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<filname="SURF-env_sciences-1"> ¤ [Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.
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Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme

[Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h43
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Ce sujet a été proposé à une journaliste du Monde par onze élèves de 4e du collège Henri-IV de Meaux, le 19 mars, à l’occasion de la Semaine de la presse 2018, lors d’une visite à la rédaction du journal. 
Le canari était jadis un célèbre lanceur d’alerte. Quand les hommes descendaient dans les mines de charbon, ils l’emportaient avec eux pour être avertis quand la concentration en monoxyde de carbone devenait potentiellement mortelle. L’oiseau, vingt fois plus sensible que l’homme à ce gaz très toxique mais inodore et incolore, prévenait du danger en tombant de son perchoir, asphyxié. Il ne restait alors qu’une dizaine de minutes aux mineurs pour sortir et échapper à la mort.
Dans les mines hier comme dans les zones urbaines aujourd’hui, les animaux sont aussi exposés que les hommes à la pollution de l’air. On peut évaluer ses ravages chez les êtres humains : plus de 500 000 morts prématurées par an en Europe, dont 45 840 en France, selon l’Agence européenne de l’environnement. En revanche, on ignore ce qu’il en est pour les animaux. L’équivalent de l’agence Santé publique France et de l’Assurance-maladie (qui observent en permanence l’état de santé des Français) n’existant pas pour eux, il est impossible de mesurer l’impact de cette pollution de façon globale et systématique. Et les études sur le sujet sont rarissimes.
« Personne ne s’intéresse à ça, regrette Martine Kammerer, professeure de toxicologie animale et responsable du Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest. Je le déplore, parce que la pollution atmosphérique participe des problèmes respiratoires et du développement de cancers chez les animaux de compagnie. » A défaut de statistiques, elle fait valoir le « bon sens » : « Ils respirent le même air que nous, donc ils en subissent les mêmes effets, surtout les plus âgés et les plus fragiles. »
« On a découvert que les chats avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise »
Les risques sont plus marqués pour les chiens en ville, dont le museau est au niveau des pots d’échappement, provoquant des troubles respiratoires. Les chats sont eux aussi vulnérables au dioxyde d’azote, aux particules fines et aux hydrocarbures ; en particulier les asthmatiques. « C’est certain, mais difficile à chiffrer », précise la professeure. D’autant que les pics de pollution ne se traduisent pas forcément par une hausse des consultations vétérinaires.
A l’image du canari dans les mines, les animaux de compagnie peuvent pourtant jouer un rôle de « sentinelle » pour les hommes : étudier l’impact de la pollution atmosphérique sur eux permet de collecter des données sur la composition de l’environnement, et de révéler plus rapidement des risques invisibles pour la santé.

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La docteure vétérinaire Brigitte Enriquez, professeure émérite de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, a ainsi mené une étude sur des chats à Paris en 2016. « On a découvert qu’ils avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise, car l’environnement [où ils évoluaient pour l’expérience] était “pauvre”, sans objets plastique alentour. » Elle en a conclu que des phtalates étaient présents dans l’air extérieur. Les chats ont ici servi d’« indicateurs d’exposition » à la pollution. Mais les effets de cette exposition, eux, peuvent varier entre les animaux et les humains, dont la sensibilité n’est pas la même. La prudence est donc de mise avant de transposer telles quelles les observations faites sur les bêtes.
Pour autant, Brigitte Enriquez juge « essentiel » d’étudier cette question. « Pendant des décennies, le discours consistait à dire que les hommes étaient une espèce à part, sur son piédestal, et qu’on ne pouvait pas les comparer avec les animaux, se souvient cette pionnière sur le sujet en France. La prise de conscience de l’intérêt d’étudier les animaux est venue tardivement. »
Des répercussions sur la chaîne alimentaire
La mystérieuse maladie observée dans les années 1950 au Japon dans la baie de Minamata, contaminée par le mercure que déversait l’usine chimique voisine, a servi de déclic. Les chats qui ont mangé des poissons malades ont eu rapidement un comportement anormal : ils devenaient fous et se jetaient dans la mer. Des années plus tard, pêcheurs et habitants ont, à leur tour, développé des symptômes physiques et neurologiques. Premier cas d’intoxication environnementale à grande échelle, le scandale a mis au jour le fait que « les chats pouvaient être des animaux sentinelles en servant d’indicateurs d’exposition et d’effet neurologique », souligne Brigitte Enriquez. Il a aussi mis en évidence « l’importance et le fonctionnement de la chaîne alimentaire ».
Et plus on est haut dans la chaîne alimentaire, comme l’homme, plus la concentration des polluants - ingérés en bas de la chaîne par les plus petits animaux - s’accentue. Les scientifiques appellent cela « phénomène de biomagnification » ou « bioaccumulation ». « Les polluants s’accumulent au fur et à mesure dans les graisses des animaux, explique Renaud Scheifler, écotoxicologue et maître de conférences au laboratoire de chrono-environnement du CNRS. Une algue contenant 0,1 microgramme par kilo [de polluant] va ainsi passer à 10 000 chez l’ours polaire en bout de chaîne. Mais on peut parfois passer d’un coefficient de 1 à un million ! » D’où l’intérêt de ne pas négliger l’observation de l’impact de la pollution même sur les plus petits animaux.
Les vers de terre et les merles des villes trois fois plus contaminés que ceux des champs
C’est ce qui a incité Renaud Scheifler à se pencher en même temps sur la contamination au plomb des vers de terre et sur celle des merles, qui les mangent. L’idée était de voir si les oiseaux pouvaient être encore contaminés par ce métal lourd potentiellement toxique – dégagé pendant des décennies par les pots d’échappements puis retombé sur le sol – malgré l’interdiction du plomb dans les carburants depuis le 1er janvier 2000. « On s’attendait à ce que [le plomb] passe par voie alimentaire », précise l’écotoxicologue. L’hypothèse s’est confirmée : les vers de terre et les merles des villes étaient trois fois plus contaminés que ceux des champs. Le plomb, qui peut rester des millénaires dans la terre, a continué d’être ingurgité par les vers de terre, eux-mêmes consommés par les merles.
A plus grande échelle, l’impact de la pollution de l’air sur les animaux en zone urbaine reste à défricher. « C’est LE gros sujet de demain, assure Renaud Tissier, professeur de pharmacie-toxicologie. D’abord parce qu’on parle de plus en plus du bien-être animal, mais aussi parce que les animaux peuvent jouer ce rôle de sentinelle pour l’homme. » Et pas seulement les canaris.

