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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ A Paris et dans de multiples autres villes, des associations ont mené cette action pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.
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Des statues revêtues d’un masque pour dénoncer la pollution de l’air

A Paris et dans de multiples autres villes, des associations ont mené cette action pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 16h56
   





                        



   


Des masques protecteurs ont été apposés samedi 31 mars devant la bouche de statues en France afin de dénoncer l’inaction des pouvoirs publics contre la pollution de l’air. Des militants ont mené cette action symbolique à Paris, comme sur la place de la Concorde, et dans de multiples autres villes.
A Strasbourg, par exemple, une dizaine de personnes ont installé des masques sur Les Quatre Hommes, ensemble de statues érigées au bout de l’avenue des Vosges, « une artère symbolique de la pollution de l’air », a expliqué Marie Fabre, cofondatrice de Zéro déchet Strasbourg. « Respirer tue », « Nous n’en poumons plus », « Incinératueur », disaient leurs pancartes.
Ces associations, dont France nature environnement, Alternatiba ANV-COP 21, Greenpeace ou la Fédération des usagers de la bicyclette, ont réclamé dans un communiqué « une politique de transports sans enfumage ».
« Les collectivités locales doivent urgemment redresser la barre », et « le gouvernement doit rectifier le tir avec la future loi sur les transports. »

        Lire aussi :
         

                Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France



L’action coïncidait avec le dernier jour prévu par le Conseil d’Etat pour la remise à la Commission européenne du plan du gouvernement contre la pollution atmosphérique. Le ministère de la transition écologique a réuni les quatorze feuilles de route dont les éléments seront transmis à la Commission européenne comme prévu, a fait savoir le gouvernement, ajoutant qu’elles seraient rendues publiques la semaine prochaine.
La haute juridiction avait sommé en juillet l’exécutif d’agir contre la pollution de l’air, responsable de près de 50 000 morts prématurées par an. La France est, avec huit autres pays de l’Union, menacée d’être renvoyée devant la justice européenne en raison de ses manquements.
9 millions de morts dans le monde
Dans son rapport 2017 sur la qualité de l’air, publié le 11 octobre, l’Agence européenne pour l’environnement estimait que la pollution de l’air était à l’origine de plus de 500 000 morts prématurées (avant 65 ans) en Europe par an. Une étude publiée vendredi 20 octobre dans la très respectée revue médicale The Lancet porte ce nombre macabre à 6,5 millions à l’échelle de la planète pour la seule année 2015 et à un total estimé à 9 millions en ajoutant les morts liées à la pollution de l’eau et des sols (1,8 million) et en milieu professionnel (0,8 million).
Neuf millions, cela représente un décès sur six dans le monde (16 %), relève l’étude qui, pour bien faire prendre la mesure de la gravité de la situation, note que c’est « trois fois plus que les morts combinées du sida, de la tuberculose et du paludisme ».



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.
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Chasse à la baleine : le Japon tue 333 cétacés dans l’Antarctique

Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 15h09
   





                        



   


Des baleiniers japonais sont rentrés au port samedi 31 mars après avoir capturé 333 cétacés dans l’océan Antarctique, sans avoir été confrontés à la moindre manifestation de protestation par des organisations opposées à cette chasse, ont annoncé les autorités.
Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon. Trois baleiniers, y compris le principal navire de la flotte, le Nisshin Maru, sont arrivés samedi matin au port de Shimonoseki, dans l’ouest du Japon, selon un responsable du port.
Au total, les cinq baleiniers ont capturé 333 baleines de Minke (petits rorquals), comme prévu, sans avoir été interrompus par des opposants à ces campagnes, a fait savoir l’Agence de la pêche par un communiqué.

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                Le Japon poursuit sa pêche à la baleine en Antarctique



Sea Shepherd absent
Les baleiniers japonais ont été confrontés dans le passé à des organisations de défense des animaux, notamment à Sea Shepherd. L’ONG avait annoncé l’année dernière qu’elle ne projetait pas d’opération de protestation en mer cette saison.
En décembre 2016, l’ONG Sea Shepherd et les baleiniers japonais jouaient pourtant encore au chat et à la souris dans l’immensité de l’océan Austral. Grâce à leur hélicoptère, les écologistes étaient parvenus à repérer et à prendre en photo un bateau japonais, qualifié d’« abattoir flottant » : sur son pont gisait une baleine de Minke, espèce protégée, qui venait d’être pêchée. Non loin se trouvaient deux navires de pêche au harpon. La scène s’est déroulée, selon l’ONG, dans les eaux australiennes de l’Antarctique, au cœur de l’Australian Whale Sanctuary (« Sanctuaire australien des baleines »), une zone où toute pêche à la baleine est interdite.
Sea Shepherd demande depuis plusieurs années à l’Australie d’envoyer des bateaux pour empêcher les Japonais de pêcher. « Nous sommes les seuls entre les bateaux de chasse japonais et ces magnifiques baleines. Or ce n’est pas à nous d’être là », disait Jeff Hansen en 2016.
Faille
Depuis 1986, la chasse à la baleine est interdite. Le Japon a bien signé le moratoire sur la chasse de la Commission baleinière internationale, mais il utilise une faille du texte pour le contourner en affirmant mener des études scientifiques, ce qui est autorisé. Tokyo a cependant beaucoup de mal à convaincre de la véracité de son argument, et la viande de baleine continue d’être servie dans certains restaurants japonais.
La Cour internationale de justice avait sommé le Japon en 2014 de mettre fin à ses campagnes de chasse régulières dans les eaux de l’Antarctique, soulignant qu’elles ne correspondaient pas aux critères scientifiques requis. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a réitéré, à la fin du mois de janvier, la volonté de son pays de poursuivre la chasse à la baleine dite « scientifique » dans l’Antarctique et de reprendre à terme la pêche commerciale.
La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, où elle a été chassée pendant des siècles. L’industrie baleinière a connu son essor après la seconde guerre mondiale, pour apporter des protéines animales aux habitants du pays. La demande des consommateurs japonais a cependant considérablement diminué ces dernières années.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
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Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à des expulsions

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h17
   





                        



   


Les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD, renommée « zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes se préparent à défendre leur territoire face à des menaces d’évacuation, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, prenant fin officiellement le 31 mars.
En annonçant l’abandon du projet d’aéroport envisagé près de Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, avait demandé aux occupants illégaux de « partir d’eux-mêmes » avant le printemps, et avait déclaré le 17 janvier : « Nous devons, si nous voulons respecter la loi, respecter la trêve hivernale. Nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n’est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions. »
Une évacuation « à partir du 1er avril »
Le 20 mars, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, venu rencontrer les acteurs du dossier de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, avait redit qu’il y aurait bien une évacuation partielle « à partir du 1er avril », sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées. Le gouvernement a instauré un dialogue avec une délégation de zadistes pour qu’une partie des personnes (entre 150 et 300 selon les estimations officielles) qui vivent dans la ZAD légalisent leur situation et présentent des projets de reprise agricole individuels pour les terres actuellement occupées collectivement.
La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a assuré au début du mois de mars que les expulsions se feraient « avec discernement », en visant précisément certains lieux, parmi les 97 squats recensés sur les 1 650 hectares de la zone. Le gouvernement veut éviter de reproduire le scénario de l’opération « César », organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en octobre 2012 : une offensive des forces de l’ordre (900 militaires mobilisés) avait dû être suspendue en raison de violents affrontements avec des zadistes très déterminés.
Les autorités cherchent aussi à ne pas reproduire les erreurs qui conduisirent à la mort de Rémi Fraisse, militant de la ZAD de Sivens, en octobre 2014, lors d’une manifestation contre un projet de barrage hydraulique.
Chantiers collectifs et appel à manifester
Résolus à défendre leur « expérience d’auto-organisation collective », les zadistes ont lancé cette semaine une série de chantiers collectifs (construction de buttes, de bâtiments, de serres…) qui devraient se terminer par une fête le 7 avril, et se préparent à réagir rapidement en cas d’intervention policière.
Mais l’unité des zadistes se fissure depuis l’abandon du projet d’aéroport. Parmi les points de crispation figurent la réouverture de la route départementale 281, dégagée de ses barricades par les zadistes eux-mêmes, et l’avenir des terres agricoles. Les « durs » prônent la poursuite de la lutte, alors que d’autres opposants historiques appellent à un retour à la légalité, tout en défendant un projet collectif.
Parallèlement, vingt-cinq avocats des barreaux de Paris, Rouen et Nantes, représentant les occupants de la ZAD, ont contesté, par une lettre ouverte, la légalité d’une éventuelle expulsion au 1er avril, considérant qu’une procédure judiciaire contradictoire n’avait pas été menée et que les occupants n’avaient pas reçu de commandement de quitter les lieux. Une dizaine de référés devaient être déposés en fin de semaine à l’encontre de la préfecture de la Loire-Atlantique pour confirmer ou infirmer l’existence de procédure d’expulsion. Une démarche similaire avait été entreprise à la fin de 2016 devant le tribunal de grande instance de Nantes, mais les zadistes avaient alors été déboutés.

