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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-1"> ¤ Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.
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Les métamorphoses du cheminot

Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Jean Gabin, le visage couvert de suie, concentré sur sa manœuvre, penché à extérieur de la ­ « Lison » – comme il appelle amoureusement sa locomotive à vapeur, une Pacifix 231 de l’époque : cette image du film La Bête humaine (1938), de Jean ­Renoir, a longtemps inspiré, et influence encore, toute une iconographie sur les cheminots. Elle montre l’alliance d’un employé du chemin de fer au savoir-faire précieux et d’une machine puissante, capricieuse, sorte de « monstre mécanique » décrit par Zola dans son roman éponyme publié en 1890.
« On retrouve cette imagerie du conducteur responsable, à l’air grave, sur les affiches de La Bataille du rail, le film de René Clément [1946], comme sur la plupart des ouvrages qui retracent l’histoire de la résistance des cheminots pendant l’occupation allemande » – la fameuse « Résistance-fer » –, rappelle le photographe Jean-Jacques d’Angelo, responsable de la valorisation de l’image à la Cité du train, à Mulhouse. Cette iconographie héroïque du cheminot dévoué et courageux remonte à la guerre de 1914-1918 : dans L’Usine nouvelle du 10 mars, le sociologue Georges ­Ribeill, membre fondateur de l’association Rails et Histoire, rappelle que le fameux « statut des cheminots », remis en cause aujourd’hui, « a été fabriqué en 1920 pour remercier les cheminots de leur engagement pendant la Grande Guerre ».
Savoir-faire technique
Dans les années 1950-1960, l’électrification fait évoluer les technologies et les métiers du rail, tout comme l’imagerie des cheminots – qu’ils soient conducteurs, ingénieurs ou ouvriers de maintenance. « En mars 1955, ils deviennent les maîtres de la vitesse en établissant le record du monde sur rail à 331 km/h avec deux locomotives, ­l’Alsthom CC 7107 et la BB 9004 Jeumot-Schneider », précise Jean-Jacques ­d’Angelo. La SNCF y consacre un documentaire (visible sur YouTube) dans lequel les conducteurs sont montrés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-2"> ¤ La revue de Sartre et Beauvoir consacre un dossier au Venezuela.
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L’échec du chavisme selon « Les Temps modernes »

La revue de Sartre et Beauvoir consacre un dossier au Venezuela.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
L’intelligentsia française a longtemps flirté avec Hugo Chavez et sa « révolution bolivarienne ». Aussi, le dossier que consacre au Venezuela la revue de Sartre et Beauvoir est un petit événement. Pour ne pas désespérer Billancourt, l’ensemble se situe « dans une perspective de gauche », précise l’avant-propos de ce numéro des Temps modernes. Il aura fallu vingt ans de chavisme (1998-2018) pour que cet avatar de populisme enrobé de rhétorique révolutionnaire devienne infréquentable.
Dérive plébiscitaire et autoritaire
La faillite n’est pourtant imputable ni à la bêtise de Nicolas Maduro, qui a succédé en 2013 au « Commandant éternel », ni à la chute du cours du pétrole. La catastrophe économique et sociale était inscrite dans la gabegie de ces deux décennies à l’égard d’une rente pétrolière qui s’élève à 1 000 milliards d’euros. Plus dépendant que jamais de l’exportation d’hydrocarbures et de l’importation de presque tout, le Venezuela sombre dans la misère. Mais l’échec du chavisme, cerné par l’historienne Margarita Lopez Maya, est avant tout politique.
La dérive plébiscitaire et autoritaire de Chavez, en effet, a débouché sur une « dictature à vocation totalitaire ». Conflits écologiques inhérents à l’extractivisme, montée de la famine, culte de Bolivar ou mensonge décomplexé comme méthode discursive sont autant d’aspects évoqués par les auteurs, presque tous vénézuéliens, dont certains sont des « chavistes déçus » qui n’ont pas renoncé à la lucidité.
Dommage que trois facteurs essentiels à la compréhension de la situation ne soient pas abordés. Le premier est l’influence néfaste, si ce n’est l’emprise, du régime cubain sur son précieux allié, fournisseur de pétrole et de devises en échange de services payés au tarif fort. Le castrisme reste un point aveugle pour l’opinion européenne. Le deuxième sujet est la nature politique de l’opposition, ce qui implique d’expliquer comment Chavez a divisé et phagocyté...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-3"> ¤ La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « La concurrence ne conduit pas toujours à une harmonie optimale »

La théorie économique dominante lie efficacité et compétition. Pourtant la coordination peut aussi se révéler efficace, observe l’économiste Gérard Fonouni dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h10
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h27
    |

Gérard Fonouni (Professeur agrégé d’économie et gestion)







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Au cœur de l’analyse économique, se trouve désormais le concept de l’efficacité, servant de fondement à toutes les politiques économiques. De simple moyen, il est devenu aujourd’hui une fin.
L’efficacité, mesurée par l’adéquation des moyens aux objectifs, est aussi recherchée par toutes les entreprises produisant dans un environnement concurrentiel. Dans cet environnement, les firmes parvenant à optimiser leurs ressources c’est-à-dire à maximiser leurs profits sous contrainte de coûts tout en recherchant à satisfaire les besoins de leurs clients, peuvent se développer, conquérir de nouveaux marchés ou encore se différencier des concurrents et donc créer des emplois. Alors que celles qui n’y parviennent pas, à défaut d’efficacité, sont éliminées par la concurrence. Telle est la loi du marché, celle du plus fort, à partir de laquelle se sont tissées les relations économiques entre les acteurs économiques et entre les pays.
La libre concurrence entre les entreprises privées permet, en théorie, de concilier les intérêts divergents des producteurs et des consommateurs grâce aux prix fixés librement en...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤ Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Réformes Macron : « Faire face à la crise écologique appelle une réflexion combinant les hommes et la nature »

Les crises écologiques, qui font à la fois des gagnants et des perdants, démentent la possibilité d’un équilibre des préférences, et appellent de nouveaux modes de résolution, affirment dans une tribune au « Monde » les économistes Cécile Aubert et Lauriane Mouysset



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h30
    |

Lauriane Mouysset (Chercheuse CNRS à l’université de Bordeaux) et Cécile Aubert (Chercheuse à l’Ecole d’économie de Toulouse et à l’université de B...