Les principaux composants de la pollution de l’air
Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes, explique l’association Airparif, qui surveille la qualité de l’air en Ile-de-France : les polluants primaires et les polluants secondaires.
Les polluants primaires. Ils sont directement issus des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture...). Il s’agit par exemple des oxydes de carbone, des oxydes d’azote, des hydrocarbures légers, des particules (les plus fines sont dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, mais peuvent entraîner des maladies graves), et des métaux comme le plomb ou le mercure.
Les polluants secondaires. Ils ne sont pas directement rejetés dans l’atmosphère mais proviennent de réactions chimiques de gaz entre eux. C’est le cas notamment des particules secondaires, de l’ozone et du dioxyde d’azote.
Par ailleurs, les phtalates sont des produits chimiques couramment utilisés dans les matières plastiques, mais aussi présents dans les cosmétiques, les vêtements, les jouets, etc.



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<filname="SURF-env_sciences-6"> ¤ Le président devait annoncer jeudi des mesures pour permettre à l’Hexagone de rattraper son retard en matière d’intelligence artificielle.
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Des fleurons de la technologie investissent dans l’intelligence artificielle en France

Le président devait annoncer jeudi des mesures pour permettre à l’Hexagone de rattraper son retard en matière d’intelligence artificielle.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h16
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h40
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Emmanuel Macron a mis les petits plats dans les grands pour que la France apparaisse comme une terre accueillante en matière d’intelligence artificielle (IA). Six mois après avoir commandé le rapport Villani, le chef de l’Etat devait annoncer jeudi 29 mars au Collège de France, dans l’après-midi, un plan consacré à cette technologie censée « irriguer l’ensemble de l’économie ».

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La veille, le président de la République recevait à dîner à l’Elysée une quinzaine de personnalités internationales. A la table du chef de l’Etat, étaient conviés Yann LeCun, responsable de la recherche fondamentale de Facebook, Demis Hassabis, fondateur de DeepMind et inventeur d’AlphaGo, le programme capable de battre l’homme au jeu de Go, et Noriko Arai, une mathématicienne à l’origine d’un robot capable de réussir l’examen d’entrée à l’Université de Tokyo.
Pour permettre à la France de rattraper son retard face aux Etats-Unis et à la Chine, partis loin devant, M. Macron compte surtout sur l’investissement privé. Pas question de se lancer dans la création d’un « Airbus de l’intelligence artificielle », qui aurait un parfum de plan Calcul [plan de développement de l’informatique lancé par de Gaulle en 1966]. Le chef de l’Etat a plutôt à cœur de montrer que des fleurons de la technologie misent sur l’Hexagone, et attendait les annonces de Samsung, Deepmind, Fujitsu, IBM et Microsoft.
Pas d’annonce précise
Emmanuel Macron, qui recevait mercredi soir le président de Samsung, Young Sohn, a donc annoncé lui-même sur son fil Twitter l’ouverture prochaine en France par le sud-coréen d’un centre de recherche et développement consacré à l’Europe. Ce centre, le troisième de Samsung après les Etats-Unis et la Corée du Sud, devrait employer 50 personnes en fin d’année, et une centaine de personnes à terme. Jusque-là, en France, Samsung comptait déjà une quinzaine de chercheurs.
Visiblement, M. Macron était plus pressé que Young Sohn de lever le voile sur ce projet, qui constituait pour l’Elysée l’investissement privé le plus emblématique. Mercredi matin, le président de Samsung annulait au dernier moment une rencontre avec les journalistes prévue jeudi, au cours de laquelle il devait détailler sa stratégie européenne. En parallèle, Samsung faisait savoir qu’il n’y aurait pas d’annonce précise. Au lendemain du rendez-vous avec le chef de l’Etat, le Coréen infléchissait légèrement sa position en prévenant qu’il ferait « bientôt » part de ses « investissements en matière d’intelligence artificielle ».
Autre implantation emblématique, celle de DeepMind. La start-up, désormais propriété de Google, va ouvrir un centre de recherche fondamentale, qui sera hébergé dans les locaux du moteur de recherche à Paris. Ce centre comprendra 15 personnes à l’ouverture, et croîtra au fil du temps.
Il sera dirigé par Rémi Munos, l’une des figures de la recherche chez DeepMind, également directeur de recherche à l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). Celui-ci, qui fait son retour en France, travaille notamment sur « les méthodes d’apprentissage permettant à un algorithme unique d’apprendre à exécuter plusieurs tâches différentes – un élément-clé de l’intelligence », précise Demis Hassabis dans un post de blog. Les équipes de DeepMind collaboreront avec celles de Google, qui a donné le coup d’envoi en janvier de son propre centre de recherche fondamentale. Google annonce également la création d’une chaire à Polytechnique et un partenariat avec l’Inria.
DeepMind et Google emboîtent le pas à Facebook
Avec leurs centres de recherche fondamentale, DeepMind et Google emboîtent le pas à Facebook. L’entreprise a lancé, il y a presque trois ans, son propre programme d’IA, sur lequel 147 personnes sont mobilisées dans le monde. « A Paris, nous sommes rapidement passés à 45 personnes, dont 10 à 15 doctorants, 20 chercheurs et 10 ingénieurs », indique Yann LeCun.
Même s’il n’annonce rien de précis jeudi, le réseau social fondé par Mark Zuckerberg va poursuivre son investissement en France. L’effectif parisien, qui travaille notamment sur la compréhension du langage naturel, les vidéos et le traitement de l’image, devrait atteindre entre 90 et 100 personnes d’ici deux ans. « Nous avons fait revenir des chercheurs français et attiré des Espagnols, des Allemands, des Anglais et des Sénégalais », se félicite M. LeCun, qui rappelle que l’un des « grands problèmes de l’intelligence artificielle, c’est de faire avancer les choses ». « Chez Facebook, toute la recherche fondamentale est ouverte et publiée en open source car personne ne peut aboutir seul dans son coin. »
Enfin, l’Elysée se félicite de l’extension par Fujitsu du centre d’excellence ouvert en septembre 2017 dans l’incubateur de Polytechnique à Paris-Saclay et qui emploie 15 personnes. « Ce centre travaille sur l’IA appliquée à la reconnaissance d’images pour le commerce, en analysant des flux de personnes dans les magasins par exemple. Il développe aussi des outils pour l’industrie, détaille Benjamin Revcolevschi, directeur général de Fujitsu France. Ces développements utilisés jusque-là en France seront étendus à l’Europe. Nous allons recruter et accroître les locaux. »
De manière plus mineure, IBM prévoit de dévoiler des dispositifs autour de l’emploi, et Microsoft de faire part d’un plan de formation. De son côté, Emmanuel Macron devrait annoncer des financements, des mesures de soutien à la recherche publique et un assouplissement de l’exploitation des données.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-7"> ¤ Dans les Antilles françaises et en Guyane, les dispositifs de santé contre le sida et les infections sexuellement transmissibles ne correspondent ni aux territoires ni aux besoins des populations. Le professeur Patrick Yeni explique, dans une tribune au « Monde », que l’Etat doit revoir sa stratégie d’intervention.
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« Il faut repenser la lutte contre le VIH outre-mer »

