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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Tour d’horizon des revalorisations, baisses et nouvelles règles en vigueur.
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Minimum vieillesse, allocations familiales, énergie…, ce qui change au 1er avril

Tour d’horizon des revalorisations, baisses et nouvelles règles en vigueur.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h37
   





                        


Hausse du minimum vieillesse, de la prime à la naissance et des allocations aux familles monoparentales ou nombreuses et modestes, baisse de l’allocation aux parents de jeunes enfants… Voici les principaux changements à compter du 1er avril :

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30 euros de plus pour le minimum vieillesse
L’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA) augmente de 30 euros, à 833 euros par mois pour une personne seule. Deux autres hausses, de 35 euros chacune, sont prévues aux 1er janvier 2019 et 2020.

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1 % de revalorisation des prestations sociales
Cette augmentation est liée à l’inflation :
le revenu de solidarité active (RSA) passe à 550,93 euros par mois pour une personne seule en métropole ;la prime d’activité atteint 531,51 euros ;l’allocation aux adultes handicapés (AAH) passe à 819 euros ;l’allocation de base d’éducation d’enfant handicapé augmente de 1 %, à 131,81 euros ;les allocations familiales, versées aux familles avec deux enfants, s’élèvent désormais à 131,16 euros, pour la tranche de revenus la plus basse, et au minimum à 32,79 euros pour les revenus les plus élevés ;le complément familial (pour les familles nombreuses) atteint 170,71 euros ;le complément de libre choix du mode de garde (CMG), pour l’emploi d’un·e assistant·e maternel·le ou garde à domicile, s’échelonne entre 176,82 euros et 467,41 euros ;le congé parental est rémunéré à 396,01 euros pour un taux plein ;l’allocation de rentrée scolaire, qui sera versée en août, passera à 367,73 euros pour les enfants de 6-10 ans, à 388,02 euros pour les 11-14 ans et à 401,47 euros pour les 15-18 ans.
Des allocations familiales recentrées sur les plus modestes
Outre les revalorisations modiques liées à l’inflation, le gouvernement a choisi d’augmenter les prestations versées aux familles les plus pauvres, en réduisant l’allocation de base pour les autres :
le montant majoré du complément familial, versé aux familles nombreuses modestes, augmente de 8,2 %, à 256,09 euros par mois ;l’allocation de soutien familial, qui complète le revenu des parents isolés ne percevant pas de pension alimentaire, augmente de 5,2 %, à 153,70 euros pour un taux plein et 115,30 euros pour un taux partiel ;la prime à la naissance, qui n’avait pas été revalorisée depuis 2013, va augmenter de 2 % par rapport à celle versée pour les enfants nés avant cette date, à 941,66 euros ;en revanche, l’allocation de base de la prestation d’accueil du jeune enfant (PAJE) diminue de 7,5 %, à 170,71 euros pour un taux plein (soit une baisse de 13,90 euros par mois), et à 85,36 euros pour un taux partiel.
Des réductions dans le secteur de l’énergie
Les tarifs réglementés du gaz naturel, appliqués par Engie à plusieurs millions de clients en France, baisseront de 1,1 % avec le recul des prix sur le marché du gros. Cette diminution est de 0,4 % pour ceux qui utilisent le gaz pour la cuisson, de 0,7 % pour ceux qui ont un double usage cuisson et eau chaude et de 1,2 % pour les foyers qui se chauffent au gaz.Un chèque énergie, qui remplace les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz, est distribué à quatre millions de foyers modestes. Le montant s’échelonne de 48 à 277 euros, selon les revenus et la composition des ménages, avec une moyenne de 150 euros par foyer. Il devrait augmenter de 50 euros en 2019.les primes pour le changement de chaudière au fioul, accordées sous condition de ressources, vont augmenter nettement et atteindront entre 2 000 et 3 000 euros contre 800 à 1 300 euros jusqu’à présent.
De nouveautés pour les consommateurs
Les abonnements à des contenus en ligne (comme Netflix, Canal+ ou Deezer) seront désormais accessibles dans tous les pays de l’Union européenne.Les nouvelles voitures doivent être équipées d’un bouton d’appel d’urgence (système eCall).Les secteurs des banques et des assurances pourront dématérialiser davantage certaines formalités comme les envois recommandés électroniques ou les signatures électroniques.
Et aussi
Un nouveau carnet de santé est distribué aux nouveau-nés. Il intègre les onze vaccins obligatoires, ainsi que de nouvelles courbes de taille et de poids.Un service gratuit de caution pour loyers impayés, Visale, est proposé à toutes les personnes de moins de 30 ans sous conditions de ressources et de statut (étudiants, contrats précaires) pour des loyers n’excédant pas 1 300 euros (1 500 euros à Paris).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ La CFDT annonce près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoque une trentaine de magasins bloqués dans la matinée de samedi.
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Grève à Carrefour : forte mobilisation des salariés pour l’emploi et le pouvoir d’achat

La CFDT annonce près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoque une trentaine de magasins bloqués dans la matinée de samedi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 16h29
   





                        



   


Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots : faire ses courses de Pâques dans certains magasins Carrefour, samedi 31 mars, tenait de la gageure au vu de la forte mobilisation des salariés décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat. Au moins 300 magasins intégrés étaient touchés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d’une mobilisation dans les entrepôts.
Le mouvement « a démarré très tôt avec beaucoup de force et d’envergure, il est très fort », s’est félicité Michel Enguelz, représentant de Force ouvrière (FO), premier syndicat du groupe de grande distribution. Selon Sylvain Macé (CFDT), le taux de grévistes avoisinait 50 %, avec 170 hypermarchés mobilisés sur 220 et 130 supermarchés sur environ 470.
Il y en a « peut-être même plus », a estimé M. Enguelz (FO), qui s’est félicité d’un mouvement « d’envergure ». « Du jamais-vu », selon Philippe Allard (CGT).

        Les explications :
         

          Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi



Une « trentaine » d’hypermarchés entièrement bloqués
Partout, la mobilisation se traduisait par des rassemblements devant les magasins, avec du « filtrage » aux entrées. Certains hypermarchés étaient complètement bloqués, comme à Antibes, Ollioules, Toulon Grand Var, Nice Lingostière ou Port-de-Bouc dans le Sud, Vénissieux, Chambéry ou encore Toulouse-Labège et Saint-Malo, selon les syndicats CFDT, FO et CGT. A Marseille Grand Littoral, une journaliste a constaté que l’entrée était barrée par des chariots et un rassemblement de 150 salariés.
La direction du groupe Carrefour a compté « une trentaine » d’hypermarchés bloqués, sur 220, à 10 h 30, mais elle a affirmé qu’« aucun supermarché, aucun magasin de proximité ni aucun entrepôt n’était bloqué » en milieu de matinée. A midi, « 80 % de nos hypermarchés [étaient] ouverts » et « 100 % de nos supermarchés », a-t-elle souligné. Une source syndicale a estimé que 30 % des hypermarchés resteraient fermés toute la journée.
356 millions d’euros de dividendes
Cette mobilisation est le point d’orgue de l’inquiétude et de la colère qui montent depuis l’annonce, le 23 janvier, par Alexandre Bompard, PDG du groupe depuis l’été 2017, de son « plan de transformation » s’accompagnant de la suppression de milliers d’emplois.
L’appel à la grève, lancé par FO et la CFDT, relayé séparément par la CGT, répond à l’annonce en janvier de la suppression de milliers d’emplois. Les syndicats protestent aussi contre le projet de passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés. L’annonce récemment d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, a achevé de mettre le feu aux poudres.
Ils s’inquiètent aussi de l’impact sur l’emploi d’autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés).

