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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-1"> ¤ Plusieurs publications, dont une chronique sur Europe 1, ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.
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Pourquoi les pesticides sont bien l’une des causes du déclin des oiseaux

Plusieurs publications, dont une chronique sur Europe 1, ont relativisé la responsabilité des pesticides. Quitte à s’arranger grandement avec les faits.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h52
    |

            Stéphane Foucart et 
Gary Dagorn








                        



   


L’information n’est pas passée inaperçue. La semaine dernière, la publication des résultats de deux études sur le déclin de nombreuses espèces d’oiseaux a connu un écho médiatique important (dont la « une » du Monde datée 21 avril). Rapidement, le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a une fois de plus appelé à changer les pratiques agricoles pour « inverser la tendance » et réduire l’utilisation des pesticides.

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Cette annonce, fruit de deux réseaux d’étude gérés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), a cependant soulevé de vives critiques sur le rôle que jouent les pesticides dans ce déclin inquiétant, et notamment dans une chronique de vérification des faits diffusée sur Europe 1, mercredi 28 mars. Mais celles-ci ont commis plusieurs erreurs graves.
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Les chercheurs n’ont pas démontré le lien de causalité avec les pesticides. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Les travaux de suivi des populations d’oiseaux ne cherchent pas les causes des variations d’abondance de cette faune, il est donc normal qu’ils n’apportent pas directement de « preuves » de la responsabilité des pesticides et de l’agriculture intensive, ni d’ailleurs de tout autre facteur. Par exemple, une étude épidémiologique relevant la proportion de fumeurs touchés par un cancer du poumon ne permet pas, en elle-même, d’établir un lien de causalité entre la cigarette et la maladie. Mais cela ne signifie pas que ce lien de causalité n’existe pas.
Un ensemble d’indices concordants pour un éventuel lien de causalité
De fait, il est très rare qu’une étude unique permette d’établir un lien de causalité entre deux phénomènes : chaque étude documente un fait précis (dans le cas présent, le déclin des oiseaux des champs) et c’est un ensemble d’indices concordants, apportés par une diversité d’autres travaux, qui fondent un éventuel lien de causalité avec un autre phénomène. Affirmer que les pesticides ne sont pas les premiers responsables du déclin des oiseaux parce qu’une étude non destinée à chercher des liens de causalité n’a pas mis en évidence de lien de causalité est une erreur logique.
En revanche, d’autres études établissent un lien fort entre pesticides et déclin de la faune aviaire. Une étude publiée en 2014 dans la revue Nature a montré que la chute des populations d’oiseaux insectivores était bien liée à la concentration d’insecticides néonicotinoïdes dans l’environnement (aux Pays-Bas en l’occurrence). Ce lien est d’ailleurs mis en évidence à des niveaux de contaminations minuscules, de l’ordre de quelques milliardièmes de gramme — ou nanogrammes — de pesticide par litre d’eau de surface prélevée dans l’environnement. « A des concentrations d’imidaclopride [une molécule de la famille des néonicotinoïdes] supérieures à 20 nanogrammes par litre, les populations d’oiseaux ont eu tendance à diminuer de 3,5 % en moyenne par an, écrivent les auteurs. Des analyses complémentaires ont révélé que ce déclin spatial n’est apparu qu’après l’introduction de l’imidaclopride aux Pays-Bas, au milieu des années 1990. »
Des chercheurs de l’Office national de chasse, de la forêt et de la faune sauvage (ONCFS) ont, de leur côté, documenté l’existence d’intoxications directes d’oiseaux granivores, qui meurent après la consommation des semences enrobées de ces pesticides.
Ce ne sont là que deux études parmi les très nombreuses publiées dans la littérature scientifique et montrant que ces nouvelles générations de pesticides, utilisées depuis le milieu des années 1990, ont des effets délétères sur de nombreux compartiments de la biodiversité. Dont les oiseaux, directement ou indirectement.
Les faibles doses de pesticides sans impact ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« De faibles doses de pesticides ont peu d’impact et ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat. »
POURQUOI C’EST FAUX
L’étude sur laquelle s’appuie cette affirmation est celle menée par des chercheurs du Centre d’écologie et de sciences de la conservation, qui a porté sur 199 champs observés dans trois régions françaises. Elle n’a pas suivi ces parcelles sur une « longue période » mais seulement entre 2009 et 2011. Un suivi temporel aussi bref ne permet pas de mesurer les effets sur la biodiversité des changements de pratiques introduits au milieu des années 1990 avec l’introduction des nouvelles générations d’insecticides systémiques.
En outre, la pondération citée (« ces intrants pèsent trois à quatre fois moins dans le déclin des oiseaux que la modification de leur habitat ») est calculée en comparant des exploitations entre elles : c’est une donnée relative qui ne permet pas de mesurer les responsabilités partagées du déclin des oiseaux constaté depuis plusieurs décennies.
Au total, il existe plusieurs centaines d’études publiées dans la littérature scientifique montrant sans ambiguïté les effets délétères des néonicotinoïdes sur des invertébrés non-ciblés. Dix-huit chercheurs d’une dizaine de nationalités ont passé en revue l’ensemble de cette littérature et en ont publié, en 2015, une longue synthèse dans la revue Environnemental Science and Pollution Research. Leur conclusion :
« Malgré d’importantes lacunes dans les connaissances et des incertitudes, il existe suffisamment de connaissances pour conclure que les niveaux actuels de pollution par les néonicotinoïdes et le fipronil, résultant des utilisations actuellement autorisées, dépassent souvent les plus faibles concentrations auxquelles des effets nocifs sont observés. Ils sont donc susceptibles d’avoir des impacts biologiques et écologiques négatifs à grande échelle et ce sur une vaste gamme d’invertébrés non ciblés, dans les habitats terrestres, aquatiques, marins et benthiques. »
Dans la même revue, trois autres chercheurs ont publié, la même année, une autre synthèse de près de cent cinquante études montrant la toxicité directe de ces substances sur les mammifères, les oiseaux, etc.
Un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes de DDT
En ce qui concerne les néonicotinoïdes, les doses utilisées ne sont pas « essentielles ». En effet, ils sont principalement utilisés de manière systématique et préventive, en gainage des semences mises en terre. Or certains d’entre eux, en particulier l’imidaclopride, sont très persistants et s’accumulent d’année en année dans l’environnement. Au point que dans des régions agricoles du Royaume-Uni, les fleurs sauvages sont également contaminées et forment une source d’exposition importante pour les abeilles domestiques, ainsi que l’ont montré des chercheurs britanniques.
En outre, ces pesticides sont les plus puissants jamais synthétisés et agissent à très faibles doses : un gramme d’imidaclopride peut tuer autant d’abeilles que 7,3 kilogrammes du célèbre DDT. Un gramme de thiaméthoxame équivaut à 5,4 kg de DDT et un gramme de clothianidine compte autant que 10,8 kg de DDT.
« Pourtant, les populations d’oiseaux diminuent aussi en ville »
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« Il faut noter qu’en ville, les populations d’oiseau ont aussi baissé d’un tiers. »
POURQUOI C’EST TROMPEUR
L’affirmation sous-entend assez clairement que le rôle des pesticides n’est pas aussi important qu’entendu car des baisses similaires sont enregistrées en ville. Pourtant, la baisse des oiseaux nichant dans le bâti peut être liée à d’autres facteurs. Elle n’est pas l’indice que les pesticides ne seraient pas un déterminant majeur du déclin des oiseaux des champs. C’est là encore une erreur de logique.
De manière générale, les pesticides ne sont certainement pas la seule cause du déclin des oiseaux.
D’autres paramètres non étudiés ?
CE QUI A ÉTÉ DIT :
« La cause de la disparition des insectes reste mystérieuse, les auteurs de ce constat n’ont pas intégré, ni étudié l’effet des pesticides, des changements climatiques ou d’autres facteurs. »
POURQUOI C’EST FAUX
Les travaux d’une équipe internationale de biologistes, publiés en octobre 2017 dans la revue PLoS One, ont au contraire étudié un grand nombre de paramètres (changement du climat au cours du temps, de l’habitat, de l’utilisation des terres). Aucun ne permet d’expliquer le déclin observé des insectes volants en Allemagne — un déclin de 76 % en moins de trois décennies, qui atteint même 80 % au cours des mois d’été.
« Nous montrons que ce déclin est manifeste quel que soit le type d’habitat et que les changements des conditions météorologiques [températures, précipitations et vitesse du vent], l’utilisation des terres et les caractéristiques de l’habitat ne peuvent expliquer ce déclin global », concluent ainsi les chercheurs. Les auteurs n’ayant pas eu accès, dans les régions étudiées, aux changements d’utilisation de produits phytosanitaires par les agriculteurs, ils n’ont pu corréler le déclin observé aux pesticides.
Mais leur travail permet d’écarter les principales causes possibles sans lien avec l’agriculture. Les changements de pratique de celle-ci sont donc les causes les plus plausibles car, écrivent-ils, « l’intensification de l’agriculture, incluant la disparition des marges et les nouvelles méthodes de protection des cultures [c’est-à-dire l’enrobage des semences par les nouvelles générations d’insecticides systémiques] est associée à un déclin global de la diversité des plantes, des insectes, des oiseaux et d’autres espèces communes ».
Les auteurs de ces travaux ont d’ailleurs peu de doutes sur l’implication des néonicotinoïdes dans le déclin de la biodiversité en général. « Il faut adopter des restrictions internationales sur l’utilisation des néonicotinoïdes sans attendre et empêcher leur remplacement par des produits tout aussi dangereux », écrivent ainsi des chercheurs ayant participé à cette publication, dans une tribune publiée dans Le Monde.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤ [Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-2"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme

[Semaine de la presse 2018] Les rares études évaluant l’impact de cette pollution sur les bêtes permettent de révéler plus vite des risques invisibles pour la santé.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h43
    |

            Faustine Vincent








                        



   


Ce sujet a été proposé à une journaliste du Monde par onze élèves de 4e du collège Henri-IV de Meaux, le 19 mars, à l’occasion de la Semaine de la presse 2018, lors d’une visite à la rédaction du journal. 
Le canari était jadis un célèbre lanceur d’alerte. Quand les hommes descendaient dans les mines de charbon, ils l’emportaient avec eux pour être avertis quand la concentration en monoxyde de carbone devenait potentiellement mortelle. L’oiseau, vingt fois plus sensible que l’homme à ce gaz très toxique mais inodore et incolore, prévenait du danger en tombant de son perchoir, asphyxié. Il ne restait alors qu’une dizaine de minutes aux mineurs pour sortir et échapper à la mort.
Dans les mines hier comme dans les zones urbaines aujourd’hui, les animaux sont aussi exposés que les hommes à la pollution de l’air. On peut évaluer ses ravages chez les êtres humains : plus de 500 000 morts prématurées par an en Europe, dont 45 840 en France, selon l’Agence européenne de l’environnement. En revanche, on ignore ce qu’il en est pour les animaux. L’équivalent de l’agence Santé publique France et de l’Assurance-maladie (qui observent en permanence l’état de santé des Français) n’existant pas pour eux, il est impossible de mesurer l’impact de cette pollution de façon globale et systématique. Et les études sur le sujet sont rarissimes.
« Personne ne s’intéresse à ça, regrette Martine Kammerer, professeure de toxicologie animale et responsable du Centre antipoison animal et environnemental de l’Ouest. Je le déplore, parce que la pollution atmosphérique participe des problèmes respiratoires et du développement de cancers chez les animaux de compagnie. » A défaut de statistiques, elle fait valoir le « bon sens » : « Ils respirent le même air que nous, donc ils en subissent les mêmes effets, surtout les plus âgés et les plus fragiles. »
« On a découvert que les chats avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise »
Les risques sont plus marqués pour les chiens en ville, dont le museau est au niveau des pots d’échappement, provoquant des troubles respiratoires. Les chats sont eux aussi vulnérables au dioxyde d’azote, aux particules fines et aux hydrocarbures ; en particulier les asthmatiques. « C’est certain, mais difficile à chiffrer », précise la professeure. D’autant que les pics de pollution ne se traduisent pas forcément par une hausse des consultations vétérinaires.
A l’image du canari dans les mines, les animaux de compagnie peuvent pourtant jouer un rôle de « sentinelle » pour les hommes : étudier l’impact de la pollution atmosphérique sur eux permet de collecter des données sur la composition de l’environnement, et de révéler plus rapidement des risques invisibles pour la santé.

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La docteure vétérinaire Brigitte Enriquez, professeure émérite de l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort, a ainsi mené une étude sur des chats à Paris en 2016. « On a découvert qu’ils avaient des phtalates dans le sang. C’était une grande surprise, car l’environnement [où ils évoluaient pour l’expérience] était “pauvre”, sans objets plastique alentour. » Elle en a conclu que des phtalates étaient présents dans l’air extérieur. Les chats ont ici servi d’« indicateurs d’exposition » à la pollution. Mais les effets de cette exposition, eux, peuvent varier entre les animaux et les humains, dont la sensibilité n’est pas la même. La prudence est donc de mise avant de transposer telles quelles les observations faites sur les bêtes.
Pour autant, Brigitte Enriquez juge « essentiel » d’étudier cette question. « Pendant des décennies, le discours consistait à dire que les hommes étaient une espèce à part, sur son piédestal, et qu’on ne pouvait pas les comparer avec les animaux, se souvient cette pionnière sur le sujet en France. La prise de conscience de l’intérêt d’étudier les animaux est venue tardivement. »
Des répercussions sur la chaîne alimentaire
La mystérieuse maladie observée dans les années 1950 au Japon dans la baie de Minamata, contaminée par le mercure que déversait l’usine chimique voisine, a servi de déclic. Les chats qui ont mangé des poissons malades ont eu rapidement un comportement anormal : ils devenaient fous et se jetaient dans la mer. Des années plus tard, pêcheurs et habitants ont, à leur tour, développé des symptômes physiques et neurologiques. Premier cas d’intoxication environnementale à grande échelle, le scandale a mis au jour le fait que « les chats pouvaient être des animaux sentinelles en servant d’indicateurs d’exposition et d’effet neurologique », souligne Brigitte Enriquez. Il a aussi mis en évidence « l’importance et le fonctionnement de la chaîne alimentaire ».
Et plus on est haut dans la chaîne alimentaire, comme l’homme, plus la concentration des polluants - ingérés en bas de la chaîne par les plus petits animaux - s’accentue. Les scientifiques appellent cela « phénomène de biomagnification » ou « bioaccumulation ». « Les polluants s’accumulent au fur et à mesure dans les graisses des animaux, explique Renaud Scheifler, écotoxicologue et maître de conférences au laboratoire de chrono-environnement du CNRS. Une algue contenant 0,1 microgramme par kilo [de polluant] va ainsi passer à 10 000 chez l’ours polaire en bout de chaîne. Mais on peut parfois passer d’un coefficient de 1 à un million ! » D’où l’intérêt de ne pas négliger l’observation de l’impact de la pollution même sur les plus petits animaux.
Les vers de terre et les merles des villes trois fois plus contaminés que ceux des champs
C’est ce qui a incité Renaud Scheifler à se pencher en même temps sur la contamination au plomb des vers de terre et sur celle des merles, qui les mangent. L’idée était de voir si les oiseaux pouvaient être encore contaminés par ce métal lourd potentiellement toxique – dégagé pendant des décennies par les pots d’échappements puis retombé sur le sol – malgré l’interdiction du plomb dans les carburants depuis le 1er janvier 2000. « On s’attendait à ce que [le plomb] passe par voie alimentaire », précise l’écotoxicologue. L’hypothèse s’est confirmée : les vers de terre et les merles des villes étaient trois fois plus contaminés que ceux des champs. Le plomb, qui peut rester des millénaires dans la terre, a continué d’être ingurgité par les vers de terre, eux-mêmes consommés par les merles.
A plus grande échelle, l’impact de la pollution de l’air sur les animaux en zone urbaine reste à défricher. « C’est LE gros sujet de demain, assure Renaud Tissier, professeur de pharmacie-toxicologie. D’abord parce qu’on parle de plus en plus du bien-être animal, mais aussi parce que les animaux peuvent jouer ce rôle de sentinelle pour l’homme. » Et pas seulement les canaris.

Les principaux composants de la pollution de l’air
Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes, explique l’association Airparif, qui surveille la qualité de l’air en Ile-de-France : les polluants primaires et les polluants secondaires.
Les polluants primaires. Ils sont directement issus des sources de pollution (trafic routier, industries, chauffage, agriculture...). Il s’agit par exemple des oxydes de carbone, des oxydes d’azote, des hydrocarbures légers, des particules (les plus fines sont dix fois plus petites que l’épaisseur d’un cheveu, mais peuvent entraîner des maladies graves), et des métaux comme le plomb ou le mercure.
Les polluants secondaires. Ils ne sont pas directement rejetés dans l’atmosphère mais proviennent de réactions chimiques de gaz entre eux. C’est le cas notamment des particules secondaires, de l’ozone et du dioxyde d’azote.
Par ailleurs, les phtalates sont des produits chimiques couramment utilisés dans les matières plastiques, mais aussi présents dans les cosmétiques, les vêtements, les jouets, etc.



