<FILE-date="2018/03/31/17">

<article-nb="2018/03/31/17-1">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤                     
                                                

Notre-Dame-des-Landes : la ZAD se prépare à des expulsions

Le secrétaire d’Etat Sébastien Lecornu a annoncé une évacuation partielle après la fin de la trêve hivernale, sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h17
   





                        



   


Les occupants de la zone d’aménagement différé (ZAD, renommée « zone à défendre ») de Notre-Dame-des-Landes se préparent à défendre leur territoire face à des menaces d’évacuation, la trêve hivernale, qui interdit les expulsions locatives, prenant fin officiellement le 31 mars.
En annonçant l’abandon du projet d’aéroport envisagé près de Nantes, le premier ministre, Edouard Philippe, avait demandé aux occupants illégaux de « partir d’eux-mêmes » avant le printemps, et avait déclaré le 17 janvier : « Nous devons, si nous voulons respecter la loi, respecter la trêve hivernale. Nous pourrons constater le départ volontaire des occupants le 30 mars. Et si tel n’est pas le cas, nous commencerons à procéder aux expulsions. »
Une évacuation « à partir du 1er avril »
Le 20 mars, le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire, Sébastien Lecornu, venu rencontrer les acteurs du dossier de Notre-Dame-des-Landes à Nantes, avait redit qu’il y aurait bien une évacuation partielle « à partir du 1er avril », sans préciser ni la date ni le nombre de personnes concernées. Le gouvernement a instauré un dialogue avec une délégation de zadistes pour qu’une partie des personnes (entre 150 et 300 selon les estimations officielles) qui vivent dans la ZAD légalisent leur situation et présentent des projets de reprise agricole individuels pour les terres actuellement occupées collectivement.
La préfète des Pays de la Loire, Nicole Klein, a assuré au début du mois de mars que les expulsions se feraient « avec discernement », en visant précisément certains lieux, parmi les 97 squats recensés sur les 1 650 hectares de la zone. Le gouvernement veut éviter de reproduire le scénario de l’opération « César », organisée par le gouvernement de Jean-Marc Ayrault en octobre 2012 : une offensive des forces de l’ordre (900 militaires mobilisés) avait dû être suspendue en raison de violents affrontements avec des zadistes très déterminés.
Les autorités cherchent aussi à ne pas reproduire les erreurs qui conduisirent à la mort de Rémi Fraisse, militant de la ZAD de Sivens, en octobre 2014, lors d’une manifestation contre un projet de barrage hydraulique.
Chantiers collectifs et appel à manifester
Résolus à défendre leur « expérience d’auto-organisation collective », les zadistes ont lancé cette semaine une série de chantiers collectifs (construction de buttes, de bâtiments, de serres…) qui devraient se terminer par une fête le 7 avril, et se préparent à réagir rapidement en cas d’intervention policière.
Mais l’unité des zadistes se fissure depuis l’abandon du projet d’aéroport. Parmi les points de crispation figurent la réouverture de la route départementale 281, dégagée de ses barricades par les zadistes eux-mêmes, et l’avenir des terres agricoles. Les « durs » prônent la poursuite de la lutte, alors que d’autres opposants historiques appellent à un retour à la légalité, tout en défendant un projet collectif.
Parallèlement, vingt-cinq avocats des barreaux de Paris, Rouen et Nantes, représentant les occupants de la ZAD, ont contesté, par une lettre ouverte, la légalité d’une éventuelle expulsion au 1er avril, considérant qu’une procédure judiciaire contradictoire n’avait pas été menée et que les occupants n’avaient pas reçu de commandement de quitter les lieux. Une dizaine de référés devaient être déposés en fin de semaine à l’encontre de la préfecture de la Loire-Atlantique pour confirmer ou infirmer l’existence de procédure d’expulsion. Une démarche similaire avait été entreprise à la fin de 2016 devant le tribunal de grande instance de Nantes, mais les zadistes avaient alors été déboutés.

        Lire aussi :
         

                Notre-Dame-des-Landes : la ZAD en plein débat sur son avenir







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-2">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Paris affronte ce soir Monaco en finale de la Coupe de la Ligue. En visant un triplé national, le club veut un peu oublier son nouvel échec en Ligue des champions.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Le PSG veut encore se consoler avec ses coupes

Paris affronte ce soir Monaco en finale de la Coupe de la Ligue. En visant un triplé national, le club veut un peu oublier son nouvel échec en Ligue des champions.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h00
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 16h50
    |

                            Corentin Lesueur








                        



   


La Ligue des champions, le PSG n’y arrive toujours pas. Cette saison, le Real Madrid est venu briser les ambitions parisiennes dans cette compétition érigée en étouffante obsession par ses propriétaires. Le titre de champion de France presque acquis, le club de la capitale vise un nouveau triplé national avec la Coupe de la Ligue et la Coupe de France pour réaliser un printemps « normal » et « acceptable » pour qui ne lirait l’avenir d’une équipe qu’entre ses lignes budgétaires.
Le grand chelem national serait considéré comme un exploit pour n’importe quel autre club, il est devenu une habitude parisienne depuis le rachat par les Qataris, en 2011. Ces quatre dernières saisons, le PSG a remporté dix des douze compétitions hexagonales disputées (Ligue 1, Coupe de France, Coupe de la Ligue) – quatorze sur seize en comptant les moins prestigieux Trophées des champions.
En coupes nationales, les Parisiens n’ont plus connu la défaite depuis 39 rencontres et un revers face à Montpellier le 22 janvier 2014, en seizièmes de finale de la Coupe de France. Nicolas Douchez gardait alors les buts parisiens quand Jérémy Menez menait le front de l’attaque alignée par Laurent Blanc. Une autre époque dans l’espace-temps footballistique.

        Lire aussi :
         

                Les ambitions foudroyées du PSG version qatarie



39 victoires consécutives en coupes nationales
Dispersés entre leurs sélections respectives ces dix derniers jours, les joueurs du PSG se sont retrouvés au camp des Loges pour préparer la finale de la Coupe de Ligue, délocalisée samedi 31 mars à Bordeaux, face à leur plus féroce concurrent sur la scène nationale : Monaco.
La statistique intéressera surtout ceux et celles qui aiment les histoires de records, les coéquipiers de Thiago Silva tenteront de remporter samedi le trophée doré pour la cinquième année d’affilée, une performance jamais réalisée par une équipe d’un des cinq grands championnats européens (Angleterre, Espagne, Allemagne, Italie, France) en coupe nationale. Ce record assurerait sans doute au « coach Unai » la poursuite de son aventure dans la capitale jusqu’au terme de son contrat, en juin, son sort étant scellé depuis le 6 mars et la défaite au Parc des Princes contre le Real Madrid.

L’objectif de toute la famille du @PSG_inside n’est ailleurs qu’ à Bordeaux. Mes remerciements aussi pour ses mots… https://t.co/4ae1f9NQDK— UnaiEmery_ (@Unai Emery)


require(["twitter/widgets"]);

La jeune histoire du Paris-Saint-Germain s’est écrite dans les premières années avec la Coupe de France et les souvenirs qu’elle charrie, comme celui du président Francis Borelli, embrassant la pelouse du Parc des Princes après la finale gagnée contre Saint-Etienne en 1982. Le club remportera en 1995 la première Coupe de la Ligue, contre Bastia. Les coupes permettaient parfois de sauver des saisons ratées en championnat et les crises qui allaient avec. Et le nouveau propriétaire entend bien conserver ce lien.
« On respecte toutes les équipes »
Ainsi, il est hors de question de faire l’impasse sur un match de Coupe comme a pu le faire l’AS Monaco, la saison dernière. Encore en course en Ligue des champions et luttant avec le PSG pour le titre, les Monégasques s’étaient permis d’aligner une équipe « bis » dans le dernier carré de la Coupe de France l’an passé. Un remaniement perçu comme un affront par leurs adversaires Parisiens. La punition parlait d’elle-même (victoire 5-0), mais Marco Verratti avait insisté : « Ce n’est pas très respectueux. Si j’étais un joueur de Monaco, je serais énervé. C’est bien de faire tourner un peu, mais là c’est exagéré. »
Avant de retrouver les joueurs de Leonardo Jardim à Bordeaux, le milieu de poche italien a rappelé la volonté des siens de n’abandonner aucun titre à leurs concurrents hexagonaux :
« C’est une obligation, parce que c’est un trophée. C’est très important. On essaye toujours de partir en début de saison pour gagner tous les trophées possibles. Après ce n’est pas toujours très facile, mais la Coupe de la Ligue est notre objectif. On va essayer de la remporter. »
Le refus de dédaigner la moindre compétition, martelé par la direction en préambule de chaque saison, semble donc avoir été intégré par les joueurs. Relégué sur le banc en championnat avec l’arrivée de Neymar et Mbappé sur le front de l’attaque, Angel Di Maria optimise un temps de jeu plus large en milieu de semaine. L’Argentin a marqué plus d’un but par match cette saison en coupes nationales (huit buts et trois passes décisives en sept parties).
Edinson Cavani ne manque lui jamais l’occasion de briller au Stade de France. Au Matmut Atlantique, l’Uruguayen devra prouver que l’enceinte compte peu dans sa réussite en Coupe de la Ligue, où il a inscrit un doublé lors de trois des quatre dernières finales disputées.
Les adversaires peuvent pourtant croire que les stars du PSG les prennent de haut. Mais quand les Sochaliens parlaient de mépris envers eux en voyant les images de certains Parisiens gentiment éméchés lors de l’anniversaire de Neymar à deux jours du déplacement à Bonal en Coupe de France, la réponse était venue sur le terrain avec une victoire 4-1. « La déclaration du capitaine sochalien qui dit qu’on ne respecte pas les équipes, ce n’est pas vrai, avait appuyé le capitaine Thiago Silva. On respecte toutes les équipes qu’on affronte. C’est pour ça qu’on continue à gagner. » Et la concurrence ne leur dit pas merci.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-3">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ La CFDT annonce près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoque une trentaine de magasins bloqués dans la matinée de samedi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

Grève à Carrefour : forte mobilisation des salariés pour l’emploi et le pouvoir d’achat

La CFDT annonce près de 50 % de grévistes et 300 magasins touchés, alors que la direction évoque une trentaine de magasins bloqués dans la matinée de samedi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 16h29
   





                        



   


Hypermarchés filtrés ou bloqués par des alignements de chariots : faire ses courses de Pâques dans certains magasins Carrefour, samedi 31 mars, tenait de la gageure au vu de la forte mobilisation des salariés décidés à défendre leurs emplois et leur pouvoir d’achat. Au moins 300 magasins intégrés étaient touchés par le mouvement de grève lancé par FO et la CFDT, et relayé séparément par la CGT, au lendemain d’une mobilisation dans les entrepôts.
Le mouvement « a démarré très tôt avec beaucoup de force et d’envergure, il est très fort », s’est félicité Michel Enguelz, représentant de Force ouvrière (FO), premier syndicat du groupe de grande distribution. Selon Sylvain Macé (CFDT), le taux de grévistes avoisinait 50 %, avec 170 hypermarchés mobilisés sur 220 et 130 supermarchés sur environ 470.
Il y en a « peut-être même plus », a estimé M. Enguelz (FO), qui s’est félicité d’un mouvement « d’envergure ». « Du jamais-vu », selon Philippe Allard (CGT).

        Les explications :
         

          Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi



Une « trentaine » d’hypermarchés entièrement bloqués
Partout, la mobilisation se traduisait par des rassemblements devant les magasins, avec du « filtrage » aux entrées. Certains hypermarchés étaient complètement bloqués, comme à Antibes, Ollioules, Toulon Grand Var, Nice Lingostière ou Port-de-Bouc dans le Sud, Vénissieux, Chambéry ou encore Toulouse-Labège et Saint-Malo, selon les syndicats CFDT, FO et CGT. A Marseille Grand Littoral, une journaliste a constaté que l’entrée était barrée par des chariots et un rassemblement de 150 salariés.
La direction du groupe Carrefour a compté « une trentaine » d’hypermarchés bloqués, sur 220, à 10 h 30, mais elle a affirmé qu’« aucun supermarché, aucun magasin de proximité ni aucun entrepôt n’était bloqué » en milieu de matinée. A midi, « 80 % de nos hypermarchés [étaient] ouverts » et « 100 % de nos supermarchés », a-t-elle souligné. Une source syndicale a estimé que 30 % des hypermarchés resteraient fermés toute la journée.
356 millions d’euros de dividendes
Cette mobilisation est le point d’orgue de l’inquiétude et de la colère qui montent depuis l’annonce, le 23 janvier, par Alexandre Bompard, PDG du groupe depuis l’été 2017, de son « plan de transformation » s’accompagnant de la suppression de milliers d’emplois.
L’appel à la grève, lancé par FO et la CFDT, relayé séparément par la CGT, répond à l’annonce en janvier de la suppression de milliers d’emplois. Les syndicats protestent aussi contre le projet de passage en location-gérance de plusieurs hypermarchés. L’annonce récemment d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, a achevé de mettre le feu aux poudres.
Ils s’inquiètent aussi de l’impact sur l’emploi d’autres mesures du plan Bompard (logistique, réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés).

