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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-1"> ¤ La 8e édition de Détours de Babel convoque, jusqu’au 7 avril dans l’agglomération grenobloise et alentours, les cultures de tous les continents.
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« Sangâta », le nouveau râga occidental de Thierry Pécou

La 8e édition de Détours de Babel convoque, jusqu’au 7 avril dans l’agglomération grenobloise et alentours, les cultures de tous les continents.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 16h12
    |

                            Marie-Aude Roux (Grenoble (Isère), envoyée spéciale)








                        



   


Elle est vêtue d’un joli sari bleu électrique, assise en tailleur, cheveux noirs dénoués, un violon devant elle, volute vers le bas : Ragini Shankar est la petite-fille de la célèbre Dr N. Rajam, qui a donné ses lettres de noblesse à l’instrument colonial, introduit depuis dans la musique carnatique de l’Inde du Sud. A ses côtés, le percussionniste Amaan Ali (tabla), et le joueur de flûte bansuri Rishab Prasanna. La jeune femme a d’abord déclenché dans les hauts-parleurs le bourdon harmonique de la tampura (luth à long manche), avant que la flûte n’aborde le râga Yaman (la beauté intérieure). Temps soudainement suspendu entre flûte et violon, un dialogue élaboré par touches ornementales, dont le développement appellera bientôt l’entrée du tabla, lequel fera encore monter d’un cran la tension, jusqu’au brillant final à l’unisson.
Nous sommes dans l’Auditorium de l’Espace culturel L’Odyssée, à Eybens, dans la banlieue de Grenoble, qui accueillait, jeudi 29 mars, l’un des concerts du festival Détours de Babel. Deux courtes pièces « occidentales » utilisant des modes indiens suivront : le mystique Tori Interlude pour piano électrique, de Michael Ellison, avec ses lents accords plaqués ou arpégés par Thierry Pécou et les vivaces Murmurations pour flûte et clarinette, de Richard Blackford, Anne Cartel et Carjez Gerretsen se disputant les motifs répétitifs comme les pigeons affamés un morceau de pain.
Une mélopée mélancolique
Cette première partie de soirée a préludé à Sangâta, nouvelle pièce composée par Thierry Pécou à l’instigation notamment des Détours de Babel, du Centre international des Musiques Nomades et de l’Alliance Française de New Delhi. C’est en effet dans la capitale de l’Inde, en février, que le compositeur français, avide de ces « ailleurs » dont il a toujours nourri son œuvre (du Canada à l’Equateur, en passant par la Chine, le Japon, le Mexique et la Colombie, sans oublier Cuba) a emmené ses deux solistes de l’Ensemble Variances à la rencontre des trois musiciens indiens de New Delhi et Mumbai. Pécou apportait avec lui le canevas d’une œuvre ouverte, que tous ensemble ils ont tissée, entre écriture occidentale et traditions orales hindoustani.
Introduite par la flûte bansuri puis le violon indien, la partition a d’abord déployé une mélopée mélancolique soutenue par le continuum du Fender Rhodes. Les sonorités se fondent et se croisent dans une première plage lente assez consonante, avant la rupture des attaques des vents et les onomatopées rythmiques du joueur de tabla dans une atmosphère crépitante et légère. Plus tard, une longue mélodie à l’unisson installe un rituel incantatoire que ponctuent de petites cymbales chinoises, avant la mêlée d’un tutti pointilliste. Des analogies se font jour, comme la parenté sonore entre claquements de clés de la clarinette basse et la percussion. Musique inventive et étonnamment familière, Sangâta délivre un plaisir hédoniste et profond, que saluera le public d’une « standing ovation ». Les yeux des Occidentaux rivés sur leur pupitre et le regard ouvert des Orientaux auront seuls souligné l’appartenance de chacun à sa propre culture.
Sangâta, pour flûte bansuri, violon indien, tabla, flûte, clarinette, piano électrique et harmonium, de Thierry Pécou. Avec Ragini Shankar (violon), Rishab Prasanna (flûte bansuri), Amaan Ali (tabla), Carjez Gerretsen (clarinette), Anne Cartel (flûte), Thierry Pécou (direction et claviers). Festival Les Détours de Babel. Jusqu’au 7 avril. Tél. : 04-76-89-07-16. De tarif libre à 30 €. detoursdebabel.fr



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Le Musée Picasso, à Paris, consacre une riche exposition au tableau emblématique qui n’a plus quitté Madrid depuis 1981.
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Tout sur « Guernica », mais sans… « Guernica »

Le Musée Picasso, à Paris, consacre une riche exposition au tableau emblématique qui n’a plus quitté Madrid depuis 1981.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h51
    |

                            Philippe Dagen








                        



                                


                            

Il faut une certaine audace pour faire une exposition sur l’un des tableaux les plus célèbres du monde en sachant qu’il en sera absent. Il faut un certain talent pour y réussir au point que l’on en sorte en oubliant presque qu’on n’a pas vu l’œuvre, ­Guernica. Car elle ne voyage plus, pas plus que La Joconde.
C’est moins une question technique qu’une décision symbolique. De sa première présentation dans le pavillon de la République espagnole à l’Exposition universelle de Paris, le 12 juillet 1937, à son arrivée à Madrid le 9 septembre 1981, Guernica a longuement circulé. D’abord en Suède, au Danemark et en Grande-Bretagne pour lever des fonds en faveur des républicains qui combattaient franquistes et fascistes. Puis, après la ­défaite, aux Etats-Unis, pour obtenir des aides en faveur des ­réfugiés : New York, Los Angeles, San Francisco et Chicago à l’été 1939. Puis un deuxième tour, de novembre 1939 à décembre 1940, dans la rétrospective « Picasso : Forty Years of His Art », conçue par le MoMA – rappelons qu’aucune rétrospective Picasso n’a eu lieu dans un musée français avant la seconde guerre mondiale.

Après-guerre, Guernica va à ­Milan en 1953, à Sao Paulo aussitôt après. Retour en Europe ensuite : Paris (tout de même), Munich, ­Cologne, Hambourg, Bruxelles, Amsterdam et Stockholm en 1955-1956. Troisième tournée américaine en 1957 et, enfin, un séjour plus tranquille au MoMA. En ­février 1970, Picasso écrit au ­musée pour lui demander de restituer le tableau à l’Espagne quand le pays sera redevenu une démocratie libre. Ce qui advient en 1981 : ­au Cason du buen retiro d’abord, au Musée national centre d’art Reina Sofia en 1992, d’où la toile n’a plus bougé.
C’est trahir Picasso que d’immobiliser la toile dans un musée, si bien présentée y soit-elle
Est-ce ironiquement ? La première chose que l’on voit en entrant au Musée Picasso est une reproduction plus grande que nature...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ Le Musée Picasso consacre une exposition, jusqu’au 29 juillet, à cette icône de la peinture du XXe siècle, sans la présenter.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ A écouter cette semaine : les « Leçons de Ténèbres » d’un maître de chant du XVIIe siècle, les œuvres d’un jeune compositeur, un hommage à Debussy…
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Sélection albums : Michel Lambert, Aurélien Dumont, Enrico Pieranunzi…

A écouter cette semaine : les « Leçons de Ténèbres » d’un maître de chant du XVIIe siècle, les œuvres d’un jeune compositeur, un hommage à Debussy…



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h22
   





                        


Michel Lambert Leçons de Ténèbres Marc Mauillon (basse-taille), Myriam Rignol (viole de gambe), Thibaut Roussel (théorbe), Marouan Mankar-Bennis (clavecin et orgue)

   


Si l’on connaissait le maître de chant Michel Lambert (1610-1696) pour ses splendides airs de cour et sa science du théorbe, on ignorait presque tout de sa veine religieuse. Une découverte donc capitale. Mais plus encore parce que cette exhumation est le fruit d’un formidable travail de reconstitution, minutieux et délicat, de la partition établie par Marc Mauillon et ses complices à partir d’un manuscrit du début des années 1660. Sans doute cette pièce liturgique imposa-t-elle le genre des Leçons de Ténèbres à la cour royale, acquise, depuis la régence d’Anne d’Autriche, à la spiritualité tridentine. Avant Charpentier, Lalande ou Couperin, Lambert compose ce cycle pour la semaine sainte qui s’ouvre sur le dolorisme des Lamentations de Jérémie en alliant la science du plain-chant grégorien et celle de l’ornementation virtuose qui est sa signature. La réussite est totale, comme l’engagement et l’intensité de Marc Mauillon, magistralement soutenus par un continuo aussi sobre qu’inspiré. Philippe-Jean Catinchi
2 CD Harmonia Mundi.
Aurélien Dumont Stillness Ensemble Linea, Jean-Philippe Wurtz (direction)

   


Les œuvres réunies dans cette envoûtante monographie ne semblent pas avoir été écrites par un jeune compositeur. Pourtant, Aurélien Dumont est né en 1980 et la pièce qui ouvre le programme – le bref et ludique Start the dance ! – date de 2009. Si sa prédilection pour les bribes sonores peut rappeler la manière d’un Mauro Lanza ou d’un Gérard Pesson, le climat est tout autre et la trajectoire, personnelle au point d’invalider toute idée de référence. La musique d’Aurélien Dumont atteint déjà l’idéal de bien des novateurs : elle se découvre en permanence. Littéralement, par un service continu de l’inouï. Symboliquement, par une remise en cause de l’habillage de chaque instant. D’un abord rude, elle culmine dans le scintillement (Berceuse et des poussières). D’une mer qui dort elle fait émerger des clapotis (7 Vallées). Pour donner à de tels parcours la force de l’évidence, il fallait plus que de l’engagement. L’ensemble Linéa (dirigé par Jean-Philippe Wurtz) invite à parler d’affinités. Pierre Gervasoni 
1 CD Odradek Records.
Enrico Pieranunzi Monsieur Claude

   


