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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-1"> ¤ Le premier port français à conteneurs prévoit des investissements de 500 millions d’euros, mais n’a pas tout l’argent nécessaire.
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Le port du Havre cherche des fonds pour accentuer sa relance

Le premier port français à conteneurs prévoit des investissements de 500 millions d’euros, mais n’a pas tout l’argent nécessaire.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 16h02
    |

            Denis Cosnard








                        



                                


                            

Cinq siècles d’existence, et beaucoup d’ambition. Après avoir célébré en 2017 les 500 ans de leur cité bâtie sur ordre de François 1er, les responsables du Havre (Seine-Maritime) sont déterminés à accélérer la relance du port, le premier de France pour le commerce extérieur. Un plan d’investissements massifs a été examiné en ce sens, vendredi 30 mars, par le conseil de surveillance du port. Au programme, des dépenses de 610 millions d’euros : 110 millions pour entretenir et moderniser les installations actuelles, 500 millions pour en créer de nouvelles. Seul problème, Le Havre n’a pas les sommes nécessaires. Il va donc falloir faire des choix, qui risquent d’être douloureux.

« Comme le compte n’y est pas totalement, nous allons devoir établir des priorités : que fait-on ces cinq prochaines années, que reporte-t-on après ? », explique Hervé Martel, le directeur général du port. Dans l’immédiat, les professionnels et les financeurs des différents projets vont être consultés, afin d’aboutir à des décisions fin juin.
Tout part d’une bonne nouvelle : Le Havre va mieux. Après une mauvaise année 2016, marquée par les grèves des dockers contre la loi El Khomry, l’activité est nettement repartie à la hausse en 2017. Le trafic global a progressé d’environ 10 %, et de 14 % pour les seuls conteneurs. Une hausse supérieure à celle de nombreux grands ports à travers le monde.
e rang mondial des ports à conteneurs
Le Havre a ainsi cessé de décrocher au niveau international, éloignant le risque de marginalisation qui se profilait. En un an, la ville normande est même passée du 62e au 56e rang mondial des ports à conteneurs, selon le classement établi en mars par Alphaliner. Un signe encourageant, même si, avec 2,9 millions de « boîtes » débarquées en un an, Le Havre reste loin, très loin, des immenses ports asiatiques comme Shanghaï, le leader absolu, qui a dépassé les 40 millions...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-2"> ¤ Dans cette chronique, les professeurs en sciences de gestion Blanche Segrestin et Armand Hatchuel estiment que le rapport Notat-Senard, remis le 9 mars, pourrait arrimer solidement l’entreprise au projet d’une civilisation responsable.
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« Développer l’entreprise à partir d’une “raison d’être” »

Dans cette chronique, les professeurs en sciences de gestion Blanche Segrestin et Armand Hatchuel estiment que le rapport Notat-Senard, remis le 9 mars, pourrait arrimer solidement l’entreprise au projet d’une civilisation responsable.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Armand Hatchuel et Blanche Segrestin (Professeurs à Mines-ParisTech/ PSL Université)







                        



                                


                            

Entreprises. Les propositions du rapport remis le 9 mars par Nicole Notat, présidente de l’agence de notation extra-financière Vigeo-Eiris, et Jean-Dominique Senard, président de Michelin, sur « L’entreprise, objet d’intérêt collectif » sont largement débattues. Mais, au-delà d’une simple réforme, elles ouvrent surtout la voie à une nouvelle conception de l’entreprise.
Jusqu’ici, les réformes de l’entreprise visaient un meilleur équilibre entre les intérêts des actionnaires et les droits des salariés. En s’appuyant sur les recherches les plus récentes, le rapport Notat-Senard élargit cette perspective : il propose que l’entreprise puisse sortir du carcan de la société anonyme et développe son intérêt collectif à partir d’une « raison d’être » ou d’une mission inscrite dans ses statuts. L’entreprise pourrait alors mettre sa puissance créative au service d’une civilisation responsable.

Les projets de réforme de l’entreprise sont anciens (Bloch-Lainé en 1967, Sudreau en 1974, lois Auroux en 1982). Mais, quoique d’inspirations politiques divergentes, ils s’appuyaient sur un même cadre d’analyse : l’entreprise est un moteur de croissance et d’emploi, un espace politique où s’affrontent les intérêts du capital et du travail, un lieu de dialogue et de négociation réglé par l’Etat. Or, cette conception de l’entreprise restait aveugle aux transformations de l’action collective et aux nouvelles responsabilités du monde contemporain.
Dérives
Les bouleversements de l’action collective (réseaux, technologies, médias) ont rendu obsolètes les formes classiques du capital et du travail. La vision du capital s’incarnant dans l’épargne d’un actionnaire individuel masque la réalité des grands fonds d’investissement actuels qui jouent en permanence avec le destin de milliers d’entreprises. Pour eux, la société anonyme ne représente aucun « intérêt collectif », et ils ont imposé une logique de la rentabilité actionnariale dont les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤ L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-3"> ¤                     
                                                   
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« Le grand enjeu culturel du XXIe siècle sera la régulation d’Internet »

L’ex-patron du label musical Naïve Patrick Zelnik explique, dans une tribune au « Monde », comment les GAFA ont pris le pouvoir sur les contenus musicaux et plaide pour un transfert de richesses des géants d’Internet vers les industries de contenus culturels.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Patrick Zelnik (Producteur de musique, ancien président Virgin France, ancien président de Naïve)







                        



                                


                            
Tribune. Quelle place et quel avenir pour la culture, à l’heure d’Internet ? La révolution ou plutôt le big bang numérique bouscule le monde réel dans des proportions difficiles à imaginer. Internet est un extraordinaire outil de communication inter­active et multimédia, une encyclopédie dynamique de la connaissance, un accès à toutes les cultures. Mais un outil ne saurait être une fin en soi.
En 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique
L’enjeu culturel d’Internet, c’est la survie de la création et des industries de contenus. Les acteurs de l’Internet ont utilisé ces contenus sans se préoccuper de leurs financements et des ravages provoqués par la piraterie.
A partir de la création d’iTunes, en 2001, c’est un fabricant d’ordinateurs, Apple, qui fixe intelligemment le prix de la musique à 9,99 euros pour le téléchargement d’un album. Soit une déduction d’environ 20 % du prix d’un album physique. Fort heureusement, Steve Jobs était un enfant du rock – sa marque en témoigne. Cette première étape, celle du téléchargement payant, était donc vertueuse, permettant de financer la création. Dans les années qui ont suivi la création de Spotify, en 2008, on assiste au développement rapide du « streaming », qui supplante déjà le marché physique.
Changement de perception
Les sites de streaming, Spotify, Apple Music, Deezer, fixent le prix de la musique à 10 euros par mois, pour accéder à dix, puis vingt millions de titres. On peut donc, pour le même prix de 10 euros, acheter un album en téléchargement ou souscrire à un abonnement. Comment expliquer une telle absurdité ?
Pour le consommateur, le juste prix n’est pas nécessairement le prix le plus bas
Les plates-formes de streaming préoccupées par la concurrence déloyale de la piraterie ont souhaité fixer un prix attrayant. Mais ce modèle a des conséquences désastreuses dans le domaine de la musique et de l’image car il ne permet...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-4"> ¤ Pour garder ses quelques champions dans les nouvelles technologies, il serait urgent que Bruxelles harmonise les règles relatives aux introductions en Bourse, estime l’économiste Karel Lannoo dans une tribune au « Monde ».
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« Aucun débat en Europe n’a eu lieu pour l’entrée de l’européenne Spotify à la Bourse de New York »

Pour garder ses quelques champions dans les nouvelles technologies, il serait urgent que Bruxelles harmonise les règles relatives aux introductions en Bourse, estime l’économiste Karel Lannoo dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 14h00
    |

Karel Lannoo (Directeur général du Centre for European Policy Studies (CEPS, Bruxelles)







                        



                                