        Lire aussi :
         

                Carrefour : les salariés inquiets face au plan Bompard



« Nous comprenons que les projets de transformation puissent susciter de l’inquiétude chez certains de nos salariés », a admis Pascal Clouzard, directeur exécutif France Carrefour. Mais, « si nous souhaitons pérenniser et développer notre activité économique, et donc nos emplois, nous devons impérativement nous transformer », a-t-il ajouté.
Chez les salariés, l’annonce récente d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, vue comme une « aumône » ou un « pourboire », a aussi alimenté la colère. « Bien consciente de l’impact sur le pouvoir d’achat » de cette baisse, la direction a proposé à la mi-mars de relever ce montant à 407 euros, sous forme d’un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde.
Les actionnaires toucheront, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats, qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-4">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Bergson, à Paris, avaient largement été diffusées sur Internet.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Un policier jugé pour des violences envers des lycéens

Les images de ce gardien de la paix assénant des coups de matraque à des élèves du lycée Bergson, à Paris, avaient largement été diffusées sur Internet.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 12h04
    |

            Julia Pascual








                        



   


C’est un épilogue tardif. Deux ans presque jour pour jour après le blocus du lycée Bergson, dans le 19e arrondissement de Paris, émaillé d’incidents entre adolescents et forces de l’ordre, un policier était jugé, vendredi 30 mars, pour des violences envers plusieurs mineurs. En plein mouvement contre la « loi travail », la diffusion sur les réseaux sociaux d’images du gardien de la paix avait eu un retentissement viral et avait amené le parquet de Paris à saisir l’inspection générale de la police nationale (IGPN) d’une enquête préliminaire. Des vidéos montraient le policier, en civil, le visage dissimulé sous une capuche et un passe-montagne, assénant des coups de matraque à plusieurs personnes, dont le comportement semblait pourtant peu virulent, voire inoffensif.
Des extraits de ces vidéos ont été diffusés à l’audience, vendredi, à propos desquels le prévenu de 40 ans — dont dix-huit passés au commissariat du 19e arrondissement — a eu du mal à s’expliquer. On le voit notamment, le 24 mars 2016, marcher derrière un groupe de lycéens qui s’éloignent et asséner plusieurs coups de matraque à trois d’entre eux, dont Thomas A., présent à l’audience, mineur au moment des faits. Le lycéen est de dos et s’éloigne sans protester lorsqu’il essuie un coup sur la jambe et un autre au niveau de l’épaule.
Les vidéos montrent aussi le policier faisant une balayette à Sérénic S., un élève du lycée Diderot voisin, alors qu’il ne se débat pas. Il est soulevé par ce geste et projeté au sol. A l’audience, Sérénic S. explique que le policier l’aurait également frappé avec sa matraque et menacé de le « violer » s’il revenait devant le lycée Bergson. D’autres images enfin montrent le policier saisissant par le cou et traînant sur plusieurs mètres un troisième lycéen, Ashraf H., qui reçoit lui aussi plusieurs coups de matraque, notamment alors qu’il est maintenu assis sur un trottoir. A l’audience, Ashraf H. a expliqué que le fonctionnaire voulait qu’il efface les vidéos qu’il avait prises avec son téléphone. « A chaque fois que je disais non, il me mettait un coup de matraque, a-t-il rapporté. Il m’a dit qu’il allait me violer. Il a fini par supprimer les vidéos. »
Des violences ni « légitimes » ni « justifiées »
La présidente du tribunal, Caroline Viguier, a constaté à l’audience que plusieurs témoins entendus par l’IGPN avaient décrit le policier comme « très agressif », allant « au contact » des jeunes pour « se défouler », alors que l’ambiance générale était plutôt « bon enfant », dit-elle. Entre cent et deux cents personnes sont présentes aux abords du lycée Bergson ce jour-là. Des jets d’œufs sont constatés ainsi que des incendies de poubelle, ce qui explique que la situation se tende et que des policiers interviennent.
A la barre, le prévenu, Baris E., a reconnu « un mauvais geste », des « mouvements désordonnés » effectués avec sa matraque en direction des lycéens pour « leur faire peur » et « qu’ils avancent plus vite ». « Je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas vraiment été formé pour », dit-il à la présidente. Baris E. appartient à une unité de police administrative du commissariat du 19e et n’est pas censé d’ordinaire faire du maintien de l’ordre. Le fonctionnaire intervient dans les manifestations « en surveillance », comme « physionomiste ». Le 24 mars 2016, toutefois, il prête main-forte à ses collègues. Tour à tour, il explique qu’Ashraf H. s’est montré « insultant », « menaçant » ou que Sérénic S. est tout simplement « arrogant ». « On n’est pas pris en considération, on n’est pas écouté », justifie-t-il encore. Surtout, il assure qu’il n’a « pas touché » les adolescents avec son arme. « Il n’y a pas de contact direct », répète-t-il, sauf pour la balayette, qu’il dit « regretter ». Des explications qui contredisent les déclarations du policier lors de sa garde à vue, pendant laquelle il avait reconnu les coups portés.
En dépit des vidéos, mais aussi des relances des magistrats du siège et de l’avocat de deux lycéens, Arié Alimi, le policier s’est enferré dans ces contradictions. « La garde à vue a été très difficile, j’étais déstabilisé, je me suis mal exprimé », a-t-il avancé. C’est la première fois que ce fonctionnaire est mis en cause par la justice. Sa hiérarchie n’a, au demeurant, pas engagé de procédure disciplinaire à son encontre.
« On a quelqu’un qui ne s’interroge pas sur l’opportunité de son attitude. Il est dans un déni quasi systématique », a regretté Sylvie Boitel, l’avocate de la Ligue des droits de l’homme, partie civile au procès. Le conseil du prévenu, Léonel de Menou, a plaidé la relaxe, tandis que le parquet a requis neuf mois de prison avec sursis. La procureure Aude Duret a estimé que les violences n’étaient ni « légitimes » ni « justifiées ». Elle s’est, en outre, étonnée de la difficulté qu’avait eue l’IGPN à identifier les victimes et à recueillir leurs plaintes, du fait de « craintes » et d’un « étrange malaise ». La présidente du tribunal elle-même a interrogé les adolescents sur ces réticences, qu’ils ont eu du mal à expliquer. Entre la peur d’être réprimandés par leurs parents, la volonté de se concentrer sur leurs études, c’est aussi un sentiment confus d’intimidation face à la police et à l’univers, lointain et méconnu, de la justice, qui est ressorti. Le jugement a été mis en délibéré au 24 mai.
Un autre policier, âgé de 26 ans, a déjà été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir asséné un violent coup de poing à un autre élève du lycée Bergson à Paris le même jour, le 24 mars. Dans une vidéo de la scène, largement diffusée, on peut voir le lycéen à terre, entouré de policiers qui le somment de se lever, avant de lui prendre les bras pour le remettre debout. C’est alors qu’un policier casqué lui porte un violent coup de poing au visage, qui fait basculer et tomber l’adolescent. La victime a eu le nez cassé, et s’est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de six jours.

        Lire aussi :
         

                Des profs du lycée Bergson à Paris : « Pourquoi une telle agressivité à l’encontre de nos élèves ? »






                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-5">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans  d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Etats généraux de la bioéthique : les anti-PMA en force

Plus de 11 000 personnes ont déjà participé aux débats des Etats généraux. Les partisans  d’une ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules peinent à se faire entendre.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h49
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 13h59
    |

            Gaëlle Dupont








                        



                                


                            

Le grand amphithéâtre de Sciences Po est comble, ce lundi 26 mars, pour le premier grand débat parisien des Etats généraux de la bioéthique consacrés à la procréation médicalement assistée (PMA), avant la révision programmée de la loi de bioéthique. Quatre experts sont à la tribune : trois sont favorables à l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules, dont le professeur René Frydman, « père » du premier bébé-éprouvette, tandis que Jean Leonetti, rapporteur des lois de bioéthique en 2011, défend le maintien du cadre actuel, qui réserve ces techniques aux couples hétérosexuels infertiles. Dès la fin des prises de parole à la tribune, une vingtaine de personnes se pressent vers l’estrade afin de prendre le micro. « Vous êtes favorables à l’utérus pour tous, vous êtes le représentant de Bienvenue à Gattaca [film d’anticipation se déroulant dans une société eugéniste], lance un homme en s’adressant à René Frydman, puis à la salle. Le monde qu’on vous promet vous fera souffrir ! »
Les prises de position s’enchaînent. Chacun se présente par son prénom. Margaux, étudiante en rhétorique à la Sorbonne, lit un extrait du Meilleur des mondes, d’Aldous Huxley, autre œuvre d’anticipation où les enfants sont conçus en laboratoire. Christelle, qui travaille dans le développement durable, affirme que « l’empreinte écologique de ces techniques [de procréation] est déplorable », Gwenaël craint qu’elles fassent « basculer la procréation dans le marché », Christophe s’inquiète d’une « filiation sans père »… Une partie de la salle applaudit à tout rompre, l’autre hue. Une atmosphère que déplore Nawal, une lycéenne de 17 ans : « Il y a beaucoup d’extrêmes, pas beaucoup d’écoute. » Ce qui ne l’empêche pas, comme beaucoup d’autres jeunes présents, d’avoir trouvé la soirée « intéressante ».
« Droit vers la GPA »
Le surlendemain à Paris, dans les locaux...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-6">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ L’attaquant suédois est arrivé à Los Angeles, où il devrait effectuer ses débuts dès samedi avec le Galaxy. La capitale californienne a déjà eu un aperçu du « style Zlatan ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Football : Zlatan Ibrahimovic à Hollywood, épisode 1

L’attaquant suédois est arrivé à Los Angeles, où il devrait effectuer ses débuts dès samedi avec le Galaxy. La capitale californienne a déjà eu un aperçu du « style Zlatan ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 10h15
   





                        



   


Arrivé jeudi, présenté vendredi, sur le terrain samedi : Zlatan Ibrahimovic ne traîne pas pour ses débuts avec le Los Angeles Galaxy, sous le maillot duquel il va découvrir la Major League Soccer (MLS, championnat nord-américain de football).
Le colosse suédois de 36 ans devrait fouler la pelouse, samedi 31 mars, dès le lendemain de sa première rencontre avec ses coéquipiers et à peine transféré de Manchester United. Cette saison, il n’a joué que sept matches (un but) sous les couleurs mancuniennes en raison d’une grave blessure à un genou. Mais il se dit prêt à jouer.

Los Angeles, welcome to Zlatan. #zLAtan #LAGalaxy https://t.co/nFAY4X9zbR— Ibra_official (@Zlatan Ibrahimović)


require(["twitter/widgets"]);

« On parle de Zlatan Ibrahimovic là, on ne parle pas d’un être humain normal ou d’un mortel », a dit l’entraîneur du Galaxy Sigi Schmid, qui imagine ainsi aligner Ibrahimovic face au Los Angeles FC.
Ce sera la première édition d’un derby qui, à défaut d’histoire, a déjà son surnom : le « Traffico », en référence aux embouteillages monstres de Los Angeles. « Il aime la compétition, il aime les défis », a rappelé Schmid.
Zlatan, 36 ans, n’aura guère eu le temps de s’acclimater : arrivé à Los Angeles dans la soirée de jeudi en jet privé, il devait échanger ses premières passes avec ses nouveaux coéquipiers (et souffre-douleur ?), vendredi à dix heures, heure locale (19 heures en France).
Une page de pub dans le « LA Times »
Il devait ensuite être officiellement présenté à 13 h 30 (22 h 30, heure française) à la presse américaine qui va découvrir le style Zlatan. Elle en a déjà eu un aperçu lorsque le Suédois s’est offert une page de publicité dans le Los Angeles Times pour annoncer sa venue : « Cher Los Angeles, de rien. »

Zlatan Ibrahimovic has taken out a full page advert in the @latimes announcing his arrival at LA Galaxy. Classic Zl… https://t.co/MF5f1F6Io2— DaleJohnsonESPN (@Dale Johnson)


require(["twitter/widgets"]);

L’ancien buteur notamment de l’Inter Milan, du FC Barcelone et du Paris-SG a déjà commencé à faire parler son ego surdimensionné : « Le Galaxy est la bonne équipe pour moi, j’ai beaucoup à lui offrir, je peux l’aider beaucoup », a-t-il déclaré dans une vidéo publiée sur le site de son nouveau club.
Il est attendu avec beaucoup de curiosité dans un championnat qui a opéré sa mue et largement cessé de convoiter des stars internationales en fin de carrière.
« C’est un très bon transfert pour la MLS », a assuré l’ancien sélectionneur de l’équipe des Etats-Unis Bob Bradley, désormais à la tête du Los Angeles FC, dernière-née des franchises MLS.
Selon le technicien américain, Ibra va apporter une autre dimension à la MLS, plus émotionnelle que technique ou physique.

