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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-1"> ¤ « Le Monde » a analysé les 78 projets d’attentats recensés depuis le début du djihad irako-syrien il y a près de quatre ans pour en extraire des données statistiques.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-2"> ¤ Le journaliste du « Monde » Fabrice Lhomme a répondu à vos questions sur le renvoi en correctionnelle de l’ancien chef de l’Etat.
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« S’il devait être jugé, Nicolas Sarkozy serait traité comme n’importe quel citoyen »

Le journaliste du « Monde » Fabrice Lhomme a répondu à vos questions sur le renvoi en correctionnelle de l’ancien chef de l’Etat.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h18
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h32
    |

            Fabrice Lhomme








                        


Les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy se multiplient : quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, l’ancien président de la République est rattrapé par l’affaire de corruption à la Cour de cassation. Fabrice Lhomme, journaliste au Monde, a répondu à vos questions au cours d’un tchat sur Le Monde.fr.

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Olivier : Dans les affaires dans lesquelles il est poursuivi, notamment l’affaire libyenne et celle de corruption, que risque au maximum M. Sarkozy ?
Fabrice Lhomme : Vous êtes nombreux à souhaiter savoir ce que risquerait l’ancien chef de l’Etat en cas de condamnation. Il est à vrai dire délicat voire déplacé de répondre précisément. D’abord parce qu’anticiper sur une condamnation, c’est tout de même passer par pertes et profits la présomption d’innocence à laquelle chacun a droit. S’agissant de M. Sarkozy, il est poursuivi de nombreux chefs de mise en examen : corruption, trafic d’influence, financement illégal de campagne électorale, et j’en oublie… Or à chaque incrimination correspond une peine spécifique, bien entendu. Enfin, il y a un écart considérable entre les peines maximales prévues par les textes et la réalité des sanctions, presque toujours plus douces… Ce que l’on peut dire malgré tout s’agissant des faits reprochés à M. Sarkozy, c’est qu’il risquerait sans doute, en cas de condamnation, des peines de prison avec sursis, de fortes amendes, et par ailleurs, en vertu d’une récente disposition, une peine automatique d’inéligibilité en cas de condamnation pour corruption (charge retenue par les juges de l’affaire Azibert-Bismuth)…
Jean : Est-ce qu’il sera jugé comme un citoyen lambda ou est-ce que son statut d’ancien président pourrait le protéger ?
Fabrice Lhomme : S’il devait être jugé, M. Sarkozy serait traité comme n’importe quel citoyen. En effet, l’immunité attachée à sa fonction ne s’applique que pour les actes commis en tant que président (ce n’est pas le cas dans le dossier Bygmalion, et encore moins dans l’affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation), et disparaît une fois que le mandat du président concerné s’achève.

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Mezou : Sachant que j’ai 70 ans, quelles sont mes chances de connaître les épilogues des diverses affaires Sarkozy en tenant compte de toutes les ficelles et manœuvres dilatoires des excellents avocats qui le défendront en première instance, appel, cassation et pourquoi pas Cour européenne des droits de l’homme…
Fabrice Lhomme : Bonne question cher(e) Mezou ! De fait, les procédures, surtout lorsqu’elles concernent des hommes politiques, sont particulièrement longues. Sans doute parce qu’ils disposent d’excellents avocats — chèrement payés — qui savent utiliser toutes les armes du droit pour faire traîner les dossiers. Il est intéressant de noter que ce sont les mêmes qui, dans d’autres cas de figure, dénoncent « les lenteurs de la justice »… Ainsi, s’agissant de M. Sarkozy, le dossier Azibert-Bismuth (l’affaire du trafic d’influence à la Cour de cassation), très simple à instruire, est totalement à l’arrêt depuis deux ans du fait des multiples recours qui ont, de l’avis même du parquet dans son réquisitoire révélé par Le Monde en octobre 2017, « paralysé la procédure »… Cela dit, même les meilleurs recours ont une fin, et au moins deux dossiers devraient pouvoir être jugés dans les mois qui viennent, voire en 2019 : l’affaire Bygmalion et donc l’affaire Azibert-Bismuth.

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Paul Bismuth : Bonjour, nous avons peu d’informations sur les conversations des téléphones souscrits avec des noms d’emprunt mais on comprend que c’est ce qui a motivé leur renvoi, pouvez-vous confirmer ?
Fabrice Lhomme : Bonjour cher Paul Bismuth ! En effet, le renvoi devant le tribunal de M. Sarkozy, son avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat de la Cour de cassation Gilbert Azibert, est fondé quasi exclusivement sur une série d’écoutes judiciaires concernant les trois hommes, écoutes largement documentées en 2014 par Le Monde, qui avait révélé l’affaire. Il faut préciser que ces interceptions téléphoniques avaient été déclenchées par le juge chargé du dossier libyen, Serge Tournaire, d’où les accusations des proches de M. Sarkozy qui soupçonnent ce magistrat d’avoir mis en œuvre la technique dite des « filets dérivants » (déclencher des écoutes dans une procédure en espérant découvrir quelque chose dans une autre affaire).
Papadimb : Bonjour. Le fait qu’il n’ait pas nommé le magistrat à ce poste monégasque prestigieux ne réduit-il pas la portée des reproches formulés ? Sans preuve, comment établir la corruption ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Papadimb. Réflexion de bon sens, mais il faut savoir qu’en matière de corruption, c’est l’intention qui compte, et non sa réalisation. Si, par exemple, vous me promettez de l’argent en échange d’articles favorables à telle ou telle société ou personnalité, et que j’accepte votre proposition, je serais coupable aux yeux de la loi, même si finalement je ne rédigeais aucun article dans le sens voulu. Je serais alors poursuivi pour « corruption passive » (comme Gilbert Azibert dans l’affaire Bismuth), et vous pour « corruption active », comme MM. Sarkozy et Herzog dans la même affaire.
 Clément : Pourquoi N. Sarkozy est-il renvoyé en correctionnelle alors que sa requête en nullité n’a toujours pas été examinée par la chambre d’instruction ? Pourquoi, lorsqu’il s’agit de N. Sarkozy, le secret de l’instruction est-il constamment violé et bafoué au mépris de toutes les règles de droit ? Pourquoi la présomption d’innocence qui fait la différence entre un système judiciaire moderne et les anciens temps où il appartenait à quelques personnes de décider de la culpabilité ou non d’un homme ? Pourquoi aucun journaliste n’est capable de la moindre objectivité quand il s’agit de se poser ne serait-ce qu’une légère question quand on voit que c’est une juge du syndicat de la magistrature connue pour son incapacité à l’impartialité surtout envers l’ancien président ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Clément. Cela fait beaucoup de questions — et de récriminations — en une seule ! Je dirais, pour résumer, que les journalistes essaient de faire preuve du maximum d’objectivité, et je ne doute pas que cela soit également le cas des magistrats. Vous parlez du Syndicat de la magistrature, très marqué à gauche en effet, mais il est très minoritaire dans la magistrature. A l’inverse, le juge Gentil, qu’en son temps les sarkozystes poursuivirent de leur vindicte parce qu’il avait eu le malheur de mettre M. Sarkozy en examen dans le scandale Bettencourt, était lui plutôt réputé… de droite ! A son sujet, on peut noter que les proches de MM. Sarkozy, Guaino notamment, qui le mirent plus bas que terre, jusqu’à l’accuser de « déshonorer la magistrature », ne critiquèrent plus jamais le juge Gentil une fois que celui-ci rendit un non-lieu à l’ancien président… Enfin, je rappelle une énième fois que, contrairement à une légende tenace, colportée par beaucoup d’hommes politiques, les journalistes ne sont absolument pas tenus au secret de l’instruction…
Martin : Savons-nous qui a informé M. Bismuth que son téléphone était sous écoute ?
Fabrice Lhomme : Bonjour Martin. Sur ce plan, l’information judiciaire a échoué : policiers et magistrats ont la certitude que M. Sarkozy a été prévenu en 2014 que la justice l’avait placé sur écoute, mais ils n’ont pas réussi à déterminer qui était le ou les informateurs de l’ancien président. De ce fait, son avocat et lui, mis en examen pour « recel de violation du secret de l’instruction », ont été blanchis sur ce point. Ils comparaîtront uniquement pour corruption active et trafic d’influence.
Un apprenti juriste : M. Sarkozy sera-t-il jugé devant le tribunal correctionnel de droit commun ou sera t-il jugé devant une juridiction d’exception du fait de son statut de membre du Conseil Constitutionnel ?
Fabrice Lhomme : Bonjour, qu’il s’agisse de l’affaire Bygmalion ou du dossier Azibert-Bismuth, M. Sarkozy relève du tribunal correctionnel comme tout citoyen. Son statut de membre du Conseil constitutionnel ne lui permet de bénéficier d’aucune immunité, au contraire de celle dévolue à tout président de la République en fonctions.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-3"> ¤ Les Palestiniens manifestent vendredi le long de la frontière avec Israël lors du lancement d’un mouvement de protestation, censé durer six semaines.
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Vives tensions dans la bande de Gaza, plusieurs Palestiniens tués

Les Palestiniens manifestent vendredi le long de la frontière avec Israël lors du lancement d’un mouvement de protestation, censé durer six semaines.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 13h48
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h17
   





                        



   


Au moins six Palestiniens ont été tués vendredi 30 mars par des soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, au premier jour d’un vaste mouvement de protestation annoncé de longue date et qui a mobilisé plusieurs milliers de Palestiniens. Intitulé « la marche du retour », ce mouvement doit culminer le 15 mai, jour de la Nakba (la grande « catastrophe » que fut l’expulsion de centaines de milliers de Palestiniens lors de la création d’Israël).

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Selon le ministère de la santé dans la bande de Gaza, un premier Palestinien a été tué par des tirs de l’artillerie israélienne tôt dans la matinée avant même le début des manifestations. Les cinq autres, des manifestants, ont péri dans des affrontements avec l’armée israélienne dans différents secteurs.
Importants renforts israéliens
Le Croissant-Rouge palestinien a recensé plus de 200 manifestants blessés par des tirs de soldats israéliens lors des affrontements aux abords de la barrière qui clôt la frontière de Gaza avec Israël, un endroit qui est régulièrement le théâtre de heurts coûtant la vie à des Palestiniens.
Les manifestants avaient convergé en plusieurs points de rassemblement le long de cette barrière à l’occasion du lancement du mouvement de protestation, censé durer six semaines, pour exiger le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et dénoncer le strict blocus de Gaza par Israël.
Le premier jour de ce mouvement coïncide avec la « journée de la Terre », un hommage annuel rendu à six Arabes israéliens tués en 1976 lors de manifestations contre la confiscation de terres par Israël.

