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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-1"> ¤ « Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.
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Making of de la Semaine de la presse : « On est surpris qu’il y ait autant de monde pour faire un journal »

« Le Monde » et l’AFP ont reçu, le 19 mars, une classe de quatrième de Meaux (Seine-et-Marne), qui a organisé sa propre conférence de rédaction.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 18h21
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h22
    |

            Delphine Roucaute








                        



   


Onze élèves de quatrième du collège Henri-IV de Meaux (Seine-et-Marne) ont pris leurs quartiers dans les locaux du Monde, lundi 19 mars. L’objectif : découvrir la manière dont travaillent les journalistes et de se prendre au jeu en devenant, le temps d’une journée, rédacteurs et rédactrices en chef. Au programme : conférence de rédaction animée par les adolescents, afin d’aboutir à la commande d’un sujet à une journaliste.
D’habitude, c’est plutôt le mouvement inverse. Les quelque cent dix journalistes du Monde et de l’AFP qui se sont engagés dans l’éducation aux médias et à l’information au sein de l’association Entre les lignes ont pour mission principale d’intervenir directement dans des classes un peu partout en France. Mais à l’occasion de la Semaine de la presse, la classe — choisie par notre partenaire le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (Clémi) — est séparée en deux : onze élèves au Monde, treize à l’AFP.
Leur découverte du journal débute, comme toute journée à la rédaction Web, avec la réunion de 9 h 15, où s’engagent entre journalistes des discussions sur les dominantes d’actualité du jour : élection présidentielle russe et réélection de Vladimir Poutine, scandale Cambridge Analytica sur Facebook et annonces du gouvernement sur l’assurance-chômage. Mais les élèves retiennent surtout les échanges sur le calvaire de la jeune fille au pair Sophie Lionnet, au Royaume-Uni, et les débats sur la terminologie à adopter pour présenter Sergueï Skripal, l’ancien agent double empoisonné au Novitchok. Comme pour beaucoup de lecteurs, ce sont les drames et faits divers qui retiennent l’attention, marquent l’imaginaire.
« C’est intéressant de pouvoir partager nos idées »
Leur propre conférence de rédaction débute d’ailleurs par un questionnement sur Nordahl Lelandais. « Ah non c’est bon, moi j’ai vu une émission sur NRJ 12, ça me suffit », rebondit Johan, très en verve. « Mais c’est qui ? », s’interroge Karim. « L’affaire Maëlys ! », lui rétorque-t-on. Le léger silence qui s’ensuit nous permet de mesurer à quel point le sujet est brûlant pour ces collégiens. Bons élèves, les onze adolescents égrènent les quelques sujets qui ont fait les gros titres dernièrement : les Jeux paralympiques, qui « donnent une image positive des handicapés », explique Louanie, mais aussi la rencontre entre la Corée du Nord et la Corée du Sud.
Puis émergent des sujets qui manifestement les intéressent plus : le coût et la « pollution » engendrés par la production d’éoliennes, la « tromperie » des aliments bio, qui contiennent aussi des pesticides, le gaspillage alimentaire. C’est bien l’environnement qui est au cœur de leurs préoccupations. Et la méfiance est de mise : « Moi, je ne mange plus de steaks surgelés depuis que j’ai vu un reportage qui explique qu’ils sont faits avec des restes d’animaux », assène Johan. Mais leurs doutes ne vont pas jusqu’à affecter leur vision des fast-foods. « Y’a pas de problème avec les frites, si ? »

Les élèves font maintenant leur propre conférence de rédaction depuis 30 minutes, ils abordent les différents sujet… https://t.co/vcCnhweY4b— BriceLaemle (@Brice Laemle)


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Mais c’est encore le débat sur l’interdiction des smartphones au collège qui déchaîne le plus les passions. Même si la plupart d’entre eux ne l’utilisent qu’en dehors de l’école ou à la récré, ils le gardent dans leur poche toute la journée. « Et comment on fait pour prévenir nos parents si on n’a pas de téléphone ? », interroge Karim, qui possède un portable depuis le CE2. Johan, lui, a un sentiment ambivalent : « Le niveau des élèves a baissé avec le smartphone, ils ont plus de mal à se concentrer. Mais je suis obligé de répondre dès que je reçois un texto. C’est comme notre petit frère ou notre petite sœur », assure-t-il sous le regard interloqué de quelques camarades. « C’est intéressant de pouvoir partager nos idées. J’ai pu raconter que je suis allée en manifestation, alors que ça n’intéresse pas mes amies », souligne Louanie, seule collégienne présente à être tentée par le métier de journaliste.
Parmi tous les sujets évoqués, trois sont sélectionnés par les élèves : l’impact de la pollution sur les animaux, le gaspillage alimentaire et l’interdiction des smartphones au collège. Trois petits groupes se forment alors et s’essayent à la base du travail de journaliste, encadrés par des professionnels : le choix de son « angle », c’est-à-dire la façon d’aborder un sujet, de sélectionner une petite partie de l’histoire pour donner à voir le schéma plus global. L’exercice consiste à poser sur la table toutes les questions que soulève une thématique et de les resserrer petit à petit pour arriver à des sujets très précis. Les élèves sont impressionnés par le résultat.
En une heure et demie, les groupes d’élèves aboutissent à plusieurs propositions d’angles journalistiques : un article pédagogique sur les critères des dates de péremption sur les étiquettes ; un reportage sur l’initiative de frigos en libre-service pour lutter contre le gaspillage alimentaire ; un article qui explique comment on peut interdire concrètement les téléphones au collège ; la pollution de l’eau à Meaux… Là encore, les sujets « environnement » remportent un franc succès. Après un vote à bulletin secret, les élèves choisissent leur sujet de prédilection : la pollution de l’air, un poison invisible pour les animaux en Ile-de-France.
Retour en classe
C’est à Faustine Vincent, journaliste généraliste au Monde, que revient la tâche d’enquêter sur cet épineux sujet. Elle se rend vite compte que le sujet a été assez peu étudié par les scientifiques et qu’il comprend des éléments très techniques, qu’il va s’agir de vulgariser pour les lecteurs. Elle décide finalement de se concentrer sur la notion d’« animal sentinelle » : les animaux étant plus petits et plus sensibles que les humains, ils développent plus rapidement des pathologies liées à la pollution. Etudier les effets des polluants sur eux permettrait donc de faire plus de prévention.
Après écriture, validation, relecture et correction du papier (toutes les étapes sans lesquelles les articles ne sont pas publiés), Faustine est ensuite allée à Meaux expliquer son enquête aux vingt-quatre élèves, notamment la difficulté qu’elle a eue à trouver les rares interlocuteurs ayant travaillé sur le sujet.
« On est très surpris qu’il y ait autant de gens qui travaillent pour faire un journal et publier des articles », réagit Inès, soutenue par ses camarades. C’est vrai qu’avec ses 450 journalistes et 150 articles publiés quotidiennement, Le Monde ressemble à une grande fourmilière qui ne s’arrête jamais de tourner. Et c’est cette idée du journalisme que l’on essaie enfin de transmettre : un travail collectif, toujours remis sur l’ouvrage.

        Lire l’article de Faustine Vincent :
         

          Pollution de l’air : les animaux, des sentinelles pour l’homme







                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-2"> ¤ Le président des Etats-Unis a confirmé sur Twitter un article paru la veille dans la presse américaine, qui a provoqué une forte baisse, mercredi, de l’action Amazon en Bourse.
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Trump s’en prend de nouveau à Amazon, qui dévisse en Bourse

Le président des Etats-Unis a confirmé sur Twitter un article paru la veille dans la presse américaine, qui a provoqué une forte baisse, mercredi, de l’action Amazon en Bourse.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 17h04
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 18h10
    |

            Alexandre Piquard








                        



   