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                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.
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Et si les restes de la cantine allaient dans des frigos solidaires ?


                      Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h53
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Placer les restes de la cantine dans un gros frigo jaune et permettre aux salariés de se servir gratuitement avant de rentrer chez eux. Cette idée était portée, à travers Lefrigojaune, depuis 2016 par Laurence Kerjean, une quadragénaire qui œuvrait auparavant dans l’accompagnement du changement chez L’Oréal. Les surplus du restaurant d’entreprise étaient enregistrés dans une application grâce à laquelle les employés pouvaient se tenir informés de l’offre.
« Les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. » Laurence Kerjean, fondatrice de Lefrigojaune
Cette pratique antigaspillage entrait au bilan des actions de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Quelque 400 entreprises avaient déclaré leur intérêt pour ce « frigo jaune » dont l’entreprise fondée par Mme Kerjean assurait (pour 1 500 euros mensuels) la livraison, l’installation, la publicité interne, le nettoyage quotidien et la mesure d’impact RSE. « Dans les tests réalisés en milieu urbain, dit-elle, les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. »

Mais le projet vient d’être mis en sommeil. Aucun des grands de la restauration collective n’a accepté de jouer le jeu. Chez Sodexo France, par exemple, on salue la démarche mais on attend des ­ « solutions » concernant « la réglementation sur la manipulation des produits entre nos restaurants et les frigos ». « Les trois grands groupes qui se partagent le marché se retranchent derrière une interprétation maximaliste du principe de précaution », confie, dépitée, Laurence Kerjean. Pourquoi ce blocage ? Parce que ces repas invendus, déjà subventionnés à moitié par l’entreprise, génèrent des revenus ? Qu’ils peuvent être revendus pour méthanisation ? Quoi qu’il en soit, Mme Kerjean espère que la loi Garot (février 2016)...




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset
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Réformes Macron : « Faire face à la crise écologique appelle une réflexion combinant les hommes et la nature »

Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h30
    |

Lauriane Mouysset (Chercheuse CNRS à l’université de Bordeaux) et Cécile Aubert (Chercheuse à l’Ecole d’économie de Toulouse et à l’université de B...







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. De la disparition du dodo de l’île Maurice à la fin du XVIIe siècle à la réduction alarmante des oiseaux communs, l’érosion de la biodiversité par l’humain n’a de cesse de s’accélérer. Nous savons pourtant que cette biodiversité est essentielle à notre épanouissement. Régulation du climat, formation des sols, contrôle des ravageurs de culture, émotions procurées par le chant des oiseaux, sont autant de bienfaits fournis par la nature que nous avons intérêt à préserver. Alors, pourquoi ne change-t-on pas de comportement ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à trouver de solution pour stopper ce déclin ?
La réponse à cette question est complexe. Une première difficulté émane du fait que la crise de la biodiversité ne peut plus se cantonner à une réflexion strictement écologique. Notre société est influencée par cet environnement tout autant qu’elle l’impacte. Faire face à la crise écologique appelle inévitablement une réflexion combinant les hommes et la nature.
C’est en intégrant des modèles de décisions économiques avec des modèles de prédiction de leurs conséquences écologiques sur les paysages et les écosystèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤                     
                                                   
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« L’allocution du 24 mars d’Emmanuel Macron a inscrit la biodiversité dans la parole présidentielle »

A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h06
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. « Imaginez. Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus le chant des oiseaux. Vous regardez par la fenêtre : les paysages que vous avez jadis chéris sont désormais desséchés et toute vie en a disparu. L’air et l’eau, tout ce que vous respirez et qui permet la vie, est altéré. Ce n’est pas un cauchemar et encore moins une illusion. Vous le savez. Vous le savez parce que nous en constatons les premiers effets. Le temps du déni est révolu. Nous ne sommes pas seulement en train de perdre la bataille contre le changement climatique, nous sommes en train de perdre notre bataille contre l’effondrement de la biodiversité. »

Ces mots d’alarme ne sont pas ceux d’un militant écologiste : ce sont ceux du président de la République française, prononcés (en anglais) dans une brève vidéo postée le 24 mars à 20 h 35 sur son compte Twitter. L’adresse d’Emmanuel Macron s’achève en enjoignant aux citoyens d’accomplir le geste symbolique institué un samedi de la fin du mois de mars depuis une dizaine ­d’années par le WWF, avec l’Earth Hour : éteindre la lumière pendant une heure, en signe d’adhésion aux politiques de protection de l’environnement. En clôture de la courte séquence, un dernier plan montre, en exemple, l’extinction des feux au palais de l’Elysée.
Un terme vague et technique
L’allocution présidentielle a été visionnée un peu plus de 200 000 fois sur le réseau social, mais est passée à peu près inaperçue des grands médias. Poliment ignorée, ou presque. Cette relative indifférence ne tient sans doute pas uniquement à l’encombrement de l’actualité, marquée par l’émotion qui a suivi l’attentat de Trèbes (Aude) et l’assassinat de Mireille Knoll. Il y a aussi, plus probablement, la difficulté à installer la question de la biodiversité au cœur du débat public. « Biodiversité » : le terme est vague, technique, n’évoque pas grand-chose en lui-même. Sans incarnation forte autour d’une espèce ou d’une...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-7">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.
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Sense City : une mini-ville pour tester la « smart city » durable et résiliente

A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h25
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



                                


                            

Imaginez une ville miniature truffée de capteurs et placée sous une cloche étanche capable de simuler n’importe quel événement climatique, mais aussi une pollution à grande échelle ou la propagation de microbes. Après six ans de conception et de construction sous l’égide de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), un tel équipement, digne d’un film de science-fiction, sera officiellement inauguré, le 3 avril, au cœur de la Cité Descartes, cluster de la ville durable, à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne).
Baptisée Sense City, cette plate-forme de R&D se veut un terrain d’expérimentations de la ville durable. Unique en Europe, elle permet d’étudier la performance énergétique et la qualité sanitaire des bâtiments, des nouveaux matériaux urbains, d’observer l’impact de la végétation sur son environnement, d’analyser la qualité et la durabilité des réseaux urbains, la qualité de l’air, des sols, des eaux… Jamais un programme de recherche n’avait englobé autant de dimensions urbaines.
Financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019
Née dans le cadre de la première vague d’appels à projets des investissements d’avenir lancés en 2010, Sense City s’est vu attribuer en 2011 un financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019. Outre l’Ifsttar, ce programme implique l’école d’ingénieurs ESIEE Paris, le laboratoire CNRS-Polytechnique sur les nanomatériaux (LPICM), le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEM) et I’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria).
Sense City se compose d’une halle climatique mobile – un vaste hangar haut de huit mètres reposant sur des rails – qui peut couvrir deux « mini-villes », dont l’une est déjà opérationnelle. Cette portion de quartier de 400 m2 est bardée de multiples capteurs, noyés dans les matériaux. Elle est équipée d’un sous-sol avec un système de géothermie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ La mesure, permise dans le cadre de la décentralisation du stationnement, s’appliquera à partir du début du mois d’avril.
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Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
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Deux villes du Val-de-Marne instaurent le stationnement payant pour les motos et les scooters