Après Scarlatti, Bach et Haendel dont il a joué les œuvres ou qui ont inspiré ses improvisations, le pianiste italien Enrico Pieranunzi rend hommage à Claude Debussy, dont on célèbre le centenaire de la mort. Complété par le batteur André Ceccarelli et le contrebassiste Diego Imbert, le trio forme l’ossature sur laquelle se greffent selon les morceaux la chanteuse italienne Simona Severini, entendue dans l’album du pianiste My Songbook (Via Veneto Jazz), ou le saxophoniste ténor David El Malek. Une configuration inhabituelle dans la discographie de Pieranunzi. Tour à tour alerte et virevoltant (Passepied, L’Autre Ballade, Cheveux), lâchant les chevaux (Blues for Claude, Mr. Golliwogg) ou tout en délicatesse (Nuit d’étoiles, Romance) jusqu’à ce moment de poésie qu’est L’Adieu, Enrico Pieranunzi et ses complices enchantent. Paul Benkimoun
1 CD Bonsaï.
Holger Czukay Cinema

   


Mort le 5 septembre 2017, à l’âge de 79 ans, le compositeur et multi-instrumentiste Holger Czukay a été l’un des membres fondateurs du groupe allemand Can, auquel il participa comme bassiste de 1968 à 1977, avant une carrière solo. Laquelle fait l’objet d’un coffret rétrospectif, Cinema, en 5 CD et 1 DVD avec un film à la fois fiction et documentaire. Les univers de Czukay empruntent au rock, au reggae, à la pop, aux musiques d’Afrique ou d’Orient, à la musique classique et contemporaine, sont parfois contemplatifs, le plus souvent fantasques, complexes et accessibles à la fois. Les concepteurs de ce coffret ont soigné la présentation graphique mais ont délaissé les informations sur les labels d’origine, noms de tous les musiciens des enregistrements, dates et lieux, instruments etc. L’album Movies (1979) est présenté dans son intégralité mais sans suivre l’ordre de sa parution originale, d’autres sont absents, Moving Pictures (1987), Linear City (2001), Eleven Years Innerspace (2015)… Sylvain Siclier
1 coffret de 5 CD et 1 DVD Grönland Records/PIAS.
Arat Kilo, Mamani Keita, Mike Ladd Visions of Selam

   


Arat Kilo est, avec Akalé Wubé, l’un de ces talentueux groupes français qui ont ingurgité avec gourmandise la collection Ethiopiques, créée il y a vingt ans par le producteur Francis Falceto. Ils ont assimilé ce swing coloré, baptisé éthio-jazz, qui s’est épanoui à Addis-Abeba dans les années 1960 et 1970, et y ont trouvé une source inspirante pour inventer leur propre histoire. Ce nouveau chapitre intègre et met au premier plan deux de leurs invités de l’album précédent (Nouvelle fleur, paru en 2016), la chanteuse malienne Mamani Keïta et le rappeur-slameur américain Mike Ladd. Dès la première flambée de cuivres, les premiers mots, en bambara et en anglais (« Toulo/We’re Having Fun ») le ton et l’humeur sont donnés, l’horizon s’ouvre sur des tourbillons funky, une transe dense et vivifiante, aérée d’ondulations rêveuses. Patrick Labesse
1 CD Accords croisés/PIAS.

        Lire aussi la critique de l’EP « My Dear Melancholy » :
         

          The Weeknd de retour en pleine mélancolie






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ Un sketch à base de mots tordus et de sandwich dans la bouche, mimant les doctes discussions de l’émission culturelle présentée alors par Michel Field.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ La star canadienne sort vendredi « My Dear Melancholy », un EP surprise de six titres où il convoque ses amours passées et l’electro du Français Gesaffelstein.
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The Weeknd de retour en pleine mélancolie

La star canadienne sort vendredi « My Dear Melancholy », un EP surprise de six titres où il convoque ses amours passées et l’electro du Français Gesaffelstein.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h59
    |

                            Stéphane Davet








                        


Comme il est désormais de coutume avec les pointures du R’n’B, une des stars du genre, le Canadien The Weeknd vient de publier par surprise, vendredi 30 mars, un nouvel extended play (EP – format musical plus long qu’un single mais plus court qu’un album) de 6 titres, My Dear Melancholy, sur toutes les plates-formes d’écoute en ligne.
Seize mois après la sortie triomphale de son troisième album, Starboy, ce golden boy d’origine éthiopienne – Abel Makkonen Tesfaye pour l’état civil–, ne triche pas sur la marchandise en rassemblant sous l’appellation « Ma chère mélancolie » six complaintes consacrées aux aléas de sa vie amoureuse. Les fans accros aux réseaux sociaux ne s’étonneront pas du vague à l’âme de ce jeune crooner, séparé successivement de la top model Bella Hadid et de la chanteuse Selena Gomez (retournée auprès de son ex, Justin Bieber). Des mésaventures qui ne pouvaient que nourrir le goût pour les ballades d’un chanteur ayant beaucoup appris à l’écoute des modulations romantiques de Michael Jackson et des héros de la soul.
A la croisée d’Otis Redding et de Marvin Gaye

Morceau d’ouverture, Call Out My Name, qui pourrait bien relancer la vogue des slows sur les dancefloors, voit d’ailleurs The Weeknd tenter d’intensifier son chant à la croisée de l’énergie d’Otis Redding et de la suavité de Marvin Gaye. Le reste de ce mini album joue également au collé-serré entre vocalises sentimentales et dépouillement synthétique.
Majoritairement produite par un autre jeune Canadien, Frank Dukes, déjà remarqué dans les tubes de Drake, Young Thug ou Travis Scott, cette célébration mélancolique confirme aussi le coup de cœur de The Weeknd pour l’électro « made in France ». Après avoir cosigné deux de ses plus gros succès – Starboy et I Feel It Coming – avec Daft Punk, Abel Tesfaye a cette fois fait appel pour deux titres – I Was Never There et Hurt You – au Lyonnais Mike Lévy, alias « Gesaffelstein ». Agé de 33 ans, ce DJ, compositeur et producteur français avait déjà été repéré par Kanye West qui l’avait invité, avec ses compatriotes Daft Punk et Brodinski, à participer à l’album Yeezus (2013).

        Lire aussi :
         

                La fusée The Weeknd survole Paris



Connu pour ses beats sombres et ambiances menaçantes (son album Aleph, 2013), Gesaffelstein (secondé par le Daft Punk, Guy-Manuel de Homem-Christo, dans Hurt You) permet de désucrer un peu les roucoulements du Canadien, pour deux chansons aux allures de hits.
My Dear Melancholy, de The Weeknd (X.O. / Universal).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le musicien évoque, entre deux chips, ses origines, Deleuze, l’amour et son utilisation de la métaphore.
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Un apéro avec André Manoukian : « J’ai découvert que l’Arménie pouvait m’apporter autre chose que des névroses »


                      Chaque semaine, « L’Epoque » paie son coup. Le musicien évoque, entre deux chips, ses origines, Deleuze, l’amour et son utilisation de la métaphore.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h18
    |

                            Yoanna Sultan-R'bibo








                              

                        

Promis juré : « Etre journaliste, pas groupie du pianiste. » Première mise à l’épreuve le matin de l’apéro, par textos interposés : « M. Manoukian, bruit de perceuse au Café Crème, on s’installe en face, au Croco. » « Non, non, venez chez moi, ce sera plus cool. Et puis il y a mon piano. » « O.K. ! » On avait dit pas groupie ! Le photographe douche mon enthousiasme : « La rubrique s’appelle “Un apéro avec”, il me faut un décor de café ! »
Cheveux décoiffés, sourire charmeur, André Manoukian descend de chez lui. « Je vais toujours au café d’en face, mais c’est sympa ici. J’ai découvert ce coin du 3e arrondissement en déjeunant avec des journalistes de Libé. » Il sirote son jus de tomate comme s’il fumait la pipe, se prête avec naturel à la séance photo. « Ça va, ma coupe ? » Derrière mon Perrier, je crève d’envie de lui dire que j’ai tous ses disques, de lui parler de ce concert génial à Lyon, en 2006, d’enchaîner sur sa liaison avec Liane Foly. On avait dit « journaliste Le Monde ». « Parlez-moi de l’Arménie. »
Jazz et sonorités arméniennes
André Manoukian revient justement de l’ONU, à Genève, où il a donné avec Charles Aznavour, un concert en hommage à l’Arménie. Inkala (2008), Melanchology (2011), puis Apatride, sorti en novembre : ses albums solo mêlent tous piano jazz et sonorités arméniennes, comme un voyage vers cet Orient perdu. « Il y a dix ans, grâce à la musique, j’ai découvert que l’Arménie pouvait m’apporter autre chose que des névroses. » 
« En milieu hostile, ou même sur un plateau, parler devient un réflexe de protection. Et la métaphore, un langage universel. »
Le voilà parti dans le récit familial, marqué au fer rouge par le génocide. Celui d’un père, décédé en 2016, qui a cherché toute sa vie à « s’extraire de la communauté, après une enfance bercée par des récits de massacres ». Puis du grand-père...




