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La fortune de Charles Aznavour optimisée grâce au Luxembourg

« Le Soir » et Mediapart révèlent les pratiques d’optimisation fiscale du chanteur français, âgé de 94 ans.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h13
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h26
   





                        



   


Des impôts évités, mais en toute légalité. Avec Charles Aznavour, Le Soir et Mediapart ont ajouté, jeudi 29 mars, un nouvel exemple à la longue liste des contribuables français qui recourent, en toute discrétion, à l’optimisation fiscale en exploitant les failles des législations au sein même de l’Europe.
Le quotidien belge et le site d’information français détaillent un montage fiscal élaboré entre 2007 et 2016, qui a permis au chanteur français, aujourd’hui âgé de 94 ans, de défiscaliser une grande partie de ses revenus. M. Aznavour n’a pas eu besoin de dissimuler sa fortune dans des sociétés écrans ou des trusts à l’autre bout du monde : il lui a suffi, comme à beaucoup de contribuables européens, d’ouvrir une société au Luxembourg, le petit duché coincé entre la France et l’Allemagne, membre de l’Union européenne.
Il contestait être un exilé fiscal
Une bonne partie des droits d’auteur du chanteur de La Bohême ont été transférés dans cette société boîte à lettres, baptisée Abricot SA, dont le statut permet une défiscalisation complète des dividendes. Charles Aznavour étant résident fiscal suisse, les revenus générés par ses chansons n’ont quasiment pas été imposés en France. Selon les calculs de Mediapart, « plus d’un million et demi d’euros a légalement échappé à la fiscalité française des dividendes ».
Ce montage respecte les contours de la légalité, mais il dément les affirmations du chanteur : interrogé en 2013, sur RTL, celui-ci se défendait d’être un exilé fiscal, et assurait payer en France les impôts sur ses activités françaises.
L’enquête du Soir et de Mediapart souligne qu’une réorganisation à l’automne 2016 a fait entrer plusieurs membres de la famille du chanteur dans le montage autour d’Abricot. Son épouse, deux de ses enfants et sa sœur sont, depuis cette date, « éligible[s] à une part plus importante des bénéfices issus des droits d’auteur » (seule sa sœur, résidente fiscale dans l’Hexagone, reste théoriquement soumise à la fiscalité française).
Selon les deux quotidiens, cette réorganisation devrait faciliter la succession de M. Aznavour, qui pourra se dérouler dans le cadre du droit luxembourgeois.
Contacté par Mediapart et par Le Soir, Charles Aznavour n’a pas répondu aux sollicitations.



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Le lexique des Paradise Papers
            