                        



                                


                            

[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. De la disparition du dodo de l’île Maurice à la fin du XVIIe siècle à la réduction alarmante des oiseaux communs, l’érosion de la biodiversité par l’humain n’a de cesse de s’accélérer. Nous savons pourtant que cette biodiversité est essentielle à notre épanouissement. Régulation du climat, formation des sols, contrôle des ravageurs de culture, émotions procurées par le chant des oiseaux, sont autant de bienfaits fournis par la nature que nous avons intérêt à préserver. Alors, pourquoi ne change-t-on pas de comportement ? Pourquoi n’arrive-t-on pas à trouver de solution pour stopper ce déclin ?
La réponse à cette question est complexe. Une première difficulté émane du fait que la crise de la biodiversité ne peut plus se cantonner à une réflexion strictement écologique. Notre société est influencée par cet environnement tout autant qu’elle l’impacte. Faire face à la crise écologique appelle inévitablement une réflexion combinant les hommes et la nature.
C’est en intégrant des modèles de décisions économiques avec des modèles de prédiction de leurs conséquences écologiques sur les paysages et les écosystèmes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-5"> ¤ L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
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Cannabis : « Avec la dépénalisation, le taux de criminalité violente baisse »

L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h57
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Les effets de la dépénalisation de certaines drogues illicites sont complexes et difficiles à prévoir. Mais la discussion publique autour de cette perspective, elle, est toujours aussi passionnée, notamment autour de l’impact que la dépénalisation peut avoir dans plusieurs domaines : la consommation, la qualité des substances vendues, la santé des consommateurs, leurs autres habitudes de consommation, le degré de criminalité auquel le commerce est associé…
Une étude récente permet d’évaluer les effets sur la criminalité de la dépénalisation de la consommation de marijuana pour des utilisations médicales (Medical Marijuana Laws), mise en place par plusieurs Etats américains ces dernières années (« Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », Evelina Gavrilova, Takuma Kamada et Floris Zoutman, Economic Journal, 16 novembre 2017).
Il est ici important de préciser que les Medical Marijuana Laws dépénalisent non seulement la consommation, sous certaines conditions, mais aussi la production. Elles créent ainsi une concurrence aux organisations clandestines criminelles, notamment d’origine mexicaine, qui contrôlaient jusqu’ici la grande majorité de la production destinée au marché américain. Cette nouvelle concurrence réduisant les rentes associées au commerce illégal diminue-t-elle les conflits que cette course au profit provoquait ?
Comparaison « avant » - « après »
Pour répondre à cette question, les auteurs ont utilisé une méthodologie appelée « difference-in-difference » pour comparer l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
Une simple comparaison entre « avant » et « après » dans un même Etat pourrait être trompeuse, car il peut y avoir d’autres facteurs qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-6"> ¤ La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».
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Réformes Macron : « Le modèle de l’homo œconomicus » est devenu « une croyance autoréalisatrice »

La vision théorique d’individus utilitaristes et rationnels a fini par imprégner nos propres comportements réels, observe l’économiste Bernard Walliser dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h29
    |

Bernard Walliser (directeur d’études en économie à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, EHESS)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. Pendant des décennies, la théorie économique néoclassique a analysé l’agent économique comme un homo œconomicus, qui optimise ses objectifs sous des contraintes imposées. S’appuyant sur des préférences et des croyances très générales, la version faible de cette théorie se révèle assez souple pour intégrer nombre de comportements usuels. Mais sa version forte appliquée aux agents économiques est bien plus restrictive : le consommateur se cantonnerait à maximiser l’utilité des biens qu’il achète, et le producteur le profit issu des biens qu’il transforme. En revanche, les motivations symboliques ou éthiques, si elles demeurent bien présentes, seraient cantonnées à des choix extérieurs au champ économique.
Certes, ce modèle se veut une abstraction de la réalité qui ne saurait être acceptée qu’en première approximation. Les économistes mettent en avant sa simplicité, qui permet d’en déduire nombre de conséquences quant au fonctionnement des marchés. Pourtant, ils ne se privent pas d’ironiser à son propos en se l’appliquant à eux-mêmes, en l’occurrence des savants à la seule recherche de prestige personnel… Par ailleurs,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤ A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
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« L’allocution du 24 mars d’Emmanuel Macron a inscrit la biodiversité dans la parole présidentielle »

A l’occasion de l’Earth Hour, le chef de l’Etat a posté sur Twitter une vidéo dans laquelle il alerte sur l’effondrement de la biodiversité. Passée assez inaperçue, cette intervention aura pourtant un impact que nous ne soupçonnons pas, estime dans sa chronique Stéphane Foucart, journaliste au « Monde ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h46
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h06
    |

            Stéphane Foucart








                        



                                


                            
Chronique. « Imaginez. Vous vous réveillez et quelque chose a changé. Vous n’entendez plus le chant des oiseaux. Vous regardez par la fenêtre : les paysages que vous avez jadis chéris sont désormais desséchés et toute vie en a disparu. L’air et l’eau, tout ce que vous respirez et qui permet la vie, est altéré. Ce n’est pas un cauchemar et encore moins une illusion. Vous le savez. Vous le savez parce que nous en constatons les premiers effets. Le temps du déni est révolu. Nous ne sommes pas seulement en train de perdre la bataille contre le changement climatique, nous sommes en train de perdre notre bataille contre l’effondrement de la biodiversité. »