                            
Tribune. La plus importante introduction en Bourse d’une entreprise high-tech de ces dernières années est réalisée par une société européenne, mais elle aura lieu aux Etats-Unis, mardi 3 avril. Cette décision stratégique démontre que l’Europe a la capacité de développer des entreprises technologiques innovantes, mais que, dès que ces sociétés ont besoin de capitaux, ce n’est pas en ­Europe qu’elles les cherchent.
Cette décision souligne la nécessité d’initiatives beaucoup plus ambitieuses si nous souhaitons réellement une union des marchés de capitaux et la création d’un canal attrayant pour le financement des entreprises qui soit une réelle alternative au financement bancaire. Et ceci est d’autant plus urgent dans le contexte du départ imminent du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE).
Spotify est le plus important service d’abonnement de streaming musical dans le monde. La société a été créée en 2008 et a réalisé un chiffre d’affaires de 4 milliards d’euros en 2017, avec d’importantes pertes cumulées ces dernières années. La société est européenne en ce sens qu’elle a été fondée en Suède, qu’elle a établi sa holding au Luxembourg et qu’elle publie ses comptes en euros, suivant les normes IFRS (International Financial Reporting Standards), qui est également la norme européenne. La moitié de ses effectifs et sa base la plus importante d’abonnés résident en Europe.
Action de haute technologie
A la fin de l’année 2017, Spotify comptait 159 millions d’utilisateurs actifs, dont 58 millions en Europe, contre 52 millions en Amérique du Nord. Ce chiffre est presque le double de celui de son plus proche concurrent, Apple Music, comme indiqué dans son rapport auprès de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’autorité de surveillance des marchés américains.
Le marché européen des introductions a été robuste l’année dernière, avec une valeur totale de 43,9 milliards d’euros
C’est une action de haute technologie...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-5"> ¤ Les grévistes réclament toujours une augmentation générale des salaires de 6 %. Selon la direction, accéder à cette demande reviendrait à dépenser 240 millions d’euros.
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Au troisième jour de conflit, Air France s’installe dans la grève

Les grévistes réclament toujours une augmentation générale des salaires de 6 %. Selon la direction, accéder à cette demande reviendrait à dépenser 240 millions d’euros.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h30
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Sirènes hurlantes et sono bruyante étaient au rendez-vous, vendredi 30 mars, à l’occasion du rassemblement des salariés d’Air France devant le forum de la cité des personnels navigants à Roissy. Pour ce troisième jour de grève, l’intersyndicale qui rassemble dix organisations représentant toutes les catégories de personnels de la compagnie aérienne a souhaité faire une démonstration de force.
Pour ce troisième jour de conflit, la mobilisation ne semble pas faiblir avec un taux de grévistes qui varie de près d’un tiers pour les pilotes et s’établit autour de 30 % pour les autres catégories de personnels. « Il y a déjà eu plus de 300 annulations de vols », signale Sandrine Techer, secrétaire de section du Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC). Avant le démarrage de cette troisième grève en quelques semaines, Air France prévoyait pourtant d’assurer les trois quarts de son programme de vols. Notamment en battant le rappel de personnels non grévistes et en ayant recours a des affrètements.
Les grévistes réclament toujours une augmentation générale de 6 %. Un simple « rattrapage de l’inflation » selon eux après que les salaires ont été bloqués pendant six ans. Pas d’accord, rétorque la direction de la compagnie. Selon elle, cette mesure lui coûterait 240 millions d’euros. Elle viendrait s’ajouter aux 200 millions d’euros déjà accordés sous forme de hausse des rémunérations (+ 1 %), d’augmentations individuelles et d’intéressement. En pratique, se défend Air France, c’est la grande majorité des 590 millions d’euros de bénéfices enregistrés en 2017 par la compagnie qui seraient absorbés par ces hausses de salaires.

        Lire aussi :
         

                Les syndicats d’Air France multiplient les appels à la grève



« Il n’y a plus de négociations en ce moment »
En interne, les positions se figent. Pourtant, la compagnie avait semblé vouloir lâcher un peu de lest aux pilotes. Mais « cinq réunions de négociations très longues avec la direction » n’ont donné aucun résultat, déplore Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Il s’étonne « qu’à aucun moment, au cours de ces rencontres n’ont été évoquées les augmentations de salaires ». Selon le dirigeant syndical : « Air France avant de commencer de discuter a mis des préalables. Elle a exigé des concessions. »
La direction aurait notamment réclamé aux pilotes de faire évoluer le périmètre de Transavia, filiale à bas coûts d’Air France. La compagnie souhaiterait échanger une augmentation des rémunérations des pilotes contre l’autorisation d’accroître le nombre de destinations et d’avions de la flotte de Transavia. Une manœuvre de diversion pour le patron du SNPL. Selon lui, la direction « ne souhaite pas vraiment négocier mais elle n’assume pas » ce choix.
A raison de 26 millions d’euros par jour de grève, selon les chiffres d’Air France, la facture du conflit risque d’être très salée pour la compagnie. Au troisième jour de grève, la note s’élève déjà à près de 80 millions d’euros. Et ce n’est pas fini. Au contraire ! Aux dires de M. Evain, « il n’y a plus de négociations en ce moment » avec la direction. Ferme sur ses revendications, l’intersyndicale a déjà appelé à la grève les 3 et 7 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-6"> ¤ Les données collectées par la Sécurité sociale pourraient alimenter l’intelligence artificielle en matière médicale. Mais il faudra trouver un équilibre entre les exigences des professionnels de santé et celles de la recherche, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».
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« Entre santé et transparence, l’éternel dilemme »

Les données collectées par la Sécurité sociale pourraient alimenter l’intelligence artificielle en matière médicale. Mais il faudra trouver un équilibre entre les exigences des professionnels de santé et celles de la recherche, explique Philippe Escande, éditorialiste économique au « Monde ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h23
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Rien n’est plus sensible dans nos sociétés occidentales que l’information sur la santé : les médicaments que l’on prend, les docteurs que l’on consulte, les hôpitaux que l’on fréquente… Dans l’univers marchand du big data, comme dans celui de la recherche, ce sont déjà les données les plus rares et les plus précieuses. Bien plus encore que les épanchements et opinions laissés sur Facebook et qui font tant de bruit aujourd’hui.

C’est la raison pour laquelle le président de la République, reprenant jeudi 29 mars les propositions du mathématicien et député Cédric Villani, a érigé la santé en tant que priorité dans son plan de rattrapage du retard de la France en matière d’intelligence artificielle.
Le coffre-fort de la CNAM
Dans notre pays jacobin et centralisateur, un organisme sait tout de vous dans le détail, la Caisse nationale d’assurance-maladie (CNAM). Mais, rassurez-vous, ces données sont gardées dans les coffres-forts virtuels fermés à double tour du caissier de la Sécurité sociale. Trop, peut-être.
D’où ce paradoxe dont on peine à sortir : notre système national de données de santé est unique au monde, puisqu’il centralise le parcours de soins de plus de 90 % des Français, mais il ne sert pas à faire progresser la science et la qualité des soins. C’est le constat que dresse le rapport Villani. En compilant et croisant ces données, on pourrait étudier les populations traitées, l’usage fait des dispositifs médicaux, renforcer la pharmacovigilance, pratiquer des essais thérapeutiques virtuels… Et, au passage, donner toute l’information au patient.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. De dossier de santé en dossier médical partagé, les initiatives se sont accumulées depuis vingt ans pour faire s’ouvrir les coffres de la CNAM. La dernière loi date de 2016, mais reste largement insuffisante au regard des ambitions affichées aujourd’hui. Outre la préoccupation légitime de protection...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-7"> ¤ Développer Facebook à tout prix, quitte à ce que ces outils puissent servir au pire : c’est le message qu’a diffusé en interne, il y a deux ans, un haut dirigeant de l’entreprise.
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La croissance au mépris des dangers ? Le message embarrassant d’un haut cadre de Facebook

Développer Facebook à tout prix, quitte à ce que ces outils puissent servir au pire : c’est le message qu’a diffusé en interne, il y a deux ans, un haut dirigeant de l’entreprise.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h20
   





                        



   


C’est une énième affaire embarrassante pour Facebook. Jeudi 29 mars, le site Buzzfeed a publié une note interne d’un haut cadre de l’entreprise, datant de 2016, estimant que la croissance de Facebook était prioritaire par rapport aux risques que la plate-forme pouvait engendrer.
« Nous connectons les gens », écrit Andrew Bosworth, aujourd’hui à la tête de la division hardware. « Cela peut-être une bonne chose s’ils en font quelque chose de positif. Peut-être que quelqu’un trouvera l’amour. Peut-être même que cela peut sauver la vie de quelqu’un sur le point de se suicider. Donc nous connectons plus de gens », pose-t-il en introduction, avant de poursuivre vers la partie « laide », selon ses propres termes :
« Ça peut être une mauvaise chose s’ils en font quelque chose de négatif. Peut-être que ça coûtera une vie, en exposant quelqu’un à des harceleurs. Peut-être que quelqu’un mourra dans une attaque terroriste coordonnée à travers nos outils. Et nous continuons à connecter les gens. »
« La triste vérité, c’est que nous croyons si profondément dans l’idée de connecter les gens que tout ce qui nous permet d’en connecter davantage est de facto bon, écrit-il. Nous connectons les gens. Point. C’est pourquoi tout le travail que nous faisons pour croître est justifié. »
Ce message a été publié le 18 juin 2016, au lendemain d’un meurtre diffusé en direct sur Facebook, qui avait soulevé de nouvelles questions quant à la responsabilité sociale de l’entreprise.
Aujourd’hui, alors que le réseau social est au cœur d’un vaste scandale pour avoir laissé les données de millions d’utilisateurs se faire siphonner par l’entreprise décriée Cambridge Analytica, la publication de cette note est susceptible de porter un nouveau coup à la réputation de l’entreprise – par ailleurs critiquée sur de nombreux autres fronts.