require(["jquery", "jquery-ui/core"], function($, jqueryUICore) {

  var donnees = {
  "actifs":   ["Actifs","En comptabilité, un actif est un élément de patrimoine susceptible de générer de la valeur, pour l’entité ou la personne qui le possède. Il peut s’agir d’un actif immobilier (bâtiments, etc.) mais aussi d’actions ou de créances (c’est-à-dire de l’argent prêté qui doit être remboursé par une autre entreprise ou une autre personne)."],
  "actionnaire":   ["Actionnaire","Propriétaire déclaré d’une société. Certains actionnaires possèdent réellement le capital de ces sociétés, d’autres ne sont que des prête-noms."],
  "administrateur":   ["Administrateur","Personne qui dirige une société, qui peut être indifféremment directeur ou membre du conseil d’administration. Dans les sociétés offshore, cela n’implique pas de gérer l’activité de l’entreprise au quotidien, mais seulement d’en assumer la responsabilité légale."],
  "agent":   ["Agent de domiciliation de société offshore","C’est l’une des activités du cabinet d’avocats Appleby : l’enregistrement de sociétés dans des paradis fiscaux pour le compte de clients, un métier qui implique une solide connaissance du droit. En appui, la firme propose d’autres services : la location de prête-noms, des services bancaires, la création de trusts…"],
  "accis":   ["Assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (ACCIS)","La Commission européenne souhaite mettre en place cette réforme pour limiter l’optimisation fiscale des multinationales. L’idée est de taxer les multinationales sur la base du bénéfice total qu’elles réalisent dans l’Union européenne, plutôt que pays par pays. Cela les dissuaderait de déplacer leurs profits dans les pays les plus avantageux, comme les Pays-Bas ou l’Irlande, pour payer moins d’impôts."],
trustee).Généralement, les bénéficiaires ou des membres de leur famille, sont les propriétaires initiaux des actifs du trust. Mais il peut aussi s’agir d’une organisation caritative."],
  "blanchiment":   ["Blanchiment d’argent","Il consiste à réinvestir des fonds de provenance illicite (trafic de drogue, vente d’armes, fraude fiscale…) dans des activités légales pour les « recycler ». Les sociétés offshore sont parfois utilisées pour blanchir de l’argent."],
trustee). Ce dernier a dès lors le contrôle des biens et les gère pour le compte de bénéficiaires (qui peuvent être le constituant ou des membres de sa famille par exemple). Le constituant est également appelé fiduciant ou settlor."],
  "seingprive":   ["Contrat sous seing privé","Contrat signé entre deux parties « privées » (particulier, entreprise, avocat, etc.) Il s’oppose aux « actes authentiques » qui, eux, doivent être rédigés par un individu agissant en tant qu’officier public (huissier, notaire)."],
« commanditaire vennootschap » en néerlandais) est un montage fiscal qui permet à des multinationales américaines de limiter ou d’éliminer leurs impôts, en étant taxées ni aux Etats-Unis ni aux Pays-Bas."],
Plusieurs techniques sont utilisées, en détournant des techniques de comptabilité à l’origine légales, pour artificiellement baisser les profits. Parmi elles, le prix de transfert, les redevances de propriété intellectuelle ou les prêts entre filiales."],
  "dividende":   ["Dividende","Quand une entreprise engendre des bénéfices, elle peut en reverser une partie à ses actionnaires, à hauteur du nombre d’actions qu’ils possèdent dans le capital."],
  "doubleirlandais":   ["Double irlandais","Montage fiscal permettant de diminuer l’impôt payé en créant en Irlande une société au statut « hybride ». Ce statut permet à la société créée de faire ses affaires dans le cadre du droit commercial irlandais, tout en établissant sa résidence fiscale dans un paradis fiscal – ou nulle part – et évitant ainsi l’impôt. L’Irlande a adopté une réforme fiscale visant à supprimer ce statut à l’horizon 2020."],
  "echangeautoinfo":   ["Echange automatique d’informations","C’est l’un des meilleurs outils de coopération internationale pour lutter contre la fraude fiscale : il astreint les Etats à partager toutes les informations fiscales importantes (comme l’identité des détenteurs de comptes, etc.) avec les autres Etats. Par exemple, une banque suisse abritant le compte d’un Français doit signaler l’existence de ce compte au fisc français. Une centaine de pays, dont les principaux paradis fiscaux, se sont engagés à commencer l’échange automatique en 2017 ou en 2018."],
  "evasionfiscale":   ["Evasion fiscale","Stratégie d’évitement de l’impôt en plaçant une partie ou la totalité de ses actifs dans des pays à la fiscalité avantageuse, sans s’y expatrier. Elle peut relever soit de l’optimisation fiscale (légale), soit de la fraude fiscale (illégale)."],
  "exilefiscal":   ["Exilé fiscal","Se dit d’une personne qui, pour échapper à un impôt qu’elle considère trop important, déménage dans un pays à la fiscalité plus légère."],
trustee) est la personne physique ou la société qui détient temporairement de l’argent ou des biens pour le compte d’un tiers (le fiduciant). A charge pour lui de gérer les fonds ou les mandats qui lui ont été transférés, non dans son propre intérêt, mais pour le compte du bénéficiaire. Les deux parties, fiduciaire et fiduciant, sont liées par un contrat, appelé « trust » ou fiducie."],
  "forumulaireimportation":   ["Formulaire d’importation","Déclaration remplie par l’importateur d’un véhicule (voiture, avion, etc.), signée par les douanes du pays où il est livré. En Europe, ce formulaire certifie officiellement que le véhicule est en règle sur le plan de la TVA et donc, qu’il peut être utilisé au sein des territoires européens sans avoir à s’acquitter de la TVA dans les pays où il circule."],
  "fraudefiscale":   ["Fraude fiscale","Utilisation de moyens illégaux pour baisser le montant de son imposition, voire y échapper totalement. Le fait de déplacer des capitaux dans des juridictions étrangères sans en avertir le fisc constitue une forme de fraude fiscale."],
  "holding":   ["Holding","Il s’agit généralement d’une société qui n’a pas d’activité économique réelle : sa seule fonction est de prendre des participations dans d’autres sociétés et d’effectuer des opérations financières. La holding peut permettre de regrouper l’ensemble des filiales d’un groupe. Nombreux sont ceux qui créent des holdings au Luxembourg pour gérer leurs affaires, car l’imposition y est très faible."],
  "impotsociete":   ["Impôt sur les sociétés","Impôt dont doivent s’acquitter les sociétés auprès des Etats, selon leur résidence fiscale. Généralement, il s’agit d’un pourcentage des bénéfices réalisés par l’entreprise (environ 33 % en France)."],
  "leasingmaltais":   ["Leasing maltais","Montage fiscal permettant de faire baisser le taux de la TVA à 5 %, principalement pour les yachts. Pour en bénéficier, il faut acheter le bateau par l’intermédiaire d’une société maltaise et se le louer via une seconde société maltaise, qui deviendra propriétaire du bateau au bout de plusieurs années."],
  "multinationale":   ["Multinationale","Société ayant des liens économiques forts avec plusieurs pays, que ce soit grâce à ses filiales locales (qui créent des bénéfices en produisant ou en vendant sur place) ou à ses investisseurs (qui apportent le capital nécessaire pour financer l’entreprise)."],
Elle est aussi bien pratiquée par des particuliers que par des entreprises, souvent multinationales. La Commission européenne a ainsi relevé que ces dernières contribuaient à l’impôt en moyenne à hauteur de 10 % de leurs bénéfices réalisés en Europe, contre 23 % en moyenne pour les autres entreprises."],
  "paradisfiscal":   ["Paradis fiscal","Pays ou territoire où certains impôts sont très bas, voire inexistants, et qui cultive une certaine opacité sur les titulaires des comptes et des sociétés. Leur définition varie selon l’époque et l’organisation qui établit la liste des paradis fiscaux."],
  "pretenom":   ["Prête-nom","Personne qui agit au nom d’une autre comme actionnaire ou administrateur d’une société. L’utilisation de prête-noms, ou d’homme de paille, permet de dissimuler l’identité du bénéficiaire réel."],
  "quitusfiscal":   ["Quitus fiscal","Certificat indiquant qu’un véhicule (avion, voiture, etc.) est en règle par rapport à la TVA. En Europe, il permet notamment d’autoriser la circulation d’un véhicule ayant été acheté dans un autre pays que celui où réside son acheteur. En effet, dans le cas d’un achat à l’étranger, la TVA doit normalement être acquittée dans le pays de livraison."],
  "rabaismaltais":   ["Rabais maltais","Dispositif fiscal permettant aux entreprises étrangères de réduire l’impôt sur les sociétés de leurs filiales maltaises à un taux effectif d’environ 5 %, bien loin des 33 % applicables en France."],
  "redevancepropintelle":   ["Redevances de propriété intellectuelle","Egalement appelées royalties, ces redevances permettent de facturer à d’autres sociétés d’un groupe l’exploitation d’un brevet ou d’une marque."],
  "regimemerefille":   ["Régime fiscal « mère-fille »","Une société mère est une société qui détient plus de 50 % du capital d’autres sociétés, appelées « sociétés filles » ou filiales. Pour éviter une double imposition, la plupart des Etats permettent à la société mère de bénéficier d’une exonération d’impôt sur les sociétés sur les dividendes reçus par ses filiales. En France, la société mère doit payer une taxe forfaitaire de 5 % sur le montant des dividendes reçus de ses filiales."],
  "registrecommerce":   ["Registre du commerce","Un registre du commerce est une base de données rassemblant les informations importantes relatives aux entreprises immatriculées dans un pays. On y trouve généralement l’identité de leurs administrateurs, leur date de création (et de fermeture), leur forme juridique, raison sociale et parfois, leurs actionnaires."],
  "restritfiscal":   ["Rescrit fiscal","Accord fiscal secret entre un pays et une entreprise, qui permet de fixer, au cas par cas, un niveau d’imposition moins élevé que le taux normal. Ce système, mis en lumière par le scandale « LuxLeaks », a notamment permis à des multinationales de payer très peu d’impôts au Luxembourg. Depuis début 2017, les Etats européens ont l’obligation de communiquer tous les rescrits fiscaux qu’ils signent aux autres capitales européennes."],
« centre de ses intérêts économiques » ou les agents de l’Etat exerçant leur fonction à l’étranger. Si l’un de ces critères est rempli, l’individu devra s’acquitter de ses impôts en France.Selon les Etats, cette définition varie. La plupart signe des conventions bilatérales pour définir où le citoyen doit quel impôt. Avec pour but affiché d’éviter la double imposition… mais aussi l’absence d’imposition."],
  "secretbancaire":   ["Secret bancaire","Une banque ou un Etat proposant le secret bancaire s’engage à ne pas transmettre les informations concernant ses clients (identité, comptes) à des tiers. Elle peut choisir de ne lever la confidentialité qu’au cas par cas, souvent après une demande judiciaire. Ce principe d’opacité a longtemps nourri le succès de la Suisse auprès des fraudeurs, mais il est aujourd’hui largement écorné."],
  "societecoquille":   ["Société coquille ou société écran","Société qui n’exerce pas d’activité économique réelle. Généralement installée dans un paradis fiscal, elle peut servir à détenir discrètement des comptes en banque, des participations ou des investissements, dans le but d’opacifier des transactions financières."],
  "societeoffshore":   ["Société offshore","Littéralement, « offshore » signifie « extraterritorial ». Une société offshore est enregistrée dans un pays non pour y exercer une activité, mais pour disposer d’une boîte à lettres - souvent pour profiter des avantages fiscaux ou réglementaires du paradis fiscal choisi."],
L’intérêt principal de ce montage, dans le cadre de l’optimisation fiscale, est qu’en mettant dans un trust une partie de ses actifs, le constituant n’en est plus le propriétaire effectif. Son impôt s’en trouve donc diminué."],
Dans l’Union européenne, chaque Etat fixe lui-même le niveau de sa TVA nationale. Si une entreprise se fait livrer en France un bien acheté dans un autre pays de l’UE, elle paiera la TVA française. Si une entreprise livre un bien dans un autre pays de l’UE, la TVA sera payée dans cet autre pays. Ce système de « TVA intracommunautaire » a été créé pour éviter une double taxation de l’expéditeur et de l’acquéreur."],
Les groupes qui l’utilisent peuvent compenser les pertes de l’une des sociétés avec les bénéfices d’une autre, ce qui peut diminuer le montant de leur impôt. Ce régime permet également d’éliminer les opérations de vente et d’achat entre les sociétés d’une même unité fiscale."]
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤ Notre choix du soir. Ryan Murphy consacre la deuxième saison de cette anthologie au portrait d’Andrew Cunanan, meurtrier du couturier italien en 1997 (sur Canal+ à 21 heures).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

TV – « American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace »

Notre choix du soir. Ryan Murphy consacre la deuxième saison de cette anthologie au portrait d’Andrew Cunanan, meurtrier du couturier italien en 1997 (sur Canal+ à 21 heures).



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h45
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Canal+ à 21 heures

Pour la première saison de la série anthologique American Crime Story, sous-titrée The People vs. O.J. Simpson, son créateur, le prolifique et virtuose Ryan Murphy, avait choisi, pour incarner le rôle du footballeur américain, Cuba Gooding Jr., qui ressemblait de loin, vocalement et physiquement, au modèle original.
Pour la saison 2, sous-titrée The Assassination of Gianni Versace, Murphy a engagé deux acteurs, Edgar Ramirez et Darren Criss, dont la ressemblance physique avec le couturier italien et son meurtrier, Andrew Cunanan, est en revanche presque hallucinante de vérité. L’actrice espagnole Penélope Cruz joue, elle aussi, avec un étonnant sens mimétique Donatella, la sœur du styliste, qui allait prendre les rênes de la maison de couture après la mort de ce dernier, assassiné par balle sur le seuil de sa maison de Miami Beach, en Floride, le 15 juillet 1997.
Les scènes familiales chez les Versace, partagées avec Ricky Martin, qui incarne Antonio D’Amico, le compagnon du couturier, ont, hélas, un aspect ridicule dommageable : les trois Italiens parlent, entre eux, un anglais à fort accent, parfois incompréhensible (celui de Donatella, qui l’est tout autant dans la vie réelle). C’est une convention, mais elle fait tache dans un cadre aussi méticuleusement fondé sur le réel.
Ressemblance stupéfiante
Cependant l’essentiel du propos se concentre sur la figure du tueur, Andrew Cunanan, jeune homme mégalomane, affabulateur et d’une cruauté sadique hors du commun. Issu d’un milieu modeste, fils d’un père incestueux et escroc, le jeune homme, cultivé, intelligent et grand séducteur, tuera quatre autres victimes avant de se venger de Versace, qui le fascinait et ne répondait que mollement à ses sollicitations insistantes.
Darren Criss (connu pour son rôle dans la série Glee, créée aussi par Ryan Murphy) incarne le jeune homme américano-philippin d’une manière prodigieuse. Et ressemble également de manière stupéfiante aux portraits photographiques du « vrai » Cunanan.