Dans les Antilles françaises et en Guyane, les dispositifs de santé contre le sida et les infections sexuellement transmissibles ne correspondent ni aux territoires ni aux besoins des populations. Le professeur Patrick Yeni explique, dans une tribune au « Monde », que l’Etat doit revoir sa stratégie d’intervention.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h00
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h27
    |

Professeur Patrick Yeni (Président du Conseil national du sida et des hépatites virales)







                        



                                


                            
Tribune. Le mouvement social guyanais du printemps 2017, puis le ­passage de l’ouragan Irma qui a dévasté Saint-Martin il y a six mois, ont montré que l’offre de santé ­demeure extrêmement fragile en Guyane et dans les Antilles fran­çaises. Pour autant, la santé n’est pas ­devenue une priorité des politiques publiques, au-delà de la réponse ­d’urgence apportée.
En matière de lutte contre le virus du sida (VIH) et les autres infections sexuellement transmissibles (IST), les politiques de santé ne sont adaptées ni aux territoires ni aux besoins des populations, alors que le niveau des épidémies demeure très préoc­cupant. Le taux de nouvelles infections par le VIH est dix fois plus élevé en Guyane et quatre fois plus élevé en Guadeloupe et à Saint-Martin que dans l’ensemble du territoire national. Aussi, la stratégie d’intervention des pouvoirs publics devrait-elle être revue dans plusieurs domaines.
En dépit du consensus que constitue aujourd’hui la promotion de la prévention, celle-ci apparaît soit ­absente, soit inadaptée dans certains contextes territoriaux, sociaux ou culturels. Une partie des populations de Guyane et des Antilles demeure à l’écart des actions de prévention, qu’elles résident dans des zones ­enclavées ou qu’elles se trouvent socialement marginalisées, à l’instar des migrants, dont la proportion est importante parmi les personnes vivant avec le VIH en Guyane, à Saint-Martin et en Guadeloupe.
Le recours à la ­médiation communautaire en santé reste faible, alors que celle-ci représente un enjeu-clé pour l’accès à la prévention dans un contexte de forte diversité culturelle et linguistique.
Pas de centre de planification familiale
L’offre de santé est par ailleurs très concentrée dans des centres hospitaliers en grande difficulté et faiblement déployée auprès des populations. En Guyane en particulier, les centres de dépistage du VIH et des IST sont sous-dimensionnés en regard des besoins des grandes villes...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-8"> ¤ Depuis 1968, le Canada a placé 58 des lacs de l’Ontario sous la surveillance des chercheurs. Le photographe Guillaume Simoneau s’est pris de passion pour ce site de recherche.
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<filname="SURF-env_sciences-9"> ¤ Des chercheurs ont découvert des traces de pas vieilles de 13 000 ans au Canada. Cela pourrait expliquer comment les hommes ont peuplé ce territoire.
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Découverte des plus vieilles traces d’humains en Amérique du Nord

Des chercheurs ont découvert des traces de pas vieilles de 13 000 ans au Canada. Cela pourrait expliquer comment les hommes ont peuplé ce territoire.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 04h33
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 04h39
   





                        


A chaque découverte, un élément supplémentaire pour comprendre comment les hommes ont peuplé la planète au cours de l’histoire. Des traces de pas d’humains ont été mises au jour sur une île le long de la côte de la Colombie-Britannique, dans l’Ouest canadien. Elles dateraient d’environ 13 000 ans, ce qui en ferait les plus vieilles découvertes en Amérique du Nord, selon une étude publiée mercredi.
Ces traces sont vraisemblablement celles de deux adultes et d’un enfant, qui marchaient pieds nus sur un sol argileux, sur ce qui est aujourd’hui une plage de l’île Calvert, au nord-est de l’île de Vancouver, indiquent les auteurs de l’étude publiée dans la revue PLOS ONE.
En tout, 29 empreintes de pied ont été découvertes dans des sédiments lors de travaux d’excavation menés de 2014 à 2016, a précisé l’auteur principal de l’étude, Duncan McLaren, professeur d’anthropologie au Hakai Institute et à l’université de Victoria, en Colombie-Britannique.

   


L’étude tend à démontrer que les humains étaient présents sur la côte du Pacifique en Colombie-Britannique il y a environ 13 000 ans et que la région était déjà libre de glace bien avant la fin de la dernière période glaciaire sur le continent, qui date de 11 700 ans.
Les premiers habitants nord-américains venus d’Asie ?
Cette découverte accrédite un peu plus l’hypothèse soutenue par un nombre de plus en plus grand de chercheurs selon laquelle les premiers hommes arrivés en Amérique du Nord ont migré d’Asie en empruntant un corridor terrestre le long de la côte, libre de glace, pour finalement arriver en Colombie-Britannique.