La mesure, permise dans le cadre de la décentralisation du stationnement, s’appliquera à partir du début du mois d’avril.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 07h54
    |

                            Olivier Razemon








                        



   


Sur la chaussée, des parallélépipèdes d’environ un mètre sur trois ont été tracés à la peinture blanche. Face à ces emplacements destinés aux deux-roues motorisés figure une inscription toute neuve : « payant ». Devant la mairie de Charenton-le-Pont (Val-de-Marne), tout est prêt pour le stationnement tarifé des scooters et des motos, qui sera instauré à partir du 2 avril.
Le maire, Hervé Gicquel (Les Républicains), justifie cette mesure, une première en France, par « la nécessité de gérer au mieux l’espace public ». Positionnée entre la Seine, la Marne et le bois de Vincennes, jouxtant la capitale, Charenton, 30 700 habitants, est une ville dense, compacte. Elle accueille en sus 15 000 salariés chaque jour ouvrable.
« Nous sommes touchés par les dispositions prises dans la capitale en matière de circulation », explique l’édile, qui observe, depuis quelques années, « un usage croissant des deux-roues motorisés, à Paris comme dans les communes limitrophes ».
Ces scooters et motos stationnent aux 500 emplacements prévus pour cet usage dans la commune, mais aussi sur les trottoirs ou la voirie. Certains d’entre eux restent au même endroit pendant des semaines, tels des « véhicules ventouses ».
Des véhicules jusqu’alors exonérés
La décentralisation du stationnement, intervenue le 1er janvier, qui permet aux municipalités de fixer le montant de l’ancienne amende rebaptisée « forfait de post-stationnement » (FPS), a fourni l’occasion de « réguler le phénomène », explique M. Gicquel.
Les mairies peuvent désormais imposer le stationnement payant à des véhicules jusqu’alors exonérés. Le tarif, 80 centimes ou 1,33 euro les deux heures en fonction du lieu, correspond à un tiers du prix payé par les automobilistes et s’applique à l’ensemble du territoire communal. Un tarif résidentiel est prévu, fixé à 2 euros par semaine, 7 euros pour le mois et 75 euros pour l’année. En cas de non-paiement, le FPS s’élève à 10 euros, contre 17 euros pour les voitures.
« Ce n’est pas une politique répressive ni une fiscalité déguisée, mais simplement une participation équitable de l’usager à son occupation de l’espace public », soutient le maire, qui attend aussi « davantage de civisme de la part des usagers des deux-roues », prompts à « circuler sur le trottoir, où ils mettent en insécurité les piétons, notamment les enfants et les personnes âgées », témoigne-t-il.
De l’autre côté du bois de Vincennes, une autre ville du Val-de-Marne, Vincennes, 50 000 habitants, a pris des dispositions similaires. Début avril, le stationnement des deux-roues motorisés sera facturé 1,50 euro les deux heures, le tarif résidentiel étant fixé à 70 centimes d’euro la journée et à 2,70 euros la semaine. Le FPS est fixé à 12 euros (35 euros pour les voitures).
« Ras-le-bol général des incivilités »
La maire de la ville, Charlotte Libert-Albanel (Union des démocrates et indépendants), use du même raisonnement que son homologue de Charenton : « Vincennes est la deuxième ville la plus dense de France [après Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine]. L’espace public y est rare et, lorsqu’il n’est pas respecté, cela crispe les habitants. » Elle décrit aussi « un ras-le-bol général des incivilités d’une partie des conducteurs de deux-roues motorisés ».
Les arrêtés, dans ces deux villes, suscitent l’ire de la Fédération française des motards en colère (FFMC), qui décrit le deux-roues motorisés comme « une solution pour la fluidité des villes ». Elle a organisé plusieurs manifestations bruyantes à Vincennes ces dernières semaines. Ses adhérents ont apposé sur les murs de la mairie des dizaines d’autocollants jaunes réclamant la « gratuité du stationnement pour tous », automobilistes et motards confondus. La maire a porté plainte pour dégradation de bâtiment public contre la FFMC.
Si Charenton et Vincennes sont les pionnières en France, plusieurs villes imposent déjà de par le monde le parking payant aux deux-roues motorisés. C’est le cas à Westminster, dans le district du Grand Londres, à Tokyo ou encore à San Francisco (Californie). En Italie, à Gènes et dans d’autres localités de Ligurie, le stationnement des scooters est réglementé. Les usagers doivent impérativement garer leur engin sur les emplacements matérialisés sur le sol, sous peine de verbalisation.
« Eviter les dérives du parking massif sur les trottoirs »
En France, le deux-roues motorisés, souvent considéré comme une alternative à la voiture individuelle permettant d’éviter les embouteillages, n’était jusqu’à présent pas cité dans le débat public. Mais Bruitparif, l’observatoire du bruit en Ile-de-France, commence à étudier les effets du vacarme des motos sur le sommeil.
Dans le Val-de-Marne, les deux maires ont aussi reçu le soutien de l’association Respire, qui milite pour la qualité de l’air. Les édiles assurent que d’autres élus de la petite couronne parisienne réfléchissent à les imiter, sans toutefois se risquer à les citer.
A Sceaux (Hauts-de-Seine), Patrice Pattée, adjoint (divers droite) à l’urbanisme, a profité de la réforme du stationnement pour demander à son délégataire, Effia, de prévoir des aires réservées aux deux-roues sur la chaussée. Le stationnement demeure gratuit, mais seulement dans les endroits autorisés.
A Paris, Christophe Najdovski, adjoint (Europe Ecologie-Les Verts) aux transports, n’a « jamais fait mystère » de son engagement en faveur d’une « tarification du stationnement des deux-roues motorisés, afin d’éviter les dérives du parking massif sur les trottoirs ». Mais la maire (PS) de Paris, Anne Hidalgo, y est opposée. « Elle sera forcément amenée à y réfléchir », lâchent, dans les mêmes termes, les maires de Vincennes et de Charenton.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Voisins, commerçants et restaurateurs les remplissent de dons, d’invendus ou de produits en date limite de consommation. Ces réfrigérateurs en libre-service permettent aux plus démunis de se nourrir dans la dignité et aident à lutter contre le gaspillage.
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Les frigos solidaires essaiment en ville