        Lire aussi :
         

                Carrefour : les salariés inquiets face au plan Bompard



« Nous comprenons que les projets de transformation puissent susciter de l’inquiétude chez certains de nos salariés », a admis Pascal Clouzard, directeur exécutif France Carrefour. Mais, « si nous souhaitons pérenniser et développer notre activité économique, et donc nos emplois, nous devons impérativement nous transformer », a-t-il ajouté.
Chez les salariés, l’annonce récente d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, vue comme une « aumône » ou un « pourboire », a aussi alimenté la colère. « Bien consciente de l’impact sur le pouvoir d’achat » de cette baisse, la direction a proposé à la mi-mars de relever ce montant à 407 euros, sous forme d’un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde.
Les actionnaires toucheront, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats, qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.
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En Birmanie, l’échec socio-économique d’Aung San Suu Kyi suscite la déception

Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h16
    |

                            Antoine Clapik (Rangoun, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Je suis un partisan de longue date de la “Lady”, et je l’aime encore. Mais la NLD [Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi] n’a pas tenu ses promesses électorales. Franchement, je suis déçu. »
Ainsi parle Than Shein, 68 ans, ancien conducteur de cyclo-pousse, homme à tout faire, menuisier de circonstance et résident à plein temps d’un bidonville situé dans le quartier industriel de Hlaing Thar Yar, en périphérie de Rangoun.
Ce sexagénaire, qui ne possède pas de téléphone, pas de page Facebook et, naturellement, pas d’ordinateur, est remarquablement bien informé : sur le terrain politique et social, il n’est jamais avare de sa parole. Pourtant, il habite dans ces marges de la grande ville où des dizaines de milliers de personnes comme lui vivent dans des conditions misérables depuis qu’en 2008, le cyclone Nargis les a chassées de leurs villages du delta du grand fleuve Irrawaddy. La catastrophe fit près de 140 000 morts. « On a tout perdu », dit Than Shein.
« Vous savez quoi ? La NLD n’en a rien à faire des pauvres… ».
Sa bicoque de bambous tressés et de bâches en plastique est dans un tel état qu’elle paraît avoir, elle aussi, connu un désastre naturel : la masure est un capharnaüm où s’empilent au petit malheur la chance divers objets, de la casserole au tas de hardes empoussiérées, de la pendule antique à l’armoire en planches disjointes.
« Durant le scrutin de 2015 [les premières élections libres en vingt-cinq ans qui virent la NLD remporter une écrasante victoire], j’ai emmené des gens gratuitement sur mon cyclo-pousse dans les bureaux de vote pour qu’ils puissent apporter leurs voix au parti de la “Dame”, explique Than Shein en un sourire navré qui découvre une dentition rare. Et qu’est-ce que je vois aujourd’hui ? Des voisins d’un autre bidonville éjectés de leurs squats sous prétexte qu’ils n’ont pas de permis de résidence ! Vous savez quoi ?...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Le plus gros acheteur de raisin du Languedoc produit cent quarante cuvées qu’il exporte dans une soixantaine de pays. Avec la certitude d’offrir « le meilleur vin du monde » à moindre coût.
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Vins : Jean-Claude Mas, l’esprit de conquête


                      Le plus gros acheteur de raisin du Languedoc produit cent quarante cuvées qu’il exporte dans une soixantaine de pays. Avec la certitude d’offrir « le meilleur vin du monde » à moindre coût.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h15
    |

            Michel Guerrin








   


