<FILE-date="2018/03/31/17">

<article-nb="2018/03/31/17-1">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤ Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Chasse à la baleine : le Japon tue 333 cétacés dans l’Antarctique

Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 15h09
   





                        



   


Des baleiniers japonais sont rentrés au port samedi 31 mars après avoir capturé 333 cétacés dans l’océan Antarctique, sans avoir été confrontés à la moindre manifestation de protestation par des organisations opposées à cette chasse, ont annoncé les autorités.
Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon. Trois baleiniers, y compris le principal navire de la flotte, le Nisshin Maru, sont arrivés samedi matin au port de Shimonoseki, dans l’ouest du Japon, selon un responsable du port.
Au total, les cinq baleiniers ont capturé 333 baleines de Minke (petits rorquals), comme prévu, sans avoir été interrompus par des opposants à ces campagnes, a fait savoir l’Agence de la pêche par un communiqué.

        Lire aussi :
         

                Le Japon poursuit sa pêche à la baleine en Antarctique



Sea Shepherd absent
Les baleiniers japonais ont été confrontés dans le passé à des organisations de défense des animaux, notamment à Sea Shepherd. L’ONG avait annoncé l’année dernière qu’elle ne projetait pas d’opération de protestation en mer cette saison.
En décembre 2016, l’ONG Sea Shepherd et les baleiniers japonais jouaient pourtant encore au chat et à la souris dans l’immensité de l’océan Austral. Grâce à leur hélicoptère, les écologistes étaient parvenus à repérer et à prendre en photo un bateau japonais, qualifié d’« abattoir flottant » : sur son pont gisait une baleine de Minke, espèce protégée, qui venait d’être pêchée. Non loin se trouvaient deux navires de pêche au harpon. La scène s’est déroulée, selon l’ONG, dans les eaux australiennes de l’Antarctique, au cœur de l’Australian Whale Sanctuary (« Sanctuaire australien des baleines »), une zone où toute pêche à la baleine est interdite.
Sea Shepherd demande depuis plusieurs années à l’Australie d’envoyer des bateaux pour empêcher les Japonais de pêcher. « Nous sommes les seuls entre les bateaux de chasse japonais et ces magnifiques baleines. Or ce n’est pas à nous d’être là », disait Jeff Hansen en 2016.
Faille
Depuis 1986, la chasse à la baleine est interdite. Le Japon a bien signé le moratoire sur la chasse de la Commission baleinière internationale, mais il utilise une faille du texte pour le contourner en affirmant mener des études scientifiques, ce qui est autorisé. Tokyo a cependant beaucoup de mal à convaincre de la véracité de son argument, et la viande de baleine continue d’être servie dans certains restaurants japonais.
La Cour internationale de justice avait sommé le Japon en 2014 de mettre fin à ses campagnes de chasse régulières dans les eaux de l’Antarctique, soulignant qu’elles ne correspondaient pas aux critères scientifiques requis. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a réitéré, à la fin du mois de janvier, la volonté de son pays de poursuivre la chasse à la baleine dite « scientifique » dans l’Antarctique et de reprendre à terme la pêche commerciale.
La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, où elle a été chassée pendant des siècles. L’industrie baleinière a connu son essor après la seconde guerre mondiale, pour apporter des protéines animales aux habitants du pays. La demande des consommateurs japonais a cependant considérablement diminué ces dernières années.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-2">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤ Le Kremlin a annoncé, samedi, que Londres devrait réduire son personnel diplomatique en Russie de plus de cinquante personnes, dans le cadre des suites de l’affaire Skripal.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Expulsion de diplomates occidentaux : Moscou poursuit sa riposte diplomatique

Le Kremlin a annoncé, samedi, que Londres devrait réduire son personnel diplomatique en Russie de plus de cinquante personnes, dans le cadre des suites de l’affaire Skripal.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h56
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 17h03
   





                        


Moscou poursuit sa riposte diplomatique aux pays occidentaux dans le cadre des suites de l’affaire Skripal. Le Kremlin a annoncé, samedi 31 mars, que la Grande-Bretagne devrait réduire son personnel diplomatique en Russie de plus de cinquante personnes. La veille, Moscou avait notifié leur expulsion à cinquante-huit diplomates — en majorité européens — travaillant au ministère des affaires étrangères russe.
La Russie a également donné un mois à Londres pour réduire son effectif diplomatique en Russie au même niveau que celui des missions diplomatiques russes au Royaume-Uni. « La Russie a suggéré la parité. La partie britannique a plus de cinquante personnes en excédent », a déclaré la porte-parole du ministère des affaires étrangères, Maria Zakharova. A Londres, une porte-parole du bureau des affaires étrangères s’est bornée à déclarer samedi :
« Nous étudions les implications des mesures annoncées par le ministère des affaires étrangères russe. »

        Lire aussi :
         

                Moscou expulse à son tour des diplomates occidentaux, dont quatre français



Ces annonces de Moscou répondent à l’expulsion collective inédite de plus de cent quarante de ses diplomates par des pays occidentaux, en solidarité avec Londres, en raison de l’empoisonnement au Royaume-Uni de l’ex-agent double Sergueï Skripal et de sa fille avec un agent innervant militaire.
Londres impute à la Russie cet empoisonnement, malgré les démentis de Moscou, qui clame son innocence et a demandé la convocation d’une « session extraordinaire » du Conseil exécutif de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). Au total, près de trois cents expulsions de diplomate ont été annoncées de part et d’autre.
Perquisition à bord d’un avion russe
Par ailleurs, le Royaume-Uni a annoncé samedi que la police aux frontières britannique avait perquisitionné à bord d’un avion russe dans un aéroport londonien. Une opération qui a provoqué l’indignation de la Russie, en pleine crise diplomatique entre les deux pays.
« Il est routinier pour la police aux frontières de perquisitionner à bord d’avions pour protéger le Royaume-Uni du crime organisé et de ceux qui essaient d’introduire des substances nocives comme de la drogue et des armes dans le pays », a déclaré le secrétaire d’Etat à la sécurité, Ben Wallace. « Une fois ces contrôles effectués, l’avion a été autorisé à poursuivre son voyage », a-t-il ajouté dans un communiqué.
L’ambassade de Russie à Londres avait dénoncé vendredi dans un communiqué une perquisition effectuée par les autorités aéroportuaires britanniques à bord d’un appareil de la compagnie aérienne russe Aeroflot reliant Moscou à Londres à l’aéroport de Heathrow, selon elle « en violation des règlements en vigueur ». L’ambassade a qualifié l’incident de « nouvelle provocation flagrante des autorités britanniques », estimant qu’elle relevait de la « politique hostile » menée par Londres envers la Russie.
Départ des diplomates russes des Etats-Unis
Parallèlement aux passes d’armes entre Londres et Moscou, l’ambassadeur de Russie à Washington, Anatoli Antonov, a annoncé samedi que les soixante diplomates russes expulsés par les Etats-Unis dans le cadre de cette affaire regagneraient la Russie ce même jour.
« Le 31 mars, tous les diplomates qui ont été déclarés “persona non grata” rentreront chez eux en avion avec leurs familles », a déclaré l’ambassadeur aux journalistes. Au total, cent soixante et onze personnes vont quitter le pays, et le gouvernement russe a fourni deux avions pour leur transport, dont l’un fera une brève escale à New York pour y récupérer quatorze familles, a-t-il ajouté.
Washington a qualifié d’« espions » les diplomates expulsés, dont quarante-huit étaient attachés à l’ambassade de Russie à Washington et douze à la mission russe à l’ONU, et a décrété la fermeture du consulat russe à Seattle (Nord-Ouest).