   


Le récit se fait de manière zigzagante, selon le principe non chronologique pratiqué beaucoup aujourd’hui dans des séries à succès (This Is Us en étant un exemple à ce titre horripilant). Mais certains épisodes s’attardent assez longuement sur le passé des protagonistes. Ainsi, dans le huitième, Murphy établit un parallèle entre les enfances de Versace et de Cunanan. La scène concernant le couturier est insignifiante. Laissée à l’état d’ébauche, elle est assez grotesque car le petit garçon y échange en anglais avec sa mère et son institutrice calabraise… Mais le portrait de Cunanan père et celui de la relation avec son fils profitent en revanche grandement au propos.
En se fondant sur le livre d’enquête de la journaliste Maureen Orth, Vulgar Favors, Andrew Cunanan, Gianni Versace, and the Largest Failed Manhunt in U.S. History (Delacorte Press, 1999), Ryan Murphy s’est attiré de vertes critiques de la part de Donatella Versace (de la même façon, Olivia de Havilland s’est émue du portrait fait d’elle par Murphy dans Feud : Bette and Joan, 2017). La violence homoérotique et ultrasophistiquée de The Assassination of Gianni Versace – semblable à celle d’une autre série anthologique de Murphy, American Horror Story – frôle artistiquement les dangers érotico-délétères de la glamourisation criminelle. C’est à la fois sa faiblesse et sa médusante force.
American Crime Story : The Assassination of Gianni Versace, saison 2. Série créée par Ryan Murphy. Avec Edgar Ramirez, Darren Criss, Penélope Cruz (EU, 2018, 9 × 52 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤ A voir aussi ce soir. La deuxième saison de cette fable cannibale continue de réjouir par ses situations drôlatiques et horrifiques (sur Netflix à la demande).
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-3"> ¤                     
                                                

TV – « Santa Clarita Diet » : régime carné et macabre

A voir aussi ce soir. La deuxième saison de cette fable cannibale continue de réjouir par ses situations drôlatiques et horrifiques (sur Netflix à la demande).



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h30
    |

            Renaud Machart








                        


Série sur Netflix à la demande

Les cinéphiles exigeants préféreront sans doute, dans le registre de la fable cannibale, The Territory (1981), de Raoul Ruiz, ou Ma Loute (2016), de Bruno Dumont. Mais la série Santa Clarita Diet ravira, par son ton de comédie gore, les amateurs de rigolade hémoglobinée sur fond de découpe de viande humaine.
Ainsi présentée, Santa Clarita Diet, dont Netflix vient de rendre disponible la saison 2, peut faire peur. Mais il n’est pas besoin de goûter le genre horrifique pour regarder cette série créée par Victor Fresco. On la déconseillera juste à l’heure des repas, et plus particulièrement aux végétariens.
Sheila et Joel Hammond, agents immobiliers, ainsi que leur fille adolescente Abby, forment l’une de ces familles apparemment sans histoire installées dans de proprets pavillons en zone périurbaine californienne. Sheila, au début de la saison 1, se trouve victime d’une étrange et monstrueuse crise vomitive. Elle comprend vite que cette éruption marque sa transition en zombie : morte-vivante, Sheila doit désormais se nourrir de chair humaine. Avec l’aide de sa famille et d’un jeune voisin dans la confidence, qui en pince pour la jeune Abby, Sheila va réorganiser sa vie en tâchant de combiner les impératifs de son nouveau régime alimentaire avec une sélection éthique de ses victimes : délinquants sexuels, néonazis, etc.
Léger délayage
La police – à laquelle appartient une jeune voisine du couple, suspicieuse – s’inquiète bientôt de disparitions chroniques à Santa Clarita, d’autant plus qu’on apprend l’existence d’autres zombies locaux qui n’ont pas les mêmes soucis éthiques…
Les deux acteurs principaux sont en surjeu permanent, et cela frappe, notamment chez Timothy Olyphant, connu entre autres pour le rôle principal taiseux de la série Justified (2010-2015), créée par Graham Yost. Grâce à des dialogues enlevés, des jeux de mots récurrents – en partie intraduisibles –, ainsi qu’à des situations ­invraisemblables dans leur outrance tragi-comique, Santa Clarita Diet reste divertissante, en dépit d’un léger délayage qui fait souhaiter qu’une troisième saison ne soit pas envisagée.
Santa Clarita Diet, saison 2, série créée par Victor Fresco. Avec Drew Barrymore, Timothy Olyphant, Liv Hewson, Skyler Gisondo, Natalie Morales, Mary Elizabeth Ellis, Ramona Young (EU, 2018, 10 × 26-30 min).



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤ L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.
<filname="PROF-0,2-3246,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Christiane Taubira : « Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov »

L’ancienne garde des sceaux s’insurge, dans une tribune au « Monde », contre la condamnation du réalisateur ukrainien, en 2015, par un tribunal militaire russe, à vingt ans d’emprisonnement.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h07
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h58
    |

                            Christiane Taubira (Ancienne garde des sceaux, ministre de la justice (2012-2016)








                        



                                


                            
[Opposé à l’annexion russe de la Crimée, dont il est originaire, le réalisateur ukrainien Oleg Sentsov a été ­arrêté en mai 2014 par le Service fédéral de sécurité de la ­Fédération de Russie et condamné en août 2015 à vingt ans d’emprisonnement pour « organisation d’un groupe terroriste ». Christiane Taubira est la marraine du mouvement demandant sa libération immédiate, qui a mis en ligne une pétition en ce sens sur le site Change.org]
Tribune. Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés.
« Je vous écris d’un pays autrefois clair. Je vous écris du pays du manteau et de l’ombre. Nous vivons depuis des années. Nous vivons sur la Tour du pavillon en berne. Je vous écris de la cité du Temps interrompu. La catastrophe lente ne s’achève pas. ­Notre vie s’écoule, notre vie s’amenuise, et nous attendons encore le moment qui ­repasse le mur. »
C’est du poète Henri Michaux et cela sonne comme un manifeste pour prisonniers injustement détenus.
Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov.
Au nom d’un procès juste et équitable. Au nom du respect des droits de la ­défense. Au nom du refus de la torture, de tous traitements cruels, inhumains et ­dégradants. Au nom de la liberté ­d’expression et de la liberté artistique. Au nom du droit de se réclamer d’accords ­internationaux dûment conclus, ainsi des accords et protocoles de Minsk. Au nom tout simplement des principes d’un Etat de droit, ce qu’est censé être tout pays membre du Conseil de l’Europe. La Russie en est.
Nous demandons qu’Oleg Sentsov puisse revenir dans son pays, l’Ukraine.
Nous savons que nous vivons dans un monde de fracas. Les bombardements en Syrie, dans la Ghouta orientale ;...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-5"> ¤ La chanteuse était en concert, mercredi, rejointe par le partenaire de son dernier album, Sebastian.
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La fragile assurance de Charlotte Gainsbourg à La Cigale

La chanteuse était en concert, mercredi, rejointe par le partenaire de son dernier album, Sebastian.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h25
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h27
    |

                            Stéphane Davet








                        



   


Longtemps après s’être camouflée derrière les mots anglophones des autres, Charlotte Gainsbourg a réussi dans Rest, son quatrième album, paru en novembre 2017, à libérer sa plume et s’affirmer en français. Longtemps après s’être abritée, en concert, derrière ses musiciens pour se protéger de sa fébrilité vocale, celle qui vient d’être désignée « artiste féminine de l’année » aux dernières Victoires de la musique, allait-elle gagner en assurance scénique ?

        Lire la critique :
         

          « Rest », l’album de deuil de Charlotte Gainsbourg, entre épure et impudeur



Après des premières dates à Berlin, Amsterdam ou Zurich et avant Londres, Tokyo, Bruxelles et le Printemps de Bourges (le 26 avril), l’actrice et chanteuse retrouvait le public français, mercredi 28 mars, dans la salle parisienne de La Cigale. En ouverture, les mots de Lying With You ont beau dévoiler, de manière crue, des adieux glaçants à son père – « Au coin de ta bouche une traînée / Tu n’aurais pas aimé » –, la fille de Serge Gainsbourg et Jane Birkin (resplendissante au premier rang du balcon) semble à nouveau se réfugier dans un « mix à l’anglaise », la voix noyée dans le jeu de ses instrumentistes.


        Lire l’entretien avec Charlotte Gainsbourg :
         

          « Je n’ai pas cherché à me camoufler »



Une impression accentuée par le décor de cadres, à l’éclairage blanc alternatif, entourant les musiciens et la chanteuse, souvent assise au piano. Si l’effet esthétique est séduisant, cet « encadrement » provoque aussi un effet de distanciation entre le public et une artiste, le plus souvent plongée dans l’ombre. Sa timidité maladive – partie intégrante de son aura –, Charlotte Gainsbourg la décrypte dans le très cash I’m a Lie, troisième titre de la soirée. Mais l’on s’aperçoit vite que les hésitantes premières minutes n’étaient qu’un compréhensible échauffement.