Jean-Claude Mas, c’est l’insolente réussite avec un vin pas cher vendu à l’étranger. Pas moins de 22 millions de bouteilles écoulées sous la bannière Paul Mas, le nom de son père. Un hommage ? Pas seulement. « Sur l’étiquette, Paul est plus facile à lire que Jean-Claude. » Et puis il s’est fait seul. S’il baigne dans le raisin depuis tout petit, il se souvient qu’à la table familiale, près de Pézenas, on coupait le vin avec de l’eau. Son père, son grand-père, son arrière-grand-père étaient des viticulteurs, alors que lui est le premier vigneron. « Vigneron de père en filles », dit-il. Il en a quatre.
Cet amateur de motos et de voitures a aussi tâté d’autres métiers, après une école de commerce et un MBA marketing. Il fait ses gammes dans le vin de 1992 à 1995, chez Bernard Magrez, patron réputé de domaines bordelais ; apprend la vinification avec l’œnologue italien Giorgio Grai. Le grand saut est en 2000, quand, tout en reprenant les dix-sept hectares de la propriété familiale, il crée sa société de négoce à Montagnac (Hérault), à côté de ­Pézenas, qui a pour nom Côté Mas. Il achète du vin, le met en bouteille, dessine les étiquettes, le commercialise. « Je vends du vin qui n’arrive pas à se vendre. »
Un chiffre d’affaires en hausse
Il tire cette conviction d’un sévère état des lieux. D’abord, sur le Languedoc. Il constate alors que sa région a fortement progressé en vins de qualité mais sans le faire savoir. « On a communiqué sur les producteurs, qui ont mis la région dans le trou, alors qu’il fallait communiquer sur les marchés à conquérir. » Ensuite sur la France. Il juge la production stagnante, trop concurrentielle et conservatrice. Les places sont prises. La solution ? Voir l’étranger comme un eldorado.
Les experts lui prédisaient un fiasco. Aujourd’hui, à 58 ans, Jean-Claude Mas savoure son bilan : il possède douze domaines, 720 hectares, en a aussi 1 400 en contrat (il est le plus gros acheteur de raisins de la région), emploie 190 salariés, produit 140 cuvées qu’il vend dans 61 pays, réalise un chiffre d’affaires de 55 millions, en hausse de 7 % en 2017. Le chiffre-clé ? Il exporte 90 % de ses vins, un chiffre fou, qui dit le succès.
Il vend au Japon, où il se rend régulièrement depuis vingt ans, en Allemagne, en Italie, au Canada, en Chine, en Russie, en Inde, au Brésil, en Grande-Bretagne… Il peut parler avec des trémolos dans la voix de ses commerciaux à Hongkong, à Londres ou à New York, ou d’importateurs devenus des amis. Ses concurrents ne sont pas français, mais des poids lourds étrangers, comme Torres, en Espagne, ou Antinori, en Italie. Jean-Claude Mas passe cent jours par an en dehors de l’Hexagone.
Coller au consommateur
Pour s’imposer à l’étranger, dit-il, il faut un vin à 5 euros meilleur que les autres. C’est la base. Elle est fragile. « Il est impossible de faire un languedoc correct sous 3 euros, et même sous 5 euros, à cause du trop faible rendement dans notre région. On est à 7 tonnes de raisin par hectare alors que l’Australie ou le Chili tournent à 11 tonnes et certains vins italiens à 18-20 tonnes. En revanche, à 5 ou 6 euros, je prétends qu’on peut produire en Languedoc les meilleurs vins du monde. » Ce qui se confirme dans ses ventes : 5 millions de bouteilles entre 4 et 5 euros, 12 millions de 5 à 7 euros, 5 millions entre 7 et 19 euros.
Jean-Claude Mas vous lance alors une formule. « Il y a des gens qui font du vin avec de l’argent, moi je fais du vin pour faire de l’argent. » Il précise : « J’ai acheté six domaines à des gens qui ont fait du vin avec de l’argent sans y comprendre grand-chose. » Ce qui veut dire qu’il cerne d’abord un marché viable, puis construit un vin qui lui correspond. Il a ainsi produit un merlot qui titille le merlot américain, mais moins cher. Un goût boisé. Il nous montre comment il introduit des lattes de chêne dans les cuves pendant la fermentation. « Peu de vignerons vous le montreront ! » Il ajoute : « Je serais en Bourgogne, je ne penserais pas à faire ça. »
Derrière une dose de provocation, Jean-Claude Mas fait des vins proprement. Cent vingt hectares sont en bio, et le glyphosate est banni de quasiment toutes ses terres. C’est le cas de son vin mascotte, qui a pour nom « Arrogant Frog ». « Grenouille arrogante ». Quatre cuvées, de 4 à 20 euros, issues de vignes en grand cru limoux, pour beaucoup en bio. Des cuvées fort agréables, pas toujours excellentes, mais qui s’exportent si bien, et disent le succès de Jean-Claude Mas.
« On juge la réussite suspecte. Surtout quand elle est rapide. Alors que j’ai accompagné la reconnaissance du languedoc ! »
L’arrogance, c’est un terme que certains lui collent à la peau. Lui renverse le problème. Il a entendu l’arrogance dans la bouche de pas mal d’interlocuteurs quand il a débuté : « Apprenez d’abord le vin avant d’en faire… » Depuis, il a cette conviction : « On juge la réussite suspecte. Surtout quand elle est rapide. Alors que j’ai accompagné la reconnaissance du languedoc ! »
Même quand il évoque le goût, il joue le fort en gueule. Nous goûtons un de ses vins à 5 euros, un « Paul Mas » destiné à une compagnie aérienne. Pas mal. Il sourit. « La réputation d’un vin se fait sur l’étiquette, le marketing et le prix. Goûtez une mauvaise bouteille à 50 euros, vous lui trouverez toutes les excuses. Une bonne bouteille à 6 euros, vous ne lui en trouverez pas. Cela s’appelle le snobisme. »
Il n’empêche, Jean-Claude Mas s’est lancé récemment un deuxième défi : produire quelques vins de grande qualité de 30 à 50 euros. Là encore, il colle au consommateur, nouveau, français surtout, qui boit moins et mieux, sait ce qu’il veut, juge en se fiant moins à l’étiquette. Et qui boit plus cher. Résultat positif : ses ventes en France suivent une tendance de + 30 %.
Quand on voit et écoute ce prince du vin à Pézenas, on croit parfois entendre son confrère Gérard Bertrand, le roi de Narbonne (Aude). Même caractère de l’autocrate.
Le consommateur change, Mas aussi. « En étant obsédé par le rapport qualité-prix, j’oubliais la part de rêve que procure le vin. » Son slogan, affiché partout, notamment sur son site Internet, est « Le luxe rural depuis 1892 » (date d’achat des premières vignes par son arrière-grand-père). Sans doute aussi son ego, imposant, le pousse à prendre la piste des vins de garde. Il y a d’autres signes. Dans son fief de Montagnac, il a ouvert un restaurant qui vise une étoile au ­Michelin, un bar à vins, deux suites à 200 euros environ la nuit (il en veut dix), une boutique. Il est aussi mécène du festival de théâtre de Pézenas.
Un nom condense cette nouvelle vie. Astelia. C’est le nom de sa maison, qu’il a construite au milieu des vignes, pas loin de Montagnac, et qu’il a dessinée lui-même, comme un geste d’architecte. ­Astelia condense les prénoms de ses filles – Astrid, Elisa, Apolline, Estelle. « Citroën a fait DS et moi, Astelia. » Astelia est aussi une gamme de vins de prestige : 50 000 bouteilles pour le moment.
Est-il conseillé par un œnologue ? « Non. Si j’en prends un, il me dirait que je suis juste un commercial. » Du reste, à l’écouter, on sent bien qu’il sait ce qu’il veut pour chaque cuvée. Mais il donne un modèle : le Domaine Peyre Rose, au cœur de l’Hérault, une sacrée référence, avec de toutes petites quantités.
Quand on voit et écoute ce prince du vin à Pézenas, on croit parfois entendre son confrère Gérard Bertrand, le roi de Narbonne (Aude). Même caractère de l’autocrate. Stratégies proches, même souci du consommateur, des ventes phénoménales. Tous deux sont jalousés. La ressemblance physique est troublante. Sauf que Jean-Claude Mas est plus petit. Sont-ils concurrents ? Pas tant que ça.
Bertrand vend des vins plus prestigieux, plus chers et beaucoup en France, alors que Mas achète plus de raisin et vend essentiellement à l’étranger. Sur l’exportation, le terrain de jeu est assez vaste pour qu’ils ne se marchent pas sur les pieds. Tous deux sont convaincus que le meilleur est à venir. Mas achètera d’autres domaines, veut conquérir d’autres territoires, entend gagner le haut de gamme. Avec ses filles ? « Je ne cherche pas des héritiers. »

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « La concurrence ne conduit pas toujours à une harmonie optimale »

La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h27
    |

Gérard Fonouni (Professeur agrégé d’économie et gestion)