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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.
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« Le grand enjeu culturel du XXIe siècle sera la régulation d’Internet »

L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Patrick Zelnik (Producteur de musique, ancien président Virgin France, ancien président de Naïve)







                        



                                


                            
Tribune. Quelle place et quel avenir pour la culture, à l’heure d’Internet ? La révolution ou plutôt le big bang numérique bouscule le monde réel dans des proportions difficiles à imaginer. Internet est un extraordinaire outil de communication inter­active et multimédia, une encyclopédie dynamique de la connaissance, un accès à toutes les cultures. Mais un outil ne saurait être une fin en soi.
En 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique
L’enjeu culturel d’Internet, c’est la survie de la création et des industries de contenus. Les acteurs de l’Internet ont utilisé ces contenus sans se préoccuper de leurs financements et des ravages provoqués par la piraterie.
A partir de la création d’iTunes, en 2001, c’est un fabricant d’ordinateurs, Apple, qui fixe intelligemment le prix de la musique à 9,99 euros pour le téléchargement d’un album. Soit une déduction d’environ 20 % du prix d’un album physique. Fort heureusement, Steve Jobs était un enfant du rock – sa marque en témoigne. Cette première étape, celle du téléchargement payant, était donc vertueuse, permettant de financer la création. Dans les années qui ont suivi la création de Spotify, en 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique.
Changement de perception
Les sites de streaming, Spotify, Apple Music, Deezer, fixent le prix de la musique à 10 euros par mois, pour accéder à dix, puis vingt millions de titres. On peut donc, pour le même prix de 10 euros, acheter un album en téléchargement ou souscrire à un abonnement. Comment expliquer une telle absurdité ?
Pour le consommateur, le juste prix n’est pas nécessairement le prix le plus bas
Les plates-formes de streaming préoccupées par la concurrence déloyale de la piraterie ont souhaité fixer un prix attrayant. Mais ce modèle a des conséquences désastreuses dans le domaine de la musique et de l’image car il ne permet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.
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Christophe Salengro, le président de « Groland », l’émission de Canal+, est mort

Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h32
   





                        



   


Christophe Salengro, qui incarnait le président de l’émission de Canal+ « Groland », est mort à l’âge de 64 ans, vendredi 30 mars. Canal+ a « l’immense tristesse d’apprendre la disparition de Christophe Salengro », président de la « présipauté de Groland », figure historique de la chaîne, a annoncé la chaîne dans un communiqué.
« Comédien, danseur, rockeur, Christophe Salengro, “inmourrable” selon la Constitution grolandaise restera président pour l’éternité », poursuit le communiqué, adoptant le ton humoristique qui était la marque de fabrique de l’émission.
« Notre phare s’est éteint. Depuis ce matin, les Grolandaises et Grolandais vivent dans le noir », a aussi écrit sur Facebook Christian Borde, connu sous le nom de Jules-Edouard Moustic, cofondateur de « Groland » en 1992.
Avant d’être une figure de « Groland », Christophe Salengro était aussi danseur au sein de la compagnie DCA de Philippe Découflé.

La nouvelle de son décès a été accueillie avec « une grande douleur » par Philippe Decouflé, dont l’amitié remonte à 1985. « Il restera une des grandes rencontres de ma vie », a confié à l’AFP le chorégraphe avec des sanglots dans la voix, « on a grandi ensemble ».
« C’est un de mes premiers amis dans ce monde parisien de mes débuts, lui arrivait de Lille moi je commençais à faire de la danse, il est venu voir un de mes spectacles et on a tout de suite sympathisé, j’ai eu envie de l’engager pour son corps à la fois droit et maladroit. »

        Rencontre avec Christophe Salengro, en 2016, sur les terres de son enfance :
         

          « A Lens, après les mines, il n’est resté que le foot »



« Je lui ai fait découvrir le plaisir de la scène, c’était une bête de scène, il avait un impact incroyable, c’était une espèce de grand talent naturel », ajoute-t-il.
Malgré la maladie et son hospitalisation depuis 2 ans, Christophe Salengro continuait d’apparaître chaque samedi dans « Groland », « nous avions tourné tellement d’images avec lui que nous en intégrons toujours », a expliqué Moustic. Canal+ lui dédiera la soirée spéciale pour les 25 ans de « Groland » le 14 avril prochain, un hommage particulier lui sera rendu en ouverture dans un « Zapoï » spécial.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Une soixantaine de « vues » dessinées du célèbre graveur sont exposées au Musée du Louvre. Parmi celles-ci, les châteaux et jardins de Vaux, Versailles, Meudon ou Montmorency
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Israël Silvestre, dessinateur de villes, de fêtes et de jardins au temps de Louis XIV

Une soixantaine de « vues » dessinées du célèbre graveur sont exposées au Musée du Louvre. Parmi celles-ci, les châteaux et jardins de Vaux, Versailles, Meudon ou Montmorency



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h21
    |

            Lucien Jedwab








                        


Le Musée du Louvre présente jusqu’au 25 juin 2018 une soixantaine d’œuvres dessinées d’Israël Silvestre (1621-1691). Peu montrés, voire exposés pour la première fois, ces rares dessins, au regard des centaines d’estampes qu’il a gravées, illustrent tout autant sa technique, parfaitement maîtrisée, que son exceptionnel talent. Les sujets qu’il a représentés, au hasard de ses voyages de formation ou dus aux commandes du souverain ou des grands serviteurs de l’Etat, vont des églises romaines aux fêtes royales, en passant par les jardins du Grand Siècle. Un témoignage irremplaçable, d’autant que nombre de ces jardins, avec les châteaux dont ils étaient l’écrin, ont disparu.

   


Israël Silvestre n’est pas né sujet du roi dont il allait devenir le dessinateur attitré. En 1621, sa ville de naissance, Nancy, était la capitale du duché de Lorraine, qui ne sera rattaché à la France qu’en 1766. Ayant perdu ses parents à l’âge de 10 ans, le jeune Lorrain recevra une formation artistique à Paris, auprès de son oncle, Israël Henriet. Celui-ci, excellent dessinateur, avait été formé aux côtés d’un autre maître de la gravure nancéien, Jacques Callot, à qui l’on doit la série dénonciatrice Les Grandes Misères de la guerre (1633).
Israël, non dénué de dons, apprit son métier en recopiant les œuvres de ce fameux prédécesseur, dont son oncle commercialisait les estampes. L’apprentissage de l’art de l’estampe et le succès commercial rencontré lui permirent assez rapidement de se mettre à son compte. Il entreprit entre-temps trois voyages en Italie, de 1640 à 1653, qu’illustrent, dans l’exposition, la Vue de la porte du Peuple à Rome ou l’extraordinaire Vue du Forum depuis le Colisée.

   


La notoriété aidant, Israël Silvestre sera nommé « dessinateur et graveur du roi ». Il immortalisera ainsi les événements festifs voulus par le monarque à sa propre gloire. « Louis le Grand » se devait d’asseoir son autorité, mise à bas pendant la Fronde. La fête équestre, mémorable, organisée dans les jardins des Tuileries – et représentée dans le dessin préparatoire à la sanguine et à l’encre La Marche triomphale du carrousel de 1662 – ne célébrait donc pas seulement la naissance du dauphin...
Autre événement marquant dont le souvenir hante encore les jardins de Versailles et que la plume et le burin d’Israël Silvestre ont achevé d’immortaliser : les fêtes, avec leurs décors éphémères, des « Plaisirs de l’Isle enchantée » de 1664. Lors de celles-ci – dédiées officieusement à... sa maîtresse –, le roi lui-même incarnera le Roger du Roland furieux, avant d’assister à un ballet sur le « rond-d’eau » des Cygnes, puis à un spectaculaire feu d’artifice. Molière, lui, fera jouer son Tartuffe – qui connaîtra aussitôt la censure royale avant que d’être réécrit – et acclamé.

   


Soucieux de proclamer l’emprise de Louis XIV sur les nouvelles villes annexées à son royaume, son ministre, Colbert, envoya Israël Silvestre dessiner des vues de Toul, Metz, Charleville ou... Verdun, récemment devenues françaises. A la différence de la fonction purement militaire des fascinantes maquettes des villes fortifiées par Vauban conservées au Musée des plans-reliefs, aux Invalides, ces dessins décrivent un paysage. Cette impression de « point de vue » est, dans les dessins, renforcée par la présence de silhouettes au premier plan.
Israël Silvestre représenta aussi de nombreux jardins exceptionnels, à commencer par ceux de Vaux, dus à Le Nôtre, pour le compte du surintendant Fouquet, que Louis XIV fit arrêter après les fêtes somptueuses données en son honneur – pour crime de lèse-majesté et de probables malversations financières. L’amitié qui le liait dès cet époque au peintre Charles Le Brun le conduisit par la suite à dessiner des vues de la « maison de plaisance » et des jardins richement ornés de son domaine de Montmorency – aujourd’hui disparu.

   


Les cinq dessins conservés au Louvre des spectaculaires jardins, également dus à Le Nôtre, du château de Meudon, construit par Hardouin-Mansart pour le marquis de Louvois, le ministre de la guerre de Louis XIV, sont un précieux témoignage de leur magnificence passée. Que ne choquait visiblement pas le Mercure galant, un « journal » contemporain cité dans le catalogue, qui édifiait ainsi ses lecteurs : « [Le ministre ne va pas à Meudon] pour prendre du relâche (sic) après ses grandes et longues occupations, mais pour travailler en repos, et ne donner aucune audience... »
« La France vue du Grand Siècle. Dessins d’Israël Silvestre (1621-1691) », au Musée du Louvre, jusqu’au 25 juin 2018. Catalogue, sous la direction des commissaires de l’exposition, Bénédicte Gady et Juliette Trey, Louvre Editions/LienArt, 208 p., 29 €. Voir aussi, sur le site « Israël Silvestre et ses descendants », les 1 521 gravures de l’artiste en libre accès.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Le chanteur publie, avec son dixième (et double) album « Amour chien fou », son œuvre la plus accomplie.
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Arthur H, prestidigitateur de mots d’amour

Le chanteur publie, avec son dixième (et double) album « Amour chien fou », son œuvre la plus accomplie.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 09h14
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

