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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-1"> ¤ Le président de la République a annoncé, jeudi, le déblocage d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ».
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Intelligence artificielle : la politique par petites touches d’Emmanuel Macron

Le président de la République a annoncé, jeudi, le déblocage d’une enveloppe de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 16h41
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 16h59
    |

            Sandrine Cassini








                        



   


Il n’y aura ni « Airbus de l’intelligence artificielle », ni « grand soir de la recherche », avait prévenu l’Elysée en début de semaine. Jeudi 29 mars, au Collège de France, Emmanuel Macron a tenu parole. Pour permettre à la France d’avoir une chance de concourir à l’échelle mondiale, le chef de l’Etat préfère lever les verrous réglementaires et réallouer des budgets déjà existants, sans bouleverser les finances publiques, pour faire émerger un écosystème favorable aux futurs champions de l’intelligence artificielle.
Au cœur du plan présidentiel, la recherche, qui constitue, en France comme ailleurs, le nerf de la guerre. Pour retenir les chercheurs français, attirés comme des aimants par les salaires et les projets de la Silicon Valley, Emmanuel Macron lance un « programme national », coordonné par l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria). L’objectif, faire émerger « un réseau d’instituts dédiés localisés dans 4 ou 5 endroits en France », accompagné par un programme de chaires individuelles, afin « d’attirer les meilleurs chercheurs mondiaux et doubler les capacités de formation en IA ».
En revanche, le président de la République n’a pas voulu doubler les salaires des chercheurs du secteur public en France, comme recommandé par le rapport Villani, alors que la faiblesse des rémunérations, doublée de la difficulté de faire carrière en tant que doctorant dans l’Hexagone, décourage les vocations et pousse les meilleurs hors de nos frontières.

        Lire aussi :
         

                Intelligence artificielle : ce qu’il faut retenir du rapport de Cédric Villani



Favoriser les allers-retours entre le public et le privé
Soucieux de favoriser les allers-retours des chercheurs entre le public et le privé, le gouvernement simplifiera les démarches de création de start-up pour les chercheurs, accélérera les procédures contrôlant les projets scientifiques, réduira les cas où il faut faire appel à la commission de déontologie et relèvera de 20 % à 50 % le temps qu’un chercheur peut consacrer à une entité privée.
En parallèle, la politique en matière d’ouverture des données sera étendue : un plus grand nombre de bases de données publiques sera accessible, et un effort sera fait sur les données de santé remboursées par l’assurance-maladie, les données cliniques des hôpitaux et celles de la médecine de ville.

        Lire aussi :
         

                Cédric Villani : « Il faut plus de recherche dans l’intelligence artificielle »



Pour accompagner l’ensemble du plan et donner un coup de pouce aux start-up, Emmanuel Macron a annoncé le déblocage de 1,5 milliard d’euros sur le quinquennat, dont « 400 millions d’euros d’appel à projets ». Cette manne est issue de redéploiements budgétaires, de fonds publics existants et du nouveau fonds pour l’innovation de 10 milliards d’euros, censés produire 260 millions d’euros de ressources publiques par an. Une enveloppe de 100 millions d’euros et de 70 millions d’euros les années suivantes sera consacrée à l’amorçage de start-up dans l’intelligence artificielle et la deep tech, ces technologies de rupture.
Cela sera-t-il suffisant ? La France débloque déjà tous dispositifs confondus dix milliards d’euros par an dans l’innovation, sans que ces budgets aient permis à la France de se hisser sur la scène mondiale du numérique.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-2"> ¤ Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.
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Affaire des écoutes : ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy

Renvoyé devant un tribunal correctionnel, l’ancien chef de l’Etat est soupçonné d’avoir voulu influencer un haut magistrat pour obtenir une décision favorable de la Cour de cassation dans une de ses affaires.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h48
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h13
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


Nicolas Sarkozy sera jugé devant un tribunal correctionnel dans l’affaire des écoutes, révèle Le Monde jeudi 29 mars. L’ancien président de la République est soupçonné de « corruption active » et « trafic d’influence ».
Le résumé de l’affaire : Il est suspecté d’avoir tenté d’obtenir d’un magistrat à la Cour de cassation, Gilbert Azibert, des informations le concernant couvertes par le secret. En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d’intervenir en faveur du magistrat pour qu’il obtienne un poste de prestige à Monaco.
Qui est poursuivi : 
Nicolas Sarkozy (« corruption active » et « trafic d’influence »)Son avocat, Thierry Herzog (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)L’ancien magistrat Gilbert Azibert (« corruption active », « trafic d’influence » et « violation du secret professionnel »)
Explications en quatre questions sur cette affaire débutée en 2013 et dérivée de celle sur un possible financement libyen en 2007, dans laquelle M. Sarkozy a été mis en examen le 21 mars.
Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?Qu’ont révélé ces écoutes ?Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils si importants ?La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
1. Pourquoi Nicolas Sarkozy a-t-il été mis sur écoute ?
L’ancien président de la République est menacé par plusieurs affaires. Parmi elles figure celle concernant un supposé financement de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy par des fonds libyens provenant de la famille Kadhafi.
Le 19 avril 2013, le parquet de Paris a ouvert une information judiciaire contre X pour « corruption active et passive », « trafic d’influence », « faux et usage de faux », « abus de biens sociaux » et « blanchiment, complicité et recel de ces délits ». Deux juges, Serge Tournaire et René Grouman, ont instruit ce dossier.
Le 7 mars 2014, Le Monde a révélé que Nicolas Sarkozy, ainsi que Claude Guéant et Brice Hortefeux, qui furent ses ministres de l’intérieur, avaient été mis sur écoute dans le cadre de cette information judiciaire.
2. Qu’ont révélé ces écoutes ?
Le 11 mars 2014, la Cour de cassation se prononçait sur un recours déposé par Nicolas Sarkozy. L’ancien chef de l’Etat souhaitait que ses agendas ne soient pas versés aux dossiers sur l’enquête sur l’affaire Bettencourt, puis sur l’affaire Tapie-Lagarde (voir ci-dessous).
Les informations récoltées lors des écoutes suggèrent que Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont pu bénéficier en amont de cette décision de la complicité d’un haut magistrat, Gilbert Azibert. Selon les documents brandis par la ministre de la justice, Christiane Taubira, lors d’une conférence de presse en mars 2014, M. Azibert aurait notamment « rencontr[é] un par un » deux à trois collègues appelés à se prononcer sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy, afin de leur « expliquer » « avant qu’ils ne délibèrent ».
Mediapart a publié en mars 2014 une nouvelle série de révélations extraites des synthèses des écoutes. Elles tendent à confirmer que M. Sarkozy et son avocat avaient plusieurs soutiens, tant dans la justice que dans la haute administration policière, dont le fameux juge Azibert. M. Sarkozy aurait également évoqué une personne qui l’aurait renseigné sur les avancées de la justice dans l’affaire des soupçons de financements libyens de sa campagne de 2007.
Par ailleurs, « Monsieur Thierry Herzog aurait pu être renseigné », tant « sur la surveillance des téléphones de Nicolas Sarkozy » que sur l’éventualité « d’une perquisition » dans le cadre du dossier libyen. Un acte, s’il était avéré, extrêmement grave pour la défense de M. Sarkozy. Le Monde révèle aussi que, craignant d’être écouté, M. Sarkozy avait pris un second téléphone sous un faux nom.

        Lire :
         

          Ecoutes de Sarkozy : qui sont les protagonistes de l'affaire ?



