<FILE-date="2018/03/31/17">

<article-nb="2018/03/31/17-1">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤ Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Radicalisation : vingt étrangers expulsés de France en 2017

Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h19
   





                        



   


Vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a affirmé Gérard Collomb à Ouest-France dans un entretien paru samedi 31 mars, un chiffre « jamais atteint auparavant », selon le ministre de l’intérieur. M. Collomb était interrogé sur les expulsions d’étrangers radicalisés, à nouveau réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
« Déjà le cas ! », a-t-il aussi répondu sur Twitter samedi, qualifiant le chiffre de vingt expulsions de « record », sans donner plus de détails notamment sur la nationalité des expulsés.

- Incarcérer les 26 000 fichés S ?
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


require(["twitter/widgets"]);

Dans son entretien à Ouest-France, le ministre de l’intérieur a aussi dit que les attaques à Trèbes et à Carcassonne étaient « difficilement prévisibles ».
Leur auteur, Radouane Lakdim, était inscrit au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) depuis novembre 2015, mais les investigations n’avaient montré « aucun signe laissant présager un passage à l’acte ».
La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait envoyé en mars une lettre de convocation pour un entretien d’évaluation :
« Elle souhaitait s’assurer qu’il ne présentait plus de signe de radicalisation avant que son dossier ne soit éventuellement mis en veille. »

        Lire aussi :
         

                Fichés « S » : faut-il légiférer ?



Aux demandes de l’opposition de mesures plus sévères à l’encontre des individus fichés, M. Collomb a par ailleurs répondu que « mettre en prison les 26 000 fichés S, ou ceux qu’on jugerait dangereux » était « impossible ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-2">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤ Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à des expulsions

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h17
   





                        



   


Les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD, renommée « zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes se préparent à défendre leur territoire face à des menaces d’évacuation, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, prenant fin officiellement le 31 mars.
En annonçant l’abandon du projet d’aéroport envisagé près de Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, avait demandé aux occupants illégaux de « partir d’eux-mêmes » avant le printemps, et avait déclaré le 17 janvier : « Nous devons, si nous voulons respecter la loi, respecter la trêve hivernale. Nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n’est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions. »
Une évacuation « à partir du 1er avril »
Le 20 mars, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, venu rencontrer les acteurs du dossier de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, avait redit qu’il y aurait bien une évacuation partielle « à partir du 1er avril », sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées. Le gouvernement a instauré un dialogue avec une délégation de zadistes pour qu’une partie des personnes (entre 150 et 300 selon les estimations officielles) qui vivent dans la ZAD légalisent leur situation et présentent des projets de reprise agricole individuels pour les terres actuellement occupées collectivement.
La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a assuré au début du mois de mars que les expulsions se feraient « avec discernement », en visant précisément certains lieux, parmi les 97 squats recensés sur les 1 650 hectares de la zone. Le gouvernement veut éviter de reproduire le scénario de l’opération « César », organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en octobre 2012 : une offensive des forces de l’ordre (900 militaires mobilisés) avait dû être suspendue en raison de violents affrontements avec des zadistes très déterminés.
Les autorités cherchent aussi à ne pas reproduire les erreurs qui conduisirent à la mort de Rémi Fraisse, militant de la ZAD de Sivens, en octobre 2014, lors d’une manifestation contre un projet de barrage hydraulique.
Chantiers collectifs et appel à manifester
Résolus à défendre leur « expérience d’auto-organisation collective », les zadistes ont lancé cette semaine une série de chantiers collectifs (construction de buttes, de bâtiments, de serres…) qui devraient se terminer par une fête le 7 avril, et se préparent à réagir rapidement en cas d’intervention policière.
Mais l’unité des zadistes se fissure depuis l’abandon du projet d’aéroport. Parmi les points de crispation figurent la réouverture de la route départementale 281, dégagée de ses barricades par les zadistes eux-mêmes, et l’avenir des terres agricoles. Les « durs » prônent la poursuite de la lutte, alors que d’autres opposants historiques appellent à un retour à la légalité, tout en défendant un projet collectif.
Parallèlement, vingt-cinq avocats des barreaux de Paris, Rouen et Nantes, représentant les occupants de la ZAD, ont contesté, par une lettre ouverte, la légalité d’une éventuelle expulsion au 1er avril, considérant qu’une procédure judiciaire contradictoire n’avait pas été menée et que les occupants n’avaient pas reçu de commandement de quitter les lieux. Une dizaine de référés devaient être déposés en fin de semaine à l’encontre de la préfecture de la Loire-Atlantique pour confirmer ou infirmer l’existence de procédure d’expulsion. Une démarche similaire avait été entreprise à la fin de 2016 devant le tribunal de grande instance de Nantes, mais les zadistes avaient alors été déboutés.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-3">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤ Cette mesure phare en réponse aux revendications des policiers vise à « assurer une meilleure protection » des fonctionnaires, notamment hors de leur service.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

L’anonymat des policiers dans les procédures sensibles entre en vigueur

Cette mesure phare en réponse aux revendications des policiers vise à « assurer une meilleure protection » des fonctionnaires, notamment hors de leur service.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h13
   





                        



   


C’était une des mesures phares en réponse aux revendications des policiers : l’anonymisation des policiers et des gendarmes dans les procédures judiciaires sensibles est entrée en vigueur, selon un décret paru au Journal officiel, samedi 31 mars. Cette mesure fait partie de la loi relative à la sécurité publique votée en février 2017, et qui révise les règles de la légitime défense pour les policiers.
Les policiers et gendarmes pourront dorénavant être identifiés par leur numéro de matricule administratif plutôt que par leurs noms et prénoms dans les actes de procédures judiciaires, « lorsque la révélation de leur identité est susceptible de mettre en danger leur vie ou leur intégrité physique, ou celles de leurs proches », dit un communiqué du ministère de l’intérieur. La mesure vise à « assurer une meilleure protection » de forces de l’ordre, notamment hors de leur service, précise le communiqué.