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Trouver des éléments probants n’a pas été facile pour les chercheurs, car cette région du Canada, très accidentée et couverte de forêts denses, n’est accessible que par bateau.
Pour y parvenir, les chercheurs ont donc concentré leurs fouilles dans une zone de marées sur l’île Calvert, où le niveau de l’eau était de deux à trois mètres plus bas qu’aujourd’hui à la fin de l’ère glaciaire.
Les auteurs de l’étude croient que d’autres travaux d’excavation avec des méthodes plus élaborées permettraient de découvrir davantage de traces de pas, contribuant à reconstituer peu à peu l’histoire des premiers peuplements humains le long de la côte ouest de l’Amérique du Nord.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-10"> ¤ Le rendez-vous rassemble tous les deux ans des chercheurs engagés dans le développement de leur continent.
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Reportage

Au Next Einstein Forum, la science africaine en pleine effervescence

Le rendez-vous rassemble tous les deux ans des chercheurs engagés dans le développement de leur continent.

Laurence Caramel (Kigali, envoyée spéciale)
    



LE MONDE
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        Le 28.03.2018 à 17h17

     •
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        Mis à jour le 28.03.2018 à 18h25






    
Le président sénégalais, Macky Sall, au Next Einstein Forum, à Kigali, du 26 au 28 mars 2018.
Crédits : Next Einstein Forum/Facebook


Fallait-il en appeler à Albert Einstein ou à une figure africaine, par exemple la Kényane Wangari Maathai, biologiste et prix Nobel de la paix, pour attirer les plus brillants scientifiques du continent ? Deux ans après le lancement du Next Einstein Forum (NEF) à Dakar, la question fait toujours débat. Mais elle n’altère pas le bouillonnement de cette communauté naissante qui tenait, du lundi 26 au mercredi 28 mars à Kigali, son deuxième rassemblement.

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Après tout, tous en conviennent, nul ne peut rivaliser avec la notoriété mondiale de l’auteur de la théorie de la relativité générale pour donner de la visibilité à leur cause. « Nous voulons que le NEF éclaire l’apport de l’Afrique à la science et montrer que ses chercheurs sont au cœur des solutions pour la transformation du continent », revendique le Béninois Thierry Zomahoun, cofondateur du NEF et président de l’Institut africain pour les sciences mathématiques (AIMS), à l’origine du projet avec la fondation allemande Robert-Bosch.
Un système d’irrigation intelligent
L’affiche de la deuxième promotion des 20 lauréats du NEF parle d’elle-même. Sélectionnés par un comité scientifique international composé de 70 experts, ils ont moins de 42 ans, ont suivi des parcours d’excellence, sont bardés de diplômes des meilleures universités – le plus souvent américaines – mais ont aussi fait, en majorité, le choix de revenir travailler en Afrique. Ce qui, lorsqu’il est question de science, signifie dans bien des cas en Afrique du Sud, où les conditions de recherche sont comparables à celles des grands laboratoires internationaux. Enfin, ils ont pour point commun d’avoir investi les domaines où s’écrivent l’innovation technologique et l’économie de demain.

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Le chimiste nigérian Peter Ngene, professeur à l’université d’Utrecht (Pays-Bas), développe de nouveaux matériaux pour stocker les énergies renouvelables. La généticienne sud-africaine Vinet Coetzee, maîtresse de conférence à l’université de Pretoria, élabore des méthodes bon marché pour diagnostiquer des insuffisances alimentaires chez les enfants ou des malformations congénitales. Son équipe a mis au point un appareil photographique en 3D qui permet d’identifier les caractéristiques faciales liées à la trisomie 21 chez les nourrissons africains.
L’informaticien malien Hamidou Tembine dirige le laboratoire d’apprentissage et de théorie des jeux de l’université de New York. Il travaille sur la prise de décision stratégique dans les réseaux informatiques et les systèmes de transport. La Nigérienne Aminata Garba, professeure en génie électrique et informatique à l’université Carnegie Mellon Africa, à Kigali, teste un système d’irrigation intelligent à bas coût pour les agriculteurs africains…
« Cessons de courir derrière les autres »
Dans le paysage mondial de la recherche scientifique, où l’Afrique compte à peine pour 2 % des publications produites chaque année, le NEF permet à cette minorité invisible de se découvrir et de se compter.
« Je me suis souvent senti isolé et là, subitement, je me retrouve avec des personnes qui ont vécu la même expérience que moi. Cela nous rend d’emblée très proches », raconte Jonathan Mboyo Esole, lauréat de l’édition 2018, qui dédie sa distinction à tous les Congolais, comme « un message d’espoir et de fierté dans un moment de grandes difficultés ». Il a quitté Kinshasa en 1997 pour se former tour à tour à l’Université libre de Bruxelles, à Cambridge (Royaume-Uni), à l’université de Leyde (Pays-Bas) et à Stanford (Etats-Unis) avant de devenir professeur assistant à Harvard puis au département de mathématiques de l’université Northeastern, à Boston, où il mène des travaux sur la géométrie de la théorie des cordes.

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Membre de la première promotion, la Kényane Evelyn Gitau, spécialiste en santé, n’hésite pas lorsqu’il s’agit de dresser le bilan du NEF : « Le forum m’a apporté un réseau ouvert sur d’autres disciplines. Nous ne devons plus rester enfermés dans nos spécialités pour trouver des solutions. » Au pays de M-Pesa, pionnier du transfert d’argent sur téléphone mobile, cette nécessité est une évidence : « La technologie venait d’Angleterre, mais nous l’avons adaptée à nos propres besoins. Nous devons cesser de courir derrière les autres pour les rattraper et produire notre propre connaissance. »
Revue multidisciplinaire
Avec 34 lauréats depuis 2016, la communauté scientifique propulsée par le NEF est encore de taille modeste, mais elle peut compter sur les 52 ambassadeurs déployés dans presque tous les pays du continent pour valoriser l’image des sciences et leur importance pour le développement. Ces ambassadeurs sont également nommés pour deux ans. « Ce ne sont pas forcément d’éminents scientifiques, mais ils ont montré leur engagement dans des initiatives citoyennes », précise Youssef Travaly, vice-président du NEF. Chacun devra organiser une « semaine de la science » pour encourager les jeunes. Comme les lauréats, ils ne perçoivent aucune bourse.