« J’ai fait état de mes inquiétudes concernant Amazon bien avant l’élection. Contrairement aux autres, ils ne paient pas ou peu d’impôts aux gouvernements locaux ou fédéral et traitent notre système postal comme leur livreur (provoquant d’énormes pertes aux Etats-Unis) en provoquant la fermeture de milliers de commerces ! » C’est par ce tweet d’attaque assez frontale que Donald Trump s’en est pris, jeudi 29 mars, au géant de la distribution en ligne.
Ce tacle public du président des Etats-Unis a confirmé un article paru la veille dans la presse américaine, qui avait commencé à faire baisser le cours de l’action d’Amazon en Bourse. Mercredi, le titre a clôturé en forte baisse à la Bourse de New York (– 4,38 %), ce qui s’est traduit par une perte de 31,4 milliards de dollars de capitalisation boursière. Jeudi (à 16 heures à Paris), il reculait de 3,07 %, en raison du tweet, alors qu’il avait commencé la séance par une hausse de 1,7 %.
Mercredi, le fameux site d’information en ligne Axios a créé la sensation en publiant un article sobrement titré « Trump déteste Amazon, pas Facebook ». Le média y explique que le président n’a pas spécialement l’intention de prendre des mesures contre le réseau social visé depuis plusieurs jours par le scandale de l’exploitation indue de ses données par le prestataire Cambridge Analytica, mais qu’il est « obsédé » par l’entreprise fondée par Jeff Bezos.
Spéculation sur des mesures anticoncurrences
« Trump s’est interrogé à voix haute sur les moyens qui pourraient exister pour s’en prendre à Amazon grâce aux lois antitrusts ou à la législation sur la concurrence », précise une source anonyme citée par Axios.
Mercredi, la Maison Blanche a réagi en déclarant n’avoir aucun projet en cours concernant le groupe. Mais, jeudi, Raj Shah, secrétaire adjoint à la presse de la présidence, a été plus flou : il a assuré que les critiques du président n’avaient rien à voir avec des griefs personnels visant Amazon ou Jeff Bezos, tout en disant sur Fox News qu’« il s’agit bel et bien de politique ». Il a ajouté que les critiques de Donald Trump n’impliquaient aucun changement de ligne. Mais a précisé : « Il y a un certain nombre de propositions qui ont fait leur chemin à la Chambre et au Sénat ou ont été envisagées par la Chambre et le Sénat. Il soutiendrait des efforts de ce genre. »
Sur le fond, les arguments de M. Trump sur la poste sont contestés : « On lui a expliqué dans de nombreuses réunions que sa perception n’était pas exacte et que la poste gagnait même beaucoup d’argent en travaillant pour Amazon. » Sur le plan fiscal, Amazon collecte depuis le printemps 2017 des taxes sur les ventes (sales tax) dans tous les Etats américains. Toutefois, ce n’était souvent pas le cas avant, ce qui donnait à la vente en ligne un avantage, dont se plaignaient les distributeurs traditionnels. De plus, certains vendeurs tiers qui utilisent la plate-forme Amazon ne collectent toujours pas cette taxe.
Amazon emploie aux Etats-Unis près de 200 000 personnes et a un poids considérable dans la distribution. Son rachat de la chaîne de supermarchés bio Whole Foods, en juin, n’a fait que renforcer sa position. Et alimente les discussions sur des mesures liées au droit de la concurrence.
Une guerre ouverte depuis 2015
C’est loin d’être la première fois que Donald Trump cible M. Bezos et Amazon nommément. Les premiers tweets datent de 2015. « Amazon cause un grand tort aux petits commerçants, qui, eux, paient des impôts », avait depuis écrit le président sur Twitter, en août 2017.
De son côté, Jeff Bezos s’est parfois aussi opposé à M. Trump, par exemple à propos du texte anti-immigration signé en janvier 2017 pour interdire l’accès au pays pour les ressortissants de sept pays jugés « risqués », au nom de la lutte contre le terrorisme. « A nos employés aux Etats-Unis et dans le monde qui pourraient être directement touchés par ce décret, je veux que vous sachiez que toutes les ressources d’Amazon sont derrière vous », avait écrit M. Bezos.
Pendant la campagne, il avait semblé défendre Hillary Clinton contre Donald Trump : « Dire qu’il pourrait faire enfermer son adversaire érode notre démocratie sur les bords », avait-il dit au Vanity Fair’s New Establishment Summit.
Derrière Amazon, le « Washington Post »
Une fois Trump élu, M. Bezos avait envoyé des signaux moins univoques : il a félicité le nouveau président et, par exemple, annoncé en janvier qu’il créerait des emplois aux Etats-Unis, ce dont la Maison Blanche s’est félicitée.
Derrière la campagne de Donald Trump contre Jeff Bezos, certains voient des représailles contre le Washington Post, racheté en 2013 par le patron d’Amazon. Comme le New York Times ou CNN, le quotidien a été en pointe sur plusieurs sujets, notamment les soupçons d’ingérence russe dans la campagne. Il a aussi révélé que l’homme d’affaires avait accroché une fausse couverture de Time à son effigie, dans les clubs de golf qu’il possède. Le Washington Post a même gagné un prestigieux prix Pulitzer en 2017 pour avoir mis en cause la réalité des actions philanthropique de M. Trump. Le journal avait fait partie des médias temporairement interdits d’accès à la présidence, avec CNN.
Le président des Etats-Unis a d’ailleurs lui-même fait le lien entre ses attaques contre Amazon et le Washington Post, insinuant que M. Bezos s’en servait pour faire campagne contre lui. « L’#AmazonWashingtonPost – que certains surnomment parfois le gardien d’Amazon qui ne paye pas ses impôts (et qui devrait le faire) – est une fake news ! », lançait-il dans un tweet en juin.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-3"> ¤ Le gouvernement veut proposer un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus (chaînes payantes ou nouveaux acteurs de la vidéo à la demande). Ce qui devrait permettre de conforter le financement du cinéma français, confronté à l’émergence de Netflix ou Amazon.
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Cinéma : les films bientôt diffusés plus tôt à la télé ou en vidéo à la demande

Le gouvernement veut proposer un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus (chaînes payantes ou nouveaux acteurs de la vidéo à la demande). Ce qui devrait permettre de conforter le financement du cinéma français, confronté à l’émergence de Netflix ou Amazon.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 12h03
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 15h12
    |

            François Bougon et 
Nicole Vulser








                        



   


L’épineux dossier de la chronologie des médias connaîtra-t-il un happy end ? Les professionnels du cinéma et de l’audiovisuel vont-ils finalement réussir à se mettre d’accord sur une nouvelle version de ce système français qui régit la diffusion des films après leur sortie en salle ? On devrait le savoir d’ici une dizaine de jours.
Jeudi 29 mars, les deux médiateurs missionnés par le ministère de la culture pour tenter de réconcilier une galaxie d’intérêts divergents, voire opposés, ont en effet proposé aux représentants de plus de trente organisations de professionnels du cinéma, des chaînes de télévision et des opérateurs de télécommunication, une nouvelle mouture d’un texte de compromis.
Fin du gel des droits
Un premier scénario présenté le 9 mars par Dominique D’Hinnin, ancien dirigeant du groupe Lagardère, et François Hurard, ex-directeur du cinéma du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), n’avait pas permis de trouver un accord. « On avait vu une fumée ni blanche ni noire, mais toute une nuance de gris », avait commenté un des participants aux discussions. Bon nombre n’étaient pas hostiles au texte mais réclamaient des aménagements.
Plus de 60 % des films pourront être achetés en DVD ou en vidéo à la demande trois mois après leur sortie en salle
Dans l’ultime version que Le Monde s’est procurée, l’idée majeure consiste à faciliter l’accès aux œuvres cinématographiques pour le grand public : plus de 60 % des films pourront être achetés en DVD ou en vidéo à la demande trois mois après leur sortie en salle. Soit un mois plus tôt qu’aujourd’hui. La fin du gel des droits (période pendant laquelle un film ne pouvait pas être acheté en vidéo ou consulté en vidéo à la demande dès qu’il était diffusé sur Canal+) devrait mettre fin à un état de fait qui incitait au piratage. Les producteurs et les créateurs – qui réclament un plan déterminé des pouvoirs publics pour lutter contre ce fléau – sont donc invités eux-mêmes à s’en mêler, quitte à inviter le gouvernement à les accompagner.
Les longs-métrages seront diffusés plus tôt sur les chaînes payantes (six, sept ou huit mois après la sortie en salle sur Canal+, par exemple, contre onze mois aujourd’hui). Idem pour les télévisions gratuites, qui pourront programmer, dans le meilleur des cas, des films dix-sept mois après leur sortie en salle (soit cinq mois plus tôt qu’aujourd’hui).
Par rapport aux propositions précédentes des médiateurs, la première « fenêtre » de diffusion des films en télévision payante a été maintenue à huit mois, et non plus sept mois, après la sortie en salle, les chaînes ayant mis en avant des nécessités de programmation.
Un autre objectif du texte est de donner aux plus de 700 films qui sortent sur grand écran chaque année une seconde vie. Pour mettre au goût du jour cet accord interprofessionnel, qui datait de 2009, les nouveaux acteurs du service de vidéo à la demande par abonnement, Netflix et Amazon, sont pour la première fois pris en compte : s’ils s’engagent à financer le septième art français, ils pourront diffuser des films quatorze mois après leur sortie en salle (contre trente-six aujourd’hui).
Adaptation plus rapide au marché
C’est bien là aussi la préoccupation qui sous-tend le document : conforter le financement du cinéma hexagonal et donner un accès plus rapide aux films aux opérateurs qui paient le plus. Un principe qui permettrait, par exemple, à Orange, Ciné + ou Altice de diffuser des films quinze mois après leur sortie en salle et non plus vingt-deux mois. A condition qu’ils ouvrent plus largement leur porte-monnaie.
Un autre objectif de ce projet d’accord est de tenter une adaptation plus rapide au marché. Les chaînes gratuites pourront diffuser des programmes de rattrapage – comme le fait déjà largement Arte. Ce qui permettrait surtout à France Télévisions de mieux exposer le cinéma. Par ailleurs, si aucune chaîne payante n’a acheté les droits d’un film documentaire sorti en salle, comme ceux proposés par Arte ou France 3, ils seront diffusés plus tôt sur ces chaînes.
Les professionnels ont une dizaine de jours pour parapher cette proposition d’accord, l’amender légèrement… ou la rejeter. En tout cas, les médiateurs n’iront pas au-delà de leur mission après la mi-avril. Ils ont dans la manche un atout sérieux : si les acteurs du cinéma et de la télévision n’arrivent pas à s’entendre sur ce dossier, ils auront encore plus de mal à convaincre les députés de défendre leurs thèses dans la future loi sur l’audiovisuel. Et, de façon plus imparable encore, le gouvernement pourra choisir soit le scénario initial de la chronologie des médias dessiné par les médiateurs, soit l’une des deux versions amendées pour légiférer sur ce dossier.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-4"> ¤ Séries Mania Lille Hauts de France se tiendra du 27 avril au 5 mai. La programmation et les événements associés se veulent transdisciplinaires.
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Lille lance son festival international de séries