        Lire nos explications :
         

          Qu’est-il reproché à Facebook ?



Mark Zuckerberg évoque une provocation
Après la publication de l’article de Buzzfeed, son auteur, « Boz », tel qu’il est surnommé dans l’entreprise, a réagi sur Twitter :
« Je ne suis pas d’accord avec ce message, et je n’étais même pas d’accord avec quand je l’ai écrit. Le but de ce message, comme beaucoup d’autres que j’ai rédigés en interne, était de faire remonter des problèmes qui, selon moi, méritaient d’être discutés plus largement dans l’entreprise. (…) La façon, dont nos produits affectent les gens, m’importe profondément. »
Le cadre assure aussi que ce message « se voulait provocateur ». Il ajoute : « ce fut l’une des choses les plus impopulaires que j’aie jamais écrites en interne, et le débat qui a suivi nous a aidés à améliorer nos produits. »
Jeudi, un ancien ingénieur de Facebook a expliqué sur Twitter avoir quitté l’entreprise à l’époque « en grande partie à cause de cette note ».
Le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, a réagi dans les colonnes de Buzzfeed :
« Boz est un cadre talentueux qui dit beaucoup de choses provocantes. La plupart des gens chez Facebook, moi y compris, étions en fort désaccord avec celle-ci. Nous n’avons jamais pensé que la fin justifie les moyens. Nous reconnaissons que connecter les gens n’est pas suffisant en soi. Nous devons aussi travailler à rapprocher davantage les gens. Nous avons changé notre mission tout entière et nos priorités, en ce sens, cette dernière année. »
En janvier, Mark Zuckerberg avait annoncé que son traditionnel « défi personnel », pour 2018, serait de « régler les importants problèmes » de Facebook. D’autres ont émergé entre-temps.

        Lire aussi :
         

                Facebook : Après Cambridge Analytica, les annonces en trompe-l’œil






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-8"> ¤ Les promoteurs du nouveau stade font face à l’opposition de riverains et de supporteurs.
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Le projet de YelloPark à Nantes fait polémique

Les promoteurs du nouveau stade font face à l’opposition de riverains et de supporteurs.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h05
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 12h44
    |

                            Corentin Lesueur (Nantes (envoyé spécial)








                        



   


Un séminaire de psychologues sous les travées de la Beaujoire ? Dans la salle de presse de l’enceinte en sursis, quatre hommes discouraient sur un patient visiblement en quête d’amour. L’un – Tom Sheehan, finalement architecte – le disait « les bras grands ouverts » et « en dialogue avec la ville et le quartier ». Un autre – Waldemar Kita, patron du FC Nantes – lui désignait « un chemin, une direction », afin qu’il « s’adapte à toutes les situations ». Si le patient en question s’est révélé de verre et d’acier, sa quête de reconnaissance ne s’annonce pas moins périlleuse.

   



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                Nantes s’offre un nouveau stade ultramoderne



Les premiers traits du YelloPark étaient à peine dévoilés qu’ils ont subi la fronde d’une partie des 300 personnes venues participer à la réunion publique organisée jeudi 29 mars, à Nantes, dans le cadre de la concertation publique sur le nouveau stade.
Présenté comme « le projet le plus beau et le plus important actuellement lancé en France » par Waldemar Kita, qui y voit « un outil de travail à la hauteur de la métropole [de Nantes] », le YelloPark n’a pas su convaincre par sa structure futuriste ceux qui doutent de l’utilité même d’ériger un nouvel écrin pour le club de football du FC Nantes.
« Indigeste et grossier »
Si un curieux est parvenu à arracher un sourire aux maîtres d’ouvrage en leur confiant qu’il voyait dans l’hexagone formé par le (peut-être) futur stade « la France, avec sa Normandie et la Côte d’Azur », d’autres ont fait feu de tout bois sur la maquette, décrivant ici « un boulon, une grosse masse » ou là un monument « indigeste, grossier, massif et imposant ».
Courtois à défaut d’être particulièrement constructifs, les échanges se sont musclés quand Florian Le Teuff, président de l’association A la Nantaise et ardent défenseur d’un simple relifting de l’actuel stade de la Beaujoire, a dénoncé « une fausse concertation, réduite à trois mois contre près de cinq ans à Lyon ». « N’énoncez pas des vérités qui n’en sont que des demies, lui a sèchement répliqué Yoann Joubert, PDG de Réalités et associé au président du FC Nantes sur le projet. Lyon avait nécessité des expropriations et plus de 200 millions d’investissement public. »
Trois heures de réunion ne seront finalement pas parvenues à clarifier quelques-uns des nombreux points de dissension qui accompagnent la naissance du projet, évalué à 200 millions d’euros.
Evoquée en début de soirée par les deux garants mandatés par la Commission nationale du débat public, la prolongation, pour un mois, de la concertation, initialement close le 19 avril, ne serait pas de trop pour tenter de convaincre tous ceux qui dédaignent les « bras grands ouverts » du YelloPark.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-9"> ¤ Le propriétaire du FC Nantes a présenté jeudi son projet à 200 millions d’euros, en partie payé par l’aménagement d’un quartier de 20 hectares contesté par des riverains.
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Nantes s’offre un nouveau stade ultramoderne

Le propriétaire du FC Nantes a présenté jeudi son projet à 200 millions d’euros, en partie payé par l’aménagement d’un quartier de 20 hectares contesté par des riverains.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h51
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 16h27
    |

            Grégoire Allix (Nantes, envoyé spécial)








                        



                                


                            

« Ce sera un stade splendide, le plus beau de France ! » Le propriétaire du football club de Nantes, l’homme d’affaires franco-polonais Waldemar Kita, ne cachait pas sa satisfaction, jeudi 29 mars, en dévoilant les premières images de l’enceinte ultramoderne qui doit remplacer le stade de la Beaujoire. Blanc, translucide et lumineux comme savent l’être les dessins d’architecture, le stade, baptisé « YelloPark », promet tout le confort à 40 000 spectateurs sous une toiture rétractable de 125 mètres, la plus grande d’Europe.

La pelouse du YelloPark doit accueillir ses premiers crampons dès 2022… si le chantier parvient à débuter en 2019 comme prévu. Car le montage imaginé pour financer le nouveau nid des « Canaris » inquiète une partie des Nantais et est soumis à un processus de concertation agité, qui rappelle à tout le monde qu’on n’est pas si loin de Notre-Dame-des-Landes. Le propriétaire du club s’est en effet associé à un promoteur de la région, Yoann Joubert, PDG de la société Réalités, pour construire sur plus de 20 hectares tout un quartier autour du nouveau stade, les bénéfices de l’opération immobilière payant une partie de l’arène sportive.
Déjà utilisé par les clubs londoniens d’Arsenal et de Tottenham, le schéma est en revanche inédit en France. Les deux associés ont recruté l’ancien secrétaire d’Etat aux sports de Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, l’avocat Thierry Braillard, comme conseil juridique et stratégique. Au total, autour d’un parc de 2 hectares, l’opération programme près de 2 000 logements, 50 000 m2 de bureaux, des commerces, un groupe scolaire, des équipements de sport et de santé…
L’avantage pour la métropole de Nantes, qui va leur vendre le terrain aujourd’hui occupé par une nappe de parkings et des espaces arborés : le stade flambant neuf à 200 millions d’euros hors taxes ne coûtera pas un sou à la collectivité.
« Plus jamais une grande métropole ne mettra 200 millions d’euros...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-10"> ¤ Pour Manuel Caldeira Cabral, le redressement des exportations tient à la transformation des industries traditionnelles, qui ont résisté à la concurrence chinoise. Le ministre souligne que la reprise de l’emploi profite à tous.
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Le ministre de l’économie du Portugal affirme que son pays « a retrouvé une croissance équilibrée »