3. Pourquoi les agendas de Nicolas Sarkozy sont-ils importants ?
Les écoutes judiciaires de Nicolas Sarkozy ont placé les agendas de l’ancien président au centre de l’attention. Les soupçons de « trafic d’influence » à l’encontre de M. Sarkozy découlent en effet de ses interventions présumées en amont d’une décision très attendue de la Cour de cassation sur ces agendas, le 11 mars.
L’ancien chef d’Etat s’est pourvu en cassation. Les magistrats de la plus haute juridiction devaient dire si la saisie de ses agendas par la justice était illicite, car couverts par l’immunité présidentielle. Une décision qui n’avait aucun impact sur l’affaire Bettencourt, dans laquelle Nicolas Sarkozy a bénéficié d’un non-lieu le 7 octobre 2013.
En revanche, elle aurait pu faire tomber un pan entier de procédure dans l’affaire Tapie-Crédit lyonnais, dans laquelle Nicolas Sarkozy est soupçonné d’être intervenu en faveur de l’homme d’affaires. Le juge Gentil, chargé à Bordeaux de l’affaire Bettencourt, a en effet transmis en janvier 2013 ces agendas aux magistrats qui enquêtent sur l’affaire Tapie. Or, ceux-ci font apparaître que Nicolas Sarkozy a rencontré à plusieurs reprises Bernard Tapie sur la période clé 2007-2008, ainsi que Pierre Mazeaud, l’un des trois arbitres choisis pour trancher le litige. Ils constituent donc le principal élément à charge des juges contre l’ancien président dans ce dossier.
Les agendas pourraient également être utilisés dans le cadre de l’enquête sur un éventuel financement de la campagne présidentielle de 2007 par la Libye de Mouammar Kadhafi.
Finalement, malgré les interventions supposées du juge Azibert auprès de ses collègues magistrats, la Cour de cassation a rendu en mars 2014 une décision défavorable à Nicolas Sarkozy. Elle a jugé qu’il n’y avait pas lieu de statuer sur ce pourvoi, dans la mesure où l’affaire Bettencourt était close en ce qui le concernait. Les agendas pourront donc être conservés et utilisés par la justice.
4. La justice avait-elle le droit d’écouter les conversations d’un avocat et de son client ?
Oui, mais à deux conditions, car les avocats bénéficient d’une protection particulière, au nom du secret professionnel :
L’avocat doit être lui-même soupçonné d’avoir commis une infraction (sinon, ses propos ne pourront ni être consignés dans les procès-verbaux, ni être retenus contre lui) ;Son bâtonnier doit en être informé.
La Cour de cassation a validé en mars 2016 la validité des écoutes policières, reconnaissant ainsi que les enquêteurs avaient le droit d’écouter ces conversations entre un avocat et son client.

        Lire l’article (2014) :
         

          Ecoutes téléphoniques : qui sait quoi, et quand ?







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤ Les juges financiers ont signé l’ordonnance de renvoi ouvrant la voie au procès de cette affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation, dans laquelle l’ex-président avait été placé sur écoute.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-3"> ¤                     
                                                   
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Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence » à la Cour de cassation

Les juges financiers ont signé l’ordonnance de renvoi ouvrant la voie au procès de cette affaire de trafic d’influence à la Cour de cassation, dans laquelle l’ex-président avait été placé sur écoute.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h47
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 17h33
    |

            Fabrice Lhomme et 
Gérard Davet








                        



                                


                            

Les déboires judiciaires de Nicolas Sarkozy se multiplient : quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire libyenne, l’ancien président de la République est rattrapé par l’affaire de corruption à la Cour de cassation.
Selon nos informations, les juges d’instruction ont en effet signé, jeudi 29 mars, le document dans lequel ils ordonnent le renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’ex-chef de l’Etat, aux côtés de son avocat et ami Thierry Herzog, et d’un ancien haut magistrat, Gilbert Azibert, tous trois renvoyés pour des faits de corruption et de trafic d’influence. Ses avocats, Pierre Haïk et Jacqueline Laffont, ont fait savoir dans un communiqué cité par Reuters que Nicolas Sarkozy ferait « valoir ses droits » en saisissant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
M. Sarkozy est déjà sous le coup d’une ordonnance de renvoi, rendue cette fois dans le dossier Bygmalion, pour lequel le juge Serge Tournaire souhaite le voir comparaître pour « financement illégal de campagne électorale ». Si l’affaire dite Azibert peut paraître a priori plus anecdotique, la perspective de devoir affronter un procès pour « corruption active » et « trafic d’influence actif », des incriminations dégradantes pour un ancien chef de l’Etat, ne devrait pas réconcilier M. Sarkozy avec la justice en général, et les juges d’instruction en particulier.
Téléphones portables « secrets »
Dans son entourage, on ne se faisait plus guère d’illusions sur l’issue de cette procédure depuis que le Parquet national financier (PNF), en octobre 2017, avait rendu son réquisitoire. Dans un document d’une grande sévérité pour les trois protagonistes de ce scandale, les magistrats du PNF assuraient que l’enquête des juges avait « mis en évidence des charges lourdes et concordantes à l’encontre de MM. Azibert, Herzog et Sarkozy », allant jusqu’à comparer les méthodes utilisées par l’ex-président et son avocat – notamment le...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ Dominique Schnapper, sociologue spécialiste de l’antisémitisme, a répondu à vos questions après la mort de Mireille Knoll.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-4"> ¤ 
<article-nb="2018/03/29/19-5">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤ Plutôt qu’un improbable grand établissement réunissant universités et grandes écoles sur le plateau de Saclay, Christophe Assens et Jean-Pierre Bouchez, chercheurs en management, plaident dans une tribune au « Monde » pour une structure en réseau préservant l’autonomie de chacun.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-5"> ¤                     
                                                   
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« Il est impérieux que le projet d’université Paris-Saclay réussisse »

Plutôt qu’un improbable grand établissement réunissant universités et grandes écoles sur le plateau de Saclay, Christophe Assens et Jean-Pierre Bouchez, chercheurs en management, plaident dans une tribune au « Monde » pour une structure en réseau préservant l’autonomie de chacun.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h00
    |

Christophe Assens (Directeur adjoint du Larequoi (laboratoire de recherche en management de l’université Paris-Saclay) et Jean-Pierre Bouchez (Dire...







                        



                                


                            
Tribune. En dépit des grandes manœuvres autour de la création de l’université de Paris-Saclay, dont la finalisation a d’ailleurs été repoussée de trente mois pour des raisons de gouvernance, il semble difficile de réunir à Saclay les conditions d’excellence d’un « cluster » comme la Silicon Valley, où chercheurs et entrepreneurs partagent la même proximité de travail. En raison d’un choc culturel entre grandes écoles et universités, à cause des conflits politiques dans la gouvernance et des lourdeurs administratives, ce projet n’est toujours pas à la hauteur des exigences de la compétition mondiale.

En effet, comment se fait-il que HEC, partenaire naturel sur le plateau de Saclay, semble vouloir développer un double partenariat stratégique d’une part avec Polytechnique et d’autre part avec Sciences Po (basé à Paris), au détriment des collaborations de proximité dans Paris-Saclay ? S’agit-il d’un nouveau recul dans ce projet d’université de classe mondiale ?
Depuis une décennie, on assiste à une campagne de lobbying de la part des grandes écoles pour résister au « mariage » avec les universités
Depuis plus de dix ans, le pouvoir politique cherche à faire entrer la France dans le XXIe siècle de la recherche en essayant de réduire le fossé entre grandes écoles prestigieuses et privées – un modèle d’exception française unique au monde – et universités publiques.
Il s’agit d’améliorer nos chances de mieux figurer au palmarès des grandes universités dans les classements internationaux de type Shanghaï en incitant, par des subventions publiques, les grandes écoles et les universités à se regrouper pour former l’université de Paris-Saclay, considérant que la grande taille fait la force.
Mais ce raisonnement est singulier, dans la mesure où les universités de classe mondiale sont généralement de petite taille ! Par ailleurs, les établissements partenaires de Paris-Saclay sont unanimement d’accord pour bénéficier...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤ Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier rappelle que rendre à chacun un peu de la paternité des bonnes nouvelles fiscales n’empêche pas d’en souligner les limites.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-6"> ¤                     
                                                   
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Réduction du déficit : « Les prochains arbitrages gouvernementaux seront cruciaux »

Dans cette chronique, la journaliste du « Monde » Audrey Tonnelier rappelle que rendre à chacun un peu de la paternité des bonnes nouvelles fiscales n’empêche pas d’en souligner les limites.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h00
    |

            Audrey Tonnelier








                        



                                