        Lire aussi :
         

                L’Assemblée approuve le projet de loi controversé de sécurité publique



Loi de sécurité
L’anonymisation des procédures avait été réclamée par les syndicats en juin 2016, après l’attentat de Magnanville, au cours duquel un policier et sa compagne furent tués chez eux, puis lors d’un mouvement de contestation inédit des policiers déclenché en octobre 2016 par une attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne), qui avait grièvement blessé deux policiers.
Quelques mois plus tard, le projet de loi de sécurité publique avait été présenté comme une réponse aux manifestations policières de l’automne, tout en suscitant la désaprobation des avocats et des magistrats qui le jugent inutile, voire dangereux. Ce texte assouplit les règles de légitime défense pour les policiers, durcit les peines pour outrage aux forces de l’ordre et autorise l’anonymat des enquêteurs.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-4">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤ Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Bergson, à Paris, avaient largement été diffusées sur Internet.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Un policier jugé pour des violences envers des lycéens

Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Bergson, à Paris, avaient largement été diffusées sur Internet.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h04
    |

            Julia Pascual








                        



   


C’est un épilogue tardif. Deux ans presque jour pour jour après le blocus du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, émaillé d’incidents entre adolescents et forces de l’ordre, un policier était jugé, vendredi 30 mars, pour des violences envers plusieurs mineurs. En plein mouvement contre la « loi travail », la diffusion sur les réseaux sociaux d’images du gardien de la paix avait eu un retentissement viral et avait amené le parquet de Paris à saisir l’inspection générale de la police nationale (IGPN) d’une enquête préliminaire. Des vidéos montraient le policier, en civil, le visage dissimulé sous une capuche et un passe-montagne, assénant des coups de matraque à plusieurs personnes, dont le comportement semblait pourtant peu virulent, voire inoffensif.
Des extraits de ces vidéos ont été diffusés à l’audience, vendredi, à propos desquels le prévenu de 40 ans — dont dix-huit passés au commissariat du 19e arrondissement — a eu du mal à s’expliquer. On le voit notamment, le 24 mars 2016, marcher derrière un groupe de lycéens qui s’éloignent et asséner plusieurs coups de matraque à trois d’entre eux, dont Thomas A., présent à l’audience, mineur au moment des faits. Le lycéen est de dos et s’éloigne sans protester lorsqu’il essuie un coup sur la jambe et un autre au niveau de l’épaule.
Les vidéos montrent aussi le policier faisant une balayette à Sérénic S., un élève du lycée Diderot voisin, alors qu’il ne se débat pas. Il est soulevé par ce geste et projeté au sol. A l’audience, Sérénic S. explique que le policier l’aurait également frappé avec sa matraque et menacé de le « violer » s’il revenait devant le lycée Bergson. D’autres images enfin montrent le policier saisissant par le cou et traînant sur plusieurs mètres un troisième lycéen, Ashraf H., qui reçoit lui aussi plusieurs coups de matraque, notamment alors qu’il est maintenu assis sur un trottoir. A l’audience, Ashraf H. a expliqué que le fonctionnaire voulait qu’il efface les vidéos qu’il avait prises avec son téléphone. « A chaque fois que je disais non, il me mettait un coup de matraque, a-t-il rapporté. Il m’a dit qu’il allait me violer. Il a fini par supprimer les vidéos. »
Des violences ni « légitimes » ni « justifiées »
La présidente du tribunal, Caroline Viguier, a constaté à l’audience que plusieurs témoins entendus par l’IGPN avaient décrit le policier comme « très agressif », allant « au contact » des jeunes pour « se défouler », alors que l’ambiance générale était plutôt « bon enfant », dit-elle. Entre cent et deux cents personnes sont présentes aux abords du lycée Bergson ce jour-là. Des jets d’œufs sont constatés ainsi que des incendies de poubelle, ce qui explique que la situation se tende et que des policiers interviennent.
A la barre, le prévenu, Baris E., a reconnu « un mauvais geste », des « mouvements désordonnés » effectués avec sa matraque en direction des lycéens pour « leur faire peur » et « qu’ils avancent plus vite ». « Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas vraiment été formé pour », dit-il à la présidente. Baris E. appartient à une unité de police administrative du commissariat du 19e et n’est pas censé d’ordinaire faire du maintien de l’ordre. Le fonctionnaire intervient dans les manifestations « en surveillance », comme « physionomiste ». Le 24 mars 2016, toutefois, il prête main-forte à ses collègues. Tour à tour, il explique qu’Ashraf H. s’est montré « insultant », « menaçant » ou que Sérénic S. est tout simplement « arrogant ». « On n’est pas pris en considération, on n’est pas écouté », justifie-t-il encore. Surtout, il assure qu’il n’a « pas touché » les adolescents avec son arme. « Il n’y a pas de contact direct », répète-t-il, sauf pour la balayette, qu’il dit « regretter ». Des explications qui contredisent les déclarations du policier lors de sa garde à vue, pendant laquelle il avait reconnu les coups portés.
En dépit des vidéos, mais aussi des relances des magistrats du siège et de l’avocat de deux lycéens, Arié Alimi, le policier s’est enferré dans ces contradictions. « La garde à vue a été très difficile, j’étais déstabilisé, je me suis mal exprimé », a-t-il avancé. C’est la première fois que ce fonctionnaire est mis en cause par la justice. Sa hiérarchie n’a, au demeurant, pas engagé de procédure disciplinaire à son encontre.
« On a quelqu’un qui ne s’interroge pas sur l’opportunité de son attitude. Il est dans un déni quasi systématique », a regretté Sylvie Boitel, l’avocate de la Ligue des droits de l’homme, partie civile au procès. Le conseil du prévenu, Léonel de Menou, a plaidé la relaxe, tandis que le parquet a requis neuf mois de prison avec sursis. La procureure Aude Duret a estimé que les violences n’étaient ni « légitimes » ni « justifiées ». Elle s’est, en outre, étonnée de la difficulté qu’avait eue l’IGPN à identifier les victimes et à recueillir leurs plaintes, du fait de « craintes » et d’un « étrange malaise ». La présidente du tribunal elle-même a interrogé les adolescents sur ces réticences, qu’ils ont eu du mal à expliquer. Entre la peur d’être réprimandés par leurs parents, la volonté de se concentrer sur leurs études, c’est aussi un sentiment confus d’intimidation face à la police et à l’univers, lointain et méconnu, de la justice, qui est ressorti. Le jugement a été mis en délibéré au 24 mai.
Un autre policier, âgé de 26 ans, a déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir asséné un violent coup de poing à un autre élève du lycée Bergson à Paris le même jour, le 24 mars. Dans une vidéo de la scène, largement diffusée, on peut voir le lycéen à terre, entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui prendre les bras pour le remettre debout. C’est alors qu’un policier casqué lui porte un violent coup de poing au visage, qui fait basculer et tomber l’adolescent. La victime a eu le nez cassé, et s’est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de six jours.