Pour Manuel Caldeira Cabral, le redressement des exportations tient à la transformation des industries traditionnelles, qui ont résisté à la concurrence chinoise. Le ministre souligne que la reprise de l’emploi profite à tous.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h45
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 11h52
    |

            Marie Charrel








                        



                                


                            
Au pouvoir depuis fin 2015, le gouvernement du socialiste Antonio Costa a rompu avec les politiques d’austérité, tout en poursuivant le redressement des comptes publics. Manuel Caldeira Cabral, son ministre de l’économie, détaille les efforts entrepris par le Portugal pour relancer son économie.
Comment expliquer la vigueur de la reprise portugaise ?
Il est vrai qu’en 2017, notre produit intérieur brut [PIB] a augmenté de 2,7 %, soit plus que la moyenne européenne, alors qu’il progressait à un rythme inférieur ces dix dernières années. Mais le plus important est nous avons retrouvé une croissance équilibrée, car elle n’est pas alimentée par une hausse des dépenses publiques. Notre déficit public est tombé de 4,4 % du PIB en 2015, à 0,9 % en 2017 [sans compter la recapitalisation de la banque publique Caixa Geral de Depositos].
En outre, cette reprise est inclusive – la proportion de Portugais sous le seuil de pauvreté a été ramenée de 27 % à 23 % de la population, et la reprise de l’emploi profite à tous, notamment aux jeunes. Enfin, nos entreprises ont augmenté leurs parts de marché aux Etats-Unis, en Chine ou au Brésil. Les exportations ont progressé de 11,2 % [en 2017], plus que la moyenne européenne.
Comment les entreprises ont-elles restauré leur compétitivité ?
Au début des années 2000, les industries traditionnelles ont été confrontées à la forte concurrence chinoise et des nouveaux pays entrants dans l’Union européenne [UE]. Pour survivre face à cette production de masse à bas coût, elles ont modernisé leurs outils et ont peu à peu appris à miser sur la qualité, avec une production très réactive de petites séries, parfois sur-mesure. Cette flexibilité a contribué au retour d’activités délocalisées, notamment dans le textile ou l’agroalimentaire. Grâce à cela, nos entreprises ont remonté la pente et sont mieux préparées pour affronter la révolution technologique...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-11"> ¤ Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » prévoit par ailleurs de supprimer des obligations pour les personnes détachées sur tout l’Hexagone.
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Travailleurs détachés : vers des règles plus souples dans les zones frontalières

Le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » prévoit par ailleurs de supprimer des obligations pour les personnes détachées sur tout l’Hexagone.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h36
    |

            Sarah Belouezzane et 
Bertrand Bissuel








                        



                                


                            
D’éminents juristes trouvent que cette mesure est plutôt intrigante. Dans le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel », qui vient d’être transmis au Conseil d’Etat, le gouvernement a inscrit des dispositions destinées à assouplir, dans des cas bien précis, les règles applicables aux travailleurs détachés. L’une d’elles prévoit notamment que des dérogations seront possibles dans les « zones frontalières », en vertu d’« un accord international ». « Il y a comme l’impression curieuse que la France fait sa tambouille dans son coin », commente, à chaud, un universitaire.
Les entreprises établies hors de l’Hexagone peuvent détacher temporairement du personnel sur notre territoire. Elles sont alors tenues de suivre diverses étapes : remplir une déclaration préalable de détachement, désigner un représentant chargé de faire le lien avec les services de l’Etat, produire des documents traduits en français, etc. Une « carte d’identification professionnelle » doit par ailleurs être remise au salarié s’il travaille dans le bâtiment. Ces quatre exigences administratives, le gouvernement souhaite qu’elles puissent être « aménagées par voie d’accord international » pour les entreprises implantées à proximité de nos frontières (l’accord en question précisant l’étendue de la zone concernée).
Il s’agit d’« adapter la situation particulière des frontaliers qui sont susceptibles de passer la frontière plusieurs fois dans la semaine, avec des prestations de service très courtes », explique-t-on dans l’entourage de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. Le but est de faciliter « des démarches » à accomplir avant les « interventions sur le territoire », ajoute-t-on, en soulignant que les droits des détachés restent inchangés et que l’ensemble des mesures relatives au détachement dans le projet de loi cherchent « surtout à renforcer les sanctions et les pouvoirs...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-12"> ¤ Selon le FMI, huit pays sont en situation de surendettement et autant présentent un « risque élevé » d’y basculer.
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L’Afrique face au spectre d’une nouvelle crise de dette

Selon le FMI, huit pays sont en situation de surendettement et autant présentent un « risque élevé » d’y basculer.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h15
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h48
    |

            Marie de Vergès








                        



                                


                            

Le Mozambique est loin d’en avoir terminé avec le scandale de sa dette cachée. Se disant incapable d’honorer ses obligations avant au moins une décennie, le pays voudrait convaincre ses créanciers d’accepter une restructuration. La partie n’est pas gagnée : le plan présenté, fin mars, à Londres, par les autorités a reçu un accueil glacial des détenteurs de bons mozambicains. La confiance des investisseurs est affectée depuis la découverte, en 2016, d’une montagne de dettes dissimulées par l’exécutif.
Des emprunts contractés en toute opacité pour acheter du matériel militaire ont contribué à faire flamber la dette du Mozambique, passée de moins de 50 % du produit intérieur brut (PIB), en 2013, à près de 130 %, en 2017. Des déboires propres à ce pays un temps choyé par les bailleurs de fonds internationaux et aujourd’hui en défaut. Mais aussi un cas d’école pour ceux qui redoutent le retour d’une partie de l’Afrique aux heures sombres des années 1980 et 1990.
« Le fardeau de la dette et les vulnérabilités ont augmenté significativement depuis 2013 dans de nombreux pays à faibles revenus », notamment en Afrique subsaharienne, pointait le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport publié le 22 mars. Pour l’institution, huit pays sont en situation de surendettement et huit autres présentent un « risque élevé » d’y basculer.
« Le phénomène est préoccupant »
Cette situation est en partie l’héritage des années de forte croissance. Au milieu des années 2000, de nombreux Etats africains ont vu leurs dettes annulées dans le cadre de l’initiative pays pauvres très endettés, pilotée par le FMI et la Banque mondiale. En plein supercycle des matières premières, les capitaux étrangers sont mobilisés pour financer l’investissement public. De plus en plus, les pays cherchent à se refinancer en contractant des prêts en dollars sur les marchés. Ils bénéficient de l’appétit d’investisseurs en quête de rendements. Depuis 2007, 16...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-13"> ¤ Dans ce pays ravagé par le phénomène climatique El Niño en 2017, des groupes français espèrent profiter de l’effacement d’Odebrecht, le géant brésilien du BTP en pleine tourmente judiciaire, et de ses alliés péruviens.
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Au Pérou, la corruption freine la croissance

Dans ce pays ravagé par le phénomène climatique El Niño en 2017, des groupes français espèrent profiter de l’effacement d’Odebrecht, le géant brésilien du BTP en pleine tourmente judiciaire, et de ses alliés péruviens.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h00
    |

                            Paulo A. Paranagua (Lima, envoyé spécial)








                        



                                


                            

Le nouveau président du Pérou, Martin Vizcarra (centre droit), a prêté serment, le 23 mars, après la démission du chef de l’Etat, Pedro Pablo Kuczynski, son ancien coéquipier, sur fond de scandale. « Nous allons placer tous nos efforts dans la lutte contre la corruption », a juré M. Vizcarra.
Cette instabilité institutionnelle ne favorise pas le climat des affaires, alors que le Pérou ne s’est toujours pas relevé des ravages causés, au premier semestre 2017, par le phénomène climatique El Niño : 162 morts et 19 disparus ; 400 000 logements détruits ; 1,7 million de personnes affectées. Les autorités évaluent à 1 milliard de dollars (800 millions d’euros) le coût de la reconstruction de chacune des trois principales villes du Nord péruvien, Trujillo, Chiclayo et Piura.
La reconstruction est au point mort