Séries Mania Lille Hauts de France se tiendra du 27 avril au 5 mai. La programmation et les événements associés se veulent transdisciplinaires.



Le Monde
 |    29.03.2018 à 11h27
    |

                            Laurie Moniez (Lille, correspondance)








                        



   


« Tous les ingrédients sont réunis pour le lancement d’une nouvelle série à succès. » Mercredi 28 mars, devant la presse, Xavier Bertrand n’a pas manqué d’afficher son optimisme et sa sérénité, à un mois du lancement du festival international Séries Mania Lille Hauts-de-France.
En mars 2017, le président de la région Hauts-de-France et la maire de Lille, Martine Aubry, ont en effet remporté l’appel à projets lancé par le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) afin de créer le festival international de séries voulu par l’Etat.

        Lire aussi :
         

                Festivals des séries : la guerre bat son plein



Emmené par Laurence Herszberg, directrice générale de l’événement, ce nouveau festival va se démarquer de celui qu’elle avait créé en 2010 à Paris et qui accueillait chaque année plus de 50 000 spectateurs. « On innove à Lille, puisque les séries seront en relation avec d’autres arts, confie Mme Herszberg. Il y aura, par exemple, une soirée “Mange ta série”, précédée d’une conférence sur l’art culinaire dans les séries. » Ce soir-là, les invités pourront déguster les mets de chefs nordistes inspirés par Game of Thrones.
Un bal et des concerts chaque soir
Du 27 avril au 5 mai, c’est toute la ville de Lille et sa région qui vont vivre au rythme des séries, avec un bal et des concerts chaque soir. Parallèlement, le musée du Palais des Beaux Arts proposera de redécouvrir ses collections par le prisme du petit écran. Une manière de montrer aux festivaliers comment les scénaristes puisent leur inspiration dans l’histoire de l’art. Des graffeurs s’empareront aussi des murs de la cité. L’ancienne gare Saint-Sauveur ouvrira ses portes pour un grand troc culturel, le 1er mai.
« On a construit un festival d’une très grosse ampleur, ouvert au grand public, transdisciplinaire, un peu comme South by Southwest à Austin, au Texas », précise la directrice générale de Séries Mania.
De quoi se différencier du festival international des séries de Cannes ? « Il n’y a pas de guerres des festivals, répond Laurence Herszberg. Il y a de la place pour plusieurs festivals. Lille et sa région ont gagné l’appel à projets. On a choisi de proposer un événement populaire, sans objectif de fréquentation, et l’on veut s’emparer de la ville ». Et d’ajouter : « Un vrai festival international, ça ne se décrète pas, ça se construit. Le festival du cinéma à Cannes ne s’est pas construit en une année. »
Xavier Bertrand, qui achève actuellement le visionnage de la série « Baron Noir », parie sur un succès populaire pour cette première édition de Séries Mania Lille/Hauts-de-France et compte sur les discussions menées avec le maire de Cannes, David Lisnard, pour trouver un compromis. « Après tout, estime-t-il, la boussole indique toujours quoi comme direction ? Le Nord. »
Une première mondiale en ouverture
Les Nordistes pourront profiter d’une centaine de projections gratuites, parmi lesquelles Succession (une première mondiale), série américaine programmée pour l’ouverture du festival, et Babylon Berlin, pour la clôture.
Le jury international du festival sera présidé par Chris Brancato, cocréateur de Narcos, qui a écrit et produit des séries telles que X-Files, New York, police judiciaire ou Hannibal. A ses côtés, on retrouvera Maria Feldman, productrice de False Flag, l’acteur français Clovis Cornillac et le romancier et scénariste Pierre Lemaitre.
Parmi les invités d’honneur figureront Patrick Duffy, connu pour son rôle de Bobby Ewing dans Dallas, Sofia Helin, l’inspectrice de la série suédo-danoise Bron, ou encore Jeremy Podeswa, réalisateur d’épisodes de Game of Thrones, True Detective, Homeland, Dexter ou Les Borgia.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤ D’après « Libération », cette procédure pourrait se traduire par les départs volontaires de 25 salariés sur les 80 actuels.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-5"> ¤                     
                                                

Une rupture conventionnelle collective signée aux « Inrockuptibles »

D’après « Libération », cette procédure pourrait se traduire par les départs volontaires de 25 salariés sur les 80 actuels.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 13h14
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 15h36
   





                        


La décision était attendue pour l’hebdomadaire culturel Les Inrockuptibles. Selon des informations de Libération, confirmées au Monde, la direction et les représentants syndicaux ont signé mardi 27 mars un accord en vue d’une rupture conventionnelle collective (RCC).
Cette nouvelle disposition du code du travail est censée remplacer progressivement les actuels plans de départs volontaires (PDV).

        Lire aussi :
         

                Les salariés de PSA, Pimkie, groupe Figaro… cobayes de la rupture conventionnelle collective



D’après Libération, cette procédure pourrait se traduire par les départs volontaires de 25 salariés au maximum (sur les 80 actuels). Cette RCC doit maintenant être validée par le ministère du travail, après quoi les salariés souhaitant partir contre une indemnité auront quarante-cinq jours pour se faire connaître.
Les effectifs de l’hebdomadaire devraient par la suite être revus par la direction, qui pourrait envisager de « réembaucher des profils conformes à ses objectifs stratégiques », ajoute Libération.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤ A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’UE se déplaçant dans un autre Etat membre pourront accéder à leur service.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-6"> ¤                     


Article sélectionné dans La Matinale du 28/03/2018
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Les Européens pourront voyager dans l’UE en profitant de leurs abonnements numériques

A partir du 1er avril, la portabilité des services numériques sera effective. Mais seuls les citoyens de l’UE se déplaçant dans un autre Etat membre pourront accéder à leur service.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 12h33
 • Mis à jour le
29.03.2018 à 10h03
    |

            Cécile Ducourtieux (Bruxelles, bureau européen)








                        



   


Ce n’est pas tous les jours que la Commission de Bruxelles fait une annonce vraiment parlante pour les citoyens de l’Union européenne (UE). La commissaire au digital, Mariya Gabriel, est descendue en salle de presse, mardi 27 mars, pour confirmer l’effectivité, au 1er avril, de la « portabilité des services numériques ».

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Les abonnés à Spotify, Netflix et autres sites de vidéo à la demande pourront continuer à accéder à ces services lors de leurs voyages internationaux, à condition qu’ils soient citoyens européens et qu’ils se déplacent, temporairement, dans un autre pays de l’UE. Ils devront pouvoir justifier qu’ils ne sont qu’en transit : les fournisseurs de services auront les moyens de vérifier leur adresse IP et/ou la certification de résidence. Mais aucune limite en nombre de jours n’a été fixée.
Le législateur voulait de fait éviter un effet d’aubaine qui conduirait les utilisateurs à s’abonner dans les pays où les services en ligne sont le moins chers. Les Français, soucieux du droit d’auteur, militaient pour que soit fixée une limite temporelle à la portabilité des services. Le Parlement et le Conseil européen (les Etats membres) n’ont pas retenu cette option.
Une vraie avancée pour les consommateurs
Il s’agit en tout cas d’une vraie avancée pour les consommateurs du Vieux Continent, même si elle ne devrait, dans un premier temps, concerner que des « millenials » à fort pouvoir d’achat : des fonctionnaires européens, par exemple, bien payés, et sillonnant constamment l’Europe. Elle vient après la fin du « roaming », les surtaxes aux appels internationaux (le 15 juin 2017), et avant celle du « géoblocking », effective d’ici à la fin 2018, qui empêchera les cybermarchands de discriminer les clients d’autres pays membres que le leur.
Autre moment fort de l’agenda européen, allant lui aussi dans le sens du renforcement du pouvoir des citoyens : l’entrée en force du règlement sur la protection des données personnelles (RGPD), le 25 mai. Ce texte, très attendu au moment où le scandale Cambridge Analytica défraye la critique, donnera aux usagers théoriquement bien davantage de contrôle sur leurs informations en ligne.