Malaises et deuils
Ses malaises intérieurs et les deuils – ceux de son père et de sa sœur, la photographe Kate Berry (1967-2013) –, thèmes centraux de Rest, ont fait l’objet d’un exorcisme en chansons, qui semble l’avoir rendue plus forte. Confirmant l’importance de ce disque, l’actrice et chanteuse explique qu’il sera la matière principale du spectacle. L’album précédent, IRM (2009), réalisé avec Beck, n’a droit qu’à un morceau, Heaven Can Wait, tout comme son prédécesseur, 5:55 (2006), d’où est tiré The Songs That We Sing, coécrit par Jarvis Cocker et Neil Hannon.
Même quand elle se lève de son piano, la fine silhouette, en pantalon et blouson de jean, tee-shirt blanc, demeure dans le clair-obscur. Mais son chant s’affirme avec une autorité croissante, portée par les bandes-son de son nouveau partenaire, le DJ, compositeur et producteur parisien, Sebastian. Mêlant noirceur et sensualité de l’électro, élans cinématographiques et majesté pop, ce dernier a donné une chatoyante ampleur au spleen de la chanteuse.

Ces musiques passent brillamment l’épreuve de la scène, grâce à de jeunes musiciens rodés aux fusions de pulsions numériques et d’instrumentation organique, qu’il s’agisse de Paul Prier (claviers) et Bastien Doremus (machines), déjà compagnons de tournée de Christine and the Queens, du batteur, Louis Delorme, croisé avec Air, ou du guitariste David Nzeyimana et du choriste écossais Gerard Black, familiers du groupe François & the Atlas Mountains.
Matière synthétique
Sur une longue version de Deadly Valentine, Sebastian, tout habillé de noir, rejoint la troupe, aux claviers, pour l’un des morceaux de bravoure du concert. Jouant autant des aspects dansants que contemplatifs de la matière synthétique, celle qui fut, cette année, nommée aux Césars pour son interprétation de la mère de Romain Gary dans Les Promesses de l’aube, peut évoquer la poétesse Sylvia Plath (1932-1963), dans Sylvia Says, tout en batifolant du côté de Madonna et Giorgio Moroder.

Dans le difficile exercice de l’épure et des aigus cher à sa maman, la chanteuse émouvait auparavant par son instabilité plus que pour sa justesse. Dans la bouleversante délicatesse de Kate, consacré à sa sœur, à qui elle a dédié Rest et aussi ce concert, Charlotte convainc dorénavant de l’assurance prise par sa fragilité.
Plus que celles de Jane, ces notes hautes rappellent celles de son tout premier album, Charlotte For Ever (1986), celui de l’enfance, écrit et réalisé par Serge. Elle en reprend d’ailleurs la chanson-titre. Tout comme elle reprendra, en rappel, après une version inattendue et réussie du Runaway, de Kanye West, un autre célèbre duo paternel, Lemon Incest, jonglant avec les graves du papa comme avec ses aigus de gamine. Au grand bonheur d’un public à l’affection débordante, qu’elle reviendra saluer avec Sebastian, sans accorder pour autant un second rappel.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-6"> ¤ Créé à Paris en 2010, le festival qui se tiendra du 27 avril au 5 mai à Lille, a dévoilé mercredi son programme.
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Séries Mania, saison 1 à Lille

Créé à Paris en 2010, le festival qui se tiendra du 27 avril au 5 mai à Lille, a dévoilé mercredi son programme.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 15h00
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h30
    |

                            Martine Delahaye








                        


Fort de 50 000 spectateurs en 2017, le festival Séries Mania, créé en 2010 à Paris, aura dorénavant pour siège les Hauts-de-France. Et plus particulièrement le cœur de Lille, où il entend s’installer, au fil des ans, comme le festival international de référence des séries en Europe. D’autant plus, qu’au contraire de ceux de Berlin, de Toronto ou de Venise, ou encore du MIPTV à Cannes – le marché international de programmes audiovisuels qui accueille pour la première fois cette année le festival Canneséries –, Séries Mania se dédie exclusivement aux séries.
Sous la présidence de Rodolphe Belmer et la direction générale de Laurence Herszberg, Séries Mania, pour cette huitième édition, comme lors des précédentes, donnera lieu à une compétition officielle entre dix avant-premières mondiales, à un concours de séries françaises départagé par un jury de journalistes internationaux, à un prix spécifique pour des séries de format court, ainsi qu’à la présentation d’un panorama de dix-neuf nouvelles séries internationales et d’une nuit-marathon de comédies.

Pour concocter ce programme sur l’état de la création sérielle dans le monde, le comité de sélection de Séries Mania a visionné les deux premiers épisodes de séries provenant de trente-huit pays, dont, pour la compétition, soixante-dix-sept séries nouvelles créées dans dix-neuf pays différents. Parmi celles-ci, trente seront présentées en première mondiale à Lille.
Comme à son habitude, le festival proposera aussi de nombreuses séances de projection suivies d’un débat avec l’équipe de la série concernée (notamment pour les séries françaises), ainsi que des rencontres avec des « invités d’honneur », tels que Carlton Cuse, scénariste de Lost ou Bates Motel, Jeremy Podeswa, réalisateur du premier et du dernier épisode de la saison 7 de Game of Thrones ou encore la scénariste Charlie Covell, à qui l’on doit The End of the F****** World.

Le festival s’ouvrira, le 27 avril, avec la projection du premier épisode d’une toute nouvelle série dramatique de HBO, Succession, en présence de son créateur américain, Jesse Armstrong. Il se clôturera, le 5 mai, avec les deux premiers épisodes de la série allemande Babylon Berlin : une enquête policière menée à Berlin en 1929, présentée comme « le plus gros budget jamais consacré à une série non-anglophone ».
Le programme complet ainsi que les informations pratiques sont à retrouver sur seriesmania.com.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-7"> ¤ Face à la révolution numérique imposée par Netflix et YouTube, les studios hollywoodiens doivent changer de modèle économique ou disparaître, analyse dans une tribune au « Monde » l’économiste Erwann Tison.
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« L’exclusivité doit redevenir le cœur même de toute expérience cinématographique »

Face à la révolution numérique imposée par Netflix et YouTube, les studios hollywoodiens doivent changer de modèle économique ou disparaître, analyse dans une tribune au « Monde » l’économiste Erwann Tison.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 14h00
    |

Erwann Tison (Economiste à l’Institut Sapiens, groupe de réflexion économique et social)







                        



                                


                            
Tribune. Depuis 1930, date à partir de laquelle le cinéma a ­commencé à représenter la majorité des recettes du monde du spectacle à ­travers le monde, le 7e art a connu une progression presque linéaire de ses recettes. En France, l’année 2017 n’a pas dérogé à la règle, enregistrant près de 210 millions d’entrées, soit la troisième meilleure année depuis cinquante ans, ­selon le Centre national du cinéma (CNC).
Néanmoins, si la quantité semble être au rendez-vous, ce n’est pas forcément le cas de la qualité, du moins en ce qui concerne ­l’originalité des programmes. Selon le box-office Mojo, les vingt-cinq plus gros succès mondiaux ont rapporté 16 milliards de dollars (12,90 milliards d’euros) à travers le monde. Or, dans ce classement, seul un film, ­Dunkerque, de Christopher Nolan, est une création originale. Les autres films sont des remakes, des spin-off, des préquelles ou des suites (sequels), c’est-à-dire des dérivés d’une œuvre originale.
le public a une appétence pour les histoires qu’il connaît
Ce classement révèle que le public a une appétence pour les histoires qu’il connaît. On l’explique soit par une nostalgie latente chez les spectateurs, soit par une volonté de ne pas prendre le risque d’être déçu en allant visionner une œuvre que l’on ­connaît déjà et que l’on est sûr d’apprécier. Un choix motivé aussi par le prix relativement élevé d’une place de cinéma… Jean de La Bruyère disait : « Tout est dit, et l’on vient trop tard depuis plus de sept mille ans qu’il y a des hommes et qui pensent. »
Tout serait donc écrit depuis qu’il y a des hommes, et ce constat devrait enterrer l’originalité dans toute création artistique. Une intuition déjà affirmée par l’écrivain américain Kurt Vonnegut, qui en 1995 était persuadé qu’il n’existait que six formes différentes du récit. Ce qu’a confirmé en 2015 Matthew Jockers, professeur à l’université du Nebraska, qui a fait analyser plus de quarante...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-8"> ¤ Le nouveau long-métrage de Steven Spielberg se déroule en 2045, mais puise abondamment dans le passé ou l’actualité du jeu vidéo.
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« Ready Player One », un film sur le jeu vidéo plus proche de la réalité que de la science-fiction

Le nouveau long-métrage de Steven Spielberg se déroule en 2045, mais puise abondamment dans le passé ou l’actualité du jeu vidéo.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h12
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h16
    |

            William Audureau








                        



   


La science-fiction a parfois un fort goût d’années 1990 et 2000. C’est le cas du nouveau long-métrage de Steven Spielberg, Ready Player One, sorti mercredi 28 mars en salles. 
A l’image de son titre, référence à une manière désuète de qualifier les joueurs, le film projette dans un futur dystopique de nombreuses idées de jeu vidéo qui existent depuis longtemps.
Le virtuel, techno actuelle mais vieux fantasme
Les mondes fictifs persistants
C’est le cœur du film, un univers parallèle baptisé L’Oasis, où les joueurs peuvent se retrouver et échanger tout en pouvant en sortir à tout instant. L’idée qu’un monde virtuel en trois dimensions continue d’exister date des débuts des jeux de rôle en ligne massivement multijoueur (ou MMORPG), un genre qui remonte au XXe siècle. Meridian 59, dès 1996, proposait déjà un univers en 3D où les joueurs se rencontraient.