En scène mi-février aux Saulnières du Mans, trois musiciens avec leurs instruments, un chapeau, et « la » boîte rouge. Arthur H (claviers) présente Amour chien fou, dixième album (un double) de sa carrière, le plus réussi, le plus homogène dans ses libres mélanges. Jamais le fils de Jacques Higelin et de Nicole Courtois-Higelin, fils plus ou moins spirituel d’un tas d’autres au premier rang desquels Brigitte Fontaine, frère de sa sœur bien-aimée Izïa, jamais Arthur H n’aura été si pleinement H Arthur. Pleinement soi, plein des autres. Chien fou, peut-être, mais de l’espèce rare qui aime aimer. Arthur H aime s’entourer. La pochette du triptyque le montre sous masques, graphies et chapeaux. Multiple, unique, la voix le dévoile.
C’est toujours grave un objet qui a affaire à ce point avec le sujet, la gaieté, la mélancolie et le jeu. En scène, Arthur H est en compagnie de Nicolas Repac (coproducteur de l’album, guitare) et Raphaël Séguinier (batterie) : « Pas de basse, ce qui permet d’être moins concentré sur l’harmonie. La vertu du trio, c’est que ça circule fluide, trois cerveaux-ventres reliés, je me sens libre dans ce mouvement, entouré physiquement-télépathiquement par ces animaux éveillés. » Séguinier ne figure pas dans l’album où Florent Savigny tient les baguettes, avec basse (Juan de Guillebon) et claviers (Pierre-Luc Jamain), pour les samples et les machines, Léonore Mercier. Album particulièrement bien écrit, « produit », comme on s’est mis à dire, joué.
Suite symphonique
Chien fou, Arthur H l’est à sa façon, bride sur le cou et contrôle. L’album a un indéniable son d’ensemble, comme une suite symphonique pour trois inconscients et boîte rouge : « S’il y a impression d’unité, je ne peux la tenir que comme le fruit bienheureux du hasard. Chaque chanson a son univers, et la tonalité est liée à son atmosphère singulière, mais, aussi, à la tessiture de la voix. » Le code secret doit être dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ Le festival Concordan(s)e programme des créations nées de la collaboration entre chorégraphes et écrivains.
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Danse : le pas de deux du geste et du texte

Le festival Concordan(s)e programme des créations nées de la collaboration entre chorégraphes et écrivains.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 08h52
    |

                            Rosita Boisseau








                        



                                


                            

La danse fait grimper les écrivains au rideau. La littérature donne des fourmis dans les jambes des chorégraphes. Depuis 2007, Concordan(s)e profite de cette attraction pour mettre les pieds dans le plat avec des matchs danseur-auteur. « Je crois que les écrivains aiment être déplacés, commente Jean-François Munnier, directeur du festival. Ils travaillent seuls, assis, face à une feuille blanche. Quant aux chorégraphes, ils s’appuient parfois sur des textes pour leurs spectacles, mais les utilisent rarement en dansant. »
A l’affiche dans une trentaine de théâtres, médiathèques et librairies en France, la manifestation, qui a déjà coalisé soixante duos, dont ceux de Marie Desplechin et Thierry Thieu Niang, Maylis de Kerangal et Sylvain Groud, Catherine Meurisse et DD Dorvillier, a rallié de nouveaux noms : Alice Zeniter, Prix Goncourt des lycéens 2017 avec L’Art de perdre, dialogue avec le chorégraphe Orin Camus ; Carole Martinez, qui a reçu le même prix en 2011 avec Du domaine des murmures, se lie avec Pascale Houbin.

« Franchement, qu’ont à faire ensemble la danse et la littérature ?, s’inquiète Carole Martinez. C’est compliqué, cette affaire-là. Qu’est-ce que les gestes ajoutent aux mots et inversement ? » A priori, la danse, art muet mais texte en soi, n’a pas besoin de littérature pour faire entendre ce qu’elle a à dire. Et pourtant, depuis les classiques s’appuyant sur des contes comme Casse-Noisette ou La Belle au bois dormant, les chorégraphes qui font commerce avec les mots sont légion. De Maurice Béjart à Pina Bausch, de Maguy Marin à Daniel Linehan en passant par Georges Appaix, la fascination pour les textes ne se dément pas.
De Maurice Béjart à Pina Bausch, de Maguy Marin à Daniel Linehan, la fascination pour les textes ne se dément pas
Besoin de raconter, d’affirmer un sens, d’attraper par la manche ceux pour qui l’art chorégraphique reste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ La justice examine la requête des aînés du rockeur, qui réclament en urgence le gel de son patrimoine et un droit de regard sur son album posthume.
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Héritage Johnny Hallyday : qu’aura à trancher le tribunal de Nanterre ?

La justice examine la requête des aînés du rockeur, qui réclament en urgence le gel de son patrimoine et un droit de regard sur son album posthume.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 10h04
   





                        


Nouvelle journée décisive dans le feuilleton qui oppose les aînés du chanteur, David Hallyday et Laura Smet, à sa veuve Laëtitia Boudou-Hallyday : la justice examine, vendredi 30 mars, la requête des premiers, qui réclament en urgence le gel du patrimoine de Johnny Hallyday et un droit de regard sur son album posthume.
Le 15 mars, le premier round judiciaire très attendu confrontant David Hallyday et Laura Smet à Laetitia Hallyday avait tourné court à Nanterre, les avocats des enfants estimant ne pas avoir eu assez de temps pour prendre connaissance des documents de la partie adverse.
Saisi en référé, le tribunal de grande instance de Nanterre avait renvoyé l’affaire au vendredi 30 mars et intimé à l’avocat de la veuve de Johnny, décédé le 5 décembre à l’âge de 74 ans, de fournir à ses contradicteurs plusieurs pièces complémentaires.

        Lire aussi :
         

                Héritage Johnny Hallyday : « Libération » dévoile des détails sur le « trust »



Le gestionnaire du « trust » de Johnny toujours inconnu
Le conseil de Laetitia Hallyday devait notamment produire une copie traduite en français du dernier testament du rockeur et préciser le « périmètre » du trust contenant ses avoirs, ainsi que le nom des gestionnaires de cette entité de droit californien, au cœur de la bataille juridique. Mis en place en juillet 2014, ce trust était géré par le chanteur jusqu’à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère.
A quelques heures du procès, les avocats des aînés déploraient ne pas avoir obtenu satisfaction sur l’identité du gestionnaire et le bénéficiaire du trust. C’est que, selon les proches de Laëtitia Hallyday, ce dernier n’est « pas encore connu » et qu’il ne s’agit ni de la grand-mère de Laetitia, Elyette, dite « Mamie Rock », ni de son frère Grégory. Malgré l’absence de réponses, les avocats des deux parties plaideront leur cause, vendredi 30 mars à Nanterre, en l’absence des protagonistes de cette féroce bataille entre les deux clans Hallyday.
Maître Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laetitia Hallyday, estime également que le patrimoine de l’artiste est déjà connu de tous : ses parts de SCI dans la villa de Marnes-la-Coquette, en banlieue parisienne, deux maisons en Californie et une autre à Saint-Barthélemy. Le tout estimé à « 30-35 millions d’euros », selon lui.
Les droits artistiques, « entre 700 000 et 800 000 euros par an », selon Me Amir-Aslani, doivent également être versés dans ce trust mais ces revenus sont, pour l’instant, gelés par la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) dans l’attente du règlement de la succession de l’artiste.
Droit de regard sur l’album posthume
Outre son patrimoine, l’album que « le Taulier » avait presque achevé à sa mort doit être également au cœur des débats à Nanterre. L’artiste avait travaillé une grande partie de l’année 2017 à ce 51e album studio, qui doit sortir courant 2018. Une dizaine de chansons ont été enregistrées. « Nous avons des documents très clairs qui démontrent que les dix titres ont été validés par Johnny Hallyday (…) et qu’il acceptait qu’ils soient commercialisés », a assuré, lors de l’audience du 15 mars, Eric Lauvaux, avocat de Warner Music France, la maison de disques du rockeur. Mais les aînés de l’ex-« Idole des jeunes » en doutent et demandent un droit de regard sur l’album.
Une autre action, sur le fond, a été engagée par David et Laura Smet devant le tribunal de Nanterre, mais elle pourrait prendre des années. Les deux aînés s’estiment lésés par les dernières volontés de leur père qui, selon eux, les « déshérite », ce qui est interdit en droit français, et demandent « que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales » en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ L’Eure, le Loiret, la Moselle, les Vosges, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Guyane sont des territoires prioritaires.
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Le plan « Culture près de chez vous » dévoilé

L’Eure, le Loiret, la Moselle, les Vosges, la Guadeloupe, la Martinique, La Réunion et la Guyane sont des territoires prioritaires.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 08h22
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 09h40
    |

            Emmanuelle Jardonnet








                        



   


La ministre de la culture, Françoise Nyssen, a présenté, jeudi 29 mars à la Grande Halle de La Villette, à Paris, le plan « Culture près de chez vous », qui vise à mieux « irriguer » les territoires les moins dotés en matière artistique et culturelle. Son grand principe : aller à la rencontre des publics par l’itinérance.
« Dans la lutte contre l’inégalité de l’accès à la culture, on a baissé les prix, jusqu’à la gratuité. Beaucoup d’efforts sur les barrières financières ont été faits, et ils n’ont pas servi à rien, mais cela ne suffit pas. La décentralisation était nécessaire, mais ça ne suffit pas. La ségrégation culturelle passe aussi par des inégalités géographiques », déclare Mme Nyssen. « Les droits culturels ne sont pas des droits accessoires, il faut faire vivre la culture loin des dorures », affirme-t-elle, volontariste.
Soulignant que l’action du ministère reste fortement parisienne, francilienne et urbaine, avec quelque 139 euros dépensés par habitant et par an, contre 15 euros en région, elle annonce des « mesures pour aller là où nous ne sommes pas, malgré une soif de culture ».
Françoise Nyssen, ministre de la culture : « Les droits culturels ne sont pas des droits accessoires, il faut faire vivre la culture loin des dorures »
Le ministère a cartographié les équipements culturels publics par bassin de vie, afin d’identifier les « zones blanches du service public culturel », c’est-à-dire là où il y a moins d’un équipement culturel public pour 10 000 habitants. Le ministère en fera des « territoires culturels prioritaires », vers lesquels seront déployés « de nouveaux moyens au service d’une politique publique de circulation des artistes et des œuvres ». Au nombre de 86, ces « territoires culturels prioritaires » sont pour moitié concentrés dans huit départements : l’Eure, le Loiret, la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, la Moselle, les Vosges et La Réunion.
Ce nouveau maillage, qui implique un rapprochement avec les acteurs locaux (structures culturelles, associations, collectivités…), s’appuiera sur trois grands principes : des « artistes et la culture sur les routes de France », la circulation des œuvres et un déploiement à travers toute la France de « Micro-Folies », ces maisons de la culture modulables lancées en 2017, qui incluent des musées numériques de proximité – la ministre annonce au passage que 200 d’entre elles seront déployées à terme. Cette ­politique engagera notamment les établissements publics nationaux du spectacle vivant (Chaillot, Comédie-Française, Opéra de Paris…), dont les spectacles tourneront davantage en région. Les labels musicaux seront mobilisés pour soutenir les scènes des territoires et le ministère évoque l’organisation de master class avec les artistes.
Crédits supplémentaires
Ce plan mobilisera des moyens nouveaux de la part du ministère : 6,5 millions de crédits déconcentrés supplémentaires dès 2018, avec un accroissement tous les ans pour atteindre 10 millions en 2022. Tandis que les directions régionales des affaires culturelles (DRAC) seront « le moteur de cette nouvelle étape de la décentrali­sation culturelle », un commissaire général sera prochainement nommé par la ministre pour proposer, « en concertation avec les grands musées nationaux, un catalogue des œuvres iconiques des collections nationales destinées à circuler dans les territoires au sein de lieux d’accueil muséaux ou non muséaux ».
Ce « catalogue des désirs » sera présenté à l’occasion de la Nuit européenne des musées 2018, le 19 mai. Premier signe de cette nouvelle approche : le 21 juin, jour de la Fête de la musique, plutôt que le traditionnel grand ­concert aux abords du ministère, une dizaine de concerts seront organisés à travers la France.