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Le travail de pédagogie se veut aussi à l’adresse des dirigeants africains. Seul chef d’Etat étranger présent à Kigali, le président sénégalais, Macky Sall, a rappelé que « si l’Afrique ne voulait pas rater le train de la révolution numérique après être passée à côté de la révolution industrielle, elle devait investir massivement dans la science et dans l’économie de la connaissance ». De son côté, le Rwandais Paul Kagamé a rappelé que son pays – qui héberge le siège du NEF – avait misé dès le début des années 2000 dans les technologies de l’information et la communication (TIC). « Notre pays était détruit [après le génocide de 1994]. Certains se sont interrogés sur ce choix, mais il était évident que la réalisation de nos priorités en matière de santé, d’éducation, ne pouvait se faire en ignorant cet apport. »
La prochaine rencontre du NEF aura lieu en 2020 à Nairobi. D’ici là, les scientifiques africains auront la possibilité de publier les résultats de leurs recherches dans une nouvelle revue, Scientific African, éditée par le groupe néerlandais Elsevier. Elle sera multidisciplinaire, 100 % en accès libre. Ses articles seront « révisés par des pairs » et « elle n’acceptera que le premier choix », a promis Thierry Zomahoun. Le premier numéro de cette vitrine de la science africaine est attendu à l’automne.


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<filname="SURF-env_sciences-11"> ¤ Dixième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Ephèse, en Turquie, site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.
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A Ephèse, l’archéologie face au tourisme

Dixième volet de la collection Archéologie du « Monde » et de « National Geographic », Ephèse, en Turquie, site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h36
    |

            Florence Evin








                        



                                


                            
Collection « Archéologie ». La splendeur monumentale d’Ephèse, en Turquie, et sa « valeur universelle exceptionnelle » justifient son classement, en 2015, sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, au même titre qu’un millier de sites dans le monde. La grande cité grecque d’Asie mineure, fondée au Xe siècle av. J.-C. sur la mer Ionienne, à l’embouchure du Caystre, était un port commercial très actif au tournant de notre ère. Ancrée au débouché des Routes de la soie, elle n’en finit pas de livrer ses secrets.
Ephèse est doublement célèbre. Elle possède une des sept merveilles de l’Antiquité, l’Artémision – temple dédié à Artémis et voulu par Crésus, qui entreprend sa construction en 560 av. J.-C. –, ainsi qu’une des sept églises de l’Apocalypse. Les vestiges les plus spectaculaires de la ville datent de l’époque romaine : le théâtre en plein air, pouvant accueillir 25 000 spectateurs, ou la bibliothèque de Celsus, qui rivalisait avec celle d’Alexandrie, et dont la façade à portiques est sur tous les prospectus.
C’est l’Autriche, sous la houlette turque, qui pilote les travaux de restauration et les fouilles. Une tradition centenaire, représentée par l’archéologue Sabine Ladstätter, de l’Institut d’archéologie de Vienne, qui travaille sur place depuis vingt ans et dirige, depuis 2009, les recherches des équipes internationales. Durant les dernières campagnes de fouilles, un travail de prospection géophysique a été mené, notamment sur la zone d’habitation du IIIe siècle, révélant une vive activité de construction jusqu’au début du Ve siècle, avant les destructions du VIIe siècle. Les excavations de la nécropole du Sérapéion ont indiqué qu’à la fin de la période antique d’Ephèse, 70 % des enfants morts, atteints de graves problèmes de malnutrition, n’avaient pas 5 ans.
Evolution du climat
« Ces dernières années, les travaux se sont focalisés sur les recherches géologiques...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-12"> ¤ Deuxième volet de la collection « Génie des mathématiques », avec Laplace, formidable représentant du siècle des Lumières qui voulu remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.
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Laplace, un savant de haut vol

Deuxième volet de la collection « Génie des mathématiques », avec Laplace, formidable représentant du siècle des Lumières qui voulu remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h37
    |

                            Jean Dhombres (Mathématicien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales)








                        



                                


                            
Collection « Génies des mathématiques ». Le nom de Laplace est connu : une station de RER aux abords de Paris, un centre d’examen, une petite rue du 5e arrondissement de la capitale du côté de l’ancienne Ecole polytechnique. C’est en dessous de la gloire urbaine de Monge, qui détient, à Paris même, sa rue, son métro bien sûr, et qui est crédité d’avoir participé à la fondation, en 1794, de l’Ecole polytechnique.
Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) collabora à la vie de cette école, comme responsable du conseil de perfectionnement de l’établissement et donc comme défenseur de la méritocratie fondée sur la science, voire de l’ascenseur social. Or il était déjà examinateur pour les écoles militaires d’artillerie sous l’Ancien Régime. De ce fait, dans le paysage politique français clivé de la Révolution, ce savant né avec le milieu du XVIIIe siècle fait davantage figure de continuateur que de révolutionnaire.
La science, une véritable philosophie
Sait-on qu’il fut le ministre de Bonaparte au lendemain du coup d’Etat de Brumaire ? Cette première en Europe, consistant à confier des missions politiques à un scientifique, devint pour longtemps une singularité française ! Pierre-Simon de Laplace usa de ce pouvoir pour permettre à la brillante communauté scientifique de participer à l’activité nationale française.