Avant lui, plusieurs autres titres avaient proposé à ses participants de vivre une aventure virtuelle dans des mondes en 2D, comme Neverwinter Nights (1991) et même Habitat (1985). Au milieu des années 2000, des expériences comme Second Life et le PlayStation Home ont tenté une approche 3D plus communautaire, avec un succès relatif mais non nul. Mais World of Warcraft, sorti en 2004, demeure à ce jour le plus célèbre et le plus populaire.
Le tout premier MMORPG pour casque de réalité virtuelle, Orbus VR, a tout juste été lancé en accès anticipé en décembre 2017. Mais contrairement à ce que dépeint le film, cette technologie n’a pour l’instant connu qu’un succès confidentiel. Aucun ne propose le niveau d’immersion et de réalisme visuel de L’Oasis.

Les combinaisons sensorielles
S’il y a bien une technologie que le grand public a peu de chance d’avoir déjà goutée, c’est celle-ci : les combinaisons haptiques mises en scène dans le long-métrage, qui permettent au joueur d’avoir un ressenti physique quand il est touché. Sauf que là encore, Ready Player One nage dans un fantasme très années 1990 : l’Aura Interactor, la première du genre, date de 1994, et était compatible avec… la Mega Drive et la Super Nintendo.

Depuis les années 2010 et le regain d’intérêt pour la réalité virtuelle, plusieurs produits de ce type ont été lancés, chaque fois de manière confidentielle. Elles n’en sont toutefois qu’à un stade de commercialisation précoce : la Hardlight VR Suit a réussi sa campagne de financement participatif sur Kickstarter en 2017, et la Teslasuit est en précommande depuis le mois de mars.
Un long passif de créateurs farceurs
La figure du concepteur-démiurge
Toute l’intrigue du long-métrage consiste à remonter la psyché de James Halliday, créateur génial de L’Oasis, et lui-même présent dans le jeu sous la forme d’un avatar prestigieux. Une référence à peine voilée à Richard Garriott, créateur en 1981 de la série de jeux de rôle se déroulant dans un univers médiéval-fantastique Ultima, et depuis présent dans chacun de ses épisodes sous sa persona virtuelle de Lord British. Il sert dans le jeu à régénérer la vie de l’Avatar, le personnage du joueur. Il est par ailleurs censé être invincible.

De nombreux autres créateurs se sont directement mis en scène dans leur jeu vidéo, sans qu’il s’agisse de MMORPG. Parfois en leur nom propre – ainsi du français David Cage, qui s’est modélisé en 3D dans Farenheit (Indigo Prophecy en version américaine) en 2005 et guide le joueur lors du tutoriel. Le Japonais Hideo Kojima s’est lui mué en personnage secondaire d’agent secret baptisé Hideo, et surnommé « God », dans plusieurs épisodes de la série qui l’a rendu célèbre, Metal Gear Solid. Plus récemment, dans un registre proche du film, la voix off du jeu indépendant A Beginner’s Guide (2015) est celle de l’ami de son créateur.

Les easters eggs
Les easter eggs  (« œufs de Pâques », en anglais) datent, comme le film l’explique, du jeu vidéo Adventure en 1979. Il s’agit d’un texte ou d’une fonctionnalité cachés par le ou les programmeurs. Contrairement à ce que suggère Ready Player One, il ne s’agit pas de bonus ou d’épreuves secrètes, mais plutôt de clins d’œil à la réalité, comme le nom d’un programmeur, l’ancien logo d’une entreprise, ou une blague adressée au joueur. Ils jouent surtout sur le quatrième mur, qui différencie la fiction de la réalité. Citons le délicieux « Il n’y a pas d’easter egg ici, allez-vous-en » caché au sommet d’un pont dans GTA San Andreas. Et qui est… un easter egg.

L’amour, la monnaie et le travail virtuels existent déjà
L’amour en ligne
Pour les amateurs de jeux en ligne, et notamment du célèbre World of Warcraft, la question fera sourire : s’il n’existe pas de chiffres officiels ou d’étude à ce sujet, les témoignages de couples qui se sont rencontrés d’abord dans Azeroth, le territoire virtuel que l’on y explore, sont nombreux et ont déjà fait l’objet de nombreux articles, comme dans L’Obs en 2015. De la même façon que dans le film, les participants ne rencontrent d’abord que des avatars et des pseudonymes, mais peuvent rejoindre une guilde commune, apprendre à se connaître par le tchat vocal ou textuel, pour, s’ils le souhaitent, finir par se rencontrer « IRL » (in real life, dans la vraie vie).
L’économie virtuelle
Dans Ready Player One, les personnages passent leur temps à acheter des objets virtuels, ainsi qu’à collecter ou perdre des pièces. Il s’agit de fonctionnalités très répandues dans les jeux vidéo modernes. Qu’il prenne la forme de faux dollars, de cristaux ou encore de rubis, l’argent virtuel permet de rythmer la progression du joueur, en fixant par exemple des prix plus élevés pour les équipements réservés aux niveaux les plus durs, comme dans The Legend of Zelda : Breath of the Wild. Il sert également de monnaie d’échange avec de l’argent réel, par exemple pour acheter des crédits supplémentaires ou des bonus dans Candy Crush Saga.

Cette dimension va parfois très loin. Le jeu vidéo communautaire islandais Eve Online est même connu pour son économie parallèle particulièrement complexe, tandis que l’économiste et ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis a même étudié la théorie du libre-échange du point de vue de la monnaie virtuelle dans des jeux vidéo.
Les joueurs-esclaves
Le film semble donner de l’économie du jeu vidéo une vision dystopique, celle d’un futur dans lequel des personnes en difficultés financières seraient détenues contre leur gré et contraintes à jouer pour rembourser leurs dettes, sous la forme d’un travail imposé.
Cette réalité n’a rien de fictionnelle : elle a déjà été documentée par une enquête du Guardian en 2011, sur des prisonniers chinois obligés à jouer pour créer des richesses virtuelles dans World of Warcraft (des gold farmers, dans le jargon), richesses ensuite revendues contre de l’argent réel.
Comme dans le film, ils portent souvent des suites de chiffres ou de symboles en guise de pseudonyme. Si la pratique a été officiellement interdite en Chine en 2009, le « métier » de gold farmer existe encore, et paye mal. En 2016, un Canadien gagnant sa vie en tapant sur des monstres virtuels témoignait travailler 72 heures par semaine pour un salaire non déclaré équivalent à environ 20 000 euros par an.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-9"> ¤ Séries Mania Lille Hauts de France se tiendra du 27 avril au 5 mai. La programmation et les événements associés se veulent transdisciplinaires.
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Lille lance son festival international de séries

Séries Mania Lille Hauts de France se tiendra du 27 avril au 5 mai. La programmation et les événements associés se veulent transdisciplinaires.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h27
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



   


« Tous les ingrédients sont réunis pour le lancement d’une nouvelle série à succès. » Mercredi 28 mars, devant la presse, Xavier Bertrand n’a pas manqué d’afficher son optimisme et sa sérénité, à un mois du lancement du festival international Séries Mania Lille Hauts-de-France.
En mars 2017, le président de la région Hauts-de-France et la maire de Lille, Martine Aubry, ont en effet remporté l’appel à projets lancé par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) afin de créer le festival international de séries voulu par l’Etat.