        Lire aussi :
         

                Affaire Skripal : amélioration de l’état de santé de la fille de l’agent secret



Les diplomates russes, dont Moscou a démenti qu’ils soient des espions, avaient jusqu’à lundi pour quitter le territoire des Etats-Unis.
Toutefois, le personnel expulsé peut être remplacé, ont fait savoir les autorités américaines. « Le gouvernement russe reste libre de solliciter des accréditations pour les postes désormais vacants à la mission bilatérale », a dit vendredi un responsable du département d’Etat.
La Russie a répliqué jeudi à Washington en annonçant le renvoi de soixante diplomates américains et la fermeture du consulat de Saint-Pétersbourg, mais elle n’a pas non plus exigé de réduction du personnel diplomatique.

Nombre de diplomates russes expulsés, par pays
Les Etats-Unis et 18 pays de l’Union européenne, rejoints notamment par l’Ukraine, le Canada, la Norvège et l’Australie, ont annoncé l’expulsion de diplomates russes à la suite de l’empoisonnement en Grande-Bretagne de l’ex-espion russe Sergueï Skripal. Voici le nombre de diplomates russes expulsés, pays par pays.
Etats-Unis : 60Royaume-Uni : 23Ukraine : 13OTAN : 7Allemagne : 4Canada : 4France : 4Pologne : 4Lituanie : 3Moldavie : 3République tchèque : 3Albanie : 2Australie : 2Danemark : 2Espagne : 2Italie : 2Pays-Bas : 2Belgique : 1Croatie : 1Estonie : 1Finlande : 1Hongrie : 1Irlande : 1Lettonie : 1Macédoine : 1Norvège : 1Roumanie : 1Suède : 1Total : 151





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-3">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤ Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
édition abonné


En Birmanie, l’échec socio-économique d’Aung San Suu Kyi suscite la déception

Deux ans après la formation du gouvernement dirigé de fait par l’ancienne dissidente, ses partisans ne cachent pas leur frustration, notamment les plus démunis.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h16
    |

                            Antoine Clapik (Rangoun, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Je suis un partisan de longue date de la “Lady”, et je l’aime encore. Mais la NLD [Ligue nationale pour la démocratie, le parti d’Aung San Suu Kyi] n’a pas tenu ses promesses électorales. Franchement, je suis déçu. »
Ainsi parle Than Shein, 68 ans, ancien conducteur de cyclo-pousse, homme à tout faire, menuisier de circonstance et résident à plein temps d’un bidonville situé dans le quartier industriel de Hlaing Thar Yar, en périphérie de Rangoun.
Ce sexagénaire, qui ne possède pas de téléphone, pas de page Facebook et, naturellement, pas d’ordinateur, est remarquablement bien informé : sur le terrain politique et social, il n’est jamais avare de sa parole. Pourtant, il habite dans ces marges de la grande ville où des dizaines de milliers de personnes comme lui vivent dans des conditions misérables depuis qu’en 2008, le cyclone Nargis les a chassées de leurs villages du delta du grand fleuve Irrawaddy. La catastrophe fit près de 140 000 morts. « On a tout perdu », dit Than Shein.
« Vous savez quoi ? La NLD n’en a rien à faire des pauvres… ».
Sa bicoque de bambous tressés et de bâches en plastique est dans un tel état qu’elle paraît avoir, elle aussi, connu un désastre naturel : la masure est un capharnaüm où s’empilent au petit malheur la chance divers objets, de la casserole au tas de hardes empoussiérées, de la pendule antique à l’armoire en planches disjointes.
« Durant le scrutin de 2015 [les premières élections libres en vingt-cinq ans qui virent la NLD remporter une écrasante victoire], j’ai emmené des gens gratuitement sur mon cyclo-pousse dans les bureaux de vote pour qu’ils puissent apporter leurs voix au parti de la “Dame”, explique Than Shein en un sourire navré qui découvre une dentition rare. Et qu’est-ce que je vois aujourd’hui ? Des voisins d’un autre bidonville éjectés de leurs squats sous prétexte qu’ils n’ont pas de permis de résidence ! Vous savez quoi ?...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-4">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤ La revue de Sartre et Beauvoir consacre un dossier au Venezuela.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
édition abonné


L’échec du chavisme selon « Les Temps modernes »

La revue de Sartre et Beauvoir consacre un dossier au Venezuela.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h00
    |

                            Paulo A. Paranagua








                        



                                


                            
L’intelligentsia française a longtemps flirté avec Hugo Chavez et sa « révolution bolivarienne ». Aussi, le dossier que consacre au Venezuela la revue de Sartre et Beauvoir est un petit événement. Pour ne pas désespérer Billancourt, l’ensemble se situe « dans une perspective de gauche », précise l’avant-propos de ce numéro des Temps modernes. Il aura fallu vingt ans de chavisme (1998-2018) pour que cet avatar de populisme enrobé de rhétorique révolutionnaire devienne infréquentable.
Dérive plébiscitaire et autoritaire
La faillite n’est pourtant imputable ni à la bêtise de Nicolas Maduro, qui a succédé en 2013 au « Commandant éternel », ni à la chute du cours du pétrole. La catastrophe économique et sociale était inscrite dans la gabegie de ces deux décennies à l’égard d’une rente pétrolière qui s’élève à 1 000 milliards d’euros. Plus dépendant que jamais de l’exportation d’hydrocarbures et de l’importation de presque tout, le Venezuela sombre dans la misère. Mais l’échec du chavisme, cerné par l’historienne Margarita Lopez Maya, est avant tout politique.
La dérive plébiscitaire et autoritaire de Chavez, en effet, a débouché sur une « dictature à vocation totalitaire ». Conflits écologiques inhérents à l’extractivisme, montée de la famine, culte de Bolivar ou mensonge décomplexé comme méthode discursive sont autant d’aspects évoqués par les auteurs, presque tous vénézuéliens, dont certains sont des « chavistes déçus » qui n’ont pas renoncé à la lucidité.
Dommage que trois facteurs essentiels à la compréhension de la situation ne soient pas abordés. Le premier est l’influence néfaste, si ce n’est l’emprise, du régime cubain sur son précieux allié, fournisseur de pétrole et de devises en échange de services payés au tarif fort. Le castrisme reste un point aveugle pour l’opinion européenne. Le deuxième sujet est la nature politique de l’opposition, ce qui implique d’expliquer comment Chavez a divisé et phagocyté...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-5">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤ Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Dans les coulisses de la Pharmacie des armées

Chaque année, 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables sont fabriquées sur dix lignes de production installées près d’Orléans. Le tout pour le compte de la défense et du ministère de la santé.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 11h00
    |

            Chloé Hecketsweiler








                        



                                


                            

L’affaire de l’agent russe, Sergueï Skripal, empoisonné dimanche 4 mars dans la petite ville britannique de Salisbury, semble tout droit sortie d’un roman d’espionnage. La détection d’une substance neurotoxique, baptisée Novitchok, souligne cependant que l’utilisation d’armes chimiques représente une menace bien concrète. Bien plus puissant que d’autres poisons comme le gaz sarin, ou l’agent VX – qui aurait été utilisé pour assassiner le demi-frère du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un le 13 février 2017 à l’aéroport de Kuala Lumpur – le Novitchok a été mis au point par les Russes en pleine guerre froide. Une quantité infime de poudre suffit à intoxiquer la cible, avec l’apparition des premiers symptômes – ralentissement du rythme cardiaque, asphyxie – trente secondes à deux minutes seulement après l’exposition. Il n’existe aucun antidote connu à ce jour.