                            
Tendances France. A bien y regarder, il en va des finances publiques comme des comptes des entreprises : on peut faire dire aux chiffres ce que l’on veut. La publication, le 26 mars, d’un déficit public tricolore de 2,6 % au titre de 2017, passé pour la première fois depuis une décennie sous le seuil des 3 %, n’a pas fait exception à cette règle. « Excellente nouvelle due à nos efforts pour moins dépenser et aux recettes du nouvel élan économique inspiré par Emmanuel Macron ! » s’est félicité, sur son compte Twitter, le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin.
La forte réduction du déficit l’an dernier doit beaucoup à la bonne conjoncture économique qui souffle sur la France depuis plus d’un an
« Quand les résultats sont là, l’honnêteté, c’est de les attribuer à leurs auteurs. Les efforts et le sérieux engagés depuis 2012 ont payé », ont pour leur part estimé les députés du groupe Nouvelle Gauche dans un communiqué. Enfin Eric Woerth, le président (LR) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a mis en garde : « Il y a une embellie, mais pas une embellie sur les dépenses. (…) Le gouvernement actuel n’est pas le seul responsable, il y a aussi les décisions du quinquennat précédent. »
Comme souvent, la réalité est nuancée. La forte réduction du déficit l’an dernier (il atteignait encore 3,4 % en 2016) doit beaucoup à la bonne conjoncture économique qui souffle sur la France depuis plus d’un an, et est allée en s’accélérant depuis l’été 2017. C’est ce qui a permis de doper les recettes fiscales nationales (TVA, impôt sur le revenu…), de gonfler le produit des taxes locales (comme les droits de mutation, cette taxe sur les transactions immobilières) et d’engranger des cotisations supplémentaires sur les salaires.
« Business friendly »
La confiance retrouvée des chefs d’entreprise et des investisseurs doit beaucoup à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, qui parle...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-7">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤ Dans l’Aube, des militants de l’aile gauche du parti s’interrogent sur l’avenir du parti, avant l’élection d’Olivier Faure jeudi soir.
<filname="PROF-0,57-0,64-823353,0-7"> ¤                     
                                                   
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Pour les militants de l’aile gauche du PS, « la refondation ne doit pas être que du ripolinage »

Dans l’Aube, des militants de l’aile gauche du parti s’interrogent sur l’avenir du parti, avant l’élection d’Olivier Faure jeudi soir.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h40
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h42
    |

                            Jérémie Lamothe (Envoyé spécial à Troyes (Aube)








                        



                                


                            

Le coup est rude. La défaite, difficile à digérer. En ce pluvieux après-midi de mars, les mines sont encore tristes dans la fédération de l’Aube du Parti socialiste (PS), à Troyes, une dizaine de jours après le premier tour de l’élection du premier secrétaire du parti. Ici, le peu de militants encore encartés ont voté à une très grande majorité (72 %) pour Emmanuel Maurel.
Mais au niveau national, le candidat représentant l’aile gauche du parti n’a obtenu que 18 %, devancé largement par Stéphane Le Foll et surtout par Olivier Faure, qui devrait être élu premier secrétaire du PS, jeudi 29 mars dans la soirée, à l’occasion du second tour, après le retrait de l’ancien ministre de l’agriculture.
Une nouvelle défaite donc pour la gauche du PS dans un scrutin interne. « Ça fait mal… », dit dans un soupir Dany Gesnot, 54 ans, dont trente-six à militer au sein du parti. « Désabusé », il se sent orphelin politiquement aujourd’hui, soufflant, sans finir sa phrase :
« On se dit “merde, on est le parti de Jaurès, mais on va où ?” A gauche du parti on n’a plus de porte-voix. Maurel, je l’aime bien, mais bon… »
Il liste ensuite les anciennes grandes figures parties ces dernières années :
« Hamon n’est plus là, Montebourg pareil, Emmanuelli est décédé… alors il reste qui ? » 

« Consensus »
Cet échec de M. Maurel, David Blanchon, premier secrétaire fédéral du PS dans le département et soutien du candidat, ne l’a pas vu arriver. 
« Après le débat, je pensais qu’il serait au second tour face à Faure. Mais ce résultat montre qui sont les militants qui sont restés au sein du parti. Ils veulent plutôt un homme de consensus, une synthèse. » 
Alors que le PS a enchaîné les défaites électorales ces dernières années – présidentielle, législatives, municipales… –, les militants de l’Aube n’ont pas de mots assez durs pour qualifier l’état du parti, qui avait pourtant tous les pouvoirs...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-8">
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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-8"> ¤ Des huées et des insultes ont rythmé le parcours du député LFI et de la présidente du FN qui a, elle, été protégée par des membres de la LDJ.
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La présence de Mélenchon et de Le Pen crée des remous à la marche pour Mireille Knoll

Des huées et des insultes ont rythmé le parcours du député LFI et de la présidente du FN qui a, elle, été protégée par des membres de la LDJ.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h26
    |

            Olivier Faye








                        



                                


                            
Wallerand de Saint Just patiente au coin du boulevard Diderot et de la place de la Nation, à Paris. Entouré d’une quinzaine de militants et d’élus de son parti, le trésorier du Front national attend l’arrivée de Marine Le Pen. La députée du Pas-de-Calais doit participer, ce mercredi 28 mars, à la marche blanche organisée en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire assassinée à son domicile, deux rues plus loin, « parce qu’elle était juive », selon les mots utilisés par Emmanuel Macron.
La présence de la présidente du FN, tout comme celle du chef de file de La France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, a pourtant été déclarée indésirable par le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Francis Kalifat. « La surreprésentation des antisémites, tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite, rend ces deux partis infréquentables », s’est-il justifié sur RTL, mercredi. Mais les paroles de Daniel Knoll, fils de la victime, qui s’est refusé à exclure quiconque dans une interview à RMC – « j’ouvre mon cœur à tout le monde » – ont convaincu la fille de Jean-Marie Le Pen de venir.
Un homme se dirige vers Wallerand de Saint Just, qui discute avec quelques journalistes. « Je suis un ami de David Dassa [Le Deist, avocat du FN], de la LDJ, lui glisse-t-il à l’oreille. Nous sommes là pour la sécurité de Marine Le Pen. » Il adresse un sourire entendu à son interlocuteur, avant de repartir. La LDJ, Ligue de défense juive, est une organisation sioniste extrémiste, connue pour ses actions violentes. Alors que cette dernière risquait la dissolution, en 2014, Mme Le Pen avait publiquement pris sa défense, avec l’ambition politique d’affirmer que le FN n’est pas un parti antisémite, mais aussi pour appuyer une lutte commune contre l’« antisémitisme islamiste », selon ses termes.
« Insoumis dehors ! »
Me Dassa-Le Deist, lui, connaît bien les militants...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-9"> ¤ Le député La France insoumise rapporte des injures et des violences lors de la marche organisée mercredi à Paris en hommage à l’octogénaire juive assassinée.
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Marche pour Mireille Knoll : Alexis Corbière appelle la direction du CRIF à se « ressaisir »

Le député La France insoumise rapporte des injures et des violences lors de la marche organisée mercredi à Paris en hommage à l’octogénaire juive assassinée.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h23
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h07
   





                        



   


Le député de La France insoumise (LFI) Alexis Corbière a appelé jeudi 29 mars les dirigeants du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) à réagir après les insultes dont il dit avoir été victime, ainsi que Jean-Luc Mélenchon, lors de la marche blanche organisée la veille en hommage à Mireille Knoll.

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Il a dénoncé sur la chaîne CNews le comportement d’« une quarantaine de personnes, des militants d’extrême droite, d’une organisation groupusculaire, la Ligue de défense juive. Ils l’ont d’ailleurs revendiqué sur Twitter ». La Ligue de défense juive (LDJ) est une organisation sioniste extrémiste, connue pour ses actions violentes.
Ces personnes ont, selon lui, lancé « des insultes homophobes » et « à connotation raciste » « intolérables » : « “Mélenchon PD”. Un homme face à moi m’a dit “collabo d’arabe” », a-t-il relaté, et « le rabbin Gabriel Farhi a été molesté, jeté à terre par ces militants d’extrême droite ». « C’est une tache sur cette manifestation », a-t-il déploré.
M. Mélenchon et les députés LFI qui l’accompagnaient lors de cette marche, notamment Alexis Corbière et Eric Coquerel, ont dû gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants après avoir été invectivés, notamment aux cris d’« insoumis, dehors ! », par des personnes présentes dans le cortège.
Le CRIF « doit se ressaisir »
« La direction du CRIF doit se réunir. S’il n’y a aucune réaction, aucun mot pour s’enquérir de notre santé, aucun mot qui condamne clairement ces groupuscules d’extrême droite, cette direction, je pense, ne peut plus rester en place », a déclaré Alexis Corbière. « Il est temps de la part du CRIF de se ressaisir », a-t-il ajouté.
« Il fallait être hier dans cette manifestation les plus nombreux contre l’antisémitisme, en hommage à Mireille Knoll. Il le fallait, nous y sommes allés [et] nous serons toujours là malgré ce qui a eu lieu », a assuré Alexis Corbière jeudi. « Il n’y a aucun antisémite comme responsable de La France insoumise. [L’accusation] est infamante », a-t-il ajouté.
Plus tôt, le président du CRIF avait expliqué son rejet du patron de LFI en raison du soutien que ce dernier a exprimé à l’égard du mouvement de boycottage contre Israël lancé en 2014, en réponse à une offensive de l’Etat hébreu dans la bande de Gaza.