        Lire aussi :
         

                Des profs du lycée Bergson à Paris : « Pourquoi une telle agressivité à l’encontre de nos élèves ? »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-5">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤ Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les métamorphoses du cheminot

Le héros du rail s’est transformé en technicien de pointe, puis en gréviste inflexible : examen d’un imaginaire en mutation, alors qu’une nouvelle épreuve de force oppose le gouvernement au personnel de la SNCF.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

            Frédéric Joignot








                        



                                


                            

Jean Gabin, le visage couvert de suie, concentré sur sa manœuvre, penché à extérieur de la ­ « Lison » – comme il appelle amoureusement sa locomotive à vapeur, une Pacifix 231 de l’époque : cette image du film La Bête humaine (1938), de Jean ­Renoir, a longtemps inspiré, et influence encore, toute une iconographie sur les cheminots. Elle montre l’alliance d’un employé du chemin de fer au savoir-faire précieux et d’une machine puissante, capricieuse, sorte de « monstre mécanique » décrit par Zola dans son roman éponyme publié en 1890.
« On retrouve cette imagerie du conducteur responsable, à l’air grave, sur les affiches de La Bataille du rail, le film de René Clément [1946], comme sur la plupart des ouvrages qui retracent l’histoire de la résistance des cheminots pendant l’occupation allemande » – la fameuse « Résistance-fer » –, rappelle le photographe Jean-Jacques d’Angelo, responsable de la valorisation de l’image à la Cité du train, à Mulhouse. Cette iconographie héroïque du cheminot dévoué et courageux remonte à la guerre de 1914-1918 : dans L’Usine nouvelle du 10 mars, le sociologue Georges ­Ribeill, membre fondateur de l’association Rails et Histoire, rappelle que le fameux « statut des cheminots », remis en cause aujourd’hui, « a été fabriqué en 1920 pour remercier les cheminots de leur engagement pendant la Grande Guerre ».
Savoir-faire technique
Dans les années 1950-1960, l’électrification fait évoluer les technologies et les métiers du rail, tout comme l’imagerie des cheminots – qu’ils soient conducteurs, ingénieurs ou ouvriers de maintenance. « En mars 1955, ils deviennent les maîtres de la vitesse en établissant le record du monde sur rail à 331 km/h avec deux locomotives, ­l’Alsthom CC 7107 et la BB 9004 Jeumot-Schneider », précise Jean-Jacques ­d’Angelo. La SNCF y consacre un documentaire (visible sur YouTube) dans lequel les conducteurs sont montrés...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-6">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤ Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-6"> ¤                
                                       
édition abonné


Et si les restes de la cantine allaient dans des frigos solidaires ?


                      Laurence Kerjean a lancé en 2016 Lefrigojaune, qui a pour but de récupérer les restes des restaurants d’entreprise. A la fin de la journée, les salariés pouvaient venir se servir. Une pratique antigaspillage louée par les sociétés mais qui rencontre les réticences des prestataires de la restauration collective.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h53
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Placer les restes de la cantine dans un gros frigo jaune et permettre aux salariés de se servir gratuitement avant de rentrer chez eux. Cette idée était portée, à travers Lefrigojaune, depuis 2016 par Laurence Kerjean, une quadragénaire qui œuvrait auparavant dans l’accompagnement du changement chez L’Oréal. Les surplus du restaurant d’entreprise étaient enregistrés dans une application grâce à laquelle les employés pouvaient se tenir informés de l’offre.
« Les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. » Laurence Kerjean, fondatrice de Lefrigojaune
Cette pratique antigaspillage entrait au bilan des actions de Responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Quelque 400 entreprises avaient déclaré leur intérêt pour ce « frigo jaune » dont l’entreprise fondée par Mme Kerjean assurait (pour 1 500 euros mensuels) la livraison, l’installation, la publicité interne, le nettoyage quotidien et la mesure d’impact RSE. « Dans les tests réalisés en milieu urbain, dit-elle, les employés prenaient souvent pour donner aux SDF en sortant. Mais cela aidait aussi les stagiaires ou les mères de famille. »

Mais le projet vient d’être mis en sommeil. Aucun des grands de la restauration collective n’a accepté de jouer le jeu. Chez Sodexo France, par exemple, on salue la démarche mais on attend des ­ « solutions » concernant « la réglementation sur la manipulation des produits entre nos restaurants et les frigos ». « Les trois grands groupes qui se partagent le marché se retranchent derrière une interprétation maximaliste du principe de précaution », confie, dépitée, Laurence Kerjean. Pourquoi ce blocage ? Parce que ces repas invendus, déjà subventionnés à moitié par l’entreprise, génèrent des revenus ? Qu’ils peuvent être revendus pour méthanisation ? Quoi qu’il en soit, Mme Kerjean espère que la loi Garot (février 2016)...




<article-nb="2018/03/31/17-7">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤ L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Cannabis : « Avec la dépénalisation, le taux de criminalité violente baisse »

L’économiste Paul Seabright rend compte dans sa chronique d’une étude qui compare l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats américains avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h57
    |

                            Paul Seabright (Institut d'études avancées de Toulouse)








                        



                                


                            

Recherches. Les effets de la dépénalisation de certaines drogues illicites sont complexes et difficiles à prévoir. Mais la discussion publique autour de cette perspective, elle, est toujours aussi passionnée, notamment autour de l’impact que la dépénalisation peut avoir dans plusieurs domaines : la consommation, la qualité des substances vendues, la santé des consommateurs, leurs autres habitudes de consommation, le degré de criminalité auquel le commerce est associé…
Une étude récente permet d’évaluer les effets sur la criminalité de la dépénalisation de la consommation de marijuana pour des utilisations médicales (Medical Marijuana Laws), mise en place par plusieurs Etats américains ces dernières années (« Is Legal Pot Crippling Mexican Drug Trafficking Organisations ? The Effect of Medical Marijuana Laws on US Crime », Evelina Gavrilova, Takuma Kamada et Floris Zoutman, Economic Journal, 16 novembre 2017).
Il est ici important de préciser que les Medical Marijuana Laws dépénalisent non seulement la consommation, sous certaines conditions, mais aussi la production. Elles créent ainsi une concurrence aux organisations clandestines criminelles, notamment d’origine mexicaine, qui contrôlaient jusqu’ici la grande majorité de la production destinée au marché américain. Cette nouvelle concurrence réduisant les rentes associées au commerce illégal diminue-t-elle les conflits que cette course au profit provoquait ?
Comparaison « avant » - « après »
Pour répondre à cette question, les auteurs ont utilisé une méthodologie appelée « difference-in-difference » pour comparer l’évolution du taux de criminalité violente après la dépénalisation médicale de la marijuana dans certains Etats avec cette même évolution dans les Etats qui n’ont pas eu recours à la dépénalisation.
Une simple comparaison entre « avant » et « après » dans un même Etat pourrait être trompeuse, car il peut y avoir d’autres facteurs qui...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-8">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤ Expérience personnelle, interrogations… A Dinan, un public plutôt âgé a débattu sereinement des évolutions de la procréation médicalement assistée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


PMA : « C’est la société dans laquelle nos enfants vont évoluer »

Expérience personnelle, interrogations… A Dinan, un public plutôt âgé a débattu sereinement des évolutions de la procréation médicalement assistée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h55
    |

                            Nicolas Legendre (Rennes, correspondance)








                        