Ces mots d’alarme ne sont pas ceux d’un militant écologiste : ce sont ceux du président de la République française, prononcés (en anglais) dans une brève vidéo postée le 24 mars à 20 h 35 sur son compte Twitter. L’adresse d’Emmanuel Macron s’achève en enjoignant aux citoyens d’accomplir le geste symbolique institué un samedi de la fin du mois de mars depuis une dizaine ­d’années par le WWF, avec l’Earth Hour : éteindre la lumière pendant une heure, en signe d’adhésion aux politiques de protection de l’environnement. En clôture de la courte séquence, un dernier plan montre, en exemple, l’extinction des feux au palais de l’Elysée.
Un terme vague et technique
L’allocution présidentielle a été visionnée un peu plus de 200 000 fois sur le réseau social, mais est passée à peu près inaperçue des grands médias. Poliment ignorée, ou presque. Cette relative indifférence ne tient sans doute pas uniquement à l’encombrement de l’actualité, marquée par l’émotion qui a suivi l’attentat de Trèbes (Aude) et l’assassinat de Mireille Knoll. Il y a aussi, plus probablement, la difficulté à installer la question de la biodiversité au cœur du débat public. « Biodiversité » : le terme est vague, technique, n’évoque pas grand-chose en lui-même. Sans incarnation forte autour d’une espèce ou d’une...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

La France impuissante face à la guerre turque contre les Kurdes

Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Que la France envoie ou non certaines de ses forces spéciales déjà présentes en Syrie vers Manbij dans le but de prévenir l’offensive annoncée à grand bruit par le président turc Erdogan ne changera pas grand-chose. Confirmé par les uns, démenti par les autres, ce déploiement, s’il a lieu, ne pourra être que symbolique. Manbij, une ville arabe contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont l’encadrement est principalement kurde, est déjà sous la protection de soldats américains depuis l’automne 2016.
Les FDS et les unités kurdes sont les alliés de la coalition internationale contre l’Etat islamique, dont la France fait partie depuis 2014. Elles ont pris Rakka, la capitale du « califat » syrien de l’organisation Etat islamique (EI). Vue depuis Paris, la poursuite de la lutte contre les djihadistes est un impératif de sécurité nationale. Il nécessite d’apporter un minimum de garanties politiques et sécuritaires aux FDS, visées par M. Erdogan, qui les considère comme le prolongement, en Syrie, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre lequel il est en guerre. La prise de l’enclave kurde syrienne d’Afrin par l’armée turque et ses alliés arabes syriens a été le premier acte de la lutte à mort que M. Erdogan veut leur mener.
Un partenaire essentiel
En recevant une délégation civile et militaire, liée au FDS, jeudi 29 mars à l’Elysée, Emmanuel Macron a cherché à montrer sa solidarité avec les meilleurs alliés de la France dans sa guerre contre le djihadisme. Pour Ankara, cette forme de reconnaissance est totalement inacceptable : l’implantation durable d’une entité politique dominée par les FDS à sa frontière est, pour la Turquie, une menace existentielle.

        Lire aussi :
         

                Erdogan tance Macron, accusé de soutenir les Kurdes de Syrie



Or la Turquie est aussi un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le djihadisme – en extradant les ressortissants français qu’elle intercepte sur son territoire et en servant de garde-frontière à l’Europe dans le cadre de sa politique migratoire. Paris cherche donc à ménager tout le monde. Dans le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre de jeudi, l’Elysée affirme que le président de la République « a assuré les FDS du soutien de la France » et a « rappelé l’engagement de la France contre le PKK ». Pour Ankara, les FDS sont le PKK. On touche là les limites de la « diplomatie de l’en même temps » de M. Macron.
Un puissant outil de mobilisation
Les Etats-Unis, qui cherchent à ménager leur allié turc dans l’OTAN tout en donnant des garanties à leurs partenaires des FDS dans la guerre contre l’EI, sont aussi confrontés à ce dilemme. Mais ils sont plus puissants – et donc craints d’Ankara – et plus lointains géographiquement de la Turquie : les conséquences d’une querelle avec M. Erdogan ne sont pas les mêmes.
M. Macron a proposé ses bons offices et « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi. Seuls un front uni et une démarche commune des Occidentaux – Français, Américains, Britanniques, Allemands, etc. – pourraient dissuader M. Erdogan de stopper sa croisade anti-kurde en Syrie.

        Lire aussi :
         

                « Les Kurdes ont été au premier plan de la lutte contre l’EI. Méritent-ils le cynisme des grandes puissances ? »



Il y a trouvé un puissant outil de mobilisation d’une société turque travaillée par l’islamo-nationalisme virulent promu par le pouvoir en place. M. Erdogan, candidat à sa propre succession en 2019, n’a aucune raison de mettre fin à une guerre qui le rend populaire. Et lui permet de réprimer ses opposants à l’intérieur du pays.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-9"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que le cercle vertueux épargne-investissement-innovation-création de valeur vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.
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Réformes Macron : « L’accroissement des inégalités rend difficile de parler de ruissellement de la richesse »

Dans une tribune au « Monde », l’économiste Jean-Luc Gaffard explique que le cercle vertueux épargne-investissement-innovation-création de valeur vanté par les économistes ne fonctionne pas s’il s’accompagne du renforcement des rentes.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h32
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h31
    |

Jean-Luc Gaffard (professeur à l’Université Côte d’Azur et membre honoraire de l’Institut Universitaire de France)







                        



                                


