « après »
Pour répondre à cette question, les auteurs ont utilisé une méthodologie appelée « difference-in-difference » pour comparer l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
Une simple comparaison entre « avant » et « après » dans un même Etat pourrait être trompeuse, car il peut y avoir d’autres facteurs qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ Expérience personnelle, interrogations… A Dinan, un public plutôt âgé a débattu sereinement des évolutions de la procréation médicalement assistée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique.
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PMA : « C’est la société dans laquelle nos enfants vont évoluer »

Expérience personnelle, interrogations… A Dinan, un public plutôt âgé a débattu sereinement des évolutions de la procréation médicalement assistée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h55
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 22h09
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        



                                


                            
« Rencontre-débat avec la société », annonçait l’Espace de réflexion éthique régional de Bretagne. La salle Robert-Schuman a fait le plein. Près de 200 personnes sont venues participer à la soirée organisée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, à Dinan (Côtes-d’Armor), jeudi 22 mars. Le thème ? Les évolutions possibles de la procréation médicalement assistée (PMA).
Une fois les aspects médicaux et juridiques détaillés de façon technique et dépassionnée, par une gynécologue-obstétricienne, un professeur de droit privé et un avocat, vient le temps du débat. Avec un objectif énoncé d’entrée : « Faire entendre les arguments et les opinions » afin qu’une « parole libre » circule, et non enchaîner les questions-réponses entre public et experts. Dont acte.
Les participants témoignent de leur expérience personnelle, formulent des interrogations et/ou expriment leur point de vue. Dans le calme, sans invective ni haussement de voix. Science, politique et philosophie s’entremêlent. Les propos font état d’une connaissance précise des enjeux.
« Dilemme »
Les approches sont diverses, notamment sur la possibilité, pour les couples de femmes, d’avoir accès à la PMA. Mais une thématique apparaît comme un fil rouge : le lien entre progrès technique et progrès éthique ou moral. Une femme évoque le risque actuel, à ses yeux, de « chosification de l’individu » : « On joue aux apprentis sorciers. » Et l’un de ses voisins de renchérir : « Ce projet de société, il faut quand même lui donner un nom, parce que ça va aboutir d’ici à quelque temps : ça s’appelle le transhumanisme. C’est un type de société que personne ne devrait souhaiter. »

A rebours, un retraité évoque la moyenne d’âge de l’assistance (en majorité des personnes de plus de 50 ans) : « Les jeunes sont très peu représentés et sont pourtant les plus concernés. La société et la famille évoluent. On peut être décontenancés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Paroles de futurs médecins, infirmiers, sages-femmes lors d’un débat, mi-mars.
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A Marseille, des étudiants sans jugement sur la procréation médicalement assistée

Paroles de futurs médecins, infirmiers, sages-femmes lors d’un débat, mi-mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h53
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        


                                                        
Ils sont étudiants en médecine, infirmières en formation, apprenties sages-femmes, élèves d’une école de puériculture, en master de psychologie sociale de la santé ou lycéens… 90 jeunes ont pris part, vendredi 16 mars, à l’un des débats organisés par les Espaces éthiques méditerranéen et azuréen, déclinaison locale du Comité consultatif national d’éthique. Une journée de réflexion avec un public ciblé, autour de quatre cas cliniques.
Chez ces futurs professionnels de la santé, aucun jugement moral, à l’image de cette étudiante : « Avant on ne divorçait pas, puis le modèle familial a changé. Dans les familles recomposées, les enfants sont élevés par un autre homme que leur père ou une autre femme que leur mère. Pourquoi on n’accepterait pas le couple homosexuel comme une évolution de la structure familiale ? » Mais les opinions divergent au sujet du remboursement de la PMA à tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels infertiles ou de femmes.
Une future sage-femme : « Ça ne me dérange pas, ça fait partie des évolutions de la société que deux femmes entament ce parcours. Pourtant, ça fait tiquer qu’elles aient les mêmes droits sociaux que les couples infertiles. » Mais elles sont confrontées à une même souffrance psychologique, veut aussitôt corriger un étudiant en psychologie sociale de la santé : « Est-ce qu’on ne peut pas voir cela comme une thérapie psychologique pour prendre en compte leur souffrance liée à la volonté de créer une famille, d’avoir un enfant à elles ? »
Etudiant en médecine et proche de l’aumônerie de la faculté, un jeune homme ose : « Si on valide l’argument de l’égalité pour la PMA, on aura la même chose pour la GPA, toujours au nom de l’égalité. La GPA, ça impose tout de même l’abandon de l’enfant à la naissance. » Un « mais, ça existe déjà ! » fuse parmi les participants. « Ce n’est pas pour autant que la société doit l’organiser, l’institutionnaliser », répond le jeune...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Véronique Fournier, à la tête du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, alerte sur l’application de la loi Claeys-Leonetti.
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Sur la fin de vie, les règles sont « trop restrictives et dissuasives »