                                                        
« Rencontre-débat avec la société », annonçait l’Espace de réflexion éthique régional de Bretagne. La salle Robert-Schuman a fait le plein. Près de 200 personnes sont venues participer à la soirée organisée dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, à Dinan (Côtes-d’Armor), jeudi 22 mars. Le thème ? Les évolutions possibles de la procréation médicalement assistée (PMA).
Une fois les aspects médicaux et juridiques détaillés de façon technique et dépassionnée, par une gynécologue-obstétricienne, un professeur de droit privé et un avocat, vient le temps du débat. Avec un objectif énoncé d’entrée : « Faire entendre les arguments et les opinions » afin qu’une « parole libre » circule, et non enchaîner les questions-réponses entre public et experts. Dont acte.
Les participants témoignent de leur expérience personnelle, formulent des interrogations et/ou expriment leur point de vue. Dans le calme, sans invective ni haussement de voix. Science, politique et philosophie s’entremêlent. Les propos font état d’une connaissance précise des enjeux.
« Dilemme »
Les approches sont diverses, notamment sur la possibilité, pour les couples de femmes, d’avoir accès à la PMA. Mais une thématique apparaît comme un fil rouge : le lien entre progrès technique et progrès éthique ou moral. Une femme évoque le risque actuel, à ses yeux, de « chosification de l’individu » : « On joue aux apprentis sorciers. » Et l’un de ses voisins de renchérir : « Ce projet de société, il faut quand même lui donner un nom, parce que ça va aboutir d’ici à quelque temps : ça s’appelle le transhumanisme. C’est un type de société que personne ne devrait souhaiter. »

A rebours, un retraité évoque la moyenne d’âge de l’assistance (en majorité des personnes de plus de 50 ans) : « Les jeunes sont très peu représentés et sont pourtant les plus concernés. La société et la famille évoluent. On peut être décontenancés...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-9">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤ Paroles de futurs médecins, infirmiers, sages-femmes lors d’un débat, mi-mars.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-9"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Marseille, des étudiants sans jugement sur la procréation médicalement assistée

Paroles de futurs médecins, infirmiers, sages-femmes lors d’un débat, mi-mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h53
    |

                            Luc Leroux (Marseille, correspondant)








                        


                                                        
Ils sont étudiants en médecine, infirmières en formation, apprenties sages-femmes, élèves d’une école de puériculture, en master de psychologie sociale de la santé ou lycéens… 90 jeunes ont pris part, vendredi 16 mars, à l’un des débats organisés par les Espaces éthiques méditerranéen et azuréen, déclinaison locale du Comité consultatif national d’éthique. Une journée de réflexion avec un public ciblé, autour de quatre cas cliniques.
Chez ces futurs professionnels de la santé, aucun jugement moral, à l’image de cette étudiante : « Avant on ne divorçait pas, puis le modèle familial a changé. Dans les familles recomposées, les enfants sont élevés par un autre homme que leur père ou une autre femme que leur mère. Pourquoi on n’accepterait pas le couple homosexuel comme une évolution de la structure familiale ? » Mais les opinions divergent au sujet du remboursement de la PMA à tous les couples, qu’ils soient hétérosexuels infertiles ou de femmes.
Une future sage-femme : « Ça ne me dérange pas, ça fait partie des évolutions de la société que deux femmes entament ce parcours. Pourtant, ça fait tiquer qu’elles aient les mêmes droits sociaux que les couples infertiles. » Mais elles sont confrontées à une même souffrance psychologique, veut aussitôt corriger un étudiant en psychologie sociale de la santé : « Est-ce qu’on ne peut pas voir cela comme une thérapie psychologique pour prendre en compte leur souffrance liée à la volonté de créer une famille, d’avoir un enfant à elles ? »
Etudiant en médecine et proche de l’aumônerie de la faculté, un jeune homme ose : « Si on valide l’argument de l’égalité pour la PMA, on aura la même chose pour la GPA, toujours au nom de l’égalité. La GPA, ça impose tout de même l’abandon de l’enfant à la naissance. » Un « mais, ça existe déjà ! » fuse parmi les participants. « Ce n’est pas pour autant que la société doit l’organiser, l’institutionnaliser », répond le jeune...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-10">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤ Véronique Fournier, à la tête du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, alerte sur l’application de la loi Claeys-Leonetti.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Sur la fin de vie, les règles sont « trop restrictives et dissuasives »

Véronique Fournier, à la tête du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, alerte sur l’application de la loi Claeys-Leonetti.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h55
    |

            François Béguin








                        



                                


                            
Deux ans après l’entrée en vigueur de la loi Claeys-Leonetti, la question de la fin de vie s’est invitée au programme des états généraux de la bioéthique. En arrière-plan, une question : le texte a-t-il permis d’améliorer la façon dont on meurt en France ? Alors qu’un premier bilan doit être publié en avril, Véronique Fournier, la présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV), créé début 2016, assure au Monde que certains professionnels de santé osent paradoxalement moins recourir à la sédation profonde et continue jusqu’au décès (une forme d’anesthésie sans réveil) chez les malades en phase terminale qu’avant la loi qui la met en place.
« J’étais la première à penser que cette loi allait améliorer les choses et permettrait de faciliter l’accès au soulagement de la souffrance. Je l’avais comprise comme une loi “zéro souffrance”. Or je m’aperçois que ça coince sur le terrain. Pour être sûrs de ne pas transgresser la loi, les médecins vont moins loin qu’avant », explique Mme Fournier, dont la nomination en 2016 avait suscité des inquiétudes chez une partie des professionnels des soins palliatifs, en raison de ses prises de position en faveur d’une « euthanasie palliative ».
Elle dénonce les règles d’application de la loi « beaucoup trop restrictives et dissuasives » publiées le 15 mars par la Haute Autorité de santé (HAS). « Il semblerait que ce soit l’aile conservatrice des soins palliatifs qui ait dicté ces recommandations », juge celle qui dirige également le Centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin à Paris.
« Une course d’obstacles »
La HAS explicite notamment ce qu’est un pronostic vital « engagé à court terme », l’un des critères nécessaires pour bénéficier d’une sédation profonde : cela correspond à « quelques heures » ou « quelques jours », pas au-delà. Pour Véronique Fournier, cette précision « exclut »...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-11">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤ Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans  d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-11"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Etats généraux de la bioéthique : les anti-PMA en force

Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans  d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 13h59
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            

Le grand amphithéâtre de Sciences Po est comble, ce lundi 26 mars, pour le premier grand débat parisien des Etats généraux de la bioéthique consacrés à la procréation médicalement assistée (PMA), avant la révision programmée de la loi de bioéthique. Quatre experts sont à la tribune : trois sont favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, dont le professeur René Frydman, « père » du premier bébé-éprouvette, tandis que Jean Leonetti, rapporteur des lois de bioéthique en 2011, défend le maintien du cadre actuel, qui réserve ces techniques aux couples hétérosexuels infertiles. Dès la fin des prises de parole à la tribune, une vingtaine de personnes se pressent vers l’estrade afin de prendre le micro. « Vous êtes favorables à l’utérus pour tous, vous êtes le représentant de Bienvenue à Gattaca [film d’anticipation se déroulant dans une société eugéniste], lance un homme en s’adressant à René Frydman, puis à la salle. Le monde qu’on vous promet vous fera souffrir ! »
Les prises de position s’enchaînent. Chacun se présente par son prénom. Margaux, étudiante en rhétorique à la Sorbonne, lit un extrait du Meilleur des mondes, d’Aldous Huxley, autre œuvre d’anticipation où les enfants sont conçus en laboratoire. Christelle, qui travaille dans le développement durable, affirme que « l’empreinte écologique de ces techniques [de procréation] est déplorable », Gwenaël craint qu’elles fassent « basculer la procréation dans le marché », Christophe s’inquiète d’une « filiation sans père »… Une partie de la salle applaudit à tout rompre, l’autre hue. Une atmosphère que déplore Nawal, une lycéenne de 17 ans : « Il y a beaucoup d’extrêmes, pas beaucoup d’écoute. » Ce qui ne l’empêche pas, comme beaucoup d’autres jeunes présents, d’avoir trouvé la soirée « intéressante ».
« Droit vers la GPA »
Le surlendemain à Paris, dans les locaux...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-12">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤ Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mayotte et les Comores, un archipel aux multiples contentieux