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Après avoir enfin osé proposer de taxer les géants du Web, devenus des champions de l’évitement fiscal, la Commission devrait aussi rendre publique, fin avril, une proposition de régulation des plates-formes Internet, visant à rééquilibrer la relation, très inégale sur le Net, entre Google, Apple et autres Facebook d’une part, et les PME d’autre part. Il s’agira d’éviter par exemple qu’une société ne soit brutalement déréférencée d’un moteur de recherches sans raison valable ni possibilité d’engager un recours.
« Territorialité des droits »
La Commission Juncker, qui nourrissait de grandes ambitions pour le « marché unique » du numérique, a en revanche du mal à faire adopter deux textes pourtant jugés fondamentaux : celui sur la modernisation du droit d’auteur, et un autre sur les services audiovisuels (le règlement câble-satellite). Le premier, un projet de directive, a été rendu public en septembre 2016, mais son examen au Parlement européen, et en parallèle au Conseil, n’a toujours pas abouti. La Commission espère encore une adoption définitive avant fin 2018.

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                La foire d’empoigne des droits d’auteur



Les associations d’ayants droit, notamment françaises, bataillent pied à pied, redoutant une modernisation sans discernement qui fragiliserait encore plus les sources de revenus des auteurs. Les éditeurs de presse, spécialement allemands, espèrent quant à eux obtenir un « droit voisin », c’est-à-dire la possibilité de réclamer des droits auprès des plates-formes qui référencent les articles de leurs journalistes.
La discussion autour du règlement « câble-sattelite » est plus avancée : elle en est au stade des pourparlers entre le Parlement de Strasbourg et le Conseil européen. Mais les négociateurs butent encore sur une disposition cruciale, la « territorialité des droits ». La Commission tenait à ce que des contenus numériques financés dans un pays membre puissent être diffusés ailleurs dans l’UE sans avoir à s’acquitter de droits de diffusion dans ces Etats. Mais là encore, les acteurs traditionnels, cinéma et TV, font de la résistance.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-7"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Martin Sorrell, PDG de WPP, le leadeur mondial de la publicité, souligne le pouvoir des géants du Web.
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Martin Sorrell : « Les appels à davantage réguler Facebook ou Google sont inévitables »

Dans un entretien au « Monde », Martin Sorrell, PDG de WPP, le leadeur mondial de la publicité, souligne le pouvoir des géants du Web.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 11h50
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 12h49
    |

            François Bougon et 
Alexandre Piquard








                        



                                


                            

Martin Sorrell, 73 ans, est l’un des PDG les plus influents du secteur publicitaire et une figure du patronat britannique. WPP, le groupe qu’il a fondé en 1985, occupe la place de leadeur du marché, avec 19 milliards de dollars (15,3 milliards d’euros) de chiffre d’affaires en 2017 et près de 200 000 collaborateurs. Pourtant, le système des grandes agences (WPP, Ogilvy & Mather ou Young & Rubicam…) est sous pression, notamment en raison de la montée en puissance des grandes plates-formes numériques comme Google ou Facebook, reconnaît-il.
Est-il normal que l’affaire Cambridge Analytica n’ait pas de conséquences publicitaires sur Facebook ?
Il est trop tôt pour en mesurer l’impact. Les annonceurs et les consommateurs sont soucieux. Facebook fait de son mieux pour répondre. Cette affaire va renforcer l’importance de savoir ce qu’il advient des données. Aujourd’hui, les consommateurs sont censés donner leur consentement après avoir lu des documents de 50 pages… Les grandes plates-formes numériques, mais aussi les agences et les médias, doivent proposer un moyen simple de connaître les conditions d’utilisation des données et de les accepter ou pas.
Le modèle offrant un service gratuit en échange d’un ciblage publicitaire peut-il être remis en question ?
Si la polémique Cambridge Analytica a des implications au niveau des consommateurs et de nos clients, cela soulèvera des questions. L’an dernier, quand YouTube s’est vu reprocher de placer des publicités à côté de contenus violents, Havas a annoncé un boycottage. C’est une position difficile à tenir. Facebook et Google représentent 75 % du marché de la publicité numérique, soit environ 20 % du marché mondial. En 2017, YouTube a été affecté au deuxième et au troisième trimestre mais, au cours des trois derniers mois de l’année, les dépenses des annonceurs sont remontées. Au final, l’achat d’espace par WPP sur Facebook a augmenté de 30 %, à 2,1 milliards...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-8"> ¤ Le journaliste sportif annonce, dans un entretien au « Parisien », qu’il va se retirer du service public en juin, à l’issue des 24 Heures du Mans.
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Lionel Chamoulaud annonce son départ de France Télévisions

Le journaliste sportif annonce, dans un entretien au « Parisien », qu’il va se retirer du service public en juin, à l’issue des 24 Heures du Mans.



Le Monde
 |    28.03.2018 à 09h14
 • Mis à jour le
28.03.2018 à 14h28
   





                        



   


Après trente-sept ans à France Télévisions, Lionel Chamoulaud, la « voix » de Roland-Garros, annonce dans un entretien au Parisien mercredi 28 mars qu’il quittera le service public en juin, après les 24 Heures du Mans. « [Je pars] sans mélodrame ni claquement de porte, puisque c’est moi qui ai pris cette décision », précise-t-il.
Pour autant, il ne s’agit pas d’un départ à la retraite :
« J’ai désormais envie de gérer mon temps comme je l’entends. (…) Je vais faire de l’enseignement, de la production et du coaching. A force de réfléchir à la mise en scène du sport, je peux conseiller les jeunes joueurs sur leur communication, mais aussi travailler dans d’autres domaines. »
Le présentateur, âgé de 58 ans, est entré en 1981 au service des sports d’Antenne 2. Il est notamment connu pour avoir commenté le tournoi de Roland-Garros et des épreuves des Jeux olympiques. Il a également présenté l’émission « Stade 2 » de 2008 à 2012.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-9"> ¤ Le secteur voit émerger de nouveaux acteurs à l’heure des smartphones et des enceintes connectées.
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Article sélectionné dans La Matinale du 26/03/2018
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Radio : le « bouillonnement créatif » des podcasts « natifs »

Le secteur voit émerger de nouveaux acteurs à l’heure des smartphones et des enceintes connectées.



Le Monde
 |    27.03.2018 à 06h38
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 19h56
    |

            François Bougon








                        



                                


                            

Le foisonnement d’initiatives est tel qu’il faudrait remonter à l’époque des radios libres, au début des années 1980, pour avoir une idée de l’effervescence actuelle. Les émissions ont pour nom « Les Couilles sur la table », « Bouffons », « Commencer », « Hasta dente ! »… elles traitent de féminisme, de gastronomie, de création d’entreprises ou réinventent la fiction. Alors qu’on a crié à l’hégémonie de l’écran et de l’écrit, la voix est bel et bien de retour, grâce aux podcasts dit « natifs », qui ne sont plus simplement des réécoutes d’émissions diffusées sur les antennes mais des productions à part entière, disponibles à tout moment sur les smartphones et les enceintes connectées, connues également sous le nom d’assistants vocaux.
Ces nouveaux acteurs, que ce soient de petites structures de type start-up ou des initiatives en provenance de la radio publique, proposent des reportages au long cours, des émissions thématiques, des séries de fictions, voire une matinale sur mesure. Elles ont émergé dans le sillage de plus anciens, comme Arte Radio. « Nous sommes à un moment où la radio se réinvente », constate Florent Latrive, délégué aux nouveaux médias de France Culture. Joël Ronez, ancien responsable des nouveaux médias de Radio France et créateur de Binge Audio, un éditeur de podcasts, parle, lui d’un « bouillonnement créatif ».
Comme souvent, le modèle américain inspire beaucoup d’entre eux. Outre-Atlantique, le marché est suffisamment appétissant et rentable pour que des médias traditionnels, comme le New York Times, s’y soient lancés. C’est avec l’espoir que la France suive cette voie que deux anciennes journalistes de la version française du site américain Slate, Charlotte Pudlowski et Mélissa Bounoua, ont créé Louie Media. On les retrouve dans un studio de musique, installé en sous-sol d’un immeuble parisien, où elles ont mis la dernière touche à leur série lancée le 7 mars, « Entre », où une préadolescente,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-10"> ¤ Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.
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En Belgique, la transformation réussie de la RTBF

Réduction des effectifs, développement d’une production propre, renouvellement des outils… La radio-télévision belge francophone s’est métamorphosée. Avec succès.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h15
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Jadis, on l’appelait la « Casa Kafka », pour souligner sa complexité, ou « l’église des frères prêcheurs », en raison du ton docte adopté par bon nombre de ses journalistes, « gauchistes » et « donneurs de leçons », selon ses contempteurs.
Certes, la radio-télévision belge francophone (RTBF) occupe toujours le même bâtiment bruxellois, caricature de la Belgique fédérale : deux entrées, l’une pour les néerlandophones, l’autre pour les francophones. Un immeuble coupé en deux par une frontière linguistique invisible.
Mais, pour le reste, elle s’est profondément transformée, sous l’impulsion de Jean-Paul Philippot, son administrateur général depuis 2002. Ce haut fonctionnaire étiqueté socialiste a su habilement gommer cette référence, aussi nécessaire pour accéder à une haute fonction qu’encombrante pour qui veut adopter le style managérial.
Fort de son idée de base, selon laquelle le service public a « un devoir d’adaptation et de modernité », cet ingénieur de formation a lancé dès 2002 un vaste plan, dit « Magellan », censé fixer le cap : une radio et une télévision s’adaptant à la concurrence du secteur privé – la chaîne RTL-TVI, filiale du groupe Bertelsmann –, mais aussi à celle des chaînes françaises, TF1 en tête.