L’histoire ne préoccupe pas que les diplomates russes et britanniques. « Avec ces neurotoxiques, on peut tuer un groupe de soldats en quelques minutes », souligne le commandant François Caire-Maurisier qui dirige la Pharmacie centrale des armées (PCA). Situé en pleine campagne, à Chanteau (Loiret), près d’Orléans, cet établissement unique en Europe développe et fabrique des médicaments destinés à protéger militaires et civils contre les risques nucléaires, radiologiques, biologiques, et chimiques (NBRC). Chaque année, en moyenne 3 millions de boîtes de comprimés et 500 000 unités injectables y sont fabriquées sur dix lignes de production pour le compte de l’armée et du ministère de la santé.
Des antidotes aux armes chimiques
Délivrée à tous les soldats, la  trousse du combattant  est à l’image des dangers qui les guettent : on y trouve un garrot tourniquet, que l’on peut poser d’une seule main, une poche de chlorure de sodium à utiliser en cas d’hémorragie, une seringue de morphine et un antidote que l’on peut s’autoinjecter en cas d’exposition à une substance neurotoxique. « Chaque...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-6">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

La France impuissante face à la guerre turque contre les Kurdes

Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Que la France envoie ou non certaines de ses forces spéciales déjà présentes en Syrie vers Manbij dans le but de prévenir l’offensive annoncée à grand bruit par le président turc Erdogan ne changera pas grand-chose. Confirmé par les uns, démenti par les autres, ce déploiement, s’il a lieu, ne pourra être que symbolique. Manbij, une ville arabe contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont l’encadrement est principalement kurde, est déjà sous la protection de soldats américains depuis l’automne 2016.
Les FDS et les unités kurdes sont les alliés de la coalition internationale contre l’Etat islamique, dont la France fait partie depuis 2014. Elles ont pris Rakka, la capitale du « califat » syrien de l’organisation Etat islamique (EI). Vue depuis Paris, la poursuite de la lutte contre les djihadistes est un impératif de sécurité nationale. Il nécessite d’apporter un minimum de garanties politiques et sécuritaires aux FDS, visées par M. Erdogan, qui les considère comme le prolongement, en Syrie, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre lequel il est en guerre. La prise de l’enclave kurde syrienne d’Afrin par l’armée turque et ses alliés arabes syriens a été le premier acte de la lutte à mort que M. Erdogan veut leur mener.
Un partenaire essentiel
En recevant une délégation civile et militaire, liée au FDS, jeudi 29 mars à l’Elysée, Emmanuel Macron a cherché à montrer sa solidarité avec les meilleurs alliés de la France dans sa guerre contre le djihadisme. Pour Ankara, cette forme de reconnaissance est totalement inacceptable : l’implantation durable d’une entité politique dominée par les FDS à sa frontière est, pour la Turquie, une menace existentielle.

        Lire aussi :
         

                Erdogan tance Macron, accusé de soutenir les Kurdes de Syrie



Or la Turquie est aussi un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le djihadisme – en extradant les ressortissants français qu’elle intercepte sur son territoire et en servant de garde-frontière à l’Europe dans le cadre de sa politique migratoire. Paris cherche donc à ménager tout le monde. Dans le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre de jeudi, l’Elysée affirme que le président de la République « a assuré les FDS du soutien de la France » et a « rappelé l’engagement de la France contre le PKK ». Pour Ankara, les FDS sont le PKK. On touche là les limites de la « diplomatie de l’en même temps » de M. Macron.
Un puissant outil de mobilisation
Les Etats-Unis, qui cherchent à ménager leur allié turc dans l’OTAN tout en donnant des garanties à leurs partenaires des FDS dans la guerre contre l’EI, sont aussi confrontés à ce dilemme. Mais ils sont plus puissants – et donc craints d’Ankara – et plus lointains géographiquement de la Turquie : les conséquences d’une querelle avec M. Erdogan ne sont pas les mêmes.
M. Macron a proposé ses bons offices et « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi. Seuls un front uni et une démarche commune des Occidentaux – Français, Américains, Britanniques, Allemands, etc. – pourraient dissuader M. Erdogan de stopper sa croisade anti-kurde en Syrie.

        Lire aussi :
         

                « Les Kurdes ont été au premier plan de la lutte contre l’EI. Méritent-ils le cynisme des grandes puissances ? »



Il y a trouvé un puissant outil de mobilisation d’une société turque travaillée par l’islamo-nationalisme virulent promu par le pouvoir en place. M. Erdogan, candidat à sa propre succession en 2019, n’a aucune raison de mettre fin à une guerre qui le rend populaire. Et lui permet de réprimer ses opposants à l’intérieur du pays.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-7">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤ Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Hongkong, le gouvernement va redistribuer en cash une partie de l'excédent budgétaire

Un citoyen sur trois de la région administrative spéciale chinoise bénéficiera cette année d’une obole de 4 000 dollars hongkongais, soit environ 410 euros.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h15
    |

            Florence de Changy (Hongkong, correspondance)








                        



                                


                            

Que faire quand on a 138 milliards de dollars hong­kongais (14,3 milliards d’euros) d’excédent budgétaire annuel, ce qui porte les réserves cumulées à 175 milliards d’euros et aucune raison valable de thésauriser davantage ?
C’est, pour le ministre des finances hongkongais, un casse-tête récurrent. Chaque année, depuis bientôt quinze ans, il doit s’excuser au moment de la présentation du budget. Non seulement celui-ci est outrageusement excédentaire, mais surtout, l’excédent dépasse de très loin les prévisions…
Pour l’exercice 2017-2018, qui s’est achevé en mars, le nouveau ministre des finances, Paul Chan, a dû admettre un excédent huit fois et demie supérieur à celui prévu par son prédécesseur, John Tsang, avec, en outre, la « menace » que celui-ci atteigne même 180 milliards (18,6 milliards d’euros). L’immobilier et la Bourse sont les principales sources de recettes fiscales du gouvernement, et ces deux secteurs affichent une santé insolente.

2,8 millions d’ayants droit
Que faire de cette cagnotte ? Après s’être dit formellement opposé aux « redistributions » d’argent liquide à tous les habitants de Hongkong, comme il y en a eu par le passé, le gouvernement a finalement proposé un compromis. Cette année, un citoyen sur trois bénéficiera d’une obole de 4 000 dollars (environ 410 euros) en cash.
Les formalités de cette redistribution sont encore à l’étude, mais on sait d’ores et déjà qu’il y aura 2,8 millions d’ayants droit : les Hongkongais âgés de plus de 18 ans qui ne possèdent aucun bien immobilier, ne reçoivent aucune autre subvention du gouvernement et ne sont pas imposables.
S’acquérir le soutien de l’opposition était par ailleurs essentiel pour faire adopter le budget au Parlement. Si ces milliards ainsi distribués en petites coupures auront l’effet d’étrennes très généreuses pour leurs récipiendaires, « ce n’est pas un largage par hélicoptère de quelques milliards de dollars sur les plus déshérités qui...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-8">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤ Cet ouvrage d’art pharaonique, long de 55 kilomètres, scelle le rapprochement géographique entre Hongkong, Macao et la province du Guangdong.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-8"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Un pont géant pour la « Californie chinoise »