   


Un porte-parole de l’armée israélienne a confirmé que des milliers de Palestiniens participaient vendredi à des rassemblements à « six endroits » dans la bande de Gaza. « Ils font rouler des pneus enflammés et lancent des pierres vers la barrière de sécurité et les troupes israéliennes qui recourent à des moyens antiémeute et tirent en direction des principaux meneurs, a ajouté le porte-parole. L’armée israélienne a imposé une zone militaire fermée autour de la bande de Gaza et toute activité dans ce secteur nécessite son autorisation. »
Les dirigeants militaires et les politiques israéliens ont prévenu que l’armée n’hésiterait pas à donner ordre d’ouvrir le feu à des tireurs d’élite en cas de tentative d’infiltration en territoire israélien. L’armée a déployé d’importants renforts à la frontière pour empêcher des infiltrations notamment durant la célébration de Pessah, la Pâque juive, à partir de vendredi soir.
Le sort de Jérusalem, enjeu crucial
Alors que l’Etat d’Israël célébrera en mai ses 70 ans, les Palestiniens attendent toujours la création de leur Etat, qui a rarement paru plus incertaine. Le droit au retour des réfugiés reste une revendication palestinienne fondamentale et, pour les Israéliens, un obstacle majeur à la paix.
Le statut de Jérusalem est également un important point de crispation, encore plus depuis que le président états-unien, Donald Trump, a décidé de reconnaître la ville comme capitale d’Israël et d’y transférer l’ambassade des Etats-Unis.
Cette décision, prise le 6 décembre, puis l’annonce du transfert de l’ambassade américaine à la mi-mai, période qui coïncide avec le 70e anniversaire de l’Etat d’Israël, ont ulcéré les Palestiniens.
Ces derniers veulent faire de Jérusalem-Est, annexée par Israël, la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤ Editorial. Elu, jeudi 29 mars, premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure hérite d’une maison désertée par ses occupants où tout est à reconstruire, des fondations au plafond.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-4"> ¤                     
                                                

Le PS face à un défi existentiel

Editorial. Elu, jeudi 29 mars, premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure hérite d’une maison désertée par ses occupants où tout est à reconstruire, des fondations au plafond.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h33
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 12h30
   





                        



   


Editorial du « Monde ». S’il aime les métaphores, Olivier Faure pourrait reprendre les paroles d’une chanson de Michel Polnareff, Dans la maison vide (1969) : « Dans la maison vide, (...) je passe ma vie à regarder les oiseaux qui passent comme des menaces et (...) je n’attends personne. »
Elu, jeudi 29 mars, premier secrétaire du Parti socialiste, lors d’un second tour de scrutin où il était seul en lice, le président du groupe Nouvelle Gauche de l’Assemblée nationale hérite d’une maison en ruine, où tout est à reconstruire, des fondations au plafond, une chaumière délabrée, désertée par ses occupants – il n’y a eu qu’un peu plus de 35 000 votants –, cernée par des « oiseaux qui passent comme des menaces » et se nomment Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, ou encore le moineau Benoît Hamon.

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A première vue, l’élection d’Olivier Faure, 49 ans, est une bonne nouvelle pour ce parti qui, entre 2012 et 2017, a perdu tous les leviers de pouvoir dont il disposait : l’Elysée, Matignon, l’Assemblée nationale, le Sénat, la plupart des régions, la majorité des départements et des grandes villes. Aussi invisible qu’inaudible depuis sa débâcle électorale de 2017, le PS a enfin un chef, qui sera intronisé au congrès d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), le 7 avril.
Un parti qui n’a plus d’identité affirmée
Le premier tour de scrutin, le 15 mars, a montré que le noyau dur des militants qui n’ont pas quitté le parti d’Epinay est majoritairement « hollandais », M. Faure et son principal concurrent, Stéphane Le Foll, ancien ministre de l’agriculture de François Hollande, ayant recueilli près de 75 % des suffrages. Le député de Seine-et-Marne est assuré de l’appui de 68 fédérations sur 103 et disposera d’une majorité confortable, mais hétérogène – allant de Jean-Marc Ayrault à Martine Aubry –, dans les instances de direction. Mais les défis qui l’attendent sont gigantesques.

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Le PS n’a plus d’identité affirmée. Dans une gauche plus que jamais éclatée, ce n’est plus lui mais La France insoumise qui est en position hégémonique. Le Parti communiste et Europe Ecologie-Les Verts sont moribonds. Il lui faudra reconquérir un espace dans un paysage où une grande partie de ses électeurs, et même de ses élus, ont rallié M. Macron ou M. Mélenchon. Quelle sera la stratégie d’alliance de M. Faure alors que, aux élections européennes de 2019, le PS court le risque de se retrouver derrière Génération.s de M. Hamon ? Cela suppose que, dans un premier temps, il opère ce que François Hollande appelle « une clarification » sur sa conception de l’Europe, un sujet qui a déchiré le parti depuis 1983, avec le tournant de la rigueur, et plus encore lors du référendum de 2005.

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A juste titre, M. Faure veut « rassembler », mais l’unité qu’il semble incarner grâce à son profil très consensuel est, à ce stade, un leurre. Le député, qui s’est abstenu sur le vote de confiance au gouvernement d’Edouard Philippe, prône une opposition « responsable », et non « pavlovienne », à M. Macron. Une position qui a toutes les chances d’entraîner, au lendemain du congrès d’Aubervilliers, le départ du dernier carré d’« hamonistes », qui, comme la majorité du Mouvement des jeunes socialistes, va rejoindre M. Hamon. Et il y a encore des socialistes qui sont séduits par En marche ! Dans une Europe où la social-démocratie est partout en crise, Olivier Faure va devoir redéfinir l’identité « réformiste » du PS. La refondation est à ce prix, comme un défi existentiel ou une mission impossible.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-5"> ¤ Avoir 20 ans en 2018 (5/5). Cinquante ans après Mai-68, l’engagement religieux n’est pas toujours facile pour les jeunes croyants. Mais Dieu n’est pas mort sur les barricades.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/03/2018
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Avoir 20 ans en 2018 : Dieu fait de la résistance

Avoir 20 ans en 2018 (5/5). Cinquante ans après Mai-68, l’engagement religieux n’est pas toujours facile pour les jeunes croyants. Mais Dieu n’est pas mort sur les barricades.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 04h45
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 14h52
    |

                            Raphaëlle Rérolle








                        



                                


                            

Dieu n’est pas mort sur les barricades. Un demi-siècle après Mai-68, on peut même dire qu’il fait de la résistance : 46 % des 18-30 ans interrogés par Opinionway pour La Croix, en juin 2016, considéraient son existence comme « certaine » ou « probable ».
Pour autant, ils vivent dans un monde bien différent de celui qui vit fleurir les espoirs et les colères de ce printemps fiévreux. A l’époque, 20 % des Français se rendaient chaque dimanche à la messe et 80 % d’entre eux se définissaient comme catholiques. C’est contre cet ordre-là, entre autres, que les manifestants brandissaient des slogans comme : « Il est interdit d’interdire » ou « Jouissez sans entraves ».
Cinquante ans plus tard, le paysage a changé : les catholiques pratiquants ne sont plus que 4 %, et les autres 55 %, avec des degrés de croyance très variés. Les jeunes, eux, se sont massivement éloignés des institutions : d’après une étude européenne publiée par l’hebdomadaire La Vie le 22 mars, 23 % des Français de 16 à 29 ans se disent catholiques, et 64 % sans appartenance religieuse.
Les remous de Mai-68 sont passés par là, mais aussi le développement de religions peu représentées dans les années 1950, notamment l’islam et le christianisme évangélique, une branche du protestantisme qui attire aujourd’hui presque le double de moins de 35 ans que les autres ramifications protestantes (sondage Ipsos d’octobre 2017 pour Réforme et la Fédération protestante de France). Chez les juifs, l’arrivée de séfarades en provenance d’Afrique du Nord après les indépendances a revitalisé la pratique religieuse.
Pas de « repli brutal »
Ces groupes n’ont pas été frappés par le grand décrochage dont ont souffert les catholiques après la fin des années 1960. « La génération 68 n’a pas élevé ses enfants dans une perspective religieuse, ou alors elle les a laissés s’en écarter »,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤ Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.
<filname="PROF-0,2-3208,1-0,0-6"> ¤                     
                                                

Christophe Salengro, le président de « Groland », l’émission de Canal+, est mort

Le comédien, « figure historique » de Canal+, est mort vendredi matin à l’âge de 64 ans, a annoncé la chaîne.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 11h46
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h32
   





                        



   


Christophe Salengro, qui incarnait le président de l’émission de Canal+ « Groland », est mort à l’âge de 64 ans, vendredi 30 mars. Canal+ a « l’immense tristesse d’apprendre la disparition de Christophe Salengro », président de la « présipauté de Groland », figure historique de la chaîne, a annoncé la chaîne dans un communiqué.
« Comédien, danseur, rockeur, Christophe Salengro, “inmourrable” selon la Constitution grolandaise restera président pour l’éternité », poursuit le communiqué, adoptant le ton humoristique qui était la marque de fabrique de l’émission.
« Notre phare s’est éteint. Depuis ce matin, les Grolandaises et Grolandais vivent dans le noir », a aussi écrit sur Facebook Christian Borde, connu sous le nom de Jules-Edouard Moustic, cofondateur de « Groland » en 1992.
Avant d’être une figure de « Groland », Christophe Salengro était aussi danseur au sein de la compagnie DCA de Philippe Découflé.

La nouvelle de son décès a été accueillie avec « une grande douleur » par Philippe Decouflé, dont l’amitié remonte à 1985. « Il restera une des grandes rencontres de ma vie », a confié à l’AFP le chorégraphe avec des sanglots dans la voix, « on a grandi ensemble ».
« C’est un de mes premiers amis dans ce monde parisien de mes débuts, lui arrivait de Lille moi je commençais à faire de la danse, il est venu voir un de mes spectacles et on a tout de suite sympathisé, j’ai eu envie de l’engager pour son corps à la fois droit et maladroit. »

        Rencontre avec Christophe Salengro, en 2016, sur les terres de son enfance :
         

          « A Lens, après les mines, il n’est resté que le foot »



« Je lui ai fait découvrir le plaisir de la scène, c’était une bête de scène, il avait un impact incroyable, c’était une espèce de grand talent naturel », ajoute-t-il.
Malgré la maladie et son hospitalisation depuis 2 ans, Christophe Salengro continuait d’apparaître chaque samedi dans « Groland », « nous avions tourné tellement d’images avec lui que nous en intégrons toujours », a expliqué Moustic. Canal+ lui dédiera la soirée spéciale pour les 25 ans de « Groland » le 14 avril prochain, un hommage particulier lui sera rendu en ouverture dans un « Zapoï » spécial.