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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ Condamné en avril 2017 dans l’affaire du « dieselgate » aux Etats-Unis, le constructeur allemand entrepose des centaines de milliers de véhicules dans 37 parkings en vue d’une remise aux normes. Certains véhicules pourront être remis sur le marché, d’autres sont détruits.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-3"> ¤ 
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<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤ En annonçant l’arrivée à l’automne de deux femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot a rouvert un dossier explosif.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-4"> ¤                     
                                                   
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Les éleveurs se mobilisent contre le projet de réintroduire deux ourses dans les Pyrénées

En annonçant l’arrivée à l’automne de deux femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot a rouvert un dossier explosif.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h13
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 13h04
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

La riposte ne se sera pas fait attendre : immédiatement, les éleveurs béarnais ont sonné le rappel des troupes. En annonçant la réintroduction à l’automne de deux ours femelles dans les Pyrénées-Atlantiques, Nicolas Hulot savait qu’il rouvrait un dossier explosif. « Je vais demander au préfet d’organiser un dialogue pour réussir cette réintroduction et je me rendrai sur place », a déclaré le ministre de la transition écologique dans les colonnes du Parisien mardi. Objectif : éviter la disparition du plantigrade dans la partie occidentale du massif, où seuls deux mâles persistent. L’annonce de ce lâcher, inédit depuis douze ans, a ravivé les tensions qui opposent de longue date associations et éleveurs.
Ces derniers multiplient les réunions dans les vallées et ont réactivé un collectif d’associations contre la présence du plantigrade. Pour Jean-Pierre Pommiès, un berger transhumant de la vallée d’Ossau, c’est « l’une des plus belles agricultures de France qui est menacée ». « A lui seul, notre département pèse pour la moitié du cheptel des Pyrénées, soit 300 000 des 600 000 brebis », plaide-t-il. Ses menaces sont à peine voilées : « Je vous garantis que les ourses ne sont pas encore là. On va nous pousser à basculer dans l’illégalité pour protéger nos troupeaux. »
« Maintien du pastoralisme »
L’éleveur cite les « dégâts » causés par le plantigrade sur le reste du massif. En Ariège, le département le plus touché, on a relevé 689 animaux morts l’an dernier contre 228 en 2016 – notamment en raison de chutes exceptionnelles d’ovins fuyant sans doute le prédateur. « La situation a montré que les moyens de protection existants ont très largement atteint leur limite », avance la Confédération paysanne, qui dénonce une « décision prise avant toute concertation ». Le porte-parole de l’Association pour le développement durable de l’identité des Pyrénées, Bruno Besche-Commenge,...




                        

                        


<article-nb="2018/03/29/19-5">
<filnamedate="20180329"><AAMM="201803"><AAMMJJ="20180329"><AAMMJJHH="2018032919">
<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤ Selon Airparif, 1,3 million de Franciliens, dont un Parisien sur deux, sont encore surexposés au dioxyde d’azote. L’organisme recommande de réduire le trafic.
<filname="PROF-0,2-3244,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Pollution de l’air : « légère amélioration » en 2017 en Ile-de-France

Selon Airparif, 1,3 million de Franciliens, dont un Parisien sur deux, sont encore surexposés au dioxyde d’azote. L’organisme recommande de réduire le trafic.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h39
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 11h59
    |

            Stéphane Mandard








                        



   


Dans le déluge de tuiles qui s’abat sur la maire de Paris depuis quelques semaines – Vélib’ en rade, faux PV de stationnement du prestataire Streeteo, annulation de la fermeture à la circulation des voies sur berge –, voici une nouvelle qui devrait fournir une petite bouffée d’oxygène à Anne Hidalgo : l’air devient un peu moins irrespirable dans la capitale.
C’est Airparif, l’organisme chargé de la surveillance de sa qualité en Ile-de-France, qui le dit. Le bilan de l’année 2017, publié jeudi 29 mars, montre en effet un certain progrès sur le front de la pollution. « 2017 confirme la tendance générale à l’amélioration constatée depuis plusieurs années en Ile-de-France », conclut l’organisme dans sa synthèse. Cette « légère amélioration » se manifeste d’abord dans le nombre d’épisodes (ou pics) de pollution : il est passé de dix-huit jours en 2016 à douze jours en 2017.
Cette tendance à la baisse s’illustre ensuite dans le nombre de Franciliens exposés à des dépassements des normes pour les deux principaux polluants que sont les particules PM10 (de diamètre inférieur à 10 micromètres) et le dioxyde d’azote (NO2).

   


Ainsi, le nombre de Franciliens soumis à des niveaux de PM10 supérieurs à la valeur limite (40 µg/m3 en moyenne annuelle) a été divisé par deux entre 2016 (plus de 200 000) et 2017 (plus de 100 000). Concernant le NO2, gaz très toxique rendu célèbre par le scandale des moteurs diesel truqués, le total de Franciliens exposés à des niveaux qui ne respectent pas la réglementation (40 µg/m3 en moyenne annuelle) est passé de plus de 1,4 million en 2016 à plus de 1,3 million en 2017, dont près d’un Parisien sur deux.
Il n’y a pas encore là de quoi crier victoire mais la maire de Paris y verra un encouragement à poursuivre sa politique de lutte contre la pollution et de restriction de la place de la voiture. Sur la base de la fameuse vignette Crit’Air, Anne Hidalgo programme d’interdire progressivement les diesels d’ici aux Jeux olympiques de 2024 et les motorisations essence, à l’horizon 2030.
Ses détracteurs, eux, ne manqueront pas de relever que, si Airparif note une « amélioration » de la situation, il considère néanmoins que, sur le front de la pollution de l’air, la « diminution reste insuffisante ». L’organisme constate ainsi la permanence de dépassements importants des valeurs limites pour les PM10 et le NO2. Ces excès – également constatés dans une dizaine de régions, dont les agglomérations lyonnaise et marseillaise – valent à la France la menace d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne par Bruxelles, ainsi qu’une injonction du Conseil d’Etat à proposer, avant le 31 mars, un plan pour une amélioration rapide de la qualité de l’air.
5 000 morts par an
Les autorités sanitaires estiment que la pollution de l’air est responsable chaque année d’environ 5 000 morts prématurées en Ile-de-France, dont la moitié dans la capitale. « C’est la santé des Franciliens résidant le long du trafic et dans le cœur de l’agglomération parisienne qui est la plus touchée », rappelait déjà Airparif dans son bilan de l’année 2016.
La circulation automobile reste au cœur du problème. Concernant le NO2, les niveaux sont en moyenne deux fois supérieurs à la valeur limite autour des axes les plus chargés comme le périphérique. Pour les PM10, la centaine de milliers d’habitants encore soumis à des dépassements de la limite (pas plus de trente-cinq jours d’exposition supérieure à 50 µg/m3) vivent dans une large majorité à proximité des grands axes.
Et si on s’intéresse aux particules fines PM2,5 (inférieures à 2,5 micromètres), les plus dangereuses, la valeur limite annuelle (25 µg/m3) est certes respectée en moyenne sur l’ensemble de l’Ile-de-France. Mais 10 millions de Franciliens (85 %), contre 11 millions (95 %) en 2016, sont encore concernés par le dépassement de l’objectif de qualité français, fixé à 10 µg/m3, comme le recommande l’Organisation mondiale de la santé. Là aussi, « ces concentrations peuvent être près de deux fois supérieures à cet objectif à proximité du trafic routier », précise le rapport.
Airparif s’est intéressé plus particulièrement aux établissements recevant du public (ERP) dit sensible de Paris et de la petite couronne : crèches, écoles, collèges, lycées, structures d’hébergement des personnes âgées, hôpitaux, terrains de sport… Au total, 8 255 établissements de ce type ont été identifiés. Sur la période 2016-2017, un peu plus d’un ERP sur quatre (27 %) était soumis à des dépassements de la valeur limite pour le NO2.
Accélérer le renouvellement du parc roulant
L’organisme a évalué l’impact qu’aurait la mise en place d’une zone de basses émissions (ZBE) – à savoir l’interdiction de quatre catégories de véhicules les plus polluants sur la base de la vignette Crit’Air – sur la qualité de l’air de ces ERP. Aujourd’hui, la zone de circulation restreinte en vigueur à Paris bannit uniquement les véhicules « non classés » (immatriculés avant 1997) et les Crit’Air 5 (les diesel en circulation avant 2001).
Selon Airparif, avec une zone de basses émissions dans la capitale, soit une interdiction touchant aussi les Crit’Air 4 et 3 (les diesel d’avant 2011 et les essence d’avant 2006), le nombre d’ERP soumis à des dépassements de NO2 tomberait à 4 % en 2019-2020. L’extension de cette aire de restriction à une partie de l’agglomération, jusqu’à l’A86, permettrait de faire chuter la proportion à 1,75 %. Conclusion de l’organisme : « La mise en place d’une zone de basses émissions (ou toute mesure équivalente qui permettrait d’accélérer le renouvellement du parc roulant et/ou de réduire le trafic) aurait un impact important sur les concentrations de dioxyde d’azote. »
Le premier comité de pilotage sur la mise en place d’une zone de basses émissions métropolitaine a eu lieu mercredi 28 mars. Un cadre propice pour amorcer enfin un rapprochement entre Anne Hidalgo (PS) et sa première opposante, Valérie Pécresse (LR), la présidente de la région Ile-de-France, sur le front de la lutte contre la pollution.