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Au cœur de l’analyse économique, se trouve désormais le concept de l’efficacité, servant de fondement à toutes les politiques économiques. De simple moyen, il est devenu aujourd’hui une fin.
L’efficacité, mesurée par l’adéquation des moyens aux objectifs, est aussi recherchée par toutes les entreprises produisant dans un environnement concurrentiel. Dans cet environnement, les firmes parvenant à optimiser leurs ressources c’est-à-dire à maximiser leurs profits sous contrainte de coûts tout en recherchant à satisfaire les besoins de leurs clients, peuvent se développer, conquérir de nouveaux marchés ou encore se différencier des concurrents et donc créer des emplois. Alors que celles qui n’y parviennent pas, à défaut d’efficacité, sont éliminées par la concurrence. Telle est la loi du marché, celle du plus fort, à partir de laquelle se sont tissées les relations économiques entre les acteurs économiques et entre les pays.
La libre concurrence entre les entreprises privées permet, en théorie, de concilier les intérêts divergents des producteurs et des consommateurs grâce aux prix fixés librement en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.
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Dans les coulisses de la Pharmacie des armées

Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h00
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

L’affaire de l’agent russe, Sergueï Skripal, empoisonné dimanche 4 mars dans la petite ville britannique de Salisbury, semble tout droit sortie d’un roman d’espionnage. La détection d’une substance neurotoxique, baptisée Novitchok, souligne cependant que l’utilisation d’armes chimiques représente une menace bien concrète. Bien plus puissant que d’autres poisons comme le gaz sarin, ou l’agent VX – qui aurait été utilisé pour assassiner le demi-frère du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un le 13 février 2017 à l’aéroport de Kuala Lumpur – le Novitchok a été mis au point par les Russes en pleine guerre froide. Une quantité infime de poudre suffit à intoxiquer la cible, avec l’apparition des premiers symptômes – ralentissement du rythme cardiaque, asphyxie – trente secondes à deux minutes seulement après l’exposition. Il n’existe aucun antidote connu à ce jour.

L’histoire ne préoccupe pas que les diplomates russes et britanniques. « Avec ces neurotoxiques, on peut tuer un groupe de soldats en quelques minutes », souligne le commandant François Caire-Maurisier qui dirige la Pharmacie centrale des armées (PCA). Situé en pleine campagne, à Chanteau (Loiret), près d’Orléans, cet établissement unique en Europe développe et fabrique des médicaments destinés à protéger militaires et civils contre les risques nucléaires, radiologiques, biologiques, et chimiques (NBRC). Chaque année, en moyenne 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables y sont fabriquées sur dix lignes de production pour le compte de l’armée et du ministère de la santé.
Des antidotes aux armes chimiques
Délivrée à tous les soldats, la  trousse du combattant  est à l’image des dangers qui les guettent : on y trouve un garrot tourniquet, que l’on peut poser d’une seule main, une poche de chlorure de sodium à utiliser en cas d’hémorragie, une seringue de morphine et un antidote que l’on peut s’autoinjecter en cas d’exposition à une substance neurotoxique. « Chaque...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-7">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset
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Réformes Macron : « Faire face à la crise écologique appelle une réflexion combinant les hommes et la nature »

Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h30
    |

Lauriane Mouysset (Chercheuse CNRS à l’université de Bordeaux) et Cécile Aubert (Chercheuse à l’Ecole d’économie de Toulouse et à l’université de B...







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. De la disparition du dodo de l’île Maurice à la fin du XVIIe siècle à la réduction alarmante des oiseaux communs, l’érosion de la biodiversité par l’humain n’a de cesse de s’accélérer. Nous savons pourtant que cette biodiversité est essentielle à notre épanouissement. Régulation du climat, formation des sols, contrôle des ravageurs de culture, émotions procurées par le chant des oiseaux, sont autant de bienfaits fournis par la nature que nous avons intérêt à préserver. Alors, pourquoi ne change-t-on pas de comportement ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à trouver de solution pour stopper ce déclin ?
La réponse à cette question est complexe. Une première difficulté émane du fait que la crise de la biodiversité ne peut plus se cantonner à une réflexion strictement écologique. Notre société est influencée par cet environnement tout autant qu’elle l’impacte. Faire face à la crise écologique appelle inévitablement une réflexion combinant les hommes et la nature.
C’est en intégrant des modèles de décisions économiques avec des modèles de prédiction de leurs conséquences écologiques sur les paysages et les écosystèmes...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-8">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
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Cannabis : « Avec la dépénalisation, le taux de criminalité violente baisse »

L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h57
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Les effets de la dépénalisation de certaines drogues illicites sont complexes et difficiles à prévoir. Mais la discussion publique autour de cette perspective, elle, est toujours aussi passionnée, notamment autour de l’impact que la dépénalisation peut avoir dans plusieurs domaines : la consommation, la qualité des substances vendues, la santé des consommateurs, leurs autres habitudes de consommation, le degré de criminalité auquel le commerce est associé…
Une étude récente permet d’évaluer les effets sur la criminalité de la dépénalisation de la consommation de marijuana pour des utilisations médicales (Medical Marijuana Laws), mise en place par plusieurs Etats américains ces dernières années (« Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », Evelina Gavrilova, Takuma Kamada et Floris Zoutman, Economic Journal, 16 novembre 2017).
Il est ici important de préciser que les Medical Marijuana Laws dépénalisent non seulement la consommation, sous certaines conditions, mais aussi la production. Elles créent ainsi une concurrence aux organisations clandestines criminelles, notamment d’origine mexicaine, qui contrôlaient jusqu’ici la grande majorité de la production destinée au marché américain. Cette nouvelle concurrence réduisant les rentes associées au commerce illégal diminue-t-elle les conflits que cette course au profit provoquait ?
Comparaison « avant » - « après »
Pour répondre à cette question, les auteurs ont utilisé une méthodologie appelée « difference-in-difference » pour comparer l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
Une simple comparaison entre « avant » et « après » dans un même Etat pourrait être trompeuse, car il peut y avoir d’autres facteurs qui...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-9">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « Le modèle de l’homo œconomicus » est devenu « une croyance autoréalisatrice »

La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h29
    |

Bernard Walliser (directeur d’études en économie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Pendant des décennies, la théorie économique néoclassique a analysé l’agent économique comme un homo œconomicus, qui optimise ses objectifs sous des contraintes imposées. S’appuyant sur des préférences et des croyances très générales, la version faible de cette théorie se révèle assez souple pour intégrer nombre de comportements usuels. Mais sa version forte appliquée aux agents économiques est bien plus restrictive : le consommateur se cantonnerait à maximiser l’utilité des biens qu’il achète, et le producteur le profit issu des biens qu’il transforme. En revanche, les motivations symboliques ou éthiques, si elles demeurent bien présentes, seraient cantonnées à des choix extérieurs au champ économique.
Certes, ce modèle se veut une abstraction de la réalité qui ne saurait être acceptée qu’en première approximation. Les économistes mettent en avant sa simplicité, qui permet d’en déduire nombre de conséquences quant au fonctionnement des marchés. Pourtant, ils ne se privent pas d’ironiser à son propos en se l’appliquant à eux-mêmes, en l’occurrence des savants à la seule recherche de prestige personnel… Par ailleurs,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-10">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Les achats de chocolat, de mise en ce week-end pascal, ont un peu fondu en volume en France en 2017. Le cours des fèves, en déclin depuis l’été 2016, s’enflamme, lui, depuis début mars.
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Matières premières : le cacao marche sur des œufs