   


Même s’il a déjà évolué dans six championnats différents, le choc pourrait être violent pour l’attaquant suédois.
« Je crois que Zlatan ne sait pas à quoi s’attendre pour les matchs à l’extérieur », a prévenu Kevin Baxter, le journaliste qui couvre le LA Galaxy pour le Los Angeles Times.
« Ici, les équipes voyagent sur des vols commerciaux, il peut très bien se retrouver sur le siège du milieu, à côté d’un bébé qui pleure. Je ne crois pas qu’il soit prêt pour cela », a-t-il avancé. Reste la plus grande inconnue : sa forme.
Mais l’entraîneur du LA Galaxy est serein. « Nous n’avons aucune inquiétude, on a eu accès à tous les rapports médicaux et examens physiques : il va bien et peut jouer », a-t-il assuré.
« C’était le choix de l’entraîneur [José Mourinho] de ne pas le faire jouer plus », a insisté Schmid, qui n’aura pas ce luxe et devra permettre une représentation hebdomadaire du show Ibra.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-7">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Mayotte : chronique d’une île en « sous-France »

Depuis six semaines, un mouvement de colère enflamme Mayotte. Exaspérée par l’insécurité et par l’immigration non maîtrisée, la population attend des réponses de l’Etat.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h27
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h36
    |

            Patrick Roger (Mayotte, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Mayotte s’embrase et le gouvernement regarde ailleurs. Voilà six semaines que le département est en proie à un mouvement de grèves et de blocages contre l’insécurité. Six longues semaines au cours desquelles l’île n’a fait que s’enfoncer dans une crise désespérante, sans que l’Etat en prenne la mesure. Les Mahorais attendent des réponses fortes, que l’Etat s’avère incapable de leur apporter. Récit fragmenté d’une île en souffrance.
« Qu’est-ce que je fais de la clé ? »
La scène se passe sur le front de mer de Mamoudzou, jeudi 15 mars. Attablé devant un food truck, baptisé Le Camion blanc, sur le parking du port de plaisance, un client inhabituel. Le préfet Frédéric Veau patiente depuis près de cinq heures. A ses côtés, une flopée de hauts fonctionnaires, parmi lesquels l’ancien préfet de Mayotte Jean-Jacques Brot, le conseiller d’Etat Jean Courtial, le général de gendarmerie Lambert Lucas, le contrôleur général de la police nationale, Yves Jobic, ou encore Brice Blondel, le directeur adjoint du cabinet de la ministre des outre-mer Annick Girardin.
Les officiels n’en sont pas à leur premier rendez-vous compliqué. Deux jours auparavant, la ministre elle-même s’est cassé les dents. Mme Girardin croyait pourtant avoir fait un grand pas en rencontrant des représentants des élus, de l’intersyndicale et du collectif des citoyens à la Case Rocher, la résidence du préfet, à Petite-Terre. Le dialogue, fragile, avait débouché sur un communiqué du ministère, pour le moins prématuré, qui saluait « un accord mettant un terme à la crise de Mayotte ». Mme Girardin était déjà dans l’avion. Las. Le lendemain, les représentants du mouvement, heurtés par la méthode, réunis à Tsingoni, démentaient tout accord, et annonçaient la poursuite des grèves et des barrages. Retour à la case départ.
Tous les liens, cependant, n’ont pas été rompus. De discrets contacts ont été établis pour rendre possible une nouvelle...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-8">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤ Sur un modèle expérimenté au Brésil, l’école gratuite « Casa 93 » veut ouvrir le monde de la mode à « ceux qui n’entrent pas dans les cases ».
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-8"> ¤                     
                                                

A Saint-Ouen, une école de mode associative veut mettre les métiers de la création à portée de tous

Sur un modèle expérimenté au Brésil, l’école gratuite « Casa 93 » veut ouvrir le monde de la mode à « ceux qui n’entrent pas dans les cases ».



Le Monde
 |    31.03.2018 à 08h15
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h26
    |

                            Béatrice Madeline








                        


Pour Njeri, Missbah, Mohammed, Sandy, Tio et huit autres garçons et filles, ce début d’année ne sera pas comme les autres. Ces treize jeunes gens, dont la plupart ont grandi en Seine-Saint-Denis, vont se former aux métiers de la création au sein de la Casa 93, une école de mode pas comme les autres, ouverte en priorité aux jeunes issus des quartiers « politique de la ville », âgés de 18 à 25 ans, sans condition de diplôme.

   


Une innovation sociale et pédagogique, due à l’infatigable Nadine Gonzalez, ancienne professionnelle de la mode elle-même, soucieuse d’ouvrir ce milieu « hyperélitiste » à des publics divers. La Casa 93 est la « petite sœur » européenne de la Casa Geraçao, créée en 2013 par Nadine Gonzalez dans les favelas de Rio, au Brésil. Avec des résultats probants : 5 promotions de 20 élèves chacune ont été formées, 80 jeunes ont trouvé un emploi en lien avec la mode, une dizaine de collections ont été créées… La volonté de Nadine Gonzalez est désormais de « répliquer ce modèle à l’international ».
Pourquoi ce choix de la France et de la Seine-Saint-Denis pour une première implantation à l’étranger ? D’abord des ressemblances entre les deux pays en termes de système éducatif : « Une faible valorisation du potentiel créatif des jeunes, un système peu adapté aux jeunes éloignés de l’emploi, des écoles de mode trop chères », énumère Nadine Gonzalez. Quant au département de la Seine-Saint-Denis, il a été choisi car c’est « le plus métissé et le plus jeune de France, avec également le plus faible taux de scolarisation ». Et ce alors qu’il s’agit, dit-elle, « du poumon créatif de l’Ile-de-France ».
« Ecoles privées trop chères »
De fait, parmi les « élus » de la Casa 93, peu auraient pu intégrer une école de stylisme classique, compte tenu de leur parcours scolaire ou de leurs moyens financiers. Missbah, qui adore « coudre, broder, créer », a décroché un bac techniques de vente. De toute façon, « les écoles privées coûtent trop cher » pour sa famille, dit-elle. Sa voisine, Lina, qui rêve de lancer sa propre marque de vêtements, suit un cursus de mode dans un lycée du département, sachant que cela ne la mènera sans doute pas dans les grandes maisons. Mais elle est résignée : « Si on habite dans le 93, c’est qu’on ne peut pas se payer autre chose qu’une école du 93… »
Quant à Mohammed, le seul qui n’ait pas grandi en région parisienne, il sort d’une section sports-études et affirme que « personne ne l’a jamais vu dessiner ». Avec un tel parcours, inimaginable pour ce jeune footballeur professionnel d’être admis dans une école de stylisme afin de pouvoir lancer la ligne de streetwear qui lui trotte dans la tête.
Pour intégrer la Casa 93, pas besoin d’un « book » élaboré ou d’un parcours d’excellence. Les critères de sélection n’ont rien à voir avec les compétences purement scolaires : passion pour la mode, créativité, talent et motivation sont attendus au rendez-vous. Une « approche alternative » qui a séduit Gloria, dont le rêve est de travailler dans la mode après un BTS de communication. Mais pour elle, impossible de « poursuivre dans un cursus super scolaire, parce que c’est pas du tout [s]on truc ».
Création d’une collection collective
Ces 13 futurs « modeux » ont été sélectionnés sur une vingtaine de postulants, qui ont bénéficié d’octobre à novembre d’un cycle préparatoire d’une durée de quarante heures au total, à raison de quatre heures par semaine le samedi matin. Des « workshops », des ateliers de développement personnel et créatif, ont permis à chacun d’affiner son projet personnel, de vérifier sa motivation et de travailler ses talents d’expression écrite et orale en vue de la deuxième étape de sélection.
Début décembre ont eu lieu les entretiens collectifs pour retenir les jeunes bénéficiaires de la formation de six mois (de janvier à juin 2018), articulée cette fois autour de trois pôles : création (analyse des tendances, stylisme, « moodboard »…), image (communication, marketing digital, identité visuelle…) et savoir-faire technique de modélisme (coupe, couture…). Un programme complété de cours d’anglais de la mode. En parallèle, l’objectif est de créer une collection collective qui sera présentée pendant la fashion week à la profession, début mars.
Les jeunes ont également l’opportunité de participer à des initiatives extérieures à l’école, l’occasion de mettre en pratique les compétences acquises au sein des différents pôles. Enfin, une phase de trois mois d’insertion professionnelle est prévue au dernier trimestre 2018.
Trouver des financements
Actuellement hébergée dans une salle de 65 m² au Mob Hotel de Saint-Ouen, un lieu branché réunissant restaurant-bar, cinéma, jardin et animations, la Casa 93, sous statut associatif, se heurte au problème du financement. Même si la plupart des professionnels interviennent bénévolement, et que pour cette première année, les élèves bénéficient d’une gratuité totale. Le département a versé une subvention de 8 000 euros et des discussions sont en cours auprès de Plaine Commune (intercommunalité de Saint-Ouen) dans le cadre du projet de politique de la ville.
Pour le reste, « notre seule carte pour avoir de l’argent, c’est le privé », note Nadine Gonzalez. Les entreprises, les organisations professionnelles ou même les particuliers ont la possibilité de financer des bourses pour aider à financer la scolarité des étudiants. Xavier Clergerie, organisateur de salons de mode et mécène de créateurs, parraine ainsi trois jeunes. La Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM) apporte aussi sa contribution.
En 2018, un partenariat se dessine avec l’Institut français de la mode (IFM) et l’Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne (ECSCP), qui conduirait notamment à proposer une bourse au major de la promotion de la Casa 93, en lui permettant de participer à la Summer School de l’IFM, à Paris.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-9">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤                     
                                                

La France impuissante face à la guerre turque contre les Kurdes

Editorial. Emmanuel Macron a « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les Forces démocratiques syriennes et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 10h37
   





                        



   


Editorial du « Monde ». Que la France envoie ou non certaines de ses forces spéciales déjà présentes en Syrie vers Manbij dans le but de prévenir l’offensive annoncée à grand bruit par le président turc Erdogan ne changera pas grand-chose. Confirmé par les uns, démenti par les autres, ce déploiement, s’il a lieu, ne pourra être que symbolique. Manbij, une ville arabe contrôlée par les Forces démocratiques syriennes (FDS), dont l’encadrement est principalement kurde, est déjà sous la protection de soldats américains depuis l’automne 2016.
Les FDS et les unités kurdes sont les alliés de la coalition internationale contre l’Etat islamique, dont la France fait partie depuis 2014. Elles ont pris Rakka, la capitale du « califat » syrien de l’organisation Etat islamique (EI). Vue depuis Paris, la poursuite de la lutte contre les djihadistes est un impératif de sécurité nationale. Il nécessite d’apporter un minimum de garanties politiques et sécuritaires aux FDS, visées par M. Erdogan, qui les considère comme le prolongement, en Syrie, du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) contre lequel il est en guerre. La prise de l’enclave kurde syrienne d’Afrin par l’armée turque et ses alliés arabes syriens a été le premier acte de la lutte à mort que M. Erdogan veut leur mener.
Un partenaire essentiel
En recevant une délégation civile et militaire, liée au FDS, jeudi 29 mars à l’Elysée, Emmanuel Macron a cherché à montrer sa solidarité avec les meilleurs alliés de la France dans sa guerre contre le djihadisme. Pour Ankara, cette forme de reconnaissance est totalement inacceptable : l’implantation durable d’une entité politique dominée par les FDS à sa frontière est, pour la Turquie, une menace existentielle.