        Infographie :
         

          Visualisez les pics de pollution dans l’agglomération parisienne depuis janvier 2002






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-6"> ¤ Tandis que les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais, AU/LAB a le projet de planter des ceps sur le toit du Palais des congrès de la ville québécoise.
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Pionnière dans l’agriculture urbaine, Montréal se lance désormais dans la vigne

Tandis que les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais, AU/LAB a le projet de planter des ceps sur le toit du Palais des congrès de la ville québécoise.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h22
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 16h10
    |

                            Olivier Mougeot (Québec, correspondance)








                        



                                


                            

De grandes serres sur des toits d’immeubles et dans lesquelles, même durant les hivers québécois les plus rudes, la température reste toujours au-dessus de 25 °C. C’est le pari, a priori un peu fou, des Fermes Lufa. Fondées en 2009 par Mohamed Hage et trois associés, les Fermes Lufa possèdent aujourd’hui trois serres situées dans la banlieue de Montréal. Pour cultiver ses légumes, Lufa recourt à l’hydroponie. Cette technique horticole par laquelle les plants poussent hors terre, dans un substrat alimenté en eau et en nutriments, permet de produire des légumes à la consistance et au goût identiques quelle que soit la saison.
En association avec une centaine de producteurs locaux, les Fermes Lufa livrent chaque semaine plus de 10 000 paniers de légumes frais dans plus de 350 points de distribution à travers le Québec. « On fournit des ingrédients pour environ 3 millions de repas chaque année, explique avec fierté Mohamed Hage. Le contenu de nos paniers est entièrement local. On donne aux gens des villes l’accès à une alimentation plus saine et plus fraîche. Nos légumes sont cueillis le jour-même de la livraison, contrairement à ceux que l’on trouve en épicerie. »
L’objectif de la compagnie québécoise ? Nourrir les villes. Particulièrement les cités froides d’Amérique du Nord et d’Europe. « L’agriculture urbaine est beaucoup plus développée dans les pays chauds », observe M. Hage, qui n’a pas choisi Montréal par hasard.
La métropole québécoise a fêté en 2015, les quarante ans de son programme de jardins communautaires. Les premiers espaces de ce type ont fait leur apparition au milieu des années 1970. En 1974, après que de violents incendies ont ravagé plusieurs quartiers de la ville, les habitants ont souhaité obtenir le droit de planter des légumes et de les cultiver, et cela afin, bien sûr, d’avoir des légumes frais mais aussi afin de faire revivre les quartiers. Aujourd’hui, 97 jardins communautaires...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-7"> ¤ Depuis 1968, le Canada a placé 58 des lacs de l’Ontario sous la surveillance des chercheurs. Le photographe Guillaume Simoneau s’est pris de passion pour ce site de recherche.
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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-8"> ¤ Depuis 1968, des chercheurs mènent toutes sortes d’expérience pour évaluer les effets de la pollution sur la vie aquatique sur 58 lacs de l’Ontario. Leurs travaux ont conduit à l’adoption de mesures contre les engrais ­phosphorés, les pluies acides ou le mercure.
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La vie aquatique de l’Ontario sous haute surveillance 
               


Le Monde
 |
                  29.03.2018 à 07h37


Depuis 1968, des chercheurs mènent toutes sortes d’expérience pour évaluer les effets de la pollution sur la vie aquatique sur 58 lacs de l’Ontario. Leurs travaux ont conduit à l’adoption de mesures contre les engrais ­phosphorés, les pluies acides ou le mercure.

Par             Nathaniel Herzberg





Guillaume Simoneau n’est pas photojournaliste, et il y tient. Le style National Geographic, les « qui, quoi, où, quand, comment » enseignés dans les écoles de presse, non merci. « Ce travail ne consiste pas à présenter la région des lacs expérimentaux ou l’activité des scientifiques », raconte le photographe, passé par les bancs de la fac de sciences avant de « mal tourner ». « Il s’agit d’images subjectives, personnelles, inspirées par le lieu. »
C’est par hasard que le photographe a découvert ce centre de recherche en pleine nature, situé dans le nord de la province de l’Ontario, au Canada. « C’était à la radio. Karen Kidd, professeur de biologie à l’université du ­Nouveau-Brunswick, racontait les conséquences de la fermeture de ce site exceptionnel. Le gouvernement conservateur avait décidé de couper toute subvention. On allait perdre quarante années de recherche sur les enjeux d’environnement pour des raisons budgétaires infimes, autrement dit pour des motifs purement idéologiques… Moi qui, une heure auparavant, ignorais l’existence même de ce lieu, j’ai décidé d’y aller. »
Des lacs à perte de vue
Mais d’abord, n’en déplaise à Guillaume ­Simoneau, une petite présentation factuelle. La région des lacs expérimentaux (RLE) est un immense site de recherche qui rassemble 58 lacs d’eau douce. « Pas des petits plans d’eau, précise le photographe. Chaque lac s’étend à perte de vue. » 
Depuis 1968, des générations de scientifiques y testent les effets de la pollution sur la vie aquatique. Des recherches menées à grande échelle. Là où les laboratoires suivent des effets locaux et de courte durée, la RLE fait l’inverse. Les lacs sont étudiés dans la globalité de leur écosystème et sur plusieurs années, voire sur des dizaines d’années. Avec des résultats souvent incontestables.
La première victoire des scientifiques locaux intervient en 1973. Ils mettent en évidence les effets des engrais phosphorés sur la prolifération d’algues vertes. Après ces révélations, plusieurs pays modifient leur réglementation. À partir de 1976, le cap est mis sur les pluies acides. Huit ans d’études parviennent à convaincre le président américain Ronald Reagan. Un traité conjoint réduisant drastiquement les émissions de dioxyde de soufre et d’oxydes d’azote est finalement signé par les États-Unis et le Canada en 1991.
En 1998, c’est au tour du mercure d’être dans le viseur des chercheurs. Ils découvrent que les faibles quantités de produits versées dans le lac 658 se retrouvent dans toute la chaîne alimentaire. En 2011, les États-Unis amendent leur législation, suivis par 140 pays qui signent en 2013 un traité mondial de réduction des niveaux de mercure.
Un environnement « exceptionnel »
C’est cet héritage et des dizaines d’autres projets de recherche qui menaçaient de disparaître en 2012. Pendant un an, les scientifiques ont continué de faire tourner les installations avec les moyens du bord. Puis un institut international, soutenu par les Nations unies ainsi que par les provinces de l’Ontario et du Manitoba, a pris le relais. Aujourd’hui, le centre de recherche n’est donc plus menacé de mort.
« Les industriels utilisent des produits sans en connaître les effets. Des scientifiques vouent leur vie à pallier ces négligences. » Guillaume ­Simoneau, photographe
Au contraire, une « vie intense » souffle sur la région. Et pas seulement celle des mouches qui ont continuellement empoisonné la vie du photographe, lors de ses deux séjours dans la région, en 2015 et 2016. Flore, faune et même environnement humain, « tout est exceptionnel ici ». « Les industriels utilisent souvent des produits sans en connaître les effets exacts, explique le photographe. Des scientifiques vouent leur vie à pallier ces négligences. Actuellement, ils testent par exemple les nanoparticules d’argent que l’on trouve dans nos vêtements antitranspirants. Et pour cela, ils sont obligés de malmener un lac. Pour moi, il y a quelque chose de bouleversant à cela. »
Le photographe court désormais après un autre mystère. Il a planté ses appareils dans la mine de Sudbury, à deux kilomètres sous la roche, toujours dans l’Ontario, où les scientifiques traquent les neutrinos, ces particules qui, par milliards, nous traversent à chaque seconde, sans interagir. Qui, quoi, quand, où ? Concernant les neutrinos, les scientifiques eux-mêmes manquent souvent de réponses. Guillaume ­Simoneau aura donc le champ libre.
Experimental Lake, de Guillaume Simoneau, éd. MACK, 80 p., 35 €.




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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-9"> ¤ Cette filière qui essaime sur les toits, dans les tunnels ou les parkings et cherche à récréer un lien avec la nature doit encore trouver son modèle économique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 28/03/2018
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L’agriculture urbaine peut-elle nourrir les villes ?

Cette filière qui essaime sur les toits, dans les tunnels ou les parkings et cherche à récréer un lien avec la nature doit encore trouver son modèle économique.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 06h32
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 12h48
    |

            Audrey Garric








                        



                                


                            

Une touche de vert pour égayer le gris. Ici, les carottes et les panais mûrissent et s’arrondissent dans la terre. Là, une serre abrite des salades, aromates et fleurs comestibles. Presque comme en plein champ. Sauf que les racines des laitues poussent dans un substrat en hydroponie (hors-sol), dans un environnement bardé de capteurs, chauffé par un data center et niché au sommet d’un immense toit-terrasse cerné par les tours d’immeubles.
C’est dans le futur quartier Chapelle international, une friche en cours de réhabilitation dans le 18e arrondissement de Paris, que doit voir le jour la plus grande ferme de la capitale, sur 7 000 mètres carrés. Les récoltes, qui s’élèveront à 50 tonnes par an, sont attendues à partir du printemps 2019.
Tout cela n’est pour l’instant que calculs d’ingénieurs, études d’agronomes et vues d’artistes, mais ce projet constitue le dernier exemple en date de l’essor de l’agriculture urbaine en France. Une filière qui s’est donné pour objectif, davantage que de nourrir les citadins, de rendre des services écologiques à la ville et de récréer un lien avec la nature.
« Le secteur est en plein boom »
« Notre vocation est multiple : proposer une offre différente qui ne soit pas gadget, répondre aux besoins des restaurateurs et des épiceries d’avoir des produits frais, locaux et sans pesticides, créer des espaces verts en ville et des emplois », énumèrent avec enthousiasme Sidney Delourme et Sarah Msika, 31 et 27 ans, cofondateurs de l’entreprise Cultivate, qui vient de remporter, fin février, l’appel à projets lancé par Paris.
Des dizaines de jeunes pousses veulent relever le défi de réintroduire l’agriculture partout dans les villes. Toits, sous-sols, tunnels, parkings, hangars constituent leurs terrains de jeu. A Paris, il y a aussi la start-up Agricool, qui cultive ses fraises dans des conteneurs sous des lampes LED, ou Topager, qui réalise des jardins partagés...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-10"> ¤ Pour le physicien Bernard Laponche, cofondateur de l’association d’experts Global Chance, il faut laisser à la science le temps de trouver une meilleure alternative que le stockage géologique.
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Article sélectionné dans La Matinale du 27/03/2018
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« Enfouir les déchets nucléaires est la pire des solutions »

Pour le physicien Bernard Laponche, cofondateur de l’association d’experts Global Chance, il faut laisser à la science le temps de trouver une meilleure alternative que le stockage géologique.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 06h27
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h02
    |

            Pierre Le Hir








                        



                                


                            
Le gouvernement a annoncé un nouveau débat national sur la gestion des déchets radioactifs, en particulier ceux, à haute activité et à vie longue, qu’il est prévu d’enfouir dans un Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), à Bure, dans la Meuse. Polytechnicien, docteur ès sciences en physique des réacteurs nucléaires et docteur en économie de l’énergie, ancien directeur général de l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie (aujourd’hui Ademe) et cofondateur de l’association de scientifiques Global Chance, Bernard Laponche est l’un des experts les plus reconnus dans son domaine. Il estime que, pour les générations futures, le stockage des déchets radioactifs dans la croûte terrestre est un risque « inacceptable ».