Cet ouvrage d’art pharaonique, long de 55 kilomètres, scelle le rapprochement géographique entre Hongkong, Macao et la province du Guangdong.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h55
    |

            Florence de Changy (Zhuhai (province du Guangdong), envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Au beau milieu du pont qui surplombe le vaste delta gris-vert de la rivière des Perles, l’ingénieur chinois Gao Xinglin lève les bras en signe de victoire, à la demande des photographes, mercredi 28 mars. Les six voies sont encore fermées à la circulation publique, mais tout est prêt pour l’ouverture de cet ouvrage d’art pharaonique qui relie Hongkong, Zhuhai et Macao : marquage au sol, signalisation, éclairages…
Vêtu de son uniforme de travail – blouson et pantalon gris –, l’homme, chef d’équipe du projet depuis sa conception il y a dix ans, paraît minuscule au regard des immenses piliers qui marquent le centre du pont. En contrebas, le fleuve charrie vers la mer de Chine les eaux boueuses de la province du Guangdong, la plus peuplée, la plus dynamique et la plus productive de toute la Chine, qui, depuis quelques années, se métamorphose grâce aux nouvelles technologies. Gao Xinglin ne cache pas sa fierté quant à l’aboutissement de ce projet, même s’il ne compte plus les nuits sans sommeil. « Nous avons dû faire face à d’innombrables défis, mais on les a tous surmontés », déclare-t-il en secouant la tête.

Une quinzaine de pays ont, par leur expertise, contribué au projet, mais celui-ci est « essentiellement chinois », souligne M. Gao. « Au début, les experts étrangers nous ont dit que ce serait impossible à cause des contraintes techniques. Mais, à présent que c’est chose faite, la Chine se hisse au rang des meilleurs créateurs de ponts du monde », se félicite Zhang Meisheng, président du bureau des affaires étrangères de Zhuhai.
Le coût des travaux (de l’ordre de 120 milliards de yuans, soit environ 15,5 milliards d’euros en fonction des estimations) a été réparti entre les trois entités administratives qui ont cogéré le projet : la province du Guangdong et les deux régions administratives spéciales (RAS) de Chine que sont Hongkong et Macao. Deux îles artificielles ont dû être construites de toutes pièces...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-9">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤ Le président turc refuse la médiation envisagée par la France.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

Erdogan tance Macron, accusé de soutenir les Kurdes de Syrie

Le président turc refuse la médiation envisagée par la France.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h52
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante) et 
                                Allan Kaval (à Paris)








                        



   


Pour avoir manifesté son soutien à la coalition arabo-kurde des Forces démocratiques syriennes (FDS), active contre l’organisation Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, la France a, vendredi 30 mars, été accusée de tous les maux par le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Le numéro un turc a tancé son homologue français Emmanuel Macron, lui reprochant tout particulièrement sa proposition de « médiation » entre les Kurdes syriens et la Turquie. « Qui es-tu pour évoquer une médiation avec une organisation terroriste ? », a fulminé le numéro un turc.
Les dirigeants turcs voient les FDS comme une émanation du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), engagé dans une guérilla contre l’Etat turc depuis 1984. Aux yeux d’Ankara, la création d’une région autonome kurde dans le nord de la Syrie serait une menace pour sa sécurité, car elle risquerait de donner des idées à sa propre région kurde.
Jeudi, le président français avait reçu des membres des FDS pour leur témoigner « la reconnaissance de la France pour leur rôle dans la lutte contre Daech ». Après avoir lutté contre les djihadistes de l’EI, les Kurdes syriens, qui forment l’ossature des FDS, sont désormais confrontés à l’offensive de l’armée turque et de ses supplétifs syriens, bien décidés à les déloger des territoires qu’ils ont conquis dans le nord de la Syrie.

   


Chassées de la région kurde d’Afrin par l’armée turque, les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) risquent de subir le même sort à Manbij, une ville arabe située à l’ouest de l’Euphrate, où des militaires américains sont basés.
Régulièrement, le président Erdogan menace de diriger son armée vers Manbij et plus loin encore, jusqu’en Irak. Or, selon le Pentagone, l’offensive turque a pour principal effet d’affaiblir la lutte contre l’EI, car les combattants kurdes des FDS s’en sont détournés pour aller aider leurs « frères » à Afrin.
« Nous disons à la France : reste où tu es »
A l’issue de la rencontre à l’Elysée, Khaled Issa, le représentant en France du Parti de l’union démocratique (PYD), avait évoqué l’envoi de troupes françaises à Manbij pour faire obstacle aux visées turques. La réaction d’Ankara ne s’est pas fait attendre. « Ceux qui s’engagent dans la coopération et la solidarité avec les groupes terroristes contre la Turquie (…) risquent de devenir, tout comme les terroristes, une cible de la Turquie », a écrit le vice-premier ministre Bekir Bozdag sur son compte Twitter.
L’opposition kémaliste est sur la même ligne que les islamo-conservateurs au pouvoir. « Nous disons à la France : reste où tu es, tu n’as rien à faire en Syrie », a tonné Engin Altay, député du Parti républicain du peuple (CHP, kémaliste), vendredi à Ankara.

        Lire aussi :
         

                Macron assure les Kurdes syriens du « soutien » de la France lors d’une rencontre à l’Elysée



Pour calmer les esprits, la France a dû exclure toute nouvelle opération ou envoi d’hommes à ce stade, évoquant une simple adaptation de son dispositif militaire en Syrie dans le cadre de la coalition internationale.
Vendredi, les ministres des affaires étrangères turc et français, Mevlüt Çavusoglu et Jean-Yves Le Drian, se sont parlé par téléphone. « La Turquie est un allié avec lequel il est parfois difficile de dialoguer. Les relations peuvent être passionnelles, mais cela n’empêche pas la poursuite du dialogue sur le long terme et les intérêts partagés », rassure une source diplomatique française.
« Contradictions stratégiques »
La France a proposé, entre autres, d’instaurer un dialogue entre la Turquie et les FDS, à condition que ces dernières se départissent de leurs liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), considéré comme « terroriste » par Ankara, mais aussi par les Etats-Unis et l’UE. Une proposition qui a fortement déplu aux Turcs.
« C’est paradoxal, car le paragraphe concernant la médiation avait été pensé pour montrer notre prise en considération des préoccupations turques quant à la sécurité nationale. », assure le diplomate.
Paris, dit-il, sait bien que l’action militaire contre les FDS est perçue comme le prolongement de la lutte contre le PKK sur le territoire turc. « Mais nous disons aux Turcs que, pour nous, la priorité est la lutte contre Daech. Lorsqu’il y a des contradictions stratégiques entre nous et Ankara sur le nord de la Syrie, notre position doit être prise en compte. »



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-10">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤ Les juristes se demandent si la « rébellion » peut être invoquée pour remettre l’ex-président catalan à l’Espagne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-10"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Les avocats de Puigdemont espèrent tirer parti du débat suscité en Allemagne par son arrestation

Les juristes se demandent si la « rébellion » peut être invoquée pour remettre l’ex-président catalan à l’Espagne.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h34
    |

            Thomas Wieder (Berlin, correspondant)








                        



                                


                            

Depuis l’arrestation de Carles Puigdemont par la police allemande, dimanche 25 mars, le sort du dirigeant indépendantiste catalan fait l’objet d’un débat d’autant plus vif, outre-Rhin, que les questions qu’il soulève sur le terrain du droit sont inextricablement liées aux enjeux diplomatiques de l’affaire.
M. Puigdemont sera-t-il remis à l’Espagne, comme celle-ci le réclame ? C’est désormais à la justice allemande de trancher. Or l’affaire est complexe. Pour que cela soit possible, il faut que les infractions dont le dirigeant catalan est accusé par la justice espagnole existent également dans le droit allemand. C’est le cas pour ce qui est du « détournement de fonds publics ».