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Le CRIF avait déclaré que M. Mélenchon et Marine Le Pen n’étaient « pas les bienvenus » à la marche organisée à la mémoire de l’octogénaire juive tuée à Paris ; ce que les deux partis avaient contesté.
Marine Le Pen s’est elle aussi rendue à la marche, avec les députés frontistes Gilbert Collard, Louis Aliot, Bruno Bilde et Ludovic Pajot. Accueillie par des invectives et des insultes, sa délégation a bénéficié de l’aide de militants de la LDJ pour assurer sa protection, selon les informations du Monde. Le groupuscule, menacé de dissolution en 2014, avait reçu le soutien public de la présidente du parti d’extrême droite.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-10"> ¤ Les élus de la majorité se sont mis d’accord pour modifier les conditions du délai de rétention de 90 jours.
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Immigration : les députés tentent d’adoucir la copie de Gérard Collomb

Les élus de la majorité se sont mis d’accord pour modifier les conditions du délai de rétention de 90 jours.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h19
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h26
    |

            Manon Rescan








                        



                                


                            

La majorité progresse, mais le défi est loin d’être gagné. Face au projet de loi asile-immigration, qui sera discuté à partir de mercredi 4 avril en commission à l’Assemblée nationale, les députés de La République en marche (LRM) sont confrontés à un dilemme : ne pas dénaturer le texte, par fidélité au gouvernement, tout en préservant l’unité d’un groupe divisé par le fond de projet de loi. Le ministère de l’intérieur souhaite accélérer le traitement des demandes d’asile et les expulsions. Il a abouti à un texte jugé « répressif » par de nombreuses associations et par une partie des députés de la majorité.
Mercredi 28 mars au soir, les députés du groupe LRM tenaient leur « réunion de balayage » au cours de laquelle chacun défend ses amendements et le groupe décide de ceux qui seront portés collectivement – et donc a priori votés. Quelque 300 amendements ont été présentés pendant près de sept heures. Des échanges ponctuellement « rudes » ou « tendus », selon des participants.
Le caractère inflammable du sujet pour le groupe LRM était déjà apparu au grand jour lors de l’examen, début février, de précédents débats sur ce thème. Plusieurs voies divergentes s’étaient faites entendre lors de l’adoption d’un texte sur les conditions de placement en centre de rétention de certains migrants. Le gouvernement avait alors demandé aux députés d’adopter telle quelle une version durcie par le Sénat, provoquant un profond malaise au sein de la majorité. Afin de ressouder les troupes avant la discussion du projet de loi asile-immigration, plusieurs décisions ont été prises. Le choix du rapporteur du texte, d’abord. Une femme venue de la gauche, Elise Fajgeles, avait été préférée à la juppéiste Marie Guévenoux. Elle est épaulée par un homme également venu PS, dont c’est le deuxième mandat de député, Florent Boudié, nommé responsable de texte.

« Il va y avoir du sport »
Mercredi soir, un texte aménagé a été présenté aux...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-11"> ¤ Pour l’historien et directeur des études du CRIF, l’année 2000 a marqué un tournant pour ce qui est des actes antisémites.
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Marc Knobel : « L’Europe va se vider de ses juifs. En France, 60 000 sont partis en dix ans »

Pour l’historien et directeur des études du CRIF, l’année 2000 a marqué un tournant pour ce qui est des actes antisémites.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h17
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h11
    |

            Cécile Chambraud








                        



                                


                            
Marc Knobel, historien, directeur des études du CRIF, a publié Haine et violences antisémites. Une rétrospective : 2000-2013 (Berg international, 2013). Il explique l’impact des assassinats de juifs commis ces dernières années.
En douze ans, onze juifs ont été assassinés parce que juifs, en France. Comment a évolué l’état d’esprit des communautés juives pendant cette période ?
Lorsque Ilan Halimi a été torturé et tué dans les conditions horribles que l’on sait, en 2006, j’avais réagi en disant, dans une expression qui m’avait peut-être échappé : « C’est le premier meurtre antisémite du XXIe siècle. » Comme si quelque chose m’avait poussé à commencer à comptabiliser cela, comme si je pressentais qu’il y en aurait d’autres – ce que bien évidemment j’ignorais en 2006.
Quels facteurs vous avaient conduit à dire cela ?
Depuis l’année 2000, nous étions devant un panorama nouveau. A partir du premier octobre 2000, en l’espace de quinze jours, 75 actes antisémites ont été commis contre des juifs ou des institutions juives. C’était presque autant que pour l’ensemble des années 1998 (81 actes) et 1999 (82 actes). Fin 2000, le ministère de l’intérieur en comptabilisait 744, presque dix fois plus que les années précédentes.
Quelles ont été les réactions à l’époque ?
Elles ont été faibles. Les gouvernants et un certain nombre de responsables politiques ont été tentés de faire passer ces agressions pour des violences ordinaires. Alors que pour nous, la qualification antisémite ne faisait pas l’ombre d’un doute. Il a fallu attendre 2003 pour que le président de la République, Jacques Chirac, réagisse très fortement. Cela a marqué un tournant.
Comment a évolué la situation par la suite ?
Les événements nous ont hélas donné raison : en 2002, il y a eu 936 actes antisémites ; en 2004, 974. Ils ne sont jamais redescendus au niveau des...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-12"> ¤ Seul candidat en lice, Olivier Faure sera officiellement élu, jeudi soir, avant d’être investi premier secrétaire les 7 et 8 avril, lors du congrès du parti.
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PS : les enjeux de l’élection d’Olivier Faure au poste de premier secrétaire

Seul candidat en lice, Olivier Faure sera officiellement élu, jeudi soir, avant d’être investi premier secrétaire les 7 et 8 avril, lors du congrès du parti.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h28
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h46
    |

                            Gilles Rof et 
                            Astrid de Villaines








                        


Les militants du Parti socialiste (PS) sont de nouveau appelés aux urnes, jeudi 29 mars, pour désigner leur futur secrétaire général. Un seul candidat est en lice : Olivier Faure, arrivé largement en tête du premier tour, le 15 mars, avec 48,56 % des voix. Arrivé en deuxième position, avec 26,10 % des suffrages, Stéphane Le Foll s’est retiré le lendemain du scrutin.
Outre le choix du futur « patron » du PS, les adhérents du parti devront également désigner « les premiers fédéraux [les chefs de file du parti dans chaque département] et les secrétaires de section : ceux qui vont mener les batailles pour la rénovation idéologique et préparer les échéances à venir », explique le coordinateur du PS, Rachid Temal, qui ne fixe aucun seuil de participation.
L’espoir d’une « participation correcte »
« Il n’y a pas d’enjeu. » Voilà comment les cadors du PS résument ce second tour. Le futur premier secrétaire minimise lui-même l’importance de cette élection : « Etant le seul candidat, l’enjeu est assez faible », a estimé M. Faure, mercredi 28 mars à Toulouse, où il effectuait son dernier déplacement de campagne.
Le président du groupe Nouvelle Gauche à l’Assemblée nationale espère tout de même une « participation correcte » afin « d’asseoir cette renaissance », thème qu’il a porté tout au long de la campagne.
Il y a deux semaines, ils étaient 37 014 militants socialistes à prendre part au vote du premier tour, sur les 102 000 revendiqués par le parti (en comptant les adhésions depuis 2015). Pas sûr qu’ils soient autant à se déplacer jeudi soir, alors qu’Olivier Faure est sûr de l’emporter.