Clarification de l’offre
Depuis, les effectifs de la RTBF ont été réduits d’environ 30 %, et la direction a misé sur le développement d’une production propre, le renouvellement complet des outils, un marketing judicieux et une offre se démarquant de celle du privé, sans renier l’élément « divertissement ».
Jean-Paul Philippot et ses équipes sont peut-être en train de remporter leur pari. Même si TF1 a lancé sa propre régie sur le marché belge, aspirant une partie de ses ressources publicitaires et même si RTL-TVI accapare une partie de l’audience, sans toutefois engranger autant de bénéfices que le souhaiteraient ses actionnaires… Le groupe RTL-TVI, qui compte trois chaînes de...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-11"> ¤ Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.
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« Le service public de l’audiovisuel doit être l’acteur d’une société moderne »

Dans un entretien au « Monde », Jean-Paul Philippot, patron de la radio-télévision belge francophone depuis 2002, estime qu’un effort d’adaptation est nécessaire, à l’heure où les formats et les usages se transforment.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 11h00
 • Mis à jour le
25.03.2018 à 21h14
    |

            Jean-Pierre Stroobants (Bruxelles, Correspondant)








                        



                                


                            

Ingénieur de formation, Jean-Paul Philippot, âgé de 57 ans, est adminis­trateur général de la radio-télévision belge francophone (RTBF) depuis 2002 et président de l’Union européenne de radio-télévision (UER), la plus grande alliance de médias de service public au monde, depuis 2009.
En Europe, l’audiovisuel public est sous pression. Quelle est votre analyse de cette situation ?
Dans certains pays, les contraintes budgétaires prédominent ; ailleurs, c’est la question de l’indépendance par rapport au pouvoir qui est posée. Lors de la crise financière de 2008, par exemple, l’audiovisuel public a été durement frappé au Portugal, à Malte, en Grèce et aux Pays-Bas. Pour d’autres raisons [plus politiques], les débats sont vifs en ­Hongrie et en Pologne. A différents moments – et nous en vivons un –, les sou­bresauts ou les crises ont aussi été liés à l’adaptation du service public à sa valeur ajoutée, ainsi qu’à sa capacité à revoir son modèle d’organisation. Aujourd’hui, l’audiovisuel public a l’obligation de se moderniser.
A-t-il toujours une place dans la grande mutation actuelle, caractérisée par l’émergence de plates-formes comme Netflix ?
Il est indispensable de se poser la question. Le service public est fort là où il peut démontrer son rôle. Il faut d’ailleurs redéfinir sa « valeur culturelle ajoutée », alors que les formats et les usages se transforment. Nous assistons à une crise de confiance généralisée envers les médias d’information qui est d’autant plus forte dans les pays où le service public est faible ou inexistant.
Nous observons parallèlement la naissance d’un espace dans lequel on peut colporter des rumeurs, désinformer, faire de la propagande sans le filtre d’un média, ce qui endommage le tissu social. Histori­quement, c’est pour empêcher ce cas de figure qu’on a inventé le journalisme, qui s’appuie sur des professionnels et des règles déon­tologiques. Les plates-formes...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-12"> ¤ Un milliardaire proche du président Erdogan a mis la main sur Dogan Holding, le plus gros groupe d’information du pays.
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Turquie : le gouvernement renforce son contrôle sur les médias

Un milliardaire proche du président Erdogan a mis la main sur Dogan Holding, le plus gros groupe d’information du pays.



Le Monde
 |    24.03.2018 à 06h46
    |

            Marie Jégo (Istanbul, correspondante)








                        



                                


                            
Avide de contrôler la totalité du paysage médiatique à dix-huit mois des élections de novembre 2019 – législatives et présidentielle –, le gouvernement turc (islamo-conservateur) vient de jeter son dévolu sur Dogan Holding, le plus gros groupe de médias de Turquie. Ce dernier vient en effet d’être racheté par le milliardaire Erdogan Demirören, un proche du président Recep Tayyip Erdogan.
Désormais, « 90 % des médias [du pays] sont entre les mains de l’exécutif », constate la journaliste Aysenur Arslan, une ancienne collaboratrice de Dogan Holding.
Après des négociations discrètes, le groupe Demirören, présent dans l’énergie, la construction, le tourisme, a acquis pour 1,1 milliard de dollars (890 millions d’euros) les quotidiens Hürriyet, Posta, Fanatik, ainsi que l’agence de presse Dogan et les chaînes de télévision Kanal D et CNN-Türk. Selon le site d’information T24, pour finaliser son acquisition, la holding de M. Demirören a bénéficié d’un crédit venu d’un consortium bancaire, dont l’établissement public Ziraat Bank.
Dans le viseur des autorités
Après avoir dominé la scène médiatique turque pendant quarante ans, le milliardaire Aydin Dogan, fondateur du groupe du même nom, a tiré sa révérence, jeudi 22 mars. « J’ai 81 ans. A ce stade, j’ai décidé, de mon propre chef, de cesser mes activités dans les médias », a-t-il déclaré lors d’un discours d’adieu à ses salariés. En insistant sur le caractère volontaire de la cession, le magnat comptait visiblement faire taire les rumeurs selon lesquelles il aurait finalement cédé ses actifs sous la pression du gouvernement.
« S’il ne vendait pas la branche médias de son groupe, il risquait d’être emprisonné dans le cadre d’une enquête sur les événements du 28 février [le 28 février 1997, les militaires avaient évincé le gouvernement dirigé alors par l’islamiste Necmettin Erbakan]. On lui a montré le bâton, il a compris le message », a assuré...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-13"> ¤ Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.
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Vincent Bolloré joue son va-tout chez Telecom Italia

Les représentants de Vivendi ont démissionné en bloc du conseil d’administration de l’opérateur italien, obligeant le fonds activiste Elliott à abattre son jeu. L’assemblée générale du 4 mai élira les nouveaux administrateurs.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h30
    |

            Sandrine Cassini








                        



                                


                            

Connu pour ses talents d’activiste, Vincent Bolloré a décidé de jouer un coup de poker chez Telecom Italia, dont Vivendi détient 24 % du capital. Pris en étau entre l’establishment italien, qui critique le pouvoir du Français au sein de l’ancien monopole public local, et le hedge fund Elliott, entré par irruption au capital, Vivendi et ses alliés ont démissionné du conseil d’administration de l’opérateur italien. Sept administrateurs, parmi lesquels le président Arnaud de Puyfontaine, mais aussi Hervé Philippe, Frédéric Crépin et Félicité Herzog, ont rendu leur mandat.