Rebâtir les zones ravagées aurait dû relancer le bâtiment et la croissance. Mais les retombées du scandale de corruption Odebrecht, du nom du géant brésilien du BTP qui a distribué des pots-de-vin dans une douzaine de pays, ont plongé les travaux publics péruviens dans une sorte de léthargie. A Lima, des chantiers sont à l’arrêt. Les avoirs et les activités des entreprises compromises ont été gelés, par décret présidentiel, depuis le 13 février. Les deux patrons de la principale firme péruvienne de BTP, Graña y Montero, sont en prison. Et les banques hésitent à s’engager, par peur d’éventuelles poursuites judiciaires, tandis que les pouvoirs publics marchent sur des œufs.
Résultat : plus d’un an après les dégâts, la reconstruction est au point mort. Le scandale Odebrecht a eu l’effet d’un véritable séisme sur la classe politique péruvienne, avec de multiples répliques. Lima vit au rythme des procédures judiciaires. Le prédécesseur de M. Kuczynski, Ollanta Humala, est en prison. Un autre ancien président, Alejandro Toledo, est en fuite aux Etats-Unis. Toutes les forces politiques sont éclaboussées par les soupçons. M. Kuczynski...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-14"> ¤ L’Etat fédéral va vendre 76 % du capital de la compagnie aérienne. L’entreprise aux 16 800 salariés est valorisée 4,6 milliards de dollars.
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Le gouvernement Modi donne le coup d’envoi à la privatisation d’Air India

L’Etat fédéral va vendre 76 % du capital de la compagnie aérienne. L’entreprise aux 16 800 salariés est valorisée 4,6 milliards de dollars.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 10h30
    |

                            Guillaume Delacroix (Bombay, correspondance)








                        



                                


                            

Neuf mois, jour pour jour, après avoir annoncé la privatisation d’Air India, le gouvernement Modi, par le truchement du ministère de l’aviation civile, a accouché, mercredi 28 mars, de son projet. Les candidats à la reprise de la compagnie aérienne nationale, fondée en 1932 par la famille d’industriels parsis Tata, ont jusqu’au 14 mai pour se déclarer avant l’organisation d’un processus d’enchères « ouvertes ».
L’exécutif avait trois scénarios en tête : la cession d’un quart, de la moitié ou des trois quarts du capital. C’est cette dernière solution qui a été retenue. L’Etat fédéral indien va vendre 76 % des actions d’Air India et conserver le contrôle de l’entreprise à travers ses droits de vote. Le choix de cette fourchette haute a été motivé par les objectifs de recettes de privatisation de New Delhi. Dans son projet de budget pour l’exercice 2018-2019, qui commencera dimanche 1er avril, le ministre des finances, Arun Jaitley, a fixé la barre à 800 milliards de roupies (près de 10 milliards d’euros).

Des comptes dans le rouge
L’autre motivation est due à la situation financière toujours très difficile de la compagnie et à la ligne de conduite que s’est fixée Narendra Modi. De ses propres mots : « Ce n’est pas l’affaire de l’Etat d’être dans les affaires. » Les milieux patronaux, eux, estiment qu’il aurait mieux valu aller au bout de cet adage et tout vendre. « C’est comme si le gouvernement voulait se débarrasser de sa vieille voiture tout en voulant continuer de rouler avec le dimanche », persifle Saumitra Chaudhuri, ancien membre de feu la Commission du plan fondée à l’indépendance, en 1947, par le socialiste Jawaharlal Nehru (1889-1964).
Le repreneur privé d’Air India, dont les parts de marché sont tombées à 13,3 % cet hiver, devra répondre à de multiples critères, a prévenu le ministère de l’aviation civile dans son appel à candidatures. Si le gouvernement...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤ Le ministre des comptes publics assure, à tort, que les fraudes fiscales qui échappent aux poursuites judiciaires portent sur de faibles sommes.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-15"> ¤                     
                                                

La défense douteuse du « verrou de Bercy » par Gérald Darmanin

Le ministre des comptes publics assure, à tort, que les fraudes fiscales qui échappent aux poursuites judiciaires portent sur de faibles sommes.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 09h17
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 11h15
    |

            Maxime Vaudano








                        


Le grand feuilleton du « verrou de Bercy » ne semble pas prêt de se clore. Si de plus en plus de députés s’interrogent sur l’opportunité de supprimer ce régime d’exception, qui confère au fisc le monopole en matière de poursuites pénales pour fraude fiscale, le gouvernement y est strictement opposé. Le ministre des comptes publics, Gérald Darmanin, l’a répété jeudi 29 mars sur France Inter, en minorant le problème posé par ce fameux « verrou ».


Savez-vous ce qu’est le verrou de Bercy ?

Oui
Non


Bravo ! Voulez-vous quand même vous rafraîchir la mémoire ?

Oui



En France, la fraude fiscale ne peut pas donner lieu à des poursuites judiciaires à l’initiative d’un procureur ou d’une victime, contrairement à tous les autres infractions punies par la loi. Le ministre des finances (Bercy) dispose en la matière d’un monopole sur l’engagement des poursuites : cela signifie que des poursuites ne peuvent être engagées contre un fraudeur que si Bercy le demande à un procureur.
Cette pratique singulière remonte aux années 1920, et vise à faciliter le travail du fisc. En agitant le chiffon rouge des poursuites judiciaires, Bercy peut en effet faire pression sur les fraudeurs pour qu’ils reconnaissent leur culpabilité, remboursent l’impôt évité et paient des amendes.
Mais ce « verrou de Bercy » est également vivement contesté pour son manque de transparence : il entretient des soupçons sur le traitement accordé aux fraudeurs fiscaux, des justiciables « à part » dont le sort est scellé dans le secret de Bercy.
En savoir plus sur le sujet




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CE QU’IL A DIT
Pour justifier le fait que de nombreuses affaires de fraude fiscale sont réglées dans le secret de Bercy, sans passer par la case procès, M. Darmanin établit un distinguo entre les grandes et les petites affaires. Selon lui, « les plus grandes plaintes, les plus médiatiques, sont transmises à la justice », tandis que le fisc conserve le monopole sur les affaires « les moins importantes, en général moins de 100 000 euros », dans lesquelles les fraudeurs doivent rembourser les sommes évadées et payer une amende, mais évitent le procès.
A en croire le ministre, le verrou de Bercy n’offre donc pas d’échappatoire aux « gros poissons », comme l’affirment ses détracteurs.
POURQUOI C’EST BIAISÉ
Bien que parcellaires, les informations dont on dispose sur la façon dont Bercy gère les dossiers de fraude fiscale permettent de douter des affirmations de Gérald Darmanin. Et notamment grâce aux chiffres transmis aux députés dans le cadre de la mission d’information parlementaire, qui travaille en ce moment sur le verrou de Bercy, relayés en février par le site Dalloz actualité.
Un cas sur cinq en justice
Ainsi, en 2017, seul 20 % des cas de fraude portant sur des montants supérieurs à 100 000 euros (874 sur 4 423) ont été proposés par le fisc à la commission des infractions fiscales (CIF), un « filtre » chargé d’accepter (95 %) ou de refuser (5 %) la transmission des affaires à la justice. Ce qui a laissé quatre gros fraudeurs sur cinq régler leur contentieux directement par une amende (parfois très lourde) sans devoir aller en justice.

   


Une « cellule de dégrisement fiscal »
Les plus gros fraudeurs échappent-ils à la justice grâce à ce « verrou » ? Impossible de le savoir, car Bercy ne communique pas la répartition des poursuites en fonction de l’importance des sommes évadées.
Le député centriste Charles de Courson, ancien rapporteur à la CIF, a toutefois révélé, à l’été 2017, que Bercy ne renvoyait « jamais de gros poissons » en justice. « Pourquoi ? Parce que Bercy leur donne le choix : soit ils paient, soit ils sont renvoyés devant la commission des infractions fiscales. »
Les exemples récents semblent, empiriquement, confirmer son sentiment. Ainsi, parmi les 415 fraudeurs fiscaux identifiés par le fisc à la suite de l’enquête des « Panama papers », en 2016, un seul a, à notre connaissance, été renvoyé en procès : l’industriel Gérard Autajon, condamné à l’été 2017.
L’un des facteurs à l’origine du faible recours aux poursuites judiciaires est l’existence, entre 2013 et 2017, d’une « cellule de dégrisement fiscal », qui permettait aux fraudeurs de régulariser volontairement leur situation fiscale en échange d’une quasi-immunité pénale. En près de cinq ans, plus de 50 000 particuliers auront pu bénéficier de ce dispositif et éviter les poursuites en justice. Or, selon les derniers chiffres de Bercy, le montant moyen de ces dossiers s’élevait à 500 000 euros… soit cinq fois le seuil évoqué par Gérald Darmanin.
Après la fermeture de ladite « cellule de dégrisement », le 31 décembre 2017, le fisc pourrait en revanche être incité à judiciariser davantage les dossiers de fraude fiscale à l’avenir.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤ Réduire ou même simplement maîtriser ce poste de dépense est un impératif pour nombre de copropriétaires qui peinent à en supporter le coût. Voici quelques pistes pour y parvenir.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-16"> ¤                     
                                                   
édition abonné


Comment réduire les charges de copropriété ?