        Lire aussi la chronique de Michel Guerrin :
         

          « Françoise Nyssen a des convictions et des idées, plus que d’autres dans le passé. Mais elle rame »



Sur le Web : www.culture.gouv.fr/Actualites/Culture-pres-de-chez-vous-un-plan-pour-l-itinerance-des-oeuvres-et-des-artistes



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que la ministre de la culture, bien que sincère, multiplie les prises de parole maladroites.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/03/2018
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« Françoise Nyssen a des convictions et des idées, plus que d’autres dans le passé. Mais elle rame »

Dans sa chronique, Michel Guerrin, rédacteur en chef au « Monde », observe que la ministre de la culture, bien que sincère, multiplie les prises de parole maladroites.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h25
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            Michel Guerrin (rédacteur en chef au « Monde »)








                        



                                


                            
Chronique. Vous savez ce que veut dire « faire une Nyssen » ? Etre évasif, enfiler les perles et les généralités. Mais aussi ne pas finir ses phrases, ne pas savoir synthétiser ni porter un discours clair. Des responsables politiques qui prennent la parole pour ne rien dire, ou pour répondre à côté, il y en a des tonnes, et ça ne date pas d’hier, mais c’est un art de manier la langue de bois et de répondre quand on n’a rien à dire.
Aucun emballage chez Françoise Nyssen, la ministre de la culture, qui multiplie les prises de parole maladroites. Les réactions, au début, y compris dans son entourage, c’était : « Soyez indulgent, elle n’est pas du métier, et puis elle est très sympathique. » Tout cela est vrai. Mais ça fait dix mois que ça dure.
On pourrait énumérer ses sorties hasardeuses, par exemple quand elle s’enferre dans l’idée de faire voyager La Joconde, alors qu’elle sait le tableau trop fragile pour sortir du Louvre. Alors ça n’a pas loupé. Le 9 mars, l’humoriste François Morel a livré sur France Inter une chronique cruelle autour du « parler Nyssen » après un entretien qu’elle a donné sur cette même station, où ses réponses se limitaient à « l’important, c’est de réfléchir ».
On dira que, l’essentiel, ce ne sont pas les mots, mais les actes. Sauf qu’une ministre de la culture, sans même convoquer Malraux, se doit d’avoir de l’allure à l’oral. D’autant qu’un verbe faible décrédibilise l’action. Et puis, pour l’instant, les actes forts, on les cherche. Françoise Nyssen est championne de la réflexion. De la table ronde. Jack Lang, lui, avait fait ces consultations bien avant d’être nommé ministre, ce qui lui avait permis de prendre plusieurs mesures importantes dans les six mois qui avaient suivi sa nomination, en 1981.
Objectifs ambitieux, mesures-gadgets
Pourtant, Françoise Nyssen a des convictions et des idées, bien plus que d’autres dans le passé. Elle est sincère, n’est pas une carriériste...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Le décès de son complice, Simon Carpentier, emporté par un cancer à l’été 2017, n’a pas entamé la volonté de Victor Solf de poursuivre l’aventure. Le duo rennais continue de vivre à travers un élégant premier opus.
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L’album épitaphe de Her


                      Le décès de son complice, Simon Carpentier, emporté par un cancer à l’été 2017, n’a pas entamé la volonté de Victor Solf de poursuivre l’aventure. Le duo rennais continue de vivre à travers un élégant premier opus.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 06h31
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 10h47
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                            Stéphane Davet








                              

                        

On observait depuis fin 2016 l’ascension de Her, le duo formé par les chanteurs Victor Solf et Simon Carpentier. Ils avaient d’emblée affiché des ambitions internationales et cela nous avait semblé légitime. Leur maîtrise d’un répertoire anglophone mêlant soul vintage, électro minimaliste et R’n’B contemporain n’était-elle pas inédite chez une formation française ?
A aucun moment, on ne s’est douté que leur quête de perfection et l’intensité sensuelle de leurs chansons étaient conditionnées par une autre urgence que la simple soif de réussite. La disparition de Simon Carpentier, mort d’un cancer, le 13 août 2017, à 27 ans, invite à revoir le parcours de ces Rennais sous une autre perspective. Et donne à leur luxueux premier album, Her (sorti le 30 mars 2018), des allures d’épitaphe.
« Simon a appris qu’il allait devoir se battre contre la maladie dès le début de notre projet », précise Victor Solf, en se réchauffant dans un café du canal Saint-Martin, lors d’une glaciale matinée de février, à deux pas de son domicile parisien. D’une voix aussi douce que son chant est puissant, le Franco-Allemand au teint pâle – il est né en 1990, à Düsseldorf – parle de son ami avec pudeur. Sans cacher la ferveur qui a habité une collaboration dont il va continuer de porter les valeurs et les fruits sur scène, lors de ces prochains mois de tournée.
« Simon était quelqu’un de très structuré, avec une vision claire de ce qu’il voulait accomplir. Je suis plus instinctif et désorganisé. Il ordonnait mes idées, j’incarnais les siennes. » Victor Solf
La complicité du duo s’est d’abord forgée au sein d’un quatuor. Groupe de potes rencontrés en seconde au lycée Emile-Zola, à Rennes, les Popopopops se font un nom à la fin des années 2000, portés par leur goût des guitares pimpantes. Soudés par l’excitation juvénile, les « Pops » ne résistent pas, après un unique album (Swell, sorti en 2013), aux choix universitaires de certains membres.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.
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Expos, théâtre, contes et concerts : nos idées de sorties culturelles

Chaque vendredi, le service Culture du « Monde » propose aux lecteurs de « La Matinale » un choix d’événements pour le week-end.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 06h29
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 07h37
   





                        


LES CHOIX DE LA MATINALE
Que diriez-vous de profiter de ce week-end de Pâques pour aller admirer les couleurs de l’œuvre de Frantisek Kupka au Grand Palais ; découvrir les hypnotiques Emigrants, de W. G. Sebald, au Théâtre de la Bastille ; revisiter quelques histoires célèbres avec Elodie Mora à La Maison du conte de Chevilly-Larue ; fêter les 15 ans du label Ed Banger avec l’Orchestre Lamoureux au Grand Rex ?
EXPOSITION. Kupka, magicien de la couleur, au Grand Palais, à Paris

   


Tour à tour symboliste, mystique, naturiste, anarchiste, scientiste, Frantisek Kupka (1871-1957) a fait une entrée fracassante dans l’histoire de l’art du XXe siècle en exposant au Salon d’automne de 1912 les deux premiers tableaux abstraits jamais montrés au public. Ils le sont de nouveau, avec près de 240 autres, dessins et peintures, au Grand Palais à Paris, dans ce qui est la meilleure rétrospective de ce printemps parisien : elle dévoile une œuvre foisonnante, luxuriante, travail d’un merveilleux dessinateur, d’un maître de la composition, d’un fou d’harmonies colorées, bref, d’un des plus grands artistes de son temps, qui voulait « produire une fugue en couleurs, comme Bach l’a fait en musique ». Harry Bellet
« Kupka. Pionnier de l’abstraction ». Galeries nationales du Grand Palais, Paris 8e. Tous les jours, sauf mardi, de 10 heures à 20 heures, le mercredi de 10 heures à 22 heures, jusqu’au 30 juillet. Entrée : 14 €.
THÉÂTRE. Les hypnotiques « Emigrants » de Sebald au Théâtre de la Bastille, à Paris

   


On l’appelait The Ghostchaser (« le chasseur de fantômes »). Il s’appelait W. G. Sebald (1944-2001), c’était un écrivain allemand qui avait choisi de vivre en Angleterre, et qui a laissé une œuvre magnifique, dont témoignent Les Emigrants, portés au théâtre par Volodia Serre. Dans ce livre, Sebald suit le chemin de quatre vies qui recoupent la sienne, celles de son instituteur, de son grand-oncle émigré aux Etats-Unis, d’un médecin chez qui il a logé dans le Norfolk, et d’un peintre de Manchester qu’il a bien connu. Volodia Serre nous entraîne dans ce puzzle du souvenir, au cours d’un spectacle en deux parties, dont il vaut mieux éviter la seconde, ratée. La première, en revanche, touche au cœur même des Emigrants, de Sebald, dont l’écriture précise et hypnotique abolit la frontière entre les vivants et les morts. Il reste une occasion de découvrir cette belle réussite, samedi 31 mars, à 17 heures, au Théâtre de la Bastille. Brigitte Salino
« Les Emigrants ». Théâtre de la Bastille, 76, rue de la Roquette, Paris 11e. Tél. : 01-43-57-42-14. Durée : 1 h 30. Tarifs : de 15 € à 25 €.
ARTS DE LA PAROLE. Un méli-mélo d’histoires à La Maison du conte, à Chevilly-Larue