La France a décidé d’enfouir à grande profondeur ses déchets les plus radioactifs. Pour le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), Pierre-Franck Chevet, c’est « le seul choix responsable ». Pour le ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, « la moins mauvaise solution ». Vous ne partagez pas cet avis. Pourquoi ?
L’opinion générale sur la gestion des déchets radioactifs produits par l’industrie électronucléaire est qu’il n’existe pas de solution satisfaisante. Certains prétendent alors que le projet Cigéo d’enfouissement en profondeur serait la solution la moins mauvaise. En réalité, parce qu’elle est périlleuse, définitive et irréversible, c’est la pire des solutions.
Les avis de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire [IRSN] et de l’ASN, comme les travaux d’experts indépendants, soulèvent des questions fondamentales sur la faisabilité du projet : risques d’incendie ou d’explosions liés à la production d’hydrogène, infiltrations d’eau, difficulté voire impossibilité en cas d’accident de récupérer un colis de déchets présentant un défaut, etc. Sans parler des déchets contenus dans des colis en bitume, jusqu’ici prévus pour être...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-11"> ¤ Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.
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Défense : « Il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde »

Pascal Canfin, directeur de WWF France, plaide dans une tribune au « Monde » pour qu’une partie du budget militaire finance l’adaptation des pays du Sud au changement climatique, facteur majeur de déstabilisation et d’insécurité.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 14h00
    |

Pascal Canfin (Directeur général du WWF France (Fonds mondial pour la nature) et ancien ministre délégué au développement (2012-2014)







                        



                                


                            
Tribune. La loi de programmation militaire doit être votée mardi 27 mars à l’Assemblée nationale. Dans quelques semaines, ce sera au tour de la loi asile et immigration. Dans les deux cas, le gouvernement fait l’impasse sur l’un des bouleversements majeurs de notre époque : les conséquences du changement climatique sur la sécurité et la stabilité mondiales.
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi
Les rapports annuels du Conseil norvégien pour les réfugiés montrent, depuis plusieurs années, qu’il y a davantage de réfugiés climatiques que de réfugiés liés aux conflits dans le monde. Et ce n’est que le début : l’ONU prévoit 250 millions de réfugiés climatiques dans le monde en 2050, et d’autres rapports évoquent même le chiffre de un milliard !
Le premier droit de chaque être humain est de pouvoir vivre en paix chez soi. Or le dérèglement climatique que nous connaissons remet en cause ce droit, et il est totalement illusoire de penser que cela va s’arrêter demain puisque nous ne subissons aujourd’hui que les tous premiers impacts de ce dérèglement.
Plutôt que de nier cette réalité, le gouvernement devrait tout mettre en œuvre pour la gérer au mieux. Aucun mur, aucune déclaration, même martiale, de quelque ministre de l’intérieur que ce soit, n’y viendra à bout. En revanche, en aidant les pays et les communautés les plus vulnérables à s’adapter, on leur offre l’opportunité de modérer les conséquences déstabilisatrices du choc climatique. Et il est difficile de prétendre que nous manquons de moyens financiers quand la loi de programmation militaire 2019 - 2024 prévoit de consacrer 295 milliards d’euros à la défense et d’augmenter de plusieurs milliards d’euros les crédits accordés à la dissuasion nucléaire (37 milliards entre 2019 et 2025 !).
Financer l’adaptation au changement climatique
Dans son rapport 3S (soutenabilité, stabilité, sécurité, lien vers PDF), le World Wife Fund for Nature...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-12"> ¤ Avec ces projets représentant huit milliards d’euros d’investissements, le groupe français espère devenir leadeur européen du secteur d’ici à 2035.
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EDF annonce un grand plan de stockage électrique

Avec ces projets représentant huit milliards d’euros d’investissements, le groupe français espère devenir leadeur européen du secteur d’ici à 2035.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 12h30
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 13h55
    |

                            Nabil Wakim








                        



   


Après avoir annoncé, en décembre, un investissement massif dans le développement du solaire, EDF accélère dans les énergies renouvelables. Le groupe français a présenté, mardi 27 mars, un plan de stockage électrique d’envergure, avec l’objectif de devenir le leadeur européen du secteur à l’horizon 2035. Un ensemble de projets représentant 8 milliards d’euros d’investissements sur la période 2018-2035.
L’enjeu est crucial : dans de nombreux pays, pour diminuer les gaz à effet de serre, la production électrique provient de plus en plus d’énergies renouvelables, notamment les éoliennes et les panneaux solaires. La capacité à conserver l’électricité produite lorsque le vent souffle ou le soleil brille, afin de pouvoir la réinjecter sur le réseau lorsque les besoins sont plus importants, est donc déterminante pour la stabilité du réseau électrique.
La logique est assez simple : il s’agit de stocker l’électricité lorsqu’elle est abondante et peu chère pour la réutiliser lors des pics de consommation. Jusqu’ici, la manière la plus efficace était d’utiliser les barrages hydroélectriques. Plus spécifiquement, les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP), qui permettent de pomper de l’eau lorsque l’électricité est peu chère et d’en produire selon les besoins.
Une giga-batterie de secours
Mais, depuis cinq ans, c’est dans le domaine des batteries que se joue la bataille technologique et économique au niveau international. Même si les voitures électriques représentent aujourd’hui moins de 1 % des véhicules circulant dans le monde, les constructeurs automobiles anticipent tous un virage massif vers l’électrique. Cette tendance a entraîné une course à l’innovation, qui porte soit sur l’amélioration de technologies existantes (comme le lithium-ion), soit sur de nouveaux procédés.

        Lire aussi :
         

                Les batteries au lithium bouleversent des pans entiers de l’industrie



C’est précisément ce qu’entend faire EDF avec son plan de stockage. Au niveau international, le groupe français veut pouvoir équiper de batteries des réseaux électriques dont la production est parfois insuffisante. Une giga-batterie de secours, en quelque sorte.
C’est, par exemple, ce type d’installation que Tesla a mis en place pour 31 millions d’euros dans l’Etat australien de l’Australie-Méridionale, en novembre, en lien avec un parc éolien opéré par le groupe français Neoen. Ce système peut prendre le relais pendant trois heures en cas d’absence de vent, afin de limiter les coupures.
« Lisser l’intermittence des énergies renouvelables »
Ce type de dispositif devrait représenter l’essentiel en matière d’investissements pour le groupe EDF dans le cadre du plan de stockage. L’électricien n’investira pas lui-même sur ses fonds propres, mais s’appuiera sur des partenaires industriels et financiers, comme il le fait déjà dans le secteur des énergies renouvelables, avec sa filiale EDF Energies nouvelles (EDF EN). Comme dans le secteur des renouvelables, l’essentiel de ces investissements devrait être réalisé hors de France.
« Les progrès significatifs qui ont été réalisés en matière de stockage permettent de lisser l’intermittence des énergies renouvelables et de les rendre plus pilotables », explique au Monde le PDG d’EDF Jean-Bernard Lévy.
C’est notamment la baisse spectaculaire du coût des batteries qui permet d’accompagner un tel développement. Leur prix a diminué de 80 % entre 2010 et 2017, selon une étude du cabinet Bloomberg New Energy Finance, et pourrait encore reculer de manière radicale dans les prochaines années. Mais l’usage de métaux rares, la domination chinoise sur le marché et la compétition internationale font peser des risques sur ce segment en plein développement.
« Une vraie attente sociale pour l’autoconsommation »
Un autre volet du plan devrait, lui, concerner plus directement la France : EDF veut consacrer près de 40 % de son effort au marché des clients particuliers, des entreprises et des collectivités qui produisent eux-mêmes de l’électricité et souhaitent pouvoir la stocker. « Il y a une vraie attente sociale pour l’autoconsommation », note M. Lévy.
L’idée est de proposer à celles et ceux qui possèdent déjà des panneaux photovoltaïques sur leur toit de se doter d’une batterie, qui pourrait ensuite être couplée de manière intelligente avec un véhicule électrique. Un dispositif encore complexe à mettre en œuvre aujourd’hui : la réglementation française encourage plutôt la revente de l’électricité produite par les particuliers que le stockage.
Cette annonce d’EDF intervient dans un contexte particulier : le débat public sur la révision de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) doit dessiner la feuille de route énergétique de la France, en particulier la trajectoire de développement des énergies renouvelables et de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité.
« Urgence climatique »
En se faisant, par son plan solaire et son plan de stockage électrique, le chantre de la transition énergétique, EDF cherche à répondre à la demande expresse de Nicolas Hulot. Ces derniers mois, le ministre de la transition écologique et solidaire a appelé plusieurs fois le groupe, détenu à 83 % par l’Etat, à s’engager plus fermement dans les énergies renouvelables. « L’urgence climatique nous impose de trouver des solutions industrielles et compétitives », assure le patron d’EDF.
Mais c’est aussi l’occasion pour EDF de ne pas laisser passer le train des batteries. Alors que de nouveaux acteurs, venus de l’industrie automobile ou du numérique, s’emparent du dossier, le groupe français veut montrer qu’il conserve toute sa place dans le secteur. Dans le cadre de son plan, il a d’ailleurs décidé de doubler ses efforts de recherche et développement sur le sujet pour passer à 70 millions d’euros sur la période 2018-2020.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-13"> ¤ Smovengo devait avoir installé un millier de stations de vélos partagés en mars. Nul ne sait quand l’opérateur, qui a succédé à JCDecaux, tiendra cet engagement. Un « accident industriel » qui finit par atteindre la maire de Paris.
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Vélib’, retour sur le fiasco qui fragilise Anne Hidalgo