Réduire ou même simplement maîtriser ce poste de dépense est un impératif pour nombre de copropriétaires qui peinent à en supporter le coût. Voici quelques pistes pour y parvenir.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 09h13
    |

                            Nathalie Coulaud








                        



                                


                            

Le montant des charges de copropriété peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois et constituer une dépense difficile à assumer pour les copropriétaires qui remboursent un emprunt ou pour les personnes qui voient leurs revenus diminuer. « Ces charges sont souvent mal comprises par les copropriétaires qui voient arriver la note chaque trimestre sans se rendre compte que les sommes demandées correspondent à leur chauffage, à l’entretien de leur bâtiment », remarque Vanessa Perrot, avocate spécialisée en droit immobilier. Les professionnels estiment qu’une baisse de 10 % à 15 % est possible, même si les syndics de copropriété et les associations représentant les copropriétaires s’accordent sur le fait qu’il n’existe pas de remède miracle pour parvenir à une baisse drastique.
S’investir dans la gestion de l’immeuble
Des copropriétaires volontaires doivent s’investir dans la gestion de leur immeuble. Les syndics de copropriété ne peuvent pas s’attaquer seuls à la baisse des charges. « Ils sont les mandataires de la copropriété, mais il revient aux copropriétaires de prendre les grandes décisions », rappelle Jean Perrin, président de l’Union nationale de la propriété immobilière (UNPI). S’investir implique de commencer par lire attentivement les documents comptables joints chaque année à la convocation de l’assemblée générale.
il est recommandé de se faire élire au conseil syndical de l’immeuble lors de l’assemblée générale annuelle
Ces derniers peuvent sembler austères, mais ils comportent les sommes payées par l’immeuble pour chacun des postes depuis le chauffage jusqu’au gardien en passant par le nettoyage de la cage d’escalier. Pour surveiller de près les charges, il est recommandé de se faire élire au conseil syndical de l’immeuble lors de l’assemblée générale annuelle. Cet organe représente les copropriétaires auprès du syndic et des fournisseurs et il dispose de plus de latitude qu’un simple copropriétaire...




                        

                        


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<filnamedate="20180330"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180330"><AAMMJJHH="2018033016">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ En 2014, Serge Loubet crée Avis73, un site sur lequel il invite les consommateurs à donner une appréciation des enseignes qu’ils ont fréquentées. Plusieurs personnes postent des avis négatifs sur la société CarréSol qui vend du parquet. Elle assigne les auteurs des avis et l’hébergeur.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-17"> ¤ 
<article-nb="2018/03/30/16-18">
<filnamedate="20180330"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180330"><AAMMJJHH="2018033016">
<filname="SURF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤ « Le Soir » et Mediapart révèlent les pratiques d’optimisation fiscale du chanteur français, âgé de 94 ans.
<filname="PROF-0,2-3234,1-0,0-18"> ¤                     
                                                

La fortune de Charles Aznavour optimisée grâce au Luxembourg

« Le Soir » et Mediapart révèlent les pratiques d’optimisation fiscale du chanteur français, âgé de 94 ans.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 07h27
   





                        



   


Des impôts évités, mais en toute légalité. Avec Charles Aznavour, Le Soir et Mediapart ont ajouté, jeudi 29 mars, un nouvel exemple à la longue liste des contribuables français qui recourent, en toute discrétion, à l’optimisation fiscale en exploitant les failles des législations au sein même de l’Europe.
Le quotidien belge et le site d’information français détaillent un montage fiscal élaboré entre 2007 et 2016, qui a permis au chanteur français, aujourd’hui âgé de 94 ans, de défiscaliser une grande partie de ses revenus. M. Aznavour n’a pas eu besoin de dissimuler sa fortune dans des sociétés écrans ou des trusts à l’autre bout du monde : il lui a suffi, comme à beaucoup de contribuables européens, d’ouvrir une société au Luxembourg, le petit duché coincé entre la France et l’Allemagne, membre de l’Union européenne.
Il contestait être un exilé fiscal
Une bonne partie des droits d’auteur du chanteur de La Bohême ont été transférés dans cette société boîte à lettres, baptisée Abricot SA, dont le statut permet une défiscalisation complète des dividendes. Charles Aznavour étant résident fiscal suisse, les revenus générés par ses chansons n’ont quasiment pas été imposés en France. Selon les calculs de Mediapart, « plus d’un million et demi d’euros a légalement échappé à la fiscalité française des dividendes ».
Ce montage respecte les contours de la légalité, mais il dément les affirmations du chanteur : interrogé en 2013, sur RTL, celui-ci se défendait d’être un exilé fiscal, et assurait payer en France les impôts sur ses activités françaises.
L’enquête du Soir et de Mediapart souligne qu’une réorganisation à l’automne 2016 a fait entrer plusieurs membres de la famille du chanteur dans le montage autour d’Abricot. Son épouse, deux de ses enfants et sa sœur sont, depuis cette date, « éligible[s] à une part plus importante des bénéfices issus des droits d’auteur » (seule sa sœur, résidente fiscale dans l’Hexagone, reste théoriquement soumise à la fiscalité française).
Selon les deux quotidiens, cette réorganisation devrait faciliter la succession de M. Aznavour, qui pourra se dérouler dans le cadre du droit luxembourgeois.
Contacté par Mediapart et par Le Soir, Charles Aznavour n’a pas répondu aux sollicitations.



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Le lexique des Paradise Papers
            