                            
[Ouverture de la SNCF à la concurrence, assouplissement du marché du travail, allégement de la fiscalité des hauts revenus, promotion de l’innovation… La « remise en marche » tous azimuts qu’Emmanuel Macron et son gouvernement mènent au pas de charge se fait au nom de l’efficacité, de la rationalisation et de l’épanouissement de l’initiative individuelle et entrepreneuriale. Elle reprend de ce fait le cadre conceptuel et les prémisses d’une théorie et de modèles bien précis de la pensée économique, ceux de l’efficience des marchés et des anticipations rationnelles des agents. Mais, pour certains économistes, les nouveaux défis posés par le creusement des inégalités et les limites écologiques de notre mode de production nécessitent de changer le cadre intellectuel des prises de décisions politiques.]
Tribune. La Fable des abeilles, de Bernard Mandeville (1670-1733), est le plaidoyer le plus connu en faveur du ruissellement : elle entend nous convaincre que la consommation des riches, fût-elle ostentatoire, assure aux pauvres emplois et revenus. John M. Keynes, dans sa Théorie générale de l’emploi de l’intérêt et de la monnaie, s’en empare pour dénoncer les méfaits d’une épargne qui ne serait pas investie.
L’autre plaidoyer en faveur du ruissellement encense justement l’épargne, une épargne d’autant plus élevée que la répartition est inégalitaire, en invoquant le fait qu’en étant investie elle permet de développer l’entrepreneuriat. Les inégalités apparaissent ainsi comme le moteur de l’innovation et d’une croissance finalement bénéfique à tous. Dans cette perspective, les nouveaux biens voient le jour parce qu’ils sont demandés par les individus les plus riches, lesquels sont disposés à payer des prix très élevés autorisant les entreprises à avoir des taux de marge élevés leur permettant de financer des dépenses de recherche et développement (R&D) très coûteuses. Ces mêmes biens se...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-10"> ¤ Cinquante ans après l’assassinat du pasteur noir, le 4 avril 1968, à Memphis, « Le Monde » est parti sur ses traces.
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Martin Luther King : itinéraire d’un combattant

Cinquante ans après l’assassinat du pasteur noir, le 4 avril 1968, à Memphis, « Le Monde » est parti sur ses traces.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h29
    |

            Nicolas Bourcier (Atlanta, Birmingham, Montgomery, Memphis, Greensboro et Chicago, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ce matin-là, le ciel est encore à l’orage sur Memphis. Martin Luther King s’est réveillé tard et plutôt d’une humeur joviale. Oubliée la fatigue de la veille qui l’avait vu s’effondrer après un ultime sermon à l’église Mason Temple.
Oublié aussi le coup de fil anonyme survenu quelques heures à peine après son arrivée dans cette rude capitale du Tennessee : « Fais ta prière, négro, tu n’as plus longtemps à ­vivre. » Il a l’habitude. Tout à l’heure, lui et son équipe ont prévu de se rendre chez le révérend Samuel Billy Kyles pour un dîner traditionnel du Sud avant le meeting de soutien aux éboueurs de la ville, en grève depuis plus d’un mois et demi.
Ils sont tous là, ses proches, ses conseillers de l’ombre qui forment depuis si longtemps cette garde rapprochée dont King a tant ­besoin. Ils rient, se chamaillent même, ravis de voir qu’il va mieux. Dans sa chambre du Lorraine Motel, un des rares établissements de la ville à accepter les voyageurs « de couleur », il passe encore un coup de fil à sa secrétaire, Dora McDonald, restée à Atlanta (Géorgie). Il appelle ses parents aussi, leur dit qu’il les aime. Dehors, sur le parking en contrebas, le son d’un saxophone l’attire vers le balcon. C’est Ben Branch qui joue en les attendant. « Dis, ce soir, tu joueras Précieux Dieu, prends ma main, lance King. Et joue-le bien ! »
Onction messianique
Il s’avance encore un peu, sourit, puis s’écroule. Il est 18 h 01 à Memphis, ce 4 avril 1968, une balle vient de lui trancher la gorge et d’éteindre pour toujours cette voix capable de faire chanter l’espoir. Le groupe se précipite, se serre autour de lui. Une photo, prise quelques instants plus tard, retiendra les bras tendus de ce groupe d’hommes en direction de l’endroit d’où est parti le coup de feu.
Maintenant, ils secouent la tête, comme boxés par un destin trop funeste. Par trois fois, le pasteur aurait déjà pu mourir. A Montgomery (Alabama), chez lui, devant sa maison...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-11"> ¤ Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant
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L’animal dans le droit, à la fois chose et sujet

Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h14
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Il est né le 22 mars et c’est le premier du genre, en France comme en Europe. Lourd de plus de 1 000 pages, le Code de l’animal, publié aux éditions LexisNexis (49 euros), réunit sous sa couverture bleue l’intégralité des textes dispersés dans les sept codes qui régissent notre rapport aux animaux ­ (codes civil, pénal, de procédure pénale, rural et de pêche maritime, de l’environnement, des collectivités territoriales, de la santé publique), ainsi que les grandes décisions jurisprudentielles concernant les animaux de compagnie, de ferme, sauvages ou apprivoisés. Une petite révolution.
Symbole
Non pas que ce code privé – au même titre que le code de la montagne ou le code administratif – contienne de nouvelles lois. Mais sa publication, réalisée par une équipe de spécialistes en droit animalier en collaboration avec la Fondation 30 millions d’amis, aurait été impensable il y a seulement dix ans. Un symbole à lui seul de la transformation de notre regard sur les bêtes depuis la première loi française d’importance en matière de protection animale, dite loi Grammont, du 2 juillet 1850.
« Seront punis d’une amende de cinq à quinze francs, et pourront l’être d’un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques », précisait-elle. « Une loi fondatrice mais restreinte à l’espace public, qui protégeait essentiellement la sensibilité des spectateurs et non pas celle des animaux », souligne Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l’université de Limoges et codirecteur du code de l’animal. Il fallut attendre plus d’un siècle, soit le décret du 7 septembre 1959 d’Edmond Michelet, ministre de la justice du général de Gaulle, pour que la répression des mauvais traitements soit élargie au domaine privé et pour que les animaux soient protégés en raison de leur propre sensibilité.