Smovengo devait avoir installé un millier de stations de vélos partagés en mars. Nul ne sait quand l’opérateur, qui a succédé à JCDecaux, tiendra cet engagement. Un « accident industriel » qui finit par atteindre la maire de Paris.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h04
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 06h59
    |

                            Olivier Razemon








                        



                                


                            

« Heureusement que l’hiver a été long », souffle-t-on au cabinet de Christophe Naj­dovski, adjoint (EELV) chargé des transports à la Mairie de Paris. Avec la pluie, la neige et le froid, la crise du Vélib’ a moins pénalisé les usagers que si la laborieuse installation du vélo partagé s’était déroulée à la belle saison.

A mesure que les rebondissements du ­ « Vélibgate » se succèdent, les qualificatifs, « accident industriel », « fiasco », « crash », sont de moins en moins tendres pour Smovengo, l’opérateur du service, qui était censé avoir achevé la mise en place d’un millier de stations en cette fin mars. Désormais, plus personne ne se hasarde à pronostiquer la date exacte à laquelle le service sera complètement installé. En attendant, les accusations finissent par atteindre le donneur d’ordre, le Syndicat Autolib’Vélib’Métropole (SAVM), qui rassemble les 67 communes concernées, mais aussi Anne Hidalgo, la maire (PS) de Paris, à qui ses adversaires politiques reprochent également « le scandale Streeteo » – de faux contrôles de stationnement par la société privée qui en a la charge – ou la piétonnisation chaotique des berges de la rive droite de la Seine.
Mais « comment a-t-on pu en arriver là ? », se demande-t-on, face à cette inscription dérisoire qui figure depuis trois mois sur les barrières de chantier : « Vélib’, reviens vite ! » Pourquoi avoir enlevé les stations pour les remplacer par d’autres, exactement aux mêmes endroits ? En d’autres termes, fallait-il vraiment procéder au changement de délégataire, décidé au printemps 2017 ?
Un défi inédit
La commande, au début de l’an dernier, semblait ambitieuse. « Le nouveau Vélib’ sera électrique et métropolitain », ne cessaient de ­répéter les élus parisiens. Les communes de la petite couronne francilienne étaient invitées à s’équiper de stations et de vélos, sous l’égide du Syndicat Autolib’Métropole, devenu SAVM,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-14"> ¤ Les grands électriciens devront-ils choisir entre la production et les services, interroge l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, après l’amorce de démantèlement du suisse Alpiq.
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« Des courts-circuits à prévoir dans l’électricité européenne »

Les grands électriciens devront-ils choisir entre la production et les services, interroge l’éditorialiste économique du « Monde » Philippe Escande, après l’amorce de démantèlement du suisse Alpiq.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 11h02
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 11h11
    |

            Philippe Escande








                        



                                


                            

Chronique. Ah, la Suisse, ses vertes vallées, ses sommets enneigés, ses affaires prospères, ses votations hebdomadaires !… Une forme d’optimum démocratique et économique. Même dans le domaine de l’énergie, la confédération était un modèle. Ses innombrables barrages lui fournissent une électricité propre, la seule énergie renouvelable réellement stockable par simple pompage de l’eau en aval. Grâce à cette faculté unique, le pays pouvait jouer des tarifs variables du kilowatt-heure. Achetant aux Français en heures creuses pour remplir ses réservoirs, revendant aux Italiens aux heures de pointe avec grand profit. On l’appelait l’émirat européen. Et puis la terre a tremblé au Japon un beau jour de mars 2011 et plus rien n’a été comme avant.
Ce lundi 26 mars, le premier producteur suisse d’électricité, Alpiq, a amorcé une forme de démantèlement en cédant au français Bouygues son activité d’ingénierie et de services à l’énergie pour le bâtiment et l’industrie. Un métier très rentable, dont il se sépare à contrecœur, mais qui va lui rapporter près de 725 millions d’euros. De quoi soulager des finances marquées par le surendettement et de premières pertes nettes. Pas de quoi néanmoins résoudre un problème de fonds que connaissent à présent tous les électriciens européens : l’électricité est aujourd’hui plus chère à produire qu’à vendre.
L’effondrement des prix de gros, dû à la conversion allemande à l’éolien subventionné, est à l’origine de la crise partout sur le Vieux Continent et a provoqué des restructurations massives chez tous les opérateurs. Le français Engie a été l’un des premiers à mettre le cap sur les services. Le 11 mars, c’était au tour des deux leadeurs allemands du secteur de procéder à un échange d’actifs géant, au terme duquel E.ON se concentrera sur la distribution et les services à l’énergie et RWE sur la pure production.

Trop tôt pour décider ?
Ce dilemme des grands producteurs d’électricité braque...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-15"> ¤ Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.
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« Donald Trump, organisateur de Miss Univers et promoteur de King Coal »

Dans cette chronique, l’historien Jean-Baptiste Fressoz explique en quoi le vocabulaire de l’exploitation de la nature est lourd de réminiscences sexuelles.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 09h48
    |

Jean-Baptiste Fressoz







                        



                                


                            
Transformations. Y a-t-il quelque chose de commun entre #metoo et les combats environnementaux ? Le retour du charbon et le développement des pétroles non conventionnels ont-ils quelque chose à voir avec les rapports entre les sexes ?
Durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant
Répondre par l’affirmative pourrait faire soupçonner une intention de distribuer femmes et hommes de part et d’autre du grand partage entre nature et culture – en plaçant les femmes du côté d’une nature qu’il faudrait protéger de la voracité des hommes. Pourtant, si ces oppositions paraissent « naturelles » (et même clichés), c’est parce qu’elles sont profondément ancrées dans la culture occidentale. C’est précisément leur genèse qu’éclaire le livre classique de la philosophe américaine Carolyn Merchant, The Death of Nature. Women, Ecology and the Scientific Revolution (Harper & Row, 1980), hélas non traduit en français.
L’argument de l’auteure est le suivant : durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la terre fut conçue comme un être vivant, un super-organisme avec ses artères et ses orifices, ses tremblements et ses poils, son sang, sa salive et sa sueur. La terre était plus précisément une mère nourricière dont la matrice souterraine générait métaux et minéraux. L’art de la métallurgie, la réduction des minerais dans le creuset des forges revenaient à accélérer la naissance des métaux dans une sorte d’utérus artificiel.
Rituels propitiatoires
Dans cet univers mental, fouiller la terre, la pénétrer pour récolter l’or, l’argent, le fer et le cuivre était lourd de dangers physiques et religieux. Aussi, avant de s’introduire dans les galeries/vagins de la terre, les mineurs réalisaient des rituels propitiatoires et divers sacrifices aux divinités chthoniennes. Pline, Ovide, Sénèque et bien d’autres auteurs, jusqu’à Agricola, au XVIe siècle, et Milton, au XVIIe, accusent l’extraction...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-16"> ¤ En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.
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« Quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire ? »

En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et qu’on n’utilise pas, s’interroge l’économiste Béatrice Cherrier dans sa chronique.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 08h43
    |

Béatrice Cherrier (Economiste à l’université de Cergy-Pontoise et à l’Institute for new economic thinking)







                        



                                


                            