        Lire aussi :
         

                Erdogan tance Macron, accusé de soutenir les Kurdes de Syrie



Or la Turquie est aussi un partenaire essentiel de la France dans la lutte contre le djihadisme – en extradant les ressortissants français qu’elle intercepte sur son territoire et en servant de garde-frontière à l’Europe dans le cadre de sa politique migratoire. Paris cherche donc à ménager tout le monde. Dans le communiqué officiel publié à l’issue de la rencontre de jeudi, l’Elysée affirme que le président de la République « a assuré les FDS du soutien de la France » et a « rappelé l’engagement de la France contre le PKK ». Pour Ankara, les FDS sont le PKK. On touche là les limites de la « diplomatie de l’en même temps » de M. Macron.
Un puissant outil de mobilisation
Les Etats-Unis, qui cherchent à ménager leur allié turc dans l’OTAN tout en donnant des garanties à leurs partenaires des FDS dans la guerre contre l’EI, sont aussi confrontés à ce dilemme. Mais ils sont plus puissants – et donc craints d’Ankara – et plus lointains géographiquement de la Turquie : les conséquences d’une querelle avec M. Erdogan ne sont pas les mêmes.
M. Macron a proposé ses bons offices et « souhaité qu’un dialogue puisse s’établir entre les FDS et la Turquie avec l’assistance de la France ». Il est permis de douter du succès d’une telle démarche, balayée par Ankara vendredi. Seuls un front uni et une démarche commune des Occidentaux – Français, Américains, Britanniques, Allemands, etc. – pourraient dissuader M. Erdogan de stopper sa croisade anti-kurde en Syrie.

        Lire aussi :
         

                « Les Kurdes ont été au premier plan de la lutte contre l’EI. Méritent-ils le cynisme des grandes puissances ? »



Il y a trouvé un puissant outil de mobilisation d’une société turque travaillée par l’islamo-nationalisme virulent promu par le pouvoir en place. M. Erdogan, candidat à sa propre succession en 2019, n’a aucune raison de mettre fin à une guerre qui le rend populaire. Et lui permet de réprimer ses opposants à l’intérieur du pays.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-10">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤ Les expulsions locatives, interdites pendant l’hiver, reprennent à partir du 1er avril. Chaque année, plus de 155 000 procédures pour loyer impayé sont lancées.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-10"> ¤                     
                                                

Fin de la trêve hivernale : 15 000 expulsions par la force, en hausse de 50 % depuis 2013

Les expulsions locatives, interdites pendant l’hiver, reprennent à partir du 1er avril. Chaque année, plus de 155 000 procédures pour loyer impayé sont lancées.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h31
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 06h38
   





                        



   


L’arrivée du printemps n’est pas forcément une bonne nouvelle pour tous, puisque le 31 mars est le dernier jour de la « trêve hivernale » ; à partir du 1er avril, il est possible d’expulser des ménages de leur logement.
Depuis 1956, ce repit interdit d’exécuter les décisions de justice d’expulsion au cœur de l’hiver. Initialement prévu entre le 1er décembre et le 15 mars, il commence désormais le 1er novembre et va jusqu’au 31 mars minuit. Durant cette période, il est interdit de couper l’électricité ou le gaz. Ces cinq mois correspondent aussi au « plan d’urgence hivernale », avec une augmentation des dispositifs d’accueil des sans-abri.
128 000 décisions d’expulsion
Si la trêve empêche les expulsions, elle ne bloque pas les procédures en cours. Les hausses des prix de l’immobilier et la crise économique ont entraîné une progression importante des procédures engagées pour loyers impayés (+ 44 % depuis le début des années 2000).
Dans la grande majorité des cas, le tribunal prononce des décisions d’expulsion : plus de 128 000 en 2016, qui ont abouti à 63 000 commandements de quitter les lieux (acte juridique délivré par un huissier) selon les données du ministère de la justice, compilées par la Fondation Abbé Pierre.


	#container_15223986678{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15223986678{
		height:500px;
	}
	#container_15223986678 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15223986678 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15223986678.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15223986678.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15223986678 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



En 2016, plus de 155 000 procédures pour loyers impayés ont été engagées
Dans plus de 80 % des cas, la procédure conduit à une décision de justice, puis dans la moitié des cas à un commandement de quitter les lieux. 

Source : Fondation Abbé Pierre



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15223986678",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "line",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: 1,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "linear",
		 categories:["2001","2005","2008","2010","2011","2012","2013","2014","2015","2016"],
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:1,
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Procédures pour impayés de loyers ou défaut d’assurance",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        "",
        107639
      ],
      [
        "",
        128782
      ],
      [
        "",
        137047
      ],
      [
        "",
        145384
      ],
      [
        "",
        145828
      ],
      [
        "",
        146224
      ],
      [
        "",
        150847
      ],
      [
        "",
        166146
      ],
      [
        "",
        159812
      ],
      [
        "",
        155283
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Décision de justice d'expulsion pour impayés",
    "color": "#FFc832",
    "data": [
      [
        "",
        81080
      ],
      [
        "",
        99768
      ],
      [
        "",
        105150
      ],
      [
        "",
        109160
      ],
      [
        "",
        113669
      ],
      [
        "",
        115086
      ],
      [
        "",
        120533
      ],
      [
        "",
        126441
      ],
      [
        "",
        126946
      ],
      [
        "",
        123359
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  },
  {
    "name": "Commandement de quitter les lieux",
    "color": "#ff3232",
    "data": [
      [
        "",
        47473
      ],
      [
        "",
        53976
      ],
      [
        "",
        58904
      ],
      [
        "",
        58739
      ],
      [
        "",
        55957
      ],
      [
        "",
        49685
      ],
      [
        "",
        51096
      ],
      [
        "",
        59357
      ],
      [
        "",
        67905
      ],
      [
        "",
        63081
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: 1,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " cas",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});


Pressions proches du harcèlement
En raison de délais fixés par les textes ou liés au traitement des affaires, il peut se passer entre dix-huit et vingt-quatre mois entre le début de la procédure et l’expulsion définitive, ce qui conduit à augmenter la dette locative et peut conduire les bailleurs à exercer des pressions proches du harcèlement, selon un rapport public de 2014 sur le sujet.
Face à ces pressions et par crainte des procédures, près de la moitié des ménages ayant reçu commandement de quitter les lieux (environ 30 000) déménagent de manière « volontaire » avant d’y avoir été contraints formellement. La Fondation Abbé Pierre déplore que « leur trajectoire résidentielle reste largement méconnue d’un point de vue statistique ».
71 expulsions par jour
La dernière étape de la procédure est le recours à la force publique : c’est celle-ci qui est interdite durant l’hiver, sauf en cas de relogement. Ces expulsions ont nettement augmenté depuis 2001, et ont même réalisé un bond de plus de 50 % depuis 2013. En 2016, on dénombrait 15 222 interventions, soit plus de 71 par jour durant la période autorisée.


	#container_15223992464{
		padding:5px 5px 0px 10px;
		width:100%;
		background-color:#f5f6f8;
	}
	#graphe_15223992464{
		height:500px;
	}
	#container_15223992464 .titre{
		position:relative;margin: 10px 0;
		font-size: 1.5rem;
		font-family: "Helvetica Neue", Helvetica, Arial, FreeSans, sans-serif;
		font-weight: bold;
		position: relative;
		}
	#container_15223992464 .subtitle{
		display:block;
		margin: 10px 0;
		font-size: 1.3rem;
}
	.highcharts-tooltip span {
		height: auto;
		min-width: 170px;
		z-index: 9998!important;
		overflow: auto;
		opacity: 1;
		white-space: normal !important;
	}
	#container_15223992464.highcharts-xaxis-labels text
	{
		font-size: 10px!important;
}
	#container_15223992464.highcharts-legend-item text
	{
		font-size: 11px!important;
	}
	.tooltiplarge {
		width: 230px;
	}
	#container_15223992464 .credits{
		text-align: right;
		margin-right: 5px;
		padding-bottom: 5px;
	}



Plus de 15 000 expulsions par les forces de l'ordre en 2016, un record depuis quinze ans
Les interventions "manu militari" ont augmenté de 50 % depuis 2013

Source : Fondation Abbé Pierre



require(['highcharts/4.1.9','highcharts-standalone'], function() {
	Highcharts.setOptions({
		lang: {
			decimalPoint: ',',
			thousandsSep: ' ',
			months: ['Janvier', 'Février', 'Mars', 'Avril', 'Mai', 'Juin',  'Juillet', 'Août', 'Septembre', 'Octobre', 'Novembre', 'Décembre'],
			shortMonths: [ 'jan.' , 'fév.' , 'mars' , 'avr.' , 'mai' , 'juin' , 'juil.' , 'août' , 'sept.' , 'oct.' , 'nov.' , 'déc.'],
			weekdays: ['Dimanche', 'Lundi', 'Mardi', 'Mercredi', 'Jeudi', 'Vendredi', 'Samedi'],
			noData: 'Pas de données à afficher', 
			numericSymbols: [null, 'M', 'G', 'T', 'P', 'E']
		}
	});
	var annotation_spe = [];

	var chart = new Highcharts.Chart({
	chart:{
		renderTo:"graphe_15223992464",
		backgroundColor: "rgba(255,255,255,0)",
		borderRadius: 0,
		alignTicks:false,
		type: "line",
		spacingBottom: 10
	},
	colors:["#0386c3","#FFc832","#ff3232","#F19300","#28beaa","#285a82","#821400","#191919"],
	credits:{
		enabled:false},
	title: {
		text: ""
	},
	subtitle: {
		text: ""
	},
	plotOptions: {
		series: {
			dataLabels: {
				inside: false,
				allowOverlap: true,
				format: "{y} ",
				style: {
					textShadow: 'none',
					color: '#333'
				}
			},
			connectNulls:true,
			stacking:null,
			marker:{
				symbol:"circle",
				fillColor:"#FFF",
				lineWidth: 2,
				radius:3,
				lineColor:null
			},
			states:{
				hover:{
					lineWidthPlus : 0
				}
			}
		},
		pie:{
			dataLabels:{
				distance:30, 
				softConnector:false
			}
		}
	},
	yAxis:[{
		id:"0",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: 1,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "" ,
			label: {
				useHTML: false,
				text:"",
				align: "left",
				x: -3
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: -5
			}
		}]
	},{
		id:"1",
		allowDecimals:false,
		type:"linear",
		title: {
			text:""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			format: "{value} ",
			zIndex: -1
		},
		min: null,
		max: null,
		startOnTick: true,
		endOnTick:true,
		reversed:false,
		opposite:true
	}],
	xAxis: {
		type: "datetime",
		 categories:null,
		title: {
			text: ""
		},
		labels: {
			useHTML: false,
			step: "",
			format: "{value:%Y}"
		},
		plotLines: [{
			color: "#ccc",
			width: "",
			value: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				verticalAlign: "top",
				x: 5,
				y: ""
			}
		}],
		plotBands: [{
			color: "#ccc",
			from: "",
			to: "",
			label: {
				useHTML: false,
				text: "",
				textAlign: "",
				align: "left",
				verticalAlign: "top",
				x: "",
				y: 10
			}
		}]
	},
	legend:{
		enabled:"",
		layout:"horizontal", 
		verticalAlign:"bottom", 
		align:"center",
		y:-10
	},

	series:[
  {
    "name": "Nombre d'expulsions avec intervention des forces de l'ordre",
    "color": "#0386c3",
    "data": [
      [
        978390000000,
        6337
      ],
      [
        1104620400000,
        10182
      ],
      [
        1199228400000,
        11294
      ],
      [
        1262386800000,
        11670
      ],
      [
        1293922800000,
        12759
      ],
      [
        1325458800000,
        11487
      ],
      [
        1357081200000,
        10132
      ],
      [
        1388617200000,
        11604
      ],
      [
        1420153200000,
        15151
      ],
      [
        1451689200000,
        15222
      ]
    ],
    "type": "",
    "lineWidth": 2,
    "yAxis": 0,
    "stack": "null",
    "visible": true,
    "dataLabels": {
      "enabled": 0
    }
  }
],
	tooltip: {
		useHTML: true,
		shared: false,
		valueDecimals: 0,
		valuePrefix: "",
		valueSuffix: " cas",
		backgroundColor: '#FFF',
		borderColor: '#ccd0d3',
		borderRadius: 8,
		borderWidth: 0,
		dateTimeLabelFormats: {
			hour: "",
		},
		shadow: false,
		style: {"padding":"15px", "font-family":"Helvetica,Arial!important", "color":"#16212c"},
{point.key}',
\u25CF {series.name}: {point.y}',
		hideDelay: 200,
		borderWidth: 1,
		borderColor: "#AAA",
		formatter: function(tooltip) {
			return tooltip.defaultFormatter.call(this, tooltip);
		},
	}
});

	function findLength(str) {
 100) {
			el = document.getElementsByClassName('highcharts-tooltip')[1].firstChild;
			if (el.classList) {el.classList.add('tooltiplarge');}
			else {el.className += ' ' + 'tooltiplarge';}
		}	
	}

});





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-11">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ Les étudiants de l’Ecole publique de journalisme de Tours (EPJT) ont rassemblé plusieurs vérifications de paroles politiques de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ 
<article-nb="2018/03/31/17-12">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ « Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤                     
                                                