« Incapable d’avancer des arguments, le conseil a simplement abandonné son poste pour gagner du temps. Pour Elliott, cette action est cynique et égoïste. C’est une nouvelle preuve que les droits des actionnaires minoritaires de Telecom Italia sont abrogés », a commenté le fonds.
Ce coup de théâtre est une réponse à Elliott qui, fort de 5,75 % du capital, demandait la révocation de 6 administrateurs de Vivendi pour placer ses propres candidats. Plutôt que lui faire une place, le groupe de médias français préfère remettre ses pouvoirs en jeu. C’est donc l’assemblée générale du 4 mai qui votera pour un nouveau conseil d’administration.
Démantèlement de l’entreprise
Vivendi présentera aux actionnaires une liste de 10 administrateurs et les contours de sa stratégie pour Telecom Italia. Elliott devra faire de même, et devra convaincre les actionnaires de son projet pour l’entreprise. Selon Bloomberg, le fonds présidé par Paul Singer a déjà rencontré une douzaine de candidats prêts à l’épauler. Il se montrerait confiant dans sa capacité de gagner les deux tiers du conseil, même si Vivendi, avec un quart du capital, est en meilleure posture.
Ces prochaines semaines, les deux groupes vont batailler ferme pour rallier les actionnaires à leurs vues. Selon le site Internet de Telecom Italia, les institutionnels italiens ne pèsent que 3,78 % du capital, et les...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-14"> ¤ A l’occasion de la semaine de la presse à l’école, tour d’horizon de quelques questions récurrentes que les élèves de tout âge nous posent sur notre métier.
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Fiche Décodex : les questions qu’on nous pose souvent sur le métier de journaliste

A l’occasion de la semaine de la presse à l’école, tour d’horizon de quelques questions récurrentes que les élèves de tout âge nous posent sur notre métier.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 11h29
 • Mis à jour le
27.03.2018 à 10h21
    |

                            Les Décodeurs








                        



   


« Qui décide des sujets ? » ; « Est-ce que vous donnez votre avis ? » ; « Est-ce que vous écrivez ce que vous voulez ? » Ces questions sont régulièrement posées aux journalistes bénévoles qui interviennent dans le cadre de notre projet d’éducation aux médias porté par l’association Entre les lignes. Certaines l’ont été lors de l’accueil, au Monde, d’une classe de 4e de Meaux (Seine-et-Marne), à l’occasion de la semaine de la presse à l’école, organisée par le Centre de l’éducation aux médias et à l’information (Clemi) du 19 au 24 mars 2018.
Certaines de ces questions reviennent régulièrement dans nos échanges avec des élèves de tout âge ou même avec des adultes. Nous vous proposons ici nos réponses aux plus fréquentes, qui permettent de démystifier certains aspects du travail des médias.
1. Comment trouvez-vous vos sujets ?
2. Qui décide des sujets ?
3. D’où viennent vos infos ?
4. Est-ce que vous écrivez ce que vous voulez ?
5. Est-ce que vous cachez des informations ?
6. Est-ce que vous pouvez donner votre avis ?
7. Alors, c’est quoi votre avis ?
8. Comment devenir journaliste ?
9. C’est bien payé ?
 
1. Comment trouvez-vous vos sujets ?
Cela dépend des cas.
Une partie des sujets est impossible à prévoir : une catastrophe naturelle ou un accident par exemple.D’autres sont plus attendus : par exemple, le vote d’une loi à l’Assemblée nationale, un match de football, une manifestation…Il y a aussi ce qu’on appelle l’investigation : ce sont des informations qui ne sont pas connues du grand public et que le journaliste va chercher à révéler.
Le travail d’un journaliste et de raconter, expliquer, décortiquer tous ces événements qui constituent ce qu’on appelle « l’actualité ». Son travail au quotidien vise à se plonger dans le détail dans tous ces sujets et à réfléchir à des manières originales de les aborder. Souvent, les journalistes sont spécialisés dans le suivi d’un secteur plus ou moins large, ce qui les aide à trouver de nouvelles informations à apporter à leurs lecteurs.

        Lire aussi :
         

                Décodex : notre kit pour vérifier l’information à destination des enseignants (et des autres)



2. Qui décide des sujets ?
Un journaliste ne décide pas tout seul de ses sujets. Il fait partie d’une rédaction, qui a ce qu’on appelle une « ligne éditoriale », c’est-à-dire des règles collectives qui définissent les sujets qu’elle va traiter ou non, et la manière dont elle va le faire.
En général, un journaliste va proposer son sujet à sa rédaction et ses chefs vont valider ou non sa proposition. Il existe aussi le circuit inverse : la hiérarchie du journal peut demander à un de ses journalistes de se saisir d’un sujet précis.
L’une des spécificités du métier est que ces discussions se font souvent de manière collective, lors de ce que l’on appelle la « conférence de rédaction ». Le nombre d’informations qui circulent est tellement important que les journalistes ne peuvent ni être au courant de chacune d’entre elles et encore moins les traiter. D’où la nécessité de faire des choix éditoriaux.
3. D’où viennent vos infos ?
Les journalistes vont chercher les informations d’abord en essayant d’être au plus près, en étant eux-mêmes sur place lors d’un événement. Ils vont aussi chercher à les recueillir auprès des sources qu’on dit « primaires », c’est-à-dire de première main. Cela peut être un témoin d’un événement, une personne participant à une réunion, un enregistrement vidéo, etc.
En complément, les journalistes utilisent aussi des « sources indirectes », qui font appel à un ou plusieurs intermédiaires : cela peut par exemple être le récit des faits par un autre média, comme l’Agence France-Presse (AFP), un enregistrement audio ou vidéo d’une scène…
Tout au long de sa carrière, un rédacteur cultive son réseau de sources pour essayer d’avoir accès aux meilleures informations.

        Lire aussi la fiche Décodex :
         

          Qu’est-ce qu’une source d’information ?



4. Est-ce que vous écrivez ce que vous voulez ?
Oui et non. De la même manière qu’il doit faire valider ses sujets, un journaliste fait valider le contenu de ses articles à ses chefs. Il y a tout un circuit de relecture qui fait que plusieurs personnes vérifient que l’article respecte les règles de déontologie (donne la parole aux personnes mises en cause, mentionne ses sources, etc.), est suffisamment compréhensible, est intéressant ou ne comporte pas de fautes d’orthographe.
A la fin, le travail des journalistes est public. Ils peuvent rendre compte de leur travail auprès de leurs lecteurs, qui peuvent leur écrire par e-mail ou par courrier, mais également auprès de la justice. Les personnes mentionnées dans un article peuvent, par exemple, porter plainte pour diffamation si elles s’estiment injustement mises en cause. Ce sera alors au tribunal de dire si le journaliste a correctement fait son travail ou non.
5. Est-ce que vous cachez des informations ?
Les médias suscitent souvent des fantasmes, mais ils ne « cachent » pas volontairement des informations à proprement parler. La base du travail de journaliste est bien en effet de porter des informations à la connaissance du public.
Il peut arriver qu’ils disposent d’informations partielles qu’ils ne peuvent pas publier, parce qu’elles ne sont pas suffisamment « recoupées », c’est-à-dire confirmées. Il peut aussi arriver qu’ils ne publient pas des informations vérifiées parce qu’ils ne les jugent pas intéressantes ou inappropriées (par exemple, des rumeurs sur la vie privée d’une personnalité, sans intérêt informatif pour le lecteur).
Cette évaluation de ce qui est intéressant ou pas est parfois difficile, mais c’est le cœur du métier de journaliste. Elle est aussi influencée par la manière dont un média se définit lui-même par rapport à son histoire, son éthique, l’intérêt qu’il porte ou non à tel ou tel sujet, ses valeurs… C’est qu’on appelle sa ligne éditoriale.
6. Est-ce que vous pouvez donner votre avis ?
Pas vraiment. En général, les journalistes publient des articles s’appuyant sur des faits et ils s’efforcent de les rapporter d’une manière la plus équitable possible, en mettant de côté ses opinions et ses préjugés. Ce n’est pas parce que le journaliste s’efforce de ne pas prendre parti qu’il serait totalement neutre : évidemment, chacun a sa propre sensibilité (ses origines, sa perception, etc.) qui fait qu’une même histoire peut donner lieu à des articles complètement différents, où l’on n’insiste pas sur les mêmes choses.
Il existe cependant un petit nombre de journalistes dont le métier consiste au contraire à donner son avis : on les appelle les éditorialistes, qui doivent en principe être clairement identifiés dans les journaux.

        Lire aussi la fiche Décodex :
         

          Tribune, édito, chronique... comment faire la différence ?



7. Alors, c’est quoi votre avis ?
Etre confronté à des sujets compliqués permet de constater qu’il y a toujours des arguments pour et des arguments contre qui peuvent être pertinents les uns comme les autres. Il n’existe souvent pas de vérité absolue ou de sujets sur lesquels un seul avis ou une seule opinion se défende. Et dans le fond, ce n’est pas l’opinion du journaliste qui est intéressante, mais les différents arguments qu’il identifie pour aider le lecteur à se faire une idée par lui-même.
8. Comment devenir journaliste ?
Il existe 14 établissements de formation initiale au journalisme reconnus par la profession, dont 5 à Paris ou en région parisienne (voir la liste sur le site de la Conférence nationale des métiers du journalisme). Sur 35 294 journalistes titulaires de la carte de presse en 2016, seuls 19 % environ en sont issus (28,1 % chez les 26-34 ans), selon l’Observatoire des métiers de la presse.
9. C’est bien payé ?
Oui, plutôt. Le salaire médian des journalistes en contrat durée indéterminée (CDI) était de 3 549 euros bruts (c’est-à-dire, avant les cotisations chômage, retraite, etc.) par mois en 2016, d’après l’Observatoire des métiers de la presse. Cela veut dire que la moitié gagne plus et l’autre moitié gagne moins. 3 500 euros bruts mensuels environ, cela fait environ 1,6 fois plus que le salaire moyen en France, qui était de 1 710 euros nets par mois en 2015 (environ 2150 euros bruts), selon l’Institut national de la statistique (Insee).
Mais attention, plus d’un quart des journalistes ne sont pas en CDI : 3,2 % sont en contrat à durée déterminée (CDD) et 18,7 % relèvent d’un statut d’indépendant, dit « pigiste », selon l’Observatoire des métiers de la presse. Et leurs revenus sont nettement moins confortables : le revenu médian d’un journaliste en CDD est de 1 896 euros bruts par mois, et celui d’un journaliste pigiste 1 969 euros.
Pour faire simple, un journaliste en CDI a en général un salaire comparable à celui d’un cadre d’entreprise, sans atteindre des sommets. Mais une partie non négligeable de la profession est précaire et est loin d’avoir des revenus confortables.