                      Voisins, commerçants et restaurateurs les remplissent de dons, d’invendus ou de produits en date limite de consommation. Ces réfrigérateurs en libre-service permettent aux plus démunis de se nourrir dans la dignité et aident à lutter contre le gaspillage.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h35
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Le réfrigérateur du futur, finalement, ne sera peut-être pas connecté, ni doté d’un écran tactile. Mais collectif et solidaire. Voilà que le frigo, ce gros électroménager de toutes les cuisines, si banal, familier, avec ses clayettes amovibles, son bac fraîcheur, son air brassé, se voit soudain érigé en ultramoderne symbole de lutte contre le gaspillage alimentaire et d’aide aux plus démunis.
« Ce frigo fédère. C’est la bonne action que l’on fait facilement dans la journée. Beaucoup plus concret qu’un don à une asso ! » Dounia Mebtoul, restauratrice
Devant La Cantine du 18, restaurant des familles branchées, rue Ramey, dans le 18e arrondissement de Paris, trône un gros réfrigérateur habillé de bois clair. Sur sa porte, un large cercle rouge indique : « Les frigos solidaires ». ­Dounia Mebtoul, 26 ans, et sa mère, Malika, les deux patronnes, veillent depuis juin 2017 sur ce frigo de rue en libre-service. Qui le peut dépose des aliments. Qui a besoin se sert librement. « C’est devenu un emblème, dans le quartier, sourit Dounia Mebtoul. Ce frigo fédère. C’est la bonne action que l’on fait facilement dans la journée. Beaucoup plus concret qu’un don à une asso ! »
Lors d’un séjour à Londres, en 2012, la jeune femme découvre le People’s Fridge du quartier de Brixton. Elle se renseigne, apprend l’existence des frigos solidaires allemands – que des milliers de bénévoles remplissent en récupérant les invendus des commerçants –, celle des frigos communautaires québécois, d’autres expériences belges, espagnoles, indiennes… « Emballée », elle mobilise deux associations à Paris : Le Carillon, qui rassemble les commerçants du 18e arrondissement soucieux des sans-abri, et Cap ou pas cap, déjà à l’origine de boîtes à dons. Le 8 juin 2017, après appel à financement participatif, le premier réfrigérateur en partage de Paris est inauguré sur la terrasse de son restaurant.
« Partager avec ceux qui sont...



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant
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L’animal dans le droit, à la fois chose et sujet

Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h14
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Il est né le 22 mars et c’est le premier du genre, en France comme en Europe. Lourd de plus de 1 000 pages, le Code de l’animal, publié aux éditions LexisNexis (49 euros), réunit sous sa couverture bleue l’intégralité des textes dispersés dans les sept codes qui régissent notre rapport aux animaux ­ (codes civil, pénal, de procédure pénale, rural et de pêche maritime, de l’environnement, des collectivités territoriales, de la santé publique), ainsi que les grandes décisions jurisprudentielles concernant les animaux de compagnie, de ferme, sauvages ou apprivoisés. Une petite révolution.
Symbole
Non pas que ce code privé – au même titre que le code de la montagne ou le code administratif – contienne de nouvelles lois. Mais sa publication, réalisée par une équipe de spécialistes en droit animalier en collaboration avec la Fondation 30 millions d’amis, aurait été impensable il y a seulement dix ans. Un symbole à lui seul de la transformation de notre regard sur les bêtes depuis la première loi française d’importance en matière de protection animale, dite loi Grammont, du 2 juillet 1850.
« Seront punis d’une amende de cinq à quinze francs, et pourront l’être d’un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques », précisait-elle. « Une loi fondatrice mais restreinte à l’espace public, qui protégeait essentiellement la sensibilité des spectateurs et non pas celle des animaux », souligne Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l’université de Limoges et codirecteur du code de l’animal. Il fallut attendre plus d’un siècle, soit le décret du 7 septembre 1959 d’Edmond Michelet, ministre de la justice du général de Gaulle, pour que la répression des mauvais traitements soit élargie au domaine privé et pour que les animaux soient protégés en raison de leur propre sensibilité.

Le droit pénal avait donné le ton mais, pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Le maire de Laigneville, un bourg de 5 000 habitants dans l’Oise, enquête à l’ancienne pour débusquer les propriétaires des déchets peu respectueux de l’environnement.
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Las des dépôts sauvages de déchets, un maire pratique le « retour à l’envoyeur »

Le maire de Laigneville, un bourg de 5 000 habitants dans l’Oise, enquête à l’ancienne pour débusquer les propriétaires des déchets peu respectueux de l’environnement.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h35
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h14
    |

            Patricia Jolly (Laigneville (Oise), envoyée spéciale)








                        



                                


                            
Planches de bois, plaques de plâtre, bouts de tuyaux, vieux pots de peinture et gravats divers… Les déchets du BTP empoisonnent la vie des édiles de communes rurales. Au printemps 2014, tout juste élu maire (sans étiquette) de Laigneville, un bourg de l’Oise d’un peu moins de 5 000 âmes, Christophe Dietrich, 46 ans, a vu rouge lorsqu’il a repéré un énième dépôt sauvage sur le parcours de son jogging quotidien. « J’ai décidé d’adopter la méthode du “retour à l’envoyeur” », explique ce sous-brigadier de la police aux frontières en détachement, également vice-président du conseil départemental de l’Oise chargé de la sécurité.
M. Dietrich s’est mis à systématiquement enquêter « à l’ancienne » pour dénicher des indices menant aux sources de cette pollution, parfois situées à plusieurs dizaines de kilomètres de Laigneville. Pour preuve, il extrait des « pièces à convictions » d’une armoire de son bureau. Tel ce fragment de matériau isolant porteur d’un prénom et d’un numéro de téléphone lui ayant permis de « remonter » jusqu’à un syndic de copropriétés. Lequel est tombé des nues en apprenant qu’il utilisait les services d’un plombier peu respectueux de l’environnement…

Une fois le contrevenant – ou son donneur d’ordre – débusqué, Christophe Dietrich et ses employés municipaux débarquent en camionnette dès potron-minet sur le pas de sa porte et se délestent du chargement dont l’indélicat s’imaginait débarrassé. « Je ne fais que rapporter à leurs légitimes propriétaires ce qui leur appartient », sourit l’édile qui ne manque jamais de filmer ces « opérations commando » durant lesquelles ses véhicules sont parfois « coursés à 6 heures du mat’ par un type en slip hors de lui ». Ces vidéos font un tabac sur les réseaux sociaux, assurant à ceux que M. Dietrich appelle « les crasseux » une publicité dont ils se passeraient volontiers.
« Limites sur le plan légal »
« Le bouche-à-oreille...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Les riverains d’une ancienne plaine maraîchère accusent les pouvoirs publics d’inertie et de « carence fautive ».
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Une mer de déchets sauvages dans les Yvelines

Les riverains d’une ancienne plaine maraîchère accusent les pouvoirs publics d’inertie et de « carence fautive ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h08
    |

            Patricia Jolly








                        



                                


                            
Des bouches d’irrigation, colonisées par les mauvaises herbes, témoignent de l’époque révolue où « la plaine » était un paradis de la culture maraîchère. Las, ces 330 hectares de potagers et de vergers, sis sur une boucle de la Seine à cheval sur les communes yvelinoises de Carrières-sous-Poissy, Chanteloup-les-Vignes et Triel-sur-Seine, sont désormais parsemés de véritables collines de déchets. De l’électroménager aux couches usagées et aux pneus, l’endroit est un dépotoir géant à ciel ouvert, jusqu’aux abords de l’incinérateur d’ordures ménagères qui le jouxte.
Début février, Alban Bernard, habitant d’un lotissement tout proche, a réagi en créant un site Internet : Déchargeons la Plaine. Photos et vidéos à l’appui, cet ancien conducteur de travaux en reconversion cartographie les différents monceaux. Il en a dénombré plus de 60, atteignant entre 50 centimètres et 2 mètres de hauteur, dispersés sur plus de 25 hectares (ha).
Le plus impressionnant, surnommé la « mer de déchets », occupe à lui seul 3 ha et est exclusivement composé de déchets du BTP dont de la laine de roche, de la laine de verre et des tôles ondulées amiantées. Ces matériaux nocifs pour la santé devraient être traités dans une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). On bute aussi sur de véritables ateliers de démontage : ici la zone des aspirateurs, là celle des ordinateurs.
« Véritable trafic »
« Mon beau-père, qui a 94 ans, vendait aux Halles les fruits et légumes qu’il cultivait ici, mais regarder des photos de la plaine aujourd’hui lui est insupportable », déplore Bruno Piva, dont la famille est propriétaire d’une dizaine de parcelles. Pour circonscrire au mieux les amas de déchets, cet ébéniste plante des arbres sur ses terrains. Fin février, une partie des ordures a pris feu, dégageant des fumées incommodantes. Sommé par l’association environnementale Rives de Seine Nature Environnement (RSNE) d’user de son pouvoir de substitution,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Malgré l’annonce du retrait américain de l’accord climat, de nombreux acteurs restent fidèles aux engagements pris en 2015, rappelle le secrétaire général des Nations unies
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Les Etats-Unis sont en bonne voie pour honorer les objectifs de l’Accord de Paris, veut croire l’ONU