        Lire aussi :
         

                Festivals des séries : la guerre bat son plein



Emmené par Laurence Herszberg, directrice générale de l’événement, ce nouveau festival va se démarquer de celui qu’elle avait créé en 2010 à Paris et qui accueillait chaque année plus de 50 000 spectateurs. « On innove à Lille, puisque les séries seront en relation avec d’autres arts, confie Mme Herszberg. Il y aura, par exemple, une soirée “Mange ta série”, précédée d’une conférence sur l’art culinaire dans les séries. » Ce soir-là, les invités pourront déguster les mets de chefs nordistes inspirés par Game of Thrones.
Un bal et des concerts chaque soir
Du 27 avril au 5 mai, c’est toute la ville de Lille et sa région qui vont vivre au rythme des séries, avec un bal et des concerts chaque soir. Parallèlement, le musée du Palais des Beaux Arts proposera de redécouvrir ses collections par le prisme du petit écran. Une manière de montrer aux festivaliers comment les scénaristes puisent leur inspiration dans l’histoire de l’art. Des graffeurs s’empareront aussi des murs de la cité. L’ancienne gare Saint-Sauveur ouvrira ses portes pour un grand troc culturel, le 1er mai.
« On a construit un festival d’une très grosse ampleur, ouvert au grand public, transdisciplinaire, un peu comme South by Southwest à Austin, au Texas », précise la directrice générale de Séries Mania.
De quoi se différencier du festival international des séries de Cannes ? « Il n’y a pas de guerres des festivals, répond Laurence Herszberg. Il y a de la place pour plusieurs festivals. Lille et sa région ont gagné l’appel à projets. On a choisi de proposer un événement populaire, sans objectif de fréquentation, et l’on veut s’emparer de la ville ». Et d’ajouter : « Un vrai festival international, ça ne se décrète pas, ça se construit. Le festival du cinéma à Cannes ne s’est pas construit en une année. »
Xavier Bertrand, qui achève actuellement le visionnage de la série « Baron Noir », parie sur un succès populaire pour cette première édition de Séries Mania Lille/Hauts-de-France et compte sur les discussions menées avec le maire de Cannes, David Lisnard, pour trouver un compromis. « Après tout, estime-t-il, la boussole indique toujours quoi comme direction ? Le Nord. »
Une première mondiale en ouverture
Les Nordistes pourront profiter d’une centaine de projections gratuites, parmi lesquelles Succession (une première mondiale), série américaine programmée pour l’ouverture du festival, et Babylon Berlin, pour la clôture.
Le jury international du festival sera présidé par Chris Brancato, cocréateur de Narcos, qui a écrit et produit des séries telles que X-Files, New York, police judiciaire ou Hannibal. A ses côtés, on retrouvera Maria Feldman, productrice de False Flag, l’acteur français Clovis Cornillac et le romancier et scénariste Pierre Lemaitre.
Parmi les invités d’honneur figureront Patrick Duffy, connu pour son rôle de Bobby Ewing dans Dallas, Sofia Helin, l’inspectrice de la série suédo-danoise Bron, ou encore Jeremy Podeswa, réalisateur d’épisodes de Game of Thrones, True Detective, Homeland, Dexter ou Les Borgia.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-10"> ¤ Le premier film de Jérémie et Yannick Renier comme réalisateurs manque totalement de maîtrise.
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« Carnivores » : deux sœurs devant la caméra de deux frères

Le premier film de Jérémie et Yannick Renier comme réalisateurs manque totalement de maîtrise.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h54
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h56
    |

            Isabelle Regnier








                        



   


L’avis du « Monde » – on peut éviter
Deux sœurs, actrices toutes les deux. A l’une la lumière, à l’autre l’ombre. Samia (Zita Hanrot), la plus expansive, a un enfant, un amoureux, et une carrière qui démarre bien. Le rôle de Justine qu’elle décroche dans un thriller aux accents sadiens, dirigé par un réalisateur belge tyrannique mais célèbre, lui promet une célébrité immédiate. Mona (Leïla Bekhti), plus réservée, est célibataire. A force d’écumer les castings sans succès, elle se fond dans l’ombre de sa sœur, devient à la fois la super baby-sitter de son fils et sa répétitrice sur le tournage. Un beau jour, Samia disparaît. Et Mona, insensiblement, se glisse dans ses souliers.
Etrange projet que ce film dont la situation de départ est celle des auteurs, les frères Jérémie et Yannick Renier. Acteurs belges tous les deux, le premier a vu sa carrière décoller après son premier rôle chez les frères Dardenne dans La Promesse, en 1995, tandis que son aîné restait cantonné à des rôles secondaires. Les voilà donc, à 37 et 42 ans respectivement, qui imaginent un thriller à partir de leur propre histoire et décident de la mettre en scène. Ce passage derrière la caméra est une première pour les deux, et c’est complètement raté.

        Lire la rencontre dans « M » :
         

          Les frères Renier à la même table pour « Carnivores »



Titre incongru
Intrigue cousue de fil blanc, ressorts dramatiques arbitraires, décors chaleureux comme un appartement témoin, caméra posée n’importe où pourvu qu’elle filme les visages des acteurs en train de parler, atmosphère aussi vibrante qu’une cantine d’entreprise à 11 heures du matin, montage bancal, focalisé sur les dialogues faute de susciter le frisson… Sans oublier ce titre incongru dont on se demande jusqu’à la fin quelle signification il est censé porter. Le film a beau durer moins d’une heure trente, il en pèse le triple.

Film français de Jérémie et Yannick Renier. Avec Leïla Bekhti, Zita Hanrot, Bastien Bouillon, Hiam Abbas (1 h 26). Sur le Web : www.marsfilms.com/film/carnivores



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-11"> ¤ Clément Rosset, qui articulait sa philosophie autour de ces deux idées, est mort le 28 mars, à Paris, à l’âge de 78 ans.
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Mort de Clément Rosset, philosophe du tragique et du double

Clément Rosset, qui articulait sa philosophie autour de ces deux idées, est mort le 28 mars, à Paris, à l’âge de 78 ans.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h50
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h51
    |

Nicolas Truong







                        



                                


                            

Le philosophe Clément Rosset est mort le 28 mars, à Paris. Né le 12 octobre 1939 à Carteret (Manche), auteur d’une œuvre majeure et singulière dans la philosophie française, Clément Rosset a construit la sienne autour de deux idées : celle du tragique et celle du double. Depuis La Philosophie tragique (PUF, 1960), Clément Rosset déploie l’idée selon laquelle l’existence n’a pas de sens, mais que cette pensée n’empêche pas la joie de vivre, bien au contraire. Est tragique « ce qui laisse muet tout discours » et qui « se dérobe à toute tentative d’interprétation », écrit-il dans Logique du pire. Eléments pour une philosophie tragique (PUF, 1971).
Une intuition de jeunesse notamment éprouvée à l’écoute du Boléro de Maurice Ravel, dont le thème repris et répété jusqu’à l’épuisement est bien plus qu’une métaphore de la vie, mais la vie elle-même, où le tragique et la jubilation se confondent ; intuition qu’il ne cessera de développer et à laquelle il donnera l’un de ses plus beaux développements dans La Force majeure (Minuit, 1983).
Rosset montre que le réel est sans double, qu’il n’y a pas d’autres mondes et qu’il est vain de vouloir nier la réalité par la morale
A partir du livre Le Réel et son double (Gallimard, 1976) et avec ceux qui suivront, Clément Rosset démontre, à l’aide de la lecture du mythe d’Œdipe ou de L’Oreille cassée, de Hergé, d’une interprétation des Vacances de Monsieur Hulot, de Jacques Tati ou d’une lecture d’A la recherche du temps perdu, de Marcel Proust, que le réel est sans double, qu’il n’y a pas d’autres mondes et qu’il est vain de vouloir nier la réalité par la morale (qui dit ce qui doit être) ou même la politique (qui dit ce que la cité doit devenir).
Pour Clément Rosset, il faut prendre l’existence dans sa singularité (L’Objet singulier, Minuit, 1979), son idiotie (Le Réel. Traité de l’idiotie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-12"> ¤ A l’occasion de la mort du philosophe, le 28 mars à Paris, « Le Monde » republie un extrait d’un entretien qu’il avait donné au « Monde de l’éducation », en 1999.
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Clément Rosset : « Etre heureux, c’est toujours être heureux malgré tout »

A l’occasion de la mort du philosophe, le 28 mars à Paris, « Le Monde » republie un extrait d’un entretien qu’il avait donné au « Monde de l’éducation », en 1999.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 10h47
    |

            Nicolas Truong (Propos recueillis)








                        



                                


                            
En novembre 1999, alors que sortaient Loin de moi (Minuit) et Route de nuit (Gallimard), Clément Rosset accordait un long entretien au Monde de l’éducation (n° 275) dont nous reproduisons un extrait.
Pourquoi le choix de la philosophie ?
A priori, je me destinais davantage à une carrière musicale. J’étais plutôt bon pianiste, mais mauvais lecteur de musique. Cependant, mon attachement pour Montaigne, Pascal, Nietzsche, dont la lecture m’a profondément marqué, l’a emporté. Et puis, à 19 ans, j’ai été saisi par une idée, celle du tragique, que j’ai formulée dans un livre, La Philosophie tragique, en 1960. Je suis donc devenu très tôt écrivain et philosophe, un peu malgré moi, tout simplement parce que je me suis retrouvé en possession d’une thématique que je n’avais pas envie de laisser tomber. Au fond, je n’ai eu que deux idées dans ma vie, celle du tragique et celle du double, vers 1975. Ce sont d’ailleurs ces deux idées que je n’ai cessé de répéter dans tous mes livres, à l’exception de Route de nuit, le seul qui ne soit pas philosophique.
Comment est venue l’idée du tragique ?
Bien avant 19 ans, même si c’est à cet âge que j’ai réussi à la formuler. Il faut remonter beaucoup plus loin et faire intervenir la personnalité de Maurice Ravel, qui a toujours joué un rôle essentiel pour moi, même si je lui préfère l’unique Mozart.
Etant enfant, infans, c’est-à-dire « ne parlant pas », j’étais tellement épris de musique que, lorsque je revenais de vacances, ma joie était de pouvoir écouter les disques sur le Gramophone. Bien que je fusse incapable d’atteindre la hauteur de la table de la salle à manger, je parvenais, en mettant des Bottin et des annuaires par terre, à monter sur la table et à remonter sa manivelle afin de me passer les quatre faces Polydor de l’enregistrement du Boléro, de Ravel, dirigé par le compositeur lui-même.
Alors...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-13"> ¤ Un coffret rassemble cinq concerts de la formation des deux musiciens lors d’une tournée européenne, en mars et avril 1960.
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Miles Davis et John Coltrane, le printemps d’une révolution