Depuis que les Mahorais ont souhaité rester dans la République française en 1974, l’Union des Comores conteste le statut de l’île.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h35
    |

            Patrick Roger








                        



                                


                            
Sur les barrages et dans les manifestations qui ébranlent Mayotte depuis six semaines, flotte un même symbole : le drapeau tricolore. Les Mahorais revendiquent haut et fort leur appartenance à la République française, qu’ils ont scellée en se prononçant majoritairement, lors de la consultation du 22 décembre 1974, contre l’indépendance. A l’inverse des populations des trois autres îles des Comores, Anjouan, Grande Comore et Mohéli.
Depuis, les gouvernements de l’Union des Comores n’ont eu de cesse de contester ce résultat, au nom du principe de « l’unité et l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores ». Comme en témoigne le refus récent des autorités de laisser débarquer sur leur territoire leurs ressortissants en situation irrégulière expulsés de Mayotte. Le conflit dure depuis plus de quarante ans et a été porté à maintes reprises devant l’assemblée générale des Nations unies.
Pour tenter de démêler ce contentieux juridique et diplomatique sur le statut de Mayotte, un bref détour historique s’impose. Le 25 avril 1841, le sultan Andriantsouli cède Mayotte à la France, moyennant une rente viagère annuelle et la prise en charge financière de ses deux enfants. Le traité de cession est ratifié par Louis-Philippe le 10 février 1843 et, le 13 juin, Mayotte devient française. Avant Nice et la Savoie, aiment à rappeler les Mahorais.
Grande confusion
Entre 1886 et 1892, les trois autres îles de l’archipel deviennent des protectorats français. Alors que l’esclavage a été aboli à Mayotte dès 1846, deux ans avant le décret Schœlcher, il est maintenu dans les trois îles jusqu’en 1902. En 1912, Anjouan, Grande Comore et Mohéli sont transformées en colonies françaises. En 1946, du fait du nouvel ordre institué à l’issue de la seconde guerre mondiale, les Comores forment un territoire d’outre-mer disposant d’une autonomie administrative et financière. Mais, dès 1958, après avoir approuvé massivement la Constitution de la Ve République,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-13">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤ Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-13"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »

Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h36
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Mayotte s’embrase et le gouvernement regarde ailleurs. Voilà six semaines que le département est en proie à un mouvement de grèves et de blocages contre l’insécurité. Six longues semaines au cours desquelles l’île n’a fait que s’enfoncer dans une crise désespérante, sans que l’Etat en prenne la mesure. Les Mahorais attendent des réponses fortes, que l’Etat s’avère incapable de leur apporter. Récit fragmenté d’une île en souffrance.
« Qu’est-ce que je fais de la clé ? »
La scène se passe sur le front de mer de Mamoudzou, jeudi 15 mars. Attablé devant un food truck, baptisé Le Camion blanc, sur le parking du port de plaisance, un client inhabituel. Le préfet Frédéric Veau patiente depuis près de cinq heures. A ses côtés, une flopée de hauts fonctionnaires, parmi lesquels l’ancien préfet de Mayotte Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial, le général de gendarmerie Lambert Lucas, le contrôleur général de la police nationale, Yves Jobic, ou encore Brice Blondel, le directeur adjoint du cabinet de la ministre des outre-mer Annick Girardin.
Les officiels n’en sont pas à leur premier rendez-vous compliqué. Deux jours auparavant, la ministre elle-même s’est cassé les dents. Mme Girardin croyait pourtant avoir fait un grand pas en rencontrant des représentants des élus, de l’intersyndicale et du collectif des citoyens à la Case Rocher, la résidence du préfet, à Petite-Terre. Le dialogue, fragile, avait débouché sur un communiqué du ministère, pour le moins prématuré, qui saluait « un accord mettant un terme à la crise de Mayotte ». Mme Girardin était déjà dans l’avion. Las. Le lendemain, les représentants du mouvement, heurtés par la méthode, réunis à Tsingoni, démentaient tout accord, et annonçaient la poursuite des grèves et des barrages. Retour à la case départ.
Tous les liens, cependant, n’ont pas été rompus. De discrets contacts ont été établis pour rendre possible une nouvelle...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-14">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤ Si les prix de l’immobilier à Dijon ont diminué en dix ans de 5,9 %, la ville croit beaucoup à la construction de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, qui doit être achevée à l’horizon 2019.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-14"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Dijon, un nouveau quartier en plein centre-ville

Si les prix de l’immobilier à Dijon ont diminué en dix ans de 5,9 %, la ville croit beaucoup à la construction de la Cité internationale de la gastronomie et du vin, qui doit être achevée à l’horizon 2019.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 07h00
    |

            Jérôme Porier








                        



                                


                            

Dijon est l’une des rares agglomérations en France où les prix de l’immobilier ont diminué en 2017 (-1 %). Sur dix ans, la baisse atteint même 5,9 %. Alors que le mètre carré a augmenté en moyenne de 153 % depuis 2002 dans les villes, la préfecture de Côte-d’Or n’affiche qu’une progression de 88 %, ce qui la situe au même niveau qu’Orléans. « Un calme qui s’explique d’abord par le manque de dynamisme économique de la région », estime Jean-François Buet, qui possède deux agences Fnaim dans la ville. Un avis que ne partage pas Pierre Pribetich, adjoint au maire chargé de l’urbanisme : « Les prix restent sages, car la ville a beaucoup construit, ce qui a permis de rééquilibrer l’offre et la demande », dit-il.
Depuis l’élection de François Rebsamen (PS) à la mairie, en 2001, la proportion de logements sociaux est ainsi passée de 13 % à 20 %, mais d’autres facteurs expliquent l’orientation du marché.
Les architectes Anthony Béchu et Alain-Charles Perrot
D’abord, la proportion de propriétaires occupants (61 %) est particulièrement élevée à Dijon. Et le taux de logements vides (7,9 %) n’est pas négligeable, ce qui pèse sur le niveau des loyers, situé aux alentours de 11 euros par m2 (12,50 euros pour les studios et T2, qui représentent 38 % du parc).
Mais la principale explication de cette atonie est d’ordre démographique : en quinze ans, la population de la ville n’a augmenté que de 2,5 %. Depuis cinq ans, on observe cependant un léger mieux : Dijon a gagné 4 000 nouveaux habitants en centre-ville, ce qui porte sa population à environ 160 000 personnes (pour plus de 250 000 sur l’agglomération).