Les achats de chocolat, de mise en ce week-end pascal, ont un peu fondu en volume en France en 2017. Le cours des fèves, en déclin depuis l’été 2016, s’enflamme, lui, depuis début mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
    |

            Laurence Girard








                        



                                


                            

Chronique. La chasse aux œufs est ouverte ! Derrière ce mot d’ordre pascal se cachent bien des surprises pour les gourmands, tant les chocolatiers français laissent libre cours à leur imagination pour renouveler le bestiaire croquant et fondant. De l’écureuil au poisson-lune en passant par la tortue sous-marine ou le mouton noir…
Les fabricants profitent de la fête de Pâques pour sonner les cloches aux consommateurs. Il est grand temps de stimuler leur appétit. D’autant que, en 2017, leurs achats ont un peu fondu. Selon Florence Pradier, secrétaire générale du Syndicat du chocolat, « les Français ont consommé 378 850 tonnes de chocolat, un volume en légère baisse de 0,8 %, dont 14 500 tonnes à Pâques, en repli de 1,5 %. » A l’inverse, dans les pays limitrophes, comme l’Allemagne ou la Grande-Bretagne, Pâques reste une poule aux œufs d’or.
Mais le client français a ses caprices. Et ses changements de comportement devant son assiette n’épargnent pas le dessert. « Le végan et le sans-gluten concernent aussi le marché du chocolat, et les fabricants doivent s’adapter », note Mme Pradier. Les amateurs de la bouchée fourrée à la crêpe dentelle de Charles Chocolatier, à Paris, en ont fait l’amère expérience. Leur friandise préférée a disparu des assortiments…
Les industriels de la confiserie se pourlèchent tout de même les babines car, en valeur, les ventes ont, elles, progressé de 1,5 % à 3,28 milliards d’euros en 2017. Quant aux marges, elles ont repris un peu de gras avec la chute du prix du cacao. Après une envolée en 2015, le cours de la poudre brune s’est cabossé depuis l’été 2016. Il a perdu près de la moitié de sa valeur depuis son pic.
Les planteurs ont broyé du noir. En particulier en Côte d’Ivoire, où leur rémunération a été coupée net il y a un an, passant de 1 100 à 700 francs CFA (1,60 à 1 euro) le kilo de fèves. Leurs homologues du Ghana ont, eux, maintenu leur rémunération. Mais...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-11">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le PCA fabrique, près d’Orléans, des boîtes de comprimés et des unités injectables, pour le compte de la défense et du ministère de la santé.
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<article-nb="2018/03/31/17-12">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que le cercle vertueux épargne-investissement-innovation-création de valeur vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.
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Réformes Macron : « L’accroissement des inégalités rend difficile de parler de ruissellement de la richesse »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que le cercle vertueux épargne-investissement-innovation-création de valeur vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h31
    |

Jean-Luc Gaffard (professeur à l’Université Côte d’Azur et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville (1670-1733), est le plaidoyer le plus connu en faveur du ruissellement : elle entend nous convaincre que la consommation des riches, fût-elle ostentatoire, assure aux pauvres emplois et revenus. John M. Keynes, dans sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie, s’en empare pour dénoncer les méfaits d’une épargne qui ne serait pas investie.
L’autre plaidoyer en faveur du ruissellement encense justement l’épargne, une épargne d’autant plus élevée que la répartition est inégalitaire, en invoquant le fait qu’en étant investie elle permet de développer l’entrepreneuriat. Les inégalités apparaissent ainsi comme le moteur de l’innovation et d’une croissance finalement bénéfique à tous. Dans cette perspective, les nouveaux biens voient le jour parce qu’ils sont demandés par les individus les plus riches, lesquels sont disposés à payer des prix très élevés autorisant les entreprises à avoir des taux de marge élevés leur permettant de financer des dépenses de recherche et développement (R&D) très coûteuses. Ces mêmes biens se...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-13">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans le cadre d’une importante réorganisation de ses équipes, Microsoft a décidé de supprimer la division qui développait jusque-là son système d’exploitation
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En 2018, Microsoft ne rime plus avec Windows

Dans le cadre d’une importante réorganisation de ses équipes, Microsoft a décidé de supprimer la division qui développait jusque-là son système d’exploitation



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h30
    |

            Vincent Fagot








                        



                                


                            

Dans un mail adressé à ses équipes, jeudi 29 mars, le PDG de Microsoft, Satya Nadella, a informé ses équipes d’une vaste réorganisation de l’entreprise. Les ingénieurs de la société seront bientôt repartis dans deux branches distinctes : l’une consacrée au cloud (informatique dématérialisée) et à l’intelligence artificielle ; l’autre chargée de travailler sur les terminaux et l’expérience utilisateur. Conséquence de cette réorganisation, la division jusque-là consacrée au développement de Windows, licence historique de la marque, est supprimée, et son chef, Terry Myerson, va quitter l’entreprise.
Si cela ne signifie pas la mort du système d’exploitation – le logiciel central de l’ordinateur –, la décision témoigne en tout cas du poids déclinant de ce produit dans le modèle économique de Microsoft. Développé au milieu des années 1980, Windows s’est rapidement imposé comme le système d’exploitation équipant la très grande majorité des ordinateurs, l’éditeur en profitant pour inonder le marché de ses logiciels (la suite Office, Internet Explorer, etc.).