Le droit pénal avait donné le ton mais, pendant...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-12"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Mouloud Akkouche s’empare de la tragédie de l’Aude pour témoigner de la légitime difficulté d’être un Arabe en France. Jusqu’où ira la suspicion à l’égard des Français de rite musulman qui vivent sous la tyrannie d’une « minorité de décérébrés sanguinaires » ?
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Mouloud Akkouche : « Ces tueurs et d’autres islamistes me ressemblent physiquement »

Dans une tribune au « Monde », l’écrivain Mouloud Akkouche s’empare de la tragédie de l’Aude pour témoigner de la légitime difficulté d’être un Arabe en France. Jusqu’où ira la suspicion à l’égard des Français de rite musulman qui vivent sous la tyrannie d’une « minorité de décérébrés sanguinaires » ?



Le Monde
 |    30.03.2018 à 17h32
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 18h37
    |

Mouloud Akkouche (Ecrivain)







                        



                                


                            

Tribune. Quatre morts dans l’Aude. Dont un homme qui a donné sa vie pour en sauver une autre. Qui était le tueur ? Un terroriste islamiste. Mireille Knoll, âgée de 85 ans, a été tuée de onze coups de couteau. Puis cette vieille femme de confession juive, ayant échappé à la rafle du Vél’ d’Hiv, a été brûlée dans son appartement parisien. Qui est le meurtrier présumé ? Un voisin musulman, d’après la petite-fille de la victime (ma première information sur ce sauvage assassinat).
Bien sûr, il n’y a pas 1,2 milliard de musulmans kamikazes, assassins, antisémites, lapideurs de femmes, etc. sur la planète. Mais le dire ne fera pas ressusciter les morts. Ni n’apaisera la douleur de leurs proches. Les premiers à plaindre dans cette folie barbare. Une barbarie inexcusable. A condamner et à combattre.
Ces tueurs et d’autres islamistes me ressemblent physiquement. Comme à de nombreux individus du même type. « L’Arabe du coin » désigne l’épicier du quartier ouvert à pas d’heure et le dimanche soir. En croisant un basané dans la rue, on pouvait penser naguère à ce commerçant qui « dépanne bien ». Peut-être aujourd’hui à un joueur de foot ou au comique très drôle de la télé. Plus de nos jours.
Pourquoi accélère-t-il ? Attend-elle réellement un enfant devant l’école ? Pourquoi garde-t-il sa main sous son blouson ? Désormais des situations plus « banalement quotidiennes » pour quelqu’un d’origine nord-africaine ou métèque en général. On a tous quelque chose d’islamiste… A cause d’une minorité de décérébrés sanguinaires.
Soudés contre la haine
« Nous sommes tous des juifs allemands », scandait-on en 1968. Trente-trois ans plus tard « Nous sommes tous américains », après le 11 septembre 2001. Puis « Je suis Charlie ». Et tous les autres « Je suis… » fleurissant à chaque drame. Des catharsis collectives nécessaires pour se sentir soudés contre la haine et exprimer sa révolte.
Mais se méfier des effets...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-13"> ¤ Avec Bernard Plattner, l’Italien a conçu le nouveau Palais de justice de Paris, lumineux et proche de la banlieue. Celle-ci sera, dit-il, « le défi des prochaines années ».
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Renzo Piano : « L’architecte allume les consciences »

Avec Bernard Plattner, l’Italien a conçu le nouveau Palais de justice de Paris, lumineux et proche de la banlieue. Celle-ci sera, dit-il, « le défi des prochaines années ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 17h29
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h21
    |

            Isabelle Regnier et 
                                Frédéric Edelmann








                        



                                


                            

En 1977, l’architecte Renzo Piano, en partenariat avec Richard Rogers, faisait basculer le cœur de Paris dans l’ère de la modernité pop en greffant sur les vieilles pierres l’extravagance tubulaire du Centre Pompidou. Quarante ans plus tard, le voilà une nouvelle fois aux avant-postes des grandes mutations de la capitale.
Situé dans le nouveau quartier des Batignolles, dans le 17e arrondissement, en lisière du boulevard périphérique, le nouveau Palais de justice – dont il a, avec son associé Bernard Plattner, conçu les plans et supervisé le chantier pendant sept ans – s’apprête à accueillir près de 10 000 personnes chaque jour.
Pour évoquer ce grand projet, l’Italien, qui a récemment soufflé ses 80 bougies, nous a reçus dans les locaux de son agence RPBW, dans le Marais, où il est apparu alerte, élégant comme toujours, heureux comme un homme que l’existence a comblé.

Et il a lui-même lancé l’entretien : « Le temps passe avec une lenteur incroyable… Mais une fois qu’il est passé, tout est derrière vous. D’un coup. Paf ! Cela n’empêche pas qu’à l’agence, il se passe plein de choses. Quand j’arrive le matin, je ne sais pas de quoi je vais m’occuper. Mais ça commence. Et on ne me demande que des choses intéressantes. Impossible de dire non ! A partir d’un certain âge, on ne s’occupe plus que de choses intéressantes, n’est-ce pas ? »