La présence de nombreux étudiants, qui représentent 19 % de la population, stimule le marché locatif. Grâce à des prix d’achat qui restent modérés – environ 2 000 euros par mètre carré pour une petite surface –, un investisseur peut obtenir une rentabilité locative satisfaisante (environ 7 % dans l’ancien)....




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-15">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤ « Le Monde » a pris connaissance de l’ordonnance de renvoi de l’ancien président devant le tribunal correctionnel dans cette affaire de corruption et de trafic d’influence à la Cour de cassation.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Pacte de corruption » : l’accusation des juges contre Nicolas Sarkozy

« Le Monde » a pris connaissance de l’ordonnance de renvoi de l’ancien président devant le tribunal correctionnel dans cette affaire de corruption et de trafic d’influence à la Cour de cassation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h21
    |

            Gérard Davet et 
Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Nicolas Sarkozy a été l’acteur majeur d’un « pacte de corruption » dont il devra répondre devant un tribunal, telle est la conclusion cinglante à laquelle sont parvenues les juges Patricia Simon et Claire Thépaut. Les deux magistrates du pôle financier ont signé, lundi 26 mars, l’ordonnance de renvoi en correctionnelle des trois protagonistes de l’affaire Azibert, du nom de cet ancien avocat général à la Cour de cassation. Outre ce haut magistrat, l’ancien président de la République devrait comparaître devant le tribunal aux côtés de son avocat et ami, Thierry Herzog.
Dans leur ordonnance, dont Le Monde a pu prendre connaissance, les deux juges détaillent minutieusement l’ensemble des charges pesant sur les trois hommes, et argumentent juridiquement chacune de leurs décisions. La plus spectaculaire consistant à renvoyer en correctionnelle un ancien chef de l’Etat pour « corruption » et « trafic d’influence », une première sous la Ve République.
Les conseils de M. Sarkozy ont annoncé leur intention de faire appel de l’ordonnance de renvoi, mais jamais la perspective de le voir comparaître sur le banc des prévenus n’a semblé aussi proche. Le procès pourrait être audiencé en 2019.
Poste au Conseil d’Etat à Monaco
L’affaire, fondée sur une série d’écoutes téléphoniques, repose sur des conversations entre M. Sarkozy et son avocat, et entre ce dernier et M. Azibert. Les juges soupçonnent l’ancien président, par l’intermédiaire de son conseil, d’avoir, début 2014, promis au haut magistrat d’intervenir en sa faveur afin de lui obtenir un poste de prestige en principauté de Monaco, et ce en échange de renseignements confidentiels sur la procédure Bettencourt, alors examinée par la Cour de cassation. Un poste que M. Azibert n’obtiendra pas.
Mais les juges le martèlent dans leur ordonnance : la corruption étant « une infraction formelle », il n’est donc « pas nécessaire, pour qu’[elle]...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-16">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤ David Hallyday et Laura Smet contestent les dispositions qui les excluent de la succession de leur père
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-16"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                        

A l’audience sur la succession de Johnny Hallyday, l’affaire familiale devient cause patriotique

David Hallyday et Laura Smet contestent les dispositions qui les excluent de la succession de leur père



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 13h19
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



   


Le fond, on le connaît, personne n’a pu y échapper. David Hallyday et Laura Smet, les deux premiers enfants de Johnny Hallyday, contestent les dispositions testamentaires prises par leur père qui les excluent de sa succession et désignent comme seule bénéficiaire son épouse Laëticia. Le tout en vertu du droit californien qui permet de disposer librement de ses biens et de les donner à qui bon vous semble, contrairement à notre code civil, si attaché à la défense de la famille et à la transmission du patrimoine.
La bataille, engagée à la fois sur le front médiatique et juridique, a connu, vendredi 30 mars, son deuxième round devant le tribunal de grande instance de Nanterre, après un faux départ le 15 mars. Il n’est pour l’heure question que d’une procédure en urgence – le référé – destinée à convaincre le tribunal de prendre des mesures conservatoires afin de retarder d’une part la sortie de l’album posthume de Johnny Hallyday, sur lequel ses deux aînés revendiquent un droit de regard, et, d’autre part, de geler toute opération concernant ses biens immobiliers situés sur le territoire national, soit une résidence à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) et une autre à Saint-Barthélemy.
« Douleur intense » d’une fille et d’un fils
La première scène fut cocasse. A Nanterre, une fois franchi le mur de caméras, de micros et d’objectifs qui les attendait, les avocats des deux parties ont dû en affronter un second, composé des robes noires d’avocats, de greffiers et de magistrats, résolus à profiter de l’aubaine de cette audience pour donner écho à leur mouvement de protestation contre le projet de loi de programmation de la justice. « Justice morte », « euthanasiée », « paupérisée », ont scandé les manifestants avant de s’effacer courtoisement devant l’autre enjeu national du jour, cette audience consacrée à l’héritage de Johnny Hallyday, pour laquelle une bonne vingtaine de policiers et d’agents de sécurité avaient été mobilisés.
En défense des deux exhérédés, Mes Carine Piccio, Pierre-Jean Douvier, Hervé Temime, Emmanuel Ravanas et Pierre-Olivier Sur ont dressé un portrait cruel de Laëticia Hallyday, désignée au choix comme « Madame Boudou » ou « la cinquième épouse ».
A la femme d’affaires avisée et « manipulatrice » qui, après « six testaments successifs, trois contrats de mariage et deux changements de régimes matrimoniaux », est devenue l’unique bénéficiaire du trust mis en place pour gérer le patrimoine du chanteur, à la toute puissante veuve qui s’est adjoint les services de Michèle Marchand, papesse des journaux people, pour défendre son image, ils ont opposé « la douleur intense » d’une fille et d’un fils tenus à l’écart des ultimes moments de vie de leur père et contraints de réclamer en justice le droit d’entendre ses derniers enregistrements.
« Johnny est un destin français »
Au fil de plaidoiries s’adressant autant aux juges qu’à l’opinion publique, les déboires familiaux et patrimoniaux de Laura Smet et de David Hallyday se sont mués en combat patriotique. « Où Johnny malade a-t-il décidé de se faire soigner ? En France ou aux Etats-Unis ? Où Johnny vend-il ses disques ? En France ou aux Etats-Unis ? Johnny est une part de la France, Johnny est un destin français », s’est enflammé Me Ravanas. « Tout a été fait pour que la France n’ait plus accès à quoi que ce soit alors que le patrimoine de Johnny est français », a renchéri Me Douvier, convoquant devant les juges 67 millions de déshérités.
« Je vais ramener un peu de calme et de sérénité, expliquer non pas un fantasme mais une réalité », a répliqué l’avocat de Laëticia Hallyday, Me Ardavan Amir-Aslani. « On nous reproche plusieurs testaments et alors ? Tous vont dans le même sens : désigner sa femme, Laëticia, qui a passé vingt-trois ans à ses côtés. L’artiste n’avait rien quand il l’a rencontrée. Ce qu’il a acquis, il l’a acquis avec elle. Et il a choisi de soumettre son destin à la loi du pays qu’il habitait depuis dix ans, où ses deux enfants mineures sont scolarisées, où il payait ses impôts et où il enregistrait ses albums. L’Amérique était le choix de vie de l’artiste, a-t-il assuré. Il n’est revenu en France que pour honorer sa tournée des “Vieilles Canailles”. Ce n’est pas parce qu’il est mort en France qu’il est résident français. »
Sous les mots policés de l’avocat, la France de Johnny ressemblait tout d’un coup à une vieille épouse abandonnée. Délibéré le 13 avril.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-17">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤ Un document interne des services antiterrorristes français que « Le Monde » a pu consulter permet de dresser un état des lieux des projets d’attaques sur le sol français depuis plus de quatre ans.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