Making of de la Semaine de la presse : « On est surpris qu’il y ait autant de monde pour faire un journal »

« Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 11h22
    |

            Delphine Roucaute








                        



   


Onze élèves de quatrième du collège Henri-IV de Meaux (Seine-et-Marne) ont pris leurs quartiers dans les locaux du Monde, lundi 19 mars. L’objectif : découvrir la manière dont travaillent les journalistes et de se prendre au jeu en devenant, le temps d’une journée, rédacteurs et rédactrices en chef. Au programme : conférence de rédaction animée par les adolescents, afin d’aboutir à la commande d’un sujet à une journaliste.
D’habitude, c’est plutôt le mouvement inverse. Les quelque cent dix journalistes du Monde et de l’AFP qui se sont engagés dans l’éducation aux médias et à l’information au sein de l’association Entre les lignes ont pour mission principale d’intervenir directement dans des classes un peu partout en France. Mais à l’occasion de la Semaine de la presse, la classe — choisie par notre partenaire le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clémi) — est séparée en deux : onze élèves au Monde, treize à l’AFP (vous pouvez également lire le récit de leur journée à la rédaction de l’AFP).
Leur découverte du journal débute, comme toute journée à la rédaction Web, avec la réunion de 9 h 15, où s’engagent entre journalistes des discussions sur les dominantes d’actualité du jour : élection présidentielle russe et réélection de Vladimir Poutine, scandale Cambridge Analytica sur Facebook et annonces du gouvernement sur l’assurance-chômage. Mais les élèves retiennent surtout les échanges sur le calvaire de la jeune fille au pair Sophie Lionnet, au Royaume-Uni, et les débats sur la terminologie à adopter pour présenter Sergueï Skripal, l’ancien agent double empoisonné au Novitchok. Comme pour beaucoup de lecteurs, ce sont les drames et faits divers qui retiennent l’attention, marquent l’imaginaire.
« C’est intéressant de pouvoir partager nos idées »
Leur propre conférence de rédaction débute d’ailleurs par un questionnement sur Nordahl Lelandais. « Ah non c’est bon, moi j’ai vu une émission sur NRJ 12, ça me suffit », rebondit Johan, très en verve. « Mais c’est qui ? », s’interroge Karim. « L’affaire Maëlys ! », lui rétorque-t-on. Le léger silence qui s’ensuit nous permet de mesurer à quel point le sujet est brûlant pour ces collégiens. Bons élèves, les onze adolescents égrènent les quelques sujets qui ont fait les gros titres dernièrement : les Jeux paralympiques, qui « donnent une image positive des handicapés », explique Louanie, mais aussi la rencontre entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Puis émergent des sujets qui manifestement les intéressent plus : le coût et la « pollution » engendrés par la production d’éoliennes, la « tromperie » des aliments bio, qui contiennent aussi des pesticides, le gaspillage alimentaire. C’est bien l’environnement qui est au cœur de leurs préoccupations. Et la méfiance est de mise : « Moi, je ne mange plus de steaks surgelés depuis que j’ai vu un reportage qui explique qu’ils sont faits avec des restes d’animaux », assène Johan. Mais leurs doutes ne vont pas jusqu’à affecter leur vision des fast-foods. « Y’a pas de problème avec les frites, si ? »

Les élèves font maintenant leur propre conférence de rédaction depuis 30 minutes, ils abordent les différents sujet… https://t.co/vcCnhweY4b— BriceLaemle (@Brice Laemle)


require(["twitter/widgets"]);

Mais c’est encore le débat sur l’interdiction des smartphones au collège qui déchaîne le plus les passions. Même si la plupart d’entre eux ne l’utilisent qu’en dehors de l’école ou à la récré, ils le gardent dans leur poche toute la journée. « Et comment on fait pour prévenir nos parents si on n’a pas de téléphone ? », interroge Karim, qui possède un portable depuis le CE2. Johan, lui, a un sentiment ambivalent : « Le niveau des élèves a baissé avec le smartphone, ils ont plus de mal à se concentrer. Mais je suis obligé de répondre dès que je reçois un texto. C’est comme notre petit frère ou notre petite sœur », assure-t-il sous le regard interloqué de quelques camarades. « C’est intéressant de pouvoir partager nos idées. J’ai pu raconter que je suis allée en manifestation, alors que ça n’intéresse pas mes amies », souligne Louanie, seule collégienne présente à être tentée par le métier de journaliste.
Parmi tous les sujets évoqués, trois sont sélectionnés par les élèves : l’impact de la pollution sur les animaux, le gaspillage alimentaire et l’interdiction des smartphones au collège. Trois petits groupes se forment alors et s’essayent à la base du travail de journaliste, encadrés par des professionnels : le choix de son « angle », c’est-à-dire la façon d’aborder un sujet, de sélectionner une petite partie de l’histoire pour donner à voir le schéma plus global. L’exercice consiste à poser sur la table toutes les questions que soulève une thématique et de les resserrer petit à petit pour arriver à des sujets très précis. Les élèves sont impressionnés par le résultat.
En une heure et demie, les groupes d’élèves aboutissent à plusieurs propositions d’angles journalistiques : un article pédagogique sur les critères des dates de péremption sur les étiquettes ; un reportage sur l’initiative de frigos en libre-service pour lutter contre le gaspillage alimentaire ; un article qui explique comment on peut interdire concrètement les téléphones au collège ; la pollution de l’eau à Meaux… Là encore, les sujets « environnement » remportent un franc succès. Après un vote à bulletin secret, les élèves choisissent leur sujet de prédilection : la pollution de l’air, un poison invisible pour les animaux en Ile-de-France.
Retour en classe
C’est à Faustine Vincent, journaliste généraliste au Monde, que revient la tâche d’enquêter sur cet épineux sujet. Elle se rend vite compte que le sujet a été assez peu étudié par les scientifiques et qu’il comprend des éléments très techniques, qu’il va s’agir de vulgariser pour les lecteurs. Elle décide finalement de se concentrer sur la notion d’« animal sentinelle » : les animaux étant plus petits et plus sensibles que les humains, ils développent plus rapidement des pathologies liées à la pollution. Etudier les effets des polluants sur eux permettrait donc de faire plus de prévention.
Après écriture, validation, relecture et correction du papier (toutes les étapes sans lesquelles les articles ne sont pas publiés), Faustine est ensuite allée à Meaux expliquer son enquête aux vingt-quatre élèves, notamment la difficulté qu’elle a eue à trouver les rares interlocuteurs ayant travaillé sur le sujet.
« On est très surpris qu’il y ait autant de gens qui travaillent pour faire un journal et publier des articles », réagit Inès, soutenue par ses camarades. C’est vrai qu’avec ses 450 journalistes et 150 articles publiés quotidiennement, Le Monde ressemble à une grande fourmilière qui ne s’arrête jamais de tourner. Et c’est cette idée du journalisme que l’on essaie enfin de transmettre : un travail collectif, toujours remis sur l’ouvrage.

        Lire l’article de Faustine Vincent :
         

          Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme







                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-13">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤                     
                                                

Radicalisation : vingt étrangers expulsés de France en 2017

Les expulsions d’étrangers radicalisés sont réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h19
   





                        



   


Vingt étrangers radicalisés en situation régulière ont été expulsés du territoire français en 2017, a affirmé Gérard Collomb à Ouest-France dans un entretien paru samedi 31 mars, un chiffre « jamais atteint auparavant », selon le ministre de l’intérieur. M. Collomb était interrogé sur les expulsions d’étrangers radicalisés, à nouveau réclamées par la droite et par l’extrême droite après les attentats djihadistes qui ont fait quatre morts dans l’Aude, le 23 mars.
« Déjà le cas ! », a-t-il aussi répondu sur Twitter samedi, qualifiant le chiffre de vingt expulsions de « record », sans donner plus de détails notamment sur la nationalité des expulsés.

- Incarcérer les 26 000 fichés S ?
— gerardcollomb (@Gérard Collomb)


require(["twitter/widgets"]);

Dans son entretien à Ouest-France, le ministre de l’intérieur a aussi dit que les attaques à Trèbes et à Carcassonne étaient « difficilement prévisibles ».
Leur auteur, Radouane Lakdim, était inscrit au FSPRT (fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste) depuis novembre 2015, mais les investigations n’avaient montré « aucun signe laissant présager un passage à l’acte ».
La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) lui avait envoyé en mars une lettre de convocation pour un entretien d’évaluation :
« Elle souhaitait s’assurer qu’il ne présentait plus de signe de radicalisation avant que son dossier ne soit éventuellement mis en veille. »

        Lire aussi :
         

                Fichés « S » : faut-il légiférer ?



Aux demandes de l’opposition de mesures plus sévères à l’encontre des individus fichés, M. Collomb a par ailleurs répondu que « mettre en prison les 26 000 fichés S, ou ceux qu’on jugerait dangereux » était « impossible ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-14">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤ Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins seize ont été tués par l’armée israélienne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-14"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                        

Dans la bande de Gaza, la marche du désespoir des Palestiniens

Des dizaines de milliers de Palestiniens ont manifesté vendredi à quelques mètres de la clôture qui les sépare d’Israël. Au moins seize ont été tués par l’armée israélienne.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h44
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 10h46
    |

            Piotr Smolar (bande de Gaza, envoyé spécial)








                        



   


Tels des champignons de fer, les casques des tireurs d’élite israéliens se dessinent, immobiles, au sommet des collines. Des officiers assurent la liaison radio à leurs côtés. Une jeep passe dans leur dos. Les manifestants palestiniens, réunis près du camp de Bureij, contemplent ce ballet. La distance qui les sépare des soldats se compte en centaines de mètres. Soudain, une balle siffle, un corps s’effondre. On l’évacue. On continue.
Ce face-à-face a duré toute la journée du vendredi 30 mars, le long de la bande de Gaza. Alors que des dizaines de milliers de personnes ont afflué pacifiquement vers les zones prévues par les organisateurs de la « grande marche du retour », au moins seize manifestants ont été tués et près de 1 400 ont été blessés, dont beaucoup par balles réelles. Un bilan lourd, hélas attendu.
Les responsables israéliens avaient dramatisé ce rendez-vous, en prêtant l’intention aux participants, supposément manipulés par le Hamas, de vouloir franchir la frontière. Ce ne fut pas le cas, même si les plus téméraires s’approchèrent de la clôture, ivres de leur propre audace.
L’armée a aussi dénoncé, vendredi, une attaque armée par deux Palestiniens dans le nord de la bande, qui ont été tués. « Nous identifions des tentatives d’attaques terroristes sous le camouflage d’émeutes », a affirmé le général de division Eyal Zamir, chef du commandement de la région Sud. Tandis que les responsables politiques gardaient le silence, les militaires imposaient une lecture strictement sécuritaire de l’événement.
« On est debout, on existe »
Cette journée marque un succès amer pour les partisans d’une résistance populaire pacifique, qui ont constaté depuis longtemps l’échec de la lutte armée. D’autant que la supériorité technologique de l’armée israélienne ne cesse de s’accroître. La manifestation de vendredi place cette armée sur la défensive, obligée de justifier des tirs à balles réelles sur des manifestants ne présentant aucun danger immédiat pour les soldats.
Toutes les factions, Hamas en tête, avaient appelé les Gazaouis à participer. Elles ont fourni un appui logistique, affrété des bus. Des appels ont été diffusés dans les médias, sur les réseaux sociaux, dans les mosquées. Mais contrairement aux propos calibrés des autorités israéliennes, personne n’a forcé les Gazaouis à sortir pour réclamer le droit au retour des Palestiniens sur les terres qu’ils ont perdues en 1948, au moment de la création d’Israël.

   


Gaza compte 1,3 million de réfugiés sur une population de près de 2 millions. « Je n’appartiens pas à une faction, mais à mon peuple, résume Rawhi Al-Haj Ali, 48 ans, vendeur de matériaux de construction. C’est mon sang et mon cœur qui m’ont poussé à venir. »
Non loin de lui, dans la zone de rassemblement de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, Ghalib Koulab ne dit pas autre chose, sous le regard de son fils. « On veut envoyer un message à l’occupant, résume cet homme de 50 ans. On est debout, on existe. » L’ancien village de ses parents est situé quelques kilomètres derrière la clôture.
Diversité et dénuement
« Provocation », a lâché le ministre israélien de la défense, Avigdor Lieberman. « Emeutiers », ont répété en boucle, vendredi, les porte-voix de l’armée. Emeutiers. Dans le conflit israélo-palestinien, les mots aussi sont sacrifiés, vidés de leur sens.
Dans chacun des cinq lieux de rassemblement prévus le long de la frontière a conflué le peuple gazaoui dans sa diversité, et son dénuement. Vieillards et gamins, femmes voilées et jeunes étudiantes apprêtées, mais surtout jeunes hommes sans avenir : ils ont marché des kilomètres, ou bien ils ont pris un bus. Ils ont juché les enfants sur les épaules, grimpé à l’arrière de camionnettes ou tenté de se tenir en équilibre, à dix, sur un tracteur épuisé.