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Un seul candidat en lice dans 70 % des fédérations
Les militants n’auront guère plus le choix sur le vote de leurs représentants locaux, puisque 70 % des fédérations ne présentent qu’un seul candidat au poste de premier fédéral.
« C’est la jurisprudence Le Foll ! », se félicite Luc Carvounas, ex-candidat au poste de premier secrétaire (arrivé en dernière position au premier tour avec 6,36 % des voix), qui y voit « un signe de rassemblement du parti ».
« Pas du tout, c’est très classique », répond Rachid Temal. « Quand il y a un vote clair sur les motions, c’est naturel qu’il n’y ait qu’un candidat au poste de premier fédéral, abonde un fin connaisseur de la Rue de Solférino. Beaucoup n’ont pas envie de s’infliger une défaite. »
Même en Seine-Saint-Denis, où les discussions ont été animées entre Mathieu Monot, le candidat d’Olivier Faure, et l’ancien député Daniel Goldberg, le candidat d’Emmanuel Maurel – le représentant de l’aile gauche du PS, arrivé troisième au premier tour pour le poste de secrétaire général (18,98 % des voix) –, les deux hommes ont fini par se mettre d’accord.
M. Monot sera le seul candidat et M. Goldberg participera à l’équipe de direction avec ses troupes. Ce dernier, ancien frondeur, relativise l’importance de ce scrutin : « La plus grande section PS de France, c’est celle qui nous a quittés. Il faut dépasser nos divisions et s’adresser aux Français. Si le PS n’arrive plus à intéresser, alors notre avenir s’écrira en pointillé. »
« Mascarade » dans les Bouches-du-Rhône
Dans les Bouches-du-Rhône, la situation est assez atypique. La candidate au poste de première fédérale, Nora Mebarek, conseillère municipale d’Arles, est soutenue par Emmanuel Maurel mais aussi par Marie-Arlette Carlotti, ex-ministre déléguée aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault et soutien de Stéphane Le Foll pendant la campagne.
Face à elle, Yannick Ohanessian, le candidat d’Olivier Faure et de Luc Carvounas, s’est finalement retiré dans la nuit de mercredi à jeudi. Par communiqué, il dénonce d’avance « des irrégularités ». « Je refuse de cautionner ce scrutin qui s’apparente plus à une mascarade qu’à un combat à armes égales », a-t-il écrit. L’ex-puissante fédération des Bouches-du-Rhône reviendra donc à Emmanuel Maurel, une belle prise.
Il faudra scruter le rapport de force entre le représentant de l’aile gauche et Olivier Faure, tenant de la ligne majoritaire. Emmanuel Maurel compte remporter « entre dix et vingt fédérations », ce qui lui permettrait d’asseoir ses troupes et de mesurer son poids dans le parti. Outre la fédération symbolique des Bouches-du-Rhône où il était arrivé en tête, il devrait pouvoir compter sur l’Aube et la Nièvre, où il a réalisé d’excellents scores (72 % et 68 %). Olivier Faure, qui disposera de toute façon d’une écrasante majorité, sera officiellement investi premier secrétaire du PS lors du congrès d’Aubervilliers les 7 et 8 avril prochains.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-13"> ¤ Devant le Sénat, Elisabeth Borne a aussi assuré qu’il « n’était pas question de supprimer les lignes de maillage ou d’intérêt local ».
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La ministre des transports s’engage à ce que la SNCF « reste une société publique »

Devant le Sénat, Elisabeth Borne a aussi assuré qu’il « n’était pas question de supprimer les lignes de maillage ou d’intérêt local ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 09h30
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h02
   





                        


La ministre des transports, Elisabeth Borne, s’est engagée mercredi 28 mars à ce que la SNCF, que le gouvernement veut réformer, reste une société publique. Un « engagement fort de l’Etat » est « de donner un nouveau cadre au ferroviaire, pour une ouverture à la concurrence réussie et stimulante pour la SNCF, qui restera une entreprise publique : je m’y engage solennellement », a déclaré la ministre à l’ouverture du débat sur une proposition de loi sénatoriale.
Le sénateur (Union centriste) de l’Eure Hervé Maurey présentait devant l’hémicycle de la Haute Assemblée une proposition de loi relative à l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs, elle-même concurrente du projet de « nouveau pacte ferroviaire » porté par le premier ministre, Edouard Philippe, et la ministre des transports.
« Le débat que le gouvernement souhaitait éluder aura lieu »
Devant le Sénat, représentant des collectivités, Elisabeth Borne a aussi assuré qu’« il n’est pas question de supprimer les lignes de maillage ou d’intérêt local », les petites lignes.
Estimant que la proposition de loi sénatoriale « est proche sur certains points du texte que le gouvernement prépare », elle a relevé que « la concurrence n’est qu’un des aspects du texte du gouvernement ». « Alors que les discussions avec les organisations syndicales et patronales ne sont pas terminées, le gouvernement ne pourra pas se prononcer sur l’ensemble des dispositions de cette proposition de loi », a-t-elle annoncé.
Pour sa part, l’auteur du texte sénatorial a jugé que « grâce à cette proposition de loi, le débat que le gouvernement souhaitait éluder aura lieu ». L’examen du texte est prévu jusqu’à vendredi.

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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-14"> ¤ Le rapport Villani met en avant la nécessité pour l’Etat de maîtriser les technologies d’IA, explique l’expert Charles Thibout, dans une tribune au « Monde ».
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Intelligence artificielle : il faut « construire des synergies autour de l’innovation civile et militaire »

Le rapport Villani met en avant la nécessité pour l’Etat de maîtriser les technologies d’IA, explique l’expert Charles Thibout, dans une tribune au « Monde ».



Le Monde
 |    29.03.2018 à 08h41
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h16
    |

Charles Thibout (Chercheur à l'IRIS, enseignant à l'IEJ-Paris)







                        



                                


                            

Tribune. A la fin du rapport Villani, « Donner du sens à l’intelligence artificielle. Pour une stratégie nationale et européenne », rendu public le 28 mars (voir lien PDF), les questions de défense et de sécurité font l’objet d’un chapitre qui fixe le cadre des transformations à venir que devra engager la défense française afin d’opérer le virage de l’intelligence artificielle (IA). Les auteurs prévoient en effet que la maîtrise des technologies d’IA deviendra une nécessité pour l’Etat, afin notamment d’« assurer les missions de sécurité, conserver l’ascendant face à nos adversaires potentiels » et « tenir notre rang par rapport aux alliés ».
Plus important encore, le rapport met en lumière la nécessité d’engager une collaboration étroite entre le public et le privé, afin de faire émerger des « écosystèmes de qualité » ; autrement dit, construire des synergies autour de l’innovation civile et militaire en IA : les annonces récentes de la ministre des armées, Florence Parly, autour de la création d’un « Défense Lab », vont dans ce sens.

Pour parvenir à ce résultat, les différentes entités issues des secteurs public et privé devront échanger leurs données, la matière première de l’apprentissage automatique des machines. A l’évidence, cela entraînera des difficultés techniques, outre les questions légitimes de sécurité et de confidentialité que pourrait soulever le partage de certaines données sensibles. Néanmoins, la mission Villani et la ministre des armées semblent résolues à décloisonner la recherche et l’innovation en IA.
Un enjeu majeur de souveraineté
L’objectif affiché est de parvenir à édifier un complexe civilo-militaire de l’innovation technologique, centré sur le numérique et, plus spécialement, sur l’intelligence artificielle. A rebours des décennies précédentes où les résultats de la recherche publique militaire se déversaient dans la sphère civile, c’est désormais...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-15"> ¤ Malgré les injonctions du président du CRIF à ne pas se joindre au rassemblement, frontistes et « insoumis » sont venus mercredi soir place de la Nation, à Paris.
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Marche pour Mireille Knoll : un message d’unité gâché par des échauffourées

Malgré les injonctions du président du CRIF à ne pas se joindre au rassemblement, frontistes et « insoumis » sont venus mercredi soir place de la Nation, à Paris.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 20h43
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 09h56
    |

            Cécile Bouanchaud et 
Olivier Faye








                        



   


D’un côté, un cortège au discours rassembleur, prônant l’union contre l’antisémitisme. De l’autre, aux abords du rassemblement, la désunion et les huées. La marche blanche organisée mercredi 28 mars en mémoire de Mireille Knoll, une octogénaire juive tuée la semaine dernière à Paris, a été ternie par des incidents autour de la venue de Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, dont la présence n’était pas souhaitée par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), initiateur du rassemblement.
Dès le début du rassemblement, prévu à 18 h 30, les huées de quelques-uns sont venues rompre le silence de la foule, se recueillant place de la Nation, non loin du domicile de cette femme de 85 ans qui avait échappé de justesse à la rafle du Vél’ d’Hiv. Pour éviter les échauffourées avant le départ du cortège, Jean-Luc Mélenchon a tenu secret jusqu’au dernier moment le lieu à partir duquel il devait rejoindre la marche, mais rien n’y a fait.