2013-2018, radiographie du terrorisme « made in France »

Un document interne des services antiterrorristes français que « Le Monde » a pu consulter permet de dresser un état des lieux des projets d’attaques sur le sol français depuis plus de quatre ans.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h37
   





                        



   



   





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-18">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤ Voisins, commerçants et restaurateurs les remplissent de dons, d’invendus ou de produits en date limite de consommation. Ces réfrigérateurs en libre-service permettent aux plus démunis de se nourrir dans la dignité et aident à lutter contre le gaspillage.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-18"> ¤                
                                       
édition abonné


Les frigos solidaires essaiment en ville


                      Voisins, commerçants et restaurateurs les remplissent de dons, d’invendus ou de produits en date limite de consommation. Ces réfrigérateurs en libre-service permettent aux plus démunis de se nourrir dans la dignité et aident à lutter contre le gaspillage.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h35
    |

            Pascale Krémer








                              

                        

Le réfrigérateur du futur, finalement, ne sera peut-être pas connecté, ni doté d’un écran tactile. Mais collectif et solidaire. Voilà que le frigo, ce gros électroménager de toutes les cuisines, si banal, familier, avec ses clayettes amovibles, son bac fraîcheur, son air brassé, se voit soudain érigé en ultramoderne symbole de lutte contre le gaspillage alimentaire et d’aide aux plus démunis.
« Ce frigo fédère. C’est la bonne action que l’on fait facilement dans la journée. Beaucoup plus concret qu’un don à une asso ! » Dounia Mebtoul, restauratrice
Devant La Cantine du 18, restaurant des familles branchées, rue Ramey, dans le 18e arrondissement de Paris, trône un gros réfrigérateur habillé de bois clair. Sur sa porte, un large cercle rouge indique : « Les frigos solidaires ». ­Dounia Mebtoul, 26 ans, et sa mère, Malika, les deux patronnes, veillent depuis juin 2017 sur ce frigo de rue en libre-service. Qui le peut dépose des aliments. Qui a besoin se sert librement. « C’est devenu un emblème, dans le quartier, sourit Dounia Mebtoul. Ce frigo fédère. C’est la bonne action que l’on fait facilement dans la journée. Beaucoup plus concret qu’un don à une asso ! »
Lors d’un séjour à Londres, en 2012, la jeune femme découvre le People’s Fridge du quartier de Brixton. Elle se renseigne, apprend l’existence des frigos solidaires allemands – que des milliers de bénévoles remplissent en récupérant les invendus des commerçants –, celle des frigos communautaires québécois, d’autres expériences belges, espagnoles, indiennes… « Emballée », elle mobilise deux associations à Paris : Le Carillon, qui rassemble les commerçants du 18e arrondissement soucieux des sans-abri, et Cap ou pas cap, déjà à l’origine de boîtes à dons. Le 8 juin 2017, après appel à financement participatif, le premier réfrigérateur en partage de Paris est inauguré sur la terrasse de son restaurant.
« Partager avec ceux qui sont...



<article-nb="2018/03/31/17-19">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Hommage national, meurtre antisémite, mobilisation contre la réforme universitaire : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h34
   





                        



   


Hommage national à Arnaud Beltrame
L’autopsie d’Arnaud Beltrame, le lieutenant-colonel de gendarmerie mort samedi 24 mars après avoir pris la place, la veille, d’une femme retenue en otage par Radouane Lakdim dans un supermarché à Trèbes (Aude), a révélé « une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche » ainsi que des blessures par balles aux membres.
Marine P., la compagne de Radouane Lakdim, a été mise en examen mardi, pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteinte aux personnes », conformément aux réquisitions du parquet. Elle a sollicité un débat différé sur son placement en détention provisoire.
Au Palais-Bourbon, un hommage solennel des députés a été donné au policier, où les chefs de chaque groupe politique ont pris la parole, sans pour autant effacer les polémiques grandissantes sur la gestion gouvernementale en matière de lutte contre le terrorisme. Certaines lignes de fracture sont mêmes apparues au sein de la majorité.

        Lire aussi :
         

                Terrorisme, radicalisation : un arsenal de lois déjà bien fourni



Annoncé dès samedi dans la soirée, un hommage national en l’honneur de M. Beltrame « qui a fait le don de sa vie pour protéger nos concitoyens » a eu lieu mercredi à Paris, où le président de la République Emmanuel Macron a prononcé un éloge funèbre. Les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par Radouane Lakdim, auxquels ont assisté des membres du gouvernement, ont eu lieu à Carcassonne et à Trèbes près d’une semaine après les attentats.

        Lire aussi :
         

                Attentats dans l’Aude : portraits des victimes



Meurtre antisémite à Paris
Les pompiers, qui intervenaient le 23 mars pour éteindre un incendie qui s’était déclaré dans un appartement du 11e arrondissement de Paris, ont découvert le corps de Mireille Knoll, en partie calciné et lardé de onze coups de couteau. Née le 28 décembre 1932 à Paris, elle s’était enfuie de la capitale à la faveur d’un passeport brésilien avec sa mère avant l’arrestation massive de plus de 13 000 juifs en juillet 1942, lors de la rafle du Vél d’Hiv.
Une enquête a vite permis d’identifier et d’interpeller, le lendemain, un premier suspect, âgé de 27 ans et connu de la victime. Un second, un sans-domicile-fixe de 21 ans, a été interpellé durant le week-end. Les deux hommes, récemment sortis de prison, ont présenté des versions contradictoires qui n’ont pas dévoilé les motivations du crime, mais qui ont conduit le parquet à retenir le caractère antisémite du meurtre ainsi que leur mise en examen.
Une « marche blanche » à la mémoire de l’octogénaire a été organisée à l’initiative du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Son président s’était réjoui que « beaucoup de personnalités, de diverses tendances politiques, [aient] annoncé leur venue » tout en appelant à ce que ni Marine Le Pen (Front national) ni Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ne soient présents dans le cortège. Malgré ces injonctions, les deux chefs de parti se sont déplacés. A contre-courant du message d’unité prôné par la grande majorité des manifestants, ils se sont fait copieusement huer par la foule.
Mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université
Cela faisait déjà plusieurs semaines que des blocages étaient organisés pour protester contre la réforme de l’accès à l’université. Dans la nuit du 22 au 23 mars, quelques dizaines d’étudiants occupent l’amphithéâtre de la faculté de droit de Montpellier. Des personnes cagoulées et armées de bâtons et de Taser y font irruption, expulsant violemment les étudiants. Le lendemain, Philippe Pétel, le doyen de l’université, mis en cause par des étudiants, a démissionné. Il avait précédemment affirmé que les cagoulés « étaient dans le clan des occupants ». Dans la soirée, M. Pétel a été mis en examen pour complicité d’intrusion. Un professeur qui aurait participé à la rixe a lui aussi été mis en examen.