Un coffret rassemble cinq concerts de la formation des deux musiciens lors d’une tournée européenne, en mars et avril 1960.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 09h01
    |

            Sylvain Siclier








                        



                                


                            

Une affiche de rêve pour tout amateur de jazz, le trio du pianiste Oscar Peterson, le quartette du saxophoniste Stan Getz et le quintette du trompettiste Miles Davis. Tel est, du 21 mars au 10 avril 1960, le triple plateau, une trentaine de minutes par formation, proposé par le ­producteur Norman Granz pour une tournée européenne. Laquelle donnera lieu à des publications de certains des concerts enregistrés par des radios. En particulier ceux de l’orchestre de Miles Davis.
Cinq d’entre eux viennent d’être réunis pour ce que les producteurs Steve Berkowitz, Michael Cuscuna et Richard Seidel présentent comme la première parution « légitime » de ces documents, et dont la prise de son a été améliorée. Ils constituent, dans un coffret de quatre CD, le sixième volume de la collection « The Bootleg ­Series », consacrée à Miles Davis.
Les évolutions les plus récentes de Coltrane sont encore peu connues lorsqu’il arrive en Europe
Avec le trompettiste, il y a le saxophoniste John Coltrane, le pianiste Wynton Kelly, le contrebassiste Paul Chambers et le batteur Jimmy Cobb. Tous figurent sur le récent album de Davis, Kind of Blue, sorti en août 1959 – avec Bill Evans au piano pour quatre des cinq compositions et Cannonball Adderley au saxophone, lui aussi pour quatre titres. Kelly, Chambers et Cobb ont aussi participé aux séances de Giant Steps, de Coltrane, publié en janvier 1960.
Les albums ne sortent pas alors au même moment aux Etats-Unis et en Europe, les concerts ne se retrouvent pas sur Internet quelques heures après avoir eu lieu. Les évolutions les plus récentes de Coltrane, même si son précédent album en leader, Soultrane, a donné des pistes, sont donc encore peu connues lorsqu’il arrive en Europe. C’est son premier séjour au sein du groupe de Miles Davis. Et ce sera leur dernière tournée ensemble. Lors des concerts, les interventions solistes de Coltrane, circulation autour d’une même note ou d’un groupe de notes,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-14"> ¤ Les tours de son Musée des collectionneurs évoquent une vision moderne du château médiéval qui leur fait face.
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A Angers, l’architecte Steven Holl défie Blanche de Castille

Les tours de son Musée des collectionneurs évoquent une vision moderne du château médiéval qui leur fait face.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 08h49
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 09h18
    |

                            Yves Tréca-Durand (Angers, correspondant)








                        



                                


                            

Elle fut reine de France et fit édifier en 1223 le château d’Angers. Une for­teresse de dix-sept tours qui a traversé le temps sans jamais être assiégée. Lui est américain et dessine des musées dans le monde entier. Il fait partie des six lauréats du concours Imagine Angers, copié-collé ­local de l’initiative parisienne, dont les résultats ont été dévoilés lundi 26 mars.
Après la Cité de l’océan et du surf, inaugurée en 2011 à Biarritz, et le Musée JFK de Washington, en chantier, Steven Holl a imaginé pour Angers un Musée des collectionneurs. Les tours stylisées – de gros cailloux selon les uns, de grandes dents pour les plus mordants – aux parois translucides, reliées entre elles par des halls et posées sur un miroir d’eau, évoquent une vision moderne du château médiéval qui leur fait face. A ses côtés, un autre ensemble, esquissé par le Français Franklin Azzi, comprend une résidence de luxe. L’ébauche, avec ses carrés en relief, évoque cette fois la Tenture de l’Apocalypse, trésor du XIVe siècle exposé dans les entrailles du château.
Entre ces architectures que séparent sept siècles d’histoire s’écoule la Maine, témoin de cette autre querelle des anciens et des ­­mo­dernes. Car le projet audacieux de Steven Holl rend perplexe le citoyen angevin. Un bon ­signe, selon Philippe Journo, le PDG de la ­Compagnie de Phalsbourg, qui a imaginé le concept et démarché l’architecte. Et qui va ­investir, seul, les 88 millions d’euros nécessaires à sa réalisation.
« Une architecture de qualité »
« Il faut accepter d’être critiqué. Mais ça va être d’une qualité exceptionnelle et les gens vont adorer », estime l’entrepreneur. « A chaque fois qu’on tisse une architecture de qualité, avec mesure et discernement, on permet à la ville historique de se révéler plus encore, ajoute l’ancien ministre de la culture (2002-2004) Jean-Jacques Aillagon, qui le conseille. Ça a été le cas avec le Centre Pompidou,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-15"> ¤ A travers 180 œuvres, une exposition à Paris rend hommage à un géant de la peinture du XIXe siècle.
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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-16"> ¤ Dans « Du goût de l’autre », anthropologie de l’anthropophagie, le chercheur pourfend les fantasmes qui entourent ce phénomène mais en détaille aussi les pratiques avérées.
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Mondher Kilani prend le cannibalisme à bras-le-corps

Dans « Du goût de l’autre », anthropologie de l’anthropophagie, le chercheur pourfend les fantasmes qui entourent ce phénomène mais en détaille aussi les pratiques avérées.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 07h30
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 09h41
    |

                            Anne Both (Anthropologue et collaboratrice du « Monde des livres »)








                        



                                


                            
Du goût de l’autre. Fragments d’un discours cannibale, de Mondher Kilani, Seuil, « La couleur des idées », 384 p., 25 €.

Les humains, enfin certains, sont-ils réellement capables d’ingurgiter sans scrupule et sans dégoût leurs congénères ? Du goût de l’autre, le nouvel essai de ­Mondher Kilani, consacré à l’anthropophagie, dissipe quelques doutes à son sujet. Le cannibalisme est-il une réalité ? Qui dévore les premiers chapitres ne peut échapper à la question, bien que la complexité du sujet et la pluralité des cas de figure ne permettent pas à l’anthropologue de la formuler en ces termes.
En revanche, il insiste sur le fait que le mot « cannibalisme » (altération de caraïb attribuée à Christophe Colomb) a été inventé pendant la colonisation, quand il était fort utile de rendre sauvages les Indiens, quitte à transformer les rumeurs en certitudes et à produire un faux témoignage, comme le fit le médecin Diego ­Alvarez Chanca en 1493.
Le même phénomène de « déformation, exagération et fabrication de preuves sur le cannibalisme local » a pu s’observer en Australie ou en Afrique australe. L’auteur rappelle que « la littérature est remplie de peuples victimes de ce type de dénonciation : Carthage par Rome, les chrétiens par les païens (…), les Irlandais par les Anglais, les Chinois par les Coréens ». Le fantasme de la dévoration par les ennemis serait donc universel – les expressions « étranger » et « cannibale » ne sont-elles pas synonymes chez les Ku-Waru de Nouvelle-Guinée ?
Récurrence des métaphores cannibales
Mondher Kilani nous apprend aussi que les Jivaro ont usé de leur réputation de réducteurs de têtes pour tenir éloignés les Espagnols. Le cannibale, comme figure allégorique d’une férocité poussée à son paroxysme, se révèle particulièrement efficace pour terroriser un ennemi réel ou potentiel.
Les pages consacrées à la muséographie,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-17"> ¤ Au sortir de l’adolescence, le futur grand peintre de la mi-XIXe siècle s’essaye à la littérature. A découvrir en parallèle à la rétrospective du Louvre.
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Eugène Delacroix en jeune écrivain romantique

Au sortir de l’adolescence, le futur grand peintre de la mi-XIXe siècle s’essaye à la littérature. A découvrir en parallèle à la rétrospective du Louvre.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 07h30
    |

                            Philippe-Jean Catinchi








                        



                                


                            
Les Dangers de la cour, suivi d’Alfred et de Victoria, d’Eugène Delacroix, édité par Servane Dargnies et Dominique de Font-Réaulx, Flammarion, 240 p., 17 €.