Décodex : nos outils contre les fausses informations
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Le grand aggiornamento de la radio-télévision bavaroise

En Allemagne, le Bayerischer Rundfunk s’est progressivement transformé, pour devenir un média global. Une mue amorcée il y a six ans, qui ne s’est pas faite sans résistances.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h57
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h32
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Les faibles taux d’intérêt ont parfois du bon, même dans l’opulente Bavière. A Munich, capitale du Land (Etat-région), ils ont permis au Bayerischer Rundfunk (BR), la radio-télévision publique régionale, de financer les 160 millions d’euros nécessaires à la construction d’un nouveau bâtiment, sans écorner son budget contraint.
A Freimann, dans la banlieue nord de Munich, où se trouvent déjà les studios de télévision de BR, les nouveaux locaux ancreront dans le béton, à partir de 2022, sa transformation en un grand média public global. Une mue amorcée en 2012.
Au cœur de ce nouveau bâtiment : la newsroom, c’est-à-dire la salle de rédaction commune. C’est là que seront prises toutes les décisions : quel sujet couvrir, sous quel format, et ce quel que soit le support de sa diffusion finale (télévision, radio, réseaux sociaux ou application mobile).

Cette salle sera la traduction architecturale de la mission que s’est fixée BR il y a six ans : n’avoir qu’un seul média et non deux, comme autrefois – une station de radio et une télévision régionales –, travaillant indépendamment, dans des sièges séparés. La production du contenu est aujourd’hui totalement détachée du support. Cette transformation s’est faite sans moyen supplémentaire : la redevance, qui comme en France finance l’audiovisuel public, n’a pas été augmentée.
Le sport a été la première rubrique à s’engager dans la réforme. Les journalistes spécialisés dans ce domaine à la radio, à la télévision et sur le Web ont commencé à travailler ensemble en mai 2015, avant d’être regroupés dans les mêmes locaux, fin 2016. Pourquoi commencer par le sport ? « Les journalistes sportifs sont pionniers. A intervalles réguliers, ils se sont retrouvés pour la Coupe du monde de football ou les Jeux olympiques. Ils ont appris très tôt à travailler de façon trimédia », explique au Monde Thomas Hinrichs, directeur de l’information de BR.
Adaptation...



                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-16"> ¤ Plusieurs éditeurs de presse écrite accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit.
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Outre-Rhin, la redevance sous le feu des critiques

Plusieurs éditeurs de presse écrite accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit.



Le Monde
 |    23.03.2018 à 10h56
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 11h31
    |

                            Cécile Boutelet (Berlin, correspondance)








                        



                                


                            

Lorsque les Suisses ont voté, le 4 mars, en faveur du maintien de la redevance pour l’audiovisuel public, les directeurs des chaînes publiques allemandes ont poussé un soupir de soulagement. Outre-Rhin, un refus aurait fourni de nouveaux arguments aux pourfendeurs de la fameuse redevance, vilipendée depuis des années.
« L’ambiance avec les collègues de la presse écrite est devenue difficile. C’est la première fois que je ressens cela dans ma carrière », confie au Monde un journaliste connu de Deutschlandradio, l’équivalent allemand de France Inter. Le début du conflit remonte à 2013. Les stations publiques obtiennent que la redevance (actuellement de 17,50 euros par mois) ne soit plus fondée sur la possession d’une télévision, mais qu’elle puisse être imposée à tous les foyers disposant d’un appareil connecté à Internet, ordinateur ou smartphone.
Le niveau de la redevance reste inchangé, mais son produit augmente. Il atteint aujourd’hui 7,9 milliards d’euros par an, finance le groupe ARD et ses huit chaînes locales, la ZDF et les chaînes cofinancées avec d’autres acteurs publics comme 3sat, Arte, Phoenix, KiKA (pour les enfants), Deutschlandradio ainsi que 66 programmes radio.

L’extrême droite brocarde le « journalisme d’Etat »
Le poids de la redevance a soulevé des critiques, qui se sont amplifiées avec le passage des groupes audiovisuels publics au numérique. L’application Tagesschau, qui fournit depuis 2010 aux utilisateurs une information sous forme écrite gratuite, financée par la redevance, est montrée du doigt. Plusieurs éditeurs de presse écrite – dont celui du quotidien Süddeutsche Zeitung, ainsi que le groupe Frankfurter Allgemeine Zeitung et le groupe Axel Springer –, accusent les chaînes publiques de leur faire concurrence avec un produit non audiovisuel qui ne correspondrait plus à la mission qui leur échoit. Ils attaquent donc l’ARD en justice.
Le procès, qui dure depuis des années,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-17"> ¤ Le plan de départs volontaires vise 27 postes à la rédaction, 30 dans les services administratifs et 20 dans les services techniques, sur un effectif global de 500 personnes.
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Le quotidien régional « Le Progrès » envisage la suppression de 77 postes

Le plan de départs volontaires vise 27 postes à la rédaction, 30 dans les services administratifs et 20 dans les services techniques, sur un effectif global de 500 personnes.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 13h23
 • Mis à jour le
22.03.2018 à 14h03
   





                        


Un plan de départs volontaires prévoit la suppression de 77 postes au quotidien régional Le Progrès, a appris l’AFP, jeudi 22 mars, auprès du SNJ du journal. Le syndicat détaille les différentes suppressions de postes et les regroupements de certains services dans les rédactions centrale et locales du journal, au lendemain de la présentation du plan aux représentants du personnel. Le plan vise 27 postes à la rédaction, 30 dans les services administratifs et 20 dans les services techniques, sur un effectif global d’environ 500 personnes.
Ce plan de départs volontaires (PDV) intervient trois semaines après la présentation au comité d’entreprise de la nouvelle stratégie du Progrès et, plus largement, du groupe Ebra (Crédit mutuel), propriétaire du titre, qui mise sur le développement du Web. Dans ce cadre, quatre créations de poste sont envisagées : deux de community managers, un de webmaster et un de monteur vidéo, tous non journalistes.
« Surévaluation des gains de productivité »
Selon le SNJ, les négociations vont s’ouvrir le 27 mars, un accord étant attendu mi-juin par la direction. « Les premiers départs commenceraient à partir de septembre. Le PDV s’étalerait sur dix mois. »
Le syndicat assure avoir « déjà alerté la direction sur plusieurs points » comme « le risque d’engorgement des services de secrétariat de rédaction centralisés (nouvellement baptisés éditeurs), l’empilement des tâches » ou encore « l’augmentation de la fréquence des permanences de week-end et/ou des horaires de nuit dans certains services », en soulignant aussi une « surévaluation des gains de productivité » issus de cette réorganisation.



                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-18"> ¤ Un administrateur judiciaire va être nommé et l’hebdomadaire ne paraîtra plus, laissant un sentiment de frustration parmi les journalistes.
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Le journal « Ebdo » s’arrête : un sentiment « d’amateurisme » et de « gâchis »

Un administrateur judiciaire va être nommé et l’hebdomadaire ne paraîtra plus, laissant un sentiment de frustration parmi les journalistes.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 13h01
 • Mis à jour le
23.03.2018 à 06h33
    |

            Alexandre Piquard








                        


« Cela aura été un crash vraiment rapide… Et un gâchis spectaculaire », regrette un journaliste, amer. Les difficultés d’Ebdo étaient connues depuis quelques semaines, mais son équipe gardait le silence. Jeudi 22 mars, ses fondateurs ont mis fin au faux suspense : un peu plus de deux mois après son lancement, l’hebdomadaire va cesser de paraître, faute de lecteurs, et être mis en cessation de paiement. Un administrateur va être bientôt nommé pour la société Rollin, éditrice d’Ebdo mais aussi des revues XXI et 6Mois, que les actionnaires espèrent vendre pour poursuivre leur activité.