Cela dépend des gens, sans doute…
Si on me demandait ce qu’on demande aux architectes aujourd’hui, je refuserais certainement…
Vous accepteriez de construire une prison, par exemple ?
Ah, je ne sais pas… Mais un hôpital… La fondation Stravros Niarchos, pour qui nous avons construit la bibliothèque d’Athènes, veut offrir trois hôpitaux à l’Etat grec. Elle s’est adressée à nous. Alors, tu te dis : « Mais non, j’ai 80 ans, je ne vais pas faire ça. » Et tu as honte, et tu te rends à Athènes. Tu ne fais pas trois hôpitaux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-14"> ¤ Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre, chercheur au CNRS, rappelle que, face au terrorisme, les Français veut des solutions pour lutter contre la radicalisation et l’obscurantisme.
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Azouz Begag : « Notre force viendra de notre union face à la nouvelle épreuve de Trèbes »

Dans une tribune au « Monde », l’ancien ministre, chercheur au CNRS, rappelle que, face au terrorisme, les Français veut des solutions pour lutter contre la radicalisation et l’obscurantisme.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 16h52
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 07h09
    |

Azouz Begag (Ministre à la promotion de l'égalité des chances en 2005-2007, chercheur au CNRS)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a tout lieu de le penser. Le terroriste Radouane Lakdim aura contribué à écorner davantage l’image des « Arabes » et des « musulmans ». Sur les réseaux sociaux, les haines se déchaînent au gré des informations détaillées sur le drame du Super U – survenu le 23 mars à Trèbes (Aude) –, sur les identités des victimes, sur le scénario macabre de la prise d’otages, sur la bravoure du gendarme Arnaud Beltrame.
Partout, chez les « eux » comme chez les « nous », le ras-le-bol se mêle aux peurs, les colères aux silences. A tout moment, une étincelle peut incendier le fragile équilibre des relations interculturelles dans notre pays. Hier, un ami d’ici m’a suggéré que « nous » devrions manifester dans les rues pour dire non au djihadisme et rassurer ainsi l’opinion publique…
Autodévalorisation identitaire
De quels « nous » voulait-il parler ?
En fait, depuis le jour du drame, autour de moi, deux types de réactions dans la dite communauté musulmane émergent.
Le premier exprime un sentiment de lassitude et de « haine de soi ». Chez certains, les attentats participent d’une autodévalorisation identitaire parce qu’ils sont commis par des « semblables ». Depuis ceux de New York, en 2001, à chaque attentat islamiste s’amplifie un syndrome de culpabilité par association dans cette population communautarisée par les regards. Elle redoute que les coupables soient des « gens de chez nous ».
Déjà victimes d’une mauvaise image, certains musulmans endossent la responsabilité « communautaire » d’un attentat comme une double peine. Ils font profil bas. Ils se communautarisent par défaut comme pour expier le péché d’être de la même origine que les assassins. Le seul fait d’appartenir à cette communauté fait d’eux des coupables à leurs propres yeux.
Lésions identitaires
Une telle mésestime de soi génère des lésions identitaires. Ils finissent, en effet, par ne plus supporter la compagnie d’autres arabo-musulmans. Malcolm...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤ L’écrivain Tahar Ben Jelloun explique, dans une tribune au « Monde », qu’il faut laver l’islam de ces discours haineux et désastreux qui contredisent ses principes et ses valeurs en résonance avec les deux autres monothéismes
<filname="PROF-0,2-3232,1-0,0-15"> ¤                     
                                                   
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« Les musulmans doivent participer à la lutte que mène la République contre le terrorisme »

L’écrivain Tahar Ben Jelloun explique, dans une tribune au « Monde », qu’il faut laver l’islam de ces discours haineux et désastreux qui contredisent ses principes et ses valeurs en résonance avec les deux autres monothéismes



Le Monde
 |    30.03.2018 à 16h14
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 16h42
    |

                            Tahar Ben Jelloun (Ecrivain)








                        



                                


                            

Tribune. La France est un Etat de droit. Le terrorisme tente de casser cet Etat et de ruiner la démocratie. Toutes les réponses de la France ont été en parfaite concordance avec l’esprit républicain.
Pas question par exemple de suivre l’exemple américain consistant à créer un Guantanamo à la française. Des voix s’élèvent pour mettre sur pied des centres de rétention où séjourneraient les vingt mille individus classés « S ». Ce n’est ni possible ni souhaitable. Alors que faire ?
La France se trouve la cible permanente d’un mouvement animé par la haine de la République, par le rejet de ses lois, par le racisme antichrétien et aussi antijuif. Le discours des djihadistes est simpliste. En criant « Allah Akbar », ils annoncent la couleur de leurs actes. On leur a assez dit combien ce pays est « une terre de mécréants, dominés par les juifs et qu’il est du devoir du musulman de le nettoyer ». Il n’y a pas autre chose dans la tête de ces individus qui ont été conquis par une propagande efficace et insistante dominée par un antisémitisme de plus en plus virulent.
La France ne pourra pas continuer d’attendre que ses ennemis se fatiguent ou deviennent raisonnables. Ils ne vont pas abandonner ni se repentir. On trouverait davantage de possibilités d’arrangement avec la Mafia qu’avec les djihadistes, car ces derniers sont remplis par une idéologie de guerre et de haine incommensurable.
L’indignation est insuffisante
Faut-il déclarer de nouveau l’état d’urgence ? Multiplier le nombre de vigiles et accentuer les recherches ? Tout cela est possible, mais au fond, il ne sert pas à grand-chose. La police et la gendarmerie font leur travail sans relâche. L’acte héroïque du colonel Arnaud Beltrame est là pour le prouver.
Mais ce qui est à faire pour mettre fin à cet éternel retour de la tragédie relève d’une autre stratégie : que la population musulmane s’implique réellement dans la lutte et la prévention du terrorisme qui...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-16"> ¤ Le non-respect des résolutions des Nations unies et le recours aux armes chimiques en Syrie remettent en question tout le système de sécurité collective, juge la chercheuse Laëtitia Atlani-Duault dans une tribune au « Monde ».
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« La tragédie syrienne sera-t-elle le tombeau des Nations unies ? »

Le non-respect des résolutions des Nations unies et le recours aux armes chimiques en Syrie remettent en question tout le système de sécurité collective, juge la chercheuse Laëtitia Atlani-Duault dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h45
    |

Laëtitia Atlani-Duault (Anthropologue, directrice du Collège d'études mondiales de la Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH), directeur de...