                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-7"> ¤ Les élus catalans sont partagés entre le soutien total à l’ex-président déchu et la recherche d’une alternative.
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En Catalogne, Carles Puigdemont divise les indépendantistes

Les élus catalans sont partagés entre le soutien total à l’ex-président déchu et la recherche d’une alternative.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 10h48
    |

            Isabelle Piquer (Barcelone, envoyée spéciale)








                        



                                


                            

Les indépendantistes catalans sont-ils prêts à gouverner sans Carles Puigdemont ? L’arrestation du président déchu, Carles Puigdemont, en Allemagne, le 25 mars, et la mise en détention provisoire, quarante-huit heures avant, de cinq anciens responsables ont obligé les deux grands partis séparatistes, Ensemble pour la Catalogne (Junts per Catalunya), la liste de M. Puigdemont, et la Gauche républicaine (ERC) à repenser leur stratégie.
Deux tendances s’affrontent. Les uns veulent tourner la page et élire un gouvernement qui puisse reprendre le contrôle de la région, mise sous tutelle par le gouvernement de Mariano Rajoy après la tentative de sécession du 27 octobre 2017. Cela supposerait trouver un candidat à la présidence qui ne risque pas la prison, donc aucun des responsables en détention ou « exilés ».
D’autres estiment que « ce n’est pas à la justice espagnole de choisir le candidat qui lui plaît, explique Eduard Pujol, porte-parole de Junts per Catalunya. Nous ne pouvons pas accepter ces limitations. Un député élu par les Catalans conserve ses droits politiques, il peut donc devenir président, quelle que soit sa situation », ajoute cet ancien directeur de la radio catalane RAC1.
« Nous travaillons dans des circonstances exceptionnelles et nous devons improviser » mais, tient-il à souligner, « nous avons promis aux Catalans qu’ils auront un gouvernement ». Pour M. Pujol, « les autorités de Madrid se trompent si elles pensent avoir décapité le mouvement indépendantiste en emprisonnant ses responsables ».
Négociations en cours
L’investiture ratée de Jordi Turull, le 23 mars, a révélé les fractures qui divisent les séparatistes. L’ancien porte-parole du gouvernement de Carles Puigdemont n’a pas réussi à recueillir les quatre voix de la Candidature d’unité populaire (CUP), un petit parti d’extrême gauche qui exige la rupture immédiate avec Madrid et qui le jugeait trop mou. Les indépendantistes...




                        

                        


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Héritage Johnny Hallyday : qu’aura à trancher le tribunal de Nanterre ?

La justice examine la requête des aînés du rockeur, qui réclament en urgence le gel de son patrimoine et un droit de regard sur son album posthume.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 10h04
   





                        


Nouvelle journée décisive dans le feuilleton qui oppose les aînés du chanteur, David Hallyday et Laura Smet, à sa veuve Laëtitia Boudou-Hallyday : la justice examine, vendredi 30 mars, la requête des premiers, qui réclament en urgence le gel du patrimoine de Johnny Hallyday et un droit de regard sur son album posthume.
Le 15 mars, le premier round judiciaire très attendu confrontant David Hallyday et Laura Smet à Laetitia Hallyday avait tourné court à Nanterre, les avocats des enfants estimant ne pas avoir eu assez de temps pour prendre connaissance des documents de la partie adverse.
Saisi en référé, le tribunal de grande instance de Nanterre avait renvoyé l’affaire au vendredi 30 mars et intimé à l’avocat de la veuve de Johnny, décédé le 5 décembre à l’âge de 74 ans, de fournir à ses contradicteurs plusieurs pièces complémentaires.

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                Héritage Johnny Hallyday : « Libération » dévoile des détails sur le « trust »



Le gestionnaire du « trust » de Johnny toujours inconnu
Le conseil de Laetitia Hallyday devait notamment produire une copie traduite en français du dernier testament du rockeur et préciser le « périmètre » du trust contenant ses avoirs, ainsi que le nom des gestionnaires de cette entité de droit californien, au cœur de la bataille juridique. Mis en place en juillet 2014, ce trust était géré par le chanteur jusqu’à sa mort et devait, selon ses dernières volontés, bénéficier à son décès à sa veuve, puis à ses filles Jade et Joy à la disparition de leur mère.
A quelques heures du procès, les avocats des aînés déploraient ne pas avoir obtenu satisfaction sur l’identité du gestionnaire et le bénéficiaire du trust. C’est que, selon les proches de Laëtitia Hallyday, ce dernier n’est « pas encore connu » et qu’il ne s’agit ni de la grand-mère de Laetitia, Elyette, dite « Mamie Rock », ni de son frère Grégory. Malgré l’absence de réponses, les avocats des deux parties plaideront leur cause, vendredi 30 mars à Nanterre, en l’absence des protagonistes de cette féroce bataille entre les deux clans Hallyday.
Maître Ardavan Amir-Aslani, conseil de Laetitia Hallyday, estime également que le patrimoine de l’artiste est déjà connu de tous : ses parts de SCI dans la villa de Marnes-la-Coquette, en banlieue parisienne, deux maisons en Californie et une autre à Saint-Barthélemy. Le tout estimé à « 30-35 millions d’euros », selon lui.
Les droits artistiques, « entre 700 000 et 800 000 euros par an », selon Me Amir-Aslani, doivent également être versés dans ce trust mais ces revenus sont, pour l’instant, gelés par la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique) dans l’attente du règlement de la succession de l’artiste.
Droit de regard sur l’album posthume
Outre son patrimoine, l’album que « le Taulier » avait presque achevé à sa mort doit être également au cœur des débats à Nanterre. L’artiste avait travaillé une grande partie de l’année 2017 à ce 51e album studio, qui doit sortir courant 2018. Une dizaine de chansons ont été enregistrées. « Nous avons des documents très clairs qui démontrent que les dix titres ont été validés par Johnny Hallyday (…) et qu’il acceptait qu’ils soient commercialisés », a assuré, lors de l’audience du 15 mars, Eric Lauvaux, avocat de Warner Music France, la maison de disques du rockeur. Mais les aînés de l’ex-« Idole des jeunes » en doutent et demandent un droit de regard sur l’album.
Une autre action, sur le fond, a été engagée par David et Laura Smet devant le tribunal de Nanterre, mais elle pourrait prendre des années. Les deux aînés s’estiment lésés par les dernières volontés de leur père qui, selon eux, les « déshérite », ce qui est interdit en droit français, et demandent « que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales » en France.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-9"> ¤ Le total des actes antisémites diminue depuis 2014, mais les violences sont en hausse, selon les chiffres recueillis par le ministère de l’intérieur. Mais ce décompte n’est pas exhaustif.
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L’antisémitisme, une réalité difficile à mesurer précisément

Le total des actes antisémites diminue depuis 2014, mais les violences sont en hausse, selon les chiffres recueillis par le ministère de l’intérieur. Mais ce décompte n’est pas exhaustif.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h39
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 23h36
    |

            Mathilde Damgé








                        


Le rapt et l’assassinat d’Ilan Halimi en région parisienne (février 2006), la tuerie à l’école juive Ozar Hatorah à Toulouse (mars 2012), l’agression d’un jeune couple à Créteil (décembre 2014), l’attentat contre l’Hyper Cacher à Paris (janvier 2015), l’attaque à la machette d’un enseignant juif à Marseille (janvier 2016), l’assassinat de Sarah Halimi à Paris (avril 2017), la séquestration d’une famille juive à Livry-Gargan (septembre 2017)… la multiplication et la gravité des violences ciblant des juifs en France signalent la persistance d’un « vieil antisémitisme » et l’apparition d’une « nouvelle judéophobie », selon les termes de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).
Cela posé, que vaut l’affirmation régulièrement reprise selon laquelle « la communauté juive représente 1 % de la population française, mais est victime d’un tiers des délits et des crimes racistes » ? Ces chiffres, très repris ces derniers jours alors que le meurtre à caractère antisémite de Mireille Knoll a donné lieu à plusieurs rassemblements en France, sont, en réalité, difficiles à établir.
1. Le décompte des actes racistes ne peut pas être exhaustif
Depuis 2008, le service central du renseignement territorial (SCRT), qui dépend du ministère de l’intérieur, suit l’évolution des actes racistes en France, grâce à des synthèses chiffrées comptabilisant « actions » (homicides, attentats et tentatives, incendies, dégradations, violences) et « menaces » (propos, gestes menaçants et démonstrations injurieuses, inscriptions, tracts et courriers) racistes. Ces données sont ensuite croisées avec les signalements transmis par le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) et le Conseil français du culte musulman (CFCM), pour affiner leur traitement. Ce dernier pose deux problèmes principaux :
peuvent être pris en compte des faits n’ayant pas donné lieu à un dépôt de plainte mais portés à sa connaissance par ses partenaires associatifs, ses relais territoriaux ou par les médias — contrairement aux indications du ministère de l’intérieur qui craint que certaines observations ne manquent « de clarté ou de concordance avec les contours des infractions pertinentes » ;le partenariat avec le CFCM ne date que de 2010 et « sa pleine effectivité rest [e] encore à parfaire pour que les données recueillies soient les plus représentatives possibles », selon la CNCDH. En l’absence de chiffres vraiment fiables sur les actes islamophobes, difficile d’établir une proportion exacte du total des actes enregistrés.
En clair, puisque la méthodologie générale du SCRT et que la collecte spécifique côté musulman ne sont pas exhaustives, il est difficile d’affirmer que les actes antisémites représentent un tiers (ou même 40 % comme dans cette étude de 2013) des crimes et délits racistes.


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Les actions islamophobes et antisémites en hausse en 2017
Les données du SCRT sont ventilées en trois catégories : antisémites, antimusulmans et « autres », catégorie dans laquelle sont répertoriés les actes contre les maghrébins et, de façon très minoritaire, ceux contre les chrétiens.

Source : Service central du renseignement territorial (SCRT)



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        Lire aussi :
         

                Comment compte-t-on les actes antisémites et islamophobes ?