        Lire aussi :
         

                Revendications, ampleur... où en est la mobilisation dans les universités ?



Ces violences ont joué un rôle de catalyseur pour une contestation jusque-là plutôt limitée. Depuis le début de la semaine, près d’une dizaine d’établissements – surtout des facultés de sciences sociales – rencontrent des situations de blocage ou des perturbations, sans compter les rassemblements en solidarité avec les étudiants héraultais.
Sur fond de climat de plus en plus tendu, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a appelé jeudi à l’«apaisement », tout en exigeant qu’il n’y ait pas de violences et que les partiels puissent se dérouler dans de bonnes conditions.
 
Mais aussi
Catalogne. Carles Puigdemont, l’ex-président catalan, a été arrêté par la police allemande en vertu d’un mandat d’arrêt international le 25 mars.Déficit public. Le déficit public de la France est passé sous la barre des 3 % de produit intérieur brut (PIB) pour 2017. Une première depuis dix ans.Skripal. La tentative d’assassinat d’un ancien agent double sur le sol britannique a mené les Etats-Unis, le Canada et quatorze Etats européens à annoncer l’expulsion de diplomates russes, lundi. Moscou a répliqué, jeudi, en expulsant soixante diplomates américains.Ecole obligatoire. Mardi, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de la scolarité obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019.Kim Jong-un. Le leader de la Corée du Nord s’est rendu en Chine, son premier voyage depuis sa prise de pouvoir en 2011.Nouvelle-Calédonie. « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », sera la question posée aux électeurs lors du référendum qui se tiendra dans le territoire, le 4 novembre.IA. Cédric Villani, député (La République en marche) de l’Essonne et mathématicien détenteur d’une médaille Fields, a remis un rapport sur l’intelligence artificielle au gouvernement.Football. La France a battu la Russie 3-1 à Saint-Pétersbourg, mardi, sans séduire.Egypte. Le président sortant, Al-Sissi, a été réélu, jeudi, avec plus de 90 % des voix. La participation, seul enjeu de l’élection, est en deça des attentes des autorités.Trump. Le départ du secrétaire américain aux anciens combattant a été annoncé sur Twitter par le président. C’est la vingt-huitième personne qui quitte l’administration depuis la prise de fonctions du président.PS. Seul candidat en lice pour le second tour, jeudi, Olivier Faure sera investi premier secrétaire lors du congrès du parti, le 7 et 8 avril.Nicolas Sarkozy. Dans « l’affaire des écoutes », l’ancien président de la République a été renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » pour avoir voulu influencer un haut magistrat afin d’obtenir une décision favorable de la Cour de cassation.Nordhal Lelandais. L’homme, mis en examen dans la mort de la petite Maëlys, a avoué avoir tué le caporal Arthur Noyer, en avril 2017.Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue dans un an. Mais les modalités sont loin d’être réglées.SNCF. La ministre des transports, Elisabeth Borne, doit donner des éléments sur les modalités de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire en France, à quelques jours de la grève à la compagnie publique.
Disparitions
Philip Kerr. Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain créateur du héros Bernie Gunther, est mort le 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.Linda Brown. Le refus de son inscription par une école publique du Kansas au début des années 1950 avait donné lieu à un arrêt – Brown v. Board of Education – mettant fin à la ségrégation raciale scolaire aux Etats-Unis. Elle est décédée à 76 ans, le 25 mars.Stéphane Audran. Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche et l’épouse. Elle avait 85 ans.Clément Rosset. Le philosophe, dont les thèmes majeurs étaient le double et le tragique, est mort le 28 mars, à Paris, à l’âge de 78 ans.Véronique Lossky. Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaïeva, l’auteure et traductrice, est décédée à Paris, le 17 mars, à 87 ans.Daryush Shayegan. Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales, est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.Christophe Salengro. Danseur, comédien, il incarnait le président de la présipauté du Groland sur Canal + depuis vingt-cinq ans. Il est mort à 64 ans.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-20">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤ Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant
<filname="PROF-0,2-3224,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’animal dans le droit, à la fois chose et sujet

Des êtres sensibles soumis au régime des biens : l’ambiguïté du statut des bêtes est mise en évidence par un ouvrage qui regroupe tous les textes de loi les concernant



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h30
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h14
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Il est né le 22 mars et c’est le premier du genre, en France comme en Europe. Lourd de plus de 1 000 pages, le Code de l’animal, publié aux éditions LexisNexis (49 euros), réunit sous sa couverture bleue l’intégralité des textes dispersés dans les sept codes qui régissent notre rapport aux animaux ­ (codes civil, pénal, de procédure pénale, rural et de pêche maritime, de l’environnement, des collectivités territoriales, de la santé publique), ainsi que les grandes décisions jurisprudentielles concernant les animaux de compagnie, de ferme, sauvages ou apprivoisés. Une petite révolution.
Symbole
Non pas que ce code privé – au même titre que le code de la montagne ou le code administratif – contienne de nouvelles lois. Mais sa publication, réalisée par une équipe de spécialistes en droit animalier en collaboration avec la Fondation 30 millions d’amis, aurait été impensable il y a seulement dix ans. Un symbole à lui seul de la transformation de notre regard sur les bêtes depuis la première loi française d’importance en matière de protection animale, dite loi Grammont, du 2 juillet 1850.
« Seront punis d’une amende de cinq à quinze francs, et pourront l’être d’un à cinq jours de prison, ceux qui auront exercé publiquement et abusivement des mauvais traitements envers les animaux domestiques », précisait-elle. « Une loi fondatrice mais restreinte à l’espace public, qui protégeait essentiellement la sensibilité des spectateurs et non pas celle des animaux », souligne Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé à l’université de Limoges et codirecteur du code de l’animal. Il fallut attendre plus d’un siècle, soit le décret du 7 septembre 1959 d’Edmond Michelet, ministre de la justice du général de Gaulle, pour que la répression des mauvais traitements soit élargie au domaine privé et pour que les animaux soient protégés en raison de leur propre sensibilité.

Le droit pénal avait donné le ton mais, pendant...




                        

                        