   


Et si le Petit Poucet se glissait entièrement dans des bottes de sept lieues et grandissait pour finir par avoir une barbe, non pas noire, mais bleue… La jeune conteuse Elodie Mora prend un malin plaisir à mélanger les histoires que tout le monde croit connaître par cœur. Tout commence avec les petits cailloux blancs semés sur un chemin par le Petit Poucet, et on se retrouve au final avec un Barbe Bleue, en faisant quelques détours par d’autres récits célèbres revisités pour l’occasion. Elodie Mora invite le public à se perdre avec elle dans la forêt des contes et à jouer à se faire peur… pour de rire. Cristina Marino
« Barbe Blues », de et avec Elodie Mora. A partir de 8 ans. Samedi 31 mars à 16 heures (séance scolaire vendredi 30 mars à 10 heures). La Maison du conte, 8, rue Albert Thuret, Chevilly-Larue (Val-de-Marne). Tél. : 01-49-08-50-85. Tarif adulte : 6,50 €.
ELECTRO. Les 15 ans d’Ed Banger, avec l’Orchestre Lamoureux, au Grand Rex, à Paris

Fondé en 2003 par Pedro Winter, ex-manager de Daft Punk, connu sous le nom de Busy P, le label Ed Banger a été l’un des moteurs les plus vrombissants de la scène électro française, grâce aux singles et albums de figures comme Justice, Cassius, Mr Oizo, SebastiAn, Breakbot, Boston Bun, l’excentrique Vladimir Cauchemar ou le regretté DJ Medhi. Pour fêter ses 15 ans, la joyeuse bande a choisi de confier, le 31 mars, le meilleur de son répertoire aux instruments acoustiques de l’Orchestre Lamoureux et à la baguette de son chef, Thomas Roussel. Une façon de sacraliser, via l’interprétation classique, les as du nightclubbing ? Ou une nouvelle façon de faire la fête ? Avant une vraie nuit dancefloor, après le concert, au Rex Club, avec aux platines : SebastiAn, Cassius, Breakbot… Stéphane Davet
Grand Rex, 1, boulevard Poissonnière, Paris 2e. Tél. : 01-45-08-93-89. Samedi 31 mars à 20 heures. Tarifs : de 35,20 € à 68,20 €.
SPECTACLE MUSICAL. « Passage en revue » aux Feux de la rampe, à Paris

   


Chanteuse, chorégraphe, comédienne, meneuse de revue, notamment aux Folies Bergère, Estelle Danière propose avec le spectacle Passage en revue, présenté au théâtre Les Feux de la rampe, à Paris, un récit-tour de chant, hommage au monde du music-hall et parcours, le sien, d’une femme artiste avec des espoirs et des déceptions, d’une femme amoureuse, avec d’autres joies, d’autres peines. Accompagnée au piano par Patrick Laviosa ou Philippe Brocard, elle construit le répertoire à partir de chansons interprétées par Zizi Jeanmaire et quelques airs de comédies musicales (Quand ça balance, La Croqueuse de diamants, Les Bleus, Je suis comme je suis, Nine, citation de Surabaya Johnny…). Voix précise, elle met son art de la danse au service de chaque chanson par des mouvements exacts, en accord avec les textes. Ceux des chansons et ceux d’une histoire qui mêle drôleries, tendresses, souvenirs de moments cruels. Sylvain Siclier
« Passage en revue », de et avec Estelle Danière. Les Feux de la rampe, 34, rue Richer, Paris 9e. Mo Le Peletier, Grands-Boulevards. Tél. : 01-42-46-26-19. Lundi 2 avril à 20 heures (dernière lundi 9 avril). Tarifs : de 17 € à 25 €.
DANSE. Une version hip-hop de « L’Oiseau de feu » à l’Opéra Bastille, à Paris

   


Dans le cadre de la programmation jeune public danse et opéra régulièrement proposée par l’Opéra national de Paris, le chorégraphe hip-hop Farid Berki, breaker autodidacte, à la tête de la compagnie Melting Spot depuis 1994, offre une version pulsante pour dix interprètes de L’Oiseau de feu, sur la musique d’Igor Stravinsky. Passionné par l’œuvre du compositeur, Berki, qui a déjà mis en scène plusieurs relectures de Petrouchka, s’attaque à cette vision décalée de L’Oiseau de feu en hommage à Alfonso Cata, directeur du Ballet du Bord, qui se risqua en 1984 à confronter danse classique et hip-hop sur cette partition de Stravinsky. Farid Berki assista à ce spectacle, qui a marqué son style généreusement métis, épris de contemporain comme de flamenco. Sa recréation de L’Oiseau de feu met en scène de jeunes danseurs avec le désir de transmettre aux nouvelles générations « la nécessité absolue de croiser les disciplines artistiques, de créer des espaces de rencontre et décloisonner les champs artistiques ». Rosita Boisseau
« L’Oiseau de feu », de Farid Berki. Amphithéâtre Bastille, Opéra Bastille, Paris 12e. Vendredi 30 mars, à 14 heures et à 20 heures, samedi 31 mars à 15 heures. A partir de 8 ans. Tél. : 08-928-990-90. Tarifs : de 5 € à 15 €.
PHOTOGRAPHIE. Guillaume Herbaut au sommet de l’Arche de la Défense, à Puteaux

   


Le billet qui donne accès au sommet de l’Arche de la Défense permet de contempler Paris et la banlieue depuis la terrasse, mais aussi de visiter le vaste espace dédié au photojournalisme qui expose en grand le travail de Guillaume Herbaut. Ce photographe français s’est fait un nom avec une œuvre singulière, qui a délaissé l’actualité chaude pour traiter plus largement de la mémoire et du traumatisme. A partir de lieux pollués et hantés, pendant des décennies, pas les événements qui s’y sont passés, il crée des images à la fois très réelles et étranges, dans des atmosphères de contes de fées et de cauchemar : à Tchernobyl, Auschwitz ou Nagasaki, Herbaut a trouvé des êtres qui mènent des existences normales mais sous-tendues par une mémoire lourde à porter. Un travail qui, loin de donner tout à voir, fonctionne en faisant appel à l’imaginaire. Claire Guillot
« Pour mémoire », jusqu’au 13 mai, toit de la Grande Arche, 1, parvis de la Défense, Puteaux, tous les jours de 9 h 30 à 16 h 30. Tarif : 15 €. Catalogue de l’exposition, texte de Michel Poivert, CDP Editions, 116 pages, 25 €.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ L’édifice, situé dans l’antique Mari, devait être classé au Patrimoine mondial.
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En Syrie, le plus ancien palais de l’humanité détruit par l’organisation Etat islamique

L’édifice, situé dans l’antique Mari, devait être classé au Patrimoine mondial.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 19h30
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 16h21
    |

            Florence Evin








                        



Tunnels creusés sous des murs vieux de 4 500 ans, sol éventré, excavations sauvages opérées au bulldozer, à la tractopelle et, sans doute, aux explosifs comme le suggèrent les blocs déchiquetés de plusieurs tonnes de l’enceinte sacrée. Tel est le spectacle désolant qu’offre aujourd’hui l’antique Mari, dans l’Est syrien, l’une des plus anciennes cités de la planète, et première ville syrienne occupée par l’organisation Etat islamique (EI), à quinze kilomètres de la frontière avec l’Irak. Fondée, vers 2 900 ans avant notre ère, à l’époque des rois légendaires, Mari trône sur une terrasse naturelle de la rive droite de l’Euphrate, dans la plaine de Mésopotamie centrale – zone de violents combats avec l’EI. Les premières photographies des destructions postées sur le site de la Direction des antiquités et des musées (DGAM) de Syrie disent l’ampleur des dégâts.

   


Pour Pascal Butterlin, professeur en archéologie du Proche-Orient ancien (université Paris-I), directeur de la mission archéologique française de Mari (MAM) :
« C’est le plus ancien palais de l’humanité qui est touché, l’équivalent du palais de Nimroud. Un édifice unique au monde dans cet état de conservation. C’est dramatique, il était prévu de le classer au Patrimoine mondial de l’humanité. »

   


Situé sur l’une des principales voies de commerce du Proche-Orient, au carrefour des trois continents Asie, Europe, Afrique, Mari était une ville nouvelle, l’une des plus importantes de l’Antiquité des IIIe et IIe millénaires avant notre ère.

   


En témoigne la création artistique à son sommet, avec les fameuses figures sculptées dans l’albâtre : Ebih II, intendant du roi dans l’attitude de la prière (à Paris, Musée du Louvre) ou, trouvée dans le temple d’Ichtar, la grande déesse mésopotamienne de l’amour et de la guerre, dont l’emblème est la chauve-souris en or aux ailes de lapis-lazuli (à Damas, Musée national).

   


Il aura fallu attendre 1933 pour que la ville antique soit localisée par André Parrot qui dirigea, jusqu’en 1974, la première mission archéologique française de Mari (MAM). Il dressa le plan de l’enceinte sacrée, rassemblant palais et temple. Son successeur, Jean-Claude Margueron, poursuivit la restauration du palais royal et le travail d’épigraphie de centaines de tablettes.