   


Dans le bruit confus des klaxons et des sonos, ils se sont lentement approchés de cette zone frontalière d’habitude évitée, redoutée, où l’armée construit un mur pour remplacer une clôture jugée trop vulnérable. La plupart sont restés sagement à distance, loin de la frontière, mangeant des glaces ou picorant des graines, s’interrompant pour la grande prière.
Il y avait, évidemment, une avant-garde plus téméraire. Des centaines d’adolescents qui s’escrimaient à se rapprocher le plus possible de la clôture de sécurité, sans la franchir, conformément à la consigne diffusée.
Un territoire à l’agonie
Mais personne ne contrôlait cette foule éclatée, coupant à travers champs. Certains jeunes avaient des lance-pierres de fortune, qui ne pouvaient guère atteindre les soldats. Les autres cherchaient à planter un drapeau palestinien, ou bien à organiser un sit-in de quelques minutes, avant que le gaz lacrymogène, largué par des drones, ne les éparpillent.
Il est tentant de dire que ces jeunes défiaient la mort. En réalité, ils défiaient la vie, la leur, qui ressemble à une longue peine : celle des victimes du blocus égyptien et israélien, enfermées depuis bientôt onze ans dans ce territoire palestinien à l’agonie.

   


Ils étaient terribles, ces rires de l’assistance autour de Nasser Chrada, 26 ans, quand on lui a demandé s’il travaillait. « Personne ne travaille. » Père de trois filles, il est venu à la manifestation de Jabaliya en pensant à sa famille, originaire de Jaffa, près de Tel-Aviv. Il ne sait pas à quoi ça ressemble, Jaffa, devenue la petite cité branchée de la côte. Il fantasme, il parle en slogans, il ne pense pas à ceux, des Israéliens, qui y vivent depuis soixante-dix ans. Est-il prêt à tenter de franchir la clôture, au risque de mourir ? « Oui, si d’autres y vont. Dieu s’occupera de mes filles. » 
Cette incapacité à anticiper la suite, à formuler des demandes précises au-delà de la libération – invraisemblable – de leurs terres, on la retrouve chez quasiment tous les manifestants. « On ne veut pas de nourriture ou d’aide, on veut la liberté, le respect de nos droits, résume l’un des organisateurs, le journaliste Ahmed Abou Irtema. C’est aux Israéliens de résoudre ce problème. »
Imposer un rapport de force
Il est difficile de tenir un discours politique charpenté quand on vit sous cloche, sans contacts avec l’extérieur. La priorité : imposer un rapport de force.
« On ne sera pas transférés dans le Sinaï égyptien, comme le veulent les Américains et les Israéliens !, assure Am-Ashraf Yazgi, une mère de famille de 49 ans, habitante de Beit Hanoun. On continuera jour après jour, jusqu’à ce qu’on retrouve nos terres. Les Juifs qui y vivent doivent retourner dans les pays dont ils viennent. » Un cliché répandu, chaque camp méprisant ou ignorant les drames vécus jadis par l’autre.

   


Dans le public, les motivations sont variées. Certains sont venus parce que c’était le théâtre dramatique du jour, à ne pas manquer. Effet de foule. D’autres pensaient à leurs aïeux, récitant le nom de leurs villages. Mais tant d’autres n’ont pas fait le déplacement.
L’absence de drapeaux à la gloire des factions était frappante, de même que l’absence de forces de sécurité du Hamas, en dehors de quelques postes en retrait. Ce mouvement populaire permettait, il est vrai, de recouvrir les fractures béantes entre le mouvement islamiste armé et le Fatah du président Mahmoud Abbas. Le processus de réconciliation, amorcé sous les auspices de l’Egypte en octobre 2017, est au point mort, mais personne ne veut signer l’acte de décès.
Six semaines de mobilisation similaire sont prévues jusqu’au 15 mai. Au lendemain du déménagement symbolique de l’ambassade américaine vers Jérusalem, ce sera le jour de commémoration de la Nakba, soit la « grande catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens en 1948. Impossible de prévoir à cette heure si une dynamique populaire va s’enclencher, ou si le marasme ambiant va engloutir ces ambitions. Gaza est un village sinistré, où les sentiments ruissellent vite : la colère, la peur, le deuil. On ne sait encore ce qu’il en sera du désir d’action.

Inquiétude et condamnations internationales
Les Palestiniens ainsi que la Turquie ont dénoncé un « usage disproportionné » de la force. La Ligue arabe, l’Egypte et la Jordanie ont également condamné la riposte israélienne. Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a fait savoir qu’il tenait Israël pour pleinement responsable des morts de ce jour. Le Conseil de sécurité des Nations unies, réuni en urgence vendredi soir, a entendu les inquiétudes quant à une escalade de la violence mais n’est pas parvenu à s’entendre sur une déclaration commune. « Il y a une crainte que la situation puisse se détériorer dans les prochains jours », a mis en garde Taye-Brook Zerihoun, le secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires politiques, appelant à la retenue maximale. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont exprimé des regrets quant au calendrier de la réunion – la Pâque juive a commencé vendredi soir – synonyme d’absence de responsables israéliens.





                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-15">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

Chasse à la baleine : le Japon tue 333 cétacés dans l’Antarctique

Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 14h58
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 15h09
   





                        



   


Des baleiniers japonais sont rentrés au port samedi 31 mars après avoir capturé 333 cétacés dans l’océan Antarctique, sans avoir été confrontés à la moindre manifestation de protestation par des organisations opposées à cette chasse, ont annoncé les autorités.
Une flotte de cinq navires avait commencé sa campagne en novembre dans le cadre de la très controversée chasse à la baleine dite « scientifique » menée par le Japon. Trois baleiniers, y compris le principal navire de la flotte, le Nisshin Maru, sont arrivés samedi matin au port de Shimonoseki, dans l’ouest du Japon, selon un responsable du port.
Au total, les cinq baleiniers ont capturé 333 baleines de Minke (petits rorquals), comme prévu, sans avoir été interrompus par des opposants à ces campagnes, a fait savoir l’Agence de la pêche par un communiqué.

        Lire aussi :
         

                Le Japon poursuit sa pêche à la baleine en Antarctique



Sea Shepherd absent
Les baleiniers japonais ont été confrontés dans le passé à des organisations de défense des animaux, notamment à Sea Shepherd. L’ONG avait annoncé l’année dernière qu’elle ne projetait pas d’opération de protestation en mer cette saison.
En décembre 2016, l’ONG Sea Shepherd et les baleiniers japonais jouaient pourtant encore au chat et à la souris dans l’immensité de l’océan Austral. Grâce à leur hélicoptère, les écologistes étaient parvenus à repérer et à prendre en photo un bateau japonais, qualifié d’« abattoir flottant » : sur son pont gisait une baleine de Minke, espèce protégée, qui venait d’être pêchée. Non loin se trouvaient deux navires de pêche au harpon. La scène s’est déroulée, selon l’ONG, dans les eaux australiennes de l’Antarctique, au cœur de l’Australian Whale Sanctuary (« Sanctuaire australien des baleines »), une zone où toute pêche à la baleine est interdite.
Sea Shepherd demande depuis plusieurs années à l’Australie d’envoyer des bateaux pour empêcher les Japonais de pêcher. « Nous sommes les seuls entre les bateaux de chasse japonais et ces magnifiques baleines. Or ce n’est pas à nous d’être là », disait Jeff Hansen en 2016.
Faille
Depuis 1986, la chasse à la baleine est interdite. Le Japon a bien signé le moratoire sur la chasse de la Commission baleinière internationale, mais il utilise une faille du texte pour le contourner en affirmant mener des études scientifiques, ce qui est autorisé. Tokyo a cependant beaucoup de mal à convaincre de la véracité de son argument, et la viande de baleine continue d’être servie dans certains restaurants japonais.
La Cour internationale de justice avait sommé le Japon en 2014 de mettre fin à ses campagnes de chasse régulières dans les eaux de l’Antarctique, soulignant qu’elles ne correspondaient pas aux critères scientifiques requis. Le premier ministre japonais, Shinzo Abe, a réitéré, à la fin du mois de janvier, la volonté de son pays de poursuivre la chasse à la baleine dite « scientifique » dans l’Antarctique et de reprendre à terme la pêche commerciale.
La consommation de baleine a une longue histoire au Japon, où elle a été chassée pendant des siècles. L’industrie baleinière a connu son essor après la seconde guerre mondiale, pour apporter des protéines animales aux habitants du pays. La demande des consommateurs japonais a cependant considérablement diminué ces dernières années.




                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-16">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ A Paris et dans de multiples autres villes, des associations ont mené cette action pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤                     
                                                

Des statues revêtues d’un masque pour dénoncer la pollution de l’air

A Paris et dans de multiples autres villes, des associations ont mené cette action pour dénoncer l’inaction des pouvoirs publics.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 16h56
   





                        



   


Des masques protecteurs ont été apposés samedi 31 mars devant la bouche de statues en France afin de dénoncer l’inaction des pouvoirs publics contre la pollution de l’air. Des militants ont mené cette action symbolique à Paris, comme sur la place de la Concorde, et dans de multiples autres villes.
A Strasbourg, par exemple, une dizaine de personnes ont installé des masques sur Les Quatre Hommes, ensemble de statues érigées au bout de l’avenue des Vosges, « une artère symbolique de la pollution de l’air », a expliqué Marie Fabre, cofondatrice de Zéro déchet Strasbourg. « Respirer tue », « Nous n’en poumons plus », « Incinératueur », disaient leurs pancartes.
Ces associations, dont France nature environnement, Alternatiba ANV-COP 21, Greenpeace ou la Fédération des usagers de la bicyclette, ont réclamé dans un communiqué « une politique de transports sans enfumage ».
« Les collectivités locales doivent urgemment redresser la barre », et « le gouvernement doit rectifier le tir avec la future loi sur les transports. »

        Lire aussi :
         

                Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France



L’action coïncidait avec le dernier jour prévu par le Conseil d’Etat pour la remise à la Commission européenne du plan du gouvernement contre la pollution atmosphérique. Le ministère de la transition écologique a réuni les quatorze feuilles de route dont les éléments seront transmis à la Commission européenne comme prévu, a fait savoir le gouvernement, ajoutant qu’elles seraient rendues publiques la semaine prochaine.
La haute juridiction avait sommé en juillet l’exécutif d’agir contre la pollution de l’air, responsable de près de 50 000 morts prématurées par an. La France est, avec huit autres pays de l’Union, menacée d’être renvoyée devant la justice européenne en raison de ses manquements.
9 millions de morts dans le monde
Dans son rapport 2017 sur la qualité de l’air, publié le 11 octobre, l’Agence européenne pour l’environnement estimait que la pollution de l’air était à l’origine de plus de 500 000 morts prématurées (avant 65 ans) en Europe par an. Une étude publiée vendredi 20 octobre dans la très respectée revue médicale The Lancet porte ce nombre macabre à 6,5 millions à l’échelle de la planète pour la seule année 2015 et à un total estimé à 9 millions en ajoutant les morts liées à la pollution de l’eau et des sols (1,8 million) et en milieu professionnel (0,8 million).
Neuf millions, cela représente un décès sur six dans le monde (16 %), relève l’étude qui, pour bien faire prendre la mesure de la gravité de la situation, note que c’est « trois fois plus que les morts combinées du sida, de la tuberculose et du paludisme ».



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-17">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le premier ministre, Edouard Philippe, fera des annonces en milieu de semaine prochaine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤                     
                                                

L’exécutif va abattre ses cartes sur la réforme des institutions

Le premier ministre, Edouard Philippe, fera des annonces en milieu de semaine prochaine.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 09h06
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h07
    |

            Bastien Bonnefous et 
Alexandre Lemarié








                        



   


La fin du suspense approche, mais pas forcément celle du bras de fer. La réforme des institutions voulue par Emmanuel Macron sera présentée en milieu de semaine prochaine, a fait savoir l’Elysée vendredi 30 mars. Les annonces seront faites par le premier ministre, Edouard Philippe, vraisemblablement mercredi 4 avril. Avant ce rendez-vous, la présidence de la République prévient : les « engagements » pris par le candidat Macron durant la campagne présidentielle – la réduction du nombre de parlementaires, l’introduction d’une dose de proportionnelle et la limitation des mandats à trois consécutifs – seront « respectés ».
Reste à trouver le juste curseur et la bonne méthode pour faire adopter ces changements. Vendredi matin, le chef de l’Etat a reçu une dernière fois, avec M. Philippe, les présidents de l’Assemblée nationale, François de Rugy (LRM), et du Sénat, Gérard Larcher (LR). Et malgré le discours officiel de l’Elysée d’un « travail convergent », les difficultés demeurent.