2. Absence de statistiques religieuses
Il y a une autre difficulté dans l’assertion « la communauté juive représente 1 % de la population française, mais est victime d’un tiers des délits et des crimes racistes » : comment mesurer le nombre de Français juifs ? Autant le rapport de la CNCDH peut affirmer que les étrangers sont surreprésentés dans les victimes d’actes racistes (« étranger » étant un statut administratif), autant il est impossible, en l’état actuel du droit français, de faire le même genre de calcul en intégrant le choix religieux des citoyens. La question ne figure pas, par exemple, dans le recensement effectué par l’Insee.
Sans donner de chiffres précis, des estimations donnent une fourchette qui serait même inférieure au « 1 % » évoqué puisqu’elle serait comprise entre 125 000 (âgés de 18 ans à 50 ans, selon l’enquête en 2010 de l’Institut national d’études démographiques) et 478 000 juifs (en 2013, selon le gouvernement israélien). Soit un peu ou beaucoup moins de 1 % de la population française (environ 700 000 personnes).

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3. Hausse des actions antisémites, nouvelle judéophobie
Si l’on considère les chiffres disponibles, on peut noter que le total des actes antisémites diminue depuis 2014, et notamment depuis le déploiement du plan de protection des sites religieux sensibles dans le cadre de l’opération Sentinelle.
En revanche, dans le détail, les actions (par opposition aux menaces) sont en hausse (+ 26 %) et, en particulier, les actions les plus violentes, souligne la CNCDH. Lors de son audition, le SPCJ a fait part de son inquiétude sur la progression dans l’échelle de la violence observée ces dernières années (attaques avec barre de fer, armes de poing et couteaux, etc.).
Dans son rapport, la CNCDH alerte aussi sur une « nouvelle judéophobie » qui ne s’appuierait ni sur l’antijudaïsme chrétien, ni sur une prétendue supériorité de la race aryenne, ni sur la négation de la Shoah, mais sur l’antisionisme.
« A partir de 2000 [déclenchement de la seconde Intifada], le nombre d’actes antisémites se situe, mais avec de fortes fluctuations, à des niveaux notablement plus élevés qu’auparavant », explique la Commission. L’évolution des actes antisémites semble liée aux soubresauts du conflit israélo-palestinien, contrairement à l’évolution des opinions (mesurée par l’indice de tolérance à l’altérité de la CNCDH) : les préjugés à l’égard des juifs sont désormais nettement minoritaires dans l’opinion.
Des préjugés antisémites qui touchent encore, toutefois, une minorité non négligeable de la population : ainsi, 20 % des Français jugent que « les juifs ont trop de pouvoir en France », 38 % que « les juifs ont un rapport particulier à l’argent » et 39 % que « pour les juifs français Israël compte plus que la France ».

        Lire l’éditorial du « Monde  :
         

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SNCF : la libéralisation du rail sera progressive

La ministre des transports, Elisabeth Borne, doit donner des éléments sur le contenu du « nouveau pacte ferroviaire », à quelques jours de la grève à la SNCF.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 14h40
    |

                            Éric Béziat








                        


A quatre jours d’une grève de la SNCF que l’on attend massive, le contenu précis du « nouveau pacte ferroviaire » commence à s’éclaircir. Vendredi 30 mars, la ministre des transports, Elisabeth Borne devait dévoiler en détail le premier chapitre de la réforme : les modalités de l’ouverture à la concurrence.
« La concertation a été utile, se félicite-t-on au ministère des transports. Elle nous permet, sur ce point, d’avoir un contenu législatif constitué d’amendements qui seront débattus devant le Parlement et de limiter ainsi le recours aux ordonnances. » Une trentaine de réunions ont débouché sur ces arbitrages, que l’exécutif espère de nature à rassurer les syndicats et, peut-être, à revoir leur position anti-réforme sur le fond et anti-méthode gouvernementale sur la forme.

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Un calendrier clarifié et échelonné
Rien n’est moins sûr. Ne serait-ce que parce que le projet de loi prévoit bien, en la datant, une ouverture à la concurrence dont les syndicats dits modérés se méfient et que les plus radicaux rejettent. Le calendrier est même clarifié et, par souci d’apaisement, échelonné. Pour ce qui concerne le TGV, l’arrivée de compagnies alternatives à la SNCF sur le réseau français est possible à partir de décembre 2020.
Pour les TER, les régions qui le souhaitent pourront lancer des appels d’offres en décembre 2019 sur les lignes qu’elles auront sélectionnées mais ce ne sera pas une obligation et les régions réticentes à la concurrence (il y en a) pourront contracter pour dix nouvelles années une convention avec la SNCF jusqu’en 2023.
En ce qui concerne l’Ile-de-France, le ministère des transports confirme que la complexité de la situation ferroviaire lui permet de faire une exception, comme l’y autorise le droit européen. En accord avec Ile-de-France Mobilités, l’ouverture se fera selon les lignes et les types de trains à partir de 2023 et jusqu’en 2039.

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Concernant la concurrence sur les lignes commerciales à grande vitesse, le principe de l’accès direct au réseau des nouveaux opérateurs (« open access » en jargon ferroviaire) est sans surprise retenu. Toutefois, le ministère des transports, où l’on se dit « attaché à un TGV qui dessert tous les territoires », souhaite instaurer une modulation des péages ferroviaires afin d’inciter à la desserte de portions de lignes peu rentables. Par exemple, le prix du droit de passage Paris-Lyon, pourrait être majoré par rapport au tarif actuel alors qu’un prolongement jusqu’à Nîmes, Grenoble ou Chambéry serait minoré.
Détail important pour les voyageurs : l’ensemble des tarifs sociaux (billets congés payés, réduction pour familles nombreuses ou handicapés) devront être repris par les nouveaux opérateurs, dans les TER comme dans les TGV.
Portabilité des droits
Pour ce qui est de la partie la plus explosive de l’ouverture à la concurrence – les conditions du transfert des personnels d’une ligne perdue par la SNCF et attribuée à un nouvel opérateur –, le gouvernement affirme avoir accordé des garanties susceptibles de faire retomber la fièvre sociale. « Nous avons organisé une véritable portabilité des droits », dit Mme Borne.
Les cheminots transférés quitteront leur entreprise d’origine avec deux avantages clés liés à leur statut : garantie de l’emploi, régime de retraite. La rémunération sera conservée. Le transfert se fera sur la base du volontariat mais les dispositions en cas de refus du salarié d’être transféré ne seraient pas arbitrées.
Les facilités de circulation, soit la possibilité de voyager gratuitement accordée au cheminot et (sous conditions) à certains membres de sa famille, ainsi que l’accès au service de soins particulier des salariés de la SNCF seront des sujets à intégrer à la négociation de l’accord de branche du secteur ferroviaire en cours de discussion.
Reste à convaincre les syndicats potentiellement enclins à la négociation (UNSA et CFDT). Tâche ardue dans laquelle un partage des rôles semble s’être dessiné ces jours derniers entre le ministère des transports et la SNCF. Elisabeth Borne incarnerait ainsi la discussion et l’avancée concrète sur des points précis avec les syndicats de cheminots. Brocardée dans l’émission de télévision de Yann Barthès, « Quotidien « sur TMC, pour sa propension à répéter en boucle le mot « concertation », la ministre multiplie les déclarations apaisantes.

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La ligne inflexible de Guillaume Pepy
Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, incarne, quant à lui, une ligne inflexible face au front syndical anti-réforme. Cette posture s’est manifestée lors de l’épisode du décompte des jours de grève. La direction de l’entreprise considère en effet que le système de grève inédit de 18 fois deux jours tous les cinq jours s’étalant sur trois mois représente un « mouvement unique » à traiter comme un seul préavis.
En d’autres termes, un salarié de la SNCF qui suivrait tout le mouvement, perdrait le paiement de ses 36 jours de grève mais aussi de cinq jours de repos. Les cheminots de tous bords très remontés par cette « manœuvre » souhaitent porter l’affaire devant l’inspection du travail voire la justice.
La page concurrence tournée (il manque toutefois des points importants comme l’étendue des pouvoirs du régulateur et la place des gares dans le dispositif), place aux réunions de concertation sur un autre épineux sujet : le statut. Elles démarrent dès vendredi 30 mars après-midi.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-11"> ¤ A Paris, Montpellier ou Toulouse, des assemblées générales d’étudiants ont voté la poursuite des blocages.
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Article sélectionné dans La Matinale du 29/03/2018
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Dans plusieurs universités, la mobilisation contre la réforme se durcit et le climat se tend

A Paris, Montpellier ou Toulouse, des assemblées générales d’étudiants ont voté la poursuite des blocages.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 06h33
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 10h31
    |

            Camille Stromboni








                        



   


Ils étaient près d’un millier, jeudi 29 mars, à voter la poursuite du blocage à Tolbiac, à Paris. Le site, sur lequel trône la tour de vingt-deux étages de l’université Panthéon-Sorbonne, est bloqué depuis le début de la semaine pour s’opposer à la réforme de l’accès à l’université, tout juste promulguée. Il le restera au moins jusqu’à mardi 3 avril, ont tranché étudiants et personnels lors d’une assemblée générale. « Une réussite », se réjouit Jaspal de Oliveira Gill, présidente de la section du syndicat étudiant UNEF de l’établissement.
« La situation est ingérable, ça peut dégénérer à tout moment, lâche à l’inverse son président, Georges Haddad, extrêmement inquiet de l’occupation du bâtiment. Je ne peux pas assurer la sécurité du site, nos personnels ne sont pas assez nombreux, nous sommes complètement lâchés par nos autorités de tutelle. » Le responsable n’exclut pas de recourir à la police en cas de danger pour les personnes ou les biens.
Le climat s’est tendu ces derniers jours dans les universités. Assez pour que la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, en appelle à « l’apaisement », sur Franceinfo, jeudi, tout en marquant deux « lignes rouges » à ne pas franchir : « pas de violence dans les établissements » et « que les examens aient lieu dans les meilleures conditions ».
Blocage « illimité »
Les violences survenues le 22 mars à la faculté de droit de Montpellier, lors de l’évacuation d’une trentaine d’étudiants qui occupait l’amphithéâtre de droit durant la nuit, par une dizaine d’hommes cagoulés et armés, apparaissent déjà comme un catalyseur d’une contestation jusqu’ici limitée dans les universités. Ces derniers jours, près d’une dizaine d’établissements rencontrent des situations de blocage ou des perturbations, sans compter divers rassemblements d’étudiants en solidarité à leurs camarades héraultais.