Demain sortira notre dernier numéro. L’aventure d’@ebdolejournal s’arrête là, l’esprit continue. Merci à vous d'avo… https://t.co/AShiUnRJyt— ebdolejournal (@ebdolejournal)


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« Notre projet se voulait à contre-courant de la fatalité et du déclin de la presse : un hebdomadaire papier, indépendant, sans publicité, généraliste et accessible au plus grand nombre. »
C’est l’oraison funèbre qu’écrivent dans leur communiqué les deux associés majoritaires Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, qui reconnaissent « un échec commercial », en raison de ventes décevantes qui se sont ajoutées au retrait d’investisseurs et de deux banques. Selon nos informations, les ventes en kiosques (hors abonnements) sont passées de 53 000 pour le premier numéro, le 12 janvier, à 21 000 le 2 février, puis à 13 000 le 16 février et, enfin de 8 000 à 10 000 exemplaires. Le nombre des abonnés, lui, plafonnait à 8 000, pour un objectif de 70 000.
Une ligne ambiguë
Dans la rédaction, encore sonnée, certains journalistes ont des regrets, voire du ressentiment, malgré la conviction d’avoir réalisé des choses intéressantes. « Il y a eu un triple amateurisme : éditorial, managérial et entrepreneurial », juge l’un d’eux, pour qui la ligne était ambiguë : « Ni une politique de l’offre ni une politique de la demande. » En somme, la direction n’aurait pas cherché à faire un journal pour une cible identifiée, mais elle n’aurait pas non plus proposé un regard original, sans se soucier du marketing.
Le financement participatif avait créé une base d’abonnés issus des lecteurs de XXI et de 6Mois, plutôt « intellos de gauche, très informés, pour caricaturer », alors que, lors du lancement, les dirigeants avaient assuré vouloir aller à la rencontre des « gens qui ne lisent plus la presse », davantage « classes moyennes » et plus « grand public », poursuit ce membre de l’équipe. De fait, quand il est sorti, le journal a surpris, car il ne recourait pas aux longs formats de reportages qui ont fait la réputation de XXI ou de 6Mois, par exemple. Il n’était ni vraiment proche ni vraiment éloigné de l’actualité.
Parmi les quatre dirigeants de l’équipe, aucun n’avait été cadre dans un hebdomadaire, hormis Constance Poniatowski, ex-rédactrice en chef de Version Femina, un magazine féminin grand public. Laurent Beccaria était éditeur de livres (Les Arènes), Patrick de Saint-Exupéry, ex-grand reporter et patron du trimestriel XXI, et Thierry Mandon, une ancienne figure du Parti socialiste. L’équipe était aussi assez hétéroclite, mêlant des anciens de XXI ou de 6Mois et des enquêteurs. « Dans le détail, personne n’avait la même vision », analyse un journaliste avec le recul.
La couverture sur Nicolas Hulot a fait débat
La couverture sur Nicolas Hulot – relatant anonymement une plainte pour viol déposée en 2008 à propos de faits datés de 1997, donc classée sans suite – a fait débat dans l’équipe, a raconté Laurent Beccaria. Selon lui, la polémique a même fait fuir un investisseur, empêchant la levée de fonds de 2 millions d’euros prévue en février.
« Cet argument est un alibi, rétorque un membre de l’équipe. Laurent Beccaria a débauché des journalistes en CDI [contrat à durée indéterminée] en disant qu’Ebdo avait deux ans devant lui. C’était faux. Il nous a fait assumer un risque sans qu’on le sache. » Un autre rappelle que, dans cette affaire, les fondateurs y perdent aussi, tout en jugeant que « penser amener un journal papier à l’équilibre financier en trois mois, c’est un peu naïf ».
Aujourd’hui, les dirigeants cherchent un repreneur pour les revues XXI et 6Mois, afin qu’elles ne soient pas emportées dans la débâcle. Les journalistes, eux, vont être contraints de rechercher du travail.

        Lire aussi :
         

                « Ebdo », en grande difficulté, cherche des investisseurs






                            


                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-19"> ¤ L’audiovisuel public en Europe 3/5. Critiqué par les médias privés et le gouvernement libéral-conservateur, le groupe Danmarks Radio s’inquiète pour son avenir.
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La radio-télévision danoise sous pression populiste

L’audiovisuel public en Europe 3/5. Critiqué par les médias privés et le gouvernement libéral-conservateur, le groupe Danmarks Radio s’inquiète pour son avenir.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h38
 • Mis à jour le
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                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

L’imposante statuette dorée trône sur une étagère, au fond de son bureau, logé dans l’énorme cube en verre de Danmarks Radio (DR), l’organisme danois de radio-télévision publique, sis dans le sud de Copenhague. Ancienne directrice de son département juridique, Maria Rorbye Ronn, 54 ans, en assure la direction depuis 2011.

L’Emmy lui a été décerné lors d’une cérémonie qui s’est tenue à New York, en 2016. Un moment charnière de sa carrière. « J’ai réalisé à quel point nos séries, qui ont été vues par plus de 250 millions de téléspectateurs, avaient contribué à faire connaître notre pays et notre style de vie à l’étranger, assurant ainsi la mission de service public qui est la nôtre », explique-t-elle.
Supprimée, la redevance annuelle sera remplacée par un impôt progressif
L’argument semble avoir laissé de marbre le gouvernement libéral-conservateur de Lars Lokke Rasmussen et son allié populiste au Parlement, le Parti du peuple danois (Dansk Folkeparti, DF). Engagés dans des négociations sur le financement public des médias, ils ont annoncé, vendredi 16 mars, qu’ils étaient parvenus à un accord prévoyant notamment une réduction de 20 % du budget de l’entreprise danoise sur cinq ans, ainsi que la suppression de la redevance annuelle de 2 343 couronnes (315 euros), qui sera remplacée par un impôt progressif.

« L’objectif est de réduire le coût de l’audiovisuel public pour les Danois et de rétablir la ­diversité dans les médias », souligne Alex Ahrendtsen, responsable des questions culturelles chez DF. L’idée n’est pas neuve. Elle a été émise vers 2010 par Danske Medier, l’Association des médias danois, qui regroupe 300 éditeurs.
« DR se trouve en situation de monopole »
La presse écrite traverse alors une crise profonde. Le coupable est tout trouvé : l’audiovisuel public. « Les dirigeants des groupes privés ont lancé une campagne politique contre DR, en disant qu’elle détruisait la ­concurrence,...




                        

                        


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<filname="SURF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤ « The Killing », « Borgen », « Bron », « Les Héritiers »... Le monde entier s’arrache les séries danoises, ainsi que leurs scénaristes et acteurs, désormais sollicités sur de grands projets internationaux.
<filname="PROF-0,2-3236,1-0,0-20"> ¤                     
                                                   
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Danmarks Radio, la fabrique de séries à succès

« The Killing », « Borgen », « Bron », « Les Héritiers »... Le monde entier s’arrache les séries danoises, ainsi que leurs scénaristes et acteurs, désormais sollicités sur de grands projets internationaux.



Le Monde
 |    22.03.2018 à 11h35
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22.03.2018 à 11h47
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                            Anne-Françoise Hivert (envoyée spéciale à Copenhague)








                        



                                


                            

Une série en cinq épisodes sur la communauté danoise en Tanzanie, dans les années 1970, inspirée de la trilogie africaine de l’écrivain Jakob Ejersbo. Le sujet de la dernière grosse production de DR, diffusée depuis le 25 février, le dimanche à 20 heures, aurait pu décourager les téléspectateurs. Surtout que la chaîne concurrente TV2 sortait l’artillerie lourde avec sa nouvelle série à suspense, Greyzone.

Pourtant, 860 000 Danois se sont postés devant leur petit écran pour suivre le premier épisode de Liberty et plus de 200 000 l’ont regardée en télévision de rattrapage sur le site de DR1. Soit plus d’un million de personnes, dans un pays de 5,7 millions d’habitants. Un chiffre moins élevé serait considéré comme un échec pour la chaîne, qui, dans le contrat de ses scénaristes et producteurs, s’est fixé comme objectif le million de téléspectateurs.
Le record a été atteint en février 2004, lors de la diffusion d’un épisode de Kroniken, qui raconte la vie de quatre Danois après la seconde guerre mondiale (2,7 millions de personnes devant leur télévision à 20 heures). Ce soir-là, le trafic à l’entrée de Copenhague a été divisé par deux, et aucun appel d’urgence n’a été enregistré dans la capitale danoise.
« Nous encourageons la prise de risque artistique »
Le dépoussiérage de la fiction chez DR a commencé dans les années 1980. Ses dirigeants se sont rendus aux Etats-Unis pour y puiser leur inspiration. Ils y ont découvert le rôle du scénariste. Le budget de la fiction – 276 millions de couronnes (37 millions d’euros) en 2016, soit environ 9 % des programmes de DR – est négocié sur quatre ans. Le scénariste est embauché pour toute la durée du projet, y compris la phase de développement. Afin d’attirer les meilleurs, DR leur propose de venir accompagnés de leur équipe.
En 2007, la série policière The Killing, coproduite avec les Allemands de la ZDF, révolutionne le genre : vingt épisodes pour...




                        

                        