A la défense de la méritocratie et du caractère indispensable de la science pour la société, le savant ajoute un troisième principe, pour constituer un triptyque qui marque son influence en France. Il veut faire de la science une véritable philosophie et ainsi dépasser le cadre des disciplines. Car il souhaite fournir une armature intellectuelle à toute une société, remplacer la métaphysique, voire la religion, par d’autres formes de pensée.
A la fin du siècle des Lumières, dont il est un représentant formidable, Laplace écrit un Traité de mécanique céleste dans lequel il range tout...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-13"> ¤ Cet ouvrage collectif a été mitonné par et pour des personnes autistes. Un ouvrage inclassable, coloré et joyeux.
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Recettes pour gourmets autistes

Cet ouvrage collectif a été mitonné par et pour des personnes autistes. Un ouvrage inclassable, coloré et joyeux.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h00
    |

            Catherine Vincent








                        



                                


                            
Le livre. C’est ce qu’on pourrait appeler un OANI – un ouvrage Aspi non identifié. « Aspi », c’est le petit nom que se donnent parfois les personnes atteintes du syndrome d’Asperger, ces autistes de haut niveau qui ont des difficultés dans les interactions sociales mais ne présentent aucun déficit intellectuel. La preuve : le philosophe Josef Schovanec, l’un des coauteurs de Je cuisine un jour bleu, est lui-même un Aspi.
C’est en rencontrant au hasard d’une ­conférence un passionné de gastronomie, Claude Carat, que ce « saltimbanque de l’autisme » a eu l’idée de ce projet collaboratif : des recettes de cuisine concoctées par et pour des personnes autistes. Il en résulte un livre inclassable, illustré, coloré et joyeux. Aux antipodes du rapport sur le devenir ­professionnel des personnes atteintes de TSA (troubles du spectre autistique) remis par le même Schovanec, en mars 2017, au ­secrétariat d’Etat chargé des personnes handicapées, afin de nourrir le 4e plan autisme dont la présentation est attendue début avril. Aux antipodes, également, du traité médical ou du régime diététique.
Cuisiner un jour bleu
« Le silence du monde savant quant à la ­richesse alimentaire des habitants de l’Autistan ne peut qu’être cause d’amers regrets », écrit-il avec humour dans son avant-propos, louant à cette occasion les efforts passés de ses parents, « qui parvinrent seuls à surmonter quelques-unes des plus difficiles années de leur progéniture, marquées de troubles ­alimentaires sans nom ».Je cuisine un jour bleu – le titre fait référence à l’ouvrage d’un autre autiste de haut niveau, Daniel Tammet : Je suis né un jour bleu (Les Arènes, 2007) – a pour objet de combler ce silence. L’ouvrage mêle habilement les recettes ­inventées par des parents d’autistes ou par leurs enfants devenus adultes avec leurs commentaires « sur le vif », ce qui en fait tout le charme et l’intérêt.
« Dans les...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-14"> ¤ Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.
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Intelligence artificielle : « Il faut forger une alliance des sites de pointe en Europe »

Alors que sont relancées les ambitions françaises en matière d’intelligence artificielle, Bernhard Schölkopf, un spécialiste allemand de l’IA, appelle, dans une tribune au « Monde », à une coopération plus étroite entre les laboratoires européens.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 07h00
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 09h59
    |

Bernhard Schölkopf (Directeur de l'Institut Max Planck pour les systèmes intelligents)







                        



                                


                            
Tribune. Il y a soixante ans, le New York Times publiait, sous le titre « New Navy Device Learns by Doing » (« Le nouveau dispositif de la Navy apprend par la pratique »), un article qui passa inaperçu. On y décrivait le Perceptron, un algorithme d’apprentissage mis au point par le psychologue Frank Rosenblatt. Celui-ci avait montré comment un Perceptron apprenait, « en cinquante tentatives, à distinguer la gauche de la droite ». A l’instar d’un humain, affirmait Rosenblatt, le Perceptron tirait les leçons de son expérience ; donc il était possible, en principe, de construire des cerveaux artificiels qui soient conscients de leur propre existence.
La mise au point du Perceptron vint à point. Claude Shannon venait tout juste de fonder la théorie de l’information et Norbert Wiener étudiait le traitement de l’information chez les créatures vivantes et les machines. Un nouveau domaine de recherche, baptisé « cybernétique », était né ; on étudiait dans de nombreux lieux des machines d’apprentissage « connectionnistes » dont le système était plaqué sur les réseaux nerveux naturels.
C’est à la même époque que naquit l’« intelligence artificielle symbolique » (IA), qui ne tarderait pas à régler son compte au Perceptron. Elle concevait l’intelligence comme un traitement des symboles discrets et devint la sage-femme de l’informatique moderne. L’intérêt économique que l’on portait à l’IA déboucha sur la fondation d’institutions comme le Centre allemand de recherche sur l’intelligence artificielle (DFKI). Malgré tout cela, l’IA perdit peu à peu sa place centrale au sein de l’informatique – beaucoup d’espoirs ambitieux ne furent pas exaucés.
« Digital », mot inadéquat
Aujourd’hui, l’IA connaît une renaissance, et ce – ironie de l’histoire – par le biais d’un retour des systèmes apprenants. Ceux-ci ont refoulé de l’IA l’élément « symbolique », et permettent des applications qui paraissaient jusqu’alors insolubles, comme la...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-15"> ¤ L’exposition « Neandertal »  qui s’ouvre au Musée de l’homme, à Paris, nous confronte à une autre humanité, lointaine dans le temps et proche cependant.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/03/2018
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Neandertal, ce qu’il dit de nous

L’exposition « Neandertal »  qui s’ouvre au Musée de l’homme, à Paris, nous confronte à une autre humanité, lointaine dans le temps et proche cependant.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 08h06
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            

Elle s’appelle Kinga. Elle porte un élégant cardigan bleu roi, un pantalon noir et des baskets en cuir blanc. La chevelure libre, les yeux clairs, le visage constellé de taches de rousseur. Un sourire plisse légèrement ses joues et lui donne un air sympathique. Si vous la croisiez dans le métro, vous ne la ­remarqueriez sans doute pas plus que certains autres usagers de la RATP.
Pourtant, Kinga est une jeune femme à nulle autre pareille, car il s’agit d’une néandertalienne. Ou plus exactement de la reconstitution très réaliste d’une néandertalienne, œuvre de la paléo-artiste Elisabeth Daynès. Kinga va accueillir les visiteurs à ­l’exposition « Neandertal » qui ouvre ses portes le 28 mars au Musée de l’homme, à Paris, et il y a fort à parier que beaucoup viendront planter leurs yeux dans les siens. Pour se confronter à une autre humanité, si lointaine dans le temps, si proche cependant.
Si lointaine, car il y a environ 35 000 ans que Neandertal a disparu après avoir été, pendant des milliers de siècles, le résident de l’ouest du continent eurasiatique. Si proche à cause de cette ressemblance physique, de l’évident lien de parenté qui nous unit, nous Homo sapiens, à notre cousin éteint, du miroir que ce dernier nous tend, de sa manière silencieuse de nous demander ce qui fait de nous des humains et de la place qu’il tient. Il faut dire que, de ce point de vue, Neandertal part de très loin.
On le traite de crétin
Lorsqu’il est découvert en 1856 dans la vallée de Neander, en Allemagne, il est le premier homme fossile à ressurgir du passé. Tous deux préhistoriens et commissaires scientifiques de l’exposition, Pascal Depaepe, directeur régional des Hauts-de-France à l’Institut national de recherches ­archéologiques préventives (Inrap), et Marylène Patou-Mathis, directrice de recherches au CNRS, rappellent qu’« on est alors dans un contexte de créationnisme. Comme Neandertal n’a pas l’apparence d’un humain moderne, avec son crâne...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-16"> ¤ Seuls les Africains ne sont pas porteurs de ce matériel génétique car ils descendent des « Homo ­sapiens » qui n’ont pas eu de contact avec les néandertaliens.
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Ces 2 % d’ADN de Neandertal en nous