                        



                                


                            
Tribune. La tragédie syrienne sera-t-elle le tombeau des Nations unies ? Après la tragédie d’Alep, celle de la Ghouta orientale pose la même question assortie de deux nouvelles interrogations : la première sur la capacité du Conseil à faire respecter ses propres résolutions ; la seconde, brûlante, sur le contrôle des armes chimiques.
Face à la Ghouta orientale, le Conseil a montré qu’il n’est désormais plus bloqué en raison du droit de veto de l’un au moins de ses cinq membres permanents, comme cela avait été le cas à Alep. Mais il est désormais impotent, et le spectre de la faillite de la Société des nations rôde plus que jamais.

Le 24 février, en effet, le Conseil était pour une fois uni face à une tragédie qui a déjà fait entre 350 000 et un demi-million de morts. Du moins le croyait-il, après avoir voté à l’unanimité une résolution qui exigeait la cessation immédiate des hostilités et une trêve humanitaire d’au moins trente jours. Or, cette résolution n’a pas été appliquée. Le régime a continué son offensive avec des bombardements indiscriminés sur les zones habitées, alors que plus de 400 000 personnes y étaient assiégés.
Des Etats inhibés
Si le siège sanglant d’Alep a montré à nouveau, s’il le fallait encore, tout l’intérêt d’une proposition régulièrement discutée sur le non-recours possible au droit de veto en cas d’atrocités de masse, celui de la Ghouta et sa chute mettent en cause le caractère non contraignant des résolutions du Conseil de sécurité.
Aujourd’hui, il s’agit d’imposer les décisions du Conseil alors même que des acteurs clés (Russie, Syrie, Iran et Turquie) s’y refusent
Tout comme la Société des nations, l’ONU ne dispose pas d’armée en propre et n’a pas les moyens d’imposer la mise en œuvre des résolutions du Conseil. Des sanctions, pour être efficaces, exigent des décisions et des actions des Etats membres. Blâmer l’ONU et appeler à sa réforme n’a aucun sens car le verrou ne se situe pas au...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-17"> ¤ Dans cette chronique, les professeurs en sciences de gestion Blanche Segrestin et Armand Hatchuel estiment que le rapport Notat-Senard, remis le 9 mars, pourrait arrimer solidement l’entreprise au projet d’une civilisation responsable.
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« Développer l’entreprise à partir d’une “raison d’être” »

Dans cette chronique, les professeurs en sciences de gestion Blanche Segrestin et Armand Hatchuel estiment que le rapport Notat-Senard, remis le 9 mars, pourrait arrimer solidement l’entreprise au projet d’une civilisation responsable.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Armand Hatchuel et Blanche Segrestin (Professeurs à Mines-ParisTech/ PSL Université)







                        



                                


                            

Entreprises. Les propositions du rapport remis le 9 mars par Nicole Notat, présidente de l’agence de notation extra-financière Vigeo-Eiris, et Jean-Dominique Senard, président de Michelin, sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » sont largement débattues. Mais, au-delà d’une simple réforme, elles ouvrent surtout la voie à une nouvelle conception de l’entreprise.
Jusqu’ici, les réformes de l’entreprise visaient un meilleur équilibre entre les intérêts des actionnaires et les droits des salariés. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes, le rapport Notat-Senard élargit cette perspective : il propose que l’entreprise puisse sortir du carcan de la société anonyme et développe son intérêt collectif à partir d’une « raison d’être » ou d’une mission inscrite dans ses statuts. L’entreprise pourrait alors mettre sa puissance créative au service d’une civilisation responsable.

Les projets de réforme de l’entreprise sont anciens (Bloch-Lainé en 1967, Sudreau en 1974, lois Auroux en 1982). Mais, quoique d’inspirations politiques divergentes, ils s’appuyaient sur un même cadre d’analyse : l’entreprise est un moteur de croissance et d’emploi, un espace politique où s’affrontent les intérêts du capital et du travail, un lieu de dialogue et de négociation réglé par l’Etat. Or, cette conception de l’entreprise restait aveugle aux transformations de l’action collective et aux nouvelles responsabilités du monde contemporain.
Dérives
Les bouleversements de l’action collective (réseaux, technologies, médias) ont rendu obsolètes les formes classiques du capital et du travail. La vision du capital s’incarnant dans l’épargne d’un actionnaire individuel masque la réalité des grands fonds d’investissement actuels qui jouent en permanence avec le destin de milliers d’entreprises. Pour eux, la société anonyme ne représente aucun « intérêt collectif », et ils ont imposé une logique de la rentabilité actionnariale dont les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-18"> ¤ L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.
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« Le grand enjeu culturel du XXIe siècle sera la régulation d’Internet »

L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h07
    |

Patrick Zelnik (Producteur de musique, ancien président Virgin France, ancien président de Naïve)







                        



                                