Recherches. Mars, mois des marées noires : après les 50 ans du naufrage de l’Amoco Cadiz, le 16 mars 1978, voici les 39 ans de celui de l’Exxon Valdez, le 24 mars 1989. Le rôle joué par les économistes dans l’estimation des dommages provoqués par cette seconde catastrophe illustre parfaitement les difficultés que rencontrent les experts scientifiques quand ils pénètrent l’arène publique, comme le montrent les historiens Harro Maas (université de Lausanne) et Andrej Svorencik (Université de Mannheim) – « Fraught with Controversy : Organizing Expertise against Contingent Valuation », History of Political Economy n°49/2, 2017.
Le problème était de savoir quelle valeur donner aux eaux touchées par la marée noire. En général, les économistes évaluent la valeur d’un bien à l’aune de ce que les consommateurs dépensent pour l’acquérir et s’en servir. Mais comment estimer la valeur d’étendues d’eau dont on ne paye pas l’utilisation et, plus encore, qu’on n’utilise pas ?
Dans les années 1960, les économistes de l’environnement développèrent une méthode pour évaluer cette « valeur d’existence ». Il s’agissait de demander à un échantillon de citoyens combien ils seraient prêts à payer pour qu’un parc naturel ou un monument auquel ils n’ont parfois pas même accès continue à exister.
2,5 milliards de dollars
Cette méthode, dite de « l’évaluation contingente », fut très critiquée. Certains économistes considéraient que la valeur déclarée par les citoyens interrogés n’était pas sincère, d’autres que les seules expérimentations valides étaient celles menées sur de vrais marchés, avec de vraies incitations, de vraies dépenses.
L’enjeu était de taille : soit les résultats étaient faux, soit les citoyens se comportaient de manière erratique – ce qui mettait à mal nombre de modèles économiques construits autour de l’hypothèse que les agents économiques sont rationnels, bien informés et bon calculateurs.
Ce...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-17"> ¤ Le ministre de la transition écologique va demander au préfet d’« organiser un dialogue pour réussir cette réintroduction », inédite depuis douze ans.
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Nicolas Hulot veut réintroduire deux ours femelles dans les Pyrénées

Le ministre de la transition écologique va demander au préfet d’« organiser un dialogue pour réussir cette réintroduction », inédite depuis douze ans.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 07h20
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 08h13
   





                        



   


Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, entend réintroduire à l’automne deux ours femelles dans les Pyrénées. C’est ce qu’il a déclaré lundi 26 mars au Parisien. « Je souhaite engager la réintroduction de deux ours femelles dans les Pyrénées-Atlantiques à l’automne. Je vais demander au préfet d’organiser un dialogue pour réussir cette réintroduction », a-t-il expliqué.
M. Hulot justifie sa décision par le fait qu’« il ne reste que deux mâles dans ce département, dont Cannellito, fils de Cannelle », dernière représentante de l’ours de souche des Pyrénées, tuée par un chasseur en 2004.
« Je ne veux pas être le ministre qui assiste à la disparition de cette lignée », a insisté l’ex-militant écologiste, précisant qu’à l’issue de la concertation la France solliciterait plusieurs pays européens pour choisir les deux femelles.
Trente-neuf ours dans les Pyrénées
Trois ours, d’origine slovène, avaient été lâchés non loin de la frontière avec l’Espagne en 1996-1997. Puis cinq autres en 2006.
Le nombre d’ours est estimé à 39 dans les Pyrénées, selon les derniers chiffres officiels datant de 2016. Dans les Pyrénées occidentales, on ne compte toutefois plus que deux mâles. La grande majorité des individus ont en effet été recensés dans le centre du massif.

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                « Cannelle » : le clip made in Vallée d’Aspe qui rend hommage aux ours des Pyrénées



Reste que la présence de ces ours suscite des polémiques récurrentes. Les éleveurs protestent en particulier contre les attaques attribuées aux plantigrades.
« Je sais bien que c’est un dossier compliqué mais je veux travailler avec eux », a déclaré M. Hulot, demandant au préfet de mener un dialogue « qui doit aboutir à un accompagnement renforcé et une meilleure protection des troupeaux ».

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                En Ariège, la présence des ours fait sortir les fusils



Le directeur de WWF France, Pascal Canffin, a salué cette annonce de Nicolas Hulot « attendue depuis plusieurs années ». « Nous soulignons la volonté du ministre (…) de mettre les actes du gouvernement en cohérence à la fois avec les appels récents à sauver la biodiversité et la volonté des Français », a-t-il ajouté.

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                Quel avenir pour l’ours dans les Pyrénées ?






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-18"> ¤ « Le Monde » s’est procuré les « feuilles de route » que la France doit remettre le 31 mars à la Commission européenne. Les ONG les jugent « ni assez ambitieuses ni assez concrètes ».
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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Pollution de l’air : le gouvernement face à l’ultimatum du Conseil d’Etat

« Le Monde » s’est procuré les « feuilles de route » que la France doit remettre le 31 mars à la Commission européenne. Les ONG les jugent « ni assez ambitieuses ni assez concrètes ».



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h39
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 19h13
    |

            Stéphane Mandard








                        



                                


                            

L’ultimatum expire dans quelques jours. Le Conseil d’Etat a donné jusqu’au 31 mars au gouvernement pour transmettre à la Commission européenne un plan capable de réduire rapidement la pollution de l’air. Dans un arrêt rendu le 12 juillet 2017, la plus haute juridiction administrative française avait enjoint à Edouard Philippe et à son ministre de la transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, de « prendre toutes les mesures nécessaires » afin de « ramener les concentrations en dioxyde d’azote [NO2] et en particules fines PM10 sous les valeurs limites ».
Pour des dépassements répétés de ces deux polluants, considérés à l’origine de 48 000 morts prématurées chaque année à l’échelle du pays, la France est sous la menace d’une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne, et à terme, d’une lourde amende. Initialement, Bruxelles devait rendre mi-mars sa décision – qui concerne également huit Etats, dont l’Allemagne. Selon nos informations, elle interviendra finalement fin avril. Un délai supplémentaire pour permettre au gouvernement de répondre à l’injonction du Conseil d’Etat ?
Après une convocation à Bruxelles le 30 janvier avec les autres Etats cancres, Nicolas Hulot a présenté le 13 février son « plan d’action ». Celui-ci reprend les grandes lignes du Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (Prépa) publié en mai 2017 par le gouvernement précédent. Le Prépa promet d’« éliminer les dépassements des valeurs limites en PM10 à partir de 2020 – sauf pour quelques points “noirs” résiduels très localisés » – et de réduire le nombre de stations dépassant les valeurs limites en NO2 de 49 en 2010 à 10 en 2020 et 3 en 2030. Ces éléments n’ont visiblement pas convaincu le commissaire européen à l’environnement, Karmenu Vella, d’abandonner les poursuites.
Nouvelles feuilles de route opérationnelles
Aussi Nicolas Hulot a-t-il promis de « nouvelles...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3244,1-0,0-19"> ¤ L’Anses reconnaît la réalité des troubles présentés par les personnes intolérantes aux ondes électromagnétiques et recommande leur prise en charge.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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Electrosensibles : des symptômes réels qui restent inexpliqués

L’Anses reconnaît la réalité des troubles présentés par les personnes intolérantes aux ondes électromagnétiques et recommande leur prise en charge.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 00h01
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 12h08
    |

            Pierre Le Hir








                        


Des symptômes réels, mais pour l’instant inexpliqués, ce qui invite à poursuivre les recherches et à améliorer la prise en charge. Telles sont les conclusions de l’avis rendu mardi 27 mars par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), au sujet de la question très débattue de l’électrohypersensibilité, ou EHS.
Sous cette appellation – on parle aussi, en termes savants, d’intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques – se cache une réalité aujourd’hui encore très mal reconnue. Celle des personnes souffrant d’affections diverses – troubles du sommeil et des rythmes circadiens (alternance entre la veille et le sommeil), fatigue, maux de tête, troubles de l’attention et de la mémoire, symptômes cutanés, hypersensibilité – qu’elles imputent à leur exposition aux ondes électromagnétiques.
Celles-ci peuvent être les radiofréquences émises par les technologies de communication sans fil (téléphones mobiles, Wi-Fi, antennes-relais, etc.), aussi bien que les champs électromagnétiques générés par les lignes et installations électriques ou par les appareils électroménagers. Le spectre est donc très large, ce qui rend le problème encore plus difficile à cerner.
Absence d’anomalies mesurables
Combien de personnes sont-elles dans ce cas ? Faute de critères de diagnostic et de classification faisant consensus et permettant un recensement précis, l’estimation repose sur l’autodéclaration des individus se considérant comme électrosensibles. L’Anses avance toutefois un chiffre fondé sur les études scientifiques les plus récentes. Il suggère une prévalence (nombre de cas au sein de la population) de l’ordre de 5 %, soit un total – considérable – d’environ 3,3 millions de Français souffrant, sous une forme ou sous une autre et à des degrés variables, de sensibilité exacerbée aux ondes électromagnétiques.