require(["jquery", "jquery-ui/core"], function($, jqueryUICore) {

  var donnees = {
  "actifs":   ["Actifs","En comptabilité, un actif est un élément de patrimoine susceptible de générer de la valeur, pour l’entité ou la personne qui le possède. Il peut s’agir d’un actif immobilier (bâtiments, etc.) mais aussi d’actions ou de créances (c’est-à-dire de l’argent prêté qui doit être remboursé par une autre entreprise ou une autre personne)."],
  "actionnaire":   ["Actionnaire","Propriétaire déclaré d’une société. Certains actionnaires possèdent réellement le capital de ces sociétés, d’autres ne sont que des prête-noms."],
  "administrateur":   ["Administrateur","Personne qui dirige une société, qui peut être indifféremment directeur ou membre du conseil d’administration. Dans les sociétés offshore, cela n’implique pas de gérer l’activité de l’entreprise au quotidien, mais seulement d’en assumer la responsabilité légale."],
  "agent":   ["Agent de domiciliation de société offshore","C’est l’une des activités du cabinet d’avocats Appleby : l’enregistrement de sociétés dans des paradis fiscaux pour le compte de clients, un métier qui implique une solide connaissance du droit. En appui, la firme propose d’autres services : la location de prête-noms, des services bancaires, la création de trusts…"],
  "accis":   ["Assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS)","La Commission européenne souhaite mettre en place cette réforme pour limiter l’optimisation fiscale des multinationales. L’idée est de taxer les multinationales sur la base du bénéfice total qu’elles réalisent dans l’Union européenne, plutôt que pays par pays. Cela les dissuaderait de déplacer leurs profits dans les pays les plus avantageux, comme les Pays-Bas ou l’Irlande, pour payer moins d’impôts."],
trustee).Généralement, les bénéficiaires ou des membres de leur famille, sont les propriétaires initiaux des actifs du trust. Mais il peut aussi s’agir d’une organisation caritative."],
  "blanchiment":   ["Blanchiment d’argent","Il consiste à réinvestir des fonds de provenance illicite (trafic de drogue, vente d’armes, fraude fiscale…) dans des activités légales pour les « recycler ». Les sociétés offshore sont parfois utilisées pour blanchir de l’argent."],
trustee). Ce dernier a dès lors le contrôle des biens et les gère pour le compte de bénéficiaires (qui peuvent être le constituant ou des membres de sa famille par exemple). Le constituant est également appelé fiduciant ou settlor."],
  "seingprive":   ["Contrat sous seing privé","Contrat signé entre deux parties « privées » (particulier, entreprise, avocat, etc.) Il s’oppose aux « actes authentiques » qui, eux, doivent être rédigés par un individu agissant en tant qu’officier public (huissier, notaire)."],
« commanditaire vennootschap » en néerlandais) est un montage fiscal qui permet à des multinationales américaines de limiter ou d’éliminer leurs impôts, en étant taxées ni aux Etats-Unis ni aux Pays-Bas."],
Plusieurs techniques sont utilisées, en détournant des techniques de comptabilité à l’origine légales, pour artificiellement baisser les profits. Parmi elles, le prix de transfert, les redevances de propriété intellectuelle ou les prêts entre filiales."],
  "dividende":   ["Dividende","Quand une entreprise engendre des bénéfices, elle peut en reverser une partie à ses actionnaires, à hauteur du nombre d’actions qu’ils possèdent dans le capital."],
  "doubleirlandais":   ["Double irlandais","Montage fiscal permettant de diminuer l’impôt payé en créant en Irlande une société au statut « hybride ». Ce statut permet à la société créée de faire ses affaires dans le cadre du droit commercial irlandais, tout en établissant sa résidence fiscale dans un paradis fiscal – ou nulle part – et évitant ainsi l’impôt. L’Irlande a adopté une réforme fiscale visant à supprimer ce statut à l’horizon 2020."],
  "echangeautoinfo":   ["Echange automatique d’informations","C’est l’un des meilleurs outils de coopération internationale pour lutter contre la fraude fiscale : il astreint les Etats à partager toutes les informations fiscales importantes (comme l’identité des détenteurs de comptes, etc.) avec les autres Etats. Par exemple, une banque suisse abritant le compte d’un Français doit signaler l’existence de ce compte au fisc français. Une centaine de pays, dont les principaux paradis fiscaux, se sont engagés à commencer l’échange automatique en 2017 ou en 2018."],
  "evasionfiscale":   ["Evasion fiscale","Stratégie d’évitement de l’impôt en plaçant une partie ou la totalité de ses actifs dans des pays à la fiscalité avantageuse, sans s’y expatrier. Elle peut relever soit de l’optimisation fiscale (légale), soit de la fraude fiscale (illégale)."],
  "exilefiscal":   ["Exilé fiscal","Se dit d’une personne qui, pour échapper à un impôt qu’elle considère trop important, déménage dans un pays à la fiscalité plus légère."],
trustee) est la personne physique ou la société qui détient temporairement de l’argent ou des biens pour le compte d’un tiers (le fiduciant). A charge pour lui de gérer les fonds ou les mandats qui lui ont été transférés, non dans son propre intérêt, mais pour le compte du bénéficiaire. Les deux parties, fiduciaire et fiduciant, sont liées par un contrat, appelé « trust » ou fiducie."],
  "forumulaireimportation":   ["Formulaire d’importation","Déclaration remplie par l’importateur d’un véhicule (voiture, avion, etc.), signée par les douanes du pays où il est livré. En Europe, ce formulaire certifie officiellement que le véhicule est en règle sur le plan de la TVA et donc, qu’il peut être utilisé au sein des territoires européens sans avoir à s’acquitter de la TVA dans les pays où il circule."],
  "fraudefiscale":   ["Fraude fiscale","Utilisation de moyens illégaux pour baisser le montant de son imposition, voire y échapper totalement. Le fait de déplacer des capitaux dans des juridictions étrangères sans en avertir le fisc constitue une forme de fraude fiscale."],
  "holding":   ["Holding","Il s’agit généralement d’une société qui n’a pas d’activité économique réelle : sa seule fonction est de prendre des participations dans d’autres sociétés et d’effectuer des opérations financières. La holding peut permettre de regrouper l’ensemble des filiales d’un groupe. Nombreux sont ceux qui créent des holdings au Luxembourg pour gérer leurs affaires, car l’imposition y est très faible."],
  "impotsociete":   ["Impôt sur les sociétés","Impôt dont doivent s’acquitter les sociétés auprès des Etats, selon leur résidence fiscale. Généralement, il s’agit d’un pourcentage des bénéfices réalisés par l’entreprise (environ 33 % en France)."],
  "leasingmaltais":   ["Leasing maltais","Montage fiscal permettant de faire baisser le taux de la TVA à 5 %, principalement pour les yachts. Pour en bénéficier, il faut acheter le bateau par l’intermédiaire d’une société maltaise et se le louer via une seconde société maltaise, qui deviendra propriétaire du bateau au bout de plusieurs années."],
  "multinationale":   ["Multinationale","Société ayant des liens économiques forts avec plusieurs pays, que ce soit grâce à ses filiales locales (qui créent des bénéfices en produisant ou en vendant sur place) ou à ses investisseurs (qui apportent le capital nécessaire pour financer l’entreprise)."],
Elle est aussi bien pratiquée par des particuliers que par des entreprises, souvent multinationales. La Commission européenne a ainsi relevé que ces dernières contribuaient à l’impôt en moyenne à hauteur de 10 % de leurs bénéfices réalisés en Europe, contre 23 % en moyenne pour les autres entreprises."],
  "paradisfiscal":   ["Paradis fiscal","Pays ou territoire où certains impôts sont très bas, voire inexistants, et qui cultive une certaine opacité sur les titulaires des comptes et des sociétés. Leur définition varie selon l’époque et l’organisation qui établit la liste des paradis fiscaux."],
  "pretenom":   ["Prête-nom","Personne qui agit au nom d’une autre comme actionnaire ou administrateur d’une société. L’utilisation de prête-noms, ou d’homme de paille, permet de dissimuler l’identité du bénéficiaire réel."],
  "quitusfiscal":   ["Quitus fiscal","Certificat indiquant qu’un véhicule (avion, voiture, etc.) est en règle par rapport à la TVA. En Europe, il permet notamment d’autoriser la circulation d’un véhicule ayant été acheté dans un autre pays que celui où réside son acheteur. En effet, dans le cas d’un achat à l’étranger, la TVA doit normalement être acquittée dans le pays de livraison."],
  "rabaismaltais":   ["Rabais maltais","Dispositif fiscal permettant aux entreprises étrangères de réduire l’impôt sur les sociétés de leurs filiales maltaises à un taux effectif d’environ 5 %, bien loin des 33 % applicables en France."],
  "redevancepropintelle":   ["Redevances de propriété intellectuelle","Egalement appelées royalties, ces redevances permettent de facturer à d’autres sociétés d’un groupe l’exploitation d’un brevet ou d’une marque."],
  "regimemerefille":   ["Régime fiscal « mère-fille »","Une société mère est une société qui détient plus de 50 % du capital d’autres sociétés, appelées « sociétés filles » ou filiales. Pour éviter une double imposition, la plupart des Etats permettent à la société mère de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les sociétés sur les dividendes reçus par ses filiales. En France, la société mère doit payer une taxe forfaitaire de 5 % sur le montant des dividendes reçus de ses filiales."],
  "registrecommerce":   ["Registre du commerce","Un registre du commerce est une base de données rassemblant les informations importantes relatives aux entreprises immatriculées dans un pays. On y trouve généralement l’identité de leurs administrateurs, leur date de création (et de fermeture), leur forme juridique, raison sociale et parfois, leurs actionnaires."],
  "restritfiscal":   ["Rescrit fiscal","Accord fiscal secret entre un pays et une entreprise, qui permet de fixer, au cas par cas, un niveau d’imposition moins élevé que le taux normal. Ce système, mis en lumière par le scandale « LuxLeaks », a notamment permis à des multinationales de payer très peu d’impôts au Luxembourg. Depuis début 2017, les Etats européens ont l’obligation de communiquer tous les rescrits fiscaux qu’ils signent aux autres capitales européennes."],
« centre de ses intérêts économiques » ou les agents de l’Etat exerçant leur fonction à l’étranger. Si l’un de ces critères est rempli, l’individu devra s’acquitter de ses impôts en France.Selon les Etats, cette définition varie. La plupart signe des conventions bilatérales pour définir où le citoyen doit quel impôt. Avec pour but affiché d’éviter la double imposition… mais aussi l’absence d’imposition."],
  "secretbancaire":   ["Secret bancaire","Une banque ou un Etat proposant le secret bancaire s’engage à ne pas transmettre les informations concernant ses clients (identité, comptes) à des tiers. Elle peut choisir de ne lever la confidentialité qu’au cas par cas, souvent après une demande judiciaire. Ce principe d’opacité a longtemps nourri le succès de la Suisse auprès des fraudeurs, mais il est aujourd’hui largement écorné."],
  "societecoquille":   ["Société coquille ou société écran","Société qui n’exerce pas d’activité économique réelle. Généralement installée dans un paradis fiscal, elle peut servir à détenir discrètement des comptes en banque, des participations ou des investissements, dans le but d’opacifier des transactions financières."],
  "societeoffshore":   ["Société offshore","Littéralement, « offshore » signifie « extraterritorial ». Une société offshore est enregistrée dans un pays non pour y exercer une activité, mais pour disposer d’une boîte à lettres - souvent pour profiter des avantages fiscaux ou réglementaires du paradis fiscal choisi."],
L’intérêt principal de ce montage, dans le cadre de l’optimisation fiscale, est qu’en mettant dans un trust une partie de ses actifs, le constituant n’en est plus le propriétaire effectif. Son impôt s’en trouve donc diminué."],
Dans l’Union européenne, chaque Etat fixe lui-même le niveau de sa TVA nationale. Si une entreprise se fait livrer en France un bien acheté dans un autre pays de l’UE, elle paiera la TVA française. Si une entreprise livre un bien dans un autre pays de l’UE, la TVA sera payée dans cet autre pays. Ce système de « TVA intracommunautaire » a été créé pour éviter une double taxation de l’expéditeur et de l’acquéreur."],
Les groupes qui l’utilisent peuvent compenser les pertes de l’une des sociétés avec les bénéfices d’une autre, ce qui peut diminuer le montant de leur impôt. Ce régime permet également d’éliminer les opérations de vente et d’achat entre les sociétés d’une même unité fiscale."]
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Carrefour : les syndicats lancent un appel à la grève pour la journée de samedi