C’est moins évident pour ce qui concerne la « rébellion », qui n’a pas d’équivalent direct en Allemagne. « L’infraction la plus proche serait la “haute trahison”, définie au paragraphe 81 du code pénal. Le problème est que le crime de haute trahison suppose qu’il y ait eu violence ou menace de violence. Or je ne vois pas que cela a été le cas », explique l’avocat Nikolaos Gazeas, expert en droit pénal à Cologne.
« La justice du Schleswig-Holstein se retrouve involontairement prise dans un conflit interne à l’Espagne de nature fondamentalement politique », explique Nikolaos Gazeas, avocat à Cologne
Pour les juges allemands, le cas est d’autant plus complexe à trancher que le différend qui oppose M. Puigdemont à Madrid est fondamentalement politique. Or « la frontière entre liberté d’expression et rébellion dans le cas d’un dirigeant politique est par définition assez floue », poursuit M. Gazeas.
Comme d’autres juristes allemands, cet avocat estime que les juges du Schleswig-Holstein, le Land où a été interpellé M. Puigdemont, où il est détenu et où son cas doit être examiné dans les soixante jours suivant son arrestation, ne peuvent pas prendre le risque d’exposer le prévenu à un procès de nature politique en Espagne. « C’est...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-11">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤ Il y a cinq ans, la jeune militante des droits des femmes avait dû fuir après avoir été visée par un attentat de talibans pakistanais dans la vallée du Swat.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-11"> ¤                     
                                                

La Prix Nobel Malala Yousafzai de retour à Mingora, où elle avait échappé à la mort

Il y a cinq ans, la jeune militante des droits des femmes avait dû fuir après avoir été visée par un attentat de talibans pakistanais dans la vallée du Swat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h07
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h43
   





                        


La Prix Nobel de la paix Malala Yousafzai est arrivée, samedi 31 mars, dans sa vallée natale de Swat, au Pakistan, pour la première fois depuis l’attentat taliban qui avait failli lui coûter la vie le 9 octobre 2012.
Malala Yousafzai, alors scolarisée à Mingora, principale ville de Swat, avait été grièvement blessée d’une balle dans la tête par des djihadistes du TTP (talibans pakistanais), qui l’avaient prise pour cible dans le bus scolaire. La jeune fille, alors âgée de 14 ans, avait dû être évacuée entre la vie et la mort en Grande-Bretagne, où elle vit depuis.
Notoriété internationale
Au moment de cet attentat, l’écolière pakistanaise avait déjà acquis une notoriété internationale pour avoir dénoncé les violences des talibans sur un blog de la BBC, qui incendiaient les écoles pour filles de sa région. Elle est devenue en 2014 la plus jeune lauréate du prix Nobel de la paix, aux côtés de l’Indien Kailash Satyarth.
Aujourd’hui âgée de 20 ans, elle vit avec sa famille à Birmingham et étudie à Oxford. Malala a entamé jeudi une première visite au Pakistan depuis cinq ans, sous très haute sécurité.

        Le portrait (en 2014)
         

          Malala Yousafzai, un Nobel contre les démons du Pakistan






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-12">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤ Les 248 exposants de la foire Art Basel convoitent des collectionneurs asiatiques de plus en plus connaisseurs.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-12"> ¤                     
                                                   
édition abonné


A Hongkong, les marchands d’art regardent vers le Japon, la Chine et la Corée du sud

Les 248 exposants de la foire Art Basel convoitent des collectionneurs asiatiques de plus en plus connaisseurs.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 07h53
    |

                            Roxana Azimi (Hong Kong)








                        



                                


                            

Cofondateur de la galerie Hauser & Wirth, Iwan Wirth est aux anges. Il vient d’inaugurer sa troisième antenne dans le monde, au 15e étage du H Queens Building, gratte-ciel flambant neuf en plein cœur de Hongkong. L’espace est bien plus petit que ceux que le puissant marchand suisse possède à Zürich, Londres ou New York. Mais il est stratégique. « Il y a dix ans, on ne venait qu’une seule fois par an en Asie, dit-il. Depuis deux ans, on a compris qu’il fallait consolider notre présence. » Bien lui en a pris : au vernissage, le 26 mars, il a vendu la quasi-totalité de son exposition inaugurale dédiée à l’artiste américain Mark Bradford à des collectionneurs de la région. Et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Selon ses prévisions, les acheteurs asiatiques compteront pour un quart de son business en 2019.
Une manne que lorgnaient aussi les 248 exposants de la foire Art Basel Hong Kong, organisée du 29 au 31 mars. Quelques-uns ont déjà pris de l’avance. 30 % des clients des galeries White Cube et Ben Brown résident sur ce continent. Carrefour précieux avec son port franc et ses services financiers, l’ancienne colonie britannique compte peu d’acheteurs locaux. Le vrai potentiel est ailleurs, en Corée du Sud, au Japon, qui revient timidement dans la danse, en Indonésie et à Taïwan, où sera lancée en janvier 2019 une nouvelle foire. Et bien sûr en Chine continentale. Les freins y sont certes encore nombreux : « Les taxes à l’importation, les discours et incitations nationalistes, l’élite qui émigre en raison des problèmes politiques », égrène la galeriste parisienne Nathalie Obadia. Mais on n’arrête pas un train en marche. « L’événement majeur depuis deux ans, constate le marchand et collectionneur Jean-Marc Decrop, c’est l’émergence dans toutes les villes de Chine comme Shenzhen ou Chengdu d’une classe d’acheteurs de 30-45 ans tous atteints du virus de la collection. » Et tous prodigieusement...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-13">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤ Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a rencontré Kim Jong-un à Pyongyang. Les JO d’été se dérouleront en 2020, à Tokyo, ceux d’hiver, en 2022, à Pékin.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

La Corée du Nord participera aux deux prochains Jeux olympiques

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a rencontré Kim Jong-un à Pyongyang. Les JO d’été se dérouleront en 2020, à Tokyo, ceux d’hiver, en 2022, à Pékin.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h57
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h31
   





                        



   


La République populaire démocratique de Corée participera aux deux prochaines éditions des Jeux olympiques, a annoncé samedi 31 mars le président du Comité international olympique (CIO), Thomas Bach, à l’issue d’une rencontre à Pyongyang avec le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un.
Le pays sera donc représenté aux JO d’été de 2020, à Tokyo (Japon), et d’hiver 2022, à Pékin (Chine), a dit M. Bach à des journalistes lors d’une escale à l’aéroport de la capitale chinoise, de retour de Corée du Nord, où il était arrivé jeudi. Le président du CIO a dit avoir eu vendredi une discussion « ouverte et fructueuse » avec Kim Jong-un.
« Symboles de la paix »
Selon l’agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, M. Bach s’est rendu à Pyongyang pour « adresser ses remerciements les plus sincères » au dirigeant nord-coréen pour avoir contribué à faire des Jeux d’hiver de Pyeongchang, qui se sont tenus en février en Corée du Sud, des « symboles de la paix ».
Les deux Corées sont dans une phase de détente importante depuis les JO de Pyeongchang, où les délégations des deux pays ont défilé sous un drapeau unifié à la cérémonie d’ouverture. Cette détente, qui s’est traduite par un certain nombre d’échanges, a permis de fixer une date pour le premier sommet entre les deux pays depuis plus de dix ans. Il aura lieu le 27 avril.