Malgré l’annonce du retrait américain de l’accord climat, de nombreux acteurs restent fidèles aux engagements pris en 2015, rappelle le secrétaire général des Nations unies



Le Monde
 |    30.03.2018 à 00h21
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h13
   





                        



   


Malgré la décision du président Donald Trump de sortir son pays de l’accord de Paris sur le climat, les Etats-Unis sont sur les rails pour atteindre les objectifs fixés par le texte, a assuré, jeudi 29 mars, Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies (ONU).
« Il y a des espoirs qu’indépendamment de la position du gouvernement, les Etats-Unis pourraient être en mesure de respecter les engagements pris à Paris en tant que pays. »
Après l’annonce du retrait américain en juin 2017, des villes, des Etats et des entreprises à travers le pays s’étaient engagés à honorer les ambitions décrétées dans la capitale française fin 2015. « Certains indices vont même dans une meilleure direction que ce qui a été le cas récemment », s’est réjoui M. Guterres sans rentrer dans le détail de ces indicateurs qui laisseraient espérer une baisse des émissions du deuxième plus gros pollueur de la planète, derrière la Chine.
Sous l’administration de Barack Obama, les Etats-Unis se sont engagés à réduire de 26 % à 28 % leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2025 par rapport à 2005.
Tollé international
Près de 200 pays et organisations s’étaient mis d’accord à Paris, après d’intenses négociations, s’engageant pour la réduction des émissions de carbone, allant jusqu’à 2030. Le président Trump avait justifié son retrait, qui avait provoqué un tollé international, blâmant un « mauvais accord » pour l’économie des Etats-Unis.

        Lire aussi :
         

          Climat, le choc du retrait américain



Sachant qu’il faut trois ans pour un signataire avant de pouvoir signifier son retrait et encore un an avant que ce dernier ne soit effectif, la sortie des Etats-Unis ne pourrait intervenir concrètement qu’en novembre 2020.
L’administration Trump dispose, cependant, d’autres leviers pour entraver la lutte contre le réchauffement climatique. The New York Times rapporte ainsi, jeudi, que la Maison Blanche s’apprête à assouplir la réglementation sur les émissions de gaz à effet de serre et la consommation de carburant des véhicules.
« Chaos climatique »
La communauté internationale veut limiter la hausse des températures à 2 °C par rapport à l’ère préindustrielle, mais le patron de l’ONU a prévenu que des efforts accrus étaient nécessaires pour atteindre cet objectif en 2020.
Le changement climatique est « la menace la plus systémique pour l’espèce humaine », a alerté Antonio Guterres, ajoutant que des données récentes sur les événements climatiques extrêmes ont montré que « 2017 a été [une année] pleine de chaos climatique ».
Il prévoit d’organiser un sommet majeur l’année prochaine pour faire le point sur les progrès dans la mise en place de l’accord sur le climat. La présence du président américain est plus qu’incertaine.

        Voir aussi :
         

          Les engagements des Etats seront insuffisants pour tenir l’objectif de l’accord de Paris






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Plusieurs publications récentes ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.
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Pourquoi les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux

Plusieurs publications récentes ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 06h39
    |

            Stéphane Foucart et 
Gary Dagorn








                        



   


L’information n’est pas passée inaperçue. Récemment, la publication des résultats de deux études sur le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux a connu un écho médiatique important (dont la « une » du Monde datée 21 avril). Rapidement, le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, a une fois de plus appelé à changer les pratiques agricoles pour « inverser la tendance » et réduire l’utilisation des pesticides.

        Lire aussi :
         

                Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »



Cette annonce, fruit de deux réseaux d’étude gérés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), a cependant soulevé de vives critiques sur le rôle que jouent les pesticides dans ce déclin inquiétant, et notamment dans une chronique de vérification des faits diffusée sur Europe 1, mercredi 28 mars. Mais celles-ci ont commis plusieurs erreurs graves.
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Les chercheurs n’ont pas démontré le lien de causalité avec les pesticides. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Les travaux de suivi des populations d’oiseaux ne cherchent pas les causes des variations d’abondance de cette faune, il est donc normal qu’ils n’apportent pas directement de « preuves » de la responsabilité des pesticides et de l’agriculture intensive, ni d’ailleurs de tout autre facteur.
Par exemple, une étude épidémiologique relevant la proportion de fumeurs touchés par un cancer du poumon ne permet pas, en elle-même, d’établir un lien de causalité entre la cigarette et la maladie. Mais cela ne signifie pas que ce lien de causalité n’existe pas.
Un ensemble d’indices concordants pour un éventuel lien de causalité
De fait, il est très rare qu’une étude unique permette d’établir un lien de causalité entre deux phénomènes : chaque étude documente un fait précis (dans le cas présent, le déclin des oiseaux des champs) et c’est un ensemble d’indices concordants, apportés par une diversité d’autres travaux, qui fondent un éventuel lien de causalité avec un autre phénomène. Affirmer que les pesticides ne sont pas les premiers responsables du déclin des oiseaux parce qu’une étude non destinée à chercher des liens de causalité n’a pas mis en évidence de lien de causalité est une erreur logique.
En revanche, d’autres études établissent un lien fort entre pesticides et déclin de la faune aviaire. Une étude publiée en 2014 dans la revue Nature a montré que la chute des populations d’oiseaux insectivores était bien liée à la concentration d’insecticides néonicotinoïdes dans l’environnement (aux Pays-Bas en l’occurrence).
Ce lien est d’ailleurs mis en évidence à des niveaux de contaminations minuscules, de l’ordre de quelques milliardièmes de gramme – ou nanogrammes – de pesticide par litre d’eau de surface prélevée dans l’environnement. « A des concentrations d’imidaclopride [une molécule de la famille des néonicotinoïdes] supérieures à 20 nanogrammes par litre, les populations d’oiseaux ont eu tendance à diminuer de 3,5 % en moyenne par an, écrivent les auteurs. Des analyses complémentaires ont révélé que ce déclin spatial n’est apparu qu’après l’introduction de l’imidaclopride aux Pays-Bas, au milieu des années 1990. »
Des chercheurs de l’Office national de chasse, de la forêt et de la faune sauvage (ONCFS) ont, de leur côté, documenté l’existence d’intoxications directes d’oiseaux granivores, qui meurent de la consommation de semences enrobées de ces pesticides.
Ce ne sont là que deux études parmi les très nombreuses publiées dans la littérature scientifique et montrant que ces nouvelles générations de pesticides, utilisées depuis le milieu des années 1990, ont des effets délétères sur de nombreux compartiments de la biodiversité. Dont les oiseaux, directement ou indirectement.
Les faibles doses de pesticides sans impact ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« De faibles doses de pesticides ont peu d’impact et ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat. »
POURQUOI C’EST FAUX
L’étude sur laquelle s’appuie cette affirmation est celle menée par des chercheurs du Centre d’écologie et de sciences de la conservation, qui a porté sur 199 champs observés dans trois régions françaises. Elle n’a pas suivi ces parcelles sur une « longue période » mais seulement entre 2009 et 2011. Un suivi temporel aussi bref ne permet pas de mesurer les effets sur la biodiversité des changements de pratiques introduits au milieu des années 1990 avec l’introduction de nouvelles générations d’insecticides systémiques.
En outre, la pondération citée (« ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat ») est calculée en comparant des exploitations entre elles : c’est une donnée relative qui ne permet pas de mesurer les responsabilités partagées du déclin des oiseaux constaté depuis plusieurs décennies.
Au total, il existe plusieurs centaines d’études publiées dans la littérature scientifique montrant sans ambiguïté les effets délétères des néonicotinoïdes sur des invertébrés non ciblés. Dix-huit chercheurs d’une dizaine de nationalités ont passé en revue l’ensemble de cette littérature et en ont publié, en 2015, une longue synthèse dans la revue Environnemental Science and Pollution Research. Leur conclusion :
« Malgré d’importantes lacunes dans les connaissances et des incertitudes, il existe suffisamment de connaissances pour conclure que les niveaux actuels de pollution par les néonicotinoïdes et le fipronil, résultant des utilisations actuellement autorisées, dépassent souvent les plus faibles concentrations auxquelles des effets nocifs sont observés. Ils sont donc susceptibles d’avoir des impacts biologiques et écologiques négatifs à grande échelle et ce sur une vaste gamme d’invertébrés non ciblés, dans les habitats terrestres, aquatiques, marins et benthiques. »
Dans la même revue, trois autres chercheurs ont publié, la même année, une synthèse de près de cent cinquante études montrant la toxicité directe de ces substances pour les mammifères, les oiseaux, etc.
Un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes de DDT
En ce qui concerne les néonicotinoïdes, les doses utilisées ne sont pas « essentielles ». En effet, ils sont principalement utilisés de manière systématique et préventive, en gainage des semences mises en terre. Or certains d’entre eux, en particulier l’imidaclopride, sont très persistants et s’accumulent d’année en année dans l’environnement. Au point que dans des régions agricoles du Royaume-Uni, les fleurs sauvages sont également contaminées et forment une source d’exposition importante pour les abeilles domestiques, ainsi que l’ont montré des chercheurs britanniques.
En outre, ces pesticides sont les plus puissants jamais synthétisés et agissent à très faibles doses : un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes du célèbre DDT. Un gramme de thiaméthoxame équivaut à 5,4 kg de DDT et un gramme de clothianidine compte autant que 10,8 kg de DDT.
« Pourtant, les populations d’oiseaux diminuent aussi en ville »
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Il faut noter qu’en ville, les populations d’oiseau ont aussi baissé d’un tiers. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
L’affirmation sous-entend assez clairement que le rôle des pesticides n’est pas aussi important qu’entendu car des baisses similaires sont enregistrées en ville. Pourtant, la baisse des oiseaux nichant dans le bâti peut être liée à d’autres facteurs. Elle n’est pas l’indice que les pesticides ne seraient pas un déterminant majeur du déclin des oiseaux des champs. C’est là encore une erreur de logique.
De manière générale, les pesticides ne sont certainement pas la seule cause du déclin des oiseaux.
D’autres paramètres non étudiés ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« La cause de la disparition des insectes reste mystérieuse, les auteurs de ce constat n’ont pas intégré ni étudié l’effet des pesticides, des changements climatiques ou d’autres facteurs. »
POURQUOI C’EST FAUX
Les travaux d’une équipe internationale de biologistes, publiés en octobre 2017 dans la revue PLoS One, ont au contraire étudié un grand nombre de paramètres (changement du climat au cours du temps, de l’habitat, de l’utilisation des terres). Aucun ne permet d’expliquer le déclin observé des insectes volants en Allemagne – un déclin de 76 % en moins de trois décennies, qui atteint même 80 % au cours des mois d’été.
« Nous montrons que ce déclin est manifeste quel que soit le type d’habitat et que les changements des conditions météorologiques [températures, précipitations et vitesse du vent], l’utilisation des terres et les caractéristiques de l’habitat ne peuvent expliquer ce déclin global », concluent ainsi les chercheurs. Les auteurs n’ayant pas eu accès dans les régions étudiées aux changements d’utilisation de produits phytosanitaires par les agriculteurs, ils n’ont pu corréler le déclin observé aux pesticides.
Mais leur travail permet d’écarter les principales causes possibles sans lien avec l’agriculture. Les changements de pratique de celle-ci sont donc les causes les plus plausibles car, écrivent-ils, « l’intensification de l’agriculture, incluant la disparition des marges et les nouvelles méthodes de protection des cultures [c’est-à-dire l’enrobage des semences par les nouvelles générations d’insecticides systémiques] est associée à un déclin global de la diversité des plantes, des insectes, des oiseaux et d’autres espèces communes ».
Les auteurs de ces travaux ont d’ailleurs peu de doutes sur l’implication des néonicotinoïdes dans le déclin de la biodiversité en général. « Il faut adopter des restrictions internationales sur l’utilisation des néonicotinoïdes sans attendre et empêcher leur remplacement par des produits tout aussi dangereux », écrivent ainsi des chercheurs ayant participé à cette publication, dans une tribune publiée dans Le Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ [Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme

[Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 13h48
    |

            Faustine Vincent








                        



   


[Ce sujet a été proposé à une journaliste du Monde par onze élèves de 4e du collège Henri-IV de Meaux, le 19 mars, à l’occasion de la Semaine de la presse 2018, lors d’une visite à la rédaction du journal.] 
Le canari était jadis un célèbre lanceur d’alerte. Quand les hommes descendaient dans les mines de charbon, ils l’emportaient avec eux pour être avertis quand la concentration en monoxyde de carbone devenait potentiellement mortelle. L’oiseau, vingt fois plus sensible que l’homme à ce gaz très toxique mais inodore et incolore, prévenait du danger en tombant de son perchoir, asphyxié. Il ne restait alors qu’une dizaine de minutes aux mineurs pour sortir et échapper à la mort.
Dans les mines hier comme dans les zones urbaines aujourd’hui, les animaux sont aussi exposés que les hommes à la pollution de l’air. On peut évaluer ses ravages chez les êtres humains : plus de 500 000 morts prématurées par an en Europe, dont 45 840 en France, selon l’Agence européenne de l’environnement. En revanche, on ignore ce qu’il en est pour les animaux. L’équivalent de l’agence Santé publique France et de l’Assurance-maladie (qui observent en permanence l’état de santé des Français) n’existant pas pour eux, il est impossible de mesurer l’impact de cette pollution de façon globale et systématique. Et les études sur le sujet sont rarissimes.
« Personne ne s’intéresse à ça, regrette Martine Kammerer, professeure de toxicologie animale et responsable du Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest. Je le déplore, parce que la pollution atmosphérique participe des problèmes respiratoires et du développement de cancers chez les animaux de compagnie. » A défaut de statistiques, elle fait valoir le « bon sens » : « Ils respirent le même air que nous, donc ils en subissent les mêmes effets, surtout les plus âgés et les plus fragiles. »
« On a découvert que les chats avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise »
Les risques sont plus marqués pour les chiens en ville, dont le museau est au niveau des pots d’échappement, provoquant des troubles respiratoires. Les chats sont eux aussi vulnérables au dioxyde d’azote, aux particules fines et aux hydrocarbures ; en particulier les asthmatiques. « C’est certain, mais difficile à chiffrer », précise la professeure. D’autant que les pics de pollution ne se traduisent pas forcément par une hausse des consultations vétérinaires.
A l’image du canari dans les mines, les animaux de compagnie peuvent pourtant jouer un rôle de « sentinelle » pour les hommes : étudier l’impact de la pollution atmosphérique sur eux permet de collecter des données sur la composition de l’environnement, et de révéler plus rapidement des risques invisibles pour la santé.