FO, la CFDT et la CGT dénoncent une dégradation du dialogue social, une baisse du pouvoir d’achat et la suppression de plusieurs milliers d’emplois.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h11
   





                        


Des supermarchés et hypermarchés bloqués ou fermés, des entrepôts à l’arrêt et des gondoles dégarnies : les syndicats de Carrefour entendent frapper fort face aux « attaques » de la direction. Ils ont lancé une « grève générale » samedi 31 mars, en plein week-end de Pâques.
« Exceptionnel » selon FO, voire inédit selon la CFDT, le mouvement qui s’annonce est à la mesure de la colère qui gronde parmi les salariés du géant de la grande distribution. De leur « inquiétude » aussi, dit la CGT. Il traduit également une très forte « dégradation » du dialogue social, dénoncée par tous les syndicats.
Une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier
Appelée par FO et la CFDT, et relayée séparément par la CGT, cette journée de grève aura pour mot d’ordre la défense des emplois et du pouvoir d’achat. Les syndicats dénoncent la suppression de milliers d’emplois, annoncée en janvier, le projet de passage en location gérance de plusieurs hypermarchés, les craintes sur l’avenir à long terme d’autres milliers d’emplois, ainsi que le « mépris » ressenti par les salariés face à une « aumône ».
L’annonce d’une participation moyenne de 57 euros, contre 610 l’an dernier, c’est « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », dit Sylvain Macé (CFDT). « L’ébullition » s’est manifestée bien avant samedi par des débrayages et manifestations spontanés dans des magasins et des plates-formes logistiques, souligne Michel Enguelz, représentant de FO, premier syndicat du groupe. « Consciente de l’impact de cette baisse sur le pouvoir d’achat », la direction a proposé de relever ce montant à 407 euros, via un complément forfaitaire d’intéressement de 350 euros. Sans désamorcer la fronde. Les actionnaires vont toucher, eux, 356 millions d’euros de dividendes, font valoir les syndicats qui anticipent aussi des négociations salariales au rabais.
Signe que le mécontentement touche aussi les cadres, considérés comme « la dernière roue du carrosse », leur syndicat, le SNEC CFE-CGC, s’il ne s’associe pas au mouvement de grève, les appelle à la « déconnexion totale » de 9 heures à 11 heures, vendredi, dans toutes les sociétés du groupe.

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Méthode contestée des négociations autour du plan de transformation
Annonces par voie de presse avant d’en informer les représentants du personnel, négociations « à marche forcée », pas de réponses aux revendications formulées : les syndicats sont unanimes à s’élever contre la « méthode » depuis qu’Alexandre Bompard, qui a pris les rênes du groupe l’été dernier, a dévoilé, le 23 janvier, son « plan de transformation ».
Menées dans un calendrier très resserré, les négociations sur le plan de départs volontaires (PDV) qui vise les sièges du groupe (2 400 suppressions de postes sur 10 500) se sont achevées mercredi. Celles sur le plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) accompagnant la fermeture de 273 magasins de proximité (ex-Dia) avec quelque 2 300 emplois supprimés devraient l’être jeudi.
Sur le PSE, M. Enguelz évoque quelques « avancées », sur la durée du congé de reclassement ou le budget formation. Même son de cloche à la CFDT, qui reste toutefois, comme la CGT, « très sceptique sur les capacités » du groupe à reclasser les salariés.
Si le plan de transformation « s’accompagne de mesures difficiles sur le volet social », il « vise à pérenniser l’activité de l’entreprise », fait valoir, de son côté, la direction.

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A Amiens, la direction de Whirlpool propose un sèche-linge aux salariés en guise d’augmentation

Deux mois avant la fermeture de l’usine de fabrication de sèche-linge, les syndicats réclament une hausse salariale de 4 %.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h20
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h41
    |

            Faustine Vincent








                        


Les syndicats de l’usine Whirlpool d’Amiens ont d’abord cru à une plaisanterie. Quand ils ont demandé une augmentation de salaire de 4 % pour les 286 salariés lors de la réunion de négociations annuelles obligatoires, mercredi 28 mars, la direction leur a proposé… un sèche-linge.
« Nous payer avec un sèche-linge, on n’avait encore jamais vu ça ! Est-ce qu’on paye les bouchers en tranches de jambon ?, s’indigne Frédéric Chantrelle, délégué CFDT. C’est du foutage de gueule. On veut du pouvoir d’achat, pas du bricolage. »
L’an dernier, quand l’usine de fabrication de sèche-linge a annoncé qu’elle allait se délocaliser en Pologne, malgré des bénéfices records, les salariés avaient déjà demandé 4 % d’augmentation, contre 1,5 % environ les années précédentes. Vu le contexte, la direction la leur avait accordée.
A deux mois de la fermeture du site, prévue le 31 mai, les syndicats espéraient de nouveau obtenir 4 % mercredi, soit 80 euros pour un salaire de 2 000 euros brut. « Pour un groupe qui gagne des millions d’euros, ce n’est pas beaucoup », fait valoir Frédéric Chantrelle. En 2016, le numéro deux mondial du gros électroménager affichait 20,7 milliards de dollars (19 milliards d’euros) de chiffre d’affaires, et 888 millions de dollars (815 millions d’euros) de bénéfice net.

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Une nouvelle réunion convoquée à la hâte
Reste que les salariés avaient bel et bien demandé un sèche-linge à la direction. Mais dans le cadre du comité d’entreprise, pas des négociations salariales. François Gorlia, délégué syndical de la CGT, explique :
« On en réclame un depuis plus de dix mois, après l’annonce de la fermeture du site. On ne rejette pas le fait que la direction nous en propose un, mais on ne comprend pas pourquoi elle l’a mis sur le tapis maintenant : ça n’a rien à voir avec les négociations annuelles obligatoires ! »
En 2002, lorsque l’usine avait annoncé qu’elle transférait en Slovaquie la fabrication des lave-linge, elle en avait donné un aux salariés en échange d’une journée de travail. « A raison de 300 ou 400 euros la machine, ça valait le coup », se souvient le syndicaliste de la CGT. Cette fois, il s’agirait d’un sèche-linge de « milieu de gamme, d’environ 150 euros », précise-t-il.
Face à la médiatisation de l’affaire, révélée par Le Courrier picard, les dirigeants de Whirlpool ont tenté d’éteindre l’incendie en convoquant à la hâte une nouvelle réunion, jeudi 29 mars en début d’après-midi, au lieu du 19 avril, comme prévu initialement. Contactée par Le Monde, la direction n’a pas souhaité faire de commentaire.
Outre l’augmentation de 4 %, avec rétroactivité au 1er janvier, les revendications syndicales portent sur la prise en charge de la mutuelle à 100 %, la participation aux bénéfices et un treizième mois réel, c’est-à-dire sans décompter les absences. Sur ce dernier point, la direction a donné son accord, selon la CGT.



                            


                        

                        