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                Mort de Mireille Knoll : ses meurtriers présumés sortaient de prison



Le Pen et Mélenchon exfiltrés
Lors de son apparition sur le boulevard Voltaire, où passait la manifestation, le député des Bouches-du-Rhône a été pris à partie par quelques dizaines de manifestants aux cris d’« Insoumis dehors ! » ou « collabos ! ». Mardi, le président du CRIF Francis Kalifat avait demandé que La France insoumise (LFI) comme le Front national ne participent pas à la marche. « La surreprésentation des antisémites tant à l’extrême gauche qu’à l’extrême droite rend ces deux partis infréquentables », avait-il déclaré, provoquant des remous au sein de son organisation.

Les députés insoumis se font exfiltrer de la #Marcheblanche en passant par un parc. Mélenchon à assume sa présence… https://t.co/hVM55RM8z8— CBouanchaud (@Cécile Bouanchaud)


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Entouré de CRS, M. Mélenchon et les députés de LFI qui l’accompagnaient, comme Alexis Corbière, Eric Coquerel, Clémentine Autain ou encore Adrien Quatennens, ont dû gagner une rue adjacente du parcours emprunté par les manifestants. « Le sujet de la manifestation, ce n’est pas moi. C’est cette femme assassinée par des violents et des barbares et la nécessité de montrer que toute la communauté nationale serre des rangs. Le reste, c’est vraiment un épiphénomène », a déclaré M. Mélenchon, avant d’ajouter, alors qu’il quittait les lieux et que la marche s’ébranlait à peine :
« Que chaque juif sache qu’il est sous la protection de la communauté nationale, voilà ce qui est important. »

   


L’accueil a été sensiblement le même pour Marine Le Pen, qui a été contrainte de se ranger pendant un moment derrière un car de CRS, avant de finalement retrouver la queue de la manifestation, par une rue détournée. « Malgré les intimidations, je suis encore là », a-t-elle claironné, bravache, entourée d’un service de sécurité dans lequel se trouvaient des militants de la LDJ (Ligue de défense juive), une organisation sioniste extrémiste, qui avait délogé quelques minutes plus tôt les députés LFI.
La présidente du Front national a rejoint la place de la Nation avec quelques dizaines de minutes en retard avec le reste du cortège, essuyant les quolibets. Dans une ambiance électrique, à bonne distance des autres manifestants, elle ira jusqu’au bout du parcours, devant le domicile de la victime.

   


« Etre uni »
Dans le cortège, de nombreux manifestants regrettaient que ces échauffourées viennent entacher le message d’union qu’ils étaient venus défendre, et que de nombreux politiques appelaient de leurs vœux. Dans le cœur du rassemblement, réunissant des milliers de personnes, ce message semblait faire l’unanimité, y compris chez les politiques, avec la présence dans le cortège de personnalités d’horizons divers, du ministre de l’intérieur Gérard Collomb au président de Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez, en passant par la ministre des droits des femmes Marlène Schiappa, et la maire de Paris Anne Hidalgo ou le socialiste Stéphane Le Foll.

   


Membres du gouvernement comme de l’opposition ont accompagné cette marche blanche, en tête du cortège ou bien en se mêlant à la foule des badauds. « Si on est venus ici, c’est pour marquer l’attachement à une forme de fraternité », assure M. Le Foll. Présent à la marche, le philosophe Alain Finkielkraut, tout en étant « très hostile à l’égard de LFI, on peut parler d’islamogauchistes », a déploré les « cris indignes » de certains « imbéciles » qui n’ont « pas à faire la police de la manifestation ».
« Vient ici qui veut. Rien n’autorise à rompre ce silence. Or il a été rompu et je trouve ça lamentable. »

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                Pourquoi le CRIF s’est opposé à la venue de Mélenchon à l’hommage à Mireille Knoll



Un avis partagé par des nombreux manifestants, à l’instar de Stéphanie Hochet, écrivaine de 43 ans, qui considère que « dans ce moment solennel, l’agressivité n’a pas sa place ». Comme de nombreuses personnes présentes au rassemblement, Sylvie, venue avec son compagnon Jean-Luc craint que « les gens ne retiennent que les échauffourées de ce rassemblement », qui a réuni des manifestants de tous les âges. Et son mari d’ajouter : « Cela fait de la pub à Marine Le Pen, elle ne voulait que ça. »
Pour Ezzedine El Mestiri, journaliste et écrivain de 65 ans, c’est le CRIF qui n’aurait pas dû interdire la présence du FN et de LFI, mais plutôt écouter l’appel à l’unité lancé par l’un des fils de la victime, Daniel Knoll. « Cela a ajouté des tensions, alors qu’il faut être uni », insiste-t-il, entouré de ses deux amis, tous vivants dans le quartier, et évoluant dans les milieux intellectuels parisiens, à l’instar de nombreux manifestants. Les trois sexagénaires forment « un trio composé d’un homme éduqué dans une culture arabo-musulmane, d’un catholique et d’une athée ». D’une même voix, ils estiment que « ce rassemblement ne doit pas être celui d’une communauté ou d’un fait divers, mais celui de toutes et tous ».

   


« Ce qui s’est passé donne une vision de l’humanité terrifiante, alors nous voulons montrer que l’humanité, c’est aussi ça : des gens qui se rassemblent », résume Sylvie, qui incarne ce sentiment d’abandon et d’insécurité que de nombreuses personnes âgées dans le cortège semblent partager – « personne n’est là pour nous protéger ».
« Aucune mesure »
Main dans la main, Jean-Luc et Sylvie regrettent « les amalgames avec l’islamisme radical », aperçus sur certaines pancartes dans le cortège. Pour justifier sa présence Marine Le Pen avait également fait le lien entre islamisme et antisémitisme :
« Ça fait des années que nous dénonçons et nous luttons contre l’antisémitisme islamiste, et par conséquent, nous sommes particulièrement à notre place ici. »
Loin de voir dans ce qu’il s’est passé un acte d’islamistes radicaux, Stéphanie Hochet constate, impuissante, « la multiplication des actes violents envers les juifs », citant l’affaire de Sarah Halimi, défenestrée en 2017, dans le même quartier que Mireille Knoll. Le caractère antisémite de son meurtre avait été reconnu tardivement. Désabusée, elle estime que les politiques ne prennent « aucune mesure à la hauteur de ce problème crucial ».

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                Ce que l’on sait du meurtre de l’octogénaire juive Mireille Knoll



Enveloppée dans un drapeau d’Israël, Céline, 45 ans, s’indigne :
« On en a marre, les juifs de France, on ne se sent plus protégés, des enfants se font tuer dans des écoles, des adultes dans des supermarchés. »
Si la mère de famille se réjouit que les rangs du cortège soient étoffés, elle rappelle que les précédentes mobilisations, dont celle du 11 janvier 2015, « n’ont rien changé ».
« Mireille Knoll était notre grand-mère à tous. »
Si dans le cortège, les banderoles et les slogans se faisaient rares, de nombreux manifestants avaient accroché sur leur poitrine un badge avec une photo de l’octogénaire, le sourire aux lèvres et le regard doux.
La marche blanche s’est terminée devant son modeste logement social, où des fleurs, des bougies et des messages ont été déposés. En signe d’unité, des manifestants ont entonné La Marseillaise, faisant écho à celle qui avait résonné quelques heures plus tôt dans la cour d’honneur des Invalides, lors de l’hommage national rendu au gendarme Arnaud Beltrame tué par un terroriste, le même jour que Mireille Knoll. Deux événements qui ont mis à mal l’unité nationale et que ces hommages ont tenté de réparer.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-16"> ¤ La proposition de loi LRM controversée a été adoptée en première lecture et soutenue par la majorité et la droite, tandis que la gauche s’y est opposée.
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La proposition de loi sur le « secret des affaires » adoptée à l’Assemblée

La proposition de loi LRM controversée a été adoptée en première lecture et soutenue par la majorité et la droite, tandis que la gauche s’y est opposée.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 18h45
   





                        


Les députés ont approuvé, mercredi 28 mars en première lecture, par 46 voix contre 20, une proposition de loi LRM pour protéger le « secret des affaires » des entreprises qui suscite des inquiétudes parmi les médias et associations, relayées dans une partie de l’hémicycle.
Ce texte, qui transpose une directive adoptée par le Parlement européen en juin 2016, a été soutenu par la majorité et la droite, alors que la gauche a voté contre. Il sera débattu au Sénat, le 18 avril.
« Il s’agit de protéger nos entreprises contre l’espionnage économique, le pillage industriel ou la concurrence déloyale », a plaidé le rapporteur LRM Raphaël Gauvain. Et « nos concurrents, en particulier les Etats-Unis, disposent depuis longtemps d’un arsenal performant », alors que la France a échoué, à cinq reprises depuis 2004, à se doter d’une telle législation.