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La mobilisation est en train de monter, assure-t-on du côté des étudiants qui s’opposent, depuis plusieurs mois, à la réforme des règles d’accès à l’université, dénoncée comme celle de la sélection. « Elle prend plus fortement qu’attendu, reconnaît un observateur du monde universitaire. Mais cela reste concentré dans les établissements d’arts, de lettres, et de sciences humaines et sociales, avec deux points de crispation : Toulouse et Montpellier. »
Le Mirail (Toulouse Jean-Jaurès) et Paul-Valéry (Montpellier-III), les deux grandes universités de sciences humaines traditionnellement engagées à gauche, sont déjà à l’arrêt depuis plusieurs semaines, et viennent chacune de reconduire le blocage. « Illimité », ont acté les quelque 2 500 étudiants et personnels installés sur la pelouse du campus montpelliérain, mardi 27 mars, jusqu’à ce que leurs revendications soient entendues, au premier rang desquelles le retrait de la loi et la démission du président de leur établissement, accusé de mettre en œuvre cette nouvelle « sélection ».
Jusqu’au 3 avril, a décidé de son côté le millier de personnes réunies jeudi dans le grand amphi du Mirail, tout en se prononçant pour une manifestation unitaire avec les cheminots à cette même date. La situation a pris une tournure particulière à Toulouse, où le mouvement de grève des personnels a débuté il y a trois mois, d’abord par une opposition au projet de fusion de l’université avec d’autres établissements. Pour sortir de cette « paralysie », alors que le budget n’a pu être voté, le ministère a récemment dissous les conseils de gouvernance du Mirail, et par là même écarté son président, avant d’y nommer un administrateur provisoire. Une décision qui a été dénoncée par les bloqueurs du site comme une mise sous tutelle autoritaire.

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D’autres campus de lettres et de sciences humaines se sont ajoutés progressivement à la liste des universités bloquées, parfois ponctuellement ou en permanence, à Nantes, à Nancy, ou encore à Bordeaux, sur le site de la Victoire.
« La mobilisation se renforce avec un gouvernement qui accentue les tensions en ne laissant aucune place au dialogue », estime Annliese Nef, enseignante-chercheuse à l’université Paris-I opposée à la réforme. « Mais les étudiants réagissent aussi à la manière dont ils sont traités, avec violence, sur différents campus en France », ajoute-t-elle, en référence aux « interventions policières qui se sont produites à Bordeaux ou à Dijon ».
Craintes sur la tenue des partiels
« Il y a une convergence de plusieurs éléments, estime Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup, syndicat d’enseignants et personnels de l’enseignement supérieur opposé à la loi. Les répressions policières, l’action autoritaire du ministère de destituer la gouvernance à Toulouse ou les attaques de l’extrême droite à Montpellier ou à Paris-I ont joué un rôle. »
A Tolbiac (Paris-I), un local utilisé par l’Union des étudiants juifs de France a été retrouvé, mercredi 28 mars, saccagé, avec des inscriptions à caractère antisémite sur les murs. Un acte condamné fermement par les étudiants et les personnels occupant le lieu, qui ont dénoncé l’infiltration de membres de l’extrême droite dans les locaux.
Face à cette multiplication d’incidents et de blocages, des craintes sur la tenue des partiels, prévus dans quelques semaines, commencent à s’exprimer. « Les étudiants doivent pouvoir exprimer leurs opinions, mais bloquer un établissement, sur la base d’assemblées générales qui réunissent parfois une cinquantaine de personnes, dans des universités qui en comptent des dizaines de milliers, ce n’est pas possible », réagit Jimmy Losfeld, de la Fédération des associations générales étudiantes, premier syndicat étudiant, favorable à la réforme en cours. Laissant augurer une multiplication des débats, récurrents en période de conflit dans les universités, entre « pro » et « anti » blocage.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-12"> ¤ Arbitrage, corruption, OM et chiffre d’affaires des boucheries auxerroises les semaines de Coupe d’Europe… « Le Monde » a évoqué les sujets importants avec « l’homme au bonnet ».
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Un voyage en train avec Guy Roux, entraîneur mythique de l’AJ Auxerre

Arbitrage, corruption, OM et chiffre d’affaires des boucheries auxerroises les semaines de Coupe d’Europe… « Le Monde » a évoqué les sujets importants avec « l’homme au bonnet ».



Le Monde
 |    30.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 10h58
    |

            William Audureau








                        



   


« N’allez pas trop vite, ma pile ne peut pas aller au-dessus de 110. » Légèrement voûté devant sa valise, dont dépasse un France-Football, bonnet en laine vissé sur des joues rebondies, Guy Roux remonte le quai à son rythme. En 2001, l’entraîneur a subi un double pontage coronarien et vit, depuis, à battements de cœur programmés.
A ceux qui en doutaient, Guy Roux n’est pas à la retraite. Celui qui a entraîné l’AJA de 1961 à 2005 supervise son association, notamment la partie « amateurs ». Tous les lundis, il quitte sa Bourgogne pour quelques interventions télévisées. C’est sur la banquette délavée d’un vieux tortillard de campagne, Auxerre-Paris via Laroche-Migennes, que nous faisons par hasard sa rencontre.
Lorsque nous abordons notre voisin de banquette, lundi 19 mars, il sort d’une longue conversation téléphonique à propos des « Chinois » qui possèdent l’AJA – le club a été racheté à l’été 2016 par James Zhou, richissime embouteilleur proche du pouvoir. Avec lui, une remontée en Ligue 1 est possible, espère Guy Roux. Il n’entraîne plus, mais ne déroge pas à sa vieille obsession : calculer le classement final en avance. Qu’importe que deux joueurs se soient battus ensemble le week-end précédent, l’important est ailleurs : le maintien en Ligue 2 est d’ores et déjà assuré. Le public auxerrois a dû s’habituer, depuis six ans, au deuxième échelon national, loin des grandes soirées européennes qu’a connues « l’entraîneur au bonnet ».
Le pot-au-feu des soirs de Coupe d’Europe
Guy Roux a toujours accordé une grande importance au douzième homme, le public, celui de l’Abbé-Deschamps, le stade auxerrois. « Nos spectateurs, je les connais bien. Ce sont des gens simples, aller au stade, c’est un sacrifice financier. » Comment le sait-il ? Par les petits commerces. « Les semaines de Coupe d’Europe, les boucheries de la ville ne vendaient pas les bons morceaux, la viande de charolais, les pièces chères. Ce qui partait, c’était le pot-au-feu ou les abats. »
Le prix de la billetterie était fixé en fonction de l’affiche et de la date. « Les matchs contre les cadors comme Marseille, normalement, on augmentait le tarif de 50 % si c’était dans les vingt premiers jours du mois. Mais si ça tombait en fin de mois, on maintenait le tarif normal. » Quant aux joueurs, ils avaient interdiction d’afficher leur richesse.
Djibril Cissé n’avait ainsi pas le droit d’utiliser sa Ferrari en ville. A la place, il venait au stade avec une petite citadine discrète. Une des nombreuses règles strictes qu’il imposait à ses « poulains », comme le repas obligatoire le soir de match, « pour des raisons de diététique et de récupération », avec, de préférence, épouse et parents.
Lolo, Basile et Canto
L’attachement de Guy Roux au prix et à la valeur des choses a fait les choux gras des « Guignols de l’info » dans les années 1990. L’ancien pion en école de médecine, devenu assureur pendant trente-quatre ans, a toujours veillé au grain en ce qui concerne les dépenses. Ses recrues-phares, c’étaient souvent de « bonnes affaires ».
Il se rappelle ainsi avoir « récupéré » Laurent Blanc en 1995 sans rien débourser, alors que Saint-Etienne était en pleins déboires financiers. Après une saison de galère, le Cévenol a même accepté de revoir ses émoluments à la baisse pour rejoindre le club bourguignon. « Son agent lui a dit : “joue pour Guy Roux, dans six mois, tu retrouves l’équipe de France.” » Dont acte, il a été retenu pour l’Euro 1996.
Guy Roux parle de Laurent Blanc comme d’un modèle d’intelligence et de professionnalisme. Mais quand on l’interroge sur les meilleurs joueurs qu’il a dirigés, deux autres noms reviennent : Basile Boli, « le meilleur défenseur que j’ai eu », futur champion d’Europe avec Marseille, et Eric Cantona, le sulfureux attaquant à l’ego si difficile à gérer. « Je la lui dois, dit-il en pointant sa Légion d’honneur. Des fois, je me demande ce que j’ai fait pour la mériter. Et puis je me rappelle que j’ai entraîné Cantona pendant sept ans. » 
Les deux ont en commun d’avoir également joué pour le club qui faisait régner la terreur au début des années 1990, l’Olympique de Marseille. Guy Roux reste persuadé que l’arbitrage privilégiait le club de Bernard Tapie. « Je me souviens, une fois, l’arbitre a sifflé deux pénalties alors qu’il n’y avait pas un Auxerrois à dix mètres du ballon. Depuis mon banc, au deuxième, je criais : “encore ! encore !” C’était ironique. »
« On s’est fait emmancher par l’UEFA »
Dans ces cas-là, il notait le nom de l’homme en noir dans un classeur, et il lui arrivait de le prendre à partie à l’Abbé-Deschamps. « Je me faisais prévenir, je venais l’accueillir personnellement. Je lui montrais ce que j’avais noté : là, tel match, vous avez sifflé pénalty, il n’y avait pas pénalty. Là, pas pénalty non plus. Alors aujourd’hui, je ne vous demande pas de me les rendre, mais je vous préviens, à la moindre touche mal attribuée, je mets le feu au stade. »
Des déboires arbitraux, Guy Roux en a connu. Le plus célèbre d’entre eux lui a coûté une place en demi-finale de Ligue des champions, en 1997. Ce jour-là, face au Borussia Dortmund, Lilian Laslandes marque le but de l’égalisation d’un splendide retourné, mais celui-ci est annulé pour jeu dangereux. « On s’est fait emmancher, parce que l’UEFA ne voulait pas d’un petit club comme nous en finale », grommelle le technicien. Il assure avoir eu la preuve d’un pot-de-vin au moins une fois pour un match qui concernait Auxerre, mais refuse d’en dire plus.
L’homme aux cent matchs en Coupe d’Europe, dont six quarts de finale, se souvient aussi des stratagèmes retors de la part de certains clubs adverses pour influencer le cours du match. Dans les pays de l’Est, il évoque les « jolies filles » qui patientaient devant la chambre de ses joueurs. Guy Roux faisait la ronde lui-même dans les couloirs de l’hôtel et exigeait dans les conditions d’accueil que les films pornographiques ne soient pas disponibles et les magnétoscopes débranchés.
Rendez-vous raté avec l’équipe de France
Plus célèbre entraîneur de France, Guy Roux n’aura jamais entraîné l’équipe nationale. L’occasion s’est pourtant présentée, par deux fois. La première en 1993, après la piteuse sortie en éliminatoires de la Coupe du monde. « C’est moi qui ai refusé. Dans notre métier, ça fonctionne par cycle, et là, je sentais que j’avais une jeune génération de joueurs avec laquelle je pouvais faire un coup. » Celle des Lionel Charbonnier, Corentin Martins, Franck Silvestre ou encore Lilian Laslandes, qui le mènera au doublé championnat-Coupe de France, en 1996.
La seconde, c’est en 1998. Aimé Jacquet vient d’être sacré champion du monde, mais refuse de continuer. Guy Roux est contacté par la FFF. Mais, cette fois, c’est son club qui le retient : son contrat court encore, et son président, Jean-Claude Hamel, refuse de le lâcher. Guy Roux en garde, sur le coup, une grande amertume, qu’il finit par surmonter. « Sélectionneur, c’est deux semaines de travail tous les trois mois. Je me serais ennuyé. »
Aujourd’hui, pourtant, le banc ne manque pas à Guy Roux. Le 18 octobre, il fêtera ses 80 ans. Mais, ce soir-là, il est attendu sur le plateau de la chaîne de télévision L’Equipe pour discuter des matchs du week-end. Il en a vu huit, dont l’emballant Nice-PSG et l’électrique OM-Lyon. « Je suis paré, ils peuvent me poser les questions qu’ils veulent, ils ne me prendront pas en défaut. » 
Ses 45 tours sur sa tablette
Désormais, il vit à son rythme. Il prend des cours deux heures par semaine pour apprendre à utiliser sa nouvelle tablette tactile. La dernière fois, son professeur lui a montré comment écouter de la musique. « C’est formidable, je peux écouter mes 45 tours de Léo Ferré, Brassens, et Barbara sans avoir à les emporter », s’enthousiasme-t-il avec des yeux d’enfant – il a fréquenté Léo Ferré, qu’il a rencontré par hasard, et pour qui il était capable de rouler pendant 400 kilomètres dans la nuit pour aller l’écouter en concert. C’est d’ailleurs lui qui a fait découvrir l’artiste à Eric Cantona.
Il a ses rituels, comme son traditionnel en-cas du jeudi soir avec sa « bande de copains sûrs », ou leurs canons du samedi midi – y compris les week-ends de matchs. Il s’intéresse à la géopolitique, lit « Le Figaro à l’hôtel, parce que c’est gratuit », rigole-t-il, « Le Monde quand il y a un grand événement », jongle entre L’Express, L’Obs et Le Point. Il se passionne en ce moment pour l’élection de Vladimir Poutine et les relations entre Donald Trump, comme il l’appelle, et la Corée du Nord, tout en sachant pertinemment qu’il restera éternellement étiqueté « football ».
A la descente du train, une femme en bomber noir se précipite vers lui pour faire un selfie. « C’est bien vous qui avez été champion de foot de rue, c’est ça ? Je vais envoyer la photo à mon petit-cousin, il ne va pas en revenir. » Guy Roux ne corrige pas. Il sourit. C’est la troisième fois qu’un passager l’immortalise en une heure trente de train.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-13"> ¤ Plusieurs publications récentes ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.
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Pourquoi les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux

Plusieurs publications récentes ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h52
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 11h54
    |

            Stéphane Foucart et 
Gary Dagorn








                        



   


L’information n’est pas passée inaperçue. La semaine dernière, la publication des résultats de deux études sur le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux a connu un écho médiatique important (dont la « une » du Monde datée 21 avril). Rapidement, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a une fois de plus appelé à changer les pratiques agricoles pour « inverser la tendance » et réduire l’utilisation de pesticides.

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                Les oiseaux disparaissent des campagnes françaises à une « vitesse vertigineuse »



Cette annonce, fruit de deux réseaux d’étude gérés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), a cependant soulevé de vives critiques sur le rôle que jouent les pesticides dans ce déclin inquiétant, et notamment dans une chronique de vérification des faits diffusée sur Europe 1, mercredi 28 mars. Mais celles-ci ont commis plusieurs erreurs graves.
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Les chercheurs n’ont pas démontré le lien de causalité avec les pesticides. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Les travaux de suivi des populations d’oiseaux ne cherchent pas les causes des variations d’abondance de cette faune, il est donc normal qu’ils n’apportent pas directement de « preuves » de la responsabilité des pesticides et de l’agriculture intensive, ni d’ailleurs de tout autre facteur. Par exemple, une étude épidémiologique relevant la proportion de fumeurs touchés par un cancer du poumon ne permet pas, en elle-même, d’établir un lien de causalité entre la cigarette et la maladie. Mais cela ne signifie pas que ce lien de causalité n’existe pas.
Un ensemble d’indices concordants pour un éventuel lien de causalité
De fait, il est très rare qu’une étude unique permette d’établir un lien de causalité entre deux phénomènes : chaque étude documente un fait précis (dans le cas présent, le déclin des oiseaux des champs) et c’est un ensemble d’indices concordants, apportés par une diversité d’autres travaux, qui fondent un éventuel lien de causalité avec un autre phénomène. Affirmer que les pesticides ne sont pas les premiers responsables du déclin des oiseaux parce qu’une étude non destinée à chercher des liens de causalité n’a pas mis en évidence de lien de causalité est une erreur logique.
En revanche, d’autres études établissent un lien fort entre pesticides et déclin de la faune aviaire. Une étude publiée en 2014 dans la revue Nature a montré que la chute des populations d’oiseaux insectivores était bien liée à la concentration d’insecticides néonicotinoïdes dans l’environnement (aux Pays-Bas en l’occurrence). Ce lien est d’ailleurs mis en évidence à des niveaux de contaminations minuscules, de l’ordre de quelques milliardièmes de gramme — ou nanogrammes — de pesticide par litre d’eau de surface prélevée dans l’environnement. « A des concentrations d’imidaclopride [une molécule de la famille des néonicotinoïdes] supérieures à 20 nanogrammes par litre, les populations d’oiseaux ont eu tendance à diminuer de 3,5 % en moyenne par an, écrivent les auteurs. Des analyses complémentaires ont révélé que ce déclin spatial n’est apparu qu’après l’introduction de l’imidaclopride aux Pays-Bas, au milieu des années 1990. »
Des chercheurs de l’Office national de chasse, de la forêt et de la faune sauvage (ONCFS) ont, de leur côté, documenté l’existence d’intoxications directes d’oiseaux granivores, qui meurent de la consommation de semences enrobées de ces pesticides.
Ce ne sont là que deux études parmi les très nombreuses publiées dans la littérature scientifique et montrant que ces nouvelles générations de pesticides, utilisées depuis le milieu des années 1990, ont des effets délétères sur de nombreux compartiments de la biodiversité. Dont les oiseaux, directement ou indirectement.
Les faibles doses de pesticides sans impact ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« De faibles doses de pesticides ont peu d’impact et ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat. »
POURQUOI C’EST FAUX
L’étude sur laquelle s’appuie cette affirmation est celle menée par des chercheurs du Centre d’écologie et de sciences de la conservation, qui a porté sur 199 champs observés dans trois régions françaises. Elle n’a pas suivi ces parcelles sur une « longue période » mais seulement entre 2009 et 2011. Un suivi temporel aussi bref ne permet pas de mesurer les effets sur la biodiversité des changements de pratiques introduits au milieu des années 1990 avec l’introduction de nouvelles générations d’insecticides systémiques.
En outre, la pondération citée (« ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat ») est calculée en comparant des exploitations entre elles : c’est une donnée relative qui ne permet pas de mesurer les responsabilités partagées du déclin des oiseaux constaté depuis plusieurs décennies.
Au total, il existe plusieurs centaines d’études publiées dans la littérature scientifique montrant sans ambiguïté les effets délétères des néonicotinoïdes sur des invertébrés non ciblés. Dix-huit chercheurs d’une dizaine de nationalités ont passé en revue l’ensemble de cette littérature et en ont publié, en 2015, une longue synthèse dans la revue Environnemental Science and Pollution Research. Leur conclusion :
« Malgré d’importantes lacunes dans les connaissances et des incertitudes, il existe suffisamment de connaissances pour conclure que les niveaux actuels de pollution par les néonicotinoïdes et le fipronil, résultant des utilisations actuellement autorisées, dépassent souvent les plus faibles concentrations auxquelles des effets nocifs sont observés. Ils sont donc susceptibles d’avoir des impacts biologiques et écologiques négatifs à grande échelle et ce sur une vaste gamme d’invertébrés non ciblés, dans les habitats terrestres, aquatiques, marins et benthiques. »
Dans la même revue, trois autres chercheurs ont publié, la même année, une synthèse de près de cent cinquante études montrant la toxicité directe de ces substances pour les mammifères, les oiseaux, etc.
Un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes de DDT
En ce qui concerne les néonicotinoïdes, les doses utilisées ne sont pas « essentielles ». En effet, ils sont principalement utilisés de manière systématique et préventive, en gainage des semences mises en terre. Or certains d’entre eux, en particulier l’imidaclopride, sont très persistants et s’accumulent d’année en année dans l’environnement. Au point que dans des régions agricoles du Royaume-Uni, les fleurs sauvages sont également contaminées et forment une source d’exposition importante pour les abeilles domestiques, ainsi que l’ont montré des chercheurs britanniques.
En outre, ces pesticides sont les plus puissants jamais synthétisés et agissent à très faibles doses : un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes du célèbre DDT. Un gramme de thiaméthoxame équivaut à 5,4 kg de DDT et un gramme de clothianidine compte autant que 10,8 kg de DDT.
« Pourtant, les populations d’oiseaux diminuent aussi en ville »
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Il faut noter qu’en ville, les populations d’oiseau ont aussi baissé d’un tiers. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
L’affirmation sous-entend assez clairement que le rôle des pesticides n’est pas aussi important qu’entendu car des baisses similaires sont enregistrées en ville. Pourtant, la baisse des oiseaux nichant dans le bâti peut être liée à d’autres facteurs. Elle n’est pas l’indice que les pesticides ne seraient pas un déterminant majeur du déclin des oiseaux des champs. C’est là encore une erreur de logique.
De manière générale, les pesticides ne sont certainement pas la seule cause du déclin des oiseaux.
D’autres paramètres non étudiés ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« La cause de la disparition des insectes reste mystérieuse, les auteurs de ce constat n’ont pas intégré ni étudié l’effet des pesticides, des changements climatiques ou d’autres facteurs. »
POURQUOI C’EST FAUX
Les travaux d’une équipe internationale de biologistes, publiés en octobre 2017 dans la revue PLoS One, ont au contraire étudié un grand nombre de paramètres (changement du climat au cours du temps, de l’habitat, de l’utilisation des terres). Aucun ne permet d’expliquer le déclin observé des insectes volants en Allemagne — un déclin de 76 % en moins de trois décennies, qui atteint même 80 % au cours des mois d’été.
« Nous montrons que ce déclin est manifeste quel que soit le type d’habitat et que les changements des conditions météorologiques [températures, précipitations et vitesse du vent], l’utilisation des terres et les caractéristiques de l’habitat ne peuvent expliquer ce déclin global », concluent ainsi les chercheurs. Les auteurs n’ayant pas eu accès dans les régions étudiées aux changements d’utilisation de produits phytosanitaires par les agriculteurs, ils n’ont pu corréler le déclin observé aux pesticides.
Mais leur travail permet d’écarter les principales causes possibles sans lien avec l’agriculture. Les changements de pratique de celle-ci sont donc les causes les plus plausibles car, écrivent-ils, « l’intensification de l’agriculture, incluant la disparition des marges et les nouvelles méthodes de protection des cultures [c’est-à-dire l’enrobage des semences par les nouvelles générations d’insecticides systémiques] est associée à un déclin global de la diversité des plantes, des insectes, des oiseaux et d’autres espèces communes ».
Les auteurs de ces travaux ont d’ailleurs peu de doutes sur l’implication des néonicotinoïdes dans le déclin de la biodiversité en général. « Il faut adopter des restrictions internationales sur l’utilisation des néonicotinoïdes sans attendre et empêcher leur remplacement par des produits tout aussi dangereux », écrivent ainsi des chercheurs ayant participé à cette publication, dans une tribune publiée dans Le Monde.