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La docteure vétérinaire Brigitte Enriquez, professeure émérite de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, a ainsi mené une étude sur des chats à Paris en 2016. « On a découvert qu’ils avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise, car l’environnement [où ils évoluaient pour l’expérience] était “pauvre”, sans objets plastique alentour. » Elle en a conclu que des phtalates étaient présents dans l’air extérieur. Les chats ont ici servi d’« indicateurs d’exposition » à la pollution. Mais les effets de cette exposition, eux, peuvent varier entre les animaux et les humains, dont la sensibilité n’est pas la même. La prudence est donc de mise avant de transposer telles quelles les observations faites sur les bêtes.
Pour autant, Brigitte Enriquez juge « essentiel » d’étudier cette question. « Pendant des décennies, le discours consistait à dire que les hommes étaient une espèce à part, sur son piédestal, et qu’on ne pouvait pas les comparer avec les animaux, se souvient cette pionnière sur le sujet en France. La prise de conscience de l’intérêt d’étudier les animaux est venue tardivement. »
Des répercussions sur la chaîne alimentaire
La mystérieuse maladie observée dans les années 1950 au Japon dans la baie de Minamata, contaminée par le mercure que déversait l’usine chimique voisine, a servi de déclic. Les chats qui ont mangé des poissons malades ont eu rapidement un comportement anormal : ils devenaient fous et se jetaient dans la mer. Des années plus tard, pêcheurs et habitants ont, à leur tour, développé des symptômes physiques et neurologiques. Premier cas d’intoxication environnementale à grande échelle, le scandale a mis au jour le fait que « les chats pouvaient être des animaux sentinelles en servant d’indicateurs d’exposition et d’effet neurologique », souligne Brigitte Enriquez. Il a aussi mis en évidence « l’importance et le fonctionnement de la chaîne alimentaire ».
Et plus on est haut dans la chaîne alimentaire, comme l’homme, plus la concentration des polluants - ingérés en bas de la chaîne par les plus petits animaux - s’accentue. Les scientifiques appellent cela « phénomène de biomagnification » ou « bioaccumulation ». « Les polluants s’accumulent au fur et à mesure dans les graisses des animaux, explique Renaud Scheifler, écotoxicologue et maître de conférences au laboratoire de chrono-environnement du CNRS. Une algue contenant 0,1 microgramme par kilo [de polluant] va ainsi passer à 10 000 chez l’ours polaire en bout de chaîne. Mais on peut parfois passer d’un coefficient de 1 à un million ! » D’où l’intérêt de ne pas négliger l’observation de l’impact de la pollution même sur les plus petits animaux.
Les vers de terre et les merles des villes trois fois plus contaminés que ceux des champs
C’est ce qui a incité Renaud Scheifler à se pencher en même temps sur la contamination au plomb des vers de terre et sur celle des merles, qui les mangent. L’idée était de voir si les oiseaux pouvaient être encore contaminés par ce métal lourd potentiellement toxique – dégagé pendant des décennies par les pots d’échappements puis retombé sur le sol – malgré l’interdiction du plomb dans les carburants depuis le 1er janvier 2000. « On s’attendait à ce que [le plomb] passe par voie alimentaire », précise l’écotoxicologue. L’hypothèse s’est confirmée : les vers de terre et les merles des villes étaient trois fois plus contaminés que ceux des champs. Le plomb, qui peut rester des millénaires dans la terre, a continué d’être ingurgité par les vers de terre, eux-mêmes consommés par les merles.
A plus grande échelle, l’impact de la pollution de l’air sur les animaux en zone urbaine reste à défricher. « C’est LE gros sujet de demain, assure Renaud Tissier, professeur de pharmacie-toxicologie. D’abord parce qu’on parle de plus en plus du bien-être animal, mais aussi parce que les animaux peuvent jouer ce rôle de sentinelle pour l’homme. » Et pas seulement les canaris.

Les principaux composants de la pollution de l’air
Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes, explique l’association Airparif, qui surveille la qualité de l’air en Ile-de-France : les polluants primaires et les polluants secondaires.
Les polluants primaires. Ils sont directement issus des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture...). Il s’agit par exemple des oxydes de carbone, des oxydes d’azote, des hydrocarbures légers, des particules (les plus fines sont dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, mais peuvent entraîner des maladies graves), et des métaux comme le plomb ou le mercure.
Les polluants secondaires. Ils ne sont pas directement rejetés dans l’atmosphère mais proviennent de réactions chimiques de gaz entre eux. C’est le cas notamment des particules secondaires, de l’ozone et du dioxyde d’azote.
Par ailleurs, les phtalates sont des produits chimiques couramment utilisés dans les matières plastiques, mais aussi présents dans les cosmétiques, les vêtements, les jouets, etc.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ Condamné en avril 2017 dans l’affaire du « dieselgate » aux Etats-Unis, le constructeur allemand entrepose des centaines de milliers de véhicules dans 37 parkings en vue d’une remise aux normes. Certains véhicules pourront être remis sur le marché, d’autres sont détruits.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ 
<article-nb="2018/03/31/17-17">
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ En annonçant l’arrivée à l’automne de deux femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot a rouvert un dossier explosif.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤                     
                                                   
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Les éleveurs se mobilisent contre le projet de réintroduire deux ourses dans les Pyrénées

En annonçant l’arrivée à l’automne de deux femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot a rouvert un dossier explosif.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h04
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

La riposte ne se sera pas fait attendre : immédiatement, les éleveurs béarnais ont sonné le rappel des troupes. En annonçant la réintroduction à l’automne de deux ours femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot savait qu’il rouvrait un dossier explosif. « Je vais demander au préfet d’organiser un dialogue pour réussir cette réintroduction et je me rendrai sur place », a déclaré le ministre de la transition écologique dans les colonnes du Parisien mardi. Objectif : éviter la disparition du plantigrade dans la partie occidentale du massif, où seuls deux mâles persistent. L’annonce de ce lâcher, inédit depuis douze ans, a ravivé les tensions qui opposent de longue date associations et éleveurs.
Ces derniers multiplient les réunions dans les vallées et ont réactivé un collectif d’associations contre la présence du plantigrade. Pour Jean-Pierre Pommiès, un berger transhumant de la vallée d’Ossau, c’est « l’une des plus belles agricultures de France qui est menacée ». « A lui seul, notre département pèse pour la moitié du cheptel des Pyrénées, soit 300 000 des 600 000 brebis », plaide-t-il. Ses menaces sont à peine voilées : « Je vous garantis que les ourses ne sont pas encore là. On va nous pousser à basculer dans l’illégalité pour protéger nos troupeaux. »
« Maintien du pastoralisme »
L’éleveur cite les « dégâts » causés par le plantigrade sur le reste du massif. En Ariège, le département le plus touché, on a relevé 689 animaux morts l’an dernier contre 228 en 2016 – notamment en raison de chutes exceptionnelles d’ovins fuyant sans doute le prédateur. « La situation a montré que les moyens de protection existants ont très largement atteint leur limite », avance la Confédération paysanne, qui dénonce une « décision prise avant toute concertation ». Le porte-parole de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées, Bruno Besche-Commenge,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ Selon Airparif, 1,3 million de Franciliens, dont un Parisien sur deux, sont encore surexposés au dioxyde d’azote. L’organisme recommande de réduire le trafic.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France

Selon Airparif, 1,3 million de Franciliens, dont un Parisien sur deux, sont encore surexposés au dioxyde d’azote. L’organisme recommande de réduire le trafic.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h59
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Dans le déluge de tuiles qui s’abat sur la maire de Paris depuis quelques semaines – Vélib’ en rade, faux PV de stationnement du prestataire Streeteo, annulation de la fermeture à la circulation des voies sur berge –, voici une nouvelle qui devrait fournir une petite bouffée d’oxygène à Anne Hidalgo : l’air devient un peu moins irrespirable dans la capitale.
C’est Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de sa qualité en Ile-de-France, qui le dit. Le bilan de l’année 2017, publié jeudi 29 mars, montre en effet un certain progrès sur le front de la pollution. « 2017 confirme la tendance générale à l’amélioration constatée depuis plusieurs années en Ile-de-France », conclut l’organisme dans sa synthèse. Cette « légère amélioration » se manifeste d’abord dans le nombre d’épisodes (ou pics) de pollution : il est passé de dix-huit jours en 2016 à douze jours en 2017.
Cette tendance à la baisse s’illustre ensuite dans le nombre de Franciliens exposés à des dépassements des normes pour les deux principaux polluants que sont les particules PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres) et le dioxyde d’azote (NO2).