Trente ans plus tard, Microsoft règne toujours sans partage sur le marché des systèmes d’exploitation pour PC (87 % de part de marché contre un peu moins de 10 % pour Apple et 2 % pour Linux), mais le paysage informatique a changé. Les smartphones sont venus supplanter les ordinateurs dans le cœur des consommateurs, virage que Microsoft n’a pas su anticiper. Et alors que les ventes de PC sont en baisse constante depuis six ans, l’informatique dématérialisée (le cloud, qui permet de stocker à distance d’importantes quantités de données mais aussi d’accéder à toute une gamme d’applications) affiche des taux de croissance frôlant les 50 %. Quand IBM pouvait apparaître comme le grand rival de Microsoft dans les années 1980, ses rivaux se nomment aujourd’hui Apple, Google et Amazon.
Un leader du cloud
Si l’activité « More Personal Computing » – qui regroupe les ventes de Windows, mais aussi...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-14">
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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.
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Sense City : une mini-ville pour tester la « smart city » durable et résiliente

A Champs-sur-Marne, une ville miniature, équipée de multiples capteurs, est placée dans une chambre capable de simuler tous types de climat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h19
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h25
    |

            Laetitia Van Eeckhout








                        



                                


                            

Imaginez une ville miniature truffée de capteurs et placée sous une cloche étanche capable de simuler n’importe quel événement climatique, mais aussi une pollution à grande échelle ou la propagation de microbes. Après six ans de conception et de construction sous l’égide de l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifsttar), un tel équipement, digne d’un film de science-fiction, sera officiellement inauguré, le 3 avril, au cœur de la Cité Descartes, cluster de la ville durable, à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne).
Baptisée Sense City, cette plate-forme de R&D se veut un terrain d’expérimentations de la ville durable. Unique en Europe, elle permet d’étudier la performance énergétique et la qualité sanitaire des bâtiments, des nouveaux matériaux urbains, d’observer l’impact de la végétation sur son environnement, d’analyser la qualité et la durabilité des réseaux urbains, la qualité de l’air, des sols, des eaux… Jamais un programme de recherche n’avait englobé autant de dimensions urbaines.
Financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019
Née dans le cadre de la première vague d’appels à projets des investissements d’avenir lancés en 2010, Sense City s’est vu attribuer en 2011 un financement de 9 millions d’euros jusqu’à 2019. Outre l’Ifsttar, ce programme implique l’école d’ingénieurs ESIEE Paris, le laboratoire CNRS-Polytechnique sur les nanomatériaux (LPICM), le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB), l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée (UPEM) et I’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria).
Sense City se compose d’une halle climatique mobile – un vaste hangar haut de huit mètres reposant sur des rails – qui peut couvrir deux « mini-villes », dont l’une est déjà opérationnelle. Cette portion de quartier de 400 m2 est bardée de multiples capteurs, noyés dans les matériaux. Elle est équipée d’un sous-sol avec un système de géothermie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.
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A Hongkong, le gouvernement va redistribuer en cash une partie de l'excédent budgétaire

Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h15
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Que faire quand on a 138 milliards de dollars hong­kongais (14,3 milliards d’euros) d’excédent budgétaire annuel, ce qui porte les réserves cumulées à 175 milliards d’euros et aucune raison valable de thésauriser davantage ?
C’est, pour le ministre des finances hongkongais, un casse-tête récurrent. Chaque année, depuis bientôt quinze ans, il doit s’excuser au moment de la présentation du budget. Non seulement celui-ci est outrageusement excédentaire, mais surtout, l’excédent dépasse de très loin les prévisions…
Pour l’exercice 2017-2018, qui s’est achevé en mars, le nouveau ministre des finances, Paul Chan, a dû admettre un excédent huit fois et demie supérieur à celui prévu par son prédécesseur, John Tsang, avec, en outre, la « menace » que celui-ci atteigne même 180 milliards (18,6 milliards d’euros). L’immobilier et la Bourse sont les principales sources de recettes fiscales du gouvernement, et ces deux secteurs affichent une santé insolente.

2,8 millions d’ayants droit
Que faire de cette cagnotte ? Après s’être dit formellement opposé aux « redistributions » d’argent liquide à tous les habitants de Hongkong, comme il y en a eu par le passé, le gouvernement a finalement proposé un compromis. Cette année, un citoyen sur trois bénéficiera d’une obole de 4 000 dollars (environ 410 euros) en cash.
Les formalités de cette redistribution sont encore à l’étude, mais on sait d’ores et déjà qu’il y aura 2,8 millions d’ayants droit : les Hongkongais âgés de plus de 18 ans qui ne possèdent aucun bien immobilier, ne reçoivent aucune autre subvention du gouvernement et ne sont pas imposables.
S’acquérir le soutien de l’opposition était par ailleurs essentiel pour faire adopter le budget au Parlement. Si ces milliards ainsi distribués en petites coupures auront l’effet d’étrennes très généreuses pour leurs récipiendaires, « ce n’est pas un largage par hélicoptère de quelques milliards de dollars sur les plus déshérités qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Cet ouvrage d’art pharaonique, long de 55 kilomètres, scelle le rapprochement géographique entre Hongkong, Macao et la province du Guangdong.
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Un pont géant pour la « Californie chinoise »

Cet ouvrage d’art pharaonique, long de 55 kilomètres, scelle le rapprochement géographique entre Hongkong, Macao et la province du Guangdong.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h55
    |

            Florence de Changy (Zhuhai (province du Guangdong), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Au beau milieu du pont qui surplombe le vaste delta gris-vert de la rivière des Perles, l’ingénieur chinois Gao Xinglin lève les bras en signe de victoire, à la demande des photographes, mercredi 28 mars. Les six voies sont encore fermées à la circulation publique, mais tout est prêt pour l’ouverture de cet ouvrage d’art pharaonique qui relie Hongkong, Zhuhai et Macao : marquage au sol, signalisation, éclairages…
Vêtu de son uniforme de travail – blouson et pantalon gris –, l’homme, chef d’équipe du projet depuis sa conception il y a dix ans, paraît minuscule au regard des immenses piliers qui marquent le centre du pont. En contrebas, le fleuve charrie vers la mer de Chine les eaux boueuses de la province du Guangdong, la plus peuplée, la plus dynamique et la plus productive de toute la Chine, qui, depuis quelques années, se métamorphose grâce aux nouvelles technologies. Gao Xinglin ne cache pas sa fierté quant à l’aboutissement de ce projet, même s’il ne compte plus les nuits sans sommeil. « Nous avons dû faire face à d’innombrables défis, mais on les a tous surmontés », déclare-t-il en secouant la tête.