                            


                        

                        


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Parcoursup : comment les universités vont-elles classer les candidats ?

Une fois passée la date limite de confirmation des vœux d’orientation post-bac, le 31 mars, un « outil d’aide à la décision » va permettre à chaque établissement de décider quelle valeur donner aux différents éléments du dossier. Explications.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 12h29
    |

            Séverin Graveleau








                        



                                


                            

Les quelque 890 000 lycéens et candidats en réorientation qui ont formulé un vœu sur la nouvelle plate-forme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup ont jusqu’à samedi 31 mars, minuit, pour finaliser leurs candidatures. Comment les universités vont-elles ensuite s’y prendre pour trier les dossiers ? La question est sensible, alors que la réforme de l’accès aux études supérieures promulguée début mars leur impose la lourde tâche de classer tous les candidats pour les départager dans le cas où les capacités d’accueil seront atteintes, de la même façon que les filières déjà sélectives (IUT, classes préparatoires, etc.).

Notes, avis du conseil de classe, lettre de motivation… les éléments qui composent le dossier des candidats selon les formations pourront être passés à la moulinette d’un « outil d’aide à la décision » que les équipes pédagogiques ont découvert en mars. Il permet à chaque établissement de définir ses critères de priorité pour effectuer le classement. Concrètement, les commissions d’examens des vœux peuvent y paramétrer quelle valeur est accordée à chaque élément du dossier dans la « note » totale du candidat. De cette multitude de paramétrages possibles, sur lesquels chaque formation a la main, dépend donc le classement final qui sera fait par l’algorithme de Parcoursup.
Dans la majorité des filières, les bulletins de première et de terminale seront le principal critère utilisé pour classer les candidats. L’outil permet de sélectionner les notes que l’on souhaite prendre en compte : « moyenne générale de première », « mathématiques de terminale »… Mais aussi d’évaluer des « bouquets de matières », explique Sandrine Clavel, la présidente de la Conférence des doyens de droit : « Une moyenne “expression écrite” peut être faite avec les notes de français, d’histoire-géo ou de SES par exemple. »
Un livret distribué aux équipes pédagogiques, et auquel Le Monde a...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-15"> ¤ Les grévistes réclament toujours une augmentation générale des salaires de 6 %. Selon la direction, accéder à cette demande reviendrait à dépenser 240 millions d’euros.
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Au troisième jour de conflit, Air France s’installe dans la grève

Les grévistes réclament toujours une augmentation générale des salaires de 6 %. Selon la direction, accéder à cette demande reviendrait à dépenser 240 millions d’euros.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 12h30
    |

            Guy Dutheil








                        



   


Sirènes hurlantes et sono bruyante étaient au rendez-vous, vendredi 30 mars, à l’occasion du rassemblement des salariés d’Air France devant le forum de la cité des personnels navigants à Roissy. Pour ce troisième jour de grève, l’intersyndicale qui rassemble dix organisations représentant toutes les catégories de personnels de la compagnie aérienne a souhaité faire une démonstration de force.
Pour ce troisième jour de conflit, la mobilisation ne semble pas faiblir avec un taux de grévistes qui varie de près d’un tiers pour les pilotes et s’établit autour de 30 % pour les autres catégories de personnels. « Il y a déjà eu plus de 300 annulations de vols », signale Sandrine Techer, secrétaire de section du Syndicat national du personnel navigant commercial (SNPNC). Avant le démarrage de cette troisième grève en quelques semaines, Air France prévoyait pourtant d’assurer les trois quarts de son programme de vols. Notamment en battant le rappel de personnels non grévistes et en ayant recours a des affrètements.
Les grévistes réclament toujours une augmentation générale de 6 %. Un simple « rattrapage de l’inflation » selon eux après que les salaires ont été bloqués pendant six ans. Pas d’accord, rétorque la direction de la compagnie. Selon elle, cette mesure lui coûterait 240 millions d’euros. Elle viendrait s’ajouter aux 200 millions d’euros déjà accordés sous forme de hausse des rémunérations (+ 1 %), d’augmentations individuelles et d’intéressement. En pratique, se défend Air France, c’est la grande majorité des 590 millions d’euros de bénéfices enregistrés en 2017 par la compagnie qui seraient absorbés par ces hausses de salaires.

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                Les syndicats d’Air France multiplient les appels à la grève



« Il n’y a plus de négociations en ce moment »
En interne, les positions se figent. Pourtant, la compagnie avait semblé vouloir lâcher un peu de lest aux pilotes. Mais « cinq réunions de négociations très longues avec la direction » n’ont donné aucun résultat, déplore Philippe Evain, président du Syndicat national des pilotes de ligne (SNPL). Il s’étonne « qu’à aucun moment, au cours de ces rencontres n’ont été évoquées les augmentations de salaires ». Selon le dirigeant syndical : « Air France avant de commencer de discuter a mis des préalables. Elle a exigé des concessions. »
La direction aurait notamment réclamé aux pilotes de faire évoluer le périmètre de Transavia, filiale à bas coûts d’Air France. La compagnie souhaiterait échanger une augmentation des rémunérations des pilotes contre l’autorisation d’accroître le nombre de destinations et d’avions de la flotte de Transavia. Une manœuvre de diversion pour le patron du SNPL. Selon lui, la direction « ne souhaite pas vraiment négocier mais elle n’assume pas » ce choix.
A raison de 26 millions d’euros par jour de grève, selon les chiffres d’Air France, la facture du conflit risque d’être très salée pour la compagnie. Au troisième jour de grève, la note s’élève déjà à près de 80 millions d’euros. Et ce n’est pas fini. Au contraire ! Aux dires de M. Evain, « il n’y a plus de négociations en ce moment » avec la direction. Ferme sur ses revendications, l’intersyndicale a déjà appelé à la grève les 3 et 7 avril.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-16"> ¤ L’homme, qui avait menacé de mort Me Dupond-Moretti pour avoir défendu Abdelkader Merah, a été condamné vendredi à trois mois de prison avec sursis.
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« Etre avocat de la défense, ce n’est pas nier la souffrance de la victime »

L’homme, qui avait menacé de mort Me Dupond-Moretti pour avoir défendu Abdelkader Merah, a été condamné vendredi à trois mois de prison avec sursis.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 08h12
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 14h33
    |

            Charlotte Chabas








                        


Le tribunal correctionnel de Paris a rendu son jugement, vendredi 30 mars, dans l’affaire opposant l’avocat Eric Dupond-Moretti à un homme l’ayant menacé de mort. Ce dernier, qui a été condamné à trois mois de prison avec sursis, reprochait au célèbre pénaliste d’avoir défendu Abdelkader Merah, le frère de Mohamed Merah, coupable de sept meurtres en 2012 à Toulouse.
Ces menaces sont une nouvelle illustration du fossé qui peut exister entre le monde de la justice et l’opinion publique, souvent prompte à juger immoraux les avocats. Directrice de recherche au CNRS, Edwige Rude-Antoine a publié, après quatre années d’entretiens avec des professionnels, l’ouvrage L’Ethique de l’avocat pénaliste (L’Harmattan, 2014). Pour la juriste et sociologue, « l’avocat sans foi ni loi, c’est un mythe ».