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L’Agence de sécurité sanitaire a réuni un groupe de travail de quarante experts de plusieurs disciplines (épidémiologie, médecine, biologie, dosimétrie, sciences humaines et sociales) qui, pendant quatre ans, ont analysé l’ensemble de la littérature scientifique disponible, mais aussi auditionné des médecins hospitaliers et généralistes, des associations et collectifs de citoyens, des élus et, bien sûr, des électrosensibles. Ces données ont été enrichies par plus de cinq cents contributions reçues dans le cadre d’une consultation publique.
La première conclusion du groupe d’expertise est que « les douleurs et la souffrance formulées par les personnes se déclarant EHS correspondent à une réalité vécue ». Une position qui, à l’opposé d’un déni du mal-être des personnes concernées, constitue une reconnaissance des difficultés qu’elles rencontrent dans leur vie quotidienne.
L’origine encore inconnue de ces troubles
Pour autant, poursuit l’avis, « aucune preuve expérimentale solide ne permet actuellement d’établir un lien de causalité entre l’exposition aux champs électromagnétiques et les symptômes décrits ». Autrement dit, en l’état actuel de la science, l’origine de ces troubles demeure inconnue. En effet, des études dites « de provocation », dans lesquelles des sujets sont soumis à des champs électromagnétiques, n’ont pas fait apparaître « de symptômes ou d’anomalies biologiques ou physiologiques spécifiques à l’EHS ».
Selon les spécialistes, cette absence d’anomalies mesurables peut signifier que les symptômes décrits ne sont pas dus aux ondes électromagnétiques ; ou alors que les essais présentent des limites méthodologiques ne permettant pas de mettre en évidence certains effets biologiques ou physiologiques, qu’il n’est donc pas possible d’« exclure avec certitude ».
Aussi l’Anses préconise-t-elle de poursuivre les recherches, en « renforçant les interactions entre scientifiques et associations de personnes se déclarant EHS », en réalisant des études de suivi à long terme avec des protocoles expérimentaux appropriés, et « en pérennisant le financement de l’effort de recherche, notamment fondamentale, sur les effets sanitaires des radiofréquences ».
Un « isolement psychosocial »
En même temps, elle recommande une « prise en charge adaptée » des électrosensibles par le secteur social et le système de soins, afin de répondre à une détresse qui peut avoir des conséquences lourdes sur la qualité de vie, en conduisant parfois à un « isolement psychosocial ». Elle souhaite que la Haute Autorité de santé formule des recommandations en ce sens. Et elle préconise une formation des professionnels de santé et des acteurs sociaux « à l’accueil et à l’écoute des personnes se déclarant électrohypersensibles ».

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Dès 2004, l’Organisation mondiale de la santé avait conclu que ces troubles restaient « inexpliqués sur le plan médical », mais que leurs effets étaient « préjudiciables pour la santé des personnes ». « Depuis, beaucoup de travaux ont été menés. Nous avons balayé l’ensemble des connaissances sur le sujet et exploré un grand nombre d’hypothèses, indique Olivier Merckel, chargé des nouvelles technologies à l’Anses. Nous avons aussi montré les limites de certaines études et c’est pourquoi, même si aucun lien de causalité ne peut être aujourd’hui identifié, la possibilité d’effets des champs électromagnétiques expliquant les symptômes décrits reste ouverte. »
« Cet avis constitue une vraie avancée pour la prise en considération d’une pathologie émergente qui provoque beaucoup d’incompréhension et de souffrance, dans la vie professionnelle, sociale et personnelle des patients, se félicite Sophie Pelletier, présidente de l’ONG Priartem (Pour rassembler, informer et agir sur les risques liés aux technologies électromagnétiques). Ses préconisations en termes de recherche et de prise en charge vont dans le bon sens. Reste maintenant aux pouvoirs publics, au corps médical et aux institutions à s’en saisir. »



                            


                        

                        


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La dégradation des terres a atteint un stade critique

La détérioration systémique des sols met en péril la sécurité alimentaire, le climat et la stabilité des sociétés, alertent une centaine d’experts de 45 pays.



Le Monde
 |    26.03.2018 à 15h30
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 10h19
    |

                            Sylvie Burnouf








                        



   


C’est un signal d’alarme que lancent les experts de la biodiversité : l’activité humaine est à l’origine d’une détérioration massive – et lourde de conséquences – des terres à l’échelle planétaire. Les terres, ce sont les sols, mais aussi ce qui les recouvre : les forêts, les prairies ou encore les zones humides.
Leur constat découle d’un travail de longue haleine : pendant trois ans, une centaine d’experts de 45 pays ont décortiqué et analysé plus de 3 000 références sur la dégradation et la restauration des terres – des publications scientifiques, mais aussi des données provenant de sources gouvernementales et de savoirs indigènes et locaux. Leurs observations, qui constituent la première étude mondiale sur l’état des sols, ont été regroupées dans un rapport d’un millier de pages approuvé lors de la 6e session plénière de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui s’est déroulée du 17 au 24 mars à Medellin (Colombie).
La plate-forme, souvent qualifiée de « GIEC de la biodiversité », en référence au Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a été créée en 2012 sous la tutelle des Nations unies et rassemble actuellement 129 Etats membres. Elle a pour vocation d’éclairer les gouvernements et l’opinion publique sur les enjeux liés aux changements de la biodiversité, et réalise pour cela une synthèse régulière des connaissances scientifiques.

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En l’occurrence, les experts alertent sur une situation plus qu’alarmante : nous faisons face à un phénomène systémique et généralisé de dégradation des terres, qui touche l’ensemble des surfaces terrestres de la planète. L’exemple des zones humides est peut-être le plus parlant : plus de la moitié a disparu depuis le début du XXe siècle. Selon les estimations de l’IPBES, si moins d’un quart des étendues terrestres échappent encore, aujourd’hui, aux effets substantiels de l’activité humaine, cette part tombera à 10 % en 2050. Il s’agira, pour l’essentiel, de zones non adaptées à une exploitation humaine (déserts, régions montagneuses, toundra et territoires polaires).
Mettre en place des mesures visant à réduire – voire à éviter – la dégradation des terres, et à restaurer celles d’ores et déjà dégradées, constitue pour les experts une « priorité d’urgence » pour protéger la biodiversité et les services écosystémiques, vitaux pour la vie sur Terre.
Sixième extinction de masse
Car les retombées négatives sont déjà visibles et multiples : la détérioration des terres constitue la première cause de disparition des espèces animales et végétales, contribuant de fait à la sixième extinction de masse. Elle participe également à l’exacerbation du changement climatique, en raison notamment de la déforestation et de la diminution de la capacité de stockage de carbone des sols. De plus, les terres dégradées concourent à l’altération de la sécurité alimentaire et de la santé des êtres humains, affectant le bien-être de plus de 3,2 milliards d’hommes et de femmes. Les experts entrevoient de surcroît des répercussions lourdes en termes de migrations et de conflits au sein des populations touchées.
Qui faut-il blâmer pour ces faits alarmants ? La consommation effrénée de la plupart des pays développés, assortie de celle, en hausse, des pays en développement, estime l’IPBES. Le tout dans un contexte d’augmentation de la population mondiale. L’expansion de l’agriculture est de fait visée – « notamment dans ses formes les plus intensives », souligne Florent Kohler, qui a participé à l’élaboration du rapport et de son résumé. L’anthropologue pointe la « part de plus en plus insoutenable des cultures fourragères », notamment celles du maïs et du soja. Mais d’autres facteurs ont également leur part de responsabilité, comme l’exploitation forestière, l’extraction minière et pétrolière, ou encore l’urbanisation excessive et incontrôlée.

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« Il faut une prise de conscience massive pour que les terres – et plus spécifiquement les sols – soient enfin considérées à leur juste valeur, et non plus comme un simple substrat sur lequel on bâtit, on cultive, ou dans lequel on creuse pour extraire des matières premières, estime Hélène Soubelet, directrice de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, qui fait partie de la délégation française. Nos terres (…) représentent un bien commun extrêmement précieux et l’avenir de l’humanité dépend de leur protection. »
« Il faut que, collectivement, nous construisions une société plus sobre… mais pas seulement du fait d’une certaine élite : il faut que ce soit un mouvement global de nos concitoyens », ajoute-t-elle, recommandant pour cela la mise en place de mesures simples, favorisant la transition. « Il existe déjà des solutions et il suffirait de les mettre en œuvre pour que la situation s’améliore », note-t-elle, citant pour exemple les pratiques agro-écologiques (qui préconisent l’arrêt des pesticides et des labours profonds), l’incorporation, dans le prix des aliments, du coût écologique de leur production, l’intégration de la valeur des sols dans la planification urbaine, ainsi que le développement d’une économie circulaire.
Réduire le gaspillage alimentaire
D’autres leviers d’action ont également été mis en avant dans le rapport de l’IPBES, comme le recours à une alimentation moins carnée et la réduction du gaspillage alimentaire.
Par ailleurs, les experts estiment que les bénéfices économiques que l’humanité tirera de la protection et de la restauration des terres seront dix fois supérieurs aux coûts investis. Mais les bénéfices attendus ne sont pas uniquement d’ordre monétaire, ils « touchent également à l’humanité elle-même, à ses conditions d’existence, à l’épanouissement des individus », insiste Florent Kohler.
Attaché aux dimensions éthiques qu’englobent les questions environnementales, l’anthropologue se réjouit de l’intégration, dans le rapport, du concept de solidarité écologique, qui pose pour principe que les hommes sont solidaires entre eux, avec les générations futures, mais aussi avec les écosystèmes dont ils font partie. Cela implique de prendre pleinement conscience de l’impact de la consommation sur les ressources planétaires.
Sauvegardées, ces terres pourraient garantir une absorption et un stockage non négligeable du carbone atmosphérique, et contribuer à maintenir le réchauffement climatique sous la barre des deux degrés, tel que défini dans l’accord de Paris sur le climat.



                            


                        

                        