        Lire aussi :
         

                Réforme des institutions : les modalités de vote dévoilées



Pour preuve, alors que l’entourage présidentiel a avancé vendredi qu’un « accord » était en passe d’être trouvé sur une baisse de 30 % du nombre de députés et de sénateurs, le président du Sénat a immédiatement démenti. « Aucun accord [n’a été trouvé] sur la réduction de 30 % du nombre de parlementaires », a-t-il assuré sur Twitter, en précisant que ce point « reste en discussion ». M. Larcher a toutefois salué des « avancées significatives », lors de cette réunion qu’il a jugé « utile ». Il a également annoncé qu’il ferait un point mardi avec le groupe de travail du Sénat chargé de travailler sur la réforme.
Des blocages persistent
L’annonce unilatérale de l’Elysée sur un supposé accord n’a pas été appréciée au Palais du Luxembourg. « Cela n’a aucun sens car c’est une négociation globale et c’est faux. Pour Gérard Larcher, une baisse de 30 % de parlementaires, c’est trop », tranche l’entourage de ce dernier, manifestement agacé par l’empressement de l’équipe Macron. Le signe que des tensions existent toujours dans cette négociation entre l’exécutif et le Sénat, dominé par la droite. Des tractations qui s’apparentent parfois à une partie de poker menteur.
Si la négociation paraît avancer sur certains points, des blocages persistent sur certains axes de la réforme, notamment sur la dose de proportionnelle à introduire aux élections législatives. « Le diable se niche dans les détails », observe un ministre. La rencontre n’a ainsi pas été « conclusive » sur ce sujet, reconnaît l’Elysée qui dit toujours « travailler à une voie de passage ».
Dans ses pistes présentées début mars aux principaux responsables parlementaires, le premier ministre avait proposé 10 % à 25 % de proportionnelle. Depuis, ce sujet précis est devenu un point dur de la négociation car l’exécutif doit trouver un compromis entre des exigences profondément divergentes. Alors que M. Larcher milite pour un taux bas, autour de 10 %, M. de Rugy demande, lui, 25 %. Allié de M. Macron, le président du MoDem, François Bayrou, fait pression en coulisses auprès du chef de l’Etat pour que la dose de proportionnelle s’établisse « entre 20 % et 25 % minimum ». « Autrement, cela veut dire que l’on ne changerait rien », avait-il averti dans Le Monde.
Donner des gages à Gérard Larcher
La dose retenue par le gouvernement pourrait se situer au final autour de 15 %. D’après une source gouvernementale, le plan de l’exécutif serait de faire passer le nombre de députés de 577 à 404, et les sénateurs de 348 à 244. Avec, au final, 64 députés élus à la proportionnelle. Et peu importe si cela ne convient pas au président du MoDem.
« On ne va pas détricoter la Ve République et créer de l’instabilité institutionnelle pour les beaux yeux de Bayrou », tranche un député LRM.
Le non-cumul des mandats dans le temps, en revanche, ne semble plus un motif de blocage majeur. Après en avoir fait un point non négociable, M. Larcher pourrait adoucir sa position. « Il en fait une affaire de principe mais s’il y a des avancées sur l’ensemble de la réforme, on peut travailler sur ce point », explique son entourage.

        Lire aussi :
         

                Réforme des institutions : Larcher inflexible sur ses lignes rouges



Conséquence de la réduction du nombre de parlementaires, la nécessité de maintenir au moins un sénateur par département constitue en revanche un véritable casus belli. Pas question, à ses yeux, d’aboutir à la sous-représentation des territoires ruraux. L’Elysée en serait conscient et veillerait à donner des gages à M. Larcher. « Maintenir un député et un sénateur par département est une idée simple que chacun partage au gouvernement », assure un ministre.
L’exécutif semble donc toujours privilégier la voie parlementaire pour faire adopter sa réforme constitutionnelle. Les projets de loi constitutionnelle, organique et ordinaire qui seront présentés par le premier ministre auront « vocation à progresser lors de leur examen à l’Assemblée nationale et au Sénat », précise l’Elysée.
A ce stade, M. Macron, qui devrait de nouveau s’exprimer devant le Parlement réuni en congrès à Versailles en juillet, un an après sa première intervention devant les parlementaires, n’envisagerait pas de recourir au référendum. Une arme politique redoutable mais qui peut parfois se retourner contre le pouvoir en place.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-18">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ « Le Monde » a pris connaissance de l’ordonnance de renvoi de l’ancien président devant le tribunal correctionnel dans cette affaire de corruption et de trafic d’influence à la Cour de cassation.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                           
édition abonné


« Pacte de corruption » : l’accusation des juges contre Nicolas Sarkozy

« Le Monde » a pris connaissance de l’ordonnance de renvoi de l’ancien président devant le tribunal correctionnel dans cette affaire de corruption et de trafic d’influence à la Cour de cassation.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h41
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 09h21
    |

            Gérard Davet et 
Fabrice Lhomme








                        



                                


                            

Nicolas Sarkozy a été l’acteur majeur d’un « pacte de corruption » dont il devra répondre devant un tribunal, telle est la conclusion cinglante à laquelle sont parvenues les juges Patricia Simon et Claire Thépaut. Les deux magistrates du pôle financier ont signé, lundi 26 mars, l’ordonnance de renvoi en correctionnelle des trois protagonistes de l’affaire Azibert, du nom de cet ancien avocat général à la Cour de cassation. Outre ce haut magistrat, l’ancien président de la République devrait comparaître devant le tribunal aux côtés de son avocat et ami, Thierry Herzog.
Dans leur ordonnance, dont Le Monde a pu prendre connaissance, les deux juges détaillent minutieusement l’ensemble des charges pesant sur les trois hommes, et argumentent juridiquement chacune de leurs décisions. La plus spectaculaire consistant à renvoyer en correctionnelle un ancien chef de l’Etat pour « corruption » et « trafic d’influence », une première sous la Ve République.
Les conseils de M. Sarkozy ont annoncé leur intention de faire appel de l’ordonnance de renvoi, mais jamais la perspective de le voir comparaître sur le banc des prévenus n’a semblé aussi proche. Le procès pourrait être audiencé en 2019.
Poste au Conseil d’Etat à Monaco
L’affaire, fondée sur une série d’écoutes téléphoniques, repose sur des conversations entre M. Sarkozy et son avocat, et entre ce dernier et M. Azibert. Les juges soupçonnent l’ancien président, par l’intermédiaire de son conseil, d’avoir, début 2014, promis au haut magistrat d’intervenir en sa faveur afin de lui obtenir un poste de prestige en principauté de Monaco, et ce en échange de renseignements confidentiels sur la procédure Bettencourt, alors examinée par la Cour de cassation. Un poste que M. Azibert n’obtiendra pas.
Mais les juges le martèlent dans leur ordonnance : la corruption étant « une infraction formelle », il n’est donc « pas nécessaire, pour qu’[elle]...




                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-19">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤                     
                                                

Hommage national, meurtre antisémite, mobilisation contre la réforme universitaire : les infos à retenir cette semaine

Les Décodeurs résument, pour les lecteurs de « La Matinale du Monde », l’essentiel de l’actualité de ces derniers jours.



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h34
   





                        



   


Hommage national à Arnaud Beltrame
L’autopsie d’Arnaud Beltrame, le lieutenant-colonel de gendarmerie mort samedi 24 mars après avoir pris la place, la veille, d’une femme retenue en otage par Radouane Lakdim dans un supermarché à Trèbes (Aude), a révélé « une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche » ainsi que des blessures par balles aux membres.
Marine P., la compagne de Radouane Lakdim, a été mise en examen mardi, pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteinte aux personnes », conformément aux réquisitions du parquet. Elle a sollicité un débat différé sur son placement en détention provisoire.
Au Palais-Bourbon, un hommage solennel des députés a été donné au policier, où les chefs de chaque groupe politique ont pris la parole, sans pour autant effacer les polémiques grandissantes sur la gestion gouvernementale en matière de lutte contre le terrorisme. Certaines lignes de fracture sont mêmes apparues au sein de la majorité.

        Lire aussi :
         

                Terrorisme, radicalisation : un arsenal de lois déjà bien fourni



Annoncé dès samedi dans la soirée, un hommage national en l’honneur de M. Beltrame « qui a fait le don de sa vie pour protéger nos concitoyens » a eu lieu mercredi à Paris, où le président de la République Emmanuel Macron a prononcé un éloge funèbre. Les derniers hommages et les obsèques des quatre personnes tuées par Radouane Lakdim, auxquels ont assisté des membres du gouvernement, ont eu lieu à Carcassonne et à Trèbes près d’une semaine après les attentats.

        Lire aussi :
         

                Attentats dans l’Aude : portraits des victimes



Meurtre antisémite à Paris
Les pompiers, qui intervenaient le 23 mars pour éteindre un incendie qui s’était déclaré dans un appartement du 11e arrondissement de Paris, ont découvert le corps de Mireille Knoll, en partie calciné et lardé de onze coups de couteau. Née le 28 décembre 1932 à Paris, elle s’était enfuie de la capitale à la faveur d’un passeport brésilien avec sa mère avant l’arrestation massive de plus de 13 000 juifs en juillet 1942, lors de la rafle du Vél d’Hiv.
Une enquête a vite permis d’identifier et d’interpeller, le lendemain, un premier suspect, âgé de 27 ans et connu de la victime. Un second, un sans-domicile-fixe de 21 ans, a été interpellé durant le week-end. Les deux hommes, récemment sortis de prison, ont présenté des versions contradictoires qui n’ont pas dévoilé les motivations du crime, mais qui ont conduit le parquet à retenir le caractère antisémite du meurtre ainsi que leur mise en examen.
Une « marche blanche » à la mémoire de l’octogénaire a été organisée à l’initiative du conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Son président s’était réjoui que « beaucoup de personnalités, de diverses tendances politiques, [aient] annoncé leur venue » tout en appelant à ce que ni Marine Le Pen (Front national) ni Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) ne soient présents dans le cortège. Malgré ces injonctions, les deux chefs de parti se sont déplacés. A contre-courant du message d’unité prôné par la grande majorité des manifestants, ils se sont fait copieusement huer par la foule.
Mobilisation contre la réforme de l’accès à l’université
Cela faisait déjà plusieurs semaines que des blocages étaient organisés pour protester contre la réforme de l’accès à l’université. Dans la nuit du 22 au 23 mars, quelques dizaines d’étudiants occupent l’amphithéâtre de la faculté de droit de Montpellier. Des personnes cagoulées et armées de bâtons et de Taser y font irruption, expulsant violemment les étudiants. Le lendemain, Philippe Pétel, le doyen de l’université, mis en cause par des étudiants, a démissionné. Il avait précédemment affirmé que les cagoulés « étaient dans le clan des occupants ». Dans la soirée, M. Pétel a été mis en examen pour complicité d’intrusion. Un professeur qui aurait participé à la rixe a lui aussi été mis en examen.

        Lire aussi :
         

                Revendications, ampleur... où en est la mobilisation dans les universités ?



Ces violences ont joué un rôle de catalyseur pour une contestation jusque-là plutôt limitée. Depuis le début de la semaine, près d’une dizaine d’établissements – surtout des facultés de sciences sociales – rencontrent des situations de blocage ou des perturbations, sans compter les rassemblements en solidarité avec les étudiants héraultais.
Sur fond de climat de plus en plus tendu, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a appelé jeudi à l’«apaisement », tout en exigeant qu’il n’y ait pas de violences et que les partiels puissent se dérouler dans de bonnes conditions.
 