        Lire notre portrait :
         

          Eric Dupond-Moretti, l’instinct de défense



Procès Salah Abdeslam, Jawad Bendaoud, affaire Daval ou Maëlys…, plusieurs avocats pénalistes, particulièrement médiatisés, ont pris la parole au cours des derniers mois pour évoquer leur rôle et leur métier. Est-ce nouveau de devoir justifier l’existence même d’un avocat de la défense ?
Edwige Rude-Antoine. Dans notre démocratie, il semble que l’on n’ait pas encore intégré que la défense est un droit essentiel. Il est souvent remis en question, même s’il est inscrit dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ou dans la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales de 1950.
Aujourd’hui, la défense pénale intervient de façon multiple, depuis la garde à vue jusqu’à l’application de la peine. Elle reste le témoin privilégié de la condition judiciaire, de la solitude du mis en cause, démuni devant les juges. Cela peut expliquer que des avocats pénalistes prennent la parole pour évoquer leur rôle et leur métier, qui s’est complexifié.
L’opinion publique reproche souvent aux pénalistes un sens de la morale restreint, voire inexistant. Comment cette accusation est-elle vécue par la profession ?
Les avocats pénalistes ont conscience qu’ils sont souvent associés à leur « client ». Si celui-ci est reconnu coupable d’un acte criminel, ils subissent un excès d’opprobre ; si celui-ci est reconnu innocent, ils subissent un excès d’honneur.
Mais tous considèrent qu’ils sont là pour défendre, comme un médecin est là pour soigner. Si un médecin refuse de soigner un homme, c’est un manquement au serment d’Hippocrate. Il en va de même pour un avocat : plus l’accusation est grave, plus l’avocat a le devoir de défendre. Défendre ne se résume pas à une application du droit, c’est aussi être partie prenante à la mise en œuvre des droits de l’homme, des libertés fondamentales et du droit à la dignité. Au-delà de l’acte commis, l’avocat défend aussi l’humanité.
Toutefois, l’avocat a sa propre vie et ses propres convictions, et la défense qu’il propose doit en tenir compte. L’avocat accepte de défendre les pires criminels à une seule mais importante condition : qu’il trouve avec son client un accord sur la stratégie de défense.
Comment l’avocat établit-il sa relation avec son client ?
Au début d’une affaire, l’avocat de la défense rencontre la personne mise en cause. L’avocat va la confronter à la version judiciaire du dossier en construction ou achevé : il met en tension les éléments du dossier et la version du client. C’est ainsi qu’une relation de confiance peut se construire et permettre à l’avocat de s’approcher au plus près de son client, de son histoire sociale, de sa scène psychique et d’obtenir des éléments pour préparer sa défense. L’avocat est à la recherche du vraisemblable. A aucun moment il n’impose sa vision des événements.
Parfois, le client est dans le déni de son acte, dans l’impossibilité d’avouer, pour plein de raisons. L’avocat ne cautionne pas les actes commis mais va au-delà des faits en demandant à son client des arguments face aux charges qui pèsent contre lui. Il soumet ainsi à un examen critique la culpabilité de son client. On pose ici le problème d’une proximité contrôlée qui ne tombe ni dans la candeur ni dans le cynisme.
Il ne faut pas oublier par ailleurs qu’un avocat peut toujours se démettre d’un dossier s’il n’est pas d’accord avec la stratégie de défense souhaitée par son client.
Au quotidien, l’avocat s’interroge-t-il sur son rapport à la morale ?
L’avocat pénaliste est tenu, dans son travail quotidien, de respecter des règles déontologiques. Seize principes guident ainsi sa pratique : dignité, conscience, indépendance, probité et humanité ; il doit respecter les principes d’honneur, de loyauté, de désintéressement, de confraternité, de délicatesse, de modération et de courtoisie ; il doit faire preuve à l’égard de ses « clients » de compétence, de dévouement, de diligence et de prudence. La méconnaissance d’un seul de ces principes constitue une faute pouvant entraîner une sanction disciplinaire.
Ces obligations, qui s’apparentent à une morale professionnelle, ne règlent pas toute la conduite éthique de l’avocat pénaliste. Celui-ci doit évidemment être stratège, il construit sa défense en faisant des choix. C’est une question morale, puisque l’avocat devra garder à l’esprit que le dévoilement de certains faits, de certaines photographies par exemple, pourra avoir des conséquences pour les proches du client, sur les suites de son existence, sur le procès lui-même, mais aussi pour la victime et ses proches.
Etre avocat de la défense, ce n’est pas nier la souffrance de la victime. L’avocat participe à la bonne mesure de la justice, en faisant tout ce qui convient pour éviter toute altération du sens de l’acte qui doit être jugé. L’avocat sans foi ni loi, prêt à mentir comme un arracheur de dents pour obtenir la victoire finale, c’est un mythe.
L’hypermédiatisation des procès ainsi que la montée en puissance des réseaux sociaux changent-elles le métier d’avocat pénaliste ?
La vérité des médias n’est pas la vérité de la justice. Citant des affaires sensibles, des avocats pénalistes évoquent les communiqués de presse plus rapides que la justice, les multiplications des déclarations sur les écrans, les images spectaculaires des faits reprochés à leur client, les réactions dans l’opinion publique.
Ces récits médiatiques qui donnent d’horribles détails parlent le langage des affects, et mettent en péril la présomption d’innocence. Ils ont des conséquences sur la sanction prononcée.
Le « tribunal médiatique » prend de l’ampleur. Les avocats peuvent, eux aussi, utiliser ce temps médiatique, en faire un outil. Mais ils doivent le faire avec prudence. Dans ce contexte, l’avocat va souvent devoir rappeler que le « procès par les médias » n’a rien du procès équitable. L’avocat joue un rôle de rempart contre le retour à une justice hors démocratie ou contre des décisions arbitraires.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-17"> ¤ Le chanteur publie, avec son dixième (et double) album « Amour chien fou », son œuvre la plus accomplie.
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Arthur H, prestidigitateur de mots d’amour

Le chanteur publie, avec son dixième (et double) album « Amour chien fou », son œuvre la plus accomplie.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 09h14
    |

                            Francis Marmande








                        



                                


                            

En scène mi-février aux Saulnières du Mans, trois musiciens avec leurs instruments, un chapeau, et « la » boîte rouge. Arthur H (claviers) présente Amour chien fou, dixième album (un double) de sa carrière, le plus réussi, le plus homogène dans ses libres mélanges. Jamais le fils de Jacques Higelin et de Nicole Courtois-Higelin, fils plus ou moins spirituel d’un tas d’autres au premier rang desquels Brigitte Fontaine, frère de sa sœur bien-aimée Izïa, jamais Arthur H n’aura été si pleinement H Arthur. Pleinement soi, plein des autres. Chien fou, peut-être, mais de l’espèce rare qui aime aimer. Arthur H aime s’entourer. La pochette du triptyque le montre sous masques, graphies et chapeaux. Multiple, unique, la voix le dévoile.
C’est toujours grave un objet qui a affaire à ce point avec le sujet, la gaieté, la mélancolie et le jeu. En scène, Arthur H est en compagnie de Nicolas Repac (coproducteur de l’album, guitare) et Raphaël Séguinier (batterie) : « Pas de basse, ce qui permet d’être moins concentré sur l’harmonie. La vertu du trio, c’est que ça circule fluide, trois cerveaux-ventres reliés, je me sens libre dans ce mouvement, entouré physiquement-télépathiquement par ces animaux éveillés. » Séguinier ne figure pas dans l’album où Florent Savigny tient les baguettes, avec basse (Juan de Guillebon) et claviers (Pierre-Luc Jamain), pour les samples et les machines, Léonore Mercier. Album particulièrement bien écrit, « produit », comme on s’est mis à dire, joué.
Suite symphonique
Chien fou, Arthur H l’est à sa façon, bride sur le cou et contrôle. L’album a un indéniable son d’ensemble, comme une suite symphonique pour trois inconscients et boîte rouge : « S’il y a impression d’unité, je ne peux la tenir que comme le fruit bienheureux du hasard. Chaque chanson a son univers, et la tonalité est liée à son atmosphère singulière, mais, aussi, à la tessiture de la voix. » Le code secret doit être dans la...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-18"> ¤ Jean-Marc Nicolle est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.
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Le maire du Kremlin-Bicêtre mis en examen pour avoir détourné des fonds afin de jouer au PMU

Jean-Marc Nicolle est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h16
   





                        


Jean-Marc Nicolle, le maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), a été mis en examen vendredi 30 mars par le parquet de Créteil, notamment pour des faits de « corruption active et passive », de « blanchiment » et de « trafic d’influence ». Il est soupçonné d’avoir demandé aux entreprises une commission en échange de marchés publics dans sa ville pour financer son addiction au jeu.
L’élu du Mouvement républicain et citoyen (MRC), qui dirige cette ville de proche banlieue parisienne depuis 2016, finançait sa passion du PMU en détournant les règles d’attribution du marché public, selon une source proche du dossier : les entreprises intéressées devaient, pour obtenir un marché, verser une commission à un club d’œnologie qu’il dirigeait, et M. Nicolle piochait ensuite dans la caisse.
Contrôle judiciaire
Accro aux paris hippiques, l’élu y consacrait jusqu’à 3 000 euros par jour. Sur une période de sept ans, les enquêteurs ont recensé 45 000 paris, pour un montant total de 900 000 euros.
Les versements des entreprises au club d’œnologie pourraient eux se chiffrer en centaines de milliers d’euros. Reste pour les enquêteurs à éclaircir depuis combien de temps la combine durait, et à quel point les entreprises concernées étaient au courant des pratiques du maire.
Placé sous contrôle judiciaire, M. Nicolle avait été interpellé mercredi en même temps que sa directrice de cabinet. Cette dernière, qui s’occupait de relancer les entreprises et d’établir les chèques pour M. Nicolle, selon la même source, a également été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire vendredi.
La police judiciaire du Val-de-Marne avait déjà effectué des perquisitions en mairie et au domicile de M. Nicolle en mai. Ces investigations avaient provoqué l’ouverture d’une information judiciaire en novembre.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-19"> ¤ La maire de la capitale veut traiter d’ici à l’été tous les nids-de-poule que les conditions météorologiques des dernières semaines ont engendrés.
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A Paris, Anne Hidalgo demande à la directrice de la voirie de s’attaquer aux nids-de-poule

La maire de la capitale veut traiter d’ici à l’été tous les nids-de-poule que les conditions météorologiques des dernières semaines ont engendrés.



Le Monde
 |    30.03.2018 à 15h35
 • Mis à jour le
30.03.2018 à 15h40
   





                        


Ils pestaient depuis des semaines en voyant l’état des routes. Les conducteurs de deux-roues qui slaloment entre les nids-de-poule qui jonchent leur trajet semblent avoir été entendus. Dans un courrier du 6 mars, la maire de Paris, Anne Hidalgo, a en effet appelé la directrice de la voirie et des déplacements Caroline Grandjean, à « mettre en place une action en vue de traiter au plus vite les désordres ».

   Courrier d'Anne Hidalgo by Le Monde on Scribd

Dans cette lettre, elle souligne la dangerosité de ces trous qui font « peser un risque accru d’accident, en particulier pour les vélos et les deux-roues motorisés ». D’après le calendrier décrit par la maire de Paris, la section de maintenance de l’espace public et des sections territoriales de voirie devraient traiter d’ici à l’été les trous les plus dangereux, avant d’engager pendant le mois d’août « les actions de fond pour les chaussées les plus abîmées ».
Depuis plusieurs semaines, les utilisateurs parisiens de Twitter dénonçaient la formation de ces trous, critiquant un manque d’entretien de la chaussée.

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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-20"> ¤ Au menu : que faire si vous trouvez un morceau de la station spatiale chinoise, New Delhi veut purifier son air, les jouets de bain sont des nids à microbes, etc.
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<filname="SURF-0,2-3208,1-0,0-21"> ¤ Situé dans la ville antique de Mari, le lieu devait être inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.
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