        Lire aussi :
         

                Ce qu’il faut savoir de la directive sur le secret des affaires



Un texte qui inquiète les médias
Selon le texte est protégée toute information qui n’est pas « généralement connue ou aisément accessible à une personne agissant dans un secteur […] traitant habituellement de cette catégorie d’information », dont la valeur commerciale est due à son caractère secret, et qui a « fait l’objet de la part de son détenteur légitime de mesures de protection raisonnables ».
Dans une tribune la semaine dernière, un collectif de sociétés de journalistes (du Monde à l’AFP), de syndicats et d’associations (comme Sherpa) a dénoncé une définition « si vaste que n’importe quelle information interne à une entreprise peut désormais être classée dans cette catégorie » et estimé que des « scandales comme celui du Mediator ou du bisphénol A, ou des affaires comme les “Panama Papers” ou “LuxLeaks” pourraient ne plus être portés à la connaissance des citoyens ». Selon ce collectif, les dérogations prévues à la protection du secret pour empêcher les poursuites de syndicalistes, lanceurs d’alerte ou journalistes sont « trop faibles ».

        Lire notre décryptage :
         

          La loi sur le secret des affaires menace-t-elle la liberté d’informer ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-17"> ¤ Le président, qui a rendu hommage au colonel de gendarmerie assassiné par le djihadiste à Trèbes, a inscrit son acte de bravoure dans la lignée du roman national français.
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édition abonné


A travers Arnaud Beltrame, Emmanuel Macron brandit la figure du « héros » face à l’islamisme

Le président, qui a rendu hommage au colonel de gendarmerie assassiné par le djihadiste à Trèbes, a inscrit son acte de bravoure dans la lignée du roman national français.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h49
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h18
    |

            Cédric Pietralunga et 
Bastien Bonnefous








                        



                                


                            

La Marche funèbre de Chopin résonne dans la cour d’honneur des Invalides, accompagnée du bruit de la pluie sur les pavés. Le lieu en a l’habitude, notamment depuis 2015 et la série d’attentats qui ont frappé la France. Mais c’est une première pour Emmanuel Macron, qui n’avait jusque-là fréquenté l’imposant bâtiment militaire que pour y rendre hommage à Simone Veil, à Jean d’Ormesson ou au compagnon de la Libération Fred Moore. Cette fois, le chef de l’Etat enterre un soldat tombé au champ d’honneur, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, tué dans l’attaque terroriste de Trèbes (Aude), le 23 mars.

Sous des tentes blanches installées dans la cour, ce mercredi 28 mars, toute la République est rassemblée : les anciens présidents François Hollande et Nicolas Sarkozy, des anciens premiers ministres (François Fillon, Jean-Pierre Raffarin, Jean-Marc Ayrault, Manuel Valls, Bernard Cazeneuve, Alain Juppé, Edith Cresson), l’ensemble des représentants des corps constitués et des cultes, plus de 300 députés et des dirigeants politiques de tous bords, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Laurent Wauquiez.
Les familles des quatre victimes de Redouane Lakdim sont là, discrètes, refusant d’être filmées. Un millier de badauds a aussi pu rentrer dans l’hôtel des Invalides, exceptionnellement ouvert au public, une volonté du chef de l’Etat.
Pour Emmanuel Macron, le « sacrifice » du militaire, qui a pris la place d’une otage et permis sans doute de lui sauver la vie, mérite un hommage exceptionnel. Après avoir été veillé toute la nuit par ses frères d’armes à la caserne de gendarmerie Tournon (Paris, 6e), le cercueil d’Arnaud Beltrame entame depuis le Panthéon, monument dédié aux grands hommes de la nation, un lent parcours à travers la capitale, escorté par la garde républicaine. Le passage de la dépouille est salué par des milliers de personnes, forces de l’ordre en tenue d’honneur, lycéens et écoliers,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,57-0,64-823353,0-18"> ¤ De Marine Le Pen à Laurent Wauquiez, des responsables politiques qui jugent les lois trop permissives occultent l’existence de textes permettant déjà nombre d’applications.
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Terrorisme, radicalisation : un arsenal de lois déjà bien fourni

De Marine Le Pen à Laurent Wauquiez, des responsables politiques qui jugent les lois trop permissives occultent l’existence de textes permettant déjà nombre d’applications.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 17h23
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 17h47
    |

            Adrien Sénécat








                        


Un attentat, une nouvelle loi ? Au lendemain des événements de Trèbes (Aube), plusieurs responsables politiques, de Marine Le Pen à Laurent Wauquiez, réclament de nouvelles mesures pour poursuivre les individus dans la mouvance terroriste. Certaines de leurs pistes, notamment concernant les personnes fichées « S », sont difficilement applicables, comme l’a rappelé à plusieurs reprises Le Monde.
Surtout, elles laissent parfois penser qu’il serait impossible, en l’état actuel, de poursuivre en France des individus dangereux, sur le point de commettre des actes terroristes. Les limites de la lutte antiterroriste sont-elles vraiment le fait d’un arsenal juridique trop maigre ? Tour d’horizon (non exhaustif) des réponses déjà prévues par la loi dans différents cas.
Ceux qui ont déjà commis des actes en lien avec une entreprise terroriste
Un chapitre entier du code pénal est consacré au terrorisme. L’article 421 donne une définition assez large de ces actes. Ainsi, toute une série d’infractions sont considérées comme des actes de terrorisme « lorsqu’elles sont intentionnellement en relation avec une entreprise individuelle ou collective ayant pour but de troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».
La liste des faits visés inclut notamment :
les atteintes aux personnes (atteintes à la vie ou à l’intégrité physique, enlèvements, séquestrations…) ;les atteintes aux biens (vols, destructions, dégradations…) ;les infractions en matière d’armes, de produits explosifs ou de matières nucléaires ;les infractions de blanchiment ;les délits d’initié ;les attaques qui viseraient à contaminer l’environnement (l’air, le sol, les aliments, les eaux…) ;le fait de participer à un groupement formé pour préparer un attentat ;le fait de financer une entreprise terroriste.
Ainsi, le code pénal ne permet pas seulement de poursuivre les combattants terroristes, mais aussi leurs éventuels complices. Par exemple, une quinzaine de personnes sont poursuivies pour avoir, à des degrés divers, apporté une aide logistique à Amedy Coulibaly dans les attentats de janvier 2015.
Dès lors qu’elles sont jugées comme actes de terrorisme, toutes ces infractions font l’objet de sanctions plus sévères que sans ce qualificatif aggravant : jusqu’à la prison à perpétuité pour les faits « normalement » punis de trente ans de prison maximum, trente ans de prison au lieu de vingt, et ainsi de suite.

        Lire (en édition abonnés) :
         

          « Charlie Hebdo » et Hyper Cacher : trois ans après les attentats, l’enquête sera close en 2018



Ceux qui prévoient de passer à l’acte
Autre point qui mérite d’être rappelé dans ce débat : le code pénal ne punit pas que le fait de commettre des actes terroristes, il punit aussi le fait d’en préparer. C’est « l’association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes », et l’article 421-2-1 du code pénal prévoit justement que « constitue également un acte de terrorisme le fait de participer à un groupement formé ou à une entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un des actes de terrorisme ». Ce n’est donc pas seulement la réalisation, mais aussi l’intention qui est visée.
On peut, par exemple, rappeler le cas de trois candidats au djihad interpellés à l’aéroport de Saint-Etienne en 2012, avant leur départ. Ces derniers avaient été condamnés en 2014 à des peines de quatre à cinq ans de prison ferme, sans jamais avoir mis les pieds en Syrie.
A cette aune, le cas des individus fichés « S » les plus dangereux, régulièrement agité par certains responsables politiques, ne pose plus tant un problème de droit (il est tout à fait possible de poursuivre des personnes qui projettent des actes terroristes) que de renseignement et de suivi. L’enjeu est alors de savoir si les individus les plus dangereux ont bien été identifiés et si les autorités disposent de suffisamment de charges à leur encontre pour les poursuivre.