Véronique Fournier, à la tête du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, alerte sur l’application de la loi Claeys-Leonetti.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h55
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
Deux ans après l’entrée en vigueur de la loi Claeys-Leonetti, la question de la fin de vie s’est invitée au programme des états généraux de la bioéthique. En arrière-plan, une question : le texte a-t-il permis d’améliorer la façon dont on meurt en France ? Alors qu’un premier bilan doit être publié en avril, Véronique Fournier, la présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), créé début 2016, assure au Monde que certains professionnels de santé osent paradoxalement moins recourir à la sédation profonde et continue jusqu’au décès (une forme d’anesthésie sans réveil) chez les malades en phase terminale qu’avant la loi qui la met en place.
« J’étais la première à penser que cette loi allait améliorer les choses et permettrait de faciliter l’accès au soulagement de la souffrance. Je l’avais comprise comme une loi “zéro souffrance”. Or je m’aperçois que ça coince sur le terrain. Pour être sûrs de ne pas transgresser la loi, les médecins vont moins loin qu’avant », explique Mme Fournier, dont la nomination en 2016 avait suscité des inquiétudes chez une partie des professionnels des soins palliatifs, en raison de ses prises de position en faveur d’une « euthanasie palliative ».
Elle dénonce les règles d’application de la loi « beaucoup trop restrictives et dissuasives » publiées le 15 mars par la Haute Autorité de santé (HAS). « Il semblerait que ce soit l’aile conservatrice des soins palliatifs qui ait dicté ces recommandations », juge celle qui dirige également le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris.
« Une course d’obstacles »
La HAS explicite notamment ce qu’est un pronostic vital « engagé à court terme », l’un des critères nécessaires pour bénéficier d’une sédation profonde : cela correspond à « quelques heures » ou « quelques jours », pas au-delà. Pour Véronique Fournier, cette précision « exclut »...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.
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Etats généraux de la bioéthique : les anti-PMA en force

Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
01.04.2018 à 06h38
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            

Le grand amphithéâtre de Sciences Po est comble, ce lundi 26 mars, pour le premier grand débat parisien des Etats généraux de la bioéthique consacrés à la procréation médicalement assistée (PMA), avant la révision programmée de la loi de bioéthique. Quatre experts sont à la tribune : trois sont favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, dont le professeur René Frydman, « père » du premier bébé-éprouvette, tandis que Jean Leonetti, rapporteur des lois de bioéthique en 2011, défend le maintien du cadre actuel, qui réserve ces techniques aux couples hétérosexuels infertiles. Dès la fin des prises de parole à la tribune, une vingtaine de personnes se pressent vers l’estrade afin de prendre le micro. « Vous êtes favorables à l’utérus pour tous, vous êtes le représentant de Bienvenue à Gattaca [film d’anticipation se déroulant dans une société eugéniste], lance un homme en s’adressant à René Frydman, puis à la salle. Le monde qu’on vous promet vous fera souffrir ! »
Les prises de position s’enchaînent. Chacun se présente par son prénom. Margaux, étudiante en rhétorique à la Sorbonne, lit un extrait du Meilleur des mondes, d’Aldous Huxley, autre œuvre d’anticipation où les enfants sont conçus en laboratoire. Christelle, qui travaille dans le développement durable, affirme que « l’empreinte écologique de ces techniques [de procréation] est déplorable », Gwenaël craint qu’elles fassent « basculer la procréation dans le marché », Christophe s’inquiète d’une « filiation sans père »… Une partie de la salle applaudit à tout rompre, l’autre hue. Une atmosphère que déplore Nawal, une lycéenne de 17 ans : « Il y a beaucoup d’extrêmes, pas beaucoup d’écoute. » Ce qui ne l’empêche pas, comme beaucoup d’autres jeunes présents, d’avoir trouvé la soirée « intéressante ».
« Droit vers la GPA »
Le surlendemain à Paris, dans les locaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.
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Mayotte et les Comores, un archipel aux multiples contentieux

Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h35
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Sur les barrages et dans les manifestations qui ébranlent Mayotte depuis six semaines, flotte un même symbole : le drapeau tricolore. Les Mahorais revendiquent haut et fort leur appartenance à la République française, qu’ils ont scellée en se prononçant majoritairement, lors de la consultation du 22 décembre 1974, contre l’indépendance. A l’inverse des populations des trois autres îles des Comores, Anjouan, Grande Comore et Mohéli.
Depuis, les gouvernements de l’Union des Comores n’ont eu de cesse de contester ce résultat, au nom du principe de « l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores ». Comme en témoigne le refus récent des autorités de laisser débarquer sur leur territoire leurs ressortissants en situation irrégulière expulsés de Mayotte. Le conflit dure depuis plus de quarante ans et a été porté à maintes reprises devant l’assemblée générale des Nations unies.
Pour tenter de démêler ce contentieux juridique et diplomatique sur le statut de Mayotte, un bref détour historique s’impose. Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsouli cède Mayotte à la France, moyennant une rente viagère annuelle et la prise en charge financière de ses deux enfants. Le traité de cession est ratifié par Louis-Philippe le 10 février 1843 et, le 13 juin, Mayotte devient française. Avant Nice et la Savoie, aiment à rappeler les Mahorais.
Grande confusion
Entre 1886 et 1892, les trois autres îles de l’archipel deviennent des protectorats français. Alors que l’esclavage a été aboli à Mayotte dès 1846, deux ans avant le décret Schœlcher, il est maintenu dans les trois îles jusqu’en 1902. En 1912, Anjouan, Grande Comore et Mohéli sont transformées en colonies françaises. En 1946, du fait du nouvel ordre institué à l’issue de la seconde guerre mondiale, les Comores forment un territoire d’outre-mer disposant d’une autonomie administrative et financière. Mais, dès 1958, après avoir approuvé massivement la Constitution de la Ve République,...




                        

                        