Mais aussi
Catalogne. Carles Puigdemont, l’ex-président catalan, a été arrêté par la police allemande en vertu d’un mandat d’arrêt international le 25 mars.Déficit public. Le déficit public de la France est passé sous la barre des 3 % de produit intérieur brut (PIB) pour 2017. Une première depuis dix ans.Skripal. La tentative d’assassinat d’un ancien agent double sur le sol britannique a mené les Etats-Unis, le Canada et quatorze Etats européens à annoncer l’expulsion de diplomates russes, lundi. Moscou a répliqué, jeudi, en expulsant soixante diplomates américains.Ecole obligatoire. Mardi, Emmanuel Macron a annoncé la mise en place de la scolarité obligatoire dès 3 ans à partir de la rentrée 2019.Kim Jong-un. Le leader de la Corée du Nord s’est rendu en Chine, son premier voyage depuis sa prise de pouvoir en 2011.Nouvelle-Calédonie. « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? », sera la question posée aux électeurs lors du référendum qui se tiendra dans le territoire, le 4 novembre.IA. Cédric Villani, député (La République en marche) de l’Essonne et mathématicien détenteur d’une médaille Fields, a remis un rapport sur l’intelligence artificielle au gouvernement.Football. La France a battu la Russie 3-1 à Saint-Pétersbourg, mardi, sans séduire.Egypte. Le président sortant, Al-Sissi, a été réélu, jeudi, avec plus de 90 % des voix. La participation, seul enjeu de l’élection, est en deça des attentes des autorités.Trump. Le départ du secrétaire américain aux anciens combattant a été annoncé sur Twitter par le président. C’est la vingt-huitième personne qui quitte l’administration depuis la prise de fonctions du président.PS. Seul candidat en lice pour le second tour, jeudi, Olivier Faure sera investi premier secrétaire lors du congrès du parti, le 7 et 8 avril.Nicolas Sarkozy. Dans « l’affaire des écoutes », l’ancien président de la République a été renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » pour avoir voulu influencer un haut magistrat afin d’obtenir une décision favorable de la Cour de cassation.Nordhal Lelandais. L’homme, mis en examen dans la mort de la petite Maëlys, a avoué avoir tué le caporal Arthur Noyer, en avril 2017.Brexit. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est prévue dans un an. Mais les modalités sont loin d’être réglées.SNCF. La ministre des transports, Elisabeth Borne, doit donner des éléments sur les modalités de l’ouverture à la concurrence du secteur ferroviaire en France, à quelques jours de la grève à la compagnie publique.
Disparitions
Philip Kerr. Figure majeure du roman policier britannique de ces trente dernières années, l’écrivain créateur du héros Bernie Gunther, est mort le 23 mars, à Londres, à l’âge de 62 ans.Linda Brown. Le refus de son inscription par une école publique du Kansas au début des années 1950 avait donné lieu à un arrêt – Brown v. Board of Education – mettant fin à la ségrégation raciale scolaire aux Etats-Unis. Elle est décédée à 76 ans, le 25 mars.Stéphane Audran. Après des débuts au théâtre dans les années 1950, sa carrière prit un tournant avec sa rencontre avec Claude Chabrol, dont elle deviendra l’actrice fétiche et l’épouse. Elle avait 85 ans.Clément Rosset. Le philosophe, dont les thèmes majeurs étaient le double et le tragique, est mort le 28 mars, à Paris, à l’âge de 78 ans.Véronique Lossky. Grande spécialiste des lettres russes et en particulier de la poètesse Marina Tsvetaïeva, l’auteure et traductrice, est décédée à Paris, le 17 mars, à 87 ans.Daryush Shayegan. Connu en France pour ses dizaines d’ouvrages sur la poésie persane et le soufisme, le spécialiste des religions orientales, est mort le 22 mars, à Téhéran, à l’âge de 83 ans.Christophe Salengro. Danseur, comédien, il incarnait le président de la présipauté du Groland sur Canal + depuis vingt-cinq ans. Il est mort à 64 ans.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-20">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ David Hallyday et Laura Smet contestent les dispositions qui les excluent de la succession de leur père
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 30/03/2018
Découvrir l’application


                        

A l’audience sur la succession de Johnny Hallyday, l’affaire familiale devient cause patriotique

David Hallyday et Laura Smet contestent les dispositions qui les excluent de la succession de leur père



Le Monde
 |    31.03.2018 à 06h40
 • Mis à jour le
31.03.2018 à 13h19
    |

            Pascale Robert-Diard








                        



   


Le fond, on le connaît, personne n’a pu y échapper. David Hallyday et Laura Smet, les deux premiers enfants de Johnny Hallyday, contestent les dispositions testamentaires prises par leur père qui les excluent de sa succession et désignent comme seule bénéficiaire son épouse Laëticia. Le tout en vertu du droit californien qui permet de disposer librement de ses biens et de les donner à qui bon vous semble, contrairement à notre code civil, si attaché à la défense de la famille et à la transmission du patrimoine.
La bataille, engagée à la fois sur le front médiatique et juridique, a connu, vendredi 30 mars, son deuxième round devant le tribunal de grande instance de Nanterre, après un faux départ le 15 mars. Il n’est pour l’heure question que d’une procédure en urgence – le référé – destinée à convaincre le tribunal de prendre des mesures conservatoires afin de retarder d’une part la sortie de l’album posthume de Johnny Hallyday, sur lequel ses deux aînés revendiquent un droit de regard, et, d’autre part, de geler toute opération concernant ses biens immobiliers situés sur le territoire national, soit une résidence à Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine) et une autre à Saint-Barthélemy.
« Douleur intense » d’une fille et d’un fils
La première scène fut cocasse. A Nanterre, une fois franchi le mur de caméras, de micros et d’objectifs qui les attendait, les avocats des deux parties ont dû en affronter un second, composé des robes noires d’avocats, de greffiers et de magistrats, résolus à profiter de l’aubaine de cette audience pour donner écho à leur mouvement de protestation contre le projet de loi de programmation de la justice. « Justice morte », « euthanasiée », « paupérisée », ont scandé les manifestants avant de s’effacer courtoisement devant l’autre enjeu national du jour, cette audience consacrée à l’héritage de Johnny Hallyday, pour laquelle une bonne vingtaine de policiers et d’agents de sécurité avaient été mobilisés.
En défense des deux exhérédés, Mes Carine Piccio, Pierre-Jean Douvier, Hervé Temime, Emmanuel Ravanas et Pierre-Olivier Sur ont dressé un portrait cruel de Laëticia Hallyday, désignée au choix comme « Madame Boudou » ou « la cinquième épouse ».
A la femme d’affaires avisée et « manipulatrice » qui, après « six testaments successifs, trois contrats de mariage et deux changements de régimes matrimoniaux », est devenue l’unique bénéficiaire du trust mis en place pour gérer le patrimoine du chanteur, à la toute puissante veuve qui s’est adjoint les services de Michèle Marchand, papesse des journaux people, pour défendre son image, ils ont opposé « la douleur intense » d’une fille et d’un fils tenus à l’écart des ultimes moments de vie de leur père et contraints de réclamer en justice le droit d’entendre ses derniers enregistrements.
« Johnny est un destin français »
Au fil de plaidoiries s’adressant autant aux juges qu’à l’opinion publique, les déboires familiaux et patrimoniaux de Laura Smet et de David Hallyday se sont mués en combat patriotique. « Où Johnny malade a-t-il décidé de se faire soigner ? En France ou aux Etats-Unis ? Où Johnny vend-il ses disques ? En France ou aux Etats-Unis ? Johnny est une part de la France, Johnny est un destin français », s’est enflammé Me Ravanas. « Tout a été fait pour que la France n’ait plus accès à quoi que ce soit alors que le patrimoine de Johnny est français », a renchéri Me Douvier, convoquant devant les juges 67 millions de déshérités.
« Je vais ramener un peu de calme et de sérénité, expliquer non pas un fantasme mais une réalité », a répliqué l’avocat de Laëticia Hallyday, Me Ardavan Amir-Aslani. « On nous reproche plusieurs testaments et alors ? Tous vont dans le même sens : désigner sa femme, Laëticia, qui a passé vingt-trois ans à ses côtés. L’artiste n’avait rien quand il l’a rencontrée. Ce qu’il a acquis, il l’a acquis avec elle. Et il a choisi de soumettre son destin à la loi du pays qu’il habitait depuis dix ans, où ses deux enfants mineures sont scolarisées, où il payait ses impôts et où il enregistrait ses albums. L’Amérique était le choix de vie de l’artiste, a-t-il assuré. Il n’est revenu en France que pour honorer sa tournée des “Vieilles Canailles”. Ce n’est pas parce qu’il est mort en France qu’il est résident français. »
Sous les mots policés de l’avocat, la France de Johnny ressemblait tout d’un coup à une vieille épouse abandonnée. Délibéré le 13 avril.



                            


                        

                        


<article-nb="2018/03/31/17-21">
<filnamedate="20180331"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180331"><AAMMJJHH="2018033117">
<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Les 11 122 bureaux de vote ont ouvert à 7 heures à travers ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤         

Compte rendu

Les Sierra-Léonais aux urnes pour le second tour d’une présidentielle indécise

Les 11 122 bureaux de vote ont ouvert à 7 heures à travers ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine.


Le Monde.fr avec AFP
              datetime="2018-03-31T04:51:11+02:00"

        Le 31.03.2018 à 04h51

     •
              itemprop="dateModified"
          datetime="2018-03-31T11:42:55+02:00"

        Mis à jour le 31.03.2018 à 11h42






    
Préparation des urnes utilisées lors du second tour de la présidentielle au siège de la Commission électorale à Wellington près de Freetown (Sierra Leone), le 29 mars.
Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP


Quelque 3,1 millions d’électeurs sierra-léonais sont appelés samedi 31 mars à choisir leur nouveau président pour un second tour très indécis entre l’héritier du président sortant et le candidat du principal parti d’opposition, arrivé de peu en tête au premier tour. Les 11 122 bureaux de vote seront ouverts de 7 heures (9 heures à Paris) à 17 heures à travers ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.
Le premier tour, qui s’est déroulé le 7 mars, a été marqué par une participation de plus de 84 %. Samura Kamara, homme lige du président sortant, Ernest Bai Koroma, et candidat de l’APC, le parti au pouvoir, avait remporté 42,7 % des suffrages. Il avait été devancé par celui du principal parti d’opposition, le SLPP, de l’ancien général Julius Maada Bio (43,3 %).

        Lire aussi :
         

          Premier tour de la présidentielle en Sierra Leone, la victoire fragile des revanchards



Un duel serré, alors que la campagne a été marquée par des violences sporadiques entre partisans des deux camps et par une montée des tensions ethniques. Les deux partis peuvent en principe compter sur le soutien de leurs fiefs respectifs, dans un pays où les affiliations politiques coïncident souvent avec l’appartenance ethnique ou régionale.
La victoire pourrait dès lors se jouer dans la capitale, Freetown, dont la population est plus diversifiée, notamment dans le district diamantifère de Kono, dans l’Est.
Le scrutin reporté
Le second tour, entre les deux partis qui se succèdent au pouvoir depuis l’indépendance de cette ancienne colonie britannique, en 1961, était à l’origine programmé le 27 mars. Mais un recours en justice de dernière minute a suspendu les préparatifs du vote du 24 au 26 mars, obligeant la Commission électorale nationale (NEC) à reporter le second tour de quatre jours.
M. Bio, qui promet de renforcer le système éducatif et a vertement critiqué les liens trop étroits selon lui entre le pouvoir sortant et la Chine, avait fait monter la pression en accusant le président Koroma de « pousser la Sierra Leone au bord du chaos » par des manœuvres dilatoires. Mais les deux candidats ont finalement accepté de bonne grâce le report du scrutin.
« A la NEC, nous sommes prêts à organiser des élections crédibles », a assuré vendredi le président de l’institution, Mohamed Conteh, dans un communiqué. Le matériel électoral a été transporté dans l’ensemble des seize districts administratifs du pays, à l’exception de la capitale, où il devait l’être dans les heures précédant le début du vote.
Séduire les investisseurs
Depuis plusieurs jours, le pays retient son souffle. Des responsables religieux et des associations de la société civile ont multiplié les appels pour que le scrutin se tienne sans violence, à l’image du bon déroulement général du premier tour, qui combinait élections présidentielle, législatives et locales, salué par les observateurs internationaux.
Si l’administration sortante a réussi à attirer les investisseurs pour reconstruire le pays, dévasté par la guerre civile (1991-2002) qui fit quelque 120 000 morts, l’économie reste fragile après les chocs de l’épidémie d’Ebola en 2014-2016 et de la chute des cours mondiaux des matières premières.
Jusqu’à vendredi, l’APC, qui entend poursuivre avec M. Kamara le travail de M. Koroma dans le domaine de la santé et des infrastructures, a tenté de rallier à sa cause les électeurs de deux nouveaux partis, le NGC et le C4C, qui ont cumulé à eux deux près de 10 % des suffrages au premier tour, soit une réserve de voix décisive pour les deux protagonistes. Mais ces deux formations ont refusé de se prononcer.
L’issue du scrutin est d’autant plus incertaine que si le candidat de l’opposition a viré en tête à la présidentielle, l’APC frôle la majorité absolue des 132 sièges de l’Assemblée nationale, selon les résultats des législatives encore partiels, une poignée de sièges étant encore à annoncer.