        Lire :
         

          « Impunité » pour les candidats au djihad : Benoist Apparu contredit par les faits



Ceux qui sont de nationalité étrangère
La loi prévoit la possibilité d’expulser des personnes étrangères sous condition. Par exemple, celles qui représentent « une menace grave ou très grave pour l’ordre public », qu’elles disposent d’un titre de séjour valide ou non. Il n’est pas nécessaire que la personne visée ait déjà fait l’objet d’une condamnation pénale, mais la mesure d’expulsion doit être « proportionnée » à la menace que représente la personne.
Cette procédure concerne les résidents étrangers qui viennent de pays non membres de l’Union européenne, mais une procédure particulière existe également pour les Européens.
Par ailleurs, les binationaux naturalisés français depuis moins de quinze ans au moment des faits de terrorisme peuvent être déchus de leur nationalité française.
Ceux qui affichent leur sympathie avec le terrorisme
L’article 421-2-5 du code pénal prévoit le cas spécifique de l’incitation au terrorisme et de l’apologie des actes terroristes. La peine encourue pour ces délits est de cinq ans de prison et 75 000 euros ainsi que sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende « lorsque les faits ont été commis en utilisant un service de communication au public en ligne ». 
C’est, par exemple, à ce titre que l’ancien candidat de La France insoumise Stéphane Poussier a été condamné, le 27 mars, à un an de prison avec sursis, ainsi qu’à une privation de ses droits civiques pendant sept ans. Il s’était réjoui, sur Twitter et Facebook, de la mort du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame.
Ceux qui incitent au terrorisme sous couvert de religion
La liberté religieuse est garantie en France, notamment par l’article 1 de la Constitution qui dit que la République « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion [et] respecte toutes les croyances. »
En revanche, l’apologie du terrorisme est punie, tout comme les appels à la violence ou à la haine d’une manière générale. C’est sur cette base que des poursuites ont pu être engagées contre des imams ou que des mosquées salafistes ont été fermées.
Des imams étrangers peuvent être expulsés pour les mêmes raisons : le 8 mars, une commission de magistrats a ouvert la voie à l’expulsion de l’imam salafiste algérien El Hadi Doudi, qui officiait à Marseille. L’intéressé est accusé d’avoir mené des prêches radicaux et haineux à l’encontre des juifs et de ceux qu’il qualifie de « mécréants ».

        Lire :
         

          Après les attentats de l’Aude, des propositions contre le terrorisme difficilement applicables






                            


                        

                        


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Le Monde
 |    28.03.2018 à 16h53
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 09h25
    |

                            Zineb Dryef








                        



                                


                            

« Je ne veux plus entendre parler d’amour », a décidé Amira il y a six mois. C’était fin septembre. Elle était au restaurant chinois avec son nouveau copain. Une sortie exceptionnelle. La jeune fille de 22 ans, apprentie esthéticienne dans un salon parisien, avait pensé que ce serait « sympa » de faire quelque chose à deux, de rompre l’ordinaire des soirées en pantalons mous devant l’écran plat de son studio, à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). « A la base, c’était mon meilleur ami. Comme j’ai pris un studio pas loin de chez mes parents, il venait traîner chez moi quasiment tous les soirs. » 
Au restaurant, devant un bœuf aux oignons, son copain s’est mis à parler d’une autre fille, comme ça, sans précautions particulières – ça s’annonçait plutôt bien, leurs échanges sur Messenger – la messagerie de Facebook – étaient encourageants. Quand elle a explosé, qu’elle lui a demandé s’il se foutait de sa gueule, il n’a pas compris. « Pour lui, on n’était pas ensemble. On s’est embrassé une fois et tout ça… Mais pour lui, je n’étais rien. » Depuis, elle préfère les rencontres sur Tinder. « La plupart des mecs te demandent direct : “Tu fais quoi sur Tinder ? Tu cherches juste un plan cul ou autre chose ? C’est pour que les choses soient claires.” »
« Plans cul »
Amira a donc rejoint les quelque 50 millions d’utilisateurs de l’application mobile. Massivement utilisée par des jeunes – 50 % des utilisateurs ont entre 18 et 24 ans –, Tinder s’est imposée comme un nouveau mode de rencontre, ludique et décomplexé, et a institutionnalisé les possibilités de relations éphémères (également dites « plan cul »). « Internet a banalisé la sexualité, vécue par certains comme un plaisir sans engagement, un loisir comme un autre, décrit le sociologue du couple Jean-Claude Kaufmann. Ce développement d’une sexualité dédramatisée et décomplexée est très impressionnant, comme s’il s’agissait de...




                        

                        


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Mayotte : le gouvernement nomme un nouveau préfet

Dominique Sorain remplacera Frédéric Veau, a annoncé Annick Girardin, la ministre des outre-mer, tandis que l’île est secouée par un mouvement social depuis plus d’un mois.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 15h50
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h16
    |

            Patrick Roger








                        



   


Peut-être un tournant décisif pour sortir de la crise majeure que traverse Mayotte. Après six semaines de grèves et de blocages, l’échec de la précédente mission et deux semaines perdues depuis la visite sur l’île de la ministre des outre-mer, Annick Girardin, un mouvement s’amorce. Préfectoral, d’abord : Dominique Sorain, l’actuel directeur du cabinet de la ministre des outre-mer, a été nommé en conseil des ministres, mercredi 28 mars, préfet de Mayotte, délégué du gouvernement, en remplacement du préfet Frédéric Veau, dépassé par la situation.
M. Sorain, 62 ans, a pour lui le bénéfice de l’expérience et de la connaissance des outre-mer. Avant d’être appelé pour diriger le cabinet de Mme Girardin, il a exercé pendant trois ans la fonction de préfet de la Réunion. Il devait partir à Mayotte dès jeudi 29 mars et sera sur place le lendemain pour se mettre immédiatement au travail et « réaffirmer le rôle de l’Etat ». Il est accompagné d’une équipe interministérielle de six hauts fonctionnaires, spécialistes reconnus dans leurs domaines respectifs. Conjointement, ils ont vocation à renforcer les services de l’Etat et à examiner l’ensemble des volets soulevés par le mouvement social et les élus mahorais.

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Constat d’échec
« Tout est urgent à Mayotte », a reconnu Mme Girardin, mercredi, en présentant ces nouveaux missionnaires. Tout en admettant à demi-mot un constat d’échec : « Lors de mon passage à Mayotte, j’ai pu mesurer à quel point la confiance s’est brisée entre l’Etat et les citoyens. » L’équipe mandatée sur place aura la lourde tâche de la rétablir. Elle aura un mois pour présenter un train de mesures sociales et économiques. Un point d’étape à mi-parcours sera effectué à Paris le 16 avril avec le premier ministre.
« L’Etat restera aux côtés de Mayotte », a assuré la ministre. Au sujet des divergences qui parcourent l’exécutif en ce qui concerne les relations avec les Comores et l’hypothèse – dont Le Monde et Le Canard enchaîné se sont fait l’écho – d’une « communauté de l’archipel des Comores », elle a rétorqué que « ce gouvernement est uni ». « Mayotte est le cent-unième département français et le restera, a affirmé Mme Girardin. S’il y avait une quelconque évolution, elle ne viendrait pas de mon gouvernement mais des élus du territoire. »
A Mayotte, ces nominations semblent avoir été plutôt favorablement accueillies. « On a besoin de rencontrer ce monsieur dans un cadre apaisé. Mayotte a besoin de souffler. Nous espérons qu’il vient avec de vraies solutions allant dans le sens de la population de Mayotte, et que la question diplomatique avec les Comores sera bientôt réglée une fois pour toutes », estime Safina Soula, une des porte-parole du mouvement, dans Le Journal de Mayotte.

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« Mise au point »
Après que des tensions sont apparues ces derniers jours entre les représentants du mouvement et les élus, l’intersyndicale, le collectif des citoyens, les élus et le patronat se sont réunis, mercredi, au conseil départemental de Mayotte pour une « mise au point ». A l’issue de cette rencontre, un nouveau document commun a été approuvé, comportant 101 mesures, autant que le numéro ordinal du département. « Toutes les parties prenantes à cette réunion ont décidé de s’unir et de travailler ensemble pour Mayotte », se réjouit Fatima Souffou, première vice-présidente du conseil départemental, saluant « une réunion historique ».
Dans l’attente des premières rencontres avec le nouveau préfet et l’équipe dépêchée sur place, les barrages demeurent mais devraient être plus « fluides », afin de « maintenir le rapport de forces pendant les négociations ». L’espoir d’une sortie de crise a repris un peu de consistance.

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