Quand il entre dans l’atelier du peintre Pierre-Narcisse Guérin, à 17 ans tout juste, Eugène Delacroix (1798-1863) se sait déjà artiste. Reste à choisir le médium. Très tôt épris de musique, il a, tout au long de sa scolarité au lycée impérial, à Paris, acquis une culture classique qui intègre tant les Antiques que les Modernes, Homère, Virgile et Horace côtoyant le Tasse, Racine et Voltaire. Mais, par goût personnel, il y ajoute Dante et Shakespeare comme les maîtres du roman gothique anglais : Matthew Gregory Lewis, Horace Walpole ou Ann Radcliffe. Est-ce à dire qu’il se rêve écrivain, lui dont le Journal, la riche correspondance et les nombreuses études esthétiques attestent le talent de plume ? Il s’en défendra plus tard, préférant l’ascèse du peintre à celle de l’écrivain : « Je ne connais rien qui réponde au labeur ingrat de tourner et retourner des phrases et des mots pour éviter soit une consonance, soit une répétition. »
Et il sait de quoi il parle, puisqu’il s’y est essayé, justement au moment où il se lançait dans la peinture dans le sillage de Géricault. Sans doute fit-il tout pour que ces essais de jeunesse soient oubliés, ne les mentionnant jamais, ni dans son Journal ni dans sa correspondance. Au point qu’il a fallu mener une enquête serrée pour prouver que les trois textes aujourd’hui réunis dans Les Dangers de la cour, suivi d’Alfred et de Victoria – deux longues nouvelles et une pièce de théâtre, inédite jusqu’ici – sont bien de la main du jeune Delacroix.
Sans doute le plus abouti est-il celui présenté sous le titre Les Dangers de la cour – initialement cette fable, qui croise le goût rousseauiste de la solitude et le combat voltairien contre l’intolérance...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-18"> ¤ Dans « Aveuglements », l’essayiste passe au crible de la violence contemporaine le lien entre politique et théologie.
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Jean-François Colosimo éclaire le côté obscur des Lumières

Dans « Aveuglements », l’essayiste passe au crible de la violence contemporaine le lien entre politique et théologie.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 07h30
    |

            Jean Birnbaum








                        



                                


                            
Aveuglements. Religions, guerres, civilisations, de Jean-François Colosimo, Le Cerf, « Actualité », 544 p., 22,90 €.

Dans un bref essai paru à Vienne en 1938 et immédiatement confisqué par la Gestapo, le philosophe Eric Voegelin (1901-1985) faisait du nazisme une expérience religieuse, une espérance apocalyptique, une mystique sanglante : « Et le geste sera bon, si rouge coule le sang », disait un poème récité par les zélateurs hitlériens. Raillant les intellectuels qui refusaient d’envisager le noyau religieux du totalitarisme, Voegelin écrivait : « La question religieuse reste taboue pour ces esprits sécularisés ; et la soulever sérieusement et radicalement aujourd’hui leur apparaît comme douteux – peut-être aussi comme une barbarie ou un retour vers le sombre Moyen Age. » Ce petit livre indispensable, Les Religions politiques, a été traduit en français en 1994 aux éditions du Cerf.
Un demi-siècle plus tard, Jean-François Colosimo, le patron de cette vénérable maison fondée par des frères dominicains, s’inscrit en partie dans le même sillage. Alors que d’autres fanatiques font couler le sang avec ferveur, il publie Aveuglements, livre plus épais que celui de Voegelin, mais qui décrit également le « lien impensé » entre politique et théologie. Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet, Colosimo signe ici son essai le plus personnel. On y retrouve son érudition exaltée, mais aussi cette écriture subtilement ténébreuse qui vaut sans doute fidélité à son maître, le penseur post-maurrassien Pierre Boutang (1916-1998).
« A quoi mourons-nous symboliquement et de quoi meurent, assassinés, trop d’entre nous ? » D’entrée de jeu, la question est vaste. Pour y répondre, Colosimo emmène son lecteur dans une méditation de longue haleine, où il croisera de nombreux auteurs d’époque et d’horizon différent. Voegelin, bien sûr, mais aussi de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-19"> ¤ La chronique de Roger-Pol Droit, à propos des « Œuvres complètes », de Lucien de Samosate.
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Figures libres. Allez chez Lucien, tout est bon !

La chronique de Roger-Pol Droit, à propos des « Œuvres complètes », de Lucien de Samosate.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 07h15
    |

                            Roger-Pol Droit








                        



                                


                            
Œuvres complètes, de Lucien, traduit du grec ancien et édité par Anne-Marie Ozanam, Les Belles Lettres, « Editio minor », 1432 p., 55 €.

Quel auteur ! On ne s’en lasse jamais. Parce qu’il est drôle. Mais aussi caustique, imaginatif, savant, imprévisible, ironique, généreux. Et populaire, bien que puriste. Il se moque des philosophes au nom de la philosophie, fustige les humains par humanité, fait rire des dieux par respect pour la raison. On trouve en lui de l’Offenbach et du Voltaire, du La Bruyère et du Rabelais, du Swift et même du Nietzsche. Le tout en grec ancien, dont il manie les moindres subtilités et astuces, bien que ce ne soit pas sa langue maternelle. Il écrit à l’époque de Marc Aurèle et de Commode, de l’Empire romain florissant et décadent, de la philosophie confrontée aux changements du monde.
Son nom, Lucien, fleure bon la France, évoquant, au choix, Leuwen, Rubempré ou des chansons de Piaf comme de Renaud. Lui, pourtant, naquit en 120 de notre ère, dans la province romaine de Syrie, à Samosate. La région, aujourd’hui turque, est proche des frontières de la Syrie et de l’Irak actuels. Enfant d’une famille relativement modeste, il renonce tout jeune à sculpter la pierre pour ciseler des phrases, bien qu’il ait sans doute parlé araméen avant de maîtriser le grec. Voilà donc un « barbare » qui va devenir l’un des plus étincelants stylistes grecs, parcourant l’empire, d’Athènes à Rome, en passant notamment par Antioche, la Gaule, l’Egypte.
Nos raisons de redécouvrir Lucien, que Renaissance et âge classique ont scruté avec passion, ne tiennent pas au seul plaisir littéraire. Vivant dans un tourbillon presque aussi troublé que le nôtre, il dénonce avec ardeur faux prophètes, charlatans et marchands de sagesse qui tous refleurissent à présent. Il déteste superstitions et fanatismes, se moque des faux savoirs et des postures intellectuelles, avec une acuité et une rudesse dont nous avons...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3246,1-0,0-20"> ¤ Célèbre femme de la Belle Epoque, modèle, actrice, elle était d’une liberté et d’une beauté irrésistibles. Puis… Sylvain-Christian David raconte son étonnante histoire.
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Biographie. Fanny Zaessinger, la muse terminale

Célèbre femme de la Belle Epoque, modèle, actrice, elle était d’une liberté et d’une beauté irrésistibles. Puis… Sylvain-Christian David raconte son étonnante histoire.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 07h15
    |

                            Florent Georgesco








                        



                                


                            
Fanny. Histoire de Fanny Zaessinger, qui disparut, de Sylvain-Christian David, Le Sandre, 336 p., 22 €.

Il y a eu un moment, vers 1895, où tout le monde, à Paris, n’a juré que par Fanny, n’a pensé qu’à Fanny, n’a rêvé que de Fanny, hommes et femmes confondus, emportés dans un même élan d’admiration, de désir ou de curiosité pour cette très jeune femme apparue un beau jour à Montmartre, dans « un joli petit chalet branlant », et qui disparaîtra quelques années plus tard, sans plus d’explication, pour toujours. Du moins jusqu’à la belle enquête biographique que lui consacre aujourd’hui Sylvain-Christian David qui, fasciné depuis des décennies par cette figure oubliée, a traqué la moindre trace de son existence. Et à découvert, derrière le météore fin de siècle, une autre vie, une autre Fanny, loin de la grâce joyeuse qu’elle a brièvement incarnée.
En attendant ces glaçantes révélations finales, et comme pour retarder l’échéance, place à la joie, justement, à la jeunesse explosive, virevoltante, de Fanny Zaessinger. Ou plutôt, place aux souvenirs de cette jeunesse, aux dizaines de textes, patiemment rassemblés par l’obsessionnel auteur, qui la racontent, ou l’évoquent, ou la laissent deviner. Car il n’y a presque aucune source directe sur elle. Sans doute, conjecture Sylvain-Christian David, est-elle née au Creusot (Saône-et-Loire) en 1877, dans une famille alsacienne qui aurait refusé de devenir allemande. Peut-être est-elle arrivée à Paris en 1894. Plus certainement : c’est cette année-là que tout commence à s’enflammer autour d’elle.
Elle faisait un effet inoubliable
Elle est alors le modèle favori et, qui sait ?, la maîtresse du peintre Charles Léandre (1862-1934). Les journaux se mettent à parler d’elle, les poètes la glissent dans leurs vers, les romanciers la recrutent comme personnage, les chroniqueurs mondains la chahutent… Elle devient comédienne, joue Ibsen au Théâtre...




                        

                        