   


« Tout le toit de protection a été soufflé »
Pascal Butterlin lui succéda en 2005, jusqu’à la dernière fouille d’octobre 2010, alors que la guerre le contraint à fermer le chantier. L’histoire des quarante-six campagnes françaises de Mari est en ligne sur le site Internet du ministère de la culture spécialisé dans le patrimoine, avec une visite virtuelle du palais royal.
Pour M. Butterlin, « les plus récents combats datent de décembre [2017]. Tout le toit de protection a été soufflé ». Avec les murs de six mètres, larges de deux mètres, de l’enceinte sacrée écroulée, « ce sont des vestiges uniques conservés qui disparaissent. On s’est battu pendant des décennies, se désole l’archéologue. En 2010, il a fallu protéger le monument ; sous l’action des sels du sol gypseux, les murs devenaient des éponges et fondaient. »

   


Le toit de protection des 1 800 mètres carrés restaurés du palais a été broyé par les pillards en quête d’objets à revendre au marché noir. Le site est l’un des plus pillés de Syrie. L’urgence est à sa sécurisation. Seuls 5 % à 6 % de la surface totale ont jusqu’à présent été fouillés.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ « Le Soir » et Mediapart révèlent les pratiques d’optimisation fiscale du chanteur français, âgé de 94 ans.
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La fortune de Charles Aznavour optimisée grâce au Luxembourg

« Le Soir » et Mediapart révèlent les pratiques d’optimisation fiscale du chanteur français, âgé de 94 ans.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 07h27
   





                        



   


Des impôts évités, mais en toute légalité. Avec Charles Aznavour, Le Soir et Mediapart ont ajouté, jeudi 29 mars, un nouvel exemple à la longue liste des contribuables français qui recourent, en toute discrétion, à l’optimisation fiscale en exploitant les failles des législations au sein même de l’Europe.
Le quotidien belge et le site d’information français détaillent un montage fiscal élaboré entre 2007 et 2016, qui a permis au chanteur français, aujourd’hui âgé de 94 ans, de défiscaliser une grande partie de ses revenus. M. Aznavour n’a pas eu besoin de dissimuler sa fortune dans des sociétés écrans ou des trusts à l’autre bout du monde : il lui a suffi, comme à beaucoup de contribuables européens, d’ouvrir une société au Luxembourg, le petit duché coincé entre la France et l’Allemagne, membre de l’Union européenne.
Il contestait être un exilé fiscal
Une bonne partie des droits d’auteur du chanteur de La Bohême ont été transférés dans cette société boîte à lettres, baptisée Abricot SA, dont le statut permet une défiscalisation complète des dividendes. Charles Aznavour étant résident fiscal suisse, les revenus générés par ses chansons n’ont quasiment pas été imposés en France. Selon les calculs de Mediapart, « plus d’un million et demi d’euros a légalement échappé à la fiscalité française des dividendes ».
Ce montage respecte les contours de la légalité, mais il dément les affirmations du chanteur : interrogé en 2013, sur RTL, celui-ci se défendait d’être un exilé fiscal, et assurait payer en France les impôts sur ses activités françaises.
L’enquête du Soir et de Mediapart souligne qu’une réorganisation à l’automne 2016 a fait entrer plusieurs membres de la famille du chanteur dans le montage autour d’Abricot. Son épouse, deux de ses enfants et sa sœur sont, depuis cette date, « éligible[s] à une part plus importante des bénéfices issus des droits d’auteur » (seule sa sœur, résidente fiscale dans l’Hexagone, reste théoriquement soumise à la fiscalité française).
Selon les deux quotidiens, cette réorganisation devrait faciliter la succession de M. Aznavour, qui pourra se dérouler dans le cadre du droit luxembourgeois.
Contacté par Mediapart et par Le Soir, Charles Aznavour n’a pas répondu aux sollicitations.



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Le lexique des Paradise Papers
            







require(["jquery", "jquery-ui/core"], function($, jqueryUICore) {

  var donnees = {
  "actifs":   ["Actifs","En comptabilité, un actif est un élément de patrimoine susceptible de générer de la valeur, pour l’entité ou la personne qui le possède. Il peut s’agir d’un actif immobilier (bâtiments, etc.) mais aussi d’actions ou de créances (c’est-à-dire de l’argent prêté qui doit être remboursé par une autre entreprise ou une autre personne)."],
  "actionnaire":   ["Actionnaire","Propriétaire déclaré d’une société. Certains actionnaires possèdent réellement le capital de ces sociétés, d’autres ne sont que des prête-noms."],
  "administrateur":   ["Administrateur","Personne qui dirige une société, qui peut être indifféremment directeur ou membre du conseil d’administration. Dans les sociétés offshore, cela n’implique pas de gérer l’activité de l’entreprise au quotidien, mais seulement d’en assumer la responsabilité légale."],
  "agent":   ["Agent de domiciliation de société offshore","C’est l’une des activités du cabinet d’avocats Appleby : l’enregistrement de sociétés dans des paradis fiscaux pour le compte de clients, un métier qui implique une solide connaissance du droit. En appui, la firme propose d’autres services : la location de prête-noms, des services bancaires, la création de trusts…"],
  "accis":   ["Assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS)","La Commission européenne souhaite mettre en place cette réforme pour limiter l’optimisation fiscale des multinationales. L’idée est de taxer les multinationales sur la base du bénéfice total qu’elles réalisent dans l’Union européenne, plutôt que pays par pays. Cela les dissuaderait de déplacer leurs profits dans les pays les plus avantageux, comme les Pays-Bas ou l’Irlande, pour payer moins d’impôts."],
trustee).Généralement, les bénéficiaires ou des membres de leur famille, sont les propriétaires initiaux des actifs du trust. Mais il peut aussi s’agir d’une organisation caritative."],
  "blanchiment":   ["Blanchiment d’argent","Il consiste à réinvestir des fonds de provenance illicite (trafic de drogue, vente d’armes, fraude fiscale…) dans des activités légales pour les « recycler ». Les sociétés offshore sont parfois utilisées pour blanchir de l’argent."],
trustee). Ce dernier a dès lors le contrôle des biens et les gère pour le compte de bénéficiaires (qui peuvent être le constituant ou des membres de sa famille par exemple). Le constituant est également appelé fiduciant ou settlor."],
  "seingprive":   ["Contrat sous seing privé","Contrat signé entre deux parties « privées » (particulier, entreprise, avocat, etc.) Il s’oppose aux « actes authentiques » qui, eux, doivent être rédigés par un individu agissant en tant qu’officier public (huissier, notaire)."],
« commanditaire vennootschap » en néerlandais) est un montage fiscal qui permet à des multinationales américaines de limiter ou d’éliminer leurs impôts, en étant taxées ni aux Etats-Unis ni aux Pays-Bas."],
Plusieurs techniques sont utilisées, en détournant des techniques de comptabilité à l’origine légales, pour artificiellement baisser les profits. Parmi elles, le prix de transfert, les redevances de propriété intellectuelle ou les prêts entre filiales."],
  "dividende":   ["Dividende","Quand une entreprise engendre des bénéfices, elle peut en reverser une partie à ses actionnaires, à hauteur du nombre d’actions qu’ils possèdent dans le capital."],
  "doubleirlandais":   ["Double irlandais","Montage fiscal permettant de diminuer l’impôt payé en créant en Irlande une société au statut « hybride ». Ce statut permet à la société créée de faire ses affaires dans le cadre du droit commercial irlandais, tout en établissant sa résidence fiscale dans un paradis fiscal – ou nulle part – et évitant ainsi l’impôt. L’Irlande a adopté une réforme fiscale visant à supprimer ce statut à l’horizon 2020."],
  "echangeautoinfo":   ["Echange automatique d’informations","C’est l’un des meilleurs outils de coopération internationale pour lutter contre la fraude fiscale : il astreint les Etats à partager toutes les informations fiscales importantes (comme l’identité des détenteurs de comptes, etc.) avec les autres Etats. Par exemple, une banque suisse abritant le compte d’un Français doit signaler l’existence de ce compte au fisc français. Une centaine de pays, dont les principaux paradis fiscaux, se sont engagés à commencer l’échange automatique en 2017 ou en 2018."],
  "evasionfiscale":   ["Evasion fiscale","Stratégie d’évitement de l’impôt en plaçant une partie ou la totalité de ses actifs dans des pays à la fiscalité avantageuse, sans s’y expatrier. Elle peut relever soit de l’optimisation fiscale (légale), soit de la fraude fiscale (illégale)."],
  "exilefiscal":   ["Exilé fiscal","Se dit d’une personne qui, pour échapper à un impôt qu’elle considère trop important, déménage dans un pays à la fiscalité plus légère."],
trustee) est la personne physique ou la société qui détient temporairement de l’argent ou des biens pour le compte d’un tiers (le fiduciant). A charge pour lui de gérer les fonds ou les mandats qui lui ont été transférés, non dans son propre intérêt, mais pour le compte du bénéficiaire. Les deux parties, fiduciaire et fiduciant, sont liées par un contrat, appelé « trust » ou fiducie."],
  "forumulaireimportation":   ["Formulaire d’importation","Déclaration remplie par l’importateur d’un véhicule (voiture, avion, etc.), signée par les douanes du pays où il est livré. En Europe, ce formulaire certifie officiellement que le véhicule est en règle sur le plan de la TVA et donc, qu’il peut être utilisé au sein des territoires européens sans avoir à s’acquitter de la TVA dans les pays où il circule."],
  "fraudefiscale":   ["Fraude fiscale","Utilisation de moyens illégaux pour baisser le montant de son imposition, voire y échapper totalement. Le fait de déplacer des capitaux dans des juridictions étrangères sans en avertir le fisc constitue une forme de fraude fiscale."],
  "holding":   ["Holding","Il s’agit généralement d’une société qui n’a pas d’activité économique réelle : sa seule fonction est de prendre des participations dans d’autres sociétés et d’effectuer des opérations financières. La holding peut permettre de regrouper l’ensemble des filiales d’un groupe. Nombreux sont ceux qui créent des holdings au Luxembourg pour gérer leurs affaires, car l’imposition y est très faible."],
  "impotsociete":   ["Impôt sur les sociétés","Impôt dont doivent s’acquitter les sociétés auprès des Etats, selon leur résidence fiscale. Généralement, il s’agit d’un pourcentage des bénéfices réalisés par l’entreprise (environ 33 % en France)."],
  "leasingmaltais":   ["Leasing maltais","Montage fiscal permettant de faire baisser le taux de la TVA à 5 %, principalement pour les yachts. Pour en bénéficier, il faut acheter le bateau par l’intermédiaire d’une société maltaise et se le louer via une seconde société maltaise, qui deviendra propriétaire du bateau au bout de plusieurs années."],
  "multinationale":   ["Multinationale","Société ayant des liens économiques forts avec plusieurs pays, que ce soit grâce à ses filiales locales (qui créent des bénéfices en produisant ou en vendant sur place) ou à ses investisseurs (qui apportent le capital nécessaire pour financer l’entreprise)."],
Elle est aussi bien pratiquée par des particuliers que par des entreprises, souvent multinationales. La Commission européenne a ainsi relevé que ces dernières contribuaient à l’impôt en moyenne à hauteur de 10 % de leurs bénéfices réalisés en Europe, contre 23 % en moyenne pour les autres entreprises."],
  "paradisfiscal":   ["Paradis fiscal","Pays ou territoire où certains impôts sont très bas, voire inexistants, et qui cultive une certaine opacité sur les titulaires des comptes et des sociétés. Leur définition varie selon l’époque et l’organisation qui établit la liste des paradis fiscaux."],
  "pretenom":   ["Prête-nom","Personne qui agit au nom d’une autre comme actionnaire ou administrateur d’une société. L’utilisation de prête-noms, ou d’homme de paille, permet de dissimuler l’identité du bénéficiaire réel."],
  "quitusfiscal":   ["Quitus fiscal","Certificat indiquant qu’un véhicule (avion, voiture, etc.) est en règle par rapport à la TVA. En Europe, il permet notamment d’autoriser la circulation d’un véhicule ayant été acheté dans un autre pays que celui où réside son acheteur. En effet, dans le cas d’un achat à l’étranger, la TVA doit normalement être acquittée dans le pays de livraison."],
  "rabaismaltais":   ["Rabais maltais","Dispositif fiscal permettant aux entreprises étrangères de réduire l’impôt sur les sociétés de leurs filiales maltaises à un taux effectif d’environ 5 %, bien loin des 33 % applicables en France."],
  "redevancepropintelle":   ["Redevances de propriété intellectuelle","Egalement appelées royalties, ces redevances permettent de facturer à d’autres sociétés d’un groupe l’exploitation d’un brevet ou d’une marque."],
  "regimemerefille":   ["Régime fiscal « mère-fille »","Une société mère est une société qui détient plus de 50 % du capital d’autres sociétés, appelées « sociétés filles » ou filiales. Pour éviter une double imposition, la plupart des Etats permettent à la société mère de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les sociétés sur les dividendes reçus par ses filiales. En France, la société mère doit payer une taxe forfaitaire de 5 % sur le montant des dividendes reçus de ses filiales."],
  "registrecommerce":   ["Registre du commerce","Un registre du commerce est une base de données rassemblant les informations importantes relatives aux entreprises immatriculées dans un pays. On y trouve généralement l’identité de leurs administrateurs, leur date de création (et de fermeture), leur forme juridique, raison sociale et parfois, leurs actionnaires."],
  "restritfiscal":   ["Rescrit fiscal","Accord fiscal secret entre un pays et une entreprise, qui permet de fixer, au cas par cas, un niveau d’imposition moins élevé que le taux normal. Ce système, mis en lumière par le scandale « LuxLeaks », a notamment permis à des multinationales de payer très peu d’impôts au Luxembourg. Depuis début 2017, les Etats européens ont l’obligation de communiquer tous les rescrits fiscaux qu’ils signent aux autres capitales européennes."],
« centre de ses intérêts économiques » ou les agents de l’Etat exerçant leur fonction à l’étranger. Si l’un de ces critères est rempli, l’individu devra s’acquitter de ses impôts en France.Selon les Etats, cette définition varie. La plupart signe des conventions bilatérales pour définir où le citoyen doit quel impôt. Avec pour but affiché d’éviter la double imposition… mais aussi l’absence d’imposition."],
  "secretbancaire":   ["Secret bancaire","Une banque ou un Etat proposant le secret bancaire s’engage à ne pas transmettre les informations concernant ses clients (identité, comptes) à des tiers. Elle peut choisir de ne lever la confidentialité qu’au cas par cas, souvent après une demande judiciaire. Ce principe d’opacité a longtemps nourri le succès de la Suisse auprès des fraudeurs, mais il est aujourd’hui largement écorné."],
  "societecoquille":   ["Société coquille ou société écran","Société qui n’exerce pas d’activité économique réelle. Généralement installée dans un paradis fiscal, elle peut servir à détenir discrètement des comptes en banque, des participations ou des investissements, dans le but d’opacifier des transactions financières."],
  "societeoffshore":   ["Société offshore","Littéralement, « offshore » signifie « extraterritorial ». Une société offshore est enregistrée dans un pays non pour y exercer une activité, mais pour disposer d’une boîte à lettres - souvent pour profiter des avantages fiscaux ou réglementaires du paradis fiscal choisi."],
L’intérêt principal de ce montage, dans le cadre de l’optimisation fiscale, est qu’en mettant dans un trust une partie de ses actifs, le constituant n’en est plus le propriétaire effectif. Son impôt s’en trouve donc diminué."],
Dans l’Union européenne, chaque Etat fixe lui-même le niveau de sa TVA nationale. Si une entreprise se fait livrer en France un bien acheté dans un autre pays de l’UE, elle paiera la TVA française. Si une entreprise livre un bien dans un autre pays de l’UE, la TVA sera payée dans cet autre pays. Ce système de « TVA intracommunautaire » a été créé pour éviter une double taxation de l’expéditeur et de l’acquéreur."],
Les groupes qui l’utilisent peuvent compenser les pertes de l’une des sociétés avec les bénéfices d’une autre, ce qui peut diminuer le montant de leur impôt. Ce régime permet également d’éliminer les opérations de vente et d’achat entre les sociétés d’une même unité fiscale."]
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TV – « American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace »

Notre choix du soir. Ryan Murphy consacre la deuxième saison de cette anthologie au portrait d’Andrew Cunanan, meurtrier du couturier italien en 1997 (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Canal+ à 21 heures

Pour la première saison de la série anthologique American Crime Story, sous-titrée The People vs. O.J. Simpson, son créateur, le prolifique et virtuose Ryan Murphy, avait choisi, pour incarner le rôle du footballeur américain, Cuba Gooding Jr., qui ressemblait de loin, vocalement et physiquement, au modèle original.
Pour la saison 2, sous-titrée The Assassination of Gianni Versace, Murphy a engagé deux acteurs, Edgar Ramirez et Darren Criss, dont la ressemblance physique avec le couturier italien et son meurtrier, Andrew Cunanan, est en revanche presque hallucinante de vérité. L’actrice espagnole Penélope Cruz joue, elle aussi, avec un étonnant sens mimétique Donatella, la sœur du styliste, qui allait prendre les rênes de la maison de couture après la mort de ce dernier, assassiné par balle sur le seuil de sa maison de Miami Beach, en Floride, le 15 juillet 1997.
Les scènes familiales chez les Versace, partagées avec Ricky Martin, qui incarne Antonio D’Amico, le compagnon du couturier, ont, hélas, un aspect ridicule dommageable : les trois Italiens parlent, entre eux, un anglais à fort accent, parfois incompréhensible (celui de Donatella, qui l’est tout autant dans la vie réelle). C’est une convention, mais elle fait tache dans un cadre aussi méticuleusement fondé sur le réel.
Ressemblance stupéfiante
Cependant l’essentiel du propos se concentre sur la figure du tueur, Andrew Cunanan, jeune homme mégalomane, affabulateur et d’une cruauté sadique hors du commun. Issu d’un milieu modeste, fils d’un père incestueux et escroc, le jeune homme, cultivé, intelligent et grand séducteur, tuera quatre autres victimes avant de se venger de Versace, qui le fascinait et ne répondait que mollement à ses sollicitations insistantes.
Darren Criss (connu pour son rôle dans la série Glee, créée aussi par Ryan Murphy) incarne le jeune homme américano-philippin d’une manière prodigieuse. Et ressemble également de manière stupéfiante aux portraits photographiques du « vrai » Cunanan.

   


Le récit se fait de manière zigzagante, selon le principe non chronologique pratiqué beaucoup aujourd’hui dans des séries à succès (This Is Us en étant un exemple à ce titre horripilant). Mais certains épisodes s’attardent assez longuement sur le passé des protagonistes. Ainsi, dans le huitième, Murphy établit un parallèle entre les enfances de Versace et de Cunanan. La scène concernant le couturier est insignifiante. Laissée à l’état d’ébauche, elle est assez grotesque car le petit garçon y échange en anglais avec sa mère et son institutrice calabraise… Mais le portrait de Cunanan père et celui de la relation avec son fils profitent en revanche grandement au propos.
En se fondant sur le livre d’enquête de la journaliste Maureen Orth, Vulgar Favors, Andrew Cunanan, Gianni Versace, and the Largest Failed Manhunt in U.S. History (Delacorte Press, 1999), Ryan Murphy s’est attiré de vertes critiques de la part de Donatella Versace (de la même façon, Olivia de Havilland s’est émue du portrait fait d’elle par Murphy dans Feud : Bette and Joan, 2017). La violence homoérotique et ultrasophistiquée de The Assassination of Gianni Versace – semblable à celle d’une autre série anthologique de Murphy, American Horror Story – frôle artistiquement les dangers érotico-délétères de la glamourisation criminelle. C’est à la fois sa faiblesse et sa médusante force.
American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace, saison 2. Série créée par Ryan Murphy. Avec Edgar Ramirez, Darren Criss, Penélope Cruz (EU, 2018, 9 × 52 min).



                            


                        

                        