Seuls les Africains ne sont pas porteurs de ce matériel génétique car ils descendent des « Homo ­sapiens » qui n’ont pas eu de contact avec les néandertaliens.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h26
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 08h21
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
« On a tous quelque chose en nous de Neandertal », dit le préhistorien Pascal Depaepe en souriant et en parodiant une célèbre chanson de feu Johnny Hallyday. Comme l’a montré la publication, en 2010 dans Science, du génome néandertalien, ce « quelque chose » est une petite portion d’ADN. Dans cet article, le consortium international dirigé par Svante Pääbo (Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig) analysait de l’ADN ­récupéré sur trois os de néandertaliens de la grotte de Vindija (Croatie). Le premier constat – le matériel génétique d’Homo neanderthalensis est similaire à 99,7 % à celui d’Homo sapiens, un chiffre à comparer avec les 98 % d’ADN que nous partageons avec les chimpanzés – n’était pas une surprise, étant donné que, dans le buisson Homo, la branche néandertalienne est la dernière dont nous nous soyons séparés.

Le second résultat, en revanche, n’était pas attendu et, dans le livre qu’il a consacré à ce qui s’est apparenté à une véritable épopée scientifique (Neandertal. A la recherche des génomes perdus, Les liens qui libèrent, 2015), Svante Pääbo lui-même rappelle ne pas y avoir vraiment cru tant que les chiffres, têtus, ne l’en ont pas assuré : en moyenne, 2 % de l’ADN des humains non africains provient de Neandertal. Descendant des Homo ­sapiens qui n’ont pas eu de contact avec les néandertaliens, lesquels vivaient en Eurasie, les Africains ne sont pas porteurs de ce matériel génétique.
« Love story »
Cette découverte témoignait d’un phénomène spectaculaire : il y a quelques ­dizaines de millénaires, des accouplements s’étaient produits entre les deux populations, qui avaient donné une ­descendance fertile. L’idée d’une « love story » obtenait un franc succès dans les médias. Professeur d’anthropologie au Collège de France, Jean-Jacques Hublin n’hésite pas à actionner la douche froide au sujet de cette hybridation : « De quel comportement découle-t-elle ?...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-17"> ¤ Pour le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, « on a eu tendance à penser que les Néandertaliens étaient un peu bêtes par rapport aux hommes modernes et on en est revenu ».
<filname="PROF-env_sciences-17"> ¤                     
                                                   
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« Il est difficile de tester toutes les intelligences chez les néandertaliens »

Pour le paléoanthropologue Jean-Jacques Hublin, « on a eu tendance à penser que les Néandertaliens étaient un peu bêtes par rapport aux hommes modernes et on en est revenu ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h25
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 12h32
    |

            Pierre Barthélémy








                        



                                


                            
Titulaire de la chaire de ­paléoanthropologie au Collège de France, Jean-Jacques Hublin dirige le département d’évolution humaine à l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig (Allemagne).
Qu’est-ce qui marque notre différence avec Neandertal ?
La difficulté, quand on évoque Neandertal, c’est que l’on parle d’hommes qui sont à la fois très proches de nous et différents. ­Différents pas dans le sens où, aujourd’hui, les habitants d’Afrique peuvent être différents de ceux du Groenland. Ce n’est pas juste une question de couleur de peau ou de texture de cheveux. C’est une différence d’un ordre de grandeur nettement plus élevé.

Pour vous donner une idée, les ours polaires et les ours bruns sont deux espèces qui se sont ­séparées il y a 600 000 ans : c’est le même temps de divergence qu’entre néandertaliens et hommes modernes. Du point de vue phénotypique, si je mets sur la ­table un crâne de Neandertal et un crâne d’homme moderne, ils sont au moins aussi différents qu’un crâne d’ours polaire et un crâne d’ours brun.
Ces différences ne sont-elles pas finalement mineures au regard des ressemblances ?
Le travers dans lequel tombent certains de mes collègues, c’est de dire que les néandertaliens sont comme nous en tout, qu’ils sont des hommes comme les autres. Je suis plus réservé. On sait qu’ils ont des comportements techniques assez complexes, des techniques de chasse et des moyens efficaces de survivre dans leur environnement ; on a aussi, récemment, commencé à dire qu’ils produisaient peut-être, non pas de l’art, mais des signes. Il est toutefois difficile de savoir ce qui se passe sur le plan social, sur le plan des relations interindividuelles ou ­intergroupes. On soupçonne qu’une des raisons du succès de l’homme moderne réside dans l’existence de réseaux sociaux à grande échelle et la conscience que des êtres du même peuple, avec une même identité culturelle, habitent beaucoup...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-18"> ¤ L’île de Beauté abrite une collection de 800 variétés. La station de recherche de San Giuliano étudie leurs étonnantes propriétés pour en améliorer la production.
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La Corse perce les mystères des agrumes

L’île de Beauté abrite une collection de 800 variétés. La station de recherche de San Giuliano étudie leurs étonnantes propriétés pour en améliorer la production.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 09h00
    |

                            Vahé Ter Minassian








                        



                                


                            
Rien ne peut doucher l’enthousiasme de Yann Froelicher. Même pas la pluie qui, depuis le matin, tombe en abondance sur l’est du département de la Haute-Corse. Alors que l’averse ­redouble d’intensité, le chercheur du Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) ­entraîne les journalistes invités pour une visite au pas de course des 14 hectares de vergers où sont conser­vées les collections d’agrumes de la station de San Giuliano. Cédrats main de Bouddha,limes de Tahiti et citrons panachés, Meyer ou doux, succèdent, dans l’humidité et le froid, aux oranges Salustatian et Cara Cara, aux kumquats et aux mandarines de Corse avant qu’arrivé au niveau des bergamotes, tout le monde coure se mettre à l’abri !