Une quinzaine de pays ont, par leur expertise, contribué au projet, mais celui-ci est « essentiellement chinois », souligne M. Gao. « Au début, les experts étrangers nous ont dit que ce serait impossible à cause des contraintes techniques. Mais, à présent que c’est chose faite, la Chine se hisse au rang des meilleurs créateurs de ponts du monde », se félicite Zhang Meisheng, président du bureau des affaires étrangères de Zhuhai.
Le coût des travaux (de l’ordre de 120 milliards de yuans, soit environ 15,5 milliards d’euros en fonction des estimations) a été réparti entre les trois entités administratives qui ont cogéré le projet : la province du Guangdong et les deux régions administratives spéciales (RAS) de Chine que sont Hongkong et Macao. Deux îles artificielles ont dû être construites de toutes pièces...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ Si les prix de l’immobilier à Dijon ont diminué en dix ans de 5,9 %, la ville croit beaucoup à la construction de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, qui doit être achevée à l’horizon 2019.
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A Dijon, un nouveau quartier en plein centre-ville

Si les prix de l’immobilier à Dijon ont diminué en dix ans de 5,9 %, la ville croit beaucoup à la construction de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, qui doit être achevée à l’horizon 2019.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 07h00
    |

            Jérôme Porier








                        



                                


                            

Dijon est l’une des rares agglomérations en France où les prix de l’immobilier ont diminué en 2017 (-1 %). Sur dix ans, la baisse atteint même 5,9 %. Alors que le mètre carré a augmenté en moyenne de 153 % depuis 2002 dans les villes, la préfecture de Côte-d’Or n’affiche qu’une progression de 88 %, ce qui la situe au même niveau qu’Orléans. « Un calme qui s’explique d’abord par le manque de dynamisme économique de la région », estime Jean-François Buet, qui possède deux agences Fnaim dans la ville. Un avis que ne partage pas Pierre Pribetich, adjoint au maire chargé de l’urbanisme : « Les prix restent sages, car la ville a beaucoup construit, ce qui a permis de rééquilibrer l’offre et la demande », dit-il.
Depuis l’élection de François Rebsamen (PS) à la mairie, en 2001, la proportion de logements sociaux est ainsi passée de 13 % à 20 %, mais d’autres facteurs expliquent l’orientation du marché.
Les architectes Anthony Béchu et Alain-Charles Perrot
D’abord, la proportion de propriétaires occupants (61 %) est particulièrement élevée à Dijon. Et le taux de logements vides (7,9 %) n’est pas négligeable, ce qui pèse sur le niveau des loyers, situé aux alentours de 11 euros par m2 (12,50 euros pour les studios et T2, qui représentent 38 % du parc).
Mais la principale explication de cette atonie est d’ordre démographique : en quinze ans, la population de la ville n’a augmenté que de 2,5 %. Depuis cinq ans, on observe cependant un léger mieux : Dijon a gagné 4 000 nouveaux habitants en centre-ville, ce qui porte sa population à environ 160 000 personnes (pour plus de 250 000 sur l’agglomération).

La présence de nombreux étudiants, qui représentent 19 % de la population, stimule le marché locatif. Grâce à des prix d’achat qui restent modérés – environ 2 000 euros par mètre carré pour une petite surface –, un investisseur peut obtenir une rentabilité locative satisfaisante (environ 7 % dans l’ancien)....




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ Grâce à cette somme, le chef d’entreprise voit sa rémunération de l’année 2017 passer à 6,7 millions d’euros. Du côté de la filiale rachetée, un plan de départs volontaires a été lancé.
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Le patron de PSA, Carlos Tavares, va toucher une prime d’un million à la suite du rachat d’Opel-Vauxhall

Grâce à cette somme, le chef d’entreprise voit sa rémunération de l’année 2017 passer à 6,7 millions d’euros. Du côté de la filiale rachetée, un plan de départs volontaires a été lancé.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 21h34
   





                        



   


Carlos Tavares, président du directoire du groupe PSA, va toucher une rémunération exceptionnelle de 1 million d’euros pour « l’élaboration et la mise en place du plan de redressement d’Opel Vauxhall », selon un document de référence du groupe automobile consulté vendredi 30 mars par l’AFP.
Cette prime permet à M. Tavares de porter sa rémunération totale à 6,7 millions d’euros au titre de l’année 2017, contre 4,7 millions en 2016 et 5,2 millions en 2015. Ces informations réglementaires, consultables sur le site Internet du groupe, sont publiées au moment où la filiale Opel-Vauxhall, acquise à l’été 2017, vient d’annoncer un plan de départs volontaires de ses salariés allemands.
La marque à l’éclair perd de l’argent de façon chronique depuis une vingtaine d’années. L’an dernier, elle a subi une perte opérationnelle courante de 179 millions d’euros, à compter de son intégration dans les comptes de PSA au 1er août.

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Une prime « liée à la nécessité de redresser la situation d’Opel le plus rapidement possible »
Cette prime « est liée aux enjeux que représente l’acquisition d’Opel-Vauxhall, en termes de changement de dimension du groupe, et [à] la nécessité de redresser la situation d’Opel le plus rapidement possible », a déclaré un porte-parole du groupe. Les primes liées à une acquisition sont courantes dans le monde des affaires.
La rémunération annuelle de 6,7 millions d’euros de M. Tavares au titre de 2017 se décompose en une partie fixe de 1,3 million, une part variable de 2,4 millions, l’attribution d’actions « de performance » (130 000 actions valorisées à environ 2 millions d’euros), et la prime liée à Opel pour 1 million.
Chez PSA, « le conseil de surveillance a tenu récemment à saluer la performance exceptionnelle et durable du groupe sous le leadership de Carlos Tavares qui place l’entreprise aujourd’hui dans le top 5 de l’industrie automobile mondiale en termes de rentabilité », met en avant un porte-parole.
Le groupe français, qui contrôle aussi les marques Peugeot, Citroën et DS, est le deuxième constructeur automobile européen derrière Volkswagen. Il a dégagé un bénéfice net historique de 1,9 milliard d’euros en 2017, en hausse de 11,5 % sur un an, malgré le rachat d’Opel qui a pesé sur sa rentabilité.

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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-19"> ¤ Avec la pluie, le gel et le dégel, la voirie est fortement dégradée. Et les usagers s’en aperçoivent.
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A la sortie de l’hiver, les nids-de-poule sont nombreux

Avec la pluie, le gel et le dégel, la voirie est fortement dégradée. Et les usagers s’en aperçoivent.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 21h11
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 22h20
    |

                            Olivier Razemon








                        