        Lire aussi :
         

          Après les JO de Pyeongchang, « les Coréens sont fiers »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-14">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤ Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins seize ont été tués par l’armée israélienne.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                        

Dans la bande de Gaza, la marche du désespoir des Palestiniens

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins seize ont été tués par l’armée israélienne.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h46
    |

            Piotr Smolar (bande de Gaza, envoyé spécial)








                        



   


Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue.
Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Gaza. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont afflué pacifiquement vers les zones prévues par les organisateurs de la « grande marche du retour », au moins seize manifestants ont été tués et près de 1 400 ont été blessés, dont beaucoup par balles réelles. Un bilan lourd, hélas attendu.
Les responsables israéliens avaient dramatisé ce rendez-vous, en prêtant l’intention aux participants, supposément manipulés par le Hamas, de vouloir franchir la frontière. Ce ne fut pas le cas, même si les plus téméraires s’approchèrent de la clôture, ivres de leur propre audace.
L’armée a aussi dénoncé, vendredi, une attaque armée par deux Palestiniens dans le nord de la bande, qui ont été tués. « Nous identifions des tentatives d’attaques terroristes sous le camouflage d’émeutes », a affirmé le général de division Eyal Zamir, chef du commandement de la région Sud. Tandis que les responsables politiques gardaient le silence, les militaires imposaient une lecture strictement sécuritaire de l’événement.
« On est debout, on existe »
Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats.
Toutes les factions, Hamas en tête, avaient appelé les Gazaouis à participer. Elles ont fourni un appui logistique, affrété des bus. Des appels ont été diffusés dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les mosquées. Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Gazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël.

   


Gaza compte 1,3 million de réfugiés sur une population de près de 2 millions. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon cœur qui m’ont poussé à venir. »
Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils. « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. » L’ancien village de ses parents est situé quelques kilomètres derrière la clôture.
Diversité et dénuement
« Provocation », a lâché le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman. « Emeutiers », ont répété en boucle, vendredi, les porte-voix de l’armée. Emeutiers. Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens.
Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple gazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir : ils ont marché des kilomètres, ou bien ils ont pris un bus. Ils ont juché les enfants sur les épaules, grimpé à l’arrière de camionnettes ou tenté de se tenir en équilibre, à dix, sur un tracteur épuisé.

   


Dans le bruit confus des klaxons et des sonos, ils se sont lentement approchés de cette zone frontalière d’habitude évitée, redoutée, où l’armée construit un mur pour remplacer une clôture jugée trop vulnérable. La plupart sont restés sagement à distance, loin de la frontière, mangeant des glaces ou picorant des graines, s’interrompant pour la grande prière.
Il y avait, évidemment, une avant-garde plus téméraire. Des centaines d’adolescents qui s’escrimaient à se rapprocher le plus possible de la clôture de sécurité, sans la franchir, conformément à la consigne diffusée.
Un territoire à l’agonie
Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée, coupant à travers champs. Certains jeunes avaient des lance-pierres de fortune, qui ne pouvaient guère atteindre les soldats. Les autres cherchaient à planter un drapeau palestinien, ou bien à organiser un sit-in de quelques minutes, avant que le gaz lacrymogène, largué par des drones, ne les éparpillent.
Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie.

   


Ils étaient terribles, ces rires de l’assistance autour de Nasser Chrada, 26 ans, quand on lui a demandé s’il travaillait. « Personne ne travaille. » Père de trois filles, il est venu à la manifestation de Jabaliya en pensant à sa famille, originaire de Jaffa, près de Tel-Aviv. Il ne sait pas à quoi ça ressemble, Jaffa, devenue la petite cité branchée de la côte. Il fantasme, il parle en slogans, il ne pense pas à ceux, des Israéliens, qui y vivent depuis soixante-dix ans. Est-il prêt à tenter de franchir la clôture, au risque de mourir ? « Oui, si d’autres y vont. Dieu s’occupera de mes filles. » 
Cette incapacité à anticiper la suite, à formuler des demandes précises au-delà de la libération – invraisemblable – de leurs terres, on la retrouve chez quasiment tous les manifestants. « On ne veut pas de nourriture ou d’aide, on veut la liberté, le respect de nos droits, résume l’un des organisateurs, le journaliste Ahmed Abou Irtema. C’est aux Israéliens de résoudre ce problème. »
Imposer un rapport de force
Il est difficile de tenir un discours politique charpenté quand on vit sous cloche, sans contacts avec l’extérieur. La priorité : imposer un rapport de force.
« On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens !, assure Am-Ashraf Yazgi, une mère de famille de 49 ans, habitante de Beit Hanoun. On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Les Juifs qui y vivent doivent retourner dans les pays dont ils viennent. » Un cliché répandu, chaque camp méprisant ou ignorant les drames vécus jadis par l’autre.

   


Dans le public, les motivations sont variées. Certains sont venus parce que c’était le théâtre dramatique du jour, à ne pas manquer. Effet de foule. D’autres pensaient à leurs aïeux, récitant le nom de leurs villages. Mais tant d’autres n’ont pas fait le déplacement.
L’absence de drapeaux à la gloire des factions était frappante, de même que l’absence de forces de sécurité du Hamas, en dehors de quelques postes en retrait. Ce mouvement populaire permettait, il est vrai, de recouvrir les fractures béantes entre le mouvement islamiste armé et le Fatah du président Mahmoud Abbas. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès.
Six semaines de mobilisation similaire sont prévues jusqu’au 15 mai. Au lendemain du déménagement symbolique de l’ambassade américaine vers Jérusalem, ce sera le jour de commémoration de la Nakba, soit la « grande catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens en 1948. Impossible de prévoir à cette heure si une dynamique populaire va s’enclencher, ou si le marasme ambiant va engloutir ces ambitions. Gaza est un village sinistré, où les sentiments ruissellent vite : la colère, la peur, le deuil. On ne sait encore ce qu’il en sera du désir d’action.

Inquiétude et condamnations internationales
Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait savoir qu’il tenait Israël pour pleinement responsable des morts de ce jour. Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence vendredi soir, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune. « Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours », a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion – la Pâque juive a commencé vendredi soir – synonyme d’absence de responsables israéliens.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-15">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤ Cinquante ans après l’assassinat du pasteur noir, le 4 avril 1968, à Memphis, « Le Monde » est parti sur ses traces.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-15"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


Martin Luther King : itinéraire d’un combattant

Cinquante ans après l’assassinat du pasteur noir, le 4 avril 1968, à Memphis, « Le Monde » est parti sur ses traces.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h36
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h29
    |