Créée il y a soixante ans pour ­accompagner le développement de l’agrumiculture corse, qui débute avec l’assainissement et la démoustication de la plaine orientale de l’île, la station de San Giuliano de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et du ­Cirad est l’un des hauts lieux de l’étude des agrumes. Sont entretenus au sein de cette institution, élevée depuis 2014 au rang de centre de ressources biologiques (CRB) d’intérêt ­national, pas moins de 4 500 arbres issus de 800 variétés de ces végétaux de la famille des rutacées, ­caractérisés par l’organisation en quartiers de la partie interne de leurs fruits. Cela fait de cette collection la quatrième du monde par la taille. « Mais aussi la première, si l’on s’en tient aux seuls mandariniers », précise Emmanuel Bloquel, de l’INRA et responsable du CRB.
Innombrables caractéristiques
Ce travail de conservation, l’une des principales missions de l’équipe, se traduit par l’exportation vers une trentaine de pays de semences à l’origine de la plantation de millions d’arbres chaque année. Une autre est d’apporter un soutien à la filière française dont la production en ­clémentines et pomélos de Corse, ainsi qu’en citrons de Menton,...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-19"> ¤ En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.
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« Quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire ? »

En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h43
    |

Béatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for new economic thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Mars, mois des marées noires : après les 50 ans du naufrage de l’Amoco Cadiz, le 16 mars 1978, voici les 39 ans de celui de l’Exxon Valdez, le 24 mars 1989. Le rôle joué par les économistes dans l’estimation des dommages provoqués par cette seconde catastrophe illustre parfaitement les difficultés que rencontrent les experts scientifiques quand ils pénètrent l’arène publique, comme le montrent les historiens Harro Maas (université de Lausanne) et Andrej Svorencik (Université de Mannheim) – « Fraught with Controversy : Organizing Expertise against Contingent Valuation », History of Political Economy n°49/2, 2017.
Le problème était de savoir quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire. En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et, plus encore, qu’on n’utilise pas ?
Dans les années 1960, les économistes de l’environnement développèrent une méthode pour évaluer cette « valeur d’existence ». Il s’agissait de demander à un échantillon de citoyens combien ils seraient prêts à payer pour qu’un parc naturel ou un monument auquel ils n’ont parfois pas même accès continue à exister.
2,5 milliards de dollars
Cette méthode, dite de « l’évaluation contingente », fut très critiquée. Certains économistes considéraient que la valeur déclarée par les citoyens interrogés n’était pas sincère, d’autres que les seules expérimentations valides étaient celles menées sur de vrais marchés, avec de vraies incitations, de vraies dépenses.
L’enjeu était de taille : soit les résultats étaient faux, soit les citoyens se comportaient de manière erratique – ce qui mettait à mal nombre de modèles économiques construits autour de l’hypothèse que les agents économiques sont rationnels, bien informés et bon calculateurs.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-env_sciences-20"> ¤ Le président de l’Association nationale des Maisons des adolescents, centres consacrés à la prise en charge de la souffrance psychique des 11-25 ans, se bat pour protéger cet âge charnière, soumis à toutes les turbulences.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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Patrick Cottin, ambassadeur de la cause adolescente

Le président de l’Association nationale des Maisons des adolescents, centres consacrés à la prise en charge de la souffrance psychique des 11-25 ans, se bat pour protéger cet âge charnière, soumis à toutes les turbulences.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h05
    |

                            Florence Rosier








                        



                                


                            

Il a, de l’adolescence, conservé la silhouette longiligne et ce rien de dégingandé, qui signe les hautes statures ou les enfants montés en graine. Est-ce un reflet de ceux dont il défend la cause ? A près de 60 ans, Patrick Cottin est le maître des Maisons des adolescents (MDA). Il en est, en réalité, l’hôte attentif et bienveillant. Non pas le « petit maître », posture aux antipodes de cette figure tutélaire. « A l’école, en cours de récréation, j’étais souvent celui qui prenait la défense des plus faibles. Tout mon parcours est empreint de cette volonté de prendre en compte les questions de considération et de justice sociale. »
Depuis 2015, Patrick Cottin préside l’Association nationale des Maisons des adolescents (ANMDA), qui fédère ces structures, au nombre de 109. Dresser son portrait amène à dresser aussi le portrait de ces maisons, tant son parcours est lié à ces structures, uniques dans le paysage médico-social français.
Environ 100 000 adolescents franchissent chaque année pour la première fois la porte d’une de ces structures. Hésitants, ils y pénètrent avec leurs doutes et leurs errances, leurs fragilités et leurs turbulences, mais aussi leur soif de justice, leur désir de réinventer le monde, leurs aspirations créatives. « Chez les adolescents, je retrouve cette révolte face à l’injustice sociale. Leur créativité trouve aussi un écho en moi », confie Patrick Cottin, qui dirige aussi la Maison des adolescents de Nantes.
Lieux d’accueil, de prévention et de prise en charge, les maisons sont ouvertes à tous les jeunes de 11 à 25 ans qui montrent des signes de mal-être, d’addictions diverses, de phobies scolaires, de dépressions, de stress… – et à leurs familles. L’accueil et l’orientation y sont gratuits, anonymes, exempts de discrimination.
« Les problèmes des ados nécessitent des regards croisés »
« Souvent, les ados nous enfument. Ils n’ont pas leur pareil pour détourner notre regard de leur vrai...




                        

                        