Mais où les poules en chocolat qui trôneront, le dimanche de Pâques, sur les tables familiales, pondent-elles leurs œufs ? Sur la chaussée, est-on tenté de répondre, en observant l’état de la voirie en ce début de printemps. Alors que nombre de ses administrés se plaignent des nids-de-poule, la maire de Paris, Anne Hidalgo (PS), a demandé, vendredi 30 mars, à la direction de la voirie et des déplacements de « traiter au plus vite ces désordres ».
Mais, au risque de décevoir nos lecteurs qui vivent et se déplacent uniquement à l’intérieur du périphérique, les trous dans la chaussée ne concernent pas seulement la capitale. C’est même un phénomène très général, à la sortie de l’hiver. Il suffit de lire la presse régionale pour s’en convaincre. Même si partout, immanquablement, il se trouve quelqu’un pour affirmer que la dégradation de la voirie est une spécificité locale.
A Rouen, à Toulouse, à Romilly-sur-Seine (Aube) ou à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), les automobilistes, conducteurs de deux-roues ou de vélos se plaignent de l’état des routes et réclament de leur maire une intervention urgente. A Montréal et dans le reste du Canada, les nids-de-poule constituent même un sujet de débat récurrent qui anime la vie politique.
Les nids-de-poule ne sont pas une fatalité
A Romorantin-Lanthenay (Loir-et-Cher), l’état de la voirie a échauffé les esprits lors du conseil municipal du 12 mars, le maire, Jeanny Lorgeoux (PS), estimant que l’absence de réfection de la chaussée était imputable aux services du département, longtemps dirigé par son adversaire politique Maurice Leroy (UDI).
Au-delà de ses dérives clochemerlesques, le sujet demeure préoccupant. Les trous dans la chaussée réclament une attention soutenue des conducteurs et peuvent causer des accidents, en particulier dans certaines circonstances. Sous la pluie, les trous se remplissent d’eau et il est impossible d’évaluer leur profondeur. La nuit, sur un deux-roues, motorisé ou non, et même avec un éclairage réglementaire, on ne repère pas toujours les imperfections de la chaussée.
Les nids-de-poule ne sont pas une fatalité, mais ils s’expliquent largement par la situation météorologique que l’on connaît au sortir de l’hiver. Lorsqu’il pleut, l’eau s’infiltre dans les fissures de la chaussée, y compris les plus petites, et stagne au-dessous, la fragilisant. Le gel fait gonfler la faille et cause des ramifications à la surface du bitume, qui s’effrite au dégel. Le passage répété de véhicules, surtout de bus et de poids lourds, finit par creuser de véritables trous. Et le phénomène se répète à chaque nouveau cycle de gel et dégel.
Pluie, neige et crue
L’hiver 2018, avec sa succession d’épisodes pluvieux, neigeux et glacés, a été fatal pour le revêtement de nombreuses rues et routes. Dans certaines villes d’Ile-de-France, la crue de la Seine, qui a duré plusieurs semaines entre le début du mois de janvier et la mi-février, a aggravé la situation. A Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), on observe des trous de 20 centimètres de profondeur, selon Le Parisien. Et à ces phénomènes saisonniers s’ajoutent les creux et bosses formés dans le revêtement par le passage des bus, qui font parfois ressembler la voirie à une piste de ski acrobatique.
Les travaux de réparation ne peuvent être entrepris que lorsque la température s’est radoucie et qu’on est assuré qu’il ne gèlera plus. Ce qui explique pourquoi les services de la voirie attendent généralement la fin de l’hiver pour intervenir, au risque d’exaspérer les usagers.
Mais au-delà de ces réparations ponctuelles, l’essentiel des travaux consiste en un entretien préventif, explique l’Union routière de France (URF), qui rassemble les acteurs économiques du secteur, des concessionnaires autoroutiers aux organismes de l’industrie automobile en passant par les associations d’usagers. L’entretien courant, qui comprend le comblement des nids-de-poule, ne constitue qu’une petite partie de la maintenance du réseau routier.
Une maintenance coûteuse
Plus la route se dégrade, plus il coûte cher de la remettre à neuf. En dix ans, une chaussée moyennement utilisée passe de l’état « excellent » à un état « moyen ». Mais dans les trois années suivantes, si aucune réparation n’a été effectuée, la route passe à l’état « délabré ». « Les montants financiers à mobiliser en cas d’entretien déficitaire peuvent ainsi dépasser dix fois ceux de l’entretien régulier », explique l’URF.
L’Etat, parfois accusé du mauvais entretien des routes, n’est responsable que d’une toute petite partie du réseau, seulement 2 %, les autoroutes et les routes non concédées, qui concentrent il est vrai plus de 20 % de la circulation. Les départements et les communes sont chargés de, respectivement, 36 % et 62 % des routes. Et ces voies sont parfois étroitement imbriquées : dans une ville, une avenue passante peut être sous la responsabilité du département, alors que les rues adjacentes dépendent de la commune.
Les collectivités locales, dont les dotations ont beaucoup baissé depuis 2013, dépensent de grosses sommes pour entretenir la voirie, 70 millions d’euros en 2016 pour la seule Ville de Paris, un budget en baisse de 10 millions par rapport à 2015. Mais ces travaux ne sont pas très valorisants pour les élus. Contrairement à un équipement dont l’inauguration est annoncée par les médias, tramway ou piste cyclable, personne ne remarque le colmatage des nids-de-poule, sauf précisément lorsqu’il n’est pas effectué…



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-20"> ¤ Nos villes ont-elles été conçues avant tout pour les hommes ? Cette question, au centre d’une conférence organisée par « Le Monde » le 5 avril, se pose avec d’autant plus d’acuité que le sentiment d’insécurité interroge l’aménagement urbain.
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Une ville faite aussi pour les femmes, à quel prix ?

Nos villes ont-elles été conçues avant tout pour les hommes ? Cette question, au centre d’une conférence organisée par « Le Monde » le 5 avril, se pose avec d’autant plus d’acuité que le sentiment d’insécurité interroge l’aménagement urbain.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 18h06
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 18h46
   





                        



                                


                            

Comment rendre l’espace public plus égalitaire et plus hospitalier vis-à-vis des femmes ? Cette question mobilise de plus en plus ceux qui façonnent la ville, et pour cause. L’aménagement urbain est loin d’être neutre.
Les femmes sont appelées à développer des stratégies d’évitement dans la ville, observe Chris Blache, consultante en socio-ethnographie, spécialiste des questions de genre et de territoires dans une interview au Monde : « Les femmes s’autocensurent, sont sous contrôle permanent, ont des stratégies vestimentaires, des stratégies pour leurs déplacements, des stratégies dans leurs attitudes. »
« Un contrôle social »
Les femmes n’ont pas la même utilisation de l’espace public que les hommes. « Il est exceptionnel qu’elles soient dans une position de flânerie, et cela, quel que soit le quartier », constate la cofondatrice de l’association Genre et Ville.
« Rester dans l’espace public, c’est pour une femme être soumise à un contrôle social, à un certain nombre d’injonctions », abonde l’urbaniste Pascale Lapalud, qui constate elle-même que « la ville n’est pas adaptée aux rythmes de vie des femmes ». 

« L’aménagement des villes construit l’inégalité », tranche Yves Raibaud, enseignant-chercheur spécialiste de la géographie du genre, dans une interview au Monde. Pour l’auteur de La ville faite par et pour les hommes (Belin, 2015) « les institutions sont loin d’être neutres [dans cet état de fait], elles favorisent la place des hommes en ville ».
Pourquoi, par exemple, parmi les rues de l’Hexagone qui portent le nom d’une personnalité, seules 6 % ont hérité du nom d’une femme ? 
Yves Raibaud craint que les disparités de genre ne soient encore aggravées par l’émergence de la ville « dite durable et intelligente ». « La vraie ville durable doit prendre en compte les générations, affirme-t-il. Elle...




                        

                        