            Nicolas Bourcier (Atlanta, Birmingham, Montgomery, Memphis, Greensboro et Chicago, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Ce matin-là, le ciel est encore à l’orage sur Memphis. Martin Luther King s’est réveillé tard et plutôt d’une humeur joviale. Oubliée la fatigue de la veille qui l’avait vu s’effondrer après un ultime sermon à l’église Mason Temple.
Oublié aussi le coup de fil anonyme survenu quelques heures à peine après son arrivée dans cette rude capitale du Tennessee : « Fais ta prière, négro, tu n’as plus longtemps à ­vivre. » Il a l’habitude. Tout à l’heure, lui et son équipe ont prévu de se rendre chez le révérend Samuel Billy Kyles pour un dîner traditionnel du Sud avant le meeting de soutien aux éboueurs de la ville, en grève depuis plus d’un mois et demi.
Ils sont tous là, ses proches, ses conseillers de l’ombre qui forment depuis si longtemps cette garde rapprochée dont King a tant ­besoin. Ils rient, se chamaillent même, ravis de voir qu’il va mieux. Dans sa chambre du Lorraine Motel, un des rares établissements de la ville à accepter les voyageurs « de couleur », il passe encore un coup de fil à sa secrétaire, Dora McDonald, restée à Atlanta (Géorgie). Il appelle ses parents aussi, leur dit qu’il les aime. Dehors, sur le parking en contrebas, le son d’un saxophone l’attire vers le balcon. C’est Ben Branch qui joue en les attendant. « Dis, ce soir, tu joueras Précieux Dieu, prends ma main, lance King. Et joue-le bien ! »
Onction messianique
Il s’avance encore un peu, sourit, puis s’écroule. Il est 18 h 01 à Memphis, ce 4 avril 1968, une balle vient de lui trancher la gorge et d’éteindre pour toujours cette voix capable de faire chanter l’espoir. Le groupe se précipite, se serre autour de lui. Une photo, prise quelques instants plus tard, retiendra les bras tendus de ce groupe d’hommes en direction de l’endroit d’où est parti le coup de feu.
Maintenant, ils secouent la tête, comme boxés par un destin trop funeste. Par trois fois, le pasteur aurait déjà pu mourir. A Montgomery (Alabama), chez lui, devant sa maison...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-16">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤ Pour la première fois depuis l’instauration de la démocratie multiraciale dans le pays en 1994, une personne a été condamnée à une peine de prison pour avoir publiquement prononcé le mot blasphématoire et raciste de « kaffir ».
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-16"> ¤         

Lettre de ...

En Afrique du Sud, l’insulte raciale mène en prison

Pour la première fois depuis l’instauration de la démocratie multiraciale dans le pays en 1994, une personne a été condamnée à une peine de prison pour avoir publiquement prononcé le mot blasphématoire et raciste de « kaffir ».

Jean-Philippe Rémy (Johannesburg, correspondant régional)
    



LE MONDE
              datetime="2018-03-31T06:34:57+02:00"

        Le 31.03.2018 à 06h34






                        

Crédits : NEWS 24 / YOUTUBE


                    LETTRE DE JOHANNESBURG
C’est un mot-crachat, un mot de bile, de haine et de tourment : kaffir claque comme le coup de fouet des temps révolus où il était possible, en Afrique du Sud, d’en user à sa guise pour désigner, du point de vue des Blancs, le mépris dans lequel ils tenaient les Noirs.
Le terme, lui, n’est pas révolu. Son usage ne s’éteint pas en Afrique du Sud. Il est si toxique qu’on le contourne, pour le désigner, par une métonymie : k-word (le mot en k). Son emploi en toutes lettres, désormais, peut valoir une peine de prison.
Vicki Momberg, pour l’avoir proféré, vient d’être condamnée à trois années de prison, dont deux ans ferme. Une surprise et une première. Cela n’était jamais arrivé depuis 1994 et l’instauration de la démocratie multiraciale. Peut-être le jugement sera-t-il cassé en appel. Mais dans un pays fragile où les tensions raciales semblent se remettre à bouillonner, il a valeur de symbole.
Tout a commencé de façon relativement anodine. Un soir de février 2016, Vicki Momberg est arrêtée à un feu, dans un quartier au nord de Johannesburg, et subit un smash and grab, opération de petite délinquance consistant à briser par surprise la vitre d’une voiture, à s’emparer de biens à l’intérieur, puis à disparaître.
Elle n’est pas blessée, mais est furieuse, sans doute choquée. Dans sa colère, elle utilise le mot en k quarante-huit fois. Le fait est avéré car elle a été enregistrée et filmée par plusieurs témoins, alors qu’elle éructait devant son véhicule, plongée dans une logorrhée de fureur qui semblait ne jamais devoir finir, et où éclatait sa haine « des Noirs » en général. Elle s’en est même prise à l’officier de police – noir – qui venait à son secours et tentait de la raisonner.
Un mot qui cherche à blesser
Ce dernier est resté calme sous l’insulte, dont la puissance ne peut être perçue à l’aide de la traduction littérale, qui se référait, à l’origine, aux non-croyants en...



<article-nb="2018/03/31/17-17">

<article-nb="2018/03/31/17-18">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤ Le président des Etats-Unis a lui-même été plusieurs fois accusé de comportements inappropriés envers des femmes. Des actes qu’il nie.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

Trump fait d’avril un mois pour sensibiliser sur les agressions sexuelles

Le président des Etats-Unis a lui-même été plusieurs fois accusé de comportements inappropriés envers des femmes. Des actes qu’il nie.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 04h14
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 11h33
   





                        



   


Lui-même plusieurs fois accusé de comportements inappropriés envers des femmes, le président des Etats-Unis, Donald Trump, a choisi de faire d’avril un « mois national de la prévention et de la sensibilisation sur les agressions sexuelles », a annoncé, vendredi 30 mars, la Maison Blanche. Ces dernières « restent tragiquement répandues dans notre société et les délinquants, trop souvent, échappent à leur responsabilité », déplore le communiqué publié par l’exécutif. « Ces crimes odieux sont commis aveuglément : dans les relations intimes, dans les espaces publics et sur le lieu de travail. »
Cette annonce est faite plusieurs mois après le début du mouvement #metoo, associé à la libération de la parole des femmes pour dénoncer harcèlement et agressions sexuelles.
« Trop souvent, cependant, les victimes d’agression restent silencieuses. Elles craignent sans doute la vengeance de leur agresseur, manquent de confiance dans le système judiciaire, ou ont des difficultés à confronter la douleur associée à cette expérience traumatisante. »
Et le texte de la Maison Blanche de citer M. Trump : « Mon administration est engagée à sensibiliser à propos des agressions sexuelles et à encourager les victimes à identifier les agresseurs pour qu’ils puissent être tenus responsables. »
« Fausses accusations »
Une vingtaine de femmes ont publiquement accusé le président des Etats-Unis d’agression sexuelle ou de harcèlement. Mais la Maison Blanche dit qu’elles mentent.
En février, M. Trump a notamment réagi sur Twitter aux mises en cause d’une ancienne réceptionniste de la Trump Tower, Rachel Crooks, qui affirmait qu’il l’avait embrassée sans son consentement. « Encore une fausse accusation », avait-il écrit, appelant à davantage de couverture médiatique sur « les femmes qui acceptent de l’argent pour inventer des histoires [le] concernant ».
Dans la foulée du scandale Harvey Weinstein, du nom du producteur déchu de Hollywood accusé par plus d’une centaine de femmes, de nombreux hommes dans les milieux du cinéma, des médias ou de la politique ont été accusés d’agression ou de harcèlement sexuels.
Le mois dernier, deux employés de la Maison Blanche, Rob Porter et David Sorensen, accusés de violences conjugales par leurs ex-femmes, ont démissionné. Donald Trump avait alors dénoncé les « fausses accusations » qui « détruisent des vies » à la suite de leur départ.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-19">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤ Le jeune Noir de 22 ans abattu dans le jardin de sa grand-mère le 18 mars a été touché de huit balles dans le dos et dans une jambe.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Sacramento : l’autopsie de Stephon Clark contredit la version des policiers

Le jeune Noir de 22 ans abattu dans le jardin de sa grand-mère le 18 mars a été touché de huit balles dans le dos et dans une jambe.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 23h03
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h47
   