                            
Tribune. Quelle place et quel avenir pour la culture, à l’heure d’Internet ? La révolution ou plutôt le big bang numérique bouscule le monde réel dans des proportions difficiles à imaginer. Internet est un extraordinaire outil de communication inter­active et multimédia, une encyclopédie dynamique de la connaissance, un accès à toutes les cultures. Mais un outil ne saurait être une fin en soi.
En 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique
L’enjeu culturel d’Internet, c’est la survie de la création et des industries de contenus. Les acteurs de l’Internet ont utilisé ces contenus sans se préoccuper de leurs financements et des ravages provoqués par la piraterie.
A partir de la création d’iTunes, en 2001, c’est un fabricant d’ordinateurs, Apple, qui fixe intelligemment le prix de la musique à 9,99 euros pour le téléchargement d’un album. Soit une déduction d’environ 20 % du prix d’un album physique. Fort heureusement, Steve Jobs était un enfant du rock – sa marque en témoigne. Cette première étape, celle du téléchargement payant, était donc vertueuse, permettant de financer la création. Dans les années qui ont suivi la création de Spotify, en 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique.
Changement de perception
Les sites de streaming, Spotify, Apple Music, Deezer, fixent le prix de la musique à 10 euros par mois, pour accéder à dix, puis vingt millions de titres. On peut donc, pour le même prix de 10 euros, acheter un album en téléchargement ou souscrire à un abonnement. Comment expliquer une telle absurdité ?
Pour le consommateur, le juste prix n’est pas nécessairement le prix le plus bas
Les plates-formes de streaming préoccupées par la concurrence déloyale de la piraterie ont souhaité fixer un prix attrayant. Mais ce modèle a des conséquences désastreuses dans le domaine de la musique et de l’image car il ne permet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-19"> ¤ Pour garder ses quelques champions dans les nouvelles technologies, il serait urgent que Bruxelles harmonise les règles relatives aux introductions en Bourse, estime l’économiste Karel Lannoo dans une tribune au « Monde ».
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« Aucun débat en Europe n’a eu lieu pour l’entrée de l’européenne Spotify à la Bourse de New York »

Pour garder ses quelques champions dans les nouvelles technologies, il serait urgent que Bruxelles harmonise les règles relatives aux introductions en Bourse, estime l’économiste Karel Lannoo dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Karel Lannoo (Directeur général du Centre for European Policy Studies (CEPS, Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. La plus importante introduction en Bourse d’une entreprise high-tech de ces dernières années est réalisée par une société européenne, mais elle aura lieu aux Etats-Unis, mardi 3 avril. Cette décision stratégique démontre que l’Europe a la capacité de développer des entreprises technologiques innovantes, mais que, dès que ces sociétés ont besoin de capitaux, ce n’est pas en ­Europe qu’elles les cherchent.
Cette décision souligne la nécessité d’initiatives beaucoup plus ambitieuses si nous souhaitons réellement une union des marchés de capitaux et la création d’un canal attrayant pour le financement des entreprises qui soit une réelle alternative au financement bancaire. Et ceci est d’autant plus urgent dans le contexte du départ imminent du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE).
Spotify est le plus important service d’abonnement de streaming musical dans le monde. La société a été créée en 2008 et a réalisé un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2017, avec d’importantes pertes cumulées ces dernières années. La société est européenne en ce sens qu’elle a été fondée en Suède, qu’elle a établi sa holding au Luxembourg et qu’elle publie ses comptes en euros, suivant les normes IFRS (International Financial Reporting Standards), qui est également la norme européenne. La moitié de ses effectifs et sa base la plus importante d’abonnés résident en Europe.
Action de haute technologie
A la fin de l’année 2017, Spotify comptait 159 millions d’utilisateurs actifs, dont 58 millions en Europe, contre 52 millions en Amérique du Nord. Ce chiffre est presque le double de celui de son plus proche concurrent, Apple Music, comme indiqué dans son rapport auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité de surveillance des marchés américains.
Le marché européen des introductions a été robuste l’année dernière, avec une valeur totale de 43,9 milliards d’euros
C’est une action de haute technologie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3232,1-0,0-20"> ¤ Les données collectées par la Sécurité sociale pourraient alimenter l’intelligence artificielle en matière médicale. Mais il faudra trouver un équilibre entre les exigences des professionnels de santé et celles de la recherche, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Entre santé et transparence, l’éternel dilemme »

Les données collectées par la Sécurité sociale pourraient alimenter l’intelligence artificielle en matière médicale. Mais il faudra trouver un équilibre entre les exigences des professionnels de santé et celles de la recherche, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h23
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h03
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Rien n’est plus sensible dans nos sociétés occidentales que l’information sur la santé : les médicaments que l’on prend, les docteurs que l’on consulte, les hôpitaux que l’on fréquente… Dans l’univers marchand du big data, comme dans celui de la recherche, ce sont déjà les données les plus rares et les plus précieuses. Bien plus encore que les épanchements et opinions laissés sur Facebook et qui font tant de bruit aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle le président de la République, reprenant jeudi 29 mars les propositions du mathématicien et député Cédric Villani, a érigé la santé en tant que priorité dans son plan de rattrapage du retard de la France en matière d’intelligence artificielle.
Le coffre-fort de la CNAM
Dans notre pays jacobin et centralisateur, un organisme sait tout de vous dans le détail, la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM). Mais, rassurez-vous, ces données sont gardées dans les coffres-forts virtuels fermés à double tour du caissier de la Sécurité sociale. Trop, peut-être.
D’où ce paradoxe dont on peine à sortir : notre système national de données de santé est unique au monde, puisqu’il centralise le parcours de soins de plus de 90 % des Français, mais il ne sert pas à faire progresser la science et la qualité des soins. C’est le constat que dresse le rapport Villani. En compilant et croisant ces données, on pourrait étudier les populations traitées, l’usage fait des dispositifs médicaux, renforcer la pharmacovigilance, pratiquer des essais thérapeutiques virtuels… Et, au passage, donner toute l’information au patient.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. De dossier de santé en dossier médical partagé, les initiatives se sont accumulées depuis vingt ans pour faire s’ouvrir les coffres de la CNAM. La dernière loi date de 2016, mais reste largement insuffisante au regard des ambitions affichées aujourd’hui. Outre la préoccupation légitime de protection...




                        

                        