   


Ainsi, le nombre de Franciliens soumis à des niveaux de PM10 supérieurs à la valeur limite (40 µg/m3 en moyenne annuelle) a été divisé par deux entre 2016 (plus de 200 000) et 2017 (plus de 100 000). Concernant le NO2, gaz très toxique rendu célèbre par le scandale des moteurs diesel truqués, le total de Franciliens exposés à des niveaux qui ne respectent pas la réglementation (40 µg/m3 en moyenne annuelle) est passé de plus de 1,4 million en 2016 à plus de 1,3 million en 2017, dont près d’un Parisien sur deux.
Il n’y a pas encore là de quoi crier victoire mais la maire de Paris y verra un encouragement à poursuivre sa politique de lutte contre la pollution et de restriction de la place de la voiture. Sur la base de la fameuse vignette Crit’Air, Anne Hidalgo programme d’interdire progressivement les diesels d’ici aux Jeux olympiques de 2024 et les motorisations essence, à l’horizon 2030.
Ses détracteurs, eux, ne manqueront pas de relever que, si Airparif note une « amélioration » de la situation, il considère néanmoins que, sur le front de la pollution de l’air, la « diminution reste insuffisante ». L’organisme constate ainsi la permanence de dépassements importants des valeurs limites pour les PM10 et le NO2. Ces excès – également constatés dans une dizaine de régions, dont les agglomérations lyonnaise et marseillaise – valent à la France la menace d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne par Bruxelles, ainsi qu’une injonction du Conseil d’Etat à proposer, avant le 31 mars, un plan pour une amélioration rapide de la qualité de l’air.
5 000 morts par an
Les autorités sanitaires estiment que la pollution de l’air est responsable chaque année d’environ 5 000 morts prématurées en Ile-de-France, dont la moitié dans la capitale. « C’est la santé des Franciliens résidant le long du trafic et dans le cœur de l’agglomération parisienne qui est la plus touchée », rappelait déjà Airparif dans son bilan de l’année 2016.
La circulation automobile reste au cœur du problème. Concernant le NO2, les niveaux sont en moyenne deux fois supérieurs à la valeur limite autour des axes les plus chargés comme le périphérique. Pour les PM10, la centaine de milliers d’habitants encore soumis à des dépassements de la limite (pas plus de trente-cinq jours d’exposition supérieure à 50 µg/m3) vivent dans une large majorité à proximité des grands axes.
Et si on s’intéresse aux particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres), les plus dangereuses, la valeur limite annuelle (25 µg/m3) est certes respectée en moyenne sur l’ensemble de l’Ile-de-France. Mais 10 millions de Franciliens (85 %), contre 11 millions (95 %) en 2016, sont encore concernés par le dépassement de l’objectif de qualité français, fixé à 10 µg/m3, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé. Là aussi, « ces concentrations peuvent être près de deux fois supérieures à cet objectif à proximité du trafic routier », précise le rapport.
Airparif s’est intéressé plus particulièrement aux établissements recevant du public (ERP) dit sensible de Paris et de la petite couronne : crèches, écoles, collèges, lycées, structures d’hébergement des personnes âgées, hôpitaux, terrains de sport… Au total, 8 255 établissements de ce type ont été identifiés. Sur la période 2016-2017, un peu plus d’un ERP sur quatre (27 %) était soumis à des dépassements de la valeur limite pour le NO2.
Accélérer le renouvellement du parc roulant
L’organisme a évalué l’impact qu’aurait la mise en place d’une zone de basses émissions (ZBE) – à savoir l’interdiction de quatre catégories de véhicules les plus polluants sur la base de la vignette Crit’Air – sur la qualité de l’air de ces ERP. Aujourd’hui, la zone de circulation restreinte en vigueur à Paris bannit uniquement les véhicules « non classés » (immatriculés avant 1997) et les Crit’Air 5 (les diesel en circulation avant 2001).
Selon Airparif, avec une zone de basses émissions dans la capitale, soit une interdiction touchant aussi les Crit’Air 4 et 3 (les diesel d’avant 2011 et les essence d’avant 2006), le nombre d’ERP soumis à des dépassements de NO2 tomberait à 4 % en 2019-2020. L’extension de cette aire de restriction à une partie de l’agglomération, jusqu’à l’A86, permettrait de faire chuter la proportion à 1,75 %. Conclusion de l’organisme : « La mise en place d’une zone de basses émissions (ou toute mesure équivalente qui permettrait d’accélérer le renouvellement du parc roulant et/ou de réduire le trafic) aurait un impact important sur les concentrations de dioxyde d’azote. »
Le premier comité de pilotage sur la mise en place d’une zone de basses émissions métropolitaine a eu lieu mercredi 28 mars. Un cadre propice pour amorcer enfin un rapprochement entre Anne Hidalgo (PS) et sa première opposante, Valérie Pécresse (LR), la présidente de la région Ile-de-France, sur le front de la lutte contre la pollution.

        Infographie :
         

          Visualisez les pics de pollution dans l’agglomération parisienne depuis janvier 2002






                            


                        

                        


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Pionnière dans l’agriculture urbaine, Montréal se lance désormais dans la vigne

Tandis que les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais, AU/LAB a le projet de planter des ceps sur le toit du Palais des congrès de la ville québécoise.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 16h10
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                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

De grandes serres sur des toits d’immeubles et dans lesquelles, même durant les hivers québécois les plus rudes, la température reste toujours au-dessus de 25 °C. C’est le pari, a priori un peu fou, des Fermes Lufa. Fondées en 2009 par Mohamed Hage et trois associés, les Fermes Lufa possèdent aujourd’hui trois serres situées dans la banlieue de Montréal. Pour cultiver ses légumes, Lufa recourt à l’hydroponie. Cette technique horticole par laquelle les plants poussent hors terre, dans un substrat alimenté en eau et en nutriments, permet de produire des légumes à la consistance et au goût identiques quelle que soit la saison.
En association avec une centaine de producteurs locaux, les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais dans plus de 350 points de distribution à travers le Québec. « On fournit des ingrédients pour environ 3 millions de repas chaque année, explique avec fierté Mohamed Hage. Le contenu de nos paniers est entièrement local. On donne aux gens des villes l’accès à une alimentation plus saine et plus fraîche. Nos légumes sont cueillis le jour-même de la livraison, contrairement à ceux que l’on trouve en épicerie. »
L’objectif de la compagnie québécoise ? Nourrir les villes. Particulièrement les cités froides d’Amérique du Nord et d’Europe. « L’agriculture urbaine est beaucoup plus développée dans les pays chauds », observe M. Hage, qui n’a pas choisi Montréal par hasard.
La métropole québécoise a fêté en 2015, les quarante ans de son programme de jardins communautaires. Les premiers espaces de ce type ont fait leur apparition au milieu des années 1970. En 1974, après que de violents incendies ont ravagé plusieurs quartiers de la ville, les habitants ont souhaité obtenir le droit de planter des légumes et de les cultiver, et cela afin, bien sûr, d’avoir des légumes frais mais aussi afin de faire revivre les quartiers. Aujourd’hui, 97 jardins communautaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-20"> ¤ Depuis 1968, le Canada a placé 58 des lacs de l’Ontario sous la surveillance des chercheurs. Le photographe Guillaume Simoneau s’est pris de passion pour ce site de recherche.
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