                        



   


Stephon Clark a été touché par balle à huit reprises, principalement dans le dos et au flanc. C’est ce que révèlent les résultats d’une autopsie privée pratiquée à la demande de la famille de Stephon Clark, jeune Noir de 22 ans, abattu par la police dans le jardin de sa grand-mère, à Sacramento, ville du centre de la Californie.
Aucun impact de balle n’a été constaté sur le devant du corps, démontrant ainsi que M. Clark, qui avait à la main un smartphone, ne présentait pas un danger pour les policiers, a fait valoir l’avocat de ses proches, Benjamin Crump.
Les images vidéo de l’intervention policière du 18 mars, prises d’un hélicoptère de la police et par les caméras corporelles des deux agents qui ont interpellé le jeune homme, montrent que ces deux derniers ont tiré à vingt reprises au total.
Stephon Clark « est victime d’un de ces meurtres absurdes de la police dans des circonstances de plus en plus suspectes », a déclaré Benjamin Crump. L’intervention des deux policiers — dont l’un est noir — faisait suite à un appel au numéro d’urgence 911, prévenant qu’un homme brisait des vitres de voiture dans une allée adjacente. La victime reste le principal suspect, selon les forces de l’ordre.
« Ce ne fut pas une mort instantanée »
L’autopsie a été pratiquée par un ancien médecin légiste de renom, Bennet Omalu. Celui-ci a constaté « quatre entrées de balle dans le bas du dos de Stephon Clark, une sur le côté de son cou, avec un orifice de sortie ailleurs sur le cou, une entrée sur l’arrière du cou, une entrée sous une aisselle, avec un orifice de sortie de l’autre côté du corps, et une à l’extérieur d’une jambe ».
« L’affirmation qu’il faisait face à la police n’est pas corroborée par les éléments de preuve apportés par l’autopsie. Il faisait face à la maison, le côté gauche tourné vers les policiers. Il ne leur faisait pas face. La partie gauche de son dos faisait face aux policiers. »
Le jeune homme a agonisé pendant trois à dix minutes, « ce ne fut pas une mort instantanée », a dit le docteur Omalu.
Les policiers ont été suspendus. Mais cette énième bavure a enragé la communauté afro-américaine, qui multiplie depuis lors des manifestations dans la paisible capitale californienne.
La mort de Stephon Clark s’inscrit dans une série de violences policières à l’encontre de Noirs aux Etats-Unis, qui a déclenché en 2013 l’apparition du mouvement Black Lives Matter et un débat national sur les préjugés racistes du système pénal et répressif américain.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-20">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤ Ces sanctions ont été approuvées dans un contexte de rapprochement prudent entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, d’une part, et la Corée du Sud d’autre part.
<filname="PROF-0,2-3210,1-0,0-20"> ¤                     
                                                

L’ONU sanctionne des navires et sociétés violant des sanctions contre la Corée du Nord

Ces sanctions ont été approuvées dans un contexte de rapprochement prudent entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, d’une part, et la Corée du Sud d’autre part.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 22h59
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 08h38
   





                        



   


Un grand coup. Les Nations unies ont décidé de punir, vendredi 30 mars, une cinquantaine de navires et sociétés accusées d’aider Pyongyang à contourner les sanctions internationales. C’est la première fois que le Conseil de sécurité, agissant à la demande des Etats-Unis, désigne une liste d’entités aussi large dans le cadre de l’embargo économique frappant la Corée du Nord.
Qualifiant cette mesure d’« historique », l’ambassadrice américaine auprès de l’ONU, Nikki Haley, a estimé qu’il s’agit d’« un signe fort de l’unité de la communauté internationale dans nos efforts pour maintenir une pression maximale sur le régime nord-coréen ».
En 2017, à l’initiative de Washington, l’exécutif onusien a imposé trois séries de sanctions économiques au pays qui touchent notamment ses exportations de charbon, de fer, sa pêche et son textile et limitent ses approvisionnements en pétrole. Ces mesures ont été décidées après des tirs de missiles et un essai nucléaire menés par Pyongyang, jugés menaçants pour la stabilité internationale.

        Lire aussi :
         

                « Le grand dessein du régime de Kim Jong-un se dévoile »



Deux sociétés chinoises
Au total, 15 navires et pétroliers nord-coréens voient leurs avoirs gelés et 13 d’entre eux sont aussi interdits d’entrée dans les ports du monde entier. Douze autres bateaux sont également interdits d’entrée dans les ports internationaux.
L’ONU gèle par ailleurs les avoirs mondiaux de 21 compagnies maritimes et d’import-export, dont trois basées à Hongkong et notamment Huaxin Shipping, qui a livré du charbon nord-coréen au Vietnam en octobre 2017.
Deux sociétés chinoises – Shanghai Dongfeng Shipping et Weihai World Shipping Freight – sont notamment accusées d’avoir fait transporter sur leurs navires du charbon nord-coréen. Et douze sociétés nord-coréennes sont accusées d’être impliquées dans des livraisons frauduleuses de pétrole et de carburant.
Les autres compagnies sont basées à Singapour, dans les îles Samoa et les îles Marshall, et au Panama. Un homme d’affaires, identifié comme Tsang Yung Yuan, est frappé d’une interdiction de voyager et d’un gel de ses avoirs pour avoir organisé des livraisons illégales de charbon depuis la Corée du Nord, avec la complicité d’un intermédiaire nord-coréen basé en Russie.
Espoir diplomatique
Les sanctions ont été approuvées dans un contexte de rapprochement prudent entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, d’une part, et la Corée du Sud d’autre part, après plusieurs mois d’escalade des tensions.
Le président américain Donald Trump a accepté le principe d’une rencontre inédite avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, qui devrait se tenir d’ici fin mai, faisant naître l’espoir d’une issue diplomatique à la crise nucléaire. Un rarissime sommet intercoréen doit également se tenir le 27 avril à la frontière, après une visite surprise de l’homme fort de Pyongyang cette semaine en Chine.
Mais Washington insiste sur un maintien des sanctions jusqu’à ce que de réels progrès soient enregistrés dans les tractations en vue du démantèlement du programme d’armes nucléaires nord-coréen.

        Lire aussi :
         

                « La Corée du Nord est dans une nouvelle séquence diplomatique »



« Marchés lucratifs »
Un rapport des experts de l’ONU chargés des sanctions contre la Corée du Nord publié en mars soulignait que l’adoption entre fin 2016 et 2017 de quatre trains de sanctions a fait émerger des « marchés lucratifs » pour des trafiquants cherchant à fournir du pétrole à Pyongyang et à lui faire exporter ses ressources naturelles.
Selon le rapport, la Corée du Nord a exporté entre janvier et septembre 2017 des produits interdits, notamment du charbon, générant des revenus estimés à près de 200 millions de dollars. Il évoque des pavillons de navire trompeurs, des transferts en mer de produits illicites entre navires et de la documentation frauduleuse destinée à masquer l’origine de celui-ci.
Pour s’approvisionner en pétrole, le régime reclus utilise différents canaux, en s’appuyant sur des étrangers, des entreprises étrangères et sur le système bancaire international. Les Etats-Unis avaient initialement proposé de sanctionner 33 navires et 27 sociétés, mais la Chine avait suspendu la demande afin d’avoir « plus de temps » pour enquêter. Pékin est le premier partenaire économique de la Corée du Nord, mais soutient les sanctions de l’ONU.



                            


                        

                        

